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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 16:55
La LPM adoptée au Sénat en première lecture

 

 

22 octobre, 2013 FOB

 

Hier soir, les sénateurs ont adopté en première lecture le projet de Loi de Programmation Militaire (LPM) pour les années 2014 à 2019 avec une petite majorité de 163 votes contre 139 et 44 abstentions. Un vote obtenu grâce à l’abstention des communistes et d’une quinzaine de sénateurs UMP (dont Gérard Longuet, Jean-Pierre Raffarin ou Jacques Gautier).

 

« Aboutissement d’un travail de plusieurs années » selon Jean-Louis Carrère, Président de la Commission défense du Sénat rencontré ce matin, « nous avons tenté de faire un texte le moins modifiable possible et nous espérons qu’il ne sera pas dénaturé par le vote de l’Assemblée Nationale. »

 

Sans surprise, le projet reprend pour l’essentiel le projet du ministère, avec les sécurités auxquelles étaient attachées les parlementaires, à savoir le recours à un budget interministériel non imputable à la Défense en cas de surcoût sur le budget opérations extérieures (OPEX) ou de ressources exceptionnelles (REX) qui ne seraient pas au rendez-vous, ainsi qu’une clause de revoyure fin 2015. « Nous avons gagné beaucoup d’arbitrages qui n’étaient pas évidents (…) et un contrôle sur place et sur pièces pour les commissaires de la défense des assemblées pour juger de la bonne exécution de la LPM »

 

Interrogé par des journalistes de l’association de la presse défense (AJD), Jean-Louis Carrère se déclarait satisfait du projet adopté par les sénateurs. Même si « cette LPM est juste suffisante (…) on s’est donné les moyens de contrôler son exécution ». C’est maintenant au tour de l’Assemblée nationale de se saisir du projet, ce qui ne devrait pas poser de difficultés, le PS disposant là de la majorité absolue.

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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 16:55
Audition du général D. Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’air, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014

17.10.2013 Assemblée Nationale

 

Audition du général D. Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’air, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014

 

 

Compte rendu n° 7 - mardi 8 octobre 2013 - séance de 17 heures 15

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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 11:55
Audition de l’amiral B. Rogel, chef d’état-major de la marine, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014

17.10.2013 Assemblée nationale

 

Audition de l’amiral B. Rogel, chef d’état-major de la marine, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014

 

Compte rendu n° 8 - mercredi 9 octobre 2013 - séance de 9 heures

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 07:55
Discours à l’occasion de la séance plénière du Conseil supérieur de la réserve militaire

A Paris, mardi 24 septembre 2013 M. Jean-Yves Le Drian, Ministre de la défense

 

– Seul le prononcé fait foi –

 

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs les membres du Conseil supérieur de la réserve militaire,

Mesdames et Messieurs,

 

Je suis très heureux de pouvoir être avec vous aujourd’hui. Je reviens tout juste du Mali et, en dépit de la pression qu’exerce le contexte international que vous connaissez, je tenais à présider cette assemblée plénière.

 

Le Livre blanc rendu public le 29 avril dernier, et le projet de loi de programmation militaire que j’ai l’honneur de défendre en ce moment, l’affirment expressément : les réserves militaires sont partie intégrante de notre modèle d’armées. C’est dire combien cette réunion du conseil supérieur de la réserve militaire est un événement important pour le ministère dont j’ai la charge. Vos sessions permettent en effet de faire vivre le dialogue avec les réservistes, à travers les fédérations et les associations nationales, et ce dialogue donne sens à leur mission. Elles permettent aussi de rassembler l’ensemble des acteurs concernés – employeurs publics et privés, représentants des professions libérables, salariés, agents publics ou personnalités qualifiées – autour d’une même ambition, celle de mettre notre réserve au service des armées dans la Nation.

 

A cet égard, je tiens à saluer le préfet Thierry Lataste, directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur. Sa présence, ainsi que celle du général Richard Lizurey, major général de la gendarmerie nationale qui représente le DGGN, le général Favier, est là pour nous rappeler que la gendarmerie représente, à elle seule, la moitié des effectifs de la réserve militaire. J’y reviendrai tout à l’heure, mais il est clair que les constats autant que les défis nous sont communs, même si les spécificités de nos deux maisons réclament d’adapter la réponse que nous leur portons.

 

Je voudrais d’abord revenir sur le contexte dans lequel s’inscrit notre ambition pour la réserve. Depuis votre dernière session, le Président de la République a pris une série de décisions qui répondent à un défi majeur, celui de l’adaptation de notre politique de défense aux menaces de demain.

 

Pour relever ce défi, dans un contexte budgétaire lui-même exceptionnellement difficile, le Président de la République s’est prononcé sur quatre grandes orientations, qui sont au coeur du Livre blanc de 2013 et du projet de LPM pour les années 2014-2019. Vous me permettrez de les évoquer simplement, parce que c’est aussi ce contexte, ces orientations, cette ambition, qui donnent tout leur sens aux échanges que je souhaite avoir avec vous aujourd’hui.

 

En premier lieu, la décision a été prise de sanctuariser notre effort de défense, en dépit de la contrainte financière considérable qui s’exerce sur le budget de l’Etat. En reconduisant le budget du ministère à son niveau actuel, c’est-à-dire 31,4 Mds€, puis en envisageant une hausse à compter de 2016, le Président de la République a marqué et répété une priorité dont ne bénéficie pas la plupart des ministères. La raison en est simple, mais je crois qu’elle mérite d’être rappelée : c’est là un effort que la Nation consent, non pas pour ses armées en elles-mêmes, mais pour leur finalité qui est de garantir la sécurité du pays.

 

Pour autant, des efforts seront nécessaires, je ne l’ai jamais caché, et nous devons résoudre de nombreuses difficultés. Nous avons veillé à définir une ambition opérationnelle en rapport avec nos intérêts de sécurité, comme avec nos responsabilités. De cela, le Président de la République et le Gouvernement sont garants et, pour atteindre ces objectifs, la réserve militaire aura un rôle à jouer. Nous devrons conduire le mouvement de diminution des effectifs d’active nécessaires pour adapter le modèle de nos armées aux nouveaux contrats opérationnels, et permettre ainsi les économies recherchées.  Mais cette évolution, dont je mesure la difficulté autant que j’en éprouve la nécessité, reposera sur une démarche de concertation, au sein et hors du ministère.

 

Deuxième grande orientation, maintenir la France au premier rang stratégique. L’ambition du Gouvernement s’énonce clairement : conforter notre capacité de dissuasion, qui est une des clés de l’autonomie stratégique ; garantir notre aptitude à intervenir dans l’ensemble des situations où nos intérêts de sécurité et nos responsabilités internationales pourraient être mis en jeu ; assurer en permanence la protection du territoire et de sa population. La capacité à remplir simultanément les trois missions fondamentales, définies par le Livre blanc, répondait à cette ambition. Et grâce au niveau de ressources que je viens d’évoquer, nous resterons l’un des rares pays dans le monde à pouvoir assurer ces trois missions ensemble.

 

J’ajoute que pour traduire cette deuxième grande orientation dans les faits, nous avons marqué deux priorités. D’abord en faveur de l’entraînement et de la préparation opérationnelle, parce que l’excellence de nos armées, leur crédibilité en découle directement. Ensuite au profit de l’équipement des forces, avec un niveau de crédits qui sera en constante progression sur la durée de la programmation.

 

C’est d’ailleurs la troisième grande orientation, l’impératif industriel. Disposer d’une industrie performante est aussi un élément de notre rang stratégique. Avec 4 000 entreprises, dont une majorité de PME/ETI, 165 000 emplois directs, un chiffre d’affaires global d’environ 15 Mds€, les industries de défense sont à la fois l’une des conditions de notre autonomie, et l’un des moteurs les plus dynamiques de la compétitivité de notre économie. Elles représentent l’un des atouts importants dont nous disposons pour l’équilibre de la balance de nos comptes publics, grâce aux exportations. Elles constituent enfin un domaine d’excellence pour l’emploi. Aujourd’hui, le Gouvernement s’engage donc pour qu’elles le demeurent.

 

Quatrième et dernière grande orientation, tirer le meilleur parti de nos alliances et de notre choix en faveur de la construction européenne. Je pense à l’Alliance atlantique, où nous devons jouer sans complexe un rôle actif et qui soit favorable à l’affirmation des Européens dans le lien transatlantique. Je pense aussi, bien sûr, à la relance de l’Europe de la défense elle-même. L’Union européenne a besoin d’appuyer sa force de frappe économique sur des ressorts politiques et stratégiques si elle entend demeurer dans les années à venir l’une des principales puissances mondiales. C’est le sens de la démarche que j’ai initiée et qui va connaître un temps fort avec le Conseil européen de décembre. Ces quatre grandes orientations, sur l’effort de défense, sur notre rang stratégique, sur la base industrielle et sur l’Europe de la défense, constituent le socle du renouvellement de notre politique de défense.

 

Car l’enjeu n’était pas seulement d’adapter l’outil aux circonstances, mais bien de le concevoir à long terme, de le préparer aux guerres de demain, aux menaces du futur. C’est ainsi que le Livre blanc prend en compte un certain nombre d’évolutions juridiques, technologiques, stratégiques ; et c’est dans la même perspective que le projet de loi de programmation militaire marque plusieurs priorités, sur notre politique spatiale, sur la cyberdéfense, sur le renseignement…

 

Ce renouvellement de notre politique de défense s’inscrit dans une certaine trajectoire de la Nation, à un moment où son environnement lui commande de ne pas baisser la garde. De ce point de vue, la vigilance doit être l’oeuvre de tous. J’aime à dire que la communauté de défense, ce n’est pas simplement les hommes et les femmes du ministère dont j’ai la charge. C’est la communauté nationale dans son ensemble, qui se reconnaît des intérêts de sécurité et des responsabilités, et décide de se montrer à la hauteur de ces enjeux. C’est à la lumière de ce contexte que je voudrais vous exposer mon ambition pour les réserves militaires.

*

Cette ambition se fonde d’abord sur un constat. Ces trois dernières années, la réserve militaire a vu son rôle réaffirmé, mais il faut reconnaître que son pilotage budgétaire a pu compliquer la vie quotidienne et susciter des interrogations.

 

Après une montée en puissance qui a trouvé ses fondements dans la loi du 22 octobre 1999 sur la réserve, la réserve militaire a connu une stabilisation puis une lente érosion des effectifs et du budget. C’est un paradoxe pour une armée professionnelle, qui a besoin de ses réserves. Cette évolution trouve sans doute une part d’explication dans le contexte des crises financières qui se sont succédées depuis 2008. Mais il me semble que, l’absence de dialogue et de communication a pu accroître les interrogations.

 

A ce stade de mon propos, je crois qu’il faut rappeler quelques chiffres simples. Ils confirment à mes yeux, je le dis tout net, que nos armées ont besoin de la réserve.

 

En termes d’activité, la réserve a représenté 1,16 millions de jours en 2012.

 

Au plan des effectifs, on a compté 56 300 contrats d’engagement pour 2012.

 

Au plan de la durée de l’activité, enfin, la moyenne était de 20,6 jours en 2012.

 

Ces quelques chiffres reflètent une réalité : c’est avec la réserve que les armées et la gendarmerie nationale remplissent les missions qui leur incombent. Elles ne sauraient atteindre les mêmes objectifs sans les compétences et l’énergie que la réserve représente.

 

Cela est particulièrement vrai, vous le savez, pour les missions de protection, qu’il s’agisse de Vigipirate, de la surveillance aérienne ou maritime du territoire, ou encore de l’armement des états-majors des zones de défense et de sécurité.

 

Bien sûr, des questions et parfois des doutes ont pu naître chez les réservistes. Là encore, quelques chiffres sont éloquents. Il y a d’abord un écart réel entre les ambitions et la réalité : la programmation précédente visait ainsi 40 000 réservistes pour les armées, mais nous n’avons pas dépassé 33 800 – c’était en 2008 –, et nous sommes aujourd’hui à 27 500 réservistes.

 

Ensuite, on peut faire le constat que la part des anciens militaires est forte au sein de la réserve opérationnelle : environ 53% (hors gendarmerie nationale). Ce pourcentage élevé est bien sûr dû à la décroissance des anciens appelés du contingent, mais il traduit aussi une certaine difficulté à ouvrir la réserve à la société civile. Cette difficulté, il faut nous en saisir, parce que c’est un défi majeur pour les prochaines années.

