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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 17:55
La cyberdéfense passe à l'attaque et s'élève au rang de priorité nationale

03.06.2013 Par Olivier Berger, grand reporter à La Voix du Nord - Défense globale

 

" La cyberdéfense est une nouvelle donne stratégique " et " une priorité nationale ", a affirmé le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, lundi 3 juin à l'occasion du quarantième anniversaire de l'Ecole supérieure d'application des transmissions (ESAT), au quartier Marien-Leschi à Cesson-Sévigné dans la banlieue est de Rennes.

Le cyberespace est un nouvel espace de lutte au même titre que les milieux terrestre, aérien et maritime. La France développe donc aussi des capacités d'attaques informatiques..

Dans son discours d'ouverture d'un colloque cyberdéfense pour le 40e anniversaire de l'école de transmissions de Rennes, Jean-Yves Le Drian a mis en forme " la nouvelle donne stratégique " portée "au rang de priorité nationale " par le dernier Livre blanc de la défense et de la sécurité. L'enjeu est clair : " Un effort considérable est nécessaire afin de sécuriser les systèmes d'importance vitale de la nation. "

C'est aussi pour cela que les services de l'ANSSI (Agence nationale de la sécurité des sytèmes d'information) et de la chaîne militaire cyber seront réunis dans les mêmes locaux cet été.

Les vulnérabilités nouvelles apparaissent et " pourraient engendrer des dysfonctionnements, voire une paralysie de l'Etat ou de secteurs d'importance vitale pour la Nation ". Tout s'accélère, le Centre d'analyse de lutte informatique défensive (CALID) du ministère de la Défense a traité 196 attaques en 2011 et 420 en 2012. Le virus Stuxnet en Iran ou les attaques à l'été 2012 contre Aramco, la compagnie nationale saoudienne d'hydrocarbures, prouvent cette urgence.

Le cyberespace permet aussi à des groupes politiques, idéologiques ou mafieux " d'affronter un Etat à distance ".

L'Union européenne est en train d'établir une stratégie en la matière. Le Conseil européen en décembre, consacré aux questions de défense, " devra approfondir cette ambition ". La complémentarité avec l'OTAN est à étudier. A l'automne 2012, la France a adhéré au Centre d'excellence de cyberdéfense de Tallinn (CCDCOE) et y détachera un personnel du ministère de la Défense cet été.

La doctrine française, émanant du Livre blanc 2013, se précise pour " identifier l'origine des attaques, évaluer les capacités offensives des adversaires potentiels et l'architecture de leurs systèmes et pouvoir ainsi les contrer ".

 

" Le concept de cyberattaque ne nous est plus étranger "

Tout part d'une protection " robuste et résiliente " des systèmes d'information de l'Etat, des opérateurs vitaux et des industries stratégiques. Mais selon le ministre, cela n'interdit pas " l'emploi gradué de moyens relevant du ministère de la Défense si les intérêts stratégiques nationaux sont menacés ".

" Nous allons mettre en œuvre, au sein de la doctrine nationale, la capacité informatique offensive, associée à la capacité de renseignements, prolonge le ministre. C'est la première fois que je dis cela aussi clairement : la capacité offensive enrichit la palette des options qui sont à la disposition de l'Etat. Le concept de cyberattaque ne nous est plus étranger. " Il est même en cours depuis un certain temps comme nous le laissait entendre, l'officier général à la cyberdéfense, le contre-amiral Arnaud Coustillière, en janvier à Lille lors du forum sur la cybersécurité...

Elle comprendra " différents stades, plus ou moins réversibles, plus ou moins discrets mais toujours proportionnés à l'ampleur et la gravité de la situation ".

Le nouveau modèle d'armée comprend " des capacités de cyberdéfense militaire en relation étroite, d'abord avec le domaine du renseignement ". " Pour connaître et anticiper la menace. " Le ministre explique que des attaques " ont explicitement visé la neutralisation de systèmes critiques, même non connectés à Internet ". Un enjeu majeur des armées est donc la protection des systèmes d'armes et de leurs opérateurs.

Le ministère de la Défense va renforcer les moyens humains consacrés à la cyberdéfense avec 350 personnes supplémentaires d'ici 2019. La souveraineté nationale dépend désormais aussi de la capacité à " produire en toute autonomie ses dispositifs de sécurité, notamment en matière de cryptologie et de détection d'attaque ".

 

Une quatrième dimension et une nouvelle doctrine

Le contre-amiral Arnaud Coustillière n'hésite pas à présenter " le cyberespace comme un nouvel espace de lutte ", équivalent aux milieux terrestre, aérien et maritime. Une quatrième dimension qui a amené la chaîne de commandement opérationnel cyber à intégrer le Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO) depuis 2011.

" Car il ne s'agit pas de greffer un nouveau service qui serait autonome mais au contraire, d'irriguer, sous un commandement unifié, l'ensemble des actions menées. " Une nouvelle doctrine militaire, 18 mois après la précédente, est en préparation.

L'industrie de défense, du géant à la PME innovante, est intégrée à cette urgence. La Recherche et la Développement suivent le même chemin (les crédits des études passent de 10 à 30 millions d'euros, encouragement de la recherche académique, cofinancement de thèses de doctorat). La réserve citoyenne et opérationnelle aura, dans ce domaine précis, un rôle crucial, comme la formation. Un pôle d'excellence de cyberdéfense est en cours d'élaboration en Bretagne. Avec les grands industriels, la DGA, les armées, les écoles d'ingénieurs et les universités, autour des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan. On revient à l'Ecole des transmissions de Cesson-Sévigné qui sera chargée de la formation...

" Le cyberespace est de toute évidence l'une des clés de notre défense et de notre souveraineté ", martèle le ministre.

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 17:35
Une délégation officielle de l’Indian Navy à bord du BPC Tonnerre le 30 mai 2013

Une délégation officielle de l’Indian Navy à bord du BPC Tonnerre le 30 mai 2013

03/06/2013 Marine nationale

 

À l’approche de la relâche opérationnelle prévue à Goa, le vice-amiral Marin Gillier, commandant la zone maritime de l’océan Indien (ALINDIEN) et le capitaine de vaisseau Jean-François Quérat, commandant le bâtiment de projection et de commandement (BPC) Tonnerre ont accueilli à bord une délégation officielle de l’Indian Navy le 30 mai 2013.

 

L’engin de débarquement amphibie rapide (EDA-R) du BPC a été dépêché dans le port de Goa pour accueillir le vice-amiral Monty Khanna, adjoint au chef d’état major de la marine indienne en charge des relations internationales, ainsi que le vice-amiral Parhar, commandant la région maritime de Goa et l’aéronautique navale. L’EDA-R a ensuite rejoint le Tonnerre, dans les eaux territoriales indiennes.

 

Chaque site stratégique du BPC a été présenté aux amiraux indiens. En passerelle, l’officier de manœuvre a expliqué les caractéristiques techniques du Tonnerre. La délégation s’est rendue sur la plateforme hélicoptère afin de découvrir les systèmes d’armement du bâtiment. La visite s’est poursuivie dans l’hôpital, le hangar hélicoptère, le central opérations, pour s’achever dans le radier.

 

L’une des spécificités du bâtiment, qui a retenu l’attention des amiraux indiens, est la «zone état-major», espace entièrement modulable de 850 m2, qui permet au BPC de se configurer efficacement et de répondre aux besoins opérationnels, interarmées et interalliées, des états-majors amenés à embarquer. Ce fut le cas à l’occasion de l’exercice OTAN Noble mariner, en 2012 ou Harmattan en 2011. Cette capacité a également été confirmée par l’embarquement de l’état-major d’ALINDIEN, dont les 49 officiers et sous officiers sont intégrés au Tonnerredepuis le 22 mai, pour une mission de près de trois semaines dans le golfe arabo-persique (GAP) et la mer d’Arabie.

 

Cette visite au profit de hautes autorités de la marine indienne est une occasion de renforcer la relation militaire franco-indienne. Symboles de la France à l’étranger, le BPC Tonnerre et la FASM Georges Leygues actuellement engagés au sein du groupe amphibie Jeanne d’Arc contribuent à renforcer le rayonnement de la France à l’étranger.

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 16:55
Séminaire DSERP

03/06/2013 DPSD

 

Le 23 mai 2013, s’est tenue à l’école militaire la 2èmeédition du séminaire des officiers de sécurité de la région parisienne organisée par la DSERP (direction de la sécurité économique en région parisienne)…

 

Pour la 2ème année consécutive, la DSERP, anciennement DSIRP, a réuni les officiers de sécurité des industries d’Ile de France à l’amphithéâtre Foch de l’école militaire. Cette édition a rassemblé près de 300 officiers de sécurité (250 OS étaient présents en 2012) et 162 sociétés étaient représentées. Le programme de la matinée comportait le témoignage d’une PME ainsi que des présentations sur l’évaluation de la menace et les données de 2012, l’évolution des textes (PPSTN, IGI 1300, mémento OS industrie), les habilitations et enfin la cybersécurité en 2012.

 

De ces interventions, il ressort en particulier qu’en 2012 près de 400 entreprises ont été concernées par des attaques en provenance de 40 pays différents, ce qui représente environ 1200 faits de sécurité. En outre, la menace se concentre essentiellement au 1er trimestre, période stratégique pour les sociétés. Dans ce cadre, la DPSD joue un rôle de conseiller de proximité, ses conseils étant par ailleurs transposables dans tous les secteurs d’activité de l’entreprise. Elle contribue ainsi à la préservation des interêts commerciaux et financiers, et des capacités concurrentielles des industries de défense.

