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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 17:30
Les enseignements stratégiques du conflit afghan

 

30 janvier 2012 Vincent DESPORTES*,  Officier, Général de division (2S) - magistro.fr

 

Intervention lors du colloque stratégique annuel de l’IRIS, le 11 mai 2011, sur le thème "Afghanistan, 10 ans de conflit".

 

Le conflit afghan nous offre l’occasion de revenir aux principes fondamentaux de la stratégie. Je voudrais montrer, à partir de quelques exemples, qu’il apporte une validation supplé¬mentaire de quelques concepts stratégiques persistants : ils réaffirment en chaque occasion leur pertinence, quel que soit le mépris que l’on puisse affecter à leur égard.

 

La première idée qui me semble ainsi ratifiée est celle de la "vie propre de la guerre", pour reprendre le concept de Clausewitz. Dès que vous avez créé une guerre, la guerre devient un sujet et non plus un objet. Elle possède une vie propre qui vous conduit là où vous n’aviez pas prévu d’aller.

L’exemple de l’Afghanistan est particulière¬ment frappant. La guerre commence le 7 octobre 2001 avec un objectif clair : faire tomber le pouvoir taliban à Kaboul et détruire le réseau d’al-Qaida en Afghanistan. L’objectif est atteint fin novembre et il y a, alors, moins de deux mille militaires occidentaux au sol. Dix ans après, les objectifs de guerre ont totalement changé et ce sont 140 000 soldats de la coalition qui sont déployés sur le théâtre. Le général Beaufre, qui a commandé l’opération de Suez en 1956 et qui est l’un de nos grands stratèges, synthétise clai¬rement ce phénomène en évoquant "le niveau instable des décisions politiques" : il conduit les stratèges militaires à adopter des modes de guerre successifs s’avérant souvent contre-productifs par rapport aux objectifs ultérieurs. Cette évolu¬tion afghane éclaire ainsi deux réalités éternelles de la guerre ; la première est que toute guerre est marquée par une dérive des buts et, le plus souvent, une escalade des moyens ; la seconde, que les "fins dans la guerre" influent toujours sur les "fins de la guerre", pour reprendre les expressions si signifiantes de Clausewitz.

 

La deuxième idée qu’il nous est donné de revisiter relève de l’essence même du raisonne¬ment stratégique. La guerre doit être conçue et conduite non pas en fonction de l’effet tactique immédiat, mais en fonction de l’état final recherché, c’est-à-dire du but stratégique. Autrement dit, la forme que l’on donne initialement à la guerre a de lourdes conséquences ulté¬rieures : ce qui est perdu d’entrée est très difficile à rattraper.

Prenons les deux premières phases de la guerre.

 

La première phase est celle du "modèle afghan" (2001) (ou de la "stratégie minimaliste" selon l’expression de Joe Biden). Elle associait les milices afghanes, la puissance aérienne et un faible contingent de forces spéciales américaines. Le modèle a fonctionné pour faire tomber le régime des talibans, mais beaucoup moins pour débusquer et détruire les membres d’al-Qaida qui vont se réfugier dans leurs zones sanctuaires. Cette stratégie a contribué, en revanche, à renforcer les "chefs de guerre" locaux, en parti¬culier ceux dont le comportement envers la population était honni et qui étaient hostiles au gouvernement central de Kaboul. Elle a aussi renforcé la puissance tadjike et donc aliéné d’autant la population pachtoune. Elle a donc finalement affaibli les deux piliers qui allaient se révéler ultérieurement essentiels, puisqu’ils sont le socle de la reconstruction : un État central et les conditions de la "bonne gouvernance".

 

La deuxième phase est celle du modèle américain (2002-2006). En raison de l’impossi¬bilité des milices afghanes à venir à bout des talibans – les Afghans du Nord ne souhaitant d’ailleurs pas s’engager au sud de Kaboul –, les Américains prennent la tête des opérations de ratissage. On se souvient des opérations Anaconda (2002), Mountain Viper (2003), etc., des opérations de "bouclage et fouille" (Cordon and Search) visant l’élimination des terroristes et la destruction de leurs caches. Selon les termes du général (US) Barno, il s’agissait d’une "enemy-centric raid stategy". Les résultats sont médiocres, mais les conséquences définitives. L’efficacité du "modèle américain" est limitée par un grand défaut de sensibilisation culturelle et politique, voire par les effets pervers de la supériorité technologique. Les bombardements aériens et leurs cortèges de dégâts collatéraux importants soulè¬vent des questions sensibles qui ont des coûts politiques considérables. Dès lors, en dépit d’un a priori favorable, les Américains vont susciter crainte et hostilité dans la population. Les troupes sont perçues comme des infidèles, des forces d’occupation. La population initialement neutre, voire favorable, est aliénée. À partir de 2006, la guerre enemy-centric se mue en guerre population-centric (suivant les nouvelles théories en cours sur la contre-insurrection), mais le premier mode de guerre aura commis des dommages irréparables.

 

Troisième idée : si le "centre de gravité" (1) de l’adversaire se situe au-delà des limites politiques que l’on s’est données, il est inutile de faire la guerre car il sera impossible de la gagner. Au sens clausewitzien, le centre de gravité des tali¬bans se trouve dans les zones tribales situées entre le Pakistan et l’Afghanistan, puisque c’est de ces espaces incontrôlables qu’ils tirent leur capacité de résistance. Or, il est impossible pour les Américains d’y mettre militairement bon ordre : cette cible se situe au-delà des limites politiques qu’ils se sont fixées, ne serait-ce que pour de simples raisons de logistique militaire, à cause de la vulnérabilité de leurs convois lorsqu’ils traversent le Pakistan.

 

La quatrième idée à laquelle il convient de faire appel n’est pas nouvelle, mais il est toujours nécessaire de la répéte r: sauf à le détruire (ce qui est impossible en Afghanistan), c’est avec son adversaire que l’on fait la paix. Selon le bon esprit de la guerre froide – qui n’a pas fini de nous faire du mal –, la conférence de Bonn, en décembre 2001, a été non pas la conférence de la réconciliation mais la conférence des vainqueurs. Elle a, de fait, rejeté les talibans – donc les Pachtouns – dans l’insurrection. Dix ans plus tard, nous n’en sommes pas sortis.

 

La cinquième idée qu’il s’agit de convoquer est aussi évidente que méconnue : ce qui est important, c’est le stratégique, et non le tactique. Le général Beaufre nous le rappelle : "En 1940, tout notre système de guerre était faux parce que fondé sur des tactiques… L’Indochine est perdue à coups de tactiques excellentes, vaincues par la stratégie adverse à laquelle nous n’avons su opposer aucune stratégie digne de ce nom… Suez, victoire tactique, débouche sur un épou¬vantable échec politique… [très souvent] l’ignorance de la stratégie nous a été fatale" (2)

En Afghanistan, nous sommes aujourd’hui plongés au cœur d’une véritable "quadrature du cercle tactique", entre protection et adhésion de la population, d’une part, protection de nos propres troupes, d’autre part, et destruction de l’adversaire taliban par ailleurs. Nous sommes engagés dans un travail de Sisyphe de micro-management du champ de bataille, comme si nous étions enfermés dans une "stratégie de tactiques", et son appareil d’indicateurs de performance (3). C’est une impasse. Nous ne trouverons pas de martingale tactique en Afghanistan : la solution est d’ordre stratégique.

Citant des officiers US, le New York Times regrettait récemment, je cite, "la déconnexion entre les efforts intenses des petites unités et les évolutions stratégiques". Une accumulation de bonnes tactiques ne constituera jamais une bonne stratégie : un problème politique au premier chef ne peut être résolu que par une solution politique.

 

Descendant d’un cran, je voudrais insister sur une évidence opérationnelle simple. Le nombre compte. "Mass Matters", comme disent nos amis anglo-saxons. Or, les coupes budgétaires successives conjuguées à l’exponentielle du coût des armements ont conduit nos armées à des réductions de format incompatibles avec l’efficacité militaire dans les nouvelles guerres au sein des populations. En contre-insurrection, gagner c’est contrôler le milieu. Les ratios sont connus. En dessous de vingt personnels de sécurité pour mille locaux, il est tout à fait improbable de l’emporter. En Irlande du Nord, pour une popu-lation d’un million d’habitants, les Britanniques ont maintenu une force de sécurité globale de 50 000 hommes et sont restés pendant vingt ans (ratio de 1 pour 20 et non 1 pour 50). En Irak, la population est de trente millions de personnes environ. Il a fallu mettre sur pied (avec les Irakiens) une force de 600 000 hommes pour que la manœuvre de contre-insurrection commence à produire ses effets. En Algérie, à la fin des années 1950, les effectifs français étaient de 500 000 pour une population de huit millions d’Algériens "d’origine musulmane" (1/20). Au Vietnam, les Américains sont parvenus, également grâce à la conscription, à établir ce ratio mais n’ont cependant pas réussi à l’emporter. En Afghanistan, nous en sommes loin. Alors que le théâtre est infiniment plus complexe, physiquement et humainement, que nous agissons en coalition, le ratio est de 1/120 000 (en comptant les forces de sécurité afghanes, à la qualité cependant contestable) pour trente millions, soit la moitié de ce qui est nécessaire. Nous le constatons tous les jours, nos ratios actuels "forces de sécurité/population" nous permettent de conquérir, mais pas de tenir. Encore une fois, gagner la guerre, c’est contrôler le milieu. Or, nous ne savons plus contrôler le milieu.

 

Pour conclure, je voudrais encore mettre en avant deux préoccupations.

La première est qu’une nation – ou un groupe de nations – pèse dans une guerre à hauteur de sa participation. En ce sens, le conflit afghan est bien une "guerre américaine". On se rappelle ce télégramme diplomatique révélé dans Le Monde par Wikileaks dans lequel l’ambassadeur des États-Unis à Paris demandait, à l’instigation de l’Élysée, que Washington trouve des façons de faire croire que la France pesait sur le choix des options stratégiques. On se rappellera aussi que – de McKiernan à Petraeus en passant par McCrystall – les chefs militaires de la coalition sont nommés et relevés par Washington sans que l’on en réfère aux autres membres. N’en doutons pas : les calendriers et les stratégies sont bien plus dictés par les préoccupations de poli¬tique intérieure américaine que définis par le dialogue avec des coalisés obligés de s’aligner. Ceux qui ont lu Les Guerres d’Obama (4), de Bob Woodward, ne me contrediront sur aucun de ces points !

