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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 17:25

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/marine/magazine/la-dissuasion/10bst0104n1042_alain_monot/2089794-1-fre-FR/10bst0104n1042_alain_monot.jpg

 

03.12.2012 Marine Nationale

 

En toutes circonstances, nos intérêts vitaux doivent être protégés. La dissuasion nucléaire en est la garantie ultime. C’est même «l’assurance vie» de la nation contre toute menace d’origine étatique, d’où qu’elle vienne et quelle qu’en soit la forme. Dans les armées françaises, la Marine nationale et l’armée de l’Air mettent en œuvre l’arme nucléaire.  


La Marine nationale met en œuvre la composante océanique de la dissuasion avec les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) ainsi que l’une des deux composantes de la dissuasion aéroportée: la Force Aéronavale Nucléaire (FANu),  embarquée sur le porte-avions «Charles de Gaulle».

 

L’autre partie de cette composante aérienne étant de la responsabilité de la force aérienne stratégique (FAS) constituée dans l’armée de l’Air.

 

En maintenant une patrouille constante «diluée» dans l’immensité des mers du globe, les SNLE et leur armement exposent tous ceux qui s’en prendraient aux intérêts vitaux de la France à une riposte qui entraînerait chez eux des dommages inacceptables, hors de proportion avec leurs objectifs.

 

Quant à la composante aéroportés, ses atouts reposent sur la capacité pour les Rafale F3 de l’Aéronavale embarqués sur le porte-avions «Charles de Gaulle» de délivrer une arme nucléaire, le missile ASMP/A. Moins puissante mais plus ostentatoire, la FANu utilise la souplesse de positionnement et de démonstration de force du porte-avions.

Une permanence assurée depuis plus de quatre décennies. Ce dossier a l’ambition de vous éclairer sur ce sujet central de notre Défense.

 

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/marine/magazine/la-dissuasion/08chg203i025mickael_bedart/2089814-1-fre-FR/08chg203i025mickael_bedart.jpg

40 ans de dissuasion

Quarante ans de permanence sous la mer de la composante océanique de la force de dissuasion française, des efforts de toute une nation qui a su concevoir et mettre en œuvre les sous-marins qui sont les objets les plus complexes conçus et construits par l’Homme. Extraits des explications détaillées du Vice amiral d’escadre Charles-Edouard de Coriolis, commandant la Force Océanique Stratégique. Lire la suite de l'article...

Visites présidentielles

Continuité de la volonté politique, permanence à la mer. De 1965 à 2012, des nuances, des évolutions, mais une volonté toujours affirmée et déclinée marquée par la visite des présidents de la République (PR). Autant de marqueurs de l’ère de la dissuasion. Lire la suite de l'article...

L’Île de la dissuasion

Rade de Brest. L'île Longue source LeTelegramme

 

La dissuasion nécessite un soutien logistique sans faille. Cet appui, les sous-marins le trouvent dans un «refuge» de 150 hectares situé dans la rade de Brest. Site industriel sans équivalent en Europe, l’Île Longue (avec son annexe du Guenvénez) est depuis 1970 le site sur lequel 2.400 personnels civils et militaires «cajolent» des bateaux pas comme les autres. Lire la suite de l'article...

Un stand de Formule 1

Trois questions au capitaine de vaisseau Stéphane de Saint-Exupéry, commandant la base opérationnelle de l’Ile Longue. Lire la suite de l'atricle...

La FANu, la seconde composante

La Marine nationale met, en œuvre la composante océanique de la dissuasion avec les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) ainsi qu’une composante aéroportée grâce à la Force Aéronavale Nucléaire (FANu). Explications...


http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/marine/magazine/la-dissuasion/07gae37ng030alexandreparing/2089774-1-fre-FR/07gae37ng030alexandreparing.jpg
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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 16:43

brig-gen-christophe-gomart-commanding-general-of-french-spe.jpg

photo eucom.mil

 

04 Décembre 2012 Security Defense Business Review N° 73

 

SDBR: Créé en juin 1992, le Commandement des Opérations Spéciales (COS) est donc dans l'année de ses 20 ans. Est-ce l'âge de raison et quel est le bilan de ces 20 années?

 

CG: Le COS a en effet été créé il y a 20 ans, le 24 juin 1992, à la suite du retour d’expérience tiré de l’opération Daguet lors de la première guerre du Golfe, pendant laquelle les forces spéciales françaises ont été sous-employées. Depuis cette date cet outil de liberté stratégique, placé directement dans la main du chef d’état-major des armées, a fait la preuve de son efficacité et de son utilité tout en continuant à se forger. A ce titre, je retiens deux faits majeurs qui ont marqué ces 20 dernières années: l’accroissement de la logique interarmées au sein du COS et la mise à disposition de moyens dédiés, en particulier "3D". Si le COS est composé depuis sa création d’éléments provenant des trois armées, encore a-t-il fallu leur apprendre à travailler ensemble. C’est bien là la vocation fédératrice du COS. Dix années d’entrainements et d’exercices ont ainsi vu la concrétisation de cette logique interarmées avec la mise en œuvre, dès 2003 en Afghanistan (mission Ares), de Groupements de Forces Spéciales (GFS) réunissant des opérateurs des trois armées pour remplir une mission commune. Nous fonctionnons toujours selon ce schéma aujourd’hui.

 

les-militaires-en-afghanistan.jpg

 

L’autre point important est la mise à disposition, au l du temps, de moyens dédiés qui ont permis, en complément de chaînes de commandement courtes et souples, d’accroître la liberté d’action du COS. Cela s’est traduit en 2002 par la mise pour emploi partagée du 13e RDP1, régiment spécialisé dans la recherche et le traitement du renseignement, au profit de la DRM2 et du COS, mais aussi par la dévolution aux opérations spéciales de moyens "3D": les avions de transport et d’assaut de l’escadron de transport Poitou depuis 2006 et des hélicoptères de l’armée de terre et de l’armée de l’air regroupés au sein du 4e RHFS3 depuis 2009. Durant ces vingt dernières années, le COS s’est donc construit et s’est nourri des expériences et des enseignements de ses divers engagements. Il en a acquis une réelle maturité. Plus que l’âge de raison, je dirais plutôt que c’est la pleine fleur de l’âge.

 

Suite de l’interview

 

Read an exceptional interview with Christophe Gomart, french special operations Commander (GCOS) following the free link

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 15:04

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/terre/terre-images/images-articles/quand-l-artillerie-s-entraine-!-1/2093303-1-fre-FR/quand-l-artillerie-s-entraine-!-1.jpg

 

03/12/2012 ministère de la Défense

 

Tenir l’ennemi à distance, assurer la protection de nos soldat sur le terrain sont les missions de l’artillerie française. Durant un mois, les hommes du 40erégiment d’artillerie (40eRA) s’entrainent sur le camp de Suippes. L’objectif, confirmer sa place dans les conflits modernes en zone urbaine et son intégration prochaine au programme SCORPION.

 


Les 19 et 20 novembre 2012, le 40e régiment d'artillerie a effectué un service en campagne régimentaire sur le camp de manoeuvre de Suippes. Au cours de cet exercice d'artillerie, deux batteries de tirs ont été évaluées avec leurs matériels majeurs (AUF1 et CAESAR). Ce fut l'occasion pour les équipages AUF1 et CAESAR d'effectuer de nombreux tirs d'artillerie.
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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 14:34

le-premier-vol-du-demonstrateur-neuron - Rafale photo Dassa

photo Dassault Aviation

 

01/12/2012 Michel Cabirol – Latribune.fr

 

Le démonstrateur technologique européen d'avion de combat furtif sans pilote, le nEUROn, a effectué samedi son premier vol à Istres. Une étape majeure pour l'avenir de l'aviation de combat européenne.

 

C'est une première européenne. Ce qui démontre tout le savoir-faire de maîtrise d'oeuvre et technologique de Dassault Aviation. Lancé en 2003 par la France, le démonstrateur européen d'avion de combat furtif sans pilote (UCAV), le nEUROn, a effectué samedi "avec succès son premier vol depuis la base d'essais" de l'avionneur tricolore à Istres, en collaboration avec les équipes Essais en vol de la direction générale de l'armement (DGA), a indiqué dans un communiqué publié samedi Dassault Aviation. Le nEUROn, en tant que démonstrateur technologique, n'a pas vocation à effectuer des missions militaires.

 

Dès le début du programme, la France a clairement inscrit le projet de démonstrateur technologique dans la dynamique de l'Europe de la défense, en l'ouvrant complètement à la coopération. C'est pourquoi, environ la moitié de la charge de travail a été confiée à des partenaires industriels non français. Notifié à Dassault Aviation par la DGA en 2006 ainsi que les contrats de partenariats industriels pour un coût de 400 millions d'euros, le programme nEUROn associe la France, l'Italie, la Suède, l'Espagne, la Grèce et la Suisse. Sous la maîtrise d'oeuvre de Dassault Aviation, le programme a été construit "pour fédérer les compétences et les savoir-faire" d'Alenia Aermacchi (Italie), Saab (Suède), EADS-Casa (Espagne), HAI (Grèce), Ruag (Suisse) et Thales (France), a rappelé Dassault Aviation. Ce projet est "également un moyen de mettre en oeuvre un processus innovant en termes de gestion et d'organisation d'un programme mené en coopération européenne", a estimé l'avionneur, qui assure qu'il "définit un avenir pour l'excellence aéronautique de l'Europe". L'objectif de ce projet n'était "pas de créer de nouvelles capacités technologiques en Europe, mais de tirer le meilleur bénéfice des niches existantes", selon la stratégie immuable établie par Dassault Aviation.

 

Une étape majeure" pour le futur de l'aviation de combat européenne

 

"Ce vol est une étape majeure dans ce projet ambitieux, a estimé pour sa part le ministère de la Défense dans un communiqué publié samedi. Elle ouvre la voie aux campagnes d'essais en vol du démonstrateur en Italie, en Suède et en France". Ces essais ont pour objectif de démontrer les qualités de vol de la plateforme, mais aussi d'en évaluer la furtivité et les aptitudes au combat. Le programme nEUROn représente une opportunité majeure pour l'industrie européenne de "développer ses capacités dans le domaine des systèmes aériens sans pilote, de maintenir ses compétences pour la prochaine génération d'avions de combat européen et d'expérimenter une nouvelle forme de gestion de programme plus optimisée au sein d'une coopération internationale", a estimé Dassault Aviation.