 

En fin de matinée, le général Bosser a partagé avec l’auditoire quelques unes de ses réflexions sur la sécurité économique, ainsi que sur le rôle et la place du Service dans ce domaine (missions de conseil, de prévention, d’habilitation, d’inspection et de contrôle). Le directeur a notamment évoqué la prévalence de la menace en région parisienne. Il a également souligné l’importance de travailler en commun dans un climat de confiance mutuelle, de parler le même langage, de partager et de recouper l’information.

 

Après le déjeuner, les invités ont été répartis en deux groupes avec chacun un programme spécifique (SSI et menace), puis réunis pour un échange de questions réponses avec l’ensemble des intervenants. Le général Chancerelle, directeur adjoint opérations, a clôturé cette journée riche en enseignements. Un véritable succès pour les organisateurs et l’ensemble des participants !

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 16:45
Terrorist attacks in Niger: not another Mali

03 June 2013 Tobias Koepf - iss.europa.eu

On 23 May, terrorists carried out two suicide attacks in northern Niger which targeted a camp of the Niger armed forces in the city of Agadez and a uranium site run by the French nuclear company Areva in the city of Arlit. During the attacks, around 20 people (most of them Niger soldiers) were killed.

Responsibility for the attacks was claimed by the terrorist group Movement for Oneness and Jihad in West Africa (MUJAO), one of the three Salafi-jihadist groups that seized control of northern Mali after the military coup in Bamako in March 2012 only to be driven out of Mali following the French military intervention - Operation Serval - in January 2013.

The attacks raised concerns that they could mark the beginning of a descent into chaos in the country, similarly to what happened in Mali one year ago. And at first glance, Niger is indeed suffering from some of the same problems that caused the turmoil in Mali.

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 12:55
Sagem croit au succès de son drone Patroller

03 juin 2013 Par Hassan Meddah - Usinenouvelle.com

 

Si le ministre de la Défense privilégie pour l'instant d'autres fournisseurs, le fabricant français a démontré les performances de son dernier drone à l'étranger notamment au Qatar ou au Kazakhstan. Exposé au prochain Bourget, le Patroller vise également le marché de la sécurité civile.

 

Fabrique-t-on des drones militaires de surveillance en France ? Oui, à Montluçon en Auvergne ! Qui l'eut cru ? Et pourtant, en pleine terre bourbonnaise, dans le hall d'intégration de l'usine de Sagem, trois drones tactiques dont deux portant déjà la cocarde tricolore, sont en cours d'assemblage à différents stades d'avancement, ils vont bientôt effectuer leur premier vol de contrôle et rejoindre les rangs de l'armée française pour remplacer les modèles abimés lors du conflit afghan. Mais ces Sperwer, drones reconnaissables par leur voilure en forme d'aile delta, conçus dans les années 90, ne correspondent plus aux exigences actuelles des armées. Trop petits, ces drones dits tactiques sont désormais limités: aussi bien au niveau de leur autonomie (moins de 10 heures de vol) que de leur charge utile limitée à environ 60 Kg. Des performances qui restreignent de fait leur mission de renseignement. Aujourd'hui, toutes les armées du monde et les forces françaises y compris, rêvent de drones stratégiques ultra-performants dits "MALE" (pour Moyenne altitude longue endurance) voire "HALE" (Haute altitude longue endurance) capables de voler une trentaine d'heures et d'embarquer jusqu'à 2 tonnes de charge utile.

 

3 000 vols

 

Les Sperwer ont toute même fait les beaux jours de Sagem : ce modèle a été produit en série et vendu à 140 exemplaires. Aucun autre fabricant européen ne peut en dire autant. "Ce drone a été développé sur fonds propres. La conception et la fabrication sont totalement françaises ou presque, ainsi que le support en opération. Nous n'avons pas attendu de commandes de l'Etat pour le produire. D'ailleurs la France n'a été que notre quatrième client", explique Patrick Durieux, directeur commercial de l'activité drones de Sagem. Les Pays-Bas, la Suède, la Norvège, la Grèce et le Canada ont largement exploité les Sperwer en Afghanistan. En neuf ans de conflit, ces appareils ont cumulé plus de 3 000 vols. "Nous avons assuré le support en exploitation durant toute cette période. Cela nous confère une expérience unique en Europe dans le domaine des drones", explique le responsable de Sagem.

Grâce à ce savoir-faire, la filiale du groupe Safran veut réitérer ce succès avec son nouveau drone, le Patroller. Un premier exemplaire opérationnel est visible à l'usine de Montluçon à côté de la ligne d'assemblage des Sperwer. Pour le concevoir, Sagem a pris en compte l'expérience accumulée en Afghanistan. Les deux appareils n'ont plus rien à voir. Ainsi le nouveau drone appartient à la famille des MALE légers d'environ 1 tonne plutôt que des drones tactiques. Ses performances ont été démultipliées. Le Patroller s'appuie sur une cellule d'avion piloté, le S-15 de l'avionneur allemand Stemme. Cette plateforme de 18 m d'envergure et déjà certifiée EASA, est capable de voler jusqu'à une trentaine d'heures avec des pointes à 300 km/heure tout en étant relativement silencieuse. 

 

Conception européenne

 

A l'intérieur du cockpit et sous ses ailes, l'appareil peut transporter environ 250 kg de charge utile. Soit une grande variété de capteurs (caméra thermique, équipement optronique, radar, détecteur de balises, systèmes d'écoutes électromagnétiques...) et même des roquettes ou des missiles tactiques. Sa chaîne d'image, 100% Sagem (des capteurs embarqués jusqu'à la station sol en passant par le traitement informatique) permet de distinguer avec netteté des cibles à 3 km de distance. Pour compléter la panoplie de l'avion espion, le Patroller intègre d'autres équipements fournis par des partenaires européens : la transmission par Thales ou Zodiac, le radar par l'italien Selex (groupe Finmecannica), le système de guerre électronique par Thales, l'armement par MBDA...

"Ce drone est de conception européenne sous maîtrise française. On maîtrise 100% les problèmes techniques et on peut réagir très vite pour apporter des évolutions. A contrario, passer un fournisseur non européen, c'est prendre le risque d'acheter des boites noires", explique Patrick Durieux de Sagem. Toutefois, ces performances ne rivalisent pas avec les véritables drones MALE lourds d'environ 5 tonnes qui intéressent actuellement l'armée française, que seuls General Atomics avec son Reaper et l'israélien IAI avec le Heron TP sont capables de fournir. 

Sagem nourrit toutefois d'autres espoirs. Dans la catégorie des drones MALE légers, l'armée française teste avec les forces britanniques le Watchkeeper de Thales. Et tant que la décision d'achat final n'est pas prise, le fabricant français ne désespère pas de faire valoir les qualités de son appareil. Par ailleurs, le Patroller a d'autres débouchés possibles que les forces tricolores. D'autant plus qu'il a été développé sur les fonds propres du groupe comme le Sperwer. Sa polyvalence en termes de capteurs embarqués lui permet de remplir des missions de sécurité territoriale et civile (surveillance des frontières, sauvegarde maritime, détection de départ de feu, surveillance des grands événements...). Le coût d'une heure de vol de drone est en effet moindre, comparée à celle d'une surveillance effectuée par pilote. Et comme pour le Sperwer, Sagem mise également sur les marchés exports. "Le Patroller répond assez bien au cahier des charges qui sortent à l'export notamment au Moyen-Orient, en Asie, en Pologne, au Kazakhstan". Le Patroller a déjà été démontré fin avril au Qatar. Au Bourget, le constructeur ne manquera pas de mettre en avant son appareil sans pilote espérant y séduire les clients potentiels.

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 12:55
Cyberdéfense : Jean-Yves Le Drian annonce un renforcement des moyens et des compétences du ministère de la Défense

03/06/2013 Ministère de la Défense

 

Jean-Yves le Drian, ministre de la Défense, s’est exprimé sur la « nouvelle donne stratégique » élevée au rang de « priorité nationale » par le Livre blanc sur la sécurité et la défense nationale que constitue la cyberdéfense, en ouverture d’un colloque consacré à cette question et organisé à l’occasion du 40e anniversaire de l’école des transmissions de Rennes, lundi 3 juin 2013. A cette occasion, il a précisé l’ampleur de l’effort financier et humain prévu par Livre blanc dans ce domaine.

 

« Le cyberespace possède un potentiel riche en opportunités, mais est aussi lourd de risques et de menaces », a indiqué le ministre de la Défense lors de son intervention. Outre la question du cyber-espionnage, les atteintes aux systèmes d’informations peuvent poser une question de souveraineté majeure en cas de prise de contrôle ou de paralysie de secteurs vitaux pour l’État.

 

C’est pourquoi le nouveau Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale a pris toute la mesure de ce qui se présente comme une  nouvelle donne stratégique et développe une doctrine alliant prévention, réaction et capacité offensive.

 

L’ambition de cette politique de sécurité est d’être en mesure d’identifier l’origine des attaques, d’évaluer les capacités offensives des adversaires potentiels et l’architecture de leurs systèmes, et de pouvoir ainsi les contrer.

 

Celle-ci se traduira par une organisation opérationnelle de défense visant à protéger les systèmes d’information de l’État, des opérateurs d’importance vitale et des industries stratégiques, coordonnée sous l’autorité du Premier ministre et du SGDSN. Elle sera accompagnée d’une capacité de réponse gouvernementale, face à des agressions de nature et d’ampleur variées, composée de moyens diplomatiques, juridiques ou policiers, voire militaires, si les intérêts stratégiques nationaux sont menacés.