 

Ma seconde préoccupation tient au fait que l’Afghanistan est une nouvelle preuve de l’échec de l’Europe. Je constate qu’il y a, ou qu’il y a eu, quinze pays de l’Union ayant engagé des forces militaires en Afghanistan : Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, France, Hongrie, Italie, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Suède, République tchèque, Portugal. Les effectifs européens sont loin d’être négligeables puisqu’ils représentent environ trente mille combattants, soit un tiers de la force engagée. Or, il n’y a presque pas d’Europe, en tout cas aucune Europe de la défense, en Afghanistan. On pourra toujours expliquer que, historiquement, l’Europe a eu du mal à s’imposer en tant que telle dans cette guerre. Certes, mais le constat est là : l’Europe mène la guerre la plus longue qu’elle ait jamais conduite ; elle le fait avec des effectifs très importants, et elle n’existe pas. Cela donne une résonance forte aux propos de l’ancien ministre de la Défense, Hervé Morin, qui affirmait fin octobre : "L’Europe est devenue un protectorat des Etats-Unis" (5) Il est temps que l’Europe se reprenne en main.

 

* Vincent DESPORTES Officier, Général de division (2S) est un ancien commandant de l’École de Guerre

 

(1) D’où il retire sa force et sa capacité à durer, selon Clausewitz.

(2) Introduction à la stratégie, Pluriel, 1998, pp. 24, 25.

(3) Georges-Henri Bricet des Vallons, Faut-il brûler la contre-insurrection?, Choiseul, 2010, p. 19.

(4) Denoël, 2011.

(5) Le Monde, 31 octobre-1er novembre 2011.

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 17:40
Des bâtiments français vont participer à l’exercice Proud Manta

 

3 février 2012 Par Rédacteur en chef. PORTAIL DES SOUS-MARINS

 

Du 14 au 26 février, un sous-marin, une frégate, 2 avions de patrouille maritime et un hélicoptère de la marine nationale vont participer, aux côtés de moyens aériens et maritimes de 10 autres pays de l’OTAN, à l’exercice Proud Manta 2012, le plus important exercice de lutte anti-sous-marine organisé par l’OTAN.

 

L’exercice se déroulera en mer Ionienne, au sud-est de la Sicile. Les autres pays participant à l’exercice sont le Canada, l’Allemagne, la Grèce, l’Italie, les Pays-Bas, la Norvège, l’Espagne, la Turquie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis.

 

Les bâtiments français seront (sauf changement de dernière minute) le sous-marin nucléaire d’attaque Améthyste et la frégate Jean de Vienne.

 

L’exercice permettra de faire la preuve de la détermination de l’OTAN à maintenir l’efficacité et améliorer l’interopérabilité dans la lutte anti-sous-marine, la lutte anti-surface, la surveillance côtière et d’autres opérations maritimes utilisant une force multi-nationale de bâtiments de surface, de sous-marines et d’avions.

 

L’exercice permet aussi de fournir un entraînement opérationnel dans des rôles et missions potentiels de NRF (NATO Response Force), ainsi qu’à la mise en œuvre des procédures OTAN pour des opérations actuelles ou futures. Les bâtiments s’entraineront aussi à la défense contre des attaques terroristes.

 

Référence : OTAN

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 12:40

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2 février 2012.Par CMF

 

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Le Cluster Maritime Français est heureux d'accueillir NEXTER Electronics.

 

NEXTER Electronics, filiale du groupe NEXTER (anciennement GIAT Industries), est un des leaders dans la conception, la réalisation et le maintien en conditions opérationnelles (MCO) d'équipements électroniques embarqués exploités en environnements sévères.


Reconnus dans le domaine militaire, NEXTER Electronics poursuit la diversification de ses activités par une mise en valeur systématique de ses innovations technologiques en Gestion et Distribution d'Energie, sous-systèmes sécuritaires, MCO et par le montage d'offres complètes en partenariat avec des entreprises spécialistes.


Les produits et solutions adressés aux différents types de plateformes mettent particulièrement en relief les savoir-faire clés de NEXTER Electronics en matière de technologies duales et évolutives.



Pour plus d'informations,  visitez le site Internet de NEXTER Electronics, et retrouvez leur présentation sur l’annuaire du CMF ainsi que sur notre rubrique "Nouveaux Membres".

Toute l’équipe du Cluster Maritime Français remercie NEXTER Electronics de sa confiance et lui souhaite la bienvenue à bord !

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 08:10

Rafale photo source info-aviation.com

source info-aviation

03.02.12 LEMONDE.FR

La question n'est pas seulement économique, mais éminemment politique. Le contrat de vente des Rafale de Dassault à l'armée indienne n'est même pas encore signé que la question du transfert de technologie, une des clauses du contrat, inquiète – surtout à gauche.

"Ce transfert (...) entraîne [la création] de concurrents dans un pays qui n'est plus du tiers-monde mais qui est un pays émergent considérable", estimait, mardi 31 janvier, Paul Quilès, ancien ministre socialiste de la défense. De son côté, Jean-Yves Le Drian, responsable de la défense auprès de François Hollande, candidat socialiste à la présidentielle, demandait "un examen attentif" des clauses du contrat en la matière.

 

A droite, on se félicite au contraire de l'exportation des compétences françaises. "Avec ce très important contrat d'exportation, c'est le savoir-faire de notre pays qui est mis à l'honneur, puisque le Rafale réunit de très nombreuses technologies parmi les plus sophistiquées", se réjouissait, mardi, le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer. Pas d'inquiétude non plus du côté du ministre de la défense, Gérard Longuet, pour qui cette clause du contrat est "naturelle".

 

UNE PRODUCTION SOUS LICENCE


La question du transfert de technologie propre au Rafale – qui englobe savoir, technique et savoir-faire – se pose avec d'autant plus d'acuité que c'est la première fois que l'avion emblématique de l'industrie d'armement française s'exporte. Mais les détails du contrat n'étant pas arrêtés, il est difficile pour l'instant de se faire une idée de l'ampleur de ce transfert.

 

Seule certitude, celui-ci est inclus, tout comme la production et la maintenance, dans le contrat qui, selon une source du ministère de la défense indien, atteindrait 12 milliards de dollars (9 milliards d'euros). Le champion de l'aéronautique indien HAL (Hindustan Aeronautics Ltd) va produire sous licence, à Bangalore, 108 des 126 avions commandés.

 

Pour autant, le transfert de technologie a peu de chances d'être proportionnel au pourcentage de la production qui sera faite localement. "On ne connaît pas encore le périmètre des connaissances transmises. Tout dépend de ce qui est assemblé ou produit sur place. Mais il est évident que tout pays qui a une armée ne va pas dévoiler des techniques spécifiques à sa propre défense", estime Didier Adda, conseil en propriété industriel au cabinet TPC (Technologies Partenaires Conseils).

 

"S'il ne s'agit, par exemple, que d'assembler des pièces détachées, le transfert de technologie est faible", relativise-t-il. Pour lui, "cette vente va permettre à Dassault de favoriser les travaux de recherche et développement sur la nouvelle génération de Rafale et aux Indiens d'acquérir de nouvelles compétences. D'ailleurs, les pays émergents ne signent plus que des contrats incluant un transfert de technologie".


LA MAINTENANCE, UN ENJEU STRATÉGIQUE 


Lors de l'achat, en 2009, de quatre sous-marins du groupe naval français DCNS, le Brésil avait également exigé d'importants transferts de technologie, notamment concernant la construction. Plusieurs dizaines de Brésiliens travaillant dans ce secteur sont depuis venus se former à Lorient, dans une école créée à cet effet.

 

Tout l'enjeu est de savoir où le périmètre de la formation s'arrête et quelle est la limite à ne pas franchir en matière de communication des savoir-faire, surtout ceux qui sont encore en développement.

 

Car les pays acheteurs sont gourmands : à titre d'exemple, l'avionneur américain Boeing a dû promettre aux Brésiliens, acheteurs de ses appareils, un assemblage intégral et sur place des avions. 


L'enjeu repose en outre sur la question de la maintenance des appareils vendus, prévue par le contrat. Si la maintenance des Rafale reste en France, elle permet à Dassault de garder le contrôle de la fabrication et de l'amélioration des pièces. A contrario, si la maintenance se fait en Inde, elle inclut à terme un transfert de technologie beaucoup plus important.

 

Pourtant, même si c'était le cas, "les Indiens ne sont pas encore prêts à concurrencer la France dans le secteur aéronautique", estime M. Adda, tout en ajoutant qu'"ils le seront peut-être dans quelques décennies".

 

Une estimation suffisamment large pour laisser à Dassault le temps de consolider son avance sur des pays émergents prompts à apprendre mais qui ont plusieurs dizaines d'années de recherche et de développement à rattraper.

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 08:05

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/dga/1-materiels-divers/illustration-spationav/1547749-1-fre-FR/illustration-spationav.jpg

03/02/2012 Bertrand Guy - DGA Comm

La direction générale de l’armement (DGA) vient d’engager la rénovation des radars de la plupart des sémaphores du littoral métropolitain.

Le premier sémaphore équipé est celui de La Hève en baie de Seine, qui exploite un radar neuf depuis le 25 janvier 2012. Sur les 59 « vigies terrestres de la mer » placées sous la responsabilité de la marine nationale, 54 sont concernées par l’opération qui va s’échelonner jusqu'à l'été 2013. Pour un certain nombre ce sera également l'occasion d'améliorer leurs performances de détection, soit en termes de portée, soit en termes de taille des bateaux détectés.

Cette opération constitue la phase préliminaire du programme Spationav V2, que la DGA a notifié en août 2011 à la société Signalis (société commune de Cassidian et Atlas Elektronik) pour un montant de 34 millions d’euros. Seconde étape de modernisation de la surveillance des approches maritimes françaises, Spationav V2 a pour objectif d’améliorer le système d’information actuel pour le rendre encore plus performant et plus ouvert sur les échanges avec des acteurs externes, en priorité les Etats membres de l’Union européenne. La conception du programme devrait s'achever mi-2012 et le développement logiciel se poursuivra jusqu'en fin d'année. Le déploiement de Spationav V2 durera un an et demi à partir de début 2013 et concernera près d’une centaine de sites, en métropole ainsi qu'en zone Antilles-Guyane et à Mayotte.