 

L'objectif du programme nEUROn est de démontrer la maturité et l'efficacité de solutions techniques, notamment la forme de l'aéronef (aérodynamique, structure composite innovante, soute interne), les technologies liées à la furtivité, l'insertion de ce type d'aéronef dans la zone d'essais, les algorithmes de haut niveau nécessaires au développement des automatismes, ainsi que la place de l'élément humain dans la boucle de la mission. Une autre technologie importante qui sera démontrée est la capacité à emporter et à tirer des armements à partir d'une soute interne. Aujourd'hui, tous les avions européens font appel à des capacités d'emport externes pour les bombes et les missiles. "A travers ces missions de démonstration, l'objectif est de valider des technologies de commandement et de contrôle d'un véhicule sans pilote, d'une taille équivalente à celle d'un avion de combat, disposant de tous les modes secours nécessaires pour garantir le niveau de sécurité requis", a rappelé Dassault Aviation.

 

Un effort pour maintenir les compétences industrielles européennes essentielles

 

D'une longueur de 10 mètres, pour une envergure de 12,5 mètres et un poids à vide de 5 tonnes, l'avion est propulsé par un moteur Rolls-Royce Turbomeca Adour. Le nEUROn poursuivra ses essais en France jusqu'en 2014, date à laquelle il sera envoyé en Suède, à Vidsel, pour une série de tests à caractère opérationnel. Il rejoindra ensuite le polygone de Perdadesfogu (Italie) pour d'autres essais, notamment de tirs et de mesure de furtivité. Financé sur le budget des études amont du ministère de la défense, le nEUROn "marque un effort de recherche et technologie majeur pour préparer l'avenir et maintenir des compétences industrielles essentielles", a précisé le ministère, qui estime qu'il "inaugure la prochaine génération d'aéronefs de combat, qu'ils soient pilotés ou non, avec l'ambition de préserver l'autonomie européenne dans ce domaine". Et de rappeler que "c'est un défi majeur tant sur le plan technologique qu'industriel".

 

Concernant l'organisation industrielle, Dassault Aviation en tant que maitre d'oeuvre du projet, est responsable de la conception générale et de l'architecture du système, des commandes de vol, des dispositifs furtifs, de l'assemblage final, de l'intégration des systèmes, ainsi que des essais au sol et en vol. Alenia Aermacchi (Italie) contribue au projet avec un concept novateur de soute interne d'armements (Smart Integrated Weapon Bay, SIWB), un capteur interne EO/IR, les portes de soute et leur mécanisme d'ouverture, ainsi que le système électrique de la plateforme, et l'anémométrie, Saab (Suède) est en charge de la conception du fuselage principal, des trappes de train, de l'avionique, ainsi que du système carburant. EADS Casa (Espagne) apporte son expérience pour les ailes, le segment sol, et l'intégration de la liaison de données. Hellenic Aerospace Industry (Grèce) est responsable de la section arrière du fuselage, de la tuyère, ainsi que de la fourniture de racks du « banc d'intégration global. Enfin, Ruag (Suisse) prend en charge les essais de soufflerie basse vitesse, et les interfaces entre la plateforme et les armements.

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 14:00

Neuron-01-dec-2012-photo2-dassault-aviation.com.jpg

 

1er décembre 2012 Aerobuzz.fr

 

Le nEUROn, démonstrateur technologique européen d’avion de combat furtif sans pilote à bord (UCAV), a effectué, le 1er décembre 2012, avec succès son premier vol depuis la base d’essais de la société Dassault Aviation, à Istres, en collaboration avec les équipes Essais en vol de la Direction générale de l’armement (DGA).

 

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Le démonstrateur technologique d’UCAV européen NEURON au décollage au Centre d’Essais en Vol Dassault Aviation d’Istres. photo Dassault Aviation
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photo Dassault Aviation

Lancé en 2005 par la DGA, maître d’ouvrage, le programme nEUROn associe la France, l’Italie, la Suède, l’Espagne, la Grèce et la Suisse. Il définit un avenir pour l’excellence aéronautique de l’Europe.

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Le Neuron a une longueur de 10 mètres, pour une envergure de 12,5 mètres et un poids à vide de 5 tonnes. © Dassault Aviation

Sous la maîtrise d’œuvre de Dassault Aviation, le programme a été construit pour fédérer les compétences et les savoir-faire de Alenia Aermacchi (Italie), Saab (Suède), EADS-CASA (Espagne), HAI (Grèce), RUAG (Suisse) et Thales (France).

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Le Neuron est propulsé par un moteur Rolls-Royce Turbomeca « Adour ». © Dassault Aviation

Le nEUROn poursuivra ses essais en France jusqu’en 2014, date à laquelle il sera envoyé en Suède, à Vidsel, pour une série de tests à caractère opérationnel. Il rejoindra ensuite le polygone de Perdadesfogu (Italie) pour d’autres essais, notamment de tirs et de mesure de furtivité.

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 13:55

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/dga/1-materiels-divers/le-premier-vol-du-demonstrateur-neuron/2093406-1-fre-FR/le-premier-vol-du-demonstrateur-neuron.jpg

 

03.12.2012 DGA

 

Le démonstrateur de drone de combat furtif Neuron a effectué le 1er décembre 2012, avec succès, son premier vol.


Le démonstrateur, aux dimensions d’un avion de combat, a décollé de la base d’Istres. Il a été mis en œuvre pas les équipes de Dassault Aviation. Les experts techniques de la direction générale de l’armement (DGA) ont assuré le contrôle de l’espace aérien où Neuron a évolué. Ce contrôle garantit que ces vols se déroulent en toute sécurité par rapport aux autres usagers de l’espace aérien ainsi que le respect des réglementations en vigueur.

 

Ce vol est une étape majeure dans ce projet ambitieux ; elle ouvre la voie aux campagnes d’essais en vol du démonstrateur en Italie, en Suède et en France. Ces essais ont pour objectif de démontrer les qualités de vol de la plate forme, mais aussi d’en évaluer la furtivité et les aptitudes au combat.

 

La DGA assure la maîtrise d’ouvrage d’ensemble de ce projet notifié en 2006. Il est le fruit d’une coopération européenne qui rassemble outre la France avec Dassault Aviation comme maître d’œuvre, cinq pays partenaires et leurs industriels : l’Italie (Alenia Aermacchi), la Suède (Saab), l’Espagne (Eads-Casa), la Grèce (HAI) et la Suisse (Ruag).

 

Financé sur le budget des études amont du ministère de la défense, Neuron marque un effort de recherche et technologie majeur pour préparer l’avenir et maintenir des compétences industrielles essentielles. Il inaugure la prochaine génération d’aéronefs de combat, qu’ils soient pilotés ou non, avec l’ambition de préserver l’autonomie européenne dans ce domaine. C’est un défi majeur tant sur le plan technologique qu’industriel.

 

> Voir les photos du vol sur le site de Dassault Aviation

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 13:49

Forum Innovation DGA 2012

 

02.12.2012 Par Dominique Gallois - LE MONDE SCIENCE ET TECHNO

 

"Porcelaine de Limoges et blindage." L'association des deux expressions peut paraître incongrue. Pourtant, cette alliance entre délicatesse et robustesse était l'une des vedettes du premier Forum Innovation organisé à Paris par la Direction générale de l'armement (DGA), mardi 27 novembre.

 

Dans une vitrine, aux côtés d'un catalogue des porcelaines et bijoux Bernardaud et d'une assiette au motif peint représentant des feuilles d'automne, était exposé un plastron en céramique. Autour étaient également disposés de petits carrés et losanges de différentes tailles, dans la même matière. Une manière, pour cette manufacture familiale, de présenter sa diversification dans la défense, la première opérée en près de cent cinquante ans.

 

"C'est un clin d'oeil, car ce n'est pas forcément là où l'on nous attendait", s'amuse Michel Bernardaud, président du directoire. Le contraste est d'autant plus fort que dans la vitrine voisine, sous le slogan "Un matériau pour amplifier la vitesse des bolides fusées et missiles", le missilier MBDA expose un cône en matériaux composites inorganiques résistant aux hautes températures. Rien à voir avec les arts de la table.

 

Programme Brennus

 

L'idée remonte à 2004. Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'économie et des finances, était venu à Limoges chez Bernardaud annoncer la mise en place des pôles de compétitivité. "Nous avons alors décidé de profiter des capacités de recherche locales pour chercher de nouvelles utilisations de la céramique. Nous avons identifié le blindage", raconte M. Bernardaud. Avec l'université de Limoges et l'Ecole nationale supérieure de céramique industrielle (Ensci), des travaux sont lancés et la DGA est contactée.

 

"Nous leur avons demandé d'aller plus loin dans leur recherche avant de les financer, ce qu'ils ont fait dans une thèse", raconte Pierre-François Louvigné, expert en matériaux à la DGA. Il s'agissait de prouver les capacités de résistance balistique de cette céramique. Le programme Brennus est lancé pour élaborer des céramiques composites. La DGA apporte 2,3 millions d'euros sur les 4 millions nécessaires au programme. Un engagement justifié par la volonté de développer une filière d'approvisionnement en France. Aujourd'hui, 99 % des achats sont faits à l'étranger, les grands producteurs étant américains, allemands ou italiens.

 

"Nous soutenons également un bassin d'emploi qui a un savoir-faire technique", insiste M. Louvigné. "La fabrication de cette céramique est compatible avec notre équipement industriel", renchérit M. Bernardaud, qui souligne que ce nouveau matériau est plus "léger et plus résistant" que ceux existant sur le marché.

 

Cette céramique beaucoup moins dense que l'alumine, dont la composition est maintenue secrète, servira au blindage des véhicules ou à celui des gilets pare-balles. Dans ce dernier cas, une plaque dure est insérée dans la protection du dos et du thorax. Sa solidité permet de casser le projectile. "Nous serons le seul [fabricant] français à produire de telles protections en France", affirme M. Bernardaud.

 

En effet, si Saint-Gobain est présent sur ce marché, ces produits sont fabriqués en Allemagne et aux Etats-Unis. La firme de Limoges espère décrocher rapidement sa première commande, qui ne viendra pas forcément de l'Hexagone.

 

Les recherches vont se poursuivre car le marché de la protection balistique, à haute valeur ajoutée, est appelé à se développer. L'objectif est aussi que cette filière puisse fournir, à un coût intéressant, des marchés qui ne le sont pas aujourd'hui, à commencer par la protection des bateaux ou des infrastructures préfabriquées.

