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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 19:55
photo Armée de Terre

photo Armée de Terre

 

24/11/2015 Elliot Hume – Armée de Terre

 

Présentateur de 7 jours BFM, Thomas Misrachi s’invite sur RMC Découverte pour l’émission Embarqué qui sera diffusé ce soir à 20H45. Une heure durant laquelle le journaliste se plonge au cœur d’une unité d’élite de l’armée de Terre. Pour ce nouveau numéro, Thomas Misrachi a vécu une semaine au rythme des commandos montagne du 13e bataillon de chasseurs alpins (13e BCA). De nuit, malgré des températures extrêmes, il lui a fallu affronter la réalité de l’entraînement intensif des militaires. Il nous explique comment s’est déroulé le tournage.

 

Comment s’est organisée cette nouvelle émission ?

Dans ce nouveau numéro, je suis intégré à un exercice d’entraînement du groupement commando montagne (GCM) du 13e BCA. Il ne s’agit pas d’une opération montée spécialement pour la presse mais d’un véritable exercice. Le but de l’émission, c’est de montrer la réalité de l’armée de Terre et le quotidien des hommes qui la composent. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de suivre les chasseurs alpins au cours de leur entraînement.

 

Suite de l’entretien

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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 15:50
photo MinDef FR

photo MinDef FR

 

03.10.2015 Par Franck Johannès – Pixels (lemonde.fr)

 

La Cour européenne des droits de l’homme a été saisie, samedi 3 octobre, d’un premier recours contre la loi renseignement par des journalistes de l’Association confraternelle de la presse judiciaire (APJ). Les 180 journalistes, qui représentent la plupart des médias écrits, numériques ou audiovisuels, s’alarment des nouvelles menaces portées à la liberté d’informer – et protestent contre la surveillance de masse qu’autorise le texte pour les simples citoyens. « La question posée dépasse le simple enjeu des journalistes, indique Me Patrice Spinosi, qui a déposé la requête, toute personne est susceptible d’être écoutée et à travers la presse, il s’agit d’une critique de la possibilité d’écouter administrativement sans réel contrôle l’ensemble de la population.

 

Suite de l'article

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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 20:50
Photo Jürgen Braekevel - MIL.be

Photo Jürgen Braekevel - MIL.be

 

11/06/2015 Liesbeth Bardyn – MIL.be

 

Les Chasseurs Ardennais ont chapeauté sept journalistes lors d'un exercice organisé les 10 et 11 juin. Vingt-quatre heures durant, ceux-ci ont été aguerris à la vie militaire et préparés au travail en opération dans les bois de Ciney.

 

« C'est ma première expérience », explique le pigiste Damien Roulette. « Je n'ai jamais participé à une opération à l'étranger et connais peu de choses quant au jargon des militaires et leurs procédures. » Damien est l'un des journalistes qui sera intégré dans une section du Bataillon de Chasseurs Ardennais dans les heures à venir.

 

Photo Jürgen Braekevel - MIL.bePhoto Jürgen Braekevel - MIL.be
Photo Jürgen Braekevel - MIL.be

Photo Jürgen Braekevel - MIL.be

L'invasion d'un camp de réfugiés succède à un cours théorique sur les explosifs. Les journalistes sont impliqués intégralement dans le scénario en tant que réfugiés et sont fouillés et questionnés. « C'est très réaliste », poursuit Damien après son interrogatoire. « Ils devaient connaître mon nom, ma nationalité et si j'avais été bien traité en tant que réfugié. À présent, ils nous mènent vers l'étape suivante : une évacuation par hélicoptère. Selon le scénario, un des militaires est blessé. »

 

L'hélicoptère atterrit dans une prairie récemment fauchée. Le rotor fait virevolter les herbes. Mais cela ne dérange pas les journalistes. Tous se tiennent prêts, un appareil photo à la main pour prendre le meilleur cliché. « Les journalistes sont très friands d'images et d'informations », explique le major Nicolas Defraigne du Bataillon de Chasseurs Ardennais. « Pour nos militaires, c'est un bon apprentissage de trouver un équilibre entre leurs souhaits et la garantie de veiller à leur sécurité. »

 

Deux observateurs de l'Association des journalistes professionnels et de la Croix-Rouge accompagnent les sept journalistes de leur propre initiative. « L'objectif n'est pas seulement d'acquérir une expérience militaire mais de savoir si les journalistes sont aptes à vivre ce type de situation », précise Amandine Degand de l'Association des journalistes professionnels. « Peuvent-ils quitter leur confort et se sentent-ils à l'aise lors d'opérations stressantes ? Cet entraînement permet de leur faire découvrir comment se comporter au mieux. »

 

Vidéo : DG Com

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 12:56
Intervention du RAID et la BRI à Paris - Porte de Vincennes photo MI SG Dicom A.Lejeune

Intervention du RAID et la BRI à Paris - Porte de Vincennes photo MI SG Dicom A.Lejeune

 

03 avril 2015 Romandie.com (AFP)

 

Paris - Six personnes qui s'étaient cachées dans le supermarché Hyper Cacher à Paris où un jihadiste a tué quatre personnes le 9 janvier ont déposé une plainte pour mise en danger de la vie d'autrui, visant les médias, notamment la chaîne BFMTV, a annoncé leur avocat.

 

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire, a indiqué vendredi une source judiciaire.

 

Amédy Coulibaly, l'un des trois jihadistes ayant mené les attentats de Paris, avait tué trois clients et un employé juifs dans un supermarché casher, ainsi qu'une policière municipale la veille.

 

Dans cette plainte contre X dont l'AFP a eu connaissance et déposée le 27 mars selon Me Patrick Klugman, les plaignants reprochent en particulier à la chaîne privée d'information continue d'avoir révélé pendant la prise d'otages que des clients étaient dissimulés dans la chambre froide de l'Hyper Cacher.

 

De nombreux autres médias manquaient aux règles les plus élémentaires de prudence, d'une part en retransmettant en direct l'évolution des opérations des forces de l'ordre et d'autre part en annonçant que l'assaut était donné en Seine-et-Marne (région parsienne) contre les autres auteurs des attentats, les frères Kouachi, alors que Coulibaly retenait des otages à Paris, selon les plaignants.

 

Les méthodes de travail des médias en temps réel dans ce genre de situation sont des pousse-au-crime, a dénoncé auprès de l'AFP Me Klugman. Ses clients relèvent dans leur plainte que Coulibaly suivait l'évolution des informations sur différentes chaînes, dont BFMTV, et qu'il avait été en contact avec des journalistes de la chaîne.

 

La vie de ses clients aurait été exposée si Coulibaly avait eu connaissance en temps réel de l'information diffusée par BFMTV sur le fait qu'ils étaient dissimulés dans la chambre froide, a notamment dénoncé Me Klugman.

 

La question est de savoir qui est responsable de ce délit' La personne morale? La direction de l'information' Le journaliste?, a-t-il demandé. Il n'y a que devant un tribunal que le délit pourra être réparé.

 

La mise en danger de la vie d'autrui est passible d'un an de prison et 15.000 euros d'amende.

 

Les plaignants s'appuient notamment sur des communiqués du gendarme de l'audiovisuel, le CSA, qui, le 11 février, avait adressé à 16 médias audiovisuels 21 mises en demeure relatives à leur couverture des attentats de Paris.

 

Le 7 janvier, les frères Kouachi ont assassiné 12 personnes au siège de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et dans leur fuite. Le 8, Amédy Coulibaly a tué une policière municipale près de Paris, avant d'assassiner le lendemain quatre personnes dans l'Hyper Cacher.

 

Les trois hommes, qui agissaient au nom de l'islam le plus radical, ont été tués dans les assauts donnés par les forces de l'ordre.

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 09:55
Bruno Besson (NRCO) Pierre Julien (RTL) Alain Barluet (Le Figaro)

Bruno Besson (NRCO) Pierre Julien (RTL) Alain Barluet (Le Figaro)

 

21-03-2015 Challenges.fr (AFP)

 

Paris, 20 mars 2015 - Bruno Besson (La Nouvelle République du Centre-Ouest) a été élu vendredi à Paris président de l'Association des journalistes de défense (AJD) à l'issue de l'assemblée générale de l'association qui s'est tenue au Musée de la Légion d'honneur.

