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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 12:50
photo UK MoD

photo UK MoD

 

03/11/2015 Tribune conjointe du Ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian et de son homologue britannique Michael Fallon

 

Il y a 5 ans, le 2 novembre 2010, nos deux pays ont signé deux traités à Lancaster House : un traité sur la défense et la sécurité et un autre sur la coopération nucléaire. Cela constituait un engagement historique visant à construire un partenariat de long terme dans le domaine de la défense et de la sécurité, reflétant notre histoire, nos intérêts, nos valeurs et responsabilités partagés, ainsi qu’une analyse convergente des menaces auxquelles nous sommes confrontés ; ils représentent un gage sans précédent de notre confiance mutuelle. Demain nous nous rencontrons de nouveau pour souligner cet engagement et continuer à faire face ensemble aux défis sécuritaires que nous partageons.

 

La coopération franco-britannique de défense n’est pas nouvelle. Depuis plus d’un siècle nos forces armées ont combattu côte à côte. En 2016, nous commémorerons le courage et le sacrifice de tous ceux qui, il y a un siècle, ont servi ensemble la défense de nos pays durant la Bataille de la Somme. Depuis 1945, nos deux pays ont consacré une part substantielle de leur richesse nationale à la défense, reflétant nos responsabilités en tant que membres permanents du conseil de sécurité des Nations unies, désireux et capables de déployer et maintenir des forces armées à travers le monde entier.

 

Depuis la Déclaration du Président Jacques Chirac et du Premier ministre John Major lors de leur rencontre à Chequers en octobre 1995, nous avons reconnu l’importante convergence de nos intérêts vitaux. La somme de nos deux budgets de défense représente près de la moitié des dépenses totales de tous les Etats membres de l’Union européenne en matière de défense et une part plus large encore en matière de recherche et développement de défense.

Nous avons atteint d’importants objectifs ces 5 dernières années. Nous avons démontré que la France et le Royaume-Uni ont les capacités militaires nécessaires et la volonté politique de les utiliser dans tout le spectre des missions de gestion de crise. Nos forces armées ont lutté ensemble contre les Talibans en Afghanistan et au large de la Corne de l’Afrique ; elles sont restées engagées côte à côte contre Daech, en Méditerranée et au sein de la mission de l’UE de formation et de conseil au Mali (EUTM Mali). Ensemble, nous sommes engagés dans des missions de police du ciel de l’OTAN. Le Royaume-Uni a fourni des moyens de transport aérien stratégique et de surveillance aux opérations françaises au Mali et en République centrafricaine. Réciproquement, la France a soutenu le détachement britannique d’avions Tornado déployé dans sa lutte contre Boko Haram. Dans un même esprit de coopération, la base de Lossiemouth de la Royal Air Force en Ecosse a accueilli des avions français de patrouille maritime Atlantique 2.

 

Depuis 2010, nous avons travaillé régulièrement à consolider notre capacité à nous déployer et à mener des opérations conjointement et sur très court préavis via la Force expéditionnaire commune interarmées (CJEF) jusqu’à 10.000 hommes. Cette Force doit obtenir sa certification finale le printemps prochain, comme prévu, lors de l’exercice GRIFFIN STRIKE. Par ailleurs, nous comptons désormais quelque 50 officiers insérés au sein de nos forces armées respectives. Les officiers français ont été déployés dans le cadre d’opérations britanniques et des officiers britanniques dans le cadre d’opérations françaises.

 

Notre coopération en matière industrielle et d’armement s’est développée sans interruption ces cinq dernières années. Elle s’est concentrée sur des domaines clés tels que la coopération de long terme sur les missiles de nouvelle génération, le projet de système de combat aérien du futur, lancé au Sommet de Brize Norton en janvier 2014, ou le projet de guerre de mines navales. Cela comprend un travail conjoint pour accroître notre efficience commune grâce à une plus grande interdépendance. Nous avons franchi une étape supplémentaire en ce sens en signant à Paris, en septembre dernier, un accord intergouvernemental qui permettra de créer au sein de MBDA plusieurs centres d’excellence en France et au Royaume-Uni consacrés aux systèmes communs missiliers.

 

Dans le secteur nucléaire qui, plus que tout autre domaine, reflète la profondeur de nos liens et de notre confiance mutuelle, nous avons développé des outils communs afin d’assurer la sûreté et la fiabilité des armes qui représentent l’ultima ratio pour protéger nos intérêts vitaux. Cela inclut la construction d’une installation conjointe radiographique et hydrodynamique à Valduc en Bourgogne où les équipements britanniques seront inaugurés en 2016.

 

Ces succès nous encouragent à approfondir, élargir et pérenniser notre coopération dans le cadre des accords de Lancaster House. Demain marquera notre neuvième rencontre de l’année, preuve de notre engagement sans précédent au niveau ministériel. Nos équipes travaillent désormais sur un très large spectre, allant de l’analyse stratégique à la sécurité du continent africain et la réforme de l’OTAN, en passant par la lutte contre la prolifération et la politique nucléaire. Il y a seulement quelques semaines, nous avons lancé ensemble la première conférence sur la cyber-défense à Paris. A la suite des attaques contre Charlie Hebdo, nous travaillons ensemble à la manière dont les armées peuvent contribuer à la sécurité intérieure. Nous sommes déterminés à entretenir cette dynamique positive en 2016 et au-delà.

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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 14:50
Defence Secretary Michael Fallon and French Minister for Defence Monsieur Le Drian. photo UK MoD

Defence Secretary Michael Fallon and French Minister for Defence Monsieur Le Drian. photo UK MoD

 

3 November 2015 Ministry of Defence and The Rt Hon Michael Fallon MP

 

On the fifth anniversary of the Lancaster House Agreement, Defence Secretary Michael Fallon and French Minister for Defence Monsieur Le Drian reaffirm the defence relationship between their countries.

 

Five years ago, on the 2nd of November 2010, our two countries signed two treaties at Lancaster House: on defence and security, and on nuclear cooperation. This was a historic commitment to build a long term partnership in defence and security, reflecting our common history, interests, values and responsibilities, and understanding of the threats we face, and an unprecedented token of our mutual confidence. Tomorrow we meet there again to mark that commitment and continue tackling together our shared security challenges.

 

UK-French defence cooperation is nothing new. For more than a century our Armed Forces have fought side by side. In 2016, we will commemorate the courage and sacrifice of all those who, one hundred years ago served alongside each other in defence of our countries during the Battle of the Somme. World War I claimed more than two million lives in our two countries alone. Since 1945 our two countries have dedicated a substantial proportion of our national wealth to defence, reflecting our responsibilities as permanent members of the United Nations Security Council, willing and able to deploy and sustain armed forces around the world. Since October 1995, as President Jacques Chirac and Prime Minister John Major set out in their Declaration when they met at Chequers, we have recognised the significant convergence of our vital interests. Together, both our defence budgets put together represent almost half of total defence expenditure of the EU Member States, and an even larger proportion of European defence research and development.

 

We have achieved a great deal in the last five years. We have shown that France and the United Kingdom have powerful military capabilities and the political will to use them on the whole spectrum of crisis management missions. Our Armed Forces operated together against the Taliban in Afghanistan and off the Horn of Africa; they remain engaged side-by-side against ISIL, in the Mediterranean and in the EU training and advisory mission in Mali. Together, we are engaged in air-policing duties within NATO. The UK has provided strategic air transport and surveillance support to French operations in Mali and the Central African Republic. France supported the UK Tornado deployment to help the Nigerian Government in its fight against Boko Haram. French Atlantique Maritime Patrol Aircraft have operated from RAF Lossiemouth in Scotland.

 

And since 2010, we have been working steadily to deepen and embed our capacity to deploy and operate jointly at short notice a Combined Joint Expeditionary Force (CJEF) up to 10,000 strong. We expect this to be fully validated next spring, on schedule, in Exercise GRIFFIN STRIKE. And we now have about 50 officers within each other’s Armed Forces. French officers have deployed on UK operations and UK officers on French operations.

 

Our equipment and industrial cooperation has also grown steadily stronger over the last five years, focused on key domains such as our long-standing cooperation on advanced missiles, the Future Combat Air System project launched at the Brize Norton Summit in January 2014, and naval mine warfare. It includes working together to deliver shared efficiencies through greater mutual dependence. Now we are taking this one step further with the signing of an agreement to create within MBDA a number of Centres of Excellence in France and the UK dedicated to common missile systems.

 

In the nuclear field, which more than any other domain reflects the closeness of our bonds and of our mutual confidence, we have developed common tools and facilities to ensure the safety and reliability of the weapons that represent a last resort defence of our vital interests. This includes construction of the joint radiographic and hydrodynamics facility at Valduc in Burgundy, where the British installations will be inaugurated in 2016.

 

These successes encourage us further to deepen, broaden and sustain our cooperation under the Lancaster House agreements. Tomorrow is our ninth meeting in the last year, an unprecedented drumbeat of Ministerial engagement. Defence and security policy teams now engage on a range of issues from strategic and intelligence analysis, non-proliferation and nuclear policy to African security and NATO reform. Only a few weeks ago we jointly opened the first defence cyber conference in Paris. Since the Charlie Hebdo attacks we have been working together over the issue of military contribution to domestic security. We are committed to maintaining this momentum in 2016 and beyond.

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4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 16:50
photo Armée de Terre

photo Armée de Terre

 

04/08/2015 armée de Terre

 

Du 5 au 9 juillet 2015, le 11e régiment d’artillerie de marine (11e RAMa) a effectué les premiers tirs du Camion équipé d’un système d’artillerie (CAESAR) en Angleterre, aux portes de l’Écosse. Cette action s’inscrivait dans le cadre de l’exercice Green Cannon, réalisé en coopération avec le 29 Commando Regiment Royal Artillery (29 Cdo Regt) de l’armée britannique.

