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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 20:50

SNLE Le Terrible apte au lancement du M51

 

13-11-2012 Par Vincent Lamigeon - challenges.fr

 

Même désargentée, la France tient à son coûteux statut de grande puissance assuré par son armement nucléaire. Débat interdit.

 

Le débat a été ouvert le 20 juin. Puis clos début juillet. Le 20 juin dernier donc, l'ex-Premier ministre Michel Rocard lance un Scud retentissant sur le plateau de BFM TV. La dissuasion nucléaire? Il faut renoncer d'urgence à ce fardeau financier, "16 milliards d'euros par an qui ne servent absolument à rien". Branle-bas de combat à l'UMP comme au PS, qui éreintent la sortie de Rocard. En déplacement à Rio, François Hollande joue les pompiers de service: "Renoncer à la dissuasion nucléaire pour des raisons d'économie budgétaire n'est pas aujourd'hui la position de la France." Et le 4 juillet, pour clore l'incident, le président de la République embarque pendant trois heures dans le sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) Le Terrible, fleuron de la force de frappe française, une première depuis Valéry Giscard d'Estaing. Fermez le ban.

 

"L'assurance-vie de la France"

 

"C'est le débat interdit, dénonce le général Bernard Norlain, ancien conseiller militaire de Jacques Chirac à Matignon. La position officielle relève du postulat religieux: la bombe atomique, c'est l'assurance-vie de la France." Cet ancien général d'aviation cinq étoiles est bien le seul parmi les gradés à monter ouvertement au front. Et, parmi les politiques, seuls les Verts et l'ancien ministre de la Défense Paul Quilès défendent des thèses similaires. "La remise en cause de la dissuasion menacerait beaucoup d'intérêts chez les industriels, comme Astrium, MBDA ou DCNS, mais aussi dans les armées, poursuit le général Norlain. Le format de la Marine est calibré autour de la mission de dissuasion."

 

Pour les opposants à la dissuasion, l'arme nucléaire est à la fois dépassée stratégiquement face aux nouvelles menaces (terrorisme, piraterie...) et ruineuse en période de disette budgétaire. Pour les autres, elle est la garantie ultime de la sécurité nationale, mais aussi un argument diplomatique de poids pour rester au Conseil de sécurité de l'ONU. "La dissuasion nucléaire donne à la France le poids politique nécessaire pour parler comme la France doit parler", résumait fin juin le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

 

A quel prix? Un rapport de la commission de la Défense du Sénat aboutissait en juillet dernier au chiffre de 3,4 milliards d'euros sur 2012. Ce chiffre "représente 11% du budget de défense annuel et 1,2% du total des dépenses du budget de l'Etat pour 2012 », écrivent les sénateurs. L'effort financier, maintenu en 2013, n'a guère évolué en euros constants depuis dix ans - 20% des crédits d'équipement militaire -, et affiche une baisse sensible depuis vingt ans, après avoir atteint 5 milliards en 1990. La France a en effet largement désinvesti dans les années 1990, arrêtant le programme de missiles sol-sol Hadès, passant de six à quatre SNLE, démantelant même en 1996 les missiles et les installations du plateau d'Albion.

 

"Presque bon marché"

 

Pour les soutiens de la dissuasion, les 3,4 milliards annuels, contre les 61 milliards de dollars inscrits au budget de dissuasion américain, n'ont donc rien de choquant. "Les programmes nucléaires sont gérés au cordeau: les missiles M 51, ASMP-A et le dernier SNLE ont été livrés à l'heure et dans les coûts", souligne-t-on à la Direction générale de l'armement (DGA). "3,4 milliards d'euros, c'est presque bon marché! assurait début juillet l'amiral Edouard Guillaud, chef d'état-major des armées, devant les députés de la commission de la Défense. La Force océanique stratégique est mise en oeuvre par 3.200 marins, effectif équivalent à celui des agents municipaux d'une ville comme Montpellier."

 

Pas chère et porteuse d'avenir. Telle est la dissuasion pour ses thuriféraires. Les industriels évoquent les applications civiles des technologies développées pour l'arme atomique: supercalculateurs liés à la simulation de frappes nucléaires, applications médicales du laser Mégajoule, ou lanceurs spatiaux. "Le bureau d'études des Mureaux, qui conçoit Ariane 5, est le même que celui qui développe le M 51", rappelait fin septembre François Auque, président d'Astrium, maître d'oeuvre du missile balistique M 51 qui porte la charge nucléaire.

 

Le socle de l'indépendance

 

Les industriels et la DGA assurent aussi que tout relâchement sur la recherche et l'industrialisation des outils de dissuasion entraînerait la perte du savoir-faire français, comme ce fut le cas pour les Britanniques sur les sous-marins. "Il serait déraisonnable de se priver d'un outil qui, pour un budget équivalent à 0,2% du PIB, représente une assurance-vie pour la nation et le socle d'une politique de défense indépendante", juge Bruno Tertrais, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). Le problème, c'est que le maintien de l'enveloppe dissuasion dans un budget de la défense en baisse fait peser des risques sur le reste des équipements. D'autant que le nucléaire va coûter plus cher d'ici à la fin de la décennie du fait, notamment, du développement de la prochaine génération de SNLE, prévu vers 2030, et de ses missiles. "Le chiffre devrait augmenter de 10 à 15%", assure-t-on de très bonne source. De quoi faire grincer des dents: "La sanctuarisation de l'investissement dans la dissuasion va menacer les armements conventionnels, alors que nous avons déjà des trous capacitaires dans le ravitaillement en vol ou le renseignement, pointe le général Vincent Desportes, professeur à Sciences-Po. Quelle est la crédibilité de l'arme nucléaire, quand la France ne peut pas faire l'opération en Libye sans les Etats-Unis?"

 

Renoncer aux missiles ?

 

L'idée serait de couper la poire en deux. Ne pas arrêter, mais diminuer les investissements. "Pourquoi ne pas passer de quatre à trois SNLE, ce qui représenterait déjà une économie énorme?" s'interroge un gradé sous couvert d'anonymat. "Cette décision de rupture mettrait en péril la permanence d'au moins un sous-marin en mer, une des bases de la doctrine française", répond Bruno Tertrais. D'autres préconisent de renoncer aux missiles embarqués sur chasseurs Mirage 2000 et Rafale. "Ce serait se priver d'une arme utile, flexible et peu coûteuse", rétorque-t-on côté DGA. Selon le rapport du Sénat, supprimer cette composante de la dissuasion permettrait seulement d'économiser 2,6 milliards sur les quinze prochaines années. Rien à voir avec la composante océanique qui, elle, va engloutir 29 milliards d'euros sur la période. En reprenant ces chiffres, on ne trouve nulle trace des "16 milliards par an" évoqués par Michel Rocard. Quelques jours après sa sortie, il a d'ailleurs battu en retraite. Ce n'était qu'une "boutade".

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 20:16

ravitaillement-du-poste-anjiran-en-kapisa-2

 

13 Novembre 2012 Jean-Dominique Merchet

 

Les effectifs de l'armée de terre sont à un minimum historique

 

70.000 hommes ! Les forces terrestres - celles de l'armée de terre -  se situent à un niveau historiquement très bas que les statistiques officielles masquent un peu.

 

Sur le papier, l'armée de terre compte en effet 135.000 hommes et femmes, mais lorsque ses responsables font le compte des troupes qui sont disponibles pour des opérations militaires terrestres, ils aboutissent au chiffre de 73.000, y compris 3.000 hommes des forces spéciales (COS et DGSE) qui relèvent d'une autre logique. Reste donc 70.000 hommes.

 

Que font les autres  ? Globalement trois choses : ils sont affectés à d'autres ministères comme l'Intérieur (Pompiers de Paris, Sécurité civile) ou de l'outre-mer (Service militaire adapté) ; ils sont en instruction élémentaire (les jeunes recrues), en formation ou ils encadrent cette instruction/formation ; enfin ils contribuent au fonctionnement du ministère de la défense ou des structures interarmées. En cas de gros coup dur, ils seraient sans doute possible d'en "gratter" quelques milliers, mais on voit mal la BSPP disparaitre ou la Dirisi (systèmes d'information) cesser de fonctionnemer. A contrario, pour tenir dans la durée, il faudrait au contraire encore plus d'instructeurs pour les jeunes recrues. Bref, l'armée de terre opérationnelle se situe nettement en dessous de 100.000 hommes.

 

Il faut remonter au XVIIème siècle pour retrouver un tel niveau mais alors le pays était trois fois moins peuplé qu'aujourd'hui. Ou sous l'occupation allemande, avec l'armée de Vichy... Peut-on, dans ces conditions, réduire plus encore le format de l'armée de terre comme certains l'envisage dans le cadre de la préparation du Livre blanc ? A beaucoup, cela semble aujourd'hui simplement irréaliste, sauf à assumer une dégradation brutale du niveau d'ambition internationale de la France.

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 20:02

Europe Flag

 

13/11/2012 Par JACQUES HUBERT RODIER - blogs.lesechos.fr

 

La France n’a pas l’intention d’envoyer des troupes au sol au Mali ni de lancer des frappes aériennes dans le nord du pays occupé par des mouvements se réclamant d’Al-Qaïda mais de contribuer, comme d’autres pays européens, à aider les autorités de Bamako à recouvrer l’intégrité du territoire malien, selon le ministre français de la Défense.

 

« Quand je dis pas de troupe au sol, cela veut dire aussi pas « de troupe en l’air », a dit, sur un mode un peu ironique, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense au cours d’une conférence organisée par l’European American Press Club à Paris.

 

La déclaration du ministre est valable aussi pour les autres pays européens qui doivent se concerter sur leur contribution à une intervention des forces africaines au Mali sous mandat de l’ONU pour aider l’armée malienne à récupérer le nord du pays, occupé par des mouvements armés se réclamant de l’islamisme.

 

Certes ! Mais la France a-t-elle déjà des troupes au sol ? Le ministre, en réponse à une question d’un journaliste africain sur l’éventuelle présence de troupes spéciales françaises dans la région du Sahel, est resté vague. « Je ne commenterai ni la position ni l’action des forces spéciales ». Il a simplement rappelé qu’il y avait une présence de forces françaises au Niger et un accord de défense avec ce pays sans autre précision. Nombre de médias en France et en Afrique ont fait état de la présence d’une centaine de membres des Forces spéciales françaises dans la région.

 

Une aide militaire européenne au Mali limitée

 

En principe l’aide européenne _ une question qui doit être au centre d’une rencontre jeudi à Paris des ministres de la Défense et des Affaires étrangères des pays du triangle de Weimar (France, Allemagne, Pologne) élargi à l’Italie et à l’Espagne _ doit se concentrer sur la formation, sur une contribution logistique, et vraisemblablement dans le domaine du renseignement pour les armées africaines qui seraient appelées à intervenir sur le terrain à côté des forces maliennes.

 

Cette réunion se tiendra après le sommet d’Abuja (Nigeria) de dirigeants de 15 pays membres de la CEDEAO (Communauté économique des états d’Afrique de l’ouest) et d’autres pays africains qui envisagent d’envoyer pendant un an une force combattante de 3.300 soldats africains au Mali.

 

Lundi prochain, un conseil affaires étrangères de l’Union européenne devraient, pour sa part, préciser la planification de la "mission européenne d’entrainement des forces africaines au Mali" (EUTM-Mali). Cette force pourrait mobiliser entre 200 à 400 militaires européens, dès janvier 2013, selon l’AFP.

 

Une relance de l’Europe de la Défense ?

 

Mais l’enjeu dépasse la région du Sahel car Jean-Yves Le Drian voit dans cette opération une occasion de relancer l’Europe de la Défense. « Une arlésienne depuis une quinzaine d’années » qui a sombré aux yeux du ministre dans le "déclaratoire" et qui n’a pas permis l’affirmation de l’Europe dans ce domaine. Cette relance « nécessaire », le ministre souhaite la faire de façon pragmatique, « par l’action », surtout après l’échec de la fusion dans le domaine industriel entre EADS et British Aerospace.

 

Ainsi plutôt que de lancer l’idée de la constitution d’un grand quartier général pour la Défense européenne à Bruxelles, une proposition que refusent les Britanniques, le ministre a suggéré la création de centres de commandement « provisoires ». Ainsi le commandement de l’opération Atalanta au large des côtes de la Somalie est actuellement britannique. Pour la région du Sahel, a-t-il dit, on peut décider d’un commandement opérationnel différent. Ou encore les pays européens dans le domaine des capacités pourraient unir leurs efforts pour régler la question du ravitaillement en vol, un problème qui s’est posé lors de l’opération l’année dernière en Libye.

 

Faut-il aussi pour l’Europe une capacité commune en matière de drones ou de satellite ?, s’est demandé le ministre. En tout cas, la relation privilégié entre la France et la Grande Bretagne en matière de défense depuis les accords de Lancaster, signés par Nicolas Sarkozy et repris par François Hollande, n’est pas exclusive des autres pays européens. Là aussi, a-t-il ajouté, il s’agit avec l’Allemagne et la Pologne qui ont « mal vécu » cette relation bilatérale, d’avancer de façon pragmatique.

 

La réunion du triangle de Weimar élargi devrait ainsi adopter un texte engageant les cinq pays européens à affirmer leur volonté commune de faire avancer l’Europe de la Défense par l’action, par le pragmatisme.

