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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 12:45
French general says EU Mali mission should be extended

18 July 2013 defenceWeb (Reuters)

 

The French commander of a European Union mission to train Mali's army, routed by rebels last year, said he believed the mission should be expanded and go on for at least a year longer than planned.

 

The EU trainers, dispatched to Mali in the wake of a French-led military intervention in January that drove al Qaeda-allied Islamist insurgents out of the main northern towns, face a big challenge in turning Mali's rag-tag army into a capable force.

 

Years of corruption and neglect led the army to a string of defeats against the militants last year and then a military coup by disgruntled officers in the capital, Bamako, Reuters reports.

 

The EU mission, given the task of training four battalions each consisting of 700 soldiers, is scheduled to end by March next year.

 

But Brigadier-General Francois Lecointre, the commander of the EU mission, in Brussels to brief ambassadors and EU officials, said he thought more time would be needed.

 

"I think that clearly we shouldn't stop at the training of half the Malian army but that we should be able to train the other half - not four battalions which today make up half the Malian army, but more," he told a news conference.

 

Training four extra battalions would mean the mission would have to be extended by at least a year, he said.

 

Lecointre, who is due to step down from his post at the start of August, stressed that these were his personal views.

 

EU planners will carry out a strategic review from September that will look at the future of the mission.

 

"We can't claim to help a nation to rebuild its army in a lasting way in one year, knowing how long it takes to do that and knowing the trauma that Mali has experienced and the extent of the collapse of its army," Lecointre said.

 

He said the equipment most urgently needed by the Malian army was trucks.

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 12:10
L'adjudant-chef Laurent Garin lors de la remise de la Légion d'honneur - Crédits ESCC

L'adjudant-chef Laurent Garin lors de la remise de la Légion d'honneur - Crédits ESCC

21/07/2013 Armée de Terre 2013

 

Semaine clef dans la carrière du lieutenant Laurent Garin, chef d’une section d’élèves au 3e bataillon de l’école spéciale militaire de Saint-Cyr (première année de scolarité). Jeudi 18 juillet 2013, il a été élevé à la dignité de chevalier de la Légion d’honneur. Samedi 20, il a reçu son galon d’officier.

 

Bel exemple pour nos jeunes officiers, mais aussi pour les sous-officiers qui souhaitent devenir officier, quelle que soit la voie de recrutement choisie ! Le colonel Francis Chanson, directeur des formations d’élèves, a remis les insignes de chevalier de la Légion d’honneur lors de la répétition générale du Triomphe des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan (ESCC).

 

Samedi 20 juillet, lors des cérémonies nocturnes du Triomphe 2013, l’adjudant-chef Garin est devenu officiellement lieutenant : il a reçu son galon d’officier lors de la remise des galons à l’ensemble du recrutement officier de l’année 2013.

 

L’adjudant-chef Garin revient sur sa remise de Légion d’honneur : « J’ai pensé à tous les hommes que j’ai commandés lors de mes deux temps de commandement de chef de section : c’est un peu grâce à eux si j’en suis arrivé là. J’ai pensé aussi à un camarade mort en Afghanistan à mes côtés. J’ai pensé enfin à ma famille et à son abnégation.»

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 11:55
Le livre blanc sur la défense 2013 : consolidation et contradiction (2/3)

17/07/2013 Par François CHARLES, Economiste, conseil en stratégie et management, ancien responsable d’affaires industrielles Europe et Asie à la DGA, DESS Défense, Président de l’IRCE.

 

LE CERCLE. Le livre blanc sur la défense est sorti. Au lendemain d’un séminaire européen de haut niveau où j’ai entendu des militaires européens demander des directives politiques, à l’heure où le Président de la République ne parle que d’Europe, je m’attendais à un livre nouveau, même si le drapeau allemand ne s’est pas baissé, traditionnellement, devant le chef de l’Etat français le jour du 14 juillet.

 

Suite de la partie I

 

V : L’engagement de la France dans l’Alliance atlantique et dans l’UE.

 

« Non au replis sur soi pour nos seuls intérêts vitaux, non à la sécurité déléguée à l’OTAN, non à la défense européenne intégrée ». Au moins c’est dit clairement. Mais avec peut-être trop de force et sans méthode apparente de pensée raisonnée. Le livre blanc ne fait apparaitre l’OTAN que politico-militaire alors qu’elle est également économique avec des  montants financés par les membres pour l’acquisition et la maintenance, voire qu’elle est diplomatique quand sa force elle-même peut dissuader. Tout le monde reconnait par contre que l’OTAN sert à « développer en temps de paix des procédures et des standards communs ». Mais cet aspect est essentiel pour l’interopérabilité des forces et cette normalisation est une arme commerciale dont nous aussi pouvons profiter face désormais à la Chine ; la Corée et le Japon étant déjà aux normes étasuniennes. L’Union Européenne (UE) y apparait  commerciale, économique et diplomatique. Là il s’agit sans doute d’un souhait car beaucoup de monde en France  attend cette affirmation diplomatique.

 

Il est fait état de  défense intelligente, « smart defence », par optimisation des dépenses militaires alliées par le biais de mutualisation, d’acquisitions internationales et par le financement en commun de capacités alliées. On ne parle évidemment pas de l’effet fédérateur négatif  du F-35 pour ne pas heurter nos alliés mais cet exemple devrait vraiment être traité avec courage entre européens, ce qui n’est pas encore le cas. « L’OTAN et l’UE ne sont pas concurrentes ». Elles sont donc complémentaires  mais je ne vois ni ne lis les différences. Je ne lis pas non plus qu’il faut savoir profiter de l’OTAN comme d’un effet de levier pour valoriser la coopération européenne et investir en Europe avec l’aide notamment des Etats-Unis et du Canada. Nous sommes finalement peu à avoir voulu et compris l’intégration globale car peu ont vu, surtout des militaires, comment nous pouvions manœuvrer en faveur de l’Europe comme nous avons réussi à le faire pour l’ACCS. « La France dans l’UE » rappelle qu’il faut faire face ensemble et que « la construction européenne en matière de défense est une priorité » (…) mais sans donner la clé qui est de travailler sur des documents uniques mais en communiquant ensuite avec l’identité de chaque nation.

 

Oui, il faut donc faire un livre blanc de l’UE, et oui, la PESC doit être un instrument et non une fin en soi. Oui, l’analyse des risques et des menaces et les conjonctions d’expériences d’actions extérieures doivent être partagées mais il n’est pas fait état de la méthode individuelle et collective. Oui il faut une augmentation de la capacité d’action extérieure mais sans vraie segmentation au-delà de l’accord naval franco-britannique, la notion de défense restera de permanence ou de circonstance. Il fallait bien un paragraphe sur l’OCCAR (organisation conjointe en matière d’armement qui gère les programmes généralement trop franco-ci, franco-ça), sur la consolidation de la Base Industrielle Technologique de Défense (BITD), sur l’Agence Européenne de Défense, et sur la stratégie intégrée. Mais si le fait d’en parler ne résout rien, cela réaffirme certes une notion de politique industrielle parfois abandonnée puis remise en avant mais sans parler d’Europe intégrée ni d’en donner les clés. Nous y reviendrons plus tard.

 

VI – la mise en œuvre de la stratégie

 

Le livre blanc de 1972 parlait de dissuasion, celui de 1994 de l’armée de métier, celui de 2008 de l’extension stratégique de sécurité nationale et enfin celui de 2013 réaffirme la connaissance et l’anticipation, la dissuasion, la protection, la prévention et l’intervention notamment à travers le renseignement d’origines multiples, à savoir humaine, électronique et informatique. L’aire toute puissante des drones est arrivée pour l’organisation du renseignement. Mais les avions et les navires sont encore là pour emporter les missiles nucléaires en espérant un désarmement total et son contrôle. On y parle rapidement des problèmes d’eau en Afrique mais n’oublions pas non plus qu’elle est une source de tension réelle à nos portes entre notamment la Turquie et ses voisins arabes. Il est enfin réaffirmé que la France doit et veut se doter des capacités à s’engager dans les zones prioritaires définies que sont la Méditerranée, l’Afrique, le golfe arabo-persique et l’océan indien pour des interventions « seul ou avec alliés » dans tous les domaines ainsi qu’en gestion de crise  civile et militaire. J’y rajouterais « dans les limites de certaines réalités et désormais d’options réalistes et réalisables » pour contraster avec notre ancienne politique d’indépendance et du coûte que coûte qui est par ailleurs toujours développée au Japon qui se « réveille » peu à peu militairement.

 

VII – les moyens de la stratégie

 

La période 2014 – 2025 se verra allouer 364 Md€ dont 179 pour la loi de programmation militaire 2014 – 2019 qui n’est pas encore sortie et qui empêche certains responsables de la DGA d’intervenir en colloques. Comme je l’écrivais dans un précédent article, il s’agit d’un budget de sagesse qui de toute façon servira comme toujours de variable d’ajustement. Je pense que le salut de consolidation pourra en partie venir de l’Europe avec la création d’une direction générale avec un budget dédié par règlement au-delà d’un service extérieur relié à la DG Relex. La position française revient au premier plan quand on lit qu’il faut « pouvoir entrer les premiers sur un théâtre d’opération ». On parle désormais DU porte-avions, mais sans rappeler que nous ne pouvons plus nous payer un second assurant la continuité du premier et des missions quand il est en entretien de longue durée.

 

Nous devons donc espérer qu’il fera bon ménage dans une  force intégrée franco-britannique des deux grandes nations navales européennes où s’affrontent cependant historiquement deux logiques d’interventions différentes. Il est fait état de la rédaction annoncée du format des forces mais sans aucune piste sur l’imbrication qualitative européenne alors que le début de l’ouvrage parle d’ouverture vers la segmentation. La France veut donc une intégration mais ne parle que d’elle, ce qui ne reflète pas le discours politique européen. Le sujet A400M qui n’a toujours pas été vraiment résolu de façon satisfaisante dans sa globalité est LE vrai sujet fédérateur européen du moment. Il semble pourtant être mis sous silence, comme s’il était réglé, notamment sur la maintenance qui doit rester l’élément clé pour une vraie approche européenne afin de ne pas revivre les dérives du TRANSALL. Par contre, la dimension européenne et de sécurité nationale est bien affirmée pour lutter contre le terrorisme, pour la gestion de crise, la continuité d’activité (incluse théoriquement dans la gestion de crise…), la vigilance  NRBC et la cyber-sécurité en activant la réserve citoyenne mais sans mettre en avant l’académie de gendarmerie européenne. Enfin, on aborde le domaine des satellites avec Galiléo, vrai autre projet européen qui devrait davantage être mis en porte étendard pour rappeler que la coopération européenne est possible et nécessaire.

 

A Suivre : partie VIII sur l’industrie de défense et de sécurité

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 11:55
photo Armée de Terre

photo Armée de Terre

17.07.2013 par P. CHAPLEAU Lignes de Défense

 

Lu au détour d'une réponse du ministre de la Défense à une question du député François Cornut-Gentille, question qui portait sur l'EPC (ensemble de parachutage du combattant):

"le fret d'une compagnie de parachutistes équipée du FELIN (8,4 tonnes) est supérieur à celui d'une compagnie non équipée de ce système (5,4 tonnes), ce qui peut conduire à limiter à 40 le nombre de parachutistes prenant place à bord d'un aéronef de type TRANSALL C160".

Conséquence: pour projeter 120 paras sur un théâtre d’opérations, là où 2 Transall étaient nécessaires, il en faut désormais 3 ! Mais heureusement que l'A400 arrive...

 

Félinisée, une compagnie de paras pèse 8,4 tonnes

Autre information contenue dans la réponse ministérielle sur l’équipement FELIN-EPC: « la charge et l’encombrement des parachutistes ralentissent les phases d’équipement et de vérification dans l’avion et au sol, rendant indispensable une préparation physique spécifique ».

