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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 07:50
photo 110e RI

photo 110e RI

09/10/2013 Par Alain Barluet – leFigaro.fr

 

Le dernier régiment français stationné outre-Rhin pourrait être dissous en 2014.

 

Les vaches maigres de l'armée française risquent d'avoir des répercussions sur la coopération militaire entre Paris et Berlin. Dernier régiment exclusivement français stationné en Allemagne, à Donaueshingen (Bade-Wurtemberg), le 110e régiment d'infanterie pourrait être dissous en 2014 dans le cadre des mesures d'économies prévues par le ministère de la Défense. Cette unité, qui cohabite avec un régiment de chasseurs de la Bundeswehr (le Jägerbataillon 292), appartient aussi à la brigade franco-allemande (BFA), dont elle est considérée comme l'un des fers de lance. Sa disparition, jugent plusieurs officiers généraux, jetterait une ombre sérieuse sur l'avenir de la BFA, initiative emblématique de la relation entre la France et l'Allemagne mise sur pied par François Mitterrand et Helmut Kohl entre 1987 et 1989. «La dissolution du 110e RI reviendrait à dissoudre la BFA», affirme un officier général du cadre de réserve très impliqué dans le lancement de l'unité binationale, en qualifiant cette décision d'«aberration tactique et politique». La disparition du 110e RI tournerait en tout cas la page d'une présence militaire héritée des forces françaises en Allemagne, qui ont compté jusqu'à 80 000 hommes. Parmi les ultimes régiments français outre-Rhin, le 3e régiment de hussards d'Immendingen, également intégré à la BFA, a été rapatrié à Metz en 2011. Le 16e bataillon de chasseurs à pied de Saarburg est lui aussi revenu en France, l'année précédente, et a pris ses quartiers à Bitche (Moselle). Un groupe de soutien français reste à Müllheim, auprès de l'état-major de la BFA.

 

Selon plusieurs sources bien informées, le 110e RI pourrait «sauter» à l'horizon de l'été prochain. Après l'annonce de premières suppressions de régiments par Jean-Yves Le Drian, le 3 octobre, d'autres mesures de «restructuration» sont attendues après les municipales de mars 2014. Selon la loi de programmation militaire pour 2014-2019, la défense nationale doit supprimer 23.500 emplois, auxquels s'ajoutent 10.000 postes restant à trouver en 2014-2015 au titre de la précédente réforme. La BFA ne figure pas parmi les grandes unités mentionnées dans le dernier livre blanc.

 

Jean-Yves Le Drian s'est refusé jusqu'à présent à se prononcer publiquement sur le sort du «110». Interrogé mercredi par Les Dernières Nouvelles d'Alsace, à la veille d'un déplacement à Colmar, le ministre de la Défense affirme ne «pas avoir de position définitive». Dans son entourage, on indique qu'«une réflexion est en cours mais que l'on n'en est pas au stade de l'alarme».

 

    Les responsables militaires allemands s'offusquent de ne pas avoir été «mis dans la boucle» par Paris

 

Tel n'est pas le sentiment outre-Rhin. Berlin n'a pas encore été officiellement mis au courant d'une décision française, du fait notamment des législatives allemandes du 22 septembre. Les responsables militaires allemands s'offusquent de ne pas avoir été «mis dans la boucle» d'un choix aux enjeux symboliques, mais aussi territoriaux et économiques, aussi conséquents. Récurrentes, les rumeurs concernant la suppression, ou le déplacement, du 110e RI, ont déjà donné lieu à plusieurs séances d'explication entre les états-majors des deux armées. Des officiers français ont été dépêchés outre-Rhin pour apaiser les craintes de leurs homologues. Mais «être informé est une chose et voir son avis pris en compte en est une autre», s'agace un officier supérieur de la Bundeswehr.

 

S'ils redoutent d'être mis devant le fait accompli, les responsables militaires allemands déplorent aussi une éventuelle rupture d'équilibre dans la participation des deux  partenaires à la BFA. Berlin assure depuis 2010 le financement, à Illkirch-Graffenstaden, au sud de Strasbourg, du Jägerbataillon 291, unité d'infanterie et de reconnaissance de la BFA, première unité militaire allemande à tenir garnison en France depuis 1945. «Les Allemands s'inquiètent à la fois de ne pas avoir été mis dans le coup et de perdre un instrument de la coopération au quotidien», résume un officier général. Côté allemand, on veut croire que l'affaire n'est encore bouclée. Le dossier, prévient-on, remontera jusqu'à la chancelière elle-même.

