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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 14:44
Juppé et des économies dans la Défense: "Nous sommes dans l'os"

 

13/05 LesEchos.fr (AFP)

 

Le maire UMP de Bordeaux, Alain Juppé, a mis en garde lundi contre de nouvelles coupes dans le budget de la Défense, une piste évoquée par la majorité, l'ancien Premier ministre estimant qu'en la matière, "nous sommes dans l'os".

 

"Il y a déjà eu beaucoup, beaucoup de réformes dans notre système de défense, depuis 1995 (ndlr: date de l'arrivée de M. Juppé à Matignon): on a professionnalisé les armées, on a revu notre système de dissuasion... On a supprimé 54.000 emplois à la suite du Livre blanc sur la Défense de 2008 et à nouveau 24.000 aujourd'hui", a-t-il déclaré à des journalistes à Bordeaux après une conférence de presse avec Jean-Claude Juncker, ex-président luxembourgeois de l'Eurogroupe et candidat conservateur à la présidence de la Commission européenne.

 

"Nous sommes dans l'os". "Je pense que tout tour de vis supplémentaire sur la défense nous priverait des moyens de nos ambitions, à la fois pour la sécurité de notre territoire et surtout sur notre capacité de déploiement extérieur", a poursuivi Alain Juppé. "J'espère que cette pression constante" de "Bercy pour couper dans les crédits de défense ne sera pas victorieuse", a-t-il ajouté. "C'est une question de réalisme", compte tenu de l'état actuel du monde, a-t-il analysé.

 

Il y a "beaucoup de choses à faire" dans "la mutualisation des moyens de l'Europe", a-t-il toutefois concédé, jugeant "absurde de ne pas progresser davantage dans la constitution d'une vraie défense européenne, notamment en matière industrielle".

 

"La France aura de toute manière un rôle éminent à jouer dans cette Europe de la Défense et elle doit conserver les moyens de ses ambitions", a conclu l'ancien ministre des Affaires étrangères.

 

Depuis dimanche, à l'initiative de Xavier Bertrand, l'UMP dénonce de nouvelles coupes budgétaires qui seraient à venir dans le budget de la Défense.

 

Mardi, le président socialiste de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, n'a ainsi pas écarté la "piste" d'un "effort supplémentaire" dans la recherche d'économies, à condition que le "volume global" prévu par la loi de programmation militaire 2014-2019 soit préservé.

 

La loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019, votée en décembre, alloue 190 milliards d'euros de crédits sur la période, avec un budget annuel maintenu à 31,4 milliards d'euros jusqu'en 2016, à hauteur de 1,5% du Produit intérieur brut (PIB), et en légère progression ensuite.

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 16:50
Général Henri Bentégeat : "L'Europe de la défense bien insuffisante mais indispensable"

 

11.03.2014 par Henri Weill - Ainsi va le monde !


Mali, Centrafrique, l'Europe combien de divisions ? Vladimir Poutine encourt-il aujourd'hui, une réaction politique coordonnée des Européens sur le dossier ukrainien ? Des Européens qui ont du mal à se mettre d'accord compte-tenu des intérêts économiques de certains d'entre eux en Russie.Quant à la menace militaire de l'UE, elle n'existe pas. 
Voilà les questions dictées par l'actualité. Interrogation de fond, interrogation récurrente, pourquoi une Europe de la défense est-elle si difficile à mettre en place ? 
Voici des éléments de réponse fournis, dans cette interview à Ainsi va le monde, par le général Henri Bentégeat qui fut chef d'état-major particulier du président de la République (1999-2002), chef d'état-major des armées (2002-2006) puis jusqu'en 2009, président du Comité militaire de l'Union européenne.

Q- Parler de l’Europe de la défense, est-ce évoquer un « sujet maudit » ?
H. Bentégeat- L'Europe de la défense est, en effet, un sujet maudit en ce sens qu'il n'est jamais abordé sereinement sans préjugés et sans anathèmes. La vérité est que très peu de ceux qui s'expriment savent ce dont ils parlent. On additionne les désaccords politiques ou industriels des Européens, on assimile les moyens aux buts, on constate que la France fait cavalier seul et on en conclut que l'Europe de la défense n'existe pas. On ignore ou on oublie que l'Union européenne a conduit six opérations militaires en dix ans et lancé plus de vingt missions civilo-militaires.