 

Bruno Besson, qui a été élu pour un mandat de deux ans, succède à Bruno Fanucchi, grand reporter. Il sera assisté de deux vice-présidents: Alain Barluet (Le Figaro) et Pierre Julien (RTL).

 

L'association des journalistes de défense compte 136 adhérents.

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 08:55
Chaînes d'infos sanctionnées par le CSA: pourquoi les dérapages sont inévitables

 

12/02/2015 Par FIGARO Vox Medias

 

FIGAROVOX/ENTRETIEN- Le spécialiste des média, Arnaud Mercier *, revient sur les sanctions prises par le CSA contre les chaînes de télévision après le traitement de la traque des terroristes .

 

FIGAROVOX: Le CSA a condamné le traitement des attentats et de la traque des terroristes par les chaînes d'information continue. Que vous inspirent ces condamnations symboliques?

 

ARNAUD MERCIER: Ces sanctions font suite à un séminaire du CSA regroupant, le 15 janvier, tous les acteurs des médias concernés. Donc l'enjeu pour le CSA est d'essayer d'arriver à une prise de conscience collective de l'ensemble du monde de l'information de la nécessité de faire plus attention, pour l'avenir, aux modes de traitement de l'information concernant des actes terroristes. Le fait de prolonger ce séminaire de réflexion par une condamnation est donc symbolique, au sens où il vient «enfoncer le clou», marquer officiellement qu'il existe des limites à ne pas franchir en matière de couverture audiovisuelle des faits de violence terroristes.

Certes, on peut toujours douter de l'efficacité immédiate d'une telle décision, puisque la mise en demeure n'a qu'une valeur d'avertissement à vocation pédagogique. Attention toutefois! La mise en demeure est aussi l'étape préalable indispensable pour infliger ensuite des sanctions, en cas de «réitération d'un manquement de même nature que celui ayant fait l'objet d'une mise en demeure» comme l'explique le CSA. Autrement dit, le CSA vient de se donner les moyens de sanctionner, à l'avenir, toute incartade déontologique du même type. Les sanctions pouvant être pécuniaires ou toucher aux autorisations d'émettre. Les chaines auraient donc tort de prendre l'avertissement par dessus la jambe.

 

Suite de l’entretien

 

* Arnaud Mercier est professeur de communication politique à l'Université de Lorraine, à Metz, et responsable de l'observatoire du Webjournalisme.

 

La rédaction du Figaro vous conseille :

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 06:55
Intervention du GIGN à Dammartin-en-Goele photo MI SG Dicom

Intervention du GIGN à Dammartin-en-Goele photo MI SG Dicom

 

12/02/2015 Par Amélie Cochet – L’Express.fr

 

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a adressé ce jeudi 21 avertissements à des télévisions et des radios coupables de "manquements graves" lors de la couverture des attentats de janvier à Paris.

 

Un peu plus d'un mois après les attentats qui ont secoué la France, le Conseil supérieur de l'audiovisuel a publié jeudi son bilan des manquements des radios et des télévisions dans leur couverture de ces événements. Il a ainsi adressé 21 mises en demeure - niveau d'avertissement le plus grave qui n'entraîne toutefois pas de sanction, sauf récidive - et 15 mises en garde. 

Le gendarme de l'audiovisuel relève notamment que 13 médias "ont annoncé en direct que des affrontements avaient éclaté entre les forces de l'ordre et les terroristes à Dammartin-en-Goële", ce qui "aurait pu avoir des conséquences dramatiques pour les otages de l'Hyper Cacher de la Porte de Vincennes". Le preneur d'otages de Paris, Amedy Coulibaly, avait en effet demandé la libération des frères Kouachi retranchés à Dammartin. 

Les 13 médias concernés sont BFMTV, Euronews, France 2, France 24, i-TELE, LCI, TF1, Europe 1, France Info, France Inter, RFI, RMC, RTL. France 5, Canal + et France 3 ont fait l'objet, eux, de simples "mises en garde". 

 

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 12:55
Le Porte-Avions Charles de Gaulle et l'USS Vicksburg  - photo Marine Nationale

Le Porte-Avions Charles de Gaulle et l'USS Vicksburg - photo Marine Nationale

 

28 janvier 2015 - par PA Charles de Gaulle
 

Didier François, reporter à Europe 1, était à bord du Charles de Gaulle à l’occasion de son appareillage pour la mission Arromanches 2015 et des vœux aux armées du Président de la République le 14 janvier, afin de ressentir l’atmosphère du bord et recueillir des témoignages. Le temps d’une discussion, les rôles s’inversent et le reporter est interviewé…

 

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 12:55
Copie site web Elysée

Copie site web Elysée

 

08/12/2014 Pierre-Laurent Flamen - .lavoixdunord.fr

 

Hervé Ghesquière, l’ex-otage des talibans, a été condamné ce lundi pour diffamation devant la cour d’appel de Douai. Le journaliste avait usé du terme de « lâche » pour désigner un ancien militaire dans une interview donnée aux Échos du Touquet.

 

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 16:50
Des journalistes très opérationnels

 

07.07.2014 Belgian Defense

 

Neuf journalistes et du personnel de la Croix-Rouge ont suivi, à Marche-en-Famenne, une courte initiation à la vie militaire. Ils se sont retrouvés encadrés et protégés par les Chasseurs ardennais en pleine préparation de leur prochaine mission opérationnelle au Mali. Ces civils (embedded), « embarqués », apprennent à comprendre l'action militaire pour effectuer leur reportage en toute sécurité, sur théâtres d'opération.

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 13:45
Interview / Bruno Fanucchi (Président de l’Association des Journalistes de Défense) : ‘‘Les journalistes français ne sont pas des espions’’

05.03.2014 par Raymond Dibi, coll A.A - abidjan.net


Bruno Fanucchi est le président de l’Association des Journalistes de Défense (AJD) en France. En prélude au Salon International de la Sécurité qui se tiendra à Abidjan en mai prochain, il est, depuis quelques jours, en Côte d’Ivoire. Bruno Fanucchi parle de l’association qu’il dirige, des difficultés des reporters de guerre et porte son regard sur la presse ivoirienne.

Depuis une semaine, vous êtes en Côte d’Ivoire. Les raisons de votre présence sur les bords de la lagune Ebrié ?

Je suis là pour plusieurs raisons. J’ai voulu venir plus de six mois après le voyage de la délégation de l’Association des Journalistes de Défense (AJD), en juin dernier, remercier toutes les autorités qui nous avaient si bien reçus. Je suis là pour dire merci au Président de l’Assemblée Nationale Guillaume Soro, aux ministres de la Défense Paul Koffi Koffi, de la Communication Affoussiata Bamba-Lamine et au Chef d’Etat-major des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), Soumaïla Bakayoko. Jai déjà rencontré M. Alain-Richard Donwahi, le patron du Conseil National de Sécurité. Je suis venu également pour préparer le deuxième Salon international de la sécurité (Shield Africa) qui se tiendra à Abidjan du 6 au 8 mai prochain, et dont l’AJD devrait être partenaire. Je suis également là pour faire l’état des lieux de la sécurité dans le pays, étant entendu que l’indice de sécurité est essentiel pour les investissements des opérateurs économiques en Côte d’Ivoire.

Qu’est ce qui est prévu, à votre niveau, pour le Salon de la sécurité ?

L’AJD va conclure un partenariat avec les organisateurs de ce Salon qui se tiendra à l’Ecole de police d’Abidjan, sous l’autorité et le patronage du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Hamed Bakayoko. Plusieurs questions seront à l’ordre du jour. Entre autres, la gestion des catastrophes et des risques naturels, le grand problème de la piraterie maritime, qui s'est récemment un peu délocalisée du large de la Somalie pour maintenant être de plus en plus présente dans le Golfe de Guinée, aux portes d’Abidjan.

Voilà environ quatre années que vous dirigez cette association. Quel bilan peut-on faire ?