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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 10:55
Défense: Ayrault promet de "limiter les conséquences" des restructurations

04/10/13 – leJDC.fr

 

Jean-Marc Ayrault a promis vendredi que le gouvernement mettrait "tous les moyens sur la table" pour "limiter les conséquences" de la Loi de programmation militaire "pour les territoires".

 

Le Premier ministre s'exprimait lors de l'ouverture des sessions nationales de l'Institut des Hautes études de Défense nationale (IHEDN) et de l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ), au lendemain de la présentation des restructurations prévues dans le cadre de la LPM par le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

 

Rappelant que cette loi entraînerait, "à l'horizon 2019, une réduction de 24.000 postes par rapport au modèle défini en 2008", le Premier ministre a déclaré: "nous nous attacherons - bien sûr et j'y veillerai personnellement - à limiter les conséquences de ces évolutions pour les territoires".

 

"Je veille à ce que la plus grande attention soit portée au dialogue avec les élus et à une mobilisation de tous les services de l'Etat pour assurer l'accompagnement économique des collectivités territoriales concernées", a-t-il ajouté.

 

Le "processus" de restructuration "doit se faire dans la durée et ménager les territoires qui peuvent se retrouver en difficulté. Donc on mettra tous les moyens sur la table, la concertation avec les élus, les forces vives pour que lorsqu'une unité doit fermer on trouve les réponses en termes d'emploi et en termes financiers pour les territoires", a ajouté le Premier ministre devant la presse.

 

"La méthode, c'est chaque fois, étape par étape, dialogue, concertation, mobilisation, solution", a-t-il précisé.

 

Lors de son discours, il a défendu "un effort de défense volontariste" et "une démarche de modernisation raisonnée", menée "sans pour autant sacrifier les effectifs nécessaires à l'action, et tout en garantissant les conditions d'activité des armées".

 

Ce projet "préserve aussi l'excellence de notre industrie de défense", a-t-il dit.

 

M. Ayrault a par ailleurs assuré que "tout était mis en oeuvre pour remédier" aux "désordres inacceptables" produits par le système de paie des soldes des militaires de l'armée de terre, baptisé Louvois, et dont la mise en place en octobre 2011 a provoqué des dizaines des milliers d'erreurs.

 

La LPM prévoit la suppression de 23.500 postes entre 2014 et 2019: 9.000 dans les forces opérationnelles et 14.500 dans le soutien et l'environnement des armées. Une baisse qui s'ajoute au 54.000 postes supprimés dans le cadre de la précédente LPM (2008-2013).

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 19:55
Note d'information Décisions de restructurations pour l'année 2014

03/10/2013 Ministère de la Défense

 

Pourquoi ces restructurations ?

 

Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2013, approuvé par le Président de la République le 29 avril dernier, fixe les orientations stratégiques de la politique de défense et de sécurité ainsi qu’un nouveau modèle d’armée. La mise en oeuvre de ce nouveau modèle d’armée se traduira par une réduction de 23 500 postes supplémentaires sur la période 2014-2019.Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2008 et la révision générale des politiques publiques prévoyaient la suppression de près de 55 000 postes. Au titre de l’achèvement de ces mesures inscrites dans la Loi de programmation militaire (LPM) 2009-2014, 10 000 postes restent encore à supprimer.Cette réduction des effectifs imposera la fermeture d’implantations militaires et/ou le transfert d’unités, en adéquation avec le nouveau format des armées, la mise en oeuvre de mesures de rationalisation et d’optimisation des structures et des fonctions d’administration et de soutien et, par voie de conséquence,une modification de l’actuel plan de stationnement des forces.

 

Pour 2014, le ministère de la Défense doit réaliser un ensemble de mesures de restructurations(dissolution, transfert d’unités ou rationalisation de fonctions) permettant d’atteindre sa cible en déflations, soit la suppression de 7 881 postes.