Q- L’UE est-elle dans un état de léthargie stratégique ?
HB- Hubert Védrine a évoqué, en effet "la léthargie stratégique" dont souffrirait l'Europe. Comment lui donner tort quand on constate que la plupart de nos partenaires ne se sentent même plus les garants de leur propre sécurité dont ils ont abandonné la responsabilité à l'OTAN, en fait aux Etats-Unis. Seuls le Royaume-Uni et la France, membres permanents du Conseil de sécurité des Nations-Unies, ont une vision stratégique et la volonté de s'impliquer dans les affaires du monde. L'Allemagne y vient tout doucement, par l'angle économique surtout.

Q- Notre bouclier : l’OTAN, l’Union européenne. Vous utilisez à ce propos une formule bien ciselée : « Agir dans le cadre de l’OTAN, c’est nécessaire mais insuffisant. Agir dans le cadre de l’UE c’est insuffisant mais indispensable… ». Comment gommer les insuffisances au temps des budgets en diminution et des compromis extrêmement difficiles à trouver ?
HB- Oui, l'OTAN est nécessaire à la défense et à la sécurité de l'Europe, mais elle n'est pas suffisante. Et l'Europe de la défense est bien insuffisante mais elle est indispensable pour garantir nos intérêts spécifiques, parce qu'elle seule a les moyens de traiter globalement les crises. Ses insuffisances sont politiques (divergences de vues sur L'Afrique ou les marches orientales du continent) ou militaires (capacités individuelles ou collectives). Comment trouver les compromis politiques et limiter les conséquences de la baisse continue des budgets militaires?  Impossible à 28. Il faut donc cultiver un noyau dur de nations désireuses d'aller plus loin. Le triangle de Weimar, France, Allemagne, Pologne, est le plus prometteur...

Suite de l'entretien

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 15:50
L’Europe de la Défense : Quelle réalité ? Quelles limites ? Quelles urgences ?

source centresevres.com

 

« Les enjeux de Défense dans le monde contemporain »

 

Sous la direction du P. François Boëdec et de M. Louis-Marie Clouet

 

Samedi 8 mars 2014 de 10h à 12h

 

Avec :

 

- le Général Jean-Louis GEORGELIN, ancien chef d’état-major des armées, grand chancelier de la Légion d’honneur.

 

et

 

- Mme Nicole GNESOTTO, professeur titulaire de la chaire sur l'Union européenne au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM), ancienne directrice de l'Institut d’études de sécurité de l’Union européenne.

 

Les évolutions géopolitiques du monde contemporain mettent en lumière de nouveaux enjeux de sécurité et de défense pour les nations et les populations. Des questions anciennes se posent différemment, de nouvelles questions apparaissent. Elles obligent les responsables politiques et militaires à réfléchir aux ajustements nécessaires dans les systèmes de défense, et à anticiper l’avenir.

Dans une période de récession économique et de cohésion sociale fragilisée, comment faire face aux enjeux importants de sécurité ?

 

Ce cycle de cinq matinées, le samedi matin, de 10h à 12h avec des spécialistes (experts en géopolitique, militaires, journalistes…), permettra un tour d’horizon précis des questions de défense aujourd’hui.

 

Tarifs :

15 € la matinée

50 € les 5 conférences

Il est possible de ne venir qu’à une seule conférence-débat.

 

plus d'informations

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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 20:55
La vision française de la politique de défense européenne

11-07-2013 Par Challenges.fr

 

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a esquissé ses propositions pour le sommet européen de décembre qui sera consacré à l'Europe de la Défense.

 

Mutualisation des avions de transport, exercice d'état-major dans les Balkans, le ministre français de la Défense a esquissé jeudi 11 juillet ses propositions pour le sommet européen de décembre qui sera consacré à l'Europe de la Défense.

 

Lors d'une conférence organisée par des parlementaires français, le ministre Jean-Yves Le Drian s'est prononcé pour des mesures concrètes prises à deux, trois, quinze nations ou davantage. Ces mesures constitueront "des briques qui contribueront à créer la maison" de la défense européenne, en évitant de se perdre en discussions sur l'architecture finale de la maison.

 

Tirant les leçons de l'intervention de la France au Mali en janvier dernier, le ministre a relevé que ses partenaires --notamment britanniques, allemands, espagnols, danois et suédois-- avaient assuré "un peu plus de 30% du transport" stratégique des forces françaises, il y a vu une forme de mutualisation des capacités de transport militaire européennes.