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 10:55
Un Livre blanc sur la défense : consolidation et contradiction (1)

15/07/2013 François CHARLES (ancien responsable d’affaires industrielles Europe et Asie à la DGA, DESS Défense, Président de l’IRCE).

 

LE CERCLE. Au lendemain d’un séminaire européen de haut niveau où j’ai entendu des militaires européens demander des directives politiques, à l’heure où le Président de la République ne parle que d’Europe, je m’attendais à un livre nouveau. Le dernier livre blanc sur la défense a été rendu public le 20 avril 2013.

 

Cinq ans après le dernier livre blanc, certains y trouveront certes une dimension stratégique à 15 ans qui consolide les aspects de « sécurité », passant parfois outre certaines réalités particulières de la défense. J’y ai trouvé certains souhaits et des contradictions du fait de la façon cloisonnée dont est écrit ce livre pour lequel j’ai contribué auparavant. Je n’y ai pas trouvé la phrase qui dit que la France sera aussi ou plus forte si l’Europe est plus forte. Je me demande aussi parfois si le LB est un document de « politique  générale » ou s’il reflète les états d’âmes et s’il ne pourrait pas enfin bénéficier de certaines méthodes de réflexion stratégiques et opérationnelles, très peu connues et utilisées en haut lieu.

 

Ce livre blanc, qui réaffirme certaines positions, est raisonnable sur les moyens en réorientant sur l’essentiel, prend peu position sur l’industrie, sur les meilleures coopérations, sur une certaine façon de tirer profit de l’OTAN, ou comment mieux construire avec les autres. Les études et événements de l’IRCE et d’autres ONG tenteront donc d’y répondre. Pourtant cela commençait bien… « Ecrit avec un Allemand et un Britannique (...) cette ouverture a un sens ». Il est de plus fait état du constat de la réorientation étasunienne sur l’Asie avec  une certaine demande aux Européens de se prendre en charge, de la nécessaire « capacité d’initiative et d’entraînement » française pour répondre au besoin collectif, et de la nécessité de rendre possible une « mobilisation et une coordination des ressources ». C’était sans compter hélas sur la sempiternelle façon de voir l’Europe uniquement par une vision d’ailleurs partielle de son moteur qui n’est rien sans le véhicule,  et inversement.

 

I - La France dans le nouveau paysage stratégique. « La France reste dans le groupe des cinq ». Mais je rajouterais une interrogation quant à la prise de conscience, parfois, que nous sommes forts sur la scène internationale et européenne même face aux Britanniques et leur logique différente de défense maritime et face aux Allemands qui ont inclus la notion d’Europe dans leur constitution. Mais cette prise de conscience doit nous dire aussi que nous ne sommes qu’une partie du moteur, qu’il en manque peut-être certaines pièces essentielles et doit nous donner des cartes de négociations plutôt qu’une légitimité à faire seuls.

 

II – Les fondements de la stratégie de défense et de sécurité nationale. On y parle de « souveraineté » et de moyens d’influencer, de « capacités » permettant également de s’engager dans des politiques de dépendance mutuelle avec ses partenaires de l’Union Européenne ». Mais ensuite apparaissent des mots en trop, qui montrent une volonté d’Europe mais en pensant surtout à soi. On parle bien entendu d’intérêts vitaux sans les définir pour mieux les adapter aux circonstances. Je vois bien là certains propos non raisonnés de souveraineté également « globale ». La phrase magique apparait enfin mais bien tardivement alors qu’elle aurait du figurer en tète pour ouvrir le débat : « La France est prête à une plus grande spécialisation des nations européennes fondée sur la reconnaissance des pôles d’excellence ». Elle se referme ensuite bien vite pour « assurer la légitimité de nos actions » avec des « relations régies par le droit ».

 

III -  L’Etat du monde. Trois grands facteurs dimensionnant apparaissent pour l’Europe et la France notamment pour ses missions dans l’océan indien et pacifique : la Chine, les révolutions arabes et l’évolution stratégique étasunienne qui conserve le premier budget militaire avec 41% des dépenses mondiales en 2012. Ne pourrait-on pas demander finalement ce qu’en pense l’Europe pour une présence dans ces régions au-delà d’une simple voix forte qui n’existe d’ailleurs pas ? Il est fait état de « la crise de l’euro né dans le prolongement de la crise financière » alors que notre monnaie n’a jamais été en crise et nous a au contraire protégés contre les spéculations.

 

« L’Europe n’est pas prête à prendre le relais » mais nous posons-nous les bonnes questions et savons nous suffisamment tirer profit de l’incubateur qu’est l’OTAN ? Nous cherchons un juste équilibre entre la prise de conscience des menaces et les sentiments nationaux en cas de problème de croissance et de situation économique défavorable. Il est intéressant de lire qu’an Asie, les budgets de défense additionnés de la Chine, de la Corée du sud, de l’Inde et du Japon, sont supérieurs au budget de l’Union et que les différends territoriaux peuvent rouvrir les plaises non cicatrisées. Mais il serait peut être intéressant de s’en servir pour resserrer nos rangs au-delà d’un simple constat.

 

Le passage sur la Russie oublie ses origines. Il manque d’une façon générale, une vraie application de la théorie des organisations. Si les menaces chimiques inquiètent toujours depuis 1916 et si les menaces informatiques et le cyberterrerisme peuvent aussi bien rassembler que diviser, le risque biologique sécuritaire est presque oublié, pourtant accru par la mondialisation.

 

Cette photo du monde parle certes du changement climatique qui ouvre la route glacière Nord mais n’aborde pas le nucléaire civil, et surtout les volontés d’indépendance énergétiques, des risques liés à l’eau et au pétrole et oublie donc la segmentation européenne. Mais la souhaite-t-on vraiment ?

 

IV – Priorités stratégiques. Elles sont traditionnelles : « protéger le territoire national et nos ressortissants » mais sans parler de défense civile ni économique, « garantir la sécurité en Europe et l’espace nord atlantique », « stabiliser les approches de l’Europe ». Mais également… « Stabilité de l’Orient et du golfe persique » avec enfin un regard sur le pétrole, « politique de voisinage » notamment avec la Russie et le pourtour méditerranéen. Mais Cette fois-ci le Pacifique est oublié. Allez savoir. On y parle aussi d’architecture de sécurité collective. Un autre aspect valorisant la sécurité pour la paix dans le monde est de mentionner Atalante, la première opération navale d’ampleur de l’UE contre la piraterie, un clin d’œil pour l’approche globale défense et sécurité militaire et civile, sur laquelle tout le monde n’est pas d’accord au sein du ministère (…) et la logique britannique de protection des convois.

 

« L’ouverture du conseil de sécurité à de nouveaux membres  dont l’Inde » est intéressante mais sans donner de critères d’intégration pourtant essentiels, comme nous en avons pour l’UE. Le fait d’envoyer une fusée et d’acheter des avions de chasse n’est certainement pas suffisant. Il n’est pas beaucoup fait état de l’Afrique, soit pour faire oublier cette toute puissance ou cette légitimité que nous avons, soit pour ne pas savoir assumer la représentativité de l’Europe, qui fut néanmoins présente au Mali, alors que nous scandons que nous sommes forts ? Peut-être que la menace n’était pas devenue suffisamment  importante au regard des autres pays ? Ou alors, prenons-nous seulement conscience que l’Afrique était autrefois essentiellement colonisée par deux grandes nations et que la communauté malienne est la plus grande en France ? Ou enfin,…faut-il remercier les Chinois de nous avoir laissé faire à l’ONU pour protéger en fait leurs intérêts économiques croissants en Afrique ? Je préfère dire que l’Europe y est allée d’elle-même et me souvenir de ce Malien, me croisant dans une grande entreprise audiovisuelle, et remerciant chaleureusement l’UE pour son intervention en voyant l’insigne étoilé de ... l’IRCE.

 

A suivre...

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 10:50
EUTM Mali : transfert d’autorité sur le camp de Koulikoro

19/07/2013 Sources : EMA

 

Le 17 juillet 2013, sur le camp d’entraînement de Koulikoro,  le colonel Philippe Testart, chef de corps du1er régiment d’infanterie (1er RI), a pris le commandement du camp d’entrainement de la Mission Européenne d’Entraînement au Mali (EUTM Mali). Il succède au colonel Christophe Paczka, chef de corps du 2e régiment d’infanterie de marine (2e RIMa).

 

La cérémonie, présidée par le colonel italien Stefano Di Sarra, adjoint au général commandant l’EUTM Mali,  faisait suite à la relève de la centaine de soldats français de la compagnie de protection de la force par le contingent « hispano-bénéluxois », effective depuis le samedi 13 juillet.

 

EUTM Mali : transfert d’autorité sur le camp de Koulikoro

Les premiers instructeurs militaires du 2e RIMa sont arrivés sur le théâtre malien fin mars. Ils ont participé à la formation du 1er bataillon malien « Waraba » durant 10 semaines, sur le camp de Koulikouro. Ce bataillon est désormais déployé depuis le 25 juin à Gao. Il est  autonome et capable de mener seul une manœuvre de niveau GTIA, dans le cadre d’un combat interarmes.  Une vingtaine de militaires français, qui composent le Détachement d’appui opérationnel (DAO), les accompagnent tout au long de leur déploiement opérationnel, pour les conseiller et coordonner leur action avec la Force Serval si nécessaire.

 

Le contingent français d’EUTM Mali compte désormais 110 militaires sur les 560 militaires européens de la mission, répartis au sein de l’état-major de Bamako, du détachement de liaison et d’expertise, de l’état-major du camp de Koulikoro et du détachement d’instruction opérationnelle.

 

Les instructeurs français du camp de Koulikoro sont principalement issus du 1errégiment d’infanterie de Sarrebourg, renforcés par le 1er régiment de tirailleurs d’Epinal, et arment deux des quatre équipes de formation « infanterie » de la mission. Ils ont entamé depuis le 9 juillet la formation d’un deuxième bataillon de l’armée malienne aux côtés de leurs camarades européens.

 

EUTM Mali : transfert d’autorité sur le camp de Koulikoro

Commandée par le général français François Lecointre, la Mission Européenne d’Entraînement au Mali regroupe 23 nationalités différentes. Elle repose sur deux piliers : une action de formation au profit des quatre bataillons maliens et une mission d’expertise et de conseil assurée par le détachement de liaison et d’expertise (ALTF), destiné à appuyer la refondation de l’armée malienne.

 

Le camp de formation de Koulikoro regroupe plus de 400 militaires sur un total de 560 de la mission de l’Union Européenne, et est composée de 19 nationalités différentes, réparties entre un état-major, un détachement d’instruction opérationnelle, une compagnie de protection de la force et un hôpital Rôle 2.

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 10:45
Mali : mission de contrôle de zone du bataillon togolais appuyé par le DLA inséré

19/07/2013 Sources : EMA

 

Le 16 juillet 2013, une dizaine de militaires du détachement de liaison et d’appui (DLA) insérée auprès du bataillon togolais de la MINUSMA a appuyé ce bataillon dans une mission de contrôle de zone et procédé à la mise en place d’un check point itinérant dans la ville de Boni située à plus de 70 km du camp militaire de Douentza, au Mali.

 

Cette mission avait pour objectif d’affirmer la présence du bataillon togolais dans sa zone de responsabilité, périmètre regroupant les villes de Koro, Gossi et Douentza, et de développer les liens étroits qu’il tisse avec la population de cette région.

 

Mali : mission de contrôle de zone du bataillon togolais appuyé par le DLA inséré

A cette occasion, le bataillon togolais comprenait une section d’infanterie, deux véhicules de type Pick up et un camion (d’allègement) transportant les pièces nécessaires à l’installation d’un dispositif de check point. Ils étaient accompagnés d’un gendarme malien ainsi qu’un militaire malien en charge de la traduction des échanges entre togolais et civils maliens.

Avant d’installer le check point sur l’axe principal de Boni, les militaires togolais ont rapidement pris possession des lieux et sécurisé les abords du village.

