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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 07:55

cyber warfare

 

2 avril 2013 Jerome Saiz - magazine.qualys.fr

 

 

Avec sa Réserve Citoyenne de Cyberdéfense la France fait un pas de plus en matière de partenariat public-privé dans le cyber. Bien qu’annoncé en septembre dernier ce réseau a été présenté aujourd’hui à la presse.

 

La Réserve Citoyenne de Cyberdéfense a été décidée dans la continuité du rapport du Sénateur Jean-Marie Bockel. Elle associe des bénévoles civils experts en SSI à des réservistes militaires et des organismes étatiques (Ministère de la Défense, ANSSI, Direction Générale de la Gendarmerie Nationale). Le réseau a pour objectif de « sensibiliser, éduquer, débattre, proposer, organiser et susciter des événements contribuant à faire de la cyberdéfense une priorité nationale« .

 

De tels partenariats, qui consistent à associer l’expertise et les ressources des secteurs privés et publics et leur conférer la légitimité de l’action gouvernementale, sont incontournables en matière de cyberdéfense. Les réseaux informatiques sont en effet largement contrôlés, opérés et sécurisés par le secteur privé mais des pans entiers du domaine public dépendent de leur solidité.

 

Les Etats-Unis, qui l’ont bien compris, s’y penchent depuis longtemps et ont fait de l’approche public-privé une priorité traduite notamment par une recommandation au plus haut niveau (Le chapitre 4 de la Cyberspace Policy Review de 2009 appelle à coordonner les réponses du gouvernement, du secteur privé et des alliés face à un cyber-incident significatif).

 

Certes la France n’était pas en reste avec notamment ses multiples chaires de Cyberdéfense (IHEDN, Coëtquidan…) ou encore son association des Réservistes du Chiffre (ARCSI). Mais la Réserve Citoyenne de Cyberdéfense marque une nouvelle étape.

 

D’abord parce qu’il s’agit de la première Réserve Citoyenne interarmes. Jusqu’à présent ces dernières étaient rattachées à une arme spécifique pour servir ses propres besoins. Cependant la nature du domaine cyber appelle une réponse transversale, dont acte.

 

Ensuite parce qu’il ne s’agit pas d’un énième groupe de réflexion sur la SSI. On pourrait le craindre, bien entendu. Mais les intentions sont ailleurs : la Réserve se veut opérationnelle (le jeu de mot était facile, ndlr) en ayant vocation à produire des outils concrets. Ainsi, le groupe de travail Élus & Journaliste s’attachera-t-il par exemple à produire, avec l’aide de la DICOD, des infographies sur des thèmes de cyberdéfense que la presse pourra exploiter librement. Ce même groupe a également vocation à rencontrer de manière individuelle des élus afin de les informer et les sensibiliser aux enjeux de cyberdéfense grâce à des experts réservistes.

 

La Réserve Citoyenne de Cyberdéfense est organisée en groupes de travail, sous la direction du contre-amiral Croustillière (Officier Général de Cyberdéfense) et d’un bureau composé d’un coordinateur national, de chargés de missions et de représentants étatiques (Ministère de la Défense, ANSSI, DGGN). Elle comprend à ce jour six groupes de travail :

  • Elus & journalistes (information à destination de la presse et rencontres avec des élus)
  • Jeunes & formation (cartographie des formations menant aux métiers de la sécurité informatique)
  • Think-tanks (cartographie des groupes de réflexion existants, concaténation de leurs production, état des lieux et propositions de synergies éventuelles)
  • PME / PMI (information à destination des petites et moyennes entreprises)
  • Grandes entreprises
  • RCC (réflexions sur l’action et le développement du réseau de Réserve Citoyenne de Cyberdéfense lui-même)

« Notre objectif n’est pas d’être un énième think-tank à l’échelle nationale. Il s’agit de répondre modestement aux interrogations des autorités militaires en établissant une doctrine d’application, des clés de compréhension, de livrer un ensemble de réflexions sur la cyberdéfense française, de sensibiliser les grandes entreprises impliquées dans la sécurité nationale et les PME stratégiques à ces questions. C’es essentiellement un travail de levée d’opinion auprès de l’ensemble de la société« , écrit Luc-François Salvador, le coordinateur national du réseau.

 

Ainsi, au delà de la mission d’information, si le terme de lobbying avait meilleure presse l’on pourrait presque qualifier les ambitions de la RCC de « lobbying d’Etat ». Pour une cause nationale, bien sûr !

 

Vous souhaitez rejoindre la Réserve ? « Les membres du réseau sont recrutés en fonction de leurs compétences et de leur motivation. Ils doivent être particulièrement sensibles aux enjeux de la cyberdéfense dans un ou plusieurs domaines particuliers (juridique, technique, académique, journalistique) et doivent témoigner de leur engagement citoyen et patriote. Les membres potentiels peuvent se porter candidats ou être approchés par la Réserve. Il appartient à l’autorité militaire de rendre un avis définitif« , conclue Luc-François Salvador.

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 07:55

IRSEM

 

02/04/2013 Par Frédéric Charillon, directeur de l’IRSEM

 

Intérêt de possession, intérêt de milieu, intérêt de crédibilité

 

 Que signifie, pour un État, le fait de « défendre ses intérêts » sur la scène mondiale en ce début de XXIesiècle ? Alors que le dossier de cette nouvelle Lettre de l’IRSEM, réalisé par Pierre Journoud, pose la question des intérêts de la France et de l'Europe en Asie, à l’heure surtout où la France s’interroge sur ce point et ses partenaires européens avec elle, il  n’est pas inutile de revenir sur ce concept.

 

 Plusieurs approches de sciences sociales – l’approche constructiviste en tête – nous ont abondamment mis en garde contre cette notion présentée tour à tour comme subjective, biaisée, et donc dangereuse. Si pour les uns (on pense à plus particulièrement aux Réalistes) la notion d’intérêt est centrale, et découle du calcul rationnel de l'État cherchant à assurer logiquement sa survie et à maximiser sa puissance dans un contexte international anarchique et conflictuel, pour d’autres elle apparaît « construite » de toutes pièces : l’intérêt, fût-il national (et tout comme la sécurité) ne serait que ce que l’on veut bien en faire, pour paraphraser Alexander Wendt à propos de l’anarchie (« Anarchy is what states make of it: the social construction of power politics »,  International Organization, n°46, printemps 1992). Le « on » renvoyant aux plus hautes autorités de l'État, faisant partager leur discours à une population donnée. Ainsi François Mitterrand et Jacques Chirac ont-ils décidé, à trois ans d’intervalle (1992 et 1995) que l’intérêt national résidait tour à tour dans la suspension des essais nucléaires… puis dans leur reprise.

 

Si cette approche critique a le double mérite de nous mettre en garde contre les idées reçues et donc de nous inciter au débat, c’est toutefois un autre point de départ que nous choisirons ici. Car l’intérêt, en matière stratégique, n’est pas monolithique : il se décline. Nous en aborderons au moins trois aspects, comme autant de pistes de recherche possibles pour la réflexion à venir. Avant cela, mettons de côté la survie : elle est naturellement hors catégorie, et dépasse largement la notion d’intérêt, sauf à considérer qu’elle représente l’intérêt suprême. Il est du devoir d’un État, dans les relations internationales, de tout faire pour s’acquitter de cette tâche qu’est l’assurance de la survie de sa population, dans un Pacte "hobbesien" qui reste d’actualité mais se trouve singulièrement compliqué par les nombreuses définitions de cette survie : survie physique en tant que nation, survie politique en tant que nation libre, survie diplomatique et économique en tant que puissance, survie sociétale en tant que culture, etc. Dans le cas français, la dissuasion permet de traiter la première définition, la défense, la diplomatie et l’économie, entre autres, permettent de traiter les suivantes.

 

 Revenons à l’intérêt, pour y distinguer trois composantes possibles. La première concerne ce qu’il est convenu d’appeler en science politique l’intérêt de possession : celui-ci renvoie à l’importance qu’il y a, pour une entité donnée, à posséder, à contrôle des ressources essentiellement matérielles (territoriales ou maritimes, humaines, énergétiques, agricoles, matière ou stratégiques, etc.). La poursuite de ce type d’intérêt de possession nous ramène presque immanquablement à la pratique d’un jeu à somme nulle où tout ce qui est possédé par l’un est nécessairement perdu pour l’autre. Elle a donc mauvaise presse en Europe où elle rappelle, entre autres, les partages territoriaux entre Allemagne et Russie, la question d’Alsace Lorraine avec la France, les rivalités entre puissances coloniales, pour ne citer que ces exemples. Il ne faudrait pas pour autant oublier que cette conception continue de prévaloir ailleurs, où la course aux ressources énergétiques demeure l’obsession première de plusieurs politiques étrangères, où l’eau, les terres rares, l’acquisition de terres agricoles, continuent de motiver les relations extérieures.

 

La seconde déclinaison réside en l’intérêt de milieu, qui s’oppose précisément à l’intérêt de possession. Plutôt que de raisonner en termes de compétition pour des ressources, il conviendrait ici de raisonner en termes de construction d’un système de coopération, en mesure de bâtir durablement un milieu international (ou régional) partagé, propice à la paix, à la prospérité, à l’investissement, car stable et doté d’un climat de confiance entre les acteurs. Aussi libérale que la précédente était réaliste, cette approche est plus appréciée de notre côté du monde, car réputée éclairée (à raison), fondée sur la réconciliation ou l’entente, et surtout mieux adaptée aux contraintes actuelles qu’une approche qui impliquerait une course aux armements. Mais il convient de se souvenir qu’un « milieu » ne se décrète pas seul. Il procède d’une interaction, se bâtit à plusieurs, et ne peut donc faire l’objet d’un vœu d’autant plus pieu qu’il serait unilatéral. C’est bien là, d’ailleurs, que l’approche réaliste réplique : ériger « la paix », « la prospérité » ou « la coopération » comme autant d’intérêts sans plus de précision, revient à un idéalisme dangereux, si d’autres, en face, n’ont pas l'intention de les bâtir avec nous. Ils n’auront cette intention que s’ils y trouvent leur compte, c'est-à-dire si cette coopération avec nous représente une alternative crédible à d’autres aventures.

 

C’est sur ce dernier point, en réalité, que les deux approches par la possession et le milieu se trouvent réconciliées par une troisième : celle qui raisonne en termes d’intérêt de crédibilité. Sans crédibilité, un acteur ne participe pas à la construction de son milieu. Pire encore, sans crédibilité, ses possessions ou positions acquises deviennent vulnérables. La crédibilité passe certes par la démonstration d’une volonté et par la pédagogie d’un discours, mais aussi par l’efficacité d’un instrument qui sera en mesure :

a) de mettre en œuvre les intentions affichées pour construire un milieu stable,

b) de préserver les atouts stratégiques dont on dispose pour ce faire.

 

Sans crédibilité, toute posture est vaine. Sans crédibilité, toute proposition pour un environnement international pacifique peine à se faire entendre. Ce qui nous ramène bien entendu à l’instrument militaire. Un instrument militaire puissant mais qui ne serait pas mis au service d’un intérêt de milieu fondé sur l’esprit de responsabilité partagée, serait condamné à aller contre le cours de l’Histoire. Mais un esprit de responsabilité qu’aucun instrument ne permettrait de déployer, d’appliquer et même de protéger, serait pure chimère.

 

 Pour défendre ses intérêts, il faut certes que ces intérêts soient pertinents et pensés pour être adaptés aux impératifs stratégiques du moment, impératifs que l’on situera sans hésitation davantage du côté de la construction collective d’un milieu stable, que du côté de la course belliqueuse à la possession individuelle. Mais il faut ensuite que la poursuite de cet intérêt s’appuie sur des atouts qui rendent la démarche crédible. La SDN, dans les années 1930, est morte de l’avoir oublié. L’intérêt de possession, l’intérêt de milieu, l’intérêt de crédibilité, constituent un triptyque quasi inséparable : sans la conservation du troisième, il est presque impossible de défendre les deux autres. Conserver une crédibilité demeure donc un élément incontournable de l’intérêt national.

 

Lettre de l'IRSEM n°2 - 2013

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 12:55

http://www.cfas.air.defense.gouv.fr/images/stories/images_modules/rafale/raf_08gd.jpg

 

03/04/2013 Armée de l'Air

 

Une chaîne publique a réalisé un reportage de 3'34 minutes à Istres et à Taverny. Cliquez sur le lien ci-dessous pour visionner un extrait de l'émission.

 

Consultez la vidéo

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 11:55

cyber warfare

 

02 avril 2013 par Emilien Ercolani - linformaticien.com

 

Le gouvernement français serait en train de concocter un projet de loi visant à barrer la route aux équipementiers chinois, notamment ZTE et Huawei, en invoquant la sécurité nationale et les contraintes de cyberdéfense. 

 

Le ton est donné. Selon des informations rapportées par Les Echos, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault serait en train de réfléchir à un projet de loi ou un décret visant à mettre des bâtons dans les roues des opérateurs asiatiques, principalement chinois. Toujours selon nos confrères, les opérateurs ont d’ailleurs déjà été reçus par l’exécutif, qui invoque des raisons de cyberdéfense et de sécurité nationale pour défendre ce projet. 

