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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 18:30
Marwan Lahoud prend la présidence du CIDEF

 

29.01.2014 Mariama Diallo journal-aviation.com

 

Marwan Lahoud endosse une nouvelle casquette. Le directeur général délégué à la stratégie et à l'international d'Airbus Group, également président du GIFAS, Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales, a été nommé président du CIDEF, Conseil des Industries de Défense Françaises.

 

Il succède à Christian Mons, président du GICAT, groupement des industries françaises de défense et de sécurité terrestre et aéroterrestres.

 

Créé en 1990, le CIDEF réunit les principaux groupements professionnels de l’industrie française de défense : le GIFAS, le GICAT et le GICAN, Groupement des Industries de Construction et Activités Navales. Le CIDEF représente et promeut les industries de défense française, notamment auprès des organisations internationales.

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 08:55
Sécurité : la filière se met en ordre de marche

 

21/11 Alain Ruello, Les Echos

 

Le premier comité de pilotage installe ce matin trois groupes de travail.

Avec l'aide de l'Etat, les industriels veulent cibler cinq pays prioritaires à l'export.

 

Création du Conseil des industries de confiance et de sécurité (le CICS) début octobre, premier comité stratégique à Matignon le 23 du même mois et, ce matin, premier comité de pilotage Etat-Industrie, en marge du Salon Milipol : la toute nouvelle filière des fournisseurs d'équipements et de solutions de sécurité s'organise à marche forcée.

 

La séance présidée par Jean-Marc Ayrault il y a un mois et à laquelle ont participé sept ministres a arrêté les objectifs stratégiques. Dotés de cette feuille de route, les représentants de l'administration, du CICS et de quelques grands opérateurs d'infrastructures vont installer ce matin les trois groupes de travail chargés de les mettre en oeuvre : expression du besoin, politique industrielle et recherche.

 

Programme d'investissements d'avenir, Agence nationale de la recherche, ministères de la Défense ou du Redressement productif : « La première tâche de chaque groupe de travail sera de recenser où est l'argent », explique Hervé Guillou, le président du CICS. Il s'agit évidemment de mieux concentrer les moyens sur les technologies prioritaires, à même de faire la différence à l'international.

 

Chasser en meute

 

Dans son discours d'inauguration de Minipol, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a beaucoup insisté sur la nécessité pour l'Etat d'améliorer le dialogue entre tous les acteurs de la sécurité, notamment en période de baisse de budgets. Evoquant trois domaines - radio numérique, vidéo et protection des forces - dont il attend des avancées, il a par ailleurs promis le soutien de ses équipes auprès des industriels à l'export. Pour mieux conquérir les marchés internationaux, Hervé Guillou estime qu'il faut se concentrer dans un premier temps sur un nombre très restreint de pays. « J'en ai proposé cinq », indique-t-il. Sa deuxième préconisation a souvent été mise en avant en d'autres occasions : chasser en meute, comme savent très bien le faire les Allemands. Quand ils répondent à des appels d'offres de BTP ou de TGV, Vinci ou Alstom par exemple devraient embarquer avec eux des spécialistes français de la sécurité.

 

Les chiffres

10 milliards d'euros : C'est le chiffre d'affaires du secteur des industries de confiance et de sécurité.

50.000 emplois : Les effectifs estimés des entreprises membres du Conseil des industries de confiance et de sécurité (CICS).

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 17:55
Quel bilan pour le Comité pour les Métaux Stratégiques ?

04.11.2013 Tristan Barbagelata - Portail de l'I.E.

 

Consciente des enjeux liés aux approvisionnement en matières premières critiques, la France s'est dotée en 2011 d'un Comité pour les Métaux Stratégiques. Après trois ans d'existence, il est temps de dresser un premier bilan de son action.

 

Sa création

Le Comité pour les Métaux Stratégiques (COMES) est créé par décret le 26 Janvier 2011. Il a pour mission d’assister le Ministre de l’Industrie dans la création d’une véritable politique de gestions des ressources stratégiques et d’aider à l’établissement d’un plan de sécurisation des approvisionnements.

La création du COMES fait suite à l’établissement d’un constat simple :

  • La France est très largement exposée du fait d’une dépendance élevée aux matières premières et particulièrement aux métaux dits « stratégiques » ;
  • Il s’agit de métaux pas ou peu substituables ;
  • leurs réserves sont très concentrées (exploitation par peu d’entreprises ou de pays producteurs) ;
  • La pression sur ces métaux augmente car ces métaux sont utilisés dans des industries de pointe, considérées comme stratégiques ;
  • La demande des Pays Emergents augmente ;
  • Le taux de présence de ces métaux dans les produits finis est en constante augmentation ;
  • Leur taux de recyclage est largement insuffisant.

 

Les acteurs du COMES

Le COMES regroupe les plus grands acteurs géologiques et industriels français autour de la problématique des matières premières.

L’acteur principal du COMES reste le Bureau des Recherches Minéralogiques et Minières (BRGM) a été créé en 1959 pour devenir le principal service géologique français auquel plusieurs missions ont été données parmi lesquelles la recherche scientifique, le soutien aux politiques publiques ou encore la sécurité minière.

D’autres acteurs participent également au COMES comme la Direction Générale de la Compétitivité des Industries et des Services (DGCIS), le GIFAS, syndicat d’acteurs du secteur aéronautique, et l’IFREMER, responsable de l’exploitation des fonds marins.

On note également de grands acteurs industriels et miniers comme Eramet, Renault, Areva, Rhodia, Solvay, tous directement ou indirectement concernés par les enjeux liés aux métaux stratégiques.

 

Les champs d’action

Le COMES comporte quatre champs de travail bien distincts. Ils représentent les quatre axes de l’action française en ce qui concerne les matières premières.

  • « l’identification et l’évaluation des besoins de l’industrie française » : en amont de toute tentative d’établir une politique ou une stratégie concernant les matières premières, il est absolument primordial de comprendre où se situent les enjeux et quels seront les besoins à venir pour l’industrie française ;
  • « les ressources disponibles » : la disponibilité des ressources conditionne toute action stratégique puisqu’il faut pouvoir évaluer les ressources disponibles, leur volume et bien entendu leur risque associés (concentration des ressources sur un territoire, stabilité politique des pays producteurs). Ceci est possible grâce notamment au travail du BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) ;
  • « le développement des économies de matières premières et la problématique du recyclage » :   la problématique des économies de matières premières et du recyclage de ces dernières est une conséquence directe de la volatilité des marchés ;
  • « les relations internationales liées aux ressources minérales » : les relations internationales restent un facteur majeur du marché des matières premières qui n’est pas seulement régulé par le simple jeu économique. La sécurisation des approvisionnements de la France passe donc par des relations diplomatiques et économiques saines avec nos partenaires commerciaux.