 

Jean-Yves Le Drian a également annoncé l’adaptation du modèle d’armée à cet enjeu, à travers la mise en place d’une chaîne de commandement opérationnelle spécifique, unique, centralisée et intégrée au commandement interarmées des opérations. Le ministère de la Défense renforcera les capacités et des moyens humains consacrés à la cyberdéfense (plusieurs centaines de postes supplémentaires d’ici 2019), en particulier au profit du renseignement, de l’ingénierie et de la capacité opérationnelle. La création d’une capacité de réserve, à la fois opérationnelle et citoyenne, mobilisable pour traiter une crise informatique majeure est également décidée par le Livre blanc et sera inscrite dans la prochaine loi de programmation militaire.

 

Au niveau de la formation, le ministère de la Défense soutient en parallèle l’idée de création d’un pôle d’excellence autour des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan, où la première chaire de cyberdéfense et cybersécurité a été inaugurée en novembre 2012, en partenariat avec Sogeti et Thalès.

 

Le ministre de la Défense a également précisé que serait renforcée la base industrielle de technologies de défense et de sécurité nationale par un soutien à la R&D et la mise en place d’une politique industrielle coordonnée (les crédits consacrés aux études amont dans le domaine de la cyberdéfense passeront notamment de 10 à 30 millions d’euros par an), ainsi que par un accompagnement à l’innovation technologique.

 

Dans cette perspective, la section maîtrise de l’information de la DGA devra constituer un vivier de plusieurs centaines d’experts de très haut niveau, avec un recrutement permettant d’accroître progressivement de 50 % environ les ressources actuelles. Il s’agira de couvrir tous les domaines d’expertise techniques de la cybersécurité : cryptologie, microélectronique, architecture d’équipements de sécurité et de systèmes, analyse de composants logiciels et matériels, etc.

 

Le ministre de la Défense a enfin salué les efforts de l’Union européenne de se doter d’une stratégie en la matière. Il a rappelé l’importance de cette démarche, en juste complémentarité avec les efforts de l’Otan dont le ministre aura l’occasion de s’entretenir cette semaine lors de la réunion des ministres de la Défense à Bruxelles, en valorisant notamment les centres d’excellences déjà existants, à l’image de celui de Tallin, en Estonie

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 12:35
BPC russe Vladivostok

BPC russe Vladivostok

VLADIVOSTOK, 3 juin - RIA Novosti

 

Le Japon est préoccupé par les futures livraisons de porte-hélicoptères de classe Mistral à la Russie, a déclaré lundi à Singapour le ministre japonais de la Défense Itsunori Onodera.

"Cette décision rompt l'équilibre des forces en Extrême-Orient", a souligné M. Onodera lors de négociations avec son homologue français Jean-Yves Le Drian en marge d'une réunion des ministres de la Défense des pays d'Asie-Pacifique participant au 12e Dialogue Shangri-La.

Deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) de type Mistral sont en construction pour la Russie sur les chantiers navals de Saint-Nazaire, en France. Le premier navire, "Vladivostok", sera livré en 2014 et le second, "Sébastopol", en 2015. Les deux bâtiments de guerre feront partie de la Flotte russe du Pacifique.

Le Dialogue Shangri-La a été institué à Singapour à l'initiative de l'Institut international d'études stratégiques. Ce forum doit son nom à l'hôtel Shangri-La dans lequel il s'est tenu pour la première fois en 2002. Il s'agit d'une rencontre consacrée à la sécurité en Asie-Pacifique. Le Dialogue Shangri-La réunit des experts et des responsables politiques et militaires de 28 pays, dont la Russie, la Chine, le Japon, la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 11:55
11ème Université d'été de la Défense 9 & 10 septembre 2013 à Pau
 

 

Patricia ADAM

députée du Finistère,
Présidente de la Commission de la Défense nationale et des Forces armées

Les 9 et 10 septembre se tiendra la 11e édition de l’université d’été de la défense. C’est à Pau, au pied des Pyrénées, que se réuniront les participants de cette édition 2013. Jean-Louis Carrère et moi avons fait le choix de placer nos travaux sous le double signe des enjeux nationaux et européens. L’université de Pau mettra l’accent sur l’apport des forces terrestres à la politique de défense de notre pays. Cette décision a été prise de longue date. Depuis lors, nous avons été rattrapés par l’actualité. L’opération Serval au Mali, en cours depuis le 11 janvier, a démontré si besoin en était l’utilité mais aussi la réactivité de la force terrestre. Cet évènement sera le fil rouge de notre rencontre, moins par souci de coller à l’actualité qu’en raison des réflexions auxquelles nous appelle l’année 2013. La stratégie nationale sort actualisée des travaux de la commission du livre blanc de la défense. La loi de programmation militaire, qui sera examinée à l’Assemblée nationale quelques jours après l’université d’été, fixera les moyens de la politique de défense. Plus encore qu’à l’habitude, les parlementaires seront au cœur d’une réflexion sur la définition du point d’équilibre entre la stratégie et les moyens. Ce point d’équilibre se définira en tenant compte des contraintes particulières d’une période difficile économiquement. Pour autant, le Président de la République l’a publiquement exprimé, notre pays ne renonce pas à jouer un rôle dans le monde et en Europe. C’est donc face à une triple attente de réalisme, d’ambition pour notre pays et de volontarisme pour l’Europe que nous convions tous ceux qui se reconnaissent comme membres de la communauté de défense à participer à des travaux destinés à éclairer les perspectives stratégiques des années à venir.

 

Jean-Louis CARRERE

sénateur des Landes,
Président de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces Armées

C'est avec un très grand plaisir que la Gascogne accueille les 11ème universités d'été de la défense. Depuis des siècles cette terre est une pépinière de soldats dont les exploits, parfois tonitruants, ont marqué l'histoire militaire de notre pays. Napoléon ne disait-il pas « Donnez-moi une armée de vrais Gascons et je traverserai cent lieues de flammes ! ». En choisissant Pau pour y tenir nos universités nous avons voulu placer nos réflexions sous le regard attentif de ceux qui ont fait l'histoire de notre pays. De tout temps pour vaincre il a fallu que la valeur des hommes soit soutenue par une technologie de pointe, des équipements performants, un soutien sans faille et une doctrine d'emploi. Sans cet ensemble la France ne pourrait maintenir son influence sur la scène mondiale. C'est bien tout l'enjeu de cette année 2013 au cours de laquelle un nouveau Livre blanc a été adopté et une loi de programmation militaire présentée dont le budget pour 2014 constituera la première annuité. Le Parlement, Sénat et Assemblée nationale, s'est mobilisé pour convaincre qu'il ne fallait pas baisser la garde. Ces universités seront l'occasion d'affirmer notre engagement et notre vigilance pour que les arbitrages rendus soient respectés. Nous avons voulu les placer aussi sous le signe de l'Europe pour affirmer notre conviction que c'est l'Union européenne toute entière qui risque d'être déclassée au niveau international sans un sursaut en faveur d'une défense de nos intérêts communs. Nous en avons la conviction, sans partage, sans mutualisation, voire, à terme, sans interdépendance, l'Europe se fera dicter par d'autres son avenir. Les obstacles sont nombreux : pacifisme, faux semblants des "dividendes de la paix", crise économique et financière, fausse sécurité du "parapluie américain", rivalités commerciales. Nous devons les surmonter. Le conseil européen de décembre 2013 est à ce titre un rendez-vous décisif.

 

Martine LIGNIERES-CASSOU

Députée-Maire de Pau

Pau a toujours entretenu un lien très fort avec le monde de la Défense. Accueillir ces Universités est un grand honneur qui fait écho à cette part de notre identité.
C'est d'abord la qualité de vie et la beauté de notre territoire qui constituent la première richesse de Pau, porte des Pyrénées. Seconde ville d'Aquitaine, résolument tournée vers l'Espagne, Pau est le grand carrefour du piémont pyrénéen à la croisée des chemins entre  entre Toulouse, Bordeaux et Saragosse.
Elle est une ville-jardin, riche de ses paysages. Lamartine disait que si Naples est la plus belle vue de mer, Pau est la plus belle vue de terre : admirez les Horizons palois, un site classé qui offre un panorama unique sur la Chaîne des Pyrénées depuis le cœur de ville. 
Ville d'Art et d'Histoire, nous sommes détenteurs d'un riche patrimoine historique, culturel et gastronomique.  Cette singularité, ces valeurs, nous en faisons une force pour nous projeter dans le futur. Vous découvrirez une ville en pleine métamorphose, notamment dans son cœur urbain.
Pau,  ville universitaire, est un territoire d'excellence et d'innovation qui rayonne dans le grand sud-ouest. Nos filières économiques font de notre agglomération un espace attractif et dynamique.  Aéronautique, technologies de l'information et de la communication, géo-sciences,  mais aussi filières équine et agroalimentaire : autant de points forts qui sont de puissants leviers de développement et d'emploi … sans oublier bien sûr nos régiments.
Nous saurons vous faire partager nos atouts et vous donner le meilleur des accueils.

 

Général d'armée Bertrand RACT-MADOUX
Chef d'Etat-major de l'armée de Terre

En cette année 2013, marquée fortement par la Défense, il revient à l’armée de Terre d’accueillir les 11e universités d’été de la Défense, les 9 et 10 septembre prochain. Elles se dérouleront à Pau, dans une région qui offre un remarquable cadre d’expression interarmées. Se côtoient en effet, sur ce territoire, forces terrestres, forces spéciales et forces aériennes, autant de composantes impliquées dans le combat aéroterrestre et particulièrement concernées par les évolutions actuelles de notre défense.
Ces journées s’inscriront également dans la perspective du nouveau Livre Blanc sur la Défense et la sécurité nationale. Entre ambitions et réalisme, les travaux de la loi de programmation militaire offriront, à la lumière des opérations en cours, en Afrique ou ailleurs, un support particulièrement propice aux réflexions qui seront menées pendant ces deux jours.