 

L’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information), qui mène actuellement des audits sur la sécurité des réseaux en France, a déjà interdit les équipements chinois dans le cœur de réseau. L’autorité souhaite elle aussi durcir la réglementation et intégrer d’autres composants réseaux. Les équipements 4G de Cisco ont par exemple mis 6 mois avant d’être validés et homologués. 

 

Si le projet est bel et bien mis sur les rails, ceci pourrait poser des problèmes à certains opérateurs français et principalement SFR et Bouygues Télécom, qui sont des partenaires de ZTE/Huawei. Les stations de base pour les technologies 4G pourraient elles aussi être interdites (un choix somme toute cohérent puisqu’elles deviennent de plus en plus «intelligentes»). Mais ceci aurait aussi des conséquences sur Alcatel-Lucent par exemple, puisque « L'Etat veut aussi interdire l'utilisation de centres situés à l'étranger permettant d'intervenir à distance sur les réseaux français ». Celui du franco-américain a été délocalisé de Villarceaux dans l'Essonne en région parisienne vers la Roumanie.

Protection économique et patriotisme ?

Comme le rappellent nos confrères, les Etats-Unis ont déjà interdit les équipementiers chinois. Le conflit avait débuté de manière plus brutale puisque les autorités américaines avaient accusé les constructeurs chinois d’inclure des backdoors dans leurs équipements réseaux. Après de nombreuses discussions, la porte est finalement restée close. Sous cet argument de la sécurité se cache celui de la protection économique. En France, le gouvernement cherche à aider Alcatel-Lucent, en difficulté depuis plusieurs mois voire plusieurs années. 

 

Problème : le président François Hollande doit se rendre en Chine fin avril pour vanter les mérites des technologies françaises (aviation, nucléaire). Quid de l’accueil si ce projet venait à se concrétiser ? D’autant plus qu’Alcatel-Lucent emploie 12 000 personnes en Chine. 

 

En Europe, la France paraît d’ailleurs seule sur ce terrain puisqu’aucun autre pays de l'UE ne semble vouloir s’engager sur cette voie. Outre-Atlantique, le Canada avait également décidé d’exclure les équipementiers chinois de la liste des fournisseurs agréés pour son réseau public.

 

Rappelons aussi que de forts soupçons de fraude économique pèsent sur ZTE et Huawei. En mai 2012, la Commission Européenne avait ouvert une enquête pour dumping fiscal : ils étaient accusés de bénéficier d’aides gouvernementales leur permettant de pratiquer des tarifs très attractifs : une sorte de concurrence déloyale en somme. 

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 11:55

Indus def FR

 

03/04 par Edouard Tetreau - Professeur à HEC, associé gérant de Mediafin ; etatsunisdeurope.com

 

Réduire nos capacités de défense alors que de nouvelles menaces apparaissent est un contresens. Il faut au contraire les relancer en utilisant un mécanisme de financement mobilisant l'abondante épargne des Français.

 

600 milliards d'euros : tel est le montant que la Russie de Vladimir Poutine, ancien lieutenant-colonel du KGB, va consacrer à son réarmement militaire d'ici à sept petites années. En face de cela, l'Union européenne saupoudre chaque année quelques dizaines de millions d'euros au titre de sa politique de sécurité et de défense commune. Elle s'en remet pour sa sécurité à l'Otan et à ses pays membres. Or, à l'exception de la France et de la Grande-Bretagne, aucune grande nation européenne n'entend se donner les moyens d'assurer sa propre défense ou celle de ses voisins. Quant à l'Otan, les Américains ne cessent de multiplier les signes de désengagement (en Libye et au Mali) et, contraintes financières et priorités asiatiques obligent, commencent à rapatrier leurs troupes et capacités basées en Europe (arrêt du déploiement du bouclier antimissiles).

 

La France et la Grande-Bretagne vont bientôt se retrouver seules à affronter, au nom de l'Europe, les menaces présentes et futures, qu'il s'agisse de la cyberguerre, silencieuse mais déjà en cours, du terrorisme islamiste sur nos territoires et au sud de l'Europe ; ou de défis en apparence plus lointains, à l'est de nos frontières, du réarmement russe à la montée en puissance des budgets militaires et du sentiment nationaliste en Chine.

 

Et si la France faisait du comblement de ce manque une priorité stratégique, industrielle et financière ? Le chef de l'Etat a déclaré la semaine dernière qu'il sanctuariserait le budget de la défense, ce qui est une bonne nouvelle. Est-ce suffisant, sachant que l'Otan recommande que chacun de ses membres consacre au moins 2 % de son PIB à sa défense ? Rapporté à la France, cela implique un budget d'au moins 41 milliards d'euros, soit 10 milliards de plus que la proposition actuelle. Où et comment trouver ces 10 milliards ?

 

D'abord, au nom de l'Europe, il devient urgent de sortir le budget de la défense des critères de Maastricht. De facto - on le voit avec le terrorisme islamiste au Mali, entre autres -, la France paie pour la sécurité de ses voisins. Parmi les nombreuses erreurs des concepteurs de l'euro, celle de rabougrir les capacités de défense des pays membres dans des logiques comptables et court-termistes mérite d'être corrigée sine die. Ce faisant, la France serait dès 2013 en deçà des 3 % de déficit rapporté au PIB.

 

Concernant le financement, trois possibilités existent : la première est de demander à nos partenaires de la zone euro, en particulier les moins investis en défense (Allemagne, Pays-Bas, Belgique, pays scandinaves notamment) de contribuer à cet effort d'intérêt commun, qu'ils voudraient ignorer. La deuxième est de faire des économies, non pas sur un budget de l'Etat déjà trop fortement pressurisé, mais là où les dépenses inutiles sont les plus visibles : on veut parler ici des plus de 500 milliards d'euros de la protection sociale, aux abus caractérisés et souvent dénoncés (voir tous les rapports de la Cour des comptes depuis qu'ils existent) et des doublons et quadruplons des collectivités locales (plus de 200 milliards d'euros entre départements, régions, communes, communautés urbaines, etc.).

 

La troisième piste est de considérer enfin la défense comme un investissement de sécurité et d'avenir. Il existe un lien évident entre le budget de la défense d'un pays et ses capacités d'innovation technologiques. La France le sait intimement, avec les progrès industriels majeurs que lui apportent depuis plus d'un demi-siècle le CEA (énergie nucléaire), le CNES (Arianespace), l'Aerospatiale (Airbus). Les Etats-Unis dominent l'Internet aujourd'hui, en grande partie parce que ce réseau est dérivé d'un projet du département de la défense américain, l'Arpanet (tout comme le GPS). Israël, nation en guerre, est le pays affichant le ratio R&D / PIB le plus élevé au monde, avec une très forte culture de capital-risque et d'innovation, pour de nombreuses raisons, en particulier les budgets importants consacrés à la défense.

 

On sait, depuis longtemps, que les grands investisseurs institutionnels privés français (banques, compagnies d'assurances) ne sont plus capables de financer l'innovation en France, du fait de règles de retour sur investissement qu'ils se sont auto-imposées. Avec l'épargne surabondante des Français (2.600 milliards d'euros en épargne longue), le moment n'est-il pas venu d'émettre chaque année des obligations publiques à long terme d'un montant de 10 milliards d'euros, portant un rendement élevé et permettant de financer les programmes du futur ? Qu'il s'agisse de nanotechnologies, de biotechnologies, de cybersécurité, de drones civils, d'énergies renouvelables, les applications civiles à la recherche militaire de pointe au XXI e siècle ne manquent pas. Pour rembourser ces obligations, on pourrait revendre à terme, sous forme de brevets, les innovations industrielles non stratégiques, d'un point de vue militaire, nées de ces programmes.

 

Puisque nous ne pouvons hélas plus attendre d'initiative industrielle de la part de l'Union européenne, prenons cette initiative française, porteuse de sécurité, de croissance et d'emplois futurs, pour la France comme pour l'Europe. En France, contrairement à la Russie de M. Poutine, on n'a pas de pétrole, mais on a encore quelques idées. Et 750.000 ingénieurs qui méritent de travailler ici pour l'avenir de leur pays, plutôt qu'à Sacramento ou dans les métiers du passé à la City de Londres.

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 09:36

Assemblée nationale française.svg

 

3 avril 2013 comptes-publics.fr

 

Mercredi 3 avril 2013, la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale examine un texte sur l’accord de défense entre la France et la Serbie (9h30).

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 09:34

logo Operation Serval

 

3 avril 2013 comptes-publics.fr

 

Mercredi 3 avril 2013, la commission de la défense de l’Assemblée nationale auditionne Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense, pour un point hebdomadaire sur l’opération Serval au Mali (17h15).

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 09:33

Sénat RF

 

29 mars 2013 senat.fr

 

La décision prise par le Président de la République de maintenir à leur niveau les moyens budgétaires alloués à la défense est la décision responsable d’un homme d’Etat. Cette décision avait reçu l’appui quasi unanime des forces politiques du Sénat qui s’étaient prononcées pour l’établissement d’un seuil minimal de 1,5 % du PIB consacré à la défense.

 

Face à une logique purement comptable, le Président de la République a su faire prévaloir l’intérêt supérieur de la Nation. Cette décision de bon sens permet de maintenir ce qui constitue les fondations de notre sécurité, de notre indépendance et donc de notre prospérité.

 

Cette décision, qui stoppe le mouvement de dégradation de notre outil militaire, qui reste, selon les termes de la commission du Sénat, à un niveau « juste insuffisant », doit nous permettre à présent de préparer l’avenir de nos forces armées et de notre défense nationale et collective. Cet avenir s’inscrit, à terme, dans une mutualisation et un partage réussis des efforts et des capacités de défense au niveau européen et à celui de l’OTAN. La réussite du sommet européen de décembre 2013 est à présent un objectif prioritaire.

 

La commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées va désormais faire porter son effort et sa vigilance sur la mise en œuvre de la volonté du Président de la République dans la loi de programmation militaire et dans les lois de finances en ne perdant pas de vue la nécessité d’une trajectoire donnant à la France les moyens de maintenir ses emplois et son influence.

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 07:55

http://forcesoperations.com/wp-content/gallery/guillaume/sofins.png

 

02.014.2013 par Guillaume Belan (FOB)

 

Pour la première fois, un salon dédié aux forces spéciales va se tenir en France la semaine prochaine. Hébergé par le 13ème RDP (Régiment de Dragons Parachutistes) sur le camp de Souge, SOFINS (Special Operations Forces Network Seminary) ouvrira ses portes le mardi 9 avril avec la présence du Ministre de la Défense, pour s’achever le 11 avril. Au programme, des démonstrations dynamiques (drones, aéro-cordage, véhicules tactiques, optronique, camouflages actifs, tir longue distance…), des ateliers R&D et des expositions statiques de matériels et technologies divers. Mais surtout une forte participation des forces et des industriels, puisque pas moins de 200 délégations sont attendues, issues d’une soixantaine de pays. Côté exposants, plus d’une centaine d’entreprises seront là, avec une forte présence des PME (dont le cluster EDEN, coorganisateur de l’évènement) mais également des laboratoires, centres de recherches ou de plus grands industriels (Renault Trucks Défense, Thales, MBDA…).

 

Rendez-vous biannuel, appelé à se pérenniser, SOFINS est donc le tout premier salon en Europe consacré aux forces spéciales. Les deux autres grands rendez-vous mondiaux « forces spéciales » sont le SOFIC américain et le SOFEX jordanien.

 

http://forcesoperations.com/wp-content/gallery/guillaume/sofins2.png

 

 

Trois jours qui devraient être riche d’échanges, de retours sur expériences et de promotions de savoir-faire opérationnel et technique. Organisé par le COS (Commandement des opérations spéciales), EDEN (European Economic Defense Networks) le cluster des PME défense de la région Rhône Alpes et la DGA (délégation Générale de l’Armement), l’objectif de SOFINS est bien plus que d’être une simple vitrine. Mais bien de montrer et partager des savoir-faire, de promouvoir l’innovation technique pour des besoins particulièrement exigeants. Ainsi les exposants présents auront-ils accès aux opérationnels permettant un dialogue direct, sans intermédiaire. Ce sera pour les forces l’occasion de découvrir de nouvelles technologies, et pour les entreprises de mieux cerner les besoins. Voir de faire émerger de nouvelles idées. Car nombre de PME présentes fournissent déjà les forces spéciales. Il faut dire que les besoins pour ces unités d’unités sont très particuliers. Et que de nombreuses PME souhaitaient ce dialogue direct. L’origine de ce rendez-vous est d’ailleurs là. Tout a débuté en mai 2010, au camp de la Valbonne, une vingtaine de PME du cluster EDEN fournisseurs des forces spéciales décide d’organiser avec les forces spéciales et la région Terre Sud Est une sorte de forum qui s’est tenu sur 2 jours, de dialogues et de rencontres entre PME innovantes et opérationnels. La rencontre fut un succès. SOFINS était né.

