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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 12:55
Matinale : Cybersécurité et cyber-défense : quelles opportunités pour les entreprises ?

 

source rennes-atalante.fr

 

Jeudi 11 décembre 2014 de 8h15 à 10h15 - Bruz

 

Rennes Atalante a le plaisir de vous convier à sa prochaine Matinale sur le thème de la Cybersécurité et la cyberdéfense. Elle se tiendra à la DGA Maîtrise de l'information, Route de Laillé, la Roche Marguerite à Bruz.

 

L’animation sera assurée par :

  • Marie-Noëlle Sclafer, directrice de DGA Maîtrise de l’information,
  • Paul-André Pincemin, chef de projet du Pôle d’excellence cyber (ministère de la Défense),
  • Frédéric Valette, responsable du pôle Sécurité des systèmes d’information à la DGA (Direction générale de l’armement),
  • Guillaume Poupard, directeur général de l’Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information), [ou son directeur général adjoint]
  • Christophe Dupas, président d’Amossys.
     

À cette occasion, seront abordés les sujets suivants :

  • Présentation du Pôle d’excellence cyber.
  • Quels sont les enjeux de la cybersécurité et de la cyberdéfense à l’horizon 2019 ?
  • Quelle feuille de route technologique ?
  • Quelles opportunités pour les entreprises innovantes ?
  • Témoignage de l’entreprise Amossys.


Attention : inscription préalable et pièce d’identité obligatoires (les modalités pratiques vous seront communiquées dans la semaine du 24 au 28 novembre).

ContactRennes Atalante - Tél : 02 99 12 73 73

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 11:55
LPF 2015 - Audition du Général Jean-Pierre Bosser, chef d'état-major de l'armée de terre au Sénat

Note RP Defense : soulignement et mise en gras par mes soins.

 

05.11.2014 source Commission des Affaires Etrangères, de la Défense et des Forces Armées du Sénat

 

La commission auditionne le Général Jean-Pierre Bosser, chef d'état-major de l'armée de terre, sur le projet de loi de finances pour 2015.

 

M. Christian Cambon, président. - Nous vous souhaitons la bienvenue au sein de notre commission qui vous rencontre pour la première fois en votre qualité de chef d'état-major, fonctions que vous occupez depuis deux mois seulement - le 1er septembre dernier.

L'année 2015, chacun en est désormais bien conscient, ne sera pas seulement la deuxième année de mise en oeuvre de la loi de programmation militaire pour 2014-2019. Au sein de cette programmation - qui a été faite, du point de vue financier, au plus serré -, il s'agit d'une année, comme le Général de Villiers nous l'a dit sans détour lors de son audition, extrêmement délicate ; ce sera peut-être, suivant son expression, « l'année de vérité » de la LPM.

Comment appréciez-vous cet horizon, dans un contexte marqué par des restructurations auxquelles l'armée de terre, l'année prochaine, paiera un lourd tribut ? Le ministre de la défense vous a chargé d'élaborer un nouveau projet en la matière, s'inscrivant dans le plan stratégique présenté par le chef d'état-major des armées, « Cap 2020 » ; pouvez-vous nous faire part de l'état d'avancement de vos réflexions sur ce projet ?

Par avance, je vous remercie pour les éclairages que vous allez nous donner.

 

Général Jean-Pierre Bosser, chef d'état-major de l'armée de terre. - C'est pour moi un immense privilège de m'exprimer devant vous ce matin. C'est aussi, après deux mois de fonctions, un exercice que j'aborde avec humilité et infiniment de gravité.

Je voudrais d'abord rendre hommage à mon prédécesseur le général d'armée Bertrand Ract Madoux. Ses succès opérationnels sont nombreux et le mérite de l'excellence des forces terrestres lui revient en grande partie. Le retrait réussi d'Afghanistan, la fulgurance de l'intervention aéroterrestre au Mali et la réactivité du déploiement de la force Sangaris en RCA doivent beaucoup à la clairvoyance de ses choix en matière de préparation opérationnelle et d'équipements futurs. La portée des enjeux et les risques encourus par nos soldats, et de plus en plus par nos concitoyens, justifient la tonalité un peu grave que vous percevrez dans mes propos. En tout cas, elle traduit le niveau d'exigence qui m'anime et qui va de pair avec la transparence que j'adopterai tout au long de nos rencontres. Je vous parlerai, comme le chef d'état-major des armées l'a fait avant moi, de façon directe et avec franchise. Ce langage de vérité est d'autant plus simple à tenir qu'avec votre commission et son nouveau président, je sais que nous partageons la même ambition pour la défense de la France, le même attachement pour nos soldats et que nous poursuivons le même objectif pour nos Armées.

A un moment où elles sont plus que jamais au coeur de l'intérêt, et du débat national, mon devoir, notre devoir consiste à nous assurer qu'elles pourront continuer à être à la hauteur des enjeux sécuritaires de notre pays. Il est aussi de ma responsabilité de vous alerter de mes difficultés à remplir la mission qui m'est confiée, tout comme vous pouvez être sûrs de ma détermination à y parvenir. Toutefois, quelle que soit ma volonté, le niveau de ressources mis à la disposition de l'armée de terre reste le facteur-clé qui détermine ma capacité à remplir ma mission. Ce dont je vais vous parler maintenant.

Je considère que la loi de programmation militaire constitue le meilleur point d'équilibre possible entre l'objectif de redressement des comptes publics et l'impérieuse nécessité de conserver une défense forte. L'économie générale de la LPM repose en partie sur des hypothèses de ressources volontaristes et innovantes et sur des équilibres budgétaires fragiles. L'effort que la Nation consent sur la période 2015-2019 est réel tandis que la situation économique de la France se durcit. Dans l'attente d'un retour à meilleure fortune, elle accentue la tension sur nos finances publiques en contrariant parfois le plan d'économie de l'Etat. Pour autant, la concrétisation de notre effort de défense passe par le respect scrupuleux du « juste équilibre » instauré par la LPM avec, pour enjeu commun aux armées, le rendez-vous des moyens dévolus aux capacités militaires avec les besoins opérationnels, du présent et de l'avenir.

Je tiens d'ailleurs à saluer le rôle capital joué dans ce sens avant l'été par les membres de cette commission. Je tiens à ce titre à saluer l'engagement personnel et l'implication de votre ancien président Jean-Louis Carrère.

L'année 2015 constitue un jalon capital pour la défense et l'armée de terre. Elle traduira la volonté politique, très attendue de nos hommes, de respecter une trajectoire de ressources tendues à la limite de la rupture mais dont dépend la défense de notre pays. Ce qui est directement en jeu pour l'armée de terre en 2015 : la concrétisation des priorités affichées en matière de renouvellement des équipements aéroterrestres et de capacités de remontée de l'activité opérationnelle. L'annualité 2015 constitue donc une année de vérité car elle conditionne l'aptitude de l'armée de terre à répondre à la fois à ses engagements opérationnels du moment et à s'inscrire dans la durée. En outre, les charges très importantes de déflations d'effectifs et la dégradation des conditions d'exercice du métier constituent des défis dont les conséquences s'amplifient d'année en année.

Je me propose de développer ces sujets devant vous maintenant. En qualité de chef militaire, je commencerai, dans une 1ère partie, par vous parler des missions et des engagements opérationnels de l'armée de terre. J'aborderai en 2e partie les moyens que j'estime raisonnablement nécessaires pour les remplir avant de conclure par le moral de l'armée de terre.

 

L'état du monde donne raison, de façon assez dramatique, à l'analyse stratégique du Livre blanc. La situation nous conforte dans la nécessité de disposer de moyens militaires complets et cohérents permettant de dissuader d'éventuels agresseurs, de protéger et de défendre nos concitoyens et d'intervenir rapidement en cas de crise. Le choix d'un modèle d'armée équilibré reposant sur la complémentarité des composantes terrestres, aériennes et navales reste le bon. C'est d'ailleurs la conjugaison des moyens et leur emploi combiné sur le terrain qui permettent à nos forces de couvrir l'ensemble du spectre des opérations, comme l'attestent les opérations Barkhane et Sangaris ou Daman. Chacune d'elles montre aussi l'autonomie stratégique que procurent à nos autorités politiques ces équilibres internes de capacités, qui leur offrent la liberté de choisir la réponse militaire la mieux adaptée parmi plusieurs options différenciées.

Je n'exposerai pas dans le détail les principaux fronts d'insécurité auxquels notre pays fait face aujourd'hui, ils l'ont été par le ministre de la défense. Vous avez donc une compréhension parfaite de la « menace de la force » qui plane très proche de nous en Europe. En RCA et en Libye, les « risques de la faiblesse » alimentent des situations chaotiques tandis que le terrorisme transnational expose désormais directement la France, les Français et l'Europe aux plus grands dangers.

Pour ma part, je voudrais vous exposer les quatre constats que je tire des engagements opérationnels de l'armée de terre et des évolutions prévisibles des menaces. Le premier concerne la liberté et l'autonomie qu'offre un modèle d'armée qui conserve toute la gamme de capacités. Le deuxième est lié à ce qui garantit la réactivité de nos forces. Le troisième a trait à leur protection. Enfin, le dernier porte sur la dégradation généralisée de la situation sécuritaire. Ce sont ces réflexions qui orienteront l'architecture de la réforme à venir et mes choix en matière d'efforts à maintenir et d'inflexions à apporter dans les domaines de notre entraînement, des équipements et de l'organisation.

Premier constat, l'armée de terre contribue de façon globale à la défense et à la sécurité des Français parce qu'elle dispose d'une gamme complète de capacités très complémentaires et très polyvalentes qui couvrent l'ensemble du spectre stratégique. Ses capacités conventionnelles concourent à crédibiliser la force de frappe nucléaire et constituent en quelque sorte un premier échelon de la dissuasion. En outre, environ 12 000 soldats de l'armée de terre assurent la protection de leurs concitoyens en remplissant des missions de sécurité intérieure, de sécurité civile ou de service public, en plus du contrat qui prévoit un engagement minimum de 10 000 hommes sur le territoire national. 12 000 autres sont déployés chaque jour hors de métropole, dont plus de la moitié en opérations extérieures. Ce sont en réalité près de 22 000 soldats et plus de 3 000 matériels majeurs qui sont tous les 4 mois en posture opérationnelle, sur une Force que le Livre blanc en 2019 fixe à 66 000 hommes projetables. Nous sommes donc à l'équilibre.

Cette photographie n'est d'ailleurs pas figée. L'armée de terre évolue pour répondre aux priorités fixées dans le Livre blanc. Sur les 1 000 postes prévus dans le Livre blanc pour renforcer les forces spéciales, l'armée de terre contribuera à hauteur de 225 postes en 2015. Une première étape qui sera poursuivie les années suivantes, portant notre contribution totale à 355 postes. Dans le domaine de la cyberdéfense, nous contribuerons à hauteur de 20% des 350 postes supplémentaires à créer. Vous mesurez aisément les efforts que ces renforcements, pourtant indispensables, demandent dans un contexte de suppressions d'effectifs.

Deuxième constat, l'urgence s'impose désormais comme une probabilité commune de nos interventions, impliquant une capacité réactive de mobilisation et de mise en mouvement de nos forces. Le déclenchement de l'opération Harmattan s'est traduit pour l'armée de terre par l'appareillage en 4 jours et sans préavis de 18 hélicoptères de combat sur le BPC Tonnerre. Pour Serval, quelques heures seulement après l'ordre présidentiel, les unités pré-positionnées en Afrique convergeaient en direction du Mali pour repousser, dès le lendemain, avec les forces spéciales et l'armée de l'air, l'offensive djihadiste. En moins de 10 jours, nous avons déployés 4 000 hommes et 10 000 tonnes de matériel, soit l'équivalent de ce que nous avions fini de désengager d'Afghanistan quelques mois auparavant au terme d'une manoeuvre de plus d'un an et demi. Cette réactivité dont dispose la France de pouvoir basculer ses efforts et d'agir avec ses forces terrestres partout où elle l'estime nécessaire reste un atout de premier ordre et même un facteur de puissance. Notre dispositif outre-mer et à l'étranger ainsi que notre dispositif d'alerte GUEPARD intégré depuis le mois de septembre dans l'échelon national d'urgence décrit dans le Livre blanc, jouent un rôle éminemment crucial dans cette réactivité. On va essayer de les préserver ! J'observe d'ailleurs que l'OTAN, avec la crise ukrainienne, a perçu tout l'intérêt de disposer d'une force de réaction rapide offrant des capacités assez similaires à celles dont nous disposons.

Troisième constat. Au durcissement des opérations militaires que les soldats de l'armée de terre vivent au quotidien, répond une exigence individuelle et collective que je porte, en qualité de chef d'état-major, en termes de protection de la force. Je voudrais d'ailleurs saisir cette occasion pour saluer le courage et le dévouement dont nos soldats font preuve en opération. Quels que soient les théâtres, ils exécutent leur mission avec le sens du devoir et un savoir être exceptionnel que vous leur connaissez.

La première protection de nos combattants repose sur la qualité de leur préparation opérationnelle. Son niveau d'exigence conditionne directement leur aptitude à faire face à des conditions d'engagements qui combinent l'extrême diversité des situations et la dure brutalité des combats, les yeux dans les yeux. Le Mali en a apporté la preuve éclatante. C'est l'entraînement, l'aguerrissement, enrichis par l'expérience, la qualité des structures de commandement, qui permet aux soldats français de prendre l'avantage tactique et de surclasser les forces morales de l'adversaire. La seconde protection, c'est la qualité des équipements, qui joue aussi un rôle déterminant, grâce à la puissance et à la précision des armements et à l'indispensable protection qu'ils procurent à nos hommes. Pour mémoire, entre 2008 et 2013, 109 véhicules terrestres ont subi des dommages de guerre lourds dont la moitié par IED, et 10 hélicoptères ont été touchés par des tirs directs. Tous nos soldats qui sont sortis indemnes d'attaque par explosif ou de tirs directs savent ce qu'ils doivent à la qualité de leurs équipements individuels de protection et à la qualité de leurs engins blindés.