 

Constitué de près de 40 bigors et de 15 véhicules dont 2 CAESAR, le détachement du 11e RAMa a réalisé des tirs sur le camp d’Otterbun, aux côtés de ses camarades britanniques, équipés de 105mm Light Gun. L’objectif principal de cet exercice interarmées était le partage d’expérience entre les deux unités d’artillerie. Cette collaboration franco-britannique, qui mettait en œuvre des aéronefs de la Royal Air Force et de l’aéronavale, a permis de perfectionner les techniques et les procédures dans le domaine des tirs d’artillerie, de l’observation et de la coordination des feux.  Le 11e RAMa coopère régulièrement avec le 29 Cdo Regt mais c’est la première fois que des CAESAR tiraient sur le sol britannique. La particularité de l’exercice était de faire tirer les bigors sous commandement britannique et les Britanniques sous commandement français. Un réel succès qui, selon le commandant du 29 Cdo Regt, marque l’interopérabilité avérée entre les deux pays et « contribue directement à créer une force expéditionnaire interarmées commune».

 

Suite de l’article

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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 11:50
Exercise Griffin Rise: Strengthening links with France


12.06.2015 UK MoD
 

We currently have a major UK/French exercise underway that is developing the working relationship between the two nations’ navies.

But how many people know about this partnership?

In this blog Rear Admiral Radakin, Commander UK Maritime Forces explains a bit more about Exercise Griffin Rise, how it came about, and what it means.

 

Griffin Rise, and associated activity, was borne out of the Lancaster House Treaty of 2010 between France and the UK.

This created the concept of a UK/France Combined Joint Expeditionary Force (CJEF).


The philosophy behind the CJEF is of two medium sized powers in Europe that share common values and interests, and possess credible and sophisticated armed forces, coming together to enhance their shared outlook on the world and their influence in it, as well as their ability to respond to events and maintain stability.


It’s a simple concept - the assumption is that militarily we are stronger together.


Now, if we look at how we are turning that into reality, both the UK and French navies will have an aircraft carrier capability; both have a similar submarine force and nuclear deterrent; a similar frigate and destroyer capability; a substantial mine countermeasure force; and helicopter assets.


Both navies are highly capable but by coming together we can be more effective.


In this simulated exercise I now have under my command the aircraft carrier FS Charles de Gaulle; an impressive combined French and UK amphibious force with a heavier punch than either nation could deliver alone; more frigates and destroyers, and submarines.


And, in the exercise, I can use these “bigger and better” forces to assist expelling an enemy that has invaded an allied nation.


By working together in this fashion we are enhancing our capability.


I have a shared HQ that has been made much richer by having the expertise of French staff (all fluent in English – which has left me embarrassed by my rudimentary French).


Many have just returned from the Gulf where they were involved in bombing ISIL forces in Iraq from FS Charles de Gaulle.


And, throughout, they were supported by the UK Frigate HMS Kent which integrated seamlessly into the French carrier task group.


Our role in Griffin Rise is being played out in HMS Ocean, which is currently in the Baltic Sea. But why are we here?


HMS Ocean is the UK’s Flagship and it has a command and control capability necessary for a 2* Admiral to command from afloat.


This allows me to be the maritime component commander for the Griffin Rise exercise working to a French 2* Joint Force Commander based in Paris.


But at the same time Ocean is also taking part in an exercise called BALTOPS 15.


This is a large, maritime, NATO exercise in the Baltic Sea but HMS Ocean’s size and flexibility means that she can provide me the command and control capability I need while, at the same time, providing complementary capabilities to NATO and still deliver an amphibious assault at the same time.


So, this is an exciting UK/French initiative now being put into practice; something that is very comfortable to the UK and French Navies.


And it is being carried out on the Royal Navy Flagship, using it as a command ship whilst it is on a very different task with NATO in the Baltic.


International operations, in a truly international ship, and all done with and alongside our nearest ally, France, to deliver effective military power – together!

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 06:50
Le CEMA rencontre le MGA britannique en amont du Senior Level Group

 

30/06/2014 Sources : EMA

 

Le 23 juin 2014, le général de corps d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), s’est entretenu avec le général d’armée aérienne britannique Stewart Peach, major général des armées (MGA).

 

Cette rencontre a eu lieu en amont du Senior Level Group (SLG) qui se déroulait le jour même et auquel le général de Villiers participait.Organisée dans la continuité du sommet de Lancaster House de 2010, le « SLG » rassemble les représentants de la Présidence de la République et du Cabinet Office, les chefs d’état-major des armées et les directeurs « armement » français et britannique, ainsi que les représentants des deux ministères de la défense. Cette rencontre annuelle vise à évaluer la mise en œuvre de la feuille de route fixée par le traité de Lancaster House à l’horizon 2016. Elle permet de faire le point sur les objectifs intermédiaires atteints d’une année sur l’autre, conformément aux orientations données lors du sommet bilatéral. Le précédent « SLG » avait eu lieu le 13 juin 2013.

 

Au cours de cet entretien, le général Peach et le général de Villiers ont évoqué les principaux domaines de la coopération bilatérale franco-britannique, dont la montée en puissance de la force expéditionnaire commune interarmées (Combined Joint Expeditionary Force – CJEF). A ce titre, ils sont revenus sur l’exercice de composante terrestre Rochambeauqui s’est déroulé en Champagne du 10 au 23 mai dernier. Ils ont également fait le point sur l’avancée des projets de mutualisation capacitaire puis ont abordé la situation stratégique dans des zones d’intérêt commun, dont la région moyen-orientale, nord-africaine et la bande sahélo-saharienne.

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 16:50
photo ECPAD

photo ECPAD

Au large de la Libye, les marines française et britannique ont coopéré étroitement, avec une efficacité opérationnelle remarquée. photo Marine nationale

 

20.06.2014 Source Marine Nationale
 

Seuls pays d’Europe disposant de l’arme nucléaire, membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations unies, ayant des responsabilités et une crédibilité internationales et appuyés par des outils politiques et militaires adaptés, le Royaume-Uni et la France partagent souvent leurs ambitions au sein des organisations internationales, dont notamment à l’ONU. La crise libyenne a par exemple démontré des convergences de vues et d’analyse entre Paris et Londres[1]. En matière de Défense et de Sécurité, la coopération franco-britannique se concrétise par deux traités majeurs, dits « de Lancaster House » signés en novembre 2010. Ces traités portent sur les volets opérationnels, capacitaires, industriels de la coopération de défense. Une « entente au sommet » qui se décline entre les deux marines et que détaillent les chefs d’états-majors de la Royal Navy et de la Marine nationale.


[1] : La France et la Grande-Bretagne ont  pris l’initiative de l’action internationale avec notamment l’adoption de la résolution 1973 du Conseil de Sécurité des Nations unies. Cette crise a mobilisé en 2011 les deux diplomaties tout en permettant de rapprocher sur le plan opérationnel les deux armées, en première ligne dans les actions militaires engagées

 

Interview croisée du chef d’état-major de la Marine et du First Sea Lord. 

 

Cols Bleus : Amiral, en 2010, les traités de Londres - encore appelés accords de Lancaster House - ont été signés par la France et le Royaume-Uni. Quatre ans plus tard, pouvez-vous faire un rapide état des lieux des progrès réalisés dans ce domaine par la marine que vous commandez ?

Amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la marine (CEMM) : Les accords de Lancaster House ont été très rapidement mis en pratique au travers de la coopération entre nos deux marines lors des opérations en Libye en 2011. Cela en a constitué en quelque sorte le baptême du feu, avec le succès que l’on sait, et a lancé une dynamique puissante que nous continuons à entretenir. Elle s’est poursuivie par l’exercice Corsican Lion 2012, qui a permis de mettre en place les premiers jalons de la CJEF (Combined Joint Expeditionary Force), prévu d’être opérationnelle en 2016. Il nous reste encore  certains axes d’effort, sur lesquels nous travaillons : je pense en particulier au partage du renseignement et à l’établissement de communications protégées communes. Nous avançons. J’en veux pour preuve l’affectation d’un officier britannique à l’état-major opérations de la marine, chargé de la programmation de l’activité de la marine française et d’un autre au poste de Battle watch captain à bord du porte-avions Charles de Gaulle. Cet officier est au cœur de notre dispositif opérationnel.

Admiral Sir George Zambellas, First Sea Lord (FSL) : En les observant depuis mon poste de chef d'état-major de la Royal Navy, je pense que les traités de 2010 ont démultiplié la relation bilatérale entre la Royal Navy et nos bons amis de la Marine Nationale. La signature de ces accords de grande envergure a constitué une véritable déclaration d'ambition stratégique pour notre coopération navale future.
Avec quelques années de recul, ce que j’observe au quotidien, c’est la réalisation pratique de cette ambition - aux niveaux stratégique, opérationnel et tactique. Notre coopération poussée au large des côtes de la Libye il y a 3 ans et le développement, la mise en place et la progression de la force expéditionnaire interarmées combinée (CJEF-Combined Joint Expeditionary Force) sont autant d’illustrations très médiatisées des progrès que nous avons accomplis ensemble. Mais il y a beaucoup d'autres exemples moins visibles de la maturité de notre partenariat, comme l’embarquement d’hélicoptères Lynx, les échanges de personnel et les avancées dans le domaine de l'équipement, autant d’aspects que j’aborderai plus loin. Et il y a encore plus à attendre de cette aventure conjointe - par exemple, la CJEF devrait être opérationnelle en 2016 et la coopération entre nos porte-avions s'intensifiera à mesure que les porte-avions de classe Queen Elizabeth seront mis à l’eau et commenceront à embarquer des groupes aériens en temps voulu.

