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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 18:55
Interview de Jacky Fouquereau : conseiller sur Forces spéciales


22/02/2012 Ministère de la Défense

 

« Forces spéciales » vient de sortir dans les salles de cinéma ! Jacky Fouquereau, conseiller sur le film et ancien membre de l’armée de Terre, nous parle de son rôle durant le film ainsi que de celui du ministère

 

Pour commencer pouvez-vous nous donner quelques éléments sur votre parcours ?

J’ai servi pendant 30 ans au sein de l’armée de Terre. D’abord dans des unités opérationnelles comme le deuxième régiment étranger de parachutistes à Calvi puis j’ai décidé de m’orienter vers la communication lorsque je suis passé au niveau d’officier supérieur.

De 1993 à 2011, j’ai travaillé pour la communication pour la Défense et de l’armée de Terre. Parallèlement, j’étais aussi chargé de missions opérationnelles sur les théâtres d’opérations en tant que porte-parole ou responsable de la communication. À ce titre j’ai fait plusieurs séjours en Afghanistan et au Tadjikistan pour la France et l’OTAN. Depuis juillet 2011, je suis revenu à la vie civile.

 

  • Quel a été le rôle du ministère de la Défense pour le film ? Quelles sont les raisons pour lesquelles le ministère est intervenu sur ce projet ?

Aujourd’hui en France, lorsqu’un réalisateur veut faire un film mettant en scène des militaires, il ne peut pas le faire parce qu’il n’y a pas de parc privé pour les équipements comme c’est le cas aux États-Unis. Or, chaque unité ou équipement de la Défense sont produites et entretenues en vue d’un engagement opérationnel, l’idée d’un prêt pour le film était donc inenvisageable.

Le partenariat avec le ministère a permis aux équipes de tournage de se caler sur les activités des forces pour pouvoir prendre les images nécessaires pour le film. L’idée était qu’à aucun moment le film n’obère le potentiel humain ou celui des systèmes d’armes mais que nous puissions filmer les forces dans les gêner dans leurs missions.

À titre d’exemple, les avions de chasse qui décollent dans le film sont des avions qui partaient en exercice au moment où nous les avons filmés. C’était un travail compliqué parce qu’il fallait tout organiser en fonction des équipements puisqu’on ne devait pas détourner les moyens qui étaient dédiés à l’entrainement des forces.

J’avais été détaché par l’État-major des armées pour mettre en adéquation les besoins du film avec les moyens militaires sur lesquels nous allions pouvoir nous appuyer et veiller à ce que tout se passe bien. 

 

  • Que vous pouvez nous en dire plus sur votre rôle durant le film ?

J’ai été associé au film dès sa conception. Stéphane Rybojad, le réalisateur de « Forces Spéciales » m’a sollicité pour l’aider à proposer le scénario le plus réaliste possible. D’abord par amitié mais aussi du fait de mes connaissances sur l’Afghanistan, l’engagement militaire et les relations de la Défense avec les journalistes.

Un premier projet a pu être proposé, fin 2008, au ministère de la Défense pour envisager un partenariat. Nous avons pu commencer à tourner en Afghanistan des images en novembre 2009 alors que j’étais encore responsable de la communication. Puis, en avril 2010, lorsque le film était dans sa phase finale de bouclage, j’ai été désigné par l’État major des armées comme conseiller militaire de réalisation.

Pendant le tournage, la volonté du réalisateur de proposer des images les plus proches de la réalité possible ont nécessité que nous tournions dans des lieux proches de l’Afghanistan ou en zone tribale pakistanaise. Nous sommes donc allés tourner au Tadjikistan à la frontière afghane pour retrouver un décor le plus proche possible de l’Afghanistan.

Dans cette optique j’étais le trait d’union entre le réalisateur, la production et puis Paris pour avoir des points de sécurité. En effet, nous étions 80 et parfois jusqu’à 300 avec les figurants, à 20 heures de la capitale, sur des pistes proches de la frontière afghane dans un pays où les infrastructures ne sont pas adaptées et où il peut y avoir de l’instabilité. De plus, lorsque nous tournions certaines scènes, il fallait se mettre en rapport avec les gardes frontières afghans parce qu’on faisait des séquences de tir avec des blessures de cinéma, certes, mais on était quand même à cinquante mètres de l’Afghanistan.

Il y avait aussi la préparation des plans de travail pour la production, pour tout organiser, ainsi que des briefings : pour les destinations comme le Tadjikistan ou Djibouti, il y a un savoir-être à avoir sur place et il était important que toutes les équipes soient au courant de ce qu’on pouvait faire ou non.

Et puis l’autre partie de mon travail consistait à conseiller les acteurs. D’abord par des échanges avec les comédiens sur leur manière d’être mais aussi en formant des figurants. En effet, pour les scènes de combat des figurants représentant des talibans, il a fallu donner une petite instruction, comme pour de jeunes soldats, à des personnes recrutées localement. Celles-ci n’ayant jamais tenu une arme, il a fallu leur apprendre à être crédible avec des répliques qui peuvent aussi être dangereuses.