Nous sommes une association professionnelle de journalistes. Il y a 2 volets dans nos activités. Il y a un volet corporatiste, en quelque sorte de défense de notre profession, des spécialistes des questions de défense et de sécurité, de tous les grands reporters qui sont sur les différents théâtres de guerre en Afrique, comme au Mali ou en Centrafrique, mais aussi en Afghanistan ou au Liban, partout où sont déployées des troupes françaises. Et notre plus grande préoccupation est, bien sûr, l’enlèvement en juin dernier en Syrie de notre confrère Didier François, grand reporter à Europe 1, qui est un des vice-présidents de l'AJD, qui devait venir en Côte d’Ivoire et a obéi au choix de sa rédaction voulant l'envoyer plutôt en Syrie. J’ai appris son enlèvement le 6 juin dernier alors que j’étais précisément à Abidjan et ce jeudi 6 mars, cela fera 9 mois qu’il est otage ! Nous pensons tous les jours à lui et à ses trois compagnons d’infortune : Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torres, quatre confrères français toujours détenus en Syrie. Car neuf mois de détention, c'est extrêmement long.

Votre association paraît surtout centrée sur la France et l’Europe. Quelle est la place des Africains, notamment des Ivoiriens, dans cette organisation ?

Nous avons la chance d’avoir en notre sein plusieurs confrères africains et notamment notre ami Clément Yao, correspondant à Paris de Fraternité Matin. J’ai essayé d’élargir notre association car nous sommes très intéressés par les questions africaines. La France est de plus en plus active, même militairement en Afrique où elle redéploie actuellement tout son dispositif au Sahel pour lutter plus efficacement contre le terrorisme d'Aqmi (Al qaïda au Maghreb islamique) ou d'autres organisations « djihadiste ». Il est donc intéressant de venir régulièrement en Côte d’Ivoire puisque nous sommes ici en première ligne, aux portes du Mali. La situation régionale nous intéresse puisque la France s’intéresse à l’Afrique et que nos reporters sont présents sur ces théâtres d'opération.

Qu’en est-il de vos relations avec le monde de la défense, de la sécurité ?

Nous avons des contacts au plus haut niveau. Nous sommes reçus à déjeuner régulièrement par le ministre de la Défense lui-même, Jean-Yves Le Drian, qui recevait à déjeuner le « bureau élargi » de l'AJD à l'Hôtel de Brienne le 11 janvier 2013, le jour même du lancement de l'opération Serval au Mali.

Vous êtes au cœur du système de la défense. Est-ce que l’on se trompe en vous considérant comme des « agents secrets » ?

(Rires). Je suis journaliste. Je n’ai jamais été que journaliste, grand reporter pendant plus de 20 ans au « Parisien », le premier quotidien en France. Et je continue de n'être que journaliste. Je n’ai rien d’un agent secret. Je ne suis payé ni par la CIA ni par la DGSE, ni par les services du renseignement et du contre-espionnage ivoirien, et du 2e bureau des FRCI (NDLR) en Côte d’Ivoire, la DST. Nous faisons simplement notre métier et nous le faisons le mieux possible. C’est-à-dire en recueillant nos informations aux meilleures sources. Ce n’est pas parce qu’on parle au patron de la DGSE qu’on travaille pour lui. Ce n’est pas parce qu’on parle au patron de la DST qu’on travaille pour lui. Chacun est dans son rôle.

Mais vous avez donc des informations secrètes qui font de vous des pions dans un système de sécurité. Raison pour laquelle vous êtes considérés comme des « espions »…

Que les choses soient bien claires : nous ne sommes pas des espions, même si c'est en Syrie l’accusation première faite, par exemple, à l’encontre de notre ami Didier François. Dans ce genre de pays, vous savez que tous les journalistes étrangers sont considérés comme des « espions ». Et cette accusation infondée est très grave. C’est vrai que nous disposons d’informations parfois sensibles, mais en Syrie comme ici en Afrique, nous ne faisons que notre métier et nous savons faire la part des choses. Tout journaliste qui voyage, ouvre les yeux et va au contact du monde, sait des choses qui font peut-être de lui une cible privilégiée. Mais nous n’avons aucune vocation d’espion ou d'otage.

En Côte d’Ivoire, il y a eu des journalistes français qui ont perdu la vie, Jean Hélène, Guy André Kieffer. Un commentaire sur cette situation?

J’ai bien connu Jean Hélène de RFI. Je veux lui rendre hommage, à travers vos colonnes. Je voudrais aussi rendre hommage à Guy André Kieffer qui enquêtait ici à Abidjan et ne faisait que son métier. Je l’avais rencontré plusieurs fois en Afrique, au Congo-Brazzaville, notamment. J’en profite également pour rendre hommage aux confrères Ghislaine Dupont et Claude Verlon, assassinés à Kidal au Mali le 2 novembre dernier. Tout cela nous préoccupe. Malgré ces assassinats et prises d’otages, les journalistes français continueront de faire leur métier dans les zones sensibles où parfois plus personne ne va. C’est notre rôle. Le métier de journaliste a toujours été difficile. Etre reporter de guerre est plus sensible. Il faut évidemment des volontaires. C’est une préoccupation dans les grandes rédactions en France, à l’étranger aussi.

Que répondez-vous à ceux qui pensent que les journalistes font du zèle sur les terrains de guerre ou prennent trop de risque ?

Chez nous, il n’y a pas de « têtes brûlées » même si certains confrères et amis ont été tués en Syrie comme Gilles Jacquier en janvier 2012 à Homs et Yves Debay, à Alep en janvier 2013. Il y a des gens responsables, conscients des dangers. Chaque année, nous initions deux stages au cours desquels, nous formons les jeunes reporters sur les précautions à prendre lors des reportages en zones sensibles.

Votre regard sur la presse ivoirienne ?

C’est une presse qui évolue, elle est diversifiée, intéressante et souvent engagée politiquement. Cette presse peut s’améliorer tous les jours. J’ai été longtemps Grand Reporter au « Parisien » et je sais qu’il faut toujours garder un œil critique sur son journal et son travail. Il est important d’avoir une critique positive dans le traitement de l’information.

Vous qui pratiquez le monde de la défense et de la sécurité, un mot sur la Côte d’Ivoire à ce niveau ?

L’indice de sécurité est un indice important pour la reprise économique. En parcourant Abidjan, on voit qu’il y a beaucoup de chantiers. Les choses bougent et avancent. On constate que les activités ont véritablement repris. C’est un bon signe. Dès son retour au pays dimanche dernier, avec sa « canne émergente », le président Alassane Ouattara a dit qu’il allait accélérer la marche des réformes. Il lui reste environ une année et demie avant d'achever son premier mandat. Il y a encore beaucoup de choses à faire. Je crois que la Côte d’Ivoire est sur la bonne voie. Mais elle a besoin de toutes les énergies.

Pour vous, quelle énergie la presse doit apporter pour la bonne marche de la Côte d’Ivoire ?

C’est un pays qui est en pleine renaissance. La presse a son rôle d’éveil. Éveil des consciences, de la nécessité d’accentuer la lutte contre la corruption afin que les choses soient plus claires. La presse doit aussi donner espoir aux Ivoiriens pour que leur vie quotidienne s’améliore. Le panier de la ménagère est certes encore difficile, la vie est encore chère pour l’Ivoirien moyen. Mais il y a aussi des gens qui gagnent bien leur vie. L’un dans l’autre, je pense que la Côte d’Ivoire est sur la bonne voie.

Bruno Fanucchi a-t-il un message fort à lancer ?

Il faut que la sécurité continue de progresser à Abidjan et à l’intérieur du pays. L’indice de sécurité s’améliore. J’ai parcouru Abidjan, il y a des contrôles, mais ils ne sont pas trop nombreux. On est plus racketté, en traversant les ponts par exemple. Ce sont là des signes positifs qui montrent que le niveau de sécurité s'est amélioré. Et cela est très important. Je reviens sur le Salon international de la Sécurité qui sera – je crois - un grand événement avec une centaine d’exposants et une trentaine de délégations étrangères. Ce qui est très important dans le contexte du terrorisme qui frappe l'Afrique en plein cœur, comme après le Mali, aujourd'hui au Nigeria. Il y a donc nécessité de se rencontrer pour améliorer la sécurité. La France doit être présente dans ces rendez-vous pour améliorer la sécurité dans toute l’Afrique et notamment en Afrique de l’Ouest.
 

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 08:54
Les opérations militaires à l'usage des média

 

12.06.2013 Michel Goya - La Voie de l'Epée

 
Ceux qui ont lu la France et la guerre depuis 1962 peuvent tout de suite aller au dernier paragraphe.
 