Ils ont ensuite installé des éléments de signalisation afin de matérialiser la présence du point de contrôle. Des binômes se sont ensuite déployés sur le check point assurant respectivement le filtrage, la fouille et le contrôle des véhicules et autres éléments motorisés.

Mali : mission de contrôle de zone du bataillon togolais appuyé par le DLA inséré

Le rôle du DLA français auprès du bataillon togolais est d’être aux côtés du le bataillon dans ses actions et d’assurer la liaison avec la force Serval. Les DLA mis en place auprès des bataillons de la MINUSMA permettent une coordination tactique des forces engagées dans une même zone. Ils permettent également de mettre en place des appuis au profit des forces africaines dans différents domaines : commandement, renseignement, logistique, appui feu et appuis spécialisés.

Mali : mission de contrôle de zone du bataillon togolais appuyé par le DLA inséré

Sept DLA sont actuellement déployés sur le théâtre malien, soit plus d’une centaine de militaires français. Cinq d’entre eux sont aux côtés des bataillons de la M INUSMA.Ils opèrent auprès des Burkinabés à Tombouctou, des Nigériens à Menaka, des Tchadiens à Tessalit, des Sénégalais à Kidal et des Togolais à Douentza. Un détachement est quant à lui inséré à l’état-major de la MINUSMA à Bamako et un autre auprès du bataillon logistique (BATLOG) de la MINUSMA.

Mali : mission de contrôle de zone du bataillon togolais appuyé par le DLA inséré

Le bataillon togolais est composé de près de 1000 militaires. Environ 850 soldats sont actuellement déployés à Douentza depuis la fin du mois avril 2013. Depuis leur déploiement, les militaires du bataillon ont effectué plus de 500 patrouilles dans et en dehors de la ville.

Environ 3200 militaires français sont actuellement présents sur le sol malien et poursuivent leurs missions de sécurisation visant à affaiblir durablement les groupes terroristes ainsi qu’à poursuivre le transfert progressif de la zone aux contingents relevant désormais de la MINUSMA.

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 10:45
Mali : traversée du « convoi des cents », de Bamako à Gao

19/07/2013 Sources : EMA

 

Du 10 au 15 juillet 2013, un convoi en partance de Bamako, composé d’une centaine de véhicules – dont une quarantaine de véhicules civils  pour le transport des vivres – et 175 militaires, a traversé une grande partie du Mali pour se rendre à Gao afin d’y acheminer des vivres, du carburant et des pièces mécaniques de maintenance aux détachements de liaison et d’appui (DLA) français insérés au sein des bataillons africains de la MINUSMA.

 

Ce convoi, le plus volumineux depuis le début de l’opération Serval, a été armé par le bataillon logistique de la force Serval implanté à Bamako. Il répondait à deux objectifs principaux : le premier, était de permettre le ravitaillement en nourriture, en eau, en carburant et en pièces mécaniques de maintenance, des DLA français insérés au sein des bataillons africains de la MINUSMA déployés sur les villes de Douentza, Tombouctou et Gao. Le second consistait à acheminer vers la plateforme de Gao des vivres et une trentaine de véhicules dont 5 AMX 10 RC transportés sur porte engins blindés (PEB).

Mali : traversée du « convoi des cents », de Bamako à Gao

Après une journée de route, le convoi fait sa première halte aux abords de la ville de San, située à près de 600 km de Gao, sa destination finale. Pour passer la nuit en sûreté, un système défensif sommaire a été mis en place pour sécuriser les hommes, les véhicules et le matériel qu’ils transportent.

Mali : traversée du « convoi des cents », de Bamako à Gao

Le lendemain, le convoi fait un arrêt au niveau de l’aéroport de Sévaré / Mopti où 25 000 litres de gasoil ont été distribués aux différents véhicules pour leur permettre de reprendre leur route vers Gao. La dégradation du réseau routier était de plus en plus palpable, ce qui n’a cependant pas empêché le convoi d’arriver – à la nuit – aux portes de la ville de Douentza. A peine arrivés, les 15 véhicules qui doivent rejoindre Tombouctou se dirigent rapidement vers les citernes pour refaire le plein de leurs réservoirs. Le lendemain ils iront acheminer les vivres, l’eau et les pièces mécaniques pour ce DLA.

Mali : traversée du « convoi des cents », de Bamako à Gao

Tôt le lendemain matin, les 15 véhicules s’élancent sur la portion la plus incertaine du trajet. En effet depuis le début de la saison des pluies aucun convoi n’est passé par là et personne ne connaît l’état de la route sur les 200 km restant à parcourir. Une tempête de sable, tant redoutée dans le désert, s’est ensuite abattue sur le convoi, qui a dû très rapidement s’immobiliser pour la laisser passer. Peu après, le convoi a essuyé un déluge de pluie.

Mali : traversée du « convoi des cents », de Bamako à Gao

A l’approche de Tombouctou, la traversée du fleuve Niger s’est effectuée sans encombre en empruntant les barges utilisées par la population locale. Le convoi est enfin arrivé à l’aéroport de Tombouctou, là où le camp du bataillon burkinabé de la MINUSMA est abrité, et au sein duquel 24 militaires français insérés composent le DLA burkinabé.

Le retour vers Douentza s’est fait sans encombre le lendemain, où le convoi devait arriver avant le 14 juillet pour célébrer la fête nationale.

Mali : traversée du « convoi des cents », de Bamako à Gao

Après trois jours passés à Douentza, le convoi a repris sa route le lundi 15 juillet 2013 en direction de Gao à 400 km, dernière portion de l’itinéraire. Le trajet s’est bien déroulé. Les 16 et 17 juillet, l’ensemble de la cargaison a été déchargée. Le convoi a ensuite repris le chemin du retour pour une arrivée à Bamako le 20 juillet dans la soirée.

Au bilan, ce défi logistique a été relevé avec succès : il a permis l’acheminement de près de 800 tonnes de fret, 175 militaires et une centaine de véhicules sur plus de 1650 km en 6 jours et a consommé plus de 60 000 litres de carburant.

Mali : traversée du « convoi des cents », de Bamako à Gao

Environ 3200 militaires français sont actuellement présents sur le sol malien et poursuivent leurs missions de sécurisation visant à affaiblir durablement les groupes terroristes ainsi qu’à poursuivre le transfert progressif de la zone aux contingents africains de la MINUSMA.

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 08:16
Deux satellites militaires d'observation de très haute résolution de type Helios seront livrés à ­l'armée émirienne. - Crédits photo Astrium EADS

Deux satellites militaires d'observation de très haute résolution de type Helios seront livrés à ­l'armée émirienne. - Crédits photo Astrium EADS

21/07/2013 Par Véronique Guillermard - LeFigaro.fr

 

Astrium et Thales fourniront deux satellites de renseignement. Un contrat de plus de 700 millions d'euros.

 

C'est le premier grand contrat export du quin­quennat dans la défense. Il marque le retour de la France dans les pays du Golfe. Ce lundi soir, Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, accompagné de François Auque, PDG d'Astrium, filiale spatiale d'EADS, et de Jean-Loïc Galle, son homologue de Thales Alenia Space (TAS, cofiliale de Thales et de ­Finmeccanica), doivent par­ticiper à une cérémonie à Abu Dhabi pour fêter la signature d'une commande de plus de 700 millions d'euros. Le contrat porte sur la livraison à l'armée émirienne de deux ­satellites militaires d'observation de très haute résolution de type Helios et d'une station terrestre. Avec les contrats de main­tenance, le contrat approche des 800 millions d'euros.

 

«C'est une très grande satisfaction pour la France et pour notre industrie de défense. Lorsqu'ils s'entendent, les industriels français sont compétitifs. Ils sont capables de gagner face à l'américain Lockheed Martin aux Émirats arabes unis, qui sont de redoutables clients», se félicite-t-on dans l'entourage de Jean-Yves Le Drian.

 

Une base interarmée depuis 2009

 

Engagées en 2008, les discussions ont connu des hauts et des bas. «Jean-Yves Le Drian a repris ce dossier et l'a placé en haut de ses priorités. Le climat de confiance qu'il a su créer, son implication ainsi que celle du président de la République ont permis la signature du contrat», insiste François Auque, PDG ­d'Astrium, mandataire juridique de ce contrat dont la maîtrise d'œuvre et la responsabilité sont partagées avec TAS.

 

Les négociations ont été particulièrement délicates. «Jamais auparavant, la France n'avait accepté d'accorder une aussi haute résolution en vendant des satellites militaires. Ce contrat marque le prolongement de l'engagement de la France dans la région depuis l'implantation de la base française interarmée à Abu Dhabi en 2009», explique François Auque. La commande est assortie d'un accord stratégique entre les deux gouvernements impliquant notamment une coopération des services et le partage des données.

 

Elle prévoit également un ­transfert de savoir-faire dans la conduite de programmes avec des formations d'ingénieurs émiriens au sein des usines d'Astrium à ­Toulouse et de TAS à Cannes. La ­fabrication des deux satellites sera 100 % réalisée en France et représente l'équivalent de 1000 emplois (avec la sous-traitance) pendant quatre ans et demi à cinq ans, jusqu'à la livraison. Les deux satellites seront tirés par la fusée italienne Vega depuis Kourou, en Guyane.

 

Ce contrat «valide la méthode Le Drian», insiste-t-on à l'Hôtel de Brienne. Le ministre s'est rendu quatre fois aux Émirats, «prenant le temps de construire une relation avec le cheikh Mohammed ainsi qu'un partenariat stratégique. Cela en travaillant en bonne intelligence avec les industriels mais sans mélanger les genres. Le ministre n'est pas un VRP». Au ministère de la Défense, on estime que ce partenariat a vocation à se «traduire dans d'autres domaines en fonction du besoin du client». La France espère en effet signer des contrats pour des radars, des blindés ainsi que des avions de combat.

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 06:08
L'avenir de notre défense passe par l'Europe

22/07 de François Lureau - Les Echos

 

La réduction des budgets de défense est une réalité durable. Elle n'est pas une opportunité pour la défense, elle est une obligation de penser différemment, sur le long terme. La défense participe à l'effort de redressement budgétaire que tous les pays européens ont entrepris. C'est le sens du budget de 31,4 milliards d'euros fixé par le président de la République. Des réductions supplémentaires d'effectif sont hélas nécessaires pour continuer à améliorer la « productivité » de l'outil de défense, comme cela l'a déjà été fait de façon continue depuis quinze ans. Les cadences de production des matériels de défense devront être réduites. Les nouveaux programmes devraient être strictement placés dans un cadre européen, c'est-à-dire soit un choix d'équipements existant en Europe, soit un codéveloppement pour ce qui n'existe pas (les missiles et les drones), les souhaits des uns et des autres devant être impérativement soumis à cette contrainte. Les matériels peuvent et doivent être utilisés plus longtemps. La compétitivité des actions de maintenance devient une exigence : réexamen du partage des tâches avec l'industrie, contrats de performance systématiques, adaptation des effectifs, maîtrise des coûts d'utilisation. En regard de ces sacrifices douloureux et pour préserver l'avenir, il est impératif d'investir dans la recherche à hauteur de 800 millions d'euros par an.

 

Penser différemment, à mon sens, porte sur trois points : l'utilisation et la gestion conjointe entre pays volontaires de moyens communs, la recherche de financements européens, la spécialisation industrielle entre pays. Rien dans ces domaines ne peut produire d'effets immédiats. Tout est politique, structurant et doit donc avancer au rythme du temps politique. Mais il y a urgence et c'est la voie de sortie par le haut d'une nouvelle souveraineté française et européenne.

