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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 11:45
Etude de l'IRSEM n°25-2013 : Les défis stratégiques africains : la gestion de la conflictualité en Afrique Centrale

22/05/2013 IRSEM

 

Sous la direction de Amandine GNANGUÊNON, avec les contributions de Catherine GUICHERD, Angela MEYER, Germain-Hervé MBIA YEBEGA, Flora BOUBOUR, Laura SALICH DI FRANCESCA, Geoffroy MONTAGNE, Nicolas TEINDAS, Samuel NDUTUMU, Romain ESMENJAUD, Benjamin BIBAS

 

Dans la continuité des travaux menés au sein des ateliers de l'IRSEM sur les défis de la conflictualité en Afrique de l'Ouest et en Afrique de l'Est, cette étude propose un tour d'horizon des problématiques liées à l'Afrique centrale. Un premier constat s’impose : l'Afrique centrale est en proie aux mêmes problématiques sécuritaires que le reste du continent. La multiplicité des facteurs de conflit (sociaux, politiques, économiques, sanitaires et environnementaux) pose la question de leur gestion par les Etats africains aux niveaux national, régional et continental.

 

Le rapport de force entre le pouvoir politique et les acteurs militaires constitue le fil directeur de cette étude et le point commun entre les différentes aires géographiques en Afrique. Il continue d’évoluer dans un contexte de tensions permanentes où la promotion d’un ordre régional doit s’imposer sur le désordre que les régimes politiques sont tentés d’instrumentaliser pour assurer leur survie. Chaque région a finalement son laboratoire pour expérimenter l’efficacité des modes de résolution des conflits. En Afrique centrale, il s’agit essentiellement de la République démocratique du Congo à l’Est et des pays du Golfe de Guinée à l’ouest.

 

Etude de l'IRSEM n°25-2013

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 11:45
Etude de l'IRSEM n°25-2013 : Les défis stratégiques africains : la gestion de la conflictualité en Afrique Centrale

22/05/2013 IRSEM

 

Sous la direction de Amandine GNANGUÊNON, avec les contributions de Catherine GUICHERD, Angela MEYER, Germain-Hervé MBIA YEBEGA, Flora BOUBOUR, Laura SALICH DI FRANCESCA, Geoffroy MONTAGNE, Nicolas TEINDAS, Samuel NDUTUMU, Romain ESMENJAUD, Benjamin BIBAS

 

Dans la continuité des travaux menés au sein des ateliers de l'IRSEM sur les défis de la conflictualité en Afrique de l'Ouest et en Afrique de l'Est, cette étude propose un tour d'horizon des problématiques liées à l'Afrique centrale. Un premier constat s’impose : l'Afrique centrale est en proie aux mêmes problématiques sécuritaires que le reste du continent. La multiplicité des facteurs de conflit (sociaux, politiques, économiques, sanitaires et environnementaux) pose la question de leur gestion par les Etats africains aux niveaux national, régional et continental.

 

Le rapport de force entre le pouvoir politique et les acteurs militaires constitue le fil directeur de cette étude et le point commun entre les différentes aires géographiques en Afrique. Il continue d’évoluer dans un contexte de tensions permanentes où la promotion d’un ordre régional doit s’imposer sur le désordre que les régimes politiques sont tentés d’instrumentaliser pour assurer leur survie. Chaque région a finalement son laboratoire pour expérimenter l’efficacité des modes de résolution des conflits. En Afrique centrale, il s’agit essentiellement de la République démocratique du Congo à l’Est et des pays du Golfe de Guinée à l’ouest.

 

Etude de l'IRSEM n°25-2013

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 12:55
Laboratoire n°18 - 2013 : La réforme des systèmes de sécurité : quel différentiel français?

17/05/2013 IRSEM

 

Sous la direction de Sophie DAGAND et Frédéric RAMEL

 

La Réforme des systèmes de sécurité (RSS) est caractérisée par une composante duale, à la fois conceptuelle et opérationnelle. Elle offre un cadre de réflexion et de pratiques aux politiques déployées par les acteurs internationaux dans la gestion et la prévention des crises.