Imaginons que Le magazine de la santé ne soit pas présenté par des médecins et ne fasse même intervenir aucun d’entre eux sur leur plateau. Pire, imaginons que lorsque se posent de graves problèmes sanitaires en France, on ne fasse jamais appel à des médecins mais simplement à des représentants politiques, des experts « non-pratiquants » ou, au mieux, au porte-parole du Conseil de l’ordre.

 

C’est exactement ce qui se passe pour les questions militaires et c'est ainsi que l’on raconte souvent n’importe quoi en la matière sur les plateaux de télévision. Après cinquante années et 115 opérations militaires, on continue à demander si c’est la guerre à chaque fois que l’on tire un coup de feu, à s’étonner qu’un soldat tombe au combat ou à parler d’enlisement dès qu’une opération dure plus d’une semaine.

 

Il est donc pas inutile de rappeler les principales caractéristiques des opérations militaires modernes.

 

1. La France est en guerre depuis 1962…presque exclusivement contre des organisations non étatiques

 

Les forces armées françaises ont été engagées depuis 1962 dans environ 400 opérations dont 115 ont engendré des affrontements, soit une moyenne de deux par an. Ces opérations ayant toutes le même but et presque toutes le même type d’adversaire, même si celui-ci a eu des visages différents, on peut considérer que la France est de fait engagée dans une forme fragmentée de guerre mondiale pour la défense de ses intérêts et la stabilité du monde face à des organisations armées non étatiques. Près de 400 de ses soldats sont « morts pour la France » dans ses opérations et des milliers d’autres y ont été blessés.

 

Cette idée ne s’est pas imposée avec évidence car la guerre reste, malgré la lutte contre le Vietminh et le FLN, encore largement associée dans les esprits à la guerre interétatique avec sa déclaration et son traité de paix.

 

En réalité, sur 155 opérations militaires, 5 seulement relèvent d’un conflit interétatique : contre l’Irak en 1990-91, la république bosno-serbe en 1995, la Serbie en 1999, l’Etat taliban en 2001 et le régime de Kadhafi en 2011. Dans tous les autres cas nos ennemis se sont appelés Frolinat, Tigres kantagais, Polisario, Hezbollah, Amal, FPR, Taliban, HIG, AQMI, MUJAO, etc. Ce sont eux qui ont provoqué 99 % de nos pertes et tout semble indiquer que cela va continuer.

 

C’est le caractère politique de nos adversaires qui fait de l’affrontement une guerre, sinon il s’agit de lutte ou au moins de protection contre du banditisme. Cette distinction est essentielle pour définir le cadre juridique, psychologique et politique de l’emploi des forces. C’est avec des ennemis que l’on fait la paix, pas avec des délinquants dont la répression est sans fin.  Cette vision est brouillée par le fait que ces organisations se greffent souvent sur l’économie illégale pour trouver des ressources et que les Etats hôtes n’aiment généralement pas qualifier ces organisations de politiques, qui induit un statut équivalent, leur associant plutôt les qualificatifs de criminelles ou terroristes.

 

Après les embarras afghans, la qualification immédiate de guerre pour l’opération Serval au Mali témoigne d’une prise en compte de cette réalité par l’échelon politique.

 

On notera également que ces cinq conflits interétatiques ont eu lieu dans une phase stratégique de vingt ans où la puissance américaine a pu s’exercer avec une grande liberté. La « fatigue américaine », la réduction de ses moyens, les contraintes diplomatiques accrues en particulier au Conseil de sécurité laissent présager une fermeture de cette fenêtre. La possibilité d’un conflit interétatique dans les dix-quinze ans à venir ne peut être exclue, sa probabilité est faible et il est presque certain qu’il faudra agir de manière différente, c’est-à-dire sans bénéficier de la puissance aérienne américaine.

 

2. Les tentatives de substitution au duel clausewitzien ont échoué

 

Pour Clausewitz, la guerre c’est la confrontation de deux trinités : un Etat (ou une direction politique)-une force armée-un peuple. L’affrontement est d’abord un duel entre les deux forces armées antagonistes. L’Etat dont l’armée a perdu le duel se soumet et impose la paix à son peuple.

L’acceptation de ce duel induit une prise de risques et donc généralement des pertes humaines, très peu populaires politiquement. On a donc essayé de résoudre les nécessaires confrontations en évitant ce duel.

 

La première tentative a consisté se déclarer comme neutre et à se placer au milieu des organisations combattantes, comme si l’empêchement des combats signifiait la paix. Cela n’a en réalité jamais fonctionné, les adversaires se nourrissant ou instrumentalisant la force d’interposition pour continuer le combat. La liste des missions d’interpositions se confond avec celle des humiliations.

 

Une autre approche à consisté à profiter de la suprématie aérienne des forces occidentales (en fait américaines) pour considérer l’ennemi comme un système dont on pouvait obtenir l’effondrement par une campagne de frappes. Dans cette conception, plus les frappes sont éloignées du contact et en profondeur et plus elles sont considérées comme efficaces (les premières sont qualifiés de tactique, les secondes de stratégiques). Dans les faits, seule de la campagne contre la Serbie en 1999 peut être mis au crédit de cette vision mais en sachant que l’action diplomatique et surtout la présence d’une puissante force terrestre en Macédoine sur le point d’intervenir. Tous les autres exemples prouvent que l’emploi seul des frappes à distance (y compris avec l’artillerie, des hélicoptères d’attaque ou même des raids d’infanterie légère) s’avère impuissant à obtenir une soumission de l’autre, surtout les organisations non étatiques dès lors qu’elles ont un minimum d’implantation populaire. On n’a jamais vu personne se constituer prisonnier devant un chasseur-bombardier ou un drone.

 

La décision ne s’obtient finalement et toujours que par l’occupation ou la destruction des centres de gravité adverses (capitale, base, leader) et cela passe nécessairement pas des opérations au sol, rendues évidemment beaucoup plus puissantes lorsqu’elles sont appuyées par des systèmes de feux à distance dont est dépourvu l’adversaire. 

 

3. la principale difficulté s’est toujours située après le « duel »

 

La supériorité sur le champ de bataille n’amène pas forcément la paix, du moins au sens classique du terme synonyme de dépôt des armes.

 

Cette paix classique est plus facile à obtenir dans le cadre d’un conflit interétatique et à condition de ne pas détruire l’Etat adverse car c’est lui qui va gérer la paix en interne. Cela à été le cas de la République de Palé, de la Serbie et de Saddam Hussein en 1991 et cela a permis une normalisation de la situation. Cela n’a pas empêché la mise en place d’importantes forces de stabilisation en Bosnie et au Kosovo.

 

Lorsque Saddam Hussein ou les Talibans ont été chassés, il a fallu les remplacer et la situation politique locale a évolué débouchant sur une nouvelle guerre beaucoup plus difficile que la première. La destruction, non souhaitée initialement, du régime de Kadhafi a abouti également à un désordre local aux répercussions régionales.

 

Les choses sont encore plus difficiles à conclure avec des organisations non étatiques. Lorsque nous intervenons contre ces organisations, c’est que le plus souvent que la situation locale est déjà grave et qu’elles ont déjà constitué des forces armées. Contrairement à la période des guerres de décolonisation, la guérilla ne précède pas l’affrontement sur le champ de bataille mais tend à lui succéder.

 

Les batailles ont été rares contre les organisations armées (Kolowezi et Tacaud en 1978, Adrar des Ifhoghas en 2013) et nous les avons toujours gagnées, du fait de la supériorité qualitative de nos soldats, de la variété de nos moyens et parce que nous avons toujours combiné la recherche du combat rapproché et les feux.

 

Nous n’avons pas encore été confrontés à des adversaires « hybrides », c’est-à-dire disposant d’armements antichars et antiaériens modernes, comme le Hezbollah, mais a priori les moyens et méthodes employées jusque-là paraissent adaptées contre eux.

 

Ces batailles peuvent être décisives si l’adversaire n’a pas d’implantation populaire locale, comme les Tigres katangais par exemple à Kolwezi ou même dans une moindre mesure AQMI au Mali. La force n’a pas besoin de rester sur place dans ce cas.