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 20:55

Rafale photo2 Sirpa Air

 

02/04 LesEchos.fr

 

Les fibres de carbone, matériau d'avenir

Elles sont présentes dans l'aéronautique, le pétrole oules skis

Une demande mondiale en explosion

 

Le groupe japonais Toray jette les bases d'une véritable "carbon valley" dans les Pyrénées-Atlantiques, où il compte développer toute une filière de fabrication des fibres de carbone, matériau d'avenir notamment pour l'aéronautique et le forage pétrolier.

 

La fibre de carbone est un composant-clé de la famille des matériaux composites à haute performance, qui peuvent répondre à de grosses contraintes mécaniques ou thermiques, avec un poids très inférieur à celui des aciers.

 

Toray, leader mondial du secteur, construit à Lacq (Pyrénées-Atlantiques) une usine de production du précurseur chimique (PAN) des fibres de carbone qu'il produit sur le site voisin d'Abidos.

 

Le chantier de nouvelle usine s'élève sur un terrain de la plate-forme de Lacq classée en Seveso 2, au c÷ur du bassin d'extraction du gaz naturel, en pleine reconversion avec l'extinction programmée du gisement.

 

Une première ligne de 600 mètres de long et d'une capacité de production annuelle de 11.900 tonnes PAN (Polyacrylonitryle) sera opérationnelle dès mai 2014. Elle devrait tourner à plein régime un an plus tard avec 50 emplois à la clé.

 

Toray, qui produit chaque année à Abidos 5.200 tonnes de fibres de carbone sur les 18.000 à 19.000 qu'il fournit dans le monde, construit dans le Béarn sa troisième usine de PAN avec celles des Etats-Unis et du Japon.

 

MATÉRIAU D'AVENIR

 

A moyen terme, trois lignes identiques fonctionneront avec un total de 150 emplois, pour 100 millions d'euros investis, dont 12 d'aides publiques.

 

Les grandes bobines du fil de viscose qui en sortiront seront aux deux tiers envoyées par la route jusqu'à l'usine d'Abidos, le dernier tiers vers les autres usines du groupe.

 

Pour Bernard Martin, le PDG de Toray Carbon Fibers Europe à Abidos, seule usine européenne du groupe (350 emplois), le marché de la fibre de carbone ne peut que progresser.

 

"La fibre de carbone est le matériau d'avenir pour l'aéronautique. La demande mondiale qui était de l'ordre de 40.000 tonnes en 2012 devrait être de l'ordre de 60.000 tonnes en 2015", dit-il.

 

Elle est aujourd'hui le maillon fort d'une vaste branche industrielle qui va de la production de PAN jusqu'à la construction de pièces d'avion.

 

On en trouve à présent dans les bateaux de compétition, les skis et les raquettes de tennis et surtout l'aéronautique.

 

"Un Airbus A320 c'est moins de 10% de composite carbone. Un A380 c'est 25% et avec un A350 on monte à 50%", souligne Bernard Martin, qui espère devenir le fournisseur majeur d'Airbus en Europe, comme le groupe Toray l'est aux Etats-Unis pour Boeing.

 

Pour lui, évoquer une carbon valley, c'est imaginer toute la chaîne de production.

 

"On espère développer en Aquitaine toute une filière de fabrication. Notre volonté stratégique c'est de descendre en aval. Il y a toute une industrie à créer, et on imagine qu'une partie de cette filière peut être implantée ici dans la région", explique-t-il.

 

L'INDUSTRIE PÉTROLIÈRE EN LIGNE DE MIRE

 

Toray Europe se veut un acteur majeur de cette "carbon valley".

 

"On fera ce qu'il faut pour développer des activités et si ça nécessite qu'on intervienne pour créer ou aider à créer des sociétés agissant dans les matériaux composites, alors nous le ferons", assure Bernard Martin.

 

Les matériaux composites ont depuis plusieurs décennies fait leur nid en Aquitaine, dans la foulée des grandes sociétés de l'aéronautique et du spatial qui ont essaimé des sous-traitants et des filiales impliquées dans cette filière d'avenir.

 

Toray s'est ainsi implanté à Abidos au début des années 80 en raison de la volonté de Elf Aquitaine, puis de Total , d'anticiper l'extinction du gisement gazier de Lacq.

 

Même si le développement de la fibre de carbone a été plus lent que prévu, l'usine est passée d'une à quatre lignes. Toray a ainsi dans sa clientèle les usines Dassault pour l'avion de combat Rafale.

 

Un des débouchés envisageables se situe aussi dans l'industrie pétrolière.

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 17:18

Mali slodiers 400x300

 

02 avril 2013 Par RFI Avec notre correspondante à Moscou, Anastasia Becchio

 

Le gouvernement du Mali a besoin d’hélicoptères, d’avions de combat et de véhicules blindés pour combattre les rebelles islamistes dans le nord du pays, au sein de l’opération multinationale à laquelle participe la France. L’agence publique russe d’exportations d’armements pourrait répondre favorablement aux requêtes maliennes.

 

Des hélicoptères Mi-35 et Mi-17, des avions cargo, des avions de combat, des véhicules blindés, des systèmes radar de défense antiaérienne, des armes légères et des munitions : telle serait la liste adressée par le Mali à Rosoboronexport, selon une source au sein de l’agence publique russe d’exportation d’armements citée par le quotidien Vedomosti.

 

L’armée malienne aurait aussi besoin de l’expertise russe pour la réparation d’une partie de son matériel et en particulier des tanks, acquis à l’époque soviétique. Les finances maliennes étant limitées, la Russie n’a livré que 3 000 fusils d’assaut Kalachnikov, 300 mitrailleuses et des munitions pour un montant de 12 millions de dollars en février. Selon le représentant de Rosoboronexport, de nouveaux contrats pourraient être passés prochainement pour des armes légères, des munitions, mais aussi des véhicules blindés et des hélicoptères de transport.

 

La Russie, qui achemine également de l’aide humanitaire au Mali, soutient l’opération de la France. Vladimir Poutine l’a rappelé fin février en recevant François Hollande au Kremlin. Selon une source au sein du ministère russe de la Défense, au début de l’opération, des avions cargo russes ont effectué une vingtaine de vols pour acheminer du matériel militaire de l’armée française.

 

deux Antonov 124 russes sur la base aérienne 105 d'Evreux

 

Les Antonov-124 russes pourraient reprendre du service le mois prochain, à la faveur du retrait d’une partie des troupes françaises du Mali.

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 16:55

Mindef

 

29.03.2013 par Guillaume Belan (FOB )

 

C’est un « ouf » général qui est partagé ce jour suite à la « sanctuarisation » annoncée par le Président de la République du budget de la Défense. C’est vrai, les pires scénarios envisagés par Bercy (courbes Y ou Z), qui ont largement filtré dans la presse ces dernières semaines ont été écartés. Le budget de la défense est maintenu. Une victoire pour le ministère de la Défense et une décision digne d’un vrai chef des armées. La place de la France dans l’ordre international est sauvegardée. La filière technologique et les emplois sont saufs. La capacité de la France à intervenir militairement pour protéger ses intérêts (et ceux d’une Europe politiquement et militairement inexistante) est maintenue !

 

Un budget historiquement bas

 

Oui, mais… C’est un fait, le budget de la Défense ces dernières décennies n’a cessé de baisser. Pour atteindre un niveau historiquement bas, aujourd’hui à 1,56% du PIB. La sonnette d’alarme a été tirée ces dernières années à maintes reprises et par divers acteurs (par ex rapport du Sénat sur «  un format juste insuffisant »). Depuis quelques années, le plafond d’une armée « a minima » a déjà été atteint. L’armée de terre en est la principale victime. Sans doute hautement technologique et bien entraînée (le Mali l’a démontré), mais tout de même « une armée de poche », dorénavant largement en dessous du seuil des 100 000 soldats. Heureusement, les conflits ces dernières décennies auxquels la France a fait face étaient d’intensité réduite. Rappelons le, et sans vouloir entacher les excellents résultats de l’outil militaire français, qu’il s’agisse de l’Afghanistan, de la Libye ou du Mali, sur aucun de ces théâtres, la France n’a eu à combattre une armée un tant soit peu moderne. Reste aujourd’hui à espérer que les futurs conflits ne le seront pas. Car le reste du monde, lui, se réarme.

 

Le volet équipement menacé

 

Le budget de la Défense est-il donc réellement sanctuarisé ? En théorie sans doute. En pratique, il y aura de nombreuses et grosses couleuvres à avaler. La première tient en une pratique qui a la dent dure : aucune Loi de Programmation Militaire n’a été respectée ! RGPP oblige, la défense a toujours été une variable d’ajustement. Pas de raison que cela cesse, Bercy y veillera !

 

Deuxième facteur, cette enveloppe constante de 31,4 milliards ne prend pas en compte le taux de l’inflation, au moins jusqu’en 2016. Un coup de griffe, loin d’être anodin.

 

Troisièmement, il va bien falloir avaler la « bosse budgétaire » qui n’a cessé de gonfler ces dernières années. Elle serait proche des 45 milliards d’euros. Reports de commandes, étalements de programmes, achats en urgence ces dernières années, cette bosse qu’il va falloir régler, va significativement grever les prochains budgets.

 

Autre facteur qui n’est pas pris en compte : les programmes d’armement coûtent toujours plus cher. C’est une constante bien connue, une formule savante a même été élaborée pour quantifier cet accroissement monétaire continu des programmes et qui intervient à tous les stades de la vie d’un programme (conception, développement, livraison, maintien en condition opérationnelle…). En cause : le prix des matières premières, les besoins opérationnels toujours plus exigeants, la gestion des obsolescences, le coût de la main d’œuvre, les étalements de livraisons, diminution de cibles et bien d’autres imprévus divers… Or, ces facteurs, s’ils sont bien connus, sont systématiquement sous-estimés. Par tous ! Les raisons sont diverses, mais globalement tiennent au fonctionnement intrinsèque du système d’acquisition français : code des marchés publics, comportement des industriels pour remporter un appel d’offre ou DGA pour rentrer dans une enveloppe budgétaire fixée et satisfaire les besoins des opérationnels (lire pour mieux comprendre cet effet, l’excellente note de l’IFRI : Focus 42 : « Toujours plus chers »). Ces facteurs font généralement l’objet d’une clause de révision contractuelle.

 

Ajoutez à cela qu’il y a des budgets incompressibles. Le plus important, le Commissariat de l’Énergie Atomique (CEA), avec 18% de l’enveloppe équipement 2012 de 11 milliards.

 

First production Airbus Military A400M in French Air Force

 

Et puis il y a les « gros » programmes déjà actés : A400M, Rafale ou FREMM, dont les pénalités en cas d’étalement ou de diminution de cible coûteront très cher si le gouvernement compte les renégocier. Ainsi, à enveloppe pourtant constante, le budget équipement va aboutir à devoir sabrer dans les programmes.

 

Le terrestre en danger

 

Scorpion source EMAT PP BPSA OP SCORPION

 

Or, tous ces grands programmes déjà lancés et qu’il va falloir financer concernent la Marine et l’armée de l’Air. Souffrant d’un programme d’ensemble Scorpion en attente de lancement, la principale victime sera, sans aucun doute, l’armée de Terre. Problème, ce programme d’ensemble Scorpion doit venir remplacer les matériels les plus importants (VAB, AMX10RC, Sagaie, revalorisation du Leclerc…). Et puis il y aura une autre victime : les programmes de cohérence. Pris en tenaille entre un budget rogné par l’inflation, le remboursement de la bosse et un surcoût des grands programmes, ces petits programmes pourtant essentiels à la cohérence opérationnelle et particulièrement importants pour les opérations, ne pourront plus êtres financés.

 

AMX 10 RC BG Picardie en position de tir photo H Laurent A

 

Sur le long terme, ne pas investir aujourd’hui dans les équipements terrestres de demain, c’est un réveil trop tardif assuré, aux conséquences désastreuses. Opérationnellement cela se traduira par ne plus disposer des matériels adéquats quand nécessaire. Car bons nombres d’équipements sont à bout de souffle. Il suffit de voir ceux engagés dans Serval : VAB, AMX10RC, Sagaie… En moyenne, plus de 30 ans d’âge. Ne pas lancer leur remplacement aujourd’hui aboutira à des achats en urgence, sur étagère. Donc arrêter d’irriguer une industrie terrestre de défense. C’est perdre l’avantage opérationnel, faire une croix sur des capacités, sur l’export et aussi sur des emplois. C’est tuer une filière pourtant prometteuse.

 

Effet de « Com » ?

 

Pourtant les réactions de ce jour sont élogieuses. Il faut dire que les scénarios présentés étaient catastrophiques. Depuis des semaines, les « fuites » dans la presse de scénarios apocalyptiques ont été extraordinairement nombreuses, argumentées et précises. A tel point que l’on peut se demander si menacer du pire, ne permet pas de faire passer le mal… Rayonnement de la France, protection de ses intérêts économiques, emplois hautement qualifiés, export à haute valeur ajoutée, un Président pouvait-il raisonnablement sabrer dans ces atouts ? Bref, un épouvantail n’aurait-il pas été agité pour cacher les mauvaises nouvelles ?