 

 Principalement observée dans le cadre des organisations internationales, pour lesquelles la RSS est devenue un référentiel dans leur politique de gestion de crise, ce Laboratoire contribue à mettre en valeur une approche française dans ce domaine.

 

Laboratoire n°18 - 2013 

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 12:45
Etude de l'IRSEM n°24-2013 : Les défis stratégiques africains : exploration des racines de la conflictualité en Afrique de l'Est

17/05/2013 IRSEM

 

Sous la direction de Amandine GNANGUÊNON, avec les contributions de Karl SÖRENSON Alain GASCON Jean-Nicolas BACH Christian DELMET Simon IMBERT-VIER Raphaël ROSSIGNOL Patrick FERRAS

 

L'Afrique de l’Est est sans doute une de régions africaines la plus hétérogène de toute l’Afrique, de par sa diversité religieuse et politique, mais aussi de par le fait qu’elle est composée d’une multitude des cultures et des origines ethniques. De même, la région est souvent caractérisée par un enchevêtrement de conflits, parmi les plus complexes au monde. Cette multitude de facteurs d’insécurité mis en relation avec la complexité des rapports de forces régionaux peu apparaître comme un vrai défi pour le monde académique, dans sa tentative de mieux appréhender cette région. Tout l’enjeu de ce Cahier est de mieux en comprendre les tenants et les aboutissants de la conflictualité en Afrique de l’Est.

 

Etude de l'IRSEM n°24-2013

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 07:55
Paris Papers n°8 : War narratives in a world of global information Age : France and the War in Afghanistan

15/05/2013 Par Barbara Jankowski, responsable de programme au domaine "Défense et société" de l'IRSEM

 

Synthèse

Comment expliquons-nous le soutien de l’opinion publique à une intervention militaire ? Récemment, l'accent mis sur l’analyse des récits (narratives) a donné une nouvelle dimension à la recherche en science politique sur la perception de la guerre par l'opinion publique. De récentes études ont souligné l'impact des récits sur le soutien notamment parce qu’ils peuvent empêcher la désaffection du public en cas de pertes ou d’échec de la mission. Ainsi, les responsables publics ne peuvent éviter de fournir des récits appropriés quand ils lancent une opération. Cet article analyse les récits développés pour justifier la guerre en Afghanistan et le rôle qu'ils ont joué dans le soutien à la guerre en France. La première partie du document examine les définitions données au concept de récits, leur utilisation dans différents sous-domaines d'études et pourquoi les récits sont devenus une notion précieuse pour la compréhension de la perception de la guerre. La deuxième partie examine les récits sur la guerre en Afghanistan, Dans le cas français, le soutien à la mission militaire en Afghanistan aurait été érodé par les faiblesses du récit de guerre officiel ainsi que par des contre-récits plus convaincants.

Abstract

How do we explain public support for a war? Recently, the focus on narratives has extended the scope of political science research on the perception of military interventions in public opinion. This paper seeks out the narratives developed on the war in Afghanistan and the role they have played in the support for the war in France. Recent studies have emphasized how narrative impacts on people’s willingness to support war and can prevent public disaffection in case of casualties or mission failure. Public leaders cannot avoid providing appropriate narratives when launching a war. The first part of the paper examines the definitions of the concept of narratives, their usage in different subfields of policy studies and why narratives are a valuable notion for the understanding of the perception of war. The second part aims at scrutinizing the narratives on the war in Afghanistan as they have been developed in France by policy-makers, opponents, and the media. In the French case, public support for the military mission in Afghanistan might have been eroded by the weaknesses of the official war narrative as well as by compelling counter-narratives.