 

ACCORDS DITS DE LANCASTER HOUSE

Les Traités de Londres ou Accords de Lancaster House sont les deux traités militaires signés lors du sommet franco-britannique de Londres, à Lancaster House, par le président français et le Premier ministre britannique le 2 novembre 2010. Le premier est « relatif à des installations radiographiques et hydrodynamiques communes » et concerne le développement et l'emploi des armes nucléaires. Le deuxième est une « coopération en matière de défense et de sécurité ». Il concerne « le déploiement et l’emploi des forces armées », les « transferts de technologies » entre les deux industries de l'armement, les programmes d'achats d'armements et les échanges d'informations.

 

Cols Bleus : La coopération dans les programmes navals n'a pas toujours été couronnée de succès. Y-a-t-il, dans les années à venir, des renouvellements de grandes capacités qui seraient plus en phase? Si oui, existe-t-il des possibilités de mutualisation ou de complémentarité?

CEMM : Parmi les programmes sur lesquels nous discutons, il y a en particulier le missile antinavire léger.  La France et le Royaume-Uni se sont par ailleurs engagés ensemble sur le programme SLAMF[1], dont le pilotage est confié à l’OCCAR[2]. Plus loin, nous réfléchissons à des programmes communs dans les domaines de la lutte sous la mer, des missiles de croisière ou antinavires futurs. Je crois que nous avons là des occasions prometteuses de coopération.

FSL : Permettez-moi de commencer en disant que, après un début de carrière aux fonctions d’aviateur naval, j'ai passé deux années très agréables en tant que pilote du Lynx. Cet hélicoptère qui sert de longue date a été le cheval de bataille aérien des flottes de destroyers et de frégates de la Royal Navy comme de la Marine Nationale. Ainsi, la réussite du Lynx démontre que la coopération mutuelle et l'alignement des capacités futures disposent déjà d’un terreau fertile où prendre racine et s’épanouir. En fait, pas plus tard que le mois dernier, une annonce a été faite concernant notre acquisition commune d'un futur système de missiles antinavires, qui, dans le cas de la Royal Navy, sera exploité via son nouvel hélicoptère Wildcat, notre remplacement pour le Lynx.

Et il existe d'autres opportunités futures très intéressantes pour aligner le renouvellement de nos capacités. Laissez-moi vous expliquer pourquoi. Nos systèmes ont de plus en plus besoin d’être ouverts, tant techniquement que commercialement. Pourquoi ? Parce que cela permet une connectivité et une mise à niveau rapides des technologies, ce qui, à son tour, nous permet de maintenir un avantage crédible, évolutif et gagnant au combat. Les opportunités à saisir grâce à l'architecture ouverte sont peut-être encore plus importantes dans l’univers commercial des systèmes commandés à distance, sans équipage. Pour la Royal Navy, notre futur programme MHC (Minecountermeasures and Hydrographic Capability - capacités antimines et hydrographiques) nécessite un examen précoce de l'utilité des véhicules sans pilote et des possibilités offertes par l'architecture ouverte. Notre programme anti-mines maritimes conjoint contribue à alimenter notre ambition mutuelle dans ce domaine.


[1] Système de lutte anti-mine futur

[2] Organisme conjoint de coopération en matière d’armement

 

Cols Bleus : Y-a-t-il des capacités majeures qui vous manquent ou qui viendraient à manquer dans les prochaines années? Quelles synergies seraient alors envisageables avec votre allié?

CEMM : Au-delà des programmes, je crois qu’il faut effectivement raisonner en termes de capacités. La France dispose d’un porte-avions. C’est un outil clef de notre défense, qui accroît considérablement nos capacités d’intervention. Nombreuses en effet sont les opérations qui ont montré tout l’intérêt de disposer d’une plate-forme permettant de mettre en œuvre sans contrainte des avions d’armes à proximité immédiate de la majorité des centres névralgiques dans le monde[1]. Mais notre porte-avions est unique : lors de ses périodes d’entretien, nous perdons cette précieuse capacité d’action. La marine nationale et la Royal Navy ont donc tout intérêt à posséder des outils interopérables. Ainsi, à l’horizon 2020, nous travaillons à la mise à disposition d’un groupe aéronaval commun, constitué autour d’un porte-avions et de son groupe aérien qui pourront être alternativement fourni par la France ou la Grande-Bretagne. C’est un projet ambitieux mais qui présente de nombreux avantages, pour nous comme pour nos alliés britanniques, me semble-t-il.

FSL : Nous travaillons dur, dans la Royal Navy, à régénérer notre capacité de frappe depuis nos porte-avions, le « Carrier Strike ». Ce qui est important, c’est qu’il ne s’agira pas de remplacer à l’identique une force d’attaque s’appuyant sur les porte-avions de classe Invincible, mais de retrouver l'ampleur des opérations des années soixante et soixante-dix avec des avions à réaction rapides - un retour à une force aéronavale d'attaque mature et crédible.
Ce programme naval phare crée une importante opportunité de collaboration au niveau maritime pour la France et le Royaume-Uni, notamment parce que ces porte-avions seront au cœur du volet maritime de la CJEF. En effet, au moment où le Royaume-Uni poursuit ses efforts pour reconstruire sa capacité en porte-avions, nous bénéficions déjà de l'assistance généreuse de nos alliés français et américains. D'ici à 2020, nous espérons commencer l'exploitation d'un groupe commun de force aéronavale d’attaque (Carrier Strike Group) – en utilisant un porte-avions britannique ou français. Il s'agit là d'un objectif précieux pour nos deux marines. Mais nous n'avons pas besoin d'attendre que le HMS Queen Elizabeth soit opérationnel pour réaliser cette vision. Nous explorons déjà le domaine du possible avec l'intégration d'une frégate de type 23 ou d’un destroyer de type 45 au sein du groupe de force aéronavale d’attaque français dans le courant de cette année.


[1] 80% des habitants de la planète vivent à moins de 100km du littoral

 

Guerre de Libye

L'intervention militaire de 2011 en Libye est la concrétisation de ce rapprochement. Les deux pays mènent conjointement 80 % des raids aériens contre l'armée de Mouammar Kadhafi. C'est leur première opération militaire commune, certes dans un cadre différent, depuis l’opération de Suez en 1956.

Cols Bleus : Des choix ont été faits pour le design des porte-avions qui ne vont pas dans le sens d'une plus grande interopérabilité, notamment pour les groupes aériens. Pouvez-vous commenter?

CEMM : L’interopérabilité peut prendre plusieurs formes et son niveau le plus abouti ne constitue pas un but en soi. C’est un moyen. Nous avons chacun nos contraintes et nos cultures. Ainsi, certains roulent à droite, d’autres à gauche. La question n’est pas de savoir de quel côté rouler mais de rouler de conserve vers la même direction et de coordonner les interactions. Il en va de même avec les outils navals.
En l’occurrence, le porte-avions, quel que soit son design, est un outil majeur mais indissociable d’un groupe aéronaval. De nombreuses combinaisons sont possibles à l’intérieur de celui-ci : au sein de l’état-major, dans la complémentarité des bâtiments ou des aéronefs, quelles que soient les nationalités. Le détachement d’un Lynx britannique sur le Surcouf en début d’année 2013 est un bel exemple d’intégration réussie. Les pilotes britanniques s’étaient vus confier les mêmes responsabilités et les mêmes règles d’engagement que ceux que l’on donne à nos pilotes français. Le moins que l’on puisse dire est que cela a été concluant. C’est ainsi que je vois la coopération de nos outils.

FSL. : Il est sans aucun doute vrai que le chasseur rapide français, le Rafale, ne sera pas en mesure d’opérer à partir de la nouvelle classe Queen Elizabeth. Mais ce serait percevoir l’interopérabilité des porte-avions franco-britanniques par le petit bout de la lorgnette. Laissez-moi vous expliquer pourquoi. 
Tout d'abord, les porte-avions de classe Queen Elizabeth n’assumeront pas uniquement un rôle de plate-forme pour les appareils à réaction rapides. Ils posséderont également une capacité de manœuvre littorale. Cela signifie que même si les chasseurs rapides français ne peuvent pas opérer actuellement depuis un porte-avions de classe Queen Elizabeth, les hélicoptères français devraient, eux, pouvoir bénéficier de ce soutien.
Mais il y a un aspect plus important à souligner. Nous devons également prendre en compte l'interopérabilité future - et j’entends par là loin dans l'avenir - car un élément clé de ces plates-formes est leur longévité. Les porte-avions de classe Queen Elizabeth auront une durée de vie de plus de 50 ans. Notre horizon professionnel s'étend donc sur de nombreuses décennies à venir pour l’aviation navale qui opérera depuis ces terrains d'aviation flottants. C'est une longue période, qui offre donc de nombreuses opportunités pour une plus grande interopérabilité dans les années à venir. Peut-être pourrais-je préciser ma pensée en ces termes : étant donné que le dernier commandant de la nouvelle plate-forme HMS Queen Elizabeth ne naîtra qu’aux environs de 2023 - soit rejoindra la marine aux alentours de 2044 - la technologie qui sera alors à notre disposition ne connaît pour limite que notre imagination.

 

 

Cols Bleus : Une coopération efficace passe par l'action sur le terrain des hommes et des femmes de vos états-majors et de vos équipages. Pouvez-vous faire nous dire comment cela se passe concrètement aujourd'hui entre les deux marines?