Quatrième et dernier constat. S'il peut paraître prématuré de parler de rupture ou de surprise stratégique, je suis convaincu que nous assistons bien à une dégradation brutale de la situation sécuritaire internationale et nationale. Il me semble que nous sommes bien loin du monde pacifié que certains imaginaient se dessiner au moment de la chute du mur de Berlin, tombé il y a exactement 25 ans. Il est temps de réinvestir dans notre défense, ce qui nous reste des dividendes de la paix que nous avons, un peu imprudemment, avec optimisme, consommés depuis tant d'années. La menace terroriste, devenue transnationale, fait tache d'huile. Elle modifie la nature des dangers qui pèsent sur la France, les Français et sur l'Europe. Elle accroit donc en conséquence l'ampleur des défis à relever pour y faire face.

Dans la bande sahélo-saharienne, l'ennemi s'affranchit des frontières du Sud de la Libye aux confins de la Mauritanie. C'est la raison pour laquelle Barkhane adopte en miroir un dispositif transnational qui prend appui sur un partenariat élargi avec les cinq pays de la BSS. Barkhane apporte certes une réponse originale qui crée les conditions du succès. Mais l'extrême mobilité de nos adversaires, dans un espace incontrôlable en raison de son immensité, grande comme dix fois la France, soit la taille de l'Australie, pose en réalité des défis colossaux. La clé de la réussite repose sur la complémentarité entre les hommes et la technique ainsi que sur la combinaison dynamique des capacités classiques, des moyens de renseignement et de forces spéciales. Enfin, il ne faut pas perdre de vue l'existence des autres menaces comme celle de Boko Haram.

Au Levant, Daech ne constitue pas qu'un groupe terroriste mais bien une armée qui manoeuvre, qui communique, qui s'appuie sur des équipements performants et poursuit des objectifs stratégiques, avec une volonté expansionniste affichée. La rapidité avec laquelle ce mouvement parvient à accroître ses effectifs et à diversifier son matériel est très préoccupante. La problématique n'est pas seulement militaire. Elle porte également sur les flux financiers qui viennent alimenter de véritables mercenaires appointés.

Enfin, le nombre de combattants européens enrôlés dans ses rangs et revenus depuis dans l'espace Schengen constitue une nouvelle forme de menaces. Ma connaissance de ce sujet me persuade de la nécessité d'intégrer encore plus dans notre réflexion le retour de l'armée de terre sur son milieu naturel, celui du sol national, pour pourvoir y faire face, avec les forces de sécurité, à tous types de menaces dont celles que ces vingt dernières années avaient confinées à l'extérieur. Il ne faut d'ailleurs pas exclure que cette menace agisse en utilisant des modes d'actions de nature militaire, et se concrétise par des actions armées contre des militaires. Ne perdons pas de vue qu'il s'agissait d'un des objectifs poursuivis par Mohammed Merah. Outre-Atlantique, des attaques isolées ont déjà été perpétrées. Nous avons hélas vécu à deux reprises en France et une fois en Belgique des attaques assez similaires. L'adversaire n'est plus seulement aux portes de l'Europe, il en a franchi le seuil.

Il me semble raisonnable de considérer que la nature des opérations et l'envergure des défis sécuritaires inscrivent l'action militaire, hors et désormais à l'intérieur de nos frontières, durablement. Ils confortent ainsi le contrat opérationnel de l'armée de terre qui est réaliste et structurant. Le corollaire implique d'entretenir à son meilleur niveau une capacité d'action terrestre réactive et apte au combat de contact, c'est le but de SCORPION, alors qu'elle est déjà éprouvée par deux décennies d'opérations et qu'elle ne bénéficie pas toujours des niveaux de ressources pour s'entraîner et se moderniser au rythme prévu. C'est tout l'enjeu du strict respect de la LPM, dont le costume est taillé au plus juste et dont le projet de loi de finances 2015 contribue à assembler toutes les pièces.

La capacité de l'armée de terre à remplir son contrat opérationnel dans la durée repose sur le respect des priorités affichées par la LPM. Le projet de loi de finances 2015 a plus particulièrement vocation à concrétiser les efforts qui portent sur le renouvellement des équipements aéroterrestres et sur la remontée de l'activité opérationnelle, dans la limite des incertitudes qui subsistent encore sur la construction du budget 2015.

S'agissant des équipements, les prochaines années sont déterminantes puisqu'elles doivent permettre d'achever le renouvellement de la gamme d'équipements entrés en service dans les années 70. Cette gamme vous la connaissez bien puisqu'il s'agit des VAB, des AMX 10 RC, des GAZELLE et des PUMA qui sont encore engagés en opération. Ces dernières années, l'arrivée de nouveaux équipements a renforcé la capacité opérationnelle de l'armée de terre. Le système FELIN fait de notre infanterie une des plus modernes au monde. Le déploiement en RCA du VBCI (16), (Véhicule Blindé de Combat d'Infanterie), confirme son extraordinaire plus-value tactique, déjà établie au Mali, en Afghanistan et au Liban. L'arrivée dans les régiments d'artillerie du CAESAR (Camion Equipé d'un Système d'Artillerie) a considérablement accru nos capacités d'appui feu mobiles et rapides, largement employées en Afghanistan et au Mali. La livraison des 5 premiers Lance-Roquettes Unitaire (LRU) au 1er régiment d'artillerie de Belfort donne à l'artillerie française une capacité de frappe ciblée à 70 km de distance quelles que soient les conditions météorologiques. Enfin, l'hélicoptère Tigre s'est imposé comme une pièce maîtresse d'appui par le feu dans nos engagements en Afghanistan, en Libye, en Somalie et dans toute la bande sahélo-saharienne.

Je n'oublie pas, au titre des nouvelles programmatiques, la commande en 2013 du missile moyenne portée le MMP, successeur du Milan. Toutefois, ce moyen de lutte anti-char d'une portée comprise entre 2 500 et 4 000 mètres n'a de sens qu'une fois intégré dans une trame complète qui est composée par la roquette NG, pour le combattant débarqué et la roquette Hellfire, pour le Tigre HAD. Ces armements sont indispensables pour permettre aux forces terrestres d'agir efficacement contre une menace embarquée et surtout blindée.

Les perspectives de livraison pour 2015 confirment cette dynamique positive avec notamment la fin du plan d'équipement VBCI (25 engins en 2015) et FELIN (310 systèmes en 2015) et la poursuite de l'arrivée des hélicoptères nouvelle génération Tigres et NH 90 Caïmans, dont deux premiers exemplaires viennent d'être projetés dans la bande sahélo-saharienne.

Je voudrais au passage en profiter pour souligner la pertinence de nos choix capacitaires, confirmés par leur mise à l'épreuve systématique en opération. Nous n'avons jamais connu d'échec ou d'impasse dans nos choix programmatiques. Je crois que nous pouvons collectivement saluer la performance de notre industrie d'armement terrestre qui associe à des industriels innovants, des armées exigeantes et une DGA compétente. Nos choix capacitaires privilégient une gamme de moyens médians et compacts reposant sur un compromis mobilité, agressivité, projection, protection parfaitement adapté à nos opérations actuelles. Toutefois, ce bilan positif ne doit pas masquer les conséquences physiques des économies budgétaires des trois années passées. Les reports de commande et de livraison qui en découlent étirent la période de recouvrement entre deux générations de matériels vers un écart trop important pour plusieurs raisons. D'un point de vue opérationnel d'abord, nous sommes contraints d'employer des équipements d'ancienne génération qui sont arrivés en limite d'évolutivité. Le VAB, par exemple, conçu en 1970 pour porter 12 tonnes, en porte dans sa toute dernière version ultima presque 16. La version ultissima n'est pas techniquement imaginable. D'un point de vue économique ensuite, l'allongement de la période de recouvrement représente un surcoût majeur à la fois humain et financier. La coexistence des parcs de nouvelle génération et des parcs anciens imposent de doubler les moyens de soutien. La bonne maîtrise du vieillissement de ces matériels hors d'âge, qui devra être assurée pour encore une quinzaine d'années, a un coût qui peut devenir prohibitif. En tout état de cause, un coût qui justifie que l'on réfléchisse à la façon de ne plus différer l'arrivée de nouveaux matériels, quitte à en acquérir certains de façon accélérée.

Voilà pourquoi il est capital que la programmation de la LPM soit respectée et qu'elle concrétise en 2015 le lancement de nos programmes prioritaires.

L'approbation par le ministre du lancement de l'étape 1 du programme SCORPION, intervenue tout récemment, constitue évidemment une grande satisfaction. Elle couronne 15 années de travail pour concevoir des systèmes d'armes protégés, intégrés, au MCO maîtrisé. Mais la LPM 2014-2019 ne suffira pas pour atteindre les objectifs capacitaires visés puisque l'étape 1 ne portera que sur moins de 50% du besoin et qu'elle prévoit seulement la livraison de 92 VBMR sur 980, repoussant à 2020 celle des 4 premiers EBRC sur 110 ainsi que la rénovation des 12 premiers XL sur 200. L'année 2015 restera donc l'année de SCORPION et de la mise en dynamique industrielle !

2015 portera en complément deux opérations majeures. La première concerne la mobilité des forces spéciales dont la modernisation repose sur le lancement, comme prévu, du programme des véhicules des forces spéciales en remplacement de la P4 et du VLRA. Le second programme dimensionnant porte sur le successeur du système de drone tactique intérimaire (SDTI). Les obsolescences incompatibles avec le maintien en service du SDTI au-delà de 2017 nécessitent le lancement de son successeur dès 2015, pour lequel le financement est programmé. Ce moyen de renseignement de l'avant a confirmé sur les théâtres d'engagement son importance au niveau tactique et pour la protection rapprochée de la force. Une approche par les coûts, trois fois inférieurs au MALE, à l'achat et en soutien, me porte à penser que son acquisition est justifiée. D'un point de vue opérationnel, la nécessité, déjà avérée en Afghanistan, vérifiée à Serval, de disposer de drones tactiques se confirme dans la BSS.

S'agissant de la remontée de l'activité opérationnelle, le projet de budget 2015 confirme l'effort indispensable envisagé sur la LPM au profit de l'entretien programmé des matériels terrestres et aéroterrestres. Cela constitue une vraie source de satisfaction ainsi qu'un véritable challenge à relever par toute la chaîne de maintenance, industrielle et opérationnelle.

La priorité marquée à l'EPM dans le projet de loi de finances 2015 matérialise la volonté de remonter le niveau de l'activité en l'inscrivant toutefois dans un processus de long terme.

En effet, compte tenu de l'augmentation des coûts de soutien, la disponibilité des parcs terrestres et aéroterrestres restera encore contrainte en 2015 et en 2016.

Ceci s'explique en partie par le fait que les crédits d'EPM couvrent à la fois les coûts d'entretien des équipements utilisés en métropole dans le cadre de la préparation opérationnelle, ainsi que les coûts d'entretien des matériels employés en opération. Or, l'enchaînement de nos engagements et les conditions d'emploi extrêmes soumettent nos matériels à des taux d'usure hors norme. La dispersion géographique des théâtres et l'immensité des zones d'engagement compliquent, quant à elles, la mission du soutien dont les moyens sont d'ailleurs comptés et fortement contraints. Une tendance qui n'a d'ailleurs pas vocation à fléchir sous l'effet des déflations d'effectifs.

La régénération des matériels revenant d'opérations extérieures constitue, depuis le retour d'Afghanistan pour la chaîne de la maintenance, un défi à la mesure de l'enjeu qu'elle représente pour l'armée de terre. A ce jour, environ 1 500 engins rentrés d'Afghanistan et du Liban et 500 du Mali doivent être remis en état (dont 600 VAB -pour 1/2 de l'INF-, 300 camions et 140 VBL). Cela représente l'équivalent du matériel en service dans 23 régiments. La reconnaissance d'une bonne partie de ce besoin et son financement à hauteur de 113 millions d'euros sur la période de la LPM permet de procéder à une première étape de la régénération, portant sur environ 300 VAB pour un montant de 50 millions d'euros d'ici à 2015 (dont 24 millions d'euros au titre du PLF 2015).

A la date d'aujourd'hui, 102 VAB sur les 620 concernés sont déjà retournés dans les forces, vous permettant de mesurer le chemin qu'il reste à parcourir.

En dépit des difficultés, le niveau d'entraînement de l'armée de terre lui a permis en 2014 de répondre à une nouvelle période de fort engagement. Mais l'excellent niveau de nos soldats dissimule en fait un paradoxe auquel nous devons prendre garde. En effet, c'est le capital d'expérience constitué en opération qui permet de compenser, pour le moment, des insuffisances de ressources destinées à l'instruction et à l'entraînement. De fait, les objectifs fixés dans la LPM à 90 journées de préparation opérationnelle (JPO) et à 180 heures de vol, hors simulation, ne sont pas atteints. Concrètement, ces insuffisances se traduisent par des renoncements en termes de capacités opérationnelles. Afin de pallier le déficit en heures de vol, l'armée de terre a fait le choix de catégoriser ses équipages ALAT en 3 familles. Celle qualifiée de 1er rang (60% des équipages), dont les équipages disposent des heures de vols qui leur permettent d'être engagés en opération d'emblée. Celles de 2e et 3e rangs, qui requièrent une remise à niveau des équipages pouvant nécessiter un délai de 6 mois à 1 an avant d'être aptes à s'engager en mission opérationnelle. Dans un autre registre, environ 25% de nos unités s'entraînent dans nos centres de préparation sur des structures incomplètes, avec des matériels manquants ou des capacités qui ne sont pas totalement réalisées, dégradant donc la qualité de leur préparation opérationnelle. Il s'agit d'un enjeu capital puisqu'au combat le niveau d'entraînement du soldat participe autant que son casque et que son gilet de protection à sa sauvegarde.

Les incertitudes classiques qui pèsent encore sur la fin de gestion 2014, donc sur l'exercice budgétaire 2015 m'incitent à la prudence.

Je souhaite enfin vous parler de celles et de ceux qui remplissent au quotidien les missions de l'armée de terre. Leur moral constitue à mes yeux un enjeu capital pour des raisons opérationnelles et humaines évidentes. C'est la raison pour laquelle je voudrais faire de son redressement un objectif majeur consistant à amener le niveau du moral en métropole à la hauteur de celui qui règne sur les théâtres d'opérations. La hausse de l'EPM y contribuera.