 

Après près de 3 ans d’existence, qu’en est-il du bilan du COMES ?

Même s’il peut paraître prématuré de dresser un bilan du COMES après un peu moins de trois ans d’existence, l’urgence de la situation pour l’industrie française nécessite des actions rapides. Quelles sont-elles ?

Tout d’abord, il faut savoir que le COMES a été impliqué dans nombres d’actions concernant l’ouverture de la problématique des matières premières au monde de l’entreprise. Ainsi, le COMES a participé à la création du site minéralinfo.fr qui sert de base de données sur les ressources minérales non-énergétiques. Ce site a pour mission de vulgariser la connaissance sur le sujet des matières minérales.

Autre développement intéressant, le COMES a pris part à l’établissement d’un outil de diagnostic à destination des industriels. Cet outil, disponible sur le site de la Direction Générale de la Compétitivité des Industries et des Services(DGCIS), permet de calculer un indice de sécurité des approvisionnements en fonction des ressources concernées, de leurs volumes ou encore de leur(s) provenance(s). Gratuit, l’outil d’autodiagnostic permettra à certains de réorienter leurs approvisionnements vers des voies plus sûres et à d’autres de se rendre compte de la fragilité de la position de l’industrie française (et plus généralement européenne).

De plus, lors du colloque du 16 octobre 2012, Mr Bersani, Secrétaire Général du COMES, note que les coopérations industrielles progressent et que les programmes de réduction des besoins se multiplient. Quant aux capacités d’extractions françaises, le BRGM et l’IFREMER se penchent de plus en plus sur la viabilité des gisements de nodules polymétalliques. Il existe également en parallèle des projets d’extraction de terres rares au Kazakhstan en collaboration avec le BRGM.

Si le COMES n’en est qu’à ses débuts, sa création apparait comme nécessaire et ses travaux encourageants. D’une part car elle formalise une prise de conscience primordiale : celle des enjeux inhérents aux voies d’approvisionnements des métaux stratégiques. D’autre part car le COMES a su cibler les questions urgentes et a su faire développer des actions intéressantes notamment auprès du monde de l’entreprise. Si sa collaboration avec les autres acteurs publics des questions minières comme le BRGM ou l’IFREMER restent aussi resserrées, alors, et malgré un contexte difficile, l’industrie française aura un outil performant à sa disposition.

 

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 12:56
Budget de la Défense: Le Drian dément toute tension avec Bercy

 

11/11/2013 boursorama.com (AFP)

 

Jean-Yves Le Drian a démenti lundi toute tension avec Bercy dans l'élaboration de la loi de finance rectificative concernant le budget de la Défense, contrairement à ce qu'affirment des informations de presse.

 

Dans un communiqué, le ministre indique qu'il travaille avec son homologue du Budget pour garantir que les ressources nécessaires à la défense "seront au rendez-vous" pour respecter les objectifs de la Loi de programmation militaire en discussion devant le Parlement.

 

Celle-ci est "l'expression la plus complète de la politique de Défense définie par le président de la République", poursuit-il.

 

Dans le même temps, "ces objectifs tiennent compte (...) de la nécessité de garantir notre souveraineté financière aussi bien que notre autonomie stratégique".

 

La mise au point de M. Le Drian fait suite à des articles de presse, notamment dans Le Monde daté de mardi, faisant état de vives tensions entre Bercy et la Défense en raison d'un refus du budget de dégeler des crédits sur lesquels comptait la Défense.

 

Ces informations "ne reflètent ni la qualité des relations que j'entretiens depuis longtemps avec Bernard Cazeneuve, ni le travail que mon équipe et la sienne entreprennent de concert, y compris pour résoudre de la meilleure façon possible les difficultés qui marquent la fin de la gestion 2013 du budget de l'Etat", écrit M. Le Drian.

 

"Notre objectif commun est de garantir que les ressources nécessaires à notre défense seront au rendez-vous, en particulier à travers le respect des objectif de la Loi de programmation militaire 2014-2019", assure-t-il.

 

Une "communication commune avec le ministre du Budget permettra de le vérifier" mercredi, jour où la loi de finances rectificative doit être présentée en Conseil des ministres.

 

Les industriels de la défense se sont notamment inquiétés de voir le ministre du Budget préparer des coupes dans le budget de la Défense que le président Hollande s'était engagé à préserver.

 

"On parle d'annuler 600 millions d'euros de crédits sur le budget de la Défense 2013", avait déclaré vendredi à l'AFP Marwan Lahoud, président du Gifas qui regroupe les sociétés spécialisées dans l'industrie aéronautique, spatiale et militaire.

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 11:55
France: L'industrie de la défense s'alarme de nouvelles coupes budgétaires

 

08/11/2013 boursorama.com (AFP)

 

L'industrie de la défense est très inquiète de voir le ministre du Budget préparer des coupes dans le budget de la défense que le président François Hollande s'était engagé à préserver, a déclaré vendredi le président du syndicat qui la représente.

 

"On parle d'annuler 600 millions d'euros de crédits sur le budget de la défense 2013 (...) L'impact immédiat sur le tissu industriel va être colossal", a déclaré à l'AFP Marwan Lahoud, président du Gifas, qui regroupe les sociétés spécialiste du secteur de l'industrie aéronautique, spatiale et militaire.

 

Le ministre délégué au Budget Bernard Cazeneuve a annoncé jeudi dans une interview au journal Les Echos que des économies de 3 milliards d'euros seraient "réparties sur l'ensemble des ministères".

 

"C'est une inquiétude très forte de toute l'industrie", a poursuivi M. Lahoud, également chef de la stratégie du groupe d'aéronautique et de défense EADS.

 

"Ces annulations vont porter sur les dépenses d'équipement, elles ne vont pas porter sur les dépenses incompressibles, comme les opérations extérieures ou la rémunération".

 

Et d'après lui, ce ne sont pas tellement les grands groupes qui seront touchés, les deux tiers des annulations affecteront les équipementiers avec qui ils sous-traitent. "On attaque directement le tissu de la sous-traitance", a prévenu le dirigeant d'EADS.

 

"Le président de la République a déclaré solennellement qu'on conserverait ces crédits là, avant même que l'exécution de la Loi de programmation militaire 2014-2019 ait commencé, on voit qu'elle n'est pas garantie".

 

L'industrie de la défense avait accepté contrainte et forcée la réduction des crédits militaires qui va entraîner des réductions et des étalements de programme dans les années à venir.