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 17:35

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/air/actualites/images-2012/images-fevrier-2012/inauguration-du-cofas-a-taverny./1546752-1-fre-FR/inauguration-du-cofas-a-taverny..jpg

03/02/2012 Sources : Armée de l'air

Mardi 24 janvier 2012, le centre d’opérations des forces aériennes stratégiques (COFAS) s’installe dans ses nouveaux locaux, au sein de l’ouvrage enterré de Taverny.

Pour cette inauguration, le colonel Philippe Mouly, commandant le COFAS, a accueilli le général Paul Fouilland, commandant les forces aériennes stratégiques (CFAS).

Au cours de la cérémonie, le nouveau COFAS a reçu le nom de parrain « André Dubroca ». Pilote de B26 avant d’être transformé sur Mirage IV, le général André Dubroca fut un acteur crucial de l’opération Tamouré  menée dans le Pacifique et destinée à tirer l’arme nucléaire depuis le Mirage IV.

Au cours de son allocution, le général Fouilland est revenu sur cette opération : «Les 48 années passées au centre «Védrine» demeurent marquées par l’opération Tamouré, tir d’une arme nucléaire AN 21 par un Mirage IV A dans le Pacifique. Le 19 juillet 1966, la mission voulue par le général De Gaulle pour asseoir la crédibilité de la force de frappe française est parfaitement exécutée par l’équipage Dubroca-Caubert sous les yeux du général Philippe Maurin, premier commandant des FAS».

 

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/air/actualites/images-2012/images-fevrier-2012/le-parrainage-du-cofas-a-ete-officialise-aux-cotes-de-l-epouse-du-general-dubroca-de-ses-enfants-et-de-ses-petits-enfants./1546762-1-fre-FR/le-parrainage-du-cofas-a-ete-officialise-aux-cotes-de-l-epouse-du-general-dubroca-de-ses-enfants-et-de-ses-petits-enfants..jpg

 

Le général Fouilland a officialisé le parrainage aux côtés de l’épouse du général Dubroca, de ses enfants et de ses petits-enfants : «Toujours guidé par le sens de l’humain et du respect d’autrui, le général Dubroca a su marquer à jamais et avec discrétion et humilité l’histoire de la dissuasion nucléaire, socle de la stratégie générale de prévention de la France ». Après avoir commandé la base aérienne d’Istres, le général Dubroca a achevé sa carrière en commandant le COFAS.

Madame Dubroca a clôturé la cérémonie en coupant le ruban tricolore et en dévoilant la plaque officielle.

L’aménagement d’un COFAS de substitution, situé à Lyon, s’est déroulé dans des conditions optimales grâce à la mise en place d’une équipe au sein de l’ouvrage enterré quelques semaines auparavant afin de garantir la permanence de la mission de dissuasion nucléaire des forces aériennes stratégiques.

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 13:55

IHEDN-copie-1

 

03.02.2012 IHEDN

 

Le préfet Patrice MOLLE, directeur adjoint et secrétaire général de l’IHEDN a prononcé ce matin son discours d’ouverture devant 23 auditeurs qui suivront cette formation jusqu’au 23 mars. Ce cycle a pour vocation, grâce aux meilleurs experts, de former les participants aux différents enjeux de l’intelligence économique.

 

En savoir plus
 

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 13:50

http://www.meretmarine.com/objets/500/939.jpg

source meretmarine.com

02/02/2012 par Bertrnad Guy - DGA

La Direction générale de l’armement (DGA) vient d’engager la rénovation des radars de la plupart des sémaphores du littoral métropolitain. Le premier sémaphore équipé est celui de La Hève en baie de Seine, qui exploite un radar neuf depuis le 25 janvier 2012. Sur les 59 « vigies terrestres de la mer » placées sous la responsabilité de la marine nationale, 54 sont concernées par l’opération qui va s’échelonner jusqu'à l'été 2013. Pour un certain nombre ce sera également l'occasion d'améliorer leurs performances de détection, soit en termes de portée, soit en termes de taille des bateaux détectés.

Cette opération constitue la phase préliminaire du programme SPATIONAV V2, que la DGA a notifié en août 2011 à Signalis (société commune de Cassidian et Atlas Elektronik) pour un montant de 34 millions d’euros. La seconde étape de modernisation de la surveillance des approches maritimes françaises, SPATIONAV V2 a pour objectif d’améliorer le système d’information actuel pour le rendre encore plus performant et plus ouvert sur les échanges avec des acteurs externes, en priorité les états membres de l’Union européenne. La conception du programme devrait s'achever mi-2012 et le développement logiciel se poursuivra jusqu'en fin d'année. Le déploiement de SPATIONAV V2 durera un an et demi à partir de début 2013 et concernera près d’une centaine de sites en métropole ainsi qu'en zone Antilles-Guyane et à Mayotte.

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 13:35

Optroniqe-tank-source-FOB.jpg

31.01.2012 par Guillaume Belan (FOB)

Le scénario aura été laborieux à écrire, mais il se met finalement doucement en place. Le premier acte du rapprochement de l’activité optronique française a eu lieu hier.  Thales et Safran, qui détenaient chacun 40% du capital de Sofradir, le champion de la détection infra-rouge, ont augmenté leur participation pour maintenant détenir 50% chacun du capital de l’entreprise basée près de Grenoble. Ce renforcement capitalistique est la traduction de l’annonce faite le 21 décembre dernier entre les deux groupes compétiteurs du secteur, dans laquelle ils manifestaient leur volonté de renforcer Sofradir.

L’acte suivant sera la constitution d’une Joint Venture 50/50 entre Thales et Safran dans les activités optroniques (systèmes de visions, détections électro-optiques) et notamment l’aspect commercialisation. Poussé par le pouvoir politique depuis plusieurs années, l’accord obtenu entre les deux industriels en décembre n’aura pas été à la hauteur des espérances, n’aboutissant ni à des échanges d’actifs comme comme il en avait pourtant été question, ni à un accord sur l’activité de navigation inertielle. Mais il permet au moins aux deux groupes d’arriver en ordre de marche sur le marché export dans les systèmes de vision et de détection.

Ce renforcement dans Sofradir fait suite au retrait des 20% que détenait le géant du nucléaire Areva dans la société.  Areva, qui a connu une baisse de son chiffre d’affaires en 2011, considérait cette participation non stratégique et a décidé dans le cadre de son plan de financement et d’action stratégique “Action 2016″, de se recentrer sur son coeur de métier.

Sofradir emploie 550 personnes pour un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros. Ses produits de détection  infra-rouge sont présent dans le civil, le spatial et le militaire. Sofradir équipe la plupart des plateformes terrestres, mais aussi aériennes ou navales et marche très bien à l’export. Ses systèmes sont notamment utilisés dans  les véhicules blindés américains comme le char de combat Abrams.

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 13:30

BFST.jpg

30.01.2012 Par: Frédéric Lert (FOB)

Trois fois par an, le COS (Commandement des Opérations Spéciales) réunit ses troupes au sein de l’exercice Cobalt. La première édition de l’année 2012, qui s’est tenue la semaine dernière, était organisée par la BFST (Brigade des Forces Spéciales Terre) et en toute logique, les éditions suivantes devraient être organisées à tour de rôle par les composantes Air et Marine des forces spéciales. Cobalt est un exercice purement technique et sans ambition tactique. Aucune force bleue ou rouge ni ressortissant à évacuer donc, mais plutôt du travail sur les méthodes et les procédures, notamment en matière de coopération entre les trois armées, avec une dimension aéroportée essentielle.

Environ 150 personnels des forces spéciales ont participé à l’exercice, dont une centaine de la BFST en provenance du 1er RPIMA, du 13ème RDP, du 4ème RHFS, de la Compagnie de commandement et de transmission (CCT) et de l’état-major de la brigade. L’armée de l’Air avait dépêché une quinzaine de commandos du CPA 10 auxquels s’ajoutaient les équipages de l’escadron de transport 3/61 Poitou venus d’Orléans avec un C-160 Transall et un C-130 Hercules. Pour la partie Alfusco figuraient un groupe du commando Montfort et un détachement de liaison, soit une quinzaine de personnes au total. Les hélicoptères étaient fournis par la BFST (deux Gazelle et un EC725 du 4ème RHFS) et par le GIH (un Puma venu spécialement de Villacoublay). Un absent de marque : le Tigre, qui n’aura participé qu’à une mission. « Les Tigre du 4ème RHFS sont occupés ailleurs » expliquait-on à Pau. Le régiment d’hélicoptères des forces spéciales dispose actuellement de quatre Tigre regroupés au sein de l’escadrille EOS 6. Trois sont au standard 1, c’est à dire aptes aux opex. Le quatrième, au standard Step 2, sera également porté au standard 1 dans les semaines à venir.

L’exercice Cobalt a pu bénéficier d’une allocation assez riche en heures de vol, avec une vingtaine d’heures par appareil (non compris les vols de transit) réparties sur la semaine et avec une forte dominante d’activité de nuit. Les hélicoptères de manœuvre ont été utilisés pour des entrainements à l’aérocordage (rappel, grappe, corde lisse…). Les Gazelle l’ont été pour les missions de guidage, de récupération ou même de parachutage. Les avions tactiques ont participé à des parachutages d’hommes et de matériel en plaine et en montagne. La BFST est pleinement autonome pour le conditionnement et la livraison par air de palettes jusqu’à 1,9 tonnes (il s’agit pour ces palettes les plus lourdes de bacs souples de ravitaillement en carburant). Elle maitrise également la technique LTGHOB (Largage très grande hauteur ouverture basse) régulièrement utilisée par l’armée de l’Air en Afghanistan. Un volet de Cobalt 2012 se déroulait également sur le tarmac de la BFST avec des exercices d’arrimage de charges en soute et de travail avec le FTM (Fardier Technique Modulaire) sur les avions et hélicoptères.

