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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 20:55

Indus def FR

 

14.03.2013 par Alain Ruello - LesEchos.fr

 

Les rumeurs sur les coupes dans les effectifs ou les programmes se multiplient.


A quelques jours de la publication du Livre blanc de la défense, l'inquiétude va crescendo sur le tour de vis budgétaire qui s'annonce. Dans la foulée du cri d'alarme des sénateurs, le « Point.fr » a ajouté à l'angoisse en évoquant des scénarios apocalyptiques. Pèle-mêle, il y est question de 30.000 suppressions de postes, en plus des 54.000 décidées en 2008, de 15.000 dans l'industrie, de la mise sous cocon du porte-avions ou de la liquidation de Nexter...

 

Que la DGA et l'Etat-major établissent des scénarios noirs en ce moment, c'est évident, quand bien même certains apparaissent improbables (comme l'abandon de l'A400M, qui a cruellement manqué au Mali). S'ils le font, c'est que l'argent va manquer pour financer la dissuasion, les programmes en cours ou à venir. De là à ce que François Hollande endosse le rôle de fossoyeur de la grande muette...

 

Au-delà du Livre blanc, c'est la future loi de programmation militaire (LPM) qui donnera le la. A ce stade, ministères de la Défense et des Finances débattent de deux trajectoires budgétaires . Les deux trajectoires ont en commun de démarrer par quelques années de gel en valeur absolue des crédits. Mais, contrairement à ce que nous écrivions, elles diffèrent ensuite sur l'année à partir de laquelle les crédits repartiraient à la hausse : 2017 pour l'hôtel de Brienne, 2019 pour Bercy.

L'autre question, évidemment, reste de savoir quel sera le montant de départ de la prochaine LPM (2014-2019). En 2013, sans prendre en compte les recettes exceptionnelles (ventes de fréquences), le budget militaire a été fixé à 30,1 milliards. En 2014, la Défense sera mise à contribution dans le cadre du plan d'économie global de 5 milliards décrété par le gouvernement. Et au-delà, pendant plusieurs années, la non-prise en compte de l'inflation coûtera encore plusieurs centaines de millions. En attendant un rebond, qui n'engagera que ceux qui y croient...

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 18:16

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/terre/terre-images/images-articles/legion-d-honneur-pour-les-victimes-de-mohamed-merah/2222196-1-fre-FR/legion-d-honneur-pour-les-victimes-de-mohamed-merah.jpg

 

12/03/2013 Armée de Terre

 

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, était lundi 11 mars 2013 dernier à Toulouse au 1er Régiment du train parachutiste (1er RTP) pour rendre hommage, un an après les faits, à l’adjudant Imad Ibn Ziaten, première victime de Mohamed Merah.

 

Le 11 mars 2012, le jeune homme était assassiné parce qu’il était militaire. Le ministre de la Défense a tenu à rappeler qu’« attaquer les militaires parce qu’ils sont militaires, c’est prendre l’armée française pour cible, l’armée de la République, le cœur de la Nation, tous ceux qui mettent leur vie en jeu pour défendre notre souveraineté. »

 

Avant de remettre, en présence de sa famille, les insignes de la Légion d’honneur à titre posthume à l’adjudant Imad Ibn Ziaten, Jean-Yves Le Drian a également souligné, que devant le caractère inédit de ce drame, une loi avait été votée le 27 novembre dernier portant création de la mention « Mort pour le service de la Nation ».

 

Vendredi 15 mars 2013 le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, présidera également à 11h30, la cérémonie de remise des insignes de chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume au caporal-chef Abel Chennouf et au caporal Mohamed Legouad du 17e Régiment du génie parachutiste (17e RGP), morts pour le service de la Nation, le jeudi 15 mars 2012 à Montauban.

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 17:55

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/terre/terre-images/images-articles/hommage-national-au-marechal-des-logis-wilfried-pingaud/2225765-1-fre-FR/hommage-national-au-marechal-des-logis-wilfried-pingaud.jpg

 

14/03/2013 Armée de Terre

 

Un hommage national a été rendu au maréchal des logis Wilfried Pingaud, au 68e régiment d’artillerie d’Afrique (68eRAA) de la Valbonne, jeudi 14 mars 2013.

 

Monsieur Jean-Yves le Drian, ministre de la Défense, présidait cette cérémonie, au côté du général d’armée Bertrand Ract Madoux, chef d’Etat-major de l’armée de terre (CEMAT).

 

Civils et militaires ont rendu un dernier hommage maréchal des logisWilfried Pingaud, mortellement touché le 6 mars 2013 lors d’un accrochage, dans la région de Tin Keraten, à une centaine de kilomètre de Gao.

 

Le maréchal des logisWilfried Pingaud promu au grade supérieur à titre posthume, a été fait chevalier de la Légion d’honneur par le ministre lors de cet hommage. Le CEMAT lui avait remis auparavant une citation comportant l’attribution de la croix de la valeur militaire avec palme de bronze ainsi que la médaille militaire.

 

« Au moment de prendre la parole, je m’incline avec respect devant la douleur qui pèse dans le cœur de chacun, je pense à votre famille, je pense à vos frères d’armes » a souligné le ministre lors de son éloge funèbre. « Mais dans la gravité de cette cérémonie, j’entends aussi la fierté de tous devant l’exemple de votre dévouement et de votre bravoure. Cette fierté, je la partage, comme le Président de la République et la Nation entière, rassemblée par votre nom, celui d’un soldat mort pour la France. votre action de combat, en appui de nos frères d’armes maliens, illustre de manière saisissante le sens de l’engagement de la France au Mali. »

 

L’armée de Terre, unie dans la peine, tient à assurer de son soutien sans faille sa famille et ses camarades.

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 17:55

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/media/01/00/3784317563.jpg

 

14.03.2013 par P. CHAPLEAU Lignes de Défense

 

Amaury de Rochegonde, un confrère de Stratégies, a interviewé le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état-major des armées, sur la question de la communication militaire autour de l'opération Serval. Le colonel Burkhard explique la difficulté de concilier les exigences des journalistes et les impératifs de sécurité. Voici ses réponses.

 

Que répondez-vous aux accusations de «Grande Muette» et de verrouillage de l'information?


Thierry Burkhard. Nous gérons la communication opérationnelle. Elle a pour impératif qu'aucune information ne puisse nuire au succès des opérations et, in fine, à la sécurité des soldats français. C'est une responsabilité assez lourde que la «secops», autrement dit la sécurité des opérations. Les ordres sont diffusés sur un réseau confidentiel, nous prenons des mesures pour que l'adversaire ne puisse pas s'apercevoir de notre stratégie. Il s'agit également de faire en sorte que l'ennemi ne comprenne pas ce qu'il va se passer à cause de ce que pourrait dire un média. Dans la conquête de la vallée de l'Amettetaï, dans le Nord du Mali, où il y avait les Français au sud et les Tchadiens à l'est, ce qui a fait basculer la bataille, c'est d'avoir avancé en secret un troisième pion qui est arrivé par le Nord, s'est infiltré à pied, a tronçonné le dispositif ennemi et provoqué la panique. Si un média avait donné cette information, cela aurait pu faire capoter la manœuvre. Les journalistes ne sont pas mal intentionnés, mais ils ne se rendent pas toujours compte de ce qu'il transmettent vers l'extérieur.

 

L'information est-elle une réelle menace? De quelle manière peut-elle profiter aux djihadistes?


T.B. Une information qui n'aura pas beaucoup de conséquences pour un citoyen normal en aura pour un ennemi, qui une capacité d'analyse supérieure et qui peut en bénéficier. N'oublions pas que ces gens-là s'informent par Internet et les médias. Ce sont leurs moyens de renseignement. Lorsque nous avons regroupé une dizaine d'avions à Abidjan, un passage satellite aurait montré à un pays du pacte de Varsovie qu'il se passait quelque chose. Eux ne peuvent pas profiter de ces moyens. Mais un journaliste qui filme à Ségou et dit qu'il vient de voir passer 30 véhicules de l'avant blindé (VAB), cela se traduit en termes militaires par «nature, volume, attitude» et c'est comme cela qu'on fait un compte rendu de renseignement.

 

Mais il faut bien informer la population française!


T.B. C'est mon deuxième impératif. Une opinion publique qui ne comprend pas ce qu'on fait ne peut pas soutenir l'opération. Elle peut même se laisser manipuler par une communication adverse. Il faut donc faire en sorte que la manœuvre ne soit pas traduisible par l'adversaire. Sur une ligne Bamako-Ségou, il y a deux axes d'attaque possibles: Gao ou Tombouctou. Si le journaliste se poste à 5 km avant Ségou et annonce que la colonne VAB va en direction de Ségou plutôt que vers Tombouctou, est-ce que cela change quelque chose, même si c'est moins précis? C'est ce que nous devons faire comprendre aux journalistes. Certains mentionnent d'ailleurs clairement que l'armée leur a demandé de ne pas dire où ils étaient. On a parlé au début de l'intervention d'une guerre sans images.

 

Est-ce justifié?


T.B. Quand 150 journalistes débarquent à Bamako, je n'ai aucune possibilité de tous les satisfaire: ils veulent tous être dans le VAB de tête, et si possible tout seul, sans autre journaliste. Mais quand je mets un journaliste, j'enlève un soldat! D'autant qu'ils veulent tous des images de combat et que, jusqu'à ce qu'il se mette dans la vallée l'Amettetaï, l'ennemi a refusé le combat. Les médias ont donc cherché à faire des images qui n'existaient pas ou à voir des combats qui n'ont pas réellement eu lieu. Ils en ont déduit qu'on leur cachait les combats.

 

Comment sélectionnez-vous les images que vous fournissez aux médias?


T.B. La majeure partie des images de l'Ametteteï, c'est nous qui les avons fournies. Je choisis les plus fortes car c'est ce que les médias attendent et je garde certaines d'entre elles, comme la remise en forme après le combat, pour les archives. Au nom de la dignité et vis-à-vis des familles, nous ne montrerons pas d'images de soldats blessés ou tués, et ce des deux côtés. Quand il y a un accident de la route, on ne va pas filmer les cadavres dans les voitures! Je m'appuie aussi sur les services de santé, qui estiment que la médiatisation d'un blessé ne l'aide pas à guérir.

 

Avez-vous empêché des journalistes de se rendre sur les zones de combat?


T.B.Non, l'armée française n'a aucun moyen de bloquer un média. Tout journaliste peut aller voir Aqmi dans l'Amettetaï s'il le veut. Au nom de la liberté de la presse, je ne peux l'en empêcher. Je constate qu'il n'y en a pas un seul qui a voulu y aller. Lorsque les Maliens ont bloqué l'accès à des journalistes, nous leur avons glissé le conseil de les laisser passer, car un journaliste qui ne voit pas racontera forcément des mauvaises choses.

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 17:55

Sénat RF

 

Mercredi 13 mars 2013 senat.fr

 

Les présidents des groupes politiques du Sénat se sont réunis le mercredi 13 mars à l’initiative de M. Jean-Louis Carrère, président de la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées.

 

Ils expriment leur très vive préoccupation devant les perspectives de réduction de l’effort de défense de la France c'est-à-dire de sa capacité d’influence dans le monde.

 

Les groupes politiques du Sénat()1 représentant l’ensemble des sensibilités, hors groupe Ecologiste, considèrent que le passage d’un effort de défense de 1,56 % en 2011 à 1,1 % en 2025, tel qu’il est envisagé, ne permettrait plus aux autorités de notre pays de maintenir le rôle de la France au niveau qui est le sien aujourd’hui.

 

Sans une diplomatie appuyée sur un outil militaire bien dimensionné, l’influence de la France et sa capacité à défendre sa place, ses intérêts et ses ressortissants, connaîtrait un déclassement très significatif.

 

La diminution temporaire du budget de la défense dans la perspective d’une remontée à terme est illusoire. Une capacité militaire ne peut s’évaluer à la simple lecture de l’inventaire des matériels. Elle est une combinaison de différents éléments : Doctrine ; Organisation ; Ressources humaines ; Equipement ; Soutien et Entrainement. Cet ensemble cohérent et indivisible serait irrémédiablement compromis si les décisions qui s’esquissent étaient confirmées, comme en témoigne l’incapacité d’autres nations à récupérer des compétences abandonnées.