Alors que nos soldats affichent un remarquable état d'esprit en opération, leur moral en garnison ne parvient pas à s'élever au-dessus d'un niveau qui reste moyen, fragile et qui confirme d'année en année sa lente érosion. En cause, le manque de visibilité sur l'avenir, l'empilement des réformes et la dégradation des conditions de vie et d'exercice du métier, générant mécontentement, lassitude et inquiétudes. Il s'agit d'un sujet qui ne concerne pas seulement le chef d'état-major de l'armée de terre car c'est aussi à travers leurs conditions de travail que nos soldats apprécient la reconnaissance que la Nation leur porte et qu'ils mesurent la solidité de son lien avec les Armées. L'état d'esprit de nos soldats pourrait être synthétisé par une phrase : parce qu'ils ne vivent pas bien le présent et parce qu'ils n'y voient pas assez clair, ils ne peuvent pas correctement se projeter dans l'avenir. Leurs inquiétudes sont celles de personnes qui doutent et qui s'interrogent.

Ils doutent encore de la pertinence des réformes qui leur semblent s'imposer selon un mode technocratique dicté essentiellement par des enjeux économiques de court terme. Ils s'interrogent sur leur propre devenir professionnel et donc personnel et familial compte tenu des volumes de déflation dont ils n'ont d'ailleurs pas une vision d'ensemble pluriannuelle. Le « point positif » est qu'ils éprouvent encore le besoin fort de faire remonter ces inquiétudes par la voie du commandement dont ils reconnaissent la légitimité et sur lequel ils savent pouvoir s'appuyer pour porter l'intérêt collectif.

S'agissant des conditions d'exercice du métier, le domaine de l'infrastructure offre une illustration des difficultés auxquelles nos hommes sont confrontés, parce qu'ils y vivent jour et nuit au quotidien. Les renoncements imposés sur la période 2014-2019 portant sur environ 30% des besoins de l'armée de terre, et le niveau historiquement bas des ressources dédiées à la maintenance immobilière, accentuent les difficultés ressenties sur le casernement. Initié à partir d'une visite du ministre dans un régiment d'Ile-de-France, et déclenché à sa demande, le plan d'urgence sur l'amélioration des conditions de vie et de travail a permis de prendre toute la mesure de la situation. 697 points noirs ont été identifiés dans les Armées, dont plus de 50% des cas recensés concernent des formations de l'armée de terre. Le déclenchement de ce plan d'urgence infrastructure, tout comme celui des bases de défense de novembre 2013, montre que les limites sont atteintes. Dans le fonctionnement courant, il n'y a plus d'économies possibles. Les tensions qui existent dans le domaine du soutien sont directement et quotidiennement perçues par l'ensemble de l'armée de terre comme nuisant au bon fonctionnement. Elles cristallisent le ressentiment contre la réforme et elles tirent vers le bas un moral déjà fragilisé par les dysfonctionnements du système Louvois. Outre le juste niveau de ressources, les solutions qui peuvent être apportées résident dans l'amélioration de la gouvernance du soutien. Il s'agit d'un objectif commun parfaitement partagé par les Armées et derrière lequel les chefs militaires avancent sous la direction du chef d'état-major des armées. C'est un enjeu majeur qui conditionne en grande partie l'adhésion de la communauté militaire au changement.

S'agissant de Louvois, environ 59 000 terriens en ont été victimes, ce qui signifie qu'un militaire sur 2 a été touché au moins une fois, souvent plusieurs fois dans la même année, avec les dommages que vous imaginez en termes de moral et de confiance dans l'administration du ministère de la défense. Les effets des dysfonctionnements du calculateur entraînent des difficultés familiales et génèrent dans certains cas des situations de stress prononcé.

Cette réalité est encore moins bien admise lorsque le militaire est engagé en opérations extérieures, éloigné de sa base arrière. Je mesure tous les jours les effets destructeurs de cette situation. Pour lutter contre ce logiciel qui n'est toujours pas stabilisé, l'armée de terre s'est organisée depuis 2011, groupée derrière le ministre de la défense qui a très tôt mobilisé tout le ministère sur Louvois. Je tiens d'ailleurs à saluer le travail remarquable des agents et des militaires du centre expert des ressources humaines et de la solde (CERHS) de la direction des ressources humaines de l'armée de terre, auquel j'ai rendu visite début octobre. Ses effectifs, aujourd'hui d'environ 700 personnes (soit deux fois plus que prévu), ont été augmentés de 128 militaires, de 257 vacataires et de 10 réservistes entre 2011 et 2014 pour corriger les dysfonctionnements. Dans les régiments et dans les groupements de soutien de Base défense, le commandement et l'administration de proximité mettent tout en oeuvre pour détecter et aider prioritairement les victimes de moins perçus.

Enfin, concernant les déflations d'effectifs, cette deuxième année de la LPM marque une rupture franche avec les années précédentes. L'année 2015 se traduit par une hausse de 25% des déflations pour l'armée de terre par rapport aux années antérieures, faisant passer le nombre de suppressions de postes de l'ordre de 3 000 à environ 4 000 terriens. L'effort est considérable en quantité et en qualité. L'objectif est d'autant plus ambitieux que cette déflation doit être réalisée en 4 ans et que les suppressions effectuées depuis 2008, à hauteur d'environ 25 000 postes, amenuisent le vivier de candidats à un départ aidé. Dans le même temps, l'allongement de la durée des services consécutif aux réformes des retraites diminue le nombre de départs naturels jusqu'en 2017. Vous constatez donc que l'exercice est très compliqué. L'objectif de dépyramidage, qui concerne prioritairement les officiers sur cette LPM, accentue les difficultés dont celle de l'acceptabilité et de la faisabilité. Cet objectif suscite auprès d'eux, sur qui repose d'ailleurs la mise en oeuvre de la réforme, une certaine incompréhension quant aux motivations profondes du dépyramidage. D'autant plus qu'ils ne peuvent s'empêcher de constater, comme nos concitoyens, que les effectifs militaires diminuent au moment même où le niveau de menace augmente. Ayant déjà optimisé les écoulements de ses flux RH en réduisant les volumes de recrutements et d'avancement (notamment pour les officiers, de l'ordre de 30% en 2 ans), l'armée de terre va devoir dynamiser encore davantage sa politique d'aide au départ volontaire, en sélectionnant, en identifiant et en accompagnant plus qu'aujourd'hui les départs. Pour être franc, je ne sais pas si nous parviendrons à atteindre les déflations qui nous sont imposées dans le temps imparti. L'enjeu de la réussite consiste dans l'adaptation et le maintien minimum des flux d'avancement et de recrutement qui sous-tendent autant notre efficacité opérationnelle que le moral de nos hommes. En contrepoint, le constat d'un échec mettrait en évidence les limites atteintes par la logique de réduction des effectifs, à l'oeuvre depuis 2008. Mon prédécesseur, le général Ract-Madoux avait d'ailleurs pensé à juste titre qu'il pourrait atteindre les objectifs de la LPM 14-19 avec le modèle d'armée hérités de cette période. La charge de déflation ne le permettra pas.

Le projet de modèle de la future armée de terre sur lequel je travaille vise à redonner aux femmes et aux hommes de l'armée de terre la visibilité qu'ils attendent. Mon objectif consiste aussi à rompre le cycle ininterrompu de transformation perçue comme compliquant le fonctionnement courant, dégradant le soutien et nourrissant finalement le sentiment d'une détérioration de leurs conditions d'exercice du métier et d'une déconstruction progressive de leur instrument de travail. C'est pourquoi j'ai entamé depuis la rentrée une réflexion poussée, avec mes grands subordonnés. Nous avons conclu à la nécessité de faire évoluer l'organisation de l'armée de terre vers une architecture à la fois plus lisible et plus pérenne, qui présente une chaîne de commandement plus simple et plus verticale. Elle s'appuiera sur trois maillons indissociables et parfaitement intégrés que sont les ressources humaines, la maintenance logistique et les forces terrestres, aptes à conduire des opérations spéciales, des opérations aéroterrestres et des opérations sur le territoire national. Trois pôles d'excellence seront valorisés dans ce but : les forces spéciales, l'aérocombat et notre expertise du territoire national. La réflexion va maintenant être approfondie pour étudier ces pistes plus en détail. L'étape suivante consistera à proposer les grandes lignes consolidées de cette armée de terre nouvelle au chef d'état-major des armées et au ministre de la défense avant la fin de l'année. J'aurai besoin de votre soutien pour porter ce projet, il en va de notre responsabilité commune à conserver pour la France une armée de terre à la hauteur de son besoin.

En conclusion, je crois pouvoir dire que nous portons tous ici un regard très proche sur la qualité de l'engagement de nos soldats. Je sais que vous ressentez la même fierté que celle qui est la mienne lorsque vous les voyez à l'oeuvre sur le terrain. Je tiens d'ailleurs à vous remercier de l'attachement que vous leur témoignez par vos visites et pour les paroles élogieuses que vous leur adressez. Sachez qu'ils apprécient d'autant plus ces marques de considération quand elles proviennent, non seulement de leurs chefs, mais aussi de la représentation nationale.

La reconnaissance que nous devons à leur sens du bien commun, qu'ils mettent au service de l'intérêt supérieur de la Nation avec un dévouement sans égal, doit aussi se manifester de façon tangible. Elle passe d'abord et avant tout par les moyens qu'ils sont légitimement en droit d'attendre pour remplir leurs missions.

C'est tout l'enjeu du PLF 2015 qui marquera de façon concrète le volontarisme que notre pays et sa représentation nationale affichent pour soutenir sur la période 2015-2019 l'ambition stratégique qu'il poursuit. Cet enjeu repose d'une part sur une fin de gestion 2014 équilibrée et d'autre part sur la mise à disposition d'un niveau de ressources 2015 cohérent, nous l'espérons, avec l'ambition de la LPM.

 

M. Christian Cambon, président. - Je souhaite vous exprimer notre attachement à l'armée de terre. Nous avons montré notre vigilance lors de l'examen de la LPM 2014-2019 et nous sommes également attentifs à son exécution.

Nous mesurons, notamment lors de nos déplacements, et encore récemment en République Centrafricaine, lors d'une visite du dispositif Sangaris, le professionnalisme, l'engagement, le dévouement de ses soldats. Nous avons pu constater que, même dans des conditions difficiles, le moral des troupes en OPEX était bon. Je tenais à leur rendre hommage.

Mais nous sommes conscients également de la distorsion qui pourrait s'instaurer entre les moyens et le niveau de sollicitation avec la multiplication des opérations extérieures.

 

M. Xavier Pintat, co-rapporteur du programme 146. - La compétition pour le marché du système de drone tactique (SDT) pérenne de l'armée de terre est ouverte, pilotée par la DGA, pour le remplacement des Sperwer actuellement en service. La commande doit être effectuée en 2015. Avez-vous des préférences, parmi les compétiteurs annoncés - notamment entre le Watchkeeper de Thales et le Patroller de Sagem ? Les performances de ce système ne feront-elles pas double emploi avec celles des systèmes de drone MALE, qui en paraissent assez proches ?

La livraison de 8 nouveaux hélicoptères NH 90 est prévue pour l'année prochaine. Pour mémoire, cet appareil de transport et de surveillance se décline en deux versions très différentes : une version terrestre, pour le transport tactique pour l'armée de terre, et une version marine. Cet équipement donne-t-il satisfaction à l'armée de terre ?

La signature des marchés du programme Scorpion a été annoncée le 29 octobre dernier par le ministre de la défense. Ce programme, après une longue attente, est enfin lancé. L'étape 1 du programme comprend un système d'information (le SICS), l'acquisition de véhicules blindés multi-rôle (VBMR) destinés à remplacer les VAB actuels, une rénovation du char Leclerc et l'acquisition d'engins blindés de reconnaissance et de combat (EBRC). Qu'attendez-vous de cet ensemble ? À quelles échéances, pour chaque composante ?

 

Mme Michelle Demessine, co-rapporteur du programme 178. - Depuis de nombreuses années, la disponibilité des matériels de l'ALAT (aviation légère de l'armée de terre) pose des difficultés importantes. Elle disposera de 305 hélicoptères en 2015, dont 51 Tigre qui sont des appareils récents (4,5 ans d'âge moyen). Or, la disponibilité générale des Tigre plafonne à un niveau très bas : 22% en 2013. Comment améliorer la disponibilité des matériels de l'ALAT ?

En outre, on peut s'interroger sur les différences très importantes de coût d'entretien selon les hélicoptères : on constate par exemple un coût unitaire allant du simple au double entre NH90 et Tigre. Bien sûr, ces hélicoptères ont une mission et une conception différentes. Mais lorsqu'on regarde les seuls NH90, ceux de l'armée de terre coûtent environ 2,6 millions d'euros d'entretien par an, ceux de la marine environ 2,15 millions. Leur engagement en Opex, dans des conditions abrasives, explique-t-il cette différence ? La réforme du MCO aéronautique permettra-t-elle d'améliorer la situation ?

La LPM prévoit une augmentation sensible des dépenses d'entretien programmé des matériels (+4,3% en valeur par an). Qu'attendez-vous de cette progression ? Sera-t-elle suffisante pour faire face à l'hétérogénéité du parc, au coût élevé en MCO de nombreux matériels ?

Qui plus est, les matériels terrestres sont particulièrement affectés par leur utilisation en OPEX, par exemple les véhicules de l'avant blindé : les coûts logistiques sont élevés et surtout le taux d'usure et la remise aux standards demandent une maintenance lourde. Comment s'adapter à cette situation ? Et là aussi, la progression prévue des crédits de MCO sera-t-elle suffisante pour faire face ?

La Cour des comptes estime que le nombre des implantations du MCO Terrestre demeure élevé, même si d'importants efforts ont déjà été accomplis. Tout en soulevant la difficulté des restructurations, elle précise que « la réduction du nombre d'emprises, la densification et la spécialisation des infrastructures existantes doivent être recherchées pour améliorer l'efficacité d'ensemble ». Qu'en pensez-vous ?

