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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 10:55
Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

 

28/07/15 bourse.lesechos.fr (Reuters)

 

Le groupe public d'armement français Nexter et le groupe privé allemand KMW scelleront leur rapprochement mercredi à Paris pour former "le leader européen de l'armement terrestre", a annoncé mardi le ministère français de la Défense.

 

Les négociations, qui avaient débuté en juillet 2014, s'étaient heurtées notamment à la volonté du ministre allemand de l'Economie Sigmar Gabriel de favoriser une fusion entre Krauss-Maffei Wegmann GmbH&Co KG et le conglomérat allemand Rheinmetall AG, spécialisé dans l'équipement automobile et l'armement.

 

L'adoption de la "loi Macron" a définitivement ouvert la voie à cette co-entreprise qui sera détenue à 50% par l'Etat français (via la holding de contrôle GIAT Industries) et à 50% par les actionnaires familiaux de KMW, le transfert de GIAT Industries et de Nexter Systems au secteur privé ayant été autorisé.

 

"Une action de Nexter Systems pourra être transformée en action spécifique détenue par l'Etat, qui permettra à l'Etat de protéger les actifs stratégiques détenus par Nexter Systems", précise le ministère français de l'Economie.

 

Nexter Systems, fabricant du char Leclerc, et KMW, fabricant du char Leopard, emploient chacun plus de 3.000 salariés dans le monde. Le groupe né de leur fusion, désormais numéro un européen des blindés et des munitions, sera basé aux Pays-Bas.

 

Le gouvernement français assure que le statut des personnels de Nexter, engagé dans le plan de modernisation "Scorpion" des armées, sera maintenu et garanti.

 

La signature de l'accord est prévue à 17h00 au ministère de la Défense en présence de Jean-Yves Le Drian et Markus Grübel, secrétaire d'Etat parlementaire auprès de la ministre allemande de la Défense. (Sophie Louet, édité par Yann Le Guernigou)

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28 juillet 2015 2 28 /07 /juillet /2015 06:55
Jean-Yves Le Drian vu par... (extraits)

 

25 juillet 2015 Nathalie RAULIN , Christophe FORCARI et Laure BRETTON - Libération.fr

 

ANALYSE : Dans l'armée, mais aussi à droite, chez les industriels et bien sûr en Bretagne, le ministre de la Défense, future tête de liste aux régionales, récolte d'abord des compliments.

 
[...]

L’armée

Du général étoilé à l’officier de terrain, tous marchent du même pas pour saluer Jean-Yves Le Drian comme «un vrai patron». «Il commande, a mis tout le monde au pas. Du coup, la haute hiérarchie militaire l’adore», constate un député de l’opposition, membre de la commission de la Défense. «Il a obtenu des choses qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait été capable de décrocher», reconnaît, admiratif, un général habitué du ministère. Avec un argument décisif  : l’engagement sans précédent des forces armées militaires sur différents des théâtres d’opérations extérieurs et intérieurs.

«Après les efforts budgétaires et humains, les restructurations menées par l’armée comme aucune autre administration, il était impossible d’aller plus loin, au risque de mettre à mal notre outil de défense», résume l’entourage du ministre. Outre une promesse de «sanctuarisation» du budget de la Défense, il a notamment obtenu, depuis les attentats de janvier, la réduction des baisses d’effectifs prévues et 3,8 milliards d’euros de rallonge pour financer les nouvelles missions dont la sécurité intérieure et 10 000 nouveaux contrats pour de futures recrues, principalement dans l’armée de terre. Cette remise à niveau de la LPM prévoit également l’acquisition de nouveaux hélicoptères et un renforcement des dotations destinées aux forces spéciales devenues clefs de voûte des interventions contre le terrorisme islamique. A l’état-major, les hauts gradés saluent  un ministre qui, «sans en demander plus qu’il n’en faut, a très bien compris nos demandes».

In fine, seul le général Puga, chef d’état-major particulier du président de la République, un survivant de l’alternance de 2012, a de quoi regretter les années Sarkozy puisqu’une partie du pouvoir est repartie à l’hôtel ­de Brienne – alors que jusque-là, ce catho tradi à la réputation d’homme de clan et de coteries pouvait se vanter d’avoir l’oreille du chef suprême des armées. Et Le Drian a tenu à mettre les choses au clair, redoutant que ce général minimise ses demandes auprès de François Hollande. D’où une explication de gravure «franche et cordiale». «Vous lui cachez des choses [au chef de l’Etat, ndlr]. Vous ne lui dites pas la vérité», l’aurait souffleté le ministre de la Défense. «Depuis leurs relations restent fraîches mais sans plus», résume un proche du ministre. Celles avec Pierre De Vi­lliers, le chef d’état-major des armées, sont à l’inverse radieuses. «Ils ont tous deux l’humilité des très bons. Ce sont deux hommes de l’Ouest et deux taiseux. Ils fonctionnent très bien de concert», confie-t-on à l’Etat-Major. Surtout, sur les grands choix tactiques et les décisions d’envois de troupes, «il n’y a pas une feuille de papiers à cigarettes entre eux».

Ramener de l’ordre et rassurer les troupes, Jean-Yves Le Drian s’est employé à le faire dès son arrivée en signant l’arrêt de mort du système de réglements des soldes Louvois. Certains militaires se voyaient percevoir leurs soldes avec retard et sur des bases de calculs erronées. «Quand vous êtes sur le terrain, en Opex [opérations extérieures, ndlr], c’est important de savoir que vos familles vont recevoir la solde sans problème», explique le général Barrera, le patron de l’opération Serval au Mali. Jean-Yves Drian y a gagné son galon de «popotier» en chef.

 

Les industriels

Jean-Yves Le Drian lâche une bordée d’injures. Son ami Alain Bauer vient de l’avertir : en cette fin novembre 2014, Jean-Bernard Levy s’apprête à quitter la présidence de Thales qu’il occupe depuis tout juste un an pour celle d’EDF. Le ministre de la Défense tombe des nues. Personne à l’Elysée ou à Bercy n’a jugé bon de l’informer d’un départ qui déstabilise un fleuron de la défense et menace le pacte d’actionnaires entre l’Etat et Dassault chez Thales. De fait, averti du départ de Levy par les médias, l’homme fort des Dassault, Charles Edelstenne, voit rouge… «Pour résoudre un problème sur EDF, Bercy en a crée deux : avec Thales et avec Dassault», regrette un proche du ministre.

Dès son installation à l’hôtel de Brienne, en 2012, Le Drian avait pourtant clairement marqué son territoire : «Je suis le ministre des industries de la défense, avait-il claironné. Les décisions se prendront dans mon bureau et sous l’autorité du Premier ministre». Le message était clair : plus question de laisser l’Elysée trancher les dossiers industriels, comme c’était le cas sous l’ère Sarkozy. D’abord dubitatifs, les industriels avaient peu à peu pris la chose au sérieux. Car pour asseoir sa crédibilité sur des champions comme EADS, Thales, Dassault Aviation, Safran, DCNS, Nexter et quelques 4000 PME, Le Drian n’hésite pas à manier le bâton. Six mois après avoir critiqué devant les députés l’étalement du programme Fremm [programme de renouvellement des «frégates multi-missions», ndlr], Patrick Boissier, le patron de DCNS, fleuron de l’industrie navale française, s’était vu signifié son congé en cours de mandat… L’état-major de Dassault avait lui déjà compris le topo. De retour d’un déplacement à Abu Dhabi en octobre 2012, le ministre lâchait que la vente du rafale «empoisonnait nos rapports» avec les Emirats : «Les Rafale attendront.», avait-il ajouté. De quoi imposer le silence aux industriels. Et permettre à l’élu breton de tester sa méthode. D’entrée de jeu, il lance un plan de soutien aux PME, pour gagner le temps qu’il faut pour remplir les carnets de commandes des mastodontes du secteur. S’emploie à trouver au constructeur de blindés, Nexter, en difficulté, un partenaire étranger : le mariage avec l’allemand KNW devrait être conclu fin juillet.

Mais c’est à l’export que Le Drian sait devoir marquer des points s’il veut redynamiser une industrie plombée par la baisse des commandes de l’Etat. Début 2013, le comité des exportations de défense (COMED) qu’il met en place réunit autour d’une même table à Brienne, représentants de la direction générale de l’armement, industriels, diplomates et militaires. Objectif : s’accorder sur des argumentaires de vente des équipements français. Un travail de fond apprécié des chefs d’entreprise. Fort du soutien du Président et des performances du matériel français sur les théâtres d’opérations extérieurs (Mali, Centrafrique…), Le Drian s’impose en interlocuteur fiable au Moyen et Proche Orient. «Sissi [le président égyptien, ndlr] va nous acheter des Rafale ! Tu verras, tu verras !», jure t-il un soir d’hiver à son directeur de cabinet incrédule. A la fin du printemps, le ministre signe la vente d’une frégate multimission FREMM construite par DCNS à l’Egypte et surtout de 84 Rafale, à l’Egypte au Qatar, et à l’Inde…Pour Le Drian, c’est plus qu’il n’en faut pour respecter les objectifs de la Loi de programmation militaires jusqu’en 2018 et donner une bouffée d’oxygène à l’industrie. Et le jackpot est pour Dassault, qui en oublie ses bisbilles avec l’Etat sur le pilotage de Thales. Provisoirement.

 

[...]

 

Lire l'article

 

 

 

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 16:45
photo Ministère de la Défense (Archives)

photo Ministère de la Défense (Archives)

 

23/07/2015 Ministère de la Défense

 

Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, entame ce jeudi une tournée africaine qui le mènera successivement en République centrafricaine, en République du Congo, en République arabe d’Egypte et en République de Djibouti.

 

A Bangui, il rencontrera la présidente de la transition centrafricaine, Mme Catherine Samba Panza, et fera le point sur le désengagement progressif du contingent français de l'opération "Sangaris", déployé depuis décembre 2013.

 

Le ministre ira ensuite au Congo où il rencontrera le président Denis Sassou Nguesso, avant de se rendre au Caire, où il aura un entretien avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

 

Jean-Yves Le Drian terminera son déplacement par Djibouti où il sera reçu par le président Ismaël Omar Guelleh. Il y rendra également visite aux militaires français.

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 10:55
Mesure concrète pour les cartes familles SNCF

 

10/07/2015 Armée de Terre

 

Le 2 juillet 2015, le ministre de la Défense, monsieur Jean-Yves Le Drian, et le président du directoire de la SNCF, Guillaume Pepy, ont signé une convention dans le but de renforcer le partenariat entre les deux institutions, au profit des militaires engagés dans les opérations extérieures et intérieures.

 

Cette décision fait suite à un commentaire laissé en avril 2015 sur l'article "Sur tous les fronts" du blog  interne du chef d'état-major de l'armée de Terre, (CEMAT), le général d'armée Jean-Pierre Bosser, demandant qu'un effort soit réalisé pour les familles des militaires engagés en opérations intérieures comme Sentinelle.

 

Une demande rapidement prise en compte, puisque c'est dans une des grandes salles du prestigieux Hôtel de Brienne qu'une assemblée de militaires et de journalistes a assisté à la signature du partenariat. Ce dernier vient donc s’ajouter au « quart de place », dont bénéficiait l’ensemble des militaires. Désormais, les familles des soldats engagés dans les missions de protection et de sécurité intérieure sur notre sol pourront, à leur tour, bénéficier de tarifs préférentiels sur l’ensemble des lignes de la SNCF.

 

Présents aux côtés de Guillaume Pepy et Jean-Yves Le Drian, le général Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées, le général Hervé Charpentier, gouverneur militaire de Paris, ainsi que le ministre des Transports, Alain Vidalis, ont également rendu hommage à neuf soldats qui se sont distingués par des « actes de bravoure et de sang-froid » dans des gares.