 

Il convient également de prendre <en compte l’impact des diminutions de crédits sur l’emploi de l’industrie de défense et sur la recherche et développement>.

 

La défense n’est pas une dépense publique comme une autre. De sa crédibilité dépend :

 

    notre sécurité, c'est-à-dire celle de l’ensemble des secteurs de la Nation,

    la place internationale de notre pays comme membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, vis-à-vis des Etats-Unis, des autres membres du P5, en Afrique, en Méditerranée, en Europe…..),

    et une partie de notre prospérité future (par la sécurisation de nos zones économiques exclusives (ZEE) et de leurs ressources en matières premières et la sécurité des voies d’approvisionnement maritimes).

 

Il est de l’intérêt supérieur de la Nation de maintenir son effort en matière de défense.

 

C’est en fonction de ces analyses que les groupes politiques du Sénat souhaitent que l’effort de défense soit maintenu à un niveau qui permette de préserver la sécurité intérieure et extérieure de la France et sa capacité d’influence. Ce seuil, en deçà duquel il ne faut pas descendre, est de 1,5 % du PIB.

 

___________

 

(1 ) Groupe CRC abstention positive

Groupe RDSE favorable

Groupe Socialiste favorable

Groupe UDI favorable

Groupe UMP favorable

Réunion administrative des sénateurs ne figurant sur la liste d’aucun groupe, favorable

Le groupe Ecologiste défavorable

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 16:55

Mindef

 

14 Mars 2013 Par Frédéric Pons – V.A.

 

Livre blanc 2013. Le “coup de rabot” budgétaire redouté sera un vrai coup de hache, au risque du déclassement définitif de notre outil militaire. Le chef de l’État ne doit pas sacrifier l’avenir au présent. Sa responsabilité est immense.

 

Combien de milliards d’euros vont être sabrés dans le prochain budget de la Défense ? Les plus optimistes s’en tiennent à un peu plus de 2 milliards d’euros. D’autres évoquent 6 milliards. Et sur la période 2013-2020 ? On parle de la perte d’une annuité budgétaire complète, environ 30 milliards. Combien de postes à dégager sur les six années à venir, après les quelque 50 000 déjà supprimés entre 2007 et 2013 ? Dans les états-majors, on table sur 35 000.

 

Les réponses sont attendues dans les semaines qui viennent, après la mise au point définitive du livre blanc sur la défense 2013, puis son examen en Conseil de défense, à l’Élysée, étape indispensable avant le cadrage budgétaire global que portera la prochaine loi de programmation militaire. « Peu importe pour l’instant le chiffrage exact, confie un familier du livre blanc. Le plus important, ce sont les effets de seuil, car les réductions drastiques de ces dernières années nous ont mis à l’os. Chaque nouvelle amputation entraînera des conséquences démultipliées. » Est-ce si grave ? « Oui, car la cohérence de notre système actuel est sérieusement en cause. »

 

En clair, si les compressions budgétaires évoquées ici ou là se confirment, le modèle d’armée prévu à l’horizon 2020 ne sera plus tenable, après avoir été déjà sévèrement dégradé par les réductions et les étalements de ces dernières années. Selon la trajectoire actuelle, le budget de la défense (hors pensions) devrait tomber à 29 milliards d’euros en 2015 : en euros constants, c’est 10 % de moins que la moyenne des quinze dernières années.

 

L’enveloppe minimale pour “tenir” un outil efficace et cohérent est évaluée entre 31 et 32 milliards. Celle qui est annoncée pour 2014 plafonne à 28 milliards. « Il faudra alors nous dire ce qu’il faut abandonner comme capacité », préviennent les états-majors, dont les chefs ont été auditionnés par la commission de la défense de l’Assemblée nationale, dans un climat de grande franchise. Tous ces chefs ont fait remarquer qu’entre 2008 et 2012, le budget militaire est passé de 1,7 à 1,3 % du PIB ! C’est un des plus faibles niveaux de notre histoire.

 

“Gaullo-mitterrandien” comme il se définit lui-même, l’ancien ministre socialiste des Affaires étrangères Hubert Védrine évoque le risque, pour l’Europe, « de quitter le cours de l’histoire ». D’autres experts parlent d’un « déclassement stratégique », d’une « sortie de la scène internationale » de notre pays, avec un impact qui serait catastrophique pour l’industrie de défense, composante essentielle de la souveraineté nationale, dont les entreprises, des plus petites aux plus grandes, sont créatrices d’emplois et de technologies.

 

L’inquiétude actuelle va bien audelà des alertes habituelles en phase de discussion budgétaire. Le gouvernement a été très clair. La crise économique et les nécessités de la rigueur conduisent à dégager 5 milliards de nouvelles économies. Malgré la récession et les engagements de rigueur à l’égard de Bruxelles, François Hollande doit aussi financer les cadeaux à la Fonction publique et aux “plus modestes”. Sa priorité donnée au social et sa résignation devant les groupes de pression coûteront cher. Même en alourdissant la fiscalité sur les “plus riches” et les entreprises, le compte n’y est pas.

 

Où trouver l’argent ? À la Défense. Les arbitrages ne sont pas définitifs, mais les militaires connaissent les priorités sociales du gouvernement. Ils savent aussi qu’ils n’ont pas les moyens de pression politiques ou syndicaux des autres administrations. Pour la droite comme pour la gauche, les crédits militaires ont toujours été une variable d’ajustement budgétaire, malgré l’engagement formel des lois de programmation militaire. À peine votées, elles ont toujours été contournées, pour un manque à gagner, en fin de programmation, de 5 à 40 milliards d’euros selon les époques.

 

Les armées espèrent que le succès militaire au Mali serve de garde-fou aux coupes budgétaires annoncées, pour que rien d’irrémédiable ne soit fait dans la dégradation des outils qui concourent à la réussite de telles opérations : l’anticipation (renseignement), l’équipement (transport aérien, mobilité terrestre, armements adaptés), l’entraînement, la protection et l’engagement des forces.

 

Beaucoup doutent cependant de la prise en compte de ces réalités. Ils font remarquer que le livre blanc 2008 avait préconisé l’abandon définitif des forces françaises prépositionnées en Afrique, alors qu’elles ont été une clé du succès au Mali. Le “rédacteur en chef” de ce livre blanc 2008, JeanClaude Mallet, est toujours “dans la boucle” du livre blanc 2013. Aujourd’hui conseiller stratégique au cabinet de Jean-Yves Le Drian, il a mis le point final au document, au nom de son ministre.

 

Au Mali, notre pays a prouvé et défendu son statut de puissance mondiale, responsable et respectée. Il a pu le faire en déployant la panoplie à sa disposition : satellites, avions, hélicoptères, troupes de choc, forces d’occupation et de contrôle, assistants et coopérants. Combinant ces moyens dans un temps très court, sur un théâtre lointain et immense, l’opération Serval a été d’une complexité rare, intégrant la logistique et le combat dans une même chaîne opérationnelle, ce que peu de nations sont capables de maîtriser. « J’espère que l’intervention française au Mali ne sera pas un “chant du cygne” mais créera au contraire les conditions d’un “sursaut” », disait le général Henri Bentegeat, l’ancien chef d’état-major des armées, lors de son audition à l’Assemblée nationale.

 

Cette capacité prouvée au Mali n’a rien d’une improvisation chanceuse. Malgré des lacunes graves dans le transport stratégique et le renseignement, malgré le vieillissement inquiétant de certains matériels (blindés VAB ou Sagaie, avions Transall, ravitailleurs C-135, hélicoptères Gazelle), tout a bien fonctionné grâce à la qualité des hommes engagés et des matériels à leur disposition.

 

La tentation budgétaire actuelle est de réduire le fonctionnement des armées, notamment l’entraînement et la formation, ce qui dégraderait ipso facto la qualité exceptionnelle des combattants, forgée depuis vingt ans. La suppression d’équipements nécessaires ou de nouveaux retards dans leur livraison serait aussi lourde de conséquences. Déjà obsolètes, certains matériels âgés de 30 à 45 ans restent utilisés, faute de mieux. D’autres programmes, plus performants et très attendus (Rafale, hélicoptères Tigre, VBCI, drones Harfang), sont trop peu nombreux, obligeant la France à quémander de l’aide à ses alliés ou à payer les services de sociétés ukrainiennes.

 

Nos armées vivent sur l’acquis de périodes plus fastes, mais trente années de réductions budgétaires accélèrent en ce moment le vieillissement, encourageant au bricolage, à la cannibalisation de certains matériels. Pour afficher une disponibilité opérationnelle de 95 à 100 % sur le terrain, l’activité de régiments entiers est gelée : leur disponibilité tombe alors à 45 ou 50 %, ce qui est catastrophique pour le moral des unités.

 

« La responsabilité qui pèse sur les membres de la commission du livre blanc, sur les députés, les sénateurs, les ministres concernés du gouvernement et sur le président de la République est considérable et personnelle, prévient l’Association de soutien à l’armée française, influent groupe d’études et de pression animé par d’anciens “grands commandeurs” des armées. Les décisions qui sont en train d’être prises vont conditionner l’indépendance de la Nation et la défense des Français pour les décennies à venir. » C’est aussi l’avertissement que le général Bentegeat a adressé aux députés : « Toute réduction du volume de nos forces armées aurait un effet irréversible. »

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 16:55

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/terre/terre-images/deces-militaires-et-honneurs/brigadier-chef-de-1re-classe-wilfried-pingaud/2213571-1-fre-FR/brigadier-chef-de-1re-classe-wilfried-pingaud.jpg

 

14/03/2013 defense.gouv.fr

 

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, était ce matin au 68e Régiment d’artillerie d’Afrique de la Valbonne (Ain), pour présider l’hommage funèbre national rendu au maréchal des logis Wilfried Pingaud, mortellement touché dans des combats contre l’ennemi, mercredi 6 mars, dans la région de Tin Keraten, au nord-est d’Imenas, à une centaine de kilomètres au nord de Gao. Le maréchal des logis Pingaud est tombé alors qu’il appuyait les forces maliennes.

 

« Au moment de prendre la parole, je m’incline avec respect devant la douleur qui pèse dans le cœur de chacun – je pense à votre famille, je pense à vos frères d’armes » a souligné le ministre lors de son éloge funèbre. « Mais dans la gravité de cette cérémonie, j’entends aussi la fierté de tous devant l’exemple de votre dévouement et de votre bravoure. Cette fierté, je la partage, comme le Président de la République et la Nation entière, rassemblée par votre nom, celui d’un soldat mort pour la France».

 

Jean-Yves Le Drian a rappelé le parcours du maréchal des logis Pingaud, entré dans l’armée de terre comme engagé volontaire au 68e RAA dès sa majorité. De Mayotte à la République Centrafricaine, en passant par la Polynésie et l’Afghanistan, il a gravi un à un tous les échelons de l’armée, récompensant à la fois ses qualités militaires et humaines, saluées à de nombreuses reprises.

 

Il s’était porté volontaire au début de l’opération SERVAL pour être projeté au Mali. Ce fut le cas le 21 janvier dernier, comme adjoint pupitreur ATLAS. Arrivé sur le théâtre, le maréchal des logis Pingaud se porte à nouveau volontaire pour servir  au sein d’un détachement de liaison et donc, au plus près des forces maliennes.

 

Pour le ministre de la Défense : «votre action de combat, en appui de nos frères d’armes maliens, illustre de manière saisissante le sens de l’engagement de la France au Mali. »

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 16:55

Musis va remplacer les satellites Hélios source LeFigaro.f

 

14/03/2013 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Près de cinq ans après la réorganisation des services de renseignements français, La Tribune publie une série de quatre articles faisant le point sur leur évolution, les nouveaux enjeux auxquels ils doivent faire face, leurs succès et leurs manques. Troisième épisode de cette série, les services de renseignements ont-ils tous les moyens nécessaires à leurs missions secrètes ? Pas toujours...

