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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 13:00
L'armée française commence à tester le drone Watchkeeper

09 novembre 2012 Par Elodie Vallerey - Usinenouvelle.com

 

La direction générale de l'armement (DGA) française procède aux premières phases d'expérimentation du drone tactique déjà utilisé par l'armée britannique.

 

L'accord-cadre entre la France et la Grande-Bretagne entre enfin en application. Signé en juillet dernier par le ministre de la Défense français Jean-Yves Le Drian et son homologue britannique Philip Hammond, il prévoit une campagne d’expérimentation du drone tactique Watchkeeper, qui a débuté le 22 octobre dernier comme vient de l'annoncer la DGA.

 

Le drone, conçu conjointement par Thales UK et l'israélien Elbit Systems, sera évalué par la France jusqu'à mi-2013 avant d'être acheté ou non par la DGA pour les troupes au sol afin d'observer les zones de conflit. Huit millions d'euros ont été alloués à cette campagne d'expérimentation.

 

"L’évaluation du système britannique Watchkeeper par l’armée de terre française va permettre à nos forces de définir les conditions d’une coopération opérationnelle étroite", a expliqué la DGA lors d'un point presse le 8 novembre.

 

Comme le rappelle le site spécialisé Opex360.com, pour l’armée de Terre, le WK 450 pourrait remplacer le système de drone tactique intermédiaire (SDTI) “Sperwer” de Sagem, qui ne peut voler que 6 heures avec une charge utile de seulement 50 kg.

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 12:50

Euronaval-2012

 

06 Novembre 2012 Par le Colonel Jérôme Pellistrandi * - marine-oceans.com

 

Le salon Euronaval qui s'est tenu au Bourget du 22 au 26 octobre dernier est devenu le rendez-vous incontournable du secteur maritime militaire avec une hausse importante des participants. En 2010, 76 délégations étrangères avaient foulé les stands. En 2012, ce sont 85 délégations qui sont venues, avec 370 exposants et près de 35 000 visiteurs. Ces chiffres traduisent l'importance croissante de ce salon et le positionne en première place. C'est donc un atout, tant pour les industriels que pour la défense française. En effet, c'est bien la synergie DGA - Marine nationale – industriels et équipementiers qui permet à l'industrie navale française d'être le premier exportateur d'armement, devant l'aéronautique et l'armement terrestre.

 

Ce constat est également le reflet de la maritimisation croissante de la « planète bleue ». Paradoxalement, derrière ce terme, se reflète une réalité déjà ancienne mais qui visiblement était peu perçue par les faiseurs d'opinion. Il serait en effet très réducteur de croire que ce phénomène est récent. Bien au contraire, il est la résultante d'une évolution géographique, stratégique, économique, commerciale, ... qui a débuté il y a de nombreuses décennies. Aujourd'hui, près de 90 % des marchandises transportées dans le monde le sont par voie maritime.

 

Le changement stratégique actuel, impactant les marines militaires, est donc l'accroissement des incertitudes : terrorisme maritime, piraterie et pas uniquement au large de la Corne de l'Afrique, trafics en tout genre, menaces de blocus comme au large d'Ormuz, pillage des ressources halieutiques... L'éventail des missions des marines ne cesse de s'élargir, demandant des navires plus polyvalents et plus performants, mais également plus compactes et plus économiques pour contrôler les espaces maritimes.

 

Euronaval illustre bien cette dichotomie croissante dans laquelle l'industrie navale française dispose d'atouts majeurs.

DCNS en est le leader. En l'espace d'une décennie, les arsenaux - en changeant de statut - sont devenus une entreprise en pleine croissance, qui, de surcroît, réembauche. Les programmes nationaux sont connus et ont été à cette occasion confirmés comme les onze frégates FREMM lors de la mise à l'eau de la Normandie le 18 octobre. La poursuite du programme des SNA Barracuda semble sur de bons rails, malgré le retard de quelques mois annoncé pour la commande du n°4. Il faut souhaiter que le 6° SNA figure bien sur la future loi de programmation militaire.

 

En dehors de ces deux programmes majeurs et structurants pour notre marine nationale, se profile le remplacement des actuels pétroliers-ravitailleurs. DCNS travaille avec STX St-Nazaire sur le projet Brave dont une maquette proposait une approche innovante avec une étrave inversée et un mât antenne intégrée.

 

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Cependant, un autre volet est essentiel avec les besoins en navires pour la surveillance et le contrôle de nos espaces maritimes alors que la France possède la deuxième Zone économique exclusive (ZEE) au monde. Il ne s'agit pas seulement de remplacer les vénérables BATRAL et les patrouilleurs P 400. Il s'agit de se doter de véritables outils polyvalents mais adaptés aux espaces océaniques français et à un coût d'exploitation le plus modéré possible en liaison avec les autres administrations de l'Etat concernées.

 

A noter également sur le stand de DCNS, la maquette d'un porte-avions à propulsion classique. A défaut du programme PA2, il importe désormais que DCNS conserve l'expertise industrielle pour pouvoir entamer à la fin de la prochaine LPM les travaux de conception du successeur du porte-avions Charles de Gaulle.

 

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Si DCNS est bien le fleuron du naval militaire français, d'autres constructeurs nationaux - de taille bien plus modeste - ont pu à cette occasion montrer leur savoir-faire et également annoncer quelques contrats à l'exportation. Ainsi, Ocea doit construire deux navires de 60 m pour une marine asiatique. Couach achève avec brio une série de vedettes pour l'Inde capables de tenir une vitesse de 50 nœuds, tandis que Piriou, en liaison avec DCI, construit son premier bateau « gris » qui sera basé à Lanvéoc Poulmic pour la formation d'élèves-officiers de pays partenaires et amis.

 

http://www.marine-oceans.com/images/stories/01-thematiques/industrie-de-defense/2012/11-novembre/euronaval-2012-04.jpg

 

De même, CNIM qui vient d'achever la construction de quatre engins de débarquement, les EDA-R- pour nos BPC, propose de nouveaux produits à vocation amphibie qui semblent intéresser les Etats-Unis.

 

Innovation, performance, simplicité d'utilisation, faible coût de possession, tels sont les paramètres que doivent maîtriser les chantiers français pour gagner des parts de marché à l'exportation. Euronaval constitue donc une plateforme d'opportunité absolument unique. Il faut cependant souhaiter que nos industriels puissent mieux se parler entre eux pour ne pas aller en ordre dispersé chercher des clients et en offrant une démarche globale –du gros navire à la vedette, en passant par la formation et le maintien en condition.

 

Autre point nouveau par rapport à l'édition 2010, c'est la présence d'un stand « armement terrestre » autour des constructeurs français Renault Truck Industrie-Panhard-ACMAT, soulignant le fait qu'action maritime et engagement terrestre sont souvent très complémentaires.

 

Une nouvelle tendance était également notable avec l'augmentation de la robotisation et l'emploi de drones marins. Ainsi, la DGA montrait les résultats du PEA D2AD visant à la mise au point de drones à voilure tournante capable de décoller et d'apponter depuis un bâtiment à la mer.

 

cp appontage drone carousel

 

L'autre PEA concerne la lutte contre les mines avec le programme Espadon qui pourrait permettre le développement des futurs moyens anti-mines devant succéder aux actuels chasseurs de mines du type Eridan.

 

Espadon (Swordfish) USV

 

Ce salon est donc un succès, même si les temps d'incertitude sont désormais là avec la baisse drastique des budgets militaire en Europe et en France également. On peut souligner la quasi absence d'une approche industrielle européenne commune, à part EADS, mais dont le rôle reste limité dans le champ naval. Si la coopération militaire bilatérale avec le Royaume-Uni fonctionne bien, il n'y a pas de vrais projets industriels communs. L'Italien Fincantieri et l'Espagnol Navantia sont de redoutables concurrents, sans parler de l'Allemand TKMS pour les sous-marins. Quelles seront les recompositions industrielles d'ici Euronaval 2014 ? La France conservera-t-elle les capacités industrielles de STX St-Nazaire dont le carnet de commandes est presque vide ? Quelles ambitions maritimes seront exprimées dans le futur Livre blanc ?

 

Autant d'interrogations qui vont se poser au fil des mois à venir, avec un prochain grand rendez-vous industriel, économique et politique en juin 2013 avec le Salon du Bourget. A cette date, les jeux seront en partie faits.

 


* Conseiller scientifique de l'IRSEM, chroniqueur à la Revue Défense Nationale

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 13:10

http://forcesoperations.com/wp-content/gallery/guillaume/nerva.jpg

Photos: Le Nerva durant Eurosatory

(crédits: G belan)

 

02.11.2012 Par Guillaume Belan (FOB)

 

Le petit robot Nerva de Nexter, dévoilé durant le dernier salon Eurosatory va entamer une période d’évaluation. Plusieurs systèmes vont être mis à disposition de la DGA et de l’armée de terre. Léger (4kg), le Nerva est conçu pour évoluer en tout-terrain et sous conditions climatiques difficiles, à la vitesse d’un fantassin au pas de course. Simple, rustique, costaud, facilement transportable (main ou sac à dos), jetable depuis un véhicule, le Nerva a aussi l’avantage d’être réversible. Comprendre: utilisable à l’endroit comme à l’envers. Nexter a aussi planché sur une utilisation et une interface simple grâce à une intégration en véhicule avec écran et joystick. Le petit robot supporte divers types de charges utiles, vision 360° jour-nuit, il peut aussi recevoir d’autre modules de missions, comme un « nez » détecteur de gaz ou un bras articulé. Avantage non négligeable: son prix. Contenu, il est affiché comme la moitié de la valeur d’un Minirogen (Cobra d’ECA), en service dans le génie. Les tests qui vont débuter auront pour pour objectif de tester les capacités du Nerva, pour le génie mais aussi l’infanterie.

 

Le Nerva est né d’une manière originale qui pourrait bien faire des petits. Développé en moins d’un an, l’industriel français a été piocher des compétences et des idées dans les laboratoires des écoles (école des Mines de Paris et l’EPITECH-EPITA), Nexter conservant la main sur les aspects militaires. Une politique novatrice de partenariats avec des écoles qui s’étend. Début septembre, c’est avec le CEA que Nexter a signé un accord de R&D (Recherche et Développement) pluriannuel dans les « domaines du stockage et de la distribution d’énergie, de la réalité virtuelle, des Micro-Electro-Mechanical-Systems (MEMS), des micro-capteurs… » Enfin, il y a quelques semaines c’est avec Telecom Sud Paris que l’industriel français a conclu un partenariat notamment sur l’innovation dans les domaines de la « cybersécurité, la sécurité des systèmes d’information, les logiciels libres, les processus de management de l’information… »

 

Car la tendance est bien là : le secteur terrestre devient un marché de haute technologie. Et face à une compétition de plus en plus rude des pays émergents sur ce marché, Nexter fait le pari de l’innovation. Cette politique de rapprochement avec les écoles permet à l’industriel de capter des compétences qu’il n’a pas forcement (comme la robotique). « Un dialogue permanent avec les écoles et un bouillonnement d’idées vivifiants » décrit Olivier Brousmiche en charge du développement chez Nexter.

 

Et si peu de personne attendait Nexter à prendre ce virage, le Nerva est bien là, révélateur du nouveau positionnement du groupe sur le segment naissant de la robotique terrestre. Ainsi d’autres robots, plus petit ou plus gros pourraient bientôt voir le jour. Car la stratégie et l’ambition sont clairement affichées : devenir la référence française de la robotique militaire terrestre.

 

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A noter que le Nerva est visible depuis hier à l’œil du public, il a été sélectionné pour participer à l’exposition « Et l’Homme… créa le robot ». Rendez-vous au Musée des Arts et Métiers à Paris, du 30 octobre au 3 mars 2013.

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 13:05

GAN Avril 2012 photo Marine nationale

photo Marine Nationale

 

01.11.2012 par Le Fauteuil de Colbert

 

 

L'Industrie conserve une forte charge politique en France, et dans de nombreux pays. La production de bien manufacturiers serait la plus à même de faire le bonheur des statistiques de l'exportation. Passons outre le fait que la question de la "désindustrialisation" de la France est un débat biaisé puisque nombre d'emplois dans le secteur de l'Industrie ont été externalisé dans les Services depuis une ou deux décennies...


Le nouveau gouvernement, en fonction depuis l'élection présidentielle de 2012, souhaite, comme ses prédécesseurs, relancer le secteur industriel en "France". Signe des temps, nombre de personnes continue encore à résumer la France à ses territoires d'Europe. Il s'agirait de réformer le code minier afin d'aller dans la direction d'une relance de l'exploitation des ressources fossiles des territoires français d'Europe. Hors, les français sont gouvernés par un mensonge : la France, un hexagone ? Non, la France est un archipel d'ampleur mondiale.