 

Les militaires sont issus de différents régiments : 27e BCA d’Annecy, 2e REP de Calvi et 1er RS de Valence. Ces hommes ont reçu la Médaille d’honneur des Chemins de fer.

 

Découvrez la cérémonie en vidéo :

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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 11:55
Nouveau partenariat entre la SNCF et le ministère de la Défense

Entourant Guillaume Pepy, Alain Vidalis, Jean-Yves Le Drian et le général Pierre de Villiers, sept des neuf soldats qui ont reçu la Médaille d’honneur des Chemins de fer. - photo R. Pellegrino

 

03/07/2015 Noëmie Beillon - DICoD

 

Jeudi 2 juillet 2015, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, et le président du directoire de la SNCF, Guillaume Pepy, ont signé une convention dans le but de renforcer le partenariat entre le ministère et la SNCF au profit des militaires engagés dans l’opération Sentinelle.

 

Dans une des grandes salles du prestigieux Hôtel de Brienne, une assemblée de militaires et de journalistes a assisté à la signature d’un partenariat spécifique entre le ministère de la Défense et la SNCF jeudi 2 juillet. Ce dernier vient s’ajouter au « quart de place », dont bénéficiait l’ensemble des militaires. Désormais, les familles des militaires engagés dans les missions de protection et de sécurité intérieure sur notre sol pourront à leur tour bénéficier de tarifs préférentiels sur l’ensemble des lignes de la SNCF.

 

Présents aux côtés de Guillaume Pepy et Jean-Yves Le Drian, le général Pierre de Villiers, chef d’État-Major des armées, le général Hervé Charpentier, gouverneur militaire de Paris, ainsi que le ministre des Transports, Alain Vidalis, ont rendu hommage à neuf soldats qui se sont distingués par des « actes de bravoure et de sang-froid » dans des gares. Les militaires sont issus de différents régiments : 27e bataillon de chasseurs alpins d’Annecy, 2e régiment étranger parachutiste de Calvi et 1er régiment de spahis de Valence.

 

Ces hommes ont reçu, des mains d’Alain Vidalis, la Médaille d’honneur des Chemins de fer. Habituellement destinée aux cheminots, cette récompense salue le courage des militaires engagés depuis janvier 2015 sur l’opération Sentinelle, et auparavant sur le plan Vigipirate. Un bel hommage pour le ministre de la Défense : « Je suis fier de servir mon pays. Je suis surtout fier de conduire un ministère où se distinguent tant d’hommes et de femmes engagés au quotidien, sur le terrain, pour la protection de leurs concitoyens et la sécurité de la Nation, souvent au péril de leur vie. »

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 15:55
photo Armée de Terre

photo Armée de Terre

 

02/07/2015  armée de Terre

 

Le 29 juin, monsieur Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense et le général d’armée Jean-Pierre Bosser, chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT), ont rendu visite au 5e régiment d’hélicoptères de combat (5e RHC) à Pau. Le ministre de la Défense a notamment souligné la place centrale du 5e RHC dans la nouvelle brigade d’aérocombat (BAC) ainsi que le renforcement de la flotte d’aéronefs.

Détails en images.

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 16:30
Quai d'Orsay/Défense : le match qui inquiète les industriels

Les ministères des Affaires étrangères et de la Défense se livrent une compétition en Arabie Saoudite pour gagner des contrats - photo Elysée

 

30/06/2015 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Les relations entre les ministères de la Défense et des Affaires étrangères se sont nettement refroidies, voire altérées au fil des négociations sur certains dossiers concernant l'armement à l'exportation, notamment en Arabie Saoudite. Une discordance au niveau de l'Etat qui inquiète les industriels de l'armement.

 

Jusqu'ici, la France avait réalisé un sans-faute à l'exportation dans la défense. Tous les rouages de l'Etat - du haut jusqu'en bas - jouaient plutôt bien leur partition tout en restant chacun dans leurs prérogatives respectives depuis l'arrivée de François Hollande à l'Elysée. Mais, ces derniers mois, plus précisément ces dernières semaines, les relations entre les ministères de la Défense et des Affaires étrangères se sont nettement refroidies, voire altérées au fil des négociations sur certains dossiers armement à l'exportation, notamment en Arabie Saoudite. "C'est devenu un foutoir", déplore un industriel furax.

L'Arabie Saoudite reste un pays où la France a de très grandes ambitions commerciales dans les domaines civil et militaire. Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius l'a d'ailleurs rappelé à de très nombreuses reprises. Il avait notamment précisé début mai lors d'une visite à Ryad que les discussions entre les deux pays portaient sur "20 projets représentant plusieurs dizaines de milliards d'euros s'ils sont menés intégralement à bien". Des projets qui tombent dans son escarcelle puisque Laurent Fabius a récupéré dans son portefeuille le développement international depuis l'arrivée de Manuel Valls à Matignon en avril 2014. Ce qui lui permet de marquer à la culotte Jean-Yves Le Drian, dont l'image positive aux yeux des Français est très étroitement associée à ses nombreux succès à l'exportation. "Il n'y a pas de sujet", indique-t-on toutefois au sein du ministère de la Défense.

 

Inquiétudes des industriels de l'armement

Toutefois, le cabinet de l'Hôtel de Brienne supporte de plus en plus mal les incursions du Quai d'Orsay dans le domaine de l'armement, essentiellement en Arabie Saoudite, voire au Liban. Au ministère de la Défense, on est très critique vis-à-vis de ces annonces trop hâtives. Bref, les deux ministères se livrent en coulisse un match, qui jusqu'ici est resté à fleurets mouchetés, pour gagner de grands contrats de défense afin de bénéficier des retombées médiatiques qui vont avec au moment de la signature. Dans ce contexte de compétition entre les deux cabinets, Laurent Fabius a fait des pieds et des mains pour conserver Anne-Claire Legendre, sa précieuse conseillère Afrique du Nord et Moyen-Orient au ministère, pourtant pressentie pour partir à l'Elysée. Elle est considérée par beaucoup comme une excellente diplomate.

Les couteaux ne sont pas encore véritablement sortis, mais cette compétition inquiète déjà beaucoup les industriels du secteur de l'armement, selon plusieurs sources concordantes interrogées. Ces derniers précisent que "de nombreux contrats d'armement ont été initiés en Arabie Saoudite par Jean-Yves Le Drian". Notamment Donas, le contrat d'aide à l'armée libanaise de 3 milliards de dollars qui a été signé entre l'Arabie Saoudite, qui finance ce projet, et la France, ainsi que le contrat LEX (ou Life Extension Sawari 1), premier grand contrat signé en août 2013 par Jean-Yves Le Drian (1,1 milliard d'euros). Des succès qui ont notamment reposé sur la relation bilatérale entre Jean-Yves Le Drian et ses interlocuteurs saoudiens. Les industriels ont beau jeu de rappeler dans ces conditions que le ministère de la Défense "connait mieux les dossier" défense que le Quai d'Orsay.

 

Le Drian sur la touche en Arabie Saoudite?

Surtout la désunion au sein de l'Etat français pourrait faire le jeu des Etats-Unis, qui mettent actuellement une "grosse pression" sur l'Arabie Saoudite, estime-t-on parmi les industriels de l'armement tricolores. D'autant qu'une visite de Jean-Yves Le Drian à Ryad vient d'être annulée par l'un des hommes forts du royaume, le ministre de la Défense saoudien, le prince Mohamed Bin Salman Bin Abdul Aziz Al Saoud, également vice-prince héritier, selon plusieurs sources concordantes. "Si Jean-Yves Le Drian avait été son interlocuteur privilégié, le ministre de la Défense saoudien n'aurait peut-être pas annulé cette rencontre", estime un industriel.

Jean-Yves Le Drian devait notamment évoquer en Arabie Saoudite la modernisation des frégates Sawari 1 (contrat LEX), un programme qui ne se déroule pas aussi bien que souhaité par Ryad, avec son homologue saoudien, en charge de ce dossier. Ce programme important pourrait influer sur les négociations sur Sawari 3, qui porte sur l'achat de frégates multimissions (FREMM) et/ou des frégates de taille intermédiaire (FTI). Cette annulation a beaucoup irrité l'Hôtel de Brienne et n'est pas de nature non plus à rassurer les groupes de défense très à l'affût de tous les petits et grands signes de leurs clients. A fortiori quand le pays en question est l'Arabie saoudite, premier client des industriels de l'armement français. Entre 2010 et 2014, le royaume wahhabite a commandé pour près de 8 milliards d'euros de matériels militaires, dont 3,6 milliards en 2014...

 

Fabius a repris la main

Le vice-prince héritier, qui était à Paris la semaine dernière où il a co-présidé le 24 juin la première réunion de la commission conjointe de suivi franco-saoudienne au Quai d'Orsay avec Laurent Fabius, en a toutefois profité pour rencontrer également Jean-Yves Le Drian. Mais, comme le note un industriel, le ministère de la Défense a été, à cette occasion, "spectateur" de cette initiative franco-saoudienne. Ainsi, le prince Mohamed Bin Salman Bin Abdul Aziz Al Saoud et Laurent Fabius, ont annoncé un contrat de 500 millions d'euros pour l'achat à Airbus Helicopters de 23 appareils H145 pour le ministère de l'Intérieur saoudien.

Laurent Fabius avait également rappelé la vente, annoncée le 15 juin lors du salon du Bourget, de 30 Airbus A 320 et de 20 Airbus A330 à la compagnie aérienne Saudi Airlines, pour un montant total de 8 milliards de dollars (7,1 milliards d'euros). En outre, il a précisé qu'un accord avait été signé "pour lancer l'étude de faisabilité sur deux réacteurs EPR, qui s'inscrit dans le cadre de l'ambitieux programme énergétique de l'Arabie saoudite". Une reprise en main qui n'en est pas une, juge enfin un industriel qui travaille aussi bien dans la défense que dans le civil. Le ministère des Affaires étrangères a toujours eu la main sur les dossiers, estimant que ce n'est "pas illogique" compte tenu de la nature des dossiers civils (transport, énergie).

Le rapprochement franco-saoudien, initié avec l'arrivée au pouvoir en 2012 de François Hollande, qui a effectué une visite à Ryad début mai, a été favorisé par les tensions entre Ryad et son grand allié américain au sujet du régime syrien de Bachar al-Assad, que Washington a renoncé à frapper en 2013, et surtout à propos de l'Iran, avec qui les Etats-Unis veulent conclure un accord sur le nucléaire.

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 16:20
Déplacement de Jean-Yves Le Drian aux USA

 

01/07/2015 Ministère de la Défense

 

Du 3 au 6 juillet 2015, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, se rendra aux États-Unis d’Amérique pour une visite au cours de laquelle il rencontrera notamment son homologue américain Ashton Carter.

 

Du 3 au 4 juillet, le ministre sera à New-York pour marquer le passage de l’Hermione à l’occasion de la fête de l’Indépendance américaine. Dans ce cadre, le ministre présidera une cérémonie de remise des insignes de la Légion d’honneur à des vétérans américains s’étant distingués lors de la Libération de la France pendant la seconde guerre mondiale.

 

Le 6 juillet, le ministre poursuivra son déplacement à Washington pour rencontrer son homologue, Ashton Carter, secrétaire à la Défense des États-Unis d’Amérique. Ils reviendront notamment à cette occasion sur les partenariats stratégiques entre les deux pays alliés engagés, tous deux, dans la lutte contre le terrorisme. Le ministre rencontrera également Susan Rice, conseillère à la sécurité nationale des États-Unis d’Amérique. Il participera enfin à une table-ronde au German Marshall Fund pour évoquer le futur de la coopération franco-américaine sur la défense et la sécurité.

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 16:55
Le ministre de la Défense au 5e RHC

Après une démonstration statique des hélicoptères et du matériel spécifique, Jean-Yves Le Drian a suivi un briefing d’avant vol puis est monter à bord d’un hélicoptère Tigre. photo R. Pellegrino

 

30/06/2015 Marine Picat -DICoD

 

Lundi 29 juin, le ministre de la Défense s’est rendu au 5e régiment d’hélicoptères de combat de Pau-Uzein, dans les Pyrénées-Atlantiques.