 

Les restructurations 2014

 

Á ce titre, il est prévu pour l’armée de terre la dissolution du 4e régiment de dragons stationnéà Carpiagne et le transfert dans cette ville du 1er régiment étranger de cavalerie, stationné actuellement à Orange. Le maintien de la base aérienne 115 à Orange permet de garantir la présence militaire dans cette ville.

 

Pour l’armée de l’air, on retiendra principalement :

 

- La fermeture du détachement air de Varennes-sur-Allier entre l’été 2014 et l’été 2015 :cette mesure, annoncée dès 2008, s’inscrit dans la logique de rationalisation de la logistique et de la fonction stockage du matériel de l’armée de l’air.

 

- La fermeture de la plateforme aéronautique de la base aérienne 102 de Dijon-Longvic à l’été2014, du fait de son sous-emploi et du regroupement programmé des Alphajet sur Cazaux ; la base aérienne de Dijon est maintenue.

 

- La dissolution de l’escadron de défense sol-air de la base aérienne 116 de Luxeuil à l’été 2014, résultant du resserrement du dispositif de défense sol-air. La base aérienne de Luxeuilest maintenue.

 

- La transformation de la structure de commandement de la base aérienne de Châteaudunet une réduction des effectifs des formations stationnées sur ce site : la base aériennede Châteaudun se transforme ainsi en élément air rattaché de la base aérienne d’Orléans-Bricy.

 

En interarmées, la Direction du renseignement militaire (DRM), localisée à Creil, sera transférée à Balard dans la perspective du projet de regroupement des états-majors, directions et services sur un site unique. Dans le cadre du projet de rationalisation et de mise en cohérence de l’organisation territoriale des soutiens, les États-majors de soutien défense (EMSD) sont dissous à l’été 2014 : cette mesure tiendra compte toutefois des besoins de coordination régionale pour certaines fonctions ou spécifiques à l’armée de terre.

 

L’accompagnement des restructurations

 

Le Gouvernement prend toute la mesure de l’impact de ces restructurations sur la démographie et l’activité économique locale.

 

Précisé dans une circulaire que le Premier ministre a adressée le 1er octobre aux préfets de département et de région concernés, le dispositif d’accompagnement territorial est renforcé et s’articule notamment autour des mesures suivantes prévues dans le projet de LPM 2014-2019 :

 

- Une enveloppe de 150 millions d’euros en faveur des territoires les plus touchés sera mise en place pour financer la reconversion des sites et des projets de développement.

 

- Le dispositif de cession à l’euro symbolique de certaines emprises libérées par la Défense sera reconduit pour les collectivités les plus fortement affectées. Il sera étendu aux établissements publics fonciers.

 

- L’instrument privilégié sera le contrat de redynamisation de site Défense. Une meilleure articulation sera recherchée avec les Contrats de projet État/Région (CPER).

 

- Un dispositif de prêts participatifs de revitalisation au bénéfice des PME sera mis en place dans le cadre de la Banque publique d’investissement (BPI).

 

- Un ensemble de mesures financières ou fiscales est prévu pour favoriser les projets d’implantation ou d’extension d’entreprises ou de nature à aider le développement économique et sociale des communes (aides à finalité régionale, prime d’aménagement du territoire….).

 

- La Mission pour la réalisation des actifs immobiliers (MRAI) conduira, avec les collectivités impactées par les restructurations, les négociations en vue de la cession des emprises reconnues inutiles au ministère. Elle mènera les études d’aménagement urbain ou de développement économique nécessaires à la reconversion des sites.

 

Enfin, un préfet, monsieur Henri Masse, a été nommé délégué ministériel à la mise en oeuvre territoriale de la réforme pour coordonner l’ensemble des actions conduites par le ministère de la Défense au titre de l’accompagnement territorial des restructurations.

 

Les futures réorganisations

 

Concernant la période 2015-2019, il est prématuré de se prononcer sur les mesures de réorganisation qui seront nécessaires. Le nombre de sites restructurés dépendra des résultats de l’analyse fonctionnelle et capacitaire conduite par les états-majors, directions et services. Aussi, le choix des régiments, bases aériennes ou structures administratives devant être conservés, transférés ou dissous résultera d’une analyse multicritères prenant en compte des considérations d’ordre opérationnel (respect des contrats opérationnels…) ou budgétaire (réduction des coûts de fonctionnement par mutualisation des soutiens ou densification des emprises par exemple). Ce choix sera aussi fait avec le souci constant de l’aménagement du territoire, comme l’a rappelé le Président de la République.

