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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 13:30
L'Italie va envoyer 450 militaires protéger le barrage de Mossoul

 

16 décembre 2015 Romandie.com (AFP)

 

Rome - L'Italie compte envoyer 450 militaires autour du barrage de Mossoul, près de la ville du nord de l'Irak occupée par l'organisation Etat islamique (EI), pour protéger le chantier de consolidation confié à une entreprise italienne, a annoncé le chef du gouvernement, Matteo Renzi.

 

Nous le ferons, si le Parlement donne son accord. Parce que l'Italie ne se défile pas devant ses responsabilités. Elle n'accepte pas de se détourner de la douleur du monde. Elle est présente, et forte, et solidaire, a expliqué M. Renzi mercredi matin devant la chambre des députés.

 

Malgré un contingent de 750 militaires déjà présents en Irak, l'Italie est restée en retrait de la coalition anti-EI en Irak et en Syrie, refusant de participer aux bombardements qu'elle considère contre-productifs en l'absence d'une stratégie à long terme.

 

L'Italie ne va pas bombarder à droite à gauche simplement parce qu'elle a besoin d'apparaître plus forte que ce que pensent les autres. Nous n'avons pas de complexe. Nous voulons aller résoudre les vraies questions qui concernent les femmes et les hommes de Mossoul, a insisté M. Renzi.

 

Deuxième ville d'Irak, Mossoul est occupée depuis juin 2014 par les jihadistes de l'EI. Les forces kurdes, appuyées par l'aviation américaine, avaient cependant repris deux mois plus tard ce barrage qui alimente plus d'un million de personnes en eau et en électricité.

 

Situé sur le Tigre, à 50 km en amont de Mossoul, l'immense édifice présente des risques évidents de rupture, et une entreprise italienne, Trevi Group, a été chargée de le consolider afin d'éviter une inondation dévastatrice.

 

L'appel d'offres a été remporté par une société italienne (...) et nous enverrons sur place 450 de nos hommes aux côtés des Américains afin d'aider à le protéger, a affirmé M. Renzi, précisant que les soldats italiens ne se retrouveraient pas dans une zone tenue par l'EI mais très près.

 

Ces 450 militaires seront chargés, au côté de militaires américains, d'éviter que le barrage puisse retomber aux mains de l'EI et d'assurer des conditions de sécurité suffisantes pour que les travaux puissent débuter.

 

L'ouvrage, projet prestigieux de l'ancien président irakien Saddam Hussein, souffre d'un problème structurel qui lui a valu d'être désigné comme le barrage le plus dangereux du monde par des ingénieurs de l'armée américaine (ACE) dans un rapport d'inspection de 2007.

 

De hauts responsables américains ont mis en garde contre un risque de catastrophe majeure si le barrage s'effondrait, évoquant une vague de 20 mètres qui pourrait déferler sur Mossoul.

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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 19:30
photo EMA / Armée de l'Air

photo EMA / Armée de l'Air

 

15/12/2015 Sources : Etat-major des armées

 

Mardi 15 décembre 2015 en fin de matinée, les forces françaises ont conduit un raid aérien contre une position de Daech situé en Irak, dans la région d’Al Qaim, dans l’Ouest du pays à la frontière entre l’Irak et la Syrie.

 

Situé dans la région d’Al Qaim - dans l’Ouest du pays, à proximité de la frontière syrienne, ce site était constitué de bâtiments, dont certains durcis, servant à la fois de quartier général, de centre d’entrainement et de dépôts logistique.

 

Engagé depuis le Golfe arabo-persique et la Jordanie le raid était constitué d’une dizaine d’avions de chasse (Rafale et Mirage 2000) équipés de bombes et de missiles SCALP (système de croisière autonome à longue portée). L’emploi de ces missiles est une première pour l’opération Chammal.

 

En parallèle de ces frappes planifiées, les avions de chasse de la force Chammal ont poursuivi leur mission d’appui au sol des troupes irakiennes engagées contre les éléments de Daech.

 

photo EMA / Armée de l'Airphoto EMA / Armée de l'Air

photo EMA / Armée de l'Air

Rappel :

Lancée le 19 septembre 2014, l’opération Chammal mobilise actuellement 3 500 militaires.

Aux côtés de la coalition, elle combat le groupe terroriste Daech en Irak et en Syrie, en frappant l’organisation terroriste avec ses moyens aériens. Le dispositif de la force Chammal comprend également des militaires projetés à Bagdad et Erbil pour assurer la formation et le conseil des militaires irakiens.

Les moyens aériens sont composés de 38 chasseurs (armée de l’air et marine), ainsi que de capacités de renseignement, de commandement, de contrôle (C2) et de ravitaillement. Depuis le 23 novembre 2015, le groupe aéronaval (GAN) est intégré à la force Chammal. Il est composé du porte-avions Charles de Gaulle, de la frégate de défense aérienne (FDA) Chevalier Paul, de la frégate anti-sous-marine (FASM) La Motte Piquet, du bâtiment de commandement et de ravitaillement (BCR) Marne, de la frégate belge Léopold Ier, de la frégate allemande Augsburg et de la frégate britannique HMS Defender. Le 26 novembre 2015, la frégate légère furtive (FLF) Courbet a également rejoint le dispositif Chammal en Méditerranée orientale.

Si nécessaire, le dispositif Chammal peut être soutenu par des moyens complémentaires de ravitaillement (C135-FR) et de contrôle aérien (E3F).

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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 08:30
AH-64D Apache Block III attack helicopter. photo PEO Aviation

AH-64D Apache Block III attack helicopter. photo PEO Aviation

 

09 décembre 2015 Romandie.com (AFP)

 

Washington - Les Etats-Unis sont prêts à engager des hélicoptères d'attaque contre le groupe Etat islamique dans la bataille pour reprendre Ramadi en Irak, si Bagdad en fait la demande, a indiqué mercredi le ministre américain de la Défense Ashton Carter.

 

Les Etats-Unis sont prêts à aider l'armée irakienne avec des moyens additionnels pour l'aider à finir le travail à Ramadi, y compris des hélicoptères d'attaque et des conseillers militaires accompagnant les forces irakiennes, si le Premier ministre irakien (Haider al-) Abadi le demande, a-t-il indiqué devant la commission des forces armées du Sénat.

 

M. Carter a également appelé la communauté internationale à intensifier ses efforts contre le groupe Etat islamique. Nous devons tous en faire plus, a-t-il dit.

 

La semaine dernière, j'ai personnellement joint quelque 40 pays dans le monde pour leur demander de contribuer, et dans de nombreux cas, pour améliorer le combat contre le groupe Etat islamique, a-t-il dit.

 

Le chef du Pentagone a demandé en particulier aux différents pays sollicités des forces spéciales, des avions de reconnaissance et d'attaque, et des armes et munitions, a-t-il expliqué.

 

La Turquie doit en faire plus contrôler sa frontière souvent poreuse, a-t-il ajouté. Et j'aimerais que les nations sunnites arabes en fassent plus.

 

Il est temps par ailleurs que la Russie passe du bon côté dans la guerre en Syrie en concentrant ses frappes sur le groupe Etat islamique, et non sur les forces d'opposition, a-t-il dit.

 

Les Etats-Unis avaient déjà annoncé la semaine dernière, avant l'attentat de Californie qui a fait 14 morts et a été salué par l'Etat islamique, qu'ils renforceraient leur effort contre l'EI en déployant une unité de forces spéciales, pour mener des raids contre les jihadistes en Irak et en Syrie.

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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 21:30
source EMA

source EMA

 

09/12/2015 Sources : Etat-major de armées

 

Depuis le 2 décembre 2015, les équipages français ont réalisé 69 sorties aériennes au-dessus des zones contrôlées par Daech en Irak et en Syrie, dont 48 de bombardement sur des objectifs planifiés ou d’opportunité et 11 de recueil de renseignement. 32 objectifs de Daech ont été détruits.

 

Appui au sol

 

12 frappes d’appui au sol (close air support) ont été réalisées au cours de la semaine.

 

· En Irak, la force Chammal a concentré ses efforts sur les missions d’appui au sol dans la région de Ramadi, où des combats sont toujours en cours. En 92 heures, les équipages des Rafale Marine et des Mirage 2000 de l’armée de l’air ont ainsi effectué 6 frappes, dont 3 dans la seule journée du 4 décembre.

 

· 6 frappes ont par ailleurs été réalisées dans les régions de Sinjar, Mossoul, Falloujah, Haditha et Kirkouk.

 

Frappes sur des objectifs planifiés

 

3 raids ont été conduits sur des objectifs planifiés au cours de la semaine.

 

· Le 2 décembre 2015 les Mirage 2000 ont frappé à Tall Afar un site de stockage d’armement et de fabrication d’engins explosifs improvisés (IED).

 

· Le 5 décembre 2015 en Syrie, Chammal a de nouveau frappé un objectif planifié- en coordination avec la coalition. Engagés à partir de la Jordanie, deux avions de chasse ont bombardé des têtes de puits de pétrole dans la région de Deir ez-Zor.

 

· Le 8 décembre, des Rafale intégré dans un raid de la coalition ont détruit un camp d’entrainement et de stockage de munitions situé entre les villes de Mossoul et Kirkuk.

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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 08:30
photo ONU

photo ONU

 

08 décembre 2015 Romandie.com (AFP)

 

Nations unies (Etats-Unis) - La Russie a demandé que les opérations militaires turques en Syrie et en Irak soient évoquées de manière informelle au Conseil de sécurité de l'ONU, ont indiqué mardi des diplomates.

 

Cette question devait être évoquée dans l'après-midi à huis clos entre les ambassadeurs des 15 pays membres du Conseil, qui est présidé en décembre par les Etats-Unis.

 

Les relations sont très tendues entre Ankara et Moscou depuis un incident aérien le 24 novembre, lorsqu'un chasseur-bombardier russe a été abattu par l'aviation turque. L'Irak a de son côté réclamé le retrait de soldats turcs de son territoire.

 

La Russie a demandé des consultations sur les actions de la Turquie sur les territoires de la Syrie et de l'Irak, a indiqué un diplomate, sans pouvoir donner de détails sur la demande russe.

 

Le représentant permanent adjoint russe aux Nations unies, Petr Iliichev, a précisé que cette initiative ne concernait que la Turquie et que Moscou ne réclamait pas pour l'instant d'action spécifique de la part du Conseil.

 

Nous voulons que le Secrétariat (de l'ONU) nous informe de ce qui se passe dans la région, a-t-il expliqué à des journalistes. Tout pays qui opère dans la région devrait le faire en coordination avec le pays hôte, a-t-il affirmé.