 

Dans le monde secret des espions, les principales armes utilisées pour lutter contre l'ennemi sont silencieuses, voire invisibles. De quoi ont principalement besoin les services de renseignements ? De satellites de télécoms sécurisés et d'écoute, de drones, de systèmes de cryptologies et enfin de systèmes d'informations sécurisés. Car, outre le renseignement d'origine humaine (dit ROHUM) indispensable à la réussite de la collecte d'information et à leur compréhension, les services travaillent sur des renseignements d'origine électronique (dit ROEM), provenant d'images (dit ROIM) et, dans une moindre mesure, d'origine informatique. Par exemple, les principales dépenses de la direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD) concernent les équipements en matériels informatiques et transmissions spécialisées. Ainsi, la DPSD vient de déployer une équipe à Gao, qui est reliée à la centrale par un réseau de communication informatique autonome, sécurisé et numérisé. Au sein de la direction du renseignement douanier (DRD), les bases de données, matériels informatiques et logiciels destinées à la surveillance du cybercommerce, représentent également un poste budgétaire important.

 

Des systèmes de hautes technologies qui ont permis jusqu'ici à la France et à ses services de renseignement d'être reconnus comme performants par des services alliés. Ce que confirme le directeur du renseignement militaire (DRM), le général Didier Bolelli : « la France se caractérise par une indépendance marquée dans le domaine du renseignement. C'est pourquoi de nombreux pays sont très heureux de coopérer avec nous. Nous les intéressons notamment par notre connaissance de l'Afrique francophone. En contrepartie, ils nous renseignent sur leurs zones d'intérêt ». Et dans le débat actuel sur la réduction du budget de la défense, le général Bolelli pose les bonnes questions : « à quoi sert-il de savoir sans pouvoir ? Mais à quoi sert-il de pouvoir sans savoir ? Plus les moyens opérationnels des armées sont limités, plus la fonction « connaissance et anticipation » est importante. Dit autrement : moins on sait avant, moins on fait après. La question principale devient donc : où met-on le curseur ? Problème politique plus que militaire ».

 

Des insuffisances capacitaires

 

Mais comme partout ailleurs dans la défense, la France, là aussi, a des trous dans la raquette alors que les services de renseignements sont une priorité nationale. Plus précisément des trous capacitaires. « Il faut simplement savoir que nous souffrons de quelques insuffisances capacitaires, notamment au titre du renseignement électromagnétique, des drones et de Musis (le successeur du satellite d'observation Helios, ndlr) », précise pudiquement le général Bolelli. En clair, les grands enjeux de la DRM dans le cadre du prochain Livre blanc, portent d'abord sur les investissements dans les satellites. C'est notamment le cas du satellite de renseignement d'origine électromagnétique Ceres, qui avait pourtant déjà été évoqué dans le livre blanc de 2008. En vain visiblement... Ce satellite permettra « de survoler des pays non permissifs et donc d'adapter les contre-mesures de nos avions et nos armes aériennes aux menaces sol-air et anti-missiles balistiques », explique le général Bolelli. La France en aurait eu grand besoin notamment en Libye (opération Harmattan).

 

La DRM attend également le remplacement des satellites de renseignement par images de la génération Helios par ceux de la constellation Musis, « dont les performances sont meilleures et réduisent les délais de revisite (le passage sur une cible, ndlr) ». Le général Bolelli souhaite par ailleurs des outils pour mieux maîtriser les flux d'informations dont l'accroissement est exponentiel. « Tous les services de renseignements sont confrontés à ce même défi », rappelle-t-il. C'est bien évidemment aussi le cas à la DGSE pour qui cet « enjeu technique est majeur », estime le Directeur général de la sécurité extérieure (DGSE), le préfet Érard Corbin de Mangoux, qui préconise « le développement des outils capables de traiter cette information ».

 

Des drones en souffrance

 

Les services ont par ailleurs besoin de drones à double capacité, électromagnétique et imagerie. De quoi s'agit-il ? « La charge électromagnétique permet de détecter des émissions suspectes sur un champ large ; la caméra associée peut ensuite surveiller les sites à partir desquels ces émissions ont été passées sur un champ étroit et confirmer ou non l'intérêt de l'objectif », explique le patron de la DRM. Et de rappeler qu'il « existe des virages à ne pas manquer ». « Nous avons manqué celui des drones dans les années 2000, ils sont aujourd'hui indispensables. Les rattrapages sont quelques fois plus coûteux que les investissements réalisés à temps », conclut-il.

 

Qui fait quoi ?

 

C'est le coordonnateur national du renseignement, le préfet Ange Mancini, qui est le garant des moyens et des capacités consacrés à la fonction de renseignement. « Certes, ce n'est pas le coordonnateur qui arrête le budget des services - lequel est préparé par les ministères de tutelle -, mais il défend les moyens des services auprès des ministres, qu'il s'agisse des besoins de fonctionnement les plus quotidiens ou des équipements majeurs comme les satellites », explique Ange Mancini.

 

Le préfet veille aussi « à ce que la mutualisation des moyens techniques se fasse dans les meilleures conditions ». À la différence de ce qui se passe dans d'autres pays, les services de renseignement français ne disposent pas d'une agence technique : c'est à la DGSE qu'est dévolue la mise en place de l'essentiel des capacités techniques mutualisées au profit de l'ensemble de la communauté du renseignement. « Nous devons en bénéficier, confirme le directeur central du renseignement intérieur (DCRI), Patrick Calvar. Les objectifs et les contraintes des deux services ne sont pas forcément les mêmes mais un dialogue constructif est engagé avec la DGSE pour parvenir au résultat que nous souhaitons. Une main nous est tendue, à nous de la saisir ». La DGSE est par ailleurs intervenue aux côtés de la DRM en Afghanistan, avec de nombreux moyens techniques, sachant qu'elle est en charge des interceptions électromagnétiques à l'étranger. Un exemple parmi tant d'autres.

 

C'est la DGSE qui dispose du plus gros budget

 

La loi de finances initiale pour 2013 a octroyé à la DGSE 655 millions d'euros d'autorisations d'engagement. « Ce budget doit nous permettre de prolonger nos efforts d'équipement, estime le Directeur général de la sécurité extérieure (DGSE), le préfet Érard Corbin de Mangoux. Il s'agit d'une course permanente : la cryptologie, qui constitue le cœur de notre métier, requiert des techniques de plus en plus sophistiquées et demande un investissement constant ». Pour autant, la DGSE a besoin de plus de moyens. « Globalement, nous avons besoin d'accroître nos capacités, souligne le préfet Érard Corbin de Mangoux. Il nous faut en effet développer notre dispositif en Asie du Sud-Est, sans pour autant abandonner nos positions traditionnellement fortes en Afrique - l'actualité suffit à s'en convaincre ».

 

Quels sont les équipements actuels ?

 

A ce jour, la France dispose d'une constellation formée par les familles de satellites d'observation Helios, qui sont purement militaires, et Pléiades, à la fois militaires et civils. « Si Helios venait à devenir inopérant, nous disposerions toujours de Pléiades, constellation civilo-militaire qui apporte déjà beaucoup d'informations », estime le général Bolelli. Les services possèdent de moyens embarqués, notamment ISR (pour intelligence surveillance and reconnaissance) par les avions Atlantic et Rafale, équipés du système de reconnaissance de nouvelle génération (dit pod reco NG). Ils ont également des capteurs spatiaux d'interception des signaux électromagnétiques, dont Elisa, à l'origine un démonstrateur qui est devenu opérationnel et qui sera bientôt hors service. Elisa doit être remplacé par Ceres. Ils peuvent travailler avec les capteurs maritimes sur le navire Dupuy de Lôme. Enfin, dans le domaine aérien, ils disposent du Transall Gabriel, très engagé ces derniers temps.

 

La DRM fournit les images d'origine satellitaire aux armées « sachant qu'un satellite transmet ses images une fois par jour », explique le patron de la DRM. Pour ce qui est des prises de vues aériennes, l'armée de l'air fournit directement les images provenant de ses drones et de ses avions, comme nous le faisons pour les images des satellites.

 

Retrouvez les deux premiers articles de la série :

Défense : recherche désespérément espions...

Cyberdéfense : les espions vont disposer de capacités informatiques offensives

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 13:55

le-premier-vol-du-demonstrateur-neuron - Rafale photo Dassa

 

14.03.2013 Le Monde.fr avec AFP

 

Malgré un environnement incertain et un marché de l'aviation d'affaires "convalescent", le constructeur aéronautique Dassault Aviation, dont le bénéfice net a grimpé de 58 % en 2012, attend cette année un chiffre d'affaires "supérieur" à celui de l'an passé avec des livraisons de Falcon en hausse malgré un environnement incertain.


En 2012, le bénéfice net consolidé (après mise en équivalence de Thales, dont Dassault détient près de 26 %) s'est élevé à près de 510 millions d'euros, contre 322,6 millions en 2011, a annoncé jeudi 14 mars le groupe français dans un communiqué. Hors prise de participation dans le groupe d'électronique, il ressort en hausse de 25 %, à 524 millions d'euros. L'an passé, le groupe a livré 66 Falcon (contre 63 en 2011). C'est seulement un avion de plus que prévu. Dans le même temps, il a reçu 58 commandes nettes, contre 36 en 2011.

 

Dassault Aviation précise que le chiffre d'affaires de la division Falcon a augmenté de 16 %, à près de 2,8 milliards d'euros, soit 71 % du chiffre d'affaires consolidé en 2012. Pour 2013, il prévoit de livrer 70 Falcon. "Nous espérons une reprise, notamment aux Etats-Unis", principal marché du secteur, a commenté le groupe.

 

Concernant la division défense, le chiffre s'est inscrit en hausse de 29 % par rapport à celui de 2011. Onze avions de combat Rafale ont été livrés à l'Etat français comme les années précédentes. Le constructeur prévoit d'en livrer un nombre similaire cette année.

 

Dassault Aviation rappelle que, "dans le domaine militaire, l'année 2012 a été marquée par la sélection du Rafale par l'Inde comme vainqueur de la compétition Medium Multi-Role Combat Aircraft (MMRCA) et l'entrée en négociation exclusive avec l'Indian Air Force". Le contrat reste à finaliser et Dassault souligne la nécessité d'"exploiter les opportunités relatives au Rafale à l'export". Jusqu'à présent, l'avion n'a jamais été exporté.

 

Lire notre éclairage : Rafale : les arguments qui ont favorisé Dassault


"A cette sélection du Rafale s'est ajouté le succès technique du Neuron. Nous avons marqué l'histoire de l'aéronautique en faisant voler le premier avion furtif européen", a estimé Eric Trappier, nouveau PDG de Dassault Aviation, cité dans le communiqué.

 

 NOUVEL AVION D'AFFAIRES


Selon lui, "ces compétences et ce savoir-faire se retrouvent, dans la façon dont nous développons actuellement le SMS", le très attendu nouvel avion d'affaires qui doit être dévoilé cette année. M. Trappier indique qu'il sera présenté "dans quelques mois" sans plus de précision. Mais cela pourrait être à l'occasion du Salon de l'aviation d'affaires qui se tient à Genève en mai ou, plus probablement, à l'occasion du salon du Bourget en juin.

 

Le groupe, constructeur du Falcon haut de gamme 7X, n'a, pour l'heure, donné aucun détail sur ce nouveau jet privé, dont le programme est qualifié de "grande ambition technologique et commerciale". "Concernant les avions d'affaires, l'évolution incertaine de l'économie mondiale, et en particulier de nos marchés historiques, Etats-Unis et Europe occidentale, nous incite à rester vigilants", a encore commenté Eric Trappier, qui a remplacé Charles Edelstenne en janvier.

 

Enfin, le dirigeant souligne que la faiblesse du dollar reste "une contrainte forte et difficilement maîtrisable en raison des spasmes du système financier international".

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 12:55

Mindef

 

13 mars 2013 LePoint.fr (Reuters)

 

PARIS - La défense française doit s'attendre à de nouvelles coupes budgétaires, soulevant la crainte, pour une armée qui s'illustre au Mali, de ne plus pouvoir accomplir certaines de ses missions.