 

- Présidence de M. Xavier Pintat, vice-président -

 

M. Robert del Picchia, co-rapporteur du programme 212. - Le ministre a annoncé des restructurations dont nombre touchent l'armée de terre. Elles consistent en deux suppressions d'unités de Châlons-en-Champagne, mais surtout des adaptations capacitaires qui touchent un grand nombre d'unités. Le terme « de régiment d'infanterie de nouvelles génération » est employé. Qu'est-ce que cela signifie ? Quel est l'impact de ces transformations sur le plan opérationnel et sur le plan capacitaire ?

Y aura-t-il d'autres annonces au cours de l'exécution de la LPM ? Ne serait-il pas plus simple et pour les militaires et pour les collectivités qui vont perdre des implantations d'avoir une visibilité à moyen terme ?

Nous avons compris que le dysfonctionnement de LOUVOIS avait des conséquences lourdes sur le budget de la défense. On avait beaucoup parlé jusqu'ici des soldes négatives et des soldes à zéro qui suscitaient des difficultés pour les militaires et leurs familles. Le problème s'est-il réduit dans son ampleur ? Il semble qu'aujourd'hui la principale difficulté soit les sommes indues qui ont été versées et qu'il faut récupérer auprès des militaires et des anciens militaires, plus de 200 millions d'euros. L'armée de terre a-t-elle entrepris une action spécifique auprès de ses cadres pour accélérer le recouvrement de ces sommes ? Je sais que cela est difficile pour certaines familles ; des solutions sont-elles mises en place ?

L'année 2015 va être marquée par le déménagement de l'EMAT à Balard. Comment se prépare ce déménagement ? Avez-vous des inquiétudes à cet égard ?

 

Mme Christiane Kammermann. - Vous avez exprimé le ressenti des militaires et perçu un sentiment de dégradation dans l'exercice du métier. Pour ma part, je regrette l'abandon du service militaire, vous pourriez disposer, grâce à celui-ci, de la capacité de former des hommes prêts à servir dans les armées. Pourrait-on y revenir ?

Dans certaines opérations extérieures, nous mesurons combien nos soldats sont exposés à l'agressivité d'un ennemi qui connaît le terrain et sait se protéger. Pour autant, l'intervention au sol est nécessaire et nous mesurons le risque et le dévouement de nos soldats.

 

Général Jean-Pierre Bosser, chef d'état-major de l'armée de terre. - Les armées disposent de trois types de drones qui ont chacun leur place. Les DRAC sont des petits aéronefs lancés à la main qui permettent à une unité de voir ce qui se passe dans son environnement immédiat, derrière la ligne de crête. C'est l'outil de la compagnie de tête. Le SDTI permet quant à lui d'éclairer la situation tactique du GTIA plus loin et plus longtemps. C'est typiquement le moyen qui précède un convoi, sur une distance plus importante, qui reconnaît son itinéraire, préparera l'intervention des hélicoptères pour appuyer, couvrir ou dégager cet itinéraire. C'est l'outil du chef de corps. Le drone MALE pour sa part est un drone stratégique qui permet de surveiller un vaste territoire, pendant de longues heures, pour détecter des cibles qui seront traitées le plus souvent par frappe aérienne. Ces trois types de drones ne sont pas substituables car ils sont complémentaires. Très logiquement, et l'expérience l'a d'ailleurs montré, les priorités d'emploi du niveau stratégique « écrasent » les besoins vitaux en renseignement du chef tactique. Au bilan, affecter à un emploi tactique un moyen tel que le drone MALE irait à l'encontre du principe de différenciation et de la logique d'économie des coûts. Le drone tactique est donc le drone de la subsidiarité et de la complémentarité car il remplit à coût plus réduit des missions de renseignement et de protection aux profits des unités au contact, réservant l'emploi des drones MALE, plus performant et onéreux, à des opérations d'un niveau d'intérêt supérieur.

S'agissant du choix du SDTI, l'armée de terre s'est intéressée au Watchkeeper qui est en service dans l'armée britannique qui en est satisfaite. Une mise en concurrence a été décidée. Dans ce cas, les offres qui seront présentées avec de bons rapports coût-efficacité seront étudiées avec attention.

Avant de répondre sur les hélicoptères, je voudrais faire une remarque sur l'usure des matériels qui dépend des conditions dans lesquelles ils sont mis en oeuvre. Le Mali nous en apporte une illustration éclatante : en presque deux ans d'emploi dans le désert malien, les VAB présentent les mêmes symptômes de fatigue et le même taux d'usure que ceux utilisés en 10 ans d'Afghanistan.

Nous avons aussi ce type de problèmes s'agissant des hélicoptères. Pour le Tigre, le niveau de disponibilité peut paraître faible, mais il résulte du choix du commandement et de la maintenance de procéder à des visites régulières d'entretien. Le NH90 a été projeté pour la première fois en opérations extérieures cette semaine. Il est encore tôt pour en tirer des enseignements. Concernant les différentiels de coûts de maintien en condition, ils s'expliquent par le fait que l'armée de terre vient de recevoir ses premiers NH90. Nous supportons donc les coûts d'entrée de programme (commande de pièces, lot d'outillage) qui augmente mécaniquement le coût du MCO. J'observe que l'on nous a fait le même faux procès l'an dernier à propos des Caracals. Or sur des flottes stabilisées et comparables, le coût à l'heure de vol dans l'armée de terre est le plus faible : 7 000 € pour le Puma et de 13 000 € pour le Cougar. Le Tigre a été déployé dans des conditions très différentes en Afghanistan, dans la bande saharo-sahélienne et en RCA dans des périodes à hygrométrie défavorable. Il a montré son efficacité et sa polyvalence. Nous espérons que le NH90 sera aussi robuste. Je note que ces matériels ont fait l'objet de programmes d'armement. Le Caracal a, quant à lui, été acheté pour un emploi spécifique, il n'a pas fait l'objet d'un programme. Il n'est donc pas si étonnant qu'il soit moins polyvalent lorsqu'il est employé dans d'autres conditions que celles pour lesquelles il a été conçu.

La première phase du programme Scorpion a été lancée, nous devrions recevoir, avant 2019, 92 VBMR sur les 980 attendus avant 2025. L'objectif qui consiste à pouvoir projeter en 2021 un groupement tactique interarmes sur VBMR, et disposer en 2023 d'une première brigade interarmes SCORPION projetable est ambitieux. Pour l'atteindre, il faudra faire preuve de la plus grande vigilance année après année. En sachant que SCOPRION vise en réalité à renouveler les capacités de combat médianes de 3 brigades interarmes, ce qui nous projette bien au-delà de 2025. Le plan d'équipement va donc être étalé dans le temps, nécessitant de prolonger les matériels toujours en service. Ce qui distingue ce programme, c'est sa cohérence d'ensemble, il s'agit non seulement de produire un véhicule mais d'y intégrer d'emblée plusieurs fonctions : un système d'information qui s'interface et communique avec les autres éléments du champ de bataille, mais aussi des capacités de simulation grâce à son optique embarquée. Le matériel sera livré équipé en coût complet. Nous aurons un devoir de mise en cohérence en matière de livraison des équipements.

S'agissant de la question des emprises militaires, je pense que l'armée de terre, dont le milieu naturel est le territoire national, doit y conserver une empreinte équilibrée. Ceci contrevient à l'idée d'un regroupement de ses unités sur quelques grandes bases pour réduire le volume des soutiens. Il faut arriver à définir le seuil critique entre la permanence sur le territoire national et la réduction des coûts du soutien. Il faut trouver un juste milieu, d'autant que le maintien d'une certaine présence me parait répondre à un vrai besoin.

Concernant la question des régiments d'infanterie de nouvelle génération, c'est une expérimentation qui vise à tester une nouvelle organisation des appuis (tireurs d'élite, mortiers, antichars). Le choix d'organisation final du RI NG et son extension aux autres régiments sera décidé à l'issue de cette expérimentation. S'agissant des restructurations, les militaires et leur famille, comme les élus souhaiteraient avoir plus de visibilité. C'est bien sûr une préoccupation que je partage pour des raisons humaines évidentes d'abord mais aussi car c'est un gage de sérénité pour accompagner le changement. Ce principe est également valable pour bâtir un modèle d'armée pérenne qui puisse d'inscrire dans la durée.

Permettez-moi à ce sujet de partager une réflexion. Lorsque le premier Livre blanc sur la défense a été publié en 1972, il a débouché sur la mise en place d'un modèle d'armées adapté aux menaces de l'époque. Vingt ans plus tard, le Livre blanc suivant publié en 1994 entérinait un nouveau schéma. L'armée mixte de conscription et d'unités professionnelles répondait à la situation jusqu'à ce que la décision soit prise d'adopter un schéma de rupture en passant à une armée de professionnels en 1996. Le même modèle alors est resté en application pendant 14 ans, jusqu'au Livre blanc de 2008 qui en a initié à son tour un nouveau. En 2013, cinq ans plus tard, le Livre blanc prend acte du changement de paysage géostratégique et resserre encore notre format d'armée. Nous pensions pouvoir prolonger le modèle 2008 jusqu'en 2019, mais cela va être difficile. Aujourd'hui, l'évolution des menaces, mais aussi la charge de déflation qui nous est imposée nécessitent de réfléchir une organisation qui redonne à l'armée de terre de la stabilité et de la profondeur.

S'agissant des dysfonctionnements de LOUVOIS, je voudrais rappeler que l'armée de terre en est d'abord victime. Nous avons du mal à nous extraire des difficultés, qui vont d'ailleurs perdurer dans l'attente du nouveau système ; et qui posent de vrais problèmes administratifs à nos personnels. Des systèmes ont été mis au point pour prévenir les dysfonctionnements par identification des moins et des trop-perçus. Toute solde qui sort en deçà de 1 000 euros ou au-delà de 10 000 euros est recalculée manuellement. Cela nécessite la mobilisation d'un important dispositif au CERHS de Nancy, mais cela n'évite pas les erreurs du calculateur. 59 000 personnes, soit environ 50% des personnels de l'armée de terre, ont été touchées au moins une fois cette année par un dysfonctionnement de LOUVOIS. C'est une réelle difficulté, pour toute les catégories de personnel et pour nos familles, surtout ceux déployés en OPEX, car suivre de près ces questions à distance, loin de son régiment et loin des proches compliquent les choses. C'est d'ailleurs pourquoi l'aide apportée par les commandants d'unité, les chefs de sections et de groupe, bref l'investissement du commandement de proximité, est aussi capitale.

 

M. Yves Pozzo di Borgo, co-rapporteur du programme 178. - Je suis très étonné de l'absence d'identification des responsables de ces dysfonctionnements qui dans n'importe quelle organisation seraient sanctionnés. C'est aussi une question de crédibilité pour nos armées.

 

Général Jean-Pierre Bosser, chef d'état-major de l'armée de terre. - Il n'y a aucune inquiétude s'agissant de notre déménagement à Balard qui devrait avoir lieu en juin 2015. Nombre de nos collaborateurs seront mieux logés que dans l'îlot Saint-Germain, et la proximité avec les autres armées sera une plus-value.

Un retour au service national obligatoire me semble impossible. D'autant qu'il faudrait prévoir ce service pour les hommes et pour les femmes. En l'état de leur ressources, les armées ne disposent plus des capacités d'incorporer, instruire, héberger, habiller et nourrir toute une classe d'âge entière. En revanche, si le service civique volontaire connaissait une extension sous une forme militaire, l'armée de terre serait tout à fait disposée à accueillir des jeunes gens et des jeunes filles dans ce cadre. Ne perdons pas de vue le rôle positif que notre institution peut jouer en direction de la jeunesse, et en particulier vers celles et ceux qui ont besoin de retrouver des repères et qui veulent prendre un nouveau départ. Nous disposons de l'expérience pratique et surtout des compétences pour transmettre des valeurs, former et instruire. Pour ma part, je regrette que les déflations d'effectif nous conduisent à supprimer des postes et à nous séparer d'une force humaine qui pourraient être utilement mis au service de notre jeunesse, que ce soit pour leur emploi ou pour leur insertion, qui pourrait d'ailleurs être aussi une forme de pré-recrutement pour certains d'entre eux.

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 17:55
E2 lab : Laboratoire expertises et évaluations à Toulouse, France


14 nov. 2014 Thales Group

 

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 14:50
Airbus Helicopters a-t-il été victime d'un piratage informatique américain ?

Airbus Helicopters a-t-il subi une attaque informatique des Etats-Unis dans le cadre de l'appel international lancé par la Pologne qui veut acquérir 70 hélicoptères de transport

 

13/11/2014 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Selon des sources concordantes, Airbus Helicopters a été victime d'une attaque informatique. Le constructeur a de "fortes suspicions" d'une attaque venant des États-Unis.

 

C'est peut-être une affaire d'État. Certes ce qui s'est passé chez Airbus Helicopters n'est pas réellement surprenant mais si l'enquête des autorités françaises en cours confirme les "fortes suspicions" du constructeur de Marignane, selon des sources concordantes, elle mettrait une nouvelle fois en lumière les pratiques détestables d'espionnage des États-Unis à l'égard de leurs alliés malgré toutes les conséquences néfastes sur le plan diplomatique de l'affaire Snowden. Ce qui est sûr, selon ces mêmes sources, c'est que Airbus Helicopters a bien été victime d'une attaque informatique, dont l'ampleur reste encore à déterminer.

Le constructeur de Marignane s'est récemment aperçu d'une intrusion ou d'une tentative d'intrusion dans ses réseaux de communications. Alerté par Airbus Helicopters, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), l'autorité nationale en matière de sécurité et de défense des systèmes d'information, a lancé une enquête pour savoir si les intrusions ont réussi et, si c'est le cas, pour déterminer l'ampleur des dommages. Contacté par La Tribune, Airbus Helicopters affirme qu'"aucune information classifiée" n'a été dérobée. Mais, selon des sources concordantes interrogées par La Tribune, le constructeur nourrit de "fortes suspicions" vis-à-vis des États-Unis. "Mais nous n'avons pas encore d'éléments pour le démontrer", explique-t-on chez le constructeur à La Tribune.