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 21:21

http://www.routard.com/images_contenu/communaute/photos/publi/137/pt136359.jpg

 

La bataille d'Austerlitz


 

La proclamation d'Austerlitz a été rédigée par Napoléon au soir de sa victoire sur les troupes austro-russes le 2 décembre 1805, lors de la campagne d’Allemagne de 1805. Dans le but d’abréger une poursuite qui épuise les Français à mesure qu’elle renforce les Russes, l’Empereur tente d’obtenir enfin une bataille, en faisant croire aux alliés qu’il ne dispose plus des forces nécessaires pour poursuivre la guerre. Le piège prend, et les troupes dirigées par Alexandre Ier et Koutouzov entreprennent de tourner la Grande Armée pour lui couper la route de Vienne. Ce faisant, ils dégarnissent leur centre retranché sur le plateau du Pratzen, que les colonnes françaises enlèvent à midi, grâce au secours que la cavalerie de la Garde porte à l’infanterie menacée par les Chevaliers-Gardes russes. Coupée en deux, l’armée alliée n’a plus d’autre choix que la fuite. Toute sa droite se rue alors sur l’étang gelé de Satschan, dont la glace ne tient pas et dont les eaux engloutissent hommes, canons, fourgons et chevaux, créant ainsi un épisode célèbre de la légende napoléonienne et participant à l’imagerie d’une bataille désormais mythique, d’autant que le 2 décembre marque le premier anniversaire du couronnement de Napoléon. Deux jours plus tard, un armistice était conclu, signant la fin de la troisième coalition réunissant le Royaume Uni, le royaume de Naples et les empires d’Autriche et de Russie contre l’empire français.

 

La correspondance de Napoléon


 

L’exemplaire que conserve les archives de l’armée de terre du service historique de la défense est un document écrit par l’un des secrétaires de l'Empereur et signé de la main de ce dernier.  Lu aux troupes puis reproduit dans le Bulletin de la Grande Armée, ce texte s’adresse également à l’opinion publique française, à une époque où la Nation est encore proche de son armée. Inscrivant la légitimité politique de Napoléon dans l’heureux sort des armes et dans le soutien de ses soldats, il participe à l’effort de propagande qui vise, dès la campagne d’Italie de 1796, à construire l’image d’un homme providentiel et la légende d’un chef infaillible en la personne de Napoléon.

Le SHD conserve la correspondance adressée par Napoléon aux ministres de la Guerre et de la Marine, ainsi qu’à de nombreux officiers. La correspondance est un moyen efficace de gouvernement, pour un homme qui dirige un empire et que ses fonctions de chef des armées entraînent souvent loin de sa capitale. Tout au long de son règne, il maintiendra auprès de lui un cabinet de secrétaires principaux et auxiliaires, chargés de prendre sa dictée. Impatient de nature, il énonce un discours qu’il faut saisir au vol, ce qui, ajouté à la gestion qu’impose la correspondance d’un homme qui régente l’Europe, représente une charge de travail écrasante pour les hommes qui constituent la Secrétairerie d’Etat. Celle-ci adopte d’ailleurs la sténographie dès qu’elle en prend connaissance, en 1813. Napoléon est en effet un grand travailleur, doté d’un bel esprit de synthèse et d’une mémoire étonnante, et dictant si vite à ses secrétaires, que ceux-ci ne peuvent que prendre des notes, puis reconstituer le discours à partir des lettres adressées à l’Empereur et grâce à la connaissance indispensable qu’ils ont des sujets abordés dans la réponse. La relecture suit la mise au propre, puis la missive est expédiée après d’ultimes corrections et lorsqu’une copie en a été faite pour être conservée dans les archives de la Secrétairerie d’Etat impériale. Les Bulletins de la Grande Armée et les adresses aux soldats sont rédigés de la même manière. 

 

Avec la fondation Napoléon, le SHD participe à la grande entreprise que représente l'édition intégrale de la correspondance de l'Empereur.

 

Transcription



"Soldats

Je suis content de vous. Vous avez à la journée d’Austerlitz justifié tout ce que j’attendais de votre intrépidité. Vous avez décoré vos aigles d’une immortelle gloire. Une armée de cent mille hommes commandée par les empereurs de Russie et d’Autriche a été en moins de quatre heures ou coupée ou dispersée. Ce qui a échappé à votre fer s’est noyé dans le lac. 40 drapeaux, les étendards de la Garde impériale de Russie, 120 pièces de canon, vingt généraux, plus de trente mille prisonniers sont le résultat de cette journée à jamais célèbre. Cette infanterie tant vantée et en nombre supérieur n’a pas résisté à votre choc, et désormais vous n’avez plus de rivaux à redouter, ainsi en deux mois cette troisième coalition a été vaincue et dissoute. La paix ne peut plus être éloignée, mais, comme je l’ai promis à mon peuple, avant de passer le Rhin, je ne ferai qu’une paix qui nous donnera une garantie et amènera des récompenses à nos alliés.

 

Soldats, lorsque le Peuple français plaça sur ma tête la Couronne impériale, je me confiais à vous pour la maintenir toujours dans ce haut éclat de gloire qui seul pouvait lui donner du prix à mes yeux. Mais dans la même moment nos ennemis pensaient à la détruire et à l’avilir, & cette Couronne de fer conquise par le sang de tant de Français, ils voulaient m’obliger à la placer sur la tête de vos plus cruels ennemis, projets de souverains et insensés que le jour même de l’anniversaire du Couronnement de votre Empereur, vous avez anéantis et confondus. Vous leur avez appris qu’il est plus facile de vous braver et de vous menacer que de vous vaincre.

 

Soldats, lorsque tout ce qui est nécessaire pour assurer le bonheur & la prospérité de notre patrie sera accomplie, je vous renverrai en France ; là, vous serez l’objet de ma plus tendre sollicitude. Mon peuple vous reverra avec des transports de joie, et il vous suffira de dire : j’étais à la bataille d’Austerlitz pour que l’on réponde : voilà un brave.

De notre camp impérial d’Austerlitz le 12 frimaire an 14.

 

Napoléon."

 

En savoir plus


Jean-Paul Bertaud, « Napoléon journaliste : les bulletins de la gloire », Le Temps des médias 1/2005 (n° 4), p. 10-21 [En ligne].

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 20:46

http://www.45enord.ca/wp-content/uploads/2012/12/121201-dassault-neuron-2-642x478.jpg

 

2 décembre 2012. par Jacques N. Godbout - 45enord.ca

 

Dassault Aviation a annoncé le 1er décembre que le nEUROn, démonstrateur technologique européen d’avion de combat furtif sans pilote à bord (UCAV), a effectué avec succès  son premier vol depuis la base d’essais de la société Dassault Aviation, à Istres, en collaboration avec les équipes Essais en vol de la Direction générale de l’armement (DGA).

 

Lancé en 2005 par la DGA, maître d’ouvrage, le programme nEUROn associe la France, l’Italie, la Suède, l’Espagne, la Grèce et la Suisse. Dès le début du programme, les autorités françaises avait incsrit le projet de démonstrateur technologique nEUROn dans la dynamique de l’Europe de la défense, en l’ouvrant complètement à la coopération.

 

Environ la moitié de la charge de travail a été confiée à des partenaires industriels non français. Sous la maîtrise d’œuvre de Dassault Aviation, le programme a fédéré les compétences et les savoir-faire de Alenia Aermacchi (Italie), Saab (Suède), EADS-CASA (Espagne), HAI (Grèce), RUAG (Suisse) et Thales (France).

 

Le but du programme nEUROn est de démontrer la maturité et l’efficacité de solutions techniques, il n’a pas pour vocation d’effectuer des missions militaires.

 

Un document de Dassault Aviation souligne que les principaux défis technologiques relevés durant la conception du nEUROn furent :

 

    la forme de l’aéronef (aérodynamique, structure composite innovante, soute interne),

    les technologies liées à la furtivité,

    l’insertion de ce type d’aéronef dans la zone d’essais,

    les algorithmes de haut niveau nécessaires au développement des automatismes,

    ainsi que la place de l’élément humain dans la boucle de la mission.

 

Une autre technologie importante qui doit être démontrée, précise le document, est la capacité à emporter et à tirer des

armements à partir d’une soute interne. Aujourd’hui, tous les avions européens font appel à des  capacités d’emport externes pour les bombes et les missiles.

 

Les objectifs à démontrer en vol sont les suivants:

 

    l’exécution d’une mission air-sol, basée sur la détection, la localisation et la reconnaissance de cibles au sol, de façon autonome,

    l’évaluation de la détectabilité d’une plate-forme furtive face à des menaces sol et air, tant dans le domaine de la signature radar, que dans celui de la signature infrarouge,

    le tir d’armements réalisé à partir d’une soute interne, dans des délais de réactivité très courts.

 

À travers ces missions de démonstration, dit encore le document de Dassault Aviation, l’objectif est de valider des technologies de commandement et de contrôle d’un véhicule sans pilote, d’une taille équivalente à celle d’un avion de combat, disposant de tous les modes secours nécessaires pour garantir le niveau de sécurité requis.

 

D’une longueur de 10 mètres, pour une envergure de 12,5 mètres et un poids à vide de 5 tonnes, l’avion est propulsé par un moteur Rolls-Royce Turbomeca «Adour».

 

Le nEUROn poursuivra maintenant ses essais en France jusqu’en 2014, date à laquelle il sera envoyé en Suède, à Vidsel, pour une série de tests à caractère opérationnel. Il rejoindra ensuite le polygone de Perdadesfogu (Italie) pour d’autres essais, notamment de tirs et de mesure de furtivité.

 

 


 
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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 20:30
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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 13:05

vue-d-artiste-du-sna-barracuda-credit-marine-nationale

 

1er décembre 2012 Par Rédacteur en chef. PORTAIL DES SOUS-MARINS

 

Plus de 100 personnes, employés de DCNS ou représentants de la DGA, de la marine nationale ou des partenaires, ont assisté mercredi 28 sur la base navale de Toulon, à l’inauguration du centre d’intégration à terre du système de combat des sous-marins Barracuda, dont le premier exemplaire est destiné au Suffren.

 

Le système de combat est le centre nerveux du sous-marin. Il gère toutes les fonctions de commandement et de contrôle, recevant et traitant en temps réel des informations de tous les senseurs et de toutes les armes.

 

La cérémonie marquait le passage de la phase de conception du système de combat à celle de l’intégration fonctionnelle, c’est-à-dire l’assemblage des composants matériels et logiciels dans un centre d’intégration à terre.

 

Au cours des 3 prochaines années, le centre permettra de tester et vérifier chaque fonction du système de combat, chaque mode de fonctionnement, en préparation de son intégration correcte à bord du sous-marin.

 

Les tests et vérifications effectuées à terre par les équipes de DCNS grâce à ce centre, permettent de gagner un temps précieux lorsque vient l’étape de l’intégration à bord. La campagne d’essai à bord est donc significativement plus courte.