 

Enfin, il y a eu une diminution régulière des budgets depuis trois ans : 78 M€ en 2010, 74 M€ en 2011 et 71,5 M€ en 2012, montant qui a été reconduit en 2013. Les décisions de réduction ont souvent été prises en cours d’année, ce qui a pu donner aux réservistes le sentiment qu’ils étaient des variables d’ajustement. Ce n’est pas acceptable, et la prise en compte de l’importance des réserves passe d’abord par le dialogue, à l’instar de celui que nous avons aujourd’hui.

 

Le constat est donc simple. Parce qu’un million d’euros représente à peu près 10 000 jours d’activité de réserviste, on mesure l’effet déroutant d’une réduction, même limitée, de ce budget. C’est une programmation semestrielle qui s’effondre. C’est une durée d’engagement qui se trouve divisée par deux, cela sans préavis. Là encore, ce n’est pas acceptable.

 

Il y a donc une sensibilité particulière de la réserve aux aléas budgétaires, et je crois que cette sensibilité n’a pas été suffisamment appréhendée. Il en ressort une incompréhension légitime, et en même temps des attentes, un besoin de clarification en particulier, qu’il nous revient de satisfaire.

*

C’est sur la base de ce constat que le Président de la République a souhaité reformuler et renforcer l’ambition qui doit être la nôtre pour la réserve militaire. Cette ambition, le Livre blanc de 2013 en dessine les contours. Il répond d’abord au besoin de clarification que je viens d’évoquer, en validant les grands principes sur lesquels repose notre réserve militaire. Elle est organisée en deux branches – réserve opérationnelle et réserve citoyenne – qui permettent de faire appel à tous les types d’engagement, tous les types de disponibilité.

 

La réserve opérationnelle, d’abord, fait partie intégrante du modèle d’armée tel qu’il a été repensé. Il n’y a donc pas des missions qui seraient confiées à l’armée d’active, et d’autres qui incomberaient à l’armée de réserve. Il n’y a qu’une seule armée, face à un ensemble de missions. Ainsi, la réserve militaire a-t-elle vocation à être employée en opérations extérieures, et c’est un cas de figure que je veux préserver. Pour le dire autrement, les seules missions auxquelles les réservistes n’ont pas accès, sont celles qui exigent une formation et un entraînement tels que seul un travail à temps complet permettrait d’y répondre.

 

Le Livre blanc prévoit par ailleurs de « continuer à développer les missions sur le territoire national ». Je relève avec satisfaction que c’est bien l’inflexion prise avec la création du bataillon Ile-de-France. J’ai déjà eu l’occasion de saluer cette création. Je crois qu’il faut la souligner et mettre en valeur ce bataillon, par exemple en envisageant sa participation au défilé du 14 juillet. Je crois que cette initiative contribuerait à étendre la notoriété de la réserve.

 

La réserve citoyenne, quant à elle, a été confirmée par le Livre blanc. Je l’ai fermement souhaitée. Ses 3 000 volontaires bénévoles offrent de leur dynamisme et de leur temps pour être des relais de la défense vers la société civile. A cet égard, elle est une expression forte et originale de notre citoyenneté. Son développement sera donc encouragé. Dans cette perspective, deux axes d’effort continueront d’être explorés : la contribution à la diffusion de l’esprit de défense, et le renforcement des forces armées par l’apport de compétences spécifiques.

 

Dernier grand principe énoncé par le nouveau Livre blanc, la « réserve de sécurité nationale » voit son importance à nouveau soulignée pour la gestion des crises majeures. Cette réserve devra être plus efficace, en optimisant notamment la réserve dite « de disponibilité » où se retrouvent les militaires qui viennent de quitter le service. Ici, le Livre blanc rappelle la nécessité d’aller au bout des travaux réglementaires et législatifs, en faisant paraître les décrets d’application. Nous devons achever cette démarche, et je sais que vous y êtes attachés, comme le montre la question écrite posée à ce sujet par le sénateur Michel Boutant, que je suis heureux de saluer parmi nous.

 

L’affirmation de ces grands principes ancre la réserve au coeur du renouvellement de notre politique de défense. J’y vois la confirmation que notre concept de réserve militaire a du sens et que le doute n’est pas permis sur sa pertinence. S’il y a pleine adéquation avec le besoin, il n’en reste pas moins que des adaptations sont nécessaires, pour répondre aux préoccupations que j’évoquais tout à l’heure. C’est dans cette perspective que je voudrais partager avec vous une série d’orientations qui concernent autant des changements structurels, que des ajustements plus immédiats.

 

Aujourd’hui, je retiendrai trois grandes orientations.

 

D’abord, il faut simplifier la gouvernance des réserves militaires. La multiplication des acteurs et des instances de décision n’est pas de nature à faciliter l’efficacité de notre dispositif. Avec le COMEX pour fixer les orientations politiques, avec le CSRM pour réfléchir ensemble à cette politique et ses conséquences pour les réservistes, enfin avec les employeurs pour la mettre en oeuvre, je crois que nous disposons de tous les outils nécessaires pour piloter la réserve militaire. Mon intention est donc d’en simplifier la gouvernance, en supprimant l’instance du comité directeur qui n’a pas démontré sa pertinence.

 

Deuxièmement, il faut mettre en place une stratégie de communication plus ambitieuse. D’après un récent sondage, moins de 30% des jeunes identifient suffisamment la réserve pour pouvoir envisager de la rejoindre. Or, la réserve doit être aussi connue que les armées ellesmêmes, dont elles font partie. La réserve militaire, c’est l’armée qui se rend accessible à toutes les bonnes volontés. L’enjeu premier est donc de le faire savoir. Le secrétaire général du CSRM et le DICOD me transmettront leurs propositions dans le courant du mois d’octobre. Cette nécessité de mieux communiquer, est un enjeu citoyen, au-delà même de l’enjeu du recrutement pour la réserve. C’est aussi en parlant de ce lien auquel nous sommes si attachés entre les armées, la réserve et la société civile, que nous le faisons vivre. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai souhaité retenir le thème « réserve militaire et citoyenneté » pour la Journée nationale du réserviste 2014.

 

Troisième et dernière orientation, il faut revoir l’organisation du recrutement. Il nous appartient de le rendre plus efficace, plus cohérent aussi avec la priorité donnée au recrutement de réservistes issus de la société civile. Dans les décennies à venir, la réserve militaire se présentera à des générations dont le seul lien avec nos armées consistera le plus souvent dans la Journée défense et citoyenneté. C’est là un enjeu dont nous devons prendre toute la mesure. Notre politique de recrutement doit donc être plus volontariste, pour développer la connaissance et l’attractivité de la réserve à l’égard de la société civile. Préparer la réserve de demain est notre devoir. La cohésion entre la défense et la Nation en dépend pour une part essentielle.

 

Dans la suite de ces trois grandes orientations, j’ai souhaité ainsi entreprendre une série d’actions très concrètes.

 

- D’abord, améliorer le recours à des réservistes opérationnels dans les domaines qui sont déficitaires. Je pense en premier lieu à la cyberdéfense, nouvelle donne stratégique qui est également au cœur du Livre blanc de 2013. L’enjeu de la cyberdéfense intéresse les réservistes opérationnels et les réservistes citoyens. C’est une priorité.  Au-delà, ce sont l’ensemble des métiers de la résilience, autour de la gestion des crises, qui gagneraient à s’enrichir des compétences que possèdent les réservistes.

 

- La deuxième action vise à accroître la fidélisation des personnels. La durée moyenne des ESR est aujourd’hui de 2,5 ans, ce qui suppose plus de 10 000 nouveaux contrats signés chaque année. Je sais que c’est trop pour les organismes chargés du recrutement et de la formation. C’est trop, également, pour les autorités militaires qui doivent pouvoir compter sur l’expérience des réservistes. Je veux donc travailler à fidéliser les personnels, sachant que cela suppose des initiatives de la part des armées, mais également de la part des employeurs civils. De la part du ministère de la défense, il s’agira de mieux identifier les perspectives de carrière, de favoriser la proximité géographique ou encore de développer la fongibilité des emplois. De la part de l’employeur, c’est bien sûr une vraie reconnaissance du statut de réserviste qui est nécessaire pour s’inscrire dans la durée. C’est un enjeu important, qui associe tous les acteurs, représentés dans cette salle. C’est dire vos réflexions et propositions seront utiles.

 

- Troisièmement, et le sujet est lié au précédent, il faut développer la coopération avec les entreprises, condition de développement du vivier de la réserve militaire. Les outils existants sont les bons, mais il nous faut les dynamiser encore, avec peut-être des objectifs plus ambitieux. Je pense aux comités de liaison réserve-entreprise, ainsi qu’aux correspondants régionaux entreprises défense, dont l’effectif a été doublé, passant de 30 à 60. Je pense au pacte Défense-PME, qui nous permet de diffuser l’esprit de réserve dans les petites et moyennes entreprises. Je pense encore aux 330 conventions signées à ce jour. Il y en aura 500 d’ici la fin 2014. Le lien entre les entreprises et le ministère de la défense est aussi fondamental pour l’organisation et le rayonnement de la réserve. Je veux y porter toute mon attention.

 

- Quatrième engagement, sanctuariser le budget de la réserve opérationnelle. L’enjeu est d’offrir aux réservistes à la fois la visibilité et la confiance dont ils ont besoin au moment de signer leur engagement. Cet engagement est déjà inscrit dans le projet de LPM qui des crédits annuels de 71 M€ sur la période 2014-2015. Ce montant est une synthèse des ambitions que nous tenons à marquer et des efforts qui nous sont en même temps demandés. C’est désormais sur la stabilité et la visibilité que nous offre ce chiffre qu’il faut bâtir les réserves militaires dont nous avons besoin.

 

- Cinquième action, j’y ai fait allusion tout à l’heure, rénover la réserve de disponibilité. Si tous les employeurs sont conscients de la nécessité d’en simplifier la gestion et la mise en oeuvre éventuelle, elle ne semble pas suffisamment crédible et mobilisable, du moins à la hauteur des enjeux d’une gestion de crise majeure. Il faut donc en améliorer le suivi et la gestion, pour être certain de sa réponse. Faut-il en diminuer le volume global pour mieux la maîtriser, ou conserver des effectifs théoriques élevés, en tolérant une incertitude dans la réponse ? Les modalités de cette optimisation ne sont pas encore fixées. Il faut donc continuer à y travailler pour être en mesure de prendre les décisions qui s’imposent dans les mois qui viennent.

 

Enfin, dernière action à mener, clarifier et actualiser les missions de la réserve citoyenne, pour lui donner toute l’ampleur et tout le rayonnement que nous souhaitons. Une directive interministérielle, que j’ai cosignée avec le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, harmonise et détaille le rôle de cette réserve. Il est certain que la bonne volonté autant que l’expertise de ces réservistes doivent être davantage sollicités. Pour m’assurer de la cohérence de cette démarche, j’ai désigné votre secrétaire général pour être le coordonnateur de cette réserve citoyenne.

 

Qu’il s’agisse des orientations structurelles ou des objectifs plus concrets, c’est sur vous, membres du conseil supérieur de la réserve militaire, que je compte maintenant pour approfondir ces pistes et nous apporter les réponses les plus pertinentes. En tant qu’instance de réflexion et de conseil qui réunit tous les visages et toutes les sensibilités de la réserve militaire, il vous revient de prendre à bras le corps ces axes de travail. J’attends donc de vous des propositions, pour que nous consolidions ensemble les réserves, mieux assurer leur fondations, confiantes dans leur avenir et heureuses de servir.

*

Après une période d’incertitude, mon souhait est que nous nous engagions résolument vers des réserves renforcées. Elles garderont leur efficacité. Elles seront mieux encore intégrées à nos armées. Elles seront mieux connues de nos concitoyens.

 

Voilà en quelques mots l’ambition que je voulais partager avec vous, mais je voudrais à présent recueillir votre point de vue et je vous laisse sans plus tarder la parole.

 

Je vous remercie pour votre attention.

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 14:55
Défense : les militaires français sont moins bien payés que les Britanniques et les Allemands

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, va faire partir 5.800 officiers sur la période 2014-2019

 

17/10/2013 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Même si les militaires français sont moins bien payés que leurs homologues allemands ou britanniques, leur système de rémunération n'en demeure pas moins complexe pointe la Cour des Comptes.