 

En jeu, un important appel d 'offre en Pologne

Pourquoi les États-Unis ? Selon ces mêmes sources, le constructeur suspecte s'être fait "piraté" dans le cadre de l'appel d'offres international lancé par la Pologne, qui veut acheter 70 hélicoptères de transport pour un montant estimé à 2,5 milliards d'euros environ. Les trois compétiteurs - l'italien AgustaWestland (AW149), Airbus Helicopters (Caracal ou EC725) et l'américain Sikorsky (S-70) attendent une décision de Varsovie fin 2014, voire début 2015. Les candidats ont jusqu'au 28 novembre pour déposer leurs offres. Jusqu'ici la compétition entre Airbus Helicopters et Sikorsky était très, très chaude.

Depuis plusieurs jours, Sikorsky joue d'ailleurs un drôle de jeu en Pologne. Les Américains veulent vendre des hélicoptères dont les performances ne correspondent pas au cahier de charge établi par Varsovie. Ce sont des appareils d'ancienne génération qu'ils ont en stock. Le ministère polonais de la Défense a répliqué fin octobre sur un ton extrêmement ferme à  un courrier du président du consortium Sikorsky Aircraft Corporation (SAC) Mick Maurer, en affirmant que c'est à lui qu'appartient de "définir les besoins des forces armées et non au soumissionnaire de lui indiquer ce qu'il a à vendre".

 

Que va faire Sikorsky ?

"Les exigences concernant l'hélicoptère multitâche étaient connues depuis mai dernier et la société SAC dispose d'appareils qui y répondent", a relevé le ministère polonais, avant de noter que "les autres candidats ont annoncé qu'ils présenteraient des offres correspondant aux exigences de l'Inspection de l'Armement". Le ministère "ne prévoit pas d'annuler l'appel d'offres ou d'en modifier les termes au détriment de la Pologne", a assuré Varsovie, laissant entendre que tel était le sens de la lettre de Sikorsky. Il "reste ouvert à un dialogue équitable avec tous les candidats, mais ne cède pas aux pressions de contractants potentiels concernant les termes de la commande".

Du coup, le 30 octobre, Sikorsky Aircraft a annoncé qu'elle ne participerait pas à l'appel d'offres pour la fourniture de 70 hélicoptères à la Pologne si les termes n'en sont pas modifiés. Le constructeur a précisé qu'il ne présenterait pas de proposition avec son partenaire polonais PZL Mielec car il lui semble impossible de livrer ses hélicoptères Black Hawk dans les conditions définies par l'appel d'offres. Dans un communiqué, le ministère polonais de la Défense a qualifié cette attitude de tactique de négociation, ce qu'a démenti Sikorsky. Le ministère a confirmé qu'il n'envisageait pas de modifier les termes de l'appel d'offres.

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 12:35
J-31 au salon China Air Show

J-31 au salon China Air Show

 

13 novembre 2014 par Pierre Sparaco - Aerobuzz.fr

 

A l’occasion de l’édition 2014 du salon China Air Show qui se déroule cette semaine à Zhuhai, la Chine a démontré qu’elle n’était pas seulement en passe de devenir le plus grand marché aéronautique, mais qu’elle avait aussi l’intention dans être un acteur de premier plan.

 

Un avion de combat furtif qui se compare au F-22 américain, le J-31, un cargo militaire qui rappelle le C-17, le Y-20, l’annonce d’un long-courrier à développer en association avec l’industrie russe, toujours de grandes ambitions spatiales : la Chine est résolument entrée dans la cour des grands et suscite ce qu’il est convenu d’appeler des commentaires en sens divers.

 

Suite de l’article

Y-20

Y-20

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 12:20
Lockheed contracts Trust Automation for additional AN / TPQ-53 automation systems

The AN / TPQ-53 counterfire target acquisition radar of the US Army. Photo: US Army.

 

13 November 2014 army-technology.com

 

Trust Automation has been awarded a contract to supply additional motion control systems for the AN / TPQ-53 (Q-53) counterfire target-acquisition radar system.

 

Awarded by Lockheed Martin, the contract represents the fourth low-rate initial production award for the rugged and advanced vehicle automation system.

 

The system is designed to automatically level out the vehicle that hosts the radar, and then raise and rotate the counterfire radar.

 

Trust Automation chief executive officer Ty Safreno said: "Trust Automation has been providing industry-leading power density, accuracy and reliability for the electro-mechanical control systems needed for the next generation of DoD heavy military equipment, including the AN / TPQ-53, since 2008.

 

"Due to the continued success of the AN / TPQ-53 delivered systems by Trust Automation, a fourth contract has been awarded."

 

Manufactured by Lockheed, the AN / TPQ-53 is a quick-reaction capability mobile radar system, designed to detect, classify and track in-flight projectiles fired from mortar, artillery and rocket systems, using a 90° or continuous 360° sector search.

 

With improved operational and physical functionality compared with existing AN / TPQ 36 radars systems, it provides target location of indirect fire systems with sufficient accuracy, enabling more effective detection and counter-battery actions in the battlefield.

 

Mounted on a 5t truck, the solid-state phased-array radar can be rapidly deployed, automatically levelled and remotely controlled with a laptop computer or from a fully equipped climate-controlled command vehicle.

 

Previously designated as the EQ-36, the Q-53 radars have been deployed by the US Army during combat operations in Iraq and Afghanistan.

 

The contract's value and additional details, including the number of systems ordered and delivery schedule, remain undisclosed.

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 17:55
Les finalistes pour le remplaçant du FAMAS connus avant la fin de l'année

 

13.11.2014 Par Olivier Berger, grand reporter à La Voix du Nord - Defense Globale


Les stocks de FAMAS s'épuisent doucettement ; le marché de l'Arme individuelle future (AIF) prend donc une importance considérable.

Pour la première fois de son histoire, l'armée française devrait acheter sur étagère un fusil d'assaut étranger, environ 90 000 exemplaires à livrer en quatorze ans. Enfin, on dit sur étagère mais les contraintes seront telles, notamment l'intégration au système Félin de l'infanterie, qu'il s'agira d'une arme (presque) sur mesure... Les cinq finalistes devraient être connus avant la fin de l'année pour une généralisation dans les forces en 2018.

Une vingtaine de candidats a remis un dossier à la Direction générale de l'armement à l'issue de l'avis de marché du 14 mai. Dont voici les principales caractéristiques : 45 000 AIF version standard, 45 000 AIF version courte, 38 millions de cartouches 5.56 x 45 mm calibre OTAN d'exercice, 51 000 grenades 40 x 46 mm basse vitesse anti-personnel/anti-véhicule, 13 000 grenades fumigènes, 28 000 grenades d'exercice et un système de soutien (maintenance, pièces de rechange, instruction, formations, documentations techniques). Phrase importante : " L'Arme individuelle future, dans sa version standard, devra être adaptée au tir de grenades à fusil et à l'intégration dans le système d'arme Félin. "

Le contrat pourrait être notifié en décembre 2016 pour une exécution durant quatorze ans. C'est-à-dire, à peu près conjointement avec les reste du programme Scorpion qui vient d'être signé. 

 

Tests en unités en 2015

La DGA et la STAT (Section technique de l'armée de terre) épluchent les dossiers de candidatures et mènent des premières expérimentations qui doivent aboutir à la sélection des cinq meilleures offres avant fin décembre 2014. Les heureux sélectionnés seront alors testés en unités, mais aussi dans tous les milieux extrêmes possible (désert, neige, boue, sable, eau, mer...), en zone urbaine... Ce qui ne demande pas les mêmes qualités.

Outre l'efficacité et la fiabilité, il faudra prendre en compte la capacité d'intégration dans le système Félin (fantassin à équipement et liaison intégrés). C'est-à-dire analyser les retours d'expérience des premiers déploiements en opération du système (lunette de visée, optronique, alimentation...). A l'industriel de mener ces études et ces adaptations. Le jeu en vaut la chandelle pour un contrat d'environ 400 millions d'euros. D'autant qu'une arme adoptée par l'armée française constitue un gage d'excellence et un pub pour le marché mondial. " Depuis le Mali, l'image de l'infanterie française est énorme à l'étranger ", nous dit un officier qui vient de passer trois ans à l'OTAN.

On a présenté un peu vite comme futur vainqueur le HK 416 de l'Allemand Heckler & Koch. Parce qu'il est largement utilisé par les Forces spéciales françaises. C'est un avantage mais les FS ont des besoins et des emplois spécifiques, loin du quotidien du fantassin. Les Forces spéciales ne sont pas non plus " félinisées ".

Il faut également considérer les contextes politiques et économiques. Des contrats d'armement à destination du Qatar (des missiles antichars MILAN de MBDA) sont ainsi bloqués par nos voisins allemands... Tout peut jouer.

 

Les favoris et un Français ?

Le HK 416 d'Heckler & Koch reste dans le peloton des favoris. Comme le FN SCAR des Belges de la Fabrique nationale d'Herstal (à qui la France achète déjà ses mitrailleuses légères MINIMI et ses MAG 7.62). On peut citer l'AXR160 de l'Italien Beretta, les SIG SG 550 et 553 de Swiss Arms AG, le AUG A1 de l'Autrichien Steyr Mannlicher et son petit-cousin, le F90 de Thales, fusil développé par sa filiale australienne.

Une autre entreprise française, le réputé fabricant de fusils de chasse stéphanois Verney-Carron, se met sur les rangs en association à 60 % avec l'Israélien IWI (Israel Weapon Industry). Il propose le FAST (fusil d'assaut de Saint-Etienne, ce qui serait un sacré clin d'œil à l'histoire), dérivé du Galil et du Tavor d'IWI, sur base Kalachnikov.

Si le Français veut s'engager sur le marché de la Défense, sa candidature ne correspond pas à l'appel d'offre européen : on réclame un chiffre d'affaires de 80 millions d'euros par an (12 M€ pour Verney-Carron) et surtout, on demande des moyens de production situés et mis en œuvre actuellement sur le territoire de l'Union européenne ou de l'espace économique européen (même chose pour les sources d'approvisionnement pour les canons et les têtes de culasse, les chaînes d'assemblage).

Le Fusil d'assaut de Saint-Etienne serait pourtant un sacré hommage au FAMAS (Fusil d'assaut des manufactures d'armes de Saint-Etienne), conçu en 1973 et fourni aux armées françaises à partir de 1983 par MAS, puis GIAT-Industries (devenu Nexter). Une histoire qui accessoirement en dit long sur la désindustrialisation de la France...

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 13:40
Russie: les premiers missiles hypersoniques construits d'ici 2020

 

ZHUHAI (CHINE), 13 novembre - RIA Novosti

 

Les premiers missiles hypersoniques tirés depuis un aéronef pourront voir le jour en Russie d'ici six ans,  a annoncé jeudi Boris Obnossov, directeur général du consortium russe "Missiles tactiques" lors du salon aérospatial international AirShow China 2014.

 

"Selon mes estimations, les premiers missiles hypersoniques doivent voir le jour d'ici 2020. Nous en sommes proches. Il s'agit de missiles pouvant se déplacer à une vitesse de six à huit Machs (six à huit fois la vitesse du son, soit de 7.344 à 9.792 km/h, ndlr). Atteindre des vitesses encore plus élevées constitue un objectif plus éloigné dans l'avenir", a indiqué le responsable.

 

Selon lui, il s'agit avant tout de missiles tirés depuis un aéronef: ce dernier se déplaçant déjà à une certaine vitesse, cela permet  de lancer le statoréacteur.

 

Il a ajouté que les premiers vols hypersoniques pilotés n'auraient pas lieu avant 2030.

 

"J'estime que des vols hypersoniques pilotés ne seront possibles qu'entre 2030 et 2040", a dit le PDG russe.

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 12:50
MetOp-SG - Meteorological data across the entire globe

 

12 nov. 2014

 

MetOp-SG comprises two series of satellites, with three units in each series. The Satellite A series focuses on optical instruments and atmospheric sounders, while the Satellite B series focuses on microwave instruments. Both types will be based on Airbus Defense and Space’s Astrobus high-power satellite platforms. While the Satellite A series will be developed and built under the industrial lead of Airbus Defence and Space in Toulouse (France), the design and manufacture of the Satellite B series will be led by the company’s Friedrichshafen site in Germany.
More information: http://bit.ly/1ueWw8P

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 12:50
IFMS: The Interplanetary Smartphone Supporting the Rosetta Mission


12 nov. 2014 BAE Systems

 

As the Rosetta space probe prepares for its historic attempt to deploy a lander on comet 67P, we reveal the cutting edge technology pioneered by BAE Systems which makes the 1.3 billion Euro programme possible.

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 08:30
Canons Caesar - photo Nexter Systems

Canons Caesar - photo Nexter Systems

 

11 novembre Jean-Dominique Merchet - (Article paru dans L'Opinion du 5 novembre)

 

La France va livrer pour 3 milliards de dollars d'équipements militaires au Liban, menacé par la crise syrienne. Mais c'est l'Arabie saoudite qui règle la facture

 

Avec le «contrat-cadre» a été signé mardi 4 novembre au Palais royal de Riyad, la capitale de l'Arabie saoudite, le Royaume s'engage à verser trois milliards de dollars (2,4 milliards d'euros) à la France, une somme considérable qui servira à équiper les forces armées libanaises (FAL). Cet accord commercial inhabituel, en discussion depuis un an, traduit un «accord politique» sur «la stabilité du Liban à l'aune de la crise syrienne» explique-t-on à Paris. Ce «contrat d'aide à l'armée libanaise illustre la qualité exceptionnelle de la relation franco-saoudienne» s'est réjoui le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.

 

Submergé par plus d'un million de réfugiés syriens, traversé par les lignes de fractures entre sunnites et chiites, menacé par les groupes djihadistes liés à Daech, le Liban affronte aussi une crise de gouvernance : il est sans président de la République depuis le mois de mai et les députés, élus en 2009 pour quatre ans, ont décidé mardi de prolonger leur mandat jusqu'en 2017. Dans ce contexte, l'armée apparaît comme l'une des rares institutions garantes de la stabilité du pays, si ce n'est la seule. Et comme elle est sous-équipée et sous-entraînées, son renforcement est une priorité stratégique.