 

Lundi 29 juin, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s’est rendu au 5e régiment d’hélicoptères de combat (RHC) de Pau-Uzein, dans les Pyrénées-Atlantiques. Sur place, il s’est entretenu avec le colonel Richou, chef de corps du 5e RHC, en présence du chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Jean-Pierre Bosser.

 

Le ministre est ensuite venu à la rencontre du personnel du régiment officiant sur hélicoptères Tigre, Puma et simulateur. Après une démonstration statique des hélicoptères et du matériel spécifique, Jean-Yves Le Drian a suivi un briefing d’avant vol puis est monter à bord d’un hélicoptère Tigre.

 

Le 5e RHC se trouve être la base d’hélicoptères la plus importante d’Europe, comptant 900 personnes et une cinquantaine d’hélicoptères de combat. Rappelant que « le régiment est présent sur tous les théâtres où les forces françaises sont engagées », le ministre souligne l’engagement du régiment dans les opérations Sangaris et Sentinelle, ainsi que dans le plan Hephaistos de lutte contre les incendies. « L’aérocombat est une capacité essentielle pour notre armée de Terre. Elle est au cœur de toutes les opérations » ajoute Jean-Yves Le Drian, qui a ainsi salué le personnel du 5e RHC, « animés par des valeurs qui font toute [leur] force. »

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 16:55
photo MinDefFr

photo MinDefFr

 

30/06/2015 Ministère de la Défense

 

Partenariat entre le ministère de la Défense et le groupe SNCF et remise de la Médaille d’honneur des Chemins de fer à 9 militaires engagés dans le cadre de l’opération Sentinelle

 

Jeudi 2 juillet 2015, à 19h00, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, accueillera Guillaume Pepy, président du directoire de SNCF, à l’Hôtel de Brienne pour saluer et renforcer le partenariat du ministère avec la SNCF, au profit des militaires engagés dans l’opération Sentinelle.

 

À cette occasion, le ministre de la Défense et le président du directoire de SNCF signeront une convention de partenariat spécifique au bénéfice des familles de militaires engagés dans les missions de protection et de sécurité intérieure sur notre sol. 7 000 militaires sont en effet mobilisés sur le territoire national dans le cadre de l’opération Sentinelle.

 

Ils remettront également la Médaille d’honneur des Chemins de fer à neuf soldats, d’active et de réserve, issus de trois régiments différents, en récompense de trois actions d’éclat réalisées dans le cadre du plan Vigipirate et de l’opération Sentinelle

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 16:45
Le ministre de la Défense à Gao (22 Juin)

 

24/06/2015  DICOD

 

Le 22 juin 2015, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, s’est rendu à Gao, au Mali, pour rencontrer les soldats de la force Barkhane. Visite toute symbolique deux jours après la signature des accords d’Alger et presque un an après le lancement de l’opération Barkhane.

 

Après s’être posé à Mopti dans la matinée du lundi 22 juin, Jean-Yves Le Drian s’est rendu sur la base française de Gao, au Nord Mali, pour s’adresser aux soldats français de la force Barkhane, qui œuvre aux côtés de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), la mission des Nations unies et de l’EUTM, la mission européenne.

Pour le ministre de la Défense, cette visite est intervenue « à un moment charnière de l’engagement résolu de la France aux côtés de ses partenaires africains […], quelques jours seulement après la signature définitive des accords d’Alger », accords de paix historiques avec les principaux groupes rebelles touaregs du nord Mali. Jean-Yves Le Drian, entouré du général Wade, commandant l’état-major de secteur de la  Minusma à Gao, du colonel Haidara, commandant le PC Maliba des forces armées maliennes à Gao et du général Palasset, commandant la force Barkhane, a félicité et salué les soldats français pour les opérations de sécurisation menées depuis janvier 2013. Il a ajouté que « ce retour à la souveraineté malienne, et à la sécurité du pays, est également le fruit des efforts de nombreux partenaires internationaux du Mali  à travers la Minusma et l’Europe ».

Avant de rencontrer le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, lors d’un dîner officiel, le ministre de la défense a tiré un premier bilan positif de l’opération Barkhane, lancée il y a un an, le 1er août 2014. Cependant, il a souligné que « ces succès ne doivent pas nous faire baisser la garde. […] Alors que notre pays est confronté à des menaces directes, sur son territoire même, vous êtes ici l’un des premiers remparts contre ces menaces ».

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 07:30
photo R. Pellegrino DICoD

photo R. Pellegrino DICoD

 

24/06/2015 DICOD

 

Mardi 23 juin 2015, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s’est rendu à Lorient afin de présider la cérémonie de transfert de propriété d’une frégate multimissions à l’Égypte. L’occasion pour lui de réaffirmer l’importance des relations qui unissent la France et l’Egypte.

 

Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a présidé le mardi 23 juin 2015 sur le site de DCNS, à Lorient, la cérémonie de transfert de propriété de la Frégate multimissions (FREMM) commandée par l’Égypte.

 

Rappelant la « polyvalence » de ce bâtiment de guerre, « instrument de puissance et de souveraineté », le ministre a estimé que ce transfert était le « premier jalon concret d’une relation privilégiée entre la France et l’Egypte ». A ce titre, il a tenu à remercier l’amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la Marine nationale, Jean-Michel Palagos, président de Défense Conseil International, et leurs équipes qui ont permis en « un temps record » le transfert de savoir-faire entre les deux équipages d’armement, français et égyptien.

 

Il a enfin souligné que ce partenariat s’inscrivait dans un cadre plus large que représentent les menaces terroristes en Libye, en Syrie et en Irak. « Notre relation de défense symbolise enfin la reconnaissance par la France du rôle central que joue l’Egypte pour la sécurité de la région. Tandis que se développent, en Afrique et au Proche et Moyen Orient, des menaces terroristes sans précédent, les forces armées égyptiennes apparaissent comme un facteur de stabilité incontournable. »

 

FREMM : Frégates multimissions, des « plateformes performantes et endurantes »

Les FREMM disposent d’un système de combat optimisé pour fonctionner avec un équipage réduit et sont en mesure de remplir des missions de maîtrise de la zone d’opérations aéro-maritime, de frappe dans la profondeur, de lutte anti-sous-marine ou anti-aérienne ainsi que de soutien et d’appui aux opérations de projection.

Cérémonie de transfert de propriété d’une FREMM à l’EgypteCérémonie de transfert de propriété d’une FREMM à l’Egypte

photo DCNS : La cérémonie s’est déroulée en présence du Ministre de la Défense égyptien le Général Sedki Sobhy, du ministre de la Défense français, Jean-Yves Le Drian, de l’Amiral Ossama Rabie, chef d’état-major de la Marine égyptienne, de l’Amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la Marine nationale ainsi que Hervé Guillou, Président Directeur Général de DCNS.

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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 11:45
Mali: la France accentue son soutien à la Minusma

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, ici avec Christophe Sivillon, chef du bureau Minusma à Gao. photo Minusma

 

22-06-2015 Par RFI

 

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian est arrivé, ce lundi 22 juin, au Mali, 48 heures après la signature de l'accord de paix et de réconciliation par les rebelles de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA). Lors de son discours, à Gao, le ministre français de la Défense a annoncé le renforcement du soutien de la France à la Mission des Nations unies au Mali (Minusma).

 

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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 17:45
Archives - photo ECPAD

Archives - photo ECPAD

 

A Gao, le 22 juin 2015 - par Jean-Yves Le Drian, Ministre de la Défense

 

– Seul le prononcé fait foi –

Général Wade [1],

Colonel Haidara [2],

Mon général,

Officiers, sous-officier, soldats,

Je suis très heureux d’être avec vous aujourd’hui.

La visite du ministre de la Défense auprès des forces, sur un théâtre d’opérations, n’est jamais anodine. Aujourd’hui   en particulier, mon déplacement intervient à un moment charnière de l’engagement résolu de la France aux côtés de ses partenaires africains, et plus particulièrement du Mali, puisque nous sommes quelques jours seulement après la signature définitive des accords d’Alger.

L’existence même de ces accords doit beaucoup aux opérations de sécurisation que les forces françaises ont conduites depuis janvier 2013. Je veux vous en féliciter, et saluer à travers vous tous vos camarades qui vous ont précédés dans cet engagement difficile mais essentiel.

SERVAL puis BARKHANE ont permis d’éradiquer progressivement les groupes armés terroristes qui avaient tenté de menacer l’existence même du Mali et la sécurité de sa population. Le Nord du Mali était dominé en janvier 2013 par des terroristes. Aujourd’hui, la perspective d’une unité retrouvée, et retrouvée de manière pacifique, s’ouvre devant nous. C’est une grande fierté pour la France que d’avoir participé au retour à l’unité d’un pays ami. Elle y a payé le prix du sang, onze de vos camarades y ont laissé leur vie. Je pense à eux à cet instant.

Ce retour à la souveraineté malienne, et à la sécurité du pays, est également le fruit des efforts de nombreux partenaires internationaux du Mali. Je veux ici saluer chaleureusement la MISMA, puis la MINUSMA, présente sur l’ensemble du territoire malien, qui a su prendre le relai de notre présence, et nous permet aujourd’hui de concentrer la force BARKHANE sur sa raison d’être première : la lutte contre les groupes armés terroristes transnationaux, qui menacent notre pays et nos alliés.

Je veux également saluer les forces armées maliennes qui se sont préparées et entrainées, dans le cadre notamment de la mission européenne EUTM, pour recouvrer leurs capacités opérationnelles et ainsi assurer à terme la plénitude de leur souveraineté nationale. Cette démarche s’est faite dans le cadre de l’accord signé par toutes les parties maliennes.

Je veux souligner que l’Europe a été présente au Mali sur le plan militaire. Je m’en réjouis, car cela a été un combat que j’ai eu à cœur de mener en tant que ministre de la défense de la France.

L’Europe est en effet présente grâce à EUTM, et il faudra d’ailleurs envisager demain le rôle qu’elle pourrait jouer pour appuyer les Nations Unies dans la mise en œuvre de certains des volets de l’accord de paix.

Mais elle est également présente dans la force des Nations Unies elle-même. Deux contingents européens significatifs se détachent  en effet, celui de la Suède et celui des Pays-Bas, tandis que le commandant militaire de cette force est un général danois. L’Europe est donc bien présente, là où ses intérêts de sécurité sont en jeu.

Dans ce contexte, l’engagement français a désormais changé d’ampleur, et vous êtes au cœur de ces évolutions. Voilà presque un an que BARKHANE existe et opère sur l’ensemble bande sahélo-saharienne. Cette année d’engagements au Sahel aura été exceptionnelle à bien des égards, grâce à ce dispositif, ambitieux dans ses objectifs et inédit dans ses modalités.

Un bref regard en arrière permet de mesurer tout le chemin parcouru depuis les débuts de l’opération SERVAL, depuis l’urgence de cette première intervention au Mali, le 11 janvier 2013. Je n’oublie pas, bien sûr, l’opération EPERVIER qui a rejoint votre dispositif.

Je voudrais tirer un premier bilan de cette opération BARKHANE, qui est unique par l’ampleur de sa zone de responsabilité, et notamment le besoin de pouvoir compter sur une bonne  coordination entre les pays partenaires.

La régionalisation des opérations a permis de créer une dynamique nouvelle, qui répond parfaitement à la nature de la menace terroriste qui pèse sur ces pays. A la porosité des frontières dont les groupes armés terroristes se jouaient, nous avons répondu par la mise en place de mécanismes de coopération à tous les échelons. Je pense au G5 Sahel pour la conception générale, aux travaux de planification en commun des états-majors, aux Détachements de Liaison et d’Appui Opérationnel pour la coordination entre unités et, bien sûr, en bout de chaîne, à de très nombreuses opérations multipartites, dont certaines transfrontalières. Ces opérations ont permis aux pays hôtes de se réapproprier leurs frontières et de contrôler les flux illégaux. Pour gêner la mobilité des groupes armés terroristes, nous avons ainsi su nous adapter en mettant en place une véritable synergie entre nos unités déployées pour couvrir ce très vaste théâtre.