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 11:55
La Défense taille dans ses rangs

03/10/2013 Par Alain Barluet, Service infographie du Figaro

 

Le ministre de la Défense a détaillé ce jeudi en conférence de presse les restructurations des armées prévues dans le cadre de la Loi de programmation militaire.

 

Quatre sites de l'armée de l'air et deux régiments «restructurés», c'est-à-dire déplacés, comme le prestigieux 1er régiment étranger de cavalerie (REC) d'Orange ou dissous -le 4e régiment de dragons (RD): Jean-Yves Le Drian a annoncé jeudi les premières mesures de fermeture de régiments prévues dans le cadre de la loi de programmation militaire (LPM) couvrant la période 2014-2019. Des mesures effectives en 2014, «limitées» à ce stade mais qui en appellent inévitablement d'autres, une fois passé le cap des prochaines élections municipales. Le ministre de la Défense a d'ailleurs rappelé que quelque 34.000 postes -dont 10.000 au titre de la LPM précédente- seront supprimés d'ici à 2019, dont 7900 en 2014. Présentée début août, la nouvelle loi de programmation sera examinée le 21 octobre au Sénat, avant de passer devant l'Assemblée nationale. Parce qu'elles se traduiront dans les territoires, ces annonces ont fait réagir les élus des villes concernées.

 

À rebours du malaise ouvertement exprimé par d'anciens officiers supérieurs, ou diffus en interne, Jean-Yves Le Drian a fait valoir jeudi que ces mesures «ne porteront pas atteinte aux capacités attendues de nos armées», particulièrement les forces opérationnelles. Lors d'une conférence de presse, le ministre a rappelé la préservation de son budget à 31,4 milliards d'euros en 2014 (au niveau de la loi de finances initiale de 2013). Un maintien assuré notamment, a-t-il dit, par des économies sur la masse salariale, le fonctionnement (100 M€) et l'allocation de ressources exceptionnelles (grâce à des cessions immobilières, entre autres), lesquelles risquent pourtant d'être aléatoires. Les réductions d'effectifs doivent être assorties d'un «dispositif d'accompagnement social rénové», a assuré Jean-Yves Le Drian, sans davantage de détail. «D'une façon générale, le budget pour 2014 permet de maintenir un niveau élevé pour la défense», a affirmé le ministre, vantant «la préservation du tissu industriel» et, exemples à l'appui, «des avancées majeures en matière d'équipement».

 

Reprise en main

 

Autre initiative présentée jeudi par Jean-Yves Le Drian, la réorganisation du ministère, un volet sensible qui a déjà suscité réactions et critiques. Invoquant l'«efficacité de l'action» et la «rationalisation de l'organisation», le ministre reprend la main sur une série de fonctions clé dévolues ces dernières années à l'état-major des armées.

 

C'est le cas pour les finances, le soutien, les relations internationales et les ressources humaines. Dans ce dernier domaine, «j'avais constaté une dérive dangereuse à la hausse de la masse salariale alors même que le ministère engageait des diminutions drastiques de ses effectifs», a déclaré le ministre de la Défense. Les «dégâts» provoqués par les dysfonctionnements du système de paiement Louvois ont, eu aussi, fait déborder le vase. «Ce qui est en cause, ici, ce n'est pas tel ou tel. C'est une organisation confuse. Il en faut donc une autre», a tranché Le Drian.

 

Un décret sur ses attributions, récemment présenté en Conseil des ministres, le replace en position centrale sur l'échiquier de la Défense, notamment pour l'emploi des forces. Se sachant attendu sur sa méthode, le ministre a insisté sur la concertation préalable à ces décisions. Guère convaincu, l'ancien chef d'état-major des armées Henri Bentégeat avait mis en garde récemment dans ces colonnes contre un système «où les militaires sont tenus en suspicion».

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 11:55
Défense : un budget 2014 de crise et d'avenir

03.10.2013 par Olivier Berger, grand reporter à La Voix du Nord. - Défense globale

 

Le ministre de la Défense a présenté ce jeudi après-midi le budget Défense du projet de loi de finances 2014. Il est maintenu comme promis à 31,4 milliards d'euros, avec une part (inquiétante ? l'avenir le dira) de 1,77 milliard de recettes exceptionnelles.