A cet effet, l'industrie nationale ne se relancera pas en Europe où les ressources du sol semblent soit pauvre, soit négligeable soit problématique à exploiter (cas des gaz de schistes). Mais c'est bien dans la France archipélique qu'il existe des perspectives formidables et dont l'exploitation pourrait marquer un tournant historique. La Guyane a inauguré un état de fait : en 2019, la France sera pays producteur de pétrole. Les réserves pétrolières de cette France d'Amérique du Sud ne sont pas encore totalement délimitées et estimées. C'est une introduction car c'est dans l'océan Indien que les plus grandes réserves de ressources seraient à découvrir. L'avenir offrira donc le choix d'exploiter ces ressources. Partant de là, le sel de la valeur ajoutée des industries réside dans la transformation des ressources primaires, ce qui nécessitera de grandes quantités d'énergies dans une zone où le secteur industriel français n'est pas ou peu développé.

Enfin, l'existence de ressources de taille suffisante pour mériter le qualificatif de stratégique ne pourra qu'attiser la convoitise. Dans cette optique, la République devra faire respecter sa souveraineté et dissuader de tout pillage. Les moyens affectés à ces missions ne consisteront pas en un nombre plus ou moins grands de patrouilleurs hauturiers, mais bien en un bouleversement historique de notre outil de Défense nationale car notre géographique est à un tournant historique.

 

Si le propos prend comme exemple l'Océan Indien, il peut se tenir dans n'importe quel endroit de l'Archipel français.

http://euromedcapital.files.wordpress.com/2010/05/zee-france1.jpg

 

L'Archipel

 

La France est donc un archipel dont la représentation ci-dessus donne un aperçu de l'ampleur. Il s'agit de deux objets distincts :

  • les différentes îles et les différents îlots qui constituent le territoire de la France et que la République se doit de protéger en vertu de la Constitution. Un point particulier doit être dit concernant la métropole et la Guyane :
    • La première est une île artificielle grâce à la fin du danger continental de la Guerre froide et la disparition de tous les autres que la France avait connu. Mais aussi c'est une île articielle grâce à la construction européenne. C'est l'équivalent moderne des Longs murs d'Athènes.

    • La Guyane bénéficie de l'existence du désert humain qu'est la forêt amazonienne, ce qui assure une certaine protection naturelle, aussi infranchissable que peut l'être la forêt des Ardennes.
  • Les zones économiques exclusives sont l'une des principales créations de la convention de Montego Bay (1982). Elle délimite une zone allant de la mer territoriale (de la ligne de base jusque 12 miles en mer) jusqu'à 188 miles nautiques en haute mer.

Les ZEE ne sont pas un territoire mais l'Etat qui en possède a l'exclusivité de leur exploitation. C'est l'Etat qui en régule l'exploitation. Mais il ne peut pas en interdire le libre passage. Cependant, la création des ZEE relève de logiques américaines (ressources fossiles du plateau continental) et sud-américaines (ressources halieutiques) visant à territorialiser la mer pour interdire à d'autres utilisateurs ses ressources.

 

Le premier objet stratégique relève du territoire national quand le second est une création internationale qui étend notre souveraineté en mer sur des zones qui ne sont des territoires stricto sensu, mais dont le devenir nous appartient. La jonction des deux objets forment l'Archipel français. De ce simple constat découlera un certain nombre de réalités  et d'enjeux, ce qui fait que toute construction d'outils militaires ne peut que être conçu pour et par l'Archipel. Toute construction qui méconnaîtrait cette chose n'aurait ni pour ambition de respecter la Constitution, ni même de protéger la France, ses habitants et ses intérêts compris.

 

La région française de l'Océan Indien

 

Les marins d'autrefois ont donné à la France de nombreux territoires dans l'Océan Indien. Les principaux sont :

  • les archipels de Mayotte (département de la République depuis un référendum de 2011) et les îles éparses dans le canal du Mozambique,
  • les îles de Tromelin et de la Réunion à l'Est de Madagascar,
  • l'ensemble des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) formé par les archipels de Crozet, St-Paul et Amsterdam, Kerguelen et par la terre Adélie.

C'est la réunion de ces territoires, et donc de leur ZEE, qui forme un grand ensemble qui pourraît être nommé "région française de l'Océan Indien" (RFOI ?). Région qui est à l'intersection des axes Nord et Sud de l'Archipel français. Mais qui est aussi légèrement au sud de la route de circumnavigation. Et encore, les territoires français de l'Océan Indien sont aussi au sud des principales routes mondiales du commerce et de l'énergie. Mais cette région peut aussi être l'un des tremplins pour participer aux affaires asiatiques alors que le centre géopolitique du monde tend à se repositionner tout à l'Est du Rimland, en Asie du Sud-Est.

De manière plus particulière, la région française de l'Océan Indien est positionnée face à une grande partie des détroits du Rimland : le Cap, Suez, Bab El-Manded, Ormuz, Malacca et la Sonde. Ce n'est pas une mince position stratégique que d'être à proximité de ces points là qui s'ils venaient à être coupés pourraient alors perturbés l'écoulement des flux maritimes, ce qui perturberait grandement l'économie mondiale.

 

Néanmoins, il convient de noter que cette région est constitué de deux sous-ensembles géographiques différenciés :

  • une partie Nord qui est en regard de l'Afrique et de Madagascar,
  • une partie Sud qui est baignée de sa proximité avec l'Antarctique.

Qui plus est, cette région possède des dimensions relativement importantes puisqu'elle s'étend d'un axe Nord-Sud de 3000 km et s'étire en largeur sur 2000 km. C'est presque l'ampleur du territoire des Etats-Unis en Amérique du Nord, hors Alaska.

 

S'il fallait trouver au moins une unité à ce territoire alors cela pourrait être l'exploitation de ses ressources fossiles. Plusieurs îles recèleraient, par leurs zones économiques exclusives, de grandes réserves d'hydrocarbures et de minéraux. La plus-value de l'industrie se réalise dans la transformation des matières premières. Ce qui revient à rechercher un lieu pour cette transformation, et ce lieu est tout trouvé : c'est la Réunion. L'île posséderait suffisamment de place et d'énergie pour mener à bien ce projet. De plus, elle à vocation être le centre de gravité des territoires français de l'Océan Indien.

 

Ressources

 

Ces ressources fabuleuses, de quoi sont-elles composer ? Le rapport du Sénat sur la Maritimisation, mais aussi un ouvrage -"France-sur-Mer : l'Empire oublié", nous en offre un aperçu :

  • "Dans le canal du Mozambique, les eaux sous souveraineté française, autour des îles Eparses, disposent de sous-sols semblables à ceux de Madagascar où se trouveraient des réserves estimées à plus de 16 milliards de barils" (rapport du Sénat sur la Maritimisation).
  • "Dans les TAAF, la légine australe est bien exploitée, avec 6 000 tonnes/an dans le cadre d'une pêche extrêmement réglementée qui a fait ces dernières années l'objet d'un contrôle renforcé pour limiter le pillage des stocks par la pêche illégale" ((rapport du Sénat sur la Maritimisation).
  • "La pisciculture concerne la Réunion, Mayotte, la Polynésie et la Nouvelle-Calédonie, avec des perspectives de développement, mais aussi des freins identifiés" (rapport du Sénat sur la Maritimisation).
  • "La pêche constitue, en effet, un rouage de notre indépendance alimentaire qu'il faut sauvegarder, même si, d'ores et déjà, elle ne peut plus couvrir que 80 % de nos besoins, ce qui pénalise notre balance des paiements, le déficit global de la France sur les seuls poissons étant malheureusement passé en dix ans de 500 000 à 1 million de tonnes" (rapport du Sénat sur la Maritimisation).
  • Il y aurait de fortes suspicions quant à la présence de réserves de pétrole dans l'archipel des Kerguelen. Les campagnes détudes visant à étudier la possibilité d'étendre les ZEE de cet archipel par le biais de la dorsale océanique (KERGUEPLAC) comprennaient divers organismes dont l'IFP (Institut Français du Pétrole). Il n'y a eu ni infirmation, ni confirmation concernant l'existence de gisements d'or noir (et possiblement de gaz) (Travaux hydrographiques aux îles Kerguelen (1996-2003).

  • Il reste à savoir si des ressources minérales seront découvertes dans les ZEE et les territoires français de l'Océan Indien.

Rien qu'avec les réserves de pétrole, estimées, résidant dans les eaux françaises du canal du Mozambique, il y a de quoi relancer, un peu l'industrie nationale. Le Sénat fait bien, aussi, de mettre en exergue que les ressources halieutiques participent de l'enjeu de notre indépendance alimentaire, et de notre diversification des approvisionnements, également.

Les sénateurs ajoutent que : "Les difficultés rencontrées par la pêche française aussi bien en métropole que dans les territoires d'outre-mer militent pour un renforcement des moyens de contrôle et de surveillance maritimes des zones de pêche afin, d'une part, de protéger les stocks dans nos eaux territoriales contre les pêches illégales et la surexploitation de certaines zones et, d'autre part, défendre les intérêts de nos pêcheurs nationaux dont l'activité est essentielle à l'équilibre économique de ces territoires". Il n'y a pas plus clair lien établi entre des ressources qui peuvent s'avérer vitales, les zones économiques exclusives et leur nécessaire protection.

Exploitation

 

La production d'or noir est un vecteur non-négligeable de création d'emplois : il faudra construire ou louer des navires d'exploration et de forage, avoir recours à des plateformes pétrolières et à des navires pour transporter les ressources extraites jusqu'à leur lieu de transformation.

Les ressources halieutiques ne seront pas en reste puisque la flotte de pêche française pourra trouver des débouchés inespérés et composer avec une politique d'exploitation durable de ces ressources si et seulement si les moyens dédiés à la surveillance maritime seront bel et bien présent.

Si l'exploitation de ces ressources sera source d'une activité industrielle non-négligeable, l'enjeu reste à les transformer afin de pouvoir les exporter dans les Etats riverains, voire dans le monde. Cet objectif nécessite de développer des zones industrielles capables de raffiner le pétrole, ou des conserveries pour conditionner les ressources halieutiques afin qu'elles puissent être consommées. Mais ce genre d'activité requiert d'avoir à sa disposition de grandes quantités d'énergies. C'est tout l'enjeu des énergies marines renouvelables (énergie houlomotrice, marémotrice, éolienne offshore, hydrolienne, etc... - voir à ce sujet le bulletin d'études marine n°153, le rapport du Sénat sur la maritimisation et l'ouvrage "France-sur-mer l'empire oublié").

Mais l'île de la Réunion, lieu potentiel et probable de la transformation des ressources, dispose aussi de l'intérêt non-négligeable d'être une île volcanique. A ce sujet, le modèle de développement par excellence est l'Islande. L'île de l'Atlantique Nord a su tiré parti de son importante activité volcanique et de ses capacités de production d'électrique d'origine hydraulique pour développer de grandes capacités industrielles dans la production de l'aluminium.

 

Protection (maritime) ?

 

La Protection est l'une des cinq fonctions stratégiques, érigée par le livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2008, consistant en la protection de la population et du territoire français (s'entend donc la protection de l'Archipel (?) et de ses habitants). Dans l'esprit du livre blanc, il s'agit de protéger ces deux objets contre les "nouvelles" vulnérabilités : terrorisme, cyberdéfense, trafics illicites et catastrophes industrielle et naturelle.

Le problème, c'est qu'il y a un vide surprenant entre la fonction Protection et les quatre autres. Par exemple, la fonction "Connaître et anticiper" doit permettre d'appréhender les différentes menaces qui pèsent sur le pays grâce aux différentes manières de collecter du renseignement et de le traiter. Et L'anticipation de ces menaces doit éviter qu'elles ne se développent trop au point que la Prévention (autre fonction stratégique) ne puisse plus les traiter. A ce moment là, il ne resterait plus que le choix d'Intervenir (avant-dernière fonction) : c'est-à-dire recourir à une opération militaire qui est coûteuse sous tous ses rapports. La dissuasion est la dernière fonction de l'actuel livre blanc.

Premier écueil, il n'est pas dit que la connaissance et l'anticipation comprenne la collecte de renseignement sur les activités maritimes en liaison avec les intérêts français. Si la création de la fonction garde-côtes (sans rapport aucun avec le livre blanc) a pour ambition de fournir une image globale des activités maritimes intéressants l'intérêt national, il n'est pas dit qu'elle bénéficie des moyens de renseignement d'autres agences nationales. C'est paradoxal puisque le renseignement est l'apanage des puissances qui cherchent à se protéger d'une surprise stratégique car elles n'ont pas les capacités d'y résister par le fait d'une puissance militaire trop faible. C'est souvent l'apanage des puissances insulaires.

Deuxième écueil, et pas des moindres : de quelle fonction stratégique relève la protection de l'archipel, de ses territoires et de ses zones économiques exclusives ? La fonction Protection n'ambitionne pas, du moins explicitement, de remplir cette mission. Et pourtant, elle est essentielle puisque des missions de sauvegarde maritime dépend la crédibilité de la souveraineté française dans les zones économiques exclusives. Sans cette souveraineté, ces zones ne valent plus rien puisque l'Etat régulateur pourra être contourné et ce sera le pillage qui disposera des ressources. A moins d'une incompréhension du livre blanc de 2008, il y a un gros vide.


C'est par ces deux biais qu'il est possible de comprendre en quoi le livre blanc sur la défense et la sécurité nationale est passée presque complètement à côté de la maritimisation. Pour un travail de prospective... C'est à croire que la pleine mesure de la fin de la Guerre froide n'a pas été prise quand aux évolutions qui sont intervenues dans la géographie de la France (qui est un Archipel).