 

L'idée, de bon sens, de gérer en commun des ressources rares, est défendue par l'Agence européenne de la défense sous le concept de « pooling & sharing ». Comme l'expérience l'a montré dans les opérations récentes, la planification commune et plus tard la gestion des flottes de transport de quatre pays, via le centre de commandement du transport aérien européen (EATC) situé à Eindhoven, offrent une souplesse et une efficacité d'emploi incomparables. Cette bonne pratique doit être transposée à d'autres secteurs et notamment au ravitaillement en vol, dont la faiblesse capacitaire européenne est notoire. Peut-on imaginer que le futur programme français MRTT ne soit pas l'occasion de construire cette capacité européenne et de mettre en place une unité multinationale regroupant une partie des moyens ? Dans un autre registre, tout aussi potentiellement générateur d'économies, la mise en service prochaine de l'A400M, avion performant mais nécessairement coûteux à l'emploi, devrait obliger les partenaires de ce programme à mettre en place un dispositif de formation et de soutien commun à tous. Ce qui manque pour avancer : une réelle volonté politique qui s'impose aux conservatismes de toute nature.

Three Airbus Military A330 MRTTs fly in formation photo Airbus military

Three Airbus Military A330 MRTTs fly in formation photo Airbus military

Deuxième piste : l'union européenne. Il ne s'agit nullement de rêver à une hypothétique Europe de la défense à Vingt-Six. Il s'agit d'inscrire dans la réflexion en cours de l'Union européenne sur la défense, la dimension de souveraineté que l'industrie de défense porte en elle. Susciter et financer au plan européen des projets globaux à finalité civile et militaire est une voie possible qui aiderait ce secteur à garder sa compétitivité internationale. Les thèmes possibles : l'espace, les drones légers.

 

Enfin, la défense ne peut être efficace et souveraine que si son industrie est performante et compétitive. La France ne peut plus être compétitive dans tous les domaines. Pour fixer les priorités entre secteurs, il est instructif de regarder leurs performances à l'exportation. Pour 1 euro investi dans la défense, l'effet de levier peut atteindre 2, avec les mêmes effets sur l'emploi. Une souveraineté partagée de la base technologique et/ou une spécialisation progressive des Etats sont aussi des réponses à considérer dans un cadre politique approprié. La rationalisation de l'offre missiles de MBDA sous les auspices du traité de Lancaster House dépasse le cas du missile (ANL/FASGW) entre 2 pays pour tester la faisabilité d'un portefeuille binational de produits. La spécialisation a commencé dans l'imagerie spatiale. Elle ne pourra se poursuivre et offrir tous les bénéfices escomptés que si les pays concernés décident de réellement mettre en commun une large partie de l'information recueillie.

 

La situation de la défense en France et en Europe est préoccupante. C'est le moment d'élargir le champ des possibles avec les partenaires les plus proches, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie pour citer ceux avec lesquels nous avons des histoires communes. L'Agence européenne de la défense est un outil pour progresser, si le mandat politique lui en est réellement confié. Mais, au préalable, il faut se convaincre que l'outil de la défense français, aujourd'hui très performant, ne pourra trouver sa pérennité que dans un ensemble plus vaste d'alliances au sein de l'UE.

 

François Lureau est ancien délégué général pour l'armement

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 05:49
The Rafale jumped over the moon...

19 Jul  -via Steven__Strong

 

Source : pic.twitter.com/Q5zroVN0sH

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 09:45
contre-amiral Eric Dupont

contre-amiral Eric Dupont

20/07/2013 Sources : EMA

 

Le 19 juillet 2013, le contre-amiral Eric Dupont a quitté son poste de commandant en second (Deputy Operation Commander) de la force navale européenne EUNAVFOR, à Northwood. Le capitaine de vaisseau allemand Jean Martens lui succède à son poste.

 

Depuis le 16 janvier 2013 et durant 6 mois, il a secondé le contre-amiral britannique Bob Tarrant, commandement de la force européenne.

 

L’EUNAVFOR commande l’opération Atalante de lutte contre la piraterie dans l’océan Indien, depuis son lancement le 8 décembre 2008. La protection des navires du Programme Alimentaire Mondial (PAM) et de la Mission de l’Union Africaine en Somalie (AMISOM) sont les missions prioritaires des bâtiments de la force Atalante. L’opération européenne contribue à la dissuasion, à la prévention et à la répression des actes de piraterie et de vols à main armée au large des côtes somaliennes.

 

Depuis le lancement de l’opération, la baisse effective des actes de piraterie dans l’océan Indien s’explique par la réussite des mesures engagées au sein de l’opération européenne mais également grace au respect des mesures efficaces prises par l’opération Atalante comme la navigation dans l’IRTC (International Recommended Corridor) ou encore l’inscription des navires au MSCHOA (Maritime Security Center Horn Of Africa). Ce centre, situé à l’état-major de l’opération Atalante, à Northwood, près de Londres, entretient une liste complète des bâtiments de commerce recensant de nombreuses données comme leur taille, la nature de leur cargaison ou encore leur International Maritime Organisation (IMO), véritable plaque d’immatriculation. La baisse effective des actes de piraterie s’explique également par une action militaire coordonnée de plusieurs forces maritimes et pays autonomes, à l’application plus systématique des mesures de sécurité passives (Best Management Practices) par les bâtiments de commerce et au soutien des pays de la région.

 

Actuellement, la frégate Guépratte est déployée depuis le 14 mai au sein de l’opération Atalante. La France participe à l’opération Atalante avec le déploiement quasi-permanent d’au moins d’une frégate de la Marine nationale. Le dispositif peut être renforcé ponctuellement par un avion de patrouille maritime Atlantique 2 (ATL 2), de surveillance maritime Falcon 50, ou par un avion de commandement et de détection E3F.

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 09:40
L'exercice Bold Quest doit permettre l'expérimentation de matériels et de procédés

L'exercice Bold Quest doit permettre l'expérimentation de matériels et de procédés

19/07/2013 ASP Emilie Ziane - BA118

 

Mardi 16 juillet, 8h30 heure locale: c’est l’heure du briefing. Sur la base aérienne (BA) 118 de Mont-de-Marsan, la phase de «tests communs» de l’exercice Bold Quest a commencé depuis lundi.

 

Durant toute une semaine, le matériel est vérifié et validé avant l’exercice final, qui se déroulera aux États-Unis, du 4 au 19 septembre 2013. En coordination avec l’USJoint Staff, Bold Quest a pour objectif l’expérimentation dans les missions d’identification, de coordination des feux, d’appui aérien et de cyber défense.

 

Mercredi 17 juillet, 14h30 heure locale: cette fois c’est un avion qui vole au profit de l’exercice. «On teste la transmission des données entre l’alliance sol vers le centre des opérations tactiques puis vers l’avion», explique un commando de l’air.

 

Dans les préfabriqués, l’activité du plateau technique bat son plein. Les téléphones sonnent de tous les côtés. Développeurs, analystes, équipe réseau, industriels: chacun s’applique à remplir la mission qui lui est confiée. Devant les écrans et sur le terrain, sous la chaleur.

 

Si l’armée de l’air participe à cet exercice depuis 2007, le Bold Quest 2013-2 s’annonce bien plus complexe en raison du nombre de nations participantes cette année: la Belgique, l’Allemagne, la Norvège, l’Australie, les Pays Bas, la Suède, l’Italie, la Finlande, le Danemark, la Grande Bretagne, le Canada et les États-Unis.

Tests préparatoires à l'exercice "Bold Quest"

Tests préparatoires à l'exercice "Bold Quest"

Exercice interallié et interarmées, avec un acteur supplémentaire pour l’édition 2013: l’armée de terre, observatrice les autres années, déploie cette fois-ci son matériel et ses systèmes. Elle mettra en œuvre l’outil d’appui aérien numérisé ALLIANCE (applicatif logiciel interopérable d'aide numérique sur calculateur embarqué), et fournira les positions de ses forces terrestres à la coalition.

 

Bold Quest 2013-2 utilisera également plus de technologies et notamment le CID, pour Combat Identification Server. Ce système collecte les différentes positions amies au sol: forces spéciales, armée de l’air et armée de terre. Ces données transmises à l’équipage permettent de différencier les entités dans une zone de combat. Le CID minimise ainsi les tirs fratricides tout en améliorant la performance des forces militaires. La France viendra pour la première fois avec ce matériel.

L'infrastructure et les réseaux ont été testé en grandeur nature

L'infrastructure et les réseaux ont été testé en grandeur nature

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 09:05
Remise de brevet à un élève-pilote belge

Remise de brevet à un élève-pilote belge

19/07/2013 Armée de l'air

 

Le jeudi 18 juillet 2013, a eu lieu une remise de brevets du personnel navigant sur la base aérienne 705 de Tours. La cérémonie était présidée par le général Néret, du commandement des forces aériennes (CFA). Ce macaronnage concernait les pilotes de chasse français et belges, ainsi que les NOSA (navigateurs officiers systèmes d’armes).

 

Après la revue des troupes, la cérémonie a débuté par des remises de décorations à certains cadres de la base aérienne. Ces récompenses ont une valeur d’exemple pour les plus jeunes, notamment de ceux qui recevaient ce jour-là leur poignard d’officier et leur brevet de pilote ou de navigateur.

 

Au cours de la cérémonie, six lieutenants français, deux marins et cinq adjudants belges ont reçu leur brevet de pilote de chasse. Des brevets de NOSA ont également été remis à trois lieutenants français. Enfin, cinq d’entre eux se sont vus remettre leur poignard d’officier, marquant leur entrée dans ce corps et rappelant leur engagement à servir la France.

Remise de brevet à un élève français

Remise de brevet à un élève français

Il s’agissait du dernier macaronnage des élèves pilotes belges à Tours. Depuis la création de l’AJeTS en 2004, une cinquantaine d’entre eux avaient été formés à la BA 705. La phase III de leur formation sera désormais assurée sur la base aérienne de Cazaux.

La cérémonie de remise de brevet marque un moment crucial dans la carrière de ces jeunes navigants

La cérémonie de remise de brevet marque un moment crucial dans la carrière de ces jeunes navigants

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 08:55
Commandant Anne-Laure Michel

Commandant Anne-Laure Michel

15/07/2013 Cne Céline Limousin - Armée de l'air

 

Du 15 au 19 juillet 2013, la phase «tests communs» de l’exercice Bold Quest se déroulera sur la base aérienne de Mont-de-Marsan. Interview du commandant Anne Laure Michel, officier programme à l’état-major de l’armée de l’air, responsable de la préparation de l’exercice Bold Quest en coordination avec l’US Joint Staff.

 

En quoi consiste l’exercice Bold Quest 2013-2 qui se tiendra aux État-Unis du 4 au 19 septembre 2013 ?

 

Commandant Anne-Laure Michel - Cet exercice existe depuis 2006 et l’armée de l’air y participe depuis 2007. Cette année, la version 2013 revêt un caractère tout particulier. L’armée de l’air y déploie beaucoup de moyens et y participe conjointement avec l’armée de terre pour la première fois. Bold Quest est un exercice interallié et interarmées d’expérimentation dans les missions d’identification, de coordination des feux, d’appui aérien et de cyber défense. Et cet exercice est la plus complexe des éditions organisées jusqu’à présent par les architectures qui seront mises en place et le nombre de nations présentes (Belgique, Allemagne, Norvège, Suède, Danemark, Grande Bretagne, Canada et États-Unis). Ce qui intéresse particulièrement l’armée de l’air, c’est de tester ses avancées expérimentales dans le domaine de l’appui aérien numérisé.

 

Quels seront les moyens engagés ?

 

La France sera une des nations alliées les plus fortement engagées dans l’exercice. L’armée de l’air déploiera deux Mirage 2000 D du CEAM (centre d’expériences aériennes militaires) de Mont-de-Marsan et 70 personnes qui incluent du personnel navigant, des commandos parachutistes de l’air (CPA 10, 20 et 30), ainsi que du personnel du CEAM pour traiter les aspects expérimentations des réseaux. L’armée de terre, quant à elle, enverra 17 personnes. Les moyens français seront répartis en quatre équipes : «Mirage 2000», «Réseau», «TACP-sol» et «armée de terre».

