Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 22:30
Les Emirats arabes unis prêts acheter Rafale

Les Emirats arabes unis prêts acheter Rafale

 

11/11 Les Echos (Reuters)

 

Selon des sources du secteur de la défense, les Emirats souhaitent acquérir 60 avions de chasse.

 

Les négociations au sujet de l'achat d'avions Rafale par les Emirats arabes unis sont entrées dans leur phase finale, a déclaré mercredi à Reuters le chef de l'armée de l'air de ce pays du Golfe. Selon des sources du secteur de la défense, les Emirats souhaitent acquérir 60 avions de chasse et ils examinent avec attention la possibilité d'acheter ces appareils à Dassault Aviation, après s'être intéressés dans un premier temps à l'Eurofighter.

 

"Je pense que nous sommes dans la dernière phase des négociations", a dit le général Ibrahim Nasser al Alaoui, commandant des forces aériennes des Emirats, interrogé sur la perspective d'un accord pour acheter des Rafale à Dassault.

 

Il a néanmoins souligné qu'aucune décision définitive n'avait été prise. Il n'a pas été possible dans l'immédiat de joindre Dassault Aviation. Le ministère français de la Défense a refusé de s'exprimer sur le sujet.

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 18:55
photot JP Pons - Marine nationale

photot JP Pons - Marine nationale

 

11.11.2015 par FORFUSCO

 

Le capitaine vaisseau François Rebour, commandant la force maritime des fusiliers marins et commandos et commandant la marine à Lorient, était ce matin à la cérémonie de commémoration de l'armistice de 1918 à Lorient. Aux côtés du maire de Lorient, M. Métairie, du député de la cinquième circonscription du Morbihan, M. Rouillard, et du sous-préfet du Morbihan M. Treffel, ALFUSCO a rendu hommage à l'engagement des militaires français dans la Première Guerre Mondiale.
Les jeunes stagiaires de la Préparation militaire Marine de Lorient étaient sur les rangs de cette cérémonie.

 

Reportage photos

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 18:55
photo EMA

photo EMA

 

11.11.2015 Source EMA

 

Le général d’armée Pierre de Villiers participait ce matin aux cérémonies de commémoration du 97e anniversaire de l’armistice de 1918. À l’hommage rendu aux soldats morts au cours de la Première Guerre mondiale étaient associés ceux qui, cette année encore, ont prolongé leur sacrifice en donnant leur vie pour protéger la France et les Français :
• l’adjudant-chef Samir Bajja du 4e RHFS
• l’adjudant Thomas Dupuy du CPA10
• le caporal-chef Heiarii Moana du 126e RI
• le brigadier Baptiste Truffaux du 21e RIMa

Pour le général de Villers, ces commémorations ont aussi été l’occasion de saluer le courage et la combativité des hommes et des femmes blessés dans l’exercice de leur mission, et de renouveler son soutien aux familles touchées par la disparition d’un proche dans les engagements de l’armée française.

 

Reportage photos

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 18:55
Commémorations de l'Armistice du 11 novembre 1918

François Hollande, président de la République, dépose une gerbe lors de la cérémonie du 11 novembre, à l'Arc de Triomphe.

 

11/11/2015 DICOD

 

Mercredi 11 novembre 2015, la France a commémoré le 97e anniversaire de l’Armistice de 1918. De nombreux événements se sont tenus pendant cette journée pour rendre hommage à l'ensemble des Morts pour la France tombés pendant et depuis la Grande Guerre.

 

97 ans après l’Armistice de 1918, de nombreux événements se sont tenus ce mercredi 11 novembre afin de rendre hommage aux morts pour la France tombés pendant et depuis la Première Guerre mondiale. En début de matinée, sur les Champs-Elysées, Jean-Marc Todeschini, secrétaire d’État auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens combattants et de la Mémoire, a commémoré avec Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, la manifestation des étudiants du 11 novembre 1940, qui constitua l’un des premiers actes de Résistance en France occupée (voir encadré).

Après la traditionnelle cérémonie à l’Arc de Triomphe aux côtés du président de la République, François Hollande et du Gouvernement, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, et Jean-Marc Todeschini ont reçu à l’hôtel de Brienne les familles des militaires décédés en service dans l’année. Depuis 2012, la journée du 11 Novembre commémore en effet non seulement les morts de la Grande Guerre mais aussi ceux morts au service de la France depuis, notamment en opérations extérieures.

 

L’après-midi enfin s’est déroulée la cérémonie organisée chaque année à la forêt de Rethondes (Compiègne, Oise), où fut signée l’Armistice.

En marge de ces cérémonies commémoratives, le secrétaire d’État Jean-Marc Todeschini a rencontré son homologue australien, Stuart Robert, en visite officielle en France. Ils ont déposé notamment une gerbe à l’Arc de Triomphe en reconnaissance de la mémoire partagée entre les deux pays et de la contribution des forces australiennes à la Grande Guerre.

 

Commémorations de l'Armistice du 11 novembre 1918

Rappel : La manifestation du 11 novembre 1940 est une manifestation de lycéens et d'étudiants ayant eu lieu sur les Champs-Élysées et devant l'Arc de Triomphe en commémoration de l'Armistice du 11 novembre 1918. Rassemblant plusieurs milliers de personnes, elle est durement réprimée par les occupants nazis.

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 18:45
Photo  R. Pellegrino ECPAD

Photo R. Pellegrino ECPAD


10.11.2015 Par
 

Au Forum de Dakar, la France se montre particulièrement active. Il s'agit pour Paris de convaincre tous ses partenaires africains de s'engager toujours plus dans la sécurité collective. Renseignement, conseil, formation, etc.,les Français multiplient les initiatives pour organiser la défense des pays du continent... Et la leur.

 

Comme lors de la première édition, les Français ne passent pas inaperçus dans ce Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique. Jean-Yves Le Drian reste le principal parrain - pour ne pas dire « tonton » - de l'événement. Chacun, d'où qu'il vienne, espère avoir un mot avec le ministre de la Défense français. Quelques-uns des plus hauts gradés, notamment en matière de renseignement, sont également présents pour rencontrer leurs homologues et échanger leurs réflexions.

Pour la séance d'ouverture de cette seconde édition, lundi, le général Pierre de Villiers, chef d'état-major des armées françaises, a présenté son analyse de la situation sécuritaire dans la région. Il proposait des axes de réponse : travailler sur le long terme, respecter le droit international pour ne pas jouer le jeu des terroristes, adopter une approche globale avec des effets militaires, mais aussi sociaux, économiques et politiques. Surtout, le général insiste : « Nous allons avoir besoin de votre aide et de votre conseil pour savoir comment contribuer. »

 

Encadrer les Africains

L'idée clef, à Dakar, est d'affirmer que les Africains doivent prendre en main leur propre sécurité. Les partenaires internationaux ne sont là que pour aider. Pour illustrer cette logique, Jean-Yves Le Drian donne quelques informations sur une opération militaire en cours dans le nord du Mali : les militaires français de Barkhane et leurs collègues maliens y ont, selon le ministre, saisi des stocks « significatifs » d'armes. « Ce genre de choses se passe tout le temps, assure-t-il. On n'en parle pas tous les matins. »

En Afrique, la France est presque sur tous les fronts et cherche à mobiliser au maximum les forces locales. La Force multinationale mixte, en cours de mobilisation pour lutter contre Boko Haram, a été l'une des priorités françaises au cours de ce Forum. Elle a déjà bénéficié des apports en renseignement de Paris. Un haut responsable militaire français assure ainsi que des informations d'une rare qualité, notamment sous la forme d'images satellitaires, ont été remises aussi bien aux Nigérians, qu'aux Tchadiens. Ici aussi, la collaboration est le mot d'ordre : « Les Africains apportent du renseignement humain et nous apportons du renseignement technique, explique un autre militaire français. Ce n'est pas du renseignement de même nature. » Le modus operandi consiste en général pour les Africains à identifier un lieu qui les intéresse et à demander aux Français ce qu'ils y voient et ce qu'ils y entendent, grâce à des équipements particulièrement sophistiqués ( satellites, interceptions... )

Paris cherche à mettre en place ce type de collaborations dans tous les secteurs. Jean-Yves Le Drian a ainsi pu discuter avec plusieurs de ses homologues de la piraterie dans le Golfe de Guinée. Il s'agit d'aider les différents pays à communiquer et à collaborer entre eux, les militaires français formant des spécialistes et conseillant les marines locales. « Le rôle d'un forum comme celui-ci, note le ministre de la Défense français, c'est de renforcer la prise de conscience et d'aider à ce qu'il y ait une coordination des acteurs. »

 

Vendre les méthodes françaises

Mobilisées sur une multitude d'opérations, les armées françaises ne peuvent pourtant plus fournir beaucoup d'efforts supplémentaires. Pour continuer à renforcer la lutte contre l'insécurité sur le continent, la France déploie donc toujours plus d'officiers de liaison et de spécialistes, notamment du renseignement et de la logistique, pour favoriser la lutte contre les différents groupes terroristes. Chaque fois, il s'agit de mobiliser les différents partenaires. Une responsable du Département de la Défense américain admet ainsi que l'intervention de la France au Mali, en 2013, n'avait pas laissé beaucoup de choix à Washington : « Nous avons eu 48 heures pour réagir. »

Depuis la fin des années 1990, la France continue à former des armées locales... Avec des résultats mitigés. A propos des forces armées maliennes, un militaire français note par exemple qu'elles restent peu fiables : « Cela fait 50 ans que l'on forme les Maliens, à chaque fois, ils se sont écroulés. » L'une des nouvelles priorités est la formation de forces spéciales locales que la France tente de mettre en place. Là aussi, malgré les bonnes volontés, un conseiller de Jean-Yves Le Drian évoque les méfiances de dirigeants de certains pays inquiets de contingents militaires trop bien formés qui échapperaient à leur contrôle.