 

« Si l’Europe ne veut pas être victime, consentante ou non d’un déclassement stratégique, elle doit agir, et le plus tôt est le mieux ».

 

Mais on peut se demander si cela sera suffisant faute d’une véritable volonté politique commune des 27 pays européens. A moins que les réductions budgétaires qui touchent aussi la Défense, les obligent à mettre en commun plus de capacités. Mais l’échec de la fusion Eads/British Aerospace n’est pas de bon augure.

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 18:20

http://fr.dcnsgroup.com/wp-content/uploads/2012/10/Autodfense-Anti-arienne@DCNS-300x164.png

source dcnsgroup.com

 

November 9, 2012: Strategy Page

 

France is now developing SAMs (surface to air missiles) systems for submerged diesel-electric submarines under attack by helicopters or fixed wing aircraft. One system uses a periscope-like device that pushes a missile launcher above the water where one or more Mistral (similar to the U.S. Stinger) missiles are fired at any nearby helicopters or low flying aircraft. A second system launches a larger Mica missile via a torpedo-like device. While Mistral has a max range of six kilometers, the Mica (normally carried by jet fighters) has a range of up to 80 kilometers.

 

The French are pretty confident these systems will work, as similar weapons have been developed and built (but never actually used) before. For example, four years ago Germany successfully tested IDAS (Interactive Defense and Attack system for Submarines) by launching an anti-aircraft missile from a submerged submarine (U-33, a Type 212 equipped with Air Independent Propulsion). IDAS is still in development and not expected to enter service for at least two more years.

 

The IDAS anti-aircraft missile is 2.45 meters (7.6 feet) long, 180mm in diameter, and weighs 118 kg (260 pounds). It has a 13.2 kg (29 pound) warhead and a range of at least 15 kilometers. The main targets will be ASW (Anti-Submarine) helicopters and low flying ASW aircraft. Two IDAS missiles fit into a metal frame that in turn fits into a torpedo tube. The IDAS missiles take about a minute to reach the surface, ignite its rocket motor, spot any target within range, and go after it. If the IDAS misses, the air bubble from the torpedo tube launch of the missile will reach the surface, indicating where the sub is. At that point the helicopter or aircraft can drop a torpedo. The sub has countermeasures for these torpedoes but these devices are not guaranteed to work every time, or against every type of torpedo (some are better at detecting, and getting around, countermeasures).

 

The sub commander would use IDAS if he calculated that a helicopter was likely to spot him with active sonar sonobouys or dipping sonar. IDAS can also be aimed at a surface ship (as in the bridge or a helicopter sitting on the platform at the rear of the ship. This is done using the fiber optic link, which can be used to designate a target. Otherwise, the missile uses its heat seeking sensor.

 

Even when missile systems like this are available for use, it's uncertain if any navy will buy them. The concept of anti-aircraft missiles for subs is several decades old and never actually used. But it's possible, so new models keep showing up.

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 17:55

http://www.safran-group.com/IMG/png/Tel.png

 

Paris, le 6 novembre 2012 Safran

 

Safran a lancé une opération de communication décalée et créative pour sensibiliser l’ensemble de ses collaborateurs à la protection de l’information autour du slogan : « Nos idées nous font vivre, protégeons les ». Un enjeu devenu clé pour le Groupe particulièrement investi en Recherche & Développement et dont le développement et la compétition à l’international vont croissant.

 

Initiée par la Direction de la Sûreté et la Direction de la Communication du Groupe, cette campagne a été réalisée par l’agence Free-Lance. Elle se décline dans 6 langues et a vocation à sensibiliser de manière ludique les 60 000 collaborateurs du Groupe à l’importance de la protection de l’expertise et des données de Safran.

 

Depuis le 30 septembre 2012, 210 établissements du Groupe dans 32 pays ont reçu des visuels de communication (affiches et fonds d’écran) invitant les salariés à parler discrètement au téléphone, détruire les documents internes au broyeur, garder un œil sur leur ordinateur, effacer les tableaux blancs des salles de réunion…etc.

 

Une série de trois séquences vidéo diffusées sur l’intranet du Groupe sont venues compléter le dispositif. Elles mettent en scène des salariés tentant de deviner les bonnes pratiques à adopter au quotidien en jouant au Pictionary, Taboo et jeu de mimes. Pour Safran, ces jeux, qui sont connus dans tous les pays et dans toutes les langues, ont permis de sensibiliser l’ensemble des collaborateurs du Groupe tout en adoptant un ton décalé et non anxiogène.

 

« Cette campagne a pour objectif de convaincre les salariés que les comportements à adopter pour assurer la sécurité de l’information sont simples à mettre en œuvre. Avec le slogan : « Nos idées nous font vivre, protégeons les », nous avons souhaité que chaque salarié se sente concerné par cette campagne. Un pari réussi, suite aux très bons échos que nous avons reçus du monde entier, » a déclaré Michel Pages, Directeur de la Sûreté du groupe Safran.

 

Retrouvez les films de la campagne

 

***

 

Safran est un groupe international de haute technologie, équipementier de premier rang dans les domaines Aérospatial (propulsion, équipements), Défense et Sécurité. Implanté sur tous les continents, le Groupe emploie près de 60 000 personnes pour un chiffre d’affaires de 11,7 milliards d’euros en 2011. Composé de nombreuses sociétés, le groupe Safran occupe, seul ou en partenariat, des positions de premier plan mondial ou européen sur ses marchés. Pour répondre à l’évolution des marchés, le Groupe s’engage dans des programmes de recherche et développement qui ont représenté en 2011 un investissement de 1,3 milliard d’euros. Safran est une société cotée sur NYSE Euronext Paris et fait partie de l’indice CAC 40.

 

Pour plus d’informations, www.safran-group.com Suivez @SAFRAN sur Twitter

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 17:50

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/32/GBC_8KT_003.JPG

 

08.11.2012 par Frédéric Lert (FOB)

 

Paul Berliet, dernier dirigeant de la marque de camions qui portait son nom, est décédé le 7 juillet dernier, salué par l’indifférence des médias nationaux. L’auteur de ce blog ne l’aura appris que très récemment. Honte à lui. Avec la disparition de Paul Berliet, c’est une des dernières pages glorieuses de l’industrie automobile française qui se tourne…

 

Pour plusieurs générations de militaires français, Berliet rime avec GBC, lui-même appartenant à la famille prolifique du Berliet GLR : 70.000 exemplaires construits entre 1950 et 1977. Le GBC 8 Gazelle 6×6 fut pour sa part lancé en mai 1959. Il servit de base au GBC 8KT à cabine décapotable, qui bénéficia à son tour d’un programme de reconstruction au début des années 90.

 

Paul Berliet était né le 5 octobre 1918. Après ses études secondaires, il rejoignit l’entreprise familiale créée en 1901 par son père Marius. Il occupa différents postes dans les ateliers, en commençant par les plus humbles, avant de prendre progressivement des responsabilités. Mobilisé en 1939 dans le 199ème bataillon de chasseurs de haute montagne, démobilisé à l’Armistice, il rejoint ensuite l’usine dont il est nommé directeur général des fabrications en 1942. En septembre 1944, après la Libération, les usines Berliet deviennent un enjeu politique et Marius Berliet ainsi que ses enfants en sont dépossédés. Commence alors une tentative de gestion ouvrière surnommée « L’expérience Berliet ». L’expérience fait long feu et, en 1949, l’entreprise est rendue à ses propriétaires légitimes.

 

Paul Berliet en devient directeur général adjoint en 1950. Les importants besoins en camions des « trente glorieuses » font de Berliet une marque très prospère. La production passe de 17 véhicules/jour en 1950 à plus 140 véhicules/jour en 1974. Dans le même temps, les effectifs sont multipliés par trois. Entretemps, en 1962, Paul Berliet a accédé à la présidence de la société. Berliet est toutefois racheté par Michelin, qui possède déjà Citroën, en 1967. A l’instigation des pouvoirs publics, il passe en 1974 dans le giron de la Régie Renault en 1974 qui possède quant à elle Saviem. Le mariage des deux marques de poids lourds donne naissance à Renault Véhicules Industriels. Les noms commerciaux de Saviem et Berliet disparaissent définitivement des calandres en 1980, au profit de RVI, qui deviendra par la suite Renault Trucks Defense.

 

Quelques jours après Paul Berliet disparaissait Paul Ricard, un autre grand entrepreneur français. La nature de ses productions déclencha un intérêt plus marqué dans les médias. On se demande bien pourquoi…

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 17:35

vue-d-artiste-du-sna-barracuda-credit-marine-nationale

 

08/11/2012 DCNS

 

Conformément à la Convention de partenariat Défense signée par DCNS et la Marine nationale, DCNS a accueilli trois Officiers Mariniers Supérieurs au sein des équipes du programme  Barracuda (futur sous-marins nucléaires d’attaque).

 

Le responsable Navire Armé Barracuda les a accueillis en présence du représentant de l’officier de programme Barracuda. Ces trois sous-mariniers professionnels, expérimentés et opérationnels, ont très récemment débarqué d’un sous-marin nucléaire d’attaque et sont actuellement actifs au sein des équipes DCNS du centre de Nantes-Indret.

 

Cette convention de partenariat signée en juillet dernier par le Directeur du Personnel Militaire de la Marine (DPMM) et le Directeur Ressources Humaines de DCNS, en présence du Directeur de Programme Barracuda,  prévoit l’affection temporaire de personnels Marine au sein des équipes du programme Barracuda.

 

Ce partenariat permet à DCNS et à la Marine nationale de joindre leurs savoir-faire maritime, opérationnel et technique pour anticiper et mettre en œuvre les systèmes embarqués à bord d’un sous-marin.

 

L’intégration de ces marins mis à disposition est suivie par un comité de pilotage mixte Marine nationale / DCNS dont le premier point s’est tenu en Octobre, montre le bon fonctionnement du dispositif. En outre la Marine nationale et DCNS se sont entendus pour confirmer et amplifier la mise à disposition de ressources en 2013 et 2014, au rythme prévu par la convention.

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 17:30

SNA-Tourville.jpg

SSN Tourville – photo DCNS

 

9 November 2012 naval-technology.com

 

The first pressure hull ring of the French Navy's third Barracuda-type nuclear-powered attack submarine, SSN Tourville, has been completed at DCNS's Cherbourg centre, France, one month ahead of schedule.

 

Completion of the ring marks a step forward in the Barracuda submarine programme, with three vessels currently at various stages of construction.

 

Twenty one steel rings comprise the pressure hull of a Barracuda submarine, with the rings 3m-long and 9m in diameter.

 

The first hull ring forms part of the aft has been designed to store the vessel's powerplant.

 

The French Délégation Générale pour l'Armement (DGA) had placed an order with DCNS and Areva-TA in December 2006 for development and construction of six Barracuda-class submarines.

 

Construction contracts for the first, second and third submarines of the class, SSN Suffren, SSN Duguay-Trouin and SSN Tourville, were awarded to the team in 2006, 2009 and 2011 respectively.

 

Capable of accommodating a crew of 60, the 85m-long submarines have a surface displacement capacity of 4,100t, a diving depth of more than 350m and can cruise at a speed of 25k.

 

Barracuda-class submarines will provide intelligence gathering and special operations capabilities, as well as anti-surface and anti-submarine warfare, land strikes capabilities using stealthy long-range cruise missiles.

 

Armed with next-generation F21 heavyweight torpedoes, as well as SM39 anti-ship and MdCN naval cruise missiles, the submarines will feature système de combat pour Barracuda et SSBN (SYCOBS) battle management system and a communications suite.

 

The six vessels are scheduled to be delivered to the French Navy between 2017 and 2027 to replace four SSN Rubis submarines and two SSN Amethyste-class submarines.

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 18:51

http://www.electroniques.biz/photos/418240.jpg

 

07/11/2012 Jacques Marouani, ElectroniqueS

 

Les principaux critères de sélection seront les suivants : contenu technologique innovant et qualité du partenariat ; développement de produits ou services présentant des perspectives de marché crédibles ; retombées en termes d’activité économique.

 

L’Etat vient d'annoncer le lancement du 15è appel à projets de R&D collaboratifs présentés par les pôles de compétitivité. Comme pour les précédents appels, les projets retenus seront soutenus à travers le Fonds unique interministériel (FUI) dédié aux pôles de compétitivité, en partenariat avec les collectivités territoriales qui co-financent les projets.

 

Depuis leur mise en place en 2005, les appels à projets des pôles ont permis de soutenir 1 173 projets de R&D collaboratifs, représentant un montant de dépenses de R&D de 5 milliards d’euros et un financement public de 2,2 milliards d'euros, dont 1,3 milliard d’euros apportés par l’État.

 

Les ministères concourant à la politique des pôles de compétitivité procéderont à une sélection des meilleurs dossiers déposés à ce 15è appel à projets, notamment en application des critères suivants : contenu technologique fortement innovant et qualité du partenariat entre les acteurs du projet ; développement de nouveaux produits ou services présentant des perspectives de marché crédibles et significatives ; retombées en termes d’activité économique et d’emplois.

 

Les dossiers sont à déposer en ligne, au plus tard le 30 novembre 2012 à 12 heures sur l’extranet dédié et sécurisé, accessible également via le site internet www.competitivite.gouv.fr. Le cahier des charges de l’appel à projets est en ligne sur les sites [url=http://www.competitivite.gouv.fr[/url] et www.industrie.gouv.fr.