 

"On savait qu'il y avait des adaptations nécessaires et on était prêt à les gérer, mais ce qui est en train de se passer c'est qu'on va sortir du cadre de ce qui est gérable et maîtrisable", a insisté M. Lahoud

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29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 12:55
Le Rafale a maintenant largement donné les preuves de ses qualités opérationnelles mais tarde à s’imposer à l’exportation – photo Dassault Aviation

Le Rafale a maintenant largement donné les preuves de ses qualités opérationnelles mais tarde à s’imposer à l’exportation – photo Dassault Aviation

 

28 octobre 2013 par Pierre Sparaco – Aerobuzz.fr

 

L’industrie aéronautique et spatiale française affiche une santé éclatante : prises de commandes nettement supérieures aux livraisons, 170.000 emplois directs, 15.000 embauches en 2012, des exportations soutenues, un grand dynamisme en matière d’activités civiles. Un constat que confirme le rapport annuel du Gifas, empreint d’optimisme néanmoins tenté de prudence. Tout n’est en effet pas rose.

 

Jean-Paul Herteman, PDG de Safran, président sortant du GIFAS (Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales), qui a maintenant cédé la place à Marwan Lahoud (EADS), avait bien choisi ses mots. Lors de l’assemblée générale annuelle, il avait judicieusement évoqué « l’enjeu de souveraineté que nous représentons », fait allusion à un « devoir d’excellence » ou encore à une obligation de pertinence et d’ambition. Le tableau n’est pourtant pas parfait, tant s’en faut. Ainsi, le marché aérospatial national est à la traîne (ce n’est pas nouveau) avec 24 % des commandes enregistrées tandis que la domination des activités civiles, avec non moins de 85 %, éloigne le secteur d’un bon équilibre qui le protégerait d’éventuels retournements de conjoncture.

 

D’un côté, la Défense française n‘a plus les moyens budgétaires de ses ambitions, ses exportations sont insuffisantes (le Rafale attend toujours un premier succès étranger). De l’autre, la part française d’Airbus écrase statistiquement tous les autres programmes, toutes catégories confondues. Qui plus est, victime bien involontaire de cette situation, la prospérité de Dassault Aviation dépend aux trois quarts de la lignée des Falcon, marquant ainsi la fin d’une époque que chacun espère provisoire.

 

Le chiffre d’affaires de l’ensemble des membres du Gifas a battu tous ses records antérieurs, l’année dernière, avec 42,6 milliards d’euros, à comparer à 36,1 milliards en 2011 et à 24,9 milliards il y a 10 ans. C’est une réussite éclatante, malheureusement la seule du genre au sein de l’industrie française, qui prouve éloquemment que la persévérance, une stratégie à long terme et des investissements soutenus en recherche et développement peuvent donner de bons résultats, malgré, notamment, le handicap de l’euro fort face au dollar faible.

 

L’actualité est aussi pleine de promesses. En témoigne, ces jours-ci, l’annonce du Falcon 5X, ambitieux, prometteur, ou encore la bonne tenue des essais en vol de l’A350 XWB, les perspectives qui s’ouvrent d’ores et déjà à Ariane 6 ou encore, dans l’immédiat, l’envolée spectaculaire des commandes de la gamme A320 NEO remotorisée. D’où, soit dit en passant, le cas de conscience rare qui se pose à Airbus : lui faudra-t-il accroître la cadence de production de la gamme A320 au-delà de 42 exemplaires mensuels ? Partenaires et fournisseurs seraient-ils en mesure d’entériner ce tempo endiablé ?

Un marché potentiel à l’export très important va s’’ouvrir à l’A400M, de plusieurs centaines d’exemplaires – photo Airbus Military

Un marché potentiel à l’export très important va s’’ouvrir à l’A400M, de plusieurs centaines d’exemplaires – photo Airbus Military

 

Dans un tout autre ordre d’idées, dès à présent, on attend avec intérêt, sinon impatience, la manière dont l’A400M va se positionner à l’exportation. Les difficultés de tous ordres qui ont perturbé ce grand programme européen appartiennent maintenant au passé et le gros quadriturbopropulseur va pouvoir se lancer à l’assaut de marchés nouveaux. Lui seul peut prétendre à la succession de matériels vieillissants, à commencer par le C-130 Hercules, et affiche pour ce faire des qualités opérationnelles solides.

 

Démonstrateur technologique Neuron mis à part, l’Europe des drones est aux abonnés absents – photo Dassault Aviation

Démonstrateur technologique Neuron mis à part, l’Europe des drones est aux abonnés absents – photo Dassault Aviation

 

Dans le même temps, l’Europe des drones est aux abonnés absents, démonstrateur technologique Neuron mis à part, une incompréhensible bévue. Et, l’Académie de l’air et de l’espace vient précisément de tirer la sonnette d’alarme, le risque grandit d’une irrémédiable perte de compétences européennes en matière de développement d’avions de combat de nouvelle génération. Aussi le Gifas aura-t-il fort à faire pour susciter une prise de conscience que tendent à cacher les bons chiffres de l’immédiat.

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 16:55
Défense : comment la rigueur va toucher l'industrie d'armement

L'industrie d'armement sera touchée par la Loi de programmation militaire

 

11/10/2013 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Les industries de la défense vont perdre 30 % de leurs ressources par rapport à la trajectoire de la précédente loi de programmation militaire (LPM). Les crédits baissent de 41 % pour les grands programmes (Rafale, hélicoptères, sous-marins...) et de 11 % pour la dissuasion.

 

Le ministère de la Défense prend sa part (trop?) dans le redressement de la situation financière de la France. Et comme le rappelle le délégué général pour l'armement (DGA), Laurent Collet-Billon, lors de son audition au Sénat, l'élaboration de la loi de programmation militaire (LPM) a "été un exercice difficile. Un exercice difficile qui a visé à conjuguer souveraineté stratégique et souveraineté budgétaire, dans la situation économique d'aujourd'hui, a été demandé à la mission Défense".

Un exercice où l'on sent l'extrême rigueur, qui touche ce ministère, à travers la sècheresse des chiffres cités par Laurent Collet-Billon. "Il a fallu ainsi trouver un équilibre financier sous fortes contraintes", a-t-il expliqué. Dans ce nouveau cadre, la direction générale de l'armement (DGA) injectera 10 milliards d'euros par an dans l'industrie de défense qui devront permettre "de maintenir à terme les compétences critiques" à l'autonomie stratégique de la France. "Si l'exécution de la programmation est conforme, il ne devrait y avoir aucune catastrophe majeure, mais bien sûr il y aura des ajustements", a-t-il estimé. Et de rappeler que "les modèles de rupture, qui auraient pu sacrifier un secteur, ont été ainsi écartés".