 

Paris Papers n°8 

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 11:55
" Economie et choix stratégiques de défense " 17 mai

03.05.2013 Par Olivier Berger, grand reporter à La Voix du Nord. - Défense globale

 

Dans la foulée du Livre blanc qui entend consacrer l'ère du partenariat européen en matière d'industrie de défense, l'Observatoire économique de défense (OED), qui dépend de la direction des affaires financières (SGA/DAF) du ministère de la Défense, organise un colloque le vendredi 17 mai dans l'amphithéâtre Foch à l'Ecole militaire à Paris (en partenariat avec l'IRSEM et HEC). Son titre est " Economie et choix stratégiques de défense ".

L'OED est le correspondant de l'INSEE pour les questions de défense. Il conduit des études diverses et surtout pointues comme " Estimation des conséquences et des leviers de recours aux entreprises de service de sécurité et de défense ", " Analyse économique et internationale de la dissuasion nucléaire ", " Modalités de contractualisation et de conduite des programmes d'armement ", " Les impacts socioéconomiques des efforts de défense ", " Analyse des grands groupes français et européens de l'armement ".

En ces temps de crise durable, on ne peut plus envisager de la même manière l'économie de défense d'une part et les choix stratégiques d'autre part...

Le programme :

- 9 h : Introduction de Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense.

- Table ronde n°1 : Internationalisation et programmes en coopération avec le général Maurice de Langlois (IRSEM) ; Agence européenne de défense et défis de la coopération en Europe avec Christian Bréant, directeur R&T à l'Agence européenne de défense ; La coopération européenne pour les grands programmes : miroir aux alouettes ou option la plus effective ? avec Olivier Martin, secrétaire général de MBDA ; Les investissements capacitaires sous l’égide de l’OTAN avec l'ingénieur général de l’armement Patrick Auroy, secrétaire général adjoint de l’OTAN en charge des investissements ; EADS au chevet du projet de coopération européenne avec Jérémy Ghez, HEC.

- Table ronde n°2 : Les enjeux de l’intelligence économique avec Pascal Chaigneau, HEC ; L’intelligence économique au niveau de l’Etat avec Gilles de Robillard, adjoint du délégué interministériel à l’intelligence économique ; Dynamiques industrielles en matière d’intelligence économique avec Didier Brugère de Thales ; Révolution numérique et risque souverain avec Jean-Louis Bruguière.

- Table ronde n°3 : Les contributions socio-économiques de la défense à la nation avec le général Jean-Marc Journot, HEC ; Les conséquences macroéconomiques des efforts de défense avec Julien Malizard, université de Montpellier 1 ; Industrie de défense et défense de l’industrie par le général Stéphane Abrial, conseiller auprès du président de Safran ; Les atouts socioéconomiques de la défense par Sylvain Moura et Jean-Michel Oudot de  l'Observatoire économique de défense (OED).

- 13 h : conclusion de Patricia Adam, présidente de la Commission de la défense nationale et des forces armées de l'Assemblée nationale.

On peut s'incrire à ce colloque en cliquant ici.

 

 

 

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 07:30

African Region maps source ISS

 

11/09/2012 Par Amandine Gnanguênon, chargée d’études Afrique à l’IRSEM

 

Joseph Ki-Zerbo dans A quand l’Afrique? Entretien avec René Holenstein (Editions de l'Aube, 2003) rappelle que parmi les grandes questions posées au continent africain figurent celles de l’Etat, ainsi que celles de l’unité et de l’émiettement de l’Afrique. Dans le cadre de ce dossier stratégique, nous avons souhaité revenir sur ces deux questions remises à l’ordre du jour par la mise en œuvre de l’Architecture africaine de paix et de sécurité, plus connue sous l’acronyme anglais APSA.

 

Construire une Architecture solide sur un socle instable

 

Si les Etats africains sont au centre de la construction d’une Architecture de paix et de sécurité, ont-ils les moyens de gérer les conflits ? Il peut paraître simpliste d’ouvrir notre propos sur une telle question alors même que la raison d’être de l’édifice panafricain repose sur le pré-requis du monopole de la violence légitime reconnu aux Etats et partant, de son exercice souverain. L’engouement dont l’APSA fait l’objet n’en cache pas moins une ambiguïté : en matière de sécurité, certains Etats sont à la fois constitutifs du problème et de sa solution. En effet, nombreux sont les appareils d’Etat africains qui, confrontés à un ordre interne instable  toujours susceptible de basculer dans un désordre généralisé, agissent dans le but de conserver leur intérêts.