 

La liste des projets sélectionnés sera publiée début mars 2013. Les aides accordées seront gérées par Oséo.

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 17:50

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/air/actualites/images-2012/images-octobre-2012/un-helicoptere-fennec-du-3-67-parisis/2056568-1-fre-FR/un-helicoptere-fennec-du-3-67-parisis.jpg

Un hélicoptère Fennec du 3/67 «Parisis»

 

06/11/2012 Armée de l'air

 

Mercredi 31 octobre 2012, un Fennec de l’escadron d’hélicoptères 3/67 «Parisis», stationné sur la base aérienne 107 de Villacoublay, a réalisé une interception en vol.

 

Le survol d’un ULM dans une zone interdite, située entre le Havre et Rouen, a été signalé par le centre national des opérations aériennes. Assurant la permanence opérationnelle, l'escadron 3/67 «Parisis» est sollicité pour intervenir. En moins de cinq minutes, le Fennec décolle avec à son bord, le pilote, le co-pilote et les deux tireurs d’élite d’alerte ce jour-là. Rapidement, l’hélicoptère de l’armée de l’air rejoint l’ULM. Réalisant les procédures de contrôle, l’équipage du Fennec ordonne finalement au pilote civil de se poser. L’avion léger est arraisonné sur le terrain de Chavenay (Yvelines) où la gendarmerie a procédé à une mesure Polair («police de l’air» - un contrôle d’identité) à la suite de cette infraction.

 

Dans l'armée de l'air, deux aéronefs complémentaires et réactifs assurent la permanence opérationnelle : l’hélicoptère et l’avion de chasse. Leurs équipages ont réalisé environ 140 décollages sur alerte réelle en 2011.

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 13:00

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/air/actualites/images-2012/images-octobre-2012/systeme-sol-air-moyenne-portee-samp/2059337-1-fre-FR/systeme-sol-air-moyenne-portee-samp.jpg

Système sol-air moyenne portée (SAMP)

 

08/11/2012 Armée de l'air

 

Du 5 au 9 novembre 2012, une campagne de guerre électronique se déroule dans le nord-est de la France. Cet exercice, interallié et interarmées, est organisé conjointement par le commandement des forces aériennes (CFA) et la brigade aérienne «Connaissance - Anticipation» du commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA).

 

Afin d’offrir un environnement tactique très réaliste, d’importants moyens ont été engagés. Le centre de coordination du polygone de guerre électronique tripartite (Allemagne, États-Unis, France), basé à Bann-Ramstein en Allemagne et à Chenevières, Grostenquin et Epinal en France, s’appuie sur ses propres moyens : un système sol-air Roland et des systèmes de simulation générant des menaces identiques à celles de systèmes étrangers. Des systèmes sol-air de moyenne-portée (SAMP) Mamba de l’escadron de défense sol-air « Servance » de la base aérienne 116 de Luxeuil et deux Crotale NG de l’escadron de défense sol-air « Barrois » de Saint-Dizier sont également déployés.

 

Au cours de cette semaine, ces spécialistes de Luxeuil et Saint-Dizier affronteront les menaces aériennes simulées des aéronefs participants. Côté français, ils subiront les attaques de Mirage 2000D, de F1-CR et des hélicoptères  de l’aviation légère de l’armée de terre (ALAT). Côté alliés, ce sont des F-16C/D et des Tornado IDS d’escadrons allemands, américains et belges qui participeront.

 

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/air/actualites/images-2012/images-octobre-2012/crotale-ng/2059332-1-fre-FR/crotale-ng.jpg

Crotale NG

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 12:55

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07/11/2012 Armée de l'air

 

Du 22 au 26 octobre 2012, la base aérienne 123 (BA 123) d’Orléans a vécu au rythme discret des forces spéciales en accueillant l’exercice Cobalt.

 

Cette nouvelle édition de l’exercice Cobalt, conduit par le bureau des forces spéciales (BFS) du commandement des forces aériennes (CFA), a réuni l’escadron de transport 3/61 «Poitou» d’Orléans, le 4e régiment d’hélicoptères de forces spéciales de l’armée de terre, des opérateurs du commando parachutiste de l’air n°10 et du 1errégiment parachutiste d’infanterie de marine. Exercice à dominante aérienne, Cobalt est organisé successivement par chacune des composantes (terre, air et marine) des forces spéciales. Pour la troisième et dernière édition de cette année 2012, il revenait à la composante «Air», la charge de l’organisation de l’exercice.

 

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/air/actualites/images-2012/images-octobre-2012/commandos-des-forces-speciales/2058213-1-fre-FR/commandos-des-forces-speciales.jpg

 

«Il est probable qu’au sein de la base même d’Orléans, le personnel ne se soit pas aperçu du déroulement de l’exercice», a confié le colonel Jean-Marie Charpentier, chef du BFS. Et de conclure : «Il n’en demeure pas moins que tous les objectifs d’entraînement ont été atteints, et que la disponibilité et les services de la BA 123 ont pleinement contribué à la réussite de l’exercice.»

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 12:45

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/terre/terre-images/images-articles/exercice-centac/2061893-1-fre-FR/exercice-centac.jpg

 

Plus d'une centaine de véhicules a été acheminée par train pour l'exercice CENTAC qui s'est déroulé à Mailly-le-camp du 15 au 26 octobre 2012. - Crédits : N.Rousseau/31e RG

 

09/11/2012 Armée de Terre

 

Du 15 au 26 octobre 2012, la 3e brigade mécanisée (BM) a participé à un exercice de haute intensité au Centac de Mailly-le-Camp qui avait pour but d’entraîner et d’évaluer trois sous-groupements tactiques interarmes (SGTIA) dans le contexte de l’alerte Guépard de la brigade, effective depuis le 29 septembre dernier.

 

500 combattants des unités Guépard de la brigade Monsabert se sont retrouvés sur le terrain pour un exercice à Mailly-le-Camp où se trouve le centre d’entraînement tactique.

 

Le but de l’exercice était de mettre les militaires en situation réelle afin d’utiliser l’ensemble des moyens de la brigade. De jour comme de nuit, ils ont dû faire face aux pannes des engins et assurer le ravitaillement. Le 1er RIMa, corps pilote de l’exercice, a fourni l’état-major tactique (EMT) et le SGTIA. De son côté, le 126e RI a déployé deux SGTIA à dominante infanterie. La 2e compagnie de combat du 31eRG et le DLOC (détachement de liaison, d’observation et de coordination) du 68eRAA étaient aussi au rendez-vous.

 

La brigade a également du faire face au manque de véhicules du parc entraînement. Pour cela, elle a fait acheminer en train plus d’une centaine de véhicules des divers régiments de la brigade provenant d’Angoulême, de Castelsarrasin et de Brive. Le lieutenant Bénézech du 31e RG et les 40 sapeurs ont par exemple chargé entre autres trois VAB, un char de dépannage AMX30D, cinq PVP…  « Un tel chargement est très rare », précise le lieutenant-colonel Le Gal, chef de corps du 31e.

 

Que ce soit par la présence de fantassins, de blindés, de compagnies en VAB ou à pied, l’exercice a mobilisé tous les acteurs d’une action de combat. Cette complémentarité a permis aux unités de repousser l’ennemi, la FORAD, grâce à une posture agressive donnant lieu à un beau combat.

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 12:00

http://www.aerobuzz.fr/local/cache-vignettes/L500xH359/NHI_livraison_NH90_ALAT-7dccc.jpg

 

11 novembre Aerobuzz

 

L’ALAT a pris livraison le 9 novembre de son troisième hélicoptère de transport tactique NH90 Caiman.

 

Le nouvel NH-90 Caiman réceptionné, le 9 novembre 2012 par l’ALAT (Armée de Terre) piloté par le Cdt Bellot, le Lt Destaminil et l’ADC Gauci sera basé au Canet des Maures au CFIA. Il sera utilisé pour l’instruction en vol des équipages de l’ALAT lors de vols tactiques de jour comme de nuit. Cette livraison sera suivie dans les jours qui viennent d’autres exemplaires.

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 09:10

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07/11/2012 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Grandeur et décadence des armées françaises... Mercredi après-midi débute l'examen en séance des crédits de la mission Défense du projet de loi de finances (PLF) pour l'année 2013. Le PLF devrait en principe être voté le 20 novembre. En trois volets, voici les principales déclarations à l'occasion de leur audition à la commission de la défense de l'assemblée nationale du chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud, puis des chefs d'état-major terre, air, marine et enfin du délégué général pour l'armement.

 

Après un premier volet sur les déclarations d'Edouard Guillaud, chef d'état-major des armées puis un deuxième volet sur les les principaux points évoqués par le chef d'état-major de l'armée de terre, Bertrand Ract-Madoux, le chef d'état-major de l'armée de l'air, Denis Mercier, et, le chef d'état-major de la marine, Bernard Rogel, voici les principaux propos tenus par le délégué général pour l'armement, Laurent Collet-Billon, lors de son audition à la commission de la défense de l'assemblée nationale au mois d'octobre :

 

• Sur le budget 2012

"L'été 2012 a été consacré à préparer la transition vers la nouvelle loi de programmation militaire (LPM) tout en essayant de préserver la marge de manoeuvre la plus grande possible dans un cadre budgétaire contraint. Tous nous participons, à des titres divers, à la définition des orientations stratégiques de la défense dans le cadre des travaux engagés par la Commission du Livre Blanc, qui précédera la nouvelle LPM. En application des mesures arrêtées en 2012, le niveau d'engagement du programme 146 Équipement des forces de la mission Défense a été ramené à quelque 7,3 milliards d'euros en fin d'année au lieu des 10,2 milliards prévus".

"Les besoins de paiement du programme 146, hors titre 2, sont estimés pour 2012 à 11,6 milliards d'euros pour des ressources envisagées à hauteur de 9,8 milliards, en escomptant la levée des 480 millions d'euros de réserves et en incluant 936 millions de ressources extra-budgétaires issues de la vente de fréquence. Le report de charge s'élèvera donc à la fin de l'année à 1,7 milliard, soit environ deux mois de paiement, en supposant la levée de la réserve réglementaire. Chacun peut donc noter l'aggravation du report de charge de quelque 200 millions d'euros par rapport à la fin de 2011(...) La situation budgétaire se tend donc un peu plus à la fin de l'année 2012. C'était prévisible".

"Le niveau d'engagement des études amont a été préservé en 2012 à hauteur de 720 millions d'euros, dont 53 millions pour le dispositif RAPID et le soutien aux pôles de compétitivité, en faveur des PME dans le cadre du soutien à l'innovation. Les besoins de paiement pour les études amont sont estimés à 756 millions d'euros, ce qui correspondrait à un solde de gestion de l'ordre de 85 millions d'euros dans l'hypothèse de la levée des 40 millions de réserves".

 

• Sur le projet de budget 2013

"Le budget pour 2013 est un budget de transition, qui s'inscrit dans l'attente des orientations du Livre blanc et de la nouvelle LPM. À l'instar de l'ensemble de la mission Défense, le budget de l'équipement des forces est stabilisé en valeur, grâce à des recettes extrabudgétaires, de l'ordre du milliard, qui proviennent de la vente de fréquences à des opérateurs de télécommunications. Ces recettes seront toutefois épuisées à la fin de 2013 et il n'y a aucune perspective de vente de fréquences supplémentaires. Cette stabilisation marque une inflexion dans la trajectoire budgétaire des opérations d'armement, qui s'écarte désormais nettement de la référence de la précédente LPM. L'absence de recettes extrabudgétaires conjuguée à la montée en puissance de l'agrégat nucléaire, dans la perspective du renouvellement des composantes de la dissuasion à l'horizon 2030, peut conduire à des restrictions dans les programmes dits à effets majeurs, c'est-à-dire les programmes classiques".

"Le contrat (avec Dassault Aviation, ndlr) stipule la livraison annuelle de onze Rafale. C'est la cadence minimale fixée au regard de la continuité industrielle et de la capacité des fournisseurs de Dassault à produire les équipements nécessaires. Si elle se produit, l'exportation du Rafale permettra d'alléger la charge à partir de 2017".

 

• Sur les consolidations industrielles

"Le rapprochement entre Safran et Thales reposait sur la volonté de ne financer qu'une seule source de technologie en matière d'optronique, les deux sociétés présentant des gammes complémentaires tout en étant parfois en concurrence frontale. La situation s'est crispée autour des savoir-faire de certains établissements des deux sociétés. Je ne crois pas que ce rapprochement aurait livré la direction du nouveau groupe à des financiers, compte tenu de la persistance d'une très forte mentalité ingénieur dans les deux sociétés : les ingénieurs continuent d'avoir la primauté à Safran comme à Thales. De plus, en cas de rapprochement entre EADS et BAE, il conviendrait également de s'interroger sur l'avenir des différents champions de notre industrie de défense : Thales, Nexter, DCNS, Safran. Les partenariats possibles en Europe sont peu nombreux (...). À mes yeux, l'État, actionnaire ou non, doit avoir la capacité d'intervenir au sein des sociétés de défense sur les orientations et les ventes d'avoirs stratégiques. Cette capacité entre dans le cadre des actions spécifiques, dont certaines ont été mises en place lors des privatisations de sociétés de défense - c'est le cas de Thales. La France possède également une action spécifique au sein d'EADS. C'est l'outil absolu, alors que l'État actionnaire est trop souvent un État qui met trop de temps à prendre ses décisions".