 

Jean-Yves Le Drian a donc proposé d'organiser cette mutualisation des avions de transport militaires comme celle des avions ravitailleurs, entre pays qui le souhaitent. "Ca permet à chacun de garder son autonomie mais ça permet aussi à tous d'avoir des droits de tirage sur des pools organisés" d'avions, a-t-il expliqué.

 

Simplifier les procédures de gestion de crise

 

Le ministre a également jugé "opportun de simplifier les procédures de gestion de crise", tirant là aussi la leçon de la crise malienne. Aujourd'hui, 22 pays européens contribuent à la reconstitution et la formation de l'armée malienne. Mais la décision avait été prise à l'unanimité en septembre dernier alors que le premier instructeur est arrivé au Mali en avril, a-t-il relevé.

 

Le ministre propose en outre de doter le service d'action extérieure européen, le service diplomatique de l'UE, "d'une véritable autonomie financière", pour lui permettre de réagir rapidement.

 

Le ministre propose également de lancer dans les Balkans un "exercice d'état major projeté de battlegroups" européens. Ces groupements tactiques de 1.500 à 2.200 hommes existent sur le papier mais n'ont jamais été mobilisés, a-t-il relevé.

 

Dans le domaine des capacités communes, Jean-Yves Le Drian a avancé l'idée de discuter en décembre d'un "ciel unique européen" pour l'aviation militaire, comme pour l'aviation commerciale. Actuellement, avions militaires et civils obéissent à des règles différentes, dans chaque espace aérien national. La constitution d'un espace aérien européen pourrait faciliter la certification des nouveaux avions et des drones.

 

Un club des utilisateurs de drones

 

Il a également proposé "un club des utilisateurs des drones que nous (les Européens) sommes en train d'acquérir", et "faisons en sorte aussi qu'au-delà, on constitue une filière européenne du drone d'observation de nouvelle génération". Le ministre français a décidé d'acheter une douzaine de drones américains Reaper, suivant l'exemple de la Grande-Bretagne et de l'Italie, mais voudrait les faire "européaniser" par les industriels européens pour développer leurs capacités. Berlin penche aussi pour l'achat de drones américains.

 

Jean-Yves Le Drian s'est félicité que dans le texte que prépare la Commission européenne pour le conseil de décembre, soit prévue l'utilisation de fonds européens pour la recherche sur les drones de surveillance, qui sont également appelés à remplir des missions civiles. Le Commissaire européen pour le Marché intérieur Michel Barnier, qui travaille sur ce texte, a mentionné cette possibilité lors de la conférence parlementaire.

 

Michel Barnier a en outre évoqué l'utilisation de fonds structurels européens pour aider les bassins industriels qui seraient affectés par de nouvelles restructurations de l'industrie européenne de défense. Les producteurs européens d'armement restent en effet pléthoriques dans certains secteurs, comme celui des blindés.

 

Jean-Yves Le Drian a enfin insisté pour que le sommet de décembre, le premier consacré à la défense depuis 2003, soit suivi de sommets réguliers, se prononçant pour un par an.

 

"L'Europe de la défense n'est plus seulement un voeu pieux mais une nécessité qui s'imposera à tous", a-t-il estimé.

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 07:50
Pour en finir avec "l'Europe de la défense" - Vers une défense européenne

3 juillet 2013 Sénat.fr

 

Rapport d'information de MM. Daniel REINER, Jacques GAUTIER, André VALLINI et Xavier PINTAT, fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées n° 713 (2012-2013) - 3 juillet 2013

 

« L'Europe de la défense » est morte. Il faut cesser d'en prononcer le nom. L'expression était destinée à nous permettre de contourner l'obstacle de la souveraineté et à nous dispenser d'une clarification des relations entre l'Union européenne et l'OTAN. Mais c'était une « chimère » qui a conduit la défense européenne dans l'impasse où elle se trouve.

 

Lors du Conseil européen de décembre 2013, il est essentiel que les chefs d'Etat et de gouvernement adoptent une « feuille de route » dans les domaines opérationnel, capacitaire et industriel, voire institutionnel. Ce rapport leur propose des mesures concrètes. Mais nous savons que cela ne suffira pas. Des mesures pragmatiques ne remplaceront pas une vision et une ambition. Il faut aujourd'hui relancer le projet politique européen et réconcilier l'Europe avec ses citoyens. L'Europe ne peut pas se résumer à un grand marché. Elle doit pouvoir compter sur une défense autonome si elle souhaite devenir une puissance et rester dans l'histoire.

