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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 15:55
Olivier de Maison Rouge et Jean-François Fiorina : dire le droit constitue un paramètre essentiel de la guerre économique, à prendre soigneusement en compte dans l'analyse géopolitique.

Olivier de Maison Rouge et Jean-François Fiorina : dire le droit constitue un paramètre essentiel de la guerre économique, à prendre soigneusement en compte dans l'analyse géopolitique.

 

22.09.2016 source notes-geopolitiques.com

 

Jean-François Fiorina s’entretient avec Olivier de Maison Rouge

 

Quel rôle joue le droit dans la guerre économique ?
Quels sont les liens et les différences entre le renseignement d’Etat et le renseignement économique ?
Existe-t-il un droit du renseignement ?…

Avocat d’affaires, docteur en droit, diplômé de Sciences-politiques, Olivier de Maison Rouge est connu pour être un spécialiste du droit de l’intelligence économique.

Son dernier ouvrage, Le droit du renseignement, renseignement d’Etat, renseignement économique (Lexis Nexis, 2016), fait suite à un autre ouvrage, Le droit de l’intelligence économique, patrimoine informationnel et secret d’affaires (Lamy, 2012).

Pour lui, celui qui définit les normes et les règles juridiques prend de fait un avantage majeur sur ses concurrents ou adversaires.

 

Suite de l'entretien : ICI

Consulter les anciens numéros

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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 17:20
« Canada is back! »

 

 

Le potentiel insoupçonné de « quelques arpents de neige »…

 

La victoire du Parti libéral aux dernières élections législatives ne sonne pas seulement le glas de dix ans de pouvoir conservateur à Ottawa. Elle annonce le « retour » du Canada sur la scène internationale, et un changement de cap sur un certain nombre de dossiers (arrêt des frappes aériennes contre l’Etat islamique, participation à la COP21 et plus généralement meilleure prise en compte des enjeux environnementaux…).

« Le Canada est de retour » a ainsi lancé le vainqueur, Justin Trudeau, dès le lendemain du scrutin, aux « amis (du Canada) à travers le monde » qui « se sont inquiétés du fait que le Canada avait perdu sa compassion et sa voix constructive dans le monde au cours des dix dernières années ».

Un réalignement sur la politique « internationaliste » que menait l’ancien Premier ministre Pierre-Eliott Trudeau, père de Justin Trudeau, est donc à prévoir. La situation incite à s’intéresser de nouveau au Canada, une puissance moyenne mais aux fondamentaux solides et à l’influence croissante.

La campagne électorale a semblé un temps se focaliser, via l’islam, la menace terroriste et surtout la question de l’accueil des réfugiés syriens, sur les problèmes du « multiculturalisme » qui caractérise à la fois la société et l’organisation politique canadiennes.

Mais il semble que le choix se soit opéré pour l’essentiel sur l’économie, socle sur lequel le premier ministre sortant a voulu capitaliser.

« Avec une récession sur les six premiers mois de l’année, en raison de la chute des prix du pétrole, Justin Trudeau a promis au prix de trois prochaines années en déficit budgétaire, de relancer l’activité avec un programme d’infrastructures et des emplois à la clé », relève Le Figaro (20/10/2015).

La production pétrolière ayant largement redéfini l’économie canadienne au cours des quinze dernières années, la baisse des cours de l’or noir a eu des effets directs sur la croissance, et finalement sur le moral du corps électoral.

Suite de l'article

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 07:55
photo Pierre Bayle

photo Pierre Bayle

 

29/09/2015 Ministère de la Défense

 

Pierre-Jean Luizard remporte le Prix Brienne du livre géopolitique 2015

 

Mardi 29 septembre, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, président du jury du prix Brienne du livre géopolitique, a remis le Prix à Pierre-Jean Luizard, lauréat 2015, Le piège Daech – L’État islamique ou le retour de l’Histoire aux éditions La Découverte.

 

Les membres du jury* ont également attribué un prix spécial à Andrei Gratchev pour son ouvrage Le passé de la Russie est imprévisible – Journal de bord d’un enfant du dégel aux éditions Alma.

 

Créé par le ministère de la Défense et organisé en partenariat avec l’association Lire la Société, le Prix Brienne rassemble un jury constitué de spécialistes, chercheurs, élus, journalistes et hauts responsables. Il récompense une œuvre (récits, essais, biographies) relevant des champs de la géopolitique et de la géostratégie et accessible à un large public.                                         

 

(*)Jury du Prix du Livre Géopolitique : Jean‐Yves Le Drian (président du jury), Yves Lacoste (président d’honneur), François Roussely (vice‐président), François Bazin (secrétaire général), Luce Perrot (secrétaire générale) Claude-France Arnould, Philippe Barret, Hélène Carrère d’Encausse, Frédéric Charillon, Frédéric Encel, Philippe Errera, Louis Gautier, Béatrice Giblin, Nicole Gnesotto, Marc Guillaume, François Heisbourg, Jacques Lanxade, Anne‐Clémentine Larroque, Jean‐Dominique Merchet, François d’Orcival, Bernard Thorette, Maurice Vaïsse, Hubert Védrine, Michel Wieviorka.

 

Comité de lecture : Pierre Bayle, Gaëtan Bruel, Cédric Lewandowski, Jean‐Claude Mallet, Philippe Méchet, Ousmane Ndiaye, Paul Serre, Antoine de Tarlé.

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 11:55
Remise du Prix Brienne du Livre Géopolitique


26/09/2015 Ministère de la Défense

 

Remise du Prix Brienne du Livre Géopolitique le mardi 29 septembre 2015 - Hôtel de Brienne

 

Présidé par Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, et organisé en partenariat avec l’Association Lire la Société, fondée par Luce Perrot – Le Prix Brienne du Livre Géopolitique récompense une œuvre qui permet au plus grand nombre d’appréhender le nouvel échiquier mondial et de rendre “lisibles” les processus géopolitiques et stratégiques.

Le Prix Brienne du Livre Géopolitique est décerné par un jury(*), constitué de spécialistes, chercheurs, élus, journalistes et hauts responsables. Il sera remis par Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, le 29 septembre prochain à 18h30 à l’Hôtel de Brienne.

 

Les finalistes du Prix Brienne du Livre Géopolitique – édition 2015

(Par ordre alphabétique d’auteur)

 

-          Irak, la revanche de l’Histoire, de l’occupation étrangère à l’État islamique - Myriam Benraad - Vendémiaire éditions

 

-          La nouvelle Turquie d’Erdogan. Du rêve démocratique à la dérive autoritaire - Ahmet Insel - La Découverte

 

-          Le piège Daech – L’État islamique ou le retour de l’Histoire – Pierre-Jean Luizard - La Découverte

 

Les membres du jury du Prix Brienne ont souhaité ajouter à cette sélection l’ouvrage de Jean-Pierre Filiu, paru le 26 août 2015, Arabes, leur destin et le nôtre- Histoire d’une libération aux éditions La Découverte.

 

(*)Jury du Prix du Livre Géopolitique : Jean-Yves Le Drian (président du jury), Yves Lacoste (président d’honneur), François Roussely (vice-président), François Bazin (secrétaire général), Luce Perrot (secrétaire générale) Claude-France Arnould, Philippe Barret, Hélène Carrère d’Encausse, Frédéric Charillon, Frédéric Encel, Philippe Errera, Louis Gautier, Béatrice Giblin, Nicole Gnesotto, Marc Guillaume, François Heisbourg, Jacques Lanxade, Anne-Clémentine Larroque, Jean-Dominique Merchet, François d’Orcival, Bernard Thorette, Maurice Vaïsse, Hubert Védrine, Michel Wieviorka.

 

Comité de lecture : Pierre Bayle, Gaëtan Bruel, Cédric Lewandowski, Jean‐Claude Mallet, Philippe Méchet, Ousmane Ndiaye, Paul Serre, Antoine de Tarlé.

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5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 07:35
photo GEM

photo GEM

 

28.05.2015 CLES : Notes d'Analyse Géopolitique

 

Jean-François Fiorina s’entretient avec René Cagnat *

 

Officier de carrière longtemps en poste dans les pays de l’Est et en Asie centrale, essayiste et écrivain, universitaire et chercheur, grand voyageur devant l’Eternel, René Cagnat est un personnage aux multiples facettes qui connait en finesse les subtilités du monde eurasiatique.

 

A ses yeux, la France a tort de se désengager de cette zone hautement stratégique où elle bénéficie d’un capital de sympathie, qu’elle dilapide en se mettant à la remorque d’intérêts qui ne sont pas les siens. Conjuguant une approche universitaire à un sens aigu des réalités de terrain, René Cagnat nous convie à une balade envoûtante dans les steppes de l’Asie centrale.

 

Géopolitique des steppes

* René Cagnat voit le jour en juin 1942 à Tananarive (Madagascar).

En 1962, il intègre Saint-Cyr. Passionné de montagne, il choisit les chasseurs alpins.

Au cours de ses 37 années de service, René Cagnat va être affecté pendant plus de 15 ans en ambassade et à l’étranger, à Moscou puis Berlin- ouest, en Bulgarie, Roumanie, Ouzbékistan et Kirghizie.

Entre ces différents séjours, René Cagnat poursuit ses recherches en géopolitique.