 

La vraie difficulté réside lorsque l’organisation que nous affrontons bénéficie d’un soutien local qui peut la cacher, la nourrir, la renseigner et surtout lui fournir des recrues. La difficulté est bien sûr accrue si l’organisation est également aidée par l’étranger et peut s’y réfugier. Dans ce cas, le combat continue normalement sous forme de guérilla et/ou d’attaques terroristes. Cette forme de combat est beaucoup plus complexe à mener. Il peut l’être de deux manières.

 

On peut s’engager dans la voie de la contre-insurrection, c’est-à-dire mener une opération globale visant non seulement à combattre les forces ennemies mais aussi à s’attaquer aux causes du soutien populaire à l’organisation. Cela peut réussir, provisoirement, comme au Tchad de 1969 à 1972, mais cela demande généralement un engagement long et couteux.

 

On peut décider au contraire de ne pas s’engager dans cette voie de contre-insurrection, de se retirer du théâtre ou de se placer tout de suite en deuxième échelon de la force locale, qui dans tous les cas de figure doit forcément prendre à son compte la mission de sécurité. Cette approche impose parfois de revenir « gagner » des duels.

 

4. On peut aussi engager la force dans des opérations qui ne relèvent pas de la guerre

 

On l’a déjà dit, s’il n’y pas ou plus d’opposition politique, il n’y a pas de guerre. sans parler des opérations d'aide humanitaire, la force peut aussi être employée pour sécuriser une population. On parle alors de mission de stabilisation. Il n’y a pas ou plus d’ennemi et les forces locales ne sont pas capables d’assurer la sécurité de leur territoire soit qu’elles ont failli, soit qu’elles n’existent pas encore. 

 

Ces missions de stabilisation, qui ne doivent pas être confondues avec des missions de contre-insurrection, peuvent prolonger des missions de guerre, comme au Kosovo, ou non. L’engagement actuel en république centrafricaine relève clairement de cette dernière logique.

 

Ce type de mission impose une présence physique sur le territoire et donc des effectifs relativement importants au regard de la population locale. Or, les effectifs des armées professionnelles occidentales ayant tendance à diminuer aussi vite que les populations à sécuriser ont tendance à augmenter, le risque premier est celui de l’insuffisance. On compense ce phénomène par l’engagement en coalition, ce qui augmente les délais d’intervention alors que la situation impose souvent l’urgence, et une complexité organisationnelle accrue.

 

Ces forces de stabilisation ont pour vocation là-encore à être relevé par des forces de sécurité locales, ce qui suppose l’existence d’un Etat viable et légitime, généralement la principale difficulté de la mission. De fait, les opérations de stabilisation sont presque obligatoirement longues, ce qui ne doit pas confondu avec un enlisement.

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 07:55
Serval, quand l’armée filme la guerre

source Envoyé Spécial

 

diffusé dans l'émission du

 

L’opération Serval au Mali est une guerre sans images pour la presse. Pourtant, dès le premier jour de l’intervention, le 11 janvier 2013, l’armée française a tout filmé ou presque. Ces images jusqu’à présent inédites ont été tournées par des cameramen militaires. Une guerre à huis clos, menée d’abord par l’aviation et les très discrètes Forces spéciales. 

 

Pour la première fois, des journalistes ont pu avoir accès à ces images tournées par l’armée dès le début du conflit. Des images qui permettent de comprendre quel est l’ennemi que l’armée a combattu et affronte encore au Mali. Avec ce document, on découvre également comment et avec quels moyens se battent les djihadistes.

 

Un document exclusif écrit par Jean-Christophe Notin et Martin Blanchard. Réalisé par Martin Blanchard. Produit par Kuiv (Michel Rotman).

 

Extrait VIDEO

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 16:55
La Défense au prix Bayeux des correspondants de guerre

15/10/2013 Flora Cantin

 

Du 7 au 13 octobre 2013, la ville de Bayeux en Normandie, a accueilli la 20e édition du Prix Bayeux - Calvados des correspondants de guerre. Lors de la soirée de remise des prix, le 12 octobre, Pierre Bayle, délégué à l'information et à la communication de la Défense (DICoD), a remis le Prix Photo du Public à Javier Manzano, de l'Agence France Presse, pour son reportage intitulé « Le siège d'Alep ». Le ministère de la Défense a parrainé ce prix international qui rend hommage aux journalistes du monde entier.

 

La 20e édition du Prix Bayeux - Calvados des correspondants de guerre, qui s'est déroulé du 7 au 13 octobre 2013 dans la ville de Bayeux (Normandie), a rendu hommage aux journalistes parcourant le monde pour apporter l'information sur les conflits actuels. Dix prix ont récompensé des reporters de la télévision, de la radio, de la photo, de la presse écrite et du web journalisme. Le jury, présidé par James Natchwey, photojournaliste reconnu, était composé de journalistes et photographes de renom mais également d'un communicant et d'un photographe militaires.

 

La Défense au prix Bayeux des correspondants de guerre

Le Prix Bayeux - Calvados est une fenêtre sur le monde et ses conflits. Cette année, la Syrie était mise en avant aux côtés de l'Afghanistan, du Mali, de l'Afrique du Sud et de la Birmanie. Le ministère de la Défense a souhaité parrainer ce prix car « il veut manifester son intérêt pour les correspondants de guerre avec qui il travaille sur les théâtres d'opérations où sont déployées les forces françaises, et plus généralement avec les journalistes qui suivent de près les problématiques de la défense. [...] Au-delà du dialogue entre les forces armées et ces témoins engagés que sont les reporters de guerre, la Défense est aussi un acteur direct à travers les opérateurs d'images qui appartiennent à l'ECPAD et aux trois armées », explique Pierre Bayle, directeur de la délégation à l'information et à la communication de la Défense (DICoD) et ancien reporter de guerre.

 

Le 12 octobre, après une semaine de projections, d'expositions, de rencontres et de débats, Lucas Menget, grand reporter et rédacteur en chef à I>Télé, a animé la soirée de remise des prix. Après un hommage rendu aux journalistes actuellement otages à travers le monde et particulièrement en Syrie, les reportages lauréats ont été présentés aux spectateurs. Le Prix Photo du Public, parrainé par le ministère de la Défense, a été remis par Pierre Bayle à Javier Manzano, photographe mexicain et pigiste pour l'Agence France Presse, pour son reportage intitulé « Le siège d'Alep ». L'un de ses clichés intitulé « Rais de lumière », pris en octobre 2012 à Alep, avait déjà gagné le prix Pulitzer. « Les risques que prennent les photographes, nous les connaissons car nos photographes militaires prennent les mêmes risques tous les jours. D'ailleurs, le sergent Vermeille est mort en Afghanistan, en 2011, un Nikon à la main », rappelle le directeur de la DICoD avant de conclure : « Nous avons aussi une volonté de faire de la pédagogie, je suis donc très content de remettre le Prix du Public. »

 

La Défense au prix Bayeux des correspondants de guerre

Javier Manzano, actuellement en reportage à l'étranger, a reçu 3 000 euros du ministère de la Défense en plus de la reconnaissance de ses pairs et du public.

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 18:55
Interview de Jacky Fouquereau : conseiller sur Forces spéciales


22/02/2012 Ministère de la Défense

 

« Forces spéciales » vient de sortir dans les salles de cinéma ! Jacky Fouquereau, conseiller sur le film et ancien membre de l’armée de Terre, nous parle de son rôle durant le film ainsi que de celui du ministère

 

Pour commencer pouvez-vous nous donner quelques éléments sur votre parcours ?

J’ai servi pendant 30 ans au sein de l’armée de Terre. D’abord dans des unités opérationnelles comme le deuxième régiment étranger de parachutistes à Calvi puis j’ai décidé de m’orienter vers la communication lorsque je suis passé au niveau d’officier supérieur.

De 1993 à 2011, j’ai travaillé pour la communication pour la Défense et de l’armée de Terre. Parallèlement, j’étais aussi chargé de missions opérationnelles sur les théâtres d’opérations en tant que porte-parole ou responsable de la communication. À ce titre j’ai fait plusieurs séjours en Afghanistan et au Tadjikistan pour la France et l’OTAN. Depuis juillet 2011, je suis revenu à la vie civile.