Au-delà de la pertinence de notre analyse, vérifiée par les faits, je considère que l’efficacité de nos actions s’explique par plusieurs raisons.

C’est tout d’abord un maillage du terrain, qui s’appuie sur des bases avancées temporaires soutenues – je veux le souligner – par une logistique remarquable. C’est ensuite une chaine de renseignement performante, qui conjugue avec efficacité capteurs techniques et humains. Ce sont bien sûr des capacités interarmées et interarmes, bénéficiant de matériels modernes, servies par des unités motivées, aguerries et bien entraînées. Et c’est enfin une chaine de commandement efficace, énonçant des ordres clairs, et recourant à des modes d’action robustes et innovants.

C’est cet ensemble de capacités et d’expériences qui nous permet, après analyse d’informations multiples, de déterminer les zones d’intérêts, de suivre et traquer nos adversaires pour agir avec surprise et précision au cœur du désert. Très peu d’armées au monde ont acquis la maîtrise que vous montrez au quotidien.

Tous ici, vous pouvez être fiers de ce bilan. Ce n’est pas sans admiration que le ministre que je suis mesure aujourd’hui le travail que vous avez accompli.

En neutralisant plusieurs chefs djihadistes, notamment Abdelkrim le Touareg il y a un mois, vous avez profondément désorganisé ces groupes criminels.

En découvrant leurs caches et circuits d’approvisionnement, vous avez asséché leur logistique, qui est cruciale dans ces espaces désertiques et hostiles. De la sorte, nos ennemis sont cloisonnés, désorganisés et obligés désormais de se défendre pour survivre.

Sur ce théâtre immense, les armées françaises ont donc prouvé leur détermination et leur efficacité. Elles ont montré toute leur valeur.

Qu’il me soit permis ici de souligner l’extraordinaire performance des logisticiens et des transmetteurs car nous n’en parlons pas assez, mais aussi de tous les spécialistes dont les savoir-faire particuliers sont bien souvent dimensionnants pour la réussite de nos actions. Chacun des soldats présents ici doit ainsi être conscient de son rôle, et fier de son action.

Au premier d’entre eux, le général Jean-Pierre Palasset, je veux dire ma très grande satisfaction pour le travail accompli. Mon général, au moment où vous allez quitter ce théâtre si particulier, après une année à œuvrer sans relâche à la tête de BARKHANE, je sais personnellement combien nous vous devons et je tiens donc à vous exprimer la reconnaissance du Président de la République, chef des armées, et la mienne, pour le travail accompli.

Ces succès ne doivent cependant pas nous faire baisser la garde. L’effort que nous portons auprès de nos partenaires doit se poursuivre.

Je me rends à nouveau au Mali à un moment particulier dans l’histoire de ce pays, à un moment où l’espoir d’une paix possible se concrétise par la signature de ces accords, obtenus après de longues négociations. Je veux d’ailleurs saluer ici la détermination de tous ceux qui ont œuvré pour y parvenir.

Mais c’est aussi un moment particulier pour tous ceux qui vont avoir la responsabilité de garantir la mise en œuvre effective de ces accords. En ce moment même, à New York, le Conseil de sécurité travaille à définir les conditions d’un renouvellement du mandat de la MINUSMA, qui doit jouer un rôle primordial et prendre de nouvelles responsabilités dans cette nouvelle phase.

Parmi tous nos partenaires au Mali, il est donc essentiel que la France accentue son soutien à la MINUSMA, pour lui permettre de réussir cette noble mission de maintien de la paix, pour laquelle les Nations Unies ont déjà payé un lourd tribut, un tribut que chacun doit garder à l’esprit. 36 casques bleus [vérification du chiffre en cours] sont morts au Mali. La MINUSMA mérite tout notre respect. Elle doit réussir, et nous devons nous montrer résolument à ses côtés, comme nous le faisons depuis le début. Je veux le dire avec force, son échec serait aussi notre échec. Mais notre succès est lié à son succès. Notre mobilisation doit donc être totale.

En conséquence, j’ai demandé à ce que nous renforcions son état-major dès aujourd’hui depuis BARKHANE, en ajoutant des moyens de liaison entre les différents secteurs de la MINUSMA et nos forces, et que nous étudiions de façon précise comment accompagner au mieux la mise en œuvre des accords de paix.

Nous nous tiendrons donc aux côtés de la MINUSMA.

J’ai également dit à son chef, M. Hamdi, que j’ai reçu jeudi à Paris, que je continuerai à mobiliser nos partenaires européens, pour qu’ils suivent l’exemple de ceux qui sont déjà présents sur le terrain.

Au Niger et au Tchad, BARKHANE maintiendra ses opérations avec les forces locales, aux confins nord de la bande sahélo-saharienne, sur les routes même des trafics et des passes qui permettent encore l’approvisionnement des terroristes. Elle le fera d’autant plus qu’au nord et au sud, les menaces restent fortes.

Au nord, la situation en Libye continue à se dégrader. Malgré le repli d’AQMI dans cette région, nous devons maintenant faire face à Daech, dont les récentes offensives deviennent particulièrement préoccupantes, à moins de 500 kilomètres des côtes européennes.

Au sud, Boko Haram, même s’il a été lui aussi affaibli et désorganisé, continue de semer la terreur et poursuit ses attentats dévastateurs, comme le démontre les lâches attaques à N’Djamena lundi dernier. Ces attentats s’ajoutent aux infiltrations et exactions de la secte, dont sont victimes les populations de la frontière nigéro-nigériane. Notre vigilance est d’autant plus nécessaire que nos partenaires attendent le soutien de la France. Je sais pouvoir compter sur vous pour répondre à leurs attentes et poursuivre votre mission à leurs côtés.

Depuis Paris, je suis quotidiennement votre engagement. Je connais l’exigence de votre métier, pour avoir visité de nombreuses fois ce théâtre et avoir rencontré ceux qui vous ont précédés. Je mesure aussi la valeur qui est la vôtre, sur laquelle je suis fier de pouvoir compter. Alors que notre pays est confronté à des menaces directes, sur son territoire même, vous êtes ici l’un des premiers remparts contre ces menaces. Soyez à la hauteur de ce défi.

Vous avez toute ma confiance pour le remporter.

Vive la République ! Vive la France !

 

[1] officier sénégalais commandant l’Etat-major de secteur de la MINUSMA à GAO

[2] officier malien commandant le PC Maliba à GAO (FAMa)

– Seul le prononcé fait foi –

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18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 05:55
photo J.Redouane - ECPAD

photo J.Redouane - ECPAD

 

17/06/2015 Domenico Morano  / DICoD  - Economie et technologie

 

Mardi 16 juin, Jean-Yves Le Drian, s’est rendu sur le stand du ministère de la Défense lors de la 51e édition du Salon international de l’aéronautique et de l’espace. Le ministre a salué l’industrie aéronautique française, ainsi que l’ensemble des personnes qui participent à sa croissance.

 

Jean-Yves Le Drian a également félicité "la qualité et l’excellence des industries aéronautiques françaises" et apprécié que cette "industrie fondamentale pour la France crée de l’innovation et de l’emploi."

 

Après avoir échangé quelques mots avec les pilotes de la Direction générale de l’armement (DGA) et salué chaleureusement les pilotes de l’armée de l’Air, Jean-Yves Le Drian a visité les innovations exposées sur le stand du ministère de la Défense. Il a pu y admiré le projet BULLE, un bras articulé qui permet des inspections sécurisées d’équipements difficiles d’accès, ainsi que le projet SIMBAA, un matériau aéronautique biosourcé, appelé ainsi car renforcé par des fibres de lin.

 

Le ministre de la Défense a aussi « pu constater l’effort de l’ensemble de la branche pour assurer la formation et la qualification. Il ne suffit pas d’être dans l’excellence, il faut aussi que nous soyons en mesure de répondre aux commandes et d’anticiper sur la suite », a souligné Jean-Yves Le Drian. « C’est pourquoi l’Avion des Métiers me paraît une initiative à encourager. »

 

Il a également félicité « la qualité et l’excellence des industries aéronautiques françaises » et apprécié que cette « industrie fondamentale pour la France crée de l’innovation et de l’emploi. Il y a aujourd’hui environ 350 000 emplois directs dans l’industrie aéronautique », a assuré le ministre. « Cela concerne la Défense mais aussi les industriels, que ce soient les grands groupes ou les petites et moyennes entreprises. »

 

Le ministre a souligné que 2014 avait été « une année particulièrement positive puisqu’à l’exportation, [elle] a connu un chiffre historique de prises de commandes de plus de 8 milliards d’euros. Et l’année 2015 se présente sous des auspices [encore]  meilleurs ».

photo RP Defense
photo RP Defense
photo RP Defense
photo RP Defense

photo RP Defense

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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 11:55
 Paris Air Show Day 2 highlights - Airbus HC


17 juin 2015 by Airbus HC

 

The second day of the Paris Air Show saw many official visits, including the French Chief of Defence, and signings with Vietnam and Argentina. Watch the highlights.

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 17:01
Le Salon du Bourget a ouvert ses portes

 

15/06/2015 Armée de l'Air

 

La 51e édition du Salon international de l’Aéronautique et de l’Espace se déroule au Parc des expositions du Bourget du 15 au 21 juin 2015. M. François Hollande, président de la République, accompagné de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a officiellement inauguré l’édition 2015.

 

La Patrouille de France a ouvert le bal des démonstrations en vol par un passage au-dessus du salon. Le programme s’est ensuite poursuivi avec de nombreux aéronefs, dont les présentations en vol du Rafale et de l’A400 M.

Tous les deux ans, le salon réunit l’ensemble des acteurs de l’industrie aéronautique mondiale autour des dernières innovations technologiques. Les quatre premiers jours du salon sont réservés aux professionnels. Le grand public pourra y accéder du vendredi au dimanche.

 

Temps forts de la première journée :

- Une cérémonie a été organisée devant le Pavillon de la Défense pour récompenser les actes d’héroïsme de cinq aviateurs de l’US Air Force qui se sont illustrés lors de la tragédie d’Albacete.

- Le chargement d’un véhicule blindé de combat d’infanterie (VBCI) en configuration lourde à bord de la soute d’un A400M Atlas.

 

Les matériels exposés : 

- Le Rafale, ainsi que certains de ses équipements (SCALP, AASM, nacelle Damoclès, nacelle Reco NG),

- Le système de défense sol-air Mamba avec ses missiles Aster 30,

- L’A400M Atlas.

 

Les présentateurs :

- Présentateur Rafale,

- Équipe de voltige de l’armée de l’air,

- Patrouille de France.

 

Le plus grand salon au monde

  • 2 215 sociétés exposantes venues de 44 pays,
  • 285 délégations officielles venues de 102 pays,
  • 139 000 visiteurs professionnels dont 20% visitent exclusivement le salon du Bourget.

 

Une couverture médiatique exceptionnelle

  • 3 100 journalistes internationaux présents (venus de 62 pays).
  • L'événement aérospatial le plus médiatisé au monde (10 000 reportages quadri média).

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 12:57
photo Ecole Polytechnique

photo Ecole Polytechnique

 

06/06/2015 par M. Jean-Yves Le Drian Ministre de la Défense

 

A Palaiseau, le 6 juin 2015

 

– Seul le prononcé fait foi –

 

Mesdames et Messieurs les élus,

Monsieur le Président, cher Jacques Biot,

Mesdames et Messieurs,

Mesdames et Messieurs, chers élèves de l’École Polytechnique,

 

C’est un grand plaisir pour moi d’être avec vous aujourd’hui. C’est d’ailleurs une date symbolique, puisque cette cérémonie de passation de drapeau, qui rappelle l’attachement de votre École à son histoire, à ses traditions militaires, se tient le jour où nous commémorons le Débarquement de Normandie.