 

Toutes les informations

 

 

 

 

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 11:45
France offers help to secure Libya's border

02 June 2013 By RFI

 

France has offered to work with Libya to seal its boders to Islamist fighters fleeing Mali, Defence Minister Jean-Yves Le Drian said Sunday.

 

Security officials say the vast deserts of southern Libya are becoming the latest safe havens for Al-Qaeda-linked fighters driven out of Mali by the French-led offensive against Islamist militias.

 

"France is available to bring contributions to the sovereign tools of the Libyan state, especially on securing the borders," Le Drian told a press conference after attending a security conference in Singapore.

 

But he repeated President François Hollande’s assurance, in an interview with RFI, France 24 and TV5, that France it will not take military action Libya without UN backing.

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 10:55
Suivez les vainqueurs du Recce Meet 2013

16/05/2013 Armée de l'Air

 

Du 2 au 4 avril 2013, des équipages des escadrons 2/33 « Savoie », 2/30 « Normandie-Niemen », 1/7 « Provence », 1/91 « Gascogne » et les 11e et 12e flottilles ont participé à un challenge « reco »baptisé« Recce Meet ».

 

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 10:55
Baptême d’un AUF 1 du 40e RA, « Brigadier-chef Marcillan », en présence des parents du sous-officier mort pour la France - Crédits : 40e RA

Baptême d’un AUF 1 du 40e RA, « Brigadier-chef Marcillan », en présence des parents du sous-officier mort pour la France - Crédits : 40e RA

03/06/2013 CNE Heyraud/40e RA - Armée de Terre

 

« Brigadier-chef Marcillan », c’est ainsi qu’a été nommé un matériel majeur du 40e régiment d’artillerie (40e RA) de Suippes le 24 mai 2013. Ce sous-officier est tombé pour la France sur le sol afghan le 9 juin 2012.

 

Le régiment a ainsi perpétué la funeste et noble tradition du baptême d'une pièce d'artillerie du nom de militaires morts dans l'accomplissement de leur mission. Les parents de notre camarade étaient présents lors de cette cérémonie, à quelques jours du premier anniversaire de son décès.

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 10:55
Une relance parlementaire française pour l’Europe de la défense ?

02 juin 2013, par François Chauvancy - Défense et sécurité

 

L’Europe de la défense fait l’attention d’une grande attention… au moins en France comme toujours. Elle était loin d‘être absente du Livre blanc comme l’a rappelé le président de la République lors de son discours le 24 mai à l’Ecole militaire, « La défense de la France est aussi la sécurité de l’Europe ». Il me semblait donc utile de faire un état de cette défense de l’Europe. La diffusion par l’Assemblée nationale d’un rapport sur l’Europe de la défense le 9 avril 2013 donne cette opportunité.

Document dense, intéressant, il répond bien sûr au souhait du gouvernement de relancer l’Europe de la défense. Le rapport a été soutenu par une « petite loi » parlementaire le 4 mai 2013 qui en a déduit un certain nombre d’objectifs. Il reconnaît cependant que les instances sont trop en retrait pour un objectif finalement bien ambitieux.

 

Vers une référence permanente à l’approche globale dans la gestion des crises

Ce rapport constate que les instances en charge de l’Europe de la défense peinent à trouver leur place, que les missions devraient s’inscrire clairement dans le cadre d’une approche globale de prévention des conflits, que les coopérations capacitaires, industrielles et technologiques devaient être soutenues, enfin qu’une coopération structurée permanente devrait être développée dans le sens des conclusions du conseil européen des 13 et 14 décembre 2012.

Sur son organisation largement développée, il est rappelé que le Haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, jusqu’en novembre 2014 Catherine Ashton, a d’importantes responsabilités. Il dispose d’un droit d’initiative qu’il peut exercer seul ou avec la Commission. Cependant, son travail a fait l’objet de bien des critiques, y compris dans sa communication (cf. B2, ce 30 mai, boycott des photographes). Elle est assistée du Service européen d’action extérieure (SEAE) qui fait office de service diplomatique européen et emploie quand même 1 670 agents (budget 2012) sans tenir compte des « agents locaux » dans les délégations (en tout, 3600 agents enfin 2011).

Je retiendrai surtout que ce rapport fait référence à une approche globale ou « intégrée » des conflits, contenue dans le traité de Lisbonne, pour assurer une meilleure coordination des différentes institutions dédiées à l’action extérieure de l’Union européenne.

Un concept militaire sur ce thème a été diffusé en janvier 2011 et définit cette approche globale qui « vise à la prévention ou au règlement durable et rapide d’une crise par la synergie des actions réalisées par les différents intervenants dans les domaines de la gouvernance, de la sécurité et du développement économique et social.

Elle allie collaboration entre acteurs partageant la même vision finale et coordination avec les acteurs présents sur le théâtre. Elle nécessite, dès que possible, une appropriation par la nation hôte et les représentants locaux de la solution recherchée. Elle favorise les conditions permettant de satisfaire au plus vite les aspirations légitimes de la population. Enfin, elle cherche à associer les acteurs régionaux à cet effort. »

 

Une insatisfaction globale

Ce rapport a rappelé l’objectif ambitieux d’une défense commune inscrit dans le Traité de Lisbonne en vue de parvenir à la « définition progressive d’une politique de défense commune qui peut conduire à une défense commune » lorsque le Conseil européen l’aura décidé à l’unanimité.

Outre la clause de défense mutuelle (comme dans la charte de l’OTAN), les missions comportent désormais les « actions conjointes en matière de désarmement », les « missions de prévention des conflits » et les « opérations de stabilisation à la fin des conflits ». Il est par ailleurs précisé que « toutes ces missions peuvent contribuer à la lutte contre le terrorisme, y compris par le soutien apporté à des pays tiers pour combattre le terrorisme sur leur territoire ». L’intervention paraît bien exclue du champ de l’Europe de la défense, laissant la place à l’OTAN, aux interventions ad hoc ou nationales

Cependant cette volonté est entravée non seulement par le respect nécessaire des souverainetés nationales mais aussi par la multiplicité des organismes créés au fur et à mesure des années et que le rapport liste. Je ne retiendrai que les références au peu de poids du corps européen et de la brigade franco-allemande qui, à titre ou à un autre, auraient pu servir au Mali. Ce rapport fait d’ailleurs largement référence à l’échec de l’engagement de l’Union européenne au Mali sans enseignement si je me fie à ce coup de gueule de B2 mais aussi à sa proposition sur une obligation d’engagement des états membres ce 28 mai.

Ne parlons pas des « battle group » évoqués aussi dans ce rapport pour leur inutilité en terme d’emploi (cf. la mise en alerte du BG britannique). Un séminaire international sur leur efficacité sera organisé à Londres en octobre 2013. On peut s’étonner de cet activisme britannique et se poser la question des arrière-pensées devant un outil qui ne sert à rien aujourd'hui.

Un point positif est cette expression au moins publique de meilleurs rapports entre civils et militaires comme en témoigne cette passation de commandement ce 29 mai 2013. La cérémonie de passation des pouvoirs entre le nouveau chef de l’état-major de l’UE, le général autrichien Wolfgang Wosolsobe et son prédécesseur, le général néerlandais Ton van Osch, a eu lieu en présence du personnel civil du SEAE. Là encore tout est symbole.

Considérons cependant l’aberration dénoncée (plus diplomatiquement) au sein de ce rapport d’avoir nommé une Britannique à la tête de la diplomatie européenne d’autant que les critiques négatives du Royaume-Uni n’ont jamais cessé à l’encontre de l’Union européenne. Je pourrai ajouter que, certes d’une importance limitée mais tout est symbole, la Turquie est toujours une nation associée au Corps européen et fournit des forces à l’opération européenne Eufor Althéa en Bosnie-Herzégovine. Comment les Européens peuvent-ils être crédibles en rendant illisible leur identité ?

 

Des actions discrètes sur des théâtres de conflit

L’ensemble des opérations militaires et civiles, passées ou en cours sont évoquées. On y découvre l’échec d’Eufor-Lybie décidée début avril 2011 et qui a pris fin à la mi-novembre 2011 sans avoir débuté. Le feu vert des Nations Unies n’a jamais été donné. L’Union européenne affiche son incapacité à s’affirmer.

Dans les missions civiles, on découvre EUJUST LEX en Irak. Cette opération civile de gestion de crise a débuté sur le terrain en juillet 2005, avec pour objectif de renforcer la primauté du droit en Irak et d’y promouvoir une culture de respect des droits de l’homme. Les Européens ont ainsi formé au cours des sept dernières années plus de 5 000 personnels au système pénal irakien dont il faudra évaluer l’efficacité. Sont déployées en Palestine EUDAM Rafah et EUPOL COPPS (cf. B2 ce 1er juin 2013). En Afghanistan, EUPOL fournit au sein des PRT (tiens, tiens, la France est pourtant contre ? Voir aussi mon billet du 4 mars 2012) une expertise en matière d’opérations civiles de maintien de l’ordre ainsi que des compétences spécialisées en matière d’État de droit.

Cependant, les opérations en Afrique montrent un glissement – positif à mon avis- vers des opérations réellement dans l’esprit de l’approche globale. Je pourrais même écrire que relire David Galula et sa théorie de la contre-insurrection trouve ici tout son sens avec l’intégration des civils et des militaires dans un même état-major. Certes le contexte est différent mais la gestion de crise, sinon la sortie de crise, font face à des situations qui se rapprochent de ce type de conflit par certains aspects.