Donc, l'Action de l'Etat en Mer, comprise dans la fonction garde-côtes, mène les missions de sauvegarde maritime, et est un parent pauvre stratégique. Non prise en compte dans les livres blancs alors qu'elle est gardienne du dernier empire que possède la France. Un empire qui s'étend sur cinq océans, presque tous les océans et qui représente une surface de 11 millions de km², bientôt 13.

Protection ?


La betteravisation est un concept mort-né, obsolète dès son énonciation. C'est la fonction stratégique Protection qui est poussée à son paroxysme car l'Armée de Terre, suite à la fin d'opérations extérieures de longue durée, et "sans perspectives de se réengager dans de telles opérations" (sauf au Mali ? En Somalie ? En Syrie ?), était vouée à rentrer dans ses casernes le temps de régénérer le potentiel.

 

Ce dernier concept permettrait de rêver l'Armée de Terre comme une grande force de protection du territoire contre les catastrophes naturelles et humaines. Soit dit en passant, que font les pompiers et la gendarmerie ? Boutade, s'il en est, puisque pour ceux qui lisent avec délectation et horreur le récit de la bataille de France de la fameuse année 1940 ne peuvent que se rappeler combien la Gendarmerie nationale a un rôle essentiel, vital dans la protection du territoire national.


Le cas de Fukushima serait un grand exemple militant pour cette approche de la fonction Protection. Ce leitmotiv aurait la puissance nécessaire afin d'amener le Politique à sauvegarder la cohérence de l'Armée de Terre par la fourniture des crédits budgétaires. C'est justement ce en quoi l'accident nucléaire japonais est révélateur : le fait que les forces d'auto-défense japonaises aient pu mobiliser une centaine de milliers d'hommes fait, et il faut le dire, rêver en France. Il n'est pas tant question de savoir si le dispositif de Sécurité civile japonais ait été le plus efficient qu'il soit car, au fond, le plus important est de se raccrocher à un pays capable de mobiliser l'équivalent d'un corps d'armée pour lutter contre catastrophes naturelles et industrielles.
Malheureusement, le but de la guerre n'est pas d'aligner le plus grand effectif possible et disponible mais bien d'assurer la défense nationale. C'est pompeux à dire, mais il est possible de se délecter avant l'heure en pensant à quelle manière il va être possible de défendre le programme Scorpion (et son EBRC), les hélicoptères issus du programme HC4 ou le maintien en service des chars Leclerc avec un concept de potager, plus propre à la Sécurité civile qu'à la Guerre.

L'obsolescence du projet est telle qu'il viole allègrement la constitution : est-ce que la seule métropole mérite protection ?

Dès lors, ce modèle projeté et qui traîne depuis trop longtemps comme référent dans les débats est à abattre : il est incompatible avec la protection des intérêts français de l'Océan Indien (et pis de la France). Ces archipels de cet océan exigent, pour la protection des biens et des personnes, une savante défense qui allie défense en mer (maîtrise des mers, sea denial et sea control) avec des capacités aéroamphibies pour répondre à toutes les menaces potentielles. Si la Protection exige de protéger et les territoires et les ressources des zones économiques exclusives alors la manœuvre débute dans les océans et les mers qui bordent nos deux objets stratégiques. Il s'agit de surveiller, par le travail clandestin d'un agent, l'œil d'un satellite ou depuis la caméra déployée depuis le drone d'un patrouilleur afin de traquer l'intrus. Mais dans un archipel, il peut s'agit aussi de porter secours à une île coupée du monde par une catastrophe naturelle (cas de Haïti) ou bien de la reprendre de vive force car c'est un morceau du territoire national qui a été envahi par une puissance étrangère lors d'une opération surprise (cas des Malouines). Mais il s'agit aussi de préserver les flux maritimes, aériens et les communications immatérielles qui relient les îles de l'Archipel entre elles et avec le monde. Ce dernier impératif dépasse même le cadre de l'Archipel, mais aussi celui de la fonction Protection.

Plus largement, le fait que la France soit un archipel et que la constitution affirme que le territoire de la République est un et indivisible, et qu'il est à protéger, fait que la Marine nationale est la première force armée garante de l'intégrité du territoire. Cela n'enlève en rien à l'impérieuse nécessité de disposer de forces terrestres cohérentes afin d'attaquer toute menace où qu'elle se trouve, et de préférence à sa source, afin de prévenir l'émergence d'une menace plus grande qui pourrait passer cette première barrière de Défense, la Marine, pour venir balayer nos forces terrestres.

Mais il n'en demeure pas moins que la première barrière de Défense est navale, et à ce titre, tous les débats, tous les appels à sauvegarder la seule Armée de Terre, à préserver son assise institutionnel et budgétaire qui en fait la première force armée de France, avec le premier budget, ne peuvent que laisser pantois face à la réalité géographique du pays, de l'Archipel et des enjeux qui en découle.

Il y a une sorte d'anachronisme dangereux à laisser ces tentatives de préserver un ordre ancien et désuet. Comme le disait le général Weygand dans un autre temps "la France croira qu'elle sera défendue et elle ne le sera pas". Le général pourfendait l'Armée construite alors car elle n'offrait pas les garanties nécessaires face à la menace d'un nouveau danger continental qui émergeait. Pire, il se disait que l'habit de l'Armée était trop grand pour elle et l'on cherchait à préserver des effectifs et l'apparence d'une grande puissance alors que l'on avait sacrifié l'essentiel : la capacité d'intervenir pour abattre toute menace naissance.

L'Amiral Castex admettait alors qu'il n'y avait pas manière à discuter de la hiérarchie budgétaire entre l'Armée et la Marine : le danger continental impose de sauvegarder la métropole de tout péril. A cette fin, la Marine doit se concentrer sur la protection de l'Empire, de ses lignes de communication et le préserver de toute invasion. Aujourd'hui, et alors qu'il n'existe plus de grand danger continental pour la France depuis 1989 -et c'est une (r)évolution historique- la priorité ne peut que s'inverser entre l'Armée et la Marine pour la défense du territoire national, de l'Archipel. C'est une question de pragmatisme. Cela découlé intrinsèquement de la géographie du territoire.

Si cette évolution n'était pas prise en compte, si cette inversion de priorité n'était pas non plus prise en compte, alors la citation cruelle de Richelieu reviendra encore : "les larmes de nos souverains ont le goût salé de la mer qu'ils ont ignoré".

Le livre bleu ?

 

Au final, un nouveau livre blanc va bientôt être offert à la France. Sa réflexion ne va pas s'arrêter à une ou deux années budgétaires difficiles. Mais elle va bien prendre en compte l'état des lieux : c'est-à-dire que la France possède un riche empire maritime. Il faut le protéger, et il contient les ressources pour le faire. A charger pour d'autres de les exploiter selon les modalités qu'ils définiront. L'Océan Indien n'est qu'un exemple, le propos s'applique en tout point de la France.

Des conceptions stratégiques vont être annoncées et il découlera un outil de Défense nationale reforgé. Il sera question de savoir comment cet outil se construira et se réorientera pour aborder la "nouvelle" géographie française, celle qui a été libérée -enfin depuis des siècles que cela été attendu- de ses servitudes continentales. A ce moment là :

  • l'Action de l'Etat en Mer ne pourra plus être un outil subsidiaire, délaissé par les arbitrages budgétaires.
  • Les forces de haute mer continueront à être autant un outil d'intervention extérieur par excellence qu'un outil naval qui par sa capacité à disputer la maîtrise des mers (sea control et sea denial) sera capable d'assurer la légitimité des forces de la fonction garde-côtes qui n'auront pas à craindre d'être engagées par une puissance trop aventureuse sans que celle-ci craigne des représailles.
  • Il ne faudra pas non plus répéter l'erreur de l'entre-deux-guerres : c'est-à-dire ne pas s'arquebouter sur des questions de rang et de rêve du nombre, mais bien construire des forces terrestres capable d'intervenir d'un bout à l'autre de l'Archipel, et se projeter à partir de lui pour étouffer toute constitution d'une menace qui dépasserait, par son ampleur, les moyens nationaux.

La mer sera l'élément essentiel de la manœuvre pour projeter et soutenir les forces terrestres, pour soutenir la puissance aérienne française. L'enjeu n'est plus de construire un corps d'armée pour contenir une invasion qui viendrait par les Ardennes ou par la Belgique. L'enjeu est la défense d'un Archipel, de ses habitants, ses territoires et de ses ressources. Si l'interarmisation des forces peut être un gage d'efficacité, elle ne peut pas non être un frein à un rééquilibrage, salutaire, entre les priorités budgétaires qui vont à chaque Armée. Tous les programmes sont nécessaires, mais ils ne sont pas tous sur le même pied d'égalité quand à la protection des îles de l'Archipel. A titre d'exemple, il est d'une nécessité impérieuse que les programmes de la fonction garde-côtes (BATSIMAR, BSAH, BIS, BMM et AVSIMAR) et des forces de haute mer (PA2 et PA3, FLOTLOG) aboutissent. Aucun artifice, aucun concept, aussi séduisant soit-il, ne pourra ignorer ou espérer cacher la réalité géographique de l'Archipel. Et tout découlera de cette géographie : la manière dont la France pense sa place dans le monde, la manière dont elle construit sa stratégie pour y agir.

 

Pour aller plus loin :

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 13:00

Thales source usine nouvelle

 

02.11.2012 par Vincent Lamigeon, grand reporter à Challenges - blog Supersonique

 

On a beau tourner et retourner l’affaire dans tous les sens, la messe semble dite. Selon toute vraisemblance, le PDG de Thales Luc Vigneron devrait être poussé vers la sortie d’ici la fin de l’année, dix-huit mois avant l’échéance de son mandat, prévue mi-2014. Comme l’ont expliqué les Echos et la Tribune, la crise aiguë entre les organisations syndicales et le PDG de Thales ont fini par provoquer les foudres des deux actionnaires de référence du groupe d’électronique, l’Etat (27%) et Dassault Aviation (26%). Le dernier conseil d’administration a même vu le recadrage de Luc Vigneron par un représentant de l’Etat, Olivier Bourges, approuvé par Charles Edelstenne : les deux hommes ont déploré le manque de dialogue du PDG de Thales avec les syndicats. Peu avant ce conseil, Charles Edelstenne avait même reçu directement les syndicats de Thales, une première -sans que Luc Vigneron soit au courant, assure une bonne source. « L’Etat et Dassault sont en train de chercher des noms, et veulent aboutir avant la fin de l’année », assure un très bon connaisseur du dossier.

 

Il faut dire que le dialogue social chez Thales tient du champ de ruines : le 12 septembre dernier, la CFDT, la CGT et la CFE-CGC publiaient une lettre ouverte au vitriol pour refuser l’invitation de Luc Vigneron à une réunion de négociations. « Pour satisfaire les appétits gloutons de vos principaux actionnaires, vous conduisez Thales à coups de réorganisations et de coupes claires (…) avec comme objectif la recherche de résultats financiers à court terme et la préservation des intérêts patrimoniaux de Dassault », écrivaient les syndicats. Qui dénonçaient la décision de mettre la DRH sous la coupe de la direction des opérations : « En mélangeant les genres, vous instaurez le pompier pyromane. Ceci constitue pour nos organisations une véritable provocation, un casus belli. » Fin octobre, les syndicats exigeaient des actionnaires qu’ils prennent « au plus vite les décisions qu’exigent la sauvegarde et l’avenir de Thales et de ses emplois ». En clair, qu’ils actent au plus vite le remplacement du PDG.

 

Pourquoi Dassault a-t-il lâché Vigneron, après l’avoir soutenu mordicus pendant trois ans ? Les résultats du troisième trimestre se sont révélés plutôt bons : malgré les difficultés de la branche défense, Thales a réalisé au troisième trimestre un chiffre d'affaires en hausse de 9%, tiré par l'aéronautique civile et les transports. Le groupe a confirmé son objectif de marge opérationnelle courante à 6% en 2012. Mais  le big-bang dans l’état-major annoncé cet été, le troisième depuis mi-2009, semble avoir eu du mal à passer. Cette énième restructuration de la direction générale avait notamment vu le débarquement sans ménagement d’un des deux super-commerciaux du groupe Blaise Jaeger, pourtant réputé être un protégé de Luc Vigneron, et du DRH Loïc Mahé. « Mahé a été dégagé de manière assez scandaleuse, se faisant vider son bureau comme un malpropre », dénonce un syndicaliste. L’Etat, longtemps « sleeping partner » chez Thales, semble aussi s’être réveillé, dans l’optique de peser sur une éventuelle restructuration de l’industrie de défense européenne.