 

Sans attendre cette relance, les sénateurs proposent la création d'un groupe pionnier, un « Eurogroupe de défense », ouvert à tous les pays européens qui le souhaitent et le peuvent désirant d'aller plus vite et plus loin vers une défense commune européenne. Ce groupe pionnier, destiné à permettre à l'Europe d'intervenir militairement hors de ses frontières de manière autonome et à prendre sa part à la défense collective de son territoire, serait formé du Royaume-Uni, de la France et de l'Allemagne, et de l'ensemble de ceux qui veulent y participer. Il servirait de passerelle pour franchir le fossé entre « l'Europe de la défense » et la « défense européenne », entre la souveraineté des nations et le projet fédéral, comme l'ont fait jadis l'euro pour la monnaie unique ou Schengen pour l'abolition des contrôles aux frontières.

 

télécharger le Rapport

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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 15:55
Quand les sénateurs français proposent d'abandonner l'Europe de la défense

03.07.2013 Par Nathalie Guibert Le Monde.fr

 

Il faut " abandonner l'Europe de la défense". La proposition sonne fort ! En vue du prochain Conseil européen sur la défense du mois de décembre, le Sénat français tente de relancer le débat, éculé, sur les insuccès de l'Union européenne (UE) dans cette matière souveraine. Dans un des quatre rapports d'information préparatoires au Conseil, la commission des affaires étrangères et des forces armées dénonce "l'impasse conceptuelle" dans laquelle ces sujets sont englués depuis dix ans.

 

Pour en sortir, les sénateurs Daniel Reiner, Jacques Gautier, André Vallini et Xavier Pintat suggèrent que la France propose à ses partenaires de créer "un Eurogroupe de défense", conçu "en dehors des institutions européennes actuelles" : la démarche à 28 étant jugée "ni réaliste, ni réalisable", ce noyau de pays volontaires comprendrait les quatre nations qui comptent encore en matière militaire et qui possèdent une industrie nationale : la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Italie.

 

Il ne s'agit pas, selon M. Reiner, de se contenter du discours alternatif du "pragmatisme", martelé par le ministère de la défense, celui-ci étant contraint de s'appuyer sur les seuls résultats nouveaux du partenariat militaire franco-britannique : "Pragmatique, c'est le mot que nous avons en horreur, c'est le pas à pas, la méthode historique de construction européenne qui a manifestement atteint ses limites", a indiqué ce parlementaire socialiste devant la presse mercredi 3 juillet.

 

 17 PROGRAMMES DE VÉHICULES BLINDÉS DIFFÉRENTS DANS L'UE

 

Ainsi, même le programme phare du moment (lancé en 2003), l'avion de transport stratégique A400M qui arrive enfin dans les armées, nourrit des aigreurs : les Européens n'ont toujours pas réussi à s'entendre sur la mutualisation du soutien de l'avion, qui représente les deux tiers des coûts du programme. En Libye, "les Européens n'ont même pas été capables d'assurer l'embargo maritime alors que les Etats-Unis et l'OTAN étaient prêts à nous le concéder", a précisé M. Gautier.

 

Autre exemple, on compte 17 programmes de véhicules blindés et 7 programmes de navires de surface différents dans l'UE et plus de 10 milliards d'euros d'économies pourraient être réalisés si la coopération était meilleure, a estimé l'Agence européenne de défense.

 

"Les seuls programmes structurants pour l'industrie européenne, en cours ou à venir, sont américains, l'avion de combat Joint Strike Fighter ou la défense antimissile balistique", note ce rapport sénatorial. Le Conseil de décembre devra, selon les sénateurs, adopter une feuille de route pour avancer sur des "capacités critiques" européennes : ravitaillement en vol, drones de combat, espace militaire, cyberdéfense.

 

LA PÉRIODE EST PROPICE À DES CLARIFICATIONS

 

L'Eurogroupe de défense contiendrait par ailleurs le projet de quartier général européen permanent, dont ne veulent toujours pas entendre parler les Britanniques mais qui permettrait de mieux planifier des opérations militaires ensemble. La période est propice à des clarifications, entre la crise des budgets de défense, le "pivot" ("rééquilibrage") américain vers l'Asie et les révélations de l'ampleur de la surveillance mise en place par Washington auprès de ses alliés, convient M. Reiner : "Les circonstances sont favorables et il y a une demande pressante des Américains pour que les Européens prennent leur défense en main ; il faut constituer un noyau dur pour parler d'égal à égal."