 

L'Irak réclame le départ de troupes terrestres turques entrées illégalement sur son sol et a donné dimanche 48 heures à la Turquie pour les retirer en menaçant de saisir le Conseil de sécurité.

 

Ankara continue de son côté à minimiser ce déploiement.

 

La Turquie dispose de troupes sur une base dans la région de Bashika, située dans la province de Ninive, pour entraîner les forces irakiennes sunnites désireuses de reprendre la ville voisine de Mossoul aux mains des jihadistes.

 

Selon Ankara, l'arrivée de nouvelles troupes turques près de Mossoul correspond à une rotation normale de ce contingent et ne constitue pas une intrusion illégale ni l'amorce d'une offensive en Irak.

 

Selon l'ambassadrice américaine auprès de l'ONU, Samantha Power, Washington considère que le déploiement initial de troupes turques a été négocié avec le gouvernement irakien. Nous espérons que le déploiement supplémentaire pourra se faire aussi de cette manière, a-t-elle ajouté.

 

Les Etats-Unis opèrent (en Irak) en étroite coopération et avec le consentement du gouvernement irakien et nous pensons que tous les pays devraient faire de même, a-t-elle affirmé.

 

Le porte-parole adjoint de l'ONU Farhan Haq a de son coté appelé Ankara et Bagdad à résoudre ce problème par un dialogue constructif. Il a confirmé qu'un responsable de l'ONU allait faire mardi au Conseil de sécurité un exposé portant sur la présence de troupes turques dans le nord de l'Irak, notamment près de Mossoul.

 

La diplomatie américaine a fait part de son hostilité à ce que le différend entre l'Irak et la Turquie, deux alliés de Washington, soit porté devant le Conseil de sécurité.

 

Nous continuons de penser que la meilleure façon d'avancer consiste à ce que la Turquie et l'Irak règlent cela de manière bilatérale et en discutent, a plaidé le porte-parole du département d'Etat John Kirby, tout en appelant au respect de la souveraineté de l'Irak.

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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 08:30
Ces anciens militaires partent combattre Daech pour «laver l'honneur de la France»

 

08/12/2015 Par

 

RÉCIT - Philippe a créé cette brigade pour aller aider les chrétiens d'Orient. D'ici la fin de l'année, il aura envoyé 70 hommes sur le terrain. Une goutte d'eau, dit-il, pour « laver l'honneur de la France ».

 

«Assyriens et Français athées et chrétiens pour la protection des chrétiens d'Orient et la lutte contre l'EIIL. Parce que nous ne pouvons fermer les yeux, nous ne pardonnons pas et nous ne cautionnons pas, nous agissons»: c'est ainsi que la Légion franco-assyrienne (Assyrian French Légion-AFL) définit son projet sur sa page Facebook. Leur but premier: «Créer une armée chrétienne pour lutter contre la barbarie islamique, protéger les chrétiens d'Orient et toutes les populations opprimées par celle-ci.»

Ces combattants ont été repérés par Daech. Dans un des numéros de Dar al-Islam, le magazine de l'État islamique en français, dans la rubrique «Dans les mots de l'ennemi», on peut lire: «Des anciens soldats français, américains, viennent en Syrie pour jouer le rôle manqué de l'Occident, poussé par un désespoir des plus totals (sic). Certains se réunissent maintenant sous une bannière nommée Dwekh Nashwa».

Philippe est un ancien militaire de 58 ans. C'est lui qui a créé l'AFL. Il refuse de donner davantage de détails sur son parcours. Dès 2014, il a cherché à prendre contact avec des ONG pour aller aider les chrétiens d'Orient. Il part avec un groupe d'anciens en Irak pour aller reconstruire une église. C'est là qu'il rencontre Dwekh Nashwa (Dwekh Nawsha signifie «prêts au sacrifice» en dialecte araméen), une milice chrétienne reliée au parti assyrien, qui l'alerte sur la nécessité de protéger les Chrétiens et les Yazidis persécutés par Daech. Il décide alors, avec un groupe de jeunes retraités ayant 10 ou 15 ans de service dans l‘armée, de partir combattre. Au début de l'année prochaine, il aura envoyé 70 personnes sur le terrain. Il a trois groupes répartis sur trois fronts: à Sinjar à la frontière syrienne, dans le Nord de l'Irak et sur la plaine de Ninive.

Suite de l'article

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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 16:55
"Qui est l’ennemi de la France ? Aujourd’hui, Daech" (Jean-Yves Le Drian)

"Les exactions d'une cruauté sans nom commises en Syrie, en Irak ou en Libye sont la cause d'une totale désinhibition de la violence chez les djihadistes : viols, décapitations, tortures les plus abjectes, crucifixions publiques, esclavage des femmes. Tout cela à moins de quatre heures de vol de Paris" (Chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers)

 

07/12/2015 Par Michel Cabirol -- LaTribune.fr

 

Depuis plus de 25 ans, la France n'avait plus d'ennemi. Elle en a désormais un, Daech. François Hollande l'a explicitement désigné. Tout comme son ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.


La France est en guerre et elle a officiellement un ennemi. Lors de son intervention du 16 novembre devant le Congrès rassemblé à Versailles, François Hollande a désigné l'ennemi de la France, Daech. Il y avait très longtemps que la France n'avait pas eu un ennemi aussi clairement désigné. Elle n'en avait pas eu un depuis la fin de la guerre froide quand l'URSS était l'ennemi du monde occidental. Toutefois, l'URSS en tant qu'ennemi n'était jamais explicitement nommée, comme l'a rappelé le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian à l'occasion de son intervention aux Assises nationales de la recherche stratégique le 1er décembre.

"Comment désigner l'ennemi? Faut-il seulement le faire? C'est un problème ancien, à la fois diplomatique, politique et stratégique, mais aussi militaire : quelle est la cible? La position de la France a toujours consisté à rechercher des positions nuancées, en évitant de confondre par exemple menaces et risques, ennemis et rivaux", explique-t-il.

Pourquoi alors avoir si clairement désigné Daech, qui n'est même pas un Etat ? Parce que selon le ministre, "il faut rappeler qu'il existe des normes pour gérer l'ennemi : le droit international public établit en particulier le droit à la légitime déense (que la France a invoqué contre Daech)". Et c'est bien Daech qui "a déclaré la guerre" à la France, affirme le ministre. Pour la France, il n'était surtout pas question de se lancer dans une guerre dite préventive contrairement à ce qu'ont fait les Etats-Unis en Irak en 2003. Et Jean-Yves Le Drian d'expliquer que la France ne combat pas en Irak et en Syrie "le terrorisme en général" mais un ennemi, certes conjoncturel, mais "précis", Daech, dans le cadre de l'opération Chammal.

"La culture stratégique française n'a pas cette obsession, précise d'ailleurs Jean-Yves Le Drian. Au contraire, elle a intégré qu'il n'existait pas de sécurité absolue, et qu'il fallait donc, toujours, définir l'ennemi au plus juste et en réaction, pour fonder une stratégie militaire par essence défensive et dissuasive".

 

Daech, un "proto-Etat"

C'est à donc l'aune de l'analyse du ministre qu'il convient d'apprécier la désignation de Daech comme ennemi d'aujourd'hui. "Avec Daech, la désignation de l'ennemi ne fait donc pas de doute", affirme le ministre. En outre, la France dispose donc d'une légitimité pour combattre ce mouvement terroriste dans le cadre de la "légitime défense individuelle", reconnue par la résolution 2249 du Conseil de sécurité des Nations unies. "Autrement dit, nous n'attaquons que lorsque nous sommes attaqués : c'est une position éthique, politique, fait observer Jean-Yves Le Drian. C'est aussi une obligation juridique. Et lorsque les démocraties s'éloignent de ce principe, cela donne le désastre de 2003". Ce qui est très clairement une critique de la politique des Etats-Unis en Irak.

Pour le ministre de la Défense, Daech est un "proto-Etat", qui a soumis "un territoire vaste comme la Grande-Bretagne et une population d'environ 10 millions d'habitants". Il dispose "de capacités militaires et financières que de nombreux Etats n'ont pas". Toutefois, Jean-Yves Le Drian estime que Daech, qui a des effectifs de combattants "relativement limités", estimés entre 20.000 et 30.000 soldats, règne sur son territoire par une "violence extrême et désinhibée".

Le chef d'état-major des armées, Pierre de Villiers, explique lors de son audition du 25 novembre à l'Assemblée nationale que Daech est "un réseau d'individus sectaires, djihadistes islamistes radicaux, qui poursuit un projet global de subversion politique et religieuse. Ce projet est parfaitement raisonné. Il a été théorisé depuis les années 2004-2005 dans un texte d'Abu Bakr Naji qui a été traduit en français en 2007 sous un titre parfaitement clair : Gestion de la sauvagerie".

Enfin, Daech exerce également un pouvoir d'attraction très fort sur les djihadistes transnationaux, "les foreign fighters en nombre encore croissant" aujourd'hui encore, selon le ministre. Ces derniers font l'objet d'un "lavage de cerveau particulièrement violent" en vue de construire "une société nouvelle et un homme nouveau". Car, selon le chef d'état-major des armées, "Daech met en avant une caricature religieuse et spirituelle qui donne de l'épaisseur à la motivation de ses recrues. C'est parce qu'il fournit une identité de substitution, à travers l'évocation d'un passé idéalisé et d'un futur fantasmé, que cet idéal dévoyé a une résonance chez certains - plutôt jeunes - désespérés, exclus, affamés, humiliés - réels ou estimés".

 

Une guerre ou des guerres?

Pour Jean-Yves Le Drian, il y a une "continuité de la menace, sur les fronts extérieur et intérieur". Et intervenir en Syrie, "c'est du même coup protéger notre territoire et notre population". Ce que confirme le général de Villiers, le "mode d'action au cœur de Paris" de Daech - "des actes de guerre" -, révèle "le lien étroit qui existe entre la sécurité extérieure et la sécurité intérieure". Mais Jean-Yves Le Drian ne veut surtout pas que l'on désigne les djihadistes transnationaux comme des "ennemis de l'intérieur". "Si le combattant de Daech en Syrie et en Irak est un ennemi, et doit être traité comme tel, le terroriste sur le territoire national est un criminel, et doit être traité comme tel", explique-t-il.