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 12:20

premiers-engagements-de-l-aviation-francaise.jpg

photo Sirpa Air

03 février 2012 par Didier Ragu L’USINE NOUVELLE

 

L’énorme contrat avec l’Inde pour les avions Dassault devrait aussi concerner les ingénieristes qui ont travaillé sur le projet. Assystem et Alten ont accepté d’expliquer comment.

 

Il n’y a pas que Dassault Aviation, qui se frotte les mains. Si elles se concrétise, la vente de 126 Rafale à l’Inde pourrait aussi mobiliser les ingénieristes partenaires du projet. Le français Assystem, par exemple, est fournisseur de 1er rang depuis longtemps chez Dassault Aviation. Une centaine d’ingénieurs y travaille en permanence dans les bureaux d’étude, tant sur les avions de chasse comme le Rafale, que sur les jets civils comme le Falcon.

 

Avec l’avionneur français il a participé au développement de l’aérostructure du chasseur-bombardier, avec Safran sur certaines parties des moteurs (entrées d’air par exemple) et avec Sagem et Thales sur les systèmes d’électronique embarquée. Mais pour Alain Besnier, Global Service Director d’Assystem pour l’international et l’aérospatial, pas d’emballement. "Il devrait y avoir peu de développements nouveaux sur cet avion, sauf si l’Inde demande des modifications substantielles" comme cela avait le cas avec les Emirats. "Et cela repousserait d’autant l’industrialisation, alors que l’acheteur semble pressé de s’équipe."


Transfert de technologies


La majorité du travail des ingénieristes portera donc sur les transferts de technologies, même si l’on ne sait pas encore précisément la proportion de ce qui sera assemblé et fabriqué sur place. Des pièces essentielles comme les moteurs (50 % du prix d’un appareil militaire) ne devraient pas être réalisées localement, tant elles sont complexes à fabriquer.

 

Le grand partenaire sur place sera le groupe HAL, une sorte d’EADS indien. Assystem devrait se voir confier en grande partie la gestion du transfert des process de fabrication, des équipements d’outillage, des systèmes de test et mesures et du contrôle qualité. Dans sa mission d’accompagnement, poursuit Alain Besnier, "le groupe devra également sélectionner, qualifier et superviser les fournisseurs locaux". Le groupe compte près de 3200 collaborateurs travaillant sur l’aéronautique, dont un millier en France, autant en Grande-Bretagne et 400 en Allemagne. Mais il pourra aussi s’appuyer sur son important bureau indien, 180 personnes basées à Bangalore.

 

Enfin, "la dernière mission qui pourrait être confiée à l’ingénieriste, n’est pas des moindres, confie Alain Besnier. Il s’agit du problème des Offset". Ces systèmes de compensations commerciales, primordiales dans les contrats avec des pays comme l’Inde, le Brésil ou les Emirats Arabes Unis nécessiteront l’ouverture de bureaux d’étude temporaires fonctionnant pendant quelques années.

 

Alten parle également le Hindi


L’ingénieriste français anticipe une hausse de son plan de charge avec l’avionneur si l’énorme contrat indien se concrétise. Dans le programme Rafale, Alten a travaillé sur les systèmes d’armes (algorithmes de tir pour les munitions), sur les équipements optroniques, sur les interfaces homme-machine dans le cockpit, sur le cheminement des câblages et sur des calculs de structures. Le groupe a eu jusqu’à une centaine d’ingénieurs sur le projet et une quinzaine de collaborateurs travaillent toujours dans les bureaux d’étude de Dassault Aviation.

 

"Les éléments de structure, tout comme les moteurs, ne devraient que très peu changer, estime Julien Gavaldon, Directeur du département aéronautique-défense, un service comptant 500 collaborateurs sur Paris. Par contre, les systèmes d’armes notamment, seront différents de ceux équipant les appareils de l’armée française." Alten anticipe un bon potentiel de développement dans les munitions, un domaine où l’ingénieriste travaille avec le missilier européen MBDA, ainsi que dans les radars et les systèmes de brouillage, un secteur où il collabore avec le français Thales Système Aéroportés.

 

Le groupe compte sur sa bonne implantation en Inde, 700 ingénieurs travaillant sur l’électronique embarquée et sur la formation d’une partie de ses effectifs dans l’automobile, touchés par les baisses de charges chez les constructeurs français. "Si le contrat arrive à son terme, il devrait booster notre activité sur ce secteur pendant plusieurs années", conclut Julien Gavaldon.

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 12:10

Gazelle-sa-342-l1-credits-Sirpa-Terre.jpg

 

Le 3e RH et le 3e RHC ont réalisé ensemble une expérimentation tactique sur la reconnaissance et le balisage des zones de poser hélicoptères - Crédits : 3RH / ASP VIE

03/02/2012 Armée de Terre

Du 16 au 20 janvier 2012, un peloton du 3e régiment de hussards (3e RH) a rejoint le 3e régiment d’hélicoptères de combat (3e RHC) pour une expérimentation tactique à Étain.

Un bilan positif, c’est ce qui ressort de cette semaine d’expérimentation tactique entre le 3e  régiment de hussards  et le 3e  régiment d’hélicoptères de combat . « Le peloton a su être réactif et a accompli toutes ses missions avec succès », se félicite le capitaine dirigeant les exercices.

 

AMX-10RC-credits-sirpa-terre.jpg

 

Les missions furent nombreuses pour les soldats : reconnaissance, aménagement et sécurisation des zones de poser hélicoptères, balisage de ces zones de jour comme de nuit, installation d’un plot de ravitaillement et guidage de l’hélicoptère pendant son poser. Ils ont notamment dû apprendre à faire face à l’urgence de la manœuvre, sa durée et son environnement.

Les chefs de groupe et le chef de peloton ont également été instruits sur les procédures radio nécessaires au guidage d’un hélicoptère pendant les opérations de poser, la demande d’évacuation de ressortissants ou encore d’appui-feu hélicoptère.

Avec la perte progressive des pelotons reconnaissance-balisage  de l’aviation légère de l’armée de Terre, ces compétences devraient en effet être transférées à des unités de cavalerie. Cette expérimentation tactique permettra d’évaluer les conséquences que cette nouvelle mission opérationnelle induira pour ces unités.

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 08:55

un-rafale-en-ravitaillement-en-vol-aux-cotes-de-deux-mirage.jpg

1 février 2012 francesoir.fr

EXCLUSIF. Au moment où New Delhi vient de sélectionner le Rafale, le Général Jean-Paul Palomeros, chef d'état-major de l'armée de l'air, explique à France-Soir en quoi l'intervention française en Libye a démontré les qualités de l'appareil aux potentiels acheteurs étrangers.

France-Soir Est-ce que l'opération Harmattan, en Libye – au cours de laquelle le Rafale était engagé – a joué un rôle décisif dans ce premier succès à l'export ?

Général Jean-Paul Palomeros Il est clair que les succès remportés par l'armée de l'air et le Rafale durant Harmattan ont été étudiés par toutes les armées du monde. Mes homologues étrangers veulent en parler avec moi. Ils s'étonnent que nous ayons été en mesure d'envoyer aussi rapidement le Rafale effectuer tous types de missions. Cette opération a été une démonstration des capacités de polyvalence de l'appareil.

F.-S. Pouvez-vous détailler ces missions ?

Gal J.-P. P. Il fallait à la fois imposer une interdiction de survol de la Libye, intervenir au sol contre les forces de Kadhafi qui se trouvaient aux portes de Benghazi et obtenir des renseignements sur le dispositif militaire ennemi. Le 19 mars 2011, dès la première patrouille, ces trois objectifs étaient atteints. Outre l'imposition de la no flight zone, nous avons tiré de l'armement de précision et alimenté nos banques de données pour les missions suivantes. Grâce à ses systèmes de détection et de protection sol/air, le Rafale a pu intervenir sans avoir à détruire au préalable toutes les installations antiaériennes libyennes, les rampes de missiles notamment qui pour nous étaient la menace la plus inquiétante.

F.-S. Vous avez participé directement aux négociations de vente du Rafale avec les autorités indiennes. Quel était votre rôle aux côtés des ingénieurs, des commerciaux et et des politiques français ?

Gal J.-P. P. Je joue mon rôle de chef d'état-major. Le partenariat avec l'armée indienne est ancien. Depuis des années, nous faisons des exercices avec l'Indian Air Force (IAF) qui utilise des Mirage 2000, un appareil fort apprécié dans ses rangs. Mon rôle est que cette relation soit maintenue au meilleur niveau, en faisant valoir les qualités de nos équipements et celles de la formation de nos pilotes.

F.-S. Et pour le Rafale, plus précisément ?

Gal J.-P. P. Montrer quelles sont les qualités opérationnelles de l'appareil, ses avantages en termes de disponibilité et de maintenance. La disponibilité de la flotte aérienne est de la responsabilité du chef d'état major. Elle était de 95% durant l'opération Harmattan. Dans ce domaine, la France a fixé une barre élevée. Pour entretenir un Rafale en permanence, nous avons besoin de sept ou huit mécaniciens. Pour certains de nos concurrents, c'est pratiquement le double. Le coût de maintenance de l'avion s'en trouve donc réduit. C'était un des critères essentiels retenus dans la conception de l'avion.

F.-S. Qu'est-ce que cette vente va changer pour l'armée de l'air ?

Gal J.-P. P. Le gros intérêt pour nous, c'est de pouvoir travailler avec des forces armées de pays amis dotées des mêmes systèmes d'armes que les nôtres. L'armée de l'air indienne va nous apporter un retour d'expérience original qui va nous permettre de développer les capacités de l'appareil. C'est d'ailleurs ce qu'il s'est passé avec les équipages des Mirages qatariens qui ont participé à nos côtés aux opérations en Libye. Enfin, en augmentant la série, on va réduire les coûts de production et d'entretien. Hier encore, on nous expliquait que le Rafale était très cher. Il vient de démontrer aujourd'hui qu'il est sans doute le meilleur avion du monde et, qu'au final, il n'est pas cher.