 

Tous les groupes politiques du Sénat, à l'exception des écologistes, menacent de ne pas voter le prochain budget de la défense s'il passait sous la barre des 1,5% de PIB, soit environ le budget actuel, de l'ordre de 30 milliards d'euros.

 

"Le seuil en deçà duquel il ne faut pas descendre est de 1,5% du PIB", a déclaré mercredi le président socialiste de la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat, Jean-Louis Carrère.

 

Le nouveau "Livre blanc" qui définit la stratégie de la France en matière de défense et de sécurité nationale sera publié avant la fin du mois, peut-être même dès la semaine prochaine. Si le document lui-même ne donne pas d'indications en termes d'enveloppe et de trajectoire budgétaires, il servira de base à la loi de programmation militaire que François Hollande doit présenter avant l'été.

 

Si cette loi prévoyait pour l'armée un budget inférieur à 1,5% du PIB, hypothèse probable en ces temps de restriction tous azimuts, "il n'est pas sûr que nous la voterions", a dit Jean-Louis Carrère, en précisant que le groupe écologiste ne s'associait pas à cette démarche commune des sénateurs.

 

La contribution du ministère de la Défense aux cinq milliards d'économies supplémentaires réclamées la semaine dernière à son gouvernement par Jean-Marc Ayrault pour 2014 devrait être d'un milliard d'euros, a dit le sénateur des Landes lors d'une conférence de presse.

 

SOUS LA NORME DE L'OTAN

 

Traditionnelle variable d'ajustement en temps de crise, le budget de la défense a l'habitude de souffrir. Il est passé depuis longtemps sous le seuil des 2% de PIB, considéré par l'Otan comme la norme minimale pour permettre à un pays d'assurer sa souveraineté.

 

"Non seulement la défense n'est pas une priorité mais, à l'heure où des économies sont recherchées partout, elle est clairement dans le collimateur parce que c'est facile de tailler dans le budget militaire", résume un ancien haut responsable militaire français.

 

Le précédent Livre blanc, paru en 2008 sous Nicolas Sarkozy, a débouché sur la loi de programmation militaire 2009-2014, de laquelle la Cour des comptes a dressé en juillet dernier un bilan à mi-parcours fort inquiétant.

 

La Cour a constaté un écart négatif d'1,89 milliard d'euros à la fin 2011 par rapport aux économies drastiques réclamées par le texte et prédit que cet écart dépasserait les quatre milliards fin 2013.

 

L'actuelle loi de programmation exige notamment la suppression de 54.000 emplois entre 2008 et 2015 mais de nouvelles économies seront demandées à l'armée et affecteront nécessairement des programmes d'armement, dont certains devront étalés dans le temps et d'autres supprimés.

 

Or la Cour, qui a suggéré à l'armée de commencer par réduire une masse salariale ayant augmenté malgré la diminution des effectifs, a prévenu que des économies affectant le fonctionnement opérationnel des armées pourraient les empêcher de remplir correctement certaines de leurs missions.

 

LACUNES

 

Pour Jean-Louis Carrère, le point de rupture est proche.

 

"Je suis convaincu que notre sécurité serait compromise si les mesures de réduction de l'effort de défense qui sont envisagées étaient adoptées", a-t-il dit.

 

En attendant les arbitrages de François Hollande, le ministère des Finances travaille sur plusieurs scénarios, dont le plus pessimiste verrait l'effort de défense passer de 1,56% du PIB en 2011 à 1,1% en 2025, disent les sénateurs.

 

"Si on laisse faire Bercy, dans 20 ans, il n'y a plus de défense en France", s'inquiète un sénateur UMP.

 

Si les trois armes sont concernées, c'est bien dans l'armée de terre que les craintes sont les plus profondes, parce qu'elle est la plus touchée par les réductions de personnels et la disparition de sites mais aussi parce que le type de guerre pour laquelle elle est conçue n'a plus la cote auprès des politiques et de l'opinion.

 

De réels succès en Libye et en Côte d'Ivoire mais surtout l'opération au Mali ont quelque peu changé la donne, écornant le cliché de la "guerre à zéro mort" et montrant que la France pouvait encore pénétrer en premier, par une intervention terrestre, sur un théâtre d'opérations.

 

L'opération Serval a aussi révélé les lacunes de l'outil militaire français, notamment en termes de transport aérien, de ravitaillement en vol, d'avions de surveillance sans pilote (drones) et de renseignement.

 

Tout cela ne suffira pas, cependant, à éviter à l'armée de devoir se serrer encore la ceinture. Comme il n'est pas question de toucher à la dissuasion nucléaire, dont le coût annuel est de l'ordre de 3,5 milliards d'euros, il faudra bien trancher dans le vif.

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 08:55

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/air/actualites/images-2013/images-mars-2013/rafale-n-125-convoye-de-clermont-ferrand-a-saint-dizier/2224444-1-fre-FR/rafale-n-125-convoye-de-clermont-ferrand-a-saint-dizier.jpg

Rafale n°125, convoyé de Clermont-Ferrand à Saint-Dizier

 

13/03/2013 Armée de l'air - Economie et technologie

 

Jeudi 7 mars, l’escadron de convoyage 70 «Châteaudun» a effectué le premier convoyage autonome d’un Rafale. Le lieutenant Jean-Philippe Bouffanais, ancien pilote de l’escadron de chasse 1/2 «Cigognes», a ainsi mis à profit sa récente qualification sur la machine pour convoyer le Rafale n°125 de l’atelier industriel aéronautique (AIA) de Clermont-Ferrand à destination de Saint-Dizier.

 

La documentation de référence de l’avion, nécessaire pour sa mise en service, a, quant à elle, été emmenée par le TBM 700 de servitude de l’escadron de convoyage.

 

«Auparavant nous nous rendions à Saint-Dizier en TBM 700 pour récupérer les pilotes afin qu’ils convoient le Rafale puis qu'ils le ramènent. Nous effectuions plusieurs aller-retours, explique le capitaine Quentin Nivel du «Châteaudun». Seul le lieutenant Bouffanais sera apte à piloter le chasseur de dernière génération. En effet, le faible volume de mouvements ne justifie pas que nous soyons tous transformés sur Rafale. Cette année, il devrait y avoir près de 40 mouvements.»

 

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/air/actualites/images-2013/images-mars-2013/le-lieutenant-jean-philippe-bouffanais-a-realise-le-premier-convoyage-autonome/2224429-1-fre-FR/le-lieutenant-jean-philippe-bouffanais-a-realise-le-premier-convoyage-autonome.jpg

Le lieutenant Jean-Philippe Bouffanais a réalisé le premier convoyage autonome

 

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/air/actualites/images-2013/images-mars-2013/la-documentation-de-reference-de-l-avion-necessaire-pour-sa-mise-en-service-a-ete-emmenee-par-le-tbm-700/2224439-1-fre-FR/la-documentation-de-reference-de-l-avion-necessaire-pour-sa-mise-en-service-a-ete-emmenee-par-le-tbm-700.jpg

La documentation de référence de l’avion, nécessaire pour sa mise en service a été emmenée par le TBM 700

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 07:55

Mindef

 

13/03/2013 Jean Guisnel - Le Point.fr

 

Le scénario noir prévoit la vente du Charles de Gaulle, la suppression de 30 régiments, l'arrêt des chaînes du Rafale et l'abandon de l'A400M. Une débâcle !

 

Les armées se préparent en secret à une apocalypse budgétaire. Avant même la publication du Livre blanc sur la défense qui doit intervenir dans quelques semaines, il n'existe qu'un sujet de préoccupation au ministère de la Défense : les options budgétaires de la future loi de programmation militaire. Pour simplifier, on peut dire que le Livre blanc définit une perspective stratégique globale, quand la loi de programmation militaire qui sera discutée ensuite, durant l'été, en tire les conclusions budgétaires. Or après des mois de tergiversations, François Hollande, chef des armées, annoncera ses choix financiers le 19 mars prochain lors d'un conseil de défense, avant de les préciser le 26 mars. Rappelons qu'un conseil de défense et de sécurité rassemble autour du président le Premier ministre (Jean-Marc Ayrault), les ministres de la Défense (Jean-Yves Le Drian), de l'Intérieur (Manuel Valls), de l'Économie (Pierre Moscovici), du Budget (Jérôme Cahuzac) et des Affaires étrangères (Laurent Fabius). Le chef d'état-major des armées, l'amiral Édouard Guillaud, est présent.

 

Projections apocalyptiques


Passons sur les épisodes précédents et sur les exercices budgétaires internes au ministère de la Défense, qui ont accompagné les travaux sur le Livre blanc. Fin décembre 2012, les problèmes sont apparus lorsque les prévisions budgétaires sont devenues franchement inquiétantes. Avec une croissance nulle ou presque, une situation économique gravement détériorée, il est alors devenu clair que le maintien de l'effort de défense actuel (1,56 % du produit intérieur brut en 2013, pour un budget de 31 milliard d'euros) ne pourrait pas être maintenu. Jean-Yves le Drian a toujours dit que la défense serait touchée en proportion des efforts consentis par les autres ministères, pas davantage. Sauf qu'aujourd'hui, les deux projections préparées pour le conseil de défense de mardi prochain sont désastreuses pour la première, apocalyptique pour la seconde.

 

Hypothèse Y


La première épure budgétaire, qualifiée à l'hôtel de Brienne - siège du ministère de la Défense -, d'hypothèse "de survie", est terrible. Il s'agirait pour la défense de continuer à faire tout ce qu'elle fait aujourd'hui, mais avec beaucoup moins de personnels et de moyens. Elle impliquerait la perte de 30 000 emplois dans les armées et de 15 000 autres dans l'industrie de défense. Dans ce schéma, toutes les armées perdraient des plumes, mais d'abord l'armée de terre qui verrait disparaître sa capacité de projection. En clair, et pour prendre un scénario on ne peut plus actuel : les forces spéciales qui perdureraient auraient été capables de stopper l'offensive des groupes djihadistes sur Bamako, début janvier. Mais projeter ensuite 4 000 hommes au Mali pour une mission de plusieurs semaines, il faudrait oublier.

Dans cette hypothèse, la question du maintien de la composante aérienne de la dissuasion est posée et de nombreux programmes d'équipements seraient retardés ou repoussés aux calendes grecques. Du côté de l'industrie de défense, ce serait également un massacre et l'éventualité de la disparition de l'industriel d'armement terrestre Nexter est explicitement évoquée. "On ne sait pas faire une telle réduction, qui vient après les 54 000 suppressions de poste du précédent quinquennat", dit un hiérarque connaissant le dossier. "Mais quand on en parle avec les gens du Budget, ils nous expliquent franchement que l'hypothèse Y n'est pas possible pour eux. Qu'il faut y aller plus fort !" Mais la défense va devoir contribuer pour un milliard à l'austérité en 2014, et pour deux milliards en 2015. En deux ans, avant même de trancher dans le vif, ce sont 10 % d'une annuité qui vont sauter ! Quant à l'hypothèse Z, c'est... l'apocalypse !

 

Une conflagration


François Hollande, chef des armées, est pris en tenaille ! D'une part l'hypothèse Y que nous venons de voir est déjà considérée comme inacceptable par Jean-Yves Le Drian. Le ministre de la Défense sait, même si c'est accessoire, quels sont ses risques personnels dans cette affaire, face à des militaires qui n'ont jamais jugé in fine leurs ministres qu'à la capacité de défendre leur budget. Mais, d'autre part, l'hypothèse Z est celle que défend Bercy avec ardeur, dès lors qu'elle est seule compatible avec la politique de rigueur décidée par... le chef de l'État ! Or, là, on ne parle plus de la même défense de la France. Cette éventualité implique en effet 50 000 suppressions d'emploi dans les armées (c'est l'effectif total de l'armée de l'air) et autant dans l'industrie de défense. Dans cette hypothèse, ce serait la fin de l'armée française telle que nous la connaissons, alors même que le monde devient de plus en incertain. Nous avons entendu évoquer la "mise sous cocon" du porte-avions Charles de Gaulle, ou sa vente au Brésil ou à l'Inde. "Ce serait une conflagration, estime un expert, un bateau qui porte ce nom, en plus ! Un nouveau paquebot France, en pire, une fierté nationale, alors que 66 % des Français pensent qu'il faut augmenter le budget militaire !" Mais ce n'est pas tout. Ces choix budgétaires consisteraient à ramener d'ici quelques années le budget de la défense d'environ 30 milliards à 20 milliards, à faire passer la part de la richesse nationale consacrée aux armées de 1,5 % du PIB à 1,1 %. Impensable ? Apparemment, non.