 

Quels sont les enjeux pour l’armée de l’air ?

 

Actuellement, j’occupe le poste d’officier programme d’équipements spécifiques d’appui aérien numérisé. C’est un domaine assez nouveau pour la France et pour les alliés. Les nations sont encore en phase d’expérimentation dans le but d’améliorer les missions d’appui aérien en opération. Les enjeux sont importants pour l’armée de l’air. Suite aux expérimentations menées aux États-Unis pendant l’exercice, nous souhaitons soumettre nos besoins en vue d’équiper nos forces en équipement spécifiques à l’appui aérien. En somme, l’objectif vise à améliorer les moyens de communication notamment satellitaires entre les avions et le personnel au sol, mais surtout d’informer aussi bien les FAC (guidage appui aérien) que les pilotes dans les avions des positions amies au sol  au moment d’un tir pour éviter les dommages collatéraux.

 

Afin de préparer l’exercice, une semaine «tests communs» a été programmée sur la base aérienne de Mont-de-Marsan du 15 au 19 juillet 2013. Quel sera le programme ?

 

C’est une répétition générale. Tous les moyens de l’armée de l’air, de l’armée de terre et de Thalès se déplaceront pour vérifier qu’en interne les moyens français marchent ensemble.

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 07:55
A400M photo RP Defense

A400M photo RP Defense

20/07/2013 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

L'A400M a obtenu sa certification militaire, une étape à la livraison du premier A400M à l'armée de l'Air française. Aucune date n'a été en revanche précisée pour la remise du premier appareil de transport militaire à la France.

 

La première livraison de l'A400M à la France vient de franchir un jalon important. Le comité d'experts rassemblant les sept pays du programme, le CQC (certification and qualification committee), a recommandé ce jour la certification militaire de l'avion de transport militaire, qui vient de participer à son premier défilé du 14-Juillet. "L'autorité technique, c'est-à-dire la Direction générale de l'armement (DGA), sera donc en mesure dans les jours prochains d'établir un certificat de type militaire", a précisé le ministère de la Défense dans un communiqué publié vendredi soir. Le comité d'experts, qui comprend un représentant de chaque nation, est présidé par une ingénieure en chef de l'armement de la DGA. "Ce comité a pour mission principale de vérifier la tenue des exigences de sécurité militaire et les performances de l'avion présentées par Airbus Military", a expliqué le ministère. Il s'appuie sur 15 groupes de travail dans tous les domaines concernés : avionique, facteurs humains, guerre électronique, etc...

 

Défense : l'A400M va bientôt atterrir dans l'armée de l'air française

La certification militaire est une des étapes préalables à la livraison du premier A400M à l'armée de l'Air française. Elle s'inscrit dans un processus comprenant également la certification civile qui a été délivrée par l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA), la qualification militaire qui sera prononcée par l'Organisation conjointe de coopération en matière d'armement (OCCAR), avec l'aval de tous les pays partenaires, et les opérations de réception du premier appareil de série réalisées par la DGA. Pour EADS, c'est la fin d'un long chemin de croix pour ce programme très coûteux (6,2 milliards de dépassements de coûts). « Ce programme ne sera jamais rentable », reconnaît-on au sein du groupe EADS. Mais, en excluant les provisions supportées par EADS (plus de 4 milliards d'euros), les commandes des sept pays membres du programme vont permettre au programme d'être à l'équilibre vers la fin de 2022, explique-t-on dans le groupe. Avec les premières livraisons, en principe entre trois et quatre appareils seront remis en 2013 - trois à la France (juillet, mi-août et peut-être fin décembre, voire début janvier) et un à la Turquie (fin septembre-début octobre) -, l'A400M devrait avoir le potentiel de séduire de nouveaux clients à l'export. « Nous avons déjà un avion mature, assure le président d'Airbus Military, Domingo Urena. Il est prêt, ce n'est plus un projet de papier. Nous avons le bon avion au bon moment ».

 

Entre 50 et 100 appareils vendus dans les dix prochaines années

 

L'avionneur européen compte montrer d'ici à la fin 2013 l'A400M dans le Golfe et en Asie-Pacifique, où l'Australie notamment a exprimé un intérêt. Le patron d'Airbus Military, qui prévoit la vente de 400 d'A400M sur 30 ans, évaluent dans les dix années à venir, entre 50 et 100 appareils vendus sur les marchés export. « Entre 30 et 40 pays pourraient être intéressés par cet appareil », estime-t-il. Mais, auparavant, l'avionneur doit encore développer une version export moins sophistiquée que celle configurée OTAN, qui par exemple des communications cryptées par satellite. "Cet appareil n'a pas été pensé pour l'export, explique-t-il. Nous devons développer des équipements pour le rendre exportable". Seule véritable ombre, le nouveau programme brésilien d'Embraer le KC-390, bien qu'il soit limité par sa charge d'emport (payload), pourrait lui voler une partie du marché en entrée de gamme

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20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 19:31
Satellites : Le Drian à Abou Dhabi pour son premier gros contrat d’exportation

20/07 Par Alain Ruello – LesEchos.fr

 

Les Emirats Arabes Unis achètent à EADS et Thales deux satellites d’observation pour plus de 700 millions d’euros. Dans l’entourage du ministre français, on souligne le nouveau départ entre les deux pays en matière d’armement.

 

Jean-Yves Le Drian s’envole lundi matin pour un périple express à Abou Dhabi avec à la clé « son » premier gros contrat export depuis qu’il a été nommé ministre de la défense. La signature porte sur la vente à Abou Dhabi de deux satellites d’observation fabriqués en coopération par Astrium et Thales Alenia Space pour un peu plus de 700 millions d’euros.

 

L’affaire est importante à plus d’un titre. Par son montant d’abord. Le précédent gouvernement n’ayant pas réussi à boucler les négociations pour la vente de 60 Rafale (sans pour autant qu’elles soient abandonnées), cela fait plusieurs années que des industriels français n’ont rien signé de significatif avec les Emirats Arabes Unis, pourtant un de leurs clients historiques.

 

Seront sur place pour la signature Marwan Lahoud, le patron de la stratégie et des affaires internationales d’EADS et François Auque, celui d’Astrium. Thales Alenia Space sera représenté par son patron, Jean-Loïc Galle, la présence de Jean-Bernard Lévy, le PDG de Thales, n’étant pas certaine pour des questions d’agenda.

 

Nouveau départ

 

Dans l’entourage de Jean-Yves Le Drian, on souligne par ailleurs que ce contrat marque un nouveau départ dans la relation bilatérale en matière d’armement. Aux coups de boutoirs trop pressants de Nicolas Sarkozy ont succédé une remise à plat de la façon de procéder, faite d’écoute du client et d’engagements réfléchis et tenables. Le tout sous la baguette du ministre de la Défense qui n’entend pas marcher sur les plates-bandes des industriels. Tenace comme tous les bretons, il a visiblement tissé une relation de confiance avec Cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyane, le prince héritier du royaume et grand patron de la Défense. Mais que de sueur pour en arriver là !

 

Jusqu’au dernier moment la concurrence a été féroce avec les Etats-Unis et Lockheed Martin. Il y a deux semaines, la délégation française était sur place pour, espérait-elle, boucler l’affaire qui avait été sortie des sables en février lors du dernier salon Idex. L’équipe France s’est alors heurtée à un tir de barrage de Washington dont le secrétaire d’Etat à la défense aurait appelé directement Cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyane pour que son champion l’emporte. « Dans le salles de réunion, on trouvait des blocs notes de Lockheed Martin », raconte un des négociateurs français…

 

Redoutables négociateurs, les émiriens en ont profité pour demander aux français que les satellites soient livrés le plus vite possible. Décidé à ne pas lâcher l’affaire comme cela, Jean-Yves Le Drian bouscule son agenda pour rester une journée de plus. Pas question de repartir à Paris sans avoir une explication cordiale mais franche avec Cheikh Mohammed. La rencontre aura lieu dans une résidence privée du prince. Le ministre français et sa délégation repartent le 9 juillet, sans voir conclu, mais avec le bon espoir d’y parvenir. Il aura fallu quelques jours de plus.

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 14:55
Rôle et l’organisation de la DGA en matière de cyberdéfense

10 juillet 2013 - Commission de la défense nationale et des forces armées

 

Compte rendu n° 85 Séance de 16 heures 30 Mercredi 10 juillet 2013

 

Audition de l’ingénieur en chef de l’armement Guillaume Poupard, responsable du pôle de sécurité des systèmes d’information à la Direction générale de l’armement, sur le rôle et l’organisation de la DGA en matière de cyberdéfense, ainsi que sur les perspectives ouvertes en la matière par le Livre blanc.

 

La séance est ouverte à seize heures trente.

 

Mme la présidente Patricia Adam. La cyberdéfense sera l’un des grands enjeux des années à venir : nous voulions donc vous entendre dans le cadre de la préparation de la prochaine loi de programmation militaire.

Ingénieur en chef de l’armement Guillaume Poupard, responsable du pôle de sécurité des systèmes d’information à la Direction générale de l’armement. Merci de me donner l’occasion d’expliquer ce que fait la direction générale de l’armement (DGA) en matière de cyberdéfense. Ce n’est pas un sujet neuf, mais il évolue très rapidement. Nous nous efforçons d’avoir tous les moyens techniques pour suivre ces menaces et y répondre.

Je commencerai par dire quelques mots de notre organisation. L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), dirigée par M. Patrick Pailloux et placée sous l’autorité du Premier ministre, s’occupe de toutes les questions interministérielles, et épaule de plus en plus ceux que nous appelons des « opérateurs d’importance vitale », publics ou privés, dont la sécurité est essentielle pour la Nation. Elle se charge à la fois des aspects techniques et opérationnels.

Le ministère de la Défense est un peu à part, car le nombre de systèmes qu’il doit protéger est considérable – qu’il s’agisse de systèmes classiques comme des réseaux informatiques, installés sur notre territoire ou déployés en opérations extérieures, ou de systèmes d’armes, potentiellement vulnérables. Au sein du ministère, une mission opérationnelle est chargée de répondre aux attaques ; elle est dirigée par le contre-amiral Arnaud Coustillière et notamment armée par le CALID, centre d’analyse en lutte informatique défensive. Le pendant technique de cette mission opérationnelle est confié à la DGA, au pôle « sécurité des systèmes d’information » dont je suis le responsable et qui traite plus largement de tous les aspects de la cyberdéfense et de la cybersécurité en général. Ce pôle technique est en grande partie installé à Bruz, près de Rennes, au centre DGA Maîtrise de l’information, qui concentre de vastes capacités d’expertise dans divers domaines liés aux technologies de l’information. Cette séparation entre technique et opérationnel fonctionne très bien dans la pratique ; nous entretenons des liens forts, quotidiens, qui vont jusqu’à des échanges de personnels.

Nos liens avec l’ANSSI sont forts et anciens : il n’y a pas là de séparation entre civils et militaires. Nous travaillons ensemble pour concevoir et réaliser des produits de sécurité, notamment en réponse à des besoins de souveraineté, en matière de cryptographie par exemple. Le développement est réalisé par la DGA, avec des industriels et l’approbation, en vue de classification défense, est faite par l’ANSSI : cette organisation est bien rodée.

Nous travaillons évidemment avec d’autres ministères ainsi qu’avec des laboratoires de recherche. La coordination de tous ces acteurs nous permet, nous l’espérons, d’apporter une réponse efficace aux enjeux de cyberdéfense.