 

  • Quel a été le rôle du ministère de la Défense pour le film ? Quelles sont les raisons pour lesquelles le ministère est intervenu sur ce projet ?

Aujourd’hui en France, lorsqu’un réalisateur veut faire un film mettant en scène des militaires, il ne peut pas le faire parce qu’il n’y a pas de parc privé pour les équipements comme c’est le cas aux États-Unis. Or, chaque unité ou équipement de la Défense sont produites et entretenues en vue d’un engagement opérationnel, l’idée d’un prêt pour le film était donc inenvisageable.

Le partenariat avec le ministère a permis aux équipes de tournage de se caler sur les activités des forces pour pouvoir prendre les images nécessaires pour le film. L’idée était qu’à aucun moment le film n’obère le potentiel humain ou celui des systèmes d’armes mais que nous puissions filmer les forces dans les gêner dans leurs missions.

À titre d’exemple, les avions de chasse qui décollent dans le film sont des avions qui partaient en exercice au moment où nous les avons filmés. C’était un travail compliqué parce qu’il fallait tout organiser en fonction des équipements puisqu’on ne devait pas détourner les moyens qui étaient dédiés à l’entrainement des forces.

J’avais été détaché par l’État-major des armées pour mettre en adéquation les besoins du film avec les moyens militaires sur lesquels nous allions pouvoir nous appuyer et veiller à ce que tout se passe bien. 

 

  • Que vous pouvez nous en dire plus sur votre rôle durant le film ?

J’ai été associé au film dès sa conception. Stéphane Rybojad, le réalisateur de « Forces Spéciales » m’a sollicité pour l’aider à proposer le scénario le plus réaliste possible. D’abord par amitié mais aussi du fait de mes connaissances sur l’Afghanistan, l’engagement militaire et les relations de la Défense avec les journalistes.

Un premier projet a pu être proposé, fin 2008, au ministère de la Défense pour envisager un partenariat. Nous avons pu commencer à tourner en Afghanistan des images en novembre 2009 alors que j’étais encore responsable de la communication. Puis, en avril 2010, lorsque le film était dans sa phase finale de bouclage, j’ai été désigné par l’État major des armées comme conseiller militaire de réalisation.

Pendant le tournage, la volonté du réalisateur de proposer des images les plus proches de la réalité possible ont nécessité que nous tournions dans des lieux proches de l’Afghanistan ou en zone tribale pakistanaise. Nous sommes donc allés tourner au Tadjikistan à la frontière afghane pour retrouver un décor le plus proche possible de l’Afghanistan.

Dans cette optique j’étais le trait d’union entre le réalisateur, la production et puis Paris pour avoir des points de sécurité. En effet, nous étions 80 et parfois jusqu’à 300 avec les figurants, à 20 heures de la capitale, sur des pistes proches de la frontière afghane dans un pays où les infrastructures ne sont pas adaptées et où il peut y avoir de l’instabilité. De plus, lorsque nous tournions certaines scènes, il fallait se mettre en rapport avec les gardes frontières afghans parce qu’on faisait des séquences de tir avec des blessures de cinéma, certes, mais on était quand même à cinquante mètres de l’Afghanistan.

Il y avait aussi la préparation des plans de travail pour la production, pour tout organiser, ainsi que des briefings : pour les destinations comme le Tadjikistan ou Djibouti, il y a un savoir-être à avoir sur place et il était important que toutes les équipes soient au courant de ce qu’on pouvait faire ou non.

Et puis l’autre partie de mon travail consistait à conseiller les acteurs. D’abord par des échanges avec les comédiens sur leur manière d’être mais aussi en formant des figurants. En effet, pour les scènes de combat des figurants représentant des talibans, il a fallu donner une petite instruction, comme pour de jeunes soldats, à des personnes recrutées localement. Celles-ci n’ayant jamais tenu une arme, il a fallu leur apprendre à être crédible avec des répliques qui peuvent aussi être dangereuses.

Et puis, à partir de moment où j’étais désigné par l’EMA, il y avait aussi tout ce qui touchait aux équipements que je vous ai expliqué plus haut. Ce n’était pas si simple parce que si les militaires ont l’habitude des journalistes, pour le cinéma c’est beaucoup plus complexe et beaucoup plus contraignant.

 

  • Comment cela se passe t-il avec les journalistes ?

Lorsqu’un journaliste ou une boite de production a une idée de sujet, ils font part à la Défense de leur envie de travailler sur un domaine. Ce qui est alors évalué, c’est la faisabilité de la chose : surtout lorsque l’on parle de théâtres d’opérations pour les mesures de sécurité. C’est surtout le cas pour les journalistes « intégrés », qui suivent des unités sur le terrain par exemple.

En effet, les journalistes suivent ces unités en entraînement ou sur le terrain. Ils doivent alors se caler sur les impératifs des forces tout en prenant leurs images. Pour la Défense, il est primordial que cela ne gêne pas les forces suivies mais aussi que la sécurité des journalistes embarqués puisse être assurée à tous moment.

Il s’agit en effet d’une mission de service public pour la Défense que de donner aux journalistes les moyens d’informer le public sur les théâtres d’opérations. Ce n’est pas toujours simple, par exemple en Afghanistan, mais ce travail fait partie des missions de la Défense et permet de montrer à la fois ce que fait la France, ce que font les soldats et d’informer le plus largement possible.

 

Pour en savoir plus :

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 19:00

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Par Yves Debay, journaliste et correspondant de guerre :

 

En Kapissa ou en Surobi, à l’annonce que j’étais journaliste, des militaires ne me connaissant pas me jetèrent un oeil noir tandis que d’autres n’hésitaient pas à me dire: « J’espère que vous n’êtes pas comme GHESQUIERE et TAPONIER ». Heureusement la majorité des soldats connait ASSAUT et son dinosaure de chef et je fus formidablement accueilli lors de mon séjour en Afghanistan. C’est ici dans l’infernale chaleur de l’été afghan, au milieu de ces simples héros que sont nos soldats que je pus me rendre compte de l’injustice ressentie par ces derniers vis à vis du traitement médiatique réservé aux journaliste otages.

 

Dans le sauna ambulant qu’est un VAB ou à la popote le soir avec une bière, j’ai souvent entendu dire: » ils ont eu leur portraits sur l’arc de triomphe et nos camarades tombés pour la France n’ont droit qu’aux entrefilets dans les journaux ou un court communiqué entre la météo et les résultats du tiercé dans l’audiovisuel ».

 

Ceci est tout à fait vrai mais nous savons hélas que la vie est injuste, que nos soldats sont de grands modestes et que les médias, les proches et les comités de soutien ne pouvaient que se battre pour libérer les deux otages en choisissant la médiatisation à outrance. Ce n’était peut être pas la meilleure solution mais elle avait l’avantage de mettre en avant un certain lobby de la presse personnalisé par les deux « martyrs ». Malgré la légèreté dont ils avaient fait preuve, ces hommes étaient des Français et ils avaient payé de 547 jours de liberté leur faute. « La punition avait été trop longue » selon certains milieux… A l’annonce de leur libération, on s’était dit: « bravo, ils vont enfin retrouver leur foyer ». On savait le passage médiatique obligatoire et ceux qui connaissaient vraiment la personnalité des deux reporters espéraient qu’à défaut d’un acte de repentance non demandé, ils feraient preuve d’un peu d’humilité. Hé bien non! GHESQUIERE en bon antimilitariste primaire oubliant les moyens qu’elle avait mis pour les localiser n’a pu s’empêcher d’accabler l’Armée française. De plus il a menti à plusieurs reprises sur les conditions ayant mené à la capture de l’équipe de France 3.

 

L’armée n’en veut pas mais le ministre les impose !