 

Le principe de l'accord triangulaire était acquis depuis la visite de François Hollande en Arabie saoudite, en décembre 2013. Depuis lors, des discussions se sont poursuivies, sous la responsabilité du ministère de la Défense, côté français. Après avoir traîné durant l'été, les négociations se sont débloquées avec l'aggravation de la crise régionale, en Irak et en Syrie. Mardi, le contrat a été signé par l'amiral Edouard Guillaud, patron de l'Odas, l'entreprise para-publique qui porte les contrats étatiques avec l'Arabie saoudite, et le ministre saoudien des finances Ibrahim al-Assaf. Le chef d'état-major libanais, Jean Kahwaji, a contre-signé le document. «Il reste du boulot, mais on peut espérer une entrée en vigueur du contrat avant la fin de l'année» assure un proche du dossier. Des discussions techniques et des marchandages sur le taux de change dollar/euro doivent se poursuivre au cours des six prochaines semaines, avant le premier versement. Les livraisons s'étaleront sur trois ans et les contrats de maintenance sur dix ans. Ce «plan d'équipement» s'accompagne d'un programme de formation opérationnelle des militaires libanais, confié à l'armée française – «un gros effort», reconnaît-on à Paris.

 

Les Saoudiens avaient deux exigences : des prix «raisonnables» et surtout, pas d'intermédiaires qui auraient pris leurs commissions au passage. On assure, de bonne source, que cette dernière clause a été respectée. Ensuite, les Libanais ont communiqué leur «shopping list» à la partie française. Au total, une vingtaine d'industriels français sont concernés par ce contrat, des grands (Thalès, Airbus, etc), mais également des PME. La liste des matériels en question n'est pas publique. On sait qu'y figurent des équipements terrestres (VAB, véhicules de transport, canon Caesar, missile antichar Hot, mortier, missile sol-air à très courte portée, etc), des hélicoptères (combat et transport), des patrouilleurs navals légèrement armés et du matériel de renseignement, de surveillance et de communication, dont des drones tactiques.

 

Une seule livraison souhaitée par le Liban a fait l'objet d'un veto français : des missiles antinavires Exocet. Ces engins, de peu d'usage contre les groupes terroristes, auraient en revanche menacé la marine israélienne au large des côtes libanaises. Pour des raisons d'argent, le Liban a renoncé à acquérir des missiles sol-air Crotale et des blindés lourds Leclerc ou VBCI. En effet, le contrat tripartite est loin de couvrir tous les besoins de l'armée libanaise qui s'élèvent à une douzaine de milliards d'euros. Ainsi, l'état-major libanais souhaite acquérir des chars de combat : il espérait acheter des Leopard 2 d'occasion mais s'est heurté au veto de Berlin. Paris était prêt à céder des Leclerc, mais leur coût d'achat et de maintenance s'est avéré trop élevé. Autre discussion compliquée, le type des patrouilleurs pour la marine : DCNS proposait des Gowind, construits à Lorient (chez le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian) alors que CMN de Cherbourg (chez le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve), qui l'a emporté, présentait des bateaux plus légers. Le fait que le patron de CMN, Iskandar Safa, soit franco-libanais, n'a sans doute pas joué en sa défaveur...

 

Ce contrat ne met pas fin au réarmement libanais, que ce soit l'armée ou les forces de sécurité intérieure (FSI). Ces dernières sont jugées moins impartiales et plus proches des sunnites que des chiites. Le milliard de dollars donné directement par l'Arabie saoudite à l'ancien premier ministre (sunnite) Saad Hariri devrait aller pour moitié au FSI. Les Américains fournissent eux aussi une aide militaire importante, alors que la Russie est prête à vendre des armes. Reste l'Iran, acteur capital de la scène politique libanaise via le Hezbollah, qui a proposé officiellement son aide. Fadi Assaf, analyste pour Middle East Strategic Perspectives, assure même que c'est un «feu vert» de Téhéran qui a finalement permis de débloquer le contrat entre le Liban et ses deux partenaires français et saoudiens.

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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 13:55
HEXATRUST et le GICAT s’associent pour promouvoir la filière française de cybersécurité à l’international

 

source GICAT

 

HEXATRUST et le Groupement des Industries françaises de défense et sécurité terrestres et aéroterrestres (GICAT) ont signé une convention de partenariat le 9 octobre 2014. Celle-ci vise à promouvoir l’activité nationale et internationale des entreprises française de la cybersécurité qu’ils représentent.
 

Les acteurs français jouissent d’une notoriété et d’un savoir-faire mondialement reconnu dans le secteur de la cybersécurité, un marché de dimension mondiale assorti d’un taux de croissance de l’ordre de 10% par an, très largement supérieur à la plupart des secteurs de l’économie. Les deux groupements, Hexatrust et le GICAT, ont respectivement pu fédérer les éditeurs de logiciel de référence, les startups et les industriels français, autour de valeurs communes telles que l’innovation et l’excellence. En vue d’améliorer la visibilité des entreprises françaises de la filière cybersécurité à l’international, les deux groupements ont décidé de renforcer leur collaboration autour d’un plan d’action orienté sur le soutien à l’export.

 
Ainsi, HEXATRUST et le GICAT œuvreront ensemble sur les aspects suivants :

  • L’élaboration d’une brochure capacitaire « Cybersécurité » orientée export.

  • La structuration de la filière industrielle nationale de cybersécurité. Cette contribution se concrétisera par l’association croisée du GICAT et d’HEXATRUST à leurs groupes de travail ou cercles respectifs.

  • Un plan d’actions spécifiques au soutien du développement international à travers la participation à des salons internationaux et de chasse en meute à l’export.

Les premières réalisations concrètes seront visibles dès 2015.
 
 « Le développement à l’export fait partie des priorités de la plupart des membres d’Hexatrust ce qui se traduit dans les chiffres puisqu’il représente 39% du volume de nos ventes soit 43 millions €. Nous avons donc tout naturellement adhéré à la proposition du GICAT d’œuvrer ensemble à l’accroissement de la visibilité de nos offres et de nos entreprises sur plusieurs marchés à la recherche d’offres alternatives européennes tels que le Moyen Orient, l’Afrique ou l’Asie du Sud Est. » salue Jean-Noël de Galzain, Président d’HEXATRUST. « Nous sommes également ravis de pouvoir entamer une collaboration avec les industriels du secteur de la Sécurité du GICAT sur les chantiers stratégiques de la filière Cybersécurité ».

 

A propos du GICAT :
Le GICAT est le groupement professionnel qui rassemble aujourd’hui près de 250 sociétés françaises de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres : principaux maîtres d’œuvres industriels, équipementiers, systémiers et un tissu de PME dynamiques et innovantes qui constituent environ 60 % de ses membres adhérents. Le GICAT fédère l’offre du secteur, nourrit sa réflexion, représente les intérêts de la profession, promeut l’offre française et la dynamise à l’export. Pour cela il conduit une politique active d’échanges avec les principaux interlocuteurs institutionnels et industriels concernés par le domaine.
Depuis 2011, le GICAT a progressivement étendu son périmètre et ses actions au domaine de la sécurité terrestre et aéroterrestre, en cohérence avec les attentes du marché et des enjeux. Il soutient notamment activement ses membres à l’export en les accompagnant sur des salons à l’étranger et en promouvant leur savoir-faire à travers des brochures capacitaires (Gestion des foules, Situations d’urgence, etc.)

 
A propos d’HEXATRUST :
L’association HEXATRUST a été créée par Wallix, OpenTrust, Deny All, Ilex, Netheos, The GreenBow, In-Webo, Olfeo, Brainwave, VadeRetro Technology et Bertin Technologies pour proposer aux entreprises et aux organismes publics de toute taille, une gamme de produits et de services performante, cohérente et complète de sécurisation des infrastructures critiques.
Cette alliance répond aux besoins des Entreprises, des Administrations et des organisations publiques et privées de toute taille, soucieuses de bénéficier d’offres innovantes d'origine française, couvrant l’ensemble de leurs besoins en matière de sécurité informatique. Forts de leur implantation sur le marché européen, les membres d’Hexatrust ont également pour ambition d’accélérer leur développement international en partageant leur expérience, leurs réseaux et leurs moyens d'accès aux marchés mondiaux.

Hexatrust agira en coopération étroite avec les organisations professionnelles, les groupements d'utilisateurs et les acteurs institutionnels qui œuvrent pour renforcer la filière de Cybersécurité et de Confiance Numérique, en soutenant le développement de PME d’innovation et de croissance, futures championnes de la sécurité des systèmes d’information.
Hexatrust comprend à ce jour 18 membres.

 

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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 13:25
Le GICAT présent au Salon ExpoDefensa à Bogota

 

05/11/2014 GICAT

 

Du 28 au 31 octobre 2014, le GICAT était présent sur le Salon ExpoDefensa de Bogota (Colombie). Le Groupement a fédéré un le Pavillon France avec notamment la présence de Nexter, GAVAP ou encore CILAS.

 

Cette visibilité a permis aux industriels de rencontrer des délégations officielles (Défense et Sécurité) et mieux cerner les besoins des forces armées et forces de l'ordre de ce continent en plein développement.

 

A cette occasion, le ministre de la Défense colombien, Juan Carlos Pinzon, a officiellement annoncé le partenariat entre CORFERIAS, CODALTEC et le COGES. A partir de 2015, le COGES sera donc co-organisateur du Salon ExpoDefensa.

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 17:50
AviGuide - Head-Up Display


11 nov. 2014 Saab

 

New generation Head-Up Display for helicopters that allows an easy installation due to it compact on-axes solution. Increases the situational awareness and can be integrated with Enhanced Flight Vision System (EFVS).

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 17:40
BPC Vladivostok au premier plan et en fond (près des grues jaunes) son sister-ship, le Sébastopol.

BPC Vladivostok au premier plan et en fond (près des grues jaunes) son sister-ship, le Sébastopol.

 

BRUXELLES, 10 novembre - RIA Novosti

 

La question de livraison des porte-hélicoptères Mistral construits par la France pour Moscou doit être décidée "par les parties impliquées", a déclaré à RIA Novosti une source au sein de l'Alliance atlantique.

 

Auparavant, plusieurs médias occidentaux ont rapporté qu'un groupe de congressistes américains avaient adressé une lettre au secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg invitant l'Alliance à racheter à la France les porte-hélicoptères de classe Mistral commandés par la Russie, ou à les prendre à bail.

 

"Nous pouvons confirmer que le SG de l'Otan a reçu cette lettre. Il s'agit d'une affaire concernant les parties impliquées", a indiqué l'interlocuteur de l'agence s'exprimant sous couvert de l'anonymat.

 

Selon la source, l'Otan "s'attend à ce que tous les alliés adoptent les décisions au niveau national en tenant compte du contexte actuel des relations entre l'Otan et la Russie".

 

L'idée d'acheter ou de prendre à bail les bâtiments de projection et de commandement (BPC) construits en France pour la Russie avait déjà été suggérée par des congressistes américains à l'ex-secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen. Formulée fin mai, cette initiative n'a pas trouvé d'écho au sein de l'Alliance atlantique. L'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Otan, Lewis Douglas, a alors déclaré que l'Alliance n'avait pas intérêt à acheter ces BPC.

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 13:55
Aujourd'hui, le déminage est un business : un tiers des obus de 14-18 n'ont pas explosé..

 

10 novembre 2014 par Ludovic Dupin - L'Usine Nouvelle n° 3375

 

Le centenaire de la Grande Guerre n’est pas qu’une affaire de commémorations. Les conflits ont laissé des souvenirs explosifs dans le sous-sol français.

 

A chaque guerre, ses tristes souvenirs. Obus, grenades, bombes et autres engins de destruction restent encore très présents sur le territoire français, enfouis ici ou là. La guerre de 1870 a ainsi frappé le sud de Paris, quand les Prussiens ont assiégé les forts de Vanves et d’Issy-les-Moulineaux. La Grande Guerre a laissé des millions de munitions enterrées dans le nord-est : près de 30% du milliard d’obus tirés pendant le conflit n’ont pas explosé. Entre 1939 et 1945, les bombardements allemands, puis alliés, ont visé des villes et des points stratégiques (aéroport, ports, usines…). On retrouve même des boulets explosifs datant du Premier Empire !

 

Suite de l’article

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 12:50
Type 26 Global Combat Ship GCS (BAE Systems) - FREMM (DCNS)

Type 26 Global Combat Ship GCS (BAE Systems) - FREMM (DCNS)

 

10 novembre 2014 Le Portail des Sous-Marins

 

Certaines sources suggèrent que la Grande-Bretagne pourrait s’intéresser aux frégates FREMM construites par la France et l’Italie pour remplacer ses frégates Type 23 vieillissantes. Le Premier Lord de la Mer, l’amiral Sir George Zambellas, n’a pas écarté une solution non-britannique dans un entretien publié le 27 octobre dernier.

 

Suite aux problèmes que rencontre la Grande-Bretagne pour éliminer les facteurs de risque dans le contrat de construction des frégates Type 26, une autre possibilité intrigante pour la conception des frégates est apparue après que l’amiral Zambellas ait semblé suggérer que la solution pour la Royal Navy pourrait ne pas venir de Grande-Bretagne.

 

« Le processus de négociation cherche une solution : être capable de nous donner ce dont nous avons besoin. La question du prix qui découle de cela, dépend du mieux que les industriels peuvent livrer. Vous remarquerez que je n’ai pas nécessairement dit que c’est l’industrie britannique, parce que la décision n’a pas été prise de définir quelle sera la réponse aux spécifications. Nous attendons de voir ce qu’il va en sortir, » a déclaré l’amiral Zambellas. « La Royal Navy sait ce qu’elle veut. Elle veut une plateforme crédible avec un rayon d’action global et le type de qualité, en particulier dans le domaine ASM, pour nous maintenir au maximum. »

 

Des responsables du ministère ont rejeté l’idée que la Grande-Bretagne puisse envisager la FREMM pour respecter les spécifications du Type 26.

 

« Le ministère s’en tient au Type 26. Le programme est actuellement au stade de maturation de la conception, » a indiqué un responsable.