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 08:50

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/ema/le-chef-d-etat-major/120202-cema-bapteme-de-la-19e-promotion-a-l-ecole-de-guerre/bapteme-de-la-19e-promotion-a-l-ecole-de-guerre-1/1546294-1-fre-FR/bapteme-de-la-19e-promotion-a-l-ecole-de-guerre-1.jpg

02/02/2012 Sources : EMA

Le 31 janvier 2012, l’amiral Guillaud, chef d’état-major des armées (CEMA) a participé à la cérémonie de baptême de la 19e promotion de l’Ecole de Guerre, présidée par M. Longuet, ministre de la Défense et des anciens combattants.

A cette occasion, le ministre de la Défense a remis l’insigne de l’Ecole de Guerre au lieutenant-colonel français Veyssière, président de la promotion. Le CEMA a quant à lui, remis l’insigne de l’Ecole de Guerre au commandant de frégate argentin Cohen Lernoud, président des stagiaires étrangers.

Baptisée Maréchal Juin , la 19e promotion est constituée de 293 officiers des trois armées et services ainsi que de la gendarmerie nationale. 95 de ces officiers proviennent de 67 nations alliées de la France.

Les officiers de la promotion ont débuté leur stage le 6 septembre 2011, pour une durée d’un an.
Sélectionnés au sein de chaque armée par un concours très sélectif, ces officiers suivent un enseignement de haut niveau devant leur permettre d’occuper des fonctions de commandement et de direction dans la suite de leurs carrières.

L’Ecole de Guerre, haut lieu de la formation militaire, est un symbole d’échange et de coopération entre la France et ses alliés, avec lesquels les armées françaises sont amenées à préparer, planifier et conduire des exercices et des opérations militaires.

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 08:25

Rafale-marine-operation-harmattan-4e-jour-2.jpg

source Ministère de la Défense

02.02.2012 Vincent Lamigeon, grand reporter à Challenges

 

Dassault a-t-il vendu son âme en obtenant d’entrer en négociations exclusives avec l’Inde ? C’est la critique qui s’est fait jour dès l’annonce de la sélection du Rafale par l’Inde pour le monumental contrat dit MMRCA, de 128 appareils. Qu’entend-on au juste ? Que Dassault est en train de créer sa propre concurrence. Que ce contrat, s’il est signé, ne va vraiment bénéficier qu’aux salariés indiens. D’aucuns assurent même qu’il eût été préférable de passer son tour, et de rester dans le splendide isolement d’un Rafale seulement vendu à l’armée française.

 

Revenons donc aux basiques. Sur le papier, les conditions du contrat pourraient effectivement faire peur : 108 des 126 avions assemblés en Inde sous licence par le champion national HAL (Hindustan Aeronautics Ltd), soit près de 90% du total. En gros, un transfert de technologies maximal exigé par l’Inde, et une part de charge en France finalement limitée à 18 avions. Une source au ministère de la défense indien a assuré au Times of India que le pays récupèrerait in fine 85% des technologies.  « Ce transfert de technologie entraîne [la création] de concurrents dans un pays qui n'est plus du tiers-monde, qui est un pays émergent considérable », estimait ainsi l'ancien ministre socialiste de la Défense, Paul Quilès.

Dans les faits, la probable vente du Rafale en Inde reste pourtant une excellente affaire pour l’industrie française. D’abord parce que l’essentiel du réseau de sous-traitance de l’appareil va rester en France : les 500 PME et 7000 salariés que fait vivre le programme travailleront toujours pour fournir les pièces. L’avionique et l’électronique embarquée conçues par les sites Thales (Le Haillan, Etrelles ou Pessac) ne vont pas se retrouver du jour au lendemain à Bangalore. Idem pour les moteurs M88 de Safran, assemblés à Villaroche (Seine-et-Marne), et les éventuels missiles de MBDA. « Tous les pays peuvent assembler des avions livrés en kits, pointe l’analyste américain Richard Aboulafia, vice-président du cabinet Teal Group. Concevoir un appareil, avec les bureaux d’études, la R&D, les tests, la formation des personnels, c’est une autre histoire. »

Bien sûr, il y aura des « offsets », c’est-à-dire des transferts de charges à des sous-traitants indiens, mais il est assez vain de s’en offusquer. Un, c’est la loi des contrats militaires modernes, à laquelle même les Américains sont désormais prêts à se plier : leur offre de F-18 au Brésil est assortie d’une clause de transferts de technologies, Boeing promettant un assemblage total des appareils au Brésil. Deux, tout transfert de ce type est, par essence, progressif. On ne crée par une chaîne de fournisseurs compétents du jour au lendemain : la vente d’hélicoptères EC225 et de sous-marins de type Scorpène au Brésil, malgré les transferts de technologie, bénéficie encore largement à la balance commerciale française.

Il y a toujours, évidemment, une part de pari à accepter de transférer des technologies à un pays aussi ambitieux que l’Inde. Mais un contrat de ce type, qu’on ne reverra pas de sitôt dans le monde de la défense, valait certainement de consentir quelques efforts. Une absence totale de vente à l’export du Rafale aboutirait de toute façon à une situation où Dassault n’aurait plus de technologie à transférer, puisqu’il les aurait perdues avec la fin de la production de l’appareil.

Reste à signer le contrat définitif, ce qui sera loin d’être une sinécure, l'Inde étant un client complexe et parfois perméable aux pressions diplomatiques extérieures. Et à tenter de confirmer le renouveau du Rafale aux Emirats Arabes Unis, un contrat qui serait le parfait complément du deal indien : l’exigence technique du client émirati contribuerait probablement à améliorer encore les performances du Rafale.

 

Actualisé à 19h03 : la Tribune affirme qu'un accord avec les Emirats serait proche. La France serait d'accord pour reprendre les Mirage 2000-9 émirati pour en revendre une partie aux force libyennes. La période fin mars-début avril est évoquée pour une éventuelle signature.

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 08:05

Bertin-Technologies.jpg

02 février 2012 par Jean-François Preveraud - industrie.com

 

Rencontre avec Luc Renouil, directeur Business Development de Bertin Technologies, l’occasion d’évoquer avec lui les grands axes d’innovation de cette entreprise spécialisée dans la R&D depuis près de 60 ans.

S’il est un nom qui évoque en France la R&D et l’innovation, c’est bien celui de Bertin et de son fondateur, le polytechnicien Jean Bertin.

Celui-ci quitta la Snecma en 1956 pour fonder la société qui porte son nom en l’axant sur l’innovation technologique et la R&D. Touche à tout de génie, il a alors participé pendant une vingtaine d’année à tous les grands défis technologiques nationaux et mondiaux : la dissuasion nucléaire ; l’énergie ; le transport à grande vitesse ; les économies d’énergies ; l’automatisation dans l’industrie ; la sécurité et la santé ; etc.

Avec comme emblème le célèbre Aérotrain, un engin futuriste des années 60 et 70 qui emmenait 80 passagers sur coussin d’air, une invention de Louis Duthion, ingénieur chez Bertin, à plus de 430 km/h sur une voie en béton.

56 ans plus tard la passion de l’innovation est toujours là chez Bertin Technologies, même si s’en est fini de la ‘‘boite d’ingénieurs’’. « Effectivement nous avons connu une longue période de notre vie où, très présent dans la stratégie industrielle de nos clients pour lesquels nous développions des produits ou des procédés très innovants, nous n’avions pas une vision claire de notre propre stratégie industrielle. Nos ingénieurs développaient sans trop se soucier de notre rentabilité. Si nous gagnions de l’argent tant mieux, si nous en perdions tant pis. Une ‘‘boite d’ingénieurs’’ au sens le plus noble du terme, purs et durs. Dans ce sens, notre dépôt de bilan en 1998, notre LBO, puis notre reprise par le groupe CNIM en 2008 ont été un électrochoc salutaire pour l’entreprise », explique Luc Renouil, directeur Business Development de Bertin Technologies.

Bertin est repartie en 1998 avec deux axes principaux de développement, la défense et la santé/biotech. Un secteur à l’époque en émergence mais ou Bertin avait déjà développé pas mal d’outils et d’automates pour le Généthon. « Nous sentions bien que les biotechnologies allaient devenir porteuses et ne nous sommes pas trompés. Nous avons redémarré avec 170 personnes pour un chiffre d’affaires de 15 à 20 millions d’euros. Aujourd’hui nous sommes plus de 500 personnes avec un chiffre d’affaires de 60 M€ ».

Trois axes de développement

Evolution majeure aussi dans la stratégie, même si les études à façon restent très importantes pour Bertin, la société est moins présente sur les prototypes et les ‘‘moutons à 5 pattes’’, et recherche le développement et la vente de produits récurrents, 40 % du CA. « Nous sommes une société qui continue de résoudre des problèmes pour des clients, et nous essayons de le faire de la manière la plus répétitive possible et aussi un peu égoïste en ayant une logique de produits ».

Maintenant Bertin travaille dans le groupe CNIM, une société industrielle à capital familial, comme ‘‘apporteur de l’innovation’’. Bertin a ainsi aidé les CNIM à développer des centrales d’incinération d’ordures ménagères plus performantes et moins polluantes, notamment au niveau des fumées, grâce à l’acquisition de la société lyonnaise LAB, spécialisée dans la purification de l’air.

De son côté, CNIM apporte des moyens industriels et une présence notamment dans les secteurs énergie et environnement. « Aujourd’hui nous fonctionnons suivant trois axes principaux : la défense ; l’énergie/environnement ; la santé/biotech ».

Les deux sociétés collaborent ainsi, avec Marine Elec et Siemens, au projet de développement d’un navire rapide de maintenance destiné aux futurs champs d’éoliennes off-shore. Bertin se voyant confier des sous-ensembles pour le pilotage du navire ou de manutention. « Nous allons fournir les pelles aux chercheurs d’or ! », plaisante Luc Renouil. Même si cela n’empêche pas CNIM et Bertin de mener des développements exploratoires dans le domaine de l’éolien flottant ou de l’hydraulien, afin d’y proposer ses propres produits.

Une multitude de produits propres

Dans le domaine des produits propres, Bertin est par exemple le fournisseur agréé de l’Armée française pour les équipements de détection biologique et chimique (caméras de détection, laboratoire de terrain…). Autre exemple, les petits drones aériens tels ceux utilisés par la Sécurité Civile en cas de catastrophe naturelle. « Nous sommes aussi de plus en plus présents dans le domaine de l’informatique, le renseignement et la sécurité des systèmes d’information pour le Ministère de la Défense. Dans le domaine de l’énergie et de l’environnement, nous proposons SterilWave, un équipement permettant de banaliser et de réduire les déchets DASRI (Déchets des Activités de Soins à Risques Infectieux) ».