 

Par respect pour nos soldats qui jamais n’auront droit à un tel traitement médiatique et dans un simple but d’information, ASSAUT va simplement vous révéler certains faits qui vous démontreront que les « idoles » n’étaient simplement que des ambitieux cherchant le scoop à tout prix et non des journalistes responsables. Ils vont sans doute faire un bon petit livre, un témoignage certes mais qui risque d’être aussi un dossier à charge contre une institution qu’ils vomissent et qui est l’Armée Française. S’ils s’étaient montrés humbles et avaient remercié publiquement les dizaines de soldats qui ont risqué leur vie pour les retrouver, la page aurait été tournée et beaucoup de choses oubliées mais voilà, l’idée n’a même pas du les effleurer. Ce genre de mec n’est pas de la race des grands journalistes assumant la responsabilité de leurs actes mais de celle des fouilleurs de poubelles pétris d’idéologie que chérissent les responsables des grandes chaines publiques. Le mélange d’anti militarisme, de volonté d’abaissement de la France par l’auto culpabilisation perpétuelle additionnée d’une recherche malsaine du sensationnel ont mené au drame de cette prise d’otage qui a causé mort d’homme; car il y aurait bien mort d’homme! Un Afghan, leur chauffeur de taxi aurait été abattu par les Talibans lors de leur capture. Et les soldats qui ont contribué à leur recherche et sécurisé leur libération…ils y ont pensé?

Cette pénible histoire a commencé par une demande de FRANCE 3 à l’État Major des Armées qui souhaitait envoyer sur le terrain GHESQUIERE et TAPONIER pour effectuer un reportage dans le cadre de l’émission « envoyé Spécial ». La demande fut refusée pour deux raisons. La première était que les deux reporters n’avaient guère d’expérience et de connaissance sur l’Afghanistan à part TAPONIER et la seconde était que vus les antécédents des deux hommes, l’Armée de Terre n’avait rien à gagner à les voir oeuvrer sur des sites où une certaine réserve doit être de rigueur. Bref, les militaires savaient parfaitement que l’équipe de France 3 venait en Afghanistan non pour effectuer un travail objectif mais pour y rechercher du sensationnel. Suite à ce refus, la chaîne forte de ses appuis politiques se tourna vers le ministre de la défense de l’époque Hervé MORIN qui imposa aux militaires la présence des deux reporters au sein des garnisons d’Afghanistan. Ceux ci emprunteront un avion militaire pour se rendre au pays de l’Insolence.

 

A peine débarqués sur le sol afghan, les deux hommes vont se faire remarquer par leur arrogance, leur goujaterie et bien sûr le rejet de toutes les règles d’usage lorsqu’on travaille avec des militaires sur un théâtre d’opération. Lorsqu’un reporter arrive en Afghanistan, il a préalablement signé une série de documents en Anglais pour obtenir sa carte d’accréditation ISAF. La procédure est certes lourde et je suis le premier à m’en plaindre mais on ne peut nier que ces documents mettent en garde le journaliste sur les dangers que comporte un séjour dans l’Afghanistan en guerre. GHESQUIERE et TAPONIER étaient plus que prévenus, donc l’argument qu’on ne leur aurait pas dit que l’Afghanistan est un endroit dangereux est bancal. Je crois que n’importe quel citoyen lambda sait qu’il y a une guerre en Afghanistan et que la guerre ça blesse, tue ou mutile. De plus si l’ISAF impose le port du casque et d’un gilet pareéclats c’est qu’il y a des raisons et nos deux « héros » le savaient parfaitement. Enfin dernier point, à l’arrivée au centre de presse de Warrehouse à Kabul, rebelote, il faut à nouveau signer une série de formulaires en Français cette fois. On y trouve une décharge exemptant les forces armées Françaises de toutes responsabilités en cas de blessures ou de mort au combat dans le cadre du reportage. Ces formulaires, GHESQUIERE et TAPONIER les ont obligatoirement signés. Donc ils mentent et prennent le public et les membres de leur fan club pour des idiots en déclarant que l’Armée française ne les a jamais mis en garde sur les dangers d’un séjour en Afghanistan.

 

Une fois les documents signés, la communication opérationnelle envoie le journaliste dans une FOB en zone de combat. Il partira en général en convoi au bout d’un jour ou deux d’attente à Kabul où s’il est chanceux et en fonction du taux de disponibilité des machines, en hélicoptère. Le journaliste sera escorté par un officier de communication, l’off-com qui est souvent une jeune femme du grade de Lieutenant. Je dois avouer que pour un journaliste cette présence peut quelque fois se révéler pesante mais en général tout dépend de la personnalité de l’officier de communication. Le mieux est bien sur de trouver un gentleman agrémente entre le journaliste et l’off-com qui sera le relais entre la presse et l’institution militaire. Le tout est une affaire de confiance réciproque. Le problème est que vu les antécédents de GHESQUIERE et TAPONIER, la confiance n’a certainement pas dû être au rendez-vous. Les deux hommes vont immédiatement tout faire pour tromper la vigilance de l’off-com du 13 BCA et aller filmer et interviewer les soldats sans sa présence. Les questions seront du style: « avez-vous conscience de l’inutilité de votre engagement ici? » Les deux hommes se complaisent dans la provocation permanente et font visiblement tout pour faire sortir les soldats de leurs gonds en espérant une réaction et des paroles brutales qu’ils pourraient exploiter. Quant la malheureuse off-com tente de les rattraper lorsqu’ils essaient de lui fausser compagnie, elle à droit à plusieurs reprises à un doigt d’honneur. Voilà le type d’hommes que le lobby de la presse tente de faire passer pour des « héros » auprès des Français. Le plus virulent est GHESQUIERE. TAPONIER, le caméraman se montrera plus décent mais néanmoins suivra, peut être à regret, son chef de mission.

 

Autre énorme reproche, lorsqu’ils seront intégrés à une unité engagée dans une opération, par leur attitude et le non respect de règles tactiques élémentaires, ils mettront en danger leur vie et celle des soldats. Accompagnant des soldats Américains, ils se seraient conduits d’une facon telle que l’officier en charge de la mission y renoncera. Les deux journalistes feront donc échouer une opération militaire. Confrontée à ces multiples problèmes, l’off-com préviendra son supérieur immédiat, le Lieutenant Colonel Jacky FOURQUEREAU, conseiller en communication à Kabul, d’habitude très souple avec les journalistes et grand communiquant. Ce dernier sera forcé d’en référer à Paris à l’Amiral PRAZUCK, grand patron de la communication militaire qui, fait exceptionnel, devra appeler à plusieurs reprises la direction de FRANCE 3 pour l’informer du comportement de ses reporters.

 

Ceux ci exigent toujours plus et ne comprennent pas qu’en zone de guerre il y a aussi des temps morts et qu’on ne peut monter une opération rien que pour leur beaux yeux. Comme beaucoup de journalistes, ils sont venus en Afghanistan avec un reportage déjà préconçu dans leur tête et seront incapable d’être simplement à l’écoute des soldats. Sans doute déçus de l’accueil et pour cause, ils vont en rentrant à Kabul lancer le processus qui va mener à leur capture. Reconduits à l’aéroport de Kabul, ils ne prendront pas l’avion du retour mais après contact avec leur chaîne vont organiser leur déplorable expédition en Kapissa.

 

« Lorsque nous étions avec l’armée française, nous avons constaté qu’il y avait du trafic civil sur la route dans la vallée de Tagab » a déclaré GHESQUIERE. Cette déclaration semblait, pour lui, justifier le fait qu’il pouvait aller se balader en toute impunité et incognito sur une route de l’Afghanistan en guerre et de plus en Kapissa qui est un fief rebelle. Ce raisonnement est très léger et bien sûr tout à fait indigne d’un professionnel de la presse présenté dans les média comme un vétéran des pays en conflit. N’importe quel journaliste un peu censé sait qu’il y a des dizaines de chouff qui renseignent les insurgés sur les mouvements de l’OTAN. De plus les Talibans montent très souvent des chek-point mobiles sur les axes. Quant au trafic civil, la vie économique se poursuit en Afghanistan malgré la guerre et ceci ne veut nullement dire qu’il n’y a pas de danger. Les deux journalistes dans cet environnement ne pouvaient pas passer à travers les mailles du filet et leur soi-disant neutralité ne leur servait à rien.

 

Le seul moyen de travailler avec les Talibans est de les contacter et d’arranger un rendez-vous comme l’avait fait une journaliste de Paris Match après l’embuscade d’Uzbeen en 2008. Mais en fait qu’allaient faire GHESQUIERE et TAPONIER dans la vallée de Tagab ? Eux seuls bien sur peuvent répondre mais on peut facilement imaginer qu’ils voulaient démontrer que l’Armée française ne contrôlait rien ou pire vu leur haine des institutions militaires françaises assurer aux Talibans, leur sympathie. C’est bien naïf! Pour Taleb, un étranger c’est simplement un sacré paquet de pognon et la garantie que les opérations militaires seront gelées dans la région de détention. Et c’est ce qui s’est passé.