 

Attention dossier très sensible. En matière de rémunération des militaires, le rapport de la Cour des Comptes apparaît finalement mitigé. Certes, un très gros travail de simplification et de cohérence semble plus que nécessaire mais, au final, les militaires français ne sont pas si grassement payés. Surtout par rapport à leurs homologues étrangers. Et loin de là. Les Sages de la rue Cambon reconnaissent que la rémunération des militaires français en activité est inférieure à celle des militaires britanniques et allemand. En revanche, le système de pension français est plus généreux, pondère la Cour.

Les dépenses de rémunération des militaires des trois armées, des différents services et de la direction générale de l'armement (DGA), hors gendarmerie, représentent 7,7 milliards d'euros hors dépenses afférentes aux retraites et 20 % des crédits de la mission défense. A ce montant, il faut rajouter 2,6 milliards pour l'ensemble des primes et indemnités diverses versées aux militaires en 2012. "Le niveau de rémunération des militaires n'est pas aujourd'hui en décalage avec celui des fonctionnaires civils", affirme la Cour. 

 

Les militaires britanniques et allemands mieux payés

En Grande-Bretagne, "la comparaison des dépenses de personnel de chacun des deux
ministères rapportées à leurs effectifs révèle que les militaires britanniques sont moins nombreux, mais que les dépenses de personnel sont plus élevées qu'en France, ce qui se traduit par un écart proche de 20.000 euros annuels en moyenne", observe la Cour des Comptes. Clairement, les militaires britanniques sont moins nombreux (191.650 hommes en 2010, contre 235.230) mais ils coûtent beaucoup plus chers. Et pas qu'un peu : 11,1 milliards d'euros, contre 9,3 milliards d'euros.

En Allemagne, la grille de solde des militaires allemands permet également de constater que le niveau de rémunération indiciaire des militaires allemands est supérieur à celui de leurs homologues français. À titre d'exemple, la solde de base du caporal français est comprise entre 1.426 et 1.450 euros par mois alors que celle de son homologue allemand est comprise entre 1.824 et 2.079 euros mensuels. Celle d'un capitaine français est comprise entre 2.250 et 2.600 euros mensuels alors que celle de son homologue allemand est comprise entre 2.600 et
3.900 euros.

Pour autant, en contrepartie d'une réduction de 54.000 militaires entres 2008 et 2014, la Cour rappelle que l'État avait mis en œuvre un plan d'amélioration de la condition miliaire. "Sa principale traduction a consisté en une revalorisation indiciaire et statutaire ambitieuse", rappelle-t-elle. Ce qui pourrait réduire cet écart avec les armées britannique et allemande.

 

174 primes pour les militaires français

Avec 174 primes et indemnités différentes, dont certaines très désuètes, le système indemnitaire des militaires français "apparaît complexe, peu lisible et difficilement contrôlable", estime la Cour. "Un toilettage des primes pour supprimer celles qui n'ont plus de raison d'exister s'impose, recommande-t-elle. En outre, il conviendra de mettre fin à un certain nombre de pratiques contestables". En moyenne, les primes et indemnités représentent 33 % de la masse salariale globale. Si on y inclut les primes afférentes aux opérations extérieures (OPEX), cette part atteint 38 %. "Aucune analyse complète n'a été réalisée depuis 2009, ce qui est préjudiciable à la maîtrise de la masse salariale", regrette la Cour.

En outre, estime-t-elle, "la multiplicité des primes entretient une dynamique inflationniste et induit un coût de gestion. Intrinsèquement, l'absence de visibilité du régime indemnitaire et la difficulté de vérifier la réalité de certaines primes rendent le système hors contrôle".

 

Des économies qui ne sont pas réalisées

La Cour des Comptes l'avait déjà dénoncé dans un précédent rapport publié en juillet 2012. En dépit d'une réduction majeure des effectifs, les dépenses de personnel ont dépassé toutes les prévisions budgétaires. Le ministère de la Défense attendait de la réduction de 23.000 emplois une économie nette cumulée de 1,1 milliard d'euros sur la période 2009-2011. Mais, alors même que cet objectif de suppression d'emplois a été tenu, la masse salariale a progressé de 1 milliard d'euros.

"La masse salariale ne fait pas l'objet d'un réel pilotage des effectifs, le ministère de la défense ayant semblé concentrer ses efforts sur la réduction quantitative des effectifs", regrette-t-elle. Car la réduction a été plus marquée dans les grades les moins élevés, donc les moins coûteux. Ce qui a eu un impact non proportionnel sur les économies attendues. Il y a eu également un impact sur le pyramidage au profit des grades les plus élevés.

 

Les officiers dans la ligne de mire

Pour la Cour des comptes, le ministère de la Défense doit mettre en place "un pilotage resserré et efficient des effectifs et de la masse salariale, une politique de gestion des ressources humaines globale, ainsi qu'une évaluation rigoureuse du coût de la réforme statutaire engagée en 2008".  Une condition indispensable pour que la nouvelle loi de programmation militaire offre un cadre réaliste et financièrement soutenable.

Dans ce cadre, la prochaine LPM prévoit une déflation des effectifs d'officiers qualifiée de "volontariste" par le ministère de la Défense. La diminution annoncée est de l'ordre de 5.800 postes d'officiers. L'étude d'impact du projet de loi précise que, par rapport à la précédente LPM, la réduction annuelle des effectifs d'officiers devrait dépasser 1.000 postes par an en régime de croisière. Soit plus de trois fois et demi la déflation moyenne réalisée sur la période 2008-2013. En outre, pour stabiliser le modèle et l'effort de dépyramidage, la déflation des effectifs serait de l'ordre de 11.200 sous-officiers tandis que le nombre d'hommes du rang diminuerait d'environ 9.300 militaires.

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 10:55
FOB Interview : Général Desportes sur la LPM

 

16.10.2013 par Guillaume Belan (FOB)

 

Après Saint Cyr, Vincent Desportes choisit l’arme blindée cavalerie. Diplômé de l’US Army War College, il prend la tête du  Centre de doctrine et d’emploi des forces (CDEF) jusqu’en 2008, date à laquelle il devient directeur du Collège interarmées de défense (CID). Enseignant la stratégie à HEC, il est aujourd’hui professeur associé à Sciences Po Paris et consultant pour plusieurs média télévisuels.

 

Mon général, quel regard portez-vous au projet de Loi de programmation militaire (LPM) pour les années 2014-2019 en cours de discussions devant l’Assemblée Nationale?

 

Je le caractériserais en trois termes: Camouflage, enfumage, décrochage.

 

Camouflage car on ne peut qu’être surpris de la façon similaire dont ont été présentés les deux documents, presque en catimini : Le Livre Blanc, attendu de très longue date, est rendu public au cœur d’un grand pont du printemps, le 29 avril, non sans qu’ait été organisée au même moment à l’Elysée une grande manifestation en faveur des entreprises qui réunit le gouvernement, attire la presse … et fera l’ouverture des journaux télévisés. Même scénario pour la LPM : elle est rendue publique le vendredi 2 août, au plus creux de l’été français, alors même que le monde politique et la presse spécialisée a déjà quitté Paris.

 

Enfumage ensuite, puisque l’on s’acharne à faire croire que le budget de la défense a été préservé. Ce qui est faux. Je ne doute pas que notre Ministre et nos élus de la majorité soient de bonne foi quand ils disent s’être battus bec et ongle pour préserver la France du pire. Mais il n’en reste pas moins, que, de cet exercice, le budget ressort réduit et notre défense dégradée. Notre budget va se trouver amputé de 1 à 3 milliards par an.

 

Vous parlez d’une amputation de un à trois milliards d’euros par an sur le budget défense ?

 

Vous connaissez l’arithmétique: La stabilité puis la croissance en volume ne sont prévues qu’à partir de 2017, c’est-à-dire à la charge de la prochaine administration ! De 2014 à 2016, maintenu en valeur, le budget perdra mathématiquement jusqu’à 600 millions en euros constant. Se rajoute le fait que bon nombre de dépenses de fonctionnement subissent, en ce qui les concerne, l’inflation de plein fouet. A ces 600 millions, il faut donc rajouter au moins 400 millions qu’il faudra imputer aux investissements.

 

A cette baisse certaine de 1 milliard, se rajoute le pari sur les ressources exceptionnelles : même sans procès d’intention, il est fort peu probable que les 6 milliards soient au rendez-vous. Il est donc raisonnable de provisionner une chute de 500 à 800 millions par an !

 

Il y a-t- il un risque sur le volet « équipements »?

 

Tout d’abord le pari sur la vente à l’export des 40 Rafales dont l’échec peut se traduire par impacter le budget de 700 millions par an. Ramenez le aux chiffres précédemment évoqués, nous nous trouvons à un manque de 2,5 à 3 milliards par an. D’autant plus que se rajoutent des incertitudes et paris complémentaires qui fragilisent la trajectoire financière théorique : des renégociations de contrats d’équipement (dont jusqu’à 30 A400M, 20 hélicoptères Tigre etc …) qui sont loin d’être abouties et qui se traduiront immanquablement par des pénalités.

 

Et que penser du budget OPEX (opérations extérieures) ?

 

Les dotations budgétaires annuelles pour les surcoûts OPEX sont en réduction très sensible (450 millions d’euros contre 630 dans les budgets précédents).  Respecte-t-on bien ici le principe de « sincérité budgétaire » quand les surcoûts OPEX sont restés en moyenne à 961 millions par an sur la période 2009-2012 et qu’ils ne sont jamais descendus depuis dix ans en dessous de 528 millions ? Nous sommes donc très en deçà de la réalité constatée sur le temps long.

 

D’autant plus qu’entre ce qui est voté et ce qui exécuté, il y a parfois de grandes différences…

 

Comme vous dites ! Au-delà des grandes déclarations sur un effort de défense « sanctuarisé », ce projet de loi ne préjuge en rien de l’exécution budgétaire sur laquelle Bercy, en dehors même de tout regain de crise économique, exercera, comme à son habitude, ses méthodes traditionnelles de « guérilla budgétaire ». On le sait, aucune des lois  de programmation militaires n’a été rigoureusement exécutée. On peut même affirmer qu’il manquait en moyenne pour chacune d’elles, une à deux années de financement en crédits de paiement, du moins pour les 10 premières lois qui ne couvraient que les crédits d’investissements. Un récent rapport d’information parlementaire signalait les déficits accusés par deux des dernières lois, 1997-2002 et 2003-2008 sur le seul poste des programmes d’équipements, soit respectivement, 13 milliards d’euros et 11 milliards d’euros…

 

Soit, mais est-ce que un ou deux milliards font-ils vraiment la différence quand on parle d’un budget annuel de plus de 30 milliards ?

 

Et bien si, détrompez-vous! Parce que, vous le savez, cette réduction ne porte pas sur la somme de 31,4 milliards. Les déflations en effectif correspondant d’abord, sur plusieurs années, à un surcoût, cette réduction budgétaire ne peut porter que sur la partie « équipement » des 16 milliards d’investissement, soit sur 10 milliards. Et encore, on ne touche pas au nucléaire, donc uniquement sur la partie « conventionnelle » de cette somme, soit 6 à 7 milliards. Ce qui veut dire que la réduction sur le conventionnel pourrait aller jusqu’à 40%. C’est considérable !

 

Et les conséquences sont également considérables. Avec une trajectoire financière tenue, la LPM acte déjà d’une diminution moyenne de 25% de nos capacités conventionnelles, mais elle porte en outre en elle le risque grave d’une presque certaine dégradation complémentaire de nos forces, alors même qu’un récent rapport du Sénat (juillet 2012) décrivait déjà le format de nos forces comme « juste insuffisant ». Comme l’écrit la Cour des comptes dans sa note d’exécution du budget 2011 : « L’équipement des forces sert de variable d’ajustement au bouclage du budget du ministère ».

 

Regardons la situation en face : non, le pire n’a pas été évité car il y a, au cœur de la LPM, une bombe à retardement, mèche déjà allumée, dont il y a bien peu de chance que nous n’assistions pas à l’explosion !

 

On l’a compris, la sanctuarisation du budget de la défense est donc bien un enfumage! Vous évoquiez le décrochage de la France, qu’en est-il?