 

Économies à la hache...


La renonciation par la France à son groupe aéronaval n'empêcherait pas, dans cette hypothèse, la renonciation à l'avion-cargo A400M, synonyme de la fin du programme dans son ensemble, et la perte des 10 000 emplois d'Airbus Military. Oubliés aussi, les programmes Scorpion des nouveaux blindés de l'armée de terre, des commandes d'hélicoptères NH-90 et Tigre, comme sont envisagées la fin de la série des Rafale, celle d'une grande partie des frégates FREMM et des sous-marins nucléaires d'attaque Barracuda. Les nouveaux ravitailleurs aériens MRTT, on oublie aussi... On évoque la dissolution d'une trentaine de régiments. "Nous sommes dans une situation de crise grave", admet-on sans finasser au ministère de la Défense, où l'on reconnaît à voix basse avoir secrètement lancé un groupe de travail sur l'abandon du transfert du ministère à Balard. "On va mesurer ce que coûteraient les dédits et un maintien dans nos taudis du boulevard Saint-Germain. On n'a plus le choix, on rabote et on passe tout à la paille de fer", lance un interlocuteur décontenancé. Un autre, moins mesuré, lance : "On prend le mur en pleine gueule. On a bien tenté de faire comme d'habitude, de repousser les problèmes après 2017 ! Mais ça n'a pas marché..."

 

Sortir de la crise


Évidemment, de telles perspectives font réfléchir. Avec la fin des capacités de projection et de maintien de la paix, mais aussi des ambitieuses capacités d'anticipation (satellites, renseignement technique, etc.), c'en serait fini des ambitions et de la puissance françaises : "On aurait l'armée du Benelux, la dissuasion en plus...", lance un homme au courant des débats internes, qui ne se résout pas à voir les armées se contenter d'un grand écart : Vigipirate et la bombe atomique, que François Hollande a promis de ne pas toucher. Il ne semble pourtant pas sérieux qu'un tel bond en arrière soit vraiment envisagé par le président de la République, au risque de voir la France abandonner son statut international.

 

Comment faire ? C'est la question qui sera posée au conseil de défense la semaine prochaine. Les militaires se prennent à rêver que le président fasse passer la défense au rang de priorité nationale, comme l'éducation ou la "sécurité", qui ne concerne curieusement à cette heure que le ministère de l'Intérieur. Mais soyons-en certains : les prochains jours seront chauds et les calculettes vont crépiter...

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 19:55

Sénat RF

 

13/03/2013 Vincent Lamigeon, grand reporter à Challenges - Supersonique

 

C’est ce qu’on appelle mettre les pieds dans le plat. En plein sprint final de la rédaction du Livre blanc, et alors qu’une guerre souterraine impitoyable oppose Bercy au ministère de la Défense au sujet du budget militaire français, la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat a mis les pieds dans le plat cet après-midi en appelant au maintien d’un « effort minimal de défense de 1,5% du PIB », seuil jugé minimal pour maintenir la place de la France sur l’échiquier mondial. « La patrie est en danger car sa défense l’est, a martelé Jean-Louis Carrère, président de la commission. Nous avons une armée de poche, de haute qualité mais finalement vulnérable. J’ai décidé de dépasser la seule unanimité de notre commission pour mobiliser le Sénat tout entier, en tant qu’institution de la République. » Fait remarquable, cet appel a reçu le soutien des groupes socialiste, UMP, UDI, RDSE, non inscrits, l’abstention « positive » du CRC (communistes, républicains, citoyens), seuls les écologistes émettant un avis défavorable.

 

Le constat est net et sans appel : à l’exception de quelques remontées éphémères, l’effort de défense en pourcentage du PIB n’a cessé de plonger depuis cinquante ans : 5,44% dans les années 60, 2,97 % en 1983, 2,44% en 1994, 1,56% en 2009, probablement 1,5% en 2013. Le chiffre pourrait même chuter à 1,15% dans le scénario de baisse le plus important. « Si on descend à moins de 1,5%, c’est le décrochage assuré et, une relégation sans retour de la France, estime le sénateur Jacques Gautier, du groupe UMP. Ce serait aussi une offense impardonnable aux hommes et aux femmes de nos armées. Le ministère de la défense a déjà été exemplaire en termes de restructuration et de réforme. »

 

Les sénateurs ont notamment souligné les 400 000 emplois directs et indirects du secteur, « de haute valeur ajoutée et peu délocalisables », les 5 milliards d’exportations annuelles d’armement, soit autant que l’agriculture. Ils ont surtout souligné les implications d’une coupe aveugle et court-termiste dans le budget de défense en termes de sécurité de la France, de place du pays dans le monde (conseil de sécurité de l’ONU, Afrique, vis-à-vis des Etats-Unis…), du développement de technologies duales. «L’outil de défense se pense à long terme, il ne doit pas être à la merci de coupes budgétaires conjoncturelles, souligne Jean-Pierre Chevènement. C’est la France qui est en jeu. »

 

Pourquoi un tel cri de détresse ? A quelque jours de la remise du Livre blanc à François Hollande, Jean-Louis Carrère a expliqué avoir eu vent de scénarios de coupes proposés par Bercy. On connaissait le « modèle Y », qui aboutirait  à 18 000 à 20 000 suppressions de postes supplémentaires, 225 avions de combat au lieu de 300, 20% de coupes dans les matériels et une dizaine de fermetures de bases supplémentaires. « C'est déjà un scénario douloureux, assure Jacques Gautier. L'armée a déjà beaucoup donné. »

 

Bercy insisterait pour une trajectoire encore plus dure, un « scénario Z ». C’est celui qui donne des boutons aux sénateurs : il aboutirait à un effort de défense 1,15% du PIB en 2025. Jean-Louis Carrère a évoqué un milliard de coupes immédiates et deux milliards supplémentaires sur un budget de 31,4 milliards d’euros, soit une amputation de 10% du budget. « En cas d’adoption de ce type de scénario, nous voterions contre la loi de programmation militaire (LPM), a assuré le président de la commission de défense. Mais on veut aussi tordre le cou au scénario Y s’il aboutit à enfoncer la ligne des 1,5% du PIB. » Les sénateurs assurent se rassembler autour d’un budget aux alentours de 30 milliards d’euros minimum.

 

La menace est claire : à défaut d’être entendu sur les 1,5% (hors pensions et hors gendarmerie), le Sénat peut dégainer l’arme atomique en recalant la LPM l’été prochain. « La présidente de la commission de défense de l’Assemblée nationale Patricia Adam est d’accord avec nous, dans les grandes lignes », assure Jean-Louis Carrère. Il ne s’agit pas de sanctuariser le budget de la défense, qui doit participer à l’effort de désendettement comme les autres, mais de ne pas opérer de coupe qui aboutirait à des pertes définitives de compétences, de capacités stratégiques, d’emplois, d’influence dans le monde : « Passer de 1,56% du PIB à 1,5%, c’est déjà abandonner 1,2 milliard d’euros, souligne Jean-Louis Carrère. Même le chiffre de 1,5% génère encore des suppressions d’emplois et des étalements de commandes. »

 

La promesse de François Hollande et de Jean-Yves Le Drian que la défense ne serait pas la variable d’ajustement va-t-elle faire long feu ? Les sénateurs affirment qu’ils y seront attentifs. « Nous mettons tout notre poids dans la balance, il faut un consensus national sur ces questions », assure le sénateur PS Daniel Reiner. Les sénateurs soulignent même que l’objectif ultime est de pouvoir remonter au-delà de 1,5%, quand la situation budgétaire sera rétablie. En attendant, il faut sauver ce qui peut l’être… Le Livre Blanc pourrait être publié dès la semaine prochaine ou à la fin du mois, assure Jean-Louis Carrère.

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 19:55

Indus def FR

 

13/3/2013 Jacques Marouani - ElectroniqueS

 

Dans le cadre de réductions budgétaires, la défense pourrait être lourdement mise à contribution. Les industriels s'alarment des conséquences que cette éventualité pourrait avoir sur l'emploi et le tissu de sous-traitants.

 

Dans une lettre adressée la semaine dernière à l'Elysée, les patrons de sept grands acteurs français de la défense (Thales, Nexter, DCNS, Dassault Aviation, Safran, MBDA et EADS France) ont demandé audience au président François Hollande, afin de lui adresser un message d'alerte, rapporte le quotidien économique "Les Echos".

 

Au moment où l'Etat s'apprête à faire des choix en matière budgétaire, "il est essentiel que les enjeux industriels et socio-économiques soient pris en compte avec autant de rigueur que les enjeux de budgets", expliquent les dirigeants. "Les industries de défense sont des leviers de croissance et d'emplois hautement qualifiés et peu délocalisables. Partenaire des collectivités locales, elles entraînent avec elles un réseau de PME-PMI dont elles protègent les intérêts dans des logiques de filières. Elles sont des locomotives technologiques pour l'ensemble de l'industrie française", soulignent les patrons des grands groupes d'armement.

 

La défense pourrait faire office de "variable d'ajustement" et être davantage mise à contribution que d'autres ministères. Une telle éventualité alarme les dirigeants du secteur qui pointent les conséquences que pourraient avoir de telles mesures sur l'emploi, le maintien des compétences et le tissu de sous-traitants, selon "Les Echos".

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 19:06

http://forcesoperations.com/wp-content/gallery/guillaume/senat-defense.png

 

13.03.2013 Par Guillaume Belan

 

Le fait est assez rare pour être important. Et il est surtout préoccupant. C’est toutes couleurs politiques confondues (hormis le parti écologiste) que la Commission défense du Sénat a tiré la sonnette d’alarme cet après-midi à propos des arbitrages budgétaires à venir concernant la Défense. « Nous avons une armée de poche, de haute qualité mais finalement vulnérable ». Or, aujourd’hui les scénarios qui courent à Bercy font frémir les sénateurs, « il en va de notre indépendance stratégique » a exposé le président de la Commission Défense du Sénat Jean-Louis Carrère.

 

« Le Sénat considère que le passage d’un effort de défense de 1,56% en 2011 à 1,1% en 2025, tel qu’il est envisagé, ne permettrait plus aux autorités de notre pays de maintenir de rôle de la France au niveau qui est le sien aujourd’hui. (…) Le seuil en deçà duquel il ne faut pas descendre, est de 1,5% du PIB », a annoncé le président socialiste Jean-Louis Carrère. Soit un budget qui doit rester au-dessus des 30 milliards d’euros, hors pensions et gendarmerie.

 

http://forcesoperations.com/wp-content/gallery/guillaume/budget-senat-defense.png

 

« Il faut que les Français comprennent que la défense se construit sur le long terme, et ne doit être motivée par des considérations économiques à court terme. (…) Il en va de notre influence, de notre souveraineté et de la crédibilité de la France  » a précisé Jacques Gautier, sénateur UMP.

 

Outre la remise en question de la place actuelle de la France dans le concert des nations avec une armée en peau de chagrin et mal équippée, les sénateurs s’inquiètent également des trous capacitaires, des matériels vieillissants, des pertes de savoir-faire et de compétences, ainsi que des conséquences néfastes sur l’emploi. Car l’industrie de Défense, rappelons-le c’est 400 000 emplois directs et indirects.

 

Déjà, une défense à 1,5% du PIB, « c’est le niveau historiquement le plus faible » a ajouté Jean-Pierre Chevènement. « L’outil de défense se pense à long terme, il ne peut pas être à la merci de coupes budgétaires conjoncturelles. C’est la France qui est en jeu » a conclu l’ancien ministre socialiste de la Défense.