Une partie de nos activités relève de la sécurité des systèmes d’information classiques : il s’agit de spécifier des besoins en termes de protection de l’information au sein des réseaux pour les Forces, mais également pour répondre aux besoins interministériels. Nous développons ensuite les produits que l’on ne trouve pas sur étagères, en raison de leur niveau d’assurance élevé qui leur permet de protéger de l’information classifiée de défense. Pour reprendre l’exemple cité précédemment, nous concevons nos propres mécanismes de cryptographie : c’est un domaine très sensible et la France fait partie des quelques pays au monde à même de mener à bien ces tâches. Il en va de même pour les composants électroniques de sécurité, que nous savons produire nous-mêmes, ce qui est indispensable pour construire des systèmes vraiment fiables. En relation étroite avec certains industriels de confiance, nous réalisons donc ces équipements qui permettent de sécuriser les systèmes d’information comme les systèmes d’armes.

Par ailleurs, nous nous efforçons d’améliorer notre connaissance de la menace, afin de l’anticiper au mieux. En matière de cyberdéfense, il faut être extrêmement modeste : il est difficile de se protéger des menaces que l’on ne connaît pas. Nous sommes plus sûrs de nous dans certains domaines comme la cryptographie où nous sommes capables aujourd’hui de construire des algorithmes que nous savons être très robustes grâce à des systèmes de preuves mathématiques. Dans le domaine des attaques informatiques en général, il n’y a pas « d’échelle de mesure » : nous essayons de nous défendre des menaces que nous connaissons, et c’est déjà beaucoup. C’est pourquoi nous nous efforçons de bien connaître la menace potentielle et d’anticiper les attaques et restons donc plutôt optimistes.

Enfin, nous avons absolument besoin de disposer d’industriels de confiance capables de réaliser nos systèmes : c’est un aspect que l’on ne peut pas laisser au hasard. Nous finançons donc des travaux de recherche et développement (R&D). Nous travaillons avec des laboratoires académiques – la recherche est riche en France dans le domaine de la sécurité – en finançant des thèses et des travaux de recherche au moyen de conventions. Nous soutenons également des PME : les projets RAPID (régime d’appui à l’innovation duale) les aident à développer des technologies innovantes, qui deviendront des solutions intéressantes pour demain. Ces projets RAPID représentent environ trois millions d’euros par an dans le domaine de la cyberdéfense. Enfin, de longue date, la DGA finance des « études amont » : ce sont des contrats de R&D que nous passons avec des industriels et des laboratoires académiques et qui nous permettent de préparer le futur, d’identifier des risques ou de lever des verrous technologiques, afin de dégager de nouvelles voies de développement et de monter en gamme. Ils sont, en matière de cybersécurité, en croissance très forte : il y a deux ans, nous étions à 10 millions d’euros par an ; notre budget sera pour cette année d’environ 22 à 23 millions d’euros ; à court terme, nous pensons atteindre 30 millions d’euros par an. M. le ministre a confirmé l’importance de ces études lors de sa récente visite à Rennes.

Notre premier sujet d’intérêt est la sécurité des systèmes d’information et de communication. Notre niveau de maîtrise nous rend relativement confiants. Nous travaillons beaucoup, en particulier, sur l’architecture des réseaux.

Nous travaillons aussi sur la sécurité des systèmes d’armes, qui évolue très rapidement : ces systèmes sont de plus en plus complexes, de plus en plus interconnectés et intègrent de plus en plus souvent des briques technologiques acquises sur étagères car on ne peut plus tout redévelopper, et ce ne serait de toute façon pas efficace. Ces systèmes sont donc dans le principe de plus en plus vulnérables à des attaques qui viendraient de l’extérieur et qui toucheraient des composants utilisés dans le domaine civil comme dans le domaine militaire. Sur les anciens systèmes d’armes, nous sommes assez sereins, la notion de cyberattaque ne s’appliquant que difficilement, et nous travaillons donc à parer les attaques potentielles sur les nouveaux matériels, même si elles devaient venir d’adversaires de très haut niveau.

Le troisième domaine sur lequel nous travaillons est celui des systèmes industriels, parfois appelés SCADA (supervisory control and data acquisition, c’est-à-dire télésurveillance et acquisition de données). L’affaire Stuxnet, du nom de l’attaque présumée contre les centrales d’enrichissement iraniennes, a montré la réalité de ces menaces. Ces systèmes industriels sont en effet présents partout, chez les opérateurs privés, mais aussi dans tous les équipements civils ou militaires : un navire militaire compte aujourd’hui de très nombreux automates directement issus du domaine civil, qu’il faut protéger. Nous travaillons également sur les infrastructures accueillant ces plateformes militaires.

Les questions de cybercriminalité – toutes les attaques assez simples techniquement contre des systèmes relativement peu protégés, comme les escroqueries ou les attaques de systèmes sur l’Internet – ne sont en revanche pas de notre ressort. Nous nous intéressons à des systèmes durcis, relativement fermés, qu’il faut protéger d’attaquants de très haut niveau.

En termes de moyens, nous avons essentiellement besoin d’experts très pointus. Nous sommes en très forte croissance : à la fin de l’année 2010, nous disposions de 160 personnes ; nous sommes aujourd’hui 260. La limite à laquelle nous nous heurtons est notre capacité à intégrer et à former les nouvelles recrues de façon efficace. Nous avons la grande chance de disposer des moyens pour les recruter et de pouvoir trouver les bonnes personnes : on dispose en France, aujourd’hui, d’ingénieurs de très haut niveau. Nous espérons dépasser les 400 experts en 2017, ce qui est cohérent avec la montée en puissance de l’ANSSI et des effectifs opérationnels dirigés par le contre-amiral Coustillière.

L’enjeu essentiel est finalement de mener un travail d’architecture intelligent. Nous intervenons lors de la conception des programmes d’armement pour intégrer dès le départ les questions de sécurité, y compris dans les systèmes d’armes, ce qui est assez nouveau dans certains domaines. L’idée est de dessiner pour ces systèmes une architecture d’ensemble qui permettra de les protéger et de les défendre : certaines briques pourront être prises sur étagères, en France ou même à l’étranger, comme des logiciels libres que nous modifions en fonction de nos besoins ; d’autres briques devront être conçues par des industriels de confiance ; d’autres enfin, aujourd’hui assez rares, devront être réalisées en maîtrise d’œuvre étatique, car elles forment le cœur du système. Nous réalisons ainsi nous-même les algorithmes de cryptographie, car sans eux, l’ensemble du système peut s’effondrer. Tout le travail est de concilier un niveau de confiance élevé avec des niveaux d’efficacité, de coût, de délais, compatibles avec les exigences des programmes d’armement.

Mes équipes comptent donc une cinquantaine d’architectes directement au contact des programmes et qui pensent la sécurité à toutes les étapes du développement d’un système. Cela concerne aujourd’hui tout ce qui est développé par la DGA : aucun domaine n’est épargné par les questions de cyberdéfense.

Nous nous appuyons pour cela sur des industriels. La France a aujourd’hui la chance de compter des industries de grande taille et performantes dans ce domaine – c’est rare. Nous sommes également riches en PME dynamiques. Enfin, beaucoup de personnes sont mobilisées à titre personnel dans le domaine de la cyberdéfense – je pense notamment à la réserve citoyenne, qui compte désormais un groupe de réservistes spécialisés en cyberdéfense, dont le coordinateur national est Luc-François Salvador, et dont l’engagement est remarquable.

Le Livre blanc l’a clairement dit : la cyberdéfense est un sujet de souveraineté. Cela ne signifie pas du tout un repli sur soi : cela montre au contraire que nous devons être autonomes et forts pour être crédibles vis-à-vis de nos grands partenaires – ce sont eux qui nous en ont avertis, d’ailleurs. Nous devons être capables, seuls, de protéger nos secrets - étatiques ou industriels – pour être des partenaires avec lesquels on n’aura pas peur d’échanger des informations sensibles et donc pour nouer des alliances.

L’ouverture aux autres se fait ensuite le plus souvent par le biais opérationnel, de préférence de manière bilatérale d’abord, puis avec des partenaires plus nombreux. Évidemment, c’est plus complexe : garder des secrets à vingt-huit, c’est une évidence, n’est pas facile. Mais il est important de mener des opérations multilatérales : les menaces concernent rarement un seul pays. La coopération, au niveau de l’OTAN comme de l’Union européenne, est donc tout à fait essentielle.

En matière de cyberdéfense, il n’est pas inutile d’avoir peur : les dégâts pourraient être considérables. Il faut sonner l’alarme – sans tenir un discours purement anxiogène car le but n’est pas de décourager. Mais il faut vraiment prendre ces menaces au sérieux avant d’être confronté à une catastrophe. Je ne suis pas pessimiste sur ce point : il me semble que beaucoup de gens prennent conscience de l’importance de ces enjeux, notamment en matière de souveraineté.

Je voudrais enfin dire quelques mots de la formation. La France forme aujourd’hui des ingénieurs et des docteurs de très haut niveau. En revanche, aux niveaux inférieurs, nous manquons de filières de formation. Des initiatives sont en cours, notamment dans la région Bretagne. Plus généralement, il faudrait mieux prendre en charge la formation de tous à ce que Patrick Pailloux appelle « l’hygiène informatique ». Les cyberattaques sont rarement totalement automatisées ; le facteur humain est essentiel. Il faut donc adopter des règles élémentaires de sécurité – ne pas utiliser une clé USB dans un ordinateur personnel puis professionnel, ne pas utiliser des moyens professionnels à des fins personnelles et inversement, ne pas utiliser le même mot de passe partout… Ce n’est pas si facile : nous faisons tous des erreurs de sécurité. Ce travail sur l’hygiène informatique est pourtant essentiel ; il faut le mener dans les entreprises, mais aussi dès l’école.

M. Jean-Michel Villaumé. Ces enjeux sont très présents dans le Livre blanc et le seront aussi, je l’espère, dans la LPM. Vous semblez plutôt rassurant sur la cyberdéfense : développez-vous aussi des capacités d’attaque ?

Quels sont nos partenaires pour construire une Europe de la cyberdéfense ?

M. Guillaume Poupard. Le Livre blanc aborde la question des cyberattaques. Ce sont évidemment des sujets classifiés… Ce que je peux vous dire, c’est que les travaux de R&D concernent à la fois la défense et l’attaque : tout ce que l’on peut savoir sur les menaces et les technologies du cyberespace concerne aussi bien l’offensif que le défensif.

L’Europe est un sujet difficile. Nos maîtres d’œuvre industriels m’ont fait remarquer que bien qu’ils soient le plus souvent européens, on leur demande de cloisonner leurs travaux ; chaque pays leur demande de travailler « en silos », avec des équipes qui travaillent côte à côte. Mais si certaines choses relèvent vraiment de la souveraineté, d’autres pourraient utilement être mutualisées, notamment en R&D. Il faut donc certainement renforcer le dialogue entre les États, mais l’idée de passer par les industriels me paraît très intéressante, d’autant plus s’ils sont demandeurs.

M. Éduardo Rihan Cypel. La cyberdéfense relève à coup sûr de la souveraineté, mais il y a plusieurs niveaux de souveraineté : il faut protéger notre pays, mais aussi nos entreprises et nos libertés individuelles. Vous avez raison : avec des gestes simples, nous pouvons tous mieux protéger nos données personnelles. S’agissant des entreprises – toutes nos grandes entreprises ont, je crois, été attaquées –, quel est votre point de vue ? Faut-il prévoir de nouvelles normes ?

L’affaire Snowden le montre : il faut absolument construire l’Europe de la cyberdéfense, qui pourrait d’ailleurs constituer un moyen d’avancer vers une Europe de la défense. La France a, je crois, fait les choix qu’il fallait avec le Livre blanc, même si ces choix devront être confirmés par la LPM. Mais l’Europe adopte-t-elle une bonne stratégie en matière de cybersécurité et de cyberdéfense ? L’avance française peut-elle favoriser une prise de conscience plus générale ?

Où en sont les entreprises françaises ? Elles sont très dynamiques et en forte croissance, mais sont-elles assez nombreuses ? Sont-elles assez protégées ?