 

Défense : comment la rigueur va toucher l'industrie d'armement

Une baisse de 30 % par rapport à la LPM précédente

Pour le programme 146 "Equipements des forces", le principal programme suivi par la DGA), les ressources prévues pour les opérations d'armement - programmes à effet majeur (PEM), les autres opérations d'armement (AOA) et la dissuasion - s'élèvent à environ 10 milliards d'euros annuels. Soit 59,5 milliards sur la période 2014-2019. "C'est en retrait sensible (- 30 %) par rapport à la programmation précédente, devenue intenable budgétairement, qui prévoyait une augmentation des ressources de 1 milliard d'euros par an en moyenne", a expliqué Laurent Collet-Billon.

Par rapport à la précédente LPM, le recul des crédits pour les PEM (34 milliards d'euros entre 2014-2019), dont le Rafale, les hélicoptères Tigre et NH90, les frégates FREMM, s'élève à 41 % et pour les AOA (7,1 milliards entre 2014-2019), des opérations nécessaires à la cohérence de la LPM, à 18 %, selon les chiffres cités par Laurent Collet-Billon. Enfin, la dissuasion (18,4 milliards d'euros sur la période) est un peu épargnée. La baisse n'est "que" de 11 %. Des baisses "extrêmement fortes" mais cela "a été décidé en concertation avec les états-majors", a précisé cet aficionado de rugby.

 

Comment en est-on arrivé à une telle trajectoire ?

Le ministère de la Défense doit régulièrement composer avec des cycles de production. Les deux dernières LPM, tout comme la prochaine, sont des LPM de fabrication. Et elles sont donc  extrêmement dévoreuses de crédits. En outre, la précédente majorité avait été très ambitieuse en 2007 lors de la précédente LPM pour l'équipement des armées par rapport à la situation budgétaire de la France. Par ailleurs, le ministère doit déjà réfléchir au lancement de nouveaux programmes pour 2030.

D'où cette nouvelle trajectoire meurtrière pour les industriels. "La trajectoire de besoin financier pour les équipements conventionnels prévoyait auparavant une forte croissance sur la période 2015-2020, en raison de la poursuite du renouvellement des capacités engagé avec la LPM précédente, de nombreux grands programmes étant en cours de réalisation", a confirmé Laurent Collet-Billon, qui doit jongler avec les besoins financiers de la dissuasion, qui sont "nécessaires pour des échéances de 2030". Sans oublier l'entretien programmé des matériels, toujours en croissance et qui met "sous pression les ressources disponibles pour le reste".

 

Un équilibre entre développement et production

 

Défense : comment la rigueur va toucher l'industrie d'armement

La DGA a travaillé pour que chaque secteur industriel trouve le juste équilibre entre production et développements pour "concilier les impératifs de viabilité de l'activité industrielle (bureaux d'études et  supply chain ), avec les contraintes calendaires d'équipement nécessaire aux capacités militaires". Et Laurent Collet-Billon de résumer : "Il s'agit en quelque sorte d'un équilibre entre le court terme et le moyen-long terme, un équilibre délicat et donc sensible".

Dans ce cadre, la  LPM préserve les neuf grands secteurs industriels français. La DGA injectera près de 4,9 milliards d'euros sur la période de la LPM dans le domaine du renseignement et de la surveillance, "avec un effort particulier sur l'espace 2,4 milliards". L'aéronautique de combat disposera de 4,6 milliards d'euros avec la poursuite de l'amélioration du Rafale et de 26 appareils livrés. Dans le domaine des sous-marins (4,6 milliards d'euros), DCNS pourra poursuivre les sous-marins Barracuda ainsi que le futur moyen océanique de dissuasion (FMOD). Le groupe naval pourra également, dans le domaine des navires armés de surface (4,2 milliards d'euros), la poursuivre les livraisons des frégates FREMM.

 

Vue d' artiste du SNA Barracuda credit Marine Nationale

Vue d' artiste du SNA Barracuda credit Marine Nationale

 

EADS sauve ces grands programmes de plateformes

Dans le domaine de l'aéronautique de transport et de ravitaillement (3,9 milliards d'euros), EADS pourra poursuivre les livraisons des avions A400M (15 exemplaires sur la LPM) et obtiendra "la commande des avions MRTT l'année prochaine", a annoncé le DGA. Par aileurs, dans le domaine des hélicoptères (3,7 milliards d'euros), Eurocopter (groupe EADS) pourra poursuivre les livraisons des programmes Tigre (attaque) et NH90 (transport).

 

Défense : comment la rigueur va toucher l'industrie d'armement

Dans le domaine des communications et des réseaux, le ministère poursuit "un effort significatif avec 3,2 milliards d'euros", à travers le programme de la radio Contact (successeur du PR4G) et le lancement du satellite de télécoms militaires, Comsat NG. Dans les missiles (2,7 milliards d'euros), le ministère maintient la filière avec une série de programmes nouveaux comme le missile moyenne portée MMP (successeur du Milan) et le missile antinavire léger (ANL), en coopération avec les Britanniques. Enfin, dans le domaine terrestre, "que nous avons sauvé", a rappelé Laurent Collet-Billon, le ministère pourra lancer avec 2,5 milliards d'euros le programme Scorpion "en fin d'année prochaine".

 

 

Défense : comment la rigueur va toucher l'industrie d'armementDéfense : comment la rigueur va toucher l'industrie d'armement

L'industrie est impactée par les renégociations de livraisons et de cible

L'impact économique et social sur l'industrie de défense, qui fournit des emplois hautement qualifiés et non délocalisables, est toutefois certain. Car comme l'a souligné le DGA "les calendriers des livraisons des nouveaux matériels - avion de transport A400M, hélicoptères NH90 et Tigre, avion de combat Rafale, frégates FREMM, sous-marin nucléaire d'attaque Barracuda, système FELIN, missile d'interception à domaine élargi (MIDE) - seront aménagés afin de dégager des marges de manœuvre pour lancer de nouveaux programmes et répondre aux besoins capacitaires, tout en permettant la poursuite du renouvellement des capacités initié sur la loi de programmation précédente"

la DGA a déjà trouvé certains accords avec certains industriels. Comme c'est déjà le cas sur le programme Barracuda avec DCNS. "Un sous-marin sera livré tous les deux ans et demi en moyenne", a confirmé Laurent Collet-Billon. L'achèvement du programme a été "repoussé de deux ans, de 2027 à 2029, a estimé pour sa part le PDG de DCNS, Patrick Boissier. La livraison du premier exemplaire serait décalée de six mois, celle du deuxième de 12 mois, celle du troisième de 18 mois et les trois derniers exemplaires de deux ans". Cet étalement aura "un impact sur la charge annuelle équivalent à terme à 500 emplois pour DCNS et sous-traitants sur l'ensemble des sites", a expliqué ke PDG du groupe naval. 