Ainsi au Secrétariat général de la défense nationale (cabinet du Premier ministre) où il dirige, de 1975 à 1979, le bureau économie des pays de l’Est, puis, de 1988 à1989, auprès du Groupe permanent d’évaluation des situations (cabinet du ministre de la Défense), au Groupe de prospective et d’évaluation stratégique de 1982 à 1984, puis, en 1994, à la Délégation aux affaires stratégiques.

En 1999, il fait valoir ses droits à la retraite comme colonel pour rester en Asie centrale et résider en Kirghizie (consul honoraire de France, 2001-2002). Sa fine connaissance de l’Asie centrale lui permet de mener des missions de consulting au profit de groupes français voulant s’établir dans cette zone, de guider des journalistes et d’organiser des expéditions.

Tout au long de sa carrière, René Cagnat va approfondir ses connaissances géopolitiques. Il passe ainsi une maîtrise de russe (Sorbonne, 1979), se fait breveter de l’Ecole de guerre (1982), puis passe un doctorat en sciences politiques (Institut d’études politiques de Paris, 1983).

Il devient ensuite directeur de séminaire à l’IEP (1983-1985), professeur de français et de civilisation française à l’université américaine de Bichkek et à la chaire militaire kirghize, puis chercheur associé à l’IRIS, Institut de relations internationales et de stratégie (depuis 2010).

Outre les très nombreux articles qu’il signe dans toutes sortes de revues, en sus de ses apparitions dans des émissions et films sur des questions géopolitiques, René Cagnat a connu une carrière littéraire aux multiples facettes.

Voici quelques-uns des titres qui l’ont fait connaître : Le milieu des empires, entre Chine, URSS et Islam, le destin de l’Asie centrale (Robert Laffont, 1981, co-écrit avec Michel Jan, réédité en 1992 et traduit en turc), La rumeur des steppes (Payot 1999 ; Livre de poche, 2000 ; réédité en 2012), Asie centrale, vision d’un familier des steppes (Transboréal, 2001, puis 2003), En pays kirghize, visions d’un familier des monts Célestes ( Transboréal, 2006), Voyage au cœur des empires : Crimée, Caucase, Asie centrale (Editions nationales – Actes Sud, 2009), Afghanistan, les sept piliers de la bêtise (Editions du Rocher, 2012), Il était une France (Editions du Rocher, 2014)…

René Cagnat est Chevalier de la Légion d’Honneur et Officier dans l’Ordre national du Mérite.

Pour en savoir plus : www. rene-cagnat.com

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 16:45
photo EMA / Armée de Terre

photo EMA / Armée de Terre

 

04.06.2015  Notes d'Analyse Géopolitique - GEM

 

Economie mondiale et sécurité internationale au risque des crises sanitaires

 

L’Afrique de l’Ouest n’en a pas fini avec Ebola. Plus d’un an après avoir été officiellement déclarée par l’OMS, le 25 mars 2014, la chaîne de contamination n’est toujours pas maîtrisée. Le G7 réuni les 7 et 8 juin prochain en Allemagne y consacrera d’ailleurs une partie de ses travaux.

Si le pire n’est pas advenu, les conséquences de cette épidémie se font toujours sentir. Sa très forte médiatisation est certes liée à son importante létalité, les personnes contaminées trouvant la mort dans 50 à 80 % des cas. Mais aussi au risque qu’elle peut faire peser sur la stabilité des pays touchés.

Elle reflète surtout la place accrue des questions sanitaires dans les relations internationales. Et, en creux, la fragilité potentielle de notre monde globalisé.

L’épidémie de fièvre liée au virus Ebola s’est déclarée en Guinée en novembre 2013. Il a cependant fallu attendre mars 2014 pour qu’elle se déclenche, c’est-à-dire que l’on assiste à l’augmentation rapide de son incidence. Elle se propage dès lors au Liberia et en Sierra Leone, puis dans des pays hors de la zone, comme l’Espagne et les États-Unis.

« Cette fièvre hémorragique s’est ainsi muée en véritable crise de santé publique internationale », observe Jessica Some sur le site les-yeux-du-monde.fr (29/12/2014). « Ses implications sociales, humanitaires mais aussi économiques et sécuritaires ont suscité un vif intérêt des médias, des décideurs politiques et de l’opinion internationale, conduisant à des prévisions plus ou moins erronées. »

Le Center for Disease and Prevention américain va en effet jusqu’à prévoir près de 1,4 million de morts en moins d’un an. Au 23 mars 2015, l’OMS recense 24 842 cas, dont 10 299 mortels. Une mortalité certes tragique, mais concentrée lors du pic de l’épidémie, au 2e semestre 2014, lorsque plus de 1 000 nouveaux cas étaient dénombrés chaque semaine.

Et surtout, d’un niveau nettement inférieur au paludisme, par exemple (qui cause entre 1,4 et 3 millions de morts par an), ou même à la grippe (entre 250 000 et 500 000 morts par an).

 

De la santé à la sécurité internationale

Si la crise a pris une telle proportion, c’est en raison de sa diffusion au-delà de son foyer initial, en Afrique de l’Ouest et jusque dans les pays développés, par l’effet des flux migratoires. Soit un scénario catastrophe pour l’OMS, alors même que le virus Ebola est connu et surveillé depuis plus de vingt ans. Il n’est d’ailleurs pas anodin que les États-Unis décident d’envoyer des militaires sur place, et en nombre: 3000 au Liberia, soit autant que l’ensemble des forces françaises mobilisées face à la menace islamiste dans la bande sahélo-saharienne.

Sur son blog Défense en ligne (10/10/2014), Philippe Leymarie, journaliste au Monde diplomatique, propose cette analyse de la position américaine : « Faisant valoir qu’ en Afrique de l’Ouest ‘les hôpitaux, cliniques, centres de traitement sont dépassés, laissant les gens mourir dans la rue’, et que ‘les systèmes de santé publique sont prêts de s’effondrer’, Barack Obama, devant l’assemblée générale de l’ONU, le 25 septembre [2014], avait appelé l’ ensemble du monde à la rescousse, affirmant que ‘seule l’ Amérique a la capacité et la volonté de mobiliser le monde contre les terroristes de Daesh’, de ‘battre le rappel mondial contre l’agression russe’, et de ‘contenir et anéantir l’épidémie d’Ebola’.‘

C’est un exemple de ce qui se passe quand l’Amérique prend le leadership pour affronter les plus grands défis mondiaux’, avait-il conclu. Un discours aux traditionnels accents hégémoniques, sans doute destiné à convaincre surtout l’opinion américaine (qui avait élu ce président démocrate pour qu’il les tire des mauvais pas internationaux, plutôt que de les y ramener). Mais qui met pour la seconde fois un problème de santé publique au même rang que les grands conflits diplomatiques et militaires du moment. »

La première fois était en 2000, lorsque le Conseil de sécurité de l’ONU avait évoqué pour la première fois les menaces que pouvait générer le sida en Afrique, « avec des conséquences comme l’affaiblissement des armées nationales dans les pays les plus touchés par la maladie (au risque de ne pouvoir assumer leurs responsabilités en matière de surveillance des frontières, de dissuasion, etc.), ou l’impossibilité pour ces derniers de fournir aux forces internationales les contingents de paix promis. »

 

Quand la peur s’empare des économies…

De son côté, la Banque mondiale a très rapidement analysé les conséquences économiques de l’épidémie. Un premier rapport publié le 8 octobre 2014 fait état d’un risque de perte de croissance compris entre 2,2 et 7,4 milliards de dollars pour l’ensemble des pays de l’Afrique de l’Ouest sur l’année 2014.

Outre de moindres rentrées fiscales, une aggravation des déficits publics et une hausse des prix, « la maladie et la mortalité pèsent à la fois sur les systèmes de santé et les outils de production des pays en amoindrissant la force de travail de manière temporaire ou définitive ». Dans sa dernière note (18/05/2015), la Banque mondiale relève que la crise continue « de paralyser les économies de la Guinée, du Liberia et de la Sierra Leone, malgré la baisse significative du taux de contamination constatée dans ces trois pays ».

Selon ses estimations, « le manque à gagner du fait de l’épidémie se chiffrera en 2015 à 1,6 milliard de revenus pour les trois pays ». Pour y faire face, elle a mobilisé un montant total de 1,62 milliard de dollars à l’appui des efforts de lutte contre l’épidémie et de redressement de l’économie des pays les plus éprouvés par Ebola.

D’autant qu’aux effets, réels, de la maladie s’ajoute la peur de la contagion. Contagion locale bien sûr, mais également crainte d’une propagation insidieuse aux populations et donc aux économies africaines, occidentales et asiatiques. Surnommé « l’indice de la peur », l’indice Vix, qui mesure la volatilité des marchés d’actions aux États-Unis, a bondi de 100 % au plus fort de la crise, en octobre 2014.

La société London Mining, deuxième plus important producteur de minerai de fer de Sierra Leone illustre les effets possibles d’une telle crise: après avoir dû revoir ses prévisions d’extraction à la baisse au mois d’août 2014, le cours de ses actions a chuté de 80 % le 8 octobre à la Bourse de Londres, contraignant son conseil d’administration à demander le placement de la société sous tutelle judiciaire.

Son principal concurrent, le géant ArcelorMittal, a renoncé dans le même temps à un projet d’agrandissement d’une mine exploitée au Liberia, qui devait voir tripler sa production de minerai de fer.

De nombreux secteurs peuvent en effet subir de plein fouet une telle crise: extraction minière et agroalimentaire (en particulier les matières premières agricoles comme le cacao), transport et tourisme.