En Afrique, l’Union européenne est engagée dans EUCAP SAHEL Niger depuis 2012 pour appuyer la lutte contre la criminalité organisée et le terrorisme. Grâce à ses éléments de liaison, la mission vise à renforcer la coordination régionale avec le Mali et la Mauritanie. A partir de l’expertise militaire intégrée, ce type de mission de renforcement des capacités des forces de sécurité et de défense a vocation à être proposé aux autres États de la région. « L’habillage » d’une opération civile reste de rigueur !

De même, EUCAP NESTOR dans la Corne de l’Afrique est une mission civile menée dans le cadre de la PSDC, dotée d’une expertise militaire. Pour lutter contre la piraterie, son objectif vise à renforcer les capacités maritimes des États de la Corne de l’Afrique et de l’Océan indien occidental, essentiellement Djibouti, le Kenya, les Seychelles, la Somalie et la Tanzanie. Fin juillet 2012, l’amiral français Jacques Launay a été nommé chef d’EUCAP NESTOR, donc un militaire, autre signe encourageant au titre de l’efficacité et du pragmatisme ?

 

En guise de conclusion

Pour conclure sur ce rapport qui préparera les universités de la défense des 9 et 10 septembre 2013, se posent les problématiques des moyens et du financement. Pour les opérations militaires, le mécanisme de financement européen Athéna Créé en 2004 n’atténue que très légèrement le principe selon lequel les opérations militaires et de défense sont à la charge des États membres qui les mènent. Ces dépenses, divisées entre les États selon une clé de répartition en fonction de leurs PIB respectifs, ne couvrent qu’environ 10% du coût total d’une opération militaire, le reste demeurant à la charge exclusive des États participant à celle-ci.

La proposition 23 de la « petite loi » parlementaire du 4 mai 2013 trouve ici toute sa justification : « une part des crédits affectés par certains États à la sécurité de l’Europe ne soit pas prise en compte dans le calcul des déficits budgétaires des États plafonnés à 3 % ou que soit créé un mécanisme de dédommagement tenant compte de l’effort particulier de certains États pour le financement d’un bien public européen ».

Par ailleurs, paradoxe en cette période de réduction des capacités militaires, ce rapport regrette la diminution significative de la contribution de la France aux missions PSDC car « elle est de nature à entamer la crédibilité de notre pays vis-à-vis de ses partenaires européens ».

C’est aussi le souhait de maintenir la synergie civilo-militaire. La volonté européenne pourra être testée avec le lancement de l’opération civile EUBAM en Libye ce 27 mai pour l’assistance au contrôle de la frontière de la Libye dont je distingue peu l’expertise militaire dans une zone à risques et au contact de la zone de conflit du Sahel. Comment exclure une approche militaire dans cette gestion de crise ?

Enfin la réflexion sur la mutualisation par les rapporteurs de ce rapport mérite d’être soulignée en guise d’alerte à toutes les tentations : « Afin de préserver les souverainetés nationales, les droits et devoirs associés aux différents degrés possibles de mutualisation doivent être clairement définis. La mutualisation peut bien sûr générer des économies d’échelle, augmenter notre efficacité commune, maintenir notre interopérabilité, combler des trous capacitaires.

Mais elle peut aussi entraîner une perte de capacité nationale par la perte d’une capacité mutualisée, puis abandonnée par l’Europe (…). C’est pourquoi, quels que soient les impératifs budgétaires, elle doit toujours être envisagée avec une certaine prudence. »

Je conclurai en évoquant la possibilité pour chacun de s’informer régulièrement sur l’évolution de l’Europe de la défense par les lettres bimestrielles de la représentation militaire française de l’Union européenne (http://www.rpfrance.eu/-Lettres-de-la-Representation-.html).

Note RPDefense : à propos de mutualisation, voir l'approche Pooling & Sharing de l'Agence Européenne de Défense.

« Pooling & Sharing » : le rôle moteur de l'AED
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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 07:55
De SPONTEX 13 à SKREO 13 : un mois d’entraînement en Atlantique pour le Siroco

2 juin 2013 Par TCD Siroco

 

Le Siroco a participé pendant le mois de mai 2013 à deux exercices en océan Atlantique. Spontex 13 fut ainsi l’occasion pour l’équipage du Siroco de s’entraîner dans le domaine de la lutte anti-sous-marine avec la présence d’un état-major de force navale à bord.

Outre les nombreux exercices où le Siroco constituait une unité précieuse protégée par les escorteurs face à une menace sous-marine constante, des entraînements à la lutte asymétrique (contre des menaces de type embarcation rapide ou avions) au cours d’une mission d’évacuation de ressortissants ont permis au TCD de parfaire ses capacités d’autodéfense dans une opération amphibie.

Artilleur à la 12,7 face à une menace terroriste

Siroco sous menace aérienne

Un ravitaillement à la mer avec le pétrolier allemand Frankfurt am Maina clôturé cet exercice le 22 mai. Puis, le Siroco est allé mouiller devant Morgat, en baie de Douarnenez, avec les cinq autres bâtiments français et allemands. Ce groupe d’unités de surface a constitué la Force navale franco-allemande, sous le commandement du contre-amiral Jean-Baptiste Dupuis. Cette activation coïncidait avec la commémoration du cinquantième anniversaire de la signature du traité de l’Elysée, qui réconciliait la France et l’Allemagne.

RAM avec le FRAM

Le 23 mai, l’amiral Rogel, chef d’état-major de la marine, son homologue allemand, le major général des armées allemand et des parlementaires des deux pays sont venus à bord du Siroco pour découvrir comment les deux marines travaillent ensemble dans des exercices de haut niveau. Des présentations pour ravitaillement à la mer, une navigation en formation et un exercice de lutte anti-aérienne leur ont permis de constater l’excellence des relations entre la marine Nationale et la Bundesmarine.

FNFA en formation

Cette journée s’est terminée par le sauvetage d’un plaisancier britannique tombé à la mer à quelques nautiques de la force. Il a été récupéré sain et sauf par la frégate allemande Bremen et déposé à Brest.

En soirée le Siroco accostait au port militaire de Brest pour commencer le chargement logistique en vue de l’exercice suivant, SKREO 2013.

Cet exercice fut l’occasion de mettre en œuvre les capacités des forces avancées, essentielles dans une opération amphibie. Avec le Siroco au cœur du dispositif, les commandos marine ont ainsi pu mener des incursions à terre et préparer la plage et le chenal d’accès en coopération avec les marins du groupement de plongeurs démineurs (GPD) de la Méditerranée. Cette phase critique, conduite avec le soutien d’un Caracal détaché par l’armée de l’Air et la participation de plongeurs du Génie ainsi que d’observateurs des Emirats Arabes Unis, a permis au détachement du RICM de débarquer à proximité de Vannes dans une zone sécurisée pour mener leur opération en profondeur.

CTM 13 - vhl RICM

Caracal

Après de nombreux débarquements et réembarquements, nos membres d’équipage temporaires nous ont quitté les 28 et 29 mai en baie de Quiberon, après la visite du contre-amiral Olivier Coupry, commandant la force des fusiliers marins et commandos, mais aussi ancien commandant du Siroco En cinq semaines de déploiement le Siroco a atteint ses objectifs. Le succès des deux exercices SPONTEX, marqué par la commémoration des 50 ans de la réconciliation franco-allemande et SKREO 2013, événement fondateur par l’ampleur des forces avancées déployées, donnent au Siroco, la fierté d’avoir accompli la mission. Il cingle désormais vers Toulon.

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 07:55
La présence militaire française en Asie-Pacifique à l’épreuve des coupes budgétaires

02 juin 2013 Par RFI

 

L'Asie-Pacifique « demeure un enjeu stratégique » pour la France qui compte « intensifier » sa coopération politico-militaire dans la région malgré les difficultés budgétaires. C’est ce qu’a déclaré, ce dimanche 2 juin, en déplacement à Singapour, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, à l'occasion d'un forum sur la sécurité.

 

Le message de Jean-Yves Le Drian à Singapour est clair : nous vivons dans un monde multipolaire, la France est prête à nouer des partenariats de Défense, la sécurité de l'Europe passe par la sécurité de la région Asie-Pacifique... Fin décembre 2012, un accord de partenariat stratégique a été conclu avec Singapour, mais pour le moment, c'est un énorme navire battant pavillon américain qui mouille dans le port de la cité-Etat.

 

Si la France possède des territoires dans la zone Asie-Pacifique, en Nouvelle-Calédonie, ou à Tahiti, elle n'a pas de bases avancées en mer de Chine où pourrait se focaliser les tensions.

 

Le Livre blanc sur la Défense 2013 s'inquiète des répercussions que pourrait avoir une crise majeure dans cette partie du monde, mais les capacités militaires de la France limitent ses ambitions stratégiques. La France n'a prévu de conserver qu'un total de 15 frégates de premier rang alors que les Américains alignent en ce moment une cinquantaine de navires de tous types, rien qu'en Asie-Pacifique.

 

Cela dit, la France a su trouver sa place comme fournisseur d'armement dans la région, particulièrement à Singapour et en Malaisie dans le secteur naval. En 2012, 40% des exportations françaises d'armement ont été réalisés dans la zone Asie-Pacifique.

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 07:35
D’OMBRE ET DE POUSSIÈRE – Les Soldats Français En Afghanistan

03.06.2013 thomasgoisque-photo.com

 

« Ils n’étaient ni des Anglais, ni des Russes mais des soldats de France.

Ils ne connaissaient pas ce royaume insolent et somptueux où se jouait une guerre insaisissable.