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 19:04

Indus def FR

 

13 mars 2013 Par Hassan Meddah - Usinenouvelle.com

 

Alors que la publication du livre blanc sur la Défense pourrait intervenir la semaine prochaine, les industriels et les élus ont interpellé le président de la République pour éviter que les activités de défense ne soient pas la variable d'ajustement des coupes budgétaires envisagées par l'Etat.

 

Un scénario noir pour le futur budget du ministère de la défense circule bien dans les allées de Bercy. A l'heure où le gouvernement demande à tous ses ministères de contribuer au redressement des comptes publics, celui de la Défense serait particulièrement touché. Du moins selon certaines fuites qui ont mobilisé les industriels du secteur mais également les élus de la commission de Défense du Sénat.

 

Jean-Louis Carrère, président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées évoque ainsi le scénario du pire, baptisé scénario Z par les éminences grises de Bercy. Dans ce schéma, les investissements de la nation pour ses activités de Défense seraient réduits à 1,1% du PIB en 2025 contre 1,56% en 2011. "La patrie est en danger car sa défense l'est (….) Il est de l'intérêt de la nation de maintenir son effort de Défense. La France ne pourrait plus tenir son rang dans le monde et connaitrait un déclassement significatif. (…) Notre pays ne serait plus écouté, ni audible (…)", a-t-il précisé lors d’une réunion de la Commission ce mercredi 13 mars.

 

"L’effort de défense doit être maintenu à un niveau qui permette de préserver la sécurité intérieure et extérieure de la France et sa capacité d’influence. Ce seuil, en deçà duquel il ne faut pas descendre, est de 1,5% du PIB", explique-t-il. Cela représente un effort de l'ordre de 30 milliards d'euros par an. Selon le sénateur, les baisses de budget envisagées par Bercy pourraient entrainer la suppression de dizaines de milliers d'emplois mais également des pertes de compétences et technologiques difficilement récupérables...

 

"Une armée de poche"


Le conflit au Mali souligne d'ailleurs le manque de certains moyens critiques de nos armées en matière de drones, de ravitailleurs, d'avion de transport. "Nous avons de plus en plus une armée de poche" s'est encore désolé Jean-Louis Carrère. Les sénateurs de la commission Défense ont rappelé aussi certaines réalités économiques: le secteur de la Défense emploie au total 400 000 personnes, les ventes à l'exportation de matériel militaire s'élèvent à 5 milliards d'euros par an et contribuent à la balance commerciale autant que l'Agriculture.

 

A l'approche de la remise du prochain Livre blanc sur la défense au président de la République, sans doute avant la fin du mois du mars, le vent de panique touche également les industriels de la défense. Selon les Échos, les principaux acteurs du domaine (DCNS, EADS, MBDA, Nexter, Safran, Thales...) auraient adressé une lettre au président de la République pour éviter de faire les frais de coupes budgétaires trop brutales.

 

Une initiative commune exceptionnelle à ce niveau. "Je suis très inquiet que le bubget de Défense serve de variable d'ajustement. On risque de mettre en péril un grand savoir faire français au nom de problèmes économiques plus globaux", avait déjà affirmé Jean-Bernard Levy, nouveau PDG de Thales lors de l'annonce des résultats annuels du groupe début mars. Pour sauver le soldat Défense, c'est décidément l'union sacrée.

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 19:00

cyber warfare

 

13/03/2013 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Près de cinq ans après la réorganisation des services de renseignements français, La Tribune publie une série de quatre articles faisant le point sur leur évolution, les nouveaux enjeux auxquels ils doivent faire face, leurs succès et leurs manques. Deuxième épisode de cette série, les services de renseignements, qui se réorganisent pour mieux lutter contre les menaces de cyber-espionnage et la multiplication des opérations de cyber-sabotage.  

 

En 2008, le livre blanc sur la défense avait fait une priorité de la cyberdéfense comme un nouvel instrument des armées. « La stratégie nationale de la France a véritablement commencé à évoluer à partir de 2008 et du dernier Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, qui a identifié le risque d'attaque majeure contre les systèmes d'information comme une menace stratégique, et estimé que le degré de probabilité d'occurrence dans les quinze années à venir était extrêmement fort », confirme le directeur général de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), Patrick Pailloux. Cinq ans plus tard, la France s'est effectivement organisée en définissant une stratégie et en se dotant de capacités de cyberdéfense. Elle a notamment créé en 2009 la secrète Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), chargée de missions de prévention mais aussi de missions de réaction. Pour mettre en œuvre cette stratégie, la France a établi une capacité centralisée.

 

Une lutte perdue d'avance ?

 

Mais face à l'ampleur et la multiplication des attaques informatiques et de nouvelles menaces, l'ANSSI est incapable de répondre à toutes les menaces faute de disposer des ressources suffisantes. Ce qui n'est pas réellement une surprise. Mais l'aveu vient de Patrick Pailloux lui-même, ce qui donne encore plus de poids au besoin de renforcer cette structure au moment où le gouvernement est tenté de couper dans les dépenses de défense. « Notre capacité de réaction et de défense est hélas 'enfoncée' par le volume des attaques informatiques, si bien que nous devons en permanence arbitrer entre les différentes attaques pour décider de celles sur lesquelles nous devons nous mobiliser, explique le patron de l'ANSSI. Notre action est ici facile à comprendre. Elle peut être comparée à celle des pompiers : des groupes d'intervention sont chargés d'intervenir auprès des administrations ou des grandes entreprises victimes d'attaques, pour les aider à gérer la situation ». Un constat également partagé par le directeur du renseignement militaire (DRM), le général Didier Bolelli : « à ce jour, au niveau étatique comme industriel, nos parades me paraissent très insuffisantes ».

 

Des capacités informatiques offensives prêtes

 

Pour le conseiller spécial du ministre de la Défense, Jean-Claude Mallet, en charge de la rédaction du nouveau Livre blanc après le départ de Jean-Marie Guéhenno, la menace est bien prise en compte. Elle « progresse à un rythme beaucoup plus rapide que celui des réponses qui lui sont apportées par nos entreprises et par les grands acteurs de la défense », précise-t-il. C'est dans ce cadre, révèle-t-il que le ministère de la Défense « réfléchit à des capacités informatiques offensives, dont les autorités publiques, au plus haut niveau de l'État, pourraient décider de l'emploi - en l'occurrence, un emploi proportionné, discret et le plus efficace possible, en appui des actions militaires ». Et d'assurer que « le développement des capacités de cyberdéfense comme de capacités offensives est une ambition qui ouvre un champ formidable pour nos jeunes ingénieurs et nos militaires : c'est le meilleur des technologies et des intelligences, dont notre pays ne manque pas - les acteurs de la défense le montrent tous les jours -, qu'il faudra mobiliser ». Pour autant, Jean-Claude Mallet a confirmé que la France disposait déjà de ces moyens offensifs. C'est « déjà le cas », affirme-t-il.

 

Au-delà de cette capacité offensive, que le sénateur du Haut-Rhin, Jean-Marie Bockel, avait révélé en juillet 2012 - la France dispose d'une doctrine lui permettant de mener des opérations offensives dans le domaine de la cyberdéfense -, Jean-Claude Mallet assure que « les moyens de l'ANSSI doivent impérativement être renforcés afin de compléter le spectre de nos capacités de défense en ces domaines ». D'autant comme le rappelle-t-il « la numérisation fera l'objet d'investissements massifs, comme l'ont confirmé le président de la République et le gouvernement ». En outre, Jean-Claude Mallet a l'intention de durcir les normes de sécurité pour tous les fournisseurs du ministère. « Je pressens le moment où le ministère de la défense devra imposer à ses partenaires privés des normes de sécurité, dont le non-respect leur interdira tout simplement de lui fournir des moyens », explique-t-il. Enfin, rappelle-t-il, une réserve citoyenne a été créée pour sensibiliser l'opinion et faire la promotion d'un esprit de cyberdéfense. Nous réfléchissons aussi à la mise en place d'une réserve opérationnelle qui permettrait à la société française de résister à un incident ou une agression de grande ampleur, au-delà des moyens » évoqués précédemment.

 

Et les services de renseignements ?

 

Tout comme l'Etat, les priorités des agences de renseignements en la matière ont également évolué même si elles se placent sous l'autorité de l'ANSSI, une entité très récente. Ainsi, le coordonnateur national du renseignement, le préfet Ange Mancini, qui juge l'ANSSI « très performante, estime que « les cyberattaques doivent quant à elles être considérées comme des actes de guerre, ce qui fait que ce domaine doit rester tout à fait confidentiel ». Pour le patron de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), le préfet Érard Corbin de Mangoux, « l'espace cyber est une caisse de résonnance des menaces existantes, dont il représente une troisième dimension. Au-delà des menaces classiques qui s'expriment par ce canal, existent de nouveaux risques : pénétration dans les réseaux, mise en danger des systèmes de sécurité, pillage industriel... Face à ces risques, la France s'est dotée d'une organisation cyber cohérente, dans laquelle les moyens humains sont primordiaux, avec, notamment, la création de l'Agence nationale de sécurité des systèmes d'information. Une coordination est assurée avec les armées et la Direction générale de l'armement ».

 

Pour autant, tout comme l'ANSSI, les services de renseignements tâtonnent dans la lutte contre le cyber-espionnage. « Nous débutons dans le domaine de la 'cyber-guerre', souligne le directeur du renseignement militaire (DRM), le général Didier Bolelli. Pour le moment, nous nous limitons à rechercher des informations, à travers un certain nombre de sites ou de réseaux ». Et de rappeler que « la DRM n'est pas en pointe dans la 'cyber guerre', contrairement à l'ANSSI ou à la DGSE. Il n'en demeure pas moins que la menace est importante. Nous nous en protégeons principalement en usant de réseaux fermés et indépendants les uns des autres ».

 

Des agences de plus en plus concernées

 

La DRM a décidé de se préoccuper des ces menaces, selon le général Bolelli, « notamment pour identifier ce que nous appelons les organigrammes cyber, c'est-à-dire l'état des forces adversaires en cyber espace ». Car « certains pays ou entreprises internationales ont déjà été victimes d'attaques de ce type, avec des destructions d'ordinateurs à distance. La menace est sérieuse et nous incite à la plus extrême vigilance ». Du coup, la DRM va y travailler « pour la partie militaire mais les autres services de renseignement sont également interpellés ». D'autant que « les attaques sont souvent lancées depuis des pays dépourvus de législation en la matière ou de repères individuels offshore ».

C'est le cas également à la direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD). Le directeur de la DPSD, le général Jean-Pierre Bosser, souhaite recruter « plus d'officiers supérieurs ou de catégorie A pour participer à l'analyse ou traiter de la cyberdéfense. C'est un vrai sujet pour les deux ans qui viennent », estime-t-il. Et de rappeler des dangers d'internet et des réseaux sociaux qui deviennent « de plus en plus un sujet de préoccupation » puisqu'en « face de nous, il y a des gens puissants et organisés ». « C'est ainsi que des sites de régiments engagés en Afghanistan, comme le 1er RCP à Pamiers, ont fait l'objet d'attaques en 2010. Ces sites, destinés à informer les familles, ont été infiltrés à des fins subversives et pour faire des repérages sur certaines familles », raconte-t-il. Pour lutter contre ces attaques, le général Bosser estime qu' « informer nos cadres, et surtout nos jeunes, de la dangerosité de ces réseaux est vraiment un de nos soucis majeurs ».

 

La DCRI en pointe sur les questions de cyber-sécurité

 

Aux côtés de l'ANSSI, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) est « le seul service de renseignement de sécurité engagé dans ce domaine », estime son patron, Patrick Calvar, qui assure que « les attaques informatiques constituent à mon sens le danger le plus grave, et il ne fera que croître ». Car selon, lui « la cybercriminalité représente un danger majeur, dans tous les secteurs - criminalité de droit commun, terrorisme, espionnage et intelligence économique. Il n'est pas certain que le vrai bilan ait été fait des dégâts déjà commis, car de nombreuses entreprises ne souhaitent pas une contre-publicité de cet ordre. Nous devons définir une stratégie dans laquelle chacun joue un rôle complémentaire. Cela prendra du temps ».