M. Guillaume Poupard. La souveraineté, vous avez raison, concerne aussi les entreprises et les particuliers.

La France vit une situation paradoxale : nous sommes très sensibles à la question des fichiers, et la CNIL a beaucoup travaillé pour éveiller les consciences ; mais nous utilisons énormément les différents réseaux sociaux… Il faut inlassablement rappeler que le droit à l’oubli n’existe pas en matière numérique. Rien n’est gratuit : « quand c’est gratuit, c’est vous le produit. » Il faut donc un effort de formation.

S’agissant des entreprises, la protection du patrimoine scientifique et technique est absolument essentielle.

Les grandes sociétés doivent se donner les moyens de protéger leurs informations. Beaucoup ont aujourd’hui pris conscience de la réalité des problèmes. La LPM comportera sans doute une obligation nouvelle de déclaration d’incident : cela me semble essentiel. Cela permettra aux services de l’État de mieux connaître les menaces et de mieux réagir.

Pour les PME, la situation est très différente : on ne peut pas demander à une PME de dix personnes d’embaucher trois spécialistes en informatique… Il faut donc leur proposer des solutions à leur portée, tant financièrement que techniquement. Aujourd’hui, des offres de clouds sécurisés sont lancées en France, d’ailleurs financés en partie par l’État : elles apporteront une solution d’infogérance sûre. Ces offres seront en concurrence avec des offres étrangères, certes très efficaces, mais auxquelles on ne peut pas accorder la même confiance. Des offres nationales, ou européennes, doivent exister.

Le niveau de sécurité de nos entreprises est aujourd’hui insuffisant, l’actualité nous le rappelle régulièrement. On dit en ce domaine qu’il y a les gens qui ont été attaqués et ceux qui ne le savent pas encore… Il faut être très modeste, et le fait qu’aucune alerte ne se déclenche n’est pas rassurant. Il faut « chercher les ennuis » – la plupart de ceux qui ont cherché à détecter des attaques en ont trouvé ! Il y a bien sûr des attaques plus ou moins graves, allant du site Internet défiguré à la copie de fichiers client, voire au vol de savoir-faire technologique.

S’agissant de l’Europe de la cyberdéfense, elle est aujourd’hui embryonnaire – c’est même un euphémisme. Mais certains pays sont volontaires, comme l’Estonie, qui a été durement attaquée. Nous devons donc trouver des partenaires pour avancer.

Mon sentiment est toutefois que beaucoup de pays ont déjà renoncé, et veulent être protégés plus qu’ils ne veulent prendre en main leur propre cybersécurité. C’est contre cette attitude qu’il faut aller, en leur faisant prendre conscience que beaucoup peut être fait au niveau européen.

M. Christophe Guilloteau. Comment se fait le lien entre les différentes unités qui s’occupent de cyberdéfense ? Nous sommes, je crois, au tout début d’une large prise de conscience sur ce sujet d’avenir : sera-t-il abordé au Conseil européen du mois de décembre ?

M. Guillaume Poupard. Par rapport à notre grand allié d’outre-Atlantique, nous avons la chance d’être petits : la coordination est plus facile… Le contre-amiral Coustillière a réussi à rassembler sous sa direction les équipes opérationnelles de cyberdéfense. Ensuite, il y a l’ANSSI et le pôle que je dirige, dont les experts techniques sont rassemblés à Bruz. Il n’y a donc pas d’éparpillement. De plus, nous soignons beaucoup la qualité humaine des échanges, afin de construire une communauté solidaire où, même si nous serons plus nombreux demain, on saura faire appel à la bonne personne, parce qu’on la connaît. Le CALID et l’ANSSI sont d’ailleurs depuis peu logés dans les mêmes locaux.

La cyberdéfense a été abordée au cours de presque tous les sommets internationaux depuis deux ans : il faut maintenant aller au-delà, et embrayer sur des choses concrètes. C’est plus difficile. Mais cela viendra.

M. Jean-Yves Le Déaut. Monsieur Poupard, vous avez eu raison de souligner qu’il était important de bien maîtriser le numérique, mais encore faut-il qu’existe une bonne gouvernance internationale de ce secteur. La jugez-vous satisfaisante aujourd’hui ? À mon sens, un pays, certes allié et ami, la domine.

Les systèmes sont de plus en plus interconnectés et deviennent donc davantage vulnérables ; dans quels domaines de ces systèmes devons-nous assurer notre souveraineté ? Les logiciels ne feraient-ils pas partie de ce champ stratégique, comme pourrait l’attester, dans le cas des drones, notre volonté de séparer la fourniture des équipements de celle de l’appareil ? Nous pouvons cependant douter de la possibilité d’effectuer une disjonction totale, surtout que nous n’aurons jamais accès aux codes sources de logiciels possédés par plusieurs structures. Or il est tout à fait possible de connaître le réseau et le flux d’informations dès que l’on est connecté à un système informatique.

Vous avez affirmé qu’il était positif que l’ANSSI et les militaires disposent d’un lieu pour se retrouver. Dans mon travail de rédaction du rapport pour avis sur l’environnement et la prospective de la politique de défense, j’éprouve des difficultés à percevoir les liens entre l’académie et le système militaire ; les relations avec l’université et l’institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) restent insuffisantes. Il est nécessaire de développer la recherche pour pouvoir bien connaître les menaces contre lesquelles nous devons lutter. Pensez-vous que la liaison avec la recherche civile soit assez développée et comment pourrions-nous la renforcer ?

M. Guillaume Poupard. Il ne m’appartient pas de me prononcer sur la question de la domination de l’Internet, d’autant que la réponse est évidente pour tout le monde.

L’Internet ne constitue pas pour nos applications militaires le support naturel de nos échanges d’informations. Cela serait pourtant pratique et peu cher, mais nous utilisons des satellites et des moyens de radio « propriétaires » – dont le développement s’avère coûteux – car ils nous procurent une confiance dans nos moyens de communication que l’Internet et le GSM ne nous garantissent pas.

Nous ne souhaitons pas maîtriser la conception de l’ensemble des matériels – depuis les transistors jusqu’aux applications logicielles – et, de toute façon, nous ne le pouvons pas. Le travail d’architecture que nous menons vise à déterminer ce qu’il nous faut développer nous-mêmes – ou commander à un partenaire industriel de confiance – pour maîtriser le système que l’on utilise. Nous ne fabriquons plus de microprocesseurs, mais nous produisons des composants électroniques de sécurité et nous intégrons les algorithmes cryptographiques que nous développons dans des puces dont nous surveillons la conception et la réalisation. C’est dans ces domaines que nous concentrons nos besoins de souveraineté ; nous maîtrisons donc certains éléments et nous analysons ce qui nous échappe, afin de disposer de systèmes globalement sécurisés. En outre, ce n’est pas parce que tout n’est pas maîtrisé que le système dans son ensemble ne disposera pas d’un bon niveau de sécurité. L’opinion commune selon laquelle la sécurité d’un système équivaut à celle du plus faible de ses composants s’avère heureusement fausse.

Nous maîtrisons mieux certains logiciels que d’autres, nous ne possédons pas toujours les sources, mais nous n’en avons pas toujours besoin, car leur lecture est complexe et leur lien avec le produit final pas toujours garanti. En revanche, il faut être capable de vérifier la qualité de certaines fonctions de sécurité, ce qui nécessite des compétences et le droit d’y procéder ; le code de propriété intellectuelle n’autorise en effet la rétroconception des logiciels que pour des raisons d’interopérabilité et non de sécurité. Une évolution légale autorisant l’État à effectuer cette rétro-analyse serait ainsi utile.

Nous travaillons au renforcement des liens avec la recherche académique et nous avons déjà développé des relations étroites avec l’INRIA – nous disposons ainsi d’une convention spécifique pour des thèses en cyberdéfense. Des financements de thèses dans des laboratoires tel que celui dit de haute sécurité informatique à Nancy existent par ailleurs, notamment dans le domaine de la virologie. Cela étant, il y a beaucoup de sujets intéressants, un peu moins de chercheurs de haut niveau – car le sujet de la cyberdéfense est récent dans le monde académique – et encore moins de doctorants pouvant ensuite être habilités dans le monde de la cyberdéfense française.

M. Sylvain Berrios. Un référentiel général d’interopérabilité (RGI) et un référentiel général de sécurité (RGS) pour l’ensemble de l’État ont été publiés il y a trois ans, mais il ne me semble pas que l’équivalent existe pour la sphère privée. Quelle est l’implication du ministère de la Défense et de vos services dans ce RGI et ce RGS ? Ceux-ci ont-ils bien été mis en place et respectés par les services de l’État ?

M. Guillaume Poupard. La mise en œuvre du RGS et du RGI dans le ministère de la Défense n’est pas du ressort de mes attributions, mais, si nous n’en appliquons pas systématiquement la lettre, nous en respectons l’esprit. Dans des conditions difficiles comme les opérations extérieures (OPEX), il convient parfois de déroger au RGS pour des raisons d’efficacité ou pour pouvoir travailler en coopération avec d’autres pays de l’OTAN. L’ANSSI est responsable de leur diffusion au sein de la sphère privée, mais nous sommes également concernés, puisque les industriels de défense font partie des opérateurs d’importance vitale (OIV) et que nous devons veiller à ce que les informations dont ils disposent soient protégées ; nous travaillons donc avec eux pour qu’ils mettent en place des méthodes efficaces de protection de leurs données et nous songeons d’ailleurs à élaborer une norme que l’on pourrait développer facilement sur la base du RGS.

M. Sylvain Berrios. Qu’en est-il de l’application du RGS dans les autres départements ministériels ?

M. Guillaume Poupard. Je ne connais pas la réponse à cette question.

Mme Marianne Dubois. Monsieur Poupard, quel est le budget de votre service ?

Les doctorants qui ne souhaitent pas vous rejoindre préfèrent-ils travailler dans le privé pour des raisons financières ?

M. Guillaume Poupard. Nous engageons trois millions d’euros par an pour le soutien aux PME en cyberdéfense. Nous pouvons sûrement faire davantage mais notre objectif est d’utiliser cette ressource financière de manière ciblée pour des acteurs motivés. Ceux-ci sont de plus en plus nombreux et le dispositif devrait par conséquent monter en puissance.

Dans le domaine des études réalisées en amont des projets – principal outil financier à ma disposition –, je suis satisfait des moyens dont je dispose puisqu’ils ont triplé et sont passés de 10 à 30 millions d’euros ; cet effort considérable – même si nous partions d’un niveau relativement faible face aux enjeux – prouve que nous sommes écoutés. Notre principal point de vigilance concerne notre capacité à engager ces crédits de manière efficace et il nous faut développer des idées novatrices avec les bons acteurs académiques et industriels.

Nous développons et achetons également les équipements des forces et la loi de programmation militaire (LPM) devrait fortement augmenter nos moyens en la matière. Notre tâche consiste à nous assurer que des équipements adaptés sont fournis aux utilisateurs.

Nous ne rencontrons pas de difficultés pour recruter des personnes d’excellent niveau et nous avons même attiré des individus dotés d’un CV pouvant rendre envieux n’importe quel géant du numérique. Nous les embauchons à un salaire probablement moins élevé que ce qu’ils pourraient percevoir outre-Atlantique, mais nous leur offrons un environnement de travail de qualité et surtout des sujets passionnants qui ne se retrouvent pas ailleurs. Nous faisons le pari que l’intérêt du métier suffit pour continuer d’attirer de très bons éléments.

Lorsque l’on est diplômé en informatique et que l’on peut trouver du travail en quelques jours, débuter une thèse exige de posséder un fort intérêt pour la recherche académique. Nous devons nourrir cette motivation en mettant en avant, là encore, l’intérêt du travail, la réévaluation des bourses de thèses – pour nécessaire qu’elle soit – n’étant qu’une question secondaire.

Mme la présidente Patricia Adam. Nous vous remercions, Monsieur Poupard, de cet exposé complet et clair. Nous recevrons M. Patrick Pailloux, directeur général de l’ANSSI, mardi 16 juillet.