Un tourbillon d’ombre et de poussière… »

 

Textes de Sylvain Tesson

Photographies de Thomas Goisque

Editions Albin Michel - 192 pages - 30 €

 

A découvrir cette semaine en librairie

 

Accéder directement au reportage

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 06:55
L'Almak en cours de construction au chantier Piriou de Concarneau crédits  DCI

L'Almak en cours de construction au chantier Piriou de Concarneau crédits DCI

03/06/2013 Mer et Marine

 

Le premier bâtiment de formation maritime de navOcéan, filiale de DCI et Piriou, doit être mis à flot à Concarneau au mois de juillet. Après une période d’achèvement à quai et d’essais en mer, l’Almak sera livré en septembre.

 

Suite de l’article

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 20:03
photo European Defense Agency

photo European Defense Agency

02 juin 2013 Alexandre Duyck, envoyé spécial à Norfolk (Virginie, États-Unis) - Le Journal du Dimanche

 

PORTRAIT-Il aurait pu devenir chef d’état-major des armées françaises, il est le cerveau qui pense l’avenir de l’Otan. Cet enfant de gardien de la paix a deux passions : la République et l’aviation.

 

Ses mains parlent pour lui. Elles se tendent puis se mettent à vriller pour décrire le vol d’un avion de combat, partent à la chasse d’un objet imaginaire, d’un ennemi invisible. Ses doigts comptent, tapent, désignent… Le général cinq étoiles n’est pas à l’aise installé dans un canapé trop mou pour lui, on se dit que cet homme préfère la position debout et que, s’il faut vraiment s’asseoir, autant prendre place dans l’exigu cockpit du Fouga Magister de ses débuts ou du Rafale qu’il pilota encore l’an passé.

 

Pas de photo de famille, pas d’arme ancienne dont aiment à s’entourer les chefs militaires, pas même un drapeau ou un ballon ovale qui rappelleraient son soutien indéfectible à l’Usap, le club de rugby de Perpignan. Nommé en septembre 2012 à la tête de l’ACT (Commandement allié Transformation), l’un des deux états-majors suprêmes de l’Otan, Jean-Paul Paloméros a dépersonnalisé son bureau au possible. Le chef est ici pour bosser, pas pour décorer une pièce située au cœur de la base navale de Norfolk, la plus grande du monde, où mouillent en permanence quatre, voire cinq porte avions de l’US Navy.

 

Une mère bretonne, un père catalan

 

Toute sa vie, il a rêvé d’être un fils de l’air. Ses parents avaient pourtant les pieds bien sur terre. Une mère bretonne employée mutualiste; un père catalan gardien de la paix, "fier de son métier, fier de servir, qui nous a inculqué une discipline morale et intellectuelle". Enfance parisienne modeste et heureuse, très vite bercée par les bandes dessinées anglaises et françaises, Les Aventures de Tanguy et Laverdure. Ses lectures, bientôt complétées par les récits d’Antoine de Saint-Exupéry, décideront du sens de sa vie : Jean-Paul Paloméros sera pilote de chasse.

 

Enfant de troupe à 16 ans, à Autun, il rejoint le lycée militaire de La Flèche. Maths sup, maths spé, École de l’air de Salon-de-Provence qu’il intègre en 1973. Le jeune officier y évolue comme un poisson dans l’eau, découvrant peu à peu l’art du commandement, décidant d’une philosophie de vie qui ne le quittera plus : "Agir du mieux possible sans arrière-pensées, sans calcul. Prendre les risques nécessaires et suffisants. Assumer ses responsabilités." Suivre les règles que l’on demande aux autres de respecter. "Le commandant doit être tout sauf brutal et autoritaire. Je peux être dur mais un chef n’a pas le droit aux jugements péremptoires." De son visage se dégage un air de douceur étonnant chez un chef militaire de ce rang.

 

Pressenti pour l’Élysée

 

Il garde une reconnaissance sans faille à l’école de la République française, "ce pays où l’école donne sa chance au plus grand nombre." Ne dit-on pas plutôt des États-Unis, le pays où il travaille et vit désormais, qu’il est celui de tous les possibles? "Certes mais la compétition y est plus rude. Les plus faibles n’y résistent pas." Pilote, lieutenant à 22 ans, commandant d’une patrouille à 27 ans, il apprend à repérer les bâtiments soviétiques qui croisent en Méditerranée et apprécie, plus encore que les autres, les vols de nuit à basse altitude. Il monte en grade jusqu’à être nommé général de brigade aérienne il y a douze ans. Chef d’état-major de l’armée de l’air en 2009, il est pressenti pour devenir chef d’état-major des armées après la victoire de François Hollande. Il n’en sera rien. "Son nom a été cité à plusieurs reprises, confirme un haut gradé. Mais il aurait fallu que le président se sépare tout de suite de l’amiral Guillaud, nommé sous Sarkozy, ce qu’il n’a pas souhaité faire. Une fois la guerre au Mali déclenchée, ça n’était plus possible d’autant que Guillaud n’a pas démérité."

 

«Le commandant doit être tout sauf brutal et autoritaire. Je peux être dur mais un chef n’a pas le droit aux jugements péremptoires»

 

Plutôt que les somptueux bureaux du centre historique de Paris, Paloméros s’installe dans un bâtiment sans âme du centre de la base de Norfolk où il succède à un autre Français, le général Abrial, au poste de commandant suprême allié Transformation, laboratoire pour l’avenir de l’Otan. Avant cela, il était à la tête de l’aviation française qui a attaqué Kadhafi.

 

"Le général est quelqu’un que j’ai toujours apprécié pour la clarté de son langage, confie Patricia Adam, députée (PS, Finistère) et vice-présidente de la commission de la Défense de l’Assemblée nationale. Il a su mettre en place les mesures d’économie nécessaires avec intelligence et respect des troupes. Le succès de l’opération Serval au Mali lui est également en grande partie dû. Certes, il était déjà en poste aux États-Unis mais l’opération n’aurait pas été une telle réussite si l’armée de l’air n’avait pas été aussi bien préparée sous son commandement."

 

"L’histoire est en train de s’écrire en Afghanistan"

 

Fort de deux victoires militaires et d’un passé qui l’a notamment conduit au Tchad et en Bosnie, Paloméros a débarqué en Virginie pour prendre la tête d’une équipe de 600 militaires issus des 28 pays membres de l’Otan. Sa mission : concevoir l’Alliance Atlantique des vingt ou trente prochaines années. Quels risques et menaces imaginer? Cyberattaques, nouveaux missiles, formes d’actions terroristes inconnues à ce jour, nouveaux champs de bataille… Comment les affronter? Avec quelles armes, quelles technologies, quelles techniques d’entraînement et de renseignement… Avec quels moyens quand tous les gouvernements réduisent leurs dépenses militaires? Il y a moins de deux ans, Paloméros avait réclamé vingt drones en 2020 pour l’armée de l’air française. Qui vient d’en acheter deux aux Américains…

 

Carol Pottenger, vice-amiral en retraite, observe : "C’est une mission très compliquée, réfléchir à l’avenir de l’Otan en faisant travailler ensemble 28 nations… Mais le général est à l’écoute et réticent à toute prise de décision hâtive. Rapide sur le champ de bataille, il est posé et réfléchi ici." L’ambassadeur américain Ravic Huso, qui fut le conseiller du commandant suprême : "Paloméros a toutes les capacités requises pour cette mission : l’expérience du terrain, le sens de l’anticipation, la compréhension des enjeux politiques… Le monde est tellement imprévisible que la tâche qui lui incombe est d’une importance capitale."

 

Dans la salle voisine, cinq horloges donnent l’heure à Norfolk, Zulu (GMT), Bruxelles, Kaboul et Bagdad. Dans les deux dernières villes, malgré l’intervention massive de l’Otan, les civils meurent chaque semaine par dizaines dans des attentats. En Afghanistan, les talibans attendent le départ des dernières troupes combattantes pour mieux asseoir leur pouvoir. "L’histoire est en train de s’écrire en Afghanistan, veut croire le général. Repensons à l’état de ce pays il y a seulement cinq ou six ans…"

 

Et la Syrie? Le massacre impuni d’un peuple par son dictateur? "L’Otan ne peut pas s’autosaisir. Nous dépendons d’une résolution de l’ONU. Or je ne vois pas venir de texte jusqu’à présent." Pris sous le feu des dirigeants politiques, des opinions publiques et des chefs militaires du monde entier, Paloméros s’en extirpe rarement, parvenant tout de même à consacrer du temps à sa famille. Souvent, il s’en va courir. Parfois, il écrit des poèmes dont la lecture relève du secret-défense. Seule son épouse est habilitée à les lire.

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 17:35
le BPC Tonnerre et le George Leygues - photo Marine Nationale

le BPC Tonnerre et le George Leygues - photo Marine Nationale

June 1, 2013 nvonews.com

 

NEW DELHI, Kuwaiti ambassador to India Sami Al-Sulaiman has participated in the reception ceremony of FNS Tonnerre and FNS George Leygues-two French naval ships carrying navy cadets from Kuwaiti and other countries — that arrived in Goa yesterday as a part of the ‘Mission Jeanne D’Arc’, a Kuwait embassy statement issued to KUNA said here Saturday.

 

The reception was held on one of the ships, on which French cadets were embarked, including cadets from other navies.

The French Navy Jeanne d’Arc Task Group is composed of LHD Dixmude and anti-submarine destroyer Georges Leygues, five helicopters, three amphibious landing craft and about 133 cadets from the 2010 class of the French naval academy. ‘Mission Jeanne D’Arc’ began in March and is scheduled to conclude in July.

 

The mission has taken the naval group to Lebanon, Jordan, Djibouti, Abu Dhabi and Muscat.

 

This training squadron will return to France in late July 2013 after visiting many countries and participating in operational missions along its journey through the Mediterranean Sea and the Indian Ocean in the framework of cadets training, including a port call in Goa from June 1 to 5.