 

Le système de combat destiné aux sous-marins Barracuda combine un système sonar basé sur celui utilisé à bord des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins type Le Triomphant, un mât optronique remplaçant les périscopes traditionnels, un système d’armes dont la capacité d’emport est le double de celle des SNA type Rubis actuels et un système de gestion de combat intégrant les capacités de tous les senseurs du sous-marin.

 

Les sous-marins type Barracuda seront équipés de torpilles lourdes type F21, de missiles anti-navires SM39 et du missile de croisière naval MdCN.

 

Référence :Navy Recognition (Etats-Unis)

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 12:20

l-armee-de-terre-revolutionne-ses-capacites-en-zone-urbaine

 

1 déc, 2012 by Romain Mielcarek - ActuDefense

 

Le programme Scorpion relève t-il de la science-fiction ? Pas du tout : pour les militaires et pour les industriels, rien de moins concret, tout étant déjà faisable sur le plan technique. Reste à affronter les questions budgétaires, les appels d’offre et les délais de livraison.

La multiplication des interactions hommes/machines à l’essai.

 

Le programme Scorpion affiche une ambition certaine. Des véhicules ergonomiques et mieux protégés, équipés d’une nouvelle électronique intelligente capable de communiquer avec les autres unités de la troupe, des soldats commandés en temps réel grâce à un suivi sur écran à tous les niveaux de commandement, des aéronefs et une artillerie capable de tirer sur une cible géolocalisée par un simple combattant … Autant de concepts qui semblent parfois proches de la science-fiction.

 

La plupart de ces équipements sont annoncés comme potentiellement opérationnels à court terme. Le VBMR est annoncé pour 2017, le Leclerc rénové pour 2019 et l’EBRC pour 2020. Encore plus proches, la nouvelle génération de systèmes d’information et de communication devrait commencer à armer les différentes armes de l’Armée de terre dans à peine trois ans.


Mais les industriels sont-ils capables de développer toutes ces nouveautés sur une période aussi courte ? Absolument, affirme t-on chez ceux qui travaillent d’ores et déjà sur l’ossature de Scorpion (Thalès, Nexter et Sagem) : concevoir ces équipements dans les délais prévus est faisable. Reste à attendre le Livre blanc, la capacité budgétaire attribuée au programme … et les appels d’offres officiels.

 

UN OUTIL DE SUIVI DES OPERATIONS DEJA BIEN ABOUTI


LOCC, le système de conduite des opérations futuriste … mais déjà presque opérationnel.

 

Preuve de la faisabilité de ces démarches : le LOCC. Le Logiciel Opérationnel de Conduite du Combat est un outil de suivi des opérations au niveau tactique qui peut afficher en temps réel l’intégralité des combattants, véhicules, unités sur le terrain. Les ennemis y sont affichés ainsi que les champs de vision, directions de déplacements des uns et des autres. Présent sous forme d’un double écran destiné au commandement de compagnie et supérieur ou sur une simple tablette tactique au niveau chef de section, il semble extrêmement fonctionnel et instinctif.

Le LOCC a pu être testé grandeur nature, au Cenzub, cet été. Le 8ème RPIMa et le 1er REC, notamment, ont pu faire part de leurs premiers retours sur cet outil. La synthèse de ces résultats, encore en cours de compilation, sera ensuite remise aux industriels. Une fois l’appel d’offre remporté, il ne restera plus qu’à ajuster le système aux demandes des militaires puis à en livrer différentes versions destinés aux différents niveaux de commandement.

 

INQUIETUDE DEVANT LES BUDGETS


Dès lors qu’il faut parler de budgets, militaires et industriels font grise mine. Les uns et les autres sont actuellement face au doute : les crédits attribués à la finalisation des différentes composantes de Scorpion et à l’achat des matériels seront-ils à la hauteur ? Tous affirment que les équipements visés seront livrés grosso-modo dans les délais annoncés : le parc matériel de l’Armée de terre est confronté à un tel niveau d’usure qu’il est urgent de pouvoir le remplacer.


Reste que si le budget n’est pas à la hauteur, il faudra bien une variable d’ajustement. Si elle ne sera probablement pas calendaire, elle pourrait en tout cas s’appliquer aux volumes de commandes. Les 2000 pièces du VBMR un temps évoquées relèvent désormais du fantasme. Sans pouvoir évaluer le nombre de véhicules auxquels il faudra renoncer, ce chiffre et tous les autres devraient être revus largement à la baisse.

 

Photos : Thalès et Sirpa Terre

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 08:50

cyber warfare

 

30 Novembre 2012 Julien L. - numerama.com

 

La rédaction du nouveau livre blanc sur la défense et la sécurité nationale se poursuit et son contenu définitif devrait être connu au cours du premier trimestre 2013. Mais déjà, les premières orientations commencent à filtrer. La cyberdéfense en particulier occupera une large place dans ce document, signe que l'outil informatique est reconnu comme un élément de l'arsenal militaire.

 

Depuis quelques années, l'emploi de l'outil informatique à des fins géopolitiques a fortement progressé. De plus en plus d'États utilisent leurs ressources dans ce domaine pour renforcer leur arsenal militaire, afin d'être à la fois en mesure de résister à une attaque et de mener des actions offensives, via notamment le piratage des systèmes d'information ou l'emploi de cyberarmes (Stuxnet, DuQu, Flame...).

 

Dans ce domaine, les États-Unis paraissent faire la course en tête. Outre leur contribution supposée à la conception des trois logiciels malveillants cités plus haut, ils n'hésitent pas à s'en prendre aux sites web de leurs ennemis, comme Al-Qaïda, mais aussi, selon une enquête de l'Express, de pirater leurs plus proches alliés, afin de s'assurer qu'ils restent toujours sur la même longueur d'onde.

 

Mais la doctrine militaire américaine n'est pas la seule à évoluer à mesure que l'outil informatique et les réseaux de télécommunications deviennent indispensables aux sociétés modernes. L'Inde, la Chine, Israël, le Royaume-Uni et la Belgique, pour ne citer que quelques pays, mettent également des dispositifs de défense et de riposte, même si les autorités cherchent souvent à entretenir le flou sur leurs capacités.

 

La France fait évoluer sa doctrine


En France, les lignes bougent également. Selon le spécialiste des questions de défense Jean-Dominique Merchet, le prochain livre blanc sur la défense et la sécurité nationale fera une très large place à la cyberdéfense, comme le demandait le sénateur Jean-Marie Bockel, auteur d'un rapport présentant la cyberdéfense comme un enjeu mondial et une priorité nationale.

 

Les orientations exactes du nouveau livre blanc sur ce sujet ne sont pas encore connues, dans la mesure où la remise de ce document n'est pas prévue avant février prochain. Tout juste sait-on que les forces armées ne seront pas uniquement concernées : les administrations, les services de sécurité et les entreprises seront également impliquées.

 

Les bases de la politique en matière de cyberdéfense ont officiellement été posées lors de la rédaction d'un autre livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, en 2008. Déterminant la posture à adopter jusqu'en 2020, le document suggère d'armer le pays avec des "moyens offensifs" pour "conduire des ripostes graduées contre des États qui s'en prendraient aux réseaux français".

 

 "Dans la mesure où le cyberespace est devenu un nouveau champ d'action dans lequel se déroulent déjà des opérations militaires, la France devra développer une capacité de lutte dans cet espace", écrivait en outre la commission chargée de la rédaction du rapport.

 

Depuis, des initiatives ont été prises, comme la création d'une agence dédiée, l'ANSSI, qui assiste notamment les industries françaises. De son côté, l'armée a annoncé la création d'un corps de réservistes spécialisés dans les questions informatiques. Enfin, le gouvernement a pris un décret qui oblige les opérateurs télécoms à se soumettre à des contrôles de l’État, dans un objectif de sécurité nationale.

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 08:25

vue-d-artiste-du-sna-barracuda-credit-marine-nationale

 

Nov. 30, 2012 defense-aerospace.com

(Source: DCNS; issued Nov. 30, 2012)

 

Barracuda SSN: DCNS Opens Combat System Shore Integration Facility

 

PARIS --- Over 100 people, including DCNS employees and representatives of the DGA, the French Navy and partners, attended a ceremony at the Toulon naval base on Wednesday 28 November to inaugurate the combat system shore integration facility for the Suffren, the first nuclear-powered attack submarine of the new Barracuda type.

 

The combat system is the submarine’s central nervous system. It manages all command and control functions involving all sensors and weapons in real time.

 

The ceremony marked the transition from the combat system’s design phase to functional integration, or the assembly of its hardware and software components on a shore integration facility (SIF).

 

Over the next three years, the CS SIF will be used to test and check every CS function and mode of operation in preparation for its integration with the submarine proper.

 

Shore-based CS tests and checks conducted by DCNS teams using this facility save precious time when it comes to onboard integration resulting in a significantly shorter onboard test campaign.

 

The CS under development for Barracuda-type SSNs combines an advanced sonar system based on that developed for the Navy’s current-generation nuclear-powered ballistic missiles submarines (SSBNs), an optronic mast replacing the traditional optical periscopes, a weapons system with twice the capacity of that carried by Rubis-class SSNs and a combat management system (CMS) integrating the capabilities of all of the boat’s above-water and underwater surveillance sensors.

 

Between 2017 and 2027, Barracuda-type SSNs will replace the Navy’s current-generation Rubis/Améthyste-class boats. Mission capabilities will include intelligence gathering and special operations (by commandos and special forces), anti-surface and anti-submarine warfare, land strikes and participation in joint operations wherever the type’s interoperability and associated capabilities (discreet communications, tactical datalinks, etc.) are required. The weapons payload will include next-generation type F21 heavyweight torpedoes, SM39 anti-ship missiles and MdCN naval cruise missiles.

 

The Barracuda programme represents a vital contribution to the renewal of France’s naval forces and a significant proportion of the group’s production workload as it will keep DCNS teams and facilities busy until 2027.

 

In December 2006, the DGA awarded the overall Barracuda contract to DCNS, appointing the group as programme prime contractor and Areva-TA as nuclear powerplant prime contractor. The firm order placed at the same time calls for the development and construction of SSN Suffren, the first of six Barracuda-type SSNs. The contract also covers through-life support for all six submarines during their first years of operational service. The second and third tranches, confirmed in 2009 and 2011 respectively, cover the construction of the second- and third-of-type SSN Duguay-Trouin and SSN Tourville.