 

Le 30 décembre 2009, GHESQUIERE et TAPONIER sont arrêtés par la population à quelques kilomètres de la COP 49 Hutnik et remis aux Talibans.

 

Dès l’annonce de leur disparition, la TASK Force Lafayette va mobiliser ses Forces Spéciales et lancer une série d’opérations le long de l’axe sur lequel un jeune chasseur alpin de 19 ans aurait pu très bien être tué. Heureusement ce ne fût pas le cas. Un drone SDTI est en permanence et pendant dix jours mobilisé pour les retrouver. On les sait cachés quelque part en fond de la vallée d’Allasay. Le coût des opérations de recherche est énorme et le Général GEORGELIN sera critiqué par la presse pour l’avoir révélé.

 

En fait les militaires français vont probablement localiser l’endroit où sont détenus les otages et ce dernier fera l’objet d’une surveillance constante afin d’éviter qu’ils ne soient transférés au Pakistan où ils seraient hors d’atteinte. De toute façon, les Talibans locaux ont sans doute de bonnes raisons pour les garder en vallée d’Allasay. Les transférer au Pakistan multiplierait le nombre d’intermédiaires et en cas de paiement de rançon, cela ferait autant d’argent en moins pour le groupe les ayant capturés. Le fait de détenir deux otages en zone française va forcément mettre le commandement français dans l’embarras et permettre aux insurgés de bénéficier d’une certaine impunité dans la zone sanctuaire où ils sont détenus. Un officier sous le sceau de l’anonymat me confiera: « Vous n’imaginez pas la frustration de nos gars qui avaient repéré des groupes d’insurgés. Nos soldats les avaient acculés dans une nasse et ils étaient prêts à être détruits par l’artillerie et l’aviation et on a eu l’ordre de ne rien faire parce qu’il aurait pu y avoir des représailles sur GHESQUIERE et TAPONIER ».

 

Un autre aspect méconnu. Dans une guerre de contre insurrection comme celle menée en Kapissa, les opérations psychologiques ou Civilo militaires ont une grande importance. Il est très difficile de gagner les coeurs en raison du Patchoun Wali, le code d’honneur patchoun. Nos soldats en liaison avec l’armée afghane tentent cependant de démontrer à la population qu’ils ne sont pas une armée d’occupation mais qu’ils sont ici pour appuyer le gouvernement central. Certains villages peuvent être récompensés et d’autres délaissés parce qu’on les sait acquis, et quelque fois par la force, aux insurgés. Ici le faible à toujours tort et le fait de reculer pour préserver la vie des otages est un aveu de faiblesse. Par leur légèreté, les deux chouchous des médias ont donc contribué à faire capoter dans de nombreux villages un patient travail de sape. Restait la solution de les récupérer par la force. Les Forces Spéciales avaient repéré l’endroit de détention. En Europe, on ne peut discuter avec les terroristes preneurs d’otages et la force est une solution tout à fait envisageable. Rappelez-vous l’affaire de l’Airbus de Marseille ou de la prise d’otages de l’école de Beslan en Ossétie du nord. Ici une intervention aurait pu réussir mais le coût humain aurait probablement été très élevé. Le fond de la vallée d’Alassay est « territoire indien » et y rechercher des otages était mettre la main dans un nid de guêpes. Opération héliportée? 80% de chance d’avoir un hélicoptère abattu avec sa précieuse cargaison de Forces Spéciales. Au fond de la vallée d’Alassay, il y a des Douchkas et peut être même des KPV de 14.5mm. L’armée française ne dispose hélas que de 4 hélicoptères de transport sur le théâtre et c’est d’ailleurs un vrai scandale. Les Américains auraient certainement refusé de prêter des Blackhawk et des Chinook pour une opération non militaire. Une opération combinée hélicoptère-route aurait été possible mais elle aurait mobilisé au moins deux SGTIA sur une piste propice aux embuscades et sans doute truffée d’IED. Coût estimable de l’opération au moins cinq morts chez nos garçons. De plus à l’annonce du moindre mouvement de troupes, GHESQUIERE et TAPONIER auraient pu être égorgés, cachés ou transférés au Pakistan ou dans une autre vallée. L’option de les récupérer par la force n’avait donc que très peu de chance de réussir et son coût aurait été inacceptable. Personnellement et je l’assume j’aurai eu du mal à voir des garçons de 20 ans se faire déchiqueter par des IED pour deux Charlie Oscar November cherchant le scoop à tout prix. Les autorités ont décidé de payer et j’aurais plutôt laissé les « deux héros » moisir quelques années de plus en compagnie de leurs amis Talibans en vallée d’Alassay. La libération des deux « héros » va également être un vrai crève-coeur pour nos soldats. Dans les COP et FOB sous prétexte d’une panne, internet est coupé. Les agences de presse sont averties de la libération des deux hommes et non nos soldats. De plus l’échange a pratiquement lieu à la porte de la COB Tagab où les Taliban se pavanent en compagnie des agents de la DGSE venus chercher les « deux héros ». Nos soldats se sentent humiliés par cette libération faite dans leur dos.

 

On peut se demander quel est le coût payé pour cette libération. On parle de 20 millions d’euros. Comme d’habitude les autorités démentent, mais de l’argent a été versé et cet argent c’est le nôtre, celui du contribuable français. Et à quoi va servir cet argent? Eh bien a acquérir de l’armement sophistiqué, des munitions, à corrompre les policiers qui laisseront passer les « suicide-bomber », à acheter des IED qui tueront ou mutileront des jeunes de 20 ans. Voilà, messieurs GHESQUIERE et TAPONIER ce que vous avez contribué à faire.

Un Adjudant-chef avec le gros bon sens des hommes qui peinent à la tâche et non des intellectuels de l’ENA qui nous gouvernent me dira: « Pour un soldat, payer ses impots est suicidaire. Cela sert à acheter les armes qui risquent de le tuer ».

Autre chose, en échange de nos deux otages, 17 chefs terroristes ont été libérés et certains ont immédiatement repris du service. Les hommes de la Task Force Lafayette et l’ANA avait déployé des trésors de ruse pour capturer ces chefs et des hommes sont peut être tombés ou ont été blessés. Désormais, ils sont dans la nature et contrairement aux moutons occidentaux, ils n’ont aucun esprit de repentance et vont causer du fil à retordre à nos soldats.

 

Et puis, la profession de la presse a également été punie à cause de l’attitude des deux inconscients. Suite à leur action et par décision gouvernementale, la Kapissa a été interdite aux journalistes pendant presque deux ans. GHESQUIERE et TAPONIER ont donc contribué à créer un black-out médiatique sur cette région. Et pourtant nos soldats ont diablement besoin d’une couverture médiatique impartiale contribuant à renforcer le lien Armée-Nation. Messieurs GHESQUIERE et TAPONIER, vous avez contribué à punir vos propres collègues et à empêcher le peuple français de savoir ce que faisait leur soldats. Un Colonel de la communication m’a dit: « Monsieur DEBAY, n’écrivez pas cet article. Cela ne changera rien et de toute façon les grands lobby ont toujours raison. C’est un combat perdu d’avance ».

 

Désolé Mon Colonel, l’article est écrit et il n’y a jamais de combat perdu d’avance. Depuis la Grande Guerre à l’exception peut être de l’Armée de Lattre nous perdons des batailles parce que là haut, certains de nos grands chefs sont des carriéristes prêts à toutes les compromissions avec le pouvoir en place.

 

Notre Armée est celle de la République et non du pouvoir en place et il est peut être temps de voir les officiers généraux cesser d’être des avaleurs de couleuvres professionnels. Lobby presse OK mais ce dernier ne doit pas commander aux opérations et c’est ce qui est arrivé avec la lamentable affaire GHESQUIERE et TAPONIER. Nos soldats méritent autre chose car eux ils paient de leur sang.

 

Avec un peu d’excessivité mais c’est tout à fait pardonnable dans le contexte, un jeune sergent de 21 ans du 1 RCP me dit: « On libère les otages et on enterre les soldats ». Yves DEBAY

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