« Sitôt les premiers cas d’Ebola recensés ailleurs qu’en Afrique, les cours de certaines compagnies aériennes ont reculé en Bourse, rappelle le magazine Valeurs actuelles (30/10/2014). Comme ce fut le cas, le 7 octobre [2014], à la Bourse de Londres après la découverte d’un cas en Espagne, qui s’est traduit par un plongeon de 7 % du cours d’International Airlines Group, la maison mère de British Airways et d’Iberia ; comme le 1er octobre aux États-Unis, avec le recul de plus de 3 % des compagnies aériennes Delta Air Lines et American Airlines ».

Quant au groupe français Bolloré, il a vu ses actions perdre 18 % de leur valeur en un mois, les investisseurs ayant anticipé une baisse du chiffre d’affaires de sa filiale Bolloré Africa Logistics. L’effet domino est donc évident.

Déjà lors des épidémies de Sras et de grippe H1N1, le trafic aérien mondial avait baissé de 2,6 % et même de 32 % pour le trafic vers l’Asie entre avril 2003 et avril 2002!

 

La mobilisation des pays développés

Certaines ONG ont certes critiqué la lenteur de la réaction initiale de la communauté internationale, et en particulier de l’OMS. Ainsi Médecins sans frontières (MSF), dont le rapport Poussés au-delà de nos limites (mars 2015), qui retrace « une année de lutte contre la plus vaste épidémie d’Ebola de l’Histoire », fustige ceux qui ont « ignoré les appels à l’aide et ont réagi avec retard ».

Il est vrai que, sur le terrain, la situation est rapidement critique. « Présente en première ligne dès sa découverte, explique Le Monde (24/03/2015), MSF s’est vite rendu compte que celle-ci était hors norme, avec une multitude de foyers et une extension hors des zones forestières vers les grands centres urbains, favorisée par les mouvements de populations transfrontaliers. »

Il faut attendre le 8 août 2014 pour que l’OMS déclare que l’épidémie en cours est une « urgence internationale ». Critiquée dans le passé pour avoir diffusé des messages d’alerte ayant suscité une mobilisation et des dons « inutiles », il est vrai que l’organisation internationale s’est montrée prudente.

Mais dès lors, la mobilisation des États s’enclenche, et constitue encore aujourd’hui l’une des plus importantes face à un problème sanitaire.

Et ce sont des laboratoires français, britanniques et américains qui travaillent d’arrache-pied à la mise au point de traitements et vaccins contre le virus.

L’usage des fonds de secours reste toujours sujet à caution: des associations comme l’AGT guinéenne estiment que seuls 3 % des dons pour la lutte contre l’épidémie peuvent être tracés jusqu’aux actions de terrain.

Mais la Banque mondiale s’est engagée à créer un nouveau mécanisme de riposte d’urgence aux pandémies, afin que la communauté internationale soit mieux préparée aux situations d’urgence sanitaire.

Il devrait permettre, le cas échéant, d’acheminer plus rapidement les fonds. Nul doute qu’il soit mobilisé à l’avenir.

Dans notre monde globalisé, en matière sanitaire aussi, s’applique la théorie du chaos : le battement d’ailes d’un papillon peut déclencher une tornade à l’autre bout de la planète…

 

 

Pour aller plus loin:

  • « Ebola, une affaire de sécurité nationale », par Philippe Ley- marie, in Défense en ligne, blog hébergé par Le Monde diplomatique, 10/10/2014;
  • « Ebola. Quand la peur s’empare des économies », par Frédéric Paya, in Valeurs actuelles, 30/10/2014 ;
  • « Ebola : géopolitique d’une épidémie », par Jessica Some, les-yeux-du-monde. fr, 29/12/2014.
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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 13:50
L’arctique, entre nouvelles potentialités et tensions géopolitiques

 

18 Mars 2015 , par Inès DAJON-LAMARE - Pôle Russie-CEI/Eurasie - Bachelor 3 - ILERI

 

Etant donné les conditions climatiques et océanologiques extrêmes, l’Arctique a longtemps été délaissé à l’exception d’expéditions scientifiques. Mais, en ce début de XXIème siècle, les effets du changement climatique ainsi que la découverte de ressources naturelles potentiellement importantes bouleversent les équilibres, faisant de cette région l’un des territoires les plus convoités de la planète.

 

En terme de définition, délimiter la région polaire arctique s’avère complexe du fait de la multitude de définitions. Les géologues, les géographes ou encore les climatologues ont ainsi, chacun une définition différente de ce que l’on peut appeler l’Arctique, et des limites de ce dernier. Eric Canobbio définit l’Arctique, dans son ouvrage Mondes Arctiques, Miroirs de la Mondialisation [1], comme « étant astronomiquement la région bornée par le cercle polaire arctique : 66°33’ de latitude nord. Cette limite commode car stable définit un espace de 21 324 000 km2 « composé, pour les deux tiers de l’Océan Glacial Arctique et pour un tiers, des terres côtières. Cinq pays sont riverains et se disputent la maitrise de cet océan : le Canada, le Danemark (via le Groenland et les Iles Féroé), les Etats-Unis, la Norvège et la Russie.

 

Suite de l’article

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 17:55
« Sécurité énergétique et pacification des conflits : le rôle géostratégique de la Turquie »

 

source Ingrid VANHEE, Responsable du Comité Energies de l’ANAJ-IHEDN

 

Le Comité Énergies a le plaisir de vous présenter son atelier sur le thème:

 

Sécurité énergétique et pacification des conflits : le rôle géostratégique de la Turquie

 

Noémie REBIERE*, Doctorante à l’Institut Français de Géopolitique

Lundi 23 mars - 19h30 à 21h00

Salle Athéna - Ecole militaire
 

Aujourd’hui doctorante à l’Institut Français de Géopolitique, ​Noémie Rebière travaille sur l​a​ sécurité énergétique​ et​ le rôle géostratégique de la Turquie. Ses principaux axes de recherche concernent l’évolution de​s​ politique​s​ énergétique​s européenne et​​ turque dans un contexte ​de ​crises géopolitiques régionales sous-tendues par des enjeux énergétiques​, notamment en Russie et au Moyen Orient. La Turquie, au carrefour des pays importateurs et producteurs d’hydrocarbures, constitue la principale route de transit pour diversifier les importations de l’Union européenne. Noémie nous présentera les différents projets d’infrastructures énergétiques qui passent par le territoire turc et les enjeux géostratégiques qu’ils représentent.

* Titulaire d’un master en Histoire des relations internationales et des mondes étrangers à l’Université Paris 1 Sorbonne, Noémie Rebière s’est spécialisée sur la Turquie en produisant un mémoire de recherche sur l’évolution de la vision de la diplomatie et de la presse française depuis la Révolution Jeune turque de 1908 sous l’Empire Ottoman jusqu’à la naissance de la Turquie moderne. Elle a ensuite intégré l’Institut Français de Géopolitique à l’Université Paris 8, où elle a écrit son mémoire sur la géopolitique de l’énergie en Turquie et son repositionnement sur l’échiquier mondial : les gazoducs TANAP et TAP comme cas d’étude.

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energies@anaj-ihedn.org

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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 17:54
Dico atlas des mers et des océans - Histoire, géographie et géopolitique de Pierre Royer (Belin)

Dico atlas des mers et des océans - Histoire, géographie et géopolitique de Pierre Royer (Belin)

 

11.03.2015 par Marine Nationale
 

Agrégé d’Histoire, diplômé de Sciences Po en relations internationales, mais aussi officier de Marine de réserve, Pierre Royer a su conjuguer ses compétences universitaires et celles acquises en mer. Son atlas petit format est un concentré d’informations proposant un rapide tour d’horizon illustré des mers et des océans. Géographie, environnement, économie, géopolitique ou histoire, son approche pluridisciplinaire permet de comprendre la «maritimisation» de notre Monde. Petit, dense, illustré et fort didactique !

Dico atlas des mers et des océans - Histoire, géographie et géopolitique de Pierre Royer. 96 pages - 11.95 € (Belin).

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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 08:55
Carte Corruption et trafics en Europe – Crédits J-C. Antoine

Carte Corruption et trafics en Europe – Crédits J-C. Antoine

 

3 mars 2015 Par Jean-Charles ANTOINE* - Diploweb.com

 

Le trafic d’armes à feu est le marché noir d’outils et d’amplificateurs de puissance servant à protéger le pouvoir de celui ou ceux qui protègent les frontières déjà existantes quoiqu’affaiblies ou de ceux qui désirent en instaurer de nouvelles.

Dans le cadre de ses synergies géopolitiques, le Diploweb.com est heureux de publier cette étude inédite d’un conférencier du Festival de Géopolitique de Grenoble : "A quoi servent les frontières ?" 12-15 mars 2015.

 

Lire l’article

 

* Docteur en géopolitique de l’Institut Français de Géopolitique – Paris 8 et expert en trafic mondial d’armes légères et de petit calibre. Ses travaux portent actuellement sur l’adaptation de la méthode géopolitique à la sécurité publique et à la lutte contre la criminalité organisée. Il publie "A armes illégales. Le trafic d’armes à feu en France", éd. du Plateau, 2015.

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 08:40
Fédorovski : «Contre l'Europe, Poutine a choisi la Chine»

 

03/12/2014 Par Alexandre Devecchio FIGARO VOX Vox Monde

 

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Le président russe vient d'annoncer la suspension du projet russo-italien de gazoduc South Stream. Vladimir Fédorovski y voit un virage géopolitique majeur.