Paris cherche enfin à impliquer l'Union européenne sur le plan militaire. Jean-Yves Le Drian veut encore convaincre ses collègues européens de déployer une opération en République centrafricaine, sur le modèle de la Mission de formation de l'Union européenne au Mali (EUTM). Tous ces efforts se retrouvent jusque dans le domaine de la sécurité informatique, pourtant rarement évoqué par les principaux intéressés lors des échanges : des spécialistes de ce secteur, civils et militaires, ont passé le Forum à faire le tour des autorités africaines pour proposer leurs savoir-faire.

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 18:45
Forum de Dakar sur la Paix et la Sécurité, 10 novembre 2015

 

11.11.2015 source EMA


« Lorsque la force avance, la violence recule. Et lorsque le dialogue progresse, comme aujourd’hui ici à Dakar, la paix avance.»

 

Intervenant sur le thème des « défis du terrorisme en Afrique », le général Pierre de Villiers a insisté sur trois éléments structurants qui, à ses yeux, permettent de surmonter les difficultés du quotidien des opérations :
• inscrire son action dans la durée, en se gardant de la pression pour une réponse immédiate ;
• respecter le droit international, sans jamais céder à la violence ;
• établir une stratégie globale dont l’action militaire ne constitue qu’un des volets. « Gagner la guerre ne suffit pas, il faut aussi gagner la paix ».

Réunissant plusieurs centaines de personnalités politiques, de militaires, de diplomates et d’experts, la deuxième édition du Forum international sur la Paix et la Sécurité s’est déroulée à Dakar lundi 9 et mardi 10 novembre 2015.

En séance plénière, le CEMA est intervenu aux côtés de M. Tiéman Hubert Coulibaly, ministre de la Défense du Mali, de M. Mohammed Babagana Monguno, de la sécurité nationale du Nigeria, de M. Masakazu Hamachi, vice-ministre parlementaire pour les Affaires étrangères du Japon, de Mme Elissa Slotkin, assistante à la sécurité au département de la Défense des États-Unis, et de M. Mongi Hamdi, Représentant spécial et Chef de la MINUSMA.

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 18:45
Photo  R. Pellegrino ECPAD

Photo R. Pellegrino ECPAD

 

10/11/2015 LCL N. Fouilloux  - DICOD

 

À l’invitation de son excellence Macky Sall, président de la République du Sénégal, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s’est rendu au Sénégal les 9 et 10 novembre 2015 pour participer à la deuxième édition du Forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique.

 

 Jean-Yves Le Drian, s’est rendu au Sénégal les 9 et 10 novembre 2015 pour participer à la deuxième édition du Forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique. Accompagné du chef d’état-major des armées, il a pu s’exprimer devant près d’un millier de participants, issus de nombreux pays africains et de plusieurs grandes nations de tous les continents, mais aussi d’organisations internationales ou non gouvernementales.

 

Témoignant de l’émergence d’une vision africaine sur les enjeux de paix et de sécurité, le ministre s’est félicité de la riche et franche confrontation permise par ce Forum, lieu idéal de dialogues et d’échanges entre les États, afin de trouver des réponses concrètes et durables aux problèmes sécuritaires africains.

 

Après avoir souligné la qualité des travaux du G5 Sahel, Jean-Yves Le Drian a rappelé qu’un partenariat élargi était indispensable pour véritablement traduire les réflexions en actions.

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 18:44
M. Mongi Hamdi, Représentant spécial et Chef de la MINUSMA et le général Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées

M. Mongi Hamdi, Représentant spécial et Chef de la MINUSMA et le général Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées

 

novembre 11, 2015 Par Boubacar Diallo - conakrylemag.com

 

Débuté le lundi 09 novembre, le forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique s’est terminé ce mardi 10 novembre 2015 a Dakar.

 

Face à la menace terroriste  que connait l’Afrique et surtout celui de l’état islamique ex-Boko Haram qui sévit au Nord du Nigeria et aux pays voisins, la France par l’intermédiaire du général Pierre de Villiers chef d’état-major des armées françaises   vient de rappeler une nouvelle fois à l’état major des pays africains leurs responsabilités sur la questions sécuritaire de la région.

 

Les africains doivent prendre leur sécurité en main leur propre sécurité.  Les partenaires internationaux ne sont là que pour aider. Pour illustrer cette logique, Jean-Yves Le Drian donne quelques informations sur une opération militaire en cours dans le nord du Mali: les militaires français de Barkhane et leurs collègues maliens y ont, selon le ministre, saisi des stocks «significatifs» d’armes. «Ce genre de choses se passe tout le temps, assure-t-il avant d’ajouter, on n’en parle pas tous les matins».

 

En Afrique, la France est presque sur tous les fronts et cherche à mobiliser au maximum les forces locales. Elle a déjà bénéficié des apports en renseignement de Paris. Un haut responsable militaire français assure ainsi que des informations d’une rare qualité, notamment sous la forme d’images satellitaires, ont été remises aussi bien aux Nigérians, qu’aux Tchadiens. Ici aussi, la collaboration est le mot d’ordre: «Les Africains apportent du renseignement humain et nous apportons du renseignement technique, explique un autre militaire français puis de préciser, ce n’est pas du renseignement de même nature». Le mode  opérationnelle consiste en général pour les Africains à identifier un lieu qui les intéresse et à demander aux Français ce qu’ils y voient et ce qu’ils y entendent, grâce à des équipements particulièrement sophistiqués (satellites, interceptions…)

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 17:55
Stratégie nationale (du statu quo) de sûreté des espaces maritimes

 

11.11.2015 par Fauteuil de Colbert

 

" Il y a aussi l'immensité de notre espace maritime. Et les Outre-mer ont un rôle primordial – sur les 5 continents – pour notre présence dans le monde. Tout comme l'ensemble de nos compatriotes qui sont établis et travaillent à l'étranger. " Le Premier Ministre Manuel Valls, discours de politique générale (8 avril 2014).

 

Depuis son entrée en fonction, le Premier ministre Manuel Valls multiplie les références aux espaces maritimes français et affirmait nourrir une ambition maritime. C'est ce qu'il énonçait dans un discours d'ouverture des 10e assises de l'économie de la mer à Nantes le 2 décembre 2014 quand il annonçait que la France allait se doter d'une stratégie nationale de sûreté des espaces maritimes, complétant celle de l'Union européenne. Et le moins que nous puissions relever à travers la publication de cette stratégie nationale de sûreté des espaces maritimes, c'est que le Premier ministre a tenu parole, et ce document est même plus ambitieux que le livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2013 sur quelques points !

Suite de l'article

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 17:55
Sous les cocardes n°3 - Les forces aériennes stratégiques


9 nov. 2015 Armée de l'Air

 

Pour ce troisième numéro de "Sous les cocardes" Aerostar TV vous emmène au sol et en vol avec les forces aériennes stratégiques.

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 17:30
Inherent Resolve – Chammal sit rep 11 Nov – CJTF-OIR

 

November 11, 2015 by CJTF-OIR Release # 20151111-01

 

Military Strikes Continue Against ISIL Terrorists in Syria and Iraq

 

SOUTHWEST ASIA- On Nov. 10, coalition military forces continued to attack ISIL terrorists in Syria and Iraq. In Syria, coalition military forces conducted 11 strikes using bomber, fighter, attack, and remotely piloted aircraft. Separately in Iraq, coalition military forces conducted 17 strikes coordinated with and in support of the Government of Iraq using bomber, fighter, attack and remotely piloted aircraft against ISIL targets.

 

The following is a summary of the strikes conducted against ISIL since the last press release:

 

Syria

• Near Al Hasakah, two strikes struck an ISIL tactical unit and destroyed an ISIL vehicle borne improvised explosive device (VBIED) and an ISIL staging area.

• Near Al Hawl, five strikes struck four separate ISIL tactical units and destroyed eight ISIL fighting positions, an ISIL building, and an ISIL VBIED.

• Near Dayr Az Zawr, two strikes struck an ISIL gas oil separation plant and destroyed three ISIL front end loaders and damaged two ISIL cranes.

• Near Mar’a, one strike struck an ISIL tactical unit.

• Near Palmyra, one strike struck an ISIL tactical unit and destroyed an ISIL tactical vehicle and damaged a separate ISIL vehicle.

 

Iraq

• Near Kisik, one strike struck an ISIL tactical unit and destroyed an ISIL fighting position.

• Near Mosul, one strike destroyed an ISIL fighting position.

• Near Ramadi, three strikes struck two separate ISIL tactical units and destroyed three ISIL vehicles, an ISIL excavator, two ISIL heavy machine guns, two ISIL buildings, and an ISIL 23mm anti-aircraft artillery piece.

• Near Sinjar, six strikes struck three separate ISIL tactical units and destroyed eight ISIL fighting positions, two ISIL command and control nodes, three ISIL vehicles, and 18 ISIL staging areas.

• Near Sultan Abdallah, one strike destroyed an ISIL fighting position.

• Near Al Huwayjah, four strikes struck an ISIL headquarters, an ISIL weapons cache, an ISIL logistical facility, and an ISIL security headquarters.

• Near Albu Hayat, one strike struck a large ISIL tactical unit, and destroyed two ISIL buildings, three ISIL weapons caches, and three ISIL fighting positions.

 

Strike assessments are based on initial reports. All aircraft returned to base safely.

 

The strikes were conducted as part of Operation Inherent Resolve, the operation to eliminate the ISIL terrorist group and the threat they pose to Iraq, Syria, and the wider international community.

 

The destruction of ISIL targets in Syria and Iraq further limits the group's ability to project terror and conduct operations. Coalition nations which have conducted strikes in Iraq include Australia, Belgium, Canada, Denmark, France, Jordan, Netherlands, United Kingdom, and the United States. Coalition nations which have conducted strikes in Syria include Australia, Bahrain, Canada, France, Jordan, Saudi Arabia, Turkey, United Arab Emirates, and the U.S.

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 15:50
photo BND

photo BND

 

11 novembre 2015 Romandie.com (AFP)

 

Berlin - Les services secrets allemands ont espionné le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, affirme mercredi la radio publique allemande Berlin-Brandebourg (rbb), qui apporte de nouveaux détails dans l'affaire d'espionnage qui embarrasse depuis plusieurs mois la chancellerie allemande.