 

Un autre dirigeant approché la semaine dernière, a indiqué que le sujet était « trop sensible pour qu’on en parle. »

 

Peter Roberts, spécialiste au Royal United Services Institute, explique que « le ministère se mettrait dans une position difficile s’il confiait la construction des frégates à un chantier étranger. Utiliser une frégate conçue à étranger serait une évolution majeure pour la Royal Navy et le gouvernement. »

 

Un responsable a précisé que la Grande-Bretagne pourrait envisager de comparer les points forts et les points faibles de la Type 26 à ceux de la FREMM.

 

On ignore le cout de la Type 26. Un rapport du Sénat indique que le cout d’une FREMM est de 605 millions €, hors cout de développement.

 

Référence : Defense News (Etats-Unis)

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 12:20
Canadian air force CF-18 Hornet - Exercise Vigilant Eagle 13

Canadian air force CF-18 Hornet - Exercise Vigilant Eagle 13

 

10 novembre 2014 - Marc-André Houle* - ledevoir.com

 

Au Québec, comme au Canada, les débats concernant la Défense nationale se concentrent généralement sur le déploiement des troupes à l’étranger et sur l’opportunité de faire certaines acquisitions de matériel militaire. L’apport de la défense au développement économique des régions canadiennes est ainsi occulté.

 

L’acquisition de matériel militaire représente pourtant des investissements se comptant souvent en centaines de millions, voire en milliards de dollars. En examinant la répartition des contrats émanant du ministère de la Défense nationale, force est de constater que le Québec a de plus en plus de difficulté à bénéficier des investissements canadiens en défense. Alors qu’il récoltait autour de 30 % de l’ensemble des contrats militaires en 2001, on remarque que cette part n’a cessé de fondre pour chuter sous la barre des 20 % en 2012.

 

En somme, les entreprises québécoises ont été incapables de profiter de la période de réinvestissement militaire de la décennie 2000. Cette situation n’est pas sans rappeler un contexte similaire, au début des années 1980, alors que plusieurs programmes d’acquisition multimilliardaires, comme les frégates destinées à la Marine canadienne ainsi que les chasseurs CF-18, ceux-là mêmes qu’on souhaite aujourd’hui remplacer, avaient été lancés par Ottawa et où le Québec n’avait pas été en mesure de bénéficier pleinement des investissements associés à ces projets.

 

Pourquoi le Québec ne réussit-il pas à profiter des investissements en achat de matériel de défense ? Une partie de la réponse tient au fait qu’il s’est spécialisé au fil du temps dans les activités d’entretien d’équipement. Ainsi, quand le gouvernement fédéral investit dans les acquisitions, les entreprises québécoises n’arrivent pas à capter davantage de contrats de fabrication et sa part des retombées tend à diminuer par rapport à l’Ontario, les Maritimes et les provinces de l’Ouest. En contrepartie, quand les budgets d’acquisition diminuent ou stagnent, comme ce fut le cas pendant les années 1990, la valeur des contrats acheminés au Québec demeure sensiblement la même, mais sa proportion des retombées tend à augmenter.

 

D’autres facteurs permettent d’expliquer cet état de fait. D’une part, il y a belle lurette déjà que les milieux politiques et économiques ne se sont pas mobilisés pour réclamer de manière concertée des retombées de la défense au gouvernement fédéral. D’autre part, et pour toutes sortes de raisons, les Québécois en général ne s’associent pas naturellement aux affaires militaires, ce que la vive opposition manifestée face au déclenchement de la guerre en Irak, le faible taux d’approbation envers la mission en Afghanistan, voire les réactions négatives vis-à-vis le remplacement des chasseurs tend à confirmer.

 

Quoi qu’on en pense, le gouvernement demeure sensible à cette donnée quand vient le temps d’attribuer ses juteux contrats. Surtout, Ottawa a mis en branle il y a quelques années une réforme de la Politique des retombées industrielles et régionales (RIR) qui est le principal levier de l’activité économique de défense au Canada.

 

Les changements qui définissent cette réforme mettent l’accent sur le développement et la consolidation de la base industrielle de défense au pays et ce, au détriment de la régionalisation des retombées économiques, objectif premier de la politique lors de son adoption en 1986. Cette refonte a ainsi pour effet d’avantager l’Ontario, premier pôle industriel de défense au pays, mais également les régions de l’Est et de l’Ouest comme l’a notamment démontré l’attribution récente des contrats des navires fédéraux aux chantiers de Vancouver et de Halifax et l’exclusion du chantier maritime Davie de Lévis.

 

De sérieux doutes peuvent être émis quant à la capacité du Québec d’améliorer substantiellement sa performance sur le plan des retombées de la défense dans un avenir rapproché. Quoi qu’il advienne, il ne faut pas perdre de vue que les programmes d’acquisition d’armements du gouvernement fédéral sont financés par l’ensemble des contribuables canadiens et il est dans l’ordre des choses que les Québécois puissent bénéficier, tout comme les citoyens des autres régions canadiennes, des investissements en défense.

 

Dans ces conditions et dans un contexte où les ressources financières et économiques se font de plus en plus rares, le gouvernement québécois aurait tout avantage à tabler sur une nouvelle stratégie afin d’obtenir d’autres formes d’investissements, civiles plutôt que militaires, qui seraient plus structurantes pour son économie. Par exemple, Québec pourrait s’assurer d’obtenir sa juste part des retombées de la défense en demandant certaines compensations financières visant à relancer l’industrie manufacturière des régions québécoises en difficulté, à développer son secteur énergétique ou encore à mettre en oeuvre une stratégie d’électrification des transports.

 

Des négociations en ce sens devraient être entreprises rapidement avec Ottawa. Il s’agirait dès lors d’un tout nouveau chapitre dans l’histoire des retombées de la défense au Québec ainsi qu’une occasion pour le gouvernement libéral de démontrer une forme de leadership à la fois en matière économique et de relations avec le gouvernement fédéral.

 

* Candidat au doctorat, Chaire de recherche du Canada en études québécoises et canadiennes (CREQC), Département de science politique, UQAM

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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 12:30
L’histoire secrète du mégacontrat d’armement français au Liban

L'armée libanaise est déjà équipée d'hélicoptères Gazelle. Le contrat signé avec la France va lui permettre d'étoffer sa flotte et plus largement son arsenal. photo armyrecognition.com

 

07-11-2014 Par Vincent Lamigeon -  Challenges

 

La France va livrer à l'armée libanaise pour 2,4 milliards d'armement, soit l'équivalent d'un tiers de ses exportations annuelles. Un contrat financé par l'Arabie saoudite et regardé de près par Israël.

 

Cette fois, c’est signé. Le ministère saoudien des finances et la société française d’exportation d’armement ODAS ont paraphé mardi 4 novembre l’énorme contrat de livraisons d’armements français au Liban, un accord destiné à renforcer les forces libanaises face au risque de contagion de la crise syrienne. Les premiers équipements seront livrés dès le premier trimestre 2015.

 

Les dernières, celles des hélicoptères, auront lieu fin 2018. Le contrat prévoit notamment la vente de véhicules de l’avant blindés (VAB) MkIII et des véhicules blindés légers (VBL) de Renault Trucks Défense, des navires patrouilleurs de CMN, des missiles Mistral, des canons Caesar, des hélicoptères Gazelle et Cougar, mais aussi des drones tactiques, très probablement les SDTI de Sagem.

 

Un financement saoudien

 

Original, ce contrat l’est à plusieurs titres. Par sa taille, d’abord : avec 3 milliards de dollars (2,4 milliards d’euros), il représente à lui seul un tiers des exportations d’armement annuelles françaises (6,9 milliards d’euros en 2013). Mais c’est surtout le caractère tripartite de l’accord qui le rend unique : c’est bien l’Arabie saoudite, soucieuse de renforcer les forces libanaises face à Daesh mais aussi face au Hezbollah, qui finance leur modernisation avec des équipements français.

 

L'accord, forcément complexe, a été long à se dessiner. "Les Saoudiens ont mis des exigences claires : ils ne voulaient pas de déperdition d’argent, et ont insisté pour que la France assure la formation opérationnelle des forces libanaises, au-delà de la formation technique effectuée par les industriels", explique-t-on de source proche du dossier. En intégrant la formation et le soutien, l’accord implique ainsi la France sur une dizaine d’années.

 

Une véritable course contre la montre

 

La signature de l'accord est l'épilogue -même si les derniers ajustements techniques doivent être réglés dans les trente jours – d'une négociation de presque un an. L'idée d'un renforcement de l'armée libanaise émerge en octobre 2013, lors d'un entretien entre le roi Abdallah d’Arabie Saoudite et le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian. Deux mois plus tard, la décision formelle de ce contrat tripartite est prise lors de la visite de François Hollande à Riyad : l'Arabie saoudite financera un colossal plan de modernisation de l'armée libanaise de 3 milliards de dollars. La France fournira les équipements et la formation.

 

C'est le début d'une véritable course contre la montre. Définie en partant d'un plan d'équipement publié par l'armée libanaise de 2013, la liste de matériels prend peu à peu forme entre février et mars 2014. Blindés, artillerie lourde, moyens anti-chars, patrouilleurs, hélicoptères de transport et de combat, systèmes de commandement et de communication... Les débats font rage entre les partenaires, le chef d'état major de l'armée libanaise Jean Kahwaji faisant régulièrement part de son impatience. Des intermédiaires locaux tentent de s'inviter à la table des négociations, sans succès. En avril, la "shopping list" est enfin validée à Riyad.

 

Les Israéliens très attentifs à l'arsenal livré

 

L'interface avec les industriels est toute trouvée : l'organisme ODAS, codétenu par l’État français et les industriels de la défense, créé à l'origine pour représenter la France dans les grandes ventes d'armes en Arabie Saoudite. Dirigé par l'ancien chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud, ODAS se charge de conduire l'opération, avec des appels d'offres express adressés aux industriels. En un mois, une vingtaine de sociétés sont sélectionnées. Reste à obtenir l'aval du ministère des finances saoudien : l'accord est trouvé en juillet, juste avant la grande coupure du Ramadan. Si le montant de 3 milliards est confirmé, sur demande expresse saoudienne, l'armée française sera mise à contribution, aux frais de la France, pour la formation opérationnelle de son homologue libanaise.

 

En coulisses, les tractations se succèdent. L'Iran, soutien du Hezbollah libanais, suit avec attention l'avancée du processus. Israël regarde aussi avec inquiétude les négociations franco-saoudo-libanaises, pressant Paris de limiter la liste des équipements français transférés, notamment les missiles, craignant qu'ils puissent être récupérés par le Hezbollah. «"Israël est un pays ami de la France, ses questions sont légitimes, mais cela n'a modifié en rien le projet", assure une source proche du ministère de la défense.

 

Après des semaines de doutes, le contrat est finalement signé le 4 novembre à Riyad entre l'Arabie Saoudite et ODAS, en présence du chef d'état-major de l'armée libanaise. Les premières livraisons concerneront des véhicules terrestres d'occasion de l'armée française, dès le premier trimestre 2015.

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 17:55
Parrot présente son Bebop Drone, piloté à longue distance

 

07 novembre 2014 Romandie.com (AFP)

 

Paris - Le français Parrot qui ambitionne de devenir un des protagonistes du marché des drones, a présenté vendredi son dernier-né, le Bebop Drone, un quadricoptère de loisir équipé d'une caméra de haute résolution, qui peut être piloté depuis une distance maximale de deux kilomètres.

 

Le Bebop Drone relève plusieurs défis: bien se comporter en vol, filmer en 1080 pixels (haute résolution, ndlr) de manière stabilisée, le tout dans un format 25% plus réduit que l'AR.Drone, le best-seller de Parrot déjà vendu à plus de 700.000 exemplaires dans le monde, a annoncé vendredi Henri Seydoux, le PDG du groupe.

 

Il peut être piloté sur une très longue distance, jusqu'à 2 kilomètres, grâce à une télécommande baptisée Skycontroller. Cette distance est toutefois théorique puisqu'elle dépend des limites imposées par les réglementations nationales.

 

Interrogé sur la question des drones ayant récemment survolé des centrales nucléaires en France, M. Seydoux a rappelé que la réglementation dans l'Hexagone est bien définie et n'autorise pas de telles pratiques.

 

On n'a pas le droit de faire voler (un drone) au-dessus d'un endroit habité, des aéroports et des centrales nucléaires, a-t-il souligné, lors de la présentation à la presse.

 

Le groupe, qui est également présent sur le segment des drones professionnels, ambitionne de devenir un des leaders du secteur, a expliqué à l'AFP le PDG de Parrot.

 

L'objectif, c'est de développer l'entreprise comme un leader des drones et des micro-drones, qui sont des marchés globaux, a-t-il déclaré=.

 

Le chiffre d'affaires drones (10,5 millions d'euros au premier semestre 2014 sur près de 100 millions au total) de Parrot est réalisé à 80% dans les loisirs et à 20% sur le marché professionnel. Le groupe est principalement présent en Europe et aux Etats-Unis.

 

Le nouvel engin de Parrot, vendu entre 499 et 899 euros, est un condensé de technologies.

 

Il mesure seulement 37 cm sur 23 pour une hauteur de 19 cm et pèse au maximum 410 grammes avec sa carène de protection.

 

Il se pilote sur une distance de 250 mètres par Wi-Fi via une application de pilotage gratuite, FreeFlight 3.0, pour Smartphones et tablettes iOS, Android et Windows Phone. Avec la possibilité de le contrôler depuis une distance encore plus grande.

 

Parrot offre aussi une compatibilité de son drone avec des lunettes subjectives (FPV, First Person View) qui une fois connectées en HDMI, offrent une vue immersive du vol, comme si le pilote était physiquement aux commandes.

 

Avec le Skycontroller, nous entrons dans une nouvelle dimension, celle du pilotage immersif et de haute précision, a fait valoir Henri Seydoux.

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 17:50
Madame C-F Arnould (au milieu) avec les représentants de MARSUR - Photo Jürgen Vandaele

Madame C-F Arnould (au milieu) avec les représentants de MARSUR - Photo Jürgen Vandaele

 

04/11/2014 Hubert Rubbens – MIL.be

 

Du 27 au 31 octobre, la Composante Marine belge était présente à la 24ème édition du salon maritime Euronaval à Paris. Elle y était représentée par le Capitaine de corvette Jurgen Van Daele.