 

Le premier constat porte sur les effectifs. Le bilan, vous le connaissez. L’effort demandé aux armées est extrême, avec une perte de 80.000 emplois entre 2009 et 2019. En 2014, 8.000 emplois supprimés dans les armées sur les 13.000 supprimés « dans les secteurs qui ne correspondent pas aux missions prioritaires » (selon les termes de la Loi de finances initiale), au premier rang desquels on trouve la Défense, qui « paye » 60% du total alors qu’elle ne représente que 10% des emplois publics de l’Etat. En 10 ans, les armées auront perdu un quart de leurs effectifs, ce qui fait de ce ministère « sanctuarisé » le plus pénalisé des ministères ! J’ajouterai que ces déflations et les réformes permanentes qu’elles entraînent, essentiellement guidées par des impératifs budgétaires, sont menées à un rythme et une vitesse qui ne permet pas au système militaire de se réorganiser, ni de modifier ses pratiques. In fine, ces mesures sont par elles-mêmes un facteur de réduction de l’efficacité des armées ;

 

Le deuxième constat, c’est que la LPM va encore aggraver les trois défauts majeurs de notre défense militaire.

 

Quels sont ces trois défauts ?

 

Tout d’abord, le manque d’épaisseur stratégique : il se caractérise d’une part par notre incapacité à conduire dans la durée des opérations conséquentes et, d’autre part, par notre incapacité à nous engager de manière significative sur plusieurs théâtres d’opération à la fois.

 

Ensuite, les « Discontinuités capacitaires » : je parle ici du manque à la fois de certaines capacités-clefs (Transport stratégique et opératif, ravitaillement en vol, armes SEAD, Renseignement) et des impasses faites sur les programmes dits de « cohérence capacitaire » ou « AOA », Autres opérations d’armement.

 

Enfin, le Déficit d’autonomie stratégique : en creux, ce déficit est clair puisque le Livre Blanc répète de nombreuses fois qu’il est fondamental de restaurer cette autonomie. Dans les faits, chacun sait que la France n’est capable de mener dans la durée que les opérations avalisées par les Etats-Unis dont elle attend justement les capacités que j’ai citées et qui lui font défaut.

 

Manque d’épaisseur stratégique, discontinuités capacitaires, déficit d’autonomie stratégique.  Ces trois faiblesses sont accentuées par la LPM.

 

La suite, demain sur FOB

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 06:55
Le général Vincent Desportes s'élève contre " une défense dégradée "

14.10.2013 Par Olivier Berger, grand reporter à La Voix du Nord. - Défense Globale

 

" Il y a danger pour la France et la Défense. Le problème essentiel est que le politique peut taper autant qu'il veut sur la Défense. Un militaire, c'est bien pratique. On peut tout lui faire, il continuera à mourir pour le pays. "

Cette introduction musclée est du général Vincent Desportes, professeur de stratégie à Sciences-Po et HEC, connu pour son franc-parler et une vision stratégique assez radicale. Nous l'avons rencontré il y a quelques jours avec l'Association des journalistes de défense (AJD).

Attachez vos ceintures : " En ce qui concerne le duo Livre blanc / Loi de programmation militaire, je pourrais, de manière un peu lapidaire, j'en conviens, le caractériser par trois termes : camouflage, enfumage, décrochage. " Ouvrez le ban !

 

D'abord, le général Desportes trouve que les sorties du Livre blanc et du projet de LPM ont été camouflés : un 29 avril lors d'un grand pont de printemps pour le premier, le 2 août pour le second, " au plus creux de l'été ".

Pour le chapitre " enfumage ", l'ancien chef de corps du 1er régiment de chars de combat ouvre le feu : " On s'acharne à faire croire que le budget de la défense a été préservé. Ce qui est faux. Je ne doute pas que notre ministre soit de bonne foi quand il dit qu'il s'est battu bec et ongles pour préserver la France du pire. Mais il n'en reste pas moins que, de cet exercice, le budget ressort réduit et notre défense dégradée. "

 

Si tout va mal, 2,5 à 3 milliards manqueront

Il fait parler les chiffres : de 2014 à 2016, le budget perdra " mathématiquement " jusqu'à 600 millions en euros constants ; l'inflation ajouterait 400 millions... " A cette baisse certaine d'un milliard s'ajoute le pari sur les REX (ressources extrabudgétaires) et celui sur la vente à l'export de quarante Rafale. " Pour lui, une chute estimée de 500 à 800 millions par an pour les ressources exceptionnelles et de 700 millions pour le chasseur de Dassault, toujours pas vendu à l'étranger. Le général Desportes effraie en parvenant à un chiffre de 2,5 à 3 milliards par an manquant au budget.

Il dénonce également de possibles renégociations de contrats d'équipement (A400M) et la baisse des surcoût OPEX passant de 630 à 450 millions d'euros. " Respecte-t-on bien ici le principe de sincérité budgétaire quand les surcoûts OPEX sont restés en moyenne à 961 millions par sur la période 2009-2012 et qu'ils ne sont jamais descendus depuis dix en-dessous de 528 millions ? "

Le général Desportes bouillonne face à ce qu'il appelle un décrochage.

 

La Défense, le plus pénalisé des ministères !

D'abord, les effectifs : " L'effort demandé est extrême avec une perte de 80 000 emplois entre 2009 et 2019. En 2014, 8 000 emplois supprimés sur 13 000 dans les secteurs qui ne correspondent pas aux missions prioritaires, au premier rang desquels on trouve la Défense qui paye 60 % du total alors qu'elle ne représente que 10 % des emplois publics de l'Etat. En dix ans, les armées auront perdu un quart de leurs effectifs, ce qui fait de ce ministère sanctuarisé le plus pénalisé ! "

Il met en lumière trois défauts qui vont s'aggraver : le manque d'épaisseur stratégique (la masse pour durer et s'engager sur plusieurs théâtres à la fois), les discontinuités capacitaires (transport, ravitaillement en vol, renseignement et les petits programmes d'armement) et le déficit d'autonomie stratégique - " Nous ne sommes plus capables de mener une opération si elle n'est pas avalisée par les Etats-Unis ".

" Nous sommes capables de couvrir deux Mali en même temps, de produire un effet technique. Mais nous ne sommes pas capables de durer, de gagner la guerre. "

Pour lui, il faut réfléchir à l'importance de la dissuasion car " sa crédibilité repose aussi sur les forces conventionnelles " ; " on n'est pas dans le tout ou rien ". Il pousse le bouchon un peu plus loin : " Dans peu de temps, notre dissuasion sera semblable à la ligne Maginot (que la IIIe République avait affaiblie pour des raisons économiques). " " En clair, la liberté d'action de notre exécutif est encore amputée. "

 

- Le général Vincent Desportes tiendra une conférence à Lille dans le cadre de la mission LEDS (Lille eurométropole défense et sécurité) le mardi 5 novembre à l'hôtel de ville. Thème : repenser la dissuasion...

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 06:55
"Des défis difficiles" dès 2014 pour mettre en place la LPM (Chef d'état-major)

15/10 LesEchos.fr (AFP)

 

La mise en oeuvre de la Loi de programmation militaire (LPM) "nécessitera de relever des défis difficiles" dès 2014 et devrait se traduire par des "réductions temporaires de capacités", selon le chef d'état-major des armées (CEMA), l'amiral Edouard Guillaud.

 

Devant la Commission de la défense de l'Assemblée nationale, l'amiral Guillaud a souligné début octobre la "cohérence" du projet de LPM (2014-2019) qui traduit "la volonté de conserver des capacités aussi complètes que possibles", malgré les contraintes budgétaires.

 

"Cette cohérence est un point de satisfaction, mais elle ne préjuge pas des défis importants que nous aurons à relever", a-t-il déclaré, selon le compte-rendu de son audition mis en ligne mardi sur le site de l'Assemblée. La mise en oeuvre de la LPM sera, selon lui, "exigeante et nécessitera de relever des défis difficiles dès l'exécution de la loi de finances pour 2014".

 

La LPM doit être examinée lundi 21 octobre au Sénat, avant d'être présentée à l'Assemblée.

 

Avec 183,9 milliards d'euros de crédits affectés à la défense sur la période 2014-2019, la LPM traduit "un engagement fort de l'Etat" pour préserver un système de défense crédible, a affirmé l'amiral Guillaud.

 

Evoquant les crédits d'équipement, maintenus "à 16,1 milliards d'euros annuels en moyenne", il a toutefois souligné que de nombreux programmes seront touchés par des reports, des cadences de livraison revues à la baisse. "Nous nous trouvons donc en situation d'équilibre instable avec très vraisemblablement - ne nous leurrons pas - la perspective de réductions temporaires de capacités", a-t-il fait valoir, évoquant l'un de ses "principaux sujets de préoccupation".

 

Autre motif d'inquiétude, la réduction des effectifs, avec la suppression de 34.000 postes entre 2014 et 2019, et de la masse salariale constituent "un défi pour le ministère de la Défense et donc pour les armées", a fait valoir l'amiral Guillaud.

 

Il est, selon lui, essentiel que les ressources programmées soit garanties dans leur intégralité sur la durée de la LPM.

 

Au total, a-t-il conclu, la Loi de programmation et le projet de budget défense pour 2014 "reflètent le meilleur compromis possible, au regard de la situation économique et financière actuelle. Cette nouvelle LPM sera néanmoins particulièrement complexe à mettre en oeuvre, et ce dès l'année prochaine"

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 16:55
Un 1er REC "amaigri" à Carpiagne

15 octobre 2013 par Henri Weill - Ainsi va le monde !

 

En arrivant dans les Bouches-du-Rhône en 2014, le 1er Régiment étranger de cavalerie aura changé de format. Passant de 800 à 750 militaires. Entre-temps, le régiment légionnaire aura payé son "écot" aux restructurations et plus particulièrement au reformatage de la cavalerie qui devrait perdre 10 escadrons.

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 12:55
Le matos à l'encan! On bradera aussi les Tigres...?

15.10.2013 par P. CHAPLEAU - Lignes de Défense

 

Petite phrase de l'amiral Guillaud devant les élus de la République, le 3 octobre: "le PLF prévoit en effet 50 millions d’euros de cessions de matériels. Plusieurs projets sont à l’étude, dont la vente du transport de chalands de débarquement (TCD) Siroco et d’hélicoptères Tigre" (cliquer ici pour accéder au texte de son audition).

 

Ventes de matériels donc, mais pas d'antiques Marmon ou des VAB essoufflés: non, des Tigre! Remettons tout ça dans le contexte pour tenter d'y voir plus clair.

 

1) Le projet de loi de finances (cliquer ici pour y accéder) détaille les ressources exceptionnelles:
"S'agissant des recettes exceptionnelles, celles-ci sont constituées :
- du produit de cession d'emprises immobilières utilisées par le ministère de la défense, évalué au moins à 660 millions d'euros sur la période 2014-2016 ;
- des redevances versées par les opérateurs privés au titre des cessions de fréquences déjà réalisées lors de la précédente loi de programmation pour environ 220 millions d'euros ;
- du programme d'investissements d'avenir (PIA) au bénéfice de l'excellence technologique de l'industrie de défense pour 1,5 milliard d'euros en 2014 ;
- du produit de cession de la bande de fréquences des 700 MHz, qui n'est pas chiffré dans la loi mais dont on peut s'attendre à ce qu'il s'élève à plus de 3 milliards d'euros ;
- et, « le cas échéant », selon les mots du projet de loi, du produit de cession de participations publiques."

 

2) Les cessions de matériels constitueront une infime contribution aux ressources exceptionnelles mais elles auront un impact plus significatif en termes de coûts (prohibitifs) de fonctionnement (mais aussi bien sûr de capacité opérationnelles déjà réduites par des commandes elles aussi déjà réduites). Par ailleurs, le CEM n'a pas précisé le nombre de machines à brader. Trop, trop peu? La vingtaine de HAP bientôt en parc?

 

3) Le problème, ce sera de trouver des acheteurs. Le Siroco pourrait, lui, prendre la route de l'Amérique du Sud. Quant aux Tigre... Ils risquent de passer bien du temps à Châteaudun (où une centaine d'emplois vont être supprimés), sous cocon. On pourrait aussi vendre les Leclerc qui dorment sur plusieurs sites. Mais l'affaire s'annonce encore plus compliquée. Qui voudra de nos Tigre (mon confrère Jean-Marc Tanguy avait parlé de la Malaisie) et de nos Leclerc dont les coûts de MCO et de vol/roulage sont exorbitants?