 

Défense : comment la rigueur va toucher l'industrie d'armement

C'est le cas aussi pour l'hélicoptère NH90 avec Eurocopter. Pour les autres industriels, l'ajustement des calendriers de production est en cours de discussion entre la DGA et  les industriels "afin de garantir la viabilité de l'activité industrielle sans obérer la tenue des contrats opérationnels fixés par le Livre blanc".

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 11:55
Les professionnels de la sécurité unissent leurs forces

01.10.2013 Alain Ruello, Les Echos

 

Quatre fédérations industrielles se regroupent pour parler d'une seule voix.

 

Les industries de confiance et de sécurité rassemblent leurs forces. Quatre groupements professionnels fortement impliqués dans ce secteur - Fieec (industries électriques, électroniques et de communication), Gifas (aéronautique et spatial), Gican (maritime) et Gicat (armement terrestre) - annoncent ce matin la création d'un « supersyndicat » pour coordonner leurs positions et ainsi parler d'une seule voix en France et à l'international.

 

Le Conseil des industries de confiance et de sécurité (CICS), c'est son nom, a tenu son premier conseil d'administration la semaine dernière. Selon nos informations, il a élu à sa présidence Hervé Guillou, l'un des responsables d'EADS. Le CICS est le pendant industriel de la filière de la sécurité créée par le gouvernement dans la foulée des préconisations du Livre blanc de la défense. Cette filière sera animée par un comité de filière qui devrait être installé par le Premier ministre dans les prochaines semaines.

 

Le domaine de la sécurité est très vaste. Le CICS s'en tiendra aux équipements et aux solutions de sécurité. Ce qui représente tout de même une grosse part du gâteau : sécurité des frontières terrestres et maritimes, transport de passagers ou de marchandises, sécurité civile, infrastructures et grands événements, sans oublier bien sûr tout ce qui a trait à la cybersécurité.

 

Même si les statistiques précises manquent encore, toutes ces activités représentent 50.000 salariés en France, plutôt hautement qualifiés, pour un chiffre d'affaires de 10 milliards d'euros. Celles-ci réalisent plus de la moitié de leurs revenus à l'exportation et affichent une croissance à deux chiffres. « Nous sommes les constructeurs de la sécurité, pas les opérateurs », précise aux « Echos », Hervé Guillou. Une société comme Veritas n'est donc pas éligible comme membre du CICS. Tout comme le Corac pour l'aéronautique ou le Cospace pour l'espace, la nouvelle filière de la sécurité va plancher, en relation avec les pouvoirs publics et les grands donneurs d'ordre privés ou semi-publics, sur l'expression des besoins, la recherche et la politique industrielle. Sur ce dernier volet, la question des normes est majeure. Avec le CICS, la France peut espérer chasser en meute.

 

La France part en retard

 

Une partie de la bataille se joue d'ailleurs à Bruxelles qui a dans les cartons un projet de directive sur le secteur. Il n'y a pas de temps à perdre, car la France, une fois encore, part en retard. Les Britanniques ont cinq ans d'avance, les Etats-Unis encore plus, eux qui se sont dotés d'un département de la sécurité intérieure (« homeland security ») au lendemain ou presque des attentats du 11-Septembre.

 

« Jusqu'ici, la France n'était pas capable de fournir un point de vue unique vis-à-vis de l'extérieur », confirme Hervé Guillou. Grâce au socle technologique que lui a apporté l'industrie de défense, les professionnels de la sécurité peuvent espérer conserver une certaine avance technologique à l'international, en matière d'identité numérique par exemple.

 

 

Le CICS en bref

Le Conseil des industries de confiance et de sécurité rassemble quatre syndicats professionnels : Fieec, Gican, Gicat et Gifas.

Il s'inscrit dans le cadre de la filière nationale de la sécurité créée par le gouvernement.

Son périmètre représente 50.000 salariés et 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

Les enjeux de la filière portent sur les normes de vidéosurveillance, l'identité numérique, les communications sécurisées, la cybersécurité ou la protection des grandes infrastructures.

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 11:55
Le CNES et le GIFAS co-président le Comité de Pilotage du COSPACE

5 septembre 2013 Aerobuzz.fr

 

Le Comité de Concertation Etat Industrie sur l’Espace (COSPACE) a été officiellement lancé hier mercredi 4 septembre par Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, en charge de l’Espace. La finalité du COSPACE est de permettre à la France de conserver sa position de leader européen en matière d’espace.

 

Le Comité de Pilotage du COSPACE, co-présidé par Jean-Yves Le Gall, président du CNES et Jean-Loïc Galle, président de la Commission Espace du GIFAS et président-directeur général de Thales Alenia Space, regroupe les représentants du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, du Ministère de la Défense, du Ministère des Affaires étrangères, du Ministère de l’Economie et des Finances, du Ministère du Redressement productif et du Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, Eutelsat, Arianespace, l’ONERA et le Comité des Programmes Scientifiques du CNES ainsi que les industriels, Astrium, Thales Alenia Space, Safran, Sodern, Sofradrir, Axon’cable et Megellium.

 

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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 11:22
Marwan Lahoud élu président du GIFAS

12.07.2013 Mariama Diallo - journal-aviation.com

 

Marwan Lahoud, président d’EADS France et directeur général délégué à la Stratégie et à l'International du groupe européen d’aérospatiale et de défense, a été élu hier, jeudi 11 juillet, président du Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales (GIFAS). Il succède à Jean-Paul Herteman, patron du motoriste français Safran, qui était à la tête du GIFAS depuis 2009 et dont le mandat s’achève statutairement cette année.

 

L’assemblée générale ordinaire du groupement a également élu de nouveaux membres au sein du bureau et du conseil d’administration. Ainsi, Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a été désigné comme premier vice-président du CA. Patrick Daher, président du groupe Daher, et Marc Ventre, directeur général délégué opérations de Safran, ont été élu vice-présidents.

 

Pascal Brier, directeur général adjoint d’Altran, Guillaume Faury, PDG d’Eurocopter et Alain Sauret, PDG de Labinal rejoignent, eux, le bureau.

 

Par ailleurs, Emeric d'Arcimoles a été réélu commissaire général des Salons Internationaux de l'Aéronautique et de l'Espace (SIAE).

