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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 11:55
L'armée de l'air française va-t-elle diposer de drones MALE armés?

L'armée de l'air française va-t-elle diposer de drones MALE armés?

 

27/10/2015 Par Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Interrogé par un député, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a estimé que la "question restait posée" pour que la France se dote d'un drone MALE équipé d'un missile.


A l'image des drones américains, les Reaper français vont-ils être armés? Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a été pour le coup très énigmatique. Mais sa réponse à une question du député Yves Fromion (Les Républicains) ouvre toutes les hypothèses. La France pourrait prochainement se doter d'un drone de surveillance et de reconnaissance MALE (Moyenne altitude, Longue Endurance) armé. Ce qui n'était pas cas jusqu'à présent. Au-delà d'un débat que la France devra avoir sur l'utilisation éventuelle de drones armés, il faudra demander l'autorisation des États-Unis, qui utilisent fréquemment cette arme contre des terroristes à l'étranger. Une utilisation qui provoque de nombreux dommages collatéraux.

Yves Fromion : Ne pourrait-on pas envisager d'armer certains des neuf drones d'observation supplémentaires qui doivent nous être livrés, ne serait-ce que pour acquérir une compétence qui sera utile lorsque le drone MALE européen sera mis en service ?

Jean-Yves Le Drian : La question reste posée. Je n'en dirai pas plus.

Pour quelles raisons la France se doterait de Reaper armés? Bien sûr pour des raisons opérationnelles mais aussi économiques. Car pour délivrer une charge dans le nord du Mali, comme l'a précisé Yves Fromion, "un avion doit effectuer deux heures de vol depuis N'Djamena". Ce qui ne serait pas le cas pour un Reaper armé, capable de lancer un missile tout de suite. La France va acquérir neuf Reaper supplémentaires pour atteindre l'objectif inscrit dans la loi de programmation militaire (LPM), a rappelé Jean-Yves Le Drian. Dans ce cadre, l'armée de l'air disposera de quatre systèmes commandant chacun trois vecteurs. Actuellement, l'armée de l'air dispose de trois Reaper, basés à Niamey au Niger.

 

Une question récurrente

Fin 2014, le délégué général pour l'armement Laurent Collet-Billon s'était interrogé lui aussi devant le Parlement. "Une question majeure demeure : le second système de drone MALE doit-il être armable ou non ? Il avait pourtant aussitôt refermer le débat : "N'ouvrons surtout pas le débat. L'important est de les obtenir vite. On verra le reste après !"

Le missilier européen MBDA a obtenu en mars 2014 son brevet pour pouvoir tirer le missile Brimstone à partir du Reaper. Selon MBDA, le Brimstone, à bord du MQ-9 Reaper, a fait la preuve qu'il pouvait "réduire les risques de dommages collatéraux" et démontrer "la létalité avec un seul tir contre des cibles évoluant à grande vitesse sur terre, mer et dans un environnement complexe". Ce qui n'est pas toujours le cas avec le missile américain Hellfire de Lockheed Martin coupable régulièrement de dommages collatéraux.

 

Eurodrone, une volonté d'aboutir

Le ministre a également abordé le programme européen, qu'il baptise Eurodrone, qui sera amené à succéder au Reaper. "Il est actuellement en phase de définition. Les discussions sont en cours, mais nos amis allemands et italiens ont la volonté politique de voir ce dossier aboutir", a-t-il expliqué aux députés. Mais il n' a pas caché que "ce sera difficile : il faut éviter que la définition ne soit trop éclatée et que ne se reproduise le scénario de l'A400M, chacun ayant ses propres préconisations. Nous devons aboutir à un seul modèle d'eurodrone MALE". Les industriels Finmeccanica (Italie), Dassault et Airbus participent à ces discussions ainsi que trois pays, la France, l'Allemagne et l'Italie.

"C'est moi qui suis à l'initiative de ce projet, a expliqué Jean-Yves Le Drian, car il me paraissait indispensable d'avoir une maîtrise technologique dans ce domaine. Nos partenaires semblent me suivre, mais nous devons exercer une grande vigilance politique. En tout cas, mon homologue allemande est tout à fait favorable au développement de ce programme".

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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 22:50
Drone MALE : l'Allemagne sera le leader du programme européen

"Le problème avec les drones, c'est que plus on en a, plus on en a besoin", selon l'ancien chef d'état-major de l'armée de l'air, le général Denis Mercier – crédits Dassault Aviation

 

15/10/2015 Par Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Sur le futur drone européen MALE, l'Allemagne devrait détenir 31% du programme. Les trois autres pays partenaires - la France, l'Italie et l'Espagne - auraient chacun 23%.

 

Les négociations sont allées bon train ces derniers mois sur le futur drone de surveillance et de reconnaissance de type MALE (Moyenne altitude, Longue endurance) européen entre l'Allemagne, la France, l'Italie et l'Espagne, un tout nouveau partenaire dans ce système de troisième génération. "Nous avons longuement discuté cet été avec l'Allemagne, qui souhaite être leader sur ce programme : elle aura une part d'un peu plus de 30 %, sachant qu'il existe trois autres coopérants ayant chacun 23 %, la France, l'Italie et l'Espagne", a expliqué le 7 octobre le Délégué général pour l'armement, Laurent Collet-Billon devant les députés de la commission de la défense de l'Assemblée nationale.