 

4) Par ailleurs, sur le grand marché de l'armement d'occasion, il va y avoir abondance de produits. Les Espagnols pensent revendre certains de leurs A400. Les Hollandais se séparent du navire de soutien Karel-Doorman et d'une partie de leur blindés CV90, dans le cadre d'une coupe budgétaire de 348 millions d'euros. Les Canadiens qui parlent de réduire leurs effectifs de 20% réfléchissent au devenir des surplus. L'Autriche a mis en vente 750 blindés, des camions, des canons etc, pas d'une première jeunesses certes mais rustiques et bon marché.

 

Moralité: grignoter 50 millions d'euros, c'est à la fois peu et beaucoup. Mais tant que le moral est au beau fixe, pas question de stopper la grande braderie.

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 12:55
Inquiétude pour l'emploi chez les ingénieurs de l'armement

15.10.2013 Par Alain Ruello – LesEchos.fr

 

Environ 950 postes pourraient être supprimés d'ici à 2019, soit 10 % des effectifs.

 

Pièce importante du ministère de la Défense, la DGA sait qu'elle devra prendre sa part aux 23.500 suppressions de postes supplémentaires inscrites dans la loi de programmation. Reste à savoir à quelle hauteur. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a beau marteler qu'il refuse tout dégraissage à l'aveugle, une rumeur circule parmi les ingénieurs de l'armement : 950 postes seraient supprimés d'ici à 2019, soit environ 10 % des effectifs.

 

Contactée, la DGA réfute tout chiffrage. Rappelant les 3.000 postes déjà supprimés dans le cadre de l'ex-RGPP du gouvernement Fillon, une porte-parole indique que le délégué général, Laurent Collet-Billon, a entamé une analyse précise de l'expertise de ses troupes pour préparer l'avenir. Une sorte de gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences en quelque sorte, comme cela se pratique dans le privé. C'est d'ailleurs conforme aux déclarations de Jean-Yves Le Drian, qui a demandé une analyse semblable à chacun de ses grands subordonnés avant de trancher, service par service, ou armée par armée.

 

Guerre de tranchées

 

N'empêche. Après avoir dû encaisser le gel des embauches de 75 ingénieurs civils, la DGA attend fébrilement de savoir à quelle sauce elle va être mangée. Réponse en fin d'année ou au début de la prochaine, en principe. En attendant, une « guerre de tranchées » a déjà démarré au sein du ministère de la Défense. Comme en témoigne sa récente sortie au Sénat, Laurent Collet-Billon est décidé à se battre bec et ongles comme chacun des patrons des trois armées et du secrétariat général pour l'administration afin de rendre le moins de postes possible.

 

Auditionné par la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées à l'occasion de l'examen de la loi de programmation, le délégué général a mis en avant le fait que les missions de la DGA restent inchangées. « Le maintien de l'ensemble des programmes en cours, les nouveaux programmes à lancer et les négociations requises avec l'industrie pour adapter les échéanciers de livraison, nécessitent que les unités de management, les centres techniques et le service de la qualité puissent assurer la charge correspondante », a-t-il déclaré.

 

Quant à l'obligation de réduire le pourcentage de gradés, obligation mise en avant par la Cour des comptes (« Les Echos » du 14 octobre), Laurent Collet-Billon a été encore plus clair : « Un ingénieur en chef est d'abord un ingénieur, avant d'être un militaire à cinq barrettes. »

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 11:55
LPM : « L’équipement est la variable d’ajustement »

11.10.2013 par Guillaume Belan (FOB)

 

Les mots sont de Christian Mons, reçu par l’Association des Journalistes de Défense mercredi dernier. Christian Mons qui est à la fois président du GICAT (groupement des industriels de la défense terrestre) et du CIDEF (Conseil des Industries de Défense Françaises réunissant tous les secteurs terre-air-mer) est revenu sur le projet de Loi de Programmation Militaire (LPM) 2014-2019 en cours de discussion devant les assemblées parlementaires. Et son jugement est pour le moins critique. « Les conséquences de la LPM c’est la perte d’un milliard d’euros dans le budget équipement, qui induit un risque important sur le plan de charge industriel et vont conduire à des pertes de compétences ».

 

En 2013, seuls les 2/3 du budget équipement terrestre ont été exécuté

Le constat est d’autant plus inquiétant que, même avant de discuter de la prochaine LPM, il y a déjà en ce moment d’importants retards d’exécution budgétaire. « L’Etat ne passe en ce moment aucune commande, car il attend le vote de la LPM ». Résultat: pour l’Unité de Management Terre (UM Terre), soit les matériels terrestres, « il manque un tiers de commandes sur l’exécution de la loi de finance 2013 », soit 300 millions d’euros de commandes qui vont manquer ! Les conséquences : « trou dans les plans de charges » et difficultés de « maintien des compétences ». Sans parler des impacts sur le tissu des sous-traitants, « il est très difficile d’évaluer l’impact pour les PME, mais des risques pèsent sur 200 à 400 d’entre elles ».

Certaines de ces commandes seront passées sous la prochaine LPM, mais en attendant tout prend du retard et au final, il manquera près d’une année d’exécution budgétaire… Donc des programmes qui passent à la trappe. Exemple : le programme VLTP (véhicule léger tactique polyvalent) qui devait venir remplacer les vieilles P4 (30 ans d’âge) ou les tranches conditionnelles du PPT (porteur polyvalents terrestres). Envolés ! « Le ministre est certainement de bonne foi, mais la réalité est différente » a précisé le président du CIDEF.

 

1 euros investit rapporte 1,3 euros à l’Etat

C’est le constat réalisé par les industriels de la Défense : quand l’État investit un euros dans des programmes de défense, cela rapporte 1,3 euros sur 10 ans en recettes publiques (impôts, charges sociales…), grâce aux leviers de l’exportation. Cet investissement est d’autant plus important que le risque d’un décrochage dans les marchés exports est réel, alors que les pays émergents sont de plus en plus menaçants.

 

La prochaine LPM c’est 20 000 emplois menacés

Le calcul est simple, avec les retards de commandes et l’amputation de l’inflation pour la prochaine LPM, c’est un milliard d’euros qui manquera pour les équipements. LE CIDEF fait un chiffre d’affaires de 16 milliards pour 165 000 emplois directs et autant d’indirects. Un emploi, c’est donc 100 000 euros en moyenne pour les 4000 entreprises qui travaillent dans la défense. Une perte d’un milliard, c’est 10 000 emplois directs menacés et autant d’indirects (sous-traitance…). Soit 20 000 suppressions d’emplois à attendre au cours de la prochaine LPM…

 

Le VBMR en 2018 ? « Un vœu pieux » !

Scorpion est un programme complexe qui a déjà été lancé a rappelé Christian Mons. Le programme Contact (radio nouvelle génération) est déjà acté tandis que le SIC (système d’information et de combat de Scorpion qui va remplacer 4 ou 5 systèmes existants a été commandé à Bull en début d’année. Mais il est maintenant urgent de commander les plateformes. « Il est matériellement impossible que les premiers VBMR (véhicule blindé multi-rôles, remplaçants des VAB) arrivent dans les forces en 2018 » souligne Christian Mons. La DGA (direction générale de l’Armement) doit établir un cahier des charges, rédiger un appel d’offre, lancer un appel d’offre européen, puis dépouiller les offres et prendre une décision. Chacune de ces étapes prend minimum 6 mois, sans compter les inévitables recours en justice qui paralyseront la procédure. Or, « jamais un programme d’armement n’a abouti en moins de 10 ans. Seul le PVP (Petit Véhicule Protégé), a été réalisé en  8 ans » et il s’agissait d’un programme plutôt simple comparé à un véhicule de combat ! Continuant sur le VBMR, le président du GICAT table sur un prototype livré à l’horizon 2020 pour une production vers 2025, après une évaluation par les forces qui aboutira nécessairement à des correctifs…

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 19:55
Quand les sénateurs examinent la LPM : Magnifique ! Les nouvelles Simca 1000 sont arrivées !

14.10.2013 Par Olivier Berger, grand reporter à La Voix du Nord. - Défense Globale

 

Jean-Claude Carrère, le président de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat, évoque une Loi de programmation militaire " d'une grande cohérence mais relativement fragile ". Des euphémismes pour le sénateur socialiste landais, car " le manque de l'un de ses éléments peut mettre l'ensemble en péril ".

 

Si bien que l'examen du rapport et du texte de la Loi de programmation militaire 2014-2019 par la commission, en présence du ministre, Jean-Yves Le Drian, a donné droit à quelques phrases virulentes... Petit florilège.

 

- Daniel Reiner (équipements) : " L'exécution de la précédente loi a moins souffert d'une dérive financière que d'une mauvaise maîtrise de la masse salariale qui est venue amputer les crédits d'équipement. "

 

- Jacques Gautier (équipements conventionnels) : " La loi de programmation va trop loin dans la réduction des cibles des programmes de missiles et de bombes. La cible du scalp naval, déjà ramenée à 200 unités, passe à 150. C'est trop peu, quand on sait que 170 missiles de croisières ont été envoyés sur la Libye aux premiers jours de l'intervention. "

Autre phrase bien sentie : " Quand il s'écoule cinquante ans entre la conception d'un programme et l'arrivée dans les forces du dernier exemplaire, c'est un peu comme si nos soldats s'écriaient : « Magnifique ! Les nouvelles Simca mille sont arrivées ! ». "

 

- Xavier Pintat  (nucléaire et espace) : " Il faut être cohérent : ou bien nous réduisons nos ambitions à la hauteur de nos moyens, ou bien nous nous donnons les moyens de nos ambitions. Cette loi de programmation est ainsi la moins mauvaise possible dans le cadre budgétaire tracé... malheureusement ce cadre budgétaire n'est pas le bon. "

 

- André Dulait (ressources humaines) : " La réussite de la déflation demande que le moral des troupes soit préservé (...) La condition militaire ne doit pas s'écarter excessivement des conditions de travail des civils ; la qualité du recrutement comme la fidélisation des militaires en dépendent. La tentation peut être forte de jouer sur les recrutements si les départs anticipés ou les mobilités vers la fonction publique ne sont pas à la hauteur. Les administrations, qui réduisent leurs effectifs, n'accueillent pas nos militaires à bras ouvert ! "

- Michel Demessine (infrastructures) : " Le réajustement des commandes d'équipement entraînera une adaptation des programmes d'infrastructures qui y sont associés mais dans une moindre mesure : réduisez le nombre de hangars, il faut toujours une piste pour les avions... "

Autre phrase claire : " Ses crédits sont sanctuarisés alors que l'arme nucléaire ne faisant plus face aux menaces actuelles, il est inutile de la moderniser. Ses crédits seraient bien plus utiles à l'armée de terre. "

 

- Gilbert Roger (préparation et maintien en condition opérationnelle) : " Les jours d'entraînement de l'armée de terre ont fondu comme neige au soleil des 150 jours prévus dans la loi de programmation 2009 aux 83 réalisés en 2013.... "

Autre phrase : " On se trouve aujourd'hui dans l'effet de ciseau de ce qu'on appelle la courbe en baignoire : la maintenance d'un parc d'équipement vieilli et hétérogène devient difficile et plus couteuse ; l'arrivée de nouveaux matériels renchérit également le coût d'entretien, insuffisamment couvert par les dotations budgétaires. Puiser dans le stock de pièces de rechange a fini par affecter directement la disponibilité des matériels. Nous avons ainsi de véritables points noirs bien connus : transport stratégique et tactique de l'armée de l'air, patrouille maritime de la marine, AMX10 de l'armée de terre... La prévision de disponibilité est tombée à 40% pour les véhicules de l'avant blindé (VAB), à 50% pour les frégates et à 60% pour les avions de combat de l'armée de l'air. "

 

- André Trillard (recherche et technologie) : " Imaginer le futur de l'avion de combat et avoir les études sur les drones c'est bien ; avoir les drones en vrai c'est bien aussi. je me demande s'il ne faudrait pas dissocier les fonctions d'orientation et d'éclairage stratégique de la recherche des fonctions de conduite des programmes d'armement. Aux États-Unis, la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) est une agence autonome et son action n'est pas absorbée par la lourde responsabilité de définir et de conduire les différents programmes. Or, en France, la Direction générale de l'armement est responsable de tout. "

 

Jean-Louis Carrère (renseignement) : " Les compagnies aériennes françaises transmettent les données PNR aux États-Unis, au Canada et à l'Australie, en vertu d'accords conclus avec l'Union européenne, alors que nos propres services de renseignement ne peuvent y avoir accès. "

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 06:55
Audition de M. Laurent Collet-Billon, délégué général pour l’armement, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014

12.10.2013Assemblée Nationale

Audition de M. Laurent Collet-Billon, délégué général pour l’armement, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014

Compte rendu n° 3 - mercredi 2 octobre 2013 - séance de 9 heures 30

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 06:55
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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 09:55
photo EMA

photo EMA

12.10.2013 par Philippe Chapleau - Lignes de Défense

 

Nexter Systems va assurer le soutien en service du "Camion Equipé d'un Système d'Artillerie" (Caesar) dans le cadre d'un contrat de 97,826 millions d'euros attribué par la SIMMT fin août (cliquer ici pour voir l'avis d'attribution publié le 10 octobre).