Quelle est la stratégie de Daech? "Elle passe d'abord par un enracinement territorial, qui ignore totalement les frontières des États, précise le chef d'état-major des armées. Les territoires que contrôle Daech au Levant lui procurent soutiens et ressources à une échelle qui n'a pas de précédent : finances, mais aussi exécutants". C'est à partir de cette assise territoriale - son fief - qui est son centre de gravité, "qu'il planifie, prépare, télécommande ses attaques, et à partir de ses bases qu'il embrigade, fanatise, entraîne ses candidats au djihad", fait-il observer. Daech cherche, selon le général de Villiers, "l'implosion des sociétés, l'installation d'un chaos propice à l'émergence d'un néocalifat". Et le terrorisme n'est pour lui "qu'un moyen parmi d'autres d'arriver à ses fins".

 

Daech, les Omeyyades du XXIe siècle

Daech a "une stratégie d'expansion" en utilisant "les moyens modernes de communication et de transport pour s'affranchir des frontières", a expliqué le chef d'état-major des armées. "En voulant renouer avec la geste conquérante des premiers califes et de la dynastie des Omeyyades qui, entre 661 et 750, assurèrent l'expansion fulgurante et immense de l'islam, jusqu'en Espagne et aux confins du Pakistan, Daech exerce ainsi la puissante attraction d'une utopie en construction", estime le ministre de la Défense.

Du coup, Daech "essaime dans la bande sahélo-saharienne, au Sinaï, au Yémen, en Libye. Le djihadisme islamiste vise une connexion opérationnelle, voire géographique, de différents groupes au Moyen Orient, au Sahel et dans la corne de l'Afrique", explique le général de Villiers. Et peu importe l'étiquette ou le nom revendiqué - Daech, AQMI, AQPA, al-Nosra, qui "ne sont que des masques" -, ces groupes de terroristes possèdent "tous la même matrice. N'oublions pas qu'Al-Qaïda avait trouvé une base chez les talibans en Afghanistan, qu'au Sahel, AQMI voulait installer un califat et que Boko Haram et les Shebab prétendent eux aussi administrer des territoires".

 

Des modes d'actions difficiles à contrecarrer

Ce qui impressionne nos responsables politiques et militaires, c'est le caractère hybride du combattant islamiste et surtout sa détermination jusque-boutiste. "La dangerosité de l'ennemi, est liée à sa plasticité", souligne Jean-Yves Le Drian. Les djihadistes n'ont "pas de profil type, aisément identifiable, ce qui rend notre ennemi protéiforme et insaisissable", précise pour sa part le chef d'état-major. Le général de Villiers décrypte leurs modes d'action qui "visent à contourner la puissance des pays occidentaux".

"Ils sont redoutablement variés : ce sont les cyberattaques, les engins explosifs improvisés, les snipers, les attaques suicides. Ces capacités sont d'autant plus dangereuses qu'elles sont peu coûteuses, aisément accessibles, et qu'elles se combinent facilement à l'idéal de mort et au fanatisme des djihadistes.

Dans sa fuite en avant, Daech recherche la rupture par une surenchère de la terreur. "Il s'appuie en cela sur le mépris de la mort de ses djihadistes, analyse le général de Villiers. Cette terreur mise en scène vise un effet de sidération chez la victime et alimente les forces, que j'appellerai immorales, des terroristes. Aujourd'hui, parmi les membres des katibas - quel que soit l'âge de ces hommes ou de ces femmes -, la seule compétition qui soit est souvent celle du martyre. Les exactions d'une cruauté sans nom commises en Syrie, en Irak ou en Libye sont la cause d'une totale désinhibition de la violence chez les djihadistes : viols, décapitations, tortures les plus abjectes, crucifixions publiques, esclavage des femmes. Tout cela à moins de quatre heures de vol de Paris".

"Non seulement il n'obéit pas aux catégories habituelles, mais il fonde même son agilité et son efficacité stratégiques sur sa capacité à nier ou effacer les limites qui structuraient jusque-là l'ordre international et l'art de la guerre moderne", regrette Jean-Yves Le Drian. (...) Là où nos armées sont engagées avec un ensemble de contraintes, l'ennemi s'affranchit d'emblée de toutes obligations, qu'elles soient juridiques, doctrinales ou éthiques.

À ces modes d'actions, il faut ajouter les attaques continues dans le champ de l'influence et des perceptions. "Elles véhiculent, par internet et les réseaux sociaux, une propagande agressive, réactive et de grande qualité technique, qui cherche à discréditer nos valeurs et notre modèle de société", fait remarquer le chef d'état-major des armées.

 

Comment lutter contre Daech

Le jusqu'au-boutisme des combattants islamistes "conditionne la dimension psychologique du combat que nous engageons", estime-t-il. Face aux groupes armés terroristes, quelle stratégie militaire ? Face à cette violence "la force est indispensable, affirme le général de Villiers. Pour la mettre en mouvement, les leviers résident toujours dans la conjonction et la combinaison de trois éléments : la volonté, les moyens et l'engagement". Une volonté d'abord politique. Et face à cet adversaire et à son idéologie, "nous devons inscrire nos actions dans le temps long, réitère le chef d'état-major des armées. Vaincre demandera des années d'endurance, de constance et de persévérance".

Pour autant, note le ministre, "il est autrement plus complexe de détruire une idée. De ce point de vue, il y a fort à parier que l'idéologie djihadiste, qui existait avant Daech, lui survivra probablement. Nous devons aussi nous y préparer". Ce qui va demander de la constance politique dans les efforts. D'ailleurs Jean-Yves Le Drian finit son discours par une citation de Trotski  - "vous ne vous intéressez pas à la guerre, mais la guerre, elle, s'intéresse à vous" - et surtout par cette réflexion incroyable en forme d'aveu :

"Cette mise en garde me semble d'une grande actualité : on peut ignorer ses ennemis - certains le font très bien -, jusqu'au jour cependant où eux-mêmes ont décidé de ne plus vous ignorer. Ce jour-là s'est malheureusement produit. C'était pour la France le 13 novembre dernier".

A qui la faute? A Nicolas Sarkozy et François Hollande - ce dernier ayant fait machine arrière -, qui ont tous les deux sacrifié le budget de la Défense en arrivant à l'Elysée comme beaucoup d'autres responsables politiques avant eux à l'image de Lionel Jospin. Pourquoi ? Pour trouver des économies faciles à réaliser - un militaire se tait et exécute - au détriment de la sécurité. Les Français en ont payé le prix du sang...

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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 12:30
photo UK MoD

photo UK MoD

 

05.12.2015 par RFI
 

L’Allemagne qui rejoint les opérations militaires contre le groupe Etat islamique (EI) et le Royaume-Uni qui frappe pour la première fois en Syrie, la coalition internationale anti-EI a montré ses derniers jours de nouveaux signes encourageants. Mais tant qu’elle ne réunira pas l’ensemble des forces opposées à l’organisation terroriste, elle n’atteindra pas son plein potentiel. Etat des lieux d’une alliance en construction.

 

Ça bouge au sein de la coalition anti-EI. Après les premières frappes britanniques en Syrie menées jeudi 3 décembre, c’est au tour du plus proche allié de la France, l’Allemagne, de rejoindre le théâtre des opérations militaires contre l’autoproclamé Etat islamique (EI). Les députés allemands ont autorisé vendredi le déploiement d’un maximum de 1 200 soldats, six avions Tornado ainsi que d’une frégate. Il s’agit de la plus importante mission de l’armée allemande à l’étranger.

Berlin ne précise pas la date du début de l’intervention, mais prévient que ses forces aériennes ne procèderont à aucun bombardement, se cantonnant à des activités de reconnaissance. L’Allemagne prend néanmoins une part plus active dans la coalition internationale, en soutien à son voisin français violemment touché lors des attentats de Paris le 13 novembre.

 

Qui fait quoi au sein de la coalition anti-EI ?

Si une soixantaine de pays ont rejoint la lutte contre Daech (acronyme arabe du groupe Etat islamique) depuis 2014 à l’appel des Etats-Unis, ils interviennent à des degrés différents. Seule une dizaine de membres effectuent des raids aériens. Parmi eux, les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et la Jordanie interviennent à la fois en Irak et en Syrie.

Les premières frappes françaises ont eu lieu le 19 septembre 2014. Elles visaient des sites de Daech en Irak. Ce n’est qu’un peu plus d’un an plus tard que les bombardements français ont également visé des positions jihadistes en Syrie. Selon le ministère de la Défense, ces attaques ciblent « les centres de commandement et d’entraînement de Daech, ainsi que ses capacités logistiques et ses sources de financement ». Le journal Le Monde rapporte que 680 bombes ont été larguées depuis le début de l’engagement français. 580 objectifs auraient été détruits. Selon le quotidien, la France pourrait arriver à court de munitions et aurait passé commande auprès de fabricants américains.

Malgré une intensification des efforts en Irak et en Syrie consécutive aux attentats du 13 novembre, la contribution française sur le plan aérien reste mineure. Le plus gros actionnaire demeure les Etats-Unis. Certains pays ne frappent qu’en Irak ou à l’inverse, uniquement en Syrie. La participation des uns et des autres ne cesse d'évoluer. Ainsi, si le Royaume-Uni a mené ses premières attaques en Syrie jeudi peu après le vote au Parlement, le Canada s’apprête, lui, à suspendre ses frappes. Par ailleurs, les pays arabes du Golfe sont moins présents sur ce théâtre d’opérations depuis qu'ils sont engagés dans une intervention militaire au Yémen.

La majeure partie des membres de la coalition internationale s’abstient toutefois de prendre part aux raids aériens, se contentant d’une aide financière ou logistique, de livrer de l’armement ou de dispenser des conseils et des formations militaires.

 

La Russie et l’Iran font bande à part

Tous les Etats engagés dans la lutte contre l’EI ne sont pas partie prenante de cette large alliance menée par Washington. La Russie et l’Iran, qui sont tous deux de fidèles alliés du régime syrien dirigé par Bachar el-Assad, jouent leur partition en solo. Il faut ajouter à la longue liste d’ennemis de Daech l'armée syrienne appuyée par l'Iran et le Hezbollah libanais, ainsi que des groupes d'opposition syriens et les forces kurdes d'Irak comme de Syrie.

Moscou est massivement engagé depuis septembre dernier. Problème, la Russie est accusée de ne pas uniquement viser les intérêts de Daech, mais aussi de cibler les groupes rebelles opposés à Bachar el-Assad. Une grande partie de ses bombardements frappe des régions où l’ennemi commun n’est pas présent. Du 26 novembre au 4 décembre, l'aviation russe a détruit 1 458 « cibles terroristes » en Syrie au cours de 431 vols dans les provinces d'Idleb (nord-ouest), d'Alep (nord-ouest), de Lattaquié (nord-ouest), de Hama (centre), d'Homs (centre), de Raqqa (est) et de Deir Ezzor (est), indiquait vendredi un communiqué de l'aviation russe. Plusieurs missiles auraient touché des installations pétrolières ainsi qu’un « un bastion majeur de combattants », précise-t-il.