 

Les sénateurs conviennent qu'ils font preuve d'un certain optimisme. Mais les pays de l'UE consacrent encore 175 milliards d'euros à leur défense et ont 1,5 millions d'hommes sous les drapeaux. Et aujourd'hui, en pleine crise politique et économique, ne s'agit-il pas de sauver le soldat Europe ?

 

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 11:55
Du livre blanc au Conseil européen de décembre: comment relancer l'Europe de la Défense ?

23.06.2013 par P. CHAPLEAU Lignes de Défense



(Encore) une (autre) conférence parlementaire intitulée "Du livre blanc au Conseil européen de décembre: comment relancer l'Europe de la Défense ?" se tiendra le jeudi 11 juillet, de 9h à 16h30, à la Maison de la chimie, 28 rue Saint-Dominique à Paris.

 

Organisée en collaboration avec l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques et en amont de la LPM, cette conférence réunira le 11 juillet prochain des députés (dont Jacques Gautier sénateur des Hauts-de-Seine, Vice-président de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, Elisabeth Guigou députée de la Seine-Saint-Denis, présidente de la Commission des affaires étrangères et Gwendal Rouillard député du Morbihan, secrétaire de la Commission de la défense nationale et des forces armées), le chef d'état-major des armées, des analystes, des représentants militaires et d'autres acteurs de la défense, ainsi que Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense.

 

Cette conférence abordera trois axes :
- L'Europe face aux crises futures,
- Quelles capacités militaires pour des opérations européennes ?, avec une question impertinente: "Quels abandons de souveraineté faut-il consentir ?" (la réponse, je le parie, le sera beaucoup moins...),
- Comment conserver une industrie de défense en Europe ? etc...

 

Programme complet en cliquant ici.

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 12:55
 Discours de M. Jean-Yves Le Drian devant le think-tank « Notre Europe »

 

 

16/05/2013 Discours de M. Jean-Yves Le Drian devant le think-tank « Notre Europe »

 

A Bruxelles, mercredi 15 mai 2013

 

Mesdames et Messieurs,

 

Je suis heureux d’être avec vous. C’est un retour très modeste vis-à-vis de Jacques Delors et de tout ce qu’il m’a apporté dans ma vie politique.

 

Aujourd’hui, je voudrais vous parler d’un sujet qui tient particulièrement à coeur au ministre de la Défense et à l’Européen convaincu que je suis : l’Europe de la défense.

 

La France vient de se doter d’un nouveau Livre blanc, validé ces derniers jours par le président de la République. Quatre points méritent particulièrement d’être retenus. Tout d’abord, malgré les difficultés budgétaires, le président de la République a souhaité maintenir le niveau de l’effort national et l’ampleur de notre outil de défense. Il s’agit d’une décision forte. Ensuite, nous maintenons le triptyque fondamental de notre politique de défense : protection de notre population, dissuasion nucléaire et intervention extérieure. En outre, nous maintenons notre souveraineté par l’existence de l’industrie de défense française et européenne. Enfin, nous fixons l’objectif d’une relance pragmatique de l’Europe de la défense.

 

Je parle de l’Europe de la défense et non de la défense européenne par réalisme. Le second concept, plus incantatoire, n’a jamais donné de résultats tangibles. Pour ma part, le concept d’Europe de la défense m’apparaît nettement plus pragmatique. C’est une logique plus humble. Mais s’il on veut qu’elle prenne une forme de réalité, il faut abandonner les postures idéologiques pour agir concrètement à deux, à trois, à cinq, à vingt-sept voire bientôt à 28, en fonction des possibilités qui nous sont offertes et des opportunités que nous pouvons saisir.

 

Je veux le croire car, en toute objectivité, nous n'avons pas le choix. C'est pourquoi la France entend continuer à être un promoteur actif du renforcement de l'Europe de la défense. Si, par le passé, une telle ambition a pu être perçue par certains de nos partenaires comme utopique, voire dogmatique, aujourd'hui - plus que jamais -, cet objectif s'impose à nous car il s’agit d’une nécessité historique.