 

 

DCNS designs, builds and supports submarines and surface combatants, develops associated systems and infrastructure, and offers a full range of services to naval bases and shipyards. The Group has also expanded its focus into civil nuclear engineering and marine renewable energy. The DCNS Group employs 13,000 people and generates annual revenues of €2.6 billion.

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 19:05

l-armee-de-terre-revolutionne-ses-capacites-en-zone-urbaine

 

30 nov, 2012 by Romain Mielcarek - ActuDefense

 

C’est la crise : plus de sous, des matériels à l’agonie et des hommes surexposés. Le bilan de l’impressionnante démonstration de l’Armée de terre au Cenzub jeudi est clair : pour assurer les capacités terrestres françaises, il faut remplacer les véhicules, les systèmes d’information, les protections, les raisonnements logistiques … et à chaque fois, « il y a une application Scorpion pour ça ».

 

Jeudi, la démonstration des capacités terrestres était aussi et surtout destinée à rappeler l’importance du programme Scorpion. Sous ce label, l’Armée de terre entend entrer dans un nouveau mode de fonctionnement caractérisé par les maîtres mots « interopérabilité », « réactivité », « protection » et … « économie ». Profitant de la visite d’une poignée de parlementaires et d’industriels, les officiers en charge du développement de ce projet ont insisté sur la nécessité de le maintenir et d’en assurer la pérénnité de la force à court terme, malgré la « surprise stratégique » que représente la crise économique.


Pour cela, le leitmotiv de la journée était d’insister sur les lacunes opérationnelles actuelles. Ainsi, le général Guillet, sous-chef à l’Etat-major en charge des plans et programmes, remarque que les matériels de l’armée de terre sont pour beaucoup « en fin de vie … presque mécanique« . Un constat confirmé par un autre officier au sein de la Délégation générale de l’armement (DGA) qui ne s’inquiète pas pour l’avenir des programmes de véhicules blindés (VBMR et EBRC notamment) tant il est urgent de remplacer les vieux VAB à l’agonie.

 

Pendant une heure, un sous-groupement tactique interarmes a offert une démonstration de ses compétences. Les hommes du 8ème RPIMa, du 1er RIMa, du 12ème RC, des 1er, 3ème et 8ème RG, du 68ème RAA et du 5ème RHC ont pris d’assaut un quartier du centre d’entraînement en zone urbaine (CENZUB) en déployant pas moins de cinq chars Leclerc, un Tigre, une Gazelle, un drone DRAC, trois VBCI, toute une tripottée de VAB, VBL et autres PVP et même d’un tracteur EGRAP. Le colonel Rémy Cadapeaud, pendant toute son explication de la manoeuvre, insiste sur les nombreuses failles du dispositif français.

 

SCORPION, LA SOLUTION A TOUS LES PROBLEMES ?


Le colonel Cadapeaud, officier Scorpion au bureau plans et programmes de l’EMAT.

 

« Les systèmes actuels ne le permettent pas », répète à l’envi cet officier en charge de Scorpion au bureau plans et programmes. Ainsi, lors de sa passe renseignement, l’hélicoptère Gazelle peut transmettre ses informations au commandement, mais pas au chef de section qui dirige le combat. A l’Etat-major, les écrans n’indiquent pas les déplacements des troupes en temps réel, ce qui peut compliquer le travail de l’artillerie. La reconnaissance d’une zone urbaine, pour l’infanterie, extrêmement procédurière, ralenti considérablement la manoeuvre. Sur les blindés, les servants des mitrailleuses lourdes sont exposés, la tête en dehors des véhicules.


A toutes ces faiblesses actuelles, le colonel Cadapeaud a une seule et unique réponse : « Scorpion le corrigera ! » On croirait entendre la pub pour le célèbre smartphone d’Apple. Le programme semble apporter des solutions à tous les problèmes. Grâce à une nouvelle génération de véhicules, totalement nouveaux (VBMR et EBRC) ou rénovés (Leclerc et VBCI) ainsi qu’à toute une infrastructure électronique et logicielles repensée, l’Armée de terre devrait palier à ses lacunes, notamment en milieu urbain.

 

Scorpion promet ainsi de favoriser grâce à des outils informatiques plus réactifs de favoriser la prise d’initiative à tous les niveaux (stratégique et tactique). La protection des hommes doit être optimisée, à la fois grâce à un blindage repensé des véhicules qu’à une uniformisation de leurs silhouettes : difficile pour l’ennemi de distinguer entre un blindé transportant des fantassins, le commandement ou une équipe mortier. Les différents matériels, pensés et conçus en une série de kits interchangeables, doivent être adaptables à leurs milieux d’utilisation : plus ou moins de blindages, d’armements ou de capacités de transport par exemple.


GUERRE DES COUTS

LOCC : un seul et unique système de conduite des opérations commun à tous les niveaux de décision.

 

L’objectif principal de cette impressionnante démonstration, c’est la séduction d’un double public. Il s’agit de convaincre les parlementaires chargés de voter les budgets et de rédiger le nouveau Livre blanc d’épargner l’Armée de terre au maximum, pour lui assurer le maintien de ses capacités opérationnelles. Il s’agit d’autre part de faire comprendre aux industriels qu’en ces temps économiquement stricts, il faudra penser intelligemment chaque produit dès sa conception : pas question de chercher à facturer diverses améliorations et options au fur et à mesure des années.

 

Le général Guillet promet de son côté que le programme Scorpion sait s’adapter à un concept de « guerre des coûts et des surcoûts ». Il veut rassurer les tenants du porte-feuille : « Chaque matériel est taillé sur le juste besoin opérationnel mais peut monter en puissance au besoin, à un moindre coût économique ». Tous les matériels intégrés à Scorpion doivent suivre une même synergie. Cela doit faciliter et surtout rendre moins coûteux l’entretien, le test, la formation ou la modification des équipements. Même chose pour les systèmes d’information et de communication qui doivent être simplifiés et surtout uniformisés. D’où la pertinence d’une production en kits dont les industriels assurent également apprécier le concept.

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 17:54

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/img-irsem/lettres-de-l-irsem/lettre-de-l-irsem-n-9-2012/2012dicod110_037/2090638-1-fre-FR/2012dicod110_037.jpg

 

30/11/2012 CNE Laëtitia PERRIER - IRSEM

 

Le 14 novembre 2012, à l'amphithéâtre Foch de l'École militaire, le gouverneur militaire de Paris, le général Hervé Charpentier, a ouvert le colloque intitulé : "Peut-il encore y avoir des stratégies nationales ?" Cette journée été organisée par l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire (IRSEM), en partenariat avec l'École de guerre.

 

Sous la présidence du général de corps d'armée Jean-Marc Duquesne, directeur de l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN) et de l’Enseignement Militaire Supérieur (EMS), ce colloque a rassemblé dans l’amphithéâtre Foch de l’École militaire quinze chercheurs et enseignants, spécialistes en relations internationales, histoire, sciences politiques et questions de sécurité, pour débattre de ce thème.

 

Après l'ouverture de la journée par le Gouverneur militaire de Paris, le général de corps d'armée Hervé Charpentier, les intervenants se sont exprimés à tour de rôle au cours de trois sessions sur la pertinence des stratégies nationales dans un monde interdépendant, les défis du nouvel environnement stratégique et l’avenir des stratégies propres à chaque pays.

 

« Aujourd’hui, nous avons le choix de la menace sur laquelle on va se focaliser »


Pour le professeur Frédéric Charillon, directeur de l’IRSEM, l’interdépendance, le manque de moyens et l’absence de volonté d’avoir une stratégie propre, sont les trois raisons qui empêcheraient un pays d’avoir sa stratégie nationale. Mais vit-on pour autant dans un monde si globalisé  et si contraint d’un point de vue budgétaire que l’autonomie nationale serait impossible ? Probablement pas selon le professeur Jean-Jacques Roche, directeur de l’Institut Supérieur de l’Armement et de la Défense, pour qui une analyse trop anxiogène du monde occulterait le fait que le monde actuel est plus sûr qu’auparavant et nous permet d’avoir une marge de manœuvres plus grande que lorsque le monde était bipolaire et les menaces nous étaient imposées. « Aujourd’hui, nous avons le choix de la menace sur laquelle on va se focaliser ».

 

Une analyse prolongée par Eric Delbecque, chef du département sécurité économique de l’Institut National des Hautes Études de la Sécurité et de la Justice (INHESJ) : « Si on ne définit pas qui est son ennemi, comment peut-on définir une stratégie nationale ? » . Un débat ouvert donc, où chacun s’est efforcé d’apporter son analyse sans toutefois donner de réponses tranchées permettant ainsi aux auditeurs, venus nombreux, de réfléchir aux nombreuses pistes de réflexions évoquées.

 

Débat sur le thème : une érosion des stratégies nationales ? De gauche à droite : professeur Jolyon Howorth, professeur à l'université de Yale, professeur Hervé Drévillon, directeur du domaine Histoire de la défense et de l'armement de l'IRSEM, général de division (2s) Maurice de Langlois, directeur du domaine Sécurité européenne et transatlantique de l'IRSEM, colonel Benoît Durieux, ministère de la Défense, M. Christian Lequesne, directeur du Centre d'Etudes et de Recherches Internationales

 

Liens :

 

Discoursd'introduction du général (CA) Charpentier, Gouverneur militaire de Paris

 

Discours de clôture du général (CA)  Duquesne, directeur de l'IHEDN

 

Présentation de la journée du 14 novembre, livret et programme

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 13:49

Decazub 2012 photo FdSV

 

Pour l’instant, l’entraînement se focalise sur les niveaux individuel et trinôme.

 

Le Cenzub, le centre d’entraînement en zone urbaine, déjà d’une rare ambition en Europe, s’est doté en janvier dernier d’un nouveau module dédié au tir à munitions de guerre. Unique sur le continent, ce site consiste en huit pas de tir au travers lesquels les soldats s’exercent au plus près des conditions réelles. Pour l’instant, seuls deux parcours sont ouverts, une rue et un bâtiment. A terme (la date visée est 2014), les hommes pourront s’exercer à la position défensive, courte et longue portée, à l’embuscade, menée ou subir ainsi qu’à l’assaut dans diverses configurations : bâtiments, bidonville, égout …


Les premières sections à expérimenter ce site sont testées d’abord au niveau individuel, puis trinôme  Il s’agit d’être certain que les hommes ont un niveau de maîtrise suffisant de leurs armes et d’eux-mêmes pour se prêter à cet exercice sans mettre leurs camarades en danger. L’utilisation de munitions réelles les soumet en effet à des conditions de stress et de concentration exceptionnelles.