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 16:55

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/terre/terre-images/images-articles/travailler-avec-les-allies-comment-se-preparer-a-un-exercice-multinational/2251646-1-fre-FR/travailler-avec-les-allies-comment-se-preparer-a-un-exercice-multinational.jpg

 

02/04/2013 Armée de Terre

 

Chef du centre des opérations amphibie à la 9e brigade d’infanterie de marine (9e BIMa) de Poitiers, le chef de bataillon Thierry Gelas-Dore travaille à la préparation d’exercices multinationaux depuis plus de 2 ans. Corsican Lion, Joint Warrior, Catamaran, Bold Alligator, Emerald Move, Skreo n’ont pas de secret pour lui… Nous avons voulu en savoir plus sur ces exercices, sans éluder certaines idées reçues.

Cellule web > Vous avez participé à la préparation de plusieurs exercices multinationaux, notamment avec les britanniques. Comment cela se passe-t-il ?

Chef de bataillon Gelas-Dore > Pour Joint Warrior, par exemple, il s’agit d’un exercice sous « UK lead » : les Britanniques organisent un exercice pour lequel l’état-major de la 9e brigade d’infanterie de marine (9e BIMa) va fournir un renfort spécifique. Leur but est la certification de leur capacité à déployer une force amphibie d’assez haut niveau. On en profite pour travailler la coopération, comprendre la façon de travailler britannique pour petit à petit s’intégrer dans le dispositif : notre objectif pour 2016 est la création d’une force expéditionnaire conjointe (CJEF). Participer à un tel exercice nécessite de participer à 3 réunions en Grande-Bretagne.

CW > Il faut donc bien parler anglais…

CBA Gelas-Dore > La 1re étape pour préparer ce type de coopération, c’est de cibler les bonnes personnes, de connaître leur potentiel. Comprendre la langue est un minimum, une expérience spécifique des bâtiments britanniques est incontournable. Les unités arrivent toujours à trouver un correspondant aux qualités suffisantes pour comprendre et s’exprimer en anglais. L’usage des courriels facilite les échanges. D’ailleurs les Britanniques sont souvent étonnés de notre capacité à parler leur langue.

CW > Les unités qui y participent subissent un « casting », alors, pour pouvoir embarquer sur un navire britannique ?

CBA Gelas-Dore > Le choix des unités impliquées dans ce type d’exercice est contraint en 1er lieu par leur disponibilité. Il n’y a pas de régiment plus « English friendly » qu’un autre. En fait on peut dire que le niveau en anglais des cadres est correct. Chez les commandants d’unité et les lieutenants, il existe une ressource certaine de bons correspondants, pouvant devenir des contacts privilégiés pour échanger entre Français et Britanniques. Se comprendre est nécessaire, il ne faut pas avoir peur de demander des précisions s’il y a un doute. C’est valable dans les deux sens.

CW > Vous embarquez le 8 avril 2013 sur le HMS Bulwark, navire de la flotte britannique. Appréhendez-vous les repas et la réputation culinaire de vos hôtes ?

CBA Gelas-Dore > Pas du tout ! Ce n’est pas la 1refois que j’embarque sur ce navire et je dois dire que j’ai été surpris par la nourriture britannique qui est très bonne ! Cela étant, il est tout de même vrai que, manœuvres mises à part, le thé est servi à 10h et 16h avec des biscuits, à l’anglaise !

CW > Et que disent les Britanniques de notre « gastronomie » ?

CBA Gelas-Dore > Lors de discussions informelles au cours de Corsican Lion, ce qui revenait en premier c’était les repas. Les Britanniques étaient toujours très contents des menus servis à bord du bâtiment de projection et de commandement (BPC) Mistral et émerveillés de la qualité de la nourriture.

CW > Autre « particularité » outre-Manche, la conduite à gauche… Comment ça se passe sur le terrain, entre Français et Britanniques ?

CBA Gelas-Dore > Concrètement, la question du côté de la conduite ne se pose pas. La brigade commando britannique est équipée de Vikings (équivalent de notre véhicule haute mobilité – VHM). Il est très rarement déployé pour des exercices en France. Donc la plupart du temps, ce sont des séquences à pied qui sont planifiées. Ou alors, nous leur mettons à disposition des véhicules… avec pilote ! Typiquement, le fait d’être motorisés ou pas va compter pour beaucoup dans la participation ou non d’une unité britannique lors de l’exercice Skreo fin mai 2013.

CW > Avons-nous des rythmes de travail bien différents ? Comment faisons-nous pour nous adapter ?

CBA Gelas-Dore > Si les journées sont rythmées différemment, il y a adaptation quasi immédiate, surtout sur un bâtiment. Les différences sont plus remarquables sur les méthodes de travail, la façon de planifier par exemple : nous Français planifions selon la méthode OTAN (comprehensive operations planning directive – COPD), les Britanniques ont leur méthode : « 7 Questions Estimate ». Mais globalement, on arrive à se comprendre !

CW > Depuis que vous travaillez avec les alliés, quel est votre souvenir le plus marquant de différence culturelle ?

CBA Gelas-Dore > Travailler avec les alliés, c’est devenu une réalité et mon quotidien depuis ma dernière affectation chez les US Marines à Camp Lejeune (Caroline du nord) été 2008. Et je dois dire que j’ai vécu un moment assez particulier lors de Corsican Lion en 2012. Nous étions cinq Français à bord du HMS Bulwark pour la partie planification. Lors du transit de Plymouth (Angleterre) en Corse, l’escale à Gibraltar fut une expérience originale pour nous : les Britanniques ont commémoré la victoire de… Trafalgar en même temps que le 348e anniversaire du Royal Marine Corps ! Porte arrière baissée en terrasse au ras de l’eau, 5 Français ont en quelque sorte participé à une victoire… du camp adverse…

CW > Quelles sont les prochains rendez-vous de la coopération avec les alliés ?

CBA Gelas-Dore > C’est une affaire planifiée dans la durée. Nous y prêtons une attention permanente. Tous les ans, les Britanniques déploient des forces pour la mission Cougar, et pendant ce déploiement se tient en exercice commun : c’était Corsican Lion en 2012, en 2013, ce sera Djiboutian Lion en novembre. En 2014, se tiendra l’exercice Catamaran à Fréjus et Canjuers normalement dans le cadre européen de l’initiative amphibie européenne (IAE), suivi de Emerald Move en 2015. On a une vision des exercices amphibies bilatéraux et multinationaux jusqu’en 2016.

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 16:55

Rafale point-de-situation-du-15-janvier-2012-1

 

31 Mars 2013 Jean-Dominique Merchet

 

Une rumeur court dans les milieux de la défense : les commandes de Rafale pourraient être réduites de 286 à 225, au prétexte de faire des économies. Mais si l'on examine les choses dans leur détail, on se rend compte que cela n'a aucun sens, du moins avant de longues années. Explications.

 

286, c'est le nombre total d'avions de combat que le gouvernement français prévoit d'acheter sur toute la durée du programme - environ un quart de siècle. 180 d'entre eux ont été commandés et 115 livrés. Le rythme de production actuel de l'usine Dassault de Mérignac est de 11 avions par an, soit un avion par mois, à l'exception du mois de vacances d'été.

 

Il reste donc aujourd'hui à livrer 65  Rafale (c'est-à dire :180 - 115) déjà commandés. Soit six années de production, ce qui nous renvoie au début de l'année 2019.

 

Supposons maintenant qu'une réduction à un format de 225 avions soit décidée. Il faudrait donc encore à passer une commande de 45 avions supplémentaires au cours de la prochaine loi de programmation militaire. Soit quatre années de production supplémentaire : nous voilà donc au début de l'année 2023, dans dix ans !

 

Tout cela s'entend sans commandes à l'exportation - et des signatures de contrat sont toujours attendues, en particulier en Inde. Si un contrat est conclu, il faut compter trois ans entre la signature et la livraison du premier avion. Rien donc dans le meilleur des cas avant le début de l'année 2017.

 

C'est à partir de ce moment là que les livraisons à l'armée de l'air et à la marine pourraient être freinées. La chaîne de fabrication de Dassault tournerait alors pour l'export, ce qui permettrait de conserver l'outil industriel français sans commandes nationales. Une solution transitoire - qui ne fera pas l'affaire des aviateurs et des marins - mais qui ne pourra intervenir au cours des trois prochaines années, les plus difficiles à passer selon les prévisions budgétaires actuelles.

 

Bref, toute annonce sur une baisse des commandes totales de Rafale ne serait qu'un affichage politique - sans conséquence budgétaire avant de nombreuses années. Il est d'urgent d'attendre.

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 16:35

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/terre/repertoire-images/materiels-majeurs/artillerie/caesar/photo-1-validation-du-caesar-en-afghanistan/331672-1-fre-FR/photo-1-validation-du-caesar-en-afghanistan.jpg

A group of commercial banks has drawn up a loan to fund Indonesia’s purchase of

truck-mounted artillery from French land systems maker Nexter, sources close to the deal said.

Shown is Nexter's Caesar self-propelled guns. (photo EMA)

 

Mar. 31, 2013 - By PIERRE TRAN  - Defense News

 

PARIS — A group of commercial banks has drawn up a loan to fund Indonesia’s purchase of truck-mounted artillery from French land systems maker Nexter, sources close to the deal said.

 

The agreement is the latest in Jakarta’s push to “catch up” on defense procurement after what one analyst called “a long period of atrophy.” And by financing the deal through a bank loan rather than paying cash, Indonesia is part of a growing number of emerging defense markets looking to stretch their buying power as they seek to beef up militaries.

 

“Indonesia is a key target for everyone,” Grant Rogan, chief executive of Blenheim Capital, a specialist in defense offset deals, said March 26. “Our client base, which includes 25 large aerospace and defense companies, all, without exception, view Indonesia as a prime target.”

 

Jakarta’s short-term high-interest loan will pay for 34 Caesar 155mm 52-caliber guns, the sources said.

 

Indonesia required a buyer’s credit for 85 percent of the 108 million euro ($140 million) contract, with funding to be delivered to the Indonesian Finance Ministry in April, an executive said.

 

Indonesia’s request for bank financing is just one of a number of weapons deals for the Asian country, a European banker said.

 

The Asian market for bank loans “is concentrated in Indonesia,” as other countries such as India, Malaysia and Thailand pay cash, the banker said. Jakarta is in the midst of a procurement drive after staying out of the arms market for years, due to a lack of money and Western sanctions over human rights abuse. Now, the government is trying to “catch up,” said Richard Bitzinger, senior fellow at the S. Rajaratnam School of International Studies, Singapore.

 

“Indonesia is in the midst of trying to upgrade its military after a long period of atrophy,” Bitzinger said. Jakarta buys weapons from a variety of suppliers, as it seeks to avoid being too dependent on a major foreign arms producer and to find the best value for money, he said.

 

Despite the rule of paying cash, a market for bank funding is rising, Rogan said. “Many countries are requesting financing.”

 

Blenheim has added a specialization in financing that complies with Islamic Sharia law, reflecting the rising demand.

 

Rogan was speaking from the Langkawi International Maritime and Aerospace Exhibition, Malaysia.

 

Banks Pursue Deals

 

The pricing of loans is a sensitive issue, and the sensitivity is heightened by the unusual nature of the Indonesian artillery deal.

 

A source close to the deal said there are not many banks in this group of lenders, which is expected to be composed mainly of French lenders. The term of the loan is expected to be for a relatively short period, under five years.

 

The margin on the proposed bank loan is estimated to be below 200 basis points, the source said. Banks set the interest on loans using basis points — 1/100th of a percentage point — which are keyed to official interest rates such as the London Interbank Offered Rate.

 

A financial specialist said the estimated margin on the Caesar deal is relatively expensive, in view of the short loan period and the fact that the deal is backed by a sovereign guarantee from Indonesia.

 

The margin and loan period indicate France and the bank lenders are essentially taking a short-term view of Indonesia as a financial risk, with a loan covering production and delivery of the guns, and perhaps after-sales warranty, the specialist said.

 

A lower margin, on the other hand, would indicate a long-term view of Indonesia’s attractiveness as a client.

 

Indonesia, which sees itself as a regional power and is undergoing a procurement drive to reflect that role, moved last year to holding tenders for bank lending instead of private trade deals, attracting the attention of international and local banks.

 

Since then, about a dozen big banks expressed interest in arranging loan finance for eight or nine arms contracts Indonesia signed with Brazil, China, France, Russia, Spain and the United States.

 

The loans range from large orders to small deals of around $10 million.

 

For instance, Jakarta relaunched a bank tender this year to raise money to buy the Brazilian Avibras Astros B multiple rocket launcher system.

 

The Astros is capable of firing cluster submunitions. Western banks likely stayed away because the Oslo convention bans these weapons, forcing Indonesia to reset the tender a couple of months ago.