 

• Sur l'exportation

"Les perspectives à l'exportation sont maussades. Nous n'atteindrons pas le chiffre de l'an dernier non seulement parce que le marché se rétrécit mais également du fait que les Américains, qui préparent avec beaucoup d'activisme le repli de leur budget de la défense, sont présents sur tous les marchés, notamment en Asie".

 

• Sur les relations franco-britanniques dans la défense

"L'accord franco-britannique de Lancaster House a permis de lancer différents programmes : systèmes antimines, évaluation du Watchkeeper, première phase des études relatives aux drones de combat, réflexion sur la création potentielle de centres de compétences uniques pour la société MBDA, études amont communes pour plus de 50 millions d'euros par an par pays -, défrichement de nouveaux champs éventuels de coopération... Nous avons également passé en revue tous les programmes de missiles futurs, dont l'ANL Anti-navire léger, ndlr) ou des missiles air-sol en vue de remplacer par un missile entièrement européen les Hellfire, dont sont actuellement dotés nos hélicoptères Tigre et qui pourraient également doter nos futurs drones. L'évolution des rapports franco-britanniques est réaliste et pragmatique. On ne sent aucun coup de froid. Les Britanniques sont dans une phase attentiste au regard de nos choix budgétaires".

 

• Sur les drones

"S'agissant des drones, le ministre de la défense ne manquera pas de faire connaître ses options en matière de drones MALE. Si nous voulons doter nos forces très rapidement de moyens opérationnels, la seule source, ce sont les États-Unis, avec tous les inconvénients que vous avez mentionnés en matière de maîtrise des logiciels et de certains capteurs. C'est pourquoi nous travaillons sur la possibilité de distinguer la chaîne de pilotage de la chaîne de mission, de manière à doter ces drones de capteurs ou d'armements européens. Nous avons entamé à cette fin des discussions informelles avec l'industriel américain General Atomics, qui ne produit ni les capteurs ni les armements. Toutefois, la période électorale aux États-Unis ne favorise pas un aboutissement immédiat de cette démarche. Le Royaume-Uni et l'Italie possèdent déjà des drones de General Atomics. L'Allemagne a déposé en janvier 2012 une demande de FMS - Foreign Military Sale - pour l'acquisition de Predator. L'Allemagne et la France ont du reste engagé une réflexion, en cohérence avec nos travaux avec le Royaume-Uni, sur la possibilité d'entreprendre en commun une démarche d'européanisation des équipements et, progressivement, du drone. À plus long terme, c'est-à-dire au-delà de 2020, le calendrier dépendra de nos capacités budgétaires et des priorités que nous aurons définies. Les crédits dépensés dans le cadre du programme Talarion se sont élevés à quelque 30 millions d'euros. L'opération a été arrêtée parce qu'elle conduisait à un objet trop volumineux qui ne correspondait pas aux besoins de l'armée française. La première partie du travail sur Talarion portait sur la création d'un porteur. Or cette opération, qui aurait été intégralement réalisée en Allemagne, nous aurait conduits jusqu'en 2017. Se posait aussi la question de la participation de notre industrie à la réalisation des capteurs. Nous n'avons donc pas poursuivi cette opération. Cela n'a d'ailleurs laissé aucune séquelle dans les relations entre l'Allemagne et la France".

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 09:05

Mindef

 

07/11/2012 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Grandeur et décadence des armées françaises... Mercredi après-midi débute l'examen en séance des crédits de la mission Défense du projet de loi de finances (PLF) pour l'année 2013. Le PLF devrait en principe être voté le 20 novembre. En trois volets, voici les principales déclarations à l'occasion de leur audition à la commission de la défense de l'assemblée nationale du chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud, puis des chefs d'état-major terre, air, marine et enfin du délégué général pour l'armement.

 

Après un premier volet sur les déclarations d'Edouard Guillaud, chef d'état-major des armées, voici dans ce deuxième volet les principaux points évoqués par le chef d'état-major de l'armée de terre, Bertrand Ract-Madoux, le chef d'état-major de l'armée de l'air, Denis Mercier, et, le chef d'état-major de la marine, Bernard Rogel, lors de leur audition devant la commission de la défense de l'assemblée nationale au mois d'octobre :

 

Le chef d'état-major de l'armée de terre, Bertrand Ract-Madoux

 

"J'ai pu constater que ce budget avait été, à juste titre, qualifié de budget d'attente ou de transition par le ministre de la défense et le chef d'état-major des armées. Cette attente ne sera pas sans conséquence pour une armée de terre qui représente, comme j'ai coutume de le dire, 20% du programme 146, 20% de la préparation opérationnelle hors titre 2 (personnel) des armées et 20% de l'entretien programmé des matériels (EPM) des armées. Or dans ce processus de recherche d'économies de court terme, elle supportera, en 2013, une grande part des efforts du ministère. L'armée de terre supportera ces efforts, tout d'abord, dans le domaine des équipements dans la mesure où, sur les années 2012 et 2013, l'armée de terre devra contribuer à hauteur d'environ 40% du total des reports ou annulations en autorisations d'engagement ainsi que des crédits de paiement. Cet effort apparaît encore plus disproportionné pour la seule année 2013, avec une part dans la réduction des engagements estimée à 76%. Cela s'explique par ses nombreux petits programmes particulièrement propices aux économies de court terme et par le fait que plusieurs programmes majeurs tels SCORPION et le porteur polyvalent terrestre (PPT), n'ayant pas encore été notifiés, pouvaient donc être décalés".

 

"Les conséquences immédiates en seront notamment le décalage à l'été 2013 de la notification des travaux complémentaires d'architecture pour le programme SCORPION. Si cette mesure qui affecte le programme majeur de l'armée de terre est surtout emblématique, d'autres auront des conséquences capacitaires plus importantes telles que l'impossibilité de projeter plus de 4 hélicoptères Caïman (NH90, ndlr) jusqu'à fin 2016 ou la rupture capacitaire sur le segment des porteurs logistiques terrestres à partir de 2015".

"L'armée de terre supportera également une part importante des efforts du ministère dans le domaine des effectifs. Sa contribution ira ainsi au-delà de l'objectif fixé par la loi de programmation militaire (environ 2700 postes en 2013) en raison d'une accentuation de la pente de déflation, consécutive aux décisions contenues dans la lettre plafond de cet été".

 

"Récemment pointée du doigt sur les questions de masse salariale et d'avancement, souvent à tort, l'armée de terre saura, enfin, prendre les mesures qui s'imposeront pour maîtriser sa masse salariale. Mais il va sans dire que les révélations de l'été 2012, par médias interposés, ont été un choc. J'étais d'ailleurs lundi avec les représentants des officiers de l'ensemble des régiments réunis en séminaire. Ce sujet d'inquiétude était sur toutes les lèvres. Il dépasse bien évidemment la seule catégorie des officiers car la restriction de l'avancement, dont je rappelle qu'il se fait presque essentiellement «au choix», c'est-à-dire au mérite, aura un impact sur «l'escalier social» qui est la force des armées et qui permet, à chacun, selon ses capacités, d'accéder à des responsabilités supérieures. Je vous rappellerai ainsi que 70% des sous-officiers sont issus des militaires du rang et que 70% des officiers ne sortent pas directement des écoles de Coëtquidan".

 

"Il y a derrière mes propos l'inquiétude de voir la cohérence d'un outil efficace et aguerri, affaiblie par des mesures budgétaires de court terme et de voir les données budgétaires préempter les débats stratégiques en cours (...). La France possède aujourd'hui avec l'armée de terre un outil remarquable qui, malgré les réformes lourdes, n'a jamais fait défaut pour répondre à ses engagements opérationnels. Mais elle est dans une situation d'équilibre qu'il lui est de plus en plus difficile de préserver. Son format est tout «juste insuffisant», expliquait un récent rapport du Sénat. Il ne faut, en effet, pas oublier qu'en 2009, l'armée de terre, avec le même format, était en situation de «surchauffe» opérationnelle. Je pense donc qu'elle a effectivement atteint un seuil plancher au-dessous duquel elle ne pourra descendre sans renoncements capacitaires, renoncements qui lui feront perdre sa cohérence et son efficacité et pourrait affecter l'image de la France. Car c'est bien avec le volume de la force terrestre projetable (aujourd'hui 73.000 hommes) que doivent se raisonner les contrats opérationnels et non avec les effectifs de l'armée de terre au sens large (135.000 militaires et civils)".

 

"Je vous ai dressé, pour reprendre l'expression du chef d'état-major des armées, un panorama de l'armée de terre parfois sombre mais sans concession. Je ne peux vous cacher, non plus, que l'adhésion aux réformes s'érode sensiblement. En l'absence de perspective d'améliorations rapides, la lassitude commence à gagner les esprits".

"Toutes les difficultés de l'armée de terre ont une seule origine: la lente et immuable érosion du budget de la défense. Les intentions du Livre blanc de 2008 étaient pourtant bonnes, puisque l'effort a porté sur les équipements et nous sommes très heureux de ceux que nous avons reçus. Mais nous n'avons plus aujourd'hui les moyens suffisants pour les faire fonctionner, compte tenu de la réduction des crédits consacrés au fonctionnement, à l'entretien du matériel et la contraction de la masse salariale. Nous avons par exemple perdu, sur quatre ans, une année complète de crédits d'entretien programmé du matériel pour nos hélicoptères. Pour les autres équipements, nous avons perdu une part significative du budget. Dans le même temps, près de 4000 postes de maintenanciers ou mécaniciens ont été supprimés. Le Livre Blanc de 2008 nous avait été présenté comme la perspective d'une armée plus petite mais avec plus de moyens. Ce n'est en réalité pas le cas. Nous sommes aujourd'hui encore capables d'assurer les contrats opérationnels de 2008 mais plus de les soutenir dans la durée".

 

"Je n'ai pas parlé de rupture mais de risques de rupture capacitaire sur certains équipements. C'est notamment le cas pour les véhicules légers tout-terrain P4, les hélicoptères, les camions logistiques. Ces programmes sont souvent victimes de leur taille modeste. Nous pouvons déployer 30.000 hommes mais nous ne pouvons pas les faire tenir dans la durée sur le plan des munitions. La réduction des stocks nous interdit de fait la soutenabilité dans la durée. La Libye a affecté certains stocks, avec notamment la consommation de 425 missiles Hot par nos hélicoptères de combat. Il n'y a néanmoins pas de carence car nous disposons de stocks de crise et de guerre. Il faudra également lancer le programme MMP dans le domaine de l'antichar, le remplacement des MILAN étant impératif".

 

Le chef d'état-major de l'armée de l'air, Denis Mercier

 

"La première concerne le maintien de l'activité aérienne pour nos équipages. Elle est essentielle pour garder des compétences, préserver un niveau suffisant de sécurité aérienne et garantir le moral de nos aviateurs. Nous sommes confrontés à la difficulté de contenir les coûts de maintien en condition opérationnelle (MCO). En 2012, l'écart entre les ressources disponibles et les besoins d'entretien programmé des matériels aéronautiques de l'armée de l'air a atteint 300 millions d'euros. Cela se traduit par une pression de plus en plus forte sur la formation et l'entraînement des forces et en conséquence une érosion du capital des savoir faire opérationnels. Malgré les efforts que je salue du ministère sur le domaine, en 2013, le déficit d'activité sera d'environ 20% par rapport au besoin nominal d'entraînement des équipages. C'est acceptable dans un budget d'attente, mais nous approchons d'un seuil qui pourrait devenir critique. Notre cohérence repose sur notre capacité à trouver le bon équilibre entre notre format et les ressources dédiés à l'entretien programmé de nos matériels".

 

"Ma dernière crainte concerne la construction budgétaire. Les trajectoires financières actuellement envisagées nous amènent à court terme sous le seuil des engagements déjà passés. En poursuivant dans cette direction, nous serons amenés à annuler certaines commandes, avec des pénalités à la clé, et nous serons dans l'impossibilité de procéder aux nouvelles acquisitions, celles qui nous permettront de mettre en place des modes de fonctionnement source d'économies. Les drones, les MRTT, qui n'entrent pas encore dans la construction budgétaire, sont en position de vulnérabilité. La phase 2 de la quatrième étape du système de commandement et de conduite des opérations aériennes (SCCOA) n'est pas prévue dans le projet de loi de finances 2013. Ses reports successifs fragilisent notamment nos capacités de détection sur le territoire national".

 

"Le report de nombreux programmes d'équipement, décidés en amont des travaux du projet de loi de finances, pourrait aussi s'avérer préjudiciable à notre capacité opérationnelle. C'est le cas par exemple de ceux liés aux obsolescences du missile Aster30, du pod RECO NG, du simulateur Mirage 2000C, de la mise aux normes civiles des hélicoptères Puma et Fennec, de la rénovation des C130 et de la flotte de Mirage 2000D. Sur ce dernier point, je souligne que le Mirage 2000D au potentiel de vie encore élevé nous permettrait de disposer d'un avion, dont il nous faut déterminer le niveau de rénovation et le format, capable d'effectuer à moindre coût une large gamme de nos missions en complément du Rafale. Il existe un véritable risque de perte de capacités opérationnelles, mais aussi de capacités industrielles nationales dont les conséquences pourraient être irréversibles. Je milite pour l'étude de solutions de court terme qui permettent de conserver la réversibilité nécessaire à la préparation d'un avenir qui pourra être différent de celui d'aujourd'hui. Un avenir qui sera porté par le personnel s'il n'est pas tourné vers une simple diminution des formats mais bien vers un véritable projet".