 

Laurent Fabius a été mis sur écoute par le BND, les services de renseignement extérieurs allemands, souligne la radio sans préciser ses sources. Elle cite également parmi les cibles des écoutes allemandes la Cour internationale de justice de la Haye, l'Unicef, l'organisation mondiale de la santé (OMS), le FBI, la radio financée par les Etats-Unis Voice of America ou encore de nombreuses d'entreprises européennes et américaines, dont l'entreprise d'armement Lockheed aux Etats-Unis.

 

D'autres médias allemands avaient déjà révélé ces derniers mois que les services de renseignement extérieurs allemands avaient espionné des pays alliés pour le compte de son équivalent aux Etats-Unis, la NSA, ainsi que pour son propre compte.

 

Le BND avait notamment été accusé d'avoir écouté pour le compte de l'agence de renseignement américaine NSA des responsables du ministère français des Affaires étrangères, de la présidence française et de la Commission européenne.

 

La radio berlinoise évoque une liste de 900 pages de sélecteurs (numéros de téléphone, emails, adresses IP) utilisés par le BND et à laquelle ont eu accès des députés allemands membres de la commission d'enquête chargée de faire la lumière sur les opérations de surveillance.

 

L'examen des sélecteurs du BND va encore durer des mois afin de clarifier pourquoi, quand et combien de temps étaient branchés les sélecteurs et qui a été dans le détail mis sur écoute, précise le média allemand.

 

A l'automne 2013, des informations sur la mise sur écoute d'un téléphone portable de la chancelière Angela Merkel avaient notamment provoqué de fortes tensions entre Berlin et Washington. L'espionnage entre amis, cela ne va pas du tout, avait alors déclaré Mme Merkel.

 

La chancellerie en Allemagne est chargée de contrôler les activités des services secrets, ce qui la place dans une position particulièrement inconfortable.

 

Le gouvernement allemand a promis fin octobre un contrôle renforcé de ses services de renseignement et de la coopération entre le BND et la NSA.

 

Il se refuse cependant systématiquement à communiquer sur les révélations de la presse en la matière, réservant ses réponses à une commission parlementaire créée à cet effet. La porte-parole du gouvernement Christiane Wurz a néanmoins promis qu'une enquête aurait lieu étant donné que l'espionnage de pays partenaires ne faisait pas partie des attributions du BND.

 

Martin Schaefer, porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, a indiqué lors d'un point presse régulier à Berlin mercredi qu'il ne croyait pas que ces révélations puissent porter un coup à la relation entre Laurent Fabius et son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier.

 

Les deux ministres, qui doivent se rencontrer vendredi à Paris se salueront très amicalement et aborderont ensemble, comme toujours, les défis du moment tels que la Syrie ou l'Ukraine, a-t-il précisé.

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 13:55
Le volontaire étranger de 1914

 

Par Pascal Bonetti (1920)

 

Le monde entier disait : la France est en danger ;

Les barbares, demain, camperont dans ses plaines.

Alors, cet homme que nous nommions « l’étranger »

Issu des monts latins ou des rives hellènes

 

Ou des bords d’outre-mers, s’étant pris à songer

Au sort qui menaçait les libertés humaines,

Vint à nous, et, s’offrant d’un cœur libre et léger,

Dans nos rangs s’élança sur les hordes germaines.

 

Quatre ans, il a peiné, lutté, saigné, souffert !

Et puis un soir, il est tombé dans cet enfer.

Qui sait si l’Inconnu qui dort sous l’arche immense,

 

Mêlant sa gloire épique aux orgueils du passé,

N’est pas cet étranger devenu fils de France

Non par le sang reçu mais par le sang versé ?

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 12:55
Un nouveau souffle pour le Concours National de la Résistance et de la Déportation

 

10/11/2015 Jean-Marc Todeschini SECDACM - Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

 

Najat VALLAUD-BELKACEM, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et Jean-Marc TODESCHINI, secrétaire d’État auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens combattants et de la Mémoire, ont reçu ce jour le rapport sur le Concours National de la Résistance et de la Déportation (CNRD) au Musée Jean Moulin à Paris.

 

A l’occasion du 70e anniversaire de la fin du second conflit mondial, le Président de la République a souhaité relancer le Concours National de la Résistance et de la Déportation, premier concours scolaire et héritage précieux d’une volonté de transmission née des résistants et déportés eux-mêmes, mais dont la participation a connu une certaine érosion.

 

C’est pourquoi en janvier dernier, il avait confié à Anne ANGLES, enseignante d’histoire-géographie, Jean-Yves DANIEL, Doyen de l’Inspection Générale de l’Éducation Nationale et Hélène WAYSBORD, Inspectrice honoraire de l’Éducation Nationale, présidente de la Maison d’Izieu, maison des enfants juifs exterminés, une mission de proposition avec pour objectifs de réaffirmer la double nature du concours, historique et civique, porté à la fois par l’Éducation nationale et la Défense et par les fondations et associations mémorielles, de soutenir le volontariat des enseignants et des élèves et d’élargir le nombre et le type d’établissements engagés dans le concours.

 

Dans la continuité des propositions du rapport, les deux ministres ont annoncé ce jour plusieurs mesures pour donner un nouveau souffle au Concours National de la Résistance et de la Déportation et permettre une meilleure visibilité et une meilleure reconnaissance des acteurs qui s’y impliquent, avec l’objectif, inchangé depuis sa création, de former de futurs citoyens attentifs aux mécanismes contemporains des violences extrêmes.

 

Les instances de pilotage du concours évolueront, avec la formation d’un grand jury national, composé d’un comité stratégique, réunissant l’ensemble des acteurs et partenaires du CNRD, qui prendra les décisions importantes relatives au pilotage du concours et un collège de correcteurs renforcé au sein du jury national.

 

Le pilotage territorial du concours sera également renforcé, avec une organisation académique plutôt que départementale, en laissant le choix aux recteurs et aux directeurs académiques des services de l’éducation nationale de l’échelon le plus pertinent.

 

Le CNRD s’inscrira dans le parcours citoyen avec l’inclusion systématique dans le projet d’établissement de la participation d’une classe au concours, sa valorisation dans le livret scolaire de l’élève et le développement des voyages scolaires sur les lieux de mémoires. L’information en direction des lycées professionnels sera renforcée. La diversification des types d’établissements sera encouragée.

 

La valorisation des participants sera renforcée par la remise d’un diplôme signé par le recteur, la publication des palmarès départementaux sur l’ensemble du territoire, la valorisation de l’engagement des membres des équipes éducatives en faveur du concours ou encore la désignation d’un haut parrainage pour le CNRD, dont les membres contribueront à mobiliser les équipes éducatives et les élèves à participer au concours.

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 12:50
La frégate Léopold Ier va accomplir une mission d'escorte du porte-avion Charles de Gaulle

 

11.11.2015 LaLibre.be (AFP)

 

La frégate multifonctions Léopold Ier, qui croise actuellement en Méditerranée, escortera dès la semaine prochaine le porte-avion français Charles de Gaulle jusque dans le golfe Persique. La mission commencera le 18 novembre et devrait durer jusqu'en janvier prochain. La frégate Léopold Ier participe actuellement à la mission Sophia en mer Méditerranée, une mission navale à laquelle prennent part 22 pays européens. Elle a pour but de "briser le modèle économique du trafic organisé d'êtres humains en Méditerranée, en effectuant des rondes d'observation, en arraisonnant et saisissant les embarcations utilisées pour faire traverser la Méditerranée à des centaines, voire des milliers de candidats à l'asile.

 

La frégate a d'ailleurs secouru la semaine dernière 258 migrants et permis l'arrestation de trois trafiquants.

 

Dès le 18 novembre, le Léopold Ier rejoindra Toulon, en France, pour participer à une mission internationale (France, Grande-Bretagne et Belgique) d'escorte du porte-avion Charles de Gaulle jusqu'au golfe Persique, via le canal de Suez et la mer Rouge, ont annoncé mercredi le Premier ministre Charles Michel et le ministre de la Défense Steven Vandeput, à bord du Léopold Ier où ils ont assisté à un exercice de tir de missile.

 

Les deux ministres ont précisé que la mission du Léopold Ier consistait à escorter, dans une optique défensive, le Charles de Gaulle et qu'il a été demandé aux Français d'informer aussitôt que possible le gouvernement belge si la mission devait évoluer, afin que les décisions éventuellement nécessaires puissant être prises. La mission devrait durer jusqu'au 2 janvier, et la frégate revenir au port le 22 janvier.

 

L'exercice de tir a été un succès, toutes les cibles ayant été atteintes.

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 08:55
Le 11 novembre en direct sur France 2

 

10/11/2015 Armée de Terre

 

A l'occasion du 97e anniversaire de l'armistice de 1918, deux cérémonies se dérouleront à Paris en présence du président de la République. Des commémorations particulièrement importantes pour l’armée de Terre puisque les morts en opérations extérieures de l’année seront honorés. Pour les non-Parisiens, rdv sur France 2 à compter de 10h.

 

Le chef de l'Etat se rendra dans un premier temps au pied de la statue de George Clémenceau afin d'y déposer une gerbe. L'occasion de rendre hommage à l'homme politique français, président du Conseil en 1918 et grand artisan de la victoire finale. Le président de la République remontera ensuite l'avenue des Champs-Elysées en direction de la place de l'Etoile. Il se recueillera devant la tombe du Soldat Inconnu avant de raviver la Flamme Sacrée. Un appel des militaires morts pour la France depuis le 11 novembre 2014 sera alors effectué.

 

Ecole de guerre, Ecole polytechnique, Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr Coëtquidan ou encore Ecole nationale des sous-officiers d'active de Saint-Maixent… Tous seront présents à Paris ce mercredi, autour des emblèmes du 126e régiment d'infanterie, du 21e régiment d'infanterie de marine et du 4e régiment d'hélicoptères des forces spéciales, unités de l’armée de Terre comptant dans leurs rangs des camarades morts en opérations cette année.