 

Vladimir Fédorovski est un écrivain russe d'origine ukrainienne, actuellement le plus édité en France. Diplomate, il a joué un rôle actif dans la chute du communisme, il fut promoteur de la perestroika puis porte-parole d'un des premiers partis démocratiques russes. Il a écrit de nombreux ouvrages sur la Russie mythique, et dernièrement un essai sur Poutine intitulé Poutine, l'itinéraire secret, (Editions du Rocher, 2014). Son dernier livre «la Magie de Moscou» vient de paraître aux éditions du Rocher.

 

FigaroVox: Le président russe Vladimir Poutine a annoncé lundi lors d'une visite en Turquie la suspension du projet russo-italien de gazoduc South Stream, victime des sanctions imposées par Bruxelles à Moscou dans le cadre de la crise ukrainienne. Que vous inspire cette décision? Que révèle-t-elle de la stratégie de Vladimir Poutine?

 

Vladimir Fédorovski: Cette décision révèle que Vladimir Poutine est en train de procéder à un changement géostratégique assez significatif. La rupture de la Russie avec l'Occident aujourd'hui est comparable avec ce qui s'est passé dans un autre sens il y a plus de 300 ans sous Pierre le Grand. A l'époque, le tsar avait fait de la Russie une puissance européenne. Désormais, Vladimir Poutine est en train d'en faire une puissance asiatique. Il se rapproche notamment de la Chine, avec laquelle il est en train de nouer une vraie alliance militaire, mais aussi de la Turquie. Le président russe a d'ailleurs annoncé que Gazprom allait augmenter de 3 milliards de m3 ses livraisons à la Turquie «afin de satisfaire ses besoins» et lui consentir un rabais de 6% sur ses prix à compter du 1er janvier prochain. Il a même menacé les approvisionnements de l'Europe, suggérant qu'une partie de la production russe pourrait être détournée vers l'Asie.

Cette rupture géopolitique est aussi le résultat d'un bouleversement politique intérieur. Le but des sanctions économiques américaines était d'influencer l'échiquier politique intérieur. Celles-ci devaient précipiter la chute du rouble et des capitaux et par ricochet la chute de la croissance et l'impopularité de Vladimir Poutine. En réalité, rien ne se déroule comme prévu: la multiplication des sanctions a finalement provoqué la naissance d'une aile nationaliste beaucoup plus radicale que Poutine. Celle-ci exerce une forte pression sur le gouvernement et a entrainé la marginalisation de l'opposition libérale et pro-occidentale. Poutine est donc contraint à une forme de surenchère, ce qui explique le durcissement de son discours.

 

Suite de l'entretien

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 19:55
"Journée géopolitique des espaces maritimes" à Lorient le 17 octobre 2014

 

source Université de Bretagne-Sud

 

Cette rencontre sera animée par Ramon Gutierez et Jérome Laurent, journalistes-reporters de la rédaction Thalassa.

 

Cette journée "Géopolitique des espaces maritimes" se tiendra le vendredi 17 octobre 2014 à la Faculté des Sciences et Sciences de l'ingénieur, dans l’amphithéâtre Sciences 2 à Lorient.
Cette rencontre est animée par Ramon Gutierez et Jérome Laurent, journalistes-reporters de la rédaction Thalassa.

9 h 00 : Accueil

9 h 30 : Ouverture par Alain COLLAS, président du Carrefour des Humanités "La France dans une mondialisation qui conjugue littoralisation et maritimisation"

9 h 45 : PREMIÈRE TABLE RONDE : "L'histoire des politiques maritimes de la France XVè siècle à nos jours"
- Philippe HRODEJ, Maître de Conférences histoire moderne à l'Université de Bretagne-Sud
- Sylviane LLINARES, Professeur histoire moderne à l'Université de Bretagne-Sud
- Jean-Baptiste BRUNEAU, Maitre de Conférences histoire contemporaine à l'Université de Bretagne-Sud

11 h 00 : DEUXIEME TABLE RONDE : "Les enjeux économiques des espaces maritimes pour la France"
- Andreas LOEWENSTEIN, Directeur de la stratégie et développement DCNS
- Marie-Françoise COUVENHES, Professeur de classe préparatoire commerciale au lycée Dupuy de Lôme de Lorient

12 h 30 : Pause déjeuner (restauration libre à la charge des participants)

14 h 00 : TROISIÈME TABLE RONDE : "Les enjeux géostratégiques pour la France des espaces maritimes"
- Amiral Bernard ROGEL, Chef d'état major de la Marine
- Nicolas BADALASSI, Maître de Conférences histoire contemporaine à l'Université de Bretagne-Sud
- Olivier MELENNEC, Journaliste spécialisé au Marin transport maritime et défense.

15 h 30 : Clôture par Gwendal ROUILLARD, Secrétaire de la commission de la défense nationale et des forces armées et Député de la 5è circonscription du Morbihan.

Compte tenu de l'actualité, le Ministre de la Défense, Jean-Yves LE DRIAN, s'excuse, il ne pourra pas être présent pour conclure cette rencontre.

 

Pour s'inscrire

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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 07:40
Géopolitique et enjeux internationaux autour de l’Arctique, interview de Victor Chauvet

 

1 Octobre 2014 enderi.fr

 

Longtemps délaissé, sauf par les marines de guerre et explorations scientifiques de guerre froide, l'Arctique suscite de plus en plus les convoitises. A la faveur du réchauffement climatique entre autres, sa position stratégique et ses ressources naturelles commencent à en faire l'enjeu d'équilibres régionaux en redéfinition. Victor Chauvet est l'auteur de « La Triangulaire Diplomatique : Danemark - Groenland - Union européenne, La politique énergétique, environnementale et l'intégration régionale dans l'espace polaire européen » dans la collection Inter-National des éditions L'Harmattan.

 

Lire l’article

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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 11:56
Prix Brienne du livre géopolitique 2014


10/09/2014 Ministère de la Défense

 

Mercredi 10 septembre 2014, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a remis le prix Brienne du livre géopolitique. 

 

Créé par le ministère de la Défense, et organisé par l'association Lire la Société, ce prix est décerné par un jury constitué de spécialistes, chercheurs, élus, journalistes et hauts responsables.

Il récompense une œuvre relevant du champ de la géopolitique et de la géostratégie afin de mettre en lumière cette méthode interdisciplinaire qui ne doit plus être réservée aux seuls spécialistes. Cette œuvre peut prendre différentes formes : récits, essais, biographies.

Pour sa deuxième édition, le Prix est attribué à Christophe Jaffrelot, pour son ouvrage
« Le syndrôme pakistanais » aux éditions Fayard 

Les membres du jury ont également attribué un prix spécial à Yves Lacoste pour l'ensemble de son œuvre.

 

Jury du Prix du Livre Géopolitique : 

Jean-Yves Le Drian (Président du jury), François Roussely (vice-président),  François Bazin (secrétaire général), Luce Perrot (secrétaire générale)

Patricia Adam, Philippe Barret, Jean Louis Carrère, Hélène Carrère d'Encausse, Frédéric Charillon, Frédéric Encel, Philippe Errera, Louis Gautier, Béatrice Giblin, Nicole Gnesotto, Bernard Guetta, Marc Guillaume, François Heisbourg, Jacques Lanxade, Jean-Dominique Merchet, Ousmane Ndiaye, François d'Orcival, Erik Orsenna, Bernard Thorette, Maurice Vaïsse, Hubert Védrine, Michel Wieviorka

 

Comité de lecture :

Pierre Bayle, Gaëtan Bruel, Cédric Lewandowski, Jean-Claude Mallet, Philippe Méchet, Antoine de Tarlé

 

Dossier de presse téléchargeable ici

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 18:40
Géopolitique de l’Eurasie

 

27.03.2014 notes-geopolitiques.com

 

Jean-François Fiorina s’entretient avec Pascal Marchand

 

Le 6e Festival de Géopolitique qui se tiendra à Grenoble du 3 au 6 avril aura pour thème: Eurasie, l’avenir de l’Europe?
Après les Jeux olympiques de Sotchi, la grave crise en Ukraine et en Crimée, l’Europe et le monde ont les yeux tournés vers la Russie et la sphère eurasiatique, un univers aussi méconnu que riche.
Professeur de géographie à l’université de Lyon II, Pascal Marchand publie début avril un ouvrage consacré à la Géopolitique de la Russie – Une nouvelle puissance en Eurasie (PUF, collection Major). Il regrette que l’Europe, pour des raisons essentiellement politiques, ait un positionnement résolument hostile à la Russie et refuse l’ouverture vers l’Eurasie.

Or la France peut-elle se payer le luxe d’être absente de ces nouveaux champs géopolitiques ?…

 

Pouvez-vous nous expliquer ce concept d’Eurasie ?

Il a plusieurs sens. Dès le XIXe siècle, on en observe les prémices. Mais c’est vraiment aux alentours de 1920 que se constitue une doctrine eurasienne, de façon assez curieuse d’ailleurs. En effet, au sein des milieux émigrés qui ont fui le communisme, apparaît l’idée que si Staline est au pouvoir, c’est qu’au bout du compte, Dieu l’a voulu. On doit donc l’accepter et se rallier à ce grand ensemble politique qui s’étendrait de la Chine à la Russie inclue.