Selon Laurent Collet-Billon, les spécifications d'un contrat d'études et de définition et les projets de protocole d'accord sont en cours d'établissement, la notification de ce contrat étant prévue pour mars 2016. Un contrat d'études qui s'élève en principe à 60 millions d'euros"Ce programme devrait déboucher un peu avant 2025", a-t-il précisé. Enfin, il a averti que s'agissant de la définition des capteurs qui compte autant que le porteur, que "nous serons vigilants au fait que notre industrie soit prise en considération avec les égards qu'elle mérite, compte tenu de son niveau de technicité".

 

"L'eurodrone", un programme voulu par Jean-Yves Le Drian

Ce programme est un programme cher à Jean-Yves Le Drian. Lors d'une audition à l'Assemblée nationale fin septembre, le ministre de la Défense a d'ailleurs expliqué que "nous nous engageons désormais dans un projet d'eurodrone, même s'il ne porte pas encore ce nom". Si Jean-Yves Le Drian avait annoncé en mars dernier un contrat d'études en 2015, il devra donc attendre en 2016 si bien sûr il reste au ministère de la Défense.

"Notre effort en matière de drones de surveillance et d'ISR (Intelligence, Surveillance & Reconnaissance, ndlr) devrait être accentué, avec notamment, dès cette année, le lancement des études relatives au futur drone européen, que la France envisage à l'horizon 2025 avec l'Allemagne et l'Italie", avait déclaré le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, lors d'une conférence de presse en mars.

 

En attendant la France commande de nouveaux Reaper

Parmi les principales commandes déjà notifiées en 2015 par le ministère de la Défense, figure la commande d'un deuxième système de drones américain Reaper en juillet dernier. La fin de l'année devrait être l'occasion d'une nouvelle commande "à brève échéance" d'un nouveau système américain. La direction générale de l'armement a reçu "la lettre d'offre américaine fin septembre 2015", a d'ailleurs précisé Laurent Collet-Billon. L'armée de l'air américaine "exige un paiement immédiat, qui pourrait être initialement de quelques dizaines de millions d'euros", a expliqué Laurent Collet-Billon.

Au début de l'été de cette année, l'armée de l'air a reçu un troisième vecteur aérien pour compléter le premier système Reaper. En 2016, un nouveau système Reaper sera livré. La loi de programmation militaire (LPM) prévoit la livraison de douze drones, en quatre fois.Sur la francisation des drones, le DGA a promis aux députés que "l'autonomie de pilotage viendra". "Nous avons deux objectifs : l'autonomie dans la conduite de nos missions et la possibilité d'avoir une charge utile de ROEM (renseignement d'origine électromagnétique, ndlr) à terme. Nous examinons comment nous pourrions faire dériver une charge utile pour nos propres drones MALE ou d'autres porteurs. Pouvoir corréler le ROEM et le renseignement image est très important".

 

Les besoins de l'armée de l'air

Pour sa première audition à l'Assemblée nationale, le nouveau chef d'état-major de l'armée de l'air, le général André Lanata, a confirmé que les livraisons des Reaper étaient une des "priorités pour 2016""Il s'agit, a-t-il expliqué, d'une des capacités clés dans la bande sahélo-saharienne, de sorte que la demande en heures de vol augmente : celles-ci ont doublé en l'espace d'un an".

Une capacité dont ne peuvent plus se passer les armées du monde entier comme en témoignait en avril dernier l'ancien chef d'état-major de l'armée de l'air, le général Denis Mercier."Les drones MALE Reaper sont une capacité absolument essentielle. Aujourd'hui, nous ne pourrions pas nous en passer, ni en Irak ni en Afrique. En Irak, nous n'utilisons pas les nôtres, mais presque aucun tir n'est effectué sans une identification validée par un drone et sans une évaluation par le même moyen des dommages collatéraux, qu'il s'agit de minimiser. En Afrique, les drones nous permettent de mener de très nombreuses missions et ont contribué aux succès que nous avons obtenus lors d'opérations spéciales. Le problème avec les drones, c'est que plus on en a, plus on en a besoin ! Ils garantissent une permanence de la surveillance, indispensable à nos opérations. Grâce aux drones, nous arrivons assez bien à suivre les groupes terroristes au nord du Mali et nous avons pu attaquer de nombreux petits dépôts de munitions et de carburant qu'ils avaient reconstitués".

Dans ce contexte, il s'est dit "attentif à la livraison, courant 2016, du deuxième système, à la commande du troisième avant la fin de l'année 2015 et à la commande du quatrième en 2016, afin que nous soyons en mesure d'atteindre le format décrit dans la LPM". Le général Lanata veillera également "à ce que soit étudiée l'acquisition d'une capacité de pilotage des missions depuis la France, avec une station sol sur la base aérienne de Cognac, qui permettrait de soulager temporairement la pression que subit un nombre d'équipages limité à ce stade".

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