 

Une coalition unique impossible ?

Le président russe Vladimir Poutine a plusieurs fois plaidé pour une coalition internationale élargie intégrant l’Iran et la Syrie. Mais le sort réservé à Bachar el-Assad continue de diviser. La lutte contre l'EI « ne sera totalement efficace que si l'ensemble des forces syriennes et régionales s'unissent. Comment est-ce possible tant que Bachar el-Assad préside, lui qui a commis tant d'atrocités, et qui a contre lui une grande partie de sa population », interroge le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius dans le quotidien régional Le Progrès paru samedi.

Mais alors que jusque-là, la position française était catégorique sur la question, « ni Bachar, ni l’EI », la priorité est désormais donnée à l’anéantissement du groupe terroriste. « Une Syrie unie implique une transition politique. Cela ne veut pas dire que Bachar el-Assad doit partir avant même la transition, mais il faut des assurances pour le futur », juge-t-il.

Une légère inflexion déjà sous-entendue par le secrétaire d’Etat américain John Kerry qui estimait, vendredi en marge d’une visite en Grèce, qu’une alliance syrienne anti-EI était envisageable sans le départ préalable de Bachar el-Assad. « Il n'est pas évident qu'il (Bachar el-Assad) doive partir à condition qu'il y ait de la clarté sur ce que son avenir pourrait être ou ne pas être », a-t-il déclaré.

 

Crise turco-russe

Le projet de coalition unique que défend Vladimir Poutine, et que porte aussi son homologue français François Hollande, souffre aussi de la crise entre la Turquie et la Russie. Le torchon brûle entre Ankara et Moscou depuis que l’aviation turque a abattu un bombardier russe, le 24 novembre dernier, l’accusant d’avoir violé son espace aérien.

En réaction, le Kremlin a eu vite fait d’évoquer une implication du pouvoir turque dans la contrebande du pétrole de l’organisation Etat islamique. « Nous n'oublierons jamais cette complicité avec les terroristes. Nous considèrerons toujours la trahison comme l'une des actions les pires et les plus viles », a pourfendu Vladimir Poutine le 3 décembre lors de son adresse annuelle face aux parlementaires.

Cette semaine, le président américain Barack Obama, qui a rencontré ses homologues turc et russe, était à la manœuvre pour apaiser les tensions. « Comme je l'ai dit à M. Erdogan, nous avons tous un ennemi commun et c'est l'EI. Je veux être certain que nous nous concentrons sur cette menace et sur la nécessité de trouver une forme de solution politique en Syrie », a-t-il affirmé.

D’autres accusations visent la Turquie. Celles-ci proviennent de Bagdad. Craignant pour sa souveraineté, alors qu’il reçoit une aide étrangère dans sa lutte contre Daech, l’Irak a sommé samedi Ankara de retirer ses troupes présentes sur son sol. « Nous avons la confirmation que la Turquie a envoyé en territoire irakien des troupes estimées à près d'un régiment blindé, accompagnées de chars et d'artillerie prétendument pour entraîner des groupes armés, et cela sans la demande ou l'aval des autorités fédérales irakiennes », a protesté le Premier ministre irakien Haider al-Abadi. Un haut responsable des forces kurdes alliées à Ankara a expliqué qu'il s'agissait d'une simple relève de routine de forces turques qui entraînent des combattants anti-EI.

 

Pas de victoire sans troupes au sol ni solution politique en Syrie

Difficile de démêler le vrai du faux, toujours est-il que c'est un exemple parmi d’autres d’une communication brouillée entre les nombreux opposants au groupe Etat islamique. Face à la multitude désorganisée de ses adversaires et malgré le feu nourri des frappes de la coalition, le groupe terroriste semble continuer de prospérer.

« Tout le monde sait que si on ne peut pas trouver de troupes au sol prêtes à s'opposer à Daech, ce conflit ne pourra pas être gagné complètement avec les seules frappes aériennes », considère John Kerry. Mais Washington comme Paris se refusent à envoyer leurs soldats au sol. Dans ce cas de figure, la solution, au moins sur le front syrien, est politique. « Si nous parvenons à mettre en place une transition politique, nous allons permettre à toutes les nations et entités de se rassembler. L'armée syrienne, ensemble avec l'opposition (...) Les États-Unis, ensemble avec la Russie et d'autres, iront combattre Daech », prophétise le chef de la diplomatie américaine.

C’est sur le chaos syrien qu’a germé l’EI, c’est de la résolution de cette crise que peut venir son éradication. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a annoncé une prochaine réunion internationale à New York, durant la deuxième quinzaine de décembre, pour trouver une issue politique à ce conflit. Mardi, une grande partie de l’opposition syrienne doit se réunir à Riyad en Arabie saoudite pour établir un socle commun en vue de futures discussions avec le régime de Bachar el-Assad.

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 16:30
Mirage 2000N engagé dans l'opération Chammal armé de quatre GBU12 - photo EMA Armée de l'air

Mirage 2000N engagé dans l'opération Chammal armé de quatre GBU12 - photo EMA Armée de l'air

 

04.12.2015 par T.L. - JDD

 

Selon Le Monde, la France, qui a largement augmenté sa fréquence de frappes contre l'Etat islamique depuis les attentats de Paris, manque de munitions et a dû en commander en urgence.

 

Le porte-avions Charles-de-Gaulle a permis à la France de démultiplier sa force de frappe en Syrie et en Irak. (Reuters)

L'intensification des frappes contre Daech pose un problème de taille à la France. Selon Le Monde, le ministère de la Défense a été contraint "de commander en urgence des munitions aux industriels américains qui les fabriquent – quelques centaines de bombes guidées GBU." Paris risque en effet de faire face rapidement à un déficit de munitions. Selon le quotidien, la France participe désormais à 20% des frappes totales de la coalition contre le groupe terroriste, contre 5% avant les attentats de Paris, les Etats-Unis assurant toujours la majeure partie des frappes.

60 bombes en 3 jours sur Raqqa

Au lendemain des attaques du 13 novembre, les Américains ont livré des objectifs précis à la France pour lui permettre d'intensifier ses frappes le plus rapidement possible. "Le porte-avions Charles-de-Gaulle a fait passer ponctuellement le nombre de chasseurs engagés de 12 à 38", rappelle par ailleurs Le Monde. La France a concentré ses frappes sur Raqqa, le fief de l'EI, depuis trois semaines. Une dizaine d'avions y ont largué environ 60 bombes les 15, 16 et 17 novembre.

Toujours selon Le Monde, "Rafale et Mirage 2000 ont largué 680 bombes depuis le début de l’opération 'Chammal' en septembre 2014". Elle auraient fait "un millier" de morts dans les rangs de l'Etat islamique. François Hollande s'est rendu vendredi sur le porte-avions Charles-de-Gaulle. Accompagné du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian et du chef d'état-major des armées Pierre de Villiers, il a notamment rencontré des pilotes de chasse de retour de mission.

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 16:30
L'Irak appelle la Turquie à retirer ses troupes de son territoire

 

05.12.2015 Romandie.com (ats)

 

L'Irak a appelé samedi la Turquie à retirer "immédiatement" ses troupes de son territoire après le déploiement de soldats turcs dans les environs de Mossoul (nord). Quelque 150 soldats turcs sont arrivés vendredi dans cette zone.

 

Le déploiement turc est considéré comme "une sérieuse violation de la souveraineté irakienne", indique le communiqué officiel diffusé par le Premier ministre irakien Haider al-Abadi. Selon l'agence de presse progouvernementale turque Anatolie, quelque 150 soldats turcs sont arrivés vendredi dans les environs de Mossoul, deuxième ville d'Irak occupée par le groupe djihadiste Etat islamique (EI), dans le cadre d'une mission d'entraînement des troupes kurdes irakiennes.

 

Ce contingent turc, soutenu par 20 à 25 chars, s'est déployé dans la région de Bashika, a ajouté Anatolie. Des soldats turcs sont présents depuis deux ans et demi dans le nord de l'Irak dans le cadre d'un accord de coopération destiné à l'entraînement des "peshmergas", les troupes de la région autonome du Kurdistan irakien.

 

"Nous avons la confirmation que la Turquie a envoyé en territoire irakien des troupes estimées à près d'un régiment blindé, accompagnées de chars et d'artillerie prétendument pour entraîner des groupes armés, et cela sans la demande ou l'aval des autorités fédérales irakiennes", a protesté le communiqué officiel irakien.

 

Le mouvement militaire opéré vendredi l'a été dans le cadre d'une rotation des effectifs affectés à cette mission, selon l'agence Anatolie.

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 16:30
La Turquie dément tout renforcement de ses opérations militaires en Irak

 

05 décembre 2015 Romandie.com (AFP)

 

Ankara - Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a démenti samedi que le déploiement de soldats turcs dans les environs de la ville de Mossoul (nord) constituait le préalable à une opération militaire en Irak, après les critiques de Bagdad appelant Ankara à les retirer immédiatement.

 

Le camp de Bashika, à 30 km au nord de Mossoul, est un camp d'entraînement établi en soutien des volontaires qui combattent le terrorisme, a déclaré M. Davutoglu lors d'un discours télévisé.

 

Selon l'agence progouvernementale turque Anatolie, quelque 150 soldats turcs, soutenus par 20 à 25 chars, sont arrivés vendredi dans les environs de Mossoul, deuxième ville d'Irak occupée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI), dans le cadre d'une mission de formation.

 

Des soldats turcs sont présents depuis deux ans et demi dans le nord de l'Irak dans le cadre d'un accord de coopération signé avec les autorités de la région autonome du Kurdistan irakien.

 

Ce n'est pas un nouveau camp, a-t-il ajouté, en rappelant que ses troupes y avaient déjà formé plus de 2.000 Irakiens. Le chef du gouvernement a qualifié le nouveau déploiement de rotation normale et de renfort pour faire face à des risques de sécurité.

 

Toute autre interprétation de ce mouvement de troupes ne saurait être qu'une provocation, a-t-il insisté.

 

Nous avons déjà formé et nous allons continuer à former nos frères irakiens qui combattent Daech (l'acronyme arabe du de l'EI) à Bashika et ailleurs, a poursuivi M. Davutoglu, nous allons continuer à renforcer notre coopération avec la République irakienne dans tous les domaines.

 

Nous n'avons aucune prétention sur aucun territoire. Le combat de la Turquie vise les organisations terroristes, a-t-il conclu.