Sur les différentes cibleries, ils sont amenés à tirer sur des portées allant de 5 à 200 mètres, en statique ou en mouvement. Au delà du combat au fusil d’assaut destiné au groupe de combat, ce complexe offre également des possibilités d’exercice au fusil de précision, au lance-grenade, à la mitrailleuse lourde et même à la 12,7mm montée sur véhicule.

 

Les cibles, dont une partie sont mobiles, se trouvent ainsi réparties à 360° et sur les trois dimensions. Certaines, vêtues de t-shirts colorés, représentent d’éventuels civils qui devront échapper à des tirs réflexes incontrôlés. Les cibles peuvent être contrôlées à distance, depuis une tour de contrôle offrant une vue sur tout le complexe et depuis laquelle les directeurs de tirs peuvent décider de toutes sortes de petites surprises. On notera ainsi la possibilité d’ajouter des bruits pour simuler diverses ambiances (foule, tirs, combat, silence, cris de blessés …) ou même de lumières : les tireurs pourront ainsi chercher à éteindre ces lampadaires factices grâce à un système ingénieux de miroir basculant réagissant aux tirs.


A terme, les instructeurs de ce complexe espèrent également mettre en oeuvre un long parcours sur 500 mètres qui représenterait une forme de rallye test regroupant les différentes configurations. L’idéal pour eux serait de ne pas avoir à former les hommes, laissant l’instruction à la charge des régiments. Ce complexe doit devenir l’outil de vérification et de validation des compétences en milieu urbain, faisant profiter de sa diversité des groupes ayant déjà eu l’occasion de s’habituer à ce type de conditions de tir.

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 13:43

logo-du-dispositif-rapid

 

30.11.2012 Eléonore Krempff

 

31 600 C’est le nombre d’entreprises françaises privées qui ont travaillé avec le ministère de la défense en 2010. 26 000 d’entre elles (soit 92%) étaient des entreprises de moins de 250 salariés. Chaque année le ministère de la défense passe environ 190 000 contrats avec les PME, pour un montant d’1,5 à 2 milliards d’euros.

A travers la Direction Générale de l’armement (DGA), le ministère met en place un réseau à la disposition des Petites et Moyennes Entreprises (PME) et des Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI) pour soutenir l’innovation et les technologies que ces entreprises développent et faciliter leur accès aux marchés de la Défense. 


La DGA dispose au sein de la direction de la stratégie, d’une sous-direction PME qui met en œuvre une politique spécifique de soutien aux PME industrielles et technologiques dont les compétences intéressent le domaine de l’armement. Les investissements de la DGA dans les activités de recherche et technologie se sont élevés en 2011 à 724 M€ de crédits de paiement, dont 40 M€ ont été attribués aux PME-ETI au travers du dispositif RAPID (Régime d'appui pour l'innovation duale) destiné aux entreprises de moins de 2000 salariés.

ENTRETIEN AVEC Richard PRIOU, sous directeur PME au Service des affaires industrielles et Intelligence économique de la DGA

 

FACILITER L'ACCES AUX MARCHES DE LA DEFENSE


"Les PME ont une capacité d’innovation technologique sur laquelle les grands groupes et la DGA peuvent s’appuyer. Etant donné la complexité croissante des systèmes de défense, l’accès direct des PME aux marchés de la DGA est bien souvent difficile. Pour faciliter cet accès aux marchés de la DGA, en direct ou en sous-traitance des maîtres d’œuvre, nous avons mis en place des actions d’informations sur nos attentes en matière technologique, et des dispositifs de soutien financier à l’innovation des PME. Nous les aidons ainsi à orienter leurs efforts en matière de recherche et Technologie (R&T) et à se positionner sur les futurs programmes.

L’objectif est de faire bénéficier nos programmes des technologies que ces PME maîtrisent et de soutenir leur développement."

 

INFORMER LES PME SUR LES ORIENTATIONS TECHNOLOGIQUES DE LA DGA


"Le premier volet de l’action vise à donner de la visibilité aux PME quant aux attentes technologiques de la DGA. Cela leur permet d’identifier qu’elles disposent d’une offre intéressant la défense et d'envisager d'élargir leurs efforts d’innovation dans le sens de nos besoins. Cette action se traduit par trois types de manifestations.

 

Au niveau national, le premier  "Forum DGA Innovation" (combinaison des Ateliers Recherche & Technologie et des Journées scientifiques) est organisé cette année en direction de toute la chaîne innovation : des chercheurs aux industriels. Ce forum est l’occasion de présenter à des centaines d’entreprises, les axes d’effort de la DGA et d’indiquer les domaines technologiques dans lesquels des innovations et des solutions nouvelles sont recherchées.

 

La DGA organise également chaque année plusieurs forums technologiques à Paris et en province, autour de thématiques technologiques précises. Nous convions lors de ces forums les maîtres d’œuvre industriels concernés, et sélectionnons parmi les PME inscrites, celles qui sont les plus en lien avec nos attentes. DGA et maîtres d’œuvre présentent leurs orientations, puis les entreprises se présentent à tour de rôle. Ces manifestations concilient information des PME sur les attentes des clients défense, et mise en relation des PME avec les maîtres d’œuvre industriels.

 

Des conférences de lancement de programmes sont aussi menées pour exposer aux PME la structure et les attendus technologiques des programmes en cours de lancement. Les PME peuvent ainsi se positionner auprès des maîtres d’œuvre afin d'intégrer la chaîne de sous-traitance."

 

Au-delà de ces rencontres, la DGA édite deux documents publics qui offrent une synthèse de ses orientations : un document de politique et d’orientation scientifique et un Plan stratégique de recherche et technologie."

 

FAVORISER L'INNOVATION DUALE DES PME


"L’innovation technologique est un facteur-clé de croissance et de développement des entreprises. C’est donc pour contribuer à la pérennité et au développement des PME de la base industrielle et technologique de défense (BITD) que la DGA soutient financièrement des projets d’innovation de entreprises. Il est essentiel toutefois que les technologies développées soient duales, c’est-à-dire qu’elles puissent trouver des applications civiles et militaires, pour constituer un véritable facteur de croissance. C’est tout le sens de l’action de la DGA au travers du dispositif de subvention RAPID. Créé en 2009, ce dispositif a conduit en trois ans à la sélection de plus de 150 projets, représentant un montant de plus de 140M d’euros pour un montant d’aide financière total de 85 millions d’euros."

 

RAPID, UNE AIDE DE LA DGA A DESTINATION DES PME-ETI


Le Régime d’appui pour l’innovation duale (RAPID) est un dispositif qui vise à soutenir l’innovation des entreprises de moins de 2000 personnes par des subventions. Doté d’un budget de 40 millions d’euros pour 2012, seuls les projets d’innovation technologique portés par des entreprises de moins de 2000 personnes, ayant des applications pour la défense nationale ET le civil, peuvent bénéficier de l’aide du dispositif RAPID.

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 08:57

BPC-Dixmude-photo-Bruxelles2---NGV.jpg

 

nov 30, 2012 Nicolas Gros-Verheyde (BRUXELLES2 à Toulon)

 

J’ai pu découvrir aujourd’hui le Dixmude, le troisième BPC (bâtiment de projection et de commandement) mis en service par la Marine nationale. Un « formidable couteau suisse » comme se plaisent à le souligner les marins fiers de leur bateau tout neuf. Et effectivement, il y a de quoi être séduit.

 

Imposant

 

Long de presque 200 mètres, large de 32 mètres, un BPC reste imposant à quai avec ses ponts superposés. Et son autonomie – 11.000 miles (20.000 km) – lui permet de parcourir différentes missions. La vitesse maximum 18 noeuds est plus que convenable.

Dans ses entrailles, peuvent se loger 16 hélicoptères. Et sur le pont, 6 emplacements sont réservés pour permettre l’atterrissage d’hélicoptères, d’attaque (Caracal, Tigre…) ou de transport (Puma, NH90…) et de 2 autres hélicoptères plus légers (type Gazelle). Un Etat-major de 150 personnes – voire plus – peut prendre place avec les différents standards de connectique en usage au niveau national comme de l’OTAN. Durant l’opération Harmattan en Libye, il a pouvait ainsi parcourir en une nuit une bonne partie de la côte libyenne.

 

 

Un hôpital de bord, avec 2 salles de chirurgie, radio de bord, voire scanner, et une soixantaine de lits. Au besoin il peut être complété par l’arrivée d’éléments chirurgicaux ou de modules médicaux supplémentaires. Un radier permettant l’accueil de plusieurs chalands de débarquement : — 4 s’il s’agit des anciens CTM (chalands de transport de matériel) ou 2 pour les plus modernes EDA-R (Engins de débarquement amphibies rapide) — qui assurent la capacité amphibie du navire. Cela peut paraître facile, a priori. Mais l’arrivée de ces navires dans le navire requiert un certain savoir-faire. Pour « garer » l’EDA-R il n’y a que 40 cms de chaque coté. Avec un peu de houle, et l’effet spécifique des vagues dans le radier, la dextérité et le sang-froid sont requis…

 

 

L'EDA-R a l'entrée dans le radier du Dixmude. Un système de balasts permet de vider l'eau ou de le remplir

Son principal atout reste cependant dans son hangar qui peut se prêter à différents emplois. Au gré des missions, il sert de parking pour le transport de véhicules (80 en tout) ; peut se transformer en hall d’accueil pour l’évacuation de ressortissants (1500 sur une courte durée, 500 si la traversée est plus longue qu’une ou deux journées) avec l’installation de lits picots au besoin ; voire permettre l’extension des salles d’Etat-Major ou de l’hopital de bord, etc. Les salles elles-mêmes sont reconfigurables au besoin à l’aide de cloisons amovibles. Bref le navire s’adapte au gré des circonstances et des missions. Ce qui le rend particulièrement adapté à toutes sortes de missions : évacuation de ressortissants (Liban 2006), secours en cas de catastrophes (Haiti), commandement d’une opération maritime, base d’hélicoptères (Harmattan), transport de troupes et moyens de débarquement, formation (mission Jeanne D’arc) etc.

 

 

Ses couloirs assez larges permettent à de nombreuses personnes de se croiser sans se gêner comme aux brancards de passer. Sa structure de vie est plutôt confortable, pour un navire de guerre. Il n’est pas trop étonnant que les Russes aient été séduits. La raison du succès de cette tient aussi à son mode de conception. Au niveau opérationnel, « il a été conçu par une équipe mixte de marins et de terriens » ; certains détails ont ainsi été étudiés pour permettre l’accueil des troupes, comme ces tiroirs sous les lits permettant d’accueillir les armes personnelles (type Famas).