 

Ces cérémonies seront à suivre en direct et dans leur intégralité sur France 2 à partir de 10h. Marie Druker et Pierre Servent, spécialiste des questions militaires, commenteront cette retransmission officielle. Ils seront entourés de Nathalie Saint-Cricq, chef du service politique, et Isabelle Veyrat-Masson, sociologue des médias.

 

Jean-François Zygel, invité de cette édition spéciale, abordera au piano l'évolution de la musique durant la Grande Guerre.

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 08:30
photo EMA / Armée de l'Air

photo EMA / Armée de l'Air

 

10 novembre 2015 Romandie.com (AFP)

 

Dakar - La France a de nouveau frappé des sites d'hydrocarbures de l'organisation Etat islamique (EI) dans l'est de la Syrie dans la nuit de lundi à mardi, a annoncé mardi son ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

 

Nous avons de nouveau frappé à deux reprises la nuit dernière dans la région de Deir Ezzor, d'une part sur un poste de distribution de pétrole et d'autre part sur une usine de séparation de gaz, a-t-il dit, après une première opération similaire dimanche dans la même région, proche de la frontière irakienne.

 

M. Le Drian s'exprimait lors d'une conférence de presse en marge du Forum de Dakar sur la sécurité en Afrique, qui s'achève mardi soir.

 

Deux Mirage 2000, basés en Jordanie, ont effectué les frappes, a-t-on précisé dans l'entourage du ministre. Les deux installations ont été détruites conformément aux objectifs, a-t-on ajouté de même source.

 

La France, qui a engagé ses avions de chasse et de reconnaissance en septembre en Syrie, élargit ainsi ses frappes à des sites pétroliers et gaziers, précieuses sources de revenus pour l'EI, après avoir dans un premier temps frappé des centres d'entraînement.

 

On élargit les frappes parce qu'on a plus de renseignement depuis le début des vols français en Syrie, a-t-on précisé dans l'entourage du ministre, en démentant tout changement de stratégie.

 

Nous combattons Daech en Syrie à la fois en ciblant des lieux d'entraînement où sont formés des combattants dont la vocation n'est pas de combattre au Levant mais de venir combattre en Europe (..) et en frappant sur leur capacité de ressources (financières), a déclaré M. Le Drian.

 

La France, qui définit elle-même ses cibles en Syrie, va continuer à accumuler du renseignement et frapper tout ce qui permet d'affaiblir Daech (acronyme arabe de l'EI), a-t-on ajouté dans son entourage.

 

Notre objectif est bien de réduire Daech partout où on le peut, a-t-on ajouté de même source.

 

Dans ce contexte, la France va aussi déployer prochainement son porte-avions Charles-de-Gaulle qui va plus que doubler le dispositif aérien déjà existant dans la région aux Emirats arabes unis (six Rafale) et en Jordanie (six Mirage).

Partager cet article
Repost0
10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 23:55
photo Marine Nationale

photo Marine Nationale

 

10 novembre 2015 Romandie.com (AFP)

 

Paris - Un homme qui a reconnu avoir voulu attaquer des militaires français à Toulon (sud-est) au nom du jihad a été arrêté fin octobre, mis en examen pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et écroué, a-t-on appris mardi de sources policière et judiciaire.

 

Grand port sur la Méditerranée, Toulon abrite la principale base navale française.

 

Âgé de 25 ans, le suspect était depuis plusieurs mois dans le viseur des services de renseignement français, ont précisé des sources policière et proche du dossier, confirmant une information de la chaîne Canal+.

 

Alors qu'il était surveillé, il s'est fait livrer un colis par la Poste, qui a éveillé des soupçons car il était éventré. A l'intérieur de ce colis, un couteau de combat et au moins une cagoule, ont rapporté ces sources.

 

Il est alors interpellé, le 29 octobre.

 

En garde à vue, il a reconnu avoir été en contact avec un Français parti pour la Syrie dans les rangs du groupe jihadiste Etat islamique qui, par internet, l'a incité à passer à l'acte, selon une des sources proches du dossier. C'est ce jihadiste français qui lui conseille d'acheter une arme, a précisé une autre de ces sources.

 

Il a fini par admettre un projet d'attaque contre des marins de la base navale de Toulon. Selon une source policière, il n'avait pas encore de plan très précis.

 

Les attentats islamistes de janvier contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et un supermarché casher à Paris, qui avaient fait 17 morts, ont été suivis de plusieurs autres attaques ou tentatives sur le territoire français.

Partager cet article
Repost0
10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 17:55
Quelles implications pour la politique de défense ? - Ecole militaire, 14 octobre 2015


10/11/2015 Sources : État-major des armées

 

Ecole militaire, 14 octobre 2015

 

Merci madame la Présidente,

Mesdames et messieurs les ministres,

Mesdames et messieurs les parlementaires,

Mesdames et messieurs les officiers généraux,

Mesdames et messieurs,

Je suis particulièrement heureux de participer à cette table ronde. C’est une chance et un honneur de pouvoir m’exprimer devant un auditoire aussi prestigieux et il est important que les militaires, bras armés d’une stratégie politique, puissent s’exprimer sur ce sujet essentiel qu’est l’écologie pour l’avenir du monde et pour témoigner qu’ils sont « climato-conscients ».

Quelles implications du changement climatique pour la politique de défense ?

Pour ma part, en tant que chef militaire, je voudrais en quelques minutes – de façon très synthétique et donc imparfaite – partager avec vous une conviction forte : le facteur environnemental et climatique doit être pris en compte, à sa juste mesure,pour l’emploi et l’efficacité de notre outil militaire. Je m’exprimerai en vérité, avec sincérité, car je crois que les enjeux exigent que nous sortions des convenances, des postures et de la langue de bois.

Pour étayer cette conviction, je procéderai en deux temps, avec : d’abord, un tour d’horizon des différents impacts du changement climatique pour nos armées ; puis, dans un deuxième temps, en partageant avec vous quelques réflexions qui permettront, je l’espère, de nourrir notre débat.

***

 

Pour commencer donc : quelles sont les conséquences, potentielles ou avérées, directes ou indirectes, du dérèglement climatique sur nos armées ?

En réalité, nous les observons déjà et, pour le montrer, je veux me placer à deux niveaux : d’abord celui de nos missions, puis celui de notre capacité d’action.

Nos missions : lorsqu’on les passe en revue, on constate que la question climatique est parfois prégnante, souvent sous-jacente, toujours présente.

Elle est prégnantedans nos missions de secours et d’assistance aux populations.Lors des tempêtes, canicules, inondations ou feux de forêt, nos armées s’engagent et agissent en appui ou en complément des forces de sécurité civile : la canicule en 2003, Draguignan et La faute-sur-mer en 2010, les inondations dans le Var en 2014, et plus récemment le drame dans la région cannoise, enfouie sous les eaux.

Pour ces missions, nos concitoyens savent compter sur la réactivité, la compétence des armées, sur leur équipement et leur capacité à mobiliser du personnel en nombre, organisé, enthousiaste et discipliné. Pour ce type de missions, le dérèglement climatique se traduira très probablement par une inflation de l’engagement des armées du fait de la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes. Le tout est que les armées agissant dans l’urgence, passent ensuite la main dans la durée aux organisations étatiques responsables des différents domaines.

La question climatique, elle est sous-jacentedans nos missions de prévention. Vous le savez, nous sommes engagés dans la mission Harpie en Guyane de lutte contre l’orpaillage clandestin ; dans la mission Héphaïstos de surveillance des feux de forêt ; ou encore dans la surveillance de notre zone économique exclusive, la lutte contre la pollution volontaire en mer, ou enfin la police des pêches.

Dans ces missions, nous contribuons à veiller et à surveiller les phénomènes climatiques et leurs effets sur les populations et sur l’environnement.

Il y a enfin les missions d’intervention dans des crises sécuritairesdans lesquelles la question environnementale et climatique, si elle n’est pas première, peut être présente,en constituer une cause ou un facteur aggravant.

La compétition pour les ressources naturelles ou les tensions sur l’approvisionnement énergétique peuvent être cause de conflits ; cela a été évoqué ce matin. De même, les migrations climatiques, la montée des eaux et ses conséquences que sont la perte de territoires ou les litiges frontaliers peuvent également générer des crises. Quoi qu’il en soit, d’un point de vue général, et à court terme, le dérèglement climatique constitue un multiplicateur croissant de menaces à surveiller. D’ailleurs, dans notre méthode de raisonnement tactique, un des premiers facteurs déterminant une opération est constitué par les conditions climatiques, essentielles pour les armées que ce soit dans le ciel, en mer, ou à terre.

Et enfin, le terreau du terrorisme, c’est la pauvreté qui est souvent la résultante directe ou indirecte du changement climatique, notamment par le déplacement des populations.

***

 

Après l’impact sur nos missions,je voudrais maintenant vous livrer trois réflexions d’ordre général.

 

Première réflexion : le responsable militaire partage avec celui qui milite pour un développement durable la même attention au temps long et monsieur Hulot, vous avez eu raison de le mentionner dans votre propos introductif ce matin.

Le militaire sait d’expérience la nécessité d’inscrire son action dans la durée : la résolution des crises demande en moyenne 15 années d’endurance, de constance et de persévérance ; le développement de beaucoup de nos systèmes d’armes s’inscrit dans une échelle de temps encore plus grande, d’ailleurs souvent avec des modules de recherche duale civilo-militaire écoresponsables. Aujourd’hui, la pression pour une réponse immédiate s’applique partout et à tous. Le zapping permanent, au gré de l’émotion populaire, s’oppose à la bonne mise en œuvre de toute stratégie de long terme.

C’est ce même phénomène, cette même vision courtermiste, qui est à l’origine de l’épuisement des ressources naturelles : on ne peut s’intéresser au développement durable sans cette attention au temps long et sans la conscience que les conséquences de nos actions ne sont pas toutes mesurables à l’échelle d’une vie, ou à l’échelle d’un poste ou d’une responsabilité.

Pour l’action militaire, pour la construction de notre outil de défense, comme pour la préservation des ressources naturelles, ne laissons pas l’écume de l’immédiateté se substituer aux actions de fond.

 

Deuxième réflexion : par son métier, le militaire est naturellement sensibilisé aux problèmes environnementaux.