 

Sont concernés les 77 Caesar en parc dans l'armée française. On notera que la seconde tranche de 64 Caesar inscrite dans l’actuelle LPM (2009-2014) pour la période 2014-2019 n’apparaît effectivement plus dans le projet de loi). Signe que l'artillerie va faire les frais de la LPM à venir?

 

Exportations. Lors de son audition, fin septembre, devant la commission de la Défense, le PDG de Nexter Philippe Burtin, a déclaré que "le Danemark est sur le point de formaliser sa consultation pour 21 systèmes Caesar ; nous attendons le versement de l’acompte pour la confirmation de 37 systèmes par l’Indonésie, sans parler de l’Inde pour laquelle un projet est lancé pour 814 machines. Nos discussions se poursuivent avec d’autres pays. Ce système d’artillerie est efficace et son emploi par l’armée française dans le cadre de l’opération Serval est pour nous un argument majeur." Cliquer ici pour lire le texte intégral de son audition.

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 16:55
Avenir du 152e RI de Colmar : le ministre de la défense ne "voit pas de raisons d'inquiétude"

 

10/10/2013 Par Guillaume Kuster - alsace.france3.fr

 

Le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian a passé la majeure partie de la journée au 152e régiment d'infanterie de l'armée de terre à Colmar. Lors de son adresse aux soldats il a voulu rassurer quant à l'avenir de l'implantation.

 

Le ministre n'a pas tardé à évoquer la question lors de son allocution. "Je sais où l'on m'attend" a-t-il anticipé avant d'indiquer aux militaires du 152e RI qu'il ne voyait pas de "raisons d'inquiétude" quant à l'avenir du régiment, dans un contexte tendu de réductions d'effectifs dans l'ensemble de l'armée. En cumulant les effets de la loi de programmation militaire et l'application de mesures l'ayant précédée, le ministère de la défense doit procéder à 33.500 suppressions de postes d'ici à 2019. Il avait d'ailleurs annoncé jeudi dernier la suppression de 90 postes sur la base aérienne alsacienne de Drachenbronn.

 
De possibles aménagements au sein de la Brigade franco-allemande

Interrogé sur les révélations du journal le Figaro, suggérant la dissolution du 110e régiment d'infanterie stationné à Donaueshingen (Bade-Wurtemberg), le ministre de la défense a réaffirmé qu'aucune menace de pesait sur la Brigade franco-allemande mais qu'il n'était pas impossible qu'elle soit soumise à une réorganisation. "Je n'ai pas encore pris de décision, je dois le faire en concertation avec mon homologue allemand".

 

 

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 16:55
Défense : comment la rigueur va toucher l'industrie d'armement

L'industrie d'armement sera touchée par la Loi de programmation militaire

 

11/10/2013 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Les industries de la défense vont perdre 30 % de leurs ressources par rapport à la trajectoire de la précédente loi de programmation militaire (LPM). Les crédits baissent de 41 % pour les grands programmes (Rafale, hélicoptères, sous-marins...) et de 11 % pour la dissuasion.

 

Le ministère de la Défense prend sa part (trop?) dans le redressement de la situation financière de la France. Et comme le rappelle le délégué général pour l'armement (DGA), Laurent Collet-Billon, lors de son audition au Sénat, l'élaboration de la loi de programmation militaire (LPM) a "été un exercice difficile. Un exercice difficile qui a visé à conjuguer souveraineté stratégique et souveraineté budgétaire, dans la situation économique d'aujourd'hui, a été demandé à la mission Défense".

Un exercice où l'on sent l'extrême rigueur, qui touche ce ministère, à travers la sècheresse des chiffres cités par Laurent Collet-Billon. "Il a fallu ainsi trouver un équilibre financier sous fortes contraintes", a-t-il expliqué. Dans ce nouveau cadre, la direction générale de l'armement (DGA) injectera 10 milliards d'euros par an dans l'industrie de défense qui devront permettre "de maintenir à terme les compétences critiques" à l'autonomie stratégique de la France. "Si l'exécution de la programmation est conforme, il ne devrait y avoir aucune catastrophe majeure, mais bien sûr il y aura des ajustements", a-t-il estimé. Et de rappeler que "les modèles de rupture, qui auraient pu sacrifier un secteur, ont été ainsi écartés".

 

Défense : comment la rigueur va toucher l'industrie d'armement

Une baisse de 30 % par rapport à la LPM précédente

Pour le programme 146 "Equipements des forces", le principal programme suivi par la DGA), les ressources prévues pour les opérations d'armement - programmes à effet majeur (PEM), les autres opérations d'armement (AOA) et la dissuasion - s'élèvent à environ 10 milliards d'euros annuels. Soit 59,5 milliards sur la période 2014-2019. "C'est en retrait sensible (- 30 %) par rapport à la programmation précédente, devenue intenable budgétairement, qui prévoyait une augmentation des ressources de 1 milliard d'euros par an en moyenne", a expliqué Laurent Collet-Billon.

Par rapport à la précédente LPM, le recul des crédits pour les PEM (34 milliards d'euros entre 2014-2019), dont le Rafale, les hélicoptères Tigre et NH90, les frégates FREMM, s'élève à 41 % et pour les AOA (7,1 milliards entre 2014-2019), des opérations nécessaires à la cohérence de la LPM, à 18 %, selon les chiffres cités par Laurent Collet-Billon. Enfin, la dissuasion (18,4 milliards d'euros sur la période) est un peu épargnée. La baisse n'est "que" de 11 %. Des baisses "extrêmement fortes" mais cela "a été décidé en concertation avec les états-majors", a précisé cet aficionado de rugby.

 

Comment en est-on arrivé à une telle trajectoire ?

Le ministère de la Défense doit régulièrement composer avec des cycles de production. Les deux dernières LPM, tout comme la prochaine, sont des LPM de fabrication. Et elles sont donc  extrêmement dévoreuses de crédits. En outre, la précédente majorité avait été très ambitieuse en 2007 lors de la précédente LPM pour l'équipement des armées par rapport à la situation budgétaire de la France. Par ailleurs, le ministère doit déjà réfléchir au lancement de nouveaux programmes pour 2030.

D'où cette nouvelle trajectoire meurtrière pour les industriels. "La trajectoire de besoin financier pour les équipements conventionnels prévoyait auparavant une forte croissance sur la période 2015-2020, en raison de la poursuite du renouvellement des capacités engagé avec la LPM précédente, de nombreux grands programmes étant en cours de réalisation", a confirmé Laurent Collet-Billon, qui doit jongler avec les besoins financiers de la dissuasion, qui sont "nécessaires pour des échéances de 2030". Sans oublier l'entretien programmé des matériels, toujours en croissance et qui met "sous pression les ressources disponibles pour le reste".

 

Un équilibre entre développement et production

 

Défense : comment la rigueur va toucher l'industrie d'armement

La DGA a travaillé pour que chaque secteur industriel trouve le juste équilibre entre production et développements pour "concilier les impératifs de viabilité de l'activité industrielle (bureaux d'études et  supply chain ), avec les contraintes calendaires d'équipement nécessaire aux capacités militaires". Et Laurent Collet-Billon de résumer : "Il s'agit en quelque sorte d'un équilibre entre le court terme et le moyen-long terme, un équilibre délicat et donc sensible".

Dans ce cadre, la  LPM préserve les neuf grands secteurs industriels français. La DGA injectera près de 4,9 milliards d'euros sur la période de la LPM dans le domaine du renseignement et de la surveillance, "avec un effort particulier sur l'espace 2,4 milliards". L'aéronautique de combat disposera de 4,6 milliards d'euros avec la poursuite de l'amélioration du Rafale et de 26 appareils livrés. Dans le domaine des sous-marins (4,6 milliards d'euros), DCNS pourra poursuivre les sous-marins Barracuda ainsi que le futur moyen océanique de dissuasion (FMOD). Le groupe naval pourra également, dans le domaine des navires armés de surface (4,2 milliards d'euros), la poursuivre les livraisons des frégates FREMM.

 

Vue d' artiste du SNA Barracuda credit Marine Nationale

Vue d' artiste du SNA Barracuda credit Marine Nationale

 

EADS sauve ces grands programmes de plateformes

Dans le domaine de l'aéronautique de transport et de ravitaillement (3,9 milliards d'euros), EADS pourra poursuivre les livraisons des avions A400M (15 exemplaires sur la LPM) et obtiendra "la commande des avions MRTT l'année prochaine", a annoncé le DGA. Par aileurs, dans le domaine des hélicoptères (3,7 milliards d'euros), Eurocopter (groupe EADS) pourra poursuivre les livraisons des programmes Tigre (attaque) et NH90 (transport).

 

Défense : comment la rigueur va toucher l'industrie d'armement

Dans le domaine des communications et des réseaux, le ministère poursuit "un effort significatif avec 3,2 milliards d'euros", à travers le programme de la radio Contact (successeur du PR4G) et le lancement du satellite de télécoms militaires, Comsat NG. Dans les missiles (2,7 milliards d'euros), le ministère maintient la filière avec une série de programmes nouveaux comme le missile moyenne portée MMP (successeur du Milan) et le missile antinavire léger (ANL), en coopération avec les Britanniques. Enfin, dans le domaine terrestre, "que nous avons sauvé", a rappelé Laurent Collet-Billon, le ministère pourra lancer avec 2,5 milliards d'euros le programme Scorpion "en fin d'année prochaine".

 

 

Défense : comment la rigueur va toucher l'industrie d'armementDéfense : comment la rigueur va toucher l'industrie d'armement

L'industrie est impactée par les renégociations de livraisons et de cible

L'impact économique et social sur l'industrie de défense, qui fournit des emplois hautement qualifiés et non délocalisables, est toutefois certain. Car comme l'a souligné le DGA "les calendriers des livraisons des nouveaux matériels - avion de transport A400M, hélicoptères NH90 et Tigre, avion de combat Rafale, frégates FREMM, sous-marin nucléaire d'attaque Barracuda, système FELIN, missile d'interception à domaine élargi (MIDE) - seront aménagés afin de dégager des marges de manœuvre pour lancer de nouveaux programmes et répondre aux besoins capacitaires, tout en permettant la poursuite du renouvellement des capacités initié sur la loi de programmation précédente"

la DGA a déjà trouvé certains accords avec certains industriels. Comme c'est déjà le cas sur le programme Barracuda avec DCNS. "Un sous-marin sera livré tous les deux ans et demi en moyenne", a confirmé Laurent Collet-Billon. L'achèvement du programme a été "repoussé de deux ans, de 2027 à 2029, a estimé pour sa part le PDG de DCNS, Patrick Boissier. La livraison du premier exemplaire serait décalée de six mois, celle du deuxième de 12 mois, celle du troisième de 18 mois et les trois derniers exemplaires de deux ans". Cet étalement aura "un impact sur la charge annuelle équivalent à terme à 500 emplois pour DCNS et sous-traitants sur l'ensemble des sites", a expliqué ke PDG du groupe naval. 

 

Défense : comment la rigueur va toucher l'industrie d'armement

C'est le cas aussi pour l'hélicoptère NH90 avec Eurocopter. Pour les autres industriels, l'ajustement des calendriers de production est en cours de discussion entre la DGA et  les industriels "afin de garantir la viabilité de l'activité industrielle sans obérer la tenue des contrats opérationnels fixés par le Livre blanc".

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 15:55
Tempête sur les armées

09.10.2013 par Frédéric Pons - V.A.

 

Budget. Après les industriels de l’armement, c’est au tour des opérationnels de tirer le signal d’alarme sur la dégradation de nos forces militaires. Et sur des perspectives très inquiétantes.