Il s’agit de broyer finement les déchets, réduisant ainsi leur volume de 80 %, et de les porter à plus de 100°C par chauffage micro-onde pour réduire la population bactérienne et virale, afin de pouvoir les éliminer sans avoir recours à une collecte sélective. Une machine capable de traiter 500 kg en une heure et dont le prix se situe entre 60 et 100 k€. « On pourrait même envisager d’associer à terme à cette machine un incinérateur capable de valoriser énergétiquement ces déchets ». Un marché de quelques dizaines à quelques centaines de produits par an.

Autre produit innovant de Bertin, Quantom, un système de tri par laser de matériaux permettant de traiter les 50 % de polymères noirs constituant le flux des polymères issus du recyclage des déchets électriques et des véhicules hors d’usage, qui sont actuellement mis en décharge faute d’une solution adaptée de tri.

Il s’agit de focaliser une impulsion laser sur un échantillon pour l’ioniser partiellement et de déduire sa nature par analyse spectrale du plasma créé. Une technologie qui fonctionne sur des convoyeurs ayant des vitesses de plusieurs m/s. Une technologie qui permet de déduire la nature du polymère de base, mais aussi celle de ses additifs. Une technologie qui fonctionne aussi sur les métaux. « Nous travaillons avec le CEA à Grenoble sur des technologies mixant les Rayons X et d’autres bandes de fréquences, pour analyser simultanément un plus grand nombre de familles de matières plastiques ».

Autre domaine le solaire thermique, avec la participation directe à un certain nombre de projets et une station de mesure de la ressource solaire, pour les centrales thermodynamiques à concentration, tenant compte du niveau de l’ensoleillement, des conditions climatiques et de l’empoussièrement des miroirs.

Dans les biotechnologies Bertin a développé des petits équipements ergonomiques de préparation d’échantillons pour l’extraction d’ADN, développés à l’époque de la crise de la vache folle pour réaliser des tests sur le prion.

« Bien souvent ces produits sont issus d’études d’amélioration de technologies confiées par un industriel, avec qui l’on négocie la mise au point à nos propres risques, en lui donnant une exclusivité modulable sur les résultats. Par exemple en déclinant cette technologie dans des secteurs où l’industriel ne veut pas aller », conclut Luc Renouil.

La passion de l’innovation multisectorielle du fondateur est donc toujours présente chez Bertin.

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus : http://www.bertin.fr

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 30 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.
 

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 17:35
L'Eurofighter a perdu tous ses duels face au Rafale

 

01/02/2012 Michel Cabirol - LaTribune.fr

 

A chaque fois que l'Eurofighter a été en compétition face au Rafale, c'est ce dernier qui l'a devancé. Même si cela n'a jamais été un gage de réussite au final pour l'avion tricolore. L'Inde confirme la prédominance du Rafale face à l'Eurofighter.

 

Face au Rafale, l’Eurofighter (BAE Systems, EADS et Finmeccanica) n’y arrive décidément pas… Car, en dépit de ses quelques succès à l’exportation (Autriche, Arabie saoudite), cet avion de combat a toujours été devancé par l’avion tricolore fabriqué par Dassault Aviation dans les compétitions auxquelles ils ont tous les deux participés. Ce qui donne un éclairage à la victoire du Rafale e en Inde, sélectionné par New Delhi pour entrer en négociations exclusives.

 

C’était déjà le cas aux Pays-Bas début 2002 quand l’armée de l’air néerlandaise a évalué les appareils en compétition (85 avions de combat). Le F-35 de Lockheed Martin devançait très légèrement le Rafale (6,97 contre 6,95). En revanche, l’Eurofighter Typhoon se traînait loin derrière avec une note de 5,83. La même année, l’appareil fabriqué par le consortium européen était éliminé en Corée du sud dès la phase de présélection (short list) dans le cadre de l’appel d’offre "KF-X" portant sur l’acquisition de 40 avions de combat. L’armée de l’air sud-coréenne classait le Rafale premier des trois appareils évalués (F-15E de Boeing, Eurofighter) à l’issue des évaluations techniques, financières et des offsets (compensations). Au final, c’est Boeing qui avait remporté la compétition sur des critères exclusivement politiques.

 

Nouveau duel, cette fois-ci dans le ciel de Singapour en 2005. Là aussi, le ministère de la Défense de la ville-Etat, qui souhaite acquérir 20 chasseurs dans le cadre de l’appel d’offre "NFRP", élimine l’avion européen. Le Rafale affronte une nouvelle fois en finale le F-15E de Boeing. L’offre américaine s’impose en septembre 2005 sur des considérations politiques. Le communiqué de Dassault Aviation est d’ailleurs sans équivoque : « le poids américain donne une fois de plus raison au proverbe chinois : le bambou penche toujours du côté de celui qui pousse le plus fort ». Dassault Aviation a également perdu en raison de la faiblesse du dollar cette année-là.

 

Nouvelle douche froide pour l’Eurofighter le 1er octobre 2008 au Brésil, qui l’élimine de la compétition « F-X2 » tandis que le Rafale, le Gripen NG (Saab) et le F-18E/F Super Hornet (Boeing) sont présélectionnés. Au final, les Brésiliens entrent en négociations exclusives avec Dassault Aviation mais, coup de théâtre en décembre 2010, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva déclare, lors d'une interview à la télévision, qu'il ne prendrait pas de décision avant la fin de son mandat le 1er janvier sur l'achat de 36 avions de combat, une commande estimée entre 4 et 7 milliards de dollars.

 

Enfin, le dernier duel perdu par l’Eurofighter contre le Rafale est récent. C’est en Suisse en 2011, où le Rafale est également arrivé en tête des évaluations. Mais c’est le Gripen NG, l’avion le moins performant qui a gagné.

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 13:15

le-rafale photo LesEchos.fr

02/02/2012 Alain Ruello - journaliste chargé des questions de défense aux « Echos »

Enfin ! Après des années de défaites - sur le tapis aux Pays-Bas ou en Suisse, politiques en Corée du Sud ou à Singapour, humiliante au Maroc -, l'heure de la consécration a sonné pour le Rafale. En remportant l'appel d'offres lancé par l'armée de l'air indienne et portant sur l'achat de 126 appareils de dernière génération, l'avion de combat de Dassault vient non seulement de réaliser sa première percée à l'export ; mais il vient surtout de prendre une option sur l'un des marchés les plus convoités de la profession : lors de son lancement en 2007, les commentateurs l'avaient désigné comme le « père de tous les appels d'offres ». Son montant estimé, proche de 10 milliards d'euros, devrait faire de lui le plus gros contrat d'armement de tous les temps du sous-continent.

Passé l'euphorie des premières heures, la prudence s'impose évidemment, car il va falloir encore plusieurs mois d'une négociation difficile avec l'Inde pour transformer cette excellente nouvelle en contrat définitif. L'exemple des Emirats arabes unis, qui discutent de l'achat de 60 Rafale depuis trois ans, est là pour le rappeler. On se souvient aussi que, au Brésil, l'ex-président Lula avait promis une commande à son ami Nicolas Sarkozy... qui se fait toujours attendre.

Il n'empêche. Au moment où l'industrie française « se vide de son sang » (comme le dit le chef de l'Etat français), et même si New Delhi a exigé dès le départ la moitié de la valeur du contrat en retombées économiques locales, c'est une victoire indiscutable pour Dassault (et ses partenaires industriels). Et même une triple victoire.

La première est d'avoir fait mentir tous ses détracteurs. Le succès remporté en Inde le prouve : le Rafale est bien l'un des tout meilleurs avions de combat au monde. Etant donné l'importance du marché en jeu, le gratin du secteur avait répondu présent : F16 de Lockheed Martin, F18 de Boeing, Mig35 du constructeur éponyme, Gripen du suédois Saab, Eurofighter du trio BAE-EADS-Finmeccanica, et, bien sûr, Rafale. Dans cette affaire, n'a manqué que le F22, l'avion de supériorité aérienne américain, mais tellement avancé que Washington refuse de l'exporter. Egalement absent, le F35, le futur avion multirôle, américain également, dont les coûts ne cessent d'exploser. Tous les avions en compétition ont dû faire leurs preuves durant des tests très poussés qui les ont amenés à essuyer les températures extrêmes du désert ou de l'Himalaya. Seuls l'Eurofighter et le Rafale s'en sont sortis. Il se murmure notamment que le F18 n'a pas réussi à redécoller rapidement après avoir atterri sur une piste très haut perchée dans les montagnes.

Au cours de cette longue période d'essais, les aviateurs indiens auront poussé les différents appareils dans leurs derniers retranchements. Ils en ont conclu non seulement que le Rafale était à la pointe de la technologie, mais qu'il était en outre moins cher sur la durée que son rival européen arrivé en finale. C'est la deuxième victoire de Dassault.

Le Rafale est un avion coûteux, c'est vrai. Il l'est parce que la France a délibérément opté, dans les années 1980, pour un avion au top de la technologie. Il est cher aussi car la France, depuis de Gaulle, et sans qu'aucun gouvernement de droite ou de gauche n'y trouve à redire, a fait le choix de l'indépendance nationale. En clair : pas question d'acheter sur étagère un armement aussi stratégique, qui permet d'intervenir en premier dans un conflit, en courant le risque de devoir demander l'autorisation à qui que soit pour s'en servir. Le revers de la médaille est que, à l'inverse des Etats-Unis, qui achètent des milliers d'avions de combat (et en exportent autant), la France doit amortir les 41 milliards du coût du programme sur les seuls 286 exemplaires de série prévus. D'où un prix unitaire élevé.

Dès le départ, les politiques français comme le ministère de la Défense savaient donc que les pays capables d'acheter le Rafale seraient limités à ceux qui ont les moyens de se payer une aviation de combat de pointe et qui ne veulent pas se lier les mains avec Washington ou Moscou.