 

Au niveau industriel, sa conception et sa construction ont été empruntées aux navires civils : notamment la construction par zones et l’assemblage. Ce qui a permis d’avoir un coût relativement modique pour ce type de navires : 400 millions d’euros environ pour les premiers (Mistral entré en service en 2006 et Tonnerre mis en service en 2007), 550 millions d’euros environ pour le Dixmude (entré en service en 2012, doté d’une autre motorisation et de différents aménagements supplémentaires). Revers de la médaille, il n’est pas autoprotégé. Et en zone de crise, a besoin d’être accompagné par des frégates (anti-aériennes ou/et anti-sous-marines…). Seuls deux canons de bord permettent de lutter contre des menaces asymétriques, pas de faire de la guerre navale. Ce n’est d’ailleurs pas son rôle.

Commentaire : Ce type d’équipements très modulaire, adapté à toute une série de conflits actuels ou de menaces futures paraît très bien adapté à la nouvelle donne stratégique. Sans doute mieux que certains autres équipements. On peut même se dire qu’à terme, ce type de bateau pourrait remplacer un porte-avions, si l’utilisation des drones continue à se développer et se perfectionner (nb : certains experts diront sans doute, à plus ou moins juste titre. Mais ce n’est pas du tout la même chose. Simplement, projetons-nous dans 10 ou 20 ans,… ).

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 08:50

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/air/actualites/images-2012/images-novembre-2012/la-8e-session-du-comite-executif-de-la-defense-sol-air-a-luxeuil-devant-des-modules-de-lancement-samp/2090811-1-fre-FR/la-8e-session-du-comite-executif-de-la-defense-sol-air-a-luxeuil-devant-des-modules-de-lancement-samp.jpg

La 8e session du comité exécutif de la défense sol-air

à Luxeuil, devant des modules de lancement SAMP

 

29/11/2012 Armée de l'air

 

La 8e séance plénière du comité exécutif de la défense sol-air (DSA) s’est tenue sur la base aérienne 116 de Luxeuil, du 19 au 21 novembre 2012. Soixante-dix militaires de l’armée de l’air, de l’armée de terre et de la marine nationale ont pris part aux travaux.

 

La présidence collégiale de cette réunion de travail était assurée par le général Bernard Schuler, chef d’état-major du commandement des forces aériennes, le général Claude Mathey, adjoint à la préparation opérationnelle du commandant des forces terrestres et le capitaine de vaisseau Guillaume Chové, adjoint de l’amiral commandant la force d’action navale pour les domaines transverses.

 

Les objectifs du comité exécutif de la défense sol-air sont de rassembler et de mettre en commun les expertises de chacun, d’organiser des exercices et de réfléchir à l’unisson à une doctrine interarmées utilisant au mieux les ressources disponibles.

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 20:11

FREMM frigate Aquitaine Nov 2011 (Photo DCNS)

 

29.11.2012 par Ouest-France

 

Merci à @PhChapleau de Lignes de Défense pour l'information.

 

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 20:02

Decazub-2012-photo-FdSV.jpg

 

29/11/2012 Par Jennifer Alberts - France 3 Picardie

 

Les plus hauts gradés de l'Armée française ainsi que les parlementaires de la Défense ont assisté à Sissone à des démonstrations militaires. L'objectif ? Convaincre de renouveler le matériel tout en le rationnalisant.

 

Le gratin de l'uniforme

 

Plus de 200 personnes étaient réunies ce matin au Cenzub, le Centre d'Entraînement aux Actions en Zone Urbaine, installé à Sissonne (02) pour la présentation par le Général Ract-Madoux, Chef d'Etat Major de l'Armée de Terre, du projet Scorpion.

Dans l'assistance, les députés et sénateurs de la Défense, des industriels, des membres de la Direction Générale de l'Armement...Bref, tout le gratin de l'uniforme !

 

La prochaine LPM en préparation

 

Mais les VIP, ceux pour lesquels l'Armée avait les yeux de Chimène, étaient sans nul doute les membres de la Commission du Livre Blanc: ce sont eux qui édictent les Lois de programmation militaire.

Une loi de programmation militaire (LPM) définit les grandes orientations stratégiques militaires de la France pour 5 ans. Celle actuellement en cours s'achève fin 2013.

 

La prochaine, pour la période 2014/2018, est en préparation.

 

 

Rationnaliser les dépenses...et les économies

 

Et en ces temps de restrictions budgétaires, l'Armée est inquiète de voir baisser le budget de la Défense: entre 2012 et 2013, l'enveloppe de la Défense est stable, à environ 30 milliards d'euros. Mais c'est déjà 3 milliards de moins que ce qui était prévu par la fameuse LPM.

D'où le projet Scorpion présenté ce jeudi à Sissonne...A travers ce projet, l'Armée entend montrer qu'elle est coopérative: d'accord pour dépenser moins mais pas n'importe comment.

 

Scorpion propose donc entre autre un renouvellement de certains matériels mais de façon rationnelle et rationnalisée...

 

Et ce sont ces matériels, convoités par les différents corps d'armée, qui étaient en démonstration au Cenzub...

 

Le projet Scorpion prévoit également une optimisation du partage des informations, via l'informatique et le numérique....

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 19:50

http://forcesoperations.com/wp-content/gallery/guillaume/decazub-3.png

Crédits photos: G Belan

 

29.11.2012 par Guillaume Belan (FOB)

 

La démonstration des capacités des forces terrestres en zone urbaine ou Decazub, c’était aujourd’hui. Cette opération menée par l’armée de terre, à l’initiative du général Ract-Madoux, Chef d’état-major de l’Armée de terre, visait à montrer aux parlementaires, membres de la commission du Livre blanc et cabinet du ministre, les capacités de l’armée de terre d’aujourd’hui mais aussi celles de demain; celles qu’apportera le programme Scorpion.

 

http://forcesoperations.com/wp-content/gallery/guillaume/decazub-1.png

 

Grâce à une démonstration se déroulant sur un scénario joué sur le centre d’entrainement aux actions en zone urbaine (Cenzub) à Sissonne, les invités ont pu comprendre, très concrètement, les qualités de l’armée de terre, mais aussi les faiblesses que viendront combler Scorpion : du manque de protection (servants à l’extérieur des véhicules…) aux lacunes dans les moyens de communication et de commandement (pas de temps réel, situation amis-ennemis incomplète…), en passant par des capacités encore inexistantes (tir au delà de la vue direct, mortier embarqué à bord d’un blindé et non remorqué…).

 

http://forcesoperations.com/wp-content/gallery/guillaume/decazub-2.png

 

L’occasion aussi de constater que le programme Scorpion est aujourd’hui une démarche qui est arrivée à maturité. Organisé autours de trois cœurs que sont le système d’information et de commandement unique (SICS), la vétronique des véhicules et la simulation embarquée, Scorpion passe par la définition de « labels » qui seront communs à tous les futurs équipements de l’armée de terre et qui permettront de diminuer le coût de possession des matériels. « Scorpion reliera tout le monde en temps reflexe, rendra la lecture du combat simple, fluide, afin d’anticiper les situations, favoriser l’initiative et accélérer la manœuvre » résumait le colonel Cadapeaud, officier de programme Scorpion.

 

A noter la large participation d’industriels partenaires de l’armée de terre, de grands groupes (Thales, Nexter, Safran, RTD), mais aussi de PME innovantes, qui présentaient leurs innovations et solutions.

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 18:50

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/terre/terre-images/images-articles/exercice-malouines-var/2089357-1-fre-FR/exercice-malouines-var.jpg

Du 19 au 25 novembre 2012, la division d'application

de l'école de l'infanterie de Draguignan a effectué

l'exercice "Malouines" dans le Var. - Crédits : EMD

 

29/11/2012 Armée de Terre

 

Du 19 au 25 novembre, la division d’application de l’école de l’infanterie de Draguignan a effectué un exercice rustique en terrain libre baptisé « Malouines », dans le Var.

 

Entre le camp de Canjuers et le massif de l’Esterel a eu lieu l’exercice Malouines sur le thème de la contre-rébellion. Engageant la division d’application de l’école de l’infanterie de Draguignan et un certain nombre de capitaines du cours de formation des futurs commandants de compagnie, il avait pour objectif de faire acquérir aux lieutenants les savoir-faire tactiques et techniques indispensables au commandement d’une section d’infanterie (environ 40 combattants).

 

Pour l’occasion, les lieutenants se sont mis dans la peau des « insurgés » et menaient des actions offensives de type harcèlement comme des embuscades. Les stagiaires ont pu parfaire leur aguerrissement à la vie en campagne et éprouver leur rusticité et leur endurance à l’effort en passant 6 jours et 6 nuits sur le terrain en autonomie quasi complète sur une distance avoisinant les 250 kilomètres. Une section du 16e bataillon de chasseurs (16eBCh) de Bitche et deux officiers du 1er régiment de chasseurs d’Afrique (1er RCA) de Canjuers sont venus renforcer le dispositif d’instruction et de soutien déployé sur le terrain.

 

 

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 17:55
La cybersécurité française passe à l'attaque

 

29 novembre 2012 Par PAR RIDHA LOUKIL, AVEC HASSAN MEDDAH - L'Usine Nouvelle n° 3309

 

Les industriels hexagonaux mettent les bouchées doubles en matière de défense informatique. Un marché en pleine expansion.

 

La France a-t-elle les moyens de sa cyberdéfense ? La révélation par "L'Express", la semaine dernière, des dessous du piratage informatique de l'Élysée survenu en mai rappelle, s'il en était besoin, les dangers du cyberespace. Loin d'être à l'abri des opérations d'espionnage informatique, la France possède toutefois de sérieux atouts pour se défendre. Elle dispose même d'une filière d'excellence, prospère et exportatrice, comme le révèle la récente étude du cabinet Pierre Audoin Consultants. Ainsi, qui aurait cru que le leader français de la carte à puce, Gemalto, sécurise l'accès au cloud d'Amazon ? On n'imagine pas non plus que Thales participe à la protection des systèmes de défense de 50 pays, dont 25 membres de l'Otan. Le spécialiste de l'électronique de défense équipe aussi 19 des 20 premières banques mondiales, 4 des 5 plus grandes compagnies pétrolières... sans oublier les systèmes de paiements électroniques Visa et Mastercard, qui représentent 70% des transactions par cartes bancaires dans le monde. Autres exemples : Cassidian, la branche défense et sécurité d'EADS, qui fournit un centre opérationnel de sécurité à l'armée britannique ; Atos, qui gère l'informatique et la sécurité des jeux Olympiques depuis douze ans ; ou encore Orange, qui apporte ses services de cybersécurité au géant australien minier BHP Billiton dans 18 pays.