 

" Nous maintenons la France aux premiers rangs sur le plan stratégique ", assure le ministre.

 

On trouve dans ce budget de la mission Défense des atouts, des freins et des inquiétudes. Ce 1,77 milliard d'euros de recettes exceptionnelles pour assurer le budget mais aussi la réduction du budget OPEX à 450 M€ alors qu'il s'est monté en moyenne ces dix dernières années à 650 millions d'euros (financement interministériel en cas de dépassement). Le désengagement d'Afghanistan, la réduction des effectifs au Mali et de nouvelles priorités stratégiques " vont faire décroître les besoins financiers en 2014 ". Soit.

 

Les personnels

 

La déflation d'effectifs se montera à 7 881 emplois en 2014 avec en face, un recrutement de 17 000 militaires et civils. Eh oui, le soldat doit rester jeune.

 

La déflation totale de 2014 à 2019 sera de 33 675 emplois (23 500 de la loi de programmation militaire et 10 175 restant de la LPM précédente). Le détail : 7 881 en 2014, 7 500 en 2015, 7 397 en 2016, 7 397 en 2017, 3 500 en 2018, 0 pour l'instant en 2019.

 

En 2014, 195,2 M€ seront consacrés aux mesures d'accompagnement.

 

Il y a aussi des créations de postes, denrée plutôt rare : 123 en 2014 dans la cyberdéfense et 65 dans les services de renseignement, notamment pour l'analyse de flux d'informations accrus. Le budget du " rens " augmente de 39 M€ en 2014...

 

Les commandes et livraisons d'équipements

 

Les crédits d'équipement passent à 16,5 milliards d'euros (+3,1 %). L'entretien programmé des matériels augmente aussi à 3,1 milliards (+ 5,5 %). L'innovation et la recherche (R&D) s'élèveront à 3,6 milliards en 2014, dont 750 millions d'euros pour les études amont.

 

Au rayon des livraisons et commandes, 2014 apportera notamment aux forces aéroterrestres 4 hélicoptères Tigre HAD (appui destruction), 4 NH 90 TTH (transport tactique), 77 VBCI (combat d'infanterie) et 4 036 équipements Félin, 13 lance-roquettes unitaires (LRU)... L'année célébrera également le lancement du programme Scorpion de modernisation de l'armée de Terre.

 

On note au passage que tous les hélicoptères Caracal seront regroupés au 4e RHFS à Pau, sous l'autorité du commandement des opérations spéciales (?).

 

Les forces navales bénéficieront d'une deuxième frégate multi-missions FREMM, de trois hélicoptères NH90 version navale. Un quatrième sous-marin Barracuda sera commandé et on lance le programme MdCN de missile de croisière naval.

 

Pour les forces aériennes, on attend la livraison de 4 A400M Atlas, 11 Rafale, 220 AASM (bombes air-sol), le lancement du programme de l'avion de ravitaillement en vol MRTT et la préparation de la rénovation des Mirage 2000 D.

 

Les fermetures de sites

 

De ce côté-ci, pas de surprise. Les restructurations que nous vous annoncions dès mardi soir, après leur signature au ministère de la Défense, sont confirmées. Avec la fermeture du 4e Dragons, remplacé à Carpiagne par le 1er REC qui quitte Orange, la réduction à leur plus simple expression des bases aériennes de Luxeuil-les-Bains et de Dijon-Longvic et la fermeture du détachement air de Varennes-sur-Allier. Lire le détail ici.

 

Une enveloppe de 150 millions d'euros aidera les collectivités à financer la reconversion des sites touchées.

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 11:55
Défense nationale. L'Ouest épargné, les lignes bougent à l'Est

4 octobre 2013 LeTelegramme

 

Dans le cadre de la Loi de programmation militaire, le 4e Régiment de dragons de Carpiagne (Bouches-du-Rhône) sera dissous en 2014. C'est ce qu'on a appris ce jeudi, auprès du ministère de la Défense. Le 1er Régiment étranger de cavalerie d'Orange quittera, lui, en 2014 cette ville du Vaucluse pour s'installer à Carpiagne.