CEMM : Les échanges entre marins des deux bords de la Manche s’intensifient. Là encore, les résultats sont encourageants. 3 officiers britanniques travaillent à l’état-major de la marine dans des fonctions de direction, dont un dans mon propre cabinet, 5 sont en ce moment en opérations au sein du CTG français, notamment à bord du Charles de Gaulle. Ces officiers sont employés exactement comme leurs homologues français. Les relations de confiance sont très fortes.
En réalité, nous constatons à chaque fois que l’adaptation des officiers britanniques chez nous est immédiate : nous avons la même approche du combat, les mêmes procédures, ce qui facilite grandement les choses.

FSL : Oui, absolument. Permettez-moi de vous donner quelques exemples spécifiques. Tout d'abord, nous avons 14 postes d'échange. Pourquoi les mentionner ? En partie parce que ces échanges ont une réelle importance stratégique: ils influencent la communication politique au niveau intergouvernemental. Ils sont également stratégiques dans un autre sens. Ces postes d'échange se situent non seulement au niveau tactique et opérationnel, mais aussi aux plus hautes fonctions des états-majors. Par exemple, un capitaine de frégate français est l’un de mes officiers à l’état-major de la marine, ici, au ministère britannique de la Défense, et je compte sur lui pour m'aider à concrétiser les avantages stratégiques potentiels pour la Royal Navy et la Marine Nationale.
Un deuxième exemple est l’embarquement, l'année dernière, d'un Lynx de la Royal Navy pour une mission de l’escadron 815 de l'aéronavale à bord d’une frégate française, le FS Surcouf. Ce n'était pas une opération de façade. L'intégration d'un équipage de la Royal Navy a eu lieu lors d'un déploiement opérationnel exigeant au Moyen-Orient où le navire était engagé dans des opérations de lutte contre la piraterie. Notons par ailleurs que, dans l’autre sens, un observateur français est en cours de déploiement depuis le HMS Diamond
Je m'attends à ce que ces types d’échanges deviennent réguliers et systématiques.
Alors, quelle est l’utilité de toute cette activité ? Elle contribue à nous apporter une réelle interopérabilité, tout en nous aidant à promouvoir une prise de conscience culturelle instinctive et mutuelle. Elle n'est pas simplement utile, elle est essentielle

 

CORSICAN LION

Du 17 au 26 octobre 2012, près de 5 000 militaires, répartis sur 11 bâtiments de surface et un sous-marin, ont participé à Corsican Lion, le plus important entraînement naval de l’année à l’échelle européenne. Il s’agit du premier déploiement amphibie de la force expéditionnaire interarmées franco-britannique (CJEF). L’intervention au Mali, soutenue par les Britanniques, a démontré la qualité de notre coopération.

 

Cols Bleus : En termes d'activité, de préparation opérationnelle et d'opérations, on a beaucoup parlé de la CJEF (Combined Joint Expeditionnary Force). L'ambition étant posée, pensez-vous être au rendez-vous des différents jalons, et de l'échéance, dans le domaine des opérations aéro-maritimes?

CEMM : Oui, comme je le disais à l’instant, les objectifs identifiés lors de CORSICAN LION sont en bonne voie de réalisation. Nous rencontrons parfois des difficultés, dues aux contraintes budgétaires ou opérationnelles dans nos marines respectives, mais cela ne remet pas en cause l’avancement du projet. S’il l’on veut obtenir la validation du concept lors de l’exercice GRIFFIN STRIKE en 2016, nous avons le devoir de saisir toute occasion de s’entraîner ensemble, ce que nous faisons d’ores et déjà.

FSL : L'ambition de parvenir à un degré élevé de coopération et, autant que possible, à l'interopérabilité dans les porte-avions et l'aéronavale, est clairement exprimée dans les accords de Lancaster House. Mais, comme nous en avons déjà discuté, je perçois l'interopérabilité et la coopération comme quelque chose de beaucoup plus poussé que la simple utilisation de porte-avions alliés pour lancer des avions ; Il s'agit d'améliorer la planification conjointe à long terme et, le cas échéant, d’une mise en commun et d’un partage (du « pooling and sharing ») afin de parvenir à une utilisation plus efficace de nos capacités, tant individuellement que collectivement. Bien sûr, pour le Royaume-Uni, nos calendriers seront inévitablement assujettis au programme de mise en service du HMS QUEEN ELIZABETH, mais en attendant, nous travaillerons avec l’aéronautique navale pour assurer une capacité CJEF validée dès 2016.

CJEF

Les deux gouvernements ont décidé de créer une force expéditionnaire commune interarmées (en anglais, Combined Joint Expeditionary Force - CJEF). Le but de cette force est de permettre, d’ici 2016, de disposer d’une capacité conjointe pouvant être engagée dans des opérations bilatérales, mais également dans le cadre d’une coalition internationale (OTAN, UE ou ONU). Il y a aussi un objectif, à terme, de créer un état-major de force commun déployable (en anglais, Combined Joint Force Headquarters – CJFHQ)

 

Cols Bleus : Pensez-vous que le couple Marine Nationale-Royal Navy devrait servir de modèle ou de moteur potentiel pour l'émergence d'une force maritime européenne? Si oui, de quelle manière?

CEMM : Je crois qu’il faut utiliser la méthode des petits pas. Plutôt que de chercher à bâtir d’emblée une force commune à 28, il faut construire des briques, qui pourront ensuite s’agréger à d’autres. La coopération franco-britannique est une brique essentielle, qui pourra effectivement servir dans le cadre d’un projet plus ambitieux, auquel nous aspirons tous. Notons cependant que de nombreuses choses se font déjà. La plupart des marines européennes travaillent toutes avec les mêmes procédures, qui sont les procédures de l’OTAN. Dès lors que la volonté politique est commune, nous savons travailler ensemble. Dans le bas du spectre, l’opération européenne ATALANTA de lutte contre la piraterie en océan Indien  en est le meilleur exemple.

FSL : Eh bien, l'idée d'une force maritime européenne est, bien sûr, un concept politique plutôt que militaire, il ne serait donc pas approprié pour moi de m’étendre sur le sujet. Mais ce que je peux dire, d'un point de vue militaire, c’est que le partenariat franco-britannique forme le cœur des activités maritimes européennes. Il s’est, par exemple, manifesté dans les rôles de premier plan assumés par la France et le Royaume-Uni dans l’exécution de l'opération Atalanta. Notre patrimoine commun nous donne également un important rôle à jouer dans de nombreuses régions du monde. Par exemple, nous souhaitons développer notre coopération dans l'Atlantique, dans la ceinture tropicale qui s'étend du golfe de Guinée aux Caraïbes, et au début de cette année, le HMS PORTLAND et le FS BIROT ont opéré ensemble au large du Ghana. Et, comme la Libye l’a illustré avec force, les politiciens de nos deux nations reconnaissent l'utilité de la force militaire et ont été prêts à prendre des décisions difficiles quant au moment de sa mise en œuvre.

 

Cols Bleus : En pratique, l'OTAN est historiquement l'organisation de référence. Comment voyez-vous le positionnement de votre marine et du couple FR-UK dans les opérations maritimes de l'OTAN dont le commandement est désormais centralisé à Northwood? Quelle conséquence peut-on anticiper sur le développement d'une identité plus strictement européenne dans ce domaine?

CEMM : Il ne faut pas confondre but et moyens. L’OTAN est un moyen. Une force maritime européenne est un moyen. Ces moyens sont compatibles. C’est tout l’intérêt du standard commun, les procédures OTAN, qui permettent de relier différentes unités ou états-majors avec de faibles préavis. La question de l’objectif est quant à elle une question politique. C’est elle qui détermine les moyens qui sont mis en commun, et donc la coalition engagée pour arriver à ces objectifs. Il n’y a à mon sens pas de concurrence, mais bien une complémentarité.

FSL. : Ce qui est clair, c'est que, avec le rééquilibrage des États-Unis dans le Pacifique, notre principal partenaire stratégique attend de la Grande-Bretagne et de la France qu’elles convainquent les autres pays européens d’assumer conjointement le poids de la défense et de la sécurité en Europe et dans son voisinage. Au sens stratégique large, peu importe que nous agissions sous la bannière de l'OTAN ou de l'UE. L'effet stratégique obtenu sera le même. Par exemple, l'opération OCEAN SHIELD, une mission de l'OTAN, et l'opération ATALANTA, une mission de l'UE, ont toutes les deux le même objectif : tenir en échec l'anarchie que constitue la piraterie dans l'Océan Indien. 
Nous partageons ce fardeau non seulement par notre participation aux opérations maritimes de l'OTAN et de l'UE, mais également par notre leadership au sein de l'OTAN. Cela signifie que nous partageons une « voix maritime » qui résonne à travers toutes les zones internationales de la planète. Le commandement maritime de l'OTAN en donne une bonne illustration, depuis que la France a rejoint la structure intégrée de l'OTAN, puisqu’il possède un commandant britannique permanent et un commandant adjoint français (tous deux au niveau 3*). Cela donne à nos deux marines une autorité professionnelle en partenariat dans les cercles maritimes de l'OTAN.

 

Cols Bleus : La France et le Royaume Uni entretiennent chacune une relation bilatérale forte avec l'US Navy pour des raisons historiques ou dictées par les circonstances de l'engagement opérationnel. Comment voyez-vous le binôme FR-UK dans ce jeu à 3?