 

Indonesia reportedly used that type of munition in East Timor when the local population called for self rule in a 1999 referendum.

 

Indonesia also has a tender out for bank loans for 25 Bell 412 utility helicopters for the Army. Jakarta is also spending $750 million to upgrade secondhand F-16 C/D fighters provided free by the U.S. government. That upgrade will be a cash deal through the Foreign Military Sales regime.

 

The Down Side for Lenders

 

A bank loan for weapons poses problems for commercial lenders, the defense specialist said.

 

Lending on civil programs such as a nuclear power plant or a highway is relatively simple because they can generate revenue, part of which can be placed in escrow holding accounts to act as security.

 

But weapons have no power to raise revenue, and what is worse, might be destroyed. If a country loses use of its arms, it might stop repaying the loan. “What security is that?” the specialist said. Banks are also concerned about how the public views lending on arms deals. One large British bank refuses to lend on arms, two sources said.

 

Given the size of the Indonesian economy, the 108 million euro purchase price for the Caesar guns “is peanuts,” the specialist said.

 

A striking aspect of the Indonesian artillery loan is what is seen as the relatively long time between the signing last summer and the financing in April.

 

That long lead time may signal a slowing of arms deals, perhaps delaying some until 2014. Or perhaps it reflects a lower economic growth rate, or simply a bottleneck in the finance and defense ministries as staff struggle to cope with the volume of orders.

 

A loan for 85 percent of purchase amount is the maximum allowed under trade rules of the Organization for Economic Cooperation and Development, with the 15 percent paid in cash, an export credit executive based in New York said.

 

Trying To Catch Up

 

Indonesia has a robust defense and aerospace industry in place, and the government wants to co-produce and co-assemble to build the domestic base, Rogan said.

 

Malaysia is the leader in that drive to build the defense industrial base, and wants to take a regional approach with Indonesia. The two countries would avoid product competition, and instead, buy from each other.

 

That approach drew foreigners’ skepticism three years ago, yet Malaysia is buying six-wheeled vehicles from Indonesia, and Indonesia is buying vessels from Malaysia, Rogan said.

 

Indonesia is rated the 16th largest economy, with an estimated growth rate of 6 percent in 2012, slowing from 6.5 percent in the previous year, the CIA World Factbook said.

 

The Indonesian government needs to improve poor infrastructure, which impedes growth, while also dealing with labor unrest over pay and cutting a fuel subsidy amid high oil prices, the country report said. Corruption, poverty and unemployment are also big problems, the report said.

 

Indonesia is expected to become the sixth or seventh largest economy.

 

Observers see the recent purchases as an “unblocking” of Indonesian procurement after a fallow period of three or four years. The big orders before the quiet spell were mainly Russian deals, financed by Russian banks.

 

Russian banks have lent money for Indonesia’s purchase of Sukhoi Su-27 and Su-30 fighters, the European banker said. Russian loans have helped Venezuela buy around $4 billion of weapons. The VTB bank is active in Vietnam, and the Russian lender is understood to have funded military purchases.

 

U.K. Prime Minister David Cameron visited Indonesia in 2012, looking to drum up defense deals after the previous Labour administration halted arms sales on allegations BAE Systems Hawk jets were used to bomb civilians in East Timor in 1999.

 

BAE and AgustaWestland executives went with Cameron on the visit.

 

Indonesia is now seen as an attractive market after a Western moratorium because of its human rights record and brutal put-down of movements for self-determination in Aceh, Papua and East Timor.

 

Jakarta also has close ties with South Korea, and some of the recent deals are financed on a government-to-government basis, the banker said.

 

These are understood to include Jakarta’s 2012 $1 billion purchase of three attack submarines — the first built in South Korea with Indonesian engineers on site, part of the second built in Indonesia, and the third built by state company PAL in Surabaya.

 

Jakarta has also bought 17 of the KT-1B basic trainers.

 

Jakarta and Seoul share similar ambitions.

 

“I think the Indonesians like working with the Koreans as they are in roughly the same situation: rising, aspiring regional powers with ambitions to play larger roles in their respective regions, and to also create sophisticated arms industries by which to do so,” Bitzinger said.

 

“The problem is, the Koreans have a level of technological sophistication and organizational production capability that the Indonesians still lack. So any partnerships with the Koreans still leave the Indonesians in a decidedly junior role,” he said.

 

Indonesia has also bought Damen missile corvettes from the Netherlands, financed by Dutch banks. Some Dutch banks have a policy of no support for military sales but they are quietly funding the deals anyway.

 

_________

 

Andrew Chuter in London and Wendell Minnick in Taipei contributed to this report.

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 12:55

Mindef

 

02 avril 2013 par Romain Mielcarek - ActuDéfense

 

Tout au long du mois de mars, députés et parlementaires se sont mobilisés face aux hypothèses les plus sombres de Bercy. Tous réclamaient de maintenir le budget pour préserver le statut de la France.

 

Alors que les rumeurs les plus inquiétantes – qui ne seront restées que des rumeurs – circulaient quant au futur budget de la Défense, qu’est ce qui a poussé François Hollande à sanctuariser celui-ci pour les années à venir ? Le président de la République s’est-il senti, poussé par l’opération au Mali, une âme de grand chef des armées ? Il beaucoup plus probable, en politique, que certains rapports de force aient largement joué en faveur de cette soudaine vocation découverte sur le tard, qui aura rassuré tant bien que mal une partie des acteurs du secteur.

 

Car face à Bercy et à sa volonté de réaliser le maximum d’économies possibles – c’est aussi leur job en ce moment finalement -, les parlementaires, députés et sénateurs, ont mené une véritable campagne en faveur du budget de la Défense. Au cours des dernières semaines, ils ont été nombreux à publier, à titre individuel ou collectif, des tribunes dénonçant les risques pour la sécurité nationale.

 

Cette opposition à Bercy à commencer à se manifester au sein même des groupes socialistes, parmi les membres de la commission de rédaction du nouveau Livre blanc. Patricia Adam, présidente à la fois de cette commission et de celle de la Défense nationale à l’Assemblée, a répondu à plusieurs sollicitations dans lesquelles elle a clairement exprimé ses inquiétudes. Plutôt modérée, elle a laissé le rôle du « mauvais flic » à Eduardo Rihan Cypel, membre de ces deux commissions ainsi que celle chargée d’enquêter sur le fonctionnement des services de renseignement. Plaidant en faveur des dizaines de milliers d’emplois dépendant de la Défense, il n’a pas hésité à dénoncer des « tentations destructrices et irréversibles ».

 

A droite, la mobilisation a été la même, quoi que parfois teintée de piques contre le gouvernement. Après la publication d’un communiqué du groupe UMP à l’Assemblée nationale, Guy Teissier, reprochant à Bercy de vouloir « torpiller le budget de la Défense », en attribuait la responsabilité à l’équipe de Jean-Marc Ayrault. D’autres, comme Christophe Guilloteau, lui-même membre de la commission de rédaction du Livre blanc, ont préféré jouer la carte de la cohésion en appelant les parlementaires de tous bords à faire front.

 

Au Sénat, les voix se sont faites moins dispersées. C’est le président de sa commission Affaires étrangères et défense nationale et membre de la commission de rédaction du Livre blanc, qui se sera exprimé au nom de tous. « Nos armées sont déjà au bord du point de rupture », « un passage au delà du seuil de 1,5% du PIB compromettrait la sécurité de la France », a-t-il expliqué pour annoncer cette « initiative de la commission soutenue par les partis ». Tous les partis … sauf le groupe écologiste, qui reste fondamentalement opposé aux investissements de défense.

Enfin, c’est certainement au plus haut niveau qu’a été actionné ce lobbying. L’un des députés les plus actifs sur ce dossier aura été le socialiste Gwendal Rouillard. Lui même chargé de travailler sur une mission exploratoire de la prochaine Loi de programmation militaire, il est très proche de Jean-Yves Le Drian, tous deux étant des élus de Lorient, ville et région où la défense est stratégique pour l’économie locale. Il est difficile d’imaginer que tous deux n’aient pas pu dialoguer sur ce sujet ô combien crucial pour leurs carrières respectives.

 

On s’attardera enfin sur le rôle qu’à pu jouer le tout juste nommé ministre délégué au Budget, Bernard Cazeneuve. Arrivé au débotté le 19 mars, pour remplacer un Jérôme Cahuzac poursuivi par une affaire médiatico-judiciaire, il est beaucoup plus sensible aux questions de défense que son prédécesseur. Lui aussi originaire d’une région où la problématique est stratégique – la Manche -, il a été secrétaire de la commission Défense nationale lorsqu’il était député. Lors de l’élection de François Hollande, certains pronostics le voyaient d’ailleurs bien recevoir le portefeuille de l’Hotel de Brienne

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 11:55

http://www.gifas.asso.fr/reaxia_images_preview/symposiums__exhibitions/1238.jpeg

 

Apr. 1, 2013 - By ZACHARY FRYER-BIGGS  - Defense News

 

WASHINGTON — Despite a sluggish defense market, organizers of the biannual Paris Air Show, set to kick off June 17, have already sold all of the show’s exhibition space and are anticipating bustling crowds.

 

The show’s more than 2,000 spaces sold out in January, and organizers said all of the major players in defense will be taking booths, except for U.S.-based Northrop Grumman. Northrop also skipped last year’s Farnborough International Airshow, citing cost concerns.

 

“This new air show in 2013 will be a very, very big air show,” said Emeric d’Arcimoles, chairman and chief executive officer of the show, at a press briefing March 27. “I link this success with two things. The first is the success of aviation around the world, the boom in this industry. … The second point is that, due to the decreasing of the military budgets of the different countries involved in the exportation of their own production, that is to say that now they say they have to compete more aggressively.”

 

As examples of the increase in global interest, d’Arcimoles pointed to the return of Russian fighter jets to the show, as well as the long list of countries participating, including 27 national pavilions.

 

Strong attendance, however, doesn’t mean the composition of the show space hasn’t changed. Increasingly, companies further down the supply chain are taking booths, while big companies trim their presence. And commercial companies, which account for about two-thirds of exhibitors, continue to grow compared with the defense contingent.

 

Gilles Fournier, managing director of the show, said that to make sure companies are receiving value for their investment in the show, the organizers have been focused on moving away from a pure PR event. “We want to take this show from a PR show to a business show, which we’ve done over the last 10 years.”

 

The list of aircraft scheduled to wow crowds with demonstrations hasn’t been set, but organizers said they hoped the Lockheed Martin

 

F-35 Joint Strike Fighter would fly, as well as the Northrop Grumman Global Hawk and Boeing 787 Dreamliner, among others.

 

However, those three aircraft face serious complications that might impact their ability to appear.

 

The 787 is still sorting out battery issues that have grounded the fleet. As is true in the U.S., there are complications with flying the Global Hawk, a UAV, in civilian airspace in France. And the F-35 is still engaged in test flights.

 

“‘There are currently no plans for the F-35 to fly at Paris or any other international air show this year,” Lockheed spokeswoman Laura Siebert said.

 

Looking to address a concern that has been increasingly voiced by senior executives, the central emphasis of the show will be recruiting youngsters between ages 12 and 20.

 

To that end, the show will have a large exhibit called the “Careers Plane” near its main entrance with what looks like a sliced and diced commercial aircraft sporting dioramas about how the aircraft works, as well as presenters on hand to discuss the industry.

 

The 2013 edition will be the 50th Paris Air Show, which first held an event in 1909, having missed several years during the world wars, but changes will be visible this year.

 

The show will open earlier in the day in an effort to help visitors and exhibitors avoid the traffic in Paris. Gates will open for exhibitors at 6:30 a.m., compared with 9:30 in the past. Organizers have invested $60 million over the past 10 years to improve facilities. And exploiting advances in smartphone technology, the show will feature an app that includes indoors geo-location. The application uses Bluetooth and Wi-Fi connections to locate a user on a map of the exhibition halls.

 

The U.S. presence will be strong, with the U.S. pavilion increasing in size by 14 percent compared with 2011. The U.S. military’s presence will likely not see much change, with the Air Force still committed to having a large presence. The U.S. Army, which had a small space in the U.S. pavilion during the last show, will not be attending.

 

U.S. companies are looking more international due to economic pressures and are taking advantage of a grant program launched by the Obama administration in conjunction with the National Export Initiative, said Tom Kallman, whose company, Kallman Worldwide, is organizing the U.S pavilion. Kallman said industry is going through a classic Darwinian trial.

 

“There are a lot of discussions in the paper about what’s happening here in the United States with sequestration, and the challenges,” he said. “But among those challenges, be they domestic or global, those are challenges, and the survivors are stepping up and coming to the Paris Air Show.”