Pour ma part, en tant que géographe, quand je fais des cartes, je vois comment se situent et s’articulent les pôles. Bien que peu ou pas connectés entre eux aujourd’hui, les pôles eurasiatiques représentent cependant un potentiel de développement économique exceptionnel. C’est la raison pour laquelle il existe des projets de mise en place d’axes eurasiatiques de très grande envergure, qui visent à mettre en relation la Chine avec l’Europe, en passant par le Kazakhstan puis la mer de Barents, la mer Baltique, la mer Noire. L’objectif final est bien de déboucher sur des jonctions avec l’Europe et l’Afrique du nord.

Les Chinois sont très intéressés par ces projets. Le Kazakhstan aussi, qui est un pays riche. Quant à la Russie, elle l’est naturellement et doit achever la modernisation de ses ports. De tels liens transcontinentaux seraient d’une importance capitale sur le plan économique à l’échelle mondiale. Car ils affecteraient ainsi le fonctionnement des voies maritimes et le rôle des porte-containers (sans les faire disparaître toutefois), en réduisant par exemple la durée du voyage entre la Chine orientale et la côte Est-Atlantique de 15 jours. En outre, de tels projets généreraient des créations de valeur tout au long du parcours, ainsi que le désenclavement de l’énorme potentiel minier et agricole que recèle l’Asie centrale.
Aujourd’hui, ce concept d’Eurasie a été repris et développé par Vladimir Poutine dans le cadre de son projet d’Union eurasiatique – union douanière et zone de libre-échange. Il faut savoir que depuis 1992, la Russie demande à l’Union européenne la création d’une telle zone entre les pays d’Europe et les pays de l’ex-URSS, demande qui est systématiquement refusée par Bruxelles.

 

Pourquoi un tel blocage de la part de l’Union européenne à l’endroit de la Russie ?

Pour diverses raisons, bien sûr. Mais on ne peut que constater que l’Union européenne, pour des motivations éminemment politiques, a un positionnement résolument hostile à la Russie. Les Russes estiment que, face à la contestation grandissante dont elle est l’objet de la part des électeurs, l’Union européenne éprouve certainement la tentation d’en revenir au schéma antérieur de la Guerre froide, où craignant l’ours soviétique, les peuples d’Europe de l’Ouest ne contestaient pas ce qui se faisait à Bruxelles. Or il est clair qu’aujourd’hui, la Russie n’a ni l’envie ni les moyens d’envahir l’Europe occidentale. De plus, il faut bien être conscient que la Russie n’a pas envie d’en revenir au statu quo antérieur, où l’URSS devait entretenir un certain nombre de pays satellites, au prix de sommes considérables.

Malgré tout, il est patent que l’Union européenne ne veut pas de ce projet européen commun s’ouvrant sur l’Est. Les conséquences géopolitiques de ce refus ne sont pas anodines. Aux yeux des Russes, si l’Europe reste seule dans son coin, sans ouverture sur l’Est, elle va nécessairement décliner, donc perdre sa puissance et ses compétences. Pour eux, la seule façon réaliste pour l’Europe de constituer un pôle entre l’Amérique du nord et l’Asie orientale réside en la capacité à structurer un ensemble eurasiatique cohérent. N’oublions pas que la Chine est elle-même intéressée à la création d’un tel espace, car l’ouverture de grands axes intercontinentaux lui permettrait de faire basculer une partie de son économie (essentiellement littorale) vers l’intérieur. De la sorte, une telle initiative permettrait de contribuer intelligemment au développement de régions en retard économiquement.

 

Quelle place voyez-vous pour la France dans cet espace eurasiatique qui est en train de s’ouvrir ? Nous avions traditionnellement des liens forts avec la Russie. Qu’en est-il à présent ? Comprenons-nous bien l’ampleur des enjeux ?

Les hommes politiques français, dans leur immense majorité, n’ont malheureusement aucune notion des enjeux. Dominique de Villepin, François Fillon ou Hubert Védrine, qui s’intéressent à la Russie, sont des exceptions. De fait, actuellement, aucune impulsion ne vient du sommet de l’État. Mais surtout, on voit que la presse française est très violemment antirusse, attitude qui crée des dégâts considérables. C’est une constante depuis 1994.
Certains observateurs russes et même français estiment que la presse française, en majorité de gauche, n’a pas pardonné à la Russie d’avoir tué le modèle utopique du socialisme à visage humain qu’allait enfin construire Gorbatchev. Depuis l’aube des années 2000, ces mêmes observateurs notent que les journalistes français sont résolument sur une position pro-Union européenne et très antirusse, comme s’il fallait ressusciter l’ennemi idéal. Enfin, on observe que les entrepreneurs français, déjà assez peu tournés naturellement vers l’extérieur, sont encore plus dubitatifs quand on évoque la Russie. Un certain nombre de clichés occultent ainsi d’indéniables réussites françaises. C’est le cas d’Auchan ou de Danone qui ont très bien percé en Russie et sont leaders sur leurs marchés. Mais l’image de la Russie et du monde eurasiatique dans sa globalité reste néanmoins mauvaise.
Si l’on ajoute à cela que les représentations diplomatiques françaises sont davantage préoccupées de culture quand les réseaux allemands ou autres sont préoccupés de contrats, alors on comprend qu’il y a clairement une méconnaissance de la Russie et des enjeux eurasiatiques.

 

Et réciproquement, comment les Russes nous perçoivent-ils ?

Le trait qui domine est une réelle déception. Pour eux, la France n’est pas à la hauteur des possibilités qui s’ouvrent, ce qui est d’autant plus triste que nous bénéficions d’un énorme capital de sympathie. La littérature, la pensée, les arts français sont naturellement connus et appréciés des Russes. Mais force est de constater que nous ne savons malheureusement pas faire croître et fleurir ce formidable capital. Cela est d’autant plus déplorable – voire consternant – que la Russie a des besoins considérables et offre des débouchés énormes en matière de développement économique.

 

Quid des événements qui se déroulent en Crimée aujourd’hui ?

La Russie va jouer sa carte. Toute sanction fera l’objet d’une contre-sanction. Le sénat russe prépare ainsi une loi qui permettra, le cas échéant, de nationaliser une entreprise étrangère. Il y a donc un processus d’escalade qui est en train de se mettre en place. Avec à la clé un risque de voir la situation déraper. D’autant qu’en face, dans le camp occidental, on a deux présidents fragiles, qui n’ont pas su s’imposer, notamment en Syrie. Les Russes aujourd’hui tirent les conclusions de ce qui s’est passé hier tant au Kosovo qu’en Libye, et maintenant en Syrie. Donc, on peut légitimement craindre des dérapages non-maîtrisés en Crimée ou en Ukraine. En outre, n’oublions pas qu’à Kiev, il existe aujourd’hui plusieurs milliers d’activistes extrémistes, qui sont incontrôlables et sont susceptibles de jeter de l’huile sur le feu.

 

Quel peut être le jeu des oligarques aujourd’hui dans cette zone géographique ? Peuvent-ils peser pour résoudre la crise ?

C’est certainement leur souhait le plus cher. Mais en Ukraine, il ne semble pas qu’ils soient en mesure de le faire. Les oligarques ukrainiens étaient certes partagés quant à l’évolution des événements, mais la majorité d’entre eux étaient partisans d’une association avec la Russie. D’abord parce qu’ils craignent qu’une association avec l’Union européenne nuise à leurs affaires, qui sont pour certaines d’entre elles, assez opaques et en tous les cas pas conformes aux standards internationaux.
A l’évidence, ils n’ont pas le contrôle de la situation. Quant aux Russes, il est clair qu’ils soutiennent massivement Vladimir Poutine dans ce dossier brûlant de l’Ukraine.
Plus généralement, n’oublions pas que les relations entre l’Ukraine et la Russie sont essentiellement passionnelles et non rationnelles. C’est le seul endroit au monde où les Russes n’ont pas l’attitude du joueur d’échec. De même, à l’heure qu’il est, les Ukrainiens ont eux aussi basculé dans une posture irrationnelle. Ne perdons jamais de vue que la Russie est née à Novgorod, puis qu’elle s’est transférée à Kiev où elle a connu en quelque sorte son baptême. Quant à la Crimée, elle a été peuplée de Russes.
De même, gardons à l’esprit que la dimension culturelle chez les Russes est beaucoup plus puissante et vivante qu’en occident. Et cela se ressent partout, y compris dans les jeunes générations. Les interactions entre les deux peuples sont aussi complexes que puissantes. Prenez l’exemple de l’un des monuments de la littérature russe, à savoir Gogol. Il était ukrainien mais a connu le succès en Russie et est mort à Moscou. C’est pourquoi cette dimension passionnelle qui prédomine dans les relations Russie – Ukraine se révèle être particulièrement inquiétante.

 

Dans cette région en ébullition, où se déploient des rapports de force subtils entre puissance et influence, considérez-vous que les Jeux olympiques de Sotchi ont plutôt constitué un échec ou une réussite pour Vladimir Poutine ?

Apparemment, ils ont plutôt constitué une réussite sous l’angle de l’olympisme. Mais il faut bien comprendre, au-delà du factuel, qu’ils ont constitué un point de départ, visant à la mise en place, au cœur du Caucase, d’un système touristique productif qui doit s’étendre jusqu’à la mer Caspienne. Des entreprises françaises ont d’ailleurs participé à cette entreprise. Et il y a en programme aujourd’hui dans cette région une dizaine de stations à construire, ce qui va fortement contribuer au développement économique local.