Et puis, à partir de moment où j’étais désigné par l’EMA, il y avait aussi tout ce qui touchait aux équipements que je vous ai expliqué plus haut. Ce n’était pas si simple parce que si les militaires ont l’habitude des journalistes, pour le cinéma c’est beaucoup plus complexe et beaucoup plus contraignant.

 

  • Comment cela se passe t-il avec les journalistes ?

Lorsqu’un journaliste ou une boite de production a une idée de sujet, ils font part à la Défense de leur envie de travailler sur un domaine. Ce qui est alors évalué, c’est la faisabilité de la chose : surtout lorsque l’on parle de théâtres d’opérations pour les mesures de sécurité. C’est surtout le cas pour les journalistes « intégrés », qui suivent des unités sur le terrain par exemple.

En effet, les journalistes suivent ces unités en entraînement ou sur le terrain. Ils doivent alors se caler sur les impératifs des forces tout en prenant leurs images. Pour la Défense, il est primordial que cela ne gêne pas les forces suivies mais aussi que la sécurité des journalistes embarqués puisse être assurée à tous moment.

Il s’agit en effet d’une mission de service public pour la Défense que de donner aux journalistes les moyens d’informer le public sur les théâtres d’opérations. Ce n’est pas toujours simple, par exemple en Afghanistan, mais ce travail fait partie des missions de la Défense et permet de montrer à la fois ce que fait la France, ce que font les soldats et d’informer le plus largement possible.

 

Pour en savoir plus :

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7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 16:55
Un nouveau commando marine nommé Kieffer

Le contre-amiral Marin Gillier, commandant la marine à Lorient et commandant de la force maritime des fusiliers marins et commandos. photo marine nationale

 

07 mai 2008 Jean-Laurent BRAS - Ouest-France

 

La nouvelle unité des forces spéciales dominera les nouvelles technologies du combat. Rencontre avec le contre-amiral Marin Gillier, patron des bérets verts de la Marine.

 

La Marine nationale avait envisagé d'ajouter une sixième unité aux cinq commandos marine qu'elle compte aujourd'hui (Jaubert, de Montfort, de Penfentenyo et Trepel, à Lorient ; Hubert, à Toulon).

 

Une sorte de sas d'aguerrissement des meilleurs fusiliers-marins avant l'incorporation dans les forces spéciales dont « il n'est pas question d'abaisser le niveau d'excellence », rappelle le contre-amiral Marin Gillier, commandant la Force des fusiliers marins et commandos (2 400 hommes au total dont plus de 500 commandos).

 

Basé à Lorient, ce sixième commando marine va bien voir le jour, mais sous une tout autre forme. Celle d'une unité spécialisée dans la mise en oeuvre des nouvelles technologies, capable d'agir en autonomie, d'apporter un soutien à d'autres unités ou d'armer des PC de forces spéciales.

 

Des spécialistes des nouvelles technologies

 

« Avec l'État-major, nous avons analysé des dizaines d'opérations menées sur tous les continents et dans toutes les situations par nos forces. Ce retour d'expérience a montré, y compris par comparaison avec d'autres nations alliées avec lesquelles nous sommes fréquemment engagés, que les forces spéciales françaises font preuve d'une totale maîtrise. Il y a cependant quelques domaines où nous devons encore gravir une marche pour rester au meilleur niveau mondial et prendre de l'avance face à l'évolution des menaces », note le contre-amiral Gillier, tout juste rentré de Somalie où il a dirigé l'opération de libération des otages du Ponant. Une mission pendant laquelle « toutes les techniques et tous les moyens, mis à part les avions de chasse, ont servi ! »

 

Ce sont précisément ces nouvelles techniques et technologies de combat que le sixième commando marine sera chargé de développer au sein des forces spéciales où, jusqu'à présent, « le système d'armes était d'abord l'homme ».

 

Issus pour moitié des rangs commandos marine et pour moitié des autres unités de la Royale, les trente-deux premiers membres du sixième commando seront électroniciens, informaticiens, spécialistes des télécommunications ou de la mise en oeuvre de drones. Ils seront capables de développer, si nécessaire dans un environnement hostile (radiologique, bactériologique ou chimique), leur savoir- faire en guerre électronique, contre-terrorisme, contre-minage... « Avant de prendre d'assaut une maison, il vaut mieux risquer un animal ou un drone que de risquer des hommes », rappelle Marin Gillier.

 

Un officier supérieur doublement heureux de compter, parmi les unités sous ses ordres, un commando au nom du fondateur des bérets verts de la Marine : Philippe Kieffer.

 

Le 6 juin 1944, ses 177 hommes furent les premiers à prendre pied sur la plage d'Ouistreham : « Pour former son groupe, le capitaine de corvette Philippe Kieffer avait aussi recruté dans toutes les spécialités de la Marine et il venait lui-même du Chiffre, les transmissions codées. Un retour aux sources en quelque sorte ! »

 

La remise du fanion aura lieu, jeudi, à Ouistreham, en présence du président de la République. La création officielle du commando Kieffer interviendra le 6 juin.

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