 

"Aujourd'hui, le volume horaire de formation de nos pilotes est inférieur aux objectifs fixés : 160 heures au lieu de 180 pour les pilotes de chasse - et encore, certains ne volent que 120 heures. Le différentiel est encore plus marqué pour les pilotes d'avions de transport, qui devraient voler 400 heures par an, et qui n'en effectuent en moyenne que 250. Cette situation peut créer un vrai problème de compétences ; c'est d'ailleurs pour cette raison que nous avons demandé et obtenu l'acquisition de huit CASA. Certes, la simulation permet de pallier une partie du problème, mais elle ne remplacera pas le vol".

 

Le chef d'état-major de la marine, Bernard Rogel

 

"La modernisation de notre outil est amorcée. Elle constitue la réponse à une urgence : les réductions, temporaires ou non, de capacité - rappelons que nous avons désarmé 20 bâtiments depuis 2009, et que cela continue - et l'âge de nos outils - près de 40 ans pour la frégate De Grasse, 34 ans en moyenne pour les frégates Georges Leygues, Montalm et Dupleix ou l'aviso lieutenant de vaisseau Le Hénaff - nous placent au bord d'une rupture franche. Seules deux frégates ont été livrées au cours des dix dernières années. Quant aux forces outre-mer, elles auront perdu leur capacité en patrouille et en bâtiments de transport léger (Batral) en 2016 si elles ne sont pas remplacées. Ne resteront plus que 6 frégates de surveillance et deux patrouilleurs pour 10 millions de km2 de zone économique exclusive (ZEE). Il n'est plus possible de retarder le renouvellement de la flotte".

 

"Si la disponibilité des bâtiments est satisfaisante, les crédits prévus ne permettent pas d'atteindre les objectifs de la LPM, avec, pour la flotte de surface notamment, une prévision de réalisation des heures de mer de l'ordre de 12% en dessous de l'objectif de la loi de programmation militaire (LPM) 2009/2014. Par ailleurs, nous sommes contraints d'immobiliser les sous-marins nucléaires d'attaque (SNA) neuf mois avant leur période d'entretien majeur afin de respecter l'enveloppe allouée à leur maintenance. Afin d'optimiser la disponibilité, nous menons aujourd'hui une réforme importante d'organisation sur l'entretien de la flotte, nommée Dispoflotte 2015, pour gagner toutes les marges possibles. Celle de l'aéronautique est quant à elle préoccupante. Elle a conduit à réduire de 9% l'activité au deuxième semestre 2012. C'est la conséquence d'un déficit de financement d'environ 20%. Le risque est, au-delà d'un taux de disponibilité en retrait, d'affaiblir le potentiel des flottes car les stocks de rechange ne sont plus recomplétés. Là encore, toutes les solutions d'optimisation sont recherchées avec la structure intégrée de maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques de la défense (SIMMAD) pour limiter les conséquences des contraintes budgétaires".

 

"Les crédits d'équipements d'accompagnement font l'objet d'une forte contrainte financière, qui pèsera en grande partie sur les munitions, repoussant d'une année la perspective de reconstituer les stocks. 2012 aura déjà été une année de forte réduction en matière de munitions d'infanterie et aéronautiques : cette situation doit être comprise comme une solution transitoire dans l'attente d'une nouvelle LPM, qui permettra par ses arbitrages de lever, ou tout au moins de mieux cibler, les efforts d'économies".

 

"S'agissant des équipements, nous avons besoin de l'ensemble des composantes pour remplir les missions qui nous incombent. Pour prendre une image, votre question équivaut à demander à un bricoleur de choisir, dans la composition de sa caisse à outil, entre le marteau et le tournevis pour intervenir sur une panne qu'il ne connaît pas encore. C'est un choix impossible ! Nous sommes dans une phase de renouvellement urgent, mais qui était prévu dans la loi de programmation militaire (LPM). C'est le cas notamment pour les frégates de premier rang et les patrouilleurs. Encore une fois, si nous ne faisons rien, il ne nous restera plus que 6 frégates de surveillance outre-mer : comme ces patrouilleurs n'étaient pas considérés prioritaires dans le dernier Livre blanc, on a assisté à une réduction temporaire de capacité (RTC), qui nous conduit aujourd'hui à désarmer tous les P 400 - lesquels ne pourront être prolongés - et les Batral, sans les remplacer tout de suite".

 

"Le contexte financier rend les choses difficiles : nous devons réduire la dette, qui est un enjeu majeur, faute de quoi la défense pourrait être la première touchée. La question est de savoir combien de temps va demander l'effort demandé à la défense, ce qui déterminera les réponses capacitaires. Si cet effort dure trois ou quatre ans, on retardera des programmes et on continuera à réaliser des trous capacitaires, mais on pourra garder une dynamique positive avec l'espoir de réinvestir ensuite. S'il devait au contraire prolonger une dizaine d'années, nous serions obligés de faire des choix capacitaires, qui impliqueraient d'établir des priorités entre les missions".

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 09:00

Mindef

 

06/11/2012 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Grandeur et décadence des armées françaises... Mercredi après-midi débute l'examen en séance des crédits de la mission Défense du projet de loi de finances (PLF) pour l'année 2013. Le PLF devrait en principe être voté le 20 novembre. En trois volets, voici les principales déclarations à l'occasion de leur audition à la commission de la défense de l'assemblée nationale du chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud, puis des chefs d'état-major terre, air, marine et enfin du délégué général pour l'armement.

 

Dans ce premier volet, voici les principales déclarations de l'amiral Edouard Guillaud, chef d'état-major des armées, lors de son audition devant la commission de la défense de l'assemblée nationale :

 

• Sur le modèle défini par le Livre blanc de 2008 :

"Le modèle défini par le Livre blanc de 2008 n'est plus soutenable, malgré les efforts que l'État a consentis pour la défense et ceux des armées pour s'optimiser. Depuis 15 ans et la fin de la conscription, l'outil de défense est dimensionné en moyenne à 32 milliards constants en valeur de 2012. Le nouveau budget triennal programme 29 milliards pour 2015, soit quasiment 10% de moins. C'est clairement un changement de portage".

 

• Sur le recul des crédits à la défense cette année :

"En tenant compte des lois de finances rectificatives et du gel de crédits supplémentaires intervenu en juillet, les crédits de 2012 sont désormais en recul de 1,2 milliard par rapport à l'annuité initialement prévue. Conjugué à l'écart cumulé de 1,9 milliard de la fin de 2011 et sans préjuger des conditions de la fin de gestion de 2012, le recul dépassera les 3 milliards à la fin de l'année".

 

• Sur le gel des recrutements et le moral des troupes :

"D'autres risques concernent le domaine des ressources humaines. Les économies décidées imposent de geler le recrutement de 2000 personnes en 2012 et de diminuer de nouveau, en 2013, des mesures catégorielles. Le taux de retour des économies dégagées par les déflations s'établit, selon le ministère, à 33% en 2011 et à 20% en 2012. Selon le projet de loi de finances, il atteindra 30% en 2013, soit beaucoup moins que la norme en vigueur qui est de 50%. Le moral est déjà fragile, je l'ai souligné en juillet. Ce ne sont pas ces mesures qui vont l'améliorer».

 

• Sur le renouvellement des équipements :

"Les économies réalisées sur les équipements représentent 850 millions. Au total, la diminution des engagements atteint 5,5 milliards en 2012 et 2013, dont près de 4,5 pour les seules opérations d'armement, le reste se répartissant entre les petits équipements des armées et l'infrastructure. Sur deux ans, elle représente plus de la moitié d'une annuité du titre V. Ces décalages, qui préservent les choix futurs, impliquent dans l'immédiat des aggravations ou de nouvelles réductions temporaires de capacité, sans parler de la prolongation d'équipements à bout de souffle : les cloisons intérieures de certains avions sont dans un triste état ; dans la coque de certains navires, l'épaisseur du métal n'est plus que d'un centimètre en comptant les couches de peinture ; le châssis de certains blindés montre des faiblesses..."

 

• Sur la capacité à soutenir le rythme de l'effort budgétaire d'ici à 2015 :

"Au résultat, la divergence cumulée entre les ressources prévues aujourd'hui et la programmation initiale atteint 10 milliards pour 2013-2015, soit presque une année de masse salariale du ministère hors pensions ou la totalité du programme des six sous-marins nucléaires d'attaque (SNA) Barracuda. Si l'on prolonge la tendance actuelle, on obtiendra en 2020 un écart de 40 milliards en valeur de 2012, soit 130% du budget total d'une année. Un tel écart n'est pas de l'ordre de l'ajustement. Il nous impose de revisiter nos ambitions. Pour mémoire, l'effort de défense était, aux normes OTAN -c'est-à-dire hors pensions et hors gendarmerie-, de 2% du PIB en 1997, avant de se stabiliser ces dix dernières années entre 1,6% et 1,7%. En 2012, il est de 1,55%. À l'horizon de 2015, il dépassera à peine 1,3%. Compte tenu de la situation des finances publiques, le modèle en vigueur n'est plus soutenable. Nous devrons donc penser autrement".

 

• Sur les gisements d'économies potentiels:

"Les déflations d'effectifs de la LPM en cours s'étalent jusqu'en 2015. Aller au-delà impliquerait des dissolutions de structures et d'unités de combat supplémentaires. On ne peut donc considérablement réduire la masse salariale. Deuxièmement, les marges de manoeuvre sur le fonctionnement courant sont désormais réduites à leur plus simple expression. Vous qui êtes au contact des réalités locales, interrogez les commandants d'unités ou de bases de défense. Ils vous diront que la fin de l'année sera difficile. Même si l'on décidait de nouvelles restructurations, seules à même de générer des effets d'échelle, elles ne produiraient pas d'économies à court terme, puisque toute réforme commence par un investissement. Troisièmement, l'activité opérationnelle est 10% à 15% en deçà des objectifs de la LPM, selon les capacités et les matériels. Le ministre de la défense a obtenu que les crédits soient plus importants en 2013, ce dont nous ne pouvons que nous réjouir: leur niveau actuel n'est pas loin de remettre en cause le choix d'une armée polyvalente et homogène, garantissant réactivité, souplesse d'emploi et endurance. Quatrième contrainte, les crédits d'entretien du matériel, en retrait de 550 millions sur les prévisions initiales pour 2009-2012, croissent en 2013, mais, en raison de l'arrivée de nouveaux matériels, ils devront ensuite être soutenus si nous ne voulons pas dégrader davantage une disponibilité technique déjà moyenne. Celle des matériels déployés en opérations est bonne, mais nous en sommes réduits à déshabiller Pierre pour habiller Paul. En ce qui concerne le maintien en condition opérationnelle (MCO) de nos matériels, nous avons réussi à faire autant avec moins de moyens; nous ne ferons pas mieux avec encore moins. Dès lors, les seuls nouveaux gisements d'économies sont externes. Ils se situent notamment dans les contrats de MCO que nous passons avec nos industriels, dont les marges, pointées par la Cour des comptes et l'inspection des finances, peuvent dépasser 50%. Nous devrons négocier avec eux, quitte à le faire assez brutalement".

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 08:55

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/espace-collaboratif/redaction-dicod/le-ministre-de-la-defense-s-exprime-devant-les-experts-des-operations-speciales-sgt-r.connan-dicod/2059181-1-fre-FR/le-ministre-de-la-defense-s-exprime-devant-les-experts-des-operations-speciales-sgt-r.connan-dicod.jpg

 

09.11.2012 Ministère de la Défense

 

"Les Forces Spéciales sont de celles qui nous permettront de disposer d'une capacité autonome d'appréciation, d'une capacité d'actions ciblées et d'une capacité de réaction dans l'urgence, partout où nos intérêts le commandent. Ces capacités sont fondamentales", a déclaré Jean-Yves Le Drian, Ministre de la Défense, pour ouvrir le séminaire "Opérations spéciales", organisé ce mercredi 7 novembre, à Paris, à l'initiative du général de division Christophe Gomart, chef du Commandement des opérations spéciales. Une journée réunissant les meilleurs experts, notamment l'Amiral américain William Mac Raven, Commandant du Special Operations Command, pour analyser le chemin parcouru par le COS depuis sa création et envisager l'avenir de cet organisme.

Cent cinquante experts se sont réunis à Paris ce mercredi 7 Novembre pour un séminaire et trois tables rondes autour des opérations spéciales. Objectif de ces réflexions : revenir sur les différentes opérations menées par les Forces Spéciales depuis la création du Commandement des Opération Spéciales (COS) il y a 20 ans et préparer l'avenir.

Le Ministre de la Défense a rappelé à cette occasion le bien fondé de la création de cette entité, et a salué le professionnalisme, la réactivité et l'adaptation de ces unités "pour agir partout dans le monde".