 

Reste à trouver le bon pilote pour Thales. Plusieurs noms sortent régulièrement. L’ancien patron de Vivendi Jean-Bernard Lévy ? « Le job chez Thales, avec des gros contrats dans la défense, est quand même assez spécifique, ce n’est pas forcément le mieux placé », assure un très bon connaisseur du groupe. Pascale Sourisse, en charge du commercial pour la moitié du monde (zone A, en jargon Thales) ? Elle est définie comme la meilleure candidate de l’interne, mais Dassault la verrait comme trop indépendante, préférant le profil de Pierre-Eric Pommelet, patron des systèmes de défense, que l’Etat semble ne pas vouloir retenir. Le patron du missilier européen MBDA, filiale d’EADS, BAE et Finmeccanica ? « C’est l’un des meilleurs profils : il connaît l’international, sait travailler avec les Anglais, et a bien gérer MBDA », assure une très bonne source. Laurent Giovacchini, ex-DGA, patron de CS Systèmes d’information ? « C’est un bon, mais a-t-il assez d’expérience industrielle ? », s’interroge la même source.

 

Les négociations entre l’Etat et Dassault s’annoncent donc ardues : l’industriel n’a pas l’habitude de céder du terrain sans contrepartie. Il se battra probablement pour que le groupe poursuivre ses efforts de gains de productivité, notamment le plan Probasis qui prévoyait 1,3 milliard d'euros d'économies en cinq ans, et continue d'être très vigilant sur les marges de ses contrats, après les pataquès sur l'A400M, le patrouilleur Meltem ou un contrat billettique au Danemark. D’aucuns évoquent la possibilité de s’accorder sur un pape de transition, un peu à l’image de Marcel Roulet, nommé en 1996 à la tête de Thomson CSF à la suite du flamboyant Alain Gomez. La suite au prochain épisode...

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 12:35

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/terre/terre-images/images-articles/exercice-tesson/2053564-1-fre-FR/exercice-tesson.jpg

 

Les capitaines en formation ont participé à l'exercice Tesson aux écoles militaires de Draguignan qui s'est déroulé du 22 au 25 octobre 2012. - Crédits : EMD

 

02/11/2012 armée de Terre

 

Du 22 au 25 octobre 2012, les futurs commandants d’unité ont participé à l’exercice interarmes Tesson au sein des écoles militaires de Draguignan afin de s’entraîner à la conduite d’une bataille aéroterrestre.

 

L’exercice Tesson constitue l’un des moments forts dans le cursus des capitaines appelés à commander des unités de combat ou des compagnies de commandement et de logistique. C’est au sein des écoles militaires de Draguignan que plus de 80 d’entre eux ont pu mesurer le travail de planification et de conduite d’un centre des opérations du niveau d’un groupement tactique interarmes (GTIA).

 

Les stagiaires de l’école de l’infanterie, assistés de leurs camarades artilleurs, mais aussi des cavaliers de l’ école de cavalerie de Saumur et des pilotes de l’école de l’aviation légère de l’armée de terre (ALAT) du Luc, ont ainsi appréhendé les conditions de réalisation d’une planification d’une opération complexe.

 

Après deux jours passés à élaborer des ordres pour une mission « d’entrée en premier » sur un théâtre d’opérations en proie à des luttes entre factions armées, les capitaines sont passés à la conduite de l’exercice en tant que chefs de sous-groupement tactique interarmes (SGTIA). A cet effet, ils se sont appuyés sur la plate-forme de simulation opérationnelle de l’école.

 

Le bilan de l’exercice s’est révélé extrêmement fructueux et positif tant au niveau de la coordination interarmes qu’à celui de l’assimilation des actions d’environnement. Vingt étudiants de l’IUT de journalisme de Cannes étaient d’ailleurs présents et ont réalisé des interviews de jeunes capitaines en situation. Ces derniers ont bénéficié des conseils des instructeurs de l’école et des contrôleurs tactiques. Au total, pas moins de 150 personnes se sont mobilisées avec succès pour apporter leur expérience à ces futurs commandants d’unité, échelon essentiel dans la conduite d’une opération.

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 12:30

Euronaval-2012

 

3 novembre 2012   Étienne Pellot - letelegramme.com

 

Le dernier salon Euronaval, anticipant les arbitrages budgétaires à venir, a dressé un bilan positif. En figures de proue, la Marine et l'industrie de défense, qui apparaît comme un véritable moteur des exportations.

 

Lors du dernier salon Euronaval (350 entreprises dont 152 françaises), qui s'est achevé le 26octobre dernier au Bourget, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a clairement réaffirmé que «le renforcement des capacités de la Marine nationale serait poursuivi (...) comme un choix politique et stratégique prioritaire». Un membre important de la Commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité traduit: «C'est le bilan politique le plus important d'Euronaval qui anticipe les arbitrages budgétaires du prochain Livre blanc.»

 

900.000 emplois d'ici à 10 ans ?

 

La même source qui requiert l'anonymat précise que, «rompant avec les quinze dernières années, la Marine nationale ne sera plus la variable d'ajustement des autres armées». Trois raisons sont avancées. En premier lieu, le rapport du Sénat sur la «maritimisation» de l'été dernier (1) a constitué un électrochoc pour nombre de décideurs politiques et économiques, démontrant que la mer et les océans offraient l'un des axes français de croissance les plus prometteurs. En effet, hors tourisme, l'économie maritime représente 310.000emplois et les experts estiment que ce chiffre pourrait être doublé, voire triplé, lors des dix prochaines années.

 

Un carnet de commandes bien rempli

 

Deuxième facteur de cette anticipation: en profonde mutation depuis dix ans, DCNS n'a cessé d'améliorer sa compétitivité et sa maîtrise des systèmes navals et du maintien en condition opérationnelle des navires. Avec les grands programmes lancés (patrouilleurs du type Adroit, frégates FREMM et sous-marins Barracuda), l'industriel français accède aux avant-postes du marché international. De plus, ses diversifications, notamment en matière d'énergies maritimes renouvelables, le positionnent au coeur de la «maritimisation» et sa logique de mise en cohérence des missions de défense et des perspectives de croissance. Au résultat, le naval de défense dispose aujourd'hui d'un carnet de commandes plus important que tous les prospects de l'aéronautique militaire. Il s'agit, par conséquent, d'un véritable moteur des exportations françaises.

 

Une classe politique «réveillée»

 

Enfin, le facteur humain: plusieurs des grands exposants d'Euronaval se félicitent que «notre Marine ait pu rattraper efficacement le retard qu'elle accusait sur les autres armées en matière de communication car elle est aujourd'hui barrée par un chef d'état-major hors du commun». Les mêmes soulignent que le «tropisme breton» - partagé non seulement par le ministre de la Défense, mais aussi par le Premier ministre, le ministre des Transports et la présidente de la Commission de la défense de l'Assemblée nationale(2) -, contribue aussi à réveiller une classe politique française majoritairement ignorante des enjeux de la mer et de la maritimisation des économies modernes. Si, d'une manière générale, l'image des armées reste plutôt positive auprès des Français, celle de la Marine nationale a su se distinguer pour les raisons précédemment indiquées, mais aussi - disent les communicants de la branche - à travers trois évolutions «grand public»: la professionnalisation, la polyvalence et la cohérence. Et, conclut notre homme de la Commission du Livre blanc, «cette image offensive oriente, d'ores et déjà, les choix budgétaires et stratégiques que nous devrons formuler d'ici à la fin de l'année». Que du bonheur pour la Bretagne...

 

1. «Maritimisation: la France face à la nouvelle géopolitique des océans»: rapport d'information de Jeanny Lorgeoux et André Trillard, fait au nom de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées.

 

2. Patricia Adam, députée socialiste de Brest.

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 15:34

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/marine/portraits/cemm2/amiral-bernard-rogel/1370842-2-fre-FR/amiral-bernard-rogel.jpg

photo Marine Nationale

 

Nov. 1, 2012 - By PIERRE TRAN  Defense News

 

Adm. Bernard Rogel, chief of staff of the French Navy, is looking for the green light for a new generation of offshore patrol vessels (OPVs), a third plank of fleet renewal on top of the FREMM (frégate multimission) frigates and Barracuda nuclear-powered attack submarines the Navy has ordered. The patrol ships are needed to maintain control of France’s distant maritime interests, as oil is discovered off French Guiana and awareness of the sea’s importance to France rises, he argues.

 

But the fiscal outlook is tough. Much hangs on the government’s defense white paper, due to be published by the end of the year. Rogel, with his Army and Air Force counterparts, sits on the committee drafting the report, which resets France’s strategic objectives and provides guidelines for a new multiyear defense budget.

 

Q. Given the talk of postponing orders for the FREMM frigate and Barracuda attack submarine due to budget constraints, what are the Navy’s priorities?

 

A. It’s difficult to answer because we’re preparing the white paper. The essential [thing] is not to start by capabilities but defense and security ambitions, then put them in budgetary context, and then define capacity. The maritime stakes are important. Thanks to a recent French Senate report, which talks of “maritimization,” people understand the sea’s importance to our country.

 

There is rumor, but [until] the white paper is completed, we won’t have the financial trajectory for our defense. Of course, there will be an effort required, but the consequences aren’t the same if the effort is for three or four years — or the long term, around 10 years. All this is happening while the Navy is renewing its equipment: ballistic missile submarines, arrival of FREMM frigates, Barracuda submarines and offshore patrol vessels, which will replace the current diverse fleet.

 

France has the second-largest maritime domain after the U.S., and that brings obligations and duties. That’s one of the challenges of the OPV program there. Today, it’s hard to define the priorities, but I am in the middle of the renewal of part of the French fleet.

 

Q. Do you think the white paper has taken into account the importance of the sea, or maritimization?

 

A. The deliberations of the white paper are secret, but without betraying any secrets, I can say yes. The Senate report talks about the importance of trade flows, piracy, new technology that brings companies to the sea — France will have offshore oil in its exclusive economic zone off French Guiana — the war for oil resources, environmental issues. All that means there is an awareness of the sea’s importance to the country and Europe.

 

Q. The 2009-12 period saw a total underspend of 5 billion euros ($6.5 billion) compared to the multiyear defense budget law. What’s the effect on the Navy?

 

A. In the short term, there are direct effects on fleet maintenance that we’re managing to deal with.

 

Today, I have a first-rank Navy. We showed in 2011 in operations Harmattan and Unified Protector [that] the French Navy had great credibility and capacity. We deployed in a very short time [for] a mission which lasted seven months and fielded 27 vessels — subs, fleet air arm, mine hunting, etc. — so the cuts on maintenance didn’t affect us, so far. But if we continue to have cuts, there will be operational consequences, particularly as we’re running down stocks of spares.

 

Q. How did you manage this year’s 43 million euro ($66.4 million) budget cut?

 

A. We have to make choices: administration, maintenance of naval and air assets. For a year, it’s difficult, but we can manage.

 

Our country is in a complicated budgetary situation, like all the Western countries, and we have to look at the ambitions, the missions that the politicians assign, and align with the budget available. If the ambitions are too high, and the budgets are too low, that leads to cuts from below. You define the service in budgetary rather than operational terms. To save money, you cut a capability you need, but you do it because it saves lots of money

 

Everything depends on the time factor. That’s what the white paper commission will decide. If we’re asked for an effort for three or four years, we can postpone some programs, reduce format, etc. But if the financial effort is for 10 years, about the life of a program, then we’ll have larger decisions to make.

 

Q. The 2013 budget includes a program for a multipurpose offshore patrol vessel (OPV) and three patrol boats. What’s the significance?

 

A. We had a problem of a temporary reduction in capability for maritime surveillance and support for our overseas territories — part of the financial measures. There is a transition phase of three or four years for replacement of old patrol vessels as new ones come in. It was decided to launch the multimission ship program, which is financed on an interministerial basis — 80 percent Defense Ministry, 20 percent other ministries. These will be armed civil supply ships and cover the capability gap resulting from the withdrawal of the Batral, amphibious light transports of the Jacques Cartier class.

 

The second OPV is longer term, with entry into service in 2017. The ambition is to replace a diverse fleet — P400, Aviso 69, fisheries protection boats — with a single model, to be more economical in crew training and maintenance. That’s what we’re trying to do with the FREMM frigates, which won’t be just a single model, as we will have the air defense version, and we have the La Fayette light stealth frigates. The idea is to have long series. If you don’t have long series, that costs in training crews and maintenance.

 

Q. What other renewal programs?

 

A. We are replacing naval fighter jets. The Super Etendard will be replaced by the Rafale by 2016. We’re replacing the Super Frelon and Lynx with 27 heavy NH90 helicopters — 14 for anti-submarine warfare and the rest multimission. Later, replacement of light helicopters, including the Alouette 3, good for liaison and surveillance but rather outdated in capability.

 

For the OPV Batsimar [batiment de surveillance et intervention], we define in 2013-14 the type of ship we want; then the tender will be launched.

 

There are four logistics ships to be replaced: Somme, Var, Meuse, Marne and the Jules Verne fleet auxiliary. There has been a fleet reduction over the last 10 years, some 15 ships decommissioned without replacement.

 

Q. What’s the significance of that?

 

A. The smaller the fleet, the greater the need for multipurpose. We may have to go from crisis management to high-intensity conflict. And the ships have to remain at sea for a long time.

 

For multipurpose, the command and projection [Mistral] ships are the Navy’s Swiss Army penknives. They could be used in support off the Ivory Coast, to deploy combat helicopters off Libya, as a hospital ship after the Haiti earthquake and to evacuate people from Lebanon.

 

We’re looking for this multipurpose in the new Batsimar OPV ships, which will be used for security at sea but will be equipped with an unmanned helicopter and capable of deploying special operations forces troops.