CEMM : Chacun des trois pays entretient des relations fortes avec les deux autres. C’est effectivement le cas entre la marine nationale et l’US Navy. Nos frégates de défense aérienne se sont encore vues récemment confier la responsabilité de la défense aérienne de groupes aéronavals américains et vice-et-versa. L’estime mutuelle est donc très haute et l’interopérabilité très forte.
Ces interactions sont essentielles. Nos trois pays partagent des ambitions politiques mondiales et une même vision du rôle des océans dans leur défense. Il est donc nécessaire qu’ils puissent s’allier et s’appuyer les uns sur les autres.
La relation entre les marines française et britannique s’inscrit dans cette ligne.

FSL : Pour moi, c'est un exemple d’« un pour tous et tous pour un ». Notre relation mutuelle avec les États-Unis est un facteur critique qui rend possible la relation entre la France et le Royaume-Uni. Un exemple récent classique est le soutien apporté par les États-Unis dans certains domaines très pointus, par exemple, la surveillance des zones et les avions ravitailleurs au cours des opérations en Libye en 2011. Nos capacités sont imbriquées sur le plan opérationnel. Une bonne illustration serait une frégate ou un destroyer britannique déployé dans le cadre du groupe aéronaval français dans un théâtre d'opérations commandé par les États-Unis. Et, comme je l'ai déjà évoqué, à la suite de son rééquilibrage vers le Pacifique, les États-Unis attendent à la fois du Royaume-Uni et de la France que nos deux nations l’aident à assumer la charge de l'OTAN.

 

Cols Bleus : Amiral, pour terminer, quel est l'intérêt de votre marine à cette coopération bilatérale franco-britannique? Quels bénéfices en retirez-vous ? 

CEMM : Essentiellement un intérêt opérationnel, notamment en cette période de crise économique qui tend à limiter le nombre de nos bâtiments et d’aéronefs. Il faut se serrer les coudes et essayer de multiplier les effets de nos différents outils.
Le tandem franco-britannique est un vieux couple, qui connaît des hauts et des bas. J’ai le sentiment que nous traversons une période favorable au développement d’une « Entente formidable », comme cela a été dit lors de la signature de Lancaster House. En quelque sorte, cette crise économique est une occasion de faire avancer encore cette entente de manière pragmatique. Saisissons-là !

FSL : Dans l'ère moderne, le partenariat et l'interopérabilité sont des précurseurs à une action d’envergure et de conséquence. C'est l’enjeu stratégique, et nous préparons aujourd’hui le mortier de l'interopérabilité pour cimenter ensemble les briques de notre partenariat.
Alors, si vous me demandez mon message global, ce sera le suivant : les accords de Lancaster House ont suscité une vague d'ambition, d’autorité et d’opportunité sur laquelle nous surfons maintenant ensemble. Cela signifie que j’attends avec impatience un partenariat toujours plus profond entre la Royal Navy et la Marine Nationale, pendant que nous développons nos structures, nos capacités et notre compréhension culturelle mutuelle afin d'être en mesure de travailler et de lutter plus efficacement aux côtés les uns des autres.

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 12:50
Rochambeau 2014 : vers une force expéditionnaire interalliée et interarmées

 

16/05/2014 Sources : EMA

 

Ce mercredi 14 mai 2014, le top départ de l’exercice « Rochambeau» a été donné, en Champagne, sur les camps de Mourmelon, Mailly et Suippes. Exercice franco-britannique associant 14 nations, Rochambeau concrétise l’un des volets majeurs de la coopération bilatérale définie par le traité de Lancaster House : la coopération opérationnelle. Il s’agit d’être en mesure d’engager, à l’horizon 2016, une force expéditionnaire non permanente interarmées et interalliée : la CJEF (Combined Joint Expeditionary Force).

 

Avec près de 3200 militaires déployés du 10 au 23 mai sur les camps de Mourmelon, Mailly et Suippes, Rochambeau constitue l’exercice terrestre franco-britannique le plus important de ce premier semestre et marque une étape supplémentaire dans la montée en puissance de la CJEF. Cet exercice de niveau opératif intervient trois ans après le premier exercice terrestre (Flandres 2011) et succède aux exercices centrés sur les composantes maritime (Corsican Lion 2012) et aérienne (Joint Warrior 2013). L’objectif est d’approfondir les acquis de 2011 dans une manœuvre interalliée de grande ampleur s’appuyant notamment sur la capacité de commandement et de contrôle mise en œuvre, du côté français, par le Corps de Réaction Rapide France (CRR-FR). Avec 14 nations participantes, un des enjeux est également de renforcer l’interopérabilité de la CJEF avec d’autres pays alliés, plus particulièrement les Américains, et de vérifier sa capacité à appliquer les procédures de l’OTAN.

 

Pendant près de deux semaines, l’état-major de force n°1 (EMF1) de Besançon et la 3e division britannique commanderont une brigade française (la 1ere brigade mécanisée -1èreBM), une brigade britannique (la 3 (UK) BM), ainsi qu’un groupe de soutien binational, le Bi-national Support Group (BNSG), dans le cadre de leur déploiement aux côtés des forces de la 28èmedivision d’infanterie de l’US Army. Au niveau supérieur, l’ensemble du dispositif sera placé sous le commandement de l’état-major multinational de l’exercice, dont la structure principale est armée par le CRR-FR. Dans le même temps, et toujours dans le cadre de l’exercice Rochambeau, la 3èmebrigade légère blindée s’entraînera à appliquer les procédures et les tactiques de l’OTAN, afin de valider ses capacités au titre d’unité en alerte pour la Force de réaction rapide de l’OTAN (NRF – NATO Response Force).

 

En 2010, la France et le Royaume-Uni ont signé le traité de Lancaster House avec la volonté ferme de renforcer leur coopération bilatérale. Cette dynamique s’appuie sur une vision partagée des grands enjeux stratégique, énoncés dans la Strategic Defense and Security Review (SDSR) et le Livre Blanc de 2013. Dans la pratique, cela se traduit pour les armées par un objectif commun : améliorer notre interopérabilité et notre capacité d’action conjointe. A ce titre, deux grandes initiatives de coopération opérationnelle sont mises en œuvre : la mise sur pied d’une CJEF d’ici 2016 et la capacité à déployer un groupe aéronaval binational permanent à l’horizon 2020.

Rochambeau 2014 : vers une force expéditionnaire interalliée et interarmées

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 07:56
Franco-British Council Fourth Annual Defence Conference

 

by Franco-British Council

 

Date: 3 April 2014

 

The British Ambassador in Paris will host this invitation-only annual gathering of  experts. 

 

Building on the Lancaster House treaties, the Franco-British Council is drawing together senior defence policy makers from the military, industry, academia and the governments in our fouth annual review designed to deliver concrete progress in the bilateral defence relationship. Programme 2014.

The Franco-Britsh Council would like to thank the French Ministry of Defence and the MBDA for their support.

 

 

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 13:50
Le général de Villiers à Londres pour l’avenir de la CJEF

 

18/03/2014 Sources : EMA

 

Le 12 mars 2014, à Londres, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), a rencontré le général d’armée Nicholas Houghton, son homologue britannique, pour poursuivre les travaux de mise en œuvre du volet opérations du traité de Lancaster House.

 

Le général de Villiers et le général Houghton ont préalablement abordé les différentes opérations dans lesquelles les deux pays sont engagés. Ils ont également évoqué les missions où la coopération opérationnelle franco-britannique s’est concrétisée, plus particulièrement au Mali et en République Centrafricaine. A ce titre, le général de Villiers a salué la rapidité avec laquelle les britanniques ont déployé leurs moyens, notamment aériens, au profit des forces Serval et Sangaris.

Revenant aux accords de Lancaster House, les deux CEMA ont rappelé l’importance qu’ils accordent à la montée en puissance de la force expéditionnaire commune interarmées (Combined Joint Expeditionary Force – CJEF). La CJEF doit permettre, d’ici 2016, de disposer d’une capacité conjointe pouvant être engagée dans des opérations bilatérales, mais également dans le cadre d’une coalition internationale (OTAN, UE ou ONU). Il constitue en cela un des axes majeurs de la coopération franco-britannique.

A ce titre, l’exercice Joint Warrior, organisé en octobre 2013 en Ecosse, a constitué une étape supplémentaire, notamment dans la montée en puissance du volet aérien du CJEF. Entre autres, il a confirmé la capacité des forces aériennes française et britannique à se déployer rapidement et de façon coordonnée en vue de constituer la composante aérienne de la force. Il a par ailleurs permis de renforcer  l’interopérabilité de nos structures de commandement, de nos procédures et de nos matériels. En mai 2014, le processus de certification de la CJEF sera centré sur la dimension terrestre, avec l’exercice Rochambeau qui se déroulera dans le Nord Est de la France.

Dans la continuité du sommet franco-britannique, les deux CEMA ont rappelé l’importance du volet capacitaire dans notre coopération militaire bilatérale, plus particulièrement dans le domaine de la simulation, de la détection et du renseignement qui représentent des enjeux stratégiques actuels majeurs et signé le rapport d’étape des réalisations concrètes de la coopération bilatérale pour l’année 2013.

 

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 21:50
Signature de 3 accords franco-britanniques dans le domaine de l’Armement


06/02/2014 Ministère de la Défense

 

Le 3e Sommet Franco-Britannique depuis le traité de Lancaster House de 2010 s’est tenu le 31 janvier 2014 sur la base aérienne de Brize Norton, base principale de l'aviation de transport britannique. Le choix de ce lieu démontre l’importance du domaine de la défense pour la relation franco-britannique, domaine dans lequel les deux nations sont capables d’avancer de concert, notamment sur les questions d’Armement.