"Aujourd'hui je tiens à exprimer mon attachement, celui du Président de la République et du Gouvernement, celui des armées, au COS et aux unités qu'il est amené à engager. Vous avez de longue date fait vos preuves, non sans danger ni aléas, parfois au prix de leçons difficiles qu'il ne faut jamais hésiter à analyser pour progresser, pour continuer de jouer plus que jamais un rôle décisif dans nos différents engagements. Je souhaite que l'avenir s'engage sous les meilleurs auspices."


Les unités spéciales, des forces essentielles


Jean-Yves Le Drian a ensuite souligné l'importance du rôle de ces unités spécialisées pour l'avenir : "A l'évidence, les forces spéciales joueront un rôle-clef dans le paysage qui est en train de se dessiner. Je pense en particullier à la fonction stratégique de connaissance et d'anticipation. Le Président de la République a déjà indiqué qu'elle jouerait un rôle central dans le futur modèle d'armée du pays (...) La gamme des menaces actuelles et futures contre lesquelles nous pourrions nous engager est vaste. Nous devons déterminer en quoi les Forces spéciales pourraient contribuer à la prévention ou à l'éradication de ces menaces et quelles conditions sont nécessaires pour le succès de leurs actions. C'est à ces questions que vous répondrez aujourd'hui."


Après avoir redit son soutien "le plus entier aux familles touchées dans leur chair et aux militaires qui souffrent de blessures profondes", il a salué le lien de confiance qui s'est créé entre le COS et les autorités françaises, sous le contrôle du CEMA. "Ce lien est précieux et doit être impérativement entretenu pour justitifer l'autonomie et les moyens consentis à ces unités dans l'accomplissement de leurs missions."


Favoriser les collaborations


Enfin, le ministre de la Défense a incité à poursuivre et favoriser les collaborations avec les forces spéciales des autres pays. De plus, le général Christophe Gomart, commandant le COS, a également encouragé la coopération inter-agences* "indispensable pour proposer la solution militaire la plus adaptée (...) dans un environnement international plus que jamais incertain où l'on ne peut préjuger de la forme des futurs engagements des armées occidentales, où les capacités de résilience de nos nations s'affaiblissent, où la crise financière secoue l'Europe, et dans un contexte national propice aux interrogations. (...) Grâce à cette synergie inter-agences, nos camarades américains, et en particulier l'Amiral Mac Raven, ont pu réussir l'opération Géronimo", nom de code donné à l'opération lancée contre Oussama Ben Laden en 2011.

 

*la coopération inter-agences : Direction du renseignement militaire (DRM), Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRD), Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins (TRACFIN) et Direction de la protection et de la sécurité de défense (DPSD)

 

Thématiques des trois tables rondes


-Présenter le périmètre d'emploi et d'action des forces spéciales : nouveaux conflits et nouveaux espaces d'action, judiciarisation accrue

 

-Définir la nécessaire approche globale : forces et faiblesses des approches françaises et alliées et coopérations indispensables au vu du contexte géostratégique actuel

 

-Définir les nouveaux types de partenariat : intégration de nouvelles compétences et création de nouveaux réseaux spécifiques

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 08:55

FREMM frigate Aquitaine Nov 2011 (Photo DCNS)

 

06/11/2012 Par Krystell Veillard – bretagne.france3.fr

 

Après cinq années de construction à la DCNS à Lorient, la frégate multi-missions FREMM Aquitaine a pris la mer pour rejoindre Brest, son futur port d’attache. Les derniers essais  vont se poursuivre avant la fin de l’année 2012.

 

Débutée en mars 2007, la construction de la frégate multi-missions FREMM Aquitaine prend fin. Ce mardi, la frégate menée par son équipage de la Marine nationale a célébré son départ de Lorient en tirant vingt-et-un coups de canon, comme le veut la tradition.

 

La FREMM Aquitaine va désormais rejoindre Brest, son futur port d’attache. Ce départ de la première unité de la série des FREMM, navire de défense parmi les plus innovants, constitue un moment symbolique et émouvant  .

 

« Ce départ de la FREMM Aquitaine du centre DCNS de Lorient pour celui de Brest est l’occasion de saluer la prouesse industrielle et technologique réalisée ces dernières années par les collaborateurs du groupe DCNS », a déclaré Vincent Martinot-Lagarde, directeur des programmes FREMM. « FREMM Aquitaine étant la première unité d’une série de douze frégates. La construction et l’intégration des différents systèmes de ce prototype dans les délais impartis constituent véritablement une performance. Cette réussite n’est possible que par le dynamisme de nos collaborateurs, investis dans la conception et la construction de solutions de haute-technologie répondant aux enjeux maritimes du XXIe siècle. »

 

A Brest, les ultimes essais de la FREMM Aquitaine vont se poursuivre. Le navire de combat de nouvelle génération sera livré à la Marine nationale dans les prochaines semaines. Mise en œuvre par un équipage réduit de 108 marins, la FREMM a été conçue pour mener à bien des missions polyvalentes de défense anti-aérienne, de lutte anti-surface et de lutte anti-sous-marine.

 

Cinq autres frégates FREMM sont en effet en cours de construction : La FREMM Mohammed VI, deuxième de série, est destinée à la Marine royale du Maroc, la FREMM Normandie, troisième de série, a été mise à flot le 18 octobre dernier, la FREMM Provence, quatrième de série, est en cours d’assemblage en forme de construction, la FREMM Languedoc, cinquième de série, dont la construction a débuté en septembre 2011, figure actuellement à l’état de blocs en pré-armement et la FREMM Auvergne, sixième de série, est en cours d’usinage depuis août 2012

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 08:45

Mindef

 

08/11/2012 Par Olivier Berger, grand reporter à La Voix du Nord. - Défense globale

 

Le budget 2013 de la Défense, à hauteur de 31,4 milliards d'euros, a été adopté mercredi soir par l'Assemblée nationale. Pour le ministre Jean-Yves Le Drian, ce budget quasi stable (en réalité en baisse en raison de l'inflation) participe à l'effort de redressement national et garantit " les ressources essentielles de nos priorités les plus cruciales ", notamment " l'entraînement et la préparation opérationnelle des forces " et l'entretien du matériel. Des intentions qui iront droit au coeur du Commandement de la force terrestre de Lille (CFT) dont le budget n'est pas impacté.

 

Ne nous leurrons pas, en pleine étude du futur Livre blanc de la Défense et de la Sécurité nationale, qui doit redéfinir les objectifs stratégiques de la France, ce budget est un budget d'attente et de contraintes. Comme le CEMA, l'amiral Guillaud, et l'ensemble des décideurs militaires, le rapporteur UMP, François Cornut-Gentille, a évoqué " un budget largement dans la continuité " des cinq années précédentes mais met en garde contre " le risque de déclassement des armées ". Au lieu du vieux rêve des 2 % du PIB, la Défense ne représente plus que 1,5 %.

 

En 2013, le projet de budget prévoit 7 200 nouvelles suppressions de postes (dans les 54 000 prévues par la RGPP entre 2009 et 2014). Le renouvellement des personnels militaires et civils reste actif avec un chiffre de 22 000 l'année prochaine.

 

Il faut noter dans ce budget la sanctuarisation des moyens de la force de dissuasion nucléaire, à hauteur de 3 milliards d'euros pour ses deux composantes aérienne et surtout sous-marine. Le budget des OPEX (opérations extérieures) reste fixé à 630 millions d'euros.

 

" Il n'est pas possible d'affecter à la défense des ressources qui n'existent tout simplement pas (ou plus) ", résume la présidente de la commission de Défense de l'Assemblée nationale, la socialiste et Brestoise Patricia Adam.

 

Il faut désormais attendre la rédaction du Livre blanc et sa livraison en février pour élaborer la future loi de programmation militaire pour les années 2014-2019. Et redéfinir les priorités en matière de Défense.

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 08:45

cyber warfare

 

07/11/2012 Michel Cabirol – LaTribune.fr  avec agences

 

Cyberdéfense - C'est l'une des principales difficultés de la DGSE : comment recruter des spécialistes de très haut niveau sans être gêné par la grille trop contraignante des salaires de la fonction publique dans un monde... où la concurrence est très féroce pour s'attacher de telles compétences ?

 

Et la DGSE trouva la parade pour recruter des spécialistes de haut niveau en matière de sécurité de systèmes d'information ou encore des spécialistes de langues rares... Si le patron de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) souhaite "recruter un spécialiste de la cyberdéfense, à qui on ne peut proposer un traitement de fonctionnaire ordinaire, il devra sans doute procéder à la fusion de plusieurs ETPT (Equivalent temps plein annuel travaillé, ndlr), a récemment expliqué aux députés de la commission de la défense le patron de la direction des affaires stratégiques (DAS) du ministère de la Défense, Michel Miraillet. Mais une telle décision relève de sa seule responsabilité. Pour ma part, je ne fais que mettre des moyens à sa disposition". C'est d'ailleurs l'une des facilités qu'offre la LOLF (Loi organique relative aux lois de finances) en matière de gestion des personnels. "Cela ne veut pas dire que l'on peut faire n'importe quoi grâce à cette souplesse, explique-t-on à La Tribune. Il y a des plafonds et des planchers déterminés à ne pas franchir en termes d'effectifs et même de salaire".

 

En clair, à la DGSE un recrutement ne correspond pas toujours à un agent stricto sensu. Ce qui doit être le cas actuellement avec les moyens en hausse de la DGSE, priorité du Livre blanc de 2008. Ce que confirme d'ailleurs le chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud : "la DGSE recrutera quelque 70 nouveaux spécialistes, notamment en sécurité des systèmes d'information. Elle ne peut en recruter davantage, tant le vivier -où puisent Thales, Areva ou d'autres administrations- est réduit".

 

Le budget de la DGSE en hausse

 

Pour 2013, les autorisations d'engagement au titre de la DGSE s'élèvent à 645 millions d'euros et les crédits de paiement à 600 millions d'euros, soit respectivement 9% et 3,8% de plus qu'en 2012. Une croissance extrêmement rare dans le budget du ministère de la Défense... mais au regard des enjeux vitaux, ce n'est pas du superflu. Cette croissance recouvre "en particulier les crédits correspondant aux 600 créations de postes (sur quatre ans, ndlr) en faveur des services de renseignement prévues par le Livre blanc de 2008 -un effort non négligeable dans le contexte actuel", a rappelé Michel Miraillet. Le budget de la DGSE est géré par la direction des affaires stratégiques du ministère de la Défense, dont le patron Michel Miraillet a la particularité de ne pas avoir d'autorité organique sur cette institution. "En fait, je joue un rôle de tiers facilitateur entre les différents responsables de budgets opérationnels de programme", a-t-il fait valoir devant les députés de la commission défense.

 

Difficultés de recrutement en 2007

 

En 2007, la DGSE avait connu des difficultés de recrutement. La direction de la DGSE avait eu dû mal à réaliser son schéma d'emploi 2007 en raison des difficultés récurrentes pour le recrutement de certains spécialistes (linguistes rares et spécialistes des techniques informatiques et des systèmes d'information). Il en résultait qu'en 2007, quelque 80 emplois étaient vacants au sein de la DGSE. Ces difficultés de recrutement étaient en partie liées aux salaires proposés. Ainsi, elle avait choisi de limiter les recrutements tout en maintenant la masse salariale afin de dégager des moyens lui permettant d'aligner ses offres de rémunération sur celles du marché et avait embauché des spécialistes mieux payés.

 

Interrogé par les députés sur le recrutement actuel, le patron de la DAS a expliqué qu'à sa "connaissance", le directeur général de la DGSE "se félicite de la qualité de son personnel, dont le recrutement obéit en effet à de fortes exigences, qu'il s'agisse des qualifications ou des garanties de sécurité". Et d'insister que "créer 150 emplois à temps plein chaque année pendant quatre ans témoigne, dans les conditions budgétaires actuelles, d'une volonté très forte, et le service en est tout à fait reconnaissant". Le directeur général "ne m'a rapporté aucune difficulté tenant à la qualité de ses ressources humaines même s'il est sans doute toujours possible de faire mieux en la matière, par exemple en nous assurant la collaboration d'un plus grand nombre de spécialistes de langues rares. Et si le service a pu par le passé rencontrer d'éventuels problèmes de recrutement sur telle ou telle qualification, ceux-ci n'ont jamais été insurmontables comme le prouve notamment la qualité du travail effectué par les services en Afghanistan, en Somalie ou en Libye. Ils oeuvrent certes dans l'ombre mais ils oeuvrent efficacement".

 

Facilité de gestion

 

Outre les facilités de recrutement, Michel Miraillet a souligné que ces services accompagnaient "la montée en puissance de la DGSE, en facilitant ses opérations d'investissement grâce à la souplesse de gestion de l'ensemble du programme. Par exemple, si son directeur a besoin d'une avance de 30 millions d'euros, je peux la lui fournir en prélevant la somme sur une autre masse financière. Cette souplesse, autorisée par la loi organique sur les lois de finances, permet à chaque responsable de budget opérationnel d'atteindre ses objectifs particuliers".

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 08:40

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/media/01/01/1382359592.jpg

source lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr

 

08/11/2012 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Selon nos informations, le ministère de la Défense a mis fin aux négociations exclusives depuis avril dernier avec l'armateur CMA CGM, dans le cadre d'un partenariat public-privé (PPP) portant sur le transport des matériels militaires et des soldats vers les bases outre-mer et les théâtres d'opérations extérieurs.

