Les armées françaises ne vont pas y couper. Le budget du ministère de la Défense va subir, lui aussi, la cure d'austérité du moment, et cela malgré les propos rassurants de François Hollande lors de son intervention télévisée du 28 mars. Si le chef de l'Etat s'est engagé à allouer aux armées la même somme en 2014 qu'en 2013 (31,4 milliards d'euros), de nouvelles coupes sont à prévoir. François Hollande doit rendre les derniers arbitrages mercredi 10 avril lors d'un ultime conseil de Défense avant la publication du Livre blanc, qui fixe les objectifs stratégiques de la France.

 

"Nous dépenserons en 2014 exactement le même montant qu'en 2013. Nous avons été bien défendus en 2013, nous serons bien défendus en 2014", déclarait François Hollande le 28 mars dernier. Mais ce que le chef de l'Etat n'a pas précisé, c'est que ce montant (31,4 milliards d'euros) correspond à une valeur constante, et qu'il ne tient pas compte de l'inflation. Ainsi, comme le note Le Point, si le taux d'inflation est de 2% en 2013 comme il l'était en 2012, la baisse sera du même ordre pour le budget des armées qui, en quelque sorte, perd 620 millions d'euros de pouvoir d'achat. Une concession de l'hôtel de Brienne dans son bras de fer avec Bercy.

La flotte d'avions de combat réduite de 300 à 225 appareils

Un moindre mal lorsque l'on sait que l'un des scénarios imaginés par le ministère des Finances pour faire des économies prévoyait 2 milliards d'euros en moins par an. Selon Challenges, 50 000 suppressions de postes au ministère de la Défense étaient en jeu, ainsi que la division par deux du format des armées. "Le pouvoir d'achat des armées va baisser, mais sans que cela provoque la casse des armées ou celle de l'industrie de défense. Mais il est vrai que les années 2014 et 2015 vont être difficiles !" déclare un proche de Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, dans Le Point.


Finalement, le ministère pourrait "seulement" réduire de 300 à 225 appareils sa flotte d'avions de combat et supprimer entre 18 000 et 30 000 postes. Les baisses de commandes pourraient, quant à elles, atteindre 30%. "Il va falloir externaliser des missions, fermer des régiments, assurait récemment à Challenges Hervé Morin, ancien ministre de la Défense. On ne peut plus cacher la poussière sous le tapis." D'autant que des commandes (matériel, études) toujours non financées sont en attente pour un montant de 45 milliards d'euros, soit un an et demi de budget, note Challenges