 

Depuis 2010, la DGA et son homologue britannique, DE&S, ont lancé de nombreux travaux préparatoires couvrant des domaines capacitaires variés avec, notamment, l’ambition de faire émerger une base industrielle plus efficace, fondée sur des dépendances mutuelles à même de générer des économies sur la livraison des futurs équipements des forces armées françaises et britanniques. Ce Sommet, grâce à la forte mobilisation des équipes concernées, a permis d’officialiser les premiers résultats concrets de ces travaux. Le Ministre de la Défense, Jean-Yves le Drian, était accompagné du Délégué général pour l’armement.

En présence du Président de la République, François Hollande, et du Premier ministre britannique, David Cameron, les Ministres de la Défense, Jean-Yves Le Drian et Philip Hammond ont signé une déclaration d’intention relative au lancement de la phase de faisabilité du système de combat aérien du futur (SCAF/FCAS). Cette déclaration est l’aboutissement d’un intense travail entre la DGA et DE&S. Elle a une portée historique et façonnera l’avenir de l’industrie aéronautique de combat française et britannique. Un accord est visé pour le salon de Farnborough en juillet prochain.

Les deux ministres de la Défense ont également procédé à la signature d’un accord pour le programme de missiles Anti-Navire Léger (ANL) et d’un arrangement cadre pour l’étude de définition détaillée d’un démonstrateur de drone maritime MMCM de lutte contre les mines marines en marge de leur réunion bilatérale consacrée aux sujets de Défense.

Plus généralement, les travaux dans le domaine de l’armement se poursuivent sous le pilotage du High Level Working Group, présidé par la Délégué général pour l’armement, Laurent Collet-Billon, et le Secrétaire d’Etat aux équipements de défense, Philip Dunne.

Les trois accords en question permettent de poursuivre les travaux dans le cadre des projets suivants :

 

- Phase de faisabilité du système de combat aérien du futur (SCAF/FCAS)

La France et le Royaume-Uni ont déclaré l’intention de lancer une étude de faisabilité du système de combat aérien du futur (SCAF/FCAS ) à hauteur de 120M£ (145M€) qui durera 2 ans. Les travaux porteront sur les architectures des systèmes, les technologies-clés et la définition des moyens de simulation d’un drone de combat. Cette étude de faisabilité permettra également de préciser les budgets nécessaires au lancement en 2016 du développement et de la réalisation du démonstrateur de drone de combat. Des études complémentaires nationales seront lancées par chaque pays.

Cette décision fait suite aux réflexions menées dans le domaine par les deux pays depuis la signature du traité de Lancaster House le 2 novembre 2010. Elle intervient à l’issue d’une phase préparatoire qui a impliqué six industriels : Dassault-Aviation et BAE Systems comme chefs de file du projet, Thales et Selex ES pour l’électronique embarquée et les senseurs, ainsi que Safran et Rolls-Royce pour la motorisation.

Dans le cadre de cette coopération, la France prévoit de mettre à profit l’expérience acquise dans le domaine des drones de combat au travers du démonstrateur technologique NEURON, dont Dassault-Aviation assure la maîtrise d’œuvre.

L’accord définitif est prévu pour Juillet 2014 (salon de Farnborough) et précèdera la signature des contrats afférents.

 

- Développement et production du missile Anti navire léger (ANL).

Initié dans le cadre du traité de Lancaster House du 2 novembre 2010, le programme de missile ANL/FASGW(H) apportera aux hélicoptères une capacité permettant de détruire les patrouilleurs et vedettes rapides, dans des situations de crise ou pour faire face aux actes de piraterie, de narcotrafic et de terrorisme en mer.

Le système disposera de la capacité « tire et oublie ». Mais il sera également doté de la capacité « homme dans la boucle » permettant de choisir un point précis sur la cible et de limiter les dommages collatéraux.

Le programme ANL contribue à la consolidation de l’industrie missilière franco-britannique avec l’industriel MBDA mais aussi et l’ensemble de sa chaîne de sous-traitance. Cela se traduit par la mise en place des premiers centres d’excellences (regroupement d’expertise en un centre unique entre MBDA FR et MBDA UK), constituant une première étape vers la dépendance mutuelle.

 

- Développement d’un prototype de système de drones de surface et sous-marins destinés à détecter et neutraliser les mines navales sur les fonds marins (MMCM, Maritime Mine Counter Measure).

La première étape en sera une étude de définition détaillée du démonstrateur de drone maritime MMCM qui durera deux ans. Une équipe de programme franco-britannique opère depuis début 2012 au sein de l’Organisation conjointe de coopération en matière d’armement (OCCAR). Elle est chargée par les deux nations de notifier le contrat correspondant avant la fin de l’année 2014.

Le projet MMCM est une composante du programme français « Système de Lutte Anti-Mines navales Futur (SLAMF) », qui vise à renouveler la capacité de lutte contre les mines navales. SLAMF s'appuie sur des drones de surface et sous-marins déployés à partir d’un bâtiment porteur. Il est conduit par la DGA selon une approche par étapes successives pour minimiser les risques dans un domaine très novateur. Un démonstrateur de drone de surface porteur de drones sous-marins, baptisé « Sterenn Du », a déjà permis de démontrer la validité du concept de SLAMF.

Au-delà des objectifs opérationnels liés à la lutte contre les mines navales (sécurité des sous-marins lanceurs d’engins et du porte-avions, protection de l’accès aux ports, soutien au déploiement d’une force d’action navale), l’enjeu de MMCM et de SLAMF est également industriel, en permettant le maintien des compétences françaises en matière de détection sous-marine et de robotique.

La décision de passer à la phase de réalisation du prototype sera prise à l’issue de cette étude de définition, à l’horizon 2016.

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 13:50
Un pilote anglais sur le Rafale français (crédits: Ministère de la Défense)

Un pilote anglais sur le Rafale français (crédits: Ministère de la Défense)

 

31 janvier, 2014 Guillaume Belan (FOB)

 

David Cameron accueille aujourd’hui François Hollande et Jean-Yves Le Drian sur la base de l’armée britannique de Brize Norton, près d’Oxford. La base d’où décollent les avions engagés dans les opérations de transport militaire au Mali et en Centrafrique en soutien des forces françaises engagées. Lancée par les accords de Lancaster House de 2010 et réaffirmée par le précédent sommet de Paris de février 2012, la coopération entre le Royaume-Uni et la France se porte bien. Londres est devenu en quelques années le partenaire défense privilégié de la France.

 

Depuis les trois dernières années, les visites, échanges et exercices entre les deux armées se sont multipliés et les programmes d’armements communs se développent.

 

Sur le plan opérationnel, l’objectif, qui devrait être réaffirmé aujourd’hui est l’établissement d’une force de projection commune, la Common Joint Expeditionnary Force (CJEF), qui doit obtenir sa certification dès 2016. De nombreux exercices sont en cours et une importante étape devrait être franchie avec l’exercice de niveau division Rochambeau en mai prochain.

 

De nombreuses annonces sont attendues sur le plan des programmes, ils concernent tous les secteurs: volet dissuasion, air (recherches communes sur un futur drone de combat UCAS), mer (anti-navire-léger; guerre des mines).

 

Le terrestre n’est pas en reste avec la probable acquisition par la France de drones tactiques Watchkeeper (Thales), afin de remplacer le SDTI Sperwer (Sagem) vieillissant.

 

Les anglais quant à eux s’intéressent de près au VBCI de Nexter et devraient bientôt lancer une campagne d’évaluation. Des rumeurs insistantes font également état d’un fort intérêt britannique pour le canon automoteur d’artillerie Caesar de 155 mm (Nexter). Les deux pays développent également ensemble un nouveau calibre, le CTA 40 mm qui équipera les futurs blindés britanniques et l’EBRC français.

 

Les anglais mettent également en œuvre le drone MALE Reaper que la France utilise depuis Niamey (Niger) pour le théâtre malien depuis peu.

 

De nombreux projets communs qui vont renforcer l’interopérabilité des deux armées. Le Royaume Uni est aussi l’un des très rares soutiens européens indéfectibles dans les récentes opérations menées par Paris (Lybie, Mali, RCA…), à la différence de l’autre grand partenaire, l’Allemagne.

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29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 18:50
Coopération franco-britannique : exercice Joint Warrior 13-2, FINEX

25/10/2013 Sources : EMA

 

Mardi 17 octobre, l’exercice de coopération franco-britannique Joint Warrior 13-2 s’est achevé à Leeming, au Nord de l’Ecosse. Mené dans le cadre de la montée en puissance du Combined Joint Expeditionary Force – CJEF, cet exercice avait pour objectif  de valider le concept d’engagement de la composante aérienne conjointe. Il s’inscrit dans le cadre de la coopération franco-britannique établie en 2010 par la signature du traité de Lancaster House.

 

Initié le 07 octobre, cet exercice, associant sept autres nations (Allemagne, Australie, Canada, Danemark, Etats-Unis, Italie, Norvège), était centré sur des manœuvres aéromaritimes. Avec une quarantaine d’aéronefs français et britanniques engagés sous le commandement du JFACC (Joint Force Air Component Command / centre de planification et de conduite des opérations aériennes), Joint Warrior 13-2 a permis de concrétiser la montée en puissance de la force expéditionnaire interalliée et interarmées dans sa composante Air.

 

Entraînement opérationnel tactique conjoint le plus important de l’année pour les armées de l’Air française et britannique, Joint Warrior 13-2 a atteint ses objectifs en couvrant l’ensemble du spectre des opérations aériennes de haute intensité.  Au cours de ces 10 jours, l’accent a été mis sur la capacité à planifier et à conduire des missions aériennes combinées, le « C2 » (Command and Control) a été validé avec la mise en œuvre d’un JFACC conjoint. Les aéronefs opérant depuis une « DOB » (Dispersed Operating Base - Base aérienne projetée) située en zone soumise à la menace air-sol ennemie, ont validé leur capacité à opérer de façon coordonnée dans un environnement hostile.