Le militaire entretient en effet des liens privilégié avec la nature et les éléments naturels ; il vit – et combat – dans son milieu naturel. A l’image des marins pêcheurs ou des agriculteurs, nos marins et soldats sont confrontés aux éléments naturels ; ils aiment profondément la nature et c’est tout naturellement qu’ils la respectent. C’est un lien très direct, empreint d’humilité, quasi charnel. Le respect de la nature, c’est l’ADN du soldat. Dans notre monde urbanisé, nous ne sommes plus si nombreux à vivre aussi proche de la nature.

 

Troisième et dernière réflexion : les populations ne peuvent adopter un comportement écoresponsable que lorsque leurs besoins de sécurité sont satisfaits.

Au Sahel, au Levant ou en République Centrafricaine, nos armées, par leur engagement, œuvrent pour faire progresser la paix. Sans ce prérequis d’un environnement stable, il n’y a malheureusement pas de place pour le développement durable.

D’ailleurs, pour gagner la paix, si l’action militaire est nécessaire, elle est rarement suffisante. Seule une approche globale le permet, j’en suis un ardent défenseur. Cette approche consiste à prendre en compte tous les aspects d’une crise ; elle vise à agir sur l’ensemble des racines de la violence qui s’ancrent souvent dans des problématiques de culture, d’éducation, de justice, de pauvreté, d’accès aux ressources. Ce sera d’autant plus vrai pour les crises à venir causées ou accentuées par le réchauffement climatique.

 

***

Pour conclure, je dirai tout d’abord, qu’il faut désormais considérer la problématique du réchauffement climatique comme un risque croissant pour nos intérêts, du fait de son pouvoir déstabilisateur. Mais j’ajouterai que, dans la durée, très concrètement, les effets du dérèglement climatique risquent d’accroître encore un peu plus le volume des missions confiées aux armées. C’est aussi probablement à prendre en compte dans les projections budgétaires à venir : à missions nouvelles, moyens nouveaux.

Pour bien prendre en compte les problématiques climatiques et de défense dans leur ensemble et dans leur complexité, nous devons inscrire notre réflexion dans le temps long. Sachons garder la bonne focale pour construire « la défense durable » !

J’ai bien conscience que ce très court propos ne permet ni d’épuiser le sujet, ni d’en aborder tous les aspects, j’espère en tout cas qu’il permettra de nourrir nos débats. J’espère aussi que vous serez persuadés de la loyauté et du dévouement de nos soldats dont l’unique mission est bien la protection de la France et des Français, sous toutes ses formes, au service de la paix dans le monde.

Je vous remercie.

 

151014_CAB_CEMA_TR conséquences changement climatique (format pdf, 30 kB).

Partager cet article
Repost0
10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 17:55
photo EMA

photo EMA

 

10/11/2015 Sources : État-major des armées

 

Le 5 novembre, à l’occasion de l’inauguration du ministère de la Défense à Balard, le général d’armée Pierre de Villiers a accueilli le président de la République au centre de planification et de conduite des opérations (le CPCO), véritable centre névralgique où est assurée la veille stratégique et où sont planifiées et conduites H24/7 les opérations.

 

Moment fort, puisque le président François Hollande, chef des armées, a rencontré ceux qui mettent en œuvre les décisions qu’il arrête en conseil restreint pour protéger la France et les Français. Les capacités de liaison dont dispose le CPCO lui ont également permis de faire un point de situation avec les officiers généraux commandant les opérations Barkhane et Chammal, ainsi que l’officier général commandant la zone de défense et de sécurité sud-ouest sur le territoire national.

 

Repère

Depuis le 19 juin 2015, le commandement des opérations a rejoint Balard.

Après la réorganisation des états-majors d’armée puis celle de l’état-major des armées, ce regroupement constitue une nouvelle étape de la transformation du commandement des armées. Le chef d’état-major des armées (CEMA) voit son équipe de commandement regroupée en un même lieu autour de lui.

Entouré des chefs d’état-major d’armée qui le conseillent et l’assistent, il s’appuie par ailleurs sur les capacités désormais concentrées au sein du nouveau pôle opérationnel construit au cœur de Balard. Organisé autour du Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), le « Pôle ops » regroupe l’ensemble des équipes ou fonctions qui contribuent aux travaux d’anticipation stratégique, ainsi qu’à la planification et la conduite de nos engagements opérationnels (états-majors opérationnels, commandement interarmées de l’espace, cyberdéfense, renseignement, soutiens,…).

Le CPCO, à la fois état-major d’aide à la décision et centre de commandement, est connecté 7 jours sur 7 et 24h sur 24 avec l’ensemble des théâtres d’opération. Il permet au CEMA d’assurer le commandement des opérations militaires, de conseiller le gouvernement dans le champ des opérations et de proposer des options stratégiques au Président de la République, chef des armées.

photo EMAphoto EMA

photo EMA

Partager cet article
Repost0
10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 17:55
La sécurité au XXIesiècle : quels leaders et quels défis ? (CEMA - 2 Nov 2015)

photo AECP Centraliens

 

10/11/2015 Sources : État-major des armées

 

Allocution du général d’armée Pierre de Villiers devant l’association des centraliens à Paris, 2 novembre 2015.

 

Mesdames et messieurs,

Je voudrais tout d’abord adresser mes plus vifs remerciements à l’association des Centraliens et à son président, monsieur Jean-Georges Malcor, pour son invitation : c’est un privilège et un plaisir de pouvoir m’exprimer devant vous à l’occasion de ce petit déjeuner organisé à un horaire militaire sur le thème : « la sécurité au 21èmesiècle : quels leaders et quels défis ? ».

La sécurité et la défense de notre pays est un sujet qui nous concerne tous, que nous soyons militaires ou dans l’entreprise. Sans sécurité, il n’y a pas de développement économique possible.

Les armées françaises, directement aux ordres du chef des armées, le Président de la République, ont une raison d’être, celle de contribuer à assurer la sécurité de la Nation ; elles ont une vocation, celle de protéger la France et les Français. Je suis heureux de l’occasion qui m’est offerte d’exprimer devant vous quelques-uns des défis de l’armée de la Nation. Ce sont les défis de votre armée ; ceux de notre sécurité collective. Voilà pourquoi je suis heureux d’être là ce matin avec vous.

Le maintien dans la durée de la bonne adéquation entre les missions de nos armées et les moyens dont elles disposent pour les remplir est, vous l’imaginez, au cœur des préoccupations du chef d’état-major des armées. Parmi ces « moyens » au sens large, la ressource humaine tient une place à part. La qualité humaine est en effet la vraie force de nos armées ; elle au cœur de ce que nous sommes et de notre efficacité opérationnelle. Recruter, former et faire grandir les leaders, les chefs militaires de demain, est pour moi un sujet d’importance stratégique.

Vous l’avez compris, le thème que vous avez choisi renvoie à l’une de mes principales préoccupations : préparer les armées, et plus particulièrement ses chefs, à affronter l’avenir incertain.

Ce matin, je voudrais vous livrer un témoignage de chef militaire et pour aborder ces différentes facettes de la problématique de votre sujet, je vous propose un exposé en trois parties :

  • dans la première partie, je voudrais vous parler des principaux enjeux sécuritaires auxquels nous sommes confrontés. C’est le contexte dans lequel s’inscrivent nos missions ; ce sont les défis que nous devons relever, ceux que nous devons anticiper ;
  • dans la deuxième partie de mon exposé, je vous décrirai les grandes lignes de notre stratégie d’action pour maintenir l’efficacité de nos armées et les préparer à affronter l’avenir ;
  • enfin, dans une dernière partie, je vous livrerai ma vision du chef militaire que je préconise et en particulier des qualités qu’il doit développer. Vous y retrouverez sûrement de grandes similitudes avec ce que vous attendez d’un manager dans l’entreprise. Gardez néanmoins à l’esprit que le métier militaire n’est pas un métier comme un autre : un militaire peut être amené à donner et à recevoir la mort. Mourir au combat n’est pas un accident du travail, c’est un sacrifice librement consenti, lorsque la mission l’exige.

***

Première partie donc, quels sont les défis sécuritaires auxquels nous devons faire face ?

Vous le suivez à travers l’actualité : les risques augmentent. A l’extérieur de notre pays, nous observons chaque jour des menaces qui se durcissent et se rapprochent de nos frontières et de celles de l’Europe. La Syrie et l’Irak avec Daech ; l’ensemble de la bande sahélo-saharienne avec ses groupes armés terroristes ; le Nigeria et les pays riverains du lac Tchad avec Boko-Haram ; s’y ajoutent d’autres menaces de déstabilisation que sont la piraterie maritime, le risque Cyber et les attaques dans les champs de la perception et de l’information. Toutes ces menaces affectent, directement ou indirectement, les grands échanges entre les Nations. Elles affectent notre pays et nos concitoyens.

Les attentats et actes de violence survenus depuis le mois de janvier sur notre propre sol sont une expression dramatique, au cœur même de notre territoire national, de la profonde dégradation de la sécurité du monde. Chaque nouvelle menace s’ajoute aux précédentes.

Pour bien comprendre les ressorts de cette violence, je voudrais commencer par vous donner les quatre lignes de forces qui sont à mes yeux la toile de fond des crises et qui mettent au défi l’efficacité de notre défense.

1èreligne de force : le lien de plus en plus étroit entre sécurité extérieure et sécurité intérieure.

Les connexions matérielles et immatérielles, à l’échelle régionale et mondiale, augmentent la difficulté de circonscrire une crise à un théâtre limité.

Les crises extérieures ont des répercussions directes sur le territoire national et sur l’espace européen : le retour de combattants étrangers et – dans un autre registre – l’ampleur du phénomène des migrants en sont les deux illustrations les plus criantes.

Dans tous les cas, les menaces, les défis, sont transfrontaliers.Je constate qu’aujourd’hui, certains Etats se comportent parfois comme des bandes armées et des bandes armées se prétendent et agissent comme des Etats, à l’image du phénomène Daech.