 

Prudent à la veille des municipales de mars prochain, le gouvernement a cherché à atténuer l’impact des annonces de suppressions ou de transferts d’unités, prévues par la loi de programmation militaire (LPM) 2014- 2019. Près de 23 500 postes devront être encore supprimés dans les cinq prochaines années, s’ajoutant aux 54 000 emplois déjà perdus entre 2008 et 2013. Pour 2014, 7 881 postes disparaîtront.

 

Cette année, on évoque plutôt des allégements ou des ajustements. C’est le cas à Varennes-sur-Allier (Allier), Châteaudun (Eure-et-Loir), Luxeuil (Haute-Saône), Longvic (Côte-d’Or). On note des “mouvements compensés” : le 4e régiment de dragons de Carpiagne (Bouches-du-Rhône) est dissous, mais il est remplacé par le prestigieux 1er régiment étranger de cavalerie, en provenance d’Orange (Vaucluse). Les élus ont compris que les vraies annonces sont en réalité repoussées après les municipales, mais les premiers touchés ont déjà réagi. La forte mobilisation à Orange le prouve. La ville de Jacques Bompard refuse le départ de ses légionnaires (environ 1 000 emplois directs et 3 000 indirects).

 

Autre dissolution sèche : le 110e régiment d’infanterie, mais c’est en Allemagne, à Donaueschingen. Carcassonne a senti cette année le vent du boulet : son cher et glorieux 3e régiment de parachutistes d’infanterie de marine, commandé en Algérie par le colonel Bigeard, semble condamné. Ce sera pour 2015 ou 2016. « Une enveloppe de 150 millions d’euros sera affectée aux territoires les plus touchés pour financer la reconversion des sites et des projets de développement », a promis Jean-Yves Le Drian, le 3 octobre, en présentant son budget. Tout s’est fait « sans aucune concertation », disent pourtant les élus locaux.

 

« Tout ceci accentue les inquiétudes du personnel et contribue à alimenter un sentiment de lassitude », a commenté devant les sénateurs le général Bertrand Ract-Madoux, le chef d’état-major de l’armée de terre, l’un des rares grands chefs à s’être exprimé avec franchise. Les industriels de l’armement ont eux aussi exprimé leur inquiétude au sujet de la LPM devant la commission de la défense de l’Assemblée nationale. Ils disent en public que les engagements budgétaires — 190 milliards d’euros sur six ans, dont 6,1 milliards de « ressources exceptionnelles » — préservent « l’essentiel », en maintenant les grands programmes, de l’avion Rafale au sous-marin Barracuda, mais le ton est plus alarmiste en privé. Éric Trappier (Dassault), Jean-Paul Herteman (Safran), Gérard Amiel (Renault Trucks défense), Patrick Boissier (DCNS), Antoine Bouvier (MBDA), Philippe Burtin (Nexter), Jean-Bernard Lévy (Thales) et Marwan Lahoud (EADS) s’inquiètent des étalements de commandes et de livraisons, décidés pour soulager la trésorerie de la Défense.

 

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 07:55
Armée de Terre : pas de VBMR avant 2025...

10.10.2013 Par Olivier Berger, grand reporter à La Voix du Nord. - Défense globale

 

Seuls les courageux (on les félicite), qui sont allés jusqu'au bout de l'interview de Christian Mons, le président du GICAT (Groupement des des industries de défense terrestre), ont pu lire ses doutes sur la mise en service du VBMR (véhicule blindé multi-rôles), appelé à remplacer les VAB.

 

Si le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a laissé entendre que la bête de somme serait prête pour 2018, Christian Mons table plutôt sur 2025. Calendrier à l'appui...

 

Le programme Scorpion de rénovation de l'armée de Terre est consolidé dans la future LPM. De quoi vous rassurer ?

 

" Scorpion est un programme très complexe, composé de sous-ensembles. Le premier, le système d'information et de commandement (SIC) est commandé depuis fin 2012, à Bull. Maintenant, la DGA devrait déjà avoir commandé les plate-formes, l'EBRC (engin blindé de reconnaissance et de combat) qui remplacera les 10-RC et les Sagaie, le VBMR (véhicule blindé multi-rôles, photo du projet Nexter) qui doit remplacer le VAB.

 

Quand le ministre dit que le VBMR sera livré en 2018, c'est un vœu pieux, c'est absolument impossible. L'UM Terre n'a même pas commencé le processus de commande ! Le marché d'armement européen, le cahier des charges avec les OEM, les objectifs d'états-majors... La Joint-Venture formée par Thales, Nexter et Sagem est en sommeil et attend l'appel d'offres. La DGA l'annonçait pour fin juin 2013, maintenant, on attend la LPM... "

 

Dans combien de temps l'armée de Terre peut espérer bénéficier de ces véhicules ?

 

" Il faut bien six mois pour se porter candidat. La DGA aura bien 15-20 réponses d'industriels européens intéressés. On en élimine une dizaine. Il y aura déjà des recours... Des idées seront ensuite intégrées dans le cahier des charges pour aboutir à l'appel d'offres. On ajoute six mois pour déposer les offres, puis six autres pour décider... Nous sommes déjà en 2016. Un programme de cette importance n'a jamais été réalisé en moins de dix ans. Le PVP (petit véhicule protégé), un véhicule simple, cela avait mis huit ans. Donc on aura des prototypes en 2020 avec évaluation des forces et on commencera la mise en série en 2025... Le général Irastorza, qui a lancé Scorpion en 2009, l'imaginait pour 2015. On l'aura en 2025 et ce ne sera peut-être pas complètement fini. Si on commande 200 VBMR par an, on en aura pour dix ans. "

 

NB : il serait possible de réduire les délais de l'appel d'offres, en le rendant national (et Nexter mais chut...) et non européen. Le traité de Lisbonne le prévoit. Il suffirait de rendre ce programme sensible pour la sécurité nationale. Mais les dernières nouvelles de la DGA, reçues au GICAT, penchent plutôt pour un appel européen

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 06:55
Programmation militaire : le Sénat sécurise les ressources de la défense pour la période 2014-2019

10 octobre 2013 Sénat.fr

 

La commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat a adopté le 8 octobre le projet de loi de programmation militaire. "Ce texte, qui prévoit de sanctuariser 190 milliards d’euros courants pour la défense sur la période 2014-2019, pour un format resserré mais cohérent de notre armée, et des ambitions maintenues à un niveau élevé, nous a rassemblés très largement", s’est félicité Jean-Louis Carrère, Président et rapporteur de la commission. "Tout l’enjeu sera maintenant de l’exécuter conformément aux trajectoires programmées", a-t-il poursuivi.

 

Pour s’assurer de la bonne exécution de la programmation, la commission a adopté une série d’amendements :

- Deux clauses de sauvegarde financière viennent sécuriser le texte du gouvernement en matière de ressources exceptionnelles (compensation intégrale en cas de non réalisation) et de coût des opérations extérieures (financement interministériel automatique au-delà de l’enveloppe de 450 millions d’euros annuels) ;

- Le contrôle parlementaire de l’exécution sera renforcé, avec un contrôle "sur pièces et sur place" possible pour les députés et sénateurs des commissions chargées de la défense –dans le respect du secret de la défense nationale.

 

"Aucune loi de programmation n’a été parfaitement exécutée jusqu’ici ; notre ambition est d’inverser cette tendance. Nous serons vigilants, et ce dès l’exécution du budget pour 2013" a indiqué Jean-Louis Carrère.

 

La commission a également amélioré les dispositions relatives à la protection des systèmes d’information (cyberdéfense) et à la sécurisation des opérations militaires face au risque de judiciarisation inutile. Consciente des efforts importants demandés aux femmes et aux hommes de la défense, elle a prévu une clause de réexamen dès 2015, permettant, en cas d’amélioration de la situation économique, de tendre vers 2 % du PIB consacrés à la défense.

 

La discussion en séance publique se déroulera le lundi 21 octobre au Sénat.

 

Lire le rapport

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 09:00
La commission des lois du Sénat se prononce sur les dispositions relatives au renseignement du projet de loi de programmation militaire

Jeudi 10 octobre 2013 Sénat

 

Réunie mercredi 9 octobre sous la présidence de M. Jean-Pierre Michel (Soc - Haute-Saône), la commission des lois du Sénat a examiné le rapport pour avis de M. Jean-Pierre Sueur (Soc - Loiret) sur le projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 2014 à 2019 et portant diverses dispositions concernant la défense et la sécurité nationale

 

La commission des lois a adopté 16 amendements de son rapporteur visant à préciser et à accroître les pouvoirs de la délégation parlementaire au renseignement. Ainsi, elle a adopté des amendements prévoyant que la délégation, dans le cadre de l’exercice de sa fonction de contrôle et d’évaluation, est notamment destinataire des rapports de la future inspection des services du renseignement et des recommandations aux ministres de la Cour des comptes concernant les services de renseignement. Elle a également adopté un amendement prévoyant que la délégation peut prendre connaissance du Plan National d’Orientation du Renseignement (PNOR).

 

En outre, la commission a précisé que la restriction à laquelle est soumise la délégation en matière de suivi de l’activité des services de renseignement ne porte, conformément à la jurisprudence du Conseil constitutionnel, que sur les opérations en cours de ces services et non sur les opérations achevées. Elle a voté un autre amendement en vertu duquel la délégation parlementaire au renseignement pourra entendre les agents des services de renseignement avec l’accord du directeur concerné.

 

La commission des lois a adopté deux amendements ayant pour objet d’opérer une fusion, plus complète que celle proposée par le texte initial, de la délégation parlementaire au renseignement et de la commission de vérification des fonds spéciaux.

 

Concernant le cadre juridique du futur fichier « PNR » (Passenger Name Record), qui collectera des données appartenant aux passagers aériens, la commission des lois a repris les recommandations qui figurent dans deux résolutions européennes du Sénat du 3 mars 2009 et du 18 mai 2011, afin d’assurer un équilibre entre l’efficacité dans la lutte contre la criminalité et le respect des libertés publiques. Elle a adopté un amendement précisant que les données des transporteurs aériens seront transmises à une unité de gestion du fichier qui devra s’assurer de la qualité de ces données et répondre aux demandes des services d’enquête et de renseignement. Elle a également adopté des amendements respectivement destinés à clarifier les finalités, préventives ou répressives, d’utilisation du fichier, enfin à limiter son utilisation aux vols extracommunautaires et à subordonner toute action coercitive, après une réponse positive du fichier, à une analyse humaine de cette réponse.

 

Elle a enfin adopté un amendement ayant pour objet d’insérer dans le code de la sécurité intérieure les dispositions relatives à la géolocalisation en temps réel des téléphones portables par les services de la police et de gendarmerie nationale, prévues par l’article 13 du projet de loi. Cet amendement rassemble les dispositions relatives au recueil des données de connexion sous un seul régime juridique, celui instauré par la loi du 10 juillet 1991 pour assurer le contrôle démocratique des interceptions de sécurité.

 

Le projet de loi sera examiné par le Sénat en séance publique le lundi 21 octobre 2013. 

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 07:55
" L'équipement des forces est une variable d'ajustement " pour le président du GICAT, Christian Mons

09.10.2013 Par Olivier Berger, grand reporter à La Voix du Nord. - Défense globale

 

Volontaire et alarmiste lors de la préparation de la Loi de programmation militaire 2014-2019, Christian Mons, président du Groupement des industries françaises de défense terrestre (GICAT) et du Conseil des industries de défense (CIDEF) se montre désormais inquiet. Rencontré ce mercredi 9 octobre, avec l'Association des journalistes de Défense (AJD), Christian Mons tire de toutes ses forces sur la sonnette d'alarme.

Retard dans les commandes, craintes de perte du savoir-faire, exportations, regroupements industriels et privatisation de Nexter, Christian Mons balaie le champ des soucis d'un secteur de la Défense qui représente 165 000 emplois en France...

 

Pourquoi vous montrez-vous inquiet pour les dépenses d'équipements dans la future Loi de programmation militaire ?

" Parce que l'équipement des forces est une variable d'ajustement. Les évidences s'imposent aux états-majors, les effectifs sont difficiles à réduire au rythme voulu - pour les officiers, c'est cher -, les salaires ont tendance à augmenter. Face à ces réalités chiffrées, on a une fâcheuse tendance à baisser les budgets d'investissement, diluer ou délayer les programmes. Pas un programme n'est nominal, commandé comme prévu. "

 

- De quelle ampleur est le glissement des commandes ?