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 11:45

Opération Serval - Secteur Sévaré Mopti, le 22 janvier 2

 

02.04.2013 par Henri Weill - Ainsi va le monde

 

Laurent Fabius sera auditionné aujourd'hui à 17h, par la commission des affaires étrangères du Sénat. Il pourrait y être interrogé sur la série de mutations de diplomates (liés au dossier Afrique) enregistrée depuis l'automne dernier. Il y eut Elisabeth Barbier, responsable de la direction Afrique-Océan Indien puis, plus récemment, le numéro deux de cette direction Laurent Bizot qui « a été prié » de cesser ses fonctions. De même que l’ambassadeur Jean-Félix Paganon, représentant spécial du ministre des affaires étrangères pour le Sahel (nommé depuis ambassadeur au Sénégal). Que leur reproche-t-on ? Une trop grande liberté de ton ? Une incompatibilité d’humeur avec le ministre ? Auraient-ils commis des erreurs d’appréciation sur le dossier malien ?  Emmanuel Dupuy, qui préside l'Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE), think tank spécialisé sur les questions géopolitiques revient sur ce « rififi » au quai d’Orsay et plus généralement sur le dossier malien.

 

 

A lire ICI.

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 07:55

Mindef

 

02/04 Par Alain Ruello Chef adjoint du service Industrie, en charge de la défense – LesEchos.fr

 

En apparence, le chef de l'Etat a arbitré en faveur du maintien du format des armées en indiquant à la télévision que les dépenses de 2014 et au-delà seront identiques à celles de cette année. En réalité, tout dépendra du chiffre retenu pour 2013, sachant que le budget, voté, a déjà été amputé.

 

En déclarant jeudi soir que la Défense dépensera en 2014 « le même montant qu'en 2013 » et qu'il en sera de même jusqu'à la fin de la loi de programmation militaire, en 2019, François Hollande a incontestablement arbitré en faveur de la communauté militaire dans le débat qui l'oppose à Bercy. Le risque de sabordage de l'armée française est écarté, de même que celui d'un déclassement de la nation sur la scène internationale. Tous ceux - parlementaires PS ou UMP, officiers généraux en retraite, industriels ou experts - qui ont déclenché ces dernières semaines une campagne de lobbying comme on en a rarement vu en France ne vont pas manquer de claironner victoire, fiers d'avoir fait rendre gorge aux affreux « budgétaires » du ministère des Finances.

 

 

Les réactions de satisfaction n'ont d'ailleurs par tardé. « Face à une logique purement comptable, le président de la République a su faire prévaloir l'intérêt supérieur de la nation. Cette décision de bon sens permet de maintenir ce qui constitue les fondations de notre sécurité, de notre indépendance et donc de notre prospérité », a par exemple déclaré la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, très en pointe dans le combat.

 

Pour autant, le triomphalisme ne saurait être de mise. Même s'il a évité le pire, et même s'il sera en position de force dans les arbitrages à venir vis-à-vis de Bercy, le ministère de la Défense sait parfaitement qu'il n'échappera pas à un nouveau serrage de ceinturon. Pour comprendre pourquoi, il faut se plonger dans les chiffres. Loin de belles analyses géostratégiques que va nous servir le prochain Livre blanc de la Défense nationale, c'est d'eux seuls que dépendra la capacité de l'armée française à tenir son rang et de son industrie à surnager.

 

Quand il a été voté, le budget 2013 hors pensions de la défense prévoyait 31,4 milliards d'euros de crédits. A la lecture au mot près des propos du président de la République, on peut en déduire qu'il en sera de même l'année prochaine. C'est un camouflet pour Bercy, qui ne voulait lâcher que 29 milliards. A confirmer. Pourquoi ? Parce que, à peine voté, le budget 2013 a subi une encoche de quelques centaines de millions, gelés sur ordre de Matignon pour réduire les dépenses de l'Etat. Cette année, la défense ne dépensera donc pas la totalité des crédits qui lui ont été alloués.

 

Mais l'essentiel n'est pas là. Toujours sur les 31,4 milliards prévus en 2013, 1,2 milliard provient de recettes exceptionnelles, tirées essentiellement du reliquat de la vente de fréquences hertziennes. Les « vrais » crédits budgétaires sont donc de 30,2 milliards. François Hollande n'est sans doute pas au fait de ce niveau de détail, et lui en faire le reproche relèverait d'un mauvais procès. N'empêche, la précision est importante : en 2014, les militaires seront-ils autorisés à dépenser 31,4 milliards ou 30,2 milliards d'euros ?

 

Au ministère de la Défense, on veut croire que c'est le premier chiffre qui l'emportera. C'est probable. Restera alors à préciser d'où viendra cet argent. Autrement dit, comme en 2013, quelle sera la part des « vrais » crédits budgétaires et celle des recettes exceptionnelles, car il en faudra, cela ne fait aucun doute, pour boucler les fins de mois. D'aucuns pourraient croire que la question relève du sexe des anges. A tort, car elle est fondamentale.

 

Le niveau des crédits budgétaires pour 2014, c'est la « vraie » base de départ pour la suite de la loi de programmation militaire. C'est à partir de ce chiffre que seront déduits les budgets des années suivantes, par application du principe imposé par Matignon à tous les ministères du « zéro valeur », c'est-à-dire de la non-prise en compte de la hausse des prix. C'est mathématique : en 2015, les crédits budgétaires seront égaux à ceux de 2014 moins l'inflation ; en 2016, ils seront égaux à ceux de 2015 moins l'inflation ; et ainsi de suite d'une année à l'autre jusqu'en 2019.

 

Autrement dit, plus on fixe la barre haut en 2014 et plus les militaires auront d'argent sur la durée de la loi de programmation. Moins on part de haut, et moins ils en auront au total. Quelques centaines de millions en plus ou en moins au départ, quand on ne compense pas l'inflation, font une grosse différence à l'arrivée.

 

Pour Bernard Cazeneuve, le ministre du Budget, tout l'enjeu maintenant va donc être de lâcher le moins de crédits possible pour 2014, quitte à obliger Jean-Yves Le Drian, son homologue de la Défense, à trouver des recettes exceptionnelles pour tenir l'objectif fixé par François Hollande. Vu du ministère des finances, en effet, l'armée « doit », d'une manière ou d'une autre, prendre sa part l'année prochaine à l'objectif de réduction des dépenses de l'Etat de 5 milliards.

 

La bataille est donc loin d'être achevée. Christian Mons, le président du Conseil des industries de défense (Cidef), ne s'y est pas trompé. « Il faut continuer le combat », affirme-t-il. Sous-entendu vis-à-vis de Bercy, qui ne va sans doute pas rendre les armes comme cela. Verdict à l'été, quand la loi de programmation sera déposée devant le Parlement. Même si François Hollande leur a mis du baume au coeur, militaires et industriels savent que ce sera dur. Compte tenu des besoins de trésorerie, on n'évitera pas la suppression de milliers de postes supplémentaires dans les rangs. Les programmes d'armement vont encore être rognés. Et les nouvelles commandes réduites à la portion congrue.

 

 


 

Les points à retenir

 

Malgré les déclarations du président, la Défense nationale devra participer à l'effort de réduction des dépenses de l'Etat.

Voté à 31,4 milliards d'euros, son budget 2013 bénéficie de recettes exceptionnelles de plus de 1 milliard.

Les « vrais » crédits sont de 30,2 milliards.

L'enjeu est de savoir quel chiffre sera retenu pour élaborer les budgets suivants.

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 05:55
Altantique 2 : futur bombardier ?

30.03.2013 Le Fauteuil de Colbert

 

L'Atlantic en service depuis 10 décembre 1965

 

L'Atlantique 2 est le successeur du BR. 1150 Atlantic. Ce dernier était le vainqueur d'un concours OTAN. Cet appareil initialement conçu pour la patrouille maritime à dominante ASM a connu la guerre aéroterrestre de l'opération Tacaud au Tchad (1978) jusqu'à l'opération Serval (2013). 

 

La Marine nationale reçoit 28 exemplaires de 1989 à 1997. Ceux-ci remplacent alors les appareils survivants de la commande française d'Atlantic (20 puis 40 machines commandées).

L'Atlantique 2 affiche une autonomie maximale de 18 heures, soit 4300 nautiques franchissables. Long de 31.7 mètres pour une envergure de 37.5 mètres, ils affichent une masse maximale de 46 tonnes (25 à vide).

 

Un camion à munitions

 

La soute de l'ATL2 peut embarquer soit :

Il est un outil indispensable en matière de lutte ASM, notamment en matière de protection des sous-marins stratégiques au large de Brest, cet avion embarque également des bouées acoustiques. C'est pourquoi la modernisation continue, et notamment la prochaine qui doit être réalisée, qui recevra notamment un nouveau radar AESA dérivé de celui du Rafale, intéresse particulièrement la crédibilité de la FOST.

 

A l'heure actuelle, les ATL2 français sont répartis entre les flottilles 21F et 23 F de Lann-Bihoué. Mais de ces machines il y en a également qui sont régulièrement déployés en Afrique :

http://sphotos-b.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-prn1/551501_496474883731575_994546380_n.jpg© Inconnu.

 

Depuis 2008 un bombardier

 

En juillet 2008, l'hebdomadaire Air & Cosmos révéle que l'Atlantique 2 a été qualifié pour pouvoir embarquer des GBU-12 de 250 kg. Cependant, la frégate volante n'est pas autonome car elle ne possède aucune capacité de ciblage propre pour désigner les cibles. C'est donc par l'entremise d'un autre appareil, emportant une nacelle de désignation laser, ou par l'intermédiaire d'un contrôleur aérien avancé au sol qu'il peut délivrer ses munitions.

 

Plateforme C4ISR armée

 

Les Atlantique 2 sont capables de tenir l'air jusqu'à 14 heures. Si ces appareils devaient agir à la manière d'un système de drones MALE, ils seraient capable d'offrir une permanence sur zone avec 4 vecteurs. Ses moyens de détection (radar Iguane, boule optronique IR/IL, moyens d’écoute, transmission de données, postes d’observation nichés dans la cellule) sont aussi utiles à la patrouille maritime qu'aux missions ISR en milieu terrestre.

 

Capacité unique des Armées françaises, ce bombardier sert de PC volant (d'où le choix du Fauteuil de lui affubler la notion de plateforme C4ISR). Raison pour laquelle l'appareil avait reçu la délégation d'ouverture du feu pendant l'opération Harmattan. En effet, les équipages de ces "frégates volantes" sont constitués d'une vingtaine de membres. Ils sont des spécialistes de la détection mais surtout des habitués de ces opérations. C'est pourquoi ces machines sont dotées d'une "capacité de réflexion, d’analyse et de compréhension de l’environnement, qu’il peuvent partager avec l’état-major et les autres moyens engagés. Une valeur ajoutée que ne peut par exemple pas offrir un drone aérien" (Mer et Marine, 23 janvier 2013). 

 

L'ATL2 a été un élément fondamental de la manoeuvre aéroterrestre de l'opérartion Serval. Mieux encore, il a été un accélérateur des manoeuvres tactiques des unités terrestres grâce à ses qualités qui lui permettent de collecter du renseignement, l'analyser et le transformer en informations utiles pour cibler des objectifs pour d'autres plateformes (comme des Mirage 2000D et des Rafale), mais aussi pour diriger les unités au sol. Sans lui, le déploiement de l'Armée française n'aurait peut être pas été aussi efficace.

C'est une capacité véritablement unique que ne peut offrir ni des "bombardiers purs" (comme les B-1B Lancer équipés d'une nacelle Sniper) ou une armada de systèmes de drones MALE armés.

Atteindrait-on un Graal de la fusion des données au service du commandement de la manoeuvre ?

 

Un bombardier à autonomiser

 

Reste à conférer une capacité de désignation laser à ce PATMAR. La solution pourrait venir d'une expérimentation financée par une urgence opération (ne serait-ce pas de cette manière là que l'Atlantic a connu Tacaud en 1978) pour emporter l'équipement nécessaire (c'est comme cela que quelques ATL2 ont reçu leur nouvelle boule optronique).

 

Il est presque étonnant que l'utilisation d'une nacelle de désignation laser, comme la nacelle Damoclès qui équipe Rafale et Mirage, n'ait pas été essayée à bord des Atlantique 2 (alors qu'il possède des pylones sous les ailes).

 

Des munitions d'appui-feu

 

En dehors des hélicoptères qui peuvent ou emportent des munitions anti-chars ou anti-personnels. A contrario, les voilures fixes sont presque exclusivement pourvues en munitions "lourdes". Ces dernières ont été développées en vue de détruire des formations de blindées et de gros point durcis. La capacité en bombes des ATL2 est assez limitée : il s'agit au maximum de huit GBU-12 de 250 kg.

 

Depuis le début de la guerre en Afghanistan (2001), il s'est avéré que ces munitions étaient peu proportionnées par rapport aux objectifs à détruire. Depuis l'Asie centrale jusqu'en Afrique, c'est effectivement trop pour traiter des formations légères faiblement protégées. Qui plus est, cela limite la liberté d'action pour délivrer le feu quand il s'agit, aussi, d'éviter les dommages collatéraux.

Bien des initiatives ont été développées depuis ces dernières années, et même parfois depuis bien longtemps avant. Il y va des roquettes Hydra en passant par les réflexions sur les bombes sans charge explosive. L'effet cinétique de l'impact suffirait. La gamme des bombes JDAM a vu le développement d'une bombe de 113 kg. L'AASM français peut être développé en bombes de 125 kg.