 

Multirole maritime patrol aircraft are important. We have the modernization of the Atlantique 2, the only aircraft capable of operations and carrying weapons against targets at sea, undersea and on land.

 

Q. What lessons have been learned from the Adroit Gowind-class OPV?

 

A. We’re sailing it a lot to ensure it is sea-proven. We used it for red tuna fishery protection duty in the Mediterranean, security at sea operations. We plan to deploy it in the Indian Ocean for anti-piracy.

 

It performs satisfactorily. We are improving as we go along. We’re testing it with an unmanned helicopter, testing deployment of commandoes by the rear ramp and testing out daily routine. The ship perfectly fits the OPV mission. It’s very interesting for us; ahead of the OPV Batsimar program, it gives us a chance to operate this type of ship and improve its equipment.

 

Reduced crewing is one of the main challenges. We have to acquire experience. It’s not a problem at sea. We have a reach-back crew — a reserve crew to help on maintenance and personnel absence. For FREMM, we will have one reach-back for the Mediterranean and one for the Atlantic. We have to study with industry how to maintain ships with smaller crews, hence the maintenance contracts.

 

Q. How about pooling and sharing the Atlantique 2 with the British?

 

A. This is one for the British. They don’t have a maritime patrol aircraft. I don’t know if they are desperate, but if you took my MPA away, I’d be in a desperate state.

 

Q. In what other areas is the Navy cooperating with the British?

 

A. We’re trying to discuss capabilities in mine warfare. We’re renewing our minehunting assets around 2020. We’re in preliminary talks. On the anti-ship missile, discussions are going on, and in the hands of the Ministry of Defense. When you talk of cooperation, people expect immediate effects. In the Navy, we work on a 15-year horizon. The first step is to find synergy — that’s what we’re trying to find with the Corsican Lion exercise. We try to find ideas and work differently with the means we have.

 

We could have a permanent carrier presence at sea, with a naval air group, when the British get their carrier. We could have a carrier of a given nationality, put on board a common general staff — that’s what we’re testing with Corsican Lion — and have a common escort.

 

We’re looking, but there will be few projects in the next two or three years. We’re talking 10 years.

 

Q. What is the Navy’s real challenge?

 

A. The reduction has been going on for several years. I talk about capacity to fulfill the mission in the best and cheapest way. That’s why we’re trying to find innovative projects, why we’re trying to find capabilities that are different, more multirole, that can stay at sea longer. We have to negotiate with industry for maintenance at best price. I am looking for renewal of a part of the fleet when budgets are constrained. The challenge is to get this renewal done in the best conditions.

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 14:15

Pod-Damocles-en-2009.jpg

 

01.11.2012 par Valerie Cheron - INFO-AVIATION

La nacelle de ciblage Damocles du Rafale ne sera pas mise à jour et sera remplacé par un pod de désignation laser de nouvelle génération.

Le pod Damocles utilisé sur le Rafale (photo) devient obsolète avec son faible capteur infrarouge de 320×240 pixels, notamment face aux concurrents Sniper de Lockheed Martin (USA) et Litening de Rafael (Israël).

 

La France va donc investir 450 millions d’euros pour développer et produire 45 PDL NG (Pod de Désignation Laser de Nouvelle Génération) pour équiper le Rafale et le Mirage 2000D. Ce nouveau pod aura une résolution de 650×520 pixels qui sera doublée à 1280×1024 pixels grâce à une technique de micro-analyse . Il sera complété par une caméra TV pour les opérations de jour et l’identification des cibles très petites (qui faisait défaut au Damocles).

 

La géolocalisation par GPS+INS sera également améliorée avec une précision quasi-métrique permettant d’utiliser les nouvelles bombes AASM. Il permettra aussi un meilleure compatibilité pour les appontages, et un meilleur RCS (Radar Cross Section).

 

Le premier PDL NG pourrait être livré à partir de 2018 par Thales et pourrait même être proposé à l’exportation.

 

Une double page est consacrée à ce nouveau pod dans le magazine Air & Cosmos n°2305.

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 21:44

GROUND-Master-400.jpg

 

GROUND Master 400 is part of ThalesRaytheonSystems’s

fully digital 3D air defense radar family.

 

October 31, 2012 defense-update.com

 

ThalesRaytheonSystems (TRS) has been selected by the French defense procurement agency (DGA) to supply the French Air Force with a Ground Master 406 radar base and provide on-site support at Nice Mont-Agel airbase. The contract, awarded on September 7, 2012, calls for the supply and installation of a Ground Master 406 (GM 406), associated civil engineering, through-life support for three years with guaranteed operational availability of 98%, and information system security for the radar base.

 

This new-generation radar, the cornerstone of France’s airspace surveillance capability, will be integrated with the air defense network of the SCCOA air command and control system to provide airspace monitoring, which is a high-priority mission under the country’s Permanent Security Posture (PSP). France has already acquired a radar station based on the GM 406 that will be part of the protection of the Kourou spaceport in French Guiana.

 

The new GM 406 radar will be coupled with the NATO ACCS C2 centers, the SCCOA system and C3M system (the deployable component of the French SCCOA program) centers as well as Navy and Army installations.

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 20:46

cyber warfare

 

31.10.2012 - pcinpact.com

 

Plus de trois mois après la publication de son rapport sur la cyberdéfense, le sénateur Jean-Marie Bockel reste préoccupé du retard pris par la France dans ce domaine. Interpellé sur ce sujet, le ministre de la Défense a indiqué que les préconisations de l'élu étaient encore à l'étude par les services concernés.

 

Le 19 juillet dernier, le sénateur Jean-Marie Bockel présentait les conclusions de son rapport d’information sur les enjeux de la cyberdéfense (disponible ici). L’élu, désormais UDI, dessinait alors une dizaine de priorités, consistant notamment à renforcer les pouvoirs de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) et à améliorer la protection de la France contre les cyberattaques. Parmi ses mesures les plus remarquées, l’interdiction sur le territoire national et à l’échelle européenne du déploiement et de l’utilisation de routeurs ou d’autres équipements de coeur de réseaux présentant « un risque pour la sécurité nationale, en particulier les « routeurs » et certains équipements d’origine chinoise ». Craignant qu’un pays producteur place des dispositifs de surveillance ou d’interception dans ces maillons forts, le sénateur pointait du doigt deux sociétés chinoises, Huawei et ZTE.

Le sénateur Bockel prévient à nouveau le gouvernement 

Plus de trois mois après la publication de ce rapport, le parlementaire s’inquiète du manque de réaction de l’État. Dans une question d’actualité à destination de Kader Arif, ministre délégué aux anciens combattants, Jean-Marie Bockel a rappelé la semaine dernière que « les cyberattaques sont le meilleur moyen de perturber gravement un pays comme le nôtre, notamment en paralysant les systèmes informatiques et Internet, le transport aérien et ferroviaire, le fonctionnement des hôpitaux et les réseaux d'eau et d'énergie ». Pourquoi ? Parce que selon lui, « elles exigent peu d'organisation et sont assez faciles à mener ».

 

Ces risques sont d’autant plus importants selon le sénateur que les intérêts visés « sont aussi d'ordre économique, car l'essentiel des pénétrations de réseaux constitue une entreprise d'espionnage massif de notre richesse industrielle. Or, en période de guerre économique, cela compte ! ». Déplorant l’absence de réponse de la part du gouvernement, Jean-Marie Bockel a insisté sur le retard pris par la France en matière de cyberdéfense, notamment par rapport à l’Allemagne et au Royaume-Uni. Il a fini par réclamer « une prise en compte au plus haut niveau de l'État de cette réalité, une définition des priorités et des réponses qui s'imposent ».

Le ministère de la Défense étudie encore les propositions du rapport Bockel

Fin juillet, le député UMP Patrick Hetzel demandait au ministère de la Défense quelles suites il pensait donner aux propositions de Jean-Marie Bockel. Dans sa réponse, publiée justement hier au Journal Officiel, Jean-Yves Le Drian annonce que les préconisations de ce rapport « sont encore à l'étude au sein des directions concernées par la lutte contre la cybercriminalité ». Il indique d'ailleurs qu’elles constituent « des axes de réflexion pour l'élaboration du nouveau Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale ».

 

Le ministre de la Défense semble néanmoins se féliciter qu’une « grande cohérence [apparaîsse] déjà entre ces recommandations et les actions mises en oeuvre par le ministère ». Selon lui, « la cyberdéfense et la protection des systèmes d'information et de communication (SIC) est une priorité qui se traduit, depuis 2011, par la montée en puissance des effectifs et des moyens dédiés à la lutte contre la cybercriminalité ». Jean-Yves Le Drian détaille ensuite longuement diverses actions menées plus ou moins récemment par ses services. Par exemple, on apprend que l'état-major des armées a créé, le 13 juillet dernier, « un réseau cyberdéfense de réservistes citoyens, dont la vocation s'inscrit dans une démarche de défense et de sécurité nationale appliquée à la nature transverse du cyberespace ». Le ministre de la Défense rappelle en outre que la France dispose de nombreux accords de coopération avec certains pays alliés, comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni.

 

Dans sa conclusion, Jean-Yves Le Drian insiste sur le fait que « la mise en oeuvre de la plupart des recommandations du récent rapport du Sénat sur la cyberdéfense est conditionnée par la disponibilité de moyens financiers et surtout humains ». Autrement dit, l’argent reste « le nerf de la guerre », en ce que de nouvelles mesures doivent être accompagnées de nouveaux crédits. « Le futur livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, ainsi que la loi de programmation militaire qui en découlera, encadreront plus précisément les affectations de ressources nécessaires à la cyberdéfense et la protection des SIC ». La publication de ce document, qui n’est pas attendue pour avant le début de l’année 2013, laisse présager encore quelques mois d’attente supplémentaires pour le sénateur Bockel.

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 20:43

Syria

 

31/10/2012 20minutes.fr (AFP)

 

La France devait tenter une nouvelle fois mercredi d'obtenir un assouplissement de la position russe sur la question syrienne, à l'occasion d'une rencontre à Paris des chefs de la diplomatie Laurent Fabius et Sergueï Lavrov, reçus en soirée par François Hollande.

 

Cette session, qui réunit parallèlement leurs collègues de la Défense, Jean-Yves Le Drian et Anatoli Serdioukov, qui verront aussi le président français, s'inscrit dans le cadre d'un Conseil annuel de coopération franco-russe sur la sécurité, créé il y a dix ans.

 

La coopération Otan-Russie en défense antimissiles, l'Iran, l'Afghanistan et le Mali figurent à l'ordre du jour mais la crise syrienne devrait dominer les discussions.

 

"Sur certains sujets, nos positions sont convergentes. C'est le cas du Mali, comme l'a montré l'adoption à l'unanimité de la résolution du Conseil de sécurité", a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay Philippe Lalliot. Cette résolution a donné jusqu'à fin novembre aux pays ouest-africains pour préciser leur plan d'intervention militaire pour reconquérir le Nord-Mali, contrôlé par des islamistes extrémistes.

 

"Sur d'autres sujets, a poursuivi M. Lalliot, nos positions divergent encore, je fais référence à la Syrie, bien sûr".

 

Les divergences portent notamment sur la participation du président Bachar al-Assad à un éventuel gouvernement de transition.

 

Un accord conclu à Genève le 30 juin entre les membres du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Chine, Russie, France et Grande-Bretagne) prévoit la création d'un organe de gouvernement transitoire dans lequel le régime syrien et l'opposition seraient représentés.

 

Mais les participants ont ensuite diversement interprété le texte, les Occidentaux excluant une participation de Bachar al-Assad, alors que la Russie et la Chine, alliées du président syrien, affirmaient qu'il revenait aux Syriens de déterminer leur avenir.

 

Syrie, sujet numéro un

 

Néanmoins, la diplomatie française considère que le document de Genève "est important parce que c'est le seul sur lequel les membres permanents du Conseil de sécurité sont tombés d'accord et parce que Lakhdar Brahimi (médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe) y attache une grande importance pour la suite".

 

Les nouvelles discussions à Paris ont lieu juste après l'échec de la trêve préconisée par M. Brahimi pendant la fête de l'Aïd al-Adha et au moment où les raids de l'aviation syrienne contre la rébellion se sont intensifiés.

 

En matière de coopération militaire franco-russe, la France, qui réduit ses dépenses militaires, pourrait profiter du choix stratégique de Moscou de moderniser ses équipements pour peser davantage sur la scène internationale.

 

Paris et Moscou ont signé début 2011 un accord portant sur la vente par la France de quatre porte-hélicoptères Mistral et selon les milieux militaires, les Russes seraient notamment intéressés par de nouveaux véhicules blindés français. Mais dans ce type de marchés où la concurrence internationale est redoutable, les discussions sont souvent longues et difficiles.

 

Sur le projet de défense antimissiles de l'Otan, que la Russie considère comme une menace pour sa sécurité, le président russe Vladimir Poutine, après une rencontre en juin avec François Hollande, a jugé que le dialogue "était possible avec la France et avec tous les autres pays de l'Alliance" atlantique.