 

En ce jour solennel, cette belle cérémonie porte un message très fort. Lorsqu’une garde prend son tour auprès du drapeau de son régiment ou de son école, cela veut dire que s’il revient à ces soldats ou ces élèves de partir demain au combat, au nom de la Nation, ils auront alors à défendre toutes les valeurs de France, celles qui font la gloire de son drapeau.

 

Partir au combat. Cette expression, au premier abord, sonne étrangement aux oreilles des polytechniciens d’aujourd’hui. Je veux cependant m’y attarder.

 

En ce jour de commémorations, je tiens d’abord à saluer la mémoire de leurs aînés qui ont pris toute leur part dans les grands engagements militaires de notre pays. Durant la Seconde Guerre mondiale, élèves et anciens élèves de l’X ont été de tous les combats de la France libre et de la Résistance intérieure, avec de grandes figures, comme Raoul Dautry, qui fait partie des premiers Français opposés à l’Armistice de Vichy, et d’autres, restés plus anonymes, mais qui ont œuvré avec ardeur pour la libération de notre pays. Parmi eux, d’ailleurs, de nombreux industriels, qui ont fait acte de résistance, notamment au sein de la SNCF et des PTT. Ce sont ainsi 378 polytechniciens qui sont morts pour la France entre 1940 et 1945. 33 ont par ailleurs été faits Compagnons de la Libération.

 

Ces combats-là appartiennent à l’Histoire. Mais il en est d’autres qui conservent une pleine actualité, et qui mobilisent les polytechniciens au premier chef. Je veux bien sûr parler de la grande compétition économique, industrielle, technologique, dans laquelle la France est engagée.  Aujourd’hui, la « guerre » économique, dans toutes ses formes, a pris une dimension mondiale. Dans ce contexte, où les acquis d’hier seront peut-être les handicaps de demain, seule l’innovation peut créer les conditions de la prospérité.

 

Partir au combat, pour relever tous les défis du monde contemporain. C’est plus que jamais la mission de l’École Polytechnique, qui produit et partage des connaissances scientifiques pluridisciplinaires au plus haut niveau. Elle le fait pour ses élèves, pour les entreprises, pour la société française. Dans cette perspective, dans ses enseignements comme dans ses activités de recherche, elle développe l’esprit entrepreneurial, l’audace, le sens de l’intérêt général, toutes ces qualités dont la France a besoin pour remporter ce combat d’autant plus difficile, d’autant plus exaltant aussi, qu’il est invisible, permanent, total.

 

Entre les combats d’hier et ceux d’aujourd’hui, il y a une continuité qui reste chère au cœur de l’X. Celle d’une formation militaire, où la rigueur et l’excellence sont les deux conditions du succès.

 

C’est pourquoi, en venant aujourd’hui, je veux réaffirmer la fierté du ministère qui exerce la tutelle de l’École Polytechnique, en même temps que la pleine actualité, riche d’opportunités, de l’exercice de cette tutelle. Je veux plus largement dire mon attachement à l’ensemble des écoles dont mon ministère a la charge : au-delà de l’École Polytechnique, je pense à l’ISAé, l’ENSTA, l’ENSTA Bretagne, bien sûr Saint-Cyr, l’École Navale, l’École de l’Air, et toutes les autres écoles militaires.

 

Je vois devant moi un grand nombre de têtes bien faites. Peut-être que l’un ou l’une d’entre vous sera un jour ministre de la Défense. Dans ces fonctions, je forme le vœu que vous ayez la même obsession que moi, celle de la préparation de l’avenir.

 

On résume trop souvent l’activité des armées au court terme des crises et des opérations, qui, il est vrai, est premier, pour répondre aux enjeux de notre défense et de notre sécurité nationale. Je veux préciser ici que cette prise en charge de l’urgence demande en permanence de penser au long terme, pour anticiper les évolutions de notre environnement stratégique, discerner les menaces de demain, adapter notre doctrine, nos matériels, notre formation – tout ce qui fait que nos armées font la fierté des Français partout où elles sont déployées.

 

Cette préoccupation ne va pas toujours de soi. Dans un contexte budgétaire contraint, la pression des investissements immédiats est très forte, comme la production de matériels supplémentaires, les rénovations d’infrastructures, ou le soutien.

 

Dès lors, faire le choix d’investissements dont les effets se feront ressentir à plus long terme, comme la R&D, le soutien à la base industrielle, ou encore la formation, c’est un acte que j’assume pleinement, avec la profonde conviction qu’il est aussi de ma responsabilité de faire en sorte que dans cinq, dix, quinze ans, nous continuions d’avoir des industriels capables de fabriquer des équipements au meilleur niveau, avec des ingénieurs de tout premier plan.

 

C’est bien sûr tout l’enjeu de l’École Polytechnique.

 

Fort de cette démarche, j’ai décidé d’augmenter – à un niveau jamais atteint – les budgets de recherche, dans lesquels se retrouvent les subventions vers les écoles, notamment l’X. Au total cela représente 3,5 milliards d’euros en moyenne de crédits pour la recherche et le développement, chaque année, soit environ 20% du budget d’investissement du ministère.

 

Je veux y insister, parce que si nous pouvons nous féliciter des succès que rencontre notre industrie à l’export, notamment dans le domaine de l’aéronautique, c’est en bonne partie grâce à l’excellence des ingénieurs qui sortent de nos écoles. Ils ont été ainsi capables de concevoir il y a trente ans un avion, le Rafale, dont on mesure aujourd’hui la réussite. Ce faisant, ils ont créé des dizaines de milliers d’emplois à très forte valeur ajoutée.

 

Ministre de la Défense, j’ai confiance dans vos réussites à venir, parce que vous aurez été à bonne école. L’École Polytechnique, on peut se le dire entre nous, est la première école de France par l’attraction sans pareille qu’elle exerce sur des milliers de jeunes étudiants, parmi les meilleurs de notre pays. Elle suscite beaucoup de sympathie, et une réelle fierté dont je veux témoigner, moi qui ne suis pas suspect de prêcher pour ma chapelle. Elle rencontre aussi, il faut le reconnaître, des critiques, dont certaines – je le dis comme je le pense – sont justes et d’autres disproportionnées.

 

L’École Polytechnique est parfois présentée comme une institution vénérable, âgée de plus de deux siècles, mais complètement immobile, figée dans cette histoire, incapable de prendre la mesure des bouleversements du monde contemporain.

 

Depuis trois ans que j’ai l’honneur de conduire le ministère de la Défense, j’ai au contraire vu et accompagné une École qui bouge.

 

Je pense d’abord à la transformation de la gouvernance, puisque début 2013 nous avons institué un mode de fonctionnement qui rapproche largement l’École Polytechnique polytechnique de celui d’une entreprise. Il y a désormais un conseil d’administration équilibré, entre les personnels de l’École, les représentants de l’État, et les personnalités qualifiées. Il y a aussi un président de plein exercice, Jacques Biot, que je salue à nouveau, aux côtés d’un directeur général, Yves Demay, à qui j’ai eu le plaisir de remettre tout à l’heure la médaille de commandeur dans l’ordre national du mérite.

 

Certains ont dit que l’École était refermée sur elle-même. Là encore, le rapprochement réussi, et pas seulement d’un point de vue géographique, avec l’ENSTA, est un remarquable succès. Je viens d’ailleurs d’acter officiellement ce rapprochement. Je forme le vœu qu’il en appelle d’autres, je vais y revenir.

 

J’entends enfin que l’on stigmatise parfois tel ou tel principe de fonctionnement de l’École. Je pense en particulier à la « pantoufle ». Le député François Cornut-Gentille a signalé la dérive d’un mécanisme qui, au fil du temps, avait fini par introduire une véritable inégalité de traitement entre les élèves à leur sortie. Le problème était en effet que les élèves choisissant un corps d’État étaient soumis à un remboursement lourd de leurs frais de scolarité en cas de sortie avant une période de dix ans, alors-même que ceux qui partaient dans le privé à la sortie de l’école en étaient exonérés. Je m’étais engagé à remédier à cette situation. C’est le cas depuis quelques jours, et je tiens à préciser que cela s’est fait en parfaite intelligence et avec le plein soutien de la communauté polytechnicienne.

 

Ainsi, depuis plus de deux ans, l’École suit ainsi un plan stratégique, dont nous mesurons les effets concrets.

 

Mais il m’a semblé utile de prendre un peu de recul, et d’interroger cette stratégie à l’aune de quelques questions majeures, comme celles posées par la mondialisation, par la mise en place de l’université Paris-Saclay, ou encore par le lien qui rattache cette École à l’État.

 

Pour mener ces questionnements, il fallait une personnalité remarquable, et je dois dire que je suis très heureux d’avoir travaillé avec Bernard Attali, qui incarne à la fois le sens de l’État d’un haut fonctionnaire, la vision d’un patron d’industrie, aujourd’hui banquier, et une certaine indépendance aussi, n’étant pas lui-même polytechnicien. C’est le Premier ministre qui l’a choisi, et je veux, en son nom, le remercier pour le temps, l’énergie et l’attention qu’il a consacrés à ce sujet.

 

Bernard Attali vient de remettre son rapport au Gouvernement. Ce document, important, va être publié rapidement. D’ores et déjà, je veux vous dire que je partage une bonne partie des recommandations, sur lesquelles je voudrais revenir maintenant.

 

En synthèse, ce rapport confirme l’immense atout que représente l’École Polytechnique pour la France. Depuis plus de deux siècles, la qualité de ses élèves et de son corps professoral, comme sa notoriété au plan national, sont incontestables.

 

Mais dans un monde de l’enseignement supérieur mondialisé, le travail conduit par Bernard Attali souligne aussi que l’École est aujourd’hui bousculée. Son rang dans certains classements internationaux, indicateurs désormais incontournables pour les communautés académiques, témoigne des dangers qui la menacent : trop limitée en taille, trop peu visible à l’international.

 

Les classements les plus emblématiques, comme le classement de Shanghai, font figurer l’école à une place qui n’est pas la sienne. On peut critiquer ces classements, et la façon dont ils sont construits. Mais ils sont un indicateur incontournable aujourd’hui lorsque l’on veut attirer les meilleurs.

 

Pour lui redonner un véritable élan, l’adoption d’une stratégie de croissance clarifiée est maintenant indispensable. C’est au nom de cet objectif que Bernard Attali suggère un certain nombre d’initiatives.

 

Je voudrais en citer quelques-unes.

 

Il s’agit d’abord de poursuivre la modernisation de la gouvernance. Dans cette perspective, j’ai demandé que soit débloquée sans attendre la transformation de l’X en Établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP). Un décret en ce sens vient d’être porté au Conseil d’État. Par ailleurs, l’internationalisation du conseil d’administration me semble très bienvenue. De la même façon, dans un contexte de croissance forte, la part des ressources hors subvention doit augmenter. Le rôle de la Fondation (FX) est à cet égard essentiel. En s’appuyant sur un message clair, elle devrait pouvoir se fixer un objectif de levée de fonds fortement réévalué pour les cinq ans à venir.

 

Compte-tenu de la mondialisation de l’enseignement supérieur, le développement à l’international de l’X devient un enjeu majeur. Un rééquilibrage entre élèves français et internationaux à l’X apparaît ainsi hautement souhaitable : je pense que l’on peut viser de quadrupler à terme le nombre d’élèves internationaux du cycle ingénieur. N’y voyons pas une perte d’identité ou de prérogatives. Ne soyons pas frileux, mais au contraire combattifs, audacieux ! L’ouverture actuelle de l’école à des étudiants étrangers doit être élargie. J’y vois pour ma part une richesse passionnante. Imagine-t-on au MIT avoir seulement ou même majoritairement des étudiants américains ? Imagine-t-on à l’EPFL de Lausanne n’avoir que des Suisses ? Élèves français, vous n’êtes plus les seuls récipiendaires de cet enseignement d’excellence, mais vous devez continuer d’en être, bien sûr, les premiers ambassadeurs. 