Il y a donc un lien très fort entre la défense de l’avant – ce que nous faisons en opérations extérieures – et la sécurité de l’arrière : la protection de nos concitoyens sur le théâtre national. En agissant au Sahel ou au Levant, en y combattant les groupes terroristes, en y recueillant des renseignements sur les intentions hostiles des ennemis de notre société, nos forces armées contribuent directement à la défense de la France et des Français.

Deuxième ligne de force : le phénomène du terrorisme international.

Ce phénomène, incarné par Al Qaida, Daech et leurs affiliés, renvoie à la radicalisation djihadiste et répond à une stratégie délibérée : la recherche de la rupture par une surenchère de terreur. Sa propagande, véhiculée par les réseaux sociaux est offensive et de grande « qualité » technique ; elle est au bilan efficace et, ne nous leurrons pas, elle opère une attractivité certaine sur une partie de notre propre population, notamment les jeunes. En cela, elle menace notre société et place la violence au cœur de notre démocratie. La menace est sérieuse ; il suffit de regarder les faits pour s’en convaincre :

  • 2 700 comptes twitter en langue française relaient la propagande djihadiste, avec globalement, quotidiennement, 40 000 tweets pro-Daesh ;
  • environ 20% des combattants étrangers présents aujourd’hui même en Syrie sont francophones et parmi eux on dénombre environ 500 Français.

Troisième ligne de force : l’avance technologique, qui nous donnait d’office l’ascendant, se réduit sous l’effet des modes d’action qui visent à la contourner.

Ces modes d’action limitent les avantages liés à la technologie ; ilssont redoutablement variés :ce sont les cyber-attaques, les engins explosifs improvisés, les snipers, les attaques suicides, les actions dans les champs de l’influence et de la perception. Ces capacités sont d’autant plus dangereuses qu’elles sont peu coûteuses, aisément accessibles, et qu’elles se combinent facilement à l’idéal de mort de ceux qui nous combattent.

Nous les avons affrontés en Afghanistan, au Mali ; maintenant c’est au Levant ; qui peut dire qu’ils ne viendront pas demain jusqu’à nous ? C’est déjà partiellement le cas. Et il nous faut réfléchir pour trouver les parades pour conserver notre supériorité.

Quatrième et dernière ligne de force : la contradiction de plus en plus flagrante entre la gestion du temps court et la nécessité d’inscrire l’action dans le temps long.

Avec l’information instantanée et continue, la pression pour une réponse immédiate s’applique partout et à tous, alors que l’histoire nous montre que la résolution d’une crise demande en moyenne 15 années d’endurance, de constance et de persévérance.

A réagir sous le coup de l’émotion à un événement circonstanciel, nous courrons le risque de la précipitation et du micro-management qui peuvent provoquer des réponses inappropriées au regard des enjeux réels, au regard de nos objectifs stratégiques.

Nous ne devons pas baisser la garde. Nous ne devons pas non plus adapter notre outil de défense aux seuls combats d’aujourd’hui. Gardons le juste recul pour appréhender l’avenir incertainet « penser l’impensable ». L’histoire est parfois cruelle sur ce plan.

Ces quatre lignes de force constituent autant de défis pour nos armées. Leur addition ou leur combinaison a pour conséquence de modifier profondément la physionomie des crises, dont l’intensité et la simultanéité conduisent déjà à un engagement important de nos soldats qui garantissent la sécurité du territoire national et de ses approches, aussi bien en métropole qu’outre-mer, dans les 3 milieux historiques - terre, air, mer - auxquels il faut désormais ajouter le cyberespace et le spatial.

Au total, ce sont actuellement environ 30 000 soldats des 3 armées qui sont déployés 24h sur 24 à l’intérieur et à l’extérieur de nos frontières. Ils arment les forces de présence – c’est-à-dire nos forces prépositionnées à l’étranger – et de souveraineté, c’est-à-dire nos forces dans les DOM-COM ; ils assurent les missions permanentes de sécurité ; ils conduisent les opérations extérieures comme les missions intérieures.

A l’heure où je vous parle, nos armées sont engagées dans 25 opérations extérieures et 7 000 soldats arment la seule opération Sentinelle sur le territoire national. Elles luttent contre le terrorisme maritime, contre les trafics, protègent notre zone économique exclusive et notre espace aérien. Elles tiennent enfin la posture permanente de dissuasion nucléaire, qui sanctuarise nos intérêts vitaux.

Vous le voyez : une situation sécuritaire qui se dégrade, une violence en mutation et en augmentation, tel est le contexte dans lequel nos armées doivent agir. Ce sont autant de défis et nous n’avons pas le droit de faillir, car c’est la protection de notre pays et de nos concitoyens qui est en jeu !

Face à la montée des menaces et à la complexité des situations, il faut fixer des principes suffisamment généraux pour être expliqués, compris et assimilés, et suffisamment précis et adaptables pour servir de lignes directrices.

***

Pour ma part, je crois que les leviers de l’action résident toujours dans la conjonction et la combinaison de troiséléments : la volonté, les moyens et l’engagement. J’aborde là ma deuxième partie : vouloir – pouvoir – agir, trois dimensions que je souhaite détailler devant vous ; elles forment la matrice de notre stratégie militaire générale pour être au rendez-vous de nos missions.

1erdimension : la volonté. C’est le « vouloir » de l’engagement militaire.

La capacité de vouloir suppose que soient réunis trois impératifs :

  • le premier est la nécessité d’une capacité autonome d’appréciation de situation, au niveau stratégique et tactique, afin de rester dans le club très fermé des armées qui disposent de cette capacité. En clair, il s’agit d’abord de savoir et de comprendre. C’est la vocation de notre Direction du renseignement militaire, de nos capteurs de renseignement, de nos satellites, mais aussi des efforts consentis pour améliorer nos capacités dans le domaine cyber et, plus généralement, dans les champs immatériels ;
  • deuxième impératif : préserver un modèle d’armée complet, est nécessaire pour défendre notre pays. Parce que les menaces sont multiples ; parce qu’elles se présentent chaque jour sous une forme différente ; parce que nous ne savons jamais vraiment de quoi demain sera fait, il nous faut une palette de moyens à « large spectre». Il faut s’adapter à la menace, au plus près comme au plus loin, dans toutes ses dimensions capacitaires.
  • le troisième impératif du « vouloir » est l’aptitude de nos armées à « entrer en premier », c’est-à-dire à planifier et à conduire une opération nationale, en y intégrant, et très vite, des soutiens fournis par d’autres nations. Cette aptitude s’appuie, là encore, sur des capacités souveraines de renseignement et de commandement, mais aussi sur une palette d’équipements capables de faire la différence sur le terrain. Ces capacités doivent être pérennisées : sans elles, rien n’aurait été possible au Mali ou en République Centrafricaine, car, au départ, nous ne pouvions guère compter sur d’autres partenaires.

2èmedimension, après la volonté : ce sont les moyens en tant que tels, c’est-à-dire « pouvoir ».

Ces moyens, ces ressources, elles se conçoivent ; elles se préparent ; elles se façonnent. Un modèle d’armée, cela part de la prospective pour aller jusqu’aux hommes ; cela passe par les aptitudes, les capacités, les équipements, le fonctionnement et le budget. Cette cohérence et cette globalité de modèle, c’est ce que j’ai sans cesse à l’esprit. C’est ce qui guide la transformation de nos armées que nous menons actuellement.

Nous transformons en effet nos armées, car la réalité est que nous sommes confrontés à un vrai challenge. Avec des moyens en constante diminution, depuis une dizaines d’années, tout en menant des opérations exigeantes, il faut faire des choix, mais en gardant le cap de la cohérence globale de notre modèle. Le mot « cohérence » est essentiel, car l’histoire nous enseigne que l’on perd la guerre souvent à cause d’un grain de sable, à cause du maillon faible !

La réforme, cette transformation, nous la mettons donc en œuvre résolument, mais elle n’est pas un but en soi. Elle est un moyen pour préserver au mieux notre outil de défense et le façonner sur les défis de demain.

La transformation, c’est en réalité pour les armées plus qu’un état de fait, c’est un état d’esprit !

Transformer, c’est concilier les contraintes budgétaires avec le maintien de notre excellence opérationnelle ; c’est donner à notre pays l’outil de ses ambitions et de ses besoins. Tout au long de cette manœuvre, alors que les lignes bougent, et tout en continuant à gagner en opérations, nous devons conserver cette essentielle cohérence de nos armées. Pour cela, nous nous sommes organisés avec soin :

  • un plan stratégique a été construit. Il s’appuie sur une cartographie des risques et sur une analyse fonctionnelle. Je pense que vous êtes parfaitement familiers de ces notions ;
  • un projet, que nous avons nommé CAP 2020, a été bâti. Il traduit le plan stratégique en actions à conduire. Nos trois armées et nos six directions et services ont, à leur tour, construit et rédigé leur projet pour leurs propres entités. Chacun d’eux s’inscrit dans le plan d’ensemble de CAP 2020, qui est un projet global, parfaitement cohérent avec la Loi de programmation militaire qui vient d’être actualisée. Cette loi fixe, année après année jusqu’en 2019, les moyens financiers qui sont alloués aux armées. C’était tout l’enjeu de l’actualisation de cette PLM 2014-2019, votée en juillet dernier avec la décision prise par le Président de la République de redresser le budget de la défense au regard du niveau des menaces. C’était l’objectif de notre combat dernière notre ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian ;
  • trente et un chantiers transverses ont été lancés : ils portent par exemple sur les Etats-majors, la formation, le modèle RH, l’organisation logistique,…

Voilà pour la 2èmedimension, le « vouloir ».

3èmeet dernière dimension, après les moyens : l’engagement ; c’est la capacité à « agir ».

Dans les affrontements, qui sont toujours une confrontation entre deux volontés, il faut prendre l’ascendant sur l’adversaire. Là encore, il faut pour cela une philosophie de l’action qui fixe des principes et des impératifs comme conditions de notre efficacité militaire.