 

Ce qui guide en premier lieu cette nécessité, c’est le rééquilibrage de la politique américaine de défense. Les Européens doivent saisir leur responsabilité face à la stratégie du pivot des Etats-Unis.

 

La deuxième nécessité, c’est la contrainte budgétaire des uns et des autres qui limite les développements capacitaires avec, parfois, des coupes fortes et significatives, à quelques exceptions près. Il faudra bien mutualiser, partager, trouver des points de cohérence. Sinon, l’Europe se déclassera stratégiquement. Il s’agirait d’un renoncement terrible.

 

Troisièmement, la permanence des menaces et des risques est réelle : l’arc sud, les fragilités à l’est, la mondialisation avec la généralisation des flux terroristes, du gangstérisme lié à la drogue ou du fondamentalisme religieux.

 

Progressivement, je suis convaincu que les Etats membres en prendront conscience. Sinon, c’est à une perte de souveraineté collective que nous sommes condamnés.

 

Il faut commencer par cela avant de reprendre les discours théoriques ou purement projectifs qui n’aboutiront pas à des résultats concrets. C’est dans ce sens qu’il faut préparer le prochain Conseil européen de décembre 2013. La position de la France sera de renouveler cela et d’assurer la régularité annuelle de nos rencontres sur ces sujets.

 

Alors que les questions de sécurité et de défense sont au coeur de son mandat, le Conseil européen ne s’est pourtant plus exprimé sur ces sujets depuis décembre 2008. Cette situation est incompréhensible.

 

Aujourd’hui, nous nous trouvons dans une conjoncture favorable à une nouvelle impulsion pour la construction de l’Europe de la défense. Nous entendons profiter pleinement du rendez-vous de décembre 2013 proposé l’année dernière par le Président Van Rompuy. C’est un signal politique fort. Cette opportunité doit être saisie.

 

Pour commencer, soyons pragmatiques dans le domaine opérationnel. Il est urgent que l’Union européenne mette enfin en oeuvre une véritable approche globale de la gestion des crises. Je veux le dire ici avec force, ceci ne sera pas possible tant que les institutions européennes ne seront pas capables d’adapter et d’optimiser leur façon de travailler, de mettre un terme, aux cloisonnements institutionnels qui persistent entre la Commission et le Service européen d'action extérieure (SEAE), et entravent la mobilisation rapide, cohérente et efficace de l'ensemble des instruments de l'UE.

 

Depuis plus d'un an, la France a attiré sans relâche l'attention de ses partenaires sur la dangerosité de la situation sécuritaire au Mali. Les faits ne nous ont pas démentis, justifiant notre intervention nationale. Aujourd’hui, nous sommes entrés dans une phase de stabilisation. La mise en place d’EUTM Mali s’est révélée efficace mais particulièrement longue, alors qu’il ne s’agit que d’une mission de formation militaire. La mission EUTM ne constitue d’ailleurs pas la seule réponse à la crise malienne. L’Europe a l’avantage de proposer des solutions globales, comme elle le montre aujourd’hui par exemple dans le cadre de la conférence sur le développement du Mali.

 

Au-delà, nous devons également progresser dans le champ capacitaire. Nous le faisons avec les Britanniques. Mais les projets peuvent être ouverts à deux, à trois ou à plus d’Etats volontaires. Avec la volonté politique, et sans remettre en cause la souveraineté des Etats, nous pouvons faire avancer plusieurs sujets concrets et simples comme le transport aérien logistique. L’EATC a fonctionné au Mali. Ces mécanismes peuvent être ouverts à d’autres Etats et à d’autres domaines. Je pense notamment au ravitaillement en vol ou au domaine spatial.

 

Enfin, concertant l’industrie, je suis convaincu de la nécessité de maintenir la base industrielle technologique européenne de défense. Il n’est sans doute pas opportun de l’ouvrir aujourd’hui aux quatre vents. La bonne manière consiste à anticiper les programmes à venir pour que les Etats membres susceptibles d’y participer se portent volontaires pour éviter la concurrence intra-européenne. Je pense par exemple aux drones comme un sujet pour une coopération industrielle à moyen terme.

 

Voici les quelques propos que je souhaitais partager avec vous sur l’Europe de la Défense, objectif au cœur de notre politique de défense et explicité dans le nouveau Livre blanc.

 

Je vous remercie de votre attention.

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