Et l'Eurofighter dans tout cela ? Même combat. En principe, l'avion doit être construit à plus de 600 exemplaires par le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne. Sauf que l'organisation industrielle d'un programme en coopération n'aide pas à faire baisser les prix. C'est même tout le contraire. Il suffit pour s'en convaincre de lire le rapport de la Cour des comptes anglaise à ce sujet.

Depuis des lustres, on assiste donc à une bataille de propagande entre le Rafale et l'Eurofighter, chacun affirmant qu'il est le moins cher. Sans chercher à décrypter les calculs extraordinairement compliqués qui ont permis à New Delhi de comparer les coûts d'usage sur quarante ans, Dassault peut désormais se prévaloir d'un avantage compétitif majeur face à son concurrent.

La troisième victoire est plus symbolique. Le Rafale n'est certes pas encore vendu formellement. Mais il peut au moins en finir avec cette étiquette « d'avion dont personne ne veut » qui lui collait à la peau. Il va falloir pour cela éviter tout faux pas dans la négociation qui s'ouvre avec New Delhi. Le climat est plutôt porteur car l'avionneur bénéficie d'une excellente réputation auprès de l'armée de l'air indienne, qu'il équipe depuis 1953. C'est loin d'être le cas en France, où abondent les témoignages sur l'arrogance de la « maison Dassault », convaincue d'être la seule -en dehors des Américains -à savoir construire de « vrais » avions de combat et toujours prompte à faire jouer ses connexions avec l'Elysée... A l'étranger ce n'est pas forcément mieux. Quand, mi-novembre, Abu Dhabi a critiqué vertement la proposition commerciale qui lui était faite, les commentaires des médias étrangers étaient truffés de témoignages peu flatteurs sur la rigidité de Dassault. Pour renverser la vapeur, il faudra sans doute plus d'un contrat Rafale. La quatrième victoire sera peut-être la plus dure à remporter.

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 08:50

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1 Février 2012 Propos recueillis par Régis Soubrouillard - Marianne

Conçu dans les années 1990, le Rafale s'était révélé invendable en dehors de France. Trop cher, trop en avance sur son temps. D'un coup, d'un seul, mardi, le journal Times of India annonçait l'achat par l'Inde de 126 avions. Le contrat du siècle dans le viseur et un emballement médiatique de circonstances. Ancien directeur adjoint de la Délégation Générale à l'Armement, Pierre Conesa détaille l'étendue du parcours, semé d'embûches, qu'il reste à accomplir.

 

Il est annoncé comme « le contrat du siècle ». L’Inde a annoncé mardi l’achat de 126 avions Rafale. Un don du ciel pour cet avion réputé invendable. Oubliée la crise, fini le modèle allemand, il n’en fallait pas plus pour que toutes les télés s'enthousiasment sur le redécollage de l’industrie française. Spécialiste des questions de défense au Point, Jean Guisnel a tout de même mis un petit  bémol à ce déborbement d'enthousiasme : « L'annonce faite ce matin par l'Inde n'est pas celle d'un contrat. Elle consiste à dire que le Rafale est proposé par ses fabricants, Dassault Aviation en tête, à un prix moindre que l'Eurofighter Typhoon. Pour cette raison, des négociations exclusives vont s'engager entre la France et l'Inde. Elles porteront sur la livraison de 16 appareils clés en main et l'assemblage en Inde chez HAL (Hindustan Aeronautics Limited) de 110 autres, dont les pièces détachées seront fournies par l'un des 500 sous-traitants français travaillant actuellement pour le GIE Rafale » écrivait–il mardi sur son blog.

Bref, la France a marqué des points mais la partie n’est pas gagnée comme l'explique Pierre Conesa, ancien Directeur Adjoint de la Délégation Générale à l'Armement, chargé de la politique d'exportations et auteur du livre La Fabrication de l'ennemi.  

Marianne2: Hier, la plupart des médias annonçaient la vente de 126 Rafale à l’Inde. Aujourd’hui, déjà, la presse affiche beaucoup plus de prudence. Vous avez été directeur adjoint de la Délégation Générale à l’armement. Ou en est-on concrètement quand on est en « négociation exclusive » avec un pays ?

Pierre Conesa: Nous sommes sur la bonne voie mais rien n’est exclu dans ce domaine. Les Indiens ont beaucoup tardé à se décider. C’est une démocratie donc c’est un pays à décision lente où il y a beaucoup de corruption et à chaque fois qu’il y a des nouveaux arrivants au pouvoir, ils règlent les comptes de ceux qui viennent de partir et cela remet à zéro toutes les négociations en cours. Nous avons déjà eu un exemple dans les années 80 avec la vente de Mirage 2000. Cela a mis 15 ans à aboutir, ce qui représente une demi-génération d’avions. Donc, jusqu’à la signature finale du contrat et même le contrat signé d’ailleurs, il y a toujours des possibilités d’annulation. Dans ce cas précis, il y a un dossier d’exportation qui comprend la spécification des matériels, les délais de livraisons, les systèmes d’armes, la formation des pilotes etc. C’est d’une complexité incroyable. Le contrat prévoit que la France fabriquera 16 avions et l’Inde 108. Il faut être sûr de trouver l’industriel capable de fabriquer des avions de combat de haute technologie, que ses chaînes de montage sont capables de faire des pièces au micron près. Il y en a au moins pour un an pour faire ce travail là. La France a connu des exemples où elle signait des contrats de ce type en aéronautique. Et au final, les pièces fabriquées dans les pays étrangers étaient mises à la poubelle parce qu’elles n’étaient jamais aux normes. Il y a toute une façade qui relève de la communication où on dit que le transfert de technologies ne posera pas de problèmes, mais on est jamais à l’abri d’une mauvaise surprise. Tout le monde retient l’annonce politique mais il y a aussi un proverbe qui dit « il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant d’en avoir fixé le prix…».

Le Premier ministre britannique David Cameron a jugé mercredi « décevante » la décision de l'Inde de sélectionner l'avion français Rafale et a indiqué qu'il allait « tout faire » pour l'encourager à reconsidérer son choix au profit de l'avion de combat Eurofighter Typhoon et le département de la Défense des Etats-Unis a réaffirmé aujourd'hui qu'il était prêt à partager des informations avec l'Inde sur le F-35, l'avion de combat construit par Lockheed Martin, pour autant que New Delhi se montre intéressé par son achat. Est-ce que la décision indienne peut encore être remise en cause au profit d’un concurrent ?

C’est toujours utile pour l’acheteur d’avoir un deuxième fournisseur qui affirme qu’il est prêt à revoir les conditions de son offre pour pouvoir faire pression sur Dassault. Personnellement, je n’y crois pas trop, parce que après le Kosovo, le chef d’état major indien, a dit « aujourd’hui on ne se bat plus contre les Etats-Unis sans l’arme nucléaire ». Ce n’est pas un dirigeant iranien, c’est le chef d’état major de la première démocratie du monde qui a prononcé ces mots ! Qu’est ce qu’il faut comprendre ? Aujourd’hui il y a deux grandes puissances : la Chine –mais en Inde, on ne peut pas le dire publiquement- et les Etats-Unis. Hors, l’allié principal des Etats-Unis dans la région c’est le Pakistan qui est le principal ennemi des Indiens. Donc, les Indiens ne prendront jamais le risque de se mettre sous le risque d’un embargo du congrès américain le jour où ils auraient un conflit avec le Pakistan.
Acheter américain, cela revient à donner le pouvoir au Congrès de décider de suspendre, un jour,  la livraison des pièces, des technologies etc. C’est un risque que l’Inde ne prendra pas.
Donc, ils choisiront un fournisseur non-américain. D’autre part, par rapport au F-35 qui coûte des sommes exorbitantes, le Rafale est un engin bon marché. Presque une Dacia…

Quelles peuvent-être les conséquences d’un contrat d’une telle importance sur  la politique extérieure de la France. Certains observateurs considèrent que les négociations économiques sur le Rafale offrent à New Dehli l’occasion de calmer la France sur certains sujets (L’Iran, l’Arabie Saoudite, Le Pakistan) ?

Cela a une importance dans la mesure où les considérations géopolitiques sont un volet traditionnel de l’exportation. Mais la France est une nation indépendante au sens Gaullien du terme, nous sommes maîtres de notre technologie de bout en bout. Nous ne serons jamais soumis à un veto américain si nous décidons de vendre tel avion à tel pays. Que l’Inde fasse passer des messages comme de ne pas trop s’exciter sur l’Iran, c’est possible. Mais l’espace stratégique  des indiens, comprend le contrôle de l’océan indien, les problèmes avec le Pakistan et la Chine. Donc qu’ils aillent chercher un fournisseur indépendant c’est un énorme avantage. Ce critère de l’indépendance c’est la dimension première dans le choix des Indiens, c’est sans doute ce qui a fait la différence avec l’Euro-Fighter, outre les performances, les considérations techniques et le prix. Avec l’Euro Fighter vous vous confrontez à quatre fournisseurs (Espagne, Italie, Allemagne, Angleterre), donc quatre motifs de blocage. L’Inde ne pouvait pas se permettre ça.

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 08:50

http://www.meretmarine.com/objets/500/41223.jpg
Les frégates Forbin et le Chevalier Paul sont basées à Toulon
crédits : DCNS

02/02/2012 MER et MARINE

Le Service de Soutien de la Flotte (SSF) a confié à DCNS le contrat de Maintien en Condition Opérationnelle (MCO) des frégates françaises du type Horizon. D'une durée de quatre ans, ce contrat verra DCNS assumer le rôle de maître d'oeuvre global de la maintenance de la totalité des installations des Forbin et Chevalier Paul, en dehors du système d'arme principal des bâtiments, le PAAMS, développé par MBDA.

Admises au service actif en 2010 et 2011, les Forbin et Chevalier Paul sont les plus grandes frégates de la Marine nationale. Construites par DCNS à Lorient, elles mesurent 152 mètres de long et affichent un déplacement de 7000 tonnes en charge. Spécialisés dans la défense aérienne, ces bâtiments mettent en oeuvre 32 missiles Aster 30 et 16 missiles Aster 15 au sein du PAAMS, ainsi que 8 missiles antinavire Exocet MM40 Block3, deux tourelles de 76mm, deux canons de 20mm, des torpilles MU90 et un hélicoptère.