Vous connaissez sûrement les principes de la guerre édictés, il y a un siècle, par le maréchal Foch : « l’économie des moyens », « la concentration des efforts » et « la liberté d’action ». A ces principes, toujours vivants, je suis convaincu qu’il faut désormais ajouter « la surprise ». Non celle que l’on subit, mais celle que l’on impose. Dans les affrontements armés d’aujourd’hui, c’est cette surprise, cette incertitude, cette « foudroyance », qu’il faut rechercher à imposer, car l’adversaire fuira toujours le combat, sauf s’il est acculé.

Cela suppose de disposer d’une mobilité suffisante, d’une allonge pour projeter notre puissance et frapper l’adversaire dans la profondeur avant qu’il ne vienne jusqu’à nous.

Cette capacité à agir est permise par de nombreux moyens et équipements militaires, mais elle s’exprime surtout à travers les hommes qui les mettent en œuvre, ce qui m’amène naturellement à vous parler de la richesse humaine de nos armées. J’aborde ici ma troisième et dernière partie.

***

 

Je vous l’ai dit, j’apporte une attention toute particulière à la sélection et à la formation des hommes et des femmes de nos armées et en particulier à celle des chefs militaires : ils doivent être capables de commander en opérations avec agilité et leadership.

Dans le brouillard de la guerre, l’intelligence ne suffit pas : il faut du caractère. Dans la fatigue, le danger, le stress des combats, le chef doit être à même de faire face et de dominer l’imprévu ! Il doit agir en homme de pensée et penser en homme d’action.

L’art du commandement militaire rejoint sur ce plan celui du management civil dans la capacité à entraîner en vue d’un objectif commun, dans la capacité à remplir la mission. Le « leader », le chef, est celui qui définit la mission, qui la répartit et qui en assure la responsabilité. Cette mission engage ses subordonnés et, avec eux, il est personnellement engagé : le chef « co-mande ». Ce qui suppose que sa première qualité soit bien sa capacité à entraîner, à expliquer, à écouter. Pour commander, il ordonne : il donne des ordres, il met de l’ordre. C’est vers lui que l’on se tourne pour y voir plus clair. Le chef compose avec l’incertitude. Il assume le risque de se tromper dans ses évaluations et dans ses décisions.

Mais, in fine, sur le champ de bataille, pour le chef militaire, c’est toujours de vies humaines dont il s’agit. Il peut ordonner de donner la mort et en assumer la contrepartie, celle de perdre la vie, la sienne comme celle de ses hommes : c’est cela, fondamentalement, qui distingue le leader militaire du manager d’une équipe ou d’une entreprise civile.

Pour moi, trois chosessont nécessaires pour faire un chef militaire de cette trempe.

Premièrement : l’envie de commander, c’est-à-dire le sens et le goût des responsabilités. C’est une évidence : pour être un chef, il faut être habité par le profond désir et la volonté de le devenir. C’est un choix qui doit être renouvelé tout au long de la carrière militaire ; ce choix doit s’exprimer par la combativité, l’ardeur à servir, l’esprit d’initiative. « Malheur aux gens tièdes, qu’ils rentrent dans leurs familles ! », disait le prince de Ligne.

Deuxième chose : le caractère, un caractère bien trempé fait de volonté, d’énergie, de pugnacité, d’exemplarité et de maîtrise de soi. Il faut être sérieux, sans se prendre au sérieux. Je crois en effet que le chef doit avoir de l’humour. C’est même pour moi une qualité indispensable lorsqu’il n’est pas dérision systématique, car il fait partie des défenses immunitaires essentielles, contre la simplification à l’excès, l’arrivisme ou la prétention. Il donne en plus une certaine distance par rapport aux évènements de la vie quotidienne.

Troisième chose, l’esprit d’équipe. C’est la conscience d’être membre d’un groupe au sein duquel chacun est indispensable à la mission. C’est ce que l’on nomme chez nous l’esprit d’équipage ou l’esprit de corps ; quelque chose comme l’équivalent de « l’esprit d’entreprise ». Je suis persuadé que le chef n’est rien sans ses subordonnés. Il ne vaut qu’avec eux. Toute autorité est un service !

S’il fallait compléter ces trois éléments par quelques qualités à développer pour faire un grand chef militaire, j’en citerais quatre :

  • le courage, physique et intellectuel, qui permet d’affronter la peur. Il donne l’autorité ; il autorise la persévérance. Il est bien la marque des chefs, car il permet d’avoir confiance en soi et, surtout, il donne confiance autour de soi. « Absorbeur de stress », « diffuseur de confiance », voilà le chef militaire ;
  • le discernement qui s’ancre dans le travail personnel, la lecture, la réflexion, la culture générale. Il permet de décider seul dans l’urgence des situations opérationnelles ;
  • le goût de l’effort, qui incite au dépassement de soi et au travail. « S’élever par l’effort », quelle belle devise !
  • l’abnégation, qui peut aller jusqu’au sacrifice ultime, au service de la mission qui est sacrée.

 

Je crois enfin que tout cela ne relève pas que de l’inné, de l’intuition ou des circonstances : les grands chefs ont toujours été de grands travailleurs, y compris les plus géniaux. Ils ont toujours cherché à cultiver trois domaines.

Premièrement, la compétence technique, autrement dit la connaissance du métier. C’est l’un des premiers critères sur lequel le leader est évalué, par ses supérieurs, ses pairs et aussi ses subordonnés. Sans compétence, pas de crédibilité.

Deuxièmement : l’ouverture d’esprit. C’est pour nous l’ouverture sur le monde en général, et sur la société civile en particulier. « Celui qui n’est que militaire est un mauvais militaire », disait Lyautey. Je ne doute pas que vous ayez cette même attention, y compris en direction du monde militaire. Je vois en tout cas ma présence ici comme une preuve de cela !

Troisième domaine, enfin : l’expérience, la sienne et celle des autres. Quand on a 20 ans et l’avenir devant soi, on est impatient de voler de ses propres ailes ; rien ne remplace l’expérience personnelle, mais celle des autres fait gagner du temps ! La lecture de l’histoire, de la vie des grands chefs, des décideurs politiques, des capitaines d’industrie : tous ont des choses précieuses à nous apprendre sur le leadership et sur le charisme du chef. La plupart de mes idées nouvelles, je les prends chez les autres, en les écoutant.

Voilà ce que je voulais partager avec vous sur les qualités du chef. La richesse humaine de nos armées est notre principal capital et nous nous attachons à la faire fructifier. Elle forge les forces morales qui permettent, dans les moments d’exception, d’être au rendez-vous de l’histoire et de surmonter les difficultés, sans esprit de recul.

 

***

Voilà pour les quelques éléments que je souhaitais développer devant vous pour répondre à la question que vous m’avez posée : « quels leaders et quels défis ?». Pour conclure, je dirai que les défis qui sont devant nous, ceux d’un contexte sécuritaire qui se dégrade, nous invitent à ne pas baisser la garde ; ils soulignent l’importance de nos capacités militaires, de notre budget, de notre ressource humaine. Ce n’est pas un discours corporatiste, c’est celui d’un chef militaire soucieux de l’outil militaire dont il a la charge, conscient d’une mission exercée pour l’intérêt supérieur de la Nation. C’est le discours d’un citoyen qui a conscience des enjeux sécuritaires de notre pays.

Vous pouvez compter sur les hommes et les femmes de nos armées, sur leur courage, sur leur sens du service, sur leur dévouement. Comme ils le démontrent tous les jours sur les théâtres d’opérations extérieures et à l’intérieur même de nos frontières ; c’est avec leur enthousiasme qu’ils s’engagent pour vous, pour leur pays, pour le succès des armes de la France.

Je vous remercie et je me tiens maintenant à votre disposition pour répondre à vos questions.

 

 

151102_CAB_CEMA_association des centraliens (format pdf, 66 kB).

Partager cet article
Repost0
10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 17:30
photo EMA Armée de l'Air

photo EMA Armée de l'Air

 
10/11/2015 sources EMA
 

Dans la soirée du 9 novembre 2015, les Mirage 2000 déployés sur la Base aérienne projetée (BAP) en Jordanie ont de nouveau effectué des frappes sur les zones contrôlées par Daech en Syrie. Il s’agit de la deuxième série de frappes réalisée par la France en l’espace de 48h00.

 

Les deux frappes ont visé des stations de pompage de pétrole situées en Syrie dans la région sud-est de Deir ez-Zor. Réalisées en coordination avec la coalition, elles ont été menées sur la base des renseignements collectés ces dernières semaines lors des vols de reconnaissance. L’objectif est d’affaiblir les capacités financières de Daech en perturbant l’exploitation des ressources pétrolières dans les zones sous le contrôle de ce groupe terroriste.

Les appareils engagés dans cette mission (Mirage 2000 N et Mirage 2000 D) étaient équipés d’une bombe guidée laser GBU 24. Les frappes ont débuté à 19 heures, heure française. Les deux objectifs ciblés ont été détruits. Ce raid n’a pas nécessité de ravitaillement en vol.
Lancée depuis le 19 septembre 2014, l’opération Chammal mobilise 700 militaires. Elle vise à la demande du gouvernement irakien et en coordination avec les alliés de la France présents dans la région, à assurer un soutien aérien aux forces irakiennes dans la lutte contre le groupe terroriste Daesh. Le dispositif complet est actuellement structuré autour de douze avions de chasse de l’armée de l’Air (six Rafale, trois Mirage 2000D et trois Mirage 2000N) et d’un avion de patrouille maritime Atlantique 2. Il comprend également des militaires projetés à Bagdad et Erbil pour la formation et le conseil des militaires irakiens. Depuis le 24 septembre 2015, la frégate anti-aérienne Cassard a rejoint les forces françaises engagées au Levant.

 

Partager cet article
Repost0
10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 17:30
Chammal - Poursuite des frappes contre Daech en Syrie



10 nov. 2015 Ministère de la Défense

 

Dans la soirée du 9 novembre 2015, les Mirage 2000 déployés sur la Base aérienne projetée (BAP) en Jordanie ont de nouveau effectué des frappes sur les zones contrôlées par Daech en Syrie. Il s’agit de la deuxième série de frappes réalisée par la France en l’espace de 48h00.