 

A la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), le problème est également aigu. « Les bases de données, matériels informatiques et logiciels destinées à la surveillance du cybercommerce, représentent un poste budgétaire important », souligne le patron de la DNRED, Jean-Paul Garcia. « Nous devons encore améliorer nos performances en matière de lutte contre la cyberdélinquance, qui se développe beaucoup. La cellule Cyberdouane recevra avant la fin du mois de juin les moyens nécessaires pour développer la pratique des coups d'achat - nous en avons la capacité depuis 2012 - qui nous permet, sous une identité fictive, de pénétrer les réseaux ». Mais déjà la DNRED a déjà remporté quelques succès, en matière non seulement de médicaments et de cigarettes mais aussi de contrefaçons, « internet étant un lieu privilégié d'échanges », rappelle Jean-Paul Garcia.

 

Retrouver le premier article d'une série de quatre sur les services de renseignements français

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 18:55

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/terre/terre-images/images-articles/ltn-duhamel/2224340-1-fre-FR/ltn-duhamel.jpg

Le lieutenant Delphine Duhamel - Crédits : 40e RA

 

13/03/2013 Armée de Terre - Opérations

 

Le Lieutenant Delphine Duhamel, chef de section à la 1e batterie de Tir du 40e RA, est le premier officier féminin de l’artillerie Sol-sol à recevoir la croix de la Valeur Militaire avec étoile de bronze, pour faits d’armes en Afghanistan.

 

Lors de la cérémonie de dissolution de la Task Force Lafayette VI à Strasbourg le 31 janvier dernier, le chef d’Etat-major de l’armée de Terre, le général d’armée Bertrand Ract Madoux, a remis la croix de la Valeur Militaire avec étoile de bronze au lieutenant Delphine DUHAMEL.

 

«  Engagé du 19 avril au 26 novembre 2012 comme chef de section de tir Caesar et mortier de 120 mm au sein des éléments organiques de la brigade La Fayette, dans le cadre de l’opération PAMIR, a fait preuve de belles qualités militaires.

S’est particulièrement illustré en effectuant des tirs d’obus éclairants au profit d’éléments de l’armée nationale afghane ... A ainsi participé à la mise en fuite des insurgés qui prenaient à partie les soldats alliés et qui préparaient une attaque… »

 

 Le lieutenant Delphine DUHAMEL s’est engagé en 2004 à l’école nationale des sous-officiers d’active (ENSOA). Elle est affectée en juillet 2005 au 12eRA (Oberhoffen, 67) comme maréchal des logis, spécialiste COBRA (radar de contre batterie). Elle effectue une 1re mission en Bosnie en 2006. Elle enchaîne une seconde mission au Sud-Liban à Naqoura en 2007 dans le cadre de l’opération DAMAN II.

 

Le lieutenant DUHAMEL intègre l’école militaire interarmes (EMIA) en 2008 et devient officier de carrière.

 

A sa sortie de l’école d’artillerie en 2011, où elle a effectué un stage à Djibouti, elle choisit de servir au 40e régiment d’artillerie de Suippes. Affectée comme chef de section de tir à la 1re batterie, elle est projetée du 19 avril au 30 novembre 2012 dans le cadre de l’opération PAMIR à Nijrab comme chef de section tir CAESAR/Mortier de 120 mm, mission pour laquelle elle reçoit la croix de la Valeur Militaire.

 

« C’est un honneur de recevoir une telle décoration, déclare le lieutenant Duhamel, j’ai dit à mes soldats qu’il y a un peu d’eux dans ma médaille car c’est un travail d’ensemble, un travail très bien mené.

 

Je n’aime pas trop qu’on différencie le fait que je sois une femme, je suis avant tout chef de section. Je reste humble par rapport à cela. »

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 17:55

Mindef

 

13.03.2013 par P. CHAPLEAU Lignes de Défense

 

chiffre % defense.jpg

Jean-Louis Carrère, président de la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées, et plusieurs de ses collègues sénateurs ont tenu une conférence de presse à 15h, ce mercredi. Voici le propos liminaire de JL Carrère qui décrypte la courbe ci-dessus. L'intégralité du document d'où est tiré cet extrait est à consulter ici.

 

"Je pourrais reprendre à mon compte la célèbre apostrophe de Danton en 1792 en disant qu’aujourd’hui « La patrie est en danger » car sa défense l’est.


Je suis en effet convaincu que notre sécurité serait compromise si les mesures de réduction de l’effort de défense qui sont envisagées étaient adoptées. C’est tout le sens de la démarche de rassemblement du Sénat que nous avons entreprise. Cette conviction, nous ne cessons de l’affirmer au sein de notre commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées depuis près de deux ans que nous avons consacrés à la préparation du nouveau Livre blanc sur la sécurité et la défense.


En juillet dernier, nous avions publié un rapport au titre volontairement provocateur « Forces armées : peut-on encore réduire un format « juste insuffisant » ? ». En juillet dernier, nous constations que le format de nos armées était encore cohérent mais qu’il était d’une grande fragilité. Nous nous demandions si nous ne connaissions pas un syndrome du paraître, un effet Potemkine, qui masquerait que nos forces armées sont au bord du point de rupture. Nous constations que la tendance du coût considérable des équipements conduit à avoir une armée « échantillonnaire » dotée de quelques capacités « polyvalentes » dans chacun des secteurs concernés, mais dont les retours d’expérience montraient que les modes d’action étaient partiellement inadaptés aux situations de terrain. Ceci sans parler des trous capacitaires que nous connaissons. Nous avons une armée de poche, de haute qualité mais finalement vulnérable.


Déjà en juillet dernier, nous affirmions qu’il fallait établir un plancher des ressources consacrées à la défense à 1,5 % du PIB, avec une perspective de progression quand la croissance ou une éventuelle mutualisation le permettraient.


Livre blanc. Cela c’était avant le Livre blanc dont la version définitive devrait être rendue publique à la fin de ce mois. Ce document ne nous dit pas grand-chose en termes de format, pas plus qu’il ne donne des indications en termes d’enveloppe et de trajectoire budgétaires. Ce sera l’objet de la future LPM si toutefois elle intervient avant l’été, ce qui est indispensable. Pourtant, comme en témoigne la courbe qui est actuellement projetée et qui vous a été distribuée, beaucoup de gens travaillent à élaborer des scénarios plus rigoureux les uns que les autres.
C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de dépasser la seule unanimité de notre commission pour mobiliser le Sénat tout entier, au travers de ses groupes politiques, afin d’affirmer, en tant qu’institution de la République, toutes tendances politiques confondues (à l’exception du groupe Ecologie), que oui, « la patrie est en danger, parce que sa défense l’est ».


Sonnette d'alarme. C’est notre rôle d’élus et de décideurs politiques, garants de l’intérêt national que de tirer cette sonnette d’alarme. Notre approche est essentiellement politique, mais elle pourrait bien évidemment être techniquement étayée. Le message est clair et simple : le Sénat considère que le passage d’un effort de défense de 1,56 % en 2011 à 1,1 % en 2025, tel qu’il est envisagé, ne permettrait plus aux autorités de notre pays de maintenir le rôle de la France au niveau qui est le sien aujourd’hui.


Sans une diplomatie appuyée sur un outil militaire bien dimensionné, l’influence de la France et sa capacité à défendre sa place, ses intérêts et ses ressortissants, connaîtrait un déclassement très significatif. De plus, la diminution temporaire du budget de la défense dans la perspective d’une remontée à terme est une illusion dangereuse. Une capacité militaire ne peut s’évaluer à la simple lecture de l’inventaire des matériels. Elle est une combinaison de différents éléments : Doctrine ; Organisation ; Ressources humaines ; Equipement ; Soutien et Entraînement. Cet ensemble cohérent et indivisible serait irrémédiablement compromis si les décisions qui s’esquissent étaient confirmées, comme en témoigne l’incapacité d’autres nations à récupérer des compétences abandonnées. Il convient également de prendre en compte l’impact des diminutions de crédits sur l’emploi de l’industrie de défense et sur la recherche et développement. Enfin, prenons bien conscience que la défense n’est pas une dépense publique comme une autre.


De sa crédibilité dépendent :
• notre sécurité, c'est-à-dire celle de l’ensemble des secteurs de la Nation, qui bénéficient de cet investissement de défense.
• la place internationale de notre pays (principalement à l’ONU, vis-à-vis des Etats-Unis, en Afrique…..). Sans défense, nous ne serons plus crédibles. Nous ne serons plus audibles. Nous ne serons plus écoutés.
• Enfin, de notre outil de défense dépend notre prospérité future. Je pense notamment à la sécurisation de nos zones économiques exclusives (ZEE) et des voies d’approvisionnement maritimes qui sont fondamentales.


Tout cela nous conduit à une évidence : il est de l’intérêt supérieur de la Nation de maintenir l’effort de la Nation en matière de défense. C’est en fonction de ces analyses que les groupes politiques du Sénat souhaitent que l’effort de défense soit maintenu à un niveau qui permette de préserver la sécurité intérieure et extérieure de la France et sa capacité d’influence.


Ce seuil, en deçà duquel il ne faut pas descendre, est de 1,5 % du PIB.

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 15:42

http://forcesoperations.com/wp-content/gallery/guillaume/pierre-bayle.png

 

13.03.2013 Par Guillaume Belan

 

C’est une nouvelle page qui s’ouvre pour la délégation de l’information et de la communication de la défense (DICoD). Philippe Germain (auparavant à EDF), arrivé avec Jean-Yves Le Drian, a été débarqué, n’ayant pas réussi pas à trouver sa place. Il est remplacé par un « pro » de la Com’ défense, Pierre Bayle, qui vient d’être nommé en conseil des ministres, au profil taillé sur mesure. Car pour Pierre Bayle, c’est en quelque sorte un retour aux sources. Il a été à l’origine de la refonte des SIRPA (Service d’Information et de Relations Publiques des Armées) pour créer la Délégation à l’Information et à la Communication de la Défense (DICoD), quand Alain Richard était alors Ministre de la défense, il y a 15 ans.

 

C’est donc une bonne nouvelle ! A la fois pour la DICoD, quelque peu perturbée et démobilisée ces derniers mois. Mais aussi pour les journalistes. Que Pierre Bayle connaît très bien. Vu qu’il a débuté sa carrière en tant que journaliste, principalement à l’AFP. Là, il a suivi nombre de conflits. Notamment la guerre Iran-Irak en tant que Directeur-adjoint pour le Moyent-Orient, alors basé à Beyrouth. En 1991 il est envoyé spécial pour la première guerre du Golf, intégré au dispositif français. Enfin, il a créé avec Guy Perrimond en 1993, la lettre d’information spécialisée sur les questions défense TTU, qui s’est par la suite déclinée en une version arabe et anglaise.

 

Pierre Bayle est ensuite devenu un poids lourd de la communication défense. Com’ politique (conseiller auprès des ministres de la Défense, Pierre Joxe et Alain Richard), puis industrielle, avec Aérospatiale, il a préparé la fusion avec les industries européennes qui formeront EADS. Directeur de la communication de MBDA, le fabricant européen de missiles, il rejoint ensuite le groupe EADS pour devenir directeur communication du Groupe, travaillant notamment avec Louis Gallois.

 

Fin connaisseur des questions géostratégiques, des enjeux défense, des industries et équipements, il l’est également des forces. Réserviste, il servait encore récemment en tant que colonel au COS (Commandement des Opérations Spéciales) et est Président d’honneur de l’ANRAT (Association nationale des réservistes de l’armée de terre). Officier de la Légion d’Honneur, il parle couramment l’anglais, l’allemand, l’espagnol, l’italien, mais aussi l’arabe.

 

Une lourde tâche l’attend. Redonner cohérence et confiance dans un service important, qui a connu quelques séismes (direction de l’ECPAD), mais aussi renouer un lien distendu avec le politique et en clarifier d’autres. Cela dans une période compliquée de Livre Blanc, de restrictions budgétaires qui devraient venir redimensionner la défense de la France et d’engagements encore élevés.