 

Dans certains cas, les proximités géographiques, culturelles et linguistiques des populations font peser le risque de propagation d’un conflit localisé et obligent les Etats à agir, y compris en utilisant la violence, au-delà du cadre national. Comme le démontre l’article de Mehdi Belaid, les positions de la République démocratique du Congo (RDC) et du Rwanda dans la région des Kivu témoignent du recours aux « guerres par procuration », par lesquelles des gouvernants s’affrontent par mouvements rebelles interposés. Le recours à la violence et le refus d’accepter la norme de l’alternance politique pacifique soulève finalement la question de la légitimité des acteurs politiques.

 

L’élection permet de confiner l’alternance politique à une sorte de jeu à somme nulle en désignant un gagnant et un perdant. L’usage de la force, aussi rudimentaire soit-il, ne devient-il pas un moyen de contourner cette règle simple du changement, trop souvent perçue comme inique par le perdant ? Au-delà du rite électoral, la légitimité étatique se construit aussi autour d’un ordre juste et non partisan, de la redistribution des ressources nationales et de la protection des populations contre les menaces potentielles à leur intégrité physique. Un Etat qui ne serait pas en mesure d’assurer ces prérogatives prend le risque de voir émerger des mouvements de révoltes en son sein ou en marge. En cette occurrence, la reconnaissance du Conseil national de transition (CNT) libyen par la Communauté internationale a finalement relancé le débat sur l’opposition entre la légitimité électorale et la légitimité de la révolte contre un pouvoir dictatorial.

 

Si un acteur est légitime dans sa contestation de ceux qui représentent l’Etat (Libye, Niger, Mauritanie), l’est-il suffisamment pour remplacer ceux qui gouvernent ? Soulever cette question, souvent écartée par les organisations internationales, revient à s’interroger sur l’écart entre l’application de principes préétablis et la réalité du terrain. Dit autrement, il apparaît que le surinvestissement formel dont l’APSA fait actuellement l’objet est une manière de compenser le manque de légitimité des Etats au plan national. Si la raison d’être du système de sécurité collective africain repose sur la défense ardente de principes et de normes, notamment celui de souveraineté, sur lesquels s’appuie le système inter-étatique, ce système ne devrait-il pas également rechercher à produire des effets concrets sur la sécurisation des espaces nationaux en conflits ?

 

De l’antagonisme incomplet et du partenariat imparfait

 

L’actualité africaine de ces derniers mois nous confirme qu’au-delà des discours politiques, la nature des conflits influe sur les formes de coopération entre les Etats, comme le démontrent les cas du Mali et de la Somalie. Malgré l’investissement dont le Mali a fait l’objet de la part de la Communauté internationale, la situation n’a cessé de se détériorer. L’article de Jérôme Pigné revient sur les réactions en chaînes au Mali, et plus largement au Sahel, engendrées par de multiples facteurs d’instabilité, souvent anciens, sur lesquels la chute du régime de Kadhafi a agit comme un catalyseur. Face à une situation complexe, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), reconnue comme un modèle en matière de gestion des conflits, est dans l’impasse. Le fait qu’aucun acteur politique légitime au pouvoir au Mali ne puisse saisir la CEDEAO pour intervenir sur le territoire révèle comment le respect des normes internationales peut avoir un effet contreproductif en favorisant localement des zones de non droit.

 

Inversement, dans une région en proie à une crise somalienne qui dure depuis près de 20 ans, la mission de l’UA en Somalie (AMISOM) a réussi à dépasser les échecs du processus d’intégration régionale. La gestion des conflits par l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) était au point mort du fait de la méfiance développée entre les acteurs politiques, peu enclins à accepter une intervention des pays frontaliers. La contribution de Romain Esmenjaud revient sur la manière dont, malgré certaines limites capacitaires qui ne sont  pas propres à l’opération, l’AMISOM a fait ses preuves, riches d’enseignement pour les futures opérations de maintien de la paix (OMP).