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 08:45

le-rafale photo source india-defence

source india-defence.com

31 janvier 2012 Par Europe1.fr avec AFP

 

L'ancien ministre socialiste de la Défense Paul Quilès a estimé mardi que le transfert de technologie consenti pour la vente de 126 avions de combat Rafale à l'Inde entraîne que la France "se crée des concurrents" dans "un pays émergeant considérable".

 

"Depuis 26 ans on avait rien vendu, si cette fois-ci c'est confirmé, ce qui n'est pas encore le cas, il faut s'en féliciter", a-t-il déclaré sur RTL. Paul Quilès a toutefois souligné que l'avionneur Dassault et les autres industriels impliqués dans la fabrication du Rafale ont dû faire un effort "considérable" sur les prix.

 

"Le transfert de technologie qui est fait entraîne que l'on se crée des concurrents dans un pays qui n'est plus du tiers-monde, qui est un pays émergeant considérable", a poursuivi l'ancien ministre de la Défense (1986-87).

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 08:40

Rafale-Marine-photo7-Marine-Nationale.jpg

01/02/2012  Par Julie de la Brosse – L’Express.fr

La question a ressurgi mardi avec l'annonce du contrat de ventes de 126 Rafale à l'Inde. Trois économistes donnent leur avis.

 

Pour l'heure le contrat n'est pas encore signé, mais chez Dassault et dans la majorité on a du mal à cacher son enthousiasme. "Cela fait trente ans qu'on attendait ce moment", s'est notamment félicité mardi Nicolas Sarkozy, après l'annonce de négociations exclusives entre l'Inde et la France pour l'achat de 126 Rafales. Les réjouissances toutefois n'ont pas été partagées de tous, et notamment des socialistes qui s'inquiètent des transferts de technologie découlant du fameux contrat. Ils " devront faire l'objet d'un examen attentif", a prévenu Jean-Yves Le Drian, responsable de la Défense auprès de François Hollande. L'accord commercial en préparation stipule que New Delhi se fera livrer directement 18 avions en 2012, tandis que les 108 autres seront construits sur le sol indien. Il prévoit également que Dassault s'approvisionnera à hauteur de la moitié du montant des ventes auprès de l'industrie indienne de la défense. "Ce transfert de technologie entraîne [la création] de concurrents dans un pays qui n'est plus du tiers-monde, qui est un pays émergent considérable", estime l'ancien ministre socialiste de la Défense, Paul Quilès. Alors faut-il vraiment s'en inquiéter ? Les réponses de trois économistes...

 

Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS : "Si tant est que le contrat finisse un jour par être signé, Dassault va s'engager sur deux choses : d'une part il devra construire 90% de ses avions sur place, avec l'aide de l'industrie locale, et d'autre part il devrait investir une grande partie du montant du contrat en Inde. De quoi relativiser sérieusement l'importance de l'évènement ! Toutefois, cela reste une bonne nouvelle. S'il n'avait pas consenti à transférer une partie de sa technologie, l'avionneur tricolore n'aurait jamais réussi à vendre son avion omnirôle, jugé trop cher et trop sophistiqué. Par ailleurs, cet avion est relativement ancien, ce qui signifie que sa technologie sera bientôt dépassée. Dans ce contexte, il n'y avait pas tellement de raisons de s'opposer à un partage de technologies. C'est en effet sur les technologies les plus récentes et les plus cruciales qu'il faut rester extrêmement prudent, pour arriver à maintenir une longueur d'avance sur la concurrence."

 

Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des Economistes : "Une remarque liminaire tout d'abord : les transferts de technologie ne sont pas la seule explication aux multiples ressemblances que l'on peut retrouver dans l'industrie lourde. Des avions qui se ressemblent trait pour trait, cela fait longtemps que cela existe ! Quant à l'affaire du Rafale, il n'y avait pas tellement lieu à débattre. C'était en effet une question de vie ou de mort pour l'avion tricolore, qui était au bord de l'arrêt de production. Dans ces conditions Dassault n'avait pas d'autre choix que de baisser ses prix et de céder son savoir-faire. En revanche, ce raisonnement a ses limites quand une technologie qui a encore de l'avenir est transférée dans le but de remplir rapidement des carnets de commande. En ce sens l'exemple du TGV allemand est assez probant : aujourd'hui la Chine est capable de construire un train tout aussi performant mais beaucoup plus compétitif."

 

Christian Harbulot, fondateur de l'Ecole de Guerre Economique : "Il est important de ne pas tout mélanger. Les transferts de technologie dans l'industrie militaire et dans l'industrie civile ne sont pas porteurs de mêmes risques. Avant de vendre le Rafale à un pays étranger, la première question à se poser est de savoir si cette arme de guerre pourra un jour être utilisée contre la France. C'est le premier danger à anticiper. Quand la France s'est retrouvée en Irak pendant la première guerre du Golfe, elle devait combattre ses propres Mirage. Ceci s'est révélé extrêmement dommageable car l'appareil d'Etat n'avait pas conservé la mémoire relative à ces appareils de guerre. Au plan économique ensuite, il est primordial de conserver en son sein la partie la plus stratégique de ses technologies. Pour Dassault par exemple, il serait préférable que certaines pièces du Rafale restent fabriquées en France."

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 08:40

http://www.meretmarine.com/objets/500/41224.jpg
Un EC225 à Maupertus, près de Cherbourg
crédits : MARINE NATIONALE - FREDERIC DUPLOUICH

02/02/2012 MER et MARINE

 

La Marine nationale a, provisoirement, basé un hélicoptère EC225 sur l'aéroport de Maupertus, près de Cherbourg. Chargé essentiellement des missions de secours en mer, l'appareil de la flottille 32F, basée à Lanvéoc-Poulmic (Finistère) remplace le Dauphin de Service Public stationné habituellement à Maupertus. Ce dernier a rejoint le Touquet, où l'autre Dauphin SP de la 35F positionné en Manche est indisponible en raison d'une avarie. En attendant que les réparations soient effectuées sur cette machine et que le Dauphin de Maupertus puisse regagner le Cotentin, l'un des deux EC225 de la 32F a donc provisoirement quitté la Bretagne, où la mise en service le mois dernier du nouveau Caïman Marine (NH90) au sein de la 33F permet ce redéploiement.
Bien que Cherbourg-Maupertus va se doter cette année d'un hélicoptère lourd en remplacement du Dauphin SP, l'EC225 doit regagner prochainement le Finistère. Les travaux permettant l'accueil du détachement de la 32F sur l'aéroport normand ne sont en effet pas achevés. Ils devraient être terminés en juillet, l'objectif de la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord étant de disposer d'un moyen aérien lourd pour les Jeux Olympiques de Londres.


EC225 et Daphin SP (© : MARINE NATIONALE - FREDERIC DEPLOUICH)


EC225 à Maupertus (© : MARINE NATIONALE - FREDERIC DEPLOUICH)


EC225 à Maupertus (© : MARINE NATIONALE - FREDERIC DEPLOUICH)

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 18:25

Rafale atelier – photo Dassault source l usine nouvelle

01 février 2012 par Rémy Maucourt L’USINE NOUVELLE

INFOGRAPHIE  La sélection du Rafale pour des négociations exclusives avec l'armée indienne est vécu en France comme une victoire. Mais quels sont les grands enjeux de cette opération ? Le point avec toutes les grandes données du programme.

 

L'Inde va probablement commander 126 Rafale. Cette annonce n'est pas une bonne nouvelle que pour Dassault Aviation, mais également pour les 500 sous-traitants qui travaillent sur l'avion de chasse. Pour mieux comprendre les enjeux de la vente du Rafale, voici les principales données de cet avion regroupées dans une infographie.

 

Rafale---infographie-L-Usine-Nouvelle-fev-2012.jpg

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 18:05

France.svg.png

31/01/2012 Le Point.fr (AFP)

Revue des contrats d'armement conclus par la France avec un pays étranger au cours des vingt dernières années.

 

Le contrat pour la vente de 126 exemplaires de l'avion de combat français Rafale à l'Inde, d'une valeur estimée à 12 milliards de dollars (9,1 milliards d'euros), sera, s'il est confirmé, le plus important conclu par la France avec un pays étranger au cours des vingt dernières années.

 

Voici quelques gros contrats d'armement conclus par la France pendant cette période :

 

- 1993 : Signature d'un contrat sur la vente de 400 chars de combat Leclerc pour une valeur estimé de 2,6 milliards d'euros aux Émirats arabes unis.

 

- 1994 : Contrat avec l'Arabie saoudite pour l'achat de trois frégates furtives du programme Sawari II estimé à 4,27 milliards d'euros.

 

La même année, la France signe avec le Pakistan un contrat pour l'achat de deux frégates La Fayette pour 2,9 milliards d'euros et de trois sous-marins d'attaque conventionnels Agosta 90-B pour 820 millions d'euros

 

Ces ventes sont au coeur de l'enquête sur le financement illégal de la campagne d'Édouard Balladur en 1995.

 

- 1995 : Contrat avec le Koweït pour la vente de huit bateaux lance-missiles pour 365 millions d'euros

 

- 2003 et 2005 : Contrat avec les Émirats arabes unis pour la livraison de six corvettes lance-missiles pour un montant global de 650 millions d'euros.

 

- 2005 : L'Inde achète pour 2,4 milliards d'euros six sous-marins Scorpène à propulsion classique qui seront assemblés en Inde.

 

- 2008 : La France signe avec le Brésil des contrats d'une valeur totale de six milliards d'euros pour l'achat de 50 hélicoptères de transport EC-725, quatre sous-marins d'attaque Scorpène et la construction d'un sous-marin à propulsion nucléaire.

 

- 2009 : L'Irak signe un accord pour 360 millions d'euros pour la livraison de 24 hélicoptères de transport EC-635.

Même si les exportations françaises d'armement ont été en nette baisse en 2010, à 5,12 milliards d'euros, par rapport à 2009 (8,16 milliards), la France se situe au 4e rang des exportateurs du secteur, selon les chiffres rendus publics en octobre 2011 par le ministère de la Défense. L'Arabie saoudite, l'Inde et la Malaisie ont été parmi les principaux clients de la France en 2010 et l'ensemble du Moyen-Orient reste, avec 27 % des prises de commandes, la première destination des exportations françaises

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