 

En matière de recrutement des élèves, nous devons poursuivre nos efforts en faveur de la diversité sociale. Bernard Attali propose plusieurs mesures que nous étudierons, comme la création d’un internat de la réussite sur le campus de Saclay qui serait dédié aux élèves boursiers, un triplement des recrutements universitaires, ou des actions de communication ambitieuses dans les lycées.  Il y a là matière à réflexion. Je veux dire ici que la promotion sociale par l’École Polytechnique, sans être une fin en soi, a été historiquement l’une de ses valeurs phares. L’excellence et le génie sont universels ; ils doivent le rester. J’y suis particulièrement attaché en ma qualité de ministre de la défense, parce que ce sont aussi ces valeurs qui sont au cœur des combats que livrent nos soldats contre tous ceux qui voudraient nous atteindre.

 

Concernant la formation, le rapport de Bernard Attali propose une diversification de l’offre : la création d’un accès post-bac à l’École polytechnique, la construction d’une voie par alternance, le développement de formations continues pour les décideurs publics, et la multiplication des enseignements dispensés par l’X sur internet, sont des pistes à explorer activement.

 

Une révision du mode de sélection des ingénieurs d’État à la sortie de l’X est proposée, avec un classement de sortie qui serait remplacé par une sélection sur dossier et un entretien de motivation, afin de garantir une meilleure adéquation entre les besoins de l’État et le profil des futurs « corpsards ».  Cette proposition doit être débattue avec les futurs employeurs au sein de l’État.

 

Le lien entre l’X et le ministère de la Défense est pleinement réaffirmé par ce rapport, qui souligne en particulier l’importance de l’éthique et des valeurs collectives qui sont dispensées aux élèves. En plus des efforts déjà réalisés par la direction générale de l’armement, ce lien pourrait être encore renforcé pendant votre passage sur le Plateau, ainsi qu’une fois votre scolarité terminée. Dans cette perspective, j’ai notamment évoqué avec Jacques Biot la possibilité de développer les « War Studies » au sein de votre département de sciences humaines. C’est un enjeu pour l’École. C’est un enjeu pour la Défense. C’est un enjeu pour la France, qui, dans un monde troublé, gagne toujours à affûter son regard, par la recherche, sur les enjeux stratégiques. Bernard Attali propose la suppression de la solde pour les élèves. Je n’ai aucun tabou par principe, mais sur ce point, je suis plus circonspect. En tout cas, il est clair que cela ne concerne pas les promotions actuelles.

 

A propos de l’organisation du plateau de Saclay, le rapport préconise le regroupement de dix grandes écoles scientifiques, dont l’X, au sein d’une nouvelle « École Polytechnique de Paris », dans le cadre de l’Université Paris-Saclay. Cette orientation mérite d’être étudiée rapidement, car elle pourrait contribuer à répondre à l’objectif de croissance de l’X, tout en gardant l’exigence de qualité. Elle mettrait tout de suite l’ensemble en résultant dans une excellente position au regard des classements internationaux. Ce rapprochement d’écoles d’ingénieurs, s’il doit s’opérer, devra bien sûr être mené au sein de l’Université Paris-Saclay, avec laquelle les collaborations et mutualisations doivent s’amplifier. J’en parlerai bien sûr avec mes homologues qui assurent la tutelle des écoles concernées. Tout ceci devra se faire, comme pour l’ENSTA, dans le respect des particularités de chacun, dans une logique gagnant-gagnant. Je veux préciser ici qu'il n'est pas question de créer une forteresse au sein de Paris Saclay, mais que l'École Polytechnique de Paris devra au contraire jouer le jeu de l’université Paris Saclay.

 

Enfin, la politique de communication de l’École polytechnique devra viser plus encore qu’aujourd’hui à attirer les meilleurs talents internationaux. La marque Polytechnique devra être valorisée de façon encore plus active et moderne.

 

Voilà, en quelques mots, les principales recommandations de ce rapport, et je veux remercier une nouvelle fois son auteur, qui a mené un travail à plusieurs égards exceptionnel. Sur cette base, je demande au Président de l’École, en lien avec le conseil d’administration et les services du ministère de la Défense (dont bien sûr la DGA), de préparer d’ici la fin de l’année une révision du plan stratégie pluriannuel de l’X, qui tienne compte de ces grandes orientations. Certains thèmes demanderont bien sûr d’associer les autres ministères concernés. Mon directeur de cabinet pilotera lui-même le bon avancement de tous ces travaux, en lien avec Bernard Attali qui a accepté d’être associé à cette deuxième étape.

 

Ce plan stratégique me sera soumis en fin d’année, ici à Palaiseau, lors d’une séance élargie du conseil d’administration. J’y participerai d’autant plus volontiers que je suis pleinement convaincu que l’avenir de votre École est essentiel pour défendre la place de la France dans l’économie mondiale de la connaissance.

 

Cette vision pour l’École Polytechnique – et je conclurai par-là, en  m’aventurant sur vos terres physiques et thermodynamiques –, je veux qu’elle soit ambitieuse et pensée à long terme, mais je souhaite aussi qu’elle soit quasi-statique (et je veux dire par là qu’elle doit progresser d’état stable en état stable) et génératrice d’une entropie minimale. L’École a besoin d’un grand changement, qui préserve cependant les acquis qui ont fait sa réussite et fondent toujours aujourd’hui l’excellence de sa formation. J’ai pleine confiance dans la direction et l’ensemble des personnels de l’École pour mener cette révolution.

 

A toutes et tous, je souhaite de représenter dignement, dès aujourd’hui, l’uniforme que vous avez choisi, puis de faire vivre l’esprit de cet uniforme tout au long de vos brillants parcours. Il existe cent façons de servir nos concitoyens, mais il y a toujours une exigence, celle de voir au-delà de soi les intérêts de la collectivité. De cette façon, aussi loin que vous serez, aussi haut que vous irez, c’est toujours la France que vous servirez.

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 12:56
Venu assister à la cérémonie de présentation et de passation du Drapeau à la promotion 2014, le ministre de la Défense a révélé un ensemble de mesures pour réformer la célèbre école d’ingénieurs. - photo R.Pellegrino/ECPAD

Venu assister à la cérémonie de présentation et de passation du Drapeau à la promotion 2014, le ministre de la Défense a révélé un ensemble de mesures pour réformer la célèbre école d’ingénieurs. - photo R.Pellegrino/ECPAD



08/06/2015 L.Perier  - DICoD

 

Samedi 6 juin 2015, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s’est rendu sur le campus de l’École polytechnique, à Palaiseau (91). Venu assister à la cérémonie de présentation et de passation du Drapeau à la promotion 2014, il a révélé un ensemble de mesures pour réformer la célèbre école d’ingénieurs.

 

Développement à l’international, diversification sociale, suppression du classement de sortie… Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a révélé samedi 6 juin quelques-unes des grandes mesures préconisées par le rapport de Bernard Attali, haut fonctionnaire et ancien PDG d’Air France, sur l’avenir de la prestigieuse École polytechnique. À l’occasion de la cérémonie de présentation et de passation du Drapeau à la promotion 2014, le ministre a rappelé que si « l’École polytechnique est la première école de France par l’attraction sans pareille qu’elle exerce sur des milliers de jeunes étudiants, parmi les meilleurs de notre pays, […] elle rencontre aussi, il faut le reconnaître, des critiques, dont certaines – je le dis comme je le pense – sont justes et d’autres disproportionnées. »

 

L’école d’ingénieurs, sous tutelle du ministère de la Défense, a en effet fait l’objet d’une étude afin de réévaluer sa place et sa stratégie dans un monde de l’enseignement supérieur mondialisé où l’X – son surnom – est à la fois trop limitée en taille et trop peu visible à l’international.

 

Parmi les recommandations du rapport, Jean-Yves Le Drian en a révélé quelques-unes :

  • Développement à l’international  avec un rééquilibrage des étudiants français et internationaux. Objectif visé : quadrupler le nombre d’élèves étrangers ;
  • Accroissement de la diversité sociale des élèves : le rapport propose la création d’un internat de la réussite sur le plateau de Saclay qui sera dédié aux élèves boursiers, un triplement des recrutements universitaires ou des actions de communication ambitieuses dans les lycées ;
  • Diversification de la formation : la création d’un accès post-bac à l’école, la construction d’une voie par alternance ou la multiplication des enseignements dispensés sur internet sont des pistes envisagées ;
  • Suppression du classement de sortie. Le mode de sélection des ingénieurs d’État à la sortie de l’X se ferait par une sélection sur dossier et entretien de motivation ;
  • Suppression de la solde pour les élèves ;
  • Regroupement de dix grandes écoles scientifiques, dont l’X, au sein d’une nouvelle « École polytechnique de Paris », dans le cadre de l’université Paris-Saclay. Ce rapprochement permettrait de créer un ensemble à même de figurer dans les classements internationaux universitaires de par sa taille et la qualité de son enseignement.

 

D’ici la fin de l’année, un plan stratégique sur Polytechnique sera soumis au ministre en partant des grandes orientations proposées ci-dessus.

 

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5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 11:55
photo R.Senoussi DICOD

photo R.Senoussi DICOD

 

05.06.2015 Par Benoît Floc'h - Le Monde.fr

 

Il faut réformer l’Ecole polytechnique, rapidement, et en profondeur. Tel est le message d’un rapport qui vient d’être rendu au ministre de la défense, et que Le Monde s’est procuré. Il avait été commandé par le gouvernement fin 2014, pour « déterminer si le modèle actuel de l’école lui permet de répondre aux exigences internationales, et de concilier formation des futurs agents de l’État et des entrepreneurs privés » selon La Croix.

Les mesures que propose l’auteur, Bernard Attali, conseiller maître honoraire à la Cour des comptes et président d’honneur d’Air France, risquent de faire du bruit dans la communauté polytechnicienne.

 

 

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 07:55
Viols en Centrafrique : l’enquête déclassifiée

 

03/06/2015 par valeursactuelles.com

 

Centrafrique. Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a donné cet après-midi son feu vert pour déclassifier l’enquête interne sur les accusations de viols en Centrafrique sur des enfants, par des militaires français.

 

L’enquête déclassifiée

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a donné son feu vert à la déclassification de l’enquête interne de l’armée sur les accusations de viols d’enfants par des militaires français en Centrafrique. « Le ministre a répondu favorablement à la demande de la justice » après « un avis favorable » de la Commission consultative du secret de la défense nationale, a précisé l’entourage du ministre à l’AFP.

Une information judiciaire avait été ouverte par le parquet de Paris le 7 mai dernier, après des révélations publiées dans le quotidien britannique The Guardian. La gendarmerie prévôtale et la section de recherches de la gendarmerie de Paris se sont déplacés à Bangui en août 2014 pour mener une enquête. « Ils ont procédé à un certain nombre de vérifications » a indiqué le parquet.

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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 10:50
FREMM Carlo Bergamini (F 590)

FREMM Carlo Bergamini (F 590)

 

01.06.2015 Le Fauteuil de Colbert

 

Libre à nous de consulter l'allocution prononcée par le ministre de la Défense à Lann-Bihoué le 29 mai 2015 pour présenter le volet maritime de l'actualisation de la loi de programmation militaire. Par rapport au document d'informations présentant le projet de lois, ou encore les commentaires relatifs à l'allocation orale, il y a des choses à lire.
Laissons de côté la prochaine "livraison" de la Provence (qui succède au cuirassé Provence (1915-1949) à la batterie principale constituée de cinq tourelles doubles de 340) pour nous concentrer sur le sort des FREDA. 