 

Le temps a finalement eu la peau du partenariat public-privé (PPP) négocié entre le troisième groupe maritime mondial de transport en conteneurs, CMA CGM, et le ministère de la Défense. Les conditions économiques ont changé entre 2008, date à laquelle l'appel d'offre a été lancé, et aujourd'hui. C'est ce qu'invoque le ministère de la Défense pour casser les négociations exclusives du PPP, qui devait courir sur 25 ans, avec CMA CGM, selon nos informations. Entre 2008 et 2012, les prix pour les affrètements se sont effondrés et, parallèlement, les coûts de financement du projet ont augmenté. Fin de l'histoire pour le ministère.

 

Une différence de prix de plus de 100 millions d'euros

 

Du coup, il apparaît que les affrètements traditionnels sont beaucoup mois chers que les prix proposés par CMA CGM, qui avait remis son offre finale en février dernier. L'armateur, qui semble-t-il dans le cadre d'un dialogue compétitif avait encore baisse ses prix, devait mettre à disposition des armées, à compter de 2014, cinq navires rouliers, qu'il devait faire construire en Corée du sud, pour transporter les matériels militaires et les soldats vers les bases outre-mer et les théâtres d'opérations extérieurs. La différence de prix s'élèveraient à plus de 100 millions d'euros dans toutes les hypothèses évoquées. Et en moyenne, le ministère aurait dû s'acquitter chaque année sur 25 ans d'une somme de plus de 33 millions d'euros dans le cadre du PPP, contre moins de 30 millions dans le cadre des affrètements actuels.

 

Vers un contentieux ?

 

Du coup, la défense va gérer ses opérations de transport au coup par coup. L'armateur Maritime Nantaise, qui avait perdu face à CMA CGM, était jusqu'ici le groupe choisi par le ministère pour ses transports maritimes stratégiques. Reste à savoir si CMA CGM s'aventurera dans une procédure de contentieux vis-à-vis de l'Etat. A cet égard, les deux constructeurs de satellites Thales Alenia Space et Astrium s'étaient pour leur part abstenus de se lancer, après consultation de leurs services juridiques, dans une procédure à l'encontre du ministère, qui avait abandonné en mai dernier la cession de ses satellites Syracuse à des opérateurs privés dans le cadre du projet Nectar. Ils avaient pourtant perdu tous les deux au total 5 millions d'euros environ pour préparer toute cette opération voulue au départ par le ministère.

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 10:41

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/espace-collaboratif/redaction-dicod/flamme-du-soldat-inconnu/2059148-1-fre-FR/flamme-du-soldat-inconnu.jpg

 

11.11.2012 Ministère de la Défense

 

http://fbcdn-sphotos-a-a.akamaihd.net/hphotos-ak-prn1/530583_448449118523994_1573841105_n.jpg

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 08:55
Armée française : la ruine en héritage ?

05/11/2012 Par Georges-Henri Bricet des Vallons - lenouveleconomiste.fr

 

Il semble que la phase d’autodestruction de notre défense soit désormais irrémédiablement engagée

 

L’Afghanistan a-t-il été le chant du cygne de l’ère des opérations extérieures de l’armée française ? A prendre au mot le concept de “betteravisation” qui fait florès dans nos états-majors (entendre retour au pays et fin de l’époque expéditionnaire), tout connaisseur de la chose militaire est porté à le croire. Coupes continues des crédits, purge massive des effectifs, cession gratuite du patrimoine immobilier, des milliers de militaires qui ne sont plus payés depuis des mois… La situation de la Défense est entrée dans une phase critique qui pourrait déboucher sur une crise sociale, capacitaire, et des vocations sans précédent historique. L’institution militaire sera vraisemblablement la principale victime de la politique ultra-récessive poursuivie par le gouvernement Ayrault, qui, en cela, ne fait que parachever les décisions prises sous le mandat de Nicolas Sarkozy. L’armée de terre sera la plus touchée, mais la Marine et l’armée de l’air auront aussi leurs lots.

 

L’affaire Louvois

 

Le volet le plus sensible politiquement et médiatiquement est d’abord celui des soldes non versées lié aux dysfonctionnements chroniques qui affectent le logiciel bien mal-nommé Louvois, du nom de l’énergique ministre de la guerre de Louis XIV. Problème récemment qualifié d’“invraisemblable” par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, lui-même. Dans la continuité de la politique de rationalisation budgétaire actée par la Révision générale des politiques publiques (RGPP), le ministère de la Défense a décidé la mise en place de plusieurs systèmes d’information de “ressources humaines” (SIRH). Dans l’armée de terre, ce système d’information a été baptisé Concerto. Louvois (Logiciel unique à vocation interarmées de soldes) est la déclinaison du volet “salaires” de l’ensemble des SIRH des armées (Rhapsodie pour la Marine, Orchestra pour l’Armée de l’Air, Agorha pour la Gendarmerie). Problème : ce logiciel vendu à prix d’or et dont la maîtrise d’oeuvre et la maintenance sont assurées par l’entreprise Steria, ne fonctionne pas. Depuis le raccordement de Louvois à Concerto et le basculement unilatéral de la gestion des soldes en octobre 2011, les ratés du système perdurent et se multiplient : frais de déménagement non remboursés, indemnités de campagne non perçues, soldes non versées, ou versées avec six mois ou un an de délai, ou alors versées de manière aberrante (seul un cinquième du salaire est perçu), autant d’accrocs dus à la pléiade de bugs qui affectent Louvois. La conséquence directe est une précarisation radicale des familles : une manifestation de femmes de militaires a eu lieu l’année dernière, première du genre, mais le mouvement a vite été étouffé par les pressions exercées sur leurs maris. Résultat : certains militaires, qui attendent le versement de leurs soldes, sont ruinés, interdits bancaires et sont obligés d’emprunter pour rembourser des crédits déjà contractés alors même qu’ils ne sont plus payés ! Dans les cas les plus extrêmes, leurs femmes divorcent pour acquérir un statut de femme seule et toucher des allocations.

 

L’affaire des soldes pourrait, à condition de se cantonner à une lecture de surface, ne relever que d’un simple bug. En réalité, le problème pourrait aller bien au-delà du raté informatique et concerner aussi la trésorerie de l’Etat. Les capacités d’emprunt auprès des marchés s’épuisant avec la crise, la priorité va au paiement des salaires des institutions syndiquées et dotées d’une forte capacité de nuisance médiatique (Education nationale), à l’inverse exact des militaires. Officiellement 10 000 dossiers sont en attente de traitement dans l’armée de terre (chiffre reconnu par le ministère). En réalité l’ensemble de la chaîne des soldes (troupe, sous-officiers et officiers) est impactée (120 000 bulletins de soldes touchés) et le chiffre réel pourrait atteindre 30 % des effectifs totaux. Pire, ces ratés touchent en majorité des militaires qui sont sur le point de partir en opérations ou qui en reviennent (60 % des dossiers). Là encore, impossible de faire la lumière sur le nombre exact de militaires touchés puisque le ministère n’en a aucune idée précise et vient de lancer un appel aux parlementaires pour faire remonter les doléances. Le ministre Le Drian a parfaitement conscience du scandale même s’il feint de le découvrir avec sa prise de fonction, puisqu’il était chargé des questions de défense auprès de François Hollande pendant la campagne présidentielle. Si Bercy ne freinait pas, le ministère aurait évidemment débloqué des fonds spéciaux pour gérer l’urgence, ce qu’il commence à faire. L’annonce récente d’un plan d’urgence et la mise en place d’un numéro vert suffiront-elles ? Les services concernés sont déjà débordés par le flot des plaintes et, faute de compétence technique, n’ont d’autre choix que d’intimer la patience.

 

Sur le fond, une autre hypothèse – conditionnelle – pourrait être émise : les ratés de Louvois pourraient relever d’une stratégie mise en place par les grandes entreprises de conseil qui ont vendu ces logiciels de gestion intégrée pour démontrer au gouvernement l’incapacité des services de l’Etat à faire fonctionner des systèmes aussi complexes et obtenir une externalisation totale de leur gestion (Louvois est géré en interne par les services de ressources humaines du ministère qui sont épaulés par des équipes de Steria). Paradoxe ? L’Etat envisagerait de confier la totalité de la gestion du parc informatique du ministère à Steria. Aucune sanction financière n’a pour l’heure été prise contre l’entreprise, ce qui ne laisse pas d’interroger, tout comme l’absence de réactivité du contrôle général des armées, pourtant censé superviser et auditer ce type de dossier. Dans un contexte aussi opaque, il est de toute façon impossible de détailler avec exactitude les responsabilités de chacun. Seule une commission d’enquête parlementaire serait en mesure de le faire.

 

On notera que seul l’ex-chef d’état-major de l’armée de l’air, le général Paloméros, constatant ces défaillances à répétition, a eu le courage de refuser le passage à Louvois. Il est depuis parti servir au sein de l’OTAN comme commandant suprême allié à Norfolk.

 

Le dépérissement des PME de Défense

 

La situation financière critique du ministère de la Défense recoupe également le problème des délais de paiement (9 à 18 mois en moyenne) aux PME de Défense (qui ont souvent pour seule clientèle l’Etat). La conséquence est que les PME n’ont pas les fonds de roulement nécessaires pour survivre à de tels délais et que la crise faisant, les banques ne prêtent plus. A cela il faut ajouter la perspective d’une contraction inéluctable des commandes de l’Etat liée aux coupes budgétaires dans les équipements. 211 millions d’euros avaient déjà été annulés sur la mission Défense 2011 pour rembourser une partie des 460 millions d’euros dus à Taïwan dans l’affaire des frégates après le rendu de l’arbitrage international. Pour le budget 2013, plus de 1,8 milliard pourraient être annulés ou décalés sur un total de 5,5 milliards. Il est à craindre que le tissu industriel des PME de Défense, déjà précarisé et très faiblement soutenu par l’Etat (à l’inverse de la politique pratiquée en Allemagne), risque à court terme la mort clinique. L’autre incidence de cette rétractation budgétaire est que l’effort de recherche et développement de programmes indispensables à notre autonomie stratégique, comme celui d’une capacité “drone”, va être dramatiquement entravé, entraînant l’achat sur étagères de Reaper américains.

 

Le “dépyramidage” et le gel des avancements

 

Autre dossier brûlant : le gel de 30 % des avancements. Matignon a enjoint début septembre, via une lettre de cadrage, le ministère de la Défense d’impulser une politique de dépyramidage brutale de la structure de ses effectifs et pour ce faire de réduire du tiers les volumes d’avancement de ses personnels militaires sur les trois prochaines années. C’est l’autre bombe à retardement avec l’affaire des soldes : plus de perspective d’avancement au grade, plus d’augmentation salariale pour un tiers des militaires. Du jamais vu. Une politique de dépyramidage courageuse consisterait à acter une loi de dégagement de cadres (trop de colonels et de généraux en proportion par rapport aux officiers subalternes, sous-officiers et troupe) et à ponctionner dans les avantages du régime spécial de la 2e section (5 500 généraux en retraite dite “active”, soit l’équivalent d’une brigade de réserve, pour seulement 95 rappels annuels). Le ministère ne s’y risquera sans doute pas car, contrairement à un sergent ou à un lieutenant, les généraux ont un poids politique (en interne) et une telle option susciterait des mouvements de solidarité redoutables dans un milieu pourtant sociologiquement marqué par l’individualisme.

 

Au final, on ne peut que constater avec dépit l’inefficacité totale de la politique de rationalisation engagée avec la RGPP de 2008. Au lieu de baisser comme prévu, la masse salariale de la Défense a augmenté : à mesure que le ministère ponctionnait dans les effectifs opérationnels, il a embauché des hauts fonctionnaires civils (+1 438 depuis 2008) comme le rapportait la Cour des comptes en juillet dernier.

 

Le bradage du patrimoine immobilier

 

Il faut également ajouter à ce triste constat le dossier du patrimoine immobilier de la Défense. Le gouvernement envisage en effet d’offrir sur un plateau les emprises parisiennes du ministère à la Mairie de Paris via une cession gratuite ou une décote de 100 % (en partie déjà opérée sur le budget 2013) pour y construire des logiciels sociaux et complaire aux demandes de Bertrand Delanoë. Ces recettes extrabudgétaires liées à la vente de l’immobilier (rue Saint-Dominique et autres emprises dans le cadre du transfert vers Balard), qui représenteraient entre 350 et 400 millions d’euros, étaient pourtant censées compenser les coupes dans les crédits d’équipement.

 

L’empilement des réformes non menées à terme et celles à venir

 

A ce contexte déjà tendu, il faut ajouter les problèmes liés à l’empilement des réformes depuis 2008. Une réduction de 55 000 personnels de la Défense avait déjà été actée par le Livre blanc passé. La Défense supportera ainsi 60 % des réductions de postes dans la fonction publique pour l’exercice 2013 : 7 234 supprimés sur les 12 298 au total. De surcroît, la refonte de la carte régimentaire (dissolution de dizaines de régiments, parfois décidée en fonction de calculs purement politiciens) qui a abouti à la création des Bases de défense, censées centraliser au niveau régional la gestion logistique et financière des emprises, et qui a été menée en fonction de postulats purement technocratiques, a abouti à créer des usines à gaz et à promouvoir un chaos gestionnaire. Les BdD ne fonctionnent pas et il est également prévu de réduire leur nombre initialement prévu (90).