 

Que conseilleriez-vous à un étudiant français désireux d’apprendre à connaître la Russie ?

Tout d’abord, de ne pas trop lire de journaux français. Ensuite, d’apprendre le russe. Et enfin, d’aller étudier en Russie, découvrir le quotidien du pays, son histoire, ses traditions, sa culture.

 

Un proverbe russe en guise de conclusion ?

« Aie confiance mais vérifie ». Je préciserais même « Vérifie les informations »…

 

Télécharger Géopolitique de l’Eurasie

 

 

A propos de Pascal Marchand

Né en 1949, Pascal Marchand est professeur au département de géographie de l’université de Lyon II. Après avoir été reçu à l’agrégation de géographie en 1975, il devient docteur d’État en géographie en 1990, avec une thèse portant sur « L’aménagement de la Volga et ses conséquences sur l’environnement ».

S’il commence sa carrière comme professeur d’histoire- géographie au lycée de Belfort, il intègre très vite l’université, tout d’abord comme maître de conférences en géographie à l’université de Nancy-II, puis comme professeur – toujours en géographie – à l’université de Lyon II, et chargé de cours à l’IEP de Lyon.

Sa parfaite connaissance de la langue russe (il pratique également l’anglais et l’espagnol), lui confère une authentique auto- rité pour aborder les questions géopolitiques liées aux grands espaces de l’Est, en particulier en matière d’organisation de l’espace de l’aire eurasiatique.

Ses savoirs théoriques se conjuguent à une solide connaissance et pratique du terrain : il compte ainsi une cinquantaine de séjours et missions en Europe centrale et orientale (Russie, Biélorussie, Lituanie, Ukraine, Lettonie, Pologne, Tchéquie, Abkhazie).

Pascal Marchand a beaucoup publié. Ainsi, ces six dernières années, il a écrit Atlas de Moscou, (Autrement, 2010) ; Atlas géopolitique de la Russie, la puissance retrouvée, (Autrement, 2012) ; Géopolitique de la Russie, une nouvelle puissance en Eurasie, (PUF, 2014). Durant la même période, il a également publié des chapitres sur ses pôles d’intérêt dans plusieurs ouvrages : « Les équilibres autour de la Caspienne », Site FIG 2008 « Entre guerre et conflit » ; « Le conflit, moteur de la structuration territoriale », in Géographie des conflits, (sous la direction de F. Tétart, CNED-SEDES, 2011) ; « Conflits dans l’espace post soviétique : une géographie de la décomposition impériale », in Géographie des conflits, (de nouveau sous la direction de F. Tétart, CNED-SEDES, 2011) ; « Un axe fluvial en jachère, le Système des Cinq Mers », in Fleuves et territoires, (sous la direction de N. Commerçon, Institut de Recherches du Val de Saône-Mâconnais, 2013).

Enfin, toujours ces six dernières années, il a publié des articles dans diverses revues: « Géopolitique de l’Arctique russe », Courrier des Pays de l’Est, (n° 1066, 2008) ; « Le Grand Nord dans la dynamique territoriale russe », Regard sur l’Est (revue en ligne, 2010) ; « La puissance russe, une géopolitique de l’énergie », Carto, (n° 1, 2010); « Espace et pouvoir en Russie, analyse géohistorique et géopolitique », Revue Espace-temps.net, (2011) ; « La Russie, un acteur international par la force de la géographie », Diplomatie, (n° 66, 2014).

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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 07:55
L’intelligence collective au secours de l’anticipation géopolitique

22.09.2013 ANAJ-IHEDN

 

L’ANAJ-IHEDN a le plaisir de vous inviter à une conférence exceptionnelle sur le thème :

 

L’intelligence collective au secours de l’anticipation géopolitique

Emile SERVAN-SCHREIBER
Pionnier des marchés prédictifs
Directeur Général de Lumenogic

 

Mardi 8 octobre 2013
19h30 à 21h00

 

École militaire
Amphithéâtre Des Vallières


Elections, coups d’état, révolutions, guerre, terrorisme, crises économiques… et si l’intelligence collective pouvait aider nos décideurs à mieux anticiper les évènements géopolitiques ?

 

L’intelligence collective est la capacité fondamentale des groupes à être plus performants que les individus qui les composent : quand elle est boostée par Internet, on parle aussi de « sagesse des foules ». Et quand il s’agit d’anticiper l’avenir, dans quelque domaine que ce soit, la sagesse d’une foule de parieurs rivalise aisément de clairvoyance avec les meilleurs experts ou les plus fins sondages.

 

Depuis plus de deux ans, à la demande du gouvernement américain et de ses agences de renseignement, une expérience scientifique inédite par son ampleur et son ambition est en cours. Il s’agit d’exploiter au maximum l’intelligence collective d’une foule d’amateurs passionnés d’actualité et de mesurer sa clairvoyance sur des centaines d’évènements géopolitiques. Les premiers résultats ont dépassés toutes les espérances et sont riches en enseignements. « Si j’étais le Président Obama, ou John Kerry, concluait récement un éditorialiste du New York Times, je voudrais ces prévisions sur mon bureau tous les matins. »

 

Nous vous conseillons la lecture d’un article rédigé par Emile Servan-Schreiber « Betting on a better world – How might prediction markets benefit international relations ?« [pdf], présenté à la conférence annuelle de l’International Studies Association à New York (2009)

 

Emile SERVAN-SCHREIBER est un pionnier des marchés prédictifs : l’intelligence collective au service de la prévision. Avant la création de Lumenogic il a fondé et dirigé NewsFutures pendant 10 ans (2000-2010). Il est déjà intervenu sur l’intelligence collective et les marchés prédictifs dans le monde entier : World Economic Forum, Wharton Business School, Collège de France, etc. et il est l’un des éditeurs associés du Journal of Prediction Markets. Il a conseillé pendant huit ans (1999-2007) le Centre pour la Recherche et l’Innovation dans l’Enseignement de l’O.C.D.E. sur son projet « Sciences de l’apprentissage et recherche sur le cerveau ».  Il est diplômé de Carnegie Mellon (USA) en mathématiques appliquées (BS) et en psychologie cognitive (PhD).

 


Informations : conference-renseignement@anaj-ihedn.org

- See more at: http://www.anaj-ihedn.org/lintelligence-collective-au-secours-de-lanticipation-geopolitique/#sthash.7nvAIDOD.dpuf
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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 17:00
Géopolitique du Kidnapping

 

L’économie de la rançon en plein essor

 

Avec 20000 enlèvements par an en moyenne, le marché du kidnapping se porte bien. Longtemps associé à un acte terroriste, l’enlèvement tend depuis les années 1990 à devenir une véritable industrie, aux revenus (très) lucratifs. Certes, il reste une « arme » dans de nombreux conflits, comme en témoignent les otages kurdes en Syrie, mais de plus en plus de ravisseurs ne sont motivés que par l’appât du gain. Il est vrai que les montants négociés peuvent atteindre plusieurs millions d’euros, pour peu que l’événement concerne des Occidentaux et qu’il soit médiatisé.

Le plus souvent cependant, on assiste à une imbrication de motivations où il n’est pas aisé de distinguer les finalités poursuivies. « Les deux sortes d’enlèvements, criminels et politico- criminels, ont dorénavant des rapports solides », analyse Pierre Conesa, chercheur associé à l’IRIS et ex-adjoint au directeur de la Délégation aux affaires stratégiques (DAS). Une complexité face à laquelle les réponses étatiques ne sont pas évidentes et qui favorise l’offre des sociétés de sécurité privées.

Le phénomène n’est pas nouveau, loin s’en faut. Il a néanmoins évolué au cours de l’histoire. Dans l’Antiquité, l’otage est une « institution » qui vise à garantir l’exécu- tion des traités militaires ou politiques. « À la différence de ce qui se passe aujourd’hui, il n’y avait pas prise, mais remise d’otages. Ainsi, il n’y avait rien de plus normal ni de mieux admis, dans la pratique des rapports internationaux de l’époque, que le recours aux otages » rappelle le recteur et professeur d’histoire Saliou Ndiaye. L’otage est un échange consentant entre puissances. Ainsi, il n’est pas un prisonnier, mais un captif qui ne doit pas être maltraité. Il n’est pas rare qu’il jouisse même d’une certaine liberté de mouvement, lui permettant selon ses moyens de mener une vie sociale. Cette situation va perdurer au Moyen âge et à l’époque moderne. On assiste ce-pendant, notamment au cours de la Guerre de Cent ans, à des prises d’otages par la force afin de monnayer un avantage politique sur l’adversaire ou un gain financier important. Le kidnapping peut déjà s’avérer crapuleux et fondé sur des considérations purement mercantiles.

 

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Géopolitique du Kidnapping

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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 16:55
Le général de Saint Chamas, commandant la Légion étrangère

Le général de Saint Chamas, commandant la Légion étrangère

11 juil 2013 par Jean-François Fiorina - Les Entretiens du Directeur

 

Jean-François Fiorina s’entretient avec le Général de Saint Chamas

 

Chaque année, la Légion étrangère clôt le défilé du 14 juillet, remportant un franc succès à l’applaudimètre. Créée en 1831, cette institution hors du commun constitue un formidable exemple de réussite, en termes de savoir-faire militaire et humain, pédagogie, management, tradition, recrutement, diversité sociale, mixage des cultures…

 

Pour bien comprendre les ressorts de la Légion, qui fête cette année le 150e anniversaire du combat de Camerone, Jean-François Fiorina a été reçu à Aubagne, la maison-mère de la Légion, par le Général Christophe de Saint Chamas, commandant la Légion étrangère.