 

Dans une autre base de la Marine nationale, l'arsenal de Toulon, le même ministre déclinait en juin 2013 le volet naval du livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2013.  Il était confirmé le "le développement de la FREMM, dont celles à capacité étendue pour la défense aérienne" puisque la Marine se dit incapable de tenir la protection aérienne de la Flotte à moins de quatre unité dédiées à cette tâche.

Il fallait prendre le ministre au mot car en 2015, les ambitions pour la FREDA se précisent. Outre les six FREMM à livrer pour la Marine d'ici à 2019, ce sont d'ici 2022 "deux autres FREMM anti sous-marines seront livrées. Ces dernières auront une capacité de défense anti-aérienne renforcée, par rapport aux premières FREMM." 

 

Il ne s'agit pas d'une frégate spécialisée dans la défense aérienne mais bien de deux frégates de classe Aquitaine aux capacités de défense aérienne étendues, comme c'était annoncé en 2013. C'est-à-dire que la capacité de lutte anti-sous-marine sera portée au minimum exigé en 1997, soit 8 bateaux, tandis que la protection aérienne de la flotte atteindra elle-aussi son format incompressible de 4 bateaux. 

 

Sauf que là où le bât blesse, c'est que cette décision entérine un format dissymétrique entre deux Forbin qui sont voués à la défense aérienne du groupe aéronaval, bien que disposant de capacités ASM secondaires, et deux Aquitaine aux capacités anti-aériennes plus légères pour accompagner, par exemple, le groupe amphibie. Le décalage technologique existant dans la défense aérienne de la Flotte depuis 1967, et l'entrée en service du Suffren, est pérennisé.

 

A priori, nous nous dirigeons pour le plus probable sur la non-intégration du SeaFire 500, le premier radar à faces planes français destiné à la Marine nationale. Le nombre de silos à missiles ne serait pas augmenter mais demeurerait bloqué à 32 cellules (contre 48 pour les Horizon avec un potentiel d'évolution vers 64). 

 

Ce qui peut surprendre puisque dans cette perspective, nous ne sommes dans la démarche de mise sur cale de deux FREDA. Mais plutôt dans celle de la "croiseurisation" des Aquitaine, c'est-à-dire à leur donner des capacités de lutte égales dans tous les milieux. Et cela était potentiellement applicable à toutes les autres frégates. De sorte que, après les Aquitaine Flight I, nous allons avoir les Aquitaine Flight II

 

La démarche initiale de l'Italie reprend les études des superstructures des Horizon pour les greffer sur les Carlo Bergamini, la variante italienne des FREMM. Rome équipera toutes ses FREMM d'Aster 30, et non seulement d'Aster 15. Qui plus est, le radar Empar, haut sur l'eau et presque sans masque, doit avoir une certaine portée. Question défense aérienne de la Marine militare, l'Italie aura 10 FREMM et 2 Horizon qui emporteront toutes des Aster 30. Il y a là nombre et polyvalence, ce qui permet d'attribuer une fonction à chacune des frégates accompagnant un groupe naval. 

 

Dans le schéma qui semble se dessiner à partir d'informations trop rares, la croiseurisation des Aquitaine serait actée mais limitée à deux unités. Par rapport à l'expérience italienne, il ne serait pas inintéressant de se demander si concevoir des superstructures porteuses d'un radar à faces planes pour les FREDA ne serait pas un gain de temps et d'argent en faveur des FTI, dont la première unité est espérée trois ans après la première FREDA ? Cela éviterait de développer, éventuellement, une version augmentée du radar Herakles.

 

Dans cet ordre d'idée, la croiseurisation des FREMM aurait vocation à s'étendre progressivement à toute la classe lors de refonte au tiers de vie des frégates. La mise en réseau des bateaux porteurs de senseurs et de vecteurs de défense aérienne permettrait par le nombre (2 Forbin et 10 Aquitaine) de corriger la légèreté des caractéristiques individuelles tout en étendant la portée de la bulle. Pourquoi ne pas greffer un sonar remorqué sur les frégates Forbin ? La mise en réseau des sonars est aussi un chantiers des prochaines années. Les cinq FTI (avec lesquelles la France repassera devant la flotte italienne) ne manqueraient pas, à partir de 2023, de venir renforcer une flotte de surface homogénéisée et apporter de nouvelles solutions pour moderniser les plateformes. La bataille de Tsushima (27 et 28 mai 1905) démontrait l'intérêt tactique de divisions navales homogènes.

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 16:55
photo DCNS

photo DCNS

 

29.05.2015 par DCNS

 

Jean-Yves Le Drian, Ministre de la Défense, a annoncé le 29 mai 2015 à Lorient, à l’occasion de la discussion parlementaire portant sur l’actualisation de la loi de programmation militaire 2014-2019, la poursuite de la modernisation des moyens de la Marine nationale. Le lancement immédiat du programme de frégates de taille intermédiaire (FTI), l’accélération du programme FREMM, la modernisation des frégates de premier rang ou encore le renouvellement des bâtiments de soutien permettront à DCNS de soutenir l’emploi de la base industrielle navale en France, de renforcer son avance technologique et d’accélérer son développement à l’international.

 

Hervé Guillou, Président Directeur Général de DCNS, déclare : « Nous nous réjouissons de la confiance du Ministère de la Défense pour assurer le renouvellement, l’entretien et la modernisation des moyens de la Marine nationale. L’actualisation de la Loi de Programmation Militaire va permettre à DCNS de continuer à développer sa gamme de navires et de services et accélérer son développement international. Avec le lancement du programme FTI, nous proposerons un produit qui répond au besoin de la Marine Nationale et qui répondra à une demande internationale en croissance pour des frégates de premier rang et d’environ 4000 tonnes »

 

L’actualisation de la Loi de Programmation Militaire contribue à consolider DCNS dans ses bassins d’activité. Le lancement de la FTI va donner 10 ans de visibilité industrielle au bassin d’emploi de Lorient. La nouvelle frégate de DCNS et les succès déjà remportés récemment en Egypte et en Malaisie assurent l’avenir du site lorientais de DCNS et de ses sous-traitants locaux. Ils permettront à ses bureaux d’étude de développer les solutions du futur. Au-delà, l’ensemble de nos sites bénéficie de cette charge, en particulier Bagneux et Toulon pour les systèmes d’information, Ruelle et Nantes-Indret pour les équipements.

 

Les frégates de taille intermédiaire, dont la première unité sera livrée dès 2023, ont vocation à remplacer numériquement les frégates de type La Fayette mises en service entre 1996 et 2001. Elles viendront compléter le programme de frégates multimissions FREMM dont la réalisation est actuellement en cours sur le site DCNS de Lorient. Les six premières doivent être livrées avant 2019. Ainsi, suite à la vente d’une Fremm à l’Egypte, DCNS accélère la cadence de production pour respecter intégralement les engagements pris pour la Marine Nationale dans la Loi de Programmation Militaire. Par ailleurs, la modernisation des frégates La Fayette et le lancement de la quatrième unité du programme B2M pour l’Outre-Mer bénéficieront aux bassins d’emploi régionaux de la filière navale, en particulier en Bretagne.

 

La nouvelle frégate, développée et réalisée par DCNS, sera un navire de combat de premier rang. Cette frégate présentera les atouts d’une solution modulaire, robuste, simple à l’usage et dotée d’une capacité opérationnelle inégalée sur le marché. Adaptée aux besoins de la Marine nationale et des marines de nombreux pays, la nouvelle frégate DCNS bénéficiera des solutions technologiques les plus avancées et notamment d’un radar à panneaux plans.

 

Fort de la réussite inédite en Europe du tir de missile de croisière naval (MdCN) à bord de la FREMM Aquitaine le 19 mai 2015, DCNS propose à ses clients des navires de référence tant dans la conception, la construction que dans l’intégration de systèmes innovants.

 

Sur le marché des frégates, DCNS compte actuellement parmi ses clients la Marine royale du Maroc avec la livraison de la FREMM Mohammed VI et la Marine égyptienne avec la commande d’une FREMM et de quatre corvettes Gowind. Par ailleurs, DCNS réalise six corvettes Gowind pour la Marine malaisienne.

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 16:55
Volet Marine du projet de loi d'actualisation de la LPM, Lann-Bihoué le 29 mai 2015

 

29/05/2015 M. Jean-Yves Le Drian, Ministre de la Défense

 

Allocution du ministre de la Défense sur le volet Marine du projet de loi d'actualisation de la LPM, Lann-Bihoué le 29 mai 2015

 

Allocution aux personnels de la Marine nationale

 

– Seul le prononcé fait foi –

 

Mesdames et Messieurs les élus,

Amiral,

Messieurs les officiers généraux,

Mesdames et Messieurs les officiers, officiers-mariniers, quartiers-maîtres et matelots,

Mesdames et Messieurs,

 

Je ne surprendrai personne en disant que j’ai toujours un grand plaisir à venir sur cette base de Lann-Bihoué, parce que c’est pour moi le synonyme d’un retour au pays natal, celui de Lorient, où j’ai fait ma vie et où je continue de vivre, lorsque mes activités de ministre me laissent un peu de répit.

 

Mais aujourd’hui, je suis d’autant plus heureux d’être ici, avec vous, que je rends visite à la Marine nationale.

 

Plus que jamais, dans un environnement stratégique qui s’est fortement dégradé, notre Marine prend la figure d’un navire au milieu des avis de tempêtes.

 

Les périls sont là, comment le nier ? D’un côté, nous devons affronter une menace terroriste, qui a pris une ampleur inédite et grave, sur de nombreux théâtres, au plus loin comme au plus près. Dans le même temps, la crise ukrainienne a ravivé le spectre des menaces de la force, c’est-à-dire de conflits interétatiques sur le continent européen lui-même. Les récentes démonstrations de puissance de forces navales étrangères (russe, chinoise) jusqu’à nos approches maritimes sont là pour nous le rappeler. Ce sont aussi les actes illicites de plus en plus fréquents en mer, ici trafics d’êtres humains, migrants, armes, drogues, là menaces sur les flux et apparition de zones de non-droit. Chacun en conviendra, la mer est aujourd’hui le lieu d’expression d’une violence de plus en plus forte, ce que nous ne saurions tolérer.

 

Il y a donc aujourd’hui une conjonction de crises et de menaces graves, soudaines et sans aucun doute durables à la fois.

 

Les marins le savent bien, la mer croisée est la plus dangereuse… A n’en pas douter, cette navigation est difficile, mais elle permet aussi d’éprouver la valeur des hommes et des femmes qui composent un équipage, comme l’excellence du navire sur lequel ils peuvent compter pour cette mission.

 

De fait, dans ce contexte dégradé, la Marine connaît un déploiement quasi-permanent sur cinq zones maritimes, alors qu’une à deux seulement étaient prévues par le livre blanc. C’est aujourd’hui l’Atlantique nord, la Mer noire, la Méditerranée, l’Océan indien et le golfe de Guinée. J’y ajoute le golfe arabo-persique, avec le retour il y a quelques jours du porte-avions et de son escorte au terme d’un engagement remarqué dans l’opération Chammal en Irak.

 

Dans le même temps, elle poursuit ses missions permanentes, sur toutes les mers du globe, qu’il s’agisse de garantir notre stratégie de dissuasion ou bien de protéger nos intérêts en contribuant notamment à l’action de l’Etat en mer.

 

La Marine est ainsi un acteur essentiel de notre posture de protection, que le Président de la République vient encore de renforcer. Elle a en effet la charge de protéger nos approches en métropole et outremer, par nos moyens navals, aéronavals et le dispositif sémaphorique. Elle contribue également à cette posture sur terre, en garantissant la protection de nombreux sites stratégiques de la Défense, notamment ceux liés à la dissuasion, avec les fusiliers marins. Ce sont, ainsi, aujourd’hui, près de 3 200 marins qui sont affectés à cette mission « Protection » en métropole.