 

Le développement des Communautés économiques régionales (CER) comme de l’Union africaine (UA) durant la dernière décennie est, dès lors, l’illustration « de l’antagonisme incomplet et du partenariat imparfait » dont parlait Pierre Hassner (« Le siècle de la puissance relative », Le Monde, octobre 2007). Dans un contexte international où la paix, notion floue vue du terrain, reste un modèle de conduite collective, les Etats rentabilisent en termes d’image leur investissement dans la gestion des conflits. Nombreux sont ainsi les pays médiateurs pour qui la recherche de pacification permet de cacher les menaces qu’ils font peser sur leur population, comme ce fut le cas avec l’implication de la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens (CEN-SAD) sous l’impulsion de Kadhafi pour régler le conflit au Darfour.

 

L’intervention des Etats frontaliers, également dictée par la volonté d’instrumentaliser le désordre des pays voisins à des fins politiques, aboutit à un partenariat imparfait. Il signifie, que malgré les déclarations communes faites dans les enceintes politiques, le fait qu’un Etat puisse soutenir la rébellion du gouvernement voisin pour défendre ses intérêts, au détriment de la stabilité régionale, favorise un climat de suspicion permanent. Partant de ce constat, quelles conclusions tirées sur la mise en place de l’Architecture africaine et sur l’avenir d’une Force africaine à l’échelle du continent ?

 

Renforcer les capacités nationales par le soutien des initiatives régionales

 

En tant que projet politique, la création de l’Union africaine repose sur la volonté de l’Afrique de faire oublier les échecs de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) dont le 50èmeanniversaire de la création sera célébré en 2013. Dans la continuité du discours panafricaniste prôné par l’OUA, la mise en œuvre de l’Architecture africaine de paix et de sécurité incarne la mise en application du principe d’appropriation africaine selon lequel les instances africaines sont prioritairement en charge des questions relatives à la stabilité du continent. Bien que l’UA se soit dotée d’organes, en particulier le Conseil de paix et de sécurité (CPS), qui l’autorisent à se prévaloir de jure du poids rassemblé des Etats africains dans le processus de prise de décision, l’ambition de son projet d’Architecture est de facto limité par l’ampleur des moyens de toute nature qu’il requière.

 

Le manque de capacités financières, militaires, ainsi que les besoins en formation, des Etats africains les contraint à être dans une position de négociation constante avec leurs partenaires étrangers notamment sur les exigences opérationnelles, tactiques et stratégiques. L’UA, mais aussi les CER, ne sont pas toujours en mesure de décider où, quand et comment les solutions africaines peuvent être préconisées. Au-delà des programmes de renforcement des capacités dont bénéficient la plupart des armés africaines, l’intégration de l’UA dans le dispositif des opérations de maintien de la paix, en vertu du chapitre 8 de la Charte de l’Organisation des Nations unies (ONU), signifie que tout engagement africain doit, au risque d’être illégal, se faire avec l’aval de l’ONU. L’UA devra sans doute transiger entre un projet politique fort avec des moyens africains limités et une marge de manoeuvre politique limitée par une forte dépendance à l’égard de la Communauté internationale. De ce choix dépendra l’avenir de la Force africaine en attente.

 

Les conclusions émises dans le cadre du colloque sur cette Force africaine en attente organisé les 26 et 27 avril 2012 par l’IRSEM, où la question de la pertinence de cet outil pour faire face aux enjeux sécuritaires africains a été posée, résumeront finalement assez bien nos propos. Tout d’abord, dans la mise en place de la FAA, les Etats africains ont tout intérêt à s’inspirer d’interventions en cours (AMISOM en Somalie, MICOPAX en Centrafrique). Il serait en outre illusoire de penser que la Force africaine en attente, censée être opérationnelle en 2015, sera le seul remède applicable à tous les maux sécuritaires africains. La complexité des situations de conflits où s’enchevêtrent différents facteurs, acteurs, intérêts et enjeux, à l’image de l’actuelle situation malienne, peut encourager les acteurs concernés à favoriser des cadres d’action plus souples afin d’agir vite et efficacement. La coopération entre la CEDEAO et la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) pour lutter contre la piraterie dans le Golfe de Guinée est déjà un exemple des solutions possibles au-delà du cadre de référence de la FAA.