 

Au bilan, l’exercice Joint Warrior 13-2 a engagé des moyens de combat importants, avec notamment 8 Typhoon britanniques et 8 Mirage 2000 français, dont 4 Mirage 2000N déployés sur la « DOB » de Leeming et 4 Mirage 2000-5 opérant depuis la base aérienne de Luxeuil. Cet exercice a confirmé la capacité des forces aériennes française et britannique à se déployer rapidement et de façon coordonnée, en vue de constituer la composante aérienne de la force expéditionnaire interarmées et interalliées conjointe (CJEF).  Cela a également permis de renforcer  l’interopérabilité de nos structures de commandement, de nos procédures, et de nos matériels, dans la continuité des objectifs fixés par le traité de Lancaster House.

 

Dans la continuité de la séquence maritime de Joint Warrior joué au printemps dernier (Joint Warrior 13-1, 15-25 avril 2013), Joint Warrior 13-2 a donné lieu à une trentaine d’interactions maritimes bilatérales et multilatérales, auxquelles a participé la frégate anti sous-marine (FASM) La Motte-Picquet. Principalement centrées sur la lutte anti-sous-marine, elles ont permis de mettre en œuvre l’ensemble des moyens d’autodéfense de la frégate auxquelles sont venues s’ajouter les capacités de reconnaissance et de détection du Lynx et de l’Atlantique 2, également déployés sur l’exercice.

 

Le 15 octobre,  profitant de cette occasion, le général Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’Air (CEMAA), et son homologue britannique, Sir Andrew Pulford, se sont retrouvés sur la base aérienne de Leeming dans le cadre du Distinguished Visitors (DV) day. Ils ont assisté à une démonstration dynamique engageant des moyens aériens, terrestre et des service de santé des armées françaises et britanniques. A l’issue de cette séquence, les deux CEMAA ont salué la qualité du travail accompli, avant de se rendre au poste de commandement du JFACC situé à High Whycombe, à l’Ouest de Londres.

 

Le prochain exercice organisé dans le cadre de la montée en puissance du CJEF aura lieu au printemps 2014. Il s’agira de l’exercice Rochambeau 2014 qui sera centré sur la composante terrestre.

Coopération franco-britannique : exercice Joint Warrior 13-2, FINEX
Coopération franco-britannique : exercice Joint Warrior 13-2, FINEX
Coopération franco-britannique : exercice Joint Warrior 13-2, FINEX
Coopération franco-britannique : exercice Joint Warrior 13-2, FINEX
Coopération franco-britannique : exercice Joint Warrior 13-2, FINEX

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 07:50
Steering Committee : rencontre entre les MGA français et britannique

24/09/2013 Sources : EMA

 

Le 19 septembre 2013, le général d’armée Pierre de Villiers, major général des armées (MGA), et son homologue britannique, l’Air Chief Marshal Sir Stuart Peach, occupant le poste de Vice Chief of Defense Staff, ont présidé conjointement l’une des principales rencontres semestrielles organisées dans le cadre du dialogue franco-britannique.

 

Le Steering Committee – ou « Comité de Pilotage » – a vocation à assurer le suivi des engagements pris depuis la signature du traité de Lancaster House en 2010, dans le domaine de la coopération de défense franco-britannique. Cette réunion a permis de réaliser un point d’étape sur la coopération militaire bilatérale, notamment celle mise en œuvre dans les domaines de la doctrine, des équipements, des systèmes d’information et de communication,   de l’enseignement militaire ou encore des programmes d’échanges d’officiers.

 

A cette occasion, les deux MGA ont abordé l’avenir de la coopération militaire franco-britannique à l’horizon 2016, année charnière au cours de laquelle la France et le Royaume-Uni ont pour objectif de mettre sur pied une force expéditionnaire conjointe de niveau opératif non permanente (Combined Joint Expeditionnary Force – CJEF), déployable dans le cadre d’engagements bilatéraux ou multinationaux. Ils ont notamment évoqué l’exercice Joint Warrior 2013 qui aura lieu en octobre prochain au nord de l’Angleterre. Organisé chaque année depuis 2010, ce type d’exercice a vocation à tester l’aptitude des forces françaises et britanniques à se déployer dans le cadre de la CJEF et à renforcer leur interopérabilité. Après l’exercice Corsican Lion en 2012, engageant la composante navale, Joint Warrior 2013 sera cette année centré sur la composante aérienne de la CJEF.

 

Ce Steering Committee visait également d’autres objectifs de coopération comme le partage de l’information, l’évaluation du drone Watchkeeper par la France, le programme futur commun de missile anti navire-léger ou encore l’échange de pilotes sur avions de combat Rafale et Typhoon.

 

Dans le contexte budgétaire actuel et conformément aux orientations du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, le MGA et son homologue britannique ont également réaffirmé la nécessité de poursuivre la dynamique engagée il y a trois ans avec un objectif commun : renforcer notre interopérabilité opérationnelle en réduisant les coûts grâce, notamment, aux mutualisations capacitaires.

 

Enfin, les deux MGA ont salué la coopération opérationnelle mise en œuvre dans le cadre de l’opération Harmattan en Libye et, plus récemment, lors du déclenchement de l’opération Serval, durant lequel forces armées britanniques ont apporté un soutien immédiat dans le domaine de la projection aérienne.

Steering Committee : rencontre entre les MGA français et britanniqueSteering Committee : rencontre entre les MGA français et britannique
Steering Committee : rencontre entre les MGA français et britanniqueSteering Committee : rencontre entre les MGA français et britannique

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 12:50
CEMA : participation au Senior Level Group

24/06/2013 Sources : EMA

 

Le 13 juin 2013, l’amiral Edouard Guillaud, chef d’état-major des armées (CEMA), a participé à la réunion du groupe de haut niveau franco-britannique, ou Senior Level Group (SLG).

 

Organisée dans la continuité du sommet de Lancaster House de 2010, le SLG, rassemble les représentants de la Présidence de la République et du Cabinet Office, les chefs d’état-major des armées et les directeurs « armement » français et britannique ainsi que les représentants des deux ministères de la défense. Cette rencontre annuelle vise à évaluer la mise en œuvre de la feuille de route fixée par le traité de Lancaster House à l’horizon 2016 et à faire le point sur les objectifs intermédiaires atteints d’une année sur l’autre, conformément aux orientations données lors du sommet bilatéral. Le dernier a eu lieu le 24 juillet 2012.

 

A cette occasion, les autorités politiques et militaires ont fait le point sur la montée en puissance de la force expéditionnaire commune interarmées (Combined Joint Expeditionary Force – CJEF). Le CJEF doit permettre, d’ici 2016, de disposer d’une capacité conjointe pouvant être engagée dans des opérations bilatérales, mais également dans le cadre d’une coalition internationale (OTAN, UE ou ONU). A ce titre, l’exercice Corsican Lion, organisé en octobre 2012, a constitué un jalon significatif et une étape supplémentaire dans l’approfondissement de la coopération franco-britannique, notamment la montée en puissance du volet maritime du CJEF. Entre autres, il a démontré la capacité des deux pays à mettre sur pied une structure de commandement conjointe, l’objectif étant, à terme, de créer un état-major de force commun déployable (Combined Joint Force Headquarter – CJFHQ). En 2013, le processus de certification du CJEF sera centré sur la dimension aérienne dans le cadre l’exercice Joint Warrior qui aura lieu à l’automne, en Ecosse.

 

Cette réunion a également été l’occasion de faire le point sur les mesures visant à améliorer l’interopérabilité des deux armées. Les participants ont souligné l’importance de maintenir et de renforcer les formations conjointes et les échanges bilatéraux. Ils ont également indiqué la nécessité de poursuivre dans la voie de la mutualisation capacitaire, en tenant compte de la complémentarité des savoir-faire de chacun, et de développer la coopération dans le domaine du partage de renseignement. Remerciant la partie britannique pour son engagement en soutien à l’opération Serval, le CEMA a souligné la rapidité et l’adaptabilité des moyens déployés au profit de la force comme exemplaires de la bonne coopération opérationnelle entre nos deux pays.

 

En amont de cette réunion, l’amiral Guillaud a reçu le nouveau major général des armées britannique, l’Air Chief Marshall Stewart Peach, qui a succédé au général Nicholas Houghton en mai dernier. Le CEMA s’est entretenu avec lui des prochains grands rendez-vous opérationnels, dont l’exercice Joint Warrior et l’exercice Rochambeau prévu en 2014. Concernant le volet capacitaire, le CEMA et le MGA britannique ont confirmé leur volonté commune de poursuivre les coopérations engagées dans le domaine du transport tactique et des moyens de renseignement. Enfin, après avoir rappelé le rôle essentiel du CJEF dans la mise en œuvre de la coopération bilatérale franco-britannique, les deux autorités ont souligné l’importance de ce nouvel instrument opérationnel dans le contexte plus large de la coopération internationale.

 

La prochaine rencontre du Senior Level Group aura lieu à l’automne 2013 au Royaume-Uni.

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 07:50
3rd Para Regiment taking part in a training exercise at CENZUB

3rd Para Regiment taking part in a training exercise at CENZUB

29 May 2013 Ministry of Defence

 

Following the Lancaster House agreement in 2010, British soldiers can spend 2 weeks at this centre to put their skills to the test.