" Le CIDEF représente 16 milliards d'euros de chiffre d'affaires avec 165 000 emplois, donc 100 000 € par emploi et 4 000 entreprises impliquées significativement dans l'industrie de défense. La perte d'un milliard d'euros par an dans le budget d'équipements dans la prochaine LPM, avec l'inflation, la baisse d'investissements, représente la perte de 10 000 emplois directs et autant d'indirects. Nos difficultés viennent des retards de l'exécution budgétaire. On perd un année sur chaque LPM. L'UM (unité de management) Terre de la DGA ne passe pas les commandes, dans l'attente de la prochaine Loi de programmation militaire, dont des députés me disent qu'elle ne sera pas votée avant février ou mars 2014... Il y a déjà un trou dans les plans de charges des industriels,  300 M€ (les commandes passant de 900 à 600 M€) . Ces commandes vont être passées dans le budget 2014 mais ça a le don de repousser le tas de sable. "

 

- Le secteur en souffre-t-il déjà ?

" Le problème industriel, c'est le maintien du savoir-faire. En ce moment, nous n'avons pas de commandes. Certains industriels ont des trésors de guerre comme EADS, Thales ou Safran, mais d'autres, des PME et même des ETI (entreprises de taille intermédiaires) sont plus vulnérables. Il faut aussi faire le tri entre les entreprises qui fournissent des produits originaux et celles qui sont des fournisseurs de services et de moyens. Celles-ci sont des variables d'ajustement car les grands groupes ne sous-traitent plus en ce moment. "

 

- Quelles sont les entreprises de Défense les plus en danger ?

" Entre 200 et 400 PME pourraient être prochainement menacées. Il y a le pacte PME avec le ministère de la Défense mais il y a quarante points à mettre en œuvre. Nexter, DCNS aussi sont des victimes toutes désignées car ce ne sont pas des entreprises duales ; elles sont 100 % défense ou presque. Elles sont assez directement menacées, leurs sous-traitants aussi. On attend, c'est un peu la quadrature du cercle. A force de saupoudrer, on a des risques de rupture, de pertes de compétences. Nous sommes très proches de la taille critique. Onze Rafale par an, c'est quand même pas beaucoup. "

 

- Comment ce secteur peut-il résister ?

" On peut vivre avec une industrie de défense divisée par deux. On n'a pas besoin d'être gros pour être riche. On n'a pas besoin de 160 000 emplois pour bien vivre. En Allemagne, il y a moins d'emplois mais des entreprises prospères, c'est une question de choix. Entre les militaires et les civils, on perd 80 000 emplois, des emplois qualifiés qui ont de la valeur. Grâce au levier de l'exportation, en se servant de l'armée française comme référence, un euro investit dans l'industrie de défense rapporte pourtant 1,3 € à l'Etat sur dix ans avec les charges, les impôts... "

 

- Faut-il aller plus à l'export ?

" Ce sont des marchés très tendus même si l'Afrique en devient un vrai. Sur la très haute technologie, l'aérien, les missiles, nous sommes en concurrence avec les Etats-Unis, l'Europe - nous sommes du même monde -, mais dans d'autres domaines, dans le naval ou le terrestre, nous sommes en concurrence avec des émergents, la Turquie, la Corée du Sud, le Brésil, Israël, l'Afrique du Sud, la Pologne. Disons qu'on a des prix de revient notablement différents des leurs. Leurs produits ne sont pas au même niveau que nous, à 80 % de nos performances et à 50 % du prix, mais ça nous gêne à l'export. Aujourd'hui, nous sommes présents partout, les pouvoirs publics nous aident, on ne peut pas faire plus. "

 

- L'Europe de la défense et le regroupement d'industriels peuvent-ils être une solution ? Ce sujet sera abordé au Conseil européen de décembre...

VBCI.jpgBoxer8x81.jpg" Des décisions politiques peuvent être prises pour augmenter la taille critique par des regroupements internationaux. En Europe, on fabrique huit ou neuf 8x8 comme le VBCI (véhicule blindé de combat d'infanterie), aux Etats-Unis un, ça fait froid dans le dos. On n'a pas vendu le VBCI à l'export ; les Allemands n'ont pas vendu le Boxer (ils sont très différents comme on peut le voir sur ces deux photos, sauras-tu les reconnaître ?). C'est devenu ridicule. Il faut obliger les états-majors à se mettre d'accord sur des programmes communs. Pas un politique ne le fait. Tant que ça n'existera pas, il n'y aura pas d'industrie européenne de la défense. "

 

- Il y aura une initiative franco-allemande à ce sujet...

" J'aimerais bien que ce sujet soit abordé avec énergie par Hollande et Merkel. Que le prochain char ou le prochain avion de combat soit le fruit d'une convergence des états-majors. C'est une des conditions essentielles au regroupement industriel. On peut faire des Airbus, des EADS de la Défense. On l'a presque fait avec les missiles et MBDA. On devrait pouvoir réussir à fédérer une grosse partie de l'armement terrestre. "

 

- Est-ce que les recettes exceptionneles (6,1 milliards sur la LPM) pourraient concerner la vente d'une part des actions de Nexter ?

" Une entreprise à 100 % étatique, c'est un problème politique. Tant qu'il n'y aura pas de décision politique de privatiser Nexter (à 51 % ce qui imposera une loi de privatisation), aucun industriel européen ne s'intéressera à elle. Perdre le contrôle d'une entreprise d'Etat, même pour un gouvernement de gauche, ce n'est pas facile, surtout un des derniers arsenaux de France. "

 

- Le programme Scorpion de rénovation de l'armée de Terre est consolidé dans la future LPM. De quoi vous rassurer ?

" J'ai plaidé pour la création d'un programme emblématique et fédérateur pour l'armée de Terre. Les députés aiment les grands programmes. Une frégate, un avion, ça parle. Il fallait la même chose pour l'armée de Terre. En plus, ça correspond à une vraie réalité opérationnelle.

VBMRNexter.jpgScorpion est un programme très complexe, composé de sous-ensembles. Le premier, le système d'information et de commandement (SIC) est commandé depuis fin 2012, à Bull. Maintenant, la DGA devrait déjà avoir commandé les plate-formes, l'EBRC (engin blindé de reconnaissance et de combat) qui remplacera les 10-RC et les Sagaie, le VBMR (véhicule blindé multi-rôles, photo du projet Nexter) qui doit remplacer le VAB.

Quand le ministre dit que le VBMR sera livré en 2018, c'est un vœu pieux, c'est absolument impossible. L'UM Terre n'a même pas commencé le processus de commande ! Le marché d'armement européen, le cahier des charges avec les OEM, les objectifs d'états-majors... La Joint Venture formée par Thales, Nexter et Sagem est en sommeil et attend l'appel d'offres. La DGA l'annonçait pour fin juin 2013, maintenant, on attend la LPM... "

 

- Dans combien de temps l'armée de Terre peut espérer bénéficier de ces véhicules ?

" Il faut bien six mois pour se porter candidat. La DGA aura bien 15-20 réponses d'industriels européens intéressés. On en élimine une dizaine. Il y aura déjà des recours... Des idées seront ensuite intégrées dans le cahier des charges pour aboutir à l'appel d'offres. On ajoute six mois pour déposer les offres, puis six autres pour décider... Nous sommes déjà en 2016. Un programme de cette importance n'a jamais été réalisé en moins de dix ans. Le PVP (petit véhicule protégé), un véhicule simple, cela avait mis huit ans. Donc on aura des prototypes en 2020 avec évaluation des forces et on commencera la mise en série en 2025... Le général Irastorza, qui a lancé Scorpion en 2009, l'imaginait pour 2015. On l'aura en 2025 et ce ne sera peut-être pas complètement fini. Si on commande 200 VBMR par an, on en aura pour dix ans. "

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 07:55
Assemblage aéronautique : MBDA forme ses propres ajusteurs à Bourges

09.10.2013 Mariama Diallo - journal-aviation.com

 

Confronté à une pénurie d’ajusteurs aéronautiques en région Centre où n'existe aucune formation sur ce métier, le missilier européen MBDA a décidé de former lui-même sa propre main-d’œuvre afin de faire face à la hausse de l’activité d’assemblage des caissons centraux de voilure des avions ATR sur son site de Bourges Aéroport (18). Cette usine, dédiée à l'assemblage des grosses pièces de structure ainsi qu'aux sous-ensembles missiles, emploie actuellement près de 1 300 personnes.

 

En partenariat avec l’UIMM (Union des Industries et Métiers de la Métallurgie) du Cher, Pôle emploi, Randstad et l’AFPI (Association de Formation Professionnelle de l’Industrie) Centre Val de Loire, 12 personnes, tous chômeurs de longue durée, ont ainsi été recrutées pour suivre une formation diplômante de 385 heures étalées sur plusieurs mois entre novembre 2012 et février 2013.

 

Le 9 octobre, les 12 ajusteurs aéronautiques ont reçu leur diplôme, le CQPM (Certificat de Qualification Paritaire de la Métallurgie) Ajustage Structures Aéronautiques, délivré par l’UIMM et reconnu dans le secteur de l’aéronautique. Pour le moment, seuls six ont été recrutés en CDI. Les six autres ont signé des CDD, transformables en CDI selon l'évolution du plan de charge qui dépend beaucoup de la loi de programmation militaire (LPM) du ministère de la Défense. Même s'ils ne sont pas renouvelés chez MBDA, ces ajusteurs aéronautiques auront la possibilité de travailler dans une autre entreprise du secteur en région Centre ou ailleurs, grâce à leur CQPM.

 

Les candidats à cette formation, inédite dans la région, ont été « sélectionnés pour leur motivation et leur habileté, et suite à des tests théoriques et pratiques réalisés en situation réelle et par simulation », précise-t-on chez MBDA, qui espère que sa démarche inspirera toutes les autres entreprises aéronautiques de la région Centre. Une seconde vague de formation sur le métier d'ajusteur aéronautique pourrait voir le jour, « si le plan de charge augmente ».

 

Société codétenue par BAE Systems (37,5 %), EADS (37,5 %) et Finmeccanica (25 %), MBDA produit des missiles et systèmes de missiles. En 2012, l’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 3 milliards d’euros. Fort d’un carnet de commandes de 9,8 milliards d’euros, MBDA compte plus de 90 forces armées clientes dans le monde. La société est implantée dans cinq pays d’Europe et aux États-Unis. En France MBDA est basé à Bourges, Cazaux, Fontenay-aux-Roses, Le Plessis-Robinson, La-Croix-Saint-Ouen et Selles-Saint-Denis.

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 07:55
Le dernier numéro d’Armées d’aujourd’hui est en ligne !

09/10/2013 Ministère de la Défense

 

Comme tous les mois, retrouvez dès maintenant la revue du ministère en version numérique sur notre site.

 

En ouverture, le ministre de la Défense présente les grandes lignes des ambitions du ministère pour les six années à venir, à l’heure des travaux parlementaire en cours sur la loi de programmation militaire 2014-2019.

La rubrique « Forces en action » vous conduit sur les champs de tir du Larzac, sur lesquels les tireurs d’élites des unités d’infanterie mènent un challenge serré.

Le 30 septembre, l’Atlas s’est définitivement posé à la BA 123. Le ministre l’a baptisé « Ville d’Orléans ». La rédaction y était et vous conte cette arrivée du titan dans les armées.

Le désengagement des forces sur les théâtres afghan est une réalité. Conformément au calendrier, 500 militaires français demeurent à Kaboul depuis juillet. Six pages pour vous expliquer ce qu’ils y font.

Levez le voile sur la prochaine carte à puce qui prendra bientôt place dans vos portefeuilles, celle qui remplacera la carte de circulation Sncf en papier, en vigueur depuis 1844.

Réforme de l’Ecole de guerre, enquête sur les accidents d’aéronefs d’Etat, garnison de Pau, autant d’autres sujets à découvrir dans la rubrique Focus Défense.

Le dossier du mois est consacré aux opérations extérieures, sous l’œil du photographe. Civils et militaires, huit reporters photos ont accepté de commenter une de leur prise de vue sur les multiples théâtres qu’ils ont parcourus. Un numéro qui se conjugue au plus-que-parfait de l’objectif.

Bonne lecture et au mois prochain.

 

>>> Lire le magazine

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