 

Enfin, l’un des principaux enseignements à retenir, laissant présager des effets d’entrainement que pourraient avoir les CER et l’UA, est qu’au-delà de leurs limites, la confrontation aux crises a un effet structurant pour les Etats.

 

L’engagement de la CEDEAO dans les conflits de la région du fleuve Mano dans les années 1990, la MICOPAX, l’AMISOM ont déjà démontré que la mise en place de forces régionales a exigé d’un certain nombre d’Etats de faire un bilan permanent de leurs capacités militaires. L’engagement à l’avenir des CER et de l’UA ne fait pas non plus de doute étant donné que les risques de déstabilisation des régimes, du fait de la régionalisation des conflits,

contraignent les autres Etats à s’impliquer. Il ne reste plus qu’à espérer que la crise malienne, qui a d’ores et déjà permis de tirer la sonnette d’alarme, contribuera à une plus grande responsabilisation de ceux qui investissent leurs moyens et de ceux qui les utilisent. Dans un monde idéal, les coûts engendrés par la gestion des conflits seraient annulés par la mise en place de mécanismes de prévention, la plupart des facteurs de conflits ayant des racines à la fois anciennes et identifiables.

 

Rappel sur l’Architecture africaine de paix et de sécurité

 

L’APSA est une structure mise en place avec la création de l’UA en 2002 et qui repose sur trois logiques :

- L’intégration de l’UA dans le dispositif des opérations de maintien de la paix, en vertu du chapitre 8 de la Charte de l’Organisation des Nations unies, qui prévoit de déléguer la charge du maintien de la paix et de la sécurité internationale à des organismes régionaux.

 

- La mise en place d’un cadre de coopération entre l’UA et les Communautés économiques régionales. L’objectif est dès lors de créer un système centralisé autour de l’UA où les CER deviennent des piliers dans la mise en œuvre de l’Architecture.

 

- La création au sein de l’UA de composantes lui permettant de mener à bien sa mission à savoir le Président de la Commission, le Comité des chefs d’état-major (CEM), le Conseil des sages, la Force africaine en attente, le système continental et d’alerte rapide et le fonds pour la paix.

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 12:40

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21.05.2012 Par Jean-Paul Perruche, directeur de recherche à l'IRSEM et Jolyon Howorth, professeur de sciences politiques et de relations internationales à Yale - Le Monde.fr

 

Dans une période de déclin relatif de l'Occident et de disette des budgets de défense, le "lien Transatlantique" est plus nécessaire que jamais, mais la relation transatlantique doit être refondée sur des bases adaptées aux réalités de ce temps. Le futur de l'Alliance passe par des Européens plus responsables, plus autonomes et plus capables. C'est dans l'Union Européenne qu'ils peuvent le devenir.

 

UNE RELATION TRANSATLANTIQUE À ADAPTER AUX NOUVELLES RÉALITÉS

 

L'Alliance Atlantique consacrée en 1949 par le traité de Washington était fondée sur une communauté de valeurs (démocratiques) entre pays nord-américains et européens et sur un intérêt stratégique commun dans la défense de l'Europe libre. Cet enjeu justifiait l'engagement total des forces des pays membres de l'Alliance sous "leadership" américain.

 

Depuis la fin de la guerre froide (1990), et de la menace en Europe, l'Alliance est passée de la défense des démocraties européennes à la promotion de la démocratie, d'abord sur le continent européen, dans les anciens pays du Pacte de Varsovie, puis à l'extérieur : Irak, Afghanistan, Méditerranée.... Mais les contributions modestes des Européens et les restrictions mises à leurs règles d'engagement dans les opérations de l'OTAN pendant cette période ont mis en évidence les premières différences d'intérêts entre Européens et Américains.