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 12:55

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/terre/terre-images/images-articles/temoignage-3e-rh-s-entrainer-a-tirer/2221747-1-fre-FR/temoignage-3e-rh-s-entrainer-a-tirer.jpg

 

 

 

13/03/2013  ASP AC Marel - Armée de Terre

 

Sur le camp de Canjuers, le 2e escadron du 3erégiment de hussard (3e RH) a évalué ses aptitudes au tir lors de parcours de reconnaissance. De jour comme de nuit, les pelotons se sont entraînés ce lundi 23 avril, pour entretenir leurs capacités opérationnelles.

 

 

« Engagé en octobre 2011, j’ai effectué mon stage de formation de tireur sur AMX 10 RC pendant trois semaines à Canjuers, confie le jeune 2e classe Alexis Ledeur. Aujourd’hui, .je tire pour la première fois au sein d’un peloton constitué. Malgré le peu d’expérience, mon chef d’engin a confiance en moi. Grâce à lui, j’ai suffisamment d’autonomie pour m’améliorer rapidement. » Les pelotons équipés de trois AMX 10 RC et d’une escouade de trois véhicules blindés légers (VBL) s’exercent ce matin là sur le pas de tir de Lagne. L’équipage de chaque blindé se compose d’un pilote, d’un chargeur, du tireur et de son chef d’engin. Sur le parcours, 33 cibles. Les engins sont tous équipés de 11 obus, rechargés à chaque passage. Pour faire un sans faute, il faut détecter toutes les cibles et faire but au premier coup.

Prioriser la menace

« Pour tous les tireurs, le chef de peloton a un rôle primordial de coordinateur. Il synthétise le compte-rendu de ses deux autres chef d’engin, décide de la stratégie à adopter et répartit les cibles et les secteurs », insiste l’adjudant Mathieu Dumay, chef du premier peloton. Ses hommes sont prêts à s’élancer. Le scénario auquel ils se confrontent est à dominante offensive. Arrivé au premier poste d’observation, chaque tandem pilote/chef d’engin se voit attribuer sa zone de surveillance. Prenant l’aspect d’un fantassin ou char ennemi, plusieurs types de cibles basculantes se retrouvent sur le parcours. Celles dotées d’un figuratif rouge sont à traiter en moins de 25 secondes. Le danger est imminent car elles représentent un ennemi attaquant. Au contraire, celles munies d’un figuratif noir sont postées. Elles ne présentent pas de danger immédiat et se rabaissent au bout de 45 secondes. Le tireur doit prioriser la menace afin de détruire l’ensemble des cibles. Selon les scénarios, elles se lèvent simultanément, testant la réactivité et les réflexes du tireur. « Il s’agit de mon quatrième entraînement à Canjuers »,explique le brigadier Francesco Dattoli, tireur sur AMX 10 RC. « Ici, les parcours sont très réalistes. Les objectifs sont difficiles à déceler. Ils sont vraiment camouflés. Ma concentration doit rester optimale pour les trouver et d’autant plus pour les détruire. »

 

Au cours d’un exercice dynamique comme celui-ci, le tireur réalise une partie de son travail d'acquisition et de préparation du tir (mesure de la distance) en autonomie. C'est le chef d'engin qui autorise ensuite le tir. « Si la cible est éloignée, le réflexe est de la télémétrer. Une fois les paramètres ajustés et le canon pointé, je déclenche le départ de l’obus. » Pour un tireur expérimenté, comme le brigadier, cette phase ne dure pas plus de 10 secondes. Le chef d’engin vérifie la destruction de l’objectif et continue la surveillance. Il peut rallierle canon de l’AMX sur une cible qu’il est le premier à voir.

 

Vision thermique

« Il existe deux difficultés majeures au tir de nuit : la détection et la visée », expose le lieutenant Julien Marceaux, chef de peloton au 2e escadron. Pour l’exercice de nuit, les AMX 10 RC sont alignés sur le pas de tir des Amendiers. Neuf cibles chauffées pour être détectables à la caméra thermique se lèveront simultanément ou successivement jusqu’à une distance maximum de 1 400 mètres. Les tireurs devront les détruire en moins de 45 secondes. Ce soir là, la pluie et le brouillard sont au rendez-vous. Malgré les mauvaises conditions, les équipages sont prêts. Dans la tour de contrôle, des écrans retransmettent les images thermiques de la zone. Les cibles sont difficiles à détecter. Pour une phase statique comme celle-ci, les tirs se font sur ordre du chef de peloton. « Le télémétrage ne fonctionne pas toujours à cause des gouttes de pluie et j’ai dû paramétrer manuellement la plupart des tirs, explique le brigadier Dattoli. Pour viser, je dois rapprocher quatre réticulesafin de cerner la cible. Je détermine ainsi sa distance et je peux enfin tirer. »

 

À l’issue de la journée, les résultats sont donnés. L’escadron au complet passe le niveau requis pour être opérationnel. « La finalité de cette journée est d’évaluer l’opérabilité de l’escadron. Après six mois passés au Kosovo sans les engins, le niveau d'ensemble reste bon, même s'il y a encore du travail dans le cadre de notre projection à Djibouti en mars 2013 », conclut le capitaine Paul Janin, commandant de l’unité présente.

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 12:55

photo-officielle-jean-yves-le-drian

 

13 mars 2013 comptes-publics.fr

 

Mercredi 13 mars 2013, la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat auditionne Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense, sur la situation au Mali (16h30).

 

Puis c’est au tour de la commission de la défense de l’Assemblée nationale, pour le point hebdomadaire sur l’opération Serval au Mali (18h30).

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 12:55

Assemblée nationale française.svg

 

13 mars 2013 comptes-publics.fr

 

mercredi 13 mars 2013, la mission d’évaluation et de contrôle de l’Assemblée nationale mène des auditions sur le thème : « La conduite des programmes d’armement en coopération ». Sont entendus : Patrick Boissier, président-directeur général du groupe DCNS (16h30), puis Eric Trappier, président-directeur général du groupe Dassault Aviation (17h30).

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 12:55

Indus def FR

 

13/03 Par Emmanuel Grasland et Alain Ruello – LesEchos.fr

 

Les patrons de sept grands acteurs français du secteur de l'armement expliquent dans une lettre adressée à François Hollande qu'il «  est essentiel que les enjeux industriels et socioéconomiques soient pris en compte avec autant de rigueur que les enjeux de budgets  ».

 

Les industriels de la défense montent au créneau. Dans une lettre adressée la semaine dernière à l'Elysée que se sont procurés « Les Echos », les patrons de sept grands acteurs français du secteur (Thales, Nexter, DCNS, Dassault Aviation, Safran, MBDA et EADS France) ont décidé de demander audience au président François Hollande, afin de lui adresser un message d'alerte.

 

Au moment où l'exécutif s'apprête à faire des choix cruciaux en matière budgétaire, « il est essentiel que les enjeux industriels et socioéconomiques soient pris en compte avec autant de rigueur que les enjeux de budgets », expliquent les dirigeants. « Les industries de défense sont des leviers de croissance et d'emplois hautement qualifiés et peu délocalisables. Partenaire des collectivités locales, elles entraînent avec elles un réseau de PME-PMI dont elles protègent les intérêts dans des logiques de filières. Elles sont des locomotives technologiques pour l'ensemble de l'industrie française », soulignent les patrons des grands groupes d'armement.

 

Cette lettre intervient alors que le Livre blanc de la défense est entré dans sa dernière ligne droite . L'Elysée entend faire en sorte que la loi de programmation militaire soit votée d'ici à l'été. Dans ce cadre, la défense pourrait faire office de « variable d'ajustement  » et être davantage mise à contribution que d'autres ministères. Une hypothèse qui inquiète fortement les groupes d'armement. Pour ces derniers, ces industries « ne sauraient résister à certains des scénarios budgétaires actuellement à l'étude, notamment pour la préparation de la prochaine loi de programmation militaire ».

 

Rappelant l'impact positif des industries de défense sur notre balance commerciale, les dirigeants du secteur s'alarment des conséquences sur l'emploi, le maintien des compétences et le tissu de sous-traitants des mesures envisagées. Et ils ne veulent pas être exclus d'un débat qui engage aussi vivement leur avenir.

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 08:55

DGSE logo

 

12/03/2013 Par Olivier Berger, grand reporter à La Voix du Nord. - Défense globale

 

Hop, hop, hop, ne perdons pas le rythme de la Commission de la Défense et des forces armées de l'Assemblée nationale. Après la DPSD et la DRM (cliquer sur les liens soulignés), voici l'audition, le 20 février, du préfet Erard Corbin de Mangoux, directeur général de la sécurité extérieur.

 

La fameuse DGSE, poids lourd clandestin du renseignement français, durement touché par l'échec de l'assaut de libération de l'un de ses hommes Denis Allex.

 

Même devant les députés, le DGSE est resté vague sur les moyens et les pratiques de son service. Secret.

 

http://defense.blogs.lavoixdunord.fr/media/00/00/4130461702.JPG

 

Première spécificité pour un service qui n'en manquent pas, la DGSE est rattachée au ministère de la Défense. Ses équivalents étrangers appartiennent en général au ministère des Affaires étrangères ce qui facilite les couvertures. Cela représente plusieurs avantages pour le préfet : " Il permet de " sanctuariser " plus facilement son budget, qui représente environ 1,3 % du budget du ministère. Il est cohérent avec l’origine de ses personnels : 25 % est d’origine militaire, sans compter les membres du service action dont la direction générale dispose pour emploi. "

 

Recueil, analyse et diffusion du renseignement stratégique et géopolitique, capacité d'action et d'entrave, le directeur général (photo ministère de la Défense) s'indigne devant les députés : " Le service est soucieux du respect de la légalité et je m’attriste des allégations de la presse lorsqu’elle nous qualifie de " barbouzes ". " La légalité d'une entreprise à l'étranger, même pour défendre les intérêts de la France, étant souvent sujette à caution. S'il se félicite des contrôles accrus de son service, comme la DPR (délégation parlementaire au renseignement), il rappelle qu'il " existera toujours une " ligne rouge constitutionnelle " prohibant toute divulgation d’éléments relatifs aux opérations en cours ".

 

La DGSE possède  " environ " (son mot) 5 000 agents (sans compter les honorables correspondants, généralement bénévoles, les effectifs sont en augmentation depuis le livre blanc de 2008), dont une centaine à travers le monde :  25 % de militaires - " proportion en deçà de laquelle nous ne voulons pas descendre " - et 25 % de femmes - " ce qui n’est pas assez ". La moyenne d’âge est de 41 ans et 70 % d’entre eux se situent dans la fourchette 30-40 ans. Son budget est de 655 millions d'euros pour 2013 : 1,3 % des dépenses de la défense, " c’est à peine le prix d’un navire de type frégate multi-missions ", glisse le DGSE.

 

Elle diligente entre 1 500 et 1 800 missions par an. Et collabore avec plus de deux cents services étrangers : 50 d'un deuxième cercle aux relations fréquentes et 10 aux " relations très denses ".

 

Elle possède l'éventail complet de recueil du renseignement (électromagnétique, imagerie) mais Erard Corbin de Mangoux précise que depuis 2008, la DGSE a développé " un important dispositif d’interception des flux Internet ".

Le chef de la DGSE reconnaît que son service aurait besoin de se renforcer en Asie du sud-est, sans déshabiller sa position traditionnellement forte en Afrique. Mais son véritable enjeu se situe au niveau technologique : le traitement automatisé des données dont la quantité ne cesse de croître.

 

L'évolution de la menace (la lutte contre le terrorisme) l'amène à travailler de plus en plus avec la DCRI (renseignement intérieur). La création de l'académie du renseignement participant à améliorer les relations et " fusionner " les cultures. Avec la DRM et la DPSD, la DGSE a formé des cellules à trois en Afghanistan et désormais au Mali. Certains postes sont même communs, tels Djibouti, Kourou et Nouméa.

 

Les députés apportent un à un leur soutien à la DGSE après le drame somalien. Mais le préfet Erard Corbin de Mangoux reste professionnel jusqu'au bout, agent de l'Etat : " Quant à la Somalie, la France ne se venge pas. Elle mènera, dans la Corne de l’Afrique, le combat anti-terroriste à son terme pour défendre ses intérêts. "

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