La séance est levée à dix-sept heures trente.

*

* *

Membres présents ou excusés

Présents. - Mme Patricia Adam, M. Sylvain Berrios, M. Jean-Jacques Bridey, M. Jean-Louis Costes, Mme Marianne Dubois, M. Yves Fromion, Mme Geneviève Gosselin-Fleury, M. Christophe Guilloteau, M. Jean-Yves Le Déaut, Mme Émilienne Poumirol, M. Eduardo Rihan Cypel, M. Gwendal Rouillard, M. Jean-Michel Villaumé, M. Philippe Vitel, Mme Paola Zanetti

Excusés. - M. Ibrahim Aboubacar, M. Claude Bartolone, M. Philippe Briand, M. Jean-Jacques Candelier, M. Laurent Cathala, M. Sauveur Gandolfi-Scheit, M. Serge Grouard, Mme Edith Gueugneau, M. Éric Jalton, M. Frédéric Lefebvre, M. Bruno Le Roux, M. Maurice Leroy, M. François de Rugy

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 11:55
Cluster Robotique photo aqui.fr

Cluster Robotique photo aqui.fr

18.07.13 humanoides_fr

 

La Région Aquitaine est une région de plus en plus dynamique, avec la création de différents clusters, ces pôles de compétitivité formés d’entreprises rassemblées autour d’une thématique spécifique commune. Après Topos, le cluster aquitain dédié à la navigation et localisation par systèmes satellites, Aerospace Valley le cluster aéronautique, ou Aetos, le cluster drones, voici le cluster pour la robotique.

 

Lancé le 12 juillet par Alain Rousset, actuel président du conseil régional d’Aquitaine depuis 1998, le nouveau pôle Aquitaine Robotics va se concentrer sur deux thèmes principalement : la robotique au service de la ville et des transports intelligents – projet Viviane – et la robotique spatiale – projet Argos -.

 

L’idée de ce cluster était en gestation depuis fin 2012, quand la Région Aquitaine, l’agence Aquitaine Développement Innovation, l’Institut Polytechnique de Bordeaux et une quarantaine d’acteurs aquitains de la filière robotique ont commencé à démontrer une ferme volonté de structurer les différentes entités au sein d’un même pôle. Une des premières actions concrètes a été la participation d’une quinzaine d’acteurs aquitains au salon Innorobo qui s’est déroulé à Lyon en mars 2013.

 

Le cluster sera présidé par Marco Calcamuggi, directeur général de R&Drone. Il aura pour mission de créer des synergies entre les entreprises aquitaines, soutenir la R&D, surveiller les marchés émergents et attirer d’autres acteurs dans la région, afin de constituer une filière robotique forte. L’Aquitaine souhaite devenir une région leader en la matière.

 

La région part sur de bonnes bases puisqu’on dénombre en Aquitaine pas moins d’une cinquantaine d’entreprises liées de près ou de loin à la filière robotique industrielle, militaire et de services. La partie logicielle (calculs, interfaces, détection…) n’est pas en reste et il y a un bon bassin de formation avec la présence d’écoles d’ingénieur et plusieurs laboratoires de recherche en robotique.

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 10:55
Le 14 Juillet 2013 à bord d’un Casa

16/07/2013 Ltt Alexandra Lesur-Tambuté

Pilote de Casa CN235 au 1/62 «Vercors», le lieutenant Anthony Marchand a réussi son passage au-dessus des Champs-Élysées, lors de la cérémonie du 14 Juillet 2013. Pour sa première participation au défilé aérien, nous l’avons suivi des répétitions jusqu’à cet instant magique dans le ciel parisien. Embarquement.

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 10:55
Future entrée du ministère à Balard

Future entrée du ministère à Balard

18/07/2013 Ministère de la Défense/SGA/SPAC

 

Le ministère de la Défense a notifié le 15 mai 2013 un avenant au contrat de partenariat attribué le 30 avril 2011 à la société Opale défense pour le futur site du ministère à Balard (Paris 15e).

 

Cet avenant a principalement pour objet la prise en compte de précisions rédactionnelles et d'ajustements consécutifs à la finalisation des travaux de conception. Il se traduit par une moins-value en investissement de 0,8 M€ HT, et une moins-value en fonctionnement de 5,4 M€ HT (sur la durée du contrat).

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 10:55

16 juil. 2013 ministeredeladefense

Ce film met en exergue quelques unes des missions et opérations mises en œuvre par la Défense et les forces armées françaises selon quatre grands axes : La Défense se prépare / La Défense protège le territoire et sa Nation / La Défense intervient / le rayonnement de la Défense.

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 10:50
Baltic : acheminement de matériel

18/07/2013 Sources : EMA

 

Le 10 juillet 2013, un avion C160 Transall de l’escadron de transport 1/64 Béarn s’est rendu sur la base aérienne (BA) de Šiauliai en Lituanie, afin d’acheminer du matériel au profit du détachement français participant à la mission Baltic.

 

Le C160 Transall a quitté la base aérienne 105 Evreux-Fauville le matin même pour se rendre sur la BA 118 de Mont-de-Marsan, où il a embarqué le fret comprenant un moteur et deux radars de Mirage F1-CR.Parallèlement, un second moteur avait été acheminé quelques jours auparavant par un C130 belge.

 

Baltic : acheminement de matériel

A son arrivée sur la base de Šiauliai, l’ensemble des opérations de déchargement et chargement de l’avion, manœuvres requérant une grande technicité et beaucoup de précision, a été réalisé par le personnel du détachement de transit interarmées aérien (DETIA), avec le soutien des militaires de la base et des agents d’escale civils.

Baltic : acheminement de matériel

En début de soirée, le C160 est reparti vers Mont-de-Marsan, en emportant à son bord deux moteurs de Mirage F1-CR échangés. Les radars seront quant à eux acheminés prochainement vers la France.

 

Durant la période recouvrant l’ensemble de ces mouvements, la permanence de l’alerte n’a pas été interrompue et les chasseurs français sont restés en mesure de décoller 24 heures sur 24 dans des délais réduits.

 

Depuis le 30 avril 2013, 80 militaires français et 4 Mirage F1-CR, sous mandat de l'OTAN, sont présents sur la base aérienne de Šiauliai (Lituanie). Durant 4 mois, le détachement français conduit des missions d'assistance et de police du ciel dans l'espace aérien de la Lituanie, de la Lettonie et de l'Estonie.

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 10:50
Exercice logistique de l’OTAN : la France remarquée.

Exercice OTAN - Crédits : SIRPA Terre

 

17/07/2013 Laura Bataille – sources LCL P. Augereau - Armée de Terre

 

Du 08 au 23 juin 2013, la France a participé à l’exercice « Capable logistician 2013 » (CL 13) organisé en Slovaquie par le « multinational logistics coordination center » (MLCC). Il s’agissait du premier exercice logistique de l’OTAN depuis « Common effort » en 2004.

 

Durant deux semaines, cet exercice a réuni 1800 militaires et observateurs civils appartenant à 35 nations différentes. La France a pu démontrer, avec ses 108 militaires déployés, le savoir-faire de ses armées dans le domaine du soutien logistique de théâtre. L’armée de Terre a été le contributeur principal du détachement français et a pleinement participé aux objectifs de l’exercice qui consistaient à améliorer : la coordination multinationale des moyens engagés ; la capacité à déployer, au niveau tactique, un état-major interallié de soutien interarmées ; l’interopérabilité des procédures et des moyens engagés par les alliés.

 

Un test grandeur nature pour le nouveau matériel

 

L’armée de Terre a déployé des hommes et du matériel provenant notamment du 3e régiment du génie (3eRG), du 516e  régiment du train (516eRT), du 501e régiment de char de combat (RCC) et du régiment de soutien du combattant (RSC). Cet exercice était aussi l’occasion pour la section technique de l’armée de terre (STAT) de déployer certains de ses nouveaux matériels, dont un exemplaire de présérie du porteur polyvalent logistique avec dispositif de protection (PPLOG DP) et un exemplaire du porteur polyvalent lourd de dépannage avec dispositif de protection (PPLD DP). Cela a notamment permis de démontrer leur interopérabilité avec les autres moyens engagés par les alliés et d’apprécier la capacité d’emport de plateaux et de containers étrangers par le PPLOG DP. Avec les démonstrations du char lourd de dépannage, ces deux équipements ont fait forte impression.

 

Les conclusions de cette évaluation seront intégrées dans le processus d’optimisation des règles d’engagement capacitaires de l’OTAN.

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 09:54
photo EMA

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19/07/2013 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Selon nos informations, la Direction générale de l'armement (DGA) vient de notifier une commande de modernisation de 48 VBCI au groupe public. Un contrat qui va donner de la charge de travail au principal site de Nexter, Roanne, en attendant le lancement du programme VBMR et d'un contart export structurant.

 

C'est une bonne nouvelle pour Nexter en général, et en particulier pour les salariés de la chaine d'assemblage du véhicule blindé de combat d'infanterie (VBCI). Certes, le montant de la commande reste modeste mais le contrat va surtout donner un bon bol d'oxygène au groupe public en attendant mieux... c'est-à-dire le lancement d'un nouveau programme et/ou un contrat export d'envergure. Selon des sources concordantes, la Direction générale de l'armement (DGA) a récemment notifié une commande de modernisation de 48 VBCI, qui va dans cette opération prendre du poids... afin de mieux protéger les militaires en opération extérieure. Le véhicule blindé va passer de 28 à 32 tonnes.

Une commande qui va donner de la charge de travail aux salariés travaillant sur la chaine d'assemblage des VBCI (démontage et remontage des VBCI). Le retrofit des VBCI commencera seulement à la fin des dernières livraisons des actuels VBCI prévues à la fin de 2014. Soit au début de 2015. Les livraisons des VBCI modernisés devraient s'étaler jusqu'en mars 2016. Une deuxième tranche de 47 VBCI modernisés est également dans le viseur de Nexter.

 

Un relais en attendant mieux

En clair, l'avenir de Nexter était encore une fois dans les mains de l'Etat, le groupe ayant une visibilité d'un peu moins de 24 mois (exercices 2013 et 2014) grâce à son carnet de commandes. Mais il fallait un contrat pour faire la soudure entre la fin du VBCI et le lancement des programmes blindés VBMR et EBRC afin de donner de la charge de travail aux 800 salariés du site de Roanne. La consultation VBMR que Nexter Systems prépare en coopération avec Renault Trucks Defence (RTD) représenterait le relais pour le maintien du potentiel industriel du groupe. Le ministère de la Défense pourrait se décider avant la fin de 2013, sinon au plus tard début 2014. Nexter compte également sur un contrat export , notamment au Canada (de 108 à 138 exemplaires), au Danemark (autour de 250), au Qatar (plus de 400) et aux Emirats Arabes Unis (700). Un rapprochement à haut risque avec Krauss Maffei Wegman est même envisagé.

 

Un véhicule "combat proven"

Véritable "base vie" pour le fantassin, le VBCI offre un haut niveau de protection face aux différentes menaces des théâtres. Il a été projeté en Afghanistan et au Liban en 2010 puis au Mali en début d'année 2013 où il a à chaque fois "parfaitement rempli les missions qui lui étaient assignées à la grande satisfaction des troupes engagées", selon la DGA.

Véhicule blindé tout-terrain à 8 roues motrices, successeur de l'AMX 10 P, il existe en version poste de commandement (VPC) et en version de combat d'infanterie (VCI). La version VCI, commandée à 520 exemplaires, est armée d'une tourelle de 25 mm et permet l'emport de onze soldats Félin. La version VPC, commandée à 110 exemplaires, dont le dernier vient d'être livré à l'armée de terre en mai 2013, est équipée du système d'informations régimentaire (SIR). Le VBCI est un véhicule de la classe des 30 tonnes qui atteint une vitesse de pointe de 90 km/h.

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