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 16:55

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/marine/photos-des-breves/rafale-marine-sur-charles-de-gaulle-c-marine-nationale-cyril-davesne/2054804-1-fre-FR/rafale-marine-sur-charles-de-gaulle-c-marine-nationale-cyril-davesne.jpg

 

31/10/2012 Marine Nationale

 

À travers un web documentaire, revivez depuis le porte-avions Charles de Gaulle l’opération Harmattanqui s’est déroulée au large de la Libye en 2010.

 

web documentaire : ICI 

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 16:30

http://www.ambafrance-ru.org/local/cache-vignettes/L360xH242/ccqs-2-7c75f.jpg

 

MOSCOU, 31 octobre - RIA Novosti

 

Les ministres russes de la Défense et des Affaires étrangères Anatoli Serdioukov et Sergueï Lavrov se rendront mercredi à Paris pour prendre part à une réunion du Conseil de coopération franco-russe sur les questions de sécurité (CCQS), a annoncé la porte-parole du ministre Irina Kovaltchouk.

 

Au cours de la rencontre, les deux ministres russes et leurs homologues français "examineront les questions de sécurité globale et régionale ainsi que les perspectives de coopération dans le format Conseil Russie-Otan", a indiqué Mme Kovaltchouk.

 

La source a indiqué que M.Serdioukov s'entretiendrait en outre avec son homologue français Jean-Yves Le Drian pour "évoquer l'état actuel et les perspectives de développement de la coopération militaire et militaro-technique bilatérale".

 

La décision de créer le CCQS a été adoptée par les présidents russe et français en 2002. Le 8 juillet 2002, les ministres des Affaires étrangères des deux pays ont signé une déclaration conjointe définissant les modalités de fonctionnement du Conseil. Sa première réunion a eu lieu en novembre de la même année à Paris. Le Conseil de coopération se réunit en alternance à Moscou et à Paris.

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 12:20

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/media/00/00/807053067.jpg

 

31.10.2012 par P. CHAPLEAU Lignes de Défense

 

Dans un communiqué du 30 octobre, les membres fondateurs : AICS Protection, AMARANTE International, ANTICIP, CRISIS Consulting, ERYS Group, ESEI, GALLICE Group et GEOS, ont annoncé la création officielle du CEFSI, un organisme qui rassemble certaines des principale entreprises de sûreté à l'international. Je m'étais fait en février dernier l'écho de ce projet.

 

L'ambition du CEFSI est de regrouper les "ESSD françaises afin de structurer et fédérer la profession mais aussi de devenir un interlocuteur légitime auprès des institutions dans le débat sur la labellisation et la certification. Au-delà des spécificités de notre secteur d'activité, les enjeux dépassent très largement la profession. Ils concernent en effet l'ensemble des entreprises françaises ouvertes à une croissance extérieure et relancent la question de la compétitivité française et de la lutte d'influence", explique une porte-parole du CEFSI.

 

Le CEFSI doit désormais démontrer deux choses:
1) qu'il sera une structure ouverte aux autres acteurs français de la sécurité/sûreté à l'international et pas seulement une organisation fermée, soucieuse des seuls intérêts de ses membres;
2) qu'il pourra se poser en vrai interlocuteur des pouvoirs publics et des instances de régulation du secteur.

 

Le milieu de la sécurité à l'international va devoir évoluer dans des environnements mouvants, pas moins dangereux mais politiquement plus instables (Maghreb, Sahel, Moyen-Orient) où la présence officielle (et militaire) occidentale va se réduire. En termes commerciaux, les opportunités existent donc. Mais, la concurrence va s'exacerber. D'où une probable recomposition du secteur, en particulier français.

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 12:05

cyber warfare

 

29/10/2012 Baptiste Bize - lanouvellerepublique.fr

 

Le sénateur qui a rédigé un rapport sur la cyber défense préconise l'interdiction des routeurs en Europe mais ne croit pas qu'il y ait un lien avec les hésitations du groupe chinois ZTE dans la Vienne.

 

« Jusqu’à plus ample informé, je ne pense pas qu’il y ait un lien entre les hésitations du groupe ZTE et les préconisations de mon rapport. J’en serais très surpris », estime Jean-Marie Bockel , ancien ministre et actuel sénateur du Haut-Rhin.

 

En exprimant des doutes sur la « réelle motivation » de ZTE, le député-maire de Poitiers avait cité son récent rapport sur la cyber défense qui préconise l’interdiction des routeurs sur le territoire européen. « Ce sont des équipements spécifiques, très sensibles, par lesquels passent toutes les communications et qui peuvent très facilement favoriser les incursions et l’espionnage », ajoute Jean-Marie Bockel. « Quand on sait qu’une grande partie du cyber espionnage industriel est d’origine chinoise, c’est un vrai sujet. Pas une lubie de Bockel ! »

 

Le groupe ZTE qui prévoit d’installer des routeurs sur la Technopole du Futuroscope menace de renoncer à mener le projet de plateforme à son terme alors que les travaux ont débuté et que 30 millions d’euros ont déjà été engagés.

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 11:55

http://www.inhesj.fr/fichiers/gallery_assist/3/gallery_assist623/prev/General%20Serge%20GARRIGUES.jpg

source inhesj.fr

 

30-10-2012 Par Celine Rastello - nouvelobs.com

 

Les explications du chef d'état-major de la Zone de défense et de sécurité de Paris Serge Garrigues. Interview.

 

L'annonce de l'Ouragan Sandy à New York implique l'évacuation de 375.000 personnes. Et une organisation en conséquence qui force l'admiration du chef d'état major à la Zone de défense et de sécurité de Paris, Serge Garrigues. En charge de la planification et de la gestion de crise pour toute l'Ile-de-France, il dirige une équipe de 70 personnes gérant les "risques majeurs" : "inondations, phénomènes météo graves, plans neige et verglas, grippe aviaire, nuage islandais,..." Serge Garrigues explique au "Nouvel Observateur" la gestion des évacuations.

 

Comment envisager l'évacuation d'une ville comme Paris si elle devait intervenir ?


- Contrairement à New York, qui se trouve sur le front Atlantique, nous n'avons pas de scénario d'évacuation massive de Paris et l'Ile-de-France. Même par rapport à une inondation comme celle de 1910, -la plus grosse ayant touché Paris-, nous n'avons pas de stratégie d'évacuation globale.

 

Pour quelle raisons ?


- Concernant les inondations, nous avons tout d'abord une cinétique -vitesse de l'événement- lente. La Seine monterait en sept ou huit jours. Nous disposons aussi d'énormes bassins de rétention permettant de garder une grande partie de l'eau et de l'évacuer de façon maîtrisée. Nous avons aussi un climat tempéré et nous ne sommes pas confrontés à des phénomènes d'ouragan ou d'énorme tempête. Nous n'avons pas non plus, sur Paris et l'Ile-de-France, de sites technologiques permettant d'envisager une évacuation majeure. Si une inondation intervenait, nous ferions un travail d'information et nous aurions des capacités pour permettre aux personnes de vivre sur place.

 

Qu'est-ce qui peut nécessiter une évacuation partielle à Paris ?


- Les évacuations partielles sont le plus souvent liées à l'effondrement d'un réseau : électricité, gaz, eau, qui sont à un moment entièrement coupés pour des raisons soit accidentelles, soit malveillantes. Lors de découvertes de munitions du type bombes anglaises ou américaines de la seconde guerre mondiale aussi. Dans certains cas, les périmètres de sécurité sont tels qu'ils nécessitent des évacuations pouvant monter très rapidement à 25 ou 30.000 personnes en petite couronne. Des évacuations partielles peuvent également être causées par l'ouverture de cavités souterraines, comme récemment dans une école du 13e arrondissement. Elle n'a toutefois pas nécessité d'évacuation importante.

 

Avez-vous en tête un exemple d'évacuation parisienne d'envergure ?


- Non. Aussi étonnant que cela puisse paraître, on n'a jamais, depuis la seconde guerre mondiale, évacué tout ou partie de Paris dans de grandes proportions. On a toujours eu des périmètres de sécurité réduits par rapport à des découvertes de bombes, comme évoqués à l'instant, mais nous n'avons jamais eu, et nous croisons les doigts, d'évacuation importante. Toutefois, comme nous sommes des "paranoïaques du danger", nous l'avons évidemment envisagé. Et nous avons élaboré un vaste plan d'évacuation. 

 

Pour quel type d'événement vous êtes-vous préparés ?


- Nous n'avons pas choisi d'événement spécifique. Ce n'est pas tant la nature de l'événement qui nous intéresse que la question suivante : si pour telle ou telle raison, on nous donnait l'ordre d'évacuer entre 200 et 300.000 personnes en région parisienne, comment s'organiserait-on ? Nous avons d'ailleurs prévu un "plan Evaglo" les 6 et 7 décembre prochains dans le 15e arrondissement de Paris. Nous l'avons choisi car c'est le plus peuplé. Nous ferons alors intervenir tous les acteurs du plan.

 

Si vous recevez l'ordre d'évacuer entre 200 et 300.000 personnes, comment procédez-vous et dans quel ordre ?


- Nous prévenons en premier lieu la population. Nous disposons pour cela d'un système élaboré lié aux panneaux à messages variables de la mairie de Paris. Les médias et les réseaux sociaux relaient aussi massivement l'information, en vue de prévenir un maximum de personnes. Le but est de les informer du fait qu'un phénomène va arriver et de leur expliquer pourquoi on leur demande d'évacuer tel ou tel lieu considéré comme dangereux.

 

http://www.garnison-paris.terre.defense.gouv.fr/images/niveau1/images/zone-de-defense_03.jpg

source garnison-paris.terre.defense.gouv.fr

 

La RATP et la SNCF mettent à notre disposition des lignes et des moyens pour pouvoir évacuer les gens en petite et grande couronne, où un inventaire des capacités d'accueil a déjà été fait. Les plans communaux de sauvegarde ou les plans d'hébergement départementaux sont activés. Les communes sont susceptibles de pouvoir accueillir des personnes dans des gymnases, salles des fêtes... Le cas échéant, nous faisons appel à l'armée. Comme lors de l'épisode neigeux de décembre 2010, quand ils ont mis à disposition plusieurs dizaines de milliers de rations pour qu'on puisse les distribuer aux gens bloqués sur les routes. L'établissement de soutien logistique du ministère de l'Intérieur à Méry-sur-Oise centralise aussi les capacités de couchage.

 

Nous procédons ensuite au recensement des personnes vulnérables, que nous devons évacuer nous -mêmes. Car si on peut dire à certains "prenez votre voiture, rendez-vous à tel endroit et vous y serez accueillis", nous devons nous occuper de celles qui n'ont pas de voiture, sont âgées, handicapées, et se trouvent dans les centres médico-sociaux et les établissements de santé (hôpitaux, cliniques...) 

 

Qu'est-ce qui s'avére le plus difficile pour vos équipes ?


- Les parties sécurisation et fermeture des réseaux sont assez faciles : nous avons des points d'entrée et des centres opérationnels qu'il nous suffit de prévenir. Le plus important pour nous est de répondre à la question : combien de personnes devons-nous évacuer, où comment ? Mais le plus compliqué reste pour nous la gestion de la partie santé et les personnes fragiles qui sont dans les hôpitaux et les maisons de retraites. Changer une personne de plus de 85 ans de cadre de vie amène malheureusement souvent des problèmes de santé. Il n'est pas non plus évident de transférer des personnes qui vivent en chambres médicalisées avec des équipements lourds. C'est une mission de l'Agence Régionale de Santé.

 

Comment procède-t-elle ?


- Dès que son personnel est prévenu qu'un phénomène arrive, il contacte les hôpitaux d'Ile-de-France et leur dit d'arrêter de prendre des rendez-vous et d'annuler ceux qui ne sont pas urgents. Ce qui leur permet, au fur-et-à-mesure, de mettre à disposition des lits en petite et grande couronne, et de savoir à quel endroit nous pourrons envoyer des personnes qui sont en traumatologie par exemple, dans un autre service de traumatologie. Sachant que toute l'équipe suit. L'agence nous demande aussi des capacités de transport. Nous nous mettons d'accord avec les ambulanciers, les taxis, les pompiers,... Si besoin, nous faisons aussi appel aux autres régions.

 

Quel regard portez-vous sur l'évacuation en cours à New York ?


-On ressent tout d'abord de l'admiration. Et on est très preneurs d'un retour d'expérience. C'est, je crois, la première fois que New York envisage d'évacuer 375.000 personnes et, surtout, de fermer l'ensemble des transports.

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 09:17

Sénat RF

 

30 octobre 2012 par Patrick Maurot - comptes-publics.fr

 

Mercredi 31 octobre 2012, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2013, la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat auditionne le général Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’air (9h30), puis l’amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la marine, sur la mission défense (15h).

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 08:55

École Militaire à Paris

 

octobre 31, 2012 – CA2 Jean Dufourcq / Rédacteur en chef de la RDN

 

Faisons un bref intermède dans cette chronique ; oublions les péripéties de l’élection présidentielle américaine, les évolutions chinoises, les menaces israéliennes, les désastres syriens et les orages maliens. Revenons à nos moutons bien français ; pas ceux studieux et affairés du Livre blanc mais ceux plus dociles d’impulsions à donner, peu coûteuses mais tout aussi nécessaires à l’exercice de nos responsabilités stratégiques.