 

CENZUB*, le Centre d’entrainement aux actions en zone urbaine, is a unique facility located near Sissonne in northern France dedicated to the training of ground troops. Spread over 10 square miles, it comprises of two replica villages complete with real houses, school buildings and streets as well as a live-firing range.

 

These are used by troops to gain practical experience of operations within a challenging urban environment, similar to what they can expect to find in conflict zones around the world. Following the Lancaster House agreement of 2010, British soldiers now have the opportunity to spend two weeks at the centre to put their skills to the test within an urban environment.

 

On 30 April, the Defence Attaché of the British Embassy Paris visited CENZUB and saw 3 Company Parachute Regiment in action. At CENZUB, soldiers usually have the opportunity to work in cooperation with a company of French soldiers, integrating their skills and resources including weaponry and military vehicles to form an effective battle plan, similar to that they may have to implement during a real deployment. Controlled from a central command centre, the exercises are designed to be as real as possible in order to challenge soldiers and prepare them fully for battle within an urban environment.

 

With joint-operations and integration of allied forces increasingly commonplace in military operations around the world, the ability to work effectively with foreign troops is of paramount importance. A recent example of this is the conflict in Mali where UK troops provided the French with equipment and logistical support. Indeed, 3rd Company Parachute Regiment were able to benefit from training which included lessons learned from France’s current involvement in Mali, ensuring their experience and training is as relevant and up-to date as possible.

 

CENZUB can be seen as a tangible example of Franco-British cooperation and the Lancaster House agreement in action, both forces working together to share skills and knowledge in order to strengthen bi-lateral relations and combined defence capabilities.

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 12:50

Europe Flag

 

07/02/2013 Par Rodolphe Baron - Le Point.fr

 

L'Europe de la défense accuse la panne sèche. La France hésite, la Grande-Bretagne renâcle et l'Allemagne est toujours paralysée dès qu'on parle d'armée.

 

C'est un serpent de mer. "L'Europe de la défense" est devenue un marronnier aussi bien politique que médiatique qui refait surface au gré des interventions militaires. Pendant la guerre en Libye de mars 2011 d'abord où la dynamique Cameron-Sarkozy a accéléré un processus militaire freiné par les fortes divergences entre des États membres. À l'occasion de l'intervention au nord du Mali ensuite où l'Europe s'est limitée à offrir un support logistique à la France, seul État européen à l'origine du déploiement de troupes sur le terrain "faute d'une préparation diplomatique suffisante", précisait il y a quelques jours l'ex-ministre de la Défense Hervé Morin sur Le Point.fr.

 

Malgré un soutien politique réaffirmé et sa proposition de former l'armée malienne, l'Europe n'a pas unanimement soutenu l'effort français. Pourtant, la création d'un sanctuaire terroriste dans la région du Sahel intéresse toute la communauté européenne, directement visée dans les nombreuses vidéos des groupes terroristes de la région. "Il est temps d'en finir avec la dispersion des initiatives", jugeait François Hollande lors de son passage devant le Parlement à Strasbourg, où il a plaidé pour une harmonisation des positions européennes dans les instances internationales, parce que "l'Europe doit parler d'une seule voix".

 

Une Europe qui fait du surplace

 

Plusieurs éléments peuvent expliquer l'engluement de "l'Europe de la défense". Le premier est économique. La crise a considérablement influé sur le montant des budgets de la défense des pays européens. À titre d'exemple, le budget du ministère de la Défense français a été amputé de près de 5 milliards d'euros sur la période 2009-2013. Une coupe malvenue au moment où l'armée française constate son retard en matière de robotique de guerre et tergiverse sur les solutions possibles, rapporte Slate.fr. Dans le même temps, plusieurs États membres ont plaidé pour une meilleure convergence des forces européennes, parmi lesquelles la France joue un rôle moteur, mais reste isolée dans sa conception.

 

La seconde raison du blocage est sans doute la plus importante : le manque de volonté politique. L'opinion européenne reste concentrée sur les effets néfastes de la mondialisation et fait peu de cas d'une avancée politique et militaire de l'Europe. L'autre partie du problème est également structurelle. Chaque tentative de relance de la France se heurte à l'Otan, plus développée et mieux considérée. Vingt et un États membres de l'UE en sont également membres. "L'existence de l'Otan a un effet direct sur les budgets militaires européens", rappelle le général Henri Bentégeat, ancien chef d'état-major des armées françaises, qui a dirigé le comité militaire de l'Union européenne entre 2006 et 2009. Dès lors, difficile de plaider pour un espace militaire resserré sur la seule Europe en dépit d'une domination américaine évidente sur l'Otan (50 % de l'apport financier et 75 % des ressources militaires). De toute manière, en l'état actuel, une "Europe de la défense" n'a, par définition, "pas vocation à la concurrencer", mais plutôt à la compléter. L'un des seuls partenaires pro-européens de la France dans ce domaine, c'est encore l'Allemagne. Problème, celle-ci fait preuve d'un comportement ambigu. Grosse contributrice de l'Otan, la première économie d'Europe se prononce en faveur d'une "Europe de la défense", mais limite son engagement dans les interventions extérieures. Allant même jusqu'à torpiller les rapprochements entre entrepreneurs militaires français et allemands, comme ce fut le cas avec l'arrêt de la fusion EADS-BAE en octobre dernier. "L'Allemagne a un tropisme otanien très fort", estime Arnaud Danjean, député européen et président de la sous-commission Sécurité et Défense (Sede) au Parlement européen. "Ils ont les contraintes constitutionnelles que l'on connaît", souligne-t-il, avant de rappeler que l'Allemagne reste "très présente en Bosnie et au Kosovo".

 

Désillusions et outils déjà en place

 

Quelques rapprochements bilatéraux entre États membres ont tout de même eu lieu. À commencer par les accords de Lancaster House en 2010 entre la France et la Grande-Bretagne (qui représentent à elles deux 50 % de la capacité militaire totale de l'Europe) pour lesquels le cadre européen n'était pas mentionné dans le texte, comme c'était le cas au sommet de Saint-Malo en 1998. La coopération franco-britannique en matière de défense en est ressortie renforcée, avant de connaître un premier couac dans le domaine naval en mai 2012. Les Anglais ayant préféré, pour des raisons de coûts, un porte-avions à tremplin sur lequel les avions français ne peuvent se poser... Par ailleurs, la Grande-Bretagne, qui s'interroge encore sur son avenir européen, a refusé que ces accords avec la France soient intégrés dans les mécanismes de défense de l'UE et verrouille depuis de nombreuses années la création d'un quartier général militaire européen.

 

Pourtant, on ne peut pas dire que rien n'est en place. Presque toute la chaîne décisionnelle - copiée sur le modèle otanien - est en activité. Certes, les Britanniques, encore eux, bloquent le budget de l'Agence européenne de défense qui est seulement de 30 millions d'euros et les groupes tactiques de l'UE - 1 500 hommes environ - n'ont encore jamais été déployés faute de sollicitations, mais le comité militaire et le comité politique et de sécurité de l'UE sont opérationnels. Tous ces efforts notés, le verdict reste sans appel : "L'Europe de la défense" est à l'arrêt depuis plus de dix ans, selon le rapport Védrine remis à François Hollande en novembre 2012 : "Aucune grande opération n'a eu lieu depuis la création d'EADS en 1999." Le même document note que rien de tout ce qui a été accompli "n'a pu déclencher jusqu'ici de vraie dynamique", malgré "une vraie capacité globale de traitement des crises : économique, civile et militaire". Pas la peine donc d'espérer une accélération du projet avant "au moins dix ans", pour les plus optimistes.

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 16:21

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/terre/terre-images/albums-photo/albums-facebook/en-direct-de-l-operation-franco-britannique-corsican-lion/2041344-1-fre-FR/en-direct-de-l-operation-franco-britannique-corsican-lion_article_pleine_colonne.jpg

 

24/10/2012 Ministère de la Défense

 

Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense de la France et le Rt Hon Philip Hamond MP, son homologue Britannique, se rendent, ensemble, à bord du Charles-de-Gaulle et de HMS Bulwark en Méditerranée ce vendredi 26 octobre 2012.

 

Ils prendront part aux dernières manœuvres de Corsican Lion, débuté le 17 octobre dernier. Corsican Lion marque la première concrétisation du volet maritime du concept de Combined Joint Expeditionary Force (CJEF) 1, né de l’accord signé le 2 novembre 2010 à Lancaster House par la France et la Grande-Bretagne.

 

 Avec la CJEF, la France et le Royaume-Uni en 2016 disposeront d’une vraie capacité à mettre en œuvre, à partir de la mer, une puissante force franco-britannique interarmées.

 

Réalisé à proximité du littoral corse, le scénario fictif de Corsican Lion prévoit l’intervention sous mandat international d’une force amphibie franco-britannique dans un État politiquement affaibli, en proie à l’insécurité et à la recrudescence d’actes de piraterie en mer.

 

Il déploie 5000 militaires des deux pays, répartis en deux groupes. L’un amphibie, formé autour du HMS Bulwark de la Royal Navy et du BPC Mistral de la marine nationale sous leadership britannique. L’autre est un groupe aéronaval, formé autour du porte-avions Charles-de-Gaulle dont l’escorte est franco-britannique.

 

 Il est  dirigé par un état-major français. Corsican Lion marque une étape importante dans la coopération de défense entre la France et le Royaume-Uni ; c’est la démonstration que les Français et les Britanniques  détiennent une capacité opérationnelle commune, s’appuyant sur un double socle aéronaval et amphibie.

 

1 : Combined Joint Expeditionary Force ou force franco-britannique interarmées projetable

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