 

Mais le vrai catalyseur de cette tendance aura été le développement de la gigantesque flotte de drones MALE armés des forces armées américaines, et même d'une de leurs agences de renseignement (CIA). Dans un premier temps, les Predator et les Reaper emportaient les munitions des hélicoptères. Mais dans un second temps, ce sont des munitions adaptées aux drones qui ont été developpées.

 

Il reste à faire rentrer l'Atlantique 2 dans la boucle. Avec sa soute de 3600 kg de charge maximale, l'appareil pourrait emporter :

  • 28 AASM (version 125 kg),
  • 80 Hellfire.

Ces deux chiffres ne sont que le résultat d'un calcul trop simple (charge maximale de la soute divisée par le poids de la munition visée) qui ne tient même pas compte du volume des armes ou des contingences techniques. C'est un peu de "pub'" pour exhiber un potentiel à modeler. Cependant, le potentiel est flagrant, l'éventuelle réalité serait moindre. Mais même en panachant les deux munitions, il y a de quoi traiter bien des cibles...

 

http://ardhan.pagesperso-orange.fr/aeronefs/79sept%20ATL%20PC%20Barracuda.jpg© Inconnu. Atlantic et Jaguar pendant Tacaud (1978).

 

Entre plateforme de tir à distance de sécurité...

 

Il s'agit également d'imaginer une réponse à :

  • ce que les américains nomment la stratégie A2AD (Anti-Access Area-Denial),
  • de suppression des défenses aériennes ennemies,
  • ou plus simplement de pouvoir traiter des cibles à distance de sécurité (tir en "stand-off").

N'importe quel vecteur aérien est susceptible d'être contré par des moyens anti-aériens adverses. Les guerres de Libye et du Mali se sont faites au regard de cette menace. Si les chasseurs-bomardiers (Rafale, Mirage 2000D et Super Etendard Modernisés) éliminent généralement ces menaces, quand ce n'est pas par d'autres moyens, alors des appareils comme l'Atlantique 2 peuvent agir dans une sécurité relative.

 

Entre parenthèse, la capacité des Atlantique 2 à se protéger des munitions anti-aériennes est cruciale, même pour la lutte ASM. Les allemands ont ouvert la voie avec le développement du missile IDAS qui permet à un sous-marin en plongée d'agresser des hélicoptères et des avions de patrouille maritime. La France suit avec la solution des Mistral ensilotés par trois dans un mât et le lancement de missiles Mica dans un véhicule sous-marin dédié. Les américains suivraient avec une telle solution pour l'AIM-9 Sidewinder.

 

C'est pourquoi des munitions tirés à distance de sécurité ont été conçus. L'AASM appartient à cette catégorie d'armes. Mais il y a également le missile de croisière Scalp (1300 kg, peut être deux munitions dans une soute d'ATL2) qui permet de donner une allonge à son porteur supérieure à 250 km. C'est une munition relativement coûteuse (comme le sera le Scalp naval/MdCN) mais efficace. Elle aurait peut être sa place dans certains scénarios d'engagement de l'ATL2.

 

...et mise en oeuvre d'un réseau

 

Comme toute frégate (même volante), l'Atlantique 2 est susceptible de " marsupialisation". C'est-à-dire qu'il peut mettre en oeuvre des capteurs et effecteurs déportés. Quelque part, c'est ce qu'il fait déjà en matière de lutte ASM avec le largage de bouées sonars actives ou passives reliées par liaison au lanceur. Mais la marsupialisation n'aurait pas encore été mise en oeuvre en combat aéroterrestre.

 

Akram Ghulam nous donne une description générique des loitering munitions dans une étude du RUSI : " Loitering Munition(LM), which may be defined as a low cost artillery-launched precision munition that can be positioned in the airspace for a significant time and rapidly attack an appropriate land target". Il s'agit donc de munitions dont les premiers spécimens sont un hybride entre un missile de croisière et un drone. 

 

Le  Fire Shadow (4 mètres pour 200 kg), de MBDA, a par exemple une autonomie de 6 heures et une portée de 100 km. Ce drone ISR consommable peut se servir de sa charge de combat pour détruire une cible.

 

Il ne serait pas inintéressant d'imaginer, et pourquoi pas d'expérimenter ?, le couplage d'un Atlantique 2 à de telles munitions. La surface couverte par l'avion serait décuplée. En effet, celui-ci pourrait "déléguer" la surveillance d'un point particulier du théâtre à un de ces drones consommables pendant quelques heures.

 

Mieux encore, les troupes au sol pourraient même s'appuyer directement sur la munition larguée par l'ATL2 :

  • soit en recevant les données,
  • soit en en prenant directement le contrôle.

 

Dans cette configuration, l'ATL2 renforce son rôle de PC Volant et va et vient aux points clefs du théâtre où il est besoin d'autre chose qu'un simple support aérien de surveillance.

 

Quel vivier d'appareils ?

 

Actuellement, la Marine nationale espère que 18 à 22 machines (sur les 28 reçues, moins une qui a été trop endommagée) seront modernisées afin de demeurer au niveau suffisant pour œuvrer au service de la FOST (lutte ASM), à la reconnaissance maritime et aux attaques aéronavales.

 

Mais il est évident pour toutes les Armées que l'Atlantique 2 est devenue un élément essentiel de la manoeuvre aéroterrestre française. A croire que l'appareil remplace le vide laissé vacant par les Cougar HORIZON. Peut être est-ce même une capacité unique au sein de l'OTAN. 

 

C'est pourquoi, au regard des perspectives d'évolution de l'appareil et de ses qualités de plateforme C4ISR armé, l'évolution pourrait être portée à son paroxysme. C'est-à-dire que les appareils qui ne seraient pas modernisés pour la Marine pour servir directement à l'Armée de Terre. Il y aurait de quoi constituer 3 systèmes de trois ATL2 (soit autant que ce qui est espéré avec le nouveau système de drones intérimaires). Il faudrait débarquer tout ce qui sert à la lutte ASM et qui ne servira plus. Et adapter définitivement les avions au combat aéroterrestre. Mieux encore, les appareils pourraient être plus rapidement disponibles que d'autres vecteurs espérés.

 

Quelque part, la Marine nationale pourrait être soulagée d'avoir à diviser sa flotte d'Atlantique 2 en deux. Un groupe se spécialiserait définitivement dans les missions purement navales quand ce serait la spécialisation dans les missions purement terrestres. Il reste aussi la possibilité de prendre une, deux ou trois machines pour mener des opérations de guerre électronique ou de renseignement électromagnétique. C'est ce que les allemands ont fait de leurs derniers ATL2.

 

L'idée se heurte au mur du manque de budgets pour des expérimentations nouvelles. Le financement de l'adaptation de ces machines à la guerre aéroterrestre dépasse de loin le périmètre de la Marine. En plus, est-ce que le besoin en drones MALE est si urgent face au potentiel tryptique ATL2/munitions d'appui feu rapproché/drones consommables ?

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 11:08

Mindef

 

Le président a tranché : les armées ne seront pas soumises au hachoir budgétaire de Bercy. Pour autant, des années très difficiles s'annoncent.

 

Les armées vont devoir à nouveau passer par une sévère cure d'austérité. Alors même qu'elles n'ont toujours pas digéré la réforme en cours (celle de la création des bases de défense et de la perte de 54 000 postes budgétaires), leurs moyens humains et matériels vont être à nouveau revus à la baisse. Sans doute, lors de son intervention télévisée du 28 mars, François Hollande a-t-il rejeté l'"hypothèse Z" que prônait Bercy et qui aurait provoqué l'"apocalypse budgétaire" que nous évoquions ici le 13 mars dernier. Mais s'il a finalement retenu l'"hypothèse Y" dont le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian avait fait une ligne rouge, François Hollande n'a pas pour autant ouvert une ère de félicité pour les armées. Le chef des armées s'est contenté de préciser le cadre général, sans donner aucun détail. Ces derniers seront précisés par François Hollande au cours de trois conseils de défense qui se tiendront, selon nos informations, dans la prochaine quinzaine : un conseil sera spécifiquement consacré aux armes nucléaires, un deuxième aux matériels classiques et le troisième et dernier, le 10 avril selon la date actuellement retenue, entérinera l'ensemble du dispositif et validera l'ultime mouture du Livre blanc.

Bijoux de famille

Rappelons qu'au départ, le ministère de la Défense réclamait 177 milliards d'euros pour le budget militaire des années 2014 à 2019. Soit 29,5 milliards d'euros par an. À cette somme se seraient ajoutés - toujours du point de vue du ministère - d'abord d'inflation, puis 4,5 milliards d'euros de recettes exceptionnelles. L'inflation se monte bon an mal an à environ 2 % par an. Et les recettes exceptionnelles proviennent de la vente de "bijoux de famille" patrimoniaux. Elles sont difficiles à évaluer, et encore plus à réaliser. Le ministère de la Défense peut encore vendre des biens immobiliers, tout comme il espère vendre de nouvelles fréquences radio-électriques, mais rien n'est garanti de ce point de vue.

Sur cette question budgétaire, rappelons ce que François Hollande a déclaré lors de son entretien avec David Pujadas :

"Nous dépenserons en 2014 exactement le même montant qu'en 2013. Nous avons été bien défendus en 2013, nous serons bien défendus en 2014.

- Et ensuite ?

- Et ainsi, ce sera la même somme qui sera donc affectée à l'outil de défense.

- Pour la loi de programmation en 2014-2020 ?

- Pour la loi de programmation..., ce sera la même chose, 2019, ce sera la même chose."

Regardons les choses d'un peu plus près...

Sérieuses réductions

L'accord entre tous les partenaires de la discussion, à savoir l'Élysée, la Défense, Bercy et Matignon, qui penchait pour le point de vue des finances, est le suivant : en 2014 et en 2015, le budget de la Défense sera maintenu à son niveau de 2013, soit 31,4 milliards d'euros. Ce maintien s'entend en valeur, c'est-à-dire sans l'inflation. À supposer que l'inflation soit la même durant cette période qu'en 2012 (2 %), cela revient à baisser le budget de la défense d'autant en 2014, puis encore de 2 % en 2015. Les budgets 2016 et 2017, les deux derniers qui seront votés durant le quinquennat de François Hollande, seront un peu moins sévères, puisqu'ils seront abondés de l'inflation. Mais sur quelles bases ? Le budget 2013 ou le budget 2015 ? Quant aux deux derniers budgets de la loi de programmation militaire 2014-2020 qui sera discutée à la fin de cette année, ils feraient l'objet d'un engagement de François Hollande : ce serait toujours le même budget, augmenté de l'inflation, plus 1 %. Mais cet horizon est trop lointain pour que quelque garantie que ce soit puisse être valide !

Bras de fer

Dans l'éternel conflit entre Bercy et la Défense, les armées craignaient d'être défaites en rase campagne. Cela n'a pas été le cas, mais le scénario retenu par François Hollande n'est pas non plus une victoire. De même que les restrictions et incertitudes multiples entourant ses engagements ne permettent pas - jusqu'à plus ample information - de prétendre que le budget de la défense serait aujourd'hui "sanctuarisé" au même titre que ceux de l'éducation ou de la sécurité intérieure. Toujours est-il que dans l'entourage du ministre de la Défense, on pousse un (gros) soupir de soulagement : "Le pouvoir d'achat des armées va baisser, mais sans que cela provoque la casse des armées ou celle de l'industrie de défense. Mais il est vrai que les années 2014 et 2015 vont être difficiles !"

Le Drian "sera intraitable"

Pour autant, le boulet n'est pas passé loin et le soulagement domine dans l'entourage du ministre de la Défense. Dans les armées, où l'hypothèse finalement retenue était qualifiée de "scénario de survie", on va maintenant se battre pied à pied pour préserver un outil de défense qui sortira fortement réduit de la lessiveuse budgétaire. Les effectifs vont devoir être réduits d'une trentaine de milliers d'hommes et les programmes industriels vont fortement souffrir. Un cadre du ministère ayant le sens de la formule précise : "Ce n'est pas parce qu'on a évité le pire budgétaire que nous n'aurons pas à faire les pires efforts." Et qu'on ne compte pas sur Le Drian, poursuit-il, pour céder aux groupes de pression : "Sa rondeur n'est qu'apparente. Quand il faudra trancher, il sera intraitable."

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 22:35

Thalès Avionics

 

29/3/2013 Jacques Marouani, ElectroniqueS

 

La DGA (Direction générale de l'armement) vient de sélectionner Thales pour mener une étude sur l'usage du LTE (ou 4G) à des fins militaires et de sécurité, selon "les Echos".

 

Cette réflexion a déjà été menée dans d'autres pays, dans des domaines liés aux interventions d'urgence. Aux Etats-Unis par exemple, les pompiers ou la police utilisent un dérivé du LTE pour leurs communications. En revanche, cela n'a pas encore été réalisé à ce stade pour les forces armées.