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 17:00
La France peut-elle devenir une puissance de l'Asie-Pacifique ?

02.06.2013 Par Sylvie Kauffmann , envoyée spéciale - Le Monde.fr

 

Singapour - La France, puissance de l'Asie-Pacifique ? Le concept, exposé avec conviction dimanche 2 juin par le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, devant le forum annuel sur la sécurité régionale du Shangri-La Dialogue, à Singapour, a suscité une certaine curiosité, mêlée de scepticisme, parmi les participants.

 

Tout le monde, ces temps-ci, se trouve des affinités avec l'Asie, une région qui a servi de moteur à l'économie mondiale pendant que la crise paralysait les Etats-Unis puis l'Europe. Cette croissance économique, a souligné le ministre singapourien de la défense, Ng Eng Hen, s'est inévitablement accompagnée d'une croissance des dépenses militaires : l'Asie a dépensé plus que l'Europe dans le domaine de la défense en 2012. De nouveaux enjeux de sécurité ont émergé qui, avec l'ascension de la Chine et les effets de la mondialisation, ne laissent plus personne indifférent.

 

Les Etats-Unis ont amorcé leur "rééquilibrage" vers l'Asie-Pacifique en 2011, assez naturellement, puisqu'ils ont une côte sur le Pacifique. Un représentant russe à la conférence de Singapour s'est offusqué, samedi, que le secrétaire américain à la défense, Chuck Hagel, ne mentionne pas la Russie dans son discours, un pays "qui a pourtant les deux tiers de son territoire en Asie". Le Canada, qui avait délégué à Singapour son ministre de la défense, Peter MacKay, s'est décrété à son tour puissance du Pacifique : Ottawa, a souligné M. MacKay, a "plus de diplomates dans cette région que nulle part ailleurs dans le monde".

 

LES HAUTS DIPLOMATES SE BOUSCULENT À SINGAPOUR

 

Catherine Ashton, la haute représentante de l'UE pour les affaires extérieures, a elle aussi fait le voyage pour participer pour la première fois au Shangri-La Dialogue, inspirant à l'IISS (International Institute for Strategic Studies), organisateur de l'événement depuis 12 ans, la question de savoir si "l'Europe à son tour pivotait vers l'Asie", puisqu'étaient annoncés aussi les ministres de la défense français, britannique et allemand. Ce dernier, Thomas de Maizière, a annulé au dernier moment, retenu par de pressantes controverses intérieures, mais Philip Hammond, le Britannique, et Jean-Yves Le Drian ont occupé le terrain.

 

Auréolé de l'opération Serval, le ministre français était en effet très attendu, comme en ont témoigné les nombreuses questions qui lui ont été posées. Selon son entourage, ses collègues de Malaisie, d'Indonésie et de Singapour ont manifesté un grand intérêt, au cours d'entretiens bilatéraux, pour l'expertise française en matière de lutte contre le terrorisme islamique. M. Le Drian, qui avait déjà participé à ce forum en 2012 quelques jours à peine après sa nomination, a exposé la vision stratégique française des enjeux de sécurité dans la région Asie-Pacifique, et surtout les raisons pour lesquelles son pays a, selon lui, un rôle à y jouer. "La France, a-t-il dit, se considère comme une puissance de cette région, car elle y a des territoires et une population", qu'elle se doit de protéger. En toute logique, elle propose donc sa contribution dans les quatre domaines prioritaires de la sécurité maritime, de la lutte contre le terrorisme, de la non-prolifération nucléaire et de la menace cybernétique.

 

Combien de divisions, ont demandé certains, connaissant les difficultés budgétaires des pays européens. M. Le Drian sort alors son arme secrète : le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, validé par M. Hollande, qui a maintenu le budget de la défense.

 

LE DRIAN PARLE DE LA FRANCE, PAS DE L'EUROPE

 

Cela n'a pas suffi à impressionner les Chinois présents, dont l'amiral Li Ji, qui a réagi à l'idée d'une France "puissance de l'Asie-Pacifique" par une moue plus que dubitative. "Pour nous, la France c'est en Europe", a-t-il expliqué, avec la ferme intention de la voir y rester.

 

L'Europe était d'ailleurs absente du discours de M. Le Drian, qui a émis le souhait que la France – et non l'Union européenne – puisse rejoindre le groupe des ministres de la défense des pays d'Asie du Sud-Est (l'ADMM+, Asean Defense Ministers' Meeting+), un forum né en 2010 pour examiner les questions de sécurité régionale, auquel plusieurs pays extérieurs, comme la Chine et les Etats-Unis, ont été associés comme observateurs. Ce souhait a cependant été accueilli plus que fraîchement par le ministre singapourien, qui a répondu publiquement qu'il était opposé à une dilution de l'ADMM+. Le Canada a également été éconduit.

 

Le ministre français a mis un accent particulier sur la cyber-sécurité, un domaine qui a occupé une bonne partie des débats du Shangri-La et sur lequel il devrait annoncer lundi à Rennes une nouvelle initiative. Il y a un secteur, enfin, dont il a moins parlé, sauf sans doute dans ses entretiens bilatéraux, mais qui explique en partie le vif intérêt de la France pour l'Asie-Pacifique : les ventes d'armes et d'équipements militaires, dont 40 % des ventes françaises se font dans la région.

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 07:55
Les "Gaulois" du 92e RI sont tous rentrés à Clermont-Ferrand

31.05.2013 par P. Chapleau – Lignes de Défense

 

130 soldats du 92e régiment d'infanterie ont regagné Clermont-Ferrand ce vendredi après-midi (photo cellule Com 92e RI). Désormais, tous les 350 militaires du régiment sont de retour en métropole après quatre mois passés au Mali.

 

Deux compagnies de combat d’infanterie équipées du VBCI (Véhicule blindé de combat d’infanterie), une équipe de mécaniciens et une partie de l’état-major, soit environ 350 soldats du régiment, avaient été déployées, fin janvier 2013, en urgence au Mali. Hommes et blindés étaient passés par le Sénégal avant un long raid blindé en deux étapes, de Dakar à Bamako puis de Bamako à Gao.

 

Durant les 4 mois de leur mission, les fantassins du 92e régiment d’infanterie ont participé à la recherche et la destruction des groupes terroristes. Les "Gaulois" se sont illustrés lors des violents combats dans les localités et zones désertiques du centre et nord du Mali ; ils ont notamment contribué à la sécurisation de la ville de Gao et de son aéroport.

photo EMA

photo EMA

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 07:55
Sukhoi Su-35A-3 fighter- photo Sukhoi

Sukhoi Su-35A-3 fighter- photo Sukhoi

31/05/2013 Vincent Lamigeon, grand reporter à Challenges  - Supersonique

 

J-17. A un peu plus de deux semaines du salon du Bourget, les rumeurs bruissent déjà dans le Landerneau aéronautique. Côté commandes, la moisson s’annonce bonne : Airbus vient de relever sa prévision de commandes brutes de 700-750 à « confortablement plus de 800 », selon l’expression du communiqué de presse, ce qui laisse présager quelques belles annonces. On parle de commandes d’A330 et/ou 777 chez Qatar Airways, de la possibilité d’une cinquantaine d’A320 supplémentaires chez AirAsia.

 

Mais la grosse cote du salon est la présence ou non du nouveau long-courrier A350 d’Airbus, qui pourrait effectuer un passage si le programme d’essais est assez avancé et si la météo est favorable. Où en est-on exactement ? Les tests structurels du MSN5000, appareil de tests au sol, semblent bien se passer : les ingénieurs testent des charges représentant 125% des charges maximales supportées lors de l’exploitation de l’avion.

 

Le MSN1, l’avion du premier vol, est prêt pour les tests moteurs. De source interne, les tests du groupe auxiliaire de puissance (APU), qui alimente les systèmes de l’avion au sol, sont terminés. La suite, ce sont les tests des différents systèmes de l’avion, les tests moteurs au ralenti puis à pleine puissance, les tests des systèmes en cas de panne, la traque aux fuites de carburant. Viennent ensuite les tests de roulage et de freinage, dont un à la limite de la vitesse de décollage, puis enfin le premier vol. Le calendrier reste serré, mais il semble compatible avec un premier vol pendant le salon.

Les buzz du salon du Bourget

Le reste ? Airbus devrait aussi présenter deux appareils de transport militaire A400M, dont un en vol, et un en exposition statique. Boeing devrait présenter en vol un 787 de Qatar Airways. L’aviation russe revient en force : le nouveau chasseur Su-35 va faire sa première démonstration en vol à l’étranger. L’avion d’entraînement Yak-130 sera aussi de la partie, de même que le jet régional Superjet de Sukhoi.

 

Safran devrait effectuer une démonstration de son système de « green taxiing », avec le roulage de l’A320 équipé de moteurs électriques dans le train d’atterrissage. Ce système développé avec Honeywell permettrait une économie de carburant de 3 à 4%, en évitant d’avoir recours au moteur pour le roulage. Safran devrait également exposer son « checkpoint du futur », un ensemble d’équipements biométriques et de détection d’explosifs qui pourrait rendre plus fluide les procédures de sûreté dans les aéroports. On évoque aussi du nouveau sur le drone Patroller de Sagem.

 

Il y aura aussi du nouveau dans l’aménagement de cabine : Zodiac Aerospace devrait présenter en taille réelle sa cabine ISIS, prévue pour 2014. Les coffres à bagages, pivotants, offrent 60% de place supplémentaire : plus hauts, ils permettent de mettre huit bagages cabine sur la tranche, quand un coffre classique permet d’en mettre au maximum cinq à plat.