 

Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a dénoncé samedi dans un communiqué une sérieuse violation de la souveraineté irakienne et appelé la Turquie à se retirer immédiatement du territoire irakien.

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 21:30
Décollage d'une patrouille de Mirage 2000 - photo EMA -  Armée de l'Air

Décollage d'une patrouille de Mirage 2000 - photo EMA - Armée de l'Air

 

03/12/2015 Sources : Armée de l'air/EMA

 

Le mercredi 02 décembre 2015 en début d’après-midi, des avions de chasse français ont frappé un site de stockage d’armement et de fabrication d’engins explosifs improvisés (IED) exploité par Daech dans la région de Tall Afar en Irak.

 

Le raid a été conduit par des Mirage 2000 qui ont décollé de la base aérienne projetée (BAP) en Jordanie. L’objectif ciblé a été détruit.

 

C’est la deuxième fois en 48h00 que la force Chammal participe à des frappes sur des sites dans lesquels Daech assemble les engins qui lui permettent de conduire des attaques kamikazes et de piéger les routes. L’objectif est donc d’affaiblir Daech en visant ses capacités militaires.

 

Ce raid s’inscrit dans la phase d’effort de la coalition destinée à consolider le contrôle de l’axe logistique permettant de relier Mossoul à la Syrie.

 

Lancée le 19 septembre 2014, l’opération Chammal mobilise actuellement 3 500 militaires. Aux côtés de la coalition, elle combat le groupe terroriste Daech en Irak et en Syrie. La force Chammal assure la formation des forces irakiennes qui combattent Daech en Irak ; elle frappe l’organisation terroriste avec ses moyens aériens en Irak et en Syrie.

 

La force est composée de douze chasseurs de l’armée de l’air (six Rafale, trois Mirage 2000D et trois Mirage 2000N), d’un avion de patrouille maritime Atlantique 2, et depuis le 23 novembre 2015, du groupe aéronaval (GAN). Le 26 novembre 2015, la frégate légère furtive (FLF) Courbet a rejoint le dispositif Chammal en Méditerranée orientale.

 

Si nécessaire, le dispositif Chammal peut être soutenu par des moyens de ravitaillement (C135 FR) ou de contrôle aérien (E-3F).

 

Pour en savoir plus sur l'opération Chammal

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 19:30
source EMA / Armée de l'Air

source EMA / Armée de l'Air

 

03/12/2015 Sources : État-major des armées

 

Daech est aujourd’hui sous pression, à l’intérieur et aux périmètres de la zone qu’il contrôle.

 

En Irak, au Nord et à l’Est, la coalition consolide ses positions dans la région de Baiji et dans la région de Sinjar. À Sinjar, l’offensive des forces irakiennes a permis de couper l’axe entre Raqqah et Mossoul qui servait de cordon logistique à Daech. Face à cette situation, Daechmultiplie ses actions de harcèlement et cherche à renforcer ses points forts.

 

À l’Ouest de l’Irak, le long de l’Euphrate, les forces irakiennes, bénéficiant de l’appui aérien de la coalition, ont réussi à encercler la ville de Ramadi. Elles exercent par ailleurs une pression sur une ligne Hit - Haditha.

 

En Syrie, les frappes se poursuivent sur les centres de commandement et d’entraînement de Daech, ainsi que sur ses capacités logistiques et ses sources de financement.

 

La force Chammal poursuit sa campagne aérienne. Du 26 novembre au 2 décembre 2015, les équipages ont réalisé 83 sorties aériennes :

- 23 objectifs ont été détruits en Irak ;

- 2 frappes planifiées ont été réalisées. Elles ont visé des infrastructures de fabrication d’engins explosifs improvisés, dans la région de Al Raïm et dans la région de Tal Afar (en Irak).

 

L’armée française poursuit par ailleurs son action de formation au profit des forces irakiennes, principalement à Bagdad.

 

Rappel : 3 500 hommes sont actuellement engagés dans l’opération Chammal. Les moyens aériens sont composés de 38 chasseurs, ainsi que de capacités de renseignement, de commandement et de contrôle (C2), enfin de ravitaillement.

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 17:30
photo EMA / Armée de l'Air

photo EMA / Armée de l'Air

 

02/12/2015 Sources : Etat-major des armées

 

Le lundi 30 novembre 2015 en début de soirée, les chasseurs français de l’opération Chammal ont participé à un raid au-dessus de l’Irak. Situé dans la région d’Al Qaim, l’objectif visé était un site industriel utilisé par Daech pour le stockage d’explosifs et l’assemblage d’engins explosifs improvisés (IED).

 

Des Mirage 2000 de la base aérienne projetée (BAP) en Jordanie et des Super Etendard du porte-avions Charles de Gaulle, ont été engagés dans ce raid mené conjointement avec des aéronefs de la coalition. La mission a duré près d’1 heure.

 

L’installation visée était utilisée par Daech comme lieu de stockage de matières explosives et de fabrication à grande échelle d’IED et de voitures piégées (VBIED). Ce sont de tels engins explosifs qui permettent à Daech de conduire notamment des attaques kamikazes et des attentats à la voiture piégée. En frappant ce type d’objectif, la coalition cherche donc à détruire les capacités militaires du groupe terroriste.

 

Lancée le 19 septembre 2014, l’opération Chammal mobilise actuellement 3500 militaires. Aux côtés de la coalition, elle combat le groupe terroriste Daech en Irak et en Syrie. La force Chammal assure la formation des forces irakiennes qui combattent Daech en Irak ; elle frappe l’organisation terroriste avec ses moyens aériens en Irak et en Syrie. La force est composée de douze chasseurs de l’armée de l’Air (six Rafale, trois Mirage 2000D et trois Mirage 2000N), d’un avion de patrouille maritime Atlantique 2, et depuis le 23 novembre 2015, du groupe aéronaval (GAN) - PA Charles de Gaulle, FDA Chevalier Paul, FASM La Motte Piquet, PR Marne, frégate Belge Léopold Ier - dont le groupe aérien embarqué est composé de 18 Rafale Marine, 8 Super étendard modernisés, 2 Hawkeye, et d’hélicoptères. Le 26 novembre 2015, la frégate légère furtive (FLF) Courbet a rejoint le dispositif Chammal en Méditerranée orientale. Si nécessaire, le dispositif Chammal peut être soutenu par des moyens de ravitaillement (C135-FR) ou de contrôle aérien (E3F).

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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 19:30
photo EMA / Armée de l'Air

photo EMA / Armée de l'Air

 

26/11/2015 Sources : Etat-major des armées

 

En soutien des forces irakiennes, la coalition poursuit ses efforts visant à affaiblir les capacités militaires de Daech, appuyer les forces engagées au sol contre ce groupe terroriste et tarir leurs sources de financement.

 

En Irak, après les avancées de la semaine dernière, les lignes de front se sont stabilisées. À Sinjar, après avoir pris le contrôle de l’axe logistique principal entre Mossoul et la frontière syrienne la semaine dernière, les forces irakiennes se sont attachées à renforcer leurs positions. Les troupes irakiennes tiennent fermement la ville de Baïji et continuent d’encercler Daech à Ramadi où la coalition concentre ses frappes aériennes. À Mossoul, le groupe terroriste se maintient en position défensive.

 

En Syrie, la coalition continue d’affaiblir les structures de commandement, de formation et de financement de Daech. L’effort est porté sur la région de Raqqah.

 

Concernant l’appui apporté par l’armée française, la semaine a été marquée par les premières frappes du Groupe aéronaval (GAN) contre Daech en Syrie et en Irak. Cinq jours après son appareillage, et après une phase de montée en puissance accélérée, l’engagement des aéronefs du GAN depuis la Méditerranée orientale a permis d’intensifier les frappes menées par la force Chammal contre Daech depuis le 15 novembre 2015. Les capacités d’action de l’armée française au Levant ont été triplées. En une seule journée, le 23 novembre, 22 sorties ont ainsi été réalisées, multipliant par quatre l’activité aérienne moyenne réalisée dans le cadre de l’opération Chammal. Cette journée est également symbolique car la force Chammal a effectué sa 300efrappe en Irak à Ramadi.

 

Depuis le 15 novembre, 106 sorties aériennes ont été réalisées dont 15 vols de renseignement (ISR), 5 missions de contrôle et coordination aérienne (C2), 86 reconnaissances armées. Au bilan, la force Chammal a délivré 20 frappes contre Daech dont 7 en Syrie sur les postions que les combattants terroristes contrôlent.

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 22:30
credits EMA

credits EMA

 

24/11/2015 Sources : Etat-major des armées

 

Le mardi 24 novembre 2015 à 19h30 (heure française), les chasseurs français ont été de engagés au-dessus de l’Irak depuis le porte-avions Charles-de-Gaulle.  Avec des aéronefs de l’US air force, les quatre Rafale Marine ont frappé des capacités de commandement et de formation de Daech. Le raid conjoint a détruit les cibles visées à Tall Afar.

 

Catapultés depuis la Méditerranée orientale (MEDOR) en fin d’après-midi, les quatre chasseurs ont détruit un centre de commandement et d’entraînement actif occupé par les combattants terroristes à Tall Afar. Conduit conjointement avec des aéronefs de l’US air force, le raid a duré près de 5 heures. Au total, 20 bombes ont été délivrées.

 

Cette nouvelle mission du groupe aéronaval (GAN) a pu être conduite grâce aux vols de renseignement préalablement réalisés au-dessus de l’Irak par la coalition et les aéronefs de l’armée de l’air déployés en Jordanie et dans le golfe Arabo-Persique (GAP).

 

Ces missions aériennes ont pour objectif d’affaiblir les capacités militaires de Daech et de participer à la reprise des territoires contrôlés par les terroristes.

 

Lancée le 19 septembre 2014, l’opération Chammal mobilise 700 militaires. Elle vise à la demande du gouvernement irakien et en coordination avec les alliés de la France présents dans la région, à assurer un soutien aérien aux forces irakiennes dans la lutte contre le groupe terroriste Daech. Le dispositif est structuré autour de douze avions de chasse de l’armée de l’Air (six Rafale, trois Mirage 2000D et trois Mirage 2000N) et d’un avion de patrouille maritime Atlantique 2. Il comprend également des militaires projetés à Bagdad et Erbil pour la formation et le conseil des militaires irakiens. Le 24 septembre 2015, la frégate anti-aérienne (FAA) Cassard a rejoint les forces françaises engagées au Levant.