 

La Légion étrangère est une institution unique en son genre à travers le monde. En ce sens, quelle est votre vision de la géopolitique ?

 

La géopolitique de la Légion, c’est d’abord la géopolitique des hommes. Les 7 000 hommes qui la composent sont issus des 5 continents. Les recrutements de la Légion évoluent au fil des ans, en fonction des bouleversements géopolitiques. Ainsi, depuis l’effondrement du « rideau de fer », on enregistre ces dernières années une proportion importante des candidats des pays de l’Est, tendance qui ne se dément pas, malgré l’émergence du recrutement asiatique et américain du Sud. Ainsi, le re- crutement provient aujourd’hui d’abord du monde slave, suivi du monde occidental (Amérique du nord, Europe de l’ouest, Australie et Nouvelle-Zélande), puis de l’Europe centrale et balkanique. Viennent ensuite les zones France, Asie, Afrique noire, Amérique latine, et enfin le monde arabe. 85 % des engagés sont non-francophones.

 

Cette dimension internationale est inscrite dans les gènes mêmes de la Légion étrangère. Lorsqu’il fonde la Légion en 1831, le roi Louis-Philippe précise bien : « Il sera formé une légion composée d’étrangers. Cette légion prendra la dénomination de Légion étrangère. Mais elle ne pourra être employée que hors du territoire continental du Royaume. » L’unique spécificité de la Légion étrangère repose sur sa capacité à recruter, dès le temps de paix, des étrangers à qui l’on va confier les armes de la France (mission régalienne). Le statut à titre étranger a pour unique objet d’encadrer cette extraordinaire capacité résultant d’un véritable choix politique, expression de la volonté nationale.

La Légion est un mythe qui contribue au brassage géographique, mais également à la mixité sociale. Pour preuve, au-delà des anonymes, la Légion a su attirer à elle nombre d’intellectuels, écrivains et artistes, et a constitué un objet de fascination pour le cinéma…

 

C’est le cas du jeune écrivain allemand Ernst Jünger, qui vient s’engager adolescent à la Légion avant la guerre de 1914-1918 et qui livrera ses mémoires dans Jeux africains. Avant lui, Chartrand des Ecorres, d’origine canadienne, avait publié en 1892 Au pays des étapes, notes d’un légionnaire. Blaise Cendrars avec La main coupée et le poète américain Alan Seeger s’imposent comme de magnifiques témoins légion- naires de la Première Guerre mondiale. De même des artistes peintres ont servi comme engagés volontaires pour la durée de la guerre : Moïse Kisling et Ossip Zadkine entre 1914 et 1918 ou Hans Hartung pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

Au cinéma, il en va de même. Le premier film tourné en France en 1906, La Légion, est dû à Ferdinand Zecca. Les Américains lui emboîtent le pas : en 1912 Under Two Flags (Sous deux drapeaux) contribue à la naissance du mythe dans l’univers cinématographique. L’âge d’or du cinéma muet est aussi celui de la vogue des thèmes légionnaires qui fascine le public d’outre-Atlantique. L’entre-deux-guerres confirme le succès grandissant des films sur la Légion : en 1929 The Desert Song (Le chant du désert), voit John Wayne et Gary Cooper incarner à l’écran le légionnaire de l’épopée marocaine. Les diverses versions du fameux film Beau geste (de 1926 à 1977…) confirmeront cet intérêt du cinéma américain pour la Légion. Avec la célébration du Centenaire de l’Algérie française (1930) et l’Exposition coloniale (1931), le public français découvre la Légion dans une série de films à succès : Le grand jeu de Jacques Feyder (1933), La Bandera de Julien Duvivier (1935) sans oublier Un de la Légion de Christian-Jaque (1936) avec Fernandel dans le rôle principal…

 

Suite de l'entretien : Géopolitique de la Légion étrangère

 

Pour en savoir plus :

 

www.legion-etrangere.com et aussi La Légion étrangère – Histoire et dictionnaire, sous la direction d’André-Paul Comor, maître de conférences à l’institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, collection Bouquins, Robert Laffont (1152 p., 32€).

 

A propos du Général Christophe de Saint Chamas

 

C’est à la maison-mère de la Légion étrangère à Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône, que le général de Saint Chamas et son chef d’état-major, le colonel Cyrille Youchtchenko, ont reçu fin juin MM. Thierrry Grange et Jean-François Fiorina, de Grenoble Ecole de Management.

 

Depuis septembre 2011, le général de division Christophe de Saint Chamas est le COMLE, c’est-à-dire le général commandant la Légion étrangère, également appelé le « Père Légion ». Créée en 1831 par le roi Louis-Philippe, la Légion étrangère est une force combattante composée d’étrangers sous commandement français. Elle fait partie intégrante de l’armée de terre et représente 7 % de son effectif, soit 7 200 hommes. Elle se compose de onze régiments : huit en métropole, trois outre-mer. La moyenne d’âge des engagés est de 23 ans et 85 % d’entre eux sont d’origine étrangère. La Légion compte aujourd’hui près de 150 nationalités. Elle recrute environ 1 000 hommes par an pour 10 000 candidats. C’est cette magnifique phalange, dont la renommée s’étend à travers le monde entier, que commande aujourd’hui le général de Saint Chamas.

 

Né en 1959, saint-cyrien de la promotion Général Rollet (1978- 1980), officier de cavalerie, le général de Saint Chamas est breveté du Cours supérieur d’état-major et du Collège interarmées de défense (aujourd’hui Ecole de guerre). Il a également été auditeur du Centre des hautes études militaires et de l’Institut des hautes études de défense nationale. Il a été affecté à trois reprises à la Légion étrangère. D’abord en 1984, comme chef de peloton puis capitaine au 1er régiment étranger de cavalerie à Orange, avec des missions extérieures à Mayotte, au Tchad et en République de Centrafrique. Ensuite en 1995, comme lieutenant-colonel et chef du bureau opérations instruction au 1er régiment étranger de cavalerie, où il retrouve le Tchad à deux reprises et participe à l’évacuation des ressortissants français du Congo Brazzaville en 1997. Enfin, comme chef de corps du 1er régiment étranger de cavalerie de 2003 à 2005, et commandant d’un groupement tactique interarmes (GTIA) au sein de l’opération Licorne en République de Côte d’Ivoire, de juin à octobre 2004.

 

Il a également participé à la pre- mière guerre du golfe en 1991 (opération Daguet). Puis de 1997 à 2000, il prend part aux travaux de planification et de conduite des opérations me- nées en Bosnie Herzégovine, au Kosovo et en Macédoine. Il rejoint ensuite le cabinet du ministre de la défense. En 2006, il sert au Centre interarmées de concepts de doctrines et d’ex- périmentations, puis au Centre de planification et de conduite des opérations en juin 2007. Nommé général de brigade en 2009, il est envoyé en Afghanistan comme chef du bureau Plans et stratégie de l’état-major de la force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS) à Kaboul de février 2010 à mars 2011, pour retrouver la Légion étrangère en septembre 2011.

 

Pour en savoir plus : www.legion-etrangere.com

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 17:50
interfacebaltique crédits Europe Médiane, cartes et outils, Clés Atlandes, 1997

interfacebaltique crédits Europe Médiane, cartes et outils, Clés Atlandes, 1997

27 juin 2013 - par Jean-François Fiorina - notes-geopolitiques.com

 

Le 1er juillet prochain, c’est à la Lituanie de prendre la présidence tournante de l’Union européenne. À la même date, la Croatie en deviendra le 28e État membre. Symboliquement, ce moment consacre la réunion de l’Europe baltique et de l’Europe méditerranéenne dans un même espace économique et politique. La fin de la Guerre froide et l’indépendance des pays baltes ont contribué à faire évoluer la Baltique d’un monde en marge à celui d’une frontière entre mondes russe et européen. Espace à la fois maritime et politique multiséculaire, c’est en effet un lieu de compétition et de coopération entre puissances aux intérêts parfois divergents. À l’heure où l’Union s’agrandit, tandis que se pose toujours la question de son identité et de ses frontières, le médecin et historien Philippe Meyer revient dans son dernier ouvrage sur l’héritage légué par la Baltique. Il nous invite à nous interroger sur le modèle d’intégration régionale qu’elle propose. Un aspect essentiel et méconnu de la construction européenne et des enjeux géostratégiques qui lient le Vieux Continent à la Russie.

 

La Baltique tient son appellation de la mer du même nom. Elle devrait dès lors correspondre à un espace maritime semi-fermé qui engloberait les différents territoires riverains, qu’ils soient européens (les États baltes que sont la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie ; la Finlande, la Suède, le Danemark, l’Allemagne et la Pologne) ou russes (l’enclave de Kaliningrad et la région de Saint-Pétersbourg). Mais force est de constater que la Baltique demeure un objet d’étude à la définition variable qui renvoie tantôt à une réalité géographique maritime ou politique large (le monde Baltique), tantôt aux seuls États baltes, adjoints ou non de la Russie et de la Finlande. Bref, la notion de Baltique fait la part belle au jeu des représentations géopolitiques.