 

Parlons de l’École militaire et de ses habitants.

 

Voilà plus de vingt ans que la guerre froide est terminée, vingt ans de brouillards et de tâtonnements stratégiques ; vingt ans de réformes continues pour les forces armées et le ministère de la défense. Il fallait certes passer d’une structure taillée pour dissuader les grands chocs frontaux à autre chose, mais quoi ? On aura connu successivement l’interarmisation au début des années 1990, puis à la fin de celles-ci la professionnalisation, et ensuite la multinationalisation, européenne au début des années 2000, otanienne à la fin. La RGPP enfin a tenté de rationnaliser l’ensemble ainsi constitué, en utilisant les techniques managériales de projets structurants, bases de défense ou commandement interarmées du soutien.

 

Mais de formation, rayonnement, recherche, point. Le statu quo ou presque.

 

Voilà portant plus de vingt ans qu’on déplore la faiblesse de la recherche et de la formation stratégiques, au point de les qualifier d’inexistantes dans cette période et de créer de toute pièce un Conseil supérieur pour pallier ces manques dénoncés à défaut d’être avérés.

 

Voilà pourtant vingt ans qu’on élabore des Livres blancs sur la défense, ou la sécurité nationales ; le troisième depuis la fin de la guerre froide est en cours de rédaction aujourd’hui.

 

Voilà aussi plus de vingt ans qu’on s’évertue à vouloir faire de l’École militaire un pôle de rayonnement stratégique français, pôle académique, pôle militaire, pôle sécuritaire, une université de la défense …

 

Pourquoi n’y est-on pas parvenu ? Peut-on y arriver cette fois-ci ? Deux questions dont les réponses sont esquissées ici, non pour dénoncer mais pour proposer et sortir de l’ornière.

 

Des projets pour l’École militaire

 

On n’en a pas manqué depuis la période du ministère Joxe dont l’ambition fut la plus structurée qui ait été manifestée jusqu’à aujourd’hui. Aujourd’hui la question se pose avec d’autant plus d’acuité que le regroupement des états-majors et services du ministère sur le site de Balard fera de l’Ecole militaire le réel point focal de défense de Paris intra-muros. Depuis vingt ans, les projets comme les commissions dédiées n’ont pas manqué, les bonnes idées non plus. On peut dénombrer jusqu’à cinq projets successifs dont les recommandations se sont heurtées aux dures réalités comptables et à une complexité administrative déroutante. Beaucoup a heureusement été fait pour normaliser le site, en extraire les services qui n’avaient plus rien à y faire, réhabiliter les lieux insalubres et en moderniser l’usage (voierie, bâtiments, restauration, centre de documentation, amphithéâtres, …).

 

Mais dans le même temps un schéma directeur cohérent a semblé manquer alors que les projets extérieurs abondaient (on se souvient d’un projet d’installation de l’EMAT et même un temps de la Présidence de la République sur le site).

 

Les principaux obstacles à leur réalisation sont à rechercher moins dans la vision dans le manque de cohérence et de complémentarité des structures et des organismes qui se sont installés à l’École militaire au hasard de réorganisations multiples. Résidence du chef d’État-major des armées, cœur historique de l’École supérieure de guerre et du centre des hautes études militaires, il est aussi l’espace qui accueille la DICOD du ministère de la Défense et la plupart des centres de doctrine des trois armées, parties intégrantes des États-majors d’armées et interarmées. C’est aussi historiquement le siège de l’IHEDN, depuis les origines, institut qui dépend des services du Premier Ministre, comme ce fut celui du Collège de défense de l’Otan dépendant du Conseil de l’Atlantique Nord jusqu’en 1966 et reste celui de la RDN, structure associative depuis 1939.

 

Ce patchwork est à compléter d’une multitude de structures et d’organismes variés que la marée de l’histoire a laisser s’échouer sur ce site emblématique depuis Louis XV de la formation des élites militaires à proximité du terrain de manœuvre du Champ de Mars !

 

Aucun des projets qui ont tenté de mettre de l’ordre et de donner un sens durable à ce mille-feuille n’y est parvenu alors que le besoin s’en faisait de plus en plus pressant.

 

Éloge de l’École militaire

 

Comme tous les pays qui exercent une responsabilité internationale, la France se doit d’approfondir ses projets stratégiques, de former ses élites militaires et de faire rayonner ses entreprises politico-militaires, demain autant qu’hier. C’est le rôle de Paris, la ville capitale qui abrite ses ministères d’autorité et ses organes exécutifs et parlementaires, de concentrer les moyens nécessaires et d’en faciliter l’accès, notamment académique, que ce soit à la représentation nationale qui doit pouvoir s’y référer, aux chercheurs de l’Enseignement supérieur et aux étudiants s’y alimenter, aux experts étrangers y recueillir et débattre facilement des analyses françaises.

 

Le site de l’École militaire présente un cadre particulièrement adapté à l’ensemble de ces fonctions au cœur historique de Paris, à proximité de l’Assemblée nationale et du Quai d’Orsay, à égale distance de l’Élysée et de Matignon, un site destiné à être bientôt le seul emblème du ministère de la Défense au cœur de Paris. Avec l’hôtel national des Invalides qui abrite le musée de l’Armée, l’institution des Invalides et le SGDSN, c’est un patrimoine immobilier particulièrement symbolique de la France militaire.

 

L’École militaire peut et doit donc rassembler tous les organes qui concourent à la formation et à la recherche stratégique et devenir plus encore qu’aujourd’hui le cœur stratégique de Paris. La pression de la réforme en cours, celle de la rationalisation administrative de l’État, celle de la concentration des efforts et des moyens, celle de l’intégration plus poussée du ministère que va permettre de réaliser le site modernisé de Balard militent pour un donner nouvel élan à l’École militaire, pour lui donner un projet fédérateur, une nouvelle ambition, en faire un lieu de réflexion et de débats.

 

La défense de la nation est l’affaire de tous les citoyens.

 

Pour un campus de défense et de sécurité

 

C’est beaucoup plus de méthode que d’idées neuves, d’esprit de décision que d’esprit d’analyse qu’il faudrait disposer pour faire enfin de l’École militaire le campus de défense dont le ministère de la Défense et le pays tout entier ont besoin pour stimuler la pensée stratégique, exposer et diffuser les idées françaises, pour influencer et se laisser influencer.

 

Quels pourraient en être les principes ?

 

À première vue, ils sont simples, il s’agit de mettre en place un système ouvert sur l’extérieur, accueillant, moderne qui permette de tirer le meilleur parti possible des trois grandes activités qui caractérisent l’École militaire : la formation militaire, la recherche stratégique et le rayonnement de défense. Trois secteurs dont la mise en synergie doit constituer la véritable raison de leur cohabitation sur ce site unique au centre de Paris.

 

Concourent aujourd’hui à la formation militaire, l’École de guerre et le Centre des hautes études militaires, deux structures clés de l’enseignement militaire supérieur ; à la recherche, les centres de doctrine interarmées et d’armées ainsi que l’Irsem ; au rayonnement de défense et de sécurité, le CSFRS, les deux instituts IHEDN et INESJ ainsi que la Direction de la communication du ministère de la Défense. Ce sont les principaux organismes qui sont aujourd’hui abrités par l’École militaire et qui représentent toute la palette des moyens d’un campus dédié aux experts militaires et de la fonction publique. Mais cet ensemble peu ou pas coordonné est bien insuffisamment ouvert au monde académique de l’enseignement supérieur et de la recherche, aux instituts de recherche privés ou semi-publics, au monde de l’entreprise, au monde parlementaire, même si le lien armées-nation dont l’IHEDN est le principal animateur y pourvoit par vocation et méthode. Aucun accueil des chercheurs étrangers n’y existe vraiment qui voient l’École militaire comme une caserne fermée à l’accès réservé.

 

Quelles seraient les structures d’une École militaire érigée en campus ?

 

La première décision à prendre est à l’évidence d’appliquer ici le principe élémentaire qui régit la société militaire : il faut créer l’unité de commandement, militaire et académique. Il faut à l’École militaire un Commandant militaire et un Recteur académique, tous deux gardiens de la cohérence et de la qualité des travaux qu’on y conduit. A cette direction organique et symbolique simple qui relève bien entendu du Ministre de la Défense gestionnaire du site, doivent se rattacher trois responsables de chacun des pôles constitutifs du campus, un directeur de la formation, un directeur de la recherche et un directeur du rayonnement. Les organismes hôtes du site qui ne relèvent pas du ministère de la Défense (IHEDN, INESJ, CSFRS, …) siègent dans trois conseils présidés par ces responsables de pôles pour coordonne l’action. Une structure de service soutient l’ensemble ainsi constitué.

 

La deuxième décision à prendre est l’ouverture au public d’une partie du site pour permettre un décloisonnement de la réflexion stratégique vers l’extérieur, une circulation naturelle des chercheurs et des étudiants, un accueil des étrangers de passage et une organisation fluide de travaux et d’échanges académiques. L’École militaire qui n’abrite en principe aucune activité classifiée doit être un ensemble semi-ouvert.

 

La troisième est la constitution d’un programme de travail académique de l’École militaire dans un cadre multidisciplinaire et pluriannuel dont la présentation est centralisée et la cohérence maîtrisée par le commandement. Une réflexion approfondie sur des formations diplômantes l’accompagne ainsi que la perspective d’une école doctorale de défense et de sécurité qui doivent contribuer à créer un cadre propice à la recherche stratégique et à l’accueil de chercheurs résidents et temporaires.

 

Telles pourraient être les principales lignes d’une structure plus rationnelle et plus intégrée qui permettrait à l’École militaire de devenir ce campus stratégique dont le pays a besoin pour faire face aux incertitudes actuelles. Naturellement un certain nombre de mesures complémentaires seraient de nature à en faciliter la constitution : la permutation des résidences du CEMA et du gouverneur militaire de Paris, la constitution d’un portail électronique d’accueil unique pour tous les organismes du campus, la création d’une structure commune d’édition académique et d’organisation d’événements, la création de rendez-vous stratégiques réguliers de haut niveau comme la Wehrkunde allemande, la mise en place de bureaux d’accueil pour le DGA, le SGA, les industriels de l’armement, les instituts de recherche privés et semi publics, un espace de chalandise…

 

*

 

Si cette réflexion n’est pas originale, elle n’en est pas moins nécessaire car pour la mettre en œuvre, il faut deux conditions plus difficiles à réunir qu’il n’y paraît : l’unité de conception d’un schéma simple et la ténacité volontaire d’une direction unique. Il faut aussi un peu de temps mais il ne nous est pas compté ; il suffit d’être au rendez-vous de Balard.

 

Ces idées posées, cet intermède terminé, comment voyez-vous les choses à venir ce mois-ci? Vont-ils garder le 44ème ou élire le 45ème ? Who knows ? Mais est-ce si important pour nous, au fond…

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 08:15

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31 octobre 2012 Par Rédacteur en chef. PORTAIL DES SOUS-MARINS

 

Après une année 2011 exceptionnelle sur le plan opérationnel, marquée par les succès de l’opération Harmattan en Libye et de l’opération Licorne au large de la Côte d’Ivoire, l’année 2012 a été essentiellement consacrée à la régénération du potentiel des forces navales : l’entretien des équipements et l’entraînement des hommes.

 

Le texte du rapport est disponible :


- au format HTML,
- au format PDF.

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 08:05

Mali slodiers 400x300

 

30.10.2012 Par Olivier Berger, grand reporter à La Voix du Nord - Défense globale

 

Une évidence aussi politique, militaire que géographique, une intervention au Mali ne peut se faire sans l'approbation même indirecte de l'Algérie. Après le passage de la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, lundi à Alger, où elle a rencontré le président Abdelaziz Bouteflika (notre photo) et le ministre des Affaires étrangères Mourad Medelci, ce sentiment devient une certitude. La France et les Etats-Unis, pressés de régler le cas des terroristes et brigands du djihadisme au nord du Mali, doivent patienter et s'adapter à la grande puissance régionale qui redoute un conflit à ses portes, où vivent aussi 50 000 Touareg (sans s, c'est un substantif pluriel...). Bref, l'offensive ne serait pas pour demain.

 

" J'ai beaucoup apprécié l'analyse du président, fondée sur sa longue expérience concernant les nombreux facteurs complexes inhérents à la sécurité intérieure du Mali, ainsi que la menace que le terrorisme et le trafic de drogue font peser sur la région et au-delà. " Elle a beau gardé le sourire pour la photo, Hillary Clinton s'est bel et bien cassée les dents sur le cuir endurci d'Abdelaziz Bouteflika.

 

La secrétaire d'Etat américain a tenté de convaincre le président algérien de donner une sorte de feu vert au déploiement de la force internationale africaine de la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest) de 3 000 hommes, appuyant l'armée malienne dans sa reconquête du nord. La résolution 2071 des Nations-Unies a donné 45 jours (jusqu'au 26 novembre donc) pour établir un plan coordonné d'intervention. Alger jugera sur pièce.