 

Malgré la pérennité de leur communauté de valeurs, cette divergence d'intérêts de sécurité s'est approfondie au cours des dernières années sur fond de crise économique, de bilan très mitigé des engagements en Irak et en Afghanistan et de montée en puissance des "émergents", en particulier de la Chine. Comme en témoigne la dernière Directive Stratégique américaine de janvier 2012, pour le président Obama et son administration, le centre de gravité des intérêts de sécurité américains s'est déplacé vers l'Est, le Moyen-Orient et la zone Asie-Pacifique, ce qui justifie un investissement moindre des Etats-Unis en faveur de la défense et de la sécurité de l'Europe.

 

Or, l'Alliance Atlantique a fonctionné jusqu'ici sur le principe (non-écrit) que la défense de l'Europe était garantie, organisée et largement financée par les Etats-Unis (US leadership), en échange d'un soutien par les Européens de leur politique étrangère et de sécurité et de retombées avantageuses pour leur industrie de défense. Ce "deal" tacite se trouve aujourd'hui remis en cause par la nouvelle stratégie américaine qui s'éloigne du théâtre européen, mais aussi par les capacités de plus en plus réduites des Européens à soutenir les opérations américaines ailleurs.

 

Pourtant, loin d'avoir diminué d'intérêt, le "lien transatlantique" apparaît aujourd'hui encore plus essentiel qu'hier pour compenser le déclin relatif des démocraties occidentales et pour permettre aux alliés des deux rives de l'Atlantique de préserver leur influence dans le contexte mondial du XXIe siècle. Les intérêts stratégiques de sécurité des Etats-Unis et des pays européens se sont certes diversifiés en nature et en géographie, mais demeurent largement complémentaires. C'est ce qu'affirme la nouvelle directive stratégique américaine, rappelant que l'Europe reste une zone d'intérêt pour les Etats-Unis et les Européens leurs plus proches partenaires. Mais ils attendent d'eux qu'ils assument désormais leurs responsabilités dans leur voisinage, pour leur permettre de se consacrer sur les régions prioritaires du Moyen-Orient et d'Asie-Pacifique, où ils savent ne pas pouvoir compter sur un soutien substantiel des Européens. En clair, il s'agit de changer le mode de fonctionnement de l'Alliance, en passant d'engagements communs sur les mêmes théâtres à une répartition des théâtres d'engagement.

 

LA QUESTION CLÉ DU RENFORCEMENT DES CAPACITÉS EUROPÉENNES

 

La nouvelle relation transatlantique doit prendre en compte cette réalité. La coopération euro-atlantique a désormais besoin d'Européens plus responsables et donc plus autonomes, plus capables et donc plus forts en termes de capacités, surtout dans leur voisinage.

 

Or dans le contexte actuel de faibles menaces contre l'Europe et de crise financière, le renforcement capacitaire des Européens peut difficilement s'opérer par un relèvement significatif des budgets nationaux, et passe par la mutualisation et le partage (Pooling and Sharing). La question centrale est donc de savoir dans quel cadre et comment cette mutualisation doit être mise en œuvre ? La Directive stratégique américaine suggère qu'elle se fasse dans l'OTAN. On pourrait attendre du sommet de Chicago qu'il jette les bases de la nouvelle solidarité euro-américaine, celle des responsabilités partagées et de la complémentarité des actions. Il est cependant permis de s'interroger sur la capacité du projet-phare de défense anti-missiles balistiques d'apporter un réel progrès dans ce sens, dans la mesure où il renforce encore la dépendance européenne à l'égard des Etats-Unis et porte le risque de grever sérieusement les déjà maigres budgets de défense des Européens réduisant d'autant leur investissement dans les capacités qui leur font défaut.