 

UNE CARTE À JOUER

  • Le marché mondial de la cybersécurité est estimé à 60 milliards de dollars en 2012
  • + 8,4% de croissance annuelle
  • 10 milliards de dollars d'acquisitions au premier semestre 2011

Sources : PwC, Gartner

 

Dans un secteur dominé par des acteurs américains, israéliens et russes, ces réussites témoignent d'une force insoupçonnée de l'industrie française. Face à la montée des risques d'attaques informatiques, les enjeux sont importants. Selon Pierre Audoin Consultants, le marché de la chaîne de confiance numérique affiche une croissance de 10% par an et génère en France un chiffre d'affaires de 10 milliards d'euros, dont la moitié à l'export. Les spécialistes français de la sécurité des échanges numériques, Gemalto, Morpho (groupe Safran) et Oberthur Technologies, tirent jusqu'à 80% de leurs revenus à l'étranger. Tout en "conservant l'essentiel de leur production et de leur R et D en France", souligne Mathieu Poujol, consultant chez Pierre Audoin.

 

De grandes ambitions

 

Contrairement aux concurrents connus du grand public pour leurs systèmes antivirus sur les postes informatiques, tels que McAfee, Symantec ou Trend Micro, les industriels français se distinguent par leur discrétion. Deux raisons à cela : leur ancrage sur le marché du "confidentiel-défense" et leur présence dans les couches cachées des systèmes d'information. Mais l'heure est venue pour eux de passer à l'offensive et d'investir d'autres maillons de la chaîne de sécurité. "Ils privilégient désormais la sécurité holistique, une approche globale de sécurité identifiée par le ministère de l'Industrie comme l'une des 85 technologies clés pour 2015, constate Mathieu Poujol. Du segment haut de gamme, ils cherchent à descendre dans les couches des systèmes d'information pour disposer au final de solutions complètes. Au risque de heurter les acteurs américains connus."

 

Cassidian a donné l'exemple en rachetant, en octobre, Netasq, une pépite spécialisée dans les systèmes anti-intrusion tout-en-un. La filiale d'EADS complète ainsi son portefeuille de solutions et entre en concurrence frontale avec les américains Fortinet, Watchguard et Sonicwall. Les perspectives de développement s'annoncent alléchantes. Selon le cabinet Gartner, le marché mondial de la cybersécurité devrait croître de 8,4% par an et bondir de 60 à 86 milliards de dollars entre 2012 et 2016.

 

Un dynamisme tiré par la recrudescence des cyberattaques, l'apparition de menaces contre les systèmes de contrôle industriel et la prise de conscience croissante des enjeux de la cybersécurité, tant par les États que par les entreprises. Les industriels français sont décidés à prendre une plus grande part du gâteau. D'autant que le poids du marché national accuse un retard sur les grands pays européens. D'après le cabinet PwC, qui l'estime à environ 2 milliards d'euros en 2010, il serait inférieur de 30% à celui de la Grande-Bretagne. En cause, le niveau encore insuffisant de protection des services de l'État, des administrations et des opérateurs d'infrastructures d'intérêt vital (énergie, eau, transports, hôpitaux...).

 

 

UNE FILIÈRE À STRUCTURER

FORCES Des grands acteurs internationaux L'expertise technologique (chiffrement, authentification...)

FAIBLESSES L'atomisation du secteur (800 PME) L'absence de réglementation nationale

OPPORTUNITÉS La forte demande des administrations et opérateurs vitaux Les services aux entreprises

MENACES La domination commerciale des Américains L'acquisition de start-up par des groupes étrangers

 

Les industriels ne cachent pas leurs ambitions. "Nous voulons apporter une alternative européenne aux solutions américaines, non seulement dans nos marchés traditionnels à caractère régalien - gouvernement et défense - mais aussi dans les industries critiques", explique Jean-Michel Orozco, le président de Cassidian Cybersecuriy, une filiale de 400 personnes créée en avril 2012. Objectif : un chiffre d'affaires de 500 millions d'euros à l'horizon 2017, contre 50 millions d'euros aujourd'hui. Les deux tiers de cette croissance proviendront d'acquisitions dans le cadre d'un plan d'investissement de 500 millions d'euros sur cinq ans. Le rachat de Netasq s'inscrit dans cette stratégie. Cassidian possède deux centres opérationnels de sécurité (SOC en anglais), en France et en Grande-Bretagne, pour surveiller les réseaux de ses clients. Un troisième est en projet en Allemagne. À terme, la filiale d'EADS pourrait rivaliser avec Thales, l'actuel leader français de la cybersécurité avec 1 500 personnes et un chiffre d'affaires de 350 millions d'euros.

 

Plus modeste, Bull, le numéro deux français (1 300 personnes et un chiffre d'affaires de 130 à 150 millions d'euros) n'en espère pas moins doubler cette activité dans cinq ans. Au programme : de la croissance organique mais aussi des acquisitions sélectives, à l'image du rachat, en 2010, d'Amesys (systèmes d'espionnage sur les réseaux) et, en 2011, de TRCom (une émanation de Sagem spécialisée dans la sécurisation des communications sans fil) qui a donné naissance, début 2012, au SPhone. Conçu et fabriqué entièrement en France, ce téléphone mobile sécurisé protège les communications en cryptant les conversations vocales, les messages SMS et les informations embarquées. "En termes de sécurité, il se situe un cran en dessous du téléphone Theorem de Thales, réservé aux plus hauts services de l'État et de l'armée, mais s'adresse à une population plus large : tous les cadres d'entreprises qui transmettent par téléphone des informations sensibles", explique Franck Greverie, le patron de l'activité sécurité de Bull, qui compte vendre quelques milliers de terminaux par an.

 

Orange n'est pas en reste. Il y a dix-huit mois, l'opérateur historique de télécoms a réorganisé son activité de services de cybersécurité afin d'en doubler le chiffre d'affaires en 2015. Il dispose de huit SOC dans huit pays, calqués sur son SOC dédié aux militaires et dont la localisation est tenue secrète. "Ils sont au bord de la saturation, précise Éric Domage, le directeur de la stratégie d'Orange en cybersécutité. Plutôt que d'en ouvrir d'autres, nous allons en rationaliser l'exploitation pour absorber une augmentation de demande de 10 à 20% par an." Selon Pierre Audoin Consultants, Orange est le leader français des services de cybersécurité, loin devant Sogeti, Atos et autres SSII françaises. Dans le monde, s'il est distancé par IBM, le numéro un, il soutient la comparaison avec l'américain Verizon, le britannique BT ou encore l'allemand T-Systems, filiale de Deutsche Telekom.

 

Une longueur d'avance grâce à la carte à puce

 

Dans leur offensive, les Fançais ont des atouts. Ils sont à la pointe en matière de cryptologie, technologie clé pour la protection des données. "Une dizaine de pays maîtrisent véritablement leurs propres technologies de chiffrement, parmi lesquels les États-Unis, Israël, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France et très probablement la Chine et la Russie", précise Guillaume Poupard, le chef du pôle sécurité des systèmes d'information à la Direction générale de l'armement. La France est aux avant-postes. En témoignent la renommée mondiale du cryptologue Jacques Stern [lire ci-contre] et la victoire d'une équipe de quatre experts, dont trois de STMicroelectronics, au concours international lancé en 2007 pour le développement d'un nouvel algorithme de cryptage. "Cette force découle de l'excellence de l'école française de mathématiques, analyse Mathieu Poujol. La France dispose des meilleurs talents au monde pour créer des algorithmes de cryptage. Ceci lui a valu d'être récompensée par 13 médailles Fields, l'équivalent du Nobel en mathématiques, la plaçant en deuxième position derrière les États-Unis, qui en ont obtenu 15."

 

La carte à puce, essentielle à la sécurisation des accès, constitue une autre pièce maîtresse du savoir-faire français. Après l'avoir boudée, les Américains viennent de l'adopter. Le laboratoire d'analyse de la fiabilité des composants électroniques de Thales à Toulouse s'inscrit dans ce champ de compétences. "Nous partageons avec le Cnes des équipements très sophistiqués qui nous permettent d'effectuer un "reverse engineering" de composant matériel, en l'examinant et même en le découpant physiquement en quelques dizaines de nanomètres. Ceci peut aller jusqu'à rechercher dans les circuits où les parties sensibles - par exemple, une clé de chiffrement - sont stockées", explique Vincent Marfaing, le vice-président en charge des activités cybersécurité chez Thales.

 

Dans les services, qui représentent 60 à 70% du marché, les Français jouissent d'un avantage naturel en France. "On donne les clés de son réseau à un prestataire pour y voir ce qui s'y passe, explique Gérôme Billois, manager chez Solucom, un cabinet de conseil informatique. C'est important qu'il soit un acteur de confiance et de proximité. Les acteurs français ont des cartes à jouer. À condition qu'ils parviennent à industrialiser leurs services aussi bien que les américains IBM, Verizon et Dell."

 

Ce pari n'est pas gagné pour autant. "La France a deux handicaps. D'une part, la prise de conscience par les entreprises françaises, et par l'État, des enjeux de la cybersécurité a été plus tardive qu'aux États-Unis ou qu'en Grande Bretagne. D'autre part, peu d'acteurs hexagonaux disposent d'une taille critique suffisante pour faire face aux champions américains comme le spécialiste des réseaux Cisco Systems ou encore IBM", explique Guillaume Rochard, associé de PwC chargé de l'activité aéronautique, défense et sécurité. La France compte à la fois peu de grands champions - cinq généralistes (Thales, Bull, Cassidian, Morpho et Gemalto) et une douzaine de prestataires de services - et trop de petits acteurs. Parmi ces industriels, les 30 premiers s'accaparent 80% du chiffre d'affaires global.

 

"La filière est pénalisée par son morcellement, avec beaucoup trop de PME souvent concurrentes entre elles, diagnostique Jean-Pierre Quémard, le vice-président sécurité et technologie chez Cassidan et président de l'Alliance pour la confiance numérique, syndicat professionnel créé en 2010. Elle a besoin d'être consolidée." La profession réclame de fait une politique plus cohérente de l'État, qui se traduirait par une instance unifiée de cyberdéfense, comme aux États-Unis et au Royaume-Uni. Elle appelle de ses voeux la mise en place d'une réglementation favorable (obligation d'audit de sécurité, de déclaration de sinistre...), comme le recommande le sénateur Jean-Marie Bockel dans son rapport "La cyberdéfense : un enjeu mondial, une priorité nationale", publié en juillet. Reste un mal français à soigner : la faiblesse en marketing.

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