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 07:55
Laser guided bombs and hellfire missiles loaded on a General Atomics MQ-9 Reaper drone prior to a mission

Laser guided bombs and hellfire missiles loaded on a General Atomics MQ-9 Reaper drone prior to a mission

May 31, 2013 by Tamir Eshel - defense-update.com

 

France has decided to buy two MQ-9 Reaper medium-altitude long endurance (MALE) drones from the USA, to extend the strategic reconnaissance capability of the French Air Force after the current Harfang drones end their planned mission in 2014. The two General Atomics (GA-ASI) MQ-9 Reapers that will be delivered by 2013 year-end. The two drones are not likely to be used in armed recce missions as they do  with the US Air Force. Defense-Update reports.

Given the short delivery schedule, it is likely the two Reapers will not be new but taken from the US Air Force inventory. According to the French Defense Minister Jean-Yves Le Drian the French Air Force desperately need the new drones to address the immediate situation in the Sahel region.

The Harfang was fielded with the French Air Force under the SDIM program in June 2008. France ordered three planes and two ground control stations which became operational with the Drone Experimentation Squadron 1/330 Adour, in Cognac, in June 2008. From the beginning the program was regarded as an interim capability, and proposals for the full capability plan were submitted by EADS Since 2007. Despite their ‘interim’ capability, the French Harfangs were supporting all contingencies the French forces were involved in, including Afghanistan, Libya and Mali.

Through the years the Ministry of Defense evaluated only two options – the Israeli Heron TP and US made MQ-9 Reaper. IAI, the developer and manufacturer of the Heron and Heron TP has teamed with Dassault Aviation and EADS to form industry teams to support the selection of its drones, but has not succeeded in winning the French Air Force support for its system.

The procurement of the two Reapers is also considered an interim phase, until France is capable of establishing its own drones, considered as the centerpiece of future intelligence and combat operations. Two parralel programs are currently underway in France – the collaborative development of a jet-powered Unmanned Combat Air Vehicle (UCAV) known as NeuroN, expected to replace some manned aircraft by 2030. Another collaborative development of a UAS, with the British industry. Dassault is also cooperating with Israel Aerospace Industries, on the development of a future MALE platform addressing the French requirements. However, it is not clear whether this alliance will hold after failing to win the interim MALE program. France is currently interested in MALE drones designed for strategic reconnaissance, attack missions are currently not a priority for these assets.

IAI is also coopreating with Rheinmetall’s Unmanned Aerial Systems, a joint entity set by EADS and Rheinmetall, pursuing a similar program in Germany. Defense Minister Thomas de Maiziere said Berlin is set to decide on the procurement of 16 drones, five to be operational by 2016.

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 07:50
Drones : Jean-Yves Le Drian dépose son plan de vol

31/05/2013 Par Olivier Berger, grand reporter à La Voix du Nord. - Défense globale

 

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a livré, dans une tribune parue dans Les Echos ce vendredi 31 mai, sa vision de la politique française et européenne en matière de drones.

 

L'achat rapide de drones américains Reaper se confirme. Mais le ministre entend aussi développer en urgence une stratégie européenne, stratégique et industrielle (ici le nEUROn de Dassault aviation). Intéressante et claire mise au point.

 

Jean-Yves Le Drian commence par déplorer le crash des drones en France. Une sorte de serpent de mer volant : " Malgré des préconisations répétées depuis 1999, leur poids dans les investissements du ministère de la Défense est resté limité. "

 

Il effleure les causes principales : " L'ensemble de la communauté de défense, le ministère autant que l'industrie, a manqué le virage de ce type d'équipement. " Même constat tragique en Europe. " Dix ans ont passé, nous n'avons pas progressé ", regrette le ministre.

 

Donc le Livre blanc va permettre de " sortir d'une impasse opérationnelle et industrielle pour enfin doter la France de drones, pièces maîtresses du renseignement et de la guerre de demain ".

 

L'importance des drones tactiques MALE (moyenne altitude longue endurance) s'impose aux yeux de tous désormais. Lors du désengagement d'Afghanistan, par exemple. Mais " ils nous avaient manqué à Uzbeen en 2008 ", rappelle le ministre. Au Mali, avec ses deux malheureux et anciens drones Harfang, la France a heureusement été épaulée par des drones américains.

Drones : Jean-Yves Le Drian dépose son plan de vol

Des Américains très vite, des Européens bientôt

 

Jean-Yves Le Drian confirme donc l'achat urgent de matériels étrangers : le Héron-TP israélien et deux MQ-9 Reaper Predator. Avec une préférence pour la piste américaine, " avec la perspective d'une première livraison d'ici la fin de cette année ".

 

L'avenir à moyen terme passe par le drone Watchkeeper de Thales (photo Thales UK) depuis le partenariat signé en juillet 2012 avec le Royaume-Uni. Le ministre de la Défense dit aussi avoir " proposé à nos partenaires européens de nous regrouper pour partager nos expériences et nos capacités et impliquer nos industries ". C'est à la fois une question économique et de souveraineté.

 

" Je n'ai pas vu de besoins communs exprimés vers nous (industriels) ", regrettait la semaine dernière le PDG de Dassault aviation, Eric Trappier. " Cette ambition est d'ores et déjà en chantier ", le rassure le Lorientais qui cite le premier vol du drone nEUROn de Dassault en début d'année...

 

Parce qu'à l'horizon 2030, " les drones de combat viendront compléter voire remplacer nos flottes d'avions de chasse. Ce rendez-vous, nous ne le manquerons pas ". Il n'est pas certain que les aviateurs seront aussi enthousiastes et déterminés...

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 07:45
Mali : Serval est né d'un Requin...

31 Mai 2013 Jean-Dominique Merchet

 

Un livre des journalistes Isabelle Lasserre et Thierry Oberlé

 

L'intervention française au Mali (opération Serval), qui a démarré de manière fracassante le 11 janvier dernier, était dans les cartons depuis 2009. Une planification de l'état-major, baptisée Requin, prévoyait alors quasiment ce qui advenu cet hiver. Et qui a failli être déclenché à plusieurs reprises sous la présidence Sarkozy... Puis après l'élection de François Hollande, qui juge le dossier malien prioritaire, tout se met en place à partir du 31 octobre 2012. L'offensive des djihadistes en janvier servira de coup de sifflet pour y aller.  C'est ce que racontent deux journalistes du Figaro, Isabelle Lasserre et Thierry Oberlé, qui publient un livre, écrit à chaud et de lecture agréable, sur "Notre guerre secrète au Mali".

 

Attention, il ne s'agit pas d'un récit détaillé des opérations militaires depuis janvier - à la manière de Jean-Christophe Notin sur l'Afghanistan ou la Libye.   Les fana-milis, passionnés de la mécanique militaire, resteront sans doute sur leur faim. C'est un ouvrage de synthèse qui explique le pourquoi et le comment de cette guerre.  Une lecture conseillée à ceux qui veulent comprendre ce que fait la France au Mali, et plus largement au Sahel.

 

L'ouvrage revient sur les causes de cette crise, c'est-à-dire à la fois la déliquescence de l'Etat malien et la montée en puissance des groupes terroristes au Sahel, comme AQMI, qui trouvent leur origine dans la guerre civile algérienne. Les auteurs se penchent sur la question des otages, comme sur celle de l'islamisme radical. Ils retracent les causes immédiates de la guerre toujours en cours ainsi que le processus qui a conduit à l'intervention française. Sans cacher, par exemple, combien Serval a été l'objet de tensions au sommet de l'Etat et des armées, où une nouvelle architecture du pouvoir politico-militaire est apparue, plus centrée sur le ministre de la Défense qu'auparavant. En conclusion, le livre aborde les conséquences de Serval, notamment sur la question européenne ou des choix du Livre blanc.

 

Isabelle Lasserre et Thierry Oberlé "Notre guerre secrète au Mali" Fayard, 248 pages, 17 euros.

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 22:30
photo EMA

photo EMA

 

 

01 juin 2013 Par RFI

 

Le ministère français des Affaires étrangères recommande une vigilance accrue à ses ressortissants résidant ou de passage en Côte d'Ivoire. Ce message a été publié le 27 mai sur le site internet du ministère et fait référence à l'activisme de groupes terroristes opérant dans la bande sahélienne, en lien avec le conflit au Mali. Une mise en garde qui vient confirmer un soupçon qui planait depuis plusieurs mois en Côte d'Ivoire.

 

La rumeur courait bien avant le déclenchement de l'offensive française au Mali. La menace s'est précisée fin 2012, et c'est en mars que les premières arrestations de jihadistes ont eu lieu à Abidjan. Une cellule de moins de dix hommes, de nationalité égyptienne selon certaines sources, a été démantelée dans une opération conjointe entre les forces de sécurité françaises et ivoiriennes. Ces jihadistes s'apprêtaient à viser des intérêts français en Côte d'Ivoire.

 

Une menace toujours d'actualité, probablement motivée par l'activisme d'Alassane Ouattara, président en exercice de la Cédéao, dans la résolution de la crise malienne, ainsi que par la présence de plus de 10 000 Français en Côte d'ivoire. Des spécialistes évoquent aussi la porosité des frontières et le manque de moyens des forces de sécurité ivoiriennes dans le nord.

 

La crainte d'infiltrations se fait ressentir : des soldats ivoiriens sont postés dans le nord-ouest de la Côte d'Ivoire depuis plusieurs mois et des imams radicaux sont surveillés de près, à l'intérieur du pays comme à Abidjan.

 

Des sources proches de la présidence ivoirienne affirment que la sécurité a été renforcée à l'aéroport d'Abidjan et autour des sites sensibles. Quant à la France, elle encourage les services de renseignement ivoiriens à accorder toute l'importance qu'elle mérite à cette menace jihadiste.

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