 

Depuis le 23 novembre 2015, le groupe aéronaval (GAN) est engagé dans l’opération. Actuellement déployé en Méditerranée orientale (MEDOR), le GAN est constitué de 18 Rafale Marine, 8 Super étendard modernisés, 2 Hawkeye, 2 Dauphin, et d’1 Alouette III – portant les effectifs de l’opération Chammal à 3 500 militaires.

photo EMA / Marine Nationale

photo EMA / Marine Nationale

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 22:30
photo EMA  / Marine nationale

photo EMA / Marine nationale

 

23/11/2015 Sources : État-major des armées

 

Le lundi 23 novembre 2015 à 19h30, l’armée française a conduit de nouvelles frappes contre Daech en Syrie. Mené par six chasseurs, le raid a détruit un site actif occupé par lescombattants terroristes à Raqqah.

 

A partir de la base aérienne projetée (BAP) en Jordanie, deux Mirage 2000 de l’armée de l’air ont été engagés dans la mission. Simultanément depuis le porte-avions Charles-de-Gaulle, les quatre Rafale Marine les ont rejoints au-dessus de la Syrie pour mener un raid contre un site préalablement identifié situé à Raqqah. Les équipages ont frappé plusieurs infrastructures dont un centre de commandement, une zone de stockage de véhicules et des ateliers de maintenance. Les cibles visées ont été détruites. Attaquer ce site permet de perturber les capacités de mouvement et de commandement de Daech.

 

 Lancée le 19 septembre 2014, l’opération Chammal mobilise 700 militaires. Elle vise à la demande du gouvernement irakien et en coordination avec les alliés de la France présents dans la région, à assurer un soutien aérien aux forces irakiennes dans la lutte contre le groupe terroriste Daech. Le dispositif est structuré autour de douze avions de chasse de l’armée de l’Air (six Rafale, trois Mirage 2000D et trois Mirage 2000N) et d’un avion de patrouille maritime Atlantique 2. Il comprend également des militaires projetés à Bagdad et Erbil pour la formation et le conseil des militaires irakiens. Le 24 septembre 2015, la frégate anti-aérienne (FAA) Cassard a rejoint les forces françaises engagées au Levant. Depuis le 23novembre 2015, le groupe aéronaval (GAN) est engagé dans l’opération. Actuellement déployé en Méditerranée orientale (MEDOR), le GAN est constitué de 18 Rafale Marine, 8 Super étendard modernisés, 2 Hawkeye, 2 Dauphin, et d’1 Alouette III – portant les effectifs de l’opération Chammal à 3 500 militaires.

photo EMA / Armée de l'Air

photo EMA / Armée de l'Air

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 19:30
photo EMA / Marine Nationale

photo EMA / Marine Nationale

 

23/11/2015 source EMA

 

Le lundi 23 novembre 2015 à 12h30, le groupe aéronaval (GAN) constitué autour du porte-avions français Charles de Gaulle, déployé en Méditerranée orientale, a conduit ses premières missions au-dessus des zones contrôlées par Daech en Irak. Simultanément, deux patrouilles ont effectué deux missions de reconnaissance armée en appui des forces irakiennes engagées à Ramadi et à Mossoul en Irak. Les deux frappes ont détruit les cibles visées.

 

Vers 8 heures (heure française), deux patrouilles de Rafale Marine ont été catapultées du GAN pour rejoindre le théâtre irakien. Chacune constituées de deux chasseurs, ces deux missions de reconnaissance armée avaient pour objectif d’appuyer les forces irakiennes directement engagées contre Daech dans les régions de Ramadi et de Mossoul.

 

A Ramadi, les frappes ont mis hors de combat un groupe de terroristes. Une position d’artillerie de Daech qui était en train de tirer sur les troupes irakiennes a été détruite à Mossoul. Au total, l’opération a duré près de 7 heures. Les quatre chasseurs français ont été ravitaillés par des avions de la coalition.

 

Ces missions aériennes sont conduites en coordination avec le centre des opérations aériennes de la coalition (CAOC) situé à Al Udeïd au Qatar.

 

Lancée le 19 septembre 2014, l’opération Chammal mobilise 700 militaires. Elle vise à la demande du gouvernement irakien et en coordination avec les alliés de la France présents dans la région, à assurer un soutien aérien aux forces irakiennes dans la lutte contre le groupe terroriste Daech. Le dispositif est structuré autour de douze avions de chasse de l’armée de l’Air (six Rafale, trois Mirage 2000D et trois Mirage 2000N) et d’un avion de patrouille maritime Atlantique 2. Il comprend également des militaires projetés à Bagdad et Erbil pour la formation et le conseil des militaires irakiens. Le 24 septembre 2015, la frégate anti-aérienne (FAA) Cassard a rejoint les forces françaises engagées au Levant. Depuis le 23 novembre 2015, le groupe aéronaval (GAN) est engagé dans l’opération. Actuellement déployé en Méditerranée orientale (MEDOR), le GAN est constitué de 18 Rafale Marine, 8 Super étendard modernisés, 2 Hawkeye, 2 Dauphin, et d’1 Alouette III – portant les effectifs de l’opération Chammal à 3 500 militaires.

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 08:55
photo Marine Nationale Armée de Terre ECPAD

photo Marine Nationale Armée de Terre ECPAD

 

nov 19, 2015 notes-geopolitiques.com

 

Les enjeux géopolitiques d’une sanglante attaque

 

Le carnage du 13 novembre 2015 dans les rues de Paris, aux abords du Stade de France et dans une salle de spectacle, est une première, par son ampleur, dans l’histoire de notre pays. C’est la première fois en effet qu’une attaque terroriste de cette nature et de cette envergure – à la fois rustique et visiblement très bien organisée – provoque de tels dommages sur le territoire national. Le bilan est extrêmement lourd, cruel. Il a conduit le chef de l’État à décréter l’état d’urgence et la situation politique n’est pas à « l’union nationale » observée après les attentats du mois de janvier.

Le climat aussi est lourd, notamment parce que tous les spécialistes avaient annoncé le risque d’une telle action, et prédisent que ce n’est sans doute pas la dernière. Loin d’être strictement « sécuritaire », le problème est de nature géopolitique. Les réponses devront donc l’être également.

« Nous sommes en guerre, a déclaré le Premier ministre à la télévision le lendemain des attentats. Annonçant vouloir répliquer « coup pour coup pour anéantir Daesh »: « Nous frapperons cet ennemi pour le détruire, bien sûr en France mais aussi en Syrie et en Irak. Et nous répondrons au même niveau que cette attaque. [...] Et nous gagnerons cette guerre. »

L’intensification des frappes françaises en Syrie constitue l’une des premières conséquences de cette attaque terroriste sur le sol national. Mais l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin met en garde : « Ces attentats sont en grande partie liés à un processus historique qui s’est accru avec les interventions en Afghanistan, en Irak, en Libye, et ailleurs et qui ont toutes rajouté de l’huile sur le feu. [...] Depuis 10 ans, les choses n’ont jamais cessé de s’aggraver et nous n’avons jamais gagné aucune de ces guerres. Cette approche-là, de guerre contre le terrorisme, n’est pas la bonne approche » (Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, 15/11/2015).

Derrière l’expression d’une opinion, il y a un fait : « déclarer la guerre » à l’État islamique exige de savoir qui il est, et ce que nous voulons. Sachant que le « front » est également intérieur: comme l’a rappelé l’islamologue Gilles Kepel (France 2, 14/11/2015), la France est « le plus gros fournisseur » de jeunes candidats au djihad, le pouvoir n’ayant pas vu ou anticipé l’émergence de ces terroristes « de 3e génération ».

 

Aux racines du mal : un « pourrissement » local et international

« L’État islamique est la résurgence d’un rêve médiéval qui va bouleverser durablement le Moyen Orient », écrivaient Olivier Hanne et Thomas Flichy de la Neuville dans l’édition revue et augmentée de leur ouvrage L’État islamique, primé par le Festival de géopolitique de Grenoble au début de l’année 2015.

Des causes immédiates sont à l’origine de son apparition, puis de son développement. L’invasion américaine de 2003, bien sûr, qui a directement provoqué une résistance armée « du faible au fort », matrice du terrorisme, tout en aggravant les failles ethno-religieuses de la société irakienne.

Mais aussi la compétition énergétique, les erreurs politiques du Premier ministre chiite Nûri al-Maliki (2006-2014), l’embrasement de la Syrie voisine à partir de 2011, ou encore l’opportunisme des clans et tribus sunnites, aux allégeances fragiles. L’avènement du Califat islamique répond aussi à des causes plus profondes, souterraines, de nature identitaire.

« Une grande partie du succès de l’EI tient en effet à sa référence à un passé glorieux, lorsque Damas (avec la suprématie de la dynastie des Omeyyades,VIIe-VIIIe siècles) puis Bagdad (califat abbasside,VIIIe-XIIIe siècles) étaient capitales de l’Oumma » (note CLES n°163, « L’État islamique, laboratoire du siècle ? », 11/06/2015).

C’est ce qui explique, au-delà de moyens de propagande redoutablement efficaces, son attractivité au sein de communautés en voie de réislamisation – notamment en Europe. L’EI ne propose pas seulement « un sunnisme débarrassé du laïcisme et du baassisme » : il entend imposer territorialement un islam « pur », rigoriste, capable de « concurrencer les chiites irakiens pour le scrupule religieux ».

Et ce, dans une région où « la présence des mosquées, de l’histoire et des symboles musulmans imprègne la population et suscite le rappel du culte, même auprès des croyants tièdes voire éloignés ».

Le renforcement de Daesh, et désormais son expansion hors de ses bases territoriales, doivent beaucoup à la dégradation de la situation en Syrie. Il convient ici de souligner la part de responsabilité qui incombe aux chancelleries occidentales – et en particulier française.

Par le choix de soutenir et armer, dans le cadre d’une guerre civile, des rebelles « islamistes modérés » qui ont été naturellement, et rapidement, subjugués par plus radicaux qu’eux (État islamique mais aussi bon nombre d’autres factions islamistes telles que le Front al-Nosra, soit la branche syrienne d’Al Qaida, ou les djihadistes d’Ahrar Cham).

Par l’illisibilité de certains choix diplomatiques aussi, américains puis français, Paris persistant à faire du départ d’Assad le préalable à toute solution politique, tout en se résignant à une « adaptation stratégique » au mois de septembre 2015, en décidant de frappes aériennes en Syrie.

Mais si la France est aujourd’hui directement visée, c’est aussi parce qu’elle symbolise, au-delà de ses choix diplomatiques et de ses engagements militaires (y compris au Sahel), la quintessence du pays « impie », en raison de sa civilisation et en particulier de la revendication de sa laïcité.