 

Sur les difficultés non digérées des réformes passées vont enfin se greffer celles des réformes à venir et qui seront entérinées par le Livre blanc à paraître en février prochain. Si pour l’heure, ces perspectives ne relèvent que des secrets d’alcôve qui agitent les couloirs de la Commission du Livre blanc, elles semblent déjà quasi actées : le gouvernement projeterait de supprimer une annuité budgétaire complète sur la période 2014-2020, c’est-à-dire pas moins de 30 à 40 milliards sur les 220 milliards prévus sur la période par le Livre blanc¹ précédent . Une purge budgétaire qui serait corrélée à un projet de réduction de 30 000 postes opérationnels dans les armées (la quasi-totalité dans l’armée de terre, 3 000 dans la Marine et 2 000 dans l’armée de l’air)². Ce qui porterait les effectifs terrestres d’ici peu à un volume équivalent à celui de l’armée de terre britannique (80 000 hommes). Jamais l’armée française n’aura connu un volume de forces aussi faible dans son histoire depuis la Révolution.

 

Un format d’armée mexicaine

 

Aucune des lois de programmation militaire décidées par les gouvernements de droite et de gauche, et qui sont pourtant censées fixer le cap stratégique des armées et sanctuariser les investissements budgétaires, si cruciaux pour maintenir un modèle d’armée cohérent, n’ont été respectées depuis la professionnalisation de 1996. L’horizon d’un tel processus est clair : un effondrement radical des moyens humains et matériels de nos forces, un format d’armée mexicaine (l’armée de terre compte actuellement 173 généraux en 1re section pour un effectif de moins de 110-120 000 hommes, là où le Marines Corps n’en recense que 81 pour un effectif quasi double de 220 000) avec une haute hiérarchie civile et militaire à peu près épargnée en raison de considérations politiques (puisque c’est elle qui exécute les réformes), un taux de disponibilité des matériels extrêmement faible, des forces incapables de se projeter hors des frontières et des programmes militaires vitaux qui ne pourront être pleinement financés (drones, renouvellement véhicules terrestres, développement d’une capacité de cyber-défense).

 

Le décrochage géostratégique de la France

 

La parade, qui consiste à tout miser sur un modèle d’intervention indirecte (formation à l’arrière de forces étrangères avec l’appui de notre aviation et de petits contingents de forces spéciales, comme ce qui est prévu au Mali et ce qui a été fait en Libye) et le renseignement, ne suffira pas à empêcher le décrochage brutal de notre influence géostratégique. Il se pourrait surtout que le Livre blanc acte définitivement l’idée de smart defense et de mutualisation des capacités nucléaires avec l’Angleterre (qui en tirera tous les bénéfices), achevant de décapiter ce qui restait de souveraineté stratégique à la France après la réintégration dans l’OTAN. La route du désastre est donc parfaitement balisée.

 

Comment expliquer cette pression extrême sur le budget de la Défense ? Très simplement par le fait que l’armée est la seule institution publique à ne pouvoir compter sur un contre-pouvoir syndical et que le politique se sent, en conséquence, autorisé à toutes les oukases. On pense notamment au scandale de la campagne double refusée jusqu’en 2011 aux militaires ayant servi en Afghanistan.

 

Voilà plus de soixante ans, le général de Gaulle avertissait déjà dans un discours fameux : “La Défense ? C’est la première raison d’être de l’Etat. Il ne peut y manquer sans se détruire lui-même !” Il semble que cette phase d’autodestruction soit désormais irrémédiablement engagée. Si le politique choisit la facilité et s’entête dans ce processus de désossage budgétaire de notre puissance militaire, et si le haut commandement n’y trouve rien à redire, il ne restera bientôt à nos forces, en lieu de drapeau et de fierté, que l’héritage de la ruine. On pourra alors graver au frontispice des régiments les mots de Shelley flétrissant l’orgueil du roi Ozymandias : “Rien à part cela ne reste. Autour des décombres / De ce colossal naufrage, s’étendent dans le lointain / Les sables solitaires et plats, vides jusqu’à l’horizon.”

 

 


¹ Le Livre blanc 2008 tablait sur une enveloppe budgétaire de 377 milliards d’euros d’investissement sur la période 2009-2020, avec une progression nette du budget entre 2015 et 2020 (160 milliards ayant été virtuellement consommés sur la tranche 2009-2013).

 

 

² Ces 30 000 postes ne pourraient représenter qu’une première tranche et suivis de 30 000 autres sur les dix prochaines années, ce qui rapporterait le volume des forces terrestres à un seuil critique de 60 000 hommes.

 

³ Pour 2013, les programmes touchés sont les suivants : le camion blindé PPT, l’Arme individuelle du futur (remplaçant du Famas), le VLTP (successeur de la P4), le programme-cadre Scorpion de modernisation des forces terrestres et des GTIA.

 

⁴ Le ministère de la Défense précédent ayant en effet refusé de qualifier l’engagement en Afghanistan de “guerre” jusqu’en 2011, les militaires partis en Opex n’ont pu prétendre aux bénéfices du dispositif de la campagne double. Parmi les régimes d’opérations qui ouvrent un droit à une bonification des cotisations de retraite, on distingue communément la campagne double (6 mois de service valent 18 mois au titre de la pension) de la campagne simple (6 mois valent 12 mois) et de la demi-campagne (6 mois valent 9 mois). Ce n’est ni le lieu ni la durée de l’engagement qui détermine le régime de campagne mais sa “nature”.

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 13:30

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/ema/biographie/l-amiral-edouard-guillaud/349332-1-fre-FR/l-amiral-edouard-guillaud.jpg

 

09/11/2012 Propos recueillis par Romain Rosso - lexpress.fr

 

Alors que s'élabore un nouveau Livre blanc, l'amiral Edouard Guillaud s'inquiète. Pour faire des économies, ne va-t-on pas prendre des décisions irréversibles ne permettant pas à la France d'assurer toutes ses missions de défense? Selon l'amiral, les armées ne peuvent pas honorer le contrat opérationnel maximal fixé par le Livre blanc de 2008.

 

Quel est l'état de l'armée française?


Il est contrasté. La France dispose d'un bel outil de défense, avec des succès reconnus sur la scène internationale. Alors qu'elles vivent la réforme la plus importante depuis 1962, les armées ont été capables d'exécuter toutes les missions fixées par le gouvernement. En Afghanistan, en Côte d'Ivoire ou en Libye, ce sont des réussites, obtenues dans des conditions difficiles. En Afghanistan, 88 de nos soldats ont vécu leur engagement jusqu'au don de leur vie, et des centaines d'autres y ont été blessés. Peu d'armées au monde sont capables d'intervenir hors de leurs frontières avec une telle efficacité et une telle réactivité. Mais, aujourd'hui, cet outil présente des fragilités qui, dans le contexte économique et financier que nous connaissons, pourraient affecter sa cohérence. 

 

Lesquelles?


Certains matériels nous font défaut. La Libye l'a encore démontré : nous manquons de systèmes de lutte contre les sites antiaériens, de drones et d'avions ravitailleurs. Nos réserves sont trop justement dimensionnées: le niveau des stocks de pièces de rechange et la disponibilité des matériels empêchent de nous inscrire dans la durée. La maintenance des équipements a une incidence sur l'entraînement des personnels.

 

Or la performance d'une armée professionnelle suppose un haut niveau de préparation. Je suis chargé de la garantir, sous l'autorité du président de la République, chef des armées. La guerre que l'on imagine est rarement celle que l'on mène. Nous devons envisager une grande diversité de situations, tant en termes de scénarios que de volume de forces engagées. Le contrat opérationnel maximal, fixé par le Livre blanc de 2008, prévoit de projeter sur un théâtre extérieur 30 000 hommes pendant un an et de déployer un groupe aéronaval, ainsi que 70 avions de combat. En l'état, il n'est pas atteignable. 

 

Pour quelles raisons?

 

La loi de programmation militaire 2009-2014, élaborée sur la base du Livre blanc de 2008, a subi de plein fouet la crise économique. Le budget de la Défense a dévié de sa trajectoire initiale [il a déjà perdu plus de 3 milliards d'euros depuis trois ans]. Or toute discontinuité dans les financements a des impacts stratégiques, opérationnels et industriels qui peuvent être irréversibles. L'unité de temps des programmes d'armement et des ressources humaines, c'est la dizaine d'années. Ne pas en tenir compte fragilise nos armées. A plus long terme, cela risque d'hypothéquer notre aptitude à faire face aux défis stratégiques futurs. C'est pourquoi les prochaines décisions budgétaires ne devront pas céder au leurre du "court-termisme". Cette conjoncture complique davantage encore la réforme du ministère, dont l'échéance était fixée à 2015: en plus d'une redéfinition de la carte militaire et d'une réorganisation complète des soutiens, 54 000 emplois auront été supprimés en sept ans. 

 

Le moral des armées est au "seuil d'alerte", dites-vous...

 

Le moral est bon lorsque les hommes sont en opération: ils font ce pour quoi ils se sont engagés. L'état-major des armées prête une grande attention à déployer des gens formés, entraînés et équipés. Cela n'empêche pas les inquiétudes sur l'avenir. Le personnel ressent une dégradation des conditions de travail. Il ne perçoit pas toujours la reconnaissance de ses efforts et de ses spécificités.

 

Je rappelle que nous ne sommes pas des fonctionnaires, mais des agents de l'Etat, dont 65% sont sous contrat à durée déterminée, pour une durée moyenne de six à sept ans. Prenons garde à la suraccumulation de réformes, sans laisser le temps de les assimiler: cette "réformite" provoque une véritable lassitude. Aucune institution de l'Etat n'a vécu une mutation d'une telle ampleur et si rapide. Or le moral des troupes affecte leur combativité. 

 

Quelles demandes de Bercy vous paraissent inacceptables ?

 

Réduire de façon arbitraire l'avancement des militaires n'est pas admissible. Bercy est dans son rôle quand il demande de maîtriser la masse salariale. En revanche, le Budget n'a pas à nous imposer une manière de procéder. C'est la prérogative du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui déploie d'ailleurs toute son énergie pour corriger cette exigence, avec, je crois, un certain succès. Le monde militaire n'est pas le monde civil. La reconnaissance du militaire se fait, pour l'essentiel, à travers son avancement. Quelle administration accepterait qu'on lui dise : l'an prochain, c'est moins 30% ? Tout le monde serait dans la rue !  

 

D'autant que l'argent n'est pas toujours versé en temps et en heure. Que faites-vous pour rattraper les retards dans le versement des soldes?

 

La mise en service, à l'automne 2011, du nouveau logiciel de traitement des paies, baptisé Louvois, connaît, c'est vrai, des failles sérieuses. Le problème a été pris à bras-le-corps par le ministre: un numéro vert a été ouvert et des audits internes et externes ont été lancés. Si c'est une question de formation des personnels, les problèmes devraient être réglés d'ici à trois mois. Si le logiciel est en cause, ce sera plus compliqué. Nous n'avons pas le droit de nous tromper vis-à-vis de nos hommes. C'est une priorité absolue.  

 

Qu'attendez-vous du prochain Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale?

 

Le Livre blanc définit les priorités stratégiques de la nation. Il traduit une volonté politique. Ce n'est pas à moi de la déterminer. Je dois cependant veiller à préserver la cohérence de notre outil de défense. Cela signifie que nos moyens doivent rester en adéquation avec nos ambitions. Il en va de la crédibilité de notre pays. Comme membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, la France conserve une voix qui porte dans le monde. Elle a été habituée à regarder de vastes horizons, terrestres ou maritimes. Veut-on continuer? Et comment devons-nous le faire? C'est à l'autorité politique de le dire. J'attends du Livre blanc qu'il aborde en particulier trois dossiers insuffisamment pris en compte par l'exercice de 2008: l'Afrique, qui connaît une forte expansion démographique, l'outre-mer et les espaces maritimes. 

 

Quelles menaces pèsent sur la France?

 

La France n'a pas d'adversaire déclaré, au sens traditionnel du terme. Mais ses intérêts sont affectés par des menaces nombreuses, qu'il est préférable de traiter à leur source. Au Sahel, l'instabilité nous inquiète. Les mouvements djihadistes y empêchent le développement des pays et font fuir les populations, au risque de bouleverser les équilibres démographiques régionaux. Ils font aussi peser un risque terroriste, pouvant, à terme, menacer directement la France. De nos jours, la notion de frontière ne s'appréhende plus seulement sous l'angle de la géographie physique. Certaines menaces s'expriment dans des espaces, jusqu'alors moins convoités, comme la mer, l'espace ou la cybernétique. Face à un monde qui évolue très vite, nous devons repenser les modalités de nos réponses. 

 

Paris va-t-il intervenir dans le nord du Mali, désormais aux mains des islamistes?

 

Le président François Hollande a été clair : la France appuiera la mise en oeuvre de la résolution votée par le Conseil de sécurité de l'ONU, en fournissant un soutien matériel et logistique à une intervention menée par les pays de l'Afrique de l'Ouest. Aller au-delà de cet appui n'est pas à l'ordre du jour.

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