 

Un enjeu stratégique pour la Russie

Géopolitique de la Baltique

 

La Russie bénéficie d’un double accès à la Baltique: au nord avec la région de Saint-Pétersbourg et ses terminaux portuaires (Primorsk, Vysotsk, Vyborg, etc.), au sud-est avec l’enclave de Kaliningrad. « La région baltique revêt pour la Russie une importance toute particulière, dans la mesure où elle a constitué à partir du début du XVIIIe siècle la façade maritime qui, comme l’avait souhaité Pierre Le Grand, l’ouvrait sur l’Europe », résume Arnaud Leclercq dans un livre remarquable consacré à la Russie aux éditions Ellipses. La zone est d’importance stratégique, tant d’un point de vue économique, politique que militaire.

Baltic 2013 Contrôles d’aéronefs russes. De haut en bas Mirage F1 CR, Sukhoi-27 Flanker et Sukhoi-24 Fencer au-dessus de la mer Baltique. Crédits photo EMA armée de l’Air.

Baltic 2013 Contrôles d’aéronefs russes. De haut en bas Mirage F1 CR, Sukhoi-27 Flanker et Sukhoi-24 Fencer au-dessus de la mer Baltique. Crédits photo EMA armée de l’Air.

Ancienne partie de la province allemande de Prusse-Orientale, la région (oblast en russe) de Kaliningrad fut octroyée à l’URSS en 1945. Elle a des frontières terrestres avec la Lituanie et la Pologne. L’enclave de Kaliningrad « occupe deux fonctions d’une importance majeure pour la Russie : une fonction économique puisque le territoire fournit 90 % de la production mondiale d’ambre et que Moscou nourrit à son sujet l’ambition d’en faire le Hong-Kong de la Baltique; une fonction de base russe sur la Baltique dont l’importance stratégique s’est accrue depuis la perte par Moscou des pays Baltes, perte qui a entraîné pour la flotte russe de la Baltique la fermeture de six bases militaires », décrypte Aymeric Chauprade, ancien directeur des études à l’École de Guerre.

 

La situation économique de Kaliningrad reste pourtant chaotique. La région est concurrencée par la politique portuaire de ses voisins et pâtit surtout de son exclusion de l’espace économique européen. Si de récents assouplissements en matière douanière et de circulation des travailleurs transfrontaliers ont été négociés avec l’Union européenne, ils ne concernent qu’une zone géographiquement réduite. Pour le Kremlin, Kaliningrad reste avant tout son poste le plus avancé à l’ouest, susceptible d’être remilitarisé si nécessaire. Plus au nord, la Russie ambitionne de faire de l’embouchure de la Neva un « Rotterdam de la Patrie ». Avec l’indépendance des États baltes, elle a en effet perdu ses meilleures installations portuaires et par là même une partie essentielle de son interface avec le monde extérieur. « La reconstruction d’un appareil portuaire national est donc une priorité à l’heure où les différents acteurs économiques tentent de promouvoir l’idée d’une Russie ‘pont’ entre l’Europe et l’Asie orientale », explique Pascal Marchand, professeur à l’Université Lyon II. Cinq nouveaux ports sont ainsi construits parallèlement à la modernisation des anciens.

 

La progression des frontières de l’UE et de l’OTAN en Baltique fait aussi de la région un sujet particulièrement sensible pour Moscou, ce qui se traduit notamment par des relations tendues avec les États baltes. La Russie a ainsi obtenu de l’OTAN que ses troupes n’y stationnent pas et de Bruxelles qu’elle leur impose de reconnaître les minorités russophones précédemment privées de la pleine citoyenneté.

 

Une simple région périphérique pour l’Union européenne ?

 

Face aux intérêts russes, les autres pays riverains de la Baltique semblent agir en ordre dispersé, et l’Union européenne ne pas percevoir cet espace comme stratégique. Il est vrai que si l’UE partage 2 244 km de frontières communes avec la Russie depuis l’adhésion de la Finlande (1995) et des États baltes (2004), elle ne constitue que le 3e partenaire commercial de l’Union, après les États-Unis et la Chine, avec lequel elle réalise 9 % de ses importations et 5 % de ses exportations. En revanche, l’UE est le principal partenaire commercial de la Russie. Cette dissymétrie, associée à l’importance des débouchés maritimes qu’offre la région à Moscou, explique pour partie la différence de représentation des enjeux géopolitiques baltiques.

 

Pour autant, l’Europe n’est pas inactive. « La Baltique a été la première macrorégion à faire l’objet d’une stratégie globale de l’UE. Lancée en 2009 par la Commission européenne, elle concerne les huit riverains ainsi que la Norvège, la Russie et la Biélorussie dans un but de clarification des coopérations locales », précise le Dictionnaire de géopolitique et de géoéconomie (Puf, 2011). Les priorités sont aujourd’hui articulées autour de trois axes majeurs: « sauver la mer Baltique », « désenclaver la région » et « accroître sa prospérité ».

 

En matière environnementale, qui concerne il est vrai tous les acteurs, la politique menée a permis d’obtenir des résultats encoura- geants. Outre la croissance exponentielle du transport maritime, l’objectif de prospérité économique et de désenclavement passe par des travaux d’infrastructures. La connexion terrestre de la Baltique repose ainsi sur « les projets Via Baltica (axe routier raccordant les États baltes à l’Europe centrale via la Pologne), Rail Baltica (liaison à grande vitesse entre Varsovie et les capitales baltes, voire Helsinki via un tunnel sous- marin) et Triangle nordique (ponts de l’Øresund depuis 2000 et du détroit de Fehmarn prévu en 2018) ». Quant à la question de l’approvisionnement énergétique, l’UE ne réserve pas à la Baltique un traitement spécifique. Il est vrai qu’elle pâtit dans ce domaine pourtant stratégique d’une absence de politique globale.

 

 

Géopolitique de la Baltique

Ainsi, les échanges d’hydrocarbures avec la Russie sont régis le plus souvent sur un mode interétatique. L’Allemagne s’est assurée de contourner à la fois les voies terrestre et maritime avec son projet de Nord Stream, gazoduc sous-marin reliant Greifswald et Vyborg, qui lui permet de sécuriser ses approvisionnements en provenance de Russie. Dans les États baltes, « l’hostilité à la Russie persiste et la présence de minorités russes importantes en Estonie et en Lettonie, tout comme le chantage énergétique dont peut jouer Moscou ne peuvent qu’attiser les tensions, ainsi lors du déplacement d’une statue commémorative des victoires de l’Armée rouge en Estonie ou lors de la cyber attaque qui a suivi contre ce pays », remarque Arnaud Leclercq. Le souvenir de la Seconde Guerre mondiale et surtout de l’occupation soviétique reste à bien des égards très présent dans les représentations politiques régionales.

 

La Ligue hanséatique, un modèle retrouvé pour l’Europe ?

 

Géopolitique de la Baltique

L’Union européenne manifeste un intérêt réel pour le modèle de gouvernance régionale. La bonne réalisation des programmes de coopération et l’intensité des échanges (de personnes et de marchandises) fait en effet de la Baltique une référence en comparaison d’autres espaces régionaux, à commencer par la Méditerranée ou le bassin du Danube. Les racines de cette « bonne gouvernance » sont-elles à rechercher dans le modèle de la Ligue hanséatique? Apparue au XIIe siècle, la Hanse était une puissante association marchande qui compta jusqu’à 200 villes, fondée sur la réciprocité des échanges. En exerçant un monopole sur le commerce maritime en mer Baltique, elle a pu jouer un rôle politique certain, qui n’a été contesté qu’à partir du XVe siècle, avec l’affirmation de la Russie continentale et de la Suède, et surtout après 1648 et la signature des traités de Westphalie. Pour Philippe Meyer, « la communauté hanséatique a été exemplaire par son esprit d’entreprise, son indifférence aux préoccupations nationales et aux divergences religieuses, et son pacifisme. [...] L’arbitrage et la négociation ont eu une priorité incontestable sur la guerre ». Et ce modèle hanséatique a survécu symboliquement à travers les centaines d’organisations régionales qui structurent l’espace politique de la Baltique avec un relatif succès.

 

« L’Union européenne s’est constituée sur la base de plusieurs fondamentaux qui sont communs avec ceux de l’Union du Nord. Elle est pacifiste, démocratique et sociale, mais sa mutation n’a pas été aussi profonde que celle du Nord », écrit encore Philippe Meyer. Le mode de relations développé au cours de la longue histoire baltique est fondé sur la recherche du consensus, essentielle pour assurer « une paix sociale solide ». Si la prise en compte par l’Europe de cette riche expérience a d’ores et déjà commencé, elle est cependant très récente. Ce n’est que depuis les années 2000 que la Commission européenne ou encore le Comité économique et social européen y font explicitement référence. La « redécouverte » de la Hanse est tout sauf anodine. Elle correspond aux velléités d’avènement d’un ordre « post-westphalien », promettant un « paradis post-historique » de paix et de relative prospérité. Une promesse au cœur du projet européen.

 

Pour aller plus loin

 

    Baltiques.Histoire d’une mer d’ambre, par Philippe Meyer,Perrin, 502 p., 26 €  ;

    La Russie, puissance d’Eurasie, par Arnaud Leclerq, Ellipses, 408 p., 24,40 €

    Atlas géopolitique de la Russie, par Pascal Marchand, Éditions Autrement, 88 p., 17 €.

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