Car « le terme de laïcité renvoie pour beaucoup de musulmans aux heures sombres des répressions antireligieuses d’Ataturk abolissant le Califat, de Nasser emprisonnant les Frères musulmans, de Hafez el Assad les massacrant en Syrie ou de Saddam Hussein » (Pierre Conessa, rapport pour la Fondation d’aide aux victimes du terrorisme, décembre 2014, Diploweb.com).

 

S’il y a « guerre », qui est « l’ennemi » ?

L’État islamique est aujourd’hui une puissance politico-militaire, comptant sans doute plus de 10 000 combattants, dont l’ossature est fournie par d’anciens officiers de Saddam et des milices armées. C’est pourquoi il ne peut être vaincu par une simple campagne de frappes aériennes, même appuyée par des opérations spéciales. Seule une armée de puissance au moins comparable serait à même d’en venir à bout.

C’est la conclusion à laquelle sont arrivés récemment les Russes. Mais c’est aussi le calcul des puissances occidentales et de leurs alliés, qui ont choisi depuis plusieurs mois de renforcer les moyens et la formation des peshmergas kurdes et de l’armée irakienne, en charge des combats au sol.

Car ce qui fait la force de l’État islamique, son emprise territoriale, est également une faiblesse face à un adversaire déterminé, qui sait dès lors où frapper. Mais, comme le rappelle Dominique Moïsi dans Les Echos (16/11/2015), « il nous faut comprendre sa stratégie et pour cela le reconnaître pour ce qu’il est, c’est-à-dire un adversaire intelligent et à sa manière parfaitement rationnel. »

A l’instar d’Al Qaida dont il est pour partie issu, et conformément aux préceptes de l’islam, l’EI entend assurer l’avènement d’un califat mondial. Mais en s’assurant au préalable le contrôle d’une base territoriale sûre.

Ce qui fait dire à Alain Bauer, par comparaison avec le communisme, que l’EI suit « la voie stalinienne » de la révolution mondiale. « Outre un dispositif structuré et internationalisé, l’EI semble avoir pris comme modèle une synthèse entre le Hezbollah, le Baas et le parti bolchevik. Organisation véritable et pyramidale, faisant régner la terreur en interne et en externe, rassemblant des brigades aguerries (Libyens, tchétchènes, occidentaux,…), la structure est surtout connue pour sa brutalité, notamment contre ses ennemis les plus proches, les militants restés fidèles au dernier carré de dirigeants de ce qui reste d’Al Qaida » (« Les enfants de Zarqaoui », www.huffingtonpost.fr, 13/06/2014).

 

L’arme terroriste

Dans ce contexte, le terrorisme n’est pas une différence de nature, mais de degré avec les autres actions de l’État islamique, qui utilise déjà la terreur et l’effroi en Syrie, en Irak ou en Libye.

Sa particularité est de viser un effet médiatique davantage qu’opérationnel: c’est une « action de groupes clandestins non étatiques commettant des attentats dans un but idéologique sur des cibles symboliques », rappelle le chercheur François-Bernard Huyghe (Terrorisme, violence et propagande, Gallimard, 2011).

Les objectifs, comme les solutions d’ailleurs, une fois le rapport de force rétabli favorablement par l’État visé, sont toujours politiques, sur le long terme. Le problème ici est que l’objectif est le Jihad puis l’application de la Charia sur le continent européen, ce que les gouvernements ne peuvent accepter.

D’où la perspective d’un long et douloureux conflit, où le renseignement est primordial. Comme le rappelle le juge antiterroriste Marc Trévidic (Le Dauphiné, 16/11/2015) : « Nous avons besoin de bras, dans le renseignement, la justice, la police. [...] Quand vous avez un tel potentiel de personnes radicalisées, il faut se mettre à niveau ».

Il est désormais attesté que l’État islamique avait donné pour instruction aux candidats jihadistes français et européens de ne plus venir en Irak ou en Syrie, mais d’agir en France et en Europe. L’EI a également menacé d’infiltrer des combattants parmi les nombreux migrants atteignant les côtes européennes.

Depuis le mois de janvier 2015, « les autorités françaises n’ont eu de cesse de déjouer des projets à visée terroriste plus ou moins aboutis » (Le Monde, 14/11/2015) – certains n’échouant « que par miracle » quand d’autres n’ont atteint qu’une partie de leurs objectifs, comme à Saint-Quentin-Fallavier le 26 juin avec l’assassinat et la décapitation de l’entrepreneur Hervé Cornara.

« J’ai acquis la conviction que les hommes de Daesh ont l’ambition et les moyens de nous atteindre beaucoup plus durement en organisant des actions d’ampleur, incomparables à celles menées jusqu’ici, annonçait de façon prémonitoire Marc Trévidic dans un entretien à Paris Match (30/09/2015). Les jours les plus sombres sont devant nous ». Nous y sommes.

 

Télécharger Attentats de Paris et « guerre à Daesh »

 

Pour aller plus loin:

  • L’État islamique.Anatomie du nouveau Califat, par Olivier Hanne et Thomas Flichy de la Neuville, Bernard Giovanangeli Editeur, 191 p., 15 € ;
  • « Terrorisme: l’Irak, l’origine de tout. Le laboratoire du siècle », supplément au n°5 de la revue Conflits dirigé par Xavier Raufer, 27 p., avril-mai-juin 2015 ;
  • Géopolitiques des terrorismes, sous la direction de Pierre Verluise, Diploweb.com, 24/01/2015.
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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 08:30
D'où vient la fortune de l'État islamique ?

 

18/11/15 Alain Mouton, journaliste  - Trends

 

L'État islamique, l'organisation derrière les attentats de Paris, est une des armées de mercenaires les plus solvables au monde. Elle tire ses gigantesques moyens financiers de diverses sources: pétrole, chantage, enlèvements, antiquités et même coton. À cela, on peut ajouter des dons de mécènes des riches États du Golfe.

 

Des terroristes ont pu commettre des attentats au nom de l'État islamique (EI, IS ou Daech) principalement parce qu'ils disposaient de suffisamment de moyens financiers pour préparer leurs opérations sanguinaires. Et de l'argent, l'EI en a en abondance.

Différents rapports de services secrets et de groupes de réflexion en Europe et aux État-Unis font état de très diverses sources de financement dans le chef de l'État islamique. Pour 2015, le budget de l'organisation est estimé à 2 milliards de dollars. D'où vient cette manne d'argent ?

 

1. Un État qui lève des impôts

Le 29 juin 2014, Daech a proclamé le Califat islamique dans certaines parties de la Syrie et de l'Irak, où l'on applique sévèrement la charia islamique. Profitant d'un vide de pouvoir en Irak et des révoltes contre le régime de Bachar el-Assad en Syrie, l'État islamique a pu s'ancrer dans la région et même prendre le relais d'un gouvernement classique.

Qui dit gouvernement, dit impôts. IS perçoit effectivement ceux-ci dans les zones sous son contrôle. Des impôts allant jusqu'à 50% des revenus des fonctionnaires et des employés irakiens et syriens. Les camions de passage dans la région doivent s'acquitter d'une taxe de transport. La population - quelque 10 millions de personnes vivent dans les zones contrôlées par l'État islamique - doit payer une sorte d'impôt de révolution. L'argent est en partie utilisé pour remplir un certain nombre de tâches étatiques, comme l'approvisionnement en eau et les soins de santé. C'est en effet une façon idéale de s'attirer la sympathie des populations locales. Mais la majeure partie des impôts est allouée au paiement des combattants de l'État islamique.

Prendre le rôle de l'État signifie aussi avoir accès aux réserves d'une Banque Nationale. L'EI dispose de 400 millions de dollars de réserves en devises depuis la prise de la ville de Mossoul au nord de l'Irak, où se trouve un siège local de la Banque Nationale irakienne. Avec cet argent, IS a les moyens de payer, pendant une année entière, 600 dollars par mois à 60.000 combattants, tweetait le Britannique Eliot Higgins, spécialiste de l'islam.

Depuis sa capitale officieuse à Raqqa, l'EI contrôle les principaux territoires agricoles de Syrie, où l'on cultive des céréales, mais surtout du coton. Céréales et coton représentent 7% des revenus de l'État islamique (voir tableau). Avant la guerre, la Syrie était le plus important producteur de coton au monde et Daech contrôle désormais 90% des champs du pays. Le coton est transporté vers la Turquie par des routes de contrebande, où il est revendu en pratiquant le dumping. Le gouvernement turc, officiellement opposé à l'État islamique, ferme les yeux. IS gagne ainsi 180 millions d'euros par an grâce à la vente de coton, de céréales et d'autres cultures. Un agriculteur doit par ailleurs payer un impôt sur une partie du produit.

 

2. Les revenus du pétrole

Les routes de contrebande entre la Syrie et la Turquie sont aussi empruntées pour l'exportation de pétrole. IS contrôle d'importantes sources de pétrole en Syrie (60% du total), en fait l'exploitation et en vend le produit. Les revenus du pétrole représenteraient plus de 700 millions de dollars par an, soit 38% des revenus de l'État islamique. L'organisation terroriste produirait des dizaines de milliers de barils par jour, qui sont vendus à un prix d'à peine 20 à 25 dollars le baril alors que le prix sur les marchés internationaux tourne autour des 44 dollars.

Daech est devenue une compagnie pétrolière qui tourne bien, écrivait le Financial Times en octobre. La vente de pétrole se fait dans le plus pur style de la mafia: l'acheteur est mis sous pression pour conclure un deal lucratif pour l'EI.

Et pour la gestion des champs de pétrole, l'État islamique attire des techniciens et des ingénieurs avec de hauts salaires. La production de pétrole continue à fonctionner, malgré les bombardements des sites par la coalition internationale. La vétusté des infrastructures de pompage de pétrole, qui exige de nouveaux investissements, semble poser un plus grand problème à l'État islamique.

Le plus important acheteur du pétrole de l'EI est la Turquie, pourtant membre de l'OTAN et membre de la coalition internationale contre l'organisation terroriste. Et la Turquie n'est pas sanctionnée pour ce commerce par les États-Unis. Pour les experts en politique internationale, c'est une preuve du rôle ambigu joué par la Turquie et les États-Unis dans la région.

Autre situation absurde: l'EI contrôle différentes centrales électriques qui s'avèrent cruciales pour l'approvisionnement des parties de la Syrie sous contrôle du régime de Bachar el-Assad. Le gouvernement syrien paye l'État islamique pour cette électricité, alors que les deux parties se mènent une guerre sans merci.

L'exploitation d'autres matières premières, comme le ciment et les phosphates, représente encore 20% des revenus.