Les deux frappes ont visé des stations de pompage de pétrole situées en Syrie dans la région sud-est de Deir ez-Zor. Réalisées en coordination avec la coalition, elles ont été menées sur la base des renseignements collectés ces dernières semaines lors des vols de reconnaissance. L’objectif est d’affaiblir les capacités financières de Daech en perturbant l’exploitation des ressources pétrolières dans les zones sous le contrôle de ce groupe terroriste.

Les appareils engagés dans cette mission (Mirage 2000 N et Mirage 2000 D) étaient équipés d’une bombe guidée laser GBU 24. Les frappes ont débuté à 19 heures, heure française. Les deux objectifs ciblés ont été détruits. Ce raid n’a pas nécessité de ravitaillement en vol.

Lancée depuis le 19 septembre 2014, l’opération Chammal mobilise 700 militaires. Elle vise à la demande du gouvernement irakien et en coordination avec les alliés de la France présents dans la région, à assurer un soutien aérien aux forces irakiennes dans la lutte contre le groupe terroriste Daesh. Le dispositif complet est actuellement structuré autour de douze avions de chasse de l’armée de l’Air (six Rafale, trois Mirage 2000D et trois Mirage 2000N) et d’un avion de patrouille maritime Atlantique 2. Il comprend également des militaires projetés à Bagdad et Erbil pour la formation et le conseil des militaires irakiens. Depuis le 24 septembre 2015, la frégate anti-aérienne Cassard a rejoint les forces françaises engagées au Levant.

Partager cet article
Repost0
10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 13:55
Une patrouille Rafale et Mirage utlisant les équipements de Rafaut (Crédits : Rafaut)

Une patrouille Rafale et Mirage utlisant les équipements de Rafaut (Crédits : Rafaut)

 

10/11/2015 Par Michel Cabirol - LaTribune.fr

 

La Tribune vous propose une série hebdomadaire de cinq success-stories dans le monde de l'aéronautique civile et militaire. Deuxième volet de cette série, Rafaut. A la tête depuis plus de 50 ans de petite PME francilienne, Jacques Rafaut, est en train d'organiser avec réussite sa succession. Ce qui permettra de pérenniser l'entreprise sur le long terme.

 

Chez Rafaut, il y aura bien un après Jacques Rafaut, l'emblématique mais discret PDG de la PME éponyme qu'il dirige depuis plus de 50 ans. Après avoir repris à 20 ans au pied levé en 1960 la PME de petite mécanique francilienne créée en 1940 par son père décédé brutalement, Jacques Rafaut a entrepris depuis quatre ans déjà et de façon progressive de pérenniser l'avenir de sa société. Ce qui n'est jamais naturel et facile en France pour ce type de chef d'entreprise autodidacte de passer la main au bon moment et dans de bonnes conditions. Jacques Rafaut est quant à lui en train de réussir ce passage de témoin en douceur pour le bien de sa société.

Il a d'abord recruté en 2011 un directeur général en attirant Bruno Berthet, alors directeur adjoint du développement international à la DGA (direction générale de l'armement). Puis, Jacques Rafaut a ouvert en juin dernier le capital de son entreprise à ACE Management. Cette société de gestions de portefeuille spécialisée dans l'aéronautique et la défense va prendre une participation de 30 % dans la PME, basée à Villeneuve-la-Garenne. "Il a considéré qu'il n'y avait pas de solution de transmission familiale, explique Bruno Berthet. L'arrivée d'ACE Management "va faciliter la transmission et pérenniser la société". "Il vont mettre des moyens pour développer l'entreprise, en faisant de la croissance externe", précise-t-il.

"Je suis heureux d'accueillir au capital de Rafaut l'investisseur ACE Management, spécialiste de l'aéronautique civile et militaire. Je sais qu'il sera capable d'accompagner notre stratégie dans la durée. Nous avons trouvé un véritable partenaire, en mesure d'apporter un soutien de poids à Bruno Berthet dans ses fonctions de président, alors même que le Rafale trouve de premiers débouchés significatifs à l'export", avait expliqué Jacques Rafaut en juin dernier.

Rafaut a réalisé en 2015 un chiffre d'affaires proche de 30 millions (exercice du 1er septembre au 31 août), dont 40% dans le militaire, (contre 28 millions d'euros en 2014). Elle compte 115 salariés sur ses deux sites de Villeneuve-la-Garenne et Salbris (Loir-et-Cher), où la société s'est installé en 2003 quand Matra Défense (devenu MBDA) a quitté le site. La société dispose également de son propre bureau d'études orienté plutôt vers le militaire, qui essaime ensuite vers le civil. Enfin, Rafaut a une capacité de production intégrée.

 

Rafaut de plus en plus à l'international

Depuis son arrivée à la direction générale de Rafaut, Bruno Berthet prospecte de façon très régulière à l'international pour trouver de nouveaux marchés. Il était tout récemment au salon de défense de Séoul (ADEX), où Rafaut est intéressé de participer au programme d'hélicoptère civil (LCH) et militaire (LAH) codéveloppé et coproduit par Korean Aerospace Industries (KAI) et Airbus Helicopters. Bruno Berthet propose des pylônes pour accrocher les missiles de la version militaire du LAH (Light Armed Helicopter).

En début d'année, il était au salon Aero India (18-22 février) à Bangalore pour proposer le pylône universel (lance-missiles et emport de carburant sous voilure) et un adaptateur tri-bombes) développés par Rafaut aux Indiens dans le cadre du marché Rafale en Inde. Au salon du Bourget en juin, la PME francilienne a d'ailleurs signé un accord en vue de créer une société commune avec le groupe indien OIS Aerospace dans le cadre de la politique indienne "Make in India" préconisée par le Premier ministre indien, Narendra Modi.

 

Une PME devenue incontournable pour Dassault

En plus de 50 ans, Rafaut est devenu, notamment au moment des "30 glorieuses", un acteur incontournable en matière de conception et de fabrication de systèmes d'emport et de largage d'armements, essentiellement dédiés à la famille d'avions de combat Dassault. Car très vite, Jacques Rafaut a lancé en 1961 son entreprise dans la sous-traitance de pièces pour l'aéronautique civile. D'abord en tant que sous-traitant puis il décide de réaliser ses propres produits. Rafaut réalise aujourd'hui entre autre des commandes de vol, dont notamment pour les A320, et des équipements mécaniques spéciaux pour avions civils et hélicoptères (dont des kits de bombardier d'eau).

Puis à partir de 1970, il réussit à entrer dans le cercle de l'aéronautique militaire en se faisant par le ministère de la Défense. Rafaut réalise d'abord pour le compte du ministère un système de sécurité pour bombes (SL F2), qui a progressivement équipé toutes les bombes produites en France, notamment les SAMP de 250 kg et de 400 kg. La PME se frotte alors sur ce marché à Alkan avec qui la compétition est rude. "Puis Rafaut est monté dans la chaine de valeur dans le domaine de l'armement", explique Bruno Berthet.

Rafaut et Alkan ont notamment inventé des systèmes de pompage de crochets des déclencheurs et des éjecteurs. Ce qui permet un calage aussi précis et répétitif des charges qu'auparavant mais beaucoup plus rapide. Rafaut développe des éjecteurs télescopiques pour les avions d'entrainement Alpha Jet et un système de hissage des bombes entièrement nouveau. En 2003, Rafaut met au point pour le Rafale, un pylône universel (lance-missiles et emport de carburant sous voilure) et un adaptateur tri-bombes (AT-730). Il est capable d'éjecter 3 munitions de 250 kg, ou 2 munitions de 500 kg.

Partager cet article
Repost0
10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 13:25
Aéronautique : Thales obtient un joli contrat en Bolivie

 

10/11/2015 Par Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Le groupe d'électronique a signé un contrat de 185 millions d'euros avec la Bolivie. Thales va fournir un système intégré de défense aérienne et de gestion du trafic aérien civil.

 

Thales a gagné un joli contrat en Bolivie. Lors d'une cérémonie organisée lundi au palais de l'Elysée en présence du président bolivien Evo Morales et de François Hollande, Thales a signé avec le ministère bolivien de la Défense un contrat estimé à 185 millions d'euros, qui doit beaucoup à la ténacité de l'ancienne directrice des réseaux de vente et partenariats commerciaux chez Thales, Jane Mila, trop tôt disparue. Le contrat porte sur la fourniture à la Bolivie d'un système intégré de défense aérienne et de gestion du trafic aérien civil accompagné d'un "transfert de compétences significatif", a expliqué Thales dans son communiqué.

Thales déploiera en Bolivie des radars civils et de défense aérienne ainsi que des systèmes d'automatisation afin de moderniser et de coordonner les opérations de défense aérienne et de gestion du trafic aérien (ATM) civile. Le groupe d'électronique fournira au total 13 radars sur 12 sites : quatre radars de défense aérienne, un radar primaire Star2000, deux radars d'approche TRAC et six radars secondaires RSM970. Ces radars, qui formeront la base de l'infrastructure de surveillance, seront associés à un tout nouveau centre de contrôle du trafic aérien. Mis en service en 2017, ce centre abritera le système TopSky-ATC et le système SkyView Air C4I qui fournira une image complète de l'espace aérien et permettra une évaluation commune de la situation pour les opérations de défense aérienne.

 

Thales, un acteur majeur des systèmes ATM

Thales coordonnera et gérera également tous les systèmes de communication de 12 sites équipés de radars et répartis sur l'ensemble du territoire bolivien. Spécialisé dans les systèmes ATM civils et militaires à grande échelle, Thales en est le premier fournisseur au monde. Le contrat avec la Bolivie est le troisième de cette ampleur depuis 2014. Le groupe a signé un contrat de 1,5 milliard de livres sterling dans le cadre du programme Marshall au Royaume-Uni, qui vise à moderniser la gestion des espaces aériens militaires. Dans le cadre du programme australien OneSKY Thales a également été sélectionné comme maître-d'oeuvre pour assurer la coordination des opérations civiles et militaires.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : RP Defense
  • : Web review defence industry - Revue du web industrie de défense - company information - news in France, Europe and elsewhere ...
  • Contact

Recherche

Articles Récents

Categories