 

Quatre sites de l'armée de l'air sont, par ailleurs, touchés par ces restructurations prévues par la LPM, qui prévoit, notamment, 23.500 suppressions de postes supplémentaires au ministère de la Défense pendant la période 2014-2019 :

 

- La base aérienne (BA) 116 de Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône) va perdre son escadron de défense sol-air qui sera dissous et connaîtra une baisse de l'activité des Mirage 2000 qui sont stationnés sur cette base.

 

- "L'activité aérienne permanente" de la BA 102 de Dijon sera "arrêtée".

 

- L'emprise du détachement air 277 de Varennes-sur-Allier (Allier) sera fermée entre l'été 2014 et l'été 2015.

 

- Enfin, l'unité de commandement de la BA 279 de Châteaudun (Eure-et-Loir) sera transformée en un "élément air rattaché" (AER) à la BA 123 d'Orléans-Bricy.

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 10:55
Hausse du budget équipement des armées

Des militaires français sur le terrain aux côtés de canons Caesars fabriqués par Nexter. Crédit Photo Nexter

 

03/10/2013 Par Véronique Guillermard – LeFigaro.fr

 

Les crédits d'équipement des armées atteindront 16,5 milliards d'euros en 2014, soit 500 millions de plus qu'en 2013. Un effort est aussi prévu pour entraîner les hommes.


 

Inscrit à hauteur de 190 milliards d'euros dans la Loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019, le budget de la mission défense se décline sur une base annuelle dans le Projet de Loi de finances (PLF) 2014. Troisième budget de l'État, après l'Éducation et la charge de la dette, la défense verra ses crédits se stabiliser l'année prochaine à 31,4 milliards d'euros, soit au même niveau qu'en 2013. Cette enveloppe se décompose en 29,6 milliards d'euros de crédits budgétaires, 1,5 milliard d'euros au titre des Projets d'avenir industriel (PIA), 200 millions de produits de cession de biens immobiliers et plus de 70 millions de recettes exceptionnelles (redevances perçues au titre de fréquences télécoms cédées à des opérateurs).

 

Parallèlement, le budget de fonctionnement du ministère de la Défense va baisser de 100 millions d'euros. Un effort qui représente 11 % de la réduction totale des frais de fonctionnement de l'État (900 millions) programmée pour 2014.

 

Augmentation du taux de disponibilité du matériel

 

A l'intérieur du budget 2014 des armées, deux postes ont été privilégiés. Le premier concerne les crédits d'entretien programmé de matériels ainsi que l'entraînement des militaires (heures de vol sur avions de combat par exemple). Ce budget augmente de 200 millions d'euros par rapport à celui de 2013 à 3,1 milliards l'année prochaine. «Alors que la LPM précédente avait mis un accent fort sur la modernisation des armées en contrepartie des suppressions d'emplois, la prochaine LPM veut agir sur la préparation opérationnelle et augmenter le taux de disponibilité des équipements», souligne-t-on au ministère de la Défense.

 

Le second poste en hausse est celui des équipements. Les crédits prévus atteindront 16,5 milliards d'euros l'année prochaine, soit 500 millions d'euros de plus qu'en 2013. Jean-Yves Le Drian a rendu publique la liste des commandes et livraisons décidées pour 2014. La France prendra livraison du satellite franco-italien de télécoms militaires spatial Sicral, d'une frégate multimission (FREMM), de 11 chasseurs Rafale, de 4 Airbus de transport A400M, de 4 hélicoptères de combat Tigre, de 7 hélicos de transport NH90, de 60 missiles navales de croisière (Mdcb) qui équipent les sous-marins nucléaires d'attaque (SNA) ainsi que de 77 blindés VBCI.

 

Le programme Scorpion de modernisation de l'armée de Terre lancé

 

Parallèlement, plusieurs commandes seront notifiées à l'industrie. Le 4ème sous-marin de classe Barracuda (sur 6 prévus en 2007) sera commandé, le programme Scorpion de modernisation de l'armée de Terre sera engagé avec les premiers contrats passés ainsi que les Airbus ravitailleurs MRTT et les drones de surveillance à l'américain General Atomics (2 systèmes de drones Reaper doivent être livrés aux armées françaises d'ici à la fin 2013 sur un besoin identifié pour 12 systèmes). Si, comme l'avait promis Jean-Yves Le Drian «aucun secteur, ni programme majeur n'est sacrifié», tous les programmes subiront un étalement et des décalages de livraisons. Ce qui inquiète les industriels.