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 12:55

Mindef

 

29/03/2013 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

François Hollande a tranché. Entre de nécessaires économies et les menaces pesant sur la France, le Chef de l'Etat a choisi de maintenir le budget de la Défense tout au long de la prochaine Loi de programmation militaire (2014-1019) au niveau de celui de 2013. Soit plus de 30 milliards d'euros par an.

 

Entre contraintes budgétaires et menaces qui pèsent sur la France, François Hollande a été clair jeudi soir : la défense ne sera pas sacrifiée sur l'autel des économies."Nous dépenserons en 2014 exactement le même montant qu'en 2013. Comme nous avons été bien défendus en 2013, nous serons bien défendus en 2014, et ainsi ce sera la même somme qui sera affectée à l'outil de défense", a assuré le chef de l'Etat lors de son intervention télévisée sur France 2. Le président, à qui l'on demandait ensuite si ce serait le cas jusqu'à la fin de la LPM, en 2019, a simplement répondu : "oui". Fidèle à sa promesse de campagne, François Hollande, "chef de l'Etat, chef des armées", est resté ferme sur le maintien de la force de dissuasion nucléaire. "C'est notre garantie, c'est notre protection, il faut la conserver et même la moderniser", a-t-il souligné. "Enfin, on doit protéger notre territoire, parce que, ce qui est un fait hélas que je constate, c'est que les menaces augmentent et que les budgets militaires diminuent", a-t-il poursuivi. Le budget 2013, un budget de transition dans l'attente de la future LPM, s'élève, hors pensions, à 31,4 milliards d'euros. 

 

Pourtant ces derniers jours ça a bataillé dur, très dur... sur des détails qui devaient faire la différence dans les prochains budgets de la défense. Car les scénarios les plus noirs - la fameuse trajectoire (ou le modèle, c'est selon) Z - avaient été écartés vers la mi-mars. Et contrairement à ce qu'a dit jeudi le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ils ont bien été étudiés et même très sérieusement. "Cessons de nous faire peur avec des scénarios catastrophe, qui n'ont jamais été sérieusement envisagés, en tout cas ni par le Président de la République, ni par moi-même, ni le ministre de la Défense", a-t-il lancé devant les sénateurs. Et pourtant, et pourtant... Bercy, soutenu par Matignon, voire les Affaires étrangères, était sur une position de coupes très dures pour le budget de la défense. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait quant à lui, trouvé un allié surprenant, en la personne du ministre de l'Industrie, Arnaud Montebourg, qui soutient fermement les investissements de l'Etat dans l'industrie de la défense. "Les industriels de la défense sont avant tout des industriels", rappelle-t-on au sein du ministère de la Défense. Enfin, le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, poussé par l'Agence des participations de l'Etat (APE), partageait les idées de Jean-Yves Le Drian. "Un euro investi dans la défense rapporte 1,6 euro à l'Etat", explique-t-on à La Tribune.

 

"Bercy a caché la copie jusqu'au dernier moment"

 

Des coupes faciles, estimaient alors Bercy et Matignon, qui passeraient inaperçues dans l'opinion publique. Les projets de Bercy allaient même au-delà de la fameuse trajectoire Z, qui déjà faisait tant peur dans les rangs des armées et chez les industriels de l'armement. C'est ce qu'a découvert au tout dernier moment le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, quand il a rencontré le 18 mars le ministre délégué chargé du Budget, Jérôme Cahuzac, quelques jours avant sa démission. Selon plusieurs sources concordantes, le rendez-vous s'est très mal passé entre les deux hommes car Bercy était vraiment prêt à casser l'outil de défense sur l'autel des économies budgétaires exigées par Matignon. "Bercy a caché la copie jusqu'au dernier moment", assure une source proche du dossier. Pourquoi ? Pour mieux surprendre l'Hôtel de Brienne, qui n'aurait pas eu le temps d'organiser un contre argumentaire. Car initialement un conseil de défense était prévu le lendemain de cettre rencontre, soit le 19 mars. Finalement pour des raisons d'agenda, il a été reporté au vendredi.

 

Le ministère de la Défense a gagné mais...


Aujourd'hui, tous les scénarios les plus noirs sont rangés dans les cartons de Bercy. Il n'en était plus question à l'Elysée, qui a d'ailleurs été très surpris tout comme Bercy par la virulence des articles de presse sur un éventuel démantèlement de l'outil de défense (militaire et industriel). Jean-Marc Ayrault a été le premier à siffler la fin de la partie jeudi dans la journée au Sénat même si les arbitrages restent à faire. Le modèle d'armée qui découlera des travaux du nouveau Livre Blanc de la défense "sera conforme aux ambitions de la France, en Europe et dans le monde", a-t-il déclaré lors de la séance des questions au Sénat. "Protéger notre territoire et la population française, préserver nos forces de dissuasion dans ses deux composantes, et assurer nos capacités d'intervention, seuls ou avec nos alliés", a-t-il énuméré. Du coup, la réduction du budget de la défense sera raisonnable, expliquaient plusieurs sources concordantes. Ce qui ne veut pas dire qu'elles seront indolores. Loin de là mais elles permettront de limiter la casse et de permettre de faire le gros dos aux militaires et aux industriels en attendant des jours meilleurs.

 

Bercy a donc perdu mais... peut encore gagner. Car au sein de la défense, on veut rester vigilant et rester sur le pont pour se mobiliser contre la prochaine guérilla budgétaire technique que va imposer Bercy à l'hôtel de Brienne. "Au-delà des intentions, il y aura les budgets votés. Et au-delà des budgets votés, il y aura les budgets réalisés (annulation de crédits en cours d'exercice...)", rappelle un très bon connaisseur de la défense. Et cela a d'ailleurs déjà commencé. Outre les futures économies que Bercy tente d'imposer à la défense en 2014 (1 milliard d'euros sur les 5 milliards demandés par Matignon), le budget tente de faire financer, selon des sources concordantes, le fonds de démantèlement des installations nucléaires militaires par le budget de la Défense. Ce qui n'était pas le cas jusqu'ici. Soit une dépense annuelle de 400 à 500 millions d'euros. Soit l'équivalent des ressources exceptionnelles qu'espèraient obtenir il y a peu Jean-Yves Le Drian. Enfin quid des reports de crédits qui s'élèvent à plus de trois milliards d'euros, selon nos informations ?

 

Un conseil de défense décisif le 10 avril


C'est donc le 10 avril, date du dernier conseil de défense, que la future doctrine de défense de la France sera validée par le président de la République... ou quelques jours plus tard s'il demande un délai de réflexion. L'Elysée devrait donc accorder plus de 30 milliards d'euros par an à la Défense, ou plus de 188 milliards d'euros (hors gendarmerie et pensions) sur la période de la future Loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019, dont le projet de loi devrait être déposé à l'Assemblée nationale fin mai, début juin, selon nos informations. Soit beaucoup plus que la trajectoire Y (29 milliards d'euros) défendue par le ministre de la Défense plus un bonus de ressources exceptionnelles, dont l'essentiel pourrait venir de la cession de participations de l'Etat dans les groupes de défense. Jean-Yves Le Drian se battait pour 1 milliard d'euros supplémentaires par an. Mais avant l'intervention de François Hollande, la tendance, c'était plutôt 500 millions d'euros. Soit 3 milliards d'euros sur la période de la LPM. Avec 180 milliards sur six ans, les bureaux d'études de Nexter sont par exemple sauvés, expliquait-on à La Tribune. Avec cette somme, le groupe d'armement terrestre aurait été pourtant impacté par des diminutions d'activité avec d'inévitables conséquences sur l'emploi. "La casse est minimisée", assurait-il. Ce qui n'était pas le cas avec seulement 177 milliards d'euros (29 milliards par an).

 

Le ministère de la Défense en cessation de paiement en 2014 ?


Le ministère de la Défense avait également une très grosse inquiétude. Comment passer le cap de 2014 et 2015 ? Car avec 29 milliards et même 30 milliards l'année prochaine, le ministère de la Défense était en cessation de paiement dès 2014. L'Hôtel de Brienne, qui aurait été alors confronté à un problème de trésorerie, n'aurait plus été en mesure de payer les industriels au titre des contrats passés, qui auraient pu être cassés. Ce qui impliquait de lourdes pénalités à l'Etat. Au ministère, on militait pour disposer en 2014 et 2015 de ressources exceptionnelles bien au-delà des 500 millions prévus pour assurer le paiement des contrats déjà signés (Rafale, frégates Fremm, sous-marins barracuda, hélicoptères NH90...). "La défense est comme un grand navire lancé à 32 milliards d'euros : on ne peut pas réduire sa vitesse aussi rapidement qu'on le voudrait", avait expliqué à l'automne dernier le chef d'état-major des armées, l'amiral Guillaud.

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 12:55

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/air/actualites/images-2013/images-mars-2013/en-attendant-son-prochain-scramble-le-mirage-2000-5f-continue-de-veiller/2247240-1-fre-FR/en-attendant-son-prochain-scramble-le-mirage-2000-5f-continue-de-veiller.jpg

En attendant son prochain scramble,

le Mirage 2000-5F continue de veiller…

 

28/03/2013 Armée de l'air

 

La semaine dernière, le Mirage 2000-5F n°52 de l'escadron de chasse 1/2 "Cigognes" a totalisé 6000 heures de vol.

 

Dimanche 24 mars 2013, dans le cadre de la permanence opérationnelle de Mont-de-Marsan, le Mirage 2000-5F n°52-EH a décollé en quelques minutes pour intercepter un Transall de l’armée de l’air en partance pour l’Afrique.

 

Ce practice scramble, décollage sur alerte pour entraînement, a eu une note particulière puisque, à l’atterrissage, l’avion a totalisé exactement 6000 heures de vol.

 

Toujours vaillant, ce Mirage 2000-5F arme, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, avec d’autres de ses congénères, les différents plots de permanence opérationnelle de France. Cet aéronef offre en permanence à la Haute Autorité de Défense Aérienne la capacité de répondre rapidement à tout type d’évènement survenant dans la troisième dimension. De l’assistance en vol à l’escorte d’avion suspect, le Mirage 2000 tout comme l’hélicoptère, est le dernier maillon d’une chaîne robuste et réactive qui mobilise en permanence plusieurs aviateurs de toutes spécialités.

 

Ancien Mirage 2000 RDI transformé en 2000-5F, cet aéronef, s’il pouvait parler, retracerait sans doute les plus belles pages de l’histoire récente de l’armée de l’air. Il aurait sûrement aussi une pensée émue pour toutes les attentions que lui ont porté les différentes générations de mécaniciens. En attendant son prochain scramble, le Mirage 2000-5F continue de veiller…

 

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/air/actualites/images-2013/images-mars-2013/le-mirage-2000-5f-n-52-116-eh-a-decolle-en-quelques-minutes-pour-intercepter-un-transall-de-l-armee-de-l-air./2247235-1-fre-FR/le-mirage-2000-5f-n-52-116-eh-a-decolle-en-quelques-minutes-pour-intercepter-un-transall-de-l-armee-de-l-air..jpg

Le Mirage 2000-5F n°52 116-EH a décollé en quelques minutes pour intercepter un Transall de l’armée de l’air.

 

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/air/actualites/images-2013/images-mars-2013/la-semaine-derniere-le-mirage-2000-5f-n-52-de-l-escadron-de-chasse-1-2-cigognes-a-totalise-6000-heures-de-vol./2247206-1-fre-FR/la-semaine-derniere-le-mirage-2000-5f-n-52-de-l-escadron-de-chasse-1-2-cigognes-a-totalise-6000-heures-de-vol..jpg

La semaine dernière, le Mirage 2000-5F n°52 de l'escadron de chasse 1/2 "Cigognes" a totalisé 6000 heures

de vol.

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 12:55

http://www.cesa.air.defense.gouv.fr/IMG/arton812.jpg

 

29.03.2013 CESA

 

 

 

Vendredi 22 mars, le général Jean-Pierre Serra, directeur du CESA et madame Claire Bourgeois, directrice de l’ILERI (l’Ecole des Relations Internationales), ont formalisé un partenariat entre leurs établissements respectifs, par la signature d’une convention.

 

L’objectif de ce partenariat est de promouvoir la pensée stratégique aérospatiale dans le milieu universitaire et de contribuer également par ce biais à développer l’esprit de défense auprès des enseignants et des étudiants.

 

Depuis 1948, l’ILERI est une école spécialiste des relations internationales et particulièrement en pointe sur les enseignements liés aux enjeux de défense et de sécurité. Le dynamisme de cette école, de même que son ouverture sur le monde en font un prestigieux représentant de l’enseignement supérieur français. Le CESA, dans sa mission de promotion de la réflexion d’intérêt aérospatial, a souhaité s’engager aux côtés de l’ILERI pour permettre aux étudiants désireux de travailler sur l’utilisation militaire de la troisième dimension, de bénéficier du meilleur accompagnement possible en termes de connaissance de l’armée de l’air.

 

Gageons que ce partenariat sera fructueux en favorisant tout autant l’esprit de défense que l’émergence de travaux novateurs sur la puissance aérospatiale !

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