 

Quant à la Smart Defense et les projets de mutualisation et partage (pooling and sharing) qu'elle abrite, on peut se demander si le cadre de l'OTAN est le meilleur choix pour mettre les Européens en situation de responsabilité ? L'expérience franco-britannique lancée il y a dix-huit mois par le traité de défense de Lancaster House montre que le bénéfice à escompter de la mutualisation et du partage est proportionnel à l'interdépendance acceptée, c'est-à-dire "in fine" à la souveraineté partagée. Il y a peu de chances que la simple coordination de moyens nationaux soit à la mesure du problème capacitaire et d'ambition des Européens. Le partage de souveraineté n'a de sens que s'il s'intègre dans des politiques convergentes, des objectifs de sécurité et des stratégies partagés, c'est-à-dire dans un processus d'intégration politique. Même s'il peut paraitre un objectif utopique à certains, le partage de souveraineté est sans doute préférable à la perte de souveraineté que génèrent les coupes budgétaires et les déficits capacitaires nationaux qu'elles engendrent. La mutualisation et le partage ont des incidences politiques, économiques, industrielles et opérationnelles. L'UE a l'avantage d'être un projet politique global, là où l'OTAN ne traite que de sécurité ; elle est aussi le lieu où les Européens créent des intérêts communs, il serait logique qu'elle soit aussi le lieu où ils les défendent ensemble. La Commission et l'Eurogroupe sont déjà les symboles d'un certain partage de souveraineté. Il va de soi que ce processus européen doit se faire en bonne intelligence avec la "smart defense" de l'OTAN, mais le cadre de l'UE en est indispensable.

 

METTRE FIN À LA RELATION AMBIGÜE ENTRE L'OTAN ET LA PSDC

 

lors que l'OTAN démarre son retrait (longtemps différé) d'Afghanistan, trois questions majeures vont conditionner son avenir : la nature de cette alliance et de ses missions, le type de coopération euro-atlantique, et l'exercice des responsabilités (du leadership).

 

Comme indiqué plus haut, il est peu probable que se présentent dans un avenir prévisible, des situations où les intérêts stratégiques des Américains et des Européens justifient des réponses militaires de même niveau. La proposition américaine d'une OTAN "globale" n'a jamais vraiment séduit les Européens et l'expérience afghane aura achevé de les en dissuader. L'OTAN devrait dorénavant redevenir une Alliance centrée sur l'Europe. En parallèle, les évènements de Libye auront montré que l'objectif d'une PSDC autonome et efficace est encore loin d'être atteint. Il est urgent de créer les conditions d'une véritable complémentarité entre l'OTAN et l'UE fondée sur la nouvelle donne de la relation transatlantique, avec des Européens responsables et capables. Les Européens doivent pouvoir, sans duplication, assumer la responsabilité et le commandement des opérations dans leur voisinage de façon autonome dans le cadre de l'UE, ou avec le soutien américain dans le cadre de l'OTAN ; ils doivent aussi pouvoir s'engager avec l'OTAN sous leadership américain en cas de besoin..

 

En clair, les Européens doivent devenir les dirigeants "normaux" de toute opération dans leur voisinage, avec ou sans appui américain. Cela implique que l'UE dispose de structures de commandement lui permettant d'agir en autonomie et de s'intégrer dans celles de l'OTAN. Au concept de "séparables mais non séparées" qui avait cours dans les années 90 devrait se substituer celui d'"intégrées dans l'UE et disponibles pour l'OTAN". Ainsi seraient satisfaites les exigences de responsabilité accrue des Européens correspondant au nouveau partage des rôles souhaité par les Américains et serait assurée la pérennité d'un lien transatlantique répondant aux intérêts communs des Alliés des deux rives de l'océan.

 

Jean-Paul Perruche est aussi président d'EuroDéfense-France ; ancien directeur général de l'Etat-Major de l'UE.

 

Jean-Paul Perruche, directeur de recherche à l'IRSEM et Jolyon Howorth, professeur de sciences politiques et de relations internationales à Yale

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