 

Le livre blanc de 2013 et la loi de programmation militaire, votée la même année, avaient déjà pris acte de ces enjeux, en exprimant le besoin – et surtout en le rendant possible – d’une Marine moderne sur l’ensemble du spectre de ses missions.

 

Je pense ici aux travaux d’élaboration du successeur des actuels sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE). Je pense également à la mise en service opérationnel des frégates multi-missions (FREMM) et des sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) Barracuda, les deux étant équipés du missile de croisière naval (MdCN).

 

Je veux d’ailleurs saluer, ici, le récent tir, qui est le premier en Europe depuis une plateforme navale, du MdCN, réalisé depuis la FREMM Aquitaine. Cette réussite est celle de la Marine et de nos industriels, qui confirment une fois de plus leur excellence, au service de notre défense et notre économie.

 

Parmi les mesures fortes portées par la LPM au profit de la Marine, je pense également à la rénovation de la composante de patrouille maritime, dont je viens d’apprécier une fois de plus la qualité. Je mesure en particulier sa plus-value dans les opérations aéroterrestres en cours.

 

Je pense encore à la rénovation à mi-vie du porte-avions Charles de Gaulle, à l’adaptation de ses Rafales aux nouveaux standards, ou encore au lancement d’une force de guerre des mines de nouvelle génération, basée sur l’emploi des drones.

 

Voilà en quelques mots les principaux chantiers capacitaires que nous avons envisagés, et pour certains d’ores et déjà engagés, dans le cadre de la LPM votée en 2013. Cette dynamique va bien sûr se poursuivre, et elle va se trouver encore renforcée par le projet de loi portant actualisation de la loi de programmation militaire, que je défends en ce moment même au Parlement.

 

Cette démarche d’actualisation était prévue par la LPM elle-même. Mais le contexte international, que j’ai rappelé, qui nous confronte à des menaces nouvelles, inédites par leur gravité, et met sous tension notre système de force, a incité le Président de la République à accélérer le calendrier de l’actualisation et à décider d’un effort supplémentaire pour notre Défense, à la hauteur des enjeux auxquels nous faisons face.

 

Cette actualisation vise à garantir à nos forces armées la capacité de faire face dans la durée à l’ensemble de leurs engagements opérationnels, et cela sur le territoire national comme à l’extérieur de nos frontières, dans les espaces maritimes en particulier.

 

Dans cette perspective, le chef de l’Etat, chef des armées, a décidé un effort particulier pour la composante de surface, qui constitue donc un axe majeur de l’actualisation de la LPM. Cette actualisation, plus largement, permet d’améliorer la cohérence d’ensemble des programmes actuels et futurs, en matière d’objectifs, de calendrier, d’organisation industrielle. Ce sont ces mesures sur lesquelles je voudrais revenir maintenant.

 

Je veux citer en premier lieu la FREMM, bâtiment qui vient de réaliser avec succès, je l’ai dit, le premier tir du missile MdCN. Cela nous donne une capacité de frappe de précision au cœur des territoires hostiles, capacité pré-positionnée et discrète, depuis n’importe quelle zone maritime. Cette capacité est unique en Europe.

 

La FREMM Provence, deuxième du nom pour la Marine Nationale après l’Aquitaine, doit être livrée dans les jours qui viennent. Ce bâtiment a déjà remporté l’adhésion de clients export avec le Maroc et maintenant l’Egypte. Il démontre ainsi sa pertinence pour répondre aux besoins de différentes Marines. Pour répondre favorablement à la demande exprimée par l’Egypte, et être en mesure de procéder à une livraison avant l’été, il a fallu prélever une FREMM sur la production en cours. Je tiens à dire aujourd’hui que la qualité et les performances de la FREMM , ainsi que la réactivité de l’équipe France, dans ses différentes composantes, nous ont permis de relever ce défi.

 

Ce prélèvement sera compensé et je maintiens la livraison à la Marine Nationale de 6 FREMM anti sous-marines, d’ici fin 2019, selon le plan fixé par la LPM. La production des frégates devra donc être accélérée. Par la suite, d’ici 2022, deux autres FREMM anti sous-marines seront livrées. Ces dernières auront une capacité de défense anti-aérienne renforcée, par rapport aux premières FREMM. Enfin, elles seront suivies, dès 2023, par la livraison des 5 frégates de taille intermédiaire (FTI) prévues.

 

En effet, pour prendre en compte le réaménagement des livraisons des FREMM que je viens d’évoquer, j’ai décidé d’avancer le programme FTI  de près de deux ans. Le lancement de ce programme permettra donc une première livraison dès 2023, dans la continuité de la production des FREMM à Lorient.

 

Cette feuille de route « Frégates » s’appuie également, pour finir, sur des travaux de rénovation et de modernisation  des frégates de type La Fayette, afin de garantir le format de 15 frégates de premier rang dans l’attente de la livraison des frégates FTI.

 

Je voudrais insister ici sur cette décision prise au sujet des frégates de taille intermédiaire. Au-delà de l’enjeu majeur pour notre Marine, il s’agit bien aussi d’un choix de politique industrielle.

 

L’analyse de la DGA, menée ces derniers mois en collaboration avec DCNS et son partenaire Thalès, a en effet démontré le besoin d’un renforcement d’une offre française à l’export, qui soit complémentaire du produit FREMM. L’enjeu est aussi de pouvoir nous différencier au plan technologique, d’ici dix ans, d’une concurrence mondiale concentrée sur le créneau des frégates de taille intermédiaire, avec le lancement de projets similaires en Espagne, Italie, et Allemagne notamment.

 

Dans cette double perspective, opérationnelle et industrielle, le lancement anticipé du programme de la frégate de taille intermédiaire va permettre tout à la fois de respecter le format fixé par le Livre blanc, de donner à DCNS et à l’ensemble des sous-traitants une visibilité significative dans leurs plans de charge (tant en ingénierie qu’en production), et enfin de doter la FREMM d’un produit complémentaire permettant à DCNS d’élargir sa compétitivité à l’export.

 

Au-delà de ce paquet Frégates, dont chacun mesure ici l’importance, je veux également souligner deux autres décisions prises dans le cadre de l’actualisation de la LPM au profit des équipements de la Marine.

 

Pour renforcer notre capacité à faire respecter notre souveraineté dans le Sud de l’Océan Indien, il est prévu de porter de 3 à 4 le nombre de Bâtiments Multi-Missions, les B2M. Les premiers exemplaires sont en cours de fabrication par les chantiers de Piriou et DCNS. J’ai eu l’occasion de visiter le chantier Piriou de Concarneau en février dernier, et j’espérais déjà pouvoir être en mesure de baptiser un 4ème B2M. Je suis heureux de le confirmer aujourd’hui.

 

Enfin, les capacités de soutien et d’assistance hauturiers militaires vont être également renforcées, par l’acquisition de deux bâtiments de servitude BSAH supplémentaires, pour compléter les deux initialement prévus. Ces quatre bâtiments, dont les deux premiers devraient être livrés dès 2017, interviendront en soutien de l’action de nos moyens navals dans la surveillance de nos approches maritimes métropolitaines. Si j’en crois la presse, l’attribution de ce marché pourrait intervenir prochainement, et je me félicite de cette bonne nouvelle !

 

Ainsi, fort de cette politique industrielle renforcée, je ne peux qu’appeler de mes vœux la poursuite de la dynamique vertueuse de la filière française navale de surface, qui a remporté récemment des succès mérités. Les commandes nationales, pour les FREMM à Lorient, les B2M, mais aussi les contrats à l’exportation remportés auprès de la Malaisie et de l’Egypte, soulignent une fois de plus le dynamisme et la capacité d’innovation de la région Bretagne, et plus particulièrement des chantiers DCNS et Piriou, que je veux féliciter.

 

Au-delà des équipements, l’actualisation de la LPM représente un défi majeur sur le plan des ressources humaines pour toutes les armées, et notamment pour la Marine. Cette actualisation permettra ainsi de renforcer ses effectifs, pour qu’elle soit pleinement en mesure de relever ces différents défis. J’ai pour objectif de créer 800 postes, dont plusieurs centaines de fusiliers marins pour renforcer la protection de nos sites sensibles, ainsi que notre capacité à exploiter de l’information dans le cadre de la protection et de la sûreté des approches littorales. En outre, la création de près de 250 postes est visée au profit notamment de l’accompagnement de nos partenaires, je pense en particulier aux succès de nos frégates et de nos patrouilleurs construits par les chantiers français.

 

L’actualisation de la loi de programmation militaire renouvelle donc la forte ambition que nous formons pour notre Marine, porte une série de dispositions majeures en ce sens.

 

Le plan « Horizon Marine 2025 » va dans le même sens. L’amiral Rogel m’a présenté ce plan stratégique et je l’ai approuvé parce qu’il indique un chemin ambitieux et adapté aux enjeux auxquels notre Marine va être confrontée. C’est une démarche qui inscrit dans le temps long l’ambition d’une Marine opérationnelle, à vocation mondiale, qui se modernise, et adapte son organisation pour agir en permanence et sur toutes les mers dès que son action est requise. Une Marine, aussi, qui s’appuie sur des hommes et des femmes exceptionnels, sur des équipages performants et combatifs comme j’ai pu le constater lors de toutes mes visites, en mer ou à terre. Je veux aussi saluer, ici, les acteurs du soutien, comme ceux que j’ai rencontré récemment à Toulon pour la gestion de la solde des marins : ce sont leurs grandes qualités qui m’ont conduit à désigner la Marine pour effectuer en premier la bascule sur le nouveau logiciel Source solde.

 

J’ai ouvert mon propos avec une image, celle d’un navire engagé dans une navigation difficile, exigeante, passionnante, qui sait compter sur la qualité de son équipage, fort aussi du cap qui a été tracé, pour rallier l’objectif. Derrière cette image, il y a un message, et je voudrais conclure par-là : dans un contexte de tensions stratégiques, de menaces directes pour notre sécurité collective, j’ai pleine confiance dans notre Marine pour relever les défis qui l’attendent aujourd’hui. Ministre de la Défense, je me tiens plus que jamais à vos côtés dans cette aventure partagée.

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 11:55
Trophées des champions de la Défense

Le ministre de la Défense a remis le trophée « Brigadier-chef Alexis Vastine » au sergent Martin Fourcade. - R. Pellegrino/ECPAD

 

19/05/2015 SCH Beltran - Armée de Terre

 

La première édition de la cérémonie des trophées des champions de la Défense s’est tenue le mercredi 13 mai à l’hôtel de Brienne. Cet évènement a permis de récompenser les militaires dont les résultats obtenus ont mis en valeur l’armée française et sa pratique du sport.

 

Présidée par monsieur Jean-Yves le Drian, ministre de la Défense, cette soirée a connu un grand succès et a été l’occasion de souligner l’importance de l’entraînement physique pour les militaires. Que ce soit dans la préparation opérationnelle ou dans l’aide à la reconstruction des blessés, le sport est un moyen de se forger une force morale.

 

5 récompenses ont été attribuées dont le trophée « brigadier-chef Alexis Vastine » qui rend hommage au sportif disparu tragiquement le 9 mars dernier dans le crash d’un hélicoptère. Il a été décerné au sergent Martin Fourcade, récent vainqueur de la coupe du monde 2015 et ayant débuté sa carrière dans l’armée de Terre.

 

Les lauréats de la 1ère cérémonie des trophées des champions de la Défense 2015 sont :

    Trophée « coup de cœur » : équipe cycliste de l’armée de Terre ;

    Trophée « blessés militaires » : délégation française des Invictus Games ;

    Trophée « sport d’élite » : équipe de France militaire de football ;

    Trophées « sport pour tous » : École des Fourriers de Querqueville et Jean-Michel Maghe, maire de Querqueville.

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