 

3. La vente de trésors culturels

Les musées et sites archéologiques de Syrie et d'Irak hébergent des oeuvres d'art millénaires. Les combattants de l'EI, qui considèrent ces antiquités comme une forme d'idolâtrie, postent régulièrement des vidéos dans lesquelles on les voit saccager ces trésors culturels.

Mais à côté de cela, ces objets d'art représentent une importante source de revenus. Certains datent d'il y a 8000 ans. Le pillage des musées rien que dans la région syrienne d'Al-Nabuk aurait déjà rapporté plus de 36 millions de dollars à l'EI.

 

4. Enlèvements et trafic d'esclaves

Le chantage et les enlèvements contribuent aussi à la manne de l'EI. Les opposants à l'organisation terroriste ou les minorités religieuses voient par ailleurs leurs propriétés confisquées et vendues par Daech. Cela vaut aussi pour les propriétés des réfugiés.

Et il y a encore le commerce d'esclaves de femmes issues de toutes sortes de groupes minoritaires. Une pratique moyenâgeuse qui rapporte.

 

5. Mécènes

Ce dont on parle peu, ce sont les lignes d'approvisionnement financier en provenance des États du Golfe comme l'Arabie Saoudite et le Qatar. Il ne s'agit pas d'un soutien direct d'État, mais de financement par de riches mécènes qui ont de la sympathie pour le fondamentalisme musulman. Un tel financement international fait de l'État islamique une véritable multinationale terroriste.

L'importance de cette source de revenus recule toutefois à seulement 2% des revenus.

Pendant longtemps, le Koweït a été une plaque tournante pour le transfert de ces fonds vers les organisations djihadistes, mais depuis peu, de tels flux d'argent sont contrôlés plus sévèrement.

Un important 'fundraiser' était le Tunisien Tariq Bin-Al-Tahar Bin Al Falih Al-'Awni, qui a réussi à recueillir 2 millions au Qatar pour Daech. Il a été tué par un drone américain en juin.

 

6. Payer des mercenaires et être payé

Enfin, l'EI est dans les faits une armée de mercenaires qui recrute partout dans le monde. Les combattants en Syrie proviennent de 110 pays au moins. La majorité - ce qui est surprenant - ne vient peut-être pas d'Europe mais d'Arabie Saoudite (2.500) et de Tunisie (3.000), contre environ 400 de Belgique et 800 de France. Ils constituent une source de revenus parce que, entre autres, ils emportent avec eux de l'argent, par exemple d'un crédit à la consommation engagé en Europe et jamais remboursé.

D'après le criminologue français Xavier Raufer, de nombreux combattants en Syrie issus de France et de Belgique par exemple sont liés à des réseaux criminels dans leur pays d'origine. Ils seraient impliqués dans des trafics d'armes et de drogue. Quand ils partent en Syrie, ils emporteraient également les moyens financiers nécessaires.

La caractéristique propre aux mercenaires, c'est qu'ils se mettent à disposition de ceux qui paient le plus. Cela est aussi vrai en Irak et en Syrie. Pour les mercenaires actifs dans les groupes de rebelles dits modérés - par ailleurs financés par les États du Golfe, mais aussi par les États-Unis (qui combattent contre l'État islamique et contre Assad) -, la tentation est grande de franchir le pas vers l'EI, meilleur payeur. Lors de leur transition, ils peuvent également emporter du matériel militaire, qui leur est ironiquement livré en suffisance par les pays qui combattent Daech.

 

Répartition des revenus de l'Etat Islamique

Pétrole 38%

Gaz        17%

Chantage / Impôts / art               16%

Mines de phosphate     10%

Production de ciment   10%

Coton / céréales              7%

Dons     2%

Source: GRC

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 19:30
photo EMA / Armée de l'Air

photo EMA / Armée de l'Air

 

19/11/2015 Sources : État-major des armées

 

Depuis le 15 novembre 2015, l’armée française a intensifié ses opérations contre Daech en Irak et en Syrie. En complément des raids menés à partir des bases du golfe Arabo-Persique et de Jordanie, le groupe aéronaval (GAN) sera rapidement déployé en Méditerranée orientale (MEDOR). Avec au total 38 chasseurs, le GAN triplera les capacités d’action aérienne de l’opération Chammal.

 

Raqqah : intensification des raids contre Daech en Syrie

En Syrie, la semaine a été marquée par une intensification des frappes contre le fief de Daech basé à Raqqah. En 48 heures, deux centres d’entraînement et quatre centres de commandement ont été frappés. Au total, 35 objectifs ont été détruits.

 

Situation en Irak

En Irak, les dernières semaines ont été marquées par des offensives menées par les forces irakiennes contre Daech. Des succès ont été enregistrés et les lignes de front ont évolué au bénéfice des forces irakiennes dans les régions de Sinjar, Tall Afar, Mossoul, Bayji et Ramadi. La ville de Bayji a été reprise par les forces irakiennes ; à Ramadi, les troupes irakiennes exercent une pression continue sur Daech ; dans la région de Sinjar, une opération de grande envergure a permis de reprendre l’axe logistique entre Mossoul (Irak) et la Syrie.

 

Ces avancées sont les conséquences des choix stratégiques de la coalition.

Les succès opérationnels ont ainsi été rendus possibles grâce aux appuis de la coalition : opérations aériennes et entraînement dispensé aux forces irakiennes et peshmergas.

 

En savoir plus.

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 17:30
ISIS's Global Strategy

ISIS's Global Strategy - credits ISW

 

Nov 14, 2015 - Harleen Gambhir - ISW

 

ISIS continues to execute its global strategy to defend its terrain within Iraq and Syria, to foster affiliates in the Middle East, North Africa, and Central Asia, and to encourage and resource terror attacks in the wider world. 

The October 31 downing of Russia's Metrojet 9268 and the November 14 terror attacks in Paris suggest that ISIS may be prioritizing its campaign launch disruptive terror attacks against its foreign enemies. This is a dangerous development that will have significant implications for European security and the integrity of the EU, as well as for ongoing international talks on the future of Syria. 

 
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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 17:30
crédits ISW

crédits ISW

 

19.11.2015 par Laurent Marchand - tout un Monde

 

Entretien avec Camille Grand, Directeur de la Fondation pour la Recherche Stratégique.

 

Moscou et Paris coopèrent et se déclarent résolus contre Daech. C’est un tournant diplomatique ?

Nous venons d’assister à une sorte de rapprochement dans les derniers jours, qui avait commencé avant les attentats de Paris puisque le processus de Vienne était déjà là. On voit, notamment sur le point d’opposition central qu’est l’avenir de Bachar el Assad, des positions se rapprocher sans se superposer. On a des Russes qui parlent d’un processus politique qui peut conduire à son départ sous 18 mois, qui acceptent que ce soit la Jordanie qui dresse la liste des organisations qualifiées comme terroristes en Syrie, la Jordanie étant proche des occidentaux. Et on a d’un autre côté, un François Hollande qui appelle à une large et unique coalition, qui dit qu’il veut parler à tout le monde et le met en pratique, en appelant Rohani et en allant à Washington et Moscou. Donc on a un vrai effort. Dans ce contexte, ce qui est clair, c’est que les événements terroristes majeurs viennent de faire bouger les lignes au plan diplomatique. On voit que les Russes, victimes eux-mêmes de l’attentat du Sinaï, qui voient sans doute aussi les limites de leur propre stratégie en Syrie puisque leur intervention n’a pas changé radicalement les termes du conflit, sont tentés de faire mouvement aussi. Il y a une sorte de rapprochement des positions des uns et des autres. Autour d’une idée claire : la priorité accordée à la lutte contre Daech. Est-ce que pour autant cela veut dire qu’on est d’accord sur tout, ce n’est évidemment pas le cas. Et notamment la question du positionnement de Bachar el Assad et des troupes du régime dans tout ce dispositif, restent très problématiques.

 

Suite de l'entretien

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 17:30
photo Ministère de la Défense

photo Ministère de la Défense

 

Nov 16, 2015 - Harleen Gambhir

 

ISW’s Counter-terrorism Analyst Harleen Gambhir makes the case that  "Europe and the United States must accept the reality that protracted sectarian warfare in the Middle East is a clear and present danger to their safety and security at home" arguing that these attacks "are yet more proof that we cannot live in peace at home while millions of people are engulfed in war." Read her full op-ed in the Washington Post.

 

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 18:30
photo Russia MoD

photo Russia MoD

 

18 novembre 2015 Romandie.com (AFP)

 

Moscou - L'aviation russe a reçu l'ordre de tirer à vue sur les camions-citernes transportant des produits pétroliers dans les zones contrôlées par l'organisation Etat islamique (EI), a déclaré mercredi le chef des opérations militaires russes en Syrie, le général Andreï Kartapolov.

 

Il a été décidé aujourd'hui que les avions de l'armée russe devaient tirer à vue sur les camions-citernes transportant des produits pétroliers dans une zone contrôlée par l'EI, a-t-il annoncé, cité par l'agence Interfax.

 

Le général ne précise pas le mode opératoire des avions russes, leur altitude lors de leurs frappes ni leurs moyens de reconnaître un camion-citerne appartenant aux jihadistes de l'EI.

 

Le commandant de l'opération militaire russe en Syrie a par ailleurs indiqué que 500 camions-citernes avaient déjà été détruits par l'aviation russe, sans préciser à quels groupes terroristes - Etat islamique ou autres groupes - ils appartenaient.

 

La destruction de ces camions-citernes a eu lieu au cours des derniers jours avant que ne soit prise la décision de tirer à vue sur ces véhicules, a-t-il ajouté.

 

Ces dernières années, sur le territoire qu'ils contrôlent, l'EI et d'autres groupes extrémistes ont mis en place ce que nous appelons +un oléoduc roulant+, a-t-il déclaré, estimant que ces camions-citernes avaient déjà livré des milliers de tonnes de pétrole aux raffineries situées en Irak, avec qui la Syrie partage une frontière à l'est.

 

L'organisation Etat islamique contrôle la majorité des champs pétroliers de Syrie, notamment dans la province de Deir Ezzor, et les camions-citernes et sites d'approvisionnement en pétrole fournissent de précieux revenus au groupe jihadiste.

 

Selon une enquête publiée en octobre par le quotidien américain Financial Times, la contrebande de pétrole rapporte aux jihadistes 1,5 million de dollars par jour lorsque le prix moyen s'établit à 45 dollars le baril.

 

Lundi, le Pentagone avait annoncé la destruction par la coalition conduite par les Etats-Unis de 116 camions-citernes utilisés par l'EI près de Boukamal, une localité tenue par le groupe jihadiste à la frontière de l'Irak.

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