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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 07:00
Budget : la Défense ne veut pas désarmer

25/04/2013 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

De quel budget l'armée va-t-elle disposer, dans un contexte budgétaire contraint, au cours des six années couvertes par la future loi de programmation militaire (2014-2019). C'est ce que va décider François Hollande très prochainement. Entre les arguments d'économies de Bercy et la nécessité de soutenir un outil opérationnel et industriel performant défendue par le ministère de la Défense, le président doit maintenant trancher.

 

La France doit-elle continuer à consentir de lourds investissements budgétaires en matière de défense? Au-delà du débat moral, légitime - faut-il avoir une armée et vendre des armes ? -, elle dispose pour l'heure d'un outil militaire efficace et reconnu à travers le monde, qui lui permet de mener encore aujourd'hui une politique étrangère influente en dépit de son déclin entamé depuis plus d'un siècle. À côté d'une armée resserrée mais performante, comme en témoignent ses interventions sur les théâtres afghan, libyen et malien, la France a lourdement investi depuis des décennies en vue de développer, puis de maintenir une filière industrielle autonome en matière d'armements. Une filière technologique qui emploie des ingénieurs de très haut niveau et qui exporte, bon an mal an, plus de 5 milliards d'euros d'équipements militaires (prises de commandes), souvent vers des pays liés par des partenariats stratégiques.

 

Alors que Bercy accentue sa pression, les militaires et les industriels du secteur craignent que l'on « casse », par des coupes budgétaires aveugles, un outil performant, qui interagit sur plusieurs échiquiers vitaux : diplomatie, technologie, industrie, emploi et enfin sur sa souveraineté. Les ministres de la Défense et du Redressement productif, Jean-Yves Le Drian et Arnaud Montebourg, ont donc défendu le secteur... face à Bercy et à Matignon, qui privilégient les économies budgétaires de court terme. François Hollande devra trancher, mais il a d'ores et déjà promis de maintenir un budget annuel équivalent à celui de 2013, soit 31,4 milliards d'euros, dans la prochaine loi de programmation, calmant un peu les inquiétudes.Une chose est sûre : si les armées, pourtant déjà éprouvées par des années et des années de restructurations, en acceptent de nouvelles, il est indispensable que l'État fasse « une synthèse des éléments essentiels » à conserver afin que les armées et les industriels « échappent à des considérations tactiques de court terme », explique un industriel. D'autant que, dans une vision de long terme, investir dans la défense est rentable pour la France, pour au moins cinq raisons.

 

La France, une puissance militaire et nucléaire

 

Contrairement à son voisin allemand reconnu pour les performances de son industrie « Made in Germany », la France a développé depuis les années 1960 le concept de puissance militaire et nucléaire et, à un degré moindre, de puissance spatiale. Avec succès. Elle a fondé toute une partie de sa diplomatie sur cette stratégie, qui lui permet d'exister sur la scène internationale. Le Mali n'a-t-il pas appelé au secours la France, qui garde aujourd'hui encore une influence en Afrique, en dépit de la montée en puissance des émergents, dont la Chine, sur ce continent? Paris n'a-t-il pas réussi à conserver son siège de membre permanent à l'ONU, alors que le Brésil ou l'Inde lorgnent avec envie cette position d'influence? Bien sûr, la France reste - et peut-être restera - une puissance moyenne. Mais à condition qu'elle continue à investir de façon raisonnable dans son armée.

photo Airbus Military

photo Airbus Military

En 2012, le Parlement a voté un budget 2013 de 31,4 milliards d'euros. Un budget de crise, qui ne permet pas de s'offrir tout ce qui était prévu mais qui permet de limiter la casse tout en tenant compte de la contrainte budgétaire très tendue du moment. Avec infiniment moins de moyens que certains pays comme les États-Unis, la France dispose d'un outil militaire structurant qui lui permet d'intervenir aux quatre coins de la planète de façon plus ou moins autonome. Cela sera encore plus vrai quand l'armée de l'air sera équipée, très prochainement, de l'avion de transport militaire A400M et, à moyen terme, des avions-ravitailleurs polyvalents A330 MRTT, qui remplaceront les Boeing KC-135 à bout de soue et qui approchent les 50 ans d'âge.

 

Une filière performante à la merci de Bercy

 

Alors que tout le monde espère le renouveau d'une politique industrielle, celle de la Défense, qui se classe au troisième rang des filières industrielles du pays, est l'une des rares réussites de la France. C'est le résultat d'investissements massifs qui ont intégré « l'impératif d'indépendance nationale en matière d'équipement des forces de défense », rappelle la Cour des comptes.

 

En 2012, la France a dépensé plus de 13 milliards d'euros pour l'équipement des armées : 6,2 milliards pour les armements conventionnels, 3,4 milliards pour le maintien en condition opérationnel (MCO) des matériels en service, 2,6 milliards pour la dissuasion, 885 millions pour les programmes d'études amont (PEA). Toutefois, c'est un investissement qui rapporte avec un effet de levier intéressant : 1 euro investi dans la défense rapporte de 1,5 à 1,70 euro à l'État. Sous quelle forme? TVA, impôts, contributions au financement des organismes sociaux, emplois induits créés localement...Parallèlement, 1 euro de valeur ajoutée chez les maîtres d'œuvre dans le secteur de l'aéronautique et du spatial génère 4,80 euros de valeur ajoutée dans l'économie, selon l'Insee. À titre de comparaison, cet effet multiplicateur n'est que de 4,1 dans l'automobile, de 2 dans la construction et de 1,5 dans les services et le commerce. Cette filière bien dispersée sur le territoire national, à l'exception du Nord et de l'Est, fait vivre environ 4000 ETI et PME. Selon le Conseil des industries de défense françaises (Cidef), le chiffre d'affaires s'est élevé à 17,5 milliards d'euros en 2011. Et la France possédait sept entreprises dans les trente premiers groupes mondiaux en termes de chiffre d'affaires dans le domaine de l'armement (voir infographie). Pour la plupart des sociétés duales (civiles et militaires), la bonne santé des entreprises de défense devrait leur permettre de surmonter des coupes claires, se justifie-t-on à Bercy. Mais comme le rappelle un bon observateur du secteur, « si vous n'offrez pas une vision sur le long terme à ces industriels, comme tout bon industriel, ils arrêteront leur activité défense et la France perdra des compétences de haut niveau et des emplois, qui seront recyclés dans les activités civiles. En revanche, ces mêmes industriels peuvent poursuivre leur investissement si l'État leur précise que c'est simplement une période de transition ». Enfin, réduire les dépenses dans l'outil industriel d'armement, c'est également dévaloriser les actifs de l'État actionnaire de plusieurs groupes, dont certains sont cotés en Bourse. Ainsi, l'État, qui souhaite céder 1,56% d'EADS, pourrait récupérer 478 millions d'euros sur la base d'un prix de 37,35 euros par action. Au total, la Cour des comptes a estimé la valeur du portefeuille de l'État dans la Défense à 12,25 milliards d'euros.