 

L'Algérie, qui a payé cher, très cher (200 000 morts lors des années noires des 90's) pour se débarrasser de ses islamistes radicaux, voit d'un oeil inquiet une guerre se déclencher à sa frontière sud. Et quelle frontière ! 1 400 km de désert très délicats à surveiller. Un panier percé quand on a affaire à des Touareg et des combattants islamistes algériens ou autres (évalués à 2 500) rompus à la survie et au déplacement dans ce milieu hostile.

 

En cas de succès de l'intervention africaine, soutenue sur le plan de la formation, de la logistique et du renseignement par la France (sous couverture de l'Union européenne) et les Etats-Unis, l'Algérie aurait malgré elle un rôle militaire à jouer. Comme pour la Mauritanie à l'ouest et le Niger à l'est, elle devrait incarner une sorte de mâchoire nord d'un étau se resserrant sur Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), ses alliés de la MUJAO (Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'ouest) et d'Ansar Eddine. Sans cet étau, tout ce beau monde pourrait s'éparpiller dans la nature plutôt aride du secteur.

 

En outre, on rappelle que l'Algérie compte 50 000 Touareg sur son sol. Alger préférerait isoler les islamistes et privilégier la négociation pour les revendications des Touareg maliens de l'Azawad, opposés de longue date à l'hostilité et au mépris de Bamako.

 

Un député targui du FLN, Mahoud Guemama, élu de Tamanrasset, prévient : " Ce que demandent les Etats-Unis et la France va causer beaucoup de problèmes et nous dignitaires de l'Ahaggar (sud algérien) demandons à l'Algérie de continuer à s'opposer à une intervention militaire étrangère et à privilégier le dialogue. Nous connaissons le début d'une intervention militaire mais nous n'en connaissons jamais la fin. La Libye est un très bon exemple... " Hum.

 

Dans ce Sahara de prudence et de scepticisme, François Hollande se rendra début décembre à Alger pour rencontrer le président Bouteflika. Une pierre de plus à l'édifice de l'intervention au Mali (et à un rapprochement franco-algérien ?).

 

Cette patience diplomatique forcée n'est peut-être pas une mauvaise chose sur le plan militaire. Une action précipitée, mal calibrée, préparée et négociée, pourrait se changer en catastrophe. Six mois ne seraient pas de trop pour former et équiper les forces de la Cédéao et du Mali.

 

Ce mardi matin sur France Inter, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, n'était plus aussi affirmatif sur un déclenchement de l'opération dans quelques semaines. " Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. " Ce n'est pas de Bouteflika mais de La Fontaine.

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 17:08

http://www.st-cyr.terre.defense.gouv.fr/var/ezwebin_site/storage/images/les-ecoles-de-saint-cyr-coetquidan/actualites/fin-de-la-rentree-aux-ecoles/11947-1-fre-FR/Fin-de-la-rentree-aux-Ecoles.jpg

 

30/10/2012 Communiqué de monsieur Jean-Yves Le Drian,

 

Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a pris connaissance du tragique décès de l’élève-officier Jallal Hami, de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, dans la nuit du 29 au 30 octobre 2012 sur le camp de Coëtquidan (Morbihan).

 

Le ministre adresse ses condoléances à la famille du jeune homme. Il partage toute la douleur de ses proches et celle de ses camarades de promotion.

 

Agé de vingt-quatre ans, l’élève avait démontré un rare sens du collectif et de grandes qualités intellectuelles et morales. Il parachevait à l’École de Saint-Cyr une scolarité déjà brillante.

 

Le ministre de la Défense vient d’ordonner une enquête de commandement visant à déterminer dans les plus brefs délais les circonstances du décès de Jallal Hami et les responsabilités éventuelles.

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 15:32

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/media/01/02/4294552978.jpg

 

30.10.2012 par P. CHAPLEAU Lignes de Défense

 

Philippe Kieffer est décédé le 20 novembre 1962, il y a 50 ans. Le 11 novembre prochain, une plaque à son nom sera dévoilée à Otterwiller en Alsace (2 km de Saverne), dans le village d'où était originaire le père du commandant Kieffer. Après l'office religieux à 15h, la cérémonie militaire commencera à 15h30 au monument aux morts, présidée par le commandant de la Marine à Strasbourg. Après la présentation au fanion de la PMM, une plaque sera dévoilée sur une place qui portera désormais le nom de Commandant-Kieffer.

 

Une fiche lui est consacrée sur le site Espace tradition de l'école navale où il n'a pas été élève, mais professeur en 1940, en Angleterre.

 

 


 

Ajout de RP Defense :  Fusiliers et commandos | Le commando Kieffer (source Marine Nationale)

 

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Le commando porte le nom du capitaine de corvette Kieffer en hommage à la persévérance de cet officier qui a permis la création des commandos marine français au cours de la seconde guerre mondiale.

 

Philippe Kieffer est né en 1899 à Port aux Princes (Haïti). Après avoir été diplômé de hautes études commerciales, il est conseiller dans une de banque londonienne quand la seconde guerre mondiale éclate. Dès septembre 1939 et malgré son âge (40 ans), il décide de rejoindre la France puis l’Angleterre après l’invasion allemande. Il arrive à Londres le 19 juin 1940 pour s’engager dans les Forces Navales Françaises Libres (FNFL), le jour même de leur création, le 1er juillet 1940. Second-maître secrétaire de réserve, sa connaissance de l’anglais lui permet d’être officier interprète et du chiffre.

 

Toutefois, il préfère l’action et se montre fortement impressionné par les actions « coup de poing » et les raids menés par les commandos britanniques sur les côtes tenues par l’ennemi. Il persuade l’amiral Muselier, commandant les FNFL, de l’autoriser à entrer en négociation avec les Anglais pour former un corps composé de français volontaires, bâti sur les modèles des désormais célèbres commandos britanniques. Après avoir essuyé plusieurs refus, Kieffer est finalement convoqué au QG des Opérations Combinées et à force de persuasion et d’arguments il obtient l’adhésion des britanniques.

 

Il lui faut ensuite recruter des volontaires, les trier et les former. L’enthousiasme de Kieffer et des premières recrues permettent de commencer dès janvier 1942 une formation élémentaire puis de se perfectionner aux côtés des Royal Marines. En avril 1942 ils sont 28 fusiliers marins français « affectés » à un commando britannique et placés, pour instruction et emploi, sous les ordres de l’autorité britannique au camp d’Achnacarry, dans le Nord de l’Ecosse afin d’y suivre le stage COMMANDO. Douze semaines plus tard ils sont 27 fusiliers marins français à arborer le légendaire béret vert, porté à l’anglaise, badge à gauche. Dès juillet, ils intègrent le N°10 Commando une unité interalliée.

Suit la période des raids de harcèlement sur les côtes françaises, belges et hollandaises. Ces raids sont l’occasion de mettre en pratique les enseignements acquis durant les derniers mois mais surtout ils permettent de saper le moral de l’ennemi, d’évaluer sa résistance, de semer le trouble et de rapporter des renseignements ou même des prisonniers. La préparation et l’accomplissement de ces actions de sabotage et de reconnaissance sont alors la principale activité des commandos marine.

 

Le 8 octobre 1943, le 1er bataillon de fusiliers marins commandos est créé et les commandos marine français continuent à prendre part à des raids jusqu’en mars 1944, où l’ordre est donné de cesser ces actions pour s’entraîner intensivement aux opérations de débarquement. Le 1er BFMC rejoint alors à Bexhill les anglais du N°4 COMMANDO.

 

La mission du N°4 COMMANDO, qui s’inscrit dans l’opération OVERLORD, est fondamentale : débarquer en premier sur les côtes françaises, sur les plages de Sword, précisément au lieu-dit « La Brèche » (Colleville), à deux encablures à l’Ouest de Riva-Bella, pour ensuite prendre d’assaut Ouistreham, assurer la tête de pont puis faire la jonction avec les autres troupes débarquées ou parachutées. Le 4 juin, le général écossais Lord Lovat, commandant la 1ère Special Service Brigade, leur annonce qu’ils seront les premiers à débarquer sur le sol français, un honneur pour les 177 commandos marine français du 1er BFMC de Philippe Kieffer. Le 5 juin, répartis en deux troops, ils embarquement sur des péniches de débarquement. Débarqués à 7h55 le 6 juin, ils progressent dans Ouistreham dont ils prennent le contrôle dès 11H30. La colonie de vacances, le central téléphonique, le casino : tous les ouvrages fortifiés ou stratégiques sont neutralisés. Blessés deux fois le 6, Kieffer ne sera évacué que deux jours plus tard pour rejoindre rapidement ses commandos par la suite. Dans la journée du 6 juin, il a perdu 21 camarades et 93 sont blessés. Jusqu’à mi-août, les commandos de Kieffer se battent pour tenir la tête de pont à l’Est de l’Orne, à côté de leurs camarades commandos anglais ou parachutistes de la 6ème Airborne Division.

 

Suivent ensuite d’autres opérations comme l’attaque de Flessingue et la libération de Walcheren (décembre 1944). Le l8 juin 1945, le 1er BFMC défile avenue des Champs Elysées.

 

Le commando « Kieffer » a été créé officiellement le 08 mai 2008 en présence du président de la république M Nicolas Sarkozy, sur la plage de Ouistreham. Ce commando qui porte aujourd’hui le nom du « père » des commandos marine français est le plus récent des six commandos de la marine nationale. Le retour d’expérience des opérations et exercices menés par les commandos marine ces dernières années ainsi que l’émergence de nouvelles menaces ont fait naître le besoin de développer des capacités différentes. Ces capacités concernent des domaines particulièrement novateurs et complémentaires des savoir-faire déjà maîtrisés par les autres commandos. Désigné comme une unité de « de commandement et d’appui opérationnel », le commando Kieffer a pour objectif d’apporter une forte plus-value capacitaire à la FORFUSCO, à la marine et au COS. Son recrutement est étendu à toutes les spécialités de la marine et ponctuellement aux autres armées.

 

Tous ces éléments qui ont présidé à la création du commando Kieffer ont forgé très tôt un esprit propre à cette unité, à l’image du capitaine de corvette Kieffer et des qualités dont il a fait preuve en créant les commandos marine : un esprit pionnier par la création d’une nouvelle unité, une démarche innovante dans l’emploi des hommes et des moyens mais également le sens de l’initiative et le goût du défi face à une tâche imposante. Ainsi, les marins d’autres spécialités qui sont passés par le stage commando après avoir rejoint les rangs du commando « Kieffer » représentent un bel exemple de défi et de pugnacité. Cet esprit « Kieffer » des premiers temps règne encore au sein du commando et chacun de ses membres est animé par le souvenir brillant de leur illustre ancien dont ils sont fiers de porter le nom.

Depuis sa création le commando Kieffer a déjà participé aux opérations suivantes dans lesquelles il s’est illustré : au Tchad (2008), en océan Indien (lutte contre la piraterie, libération des otages du Tanit), en Afghanistan.

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 12:40

http://www.rfi.fr/sites/filesrfi/imagecache/rfi_43_large/sites/images.rfi.fr/files/aef_image/20121020114142_PIRIOU-MOPV-80_vue2_0.jpg

Le Patrouilleur du type MOPV 80 de chez Piriou.

 

28 octobre 2012 Par Olivier Fourt - RFI

 

Le salon de l’Industrie navale de défense et de sécurité Euronaval s’est déroulé cette semaine près de Paris. Au milieu des géants du secteur, (comme la DCNS, TKMS, Navantia) des constructeurs de taille modeste, essayent de trouver des marchés à l’exportation, c’est le cas de la société Piriou, basée à Concarneau en Bretagne. Olivier Fourt a rencontré son président.

 

Euronaval 2012 : des constructeurs à la conquête des marchés à l’exportation
(02:56)
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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 12:35

http://postmediaottawacitizen.files.wordpress.com/2012/10/subwheels.jpg

 

October 27, 2012. David Pugliese - Defence Watch

 

The French defence firm, DCNS, recently unveiled what it is calling the SMX-26 submarine. The craft is a smaller submarine designed to operate in shallow waters and in coastal areas.

 

The SMX-26 can remain on the seabed for a long time while conducting covert surveillance. Thanks to its shape, the SMX-26 can operate in waters less than 15 meters deep, according to DCNS.

 

The company points out that the SMX-26 also differs from other submarine designs by its capability to conduct lengthy covert surveillance missions. It can rest on various types of seabeds, thanks to a system of leg-like struts fitted with deployable wheels, according to DCNS. Such lengthy missions are also helped by buoy-mounted flexible snorkels which allow the sub to recharge its batteries and to renew its air supply, the company notes in a news release. Its integrated and remotely-deployed sensors ensure comprehensive monitoring of its surroundings, both above the surface and underwater, the release adds. The sub can quickly deploy its offensive assets, including a team of up to six special forces operators, either on or near the surface, the firm adds.

 

It is also armed with two weapons incorporated into its masts: a 20mm automatic cannon and a missile container for defence against aircraft attacks. The sub also carries two heavyweight torpedoes and eight lightweight torpedoes.

 

The wheel concept reminds me of the Soviet submarines that were allegedly thought to be probing the coastlines of the Nordic nations during the Cold War. Those were believed to be equipped with tractor-like treads so the could move along the ocean floor.

.

 

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