 

Parmi les stands, le chantier naval SOCARENAM présentait le modèle du nouveau patrouilleur belge Castor avec l'étendard de la Marine belge.

 

En marge du salon, Claude-France Arnould, directrice de l'European Defence Agency (EDA) tenait également le groupe de travail MARSUR (maritime surveillance). Ce réseau compte dix-sept pays de l'Union européenne qui s'échangent régulièrement des informations. Le projet de l'EDA a démarré il y deux ans et rend possible l'échange afin de créer une image globale du trafic maritime européenne.

 

MARSUR est un exemple marquant de l'efficacité du système de partage et de canalisation des capacités. Le réseau est maintenant prêt à être utilisé par les différentes marines européennes. Dans notre pays, le Carrefour d'informations maritimes (CIM) de Zeebruges emploiera également cet outil, pour les besoins nationaux.

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 16:55
Armement : le contrat Scorpion enfin dompté

L'armée de terre doit acquérir 92 VBMR au cours de la période de la loi de programmation militaire (LPM) sur un objectif de 2.080 blindés

 

05/11/2014 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Les trois industriels participants au programme Scorpion (Nexter, Renault Trucks Défense, Thales) et la direction générale de l'armement (DGA) ont signé le contrat. Une commande de 6,5 milliards d'euros sur 18 ans.

 

Selon des sources concordantes, les trois industriels participants au programme Scorpion (Nexter, Renault Trucks Défense, Thales) et le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, ont signé le contrat. Un programme très important dans le cadre de la modernisation des équipements de l'armée de terre d'une valeur de 6,5 milliards d'euros sur une période de 18 ans. Le contrat est actuellement à l'étude à Bercy et devrait être notifié d'ici à la fin de l'année, vraisemblablement début décembre comme le souhaiterait le ministère de la Défense.

Le programme Scorpion, qui a pour objectif de renouveler et moderniser les moyens des Groupements tactiques interarmes (GTIA) de l'armée de terre, est crucial pour Nexter ainsi que la filière de l'armement terrestre : 6,5 milliards sur 18 ans, dont 1 milliard dans l'actuelle loi de programmation militaire (LPM). Avec ce programme, Nexter devrait empocher environ la moitié des 6,5 milliards d'euros pour le développement et la fabrication de 2.080 véhicules blindés multirôles (VBMR), un véhicule 6x6 de 18-19 tonnes, et de 248 Engins blindés de reconnaissance et de combat (EBRC) ainsi que des tranches de soutien. La part de Renault Trucks Défense (RTD) devrait s'élever quant à elle entre 2,4 et 2,8 millliards d'euros.

 

Scorpion, un programme dédié à l'armée de terre

Le cœur du programme Scorpion permettra l'intégration de tous les systèmes d'information existant actuellement en un seul. Il deviendra à terme le système des systèmes d'information permettant à tous les éléments du GTIA de dialoguer selon un même langage et une même procédure. Mais c'est aussi une nouvelle génération de systèmes d'armements comme le successeur des antiques VAB (Véhicule de l'avant blindé), "le chameau" de l'armée de Terre vieux de 40 ans en 2016.

Ainsi, le Véhicule blindé multirôles (VBMR), un véhicule 6x6 de 18-19 tonnes, vaudra grand maximum 1 million d'euros TTC l'unité, hors tourelleau. L'armée de terre doit acquérir 92 VBMR au cours de la période de la loi de programmation militaire (LPM) sur un objectif de 2.080 blindés au total. Ils seront livrés à compter de 2018. En novembre 2011, Nexter Systems et Renault Trucks Defense avaient conclu un accord de coopération en vue d'apporter une solution unique lors de la consultation pour le programme VBMR, destiné à assurer le rééquipement des forces françaises en véhicules blindés multi-rôles de classe moyenne.

 

Modernisation des chars Leclerc

Elle doit également disposer des EBRC, qui sera équipé, avait précisé en juin dernier le ministre de la Défense, "du nouveau missile moyenne portée (...), le MMP et du canon de 40 mm télescopé", pour renouveler l'actuel parc de véhicules blindés AMX 10RC, ERC 90 et VAB Hot. L'objectif à terme est fixé à 248 pièces.

Scorpion prévoit également la modernisation de 200 chars Leclerc avant 2025. Car, selon Jean-Yves Le Drian, Scorpion "permettra de maintenir la capacité du char Leclerc jusqu'en 2040, en l'intégrant à la manœuvre des GTIA". Un marché qui devrait être passé en 2015. Enfin, les premiers missiles MMP, fabriqués par MBDA, devraient être livrés en 2017 de façon à éviter une rupture capacitaire dans le domaine des missiles tactiques du combat débarqué.

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 14:50
En attendant la lune de miel, Paris et Londres se fiancent dans l'aviation de combat

Défense -  Images de synthèse du concept SCAF (Système de Combat Aérien Futur). (Crédits : Dassault Aviation)

 

07/11/2014 Michel Cabirol – laTribune.fr

 

Paris et Londres ont donné le coup d'envoi à des études industrielles pour un futur drone aérien de combat franco-britannique à l'horizon 2030. Dassault Aviation et BAE Systems vont coopérer sur ce projet qualifié "d'historique".

 

Pour une fois, ne boudons pas le plaisir d'une coopération européenne dans le domaine de la défense a fortiori franco-britannique. De voir la France et la Grande-Bretagne, et plus précisément BAE Systems et Dassault Aviation, travailler ensemble sur ce que pourra être l'aviation de combat du futur a été qualifié "d'historique" par plusieurs hauts responsables franco-britanniques à l'occasion mercredi d'une cérémonie célébrant la remise du contrat aux deux avionneurs dans le cadre des traités militaires de Lancaster House, conclus entre les deux pays en 2010.

"Nous sommes dans une situation qu'on aurait qualifiée de quasi-miraculeuse il y a quelques années : on a réuni six immenses industriels français et britanniques autour d'un même projet", a rappelé le Délégué général pour l'armement (DGA) Laurent Collet-Billon, qui a beaucoup mouillé sa chemise pour la réussite de cette coopération. Outre BAE Systems et Dassault Aviation, font partie de l'équipe historique les deux motoristes Snecma et Rolls-Royce, et les deux électroniciens Thales et Selex UK. "Aujourd'hui, la France et la Grande-Bretagne décident de préparer ensemble l'avenir de leur aéronautique de combat", a assuré le PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier. Ce contrat représente "une étape importante pour les deux pays et pour les deux industriels",  a confirmé le patron de BAE Systems, Ian King.

Mais il convient de rester mesuré. Car ce contrat de 150 millions d'euros portant sur une étude conjointe de faisabilité du Système de combat aérien futur (SCAF) ne court que sur deux ans. Après, advienne ce qui pourra... D'ailleurs, le patron de l'armement du ministère britannique de la Défense, Bernard Gray, a fait preuve d'honnêteté en expliquant que "nous devons comprendre où va nous emmener cette coopération et les technologies qui vont émerger. Nous allons évaluer la situation au fur et à mesure".

 

Deux ans, c'est court !

Deux ans, c'est à la fois long et court pour les deux seuls avionneurs européens à avoir gardé des compétences dans la maîtrise d'œuvre d'un avion de combat, même si BAE Systems doit aussi se reposer aujourd'hui sur certaines expertises américaines. Ce qui n'est pas encore le cas pour Dassault Aviation qui développe et fabrique le Rafale en franco-français. Les six industriels ont deux ans pour apprendre à travailler ensemble et pourquoi pas réaliser un démonstrateur opérationnel d'un drone de combat qui pourrait être prêt début 2017. C'est donc très court. Car comme l'a rappelé Laurent Collet-Billon, "le programme est chargé". Mais, a assuré le patron de BAE Systems, Ian King, "nous relevons le défi".

Cette étude portera "plus particulièrement sur les architectures de drones de combat, sur certaines technologies clés et sur la définition des moyens de simulation destinés à valider les choix techniques et les concepts d'emplois", selon la direction générale de l'armement (DGA). Plus précisément des technologies clés en termes de furtivité, d'aérodynamique, de liaisons de données sécurisées ou d'emport d'armement en soute. "Nous allons développer des compétences et des technologies innovantes de premier plan que peu de pays maîtrisent aujourd'hui", a assuré le Délégué général.

 

Prochaine étape, un démonstrateur ?

A l'issue de cette étude, "des travaux pourraient débuter pour développer un démonstrateur technologique d'UCAS (Unmanned Combat Air System, drone de combat aérien, ndlr) à même de répondre aux futurs besoins militaires des deux nations", a indiqué pour sa part Dassault Aviation. Pour faire simple, ce projet de démonstrateur préfigure de ce que sera l'aviation du combat européenne en terme de capacité et sur le plan industriel après le Rafale et l'Eurofighter. Soit après 2030/2035. En tout cas, Paris considère que cette coopération est "stratégique et doit s'inscrire sur le long terme", assure Laurent Collet-Billon.

Ce projet d'UCAS doit déjà faire l'objet d'un "nouveau round de négociations" entre BAE Systems et Dassault Aviation, a rappelé Eric Trappier. Car "cette phase de faisabilité, cette première pierre, n'a de sens que si elle la première étape d'un processus qui doit nous conduire au lancement d'un programme". Soit ce fameux démonstrateur d'UCAS commun franco-britannique. Un programme qui sera peut-être le début de la dépendance mutuelle entre la France et la Grande-Bretagne en matière d'aviation de combat. Ce qui serait un changement de doctrine pour la France. Pour l'heure, les deux pays ont toutefois convenu d'investir séparément 50 millions d'euros chacun sur ce projet.

 

Quid du Neuron et du Taranis ?

Dassault et BAE Systems ont déjà développé séparément un démonstrateur de drone de combat, Neuron et Taranis. Le Neuron est un démonstrateur servant à tester et développer des technologies qui pourraient servir un jour à un avion de combat sans pilote qui équiperait les forces aériennes européennes à l'horizon 2030. Le programme Neuron associe la France, l'Italie, la Suède, l'Espagne, la Grèce et la Suisse. Sous la maîtrise d'œuvre de Dassault Aviation, le programme a été construit "pour fédérer les compétences et les savoir-faire" d'Alenia Aermacchi (Italie), Saab (Suède), EADS-Casa (Espagne), HAI (Grèce), Ruag (Suisse) et Thales (France). De son côté, BAE Systems a développé le Taranis, avec Rolls Royce, GE Aviation et QinetiQ.

Quid des partenariats noués avec des industriels européens dans le cadre de ces programmes ? Neuron a une vie "parallèle", explique Laurent Collet-Billon. Le contrat tel qu'il a été signé entre la France et la Grande-Bretagne concerne Dassault Aviation et BAE Systems et leurs principaux fournisseurs. Pas plus. "C'est une autre aventure", précise-t-il. Mais la suite de l'histoire "reste à déterminer" et est "ouverte aux partenariats". "Nous industriels, si les États se mettent d'accord sur des partenariats, on sait faire", a estimé Eric Trappier. La preuve, le Neuron !

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 12:40
BPC Vladivostok photo Marine Nationale

BPC Vladivostok photo Marine Nationale

 

MOSCOU, 7 novembre - RIA Novosti

 

Huit membres du Congrès américain ont adressé une lettre au secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg invitant l'Alliance à racheter à la France les porte-hélicoptères de classe Mistral commandés par la Russie, a annoncé le site d'information EUobserver.

 

Selon les congressistes, une telle solution allégerait les pertes financières de Paris.

 

Le 6 novembre, le premier ministre Manuel Valls a déclaré que la livraison de ces bâtiments de guerre à la Russie était pour le moment impossible.

 

"Vous connaissez la position française. Aujourd'hui les conditions ne sont pas réunies pour leur livraison à la Russie", indiqué le chef du gouvernement français.

 

Selon un représentant d'une structure russe chargée de la coopération technico-militaire, la France pourrait différer de trois mois la livraison du premier porte-hélicoptères à la Russie. Il a fait savoir que le contrat signé avec les autorités françaises prévoyait cette possibilité et que ce retard n'entraînerait aucune pénalité.

 

L'idée d'acheter ou de prendre à bail les bâtiments de projection et de commandement (BPC) construits en France pour la Russie avait déjà été suggérée par des congressistes américains à l'ex-secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen. Formulée fin mai, cette initiative n'a pas trouvé d'écho au sein de l'Alliance atlantique. L'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Otan, Lewis Douglas, a alors déclaré que l'Alliance n'avait pas intérêt à acheter ces BPC.

 

Cet avis est partagé par les experts persuadés que l'Alliance n'a pas besoin de ces bâtiments premièrement parce qu'elle n'a pas d'argent pour les exploiter et deuxièmement, parce qu'ils sont conçus pour accueillir des hélicoptères et des moyens de débarquement uniquement russes.

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 11:55
CEMA : ouverture d’un séminaire Armées – Industries

 

06/11/2014 Sources : État-major des armées

 

Le 5 novembre 2014, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA) s’est adressé aux industriels de la Défense dans le cadre d’un « séminaire de retour d’expérience Armées – Industries » organisé à l’initiative de l’Etat-major des armées et de la Direction générale de l'armement.

 

Organisé à l’Ecole militaire, en présence du délégué général pour l’armement (DGA), l’ingénieur général hors classe de l’armement Laurent Collet-Billon, ce séminaire visait à réunir les acteurs de l’industrie de défense qui pourvoient à l’équipement de nos forces en opérations.

 

Dans un contexte d’engagement opérationnel particulièrement soutenu, alors que les contraintes budgétaires restent fortes, le CEMA a mis en avant l’importance du dialogue engagé avec les industriels, soulignant  « notre volonté commune d’offrir à notre pays le meilleur outil de défense possible ».

 

Ce séminaire a donc permis d’envisager les orientations possibles pour adapter au mieux les équipements de nos armées  aux missions opérationnelles qui leurs sont confiées.  A cette occasion le général de Villiers a tenu à rappeler la solidité de la plateforme industrielle française, mettant en avant l’étendue de ses savoir-faire et de ses compétences. Il a enfin rappelé  l’importance du trinôme Armées – DGA – Industrie, dont le fonctionnement doit permettre de « trouver les solutions les plus adaptées pour gagner en opération ».

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