 

Des emplois stables « Made in France »

 

S'il existe des emplois non délocalisables, ce sont bien les emplois dans la défense. Du pur « Made in France ». L'industrie revendique 165000 emplois en France, dont un tiers chez les grands maîtres d'œuvre (EADS, Thales, Safran, Dassault Aviation, MBDA, Nexter et DCNS), le reste étant disséminé dans les ETI et les PME travaillant dans le domaine de l'armement. S'y ajoutent environ 8000 emplois non marchands (CEA, CNES, Onera principalement). Le nombre d'emplois induits dans les commerces locaux, les services (santé, éducation, loisirs, etc.) serait d'environ 130000. Soit un coefficient multiplicateur compris entre 0,7 et 0,9 par rapport au nombre d'emplois du secteur de la défense. Ces emplois sont souvent qualifiés : environ 30% d'ingénieurs et 50% d'ouvriers qualifiés. Le rapport des effectifs qualifiés/non qualifiés est de 4 pour 1, contre 2 pour 1 dans l'ensemble du secteur de l'industrie. Enfin, c'est une industrie qui favorise les approvisionnements nationaux. Ainsi, MBDA réalise plus de 80% de ses achats en France.

 

L'impact local est aussi très important. Le tiers des effectifs de la défense est localisé en Île-de-France, avec Thales, Safran, EADS et MBDA. Les façades maritimes françaises (Bretagne, Normandie et Méditerranée) concentrent les emplois dans le naval (DCNS notamment), tandis que les régions Sud-Ouest (Dassault Aviation, EADS, Astrium, Thales) et Médi-terranée (Eurocopter) ont l'aéronautique. Enfin, les régions Centre et Rhône-Alpes regroupent les emplois dans l'industrie terrestre (Thales, MBDA, Nexter, Panhard). C'est en Provence-Alpes-Côte d'Azur que le poids de la défense est le plus lourd, avec 20% de l'activité industrielle. Ce ratio tombe à 12% en Île-de-France, 11% en Bretagne, et 10% dans la région Centre.

 

Des exportations excédentaires

 

L'industrie de l'armement profite aussi à la balance commerciale : « Elle a exporté pour 4 milliards d'euros de matériels militaires et génère 2,7 milliards d'euros d'excédent net », avait annoncé en juillet 2012 le président du Cidef, Christian Mons. Soit un taux de couverture de 290% en 2011 (si le taux est inférieur à 100%, la balance commerciale est déficitaire) et une moyenne de 267% sur la période 1990-2010, selon l'Insee. En moyenne, l'export représente entre 30 et 40% du CA des industriels du secteur, qui ont toutefois besoin d'une commande nationale pour pouvoir exporter un matériel certifié par l'armée française.

Caesar firing in Afghanistan - photo US Army

Caesar firing in Afghanistan - photo US Army

Rafale, A400M, Tigre, NH90, frégates multimissions, canons Caesar... : les industriels français ont aujourd'hui à leur disposition des produits matures sur le plan opérationnel, dont la plupart ont fait leur preuve au combat en Afghanistan, puis en Libye et au Mali. Ce qui est un plus dans les négociations. En termes de prises de commandes, les groupes de défense ont engrangé 6,5 milliards d'euros en 2011 et près de 5 milliards en 2012. La plupart sont engagés sur de grandes compétitions commerciales. C'est le cas de Dassault Aviation en négociations exclusives avec l'Inde pour la fourniture de 126 Rafale. L'avionneur est en bonne place pour équiper les armées de l'air émiratie (60 appareils), brésilienne (36), malaisienne (18) et qatarie (24). Au Qatar et au Brésil, l'ensemble des groupes français lorgnent plus de 20 milliards d'appels d'ores lancés par Doha et plus de 15 milliards par Brasilia. En Arabie saoudite, Thales attend un contrat de défense aérienne de plus de 2,5 milliards tandis que MBDA, qui devrait équiper le Rafale de ses missiles une fois exporté, est en attente d'une commande de 1,8 milliard de Delhi.

Budget : la Défense ne veut pas désarmer

Des technologies qui migrent vers le civil

 

L'effort de recherche dans l'industrie de défense finit toujours dans l'escarcelle de l'industrie civile. C'est vrai des commandes électriques du Falcon 7X, développées pour le Rafale, tout comme la technologie des missiles balistiques a servi au développement de la famille de lanceurs civils Ariane. Les composants hyperfréquence à Arséniure de Gallium (AsGa) développés pour les radars, la guerre électronique et les communications militaires, sont utilisés intensivement depuis plus de quinze ans pour des applications civiles professionnelles et grand public (téléphone portable, télécommunication sans fil haut débit, réseaux) et les radars anti-collision des automobiles.

Budget : la Défense ne veut pas désarmer

Il y a trois ans, la DGA a présenté son robot collaboratif Hercule, développé en partenariat avec la société RB3D. Ce robot est un exosquelette composé de deux jambes et d'une structure dorsale, destiné à augmenter les capacités de la personne qui le porte, grâce à la détection et à l'amplification de ses mouvements. Pourquoi pas une application civile médicale. D'une façon générale, le ministère de la Défense, qui a consacré 885 millions d'euros pour les études amont en 2012, finance en moyenne, depuis 2001, 15% de la R&D publique, comprenant aussi l'enseignement supérieur. Il externalise la majorité de sa R&D auprès des entreprises. Ainsi, en 2009, les financements étatiques reçus par les entreprises à des fins de R&D civiles et militaires proviennent pour les deux tiers de la défense.

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 19:53

Nexter XP2 Technology demonstrator for VBMR source DSI

 

Nov. 21, 2012 - By PIERRE TRAN Defense News

 

PARIS — France shows little sign of privatizing state-owned Nexter, seen as essential for consolidating the land weapons industry and lifting the sector to a much-needed critical mass, a senior industry executive told a parliamentary defense committee Nov. 21.

 

Asked about restructuring in land systems, Christian Mons, speaking for the Conseil des Industries de Défense Françaises, a trade association, said, “We’re advancing in a very limited way.

 

CIDEF is the umbrella organization for the aerospace, naval and land armaments trade bodies GIFAS, GICAT, GICAN.

 

“As long as Nexter remains a 100 percent state-owned company, without being privatized, this evolution will continue to be slow, even weak.”

 

Mons, head of GICAT, was giving testimony with Eric Trappier of GIFAS to the defense committee of the National Assembly, the lower house.

 

“Today we have just seen a merger between Panhard and Renault Trucks,” Mons said. “It’s a step in the right direction but it’s extremely modest.

 

“We don’t see a political will to restructure this industry so it can resist the competition to which I have just referred and to achieve the critical mass to survive in the next 20 to 30 years,” Mons said.

 

Renault Trucks Defense (RTD) Chief Executive Gérard Amiel said Nov. 14 he did not expect the government to consider any consolidation moves concerning Nexter until the end of 2013, after the defense white paper and the new multiyear budget law had been completed.

 

RTD approached Nexter two years ago about an alliance but the talks folded.

 

In land systems, companies from Brazil, Israel, South Africa, South Korea and Turkey compete in export markets with products that do not perform as well as French ones, but are half the price, Mons said. Exports make up 35 percent of annual French defense equipment production, and are needed for companies to survive, he said.

 

The French land sector lacks critical mass.

 

French companies’ annual sales are in the range of 500 million to 1 billion euros ($641 million to $1.28 billion), he said. That compares with German companies, which generate 2 billion to 4 billion euros in sales, while British and American rivals such as BAE Systems, General Dynamics and Lockheed Martin have annual sales of 8 billion euros in the land sector, he said.

 

Asked about British or European cooperation in land weapons, Mons said after a long silence, “Nothing. No. At the moment nothing is going on.”

 

In the Lancaster House Treaty with Britain, there was no new land program in the 40 projects listed, as the CTA 40mm gun joint venture between BAE and Nexter had been started before and inserted into the pact, he said.

 

There was no cooperation with the Germans. “Totally inexistent,” he said.

 

“The Defense Ministry and DGA [Direction Générale de l’Armement] are beginning to talk,” he said. “We in industry talk very little. I talk a little with Rheinmetall, very little with Krauss-Maffei,” he said. Nexter has said it has tried to talk with Krauss-Maffei and Rheinmetall, he said.

 

“What the Germans say to me is — this maybe is politically incorrect — they are 100 percent private sector, they can’t talk to a state-owned company. ‘Our shareholders won’t allow us to do partnerships with a state-owned company.’ It’s too dangerous. It’s too dependent on political decisions,” he said.

 

Asked what future work is on the schedule, he said, “very little. We await with impatience the launch of the Scorpion program, VBMR and EBRC.”

 

The Véhicule Blinde Multi-Role troop carrier and Engin Blindé Reconnaissance et Combat are replacement armored vehicles in the French Army’s Scorpion modernization program.

 

“But we’re waiting. It was announced for June, it’s now been delayed pending budgetary decisions and postponed indefinitely, says the DGA,” Mons said.

 

The VBMR and EBRC are fundamental to the survival of the land industry for the next 10-15 years, he said. The multirole carrier VBMR represents at least 10,000 jobs for 10 years. The program costs 500 million euros a year, he said.

 

“It’s fundamental to the survival of our companies, and fundamental for the survival of Nexter,” he said.

 

Asked about restructuring in the aerospace industry, Trappier said, “The important thing is the product. We need to prepare for the product. We’re convinced within Europe we need to get organized. That can be done by two, three or four, or many,” he said.

 

“That’s not the problem. It needs to be organized. If it’s at two under Lancaster House, that’s fine. We can put two general staffs together that share a certain number of principles.

 

Dassault and BAE are working on future plans but London and Paris “must launch programs, new programs,” he said.

 

“We’re preparing for the future of military aeronautics,” he said. “Dassault is getting close to BAE Systems. Yesterday, I was in London to prepare for this great future. There is a determination of two companies, it is explicit, it is written. We’re preparing the domain for 30 years, we’re preparing in UAVs, we’re preparing in fighter planes.

 

“But behind that, the governments obviously must launch ad hoc programs, which they’re in the process of considering, within budgetary constraints and the white paper. We’re waiting impatiently for the results of the white paper, to which we are contributing, to be able to see this future.”

 

In November 2010, Britain and France signed the Lancaster House Treaty, a 50-year bilateral defense cooperation pact, which included joint work on a new generation medium-altitude, long-endurance UAV, an unmanned combat aerial vehicle, and future combat aircraft.

 

The French government is preparing a defense white paper, now expected in February, and a multiyear defense budget for 2014-2019.

 

The French defense industry has 17 billion euros in annual sales, and employs 65,000 workers directly and indirectly, CIDEF figures show.

 

Mons is chief executive of vehicles maker Panhard. Trappier is executive vice president of Dassault Aviation.

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 16:45
ASD at the Paris Air Show

June 9, 2011 defpro.com

 

Once again this year, ASD and GIFAS (Groupement des Industries Françaises Aeronautiques et Spatiales) have put together a VIP programme for European policymakers and key stakeholders willing to visit Le Bourget. Many have accepted our invitation: three European Commissioners (Antonio Tajani, Günther Oettinger and Siim Kallas) and members of their cabinet, a total of thirteen officials from DG MOVE, DG Research and DG Entreprise, as well as four Members of the European Parliament (Arnaud Danjean, Malcolm Harbour, Alain Lamassoure and Vittorio Prodi) and other ASD Stakeholders. The Paris Air Show will be the opportunity for ASD members to introduce policymakers to the latest technological breakthroughs made by our sector, during what is certainly the largest European Air Show.

 

The top 100 companies in the industry worldwide have confirmed their presence at Le Bourget, and more than 2,000 small and medium-sized companies are exhibiting their expertise, mostly in the regional and national pavilions. The economic crisis has left its mark however, and most large companies have reduced their budgets by between 10 and 15%, leaving space for newcomers or components manufacturers wishing to reinforce their presence.

 

With its 2,113 exhibitors from45 countries, 350,000 visitors expected, about 200 international delegations and more than 3,000 journalists, the Paris Air Show remains the aviation and space industry's key event, and intends to continue to hold this leading position over the next decades. As the preferred meeting venue for industrial companies in the aviation and space sector, the Show has a duty to once again meet the expectations of an entire profession. As the industry’s sounding board and showcase, the 2011 show will again play host to a large number of announcements. Innovations which benefit the environment will be an overall theme.

 

The “special guest” of Le Bourget 2011 will be the solar aeroplane Solar Impulse. This will be the first air show appearance made by the revolutionary aeroplane, culmination of a genuine human and technological adventure, which made a historic 26-hour day and night flight without fuel, powered only by solar energy, in July 2010. From 20 to 26 June, visitors to the show will be able look closely at 64 meter wingspan Solar Impulse on the ground, and each morning, so long as weather conditions are favourable, admire its majestic flying displays whilst marvelling at the silence of its electric motors.

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