 

Du côté Recherche et développement, le budget 2014 prévoit 3,6 milliards d'euros notamment pour préparer l'avenir dans l'aéronautique de combat. Sur ce total, une enveloppe de 750 millions sera réservée aux études amont.

 

En contrepartie du maintien du budget de la défense, les armées devront réduire leurs effectifs. En six ans, 34 675 postes seront supprimés dont 10 000 avaient déjà été programmés par la précédente LPM (2008-2014) mais non réalisés. En 2014, les rangs de la défense s'éclairciront de 7 881 postes au total.

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 10:55
La Défense gèle les embauches de civils

03/10 Par Alain Ruello – LesEchos.fr

 

Même si le dérapage de la masse salariale du ministère de la défense se réduit, les recrutements de personnels civils ont été renvoyés sine die. La DGA notamment a gelé 75 embauches d’ingénieurs.

 

Ambiance morose à la Défense. Non seulement le ministère doit encaisser 34.000 suppressions de postes d’ici à 2019, mais en plus les quelques centaines d’embauches de personnels civils prévues cette année ont été renvoyées sine die. C’est la conséquence de la dérive de la masse salariale de la grande muette, même si cette dérive se réduit, a-t-on appris de sources concordantes. Entre 200 et 300 postes seraient concernés.

 

 

L’année dernière, les salaires du ministère a Défense ont dépassé les budgets prévus de plus de 200 millions d’euros. Et encore, c’est sans compter les conséquences des ratés du scandaleux logiciel de paye Louvois. En clair, il a fallu trouver plus de 200 millions ailleurs pour assurer la paye du personnel, civil comme militaire.

 

Réforme des RH

 

Cette année, la masse salariale (le « titre II » dans le jargon budgétaire) va encore déraper, mais nettement moins que l’année dernière. On devrait savoir de combien précisément dans quelques temps. Jean-Yves Le Drian a pris le taureau par les cornes et doit annoncer ce jeudi en milieu d’après midi une grande réforme de la fonction Ressources Humaines de son ministère pour mettre fin à la situation.

 

En attendant, le robinet des recrutements a été coupé. Certains y voient la patte vengeresse de Bercy, ce que l’on dément dans l’entourage de Jean-Yves Le Drian : la DRH du ministère a pris seule cette décision. « Ce n’est pas une mesure définitive. Le gel durera le temps qu’on y voit plus clair sur le titre II », ajoute une autre source proche du dossier.

 

A la DGA, la sanction fait grand bruit. Cette année, la Direction générale de l’armement devait embaucher une centaine d’ICT - ou ingénieurs et cadres technico-commerciaux comme ils sont dénommés en interne. Sur le site du ministère de la Défense, on peut lire que les ICT « sont recrutés sous contrat (...) pour leur expertise de haut niveau ». Leurs contrats sont établis pour une durée de 3 ans, renouvelable une fois, puis convertis en CDI s’ils font affaire.

 

Mauvaise augure

 

Un quart environ des ICT prévus ont bien été embauchés depuis le 1erjanvier, principalement dans le domaine de la cyber-sécurité, l’une des priorités du livre blanc de la défense et de la sécurité nationale. Les autres recrutements ont été ouverts, puis fermés, puis rouverts cet été, pour finir par être renvoyés sine die la semaine dernière.

 

« C’est de mauvais augure », regrette un ingénieur (militaire) pour qui cela pose de gros soucis sur le plan des compétences, car les départs naturels ne sont pas compensés. Comme la charge de travail reste la même, la DGA va devoir redéployer le travail, déshabillant Pierre pour habiller Paul.

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 07:55
Défense : le ministre lance les restructurations dans les armées

03/10/2013 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Pour 2014, le ministère doit réaliser un ensemble de mesures de restructurations (dissolution, transfert d'unités ou rationalisation de fonctions) permettant d'atteindre sa cible de suppression de 7 881 postes.

 

Les restructurations dans les armées "concerneront principalement l'armée de terre et l'armée de l'air", a annoncé jeudi le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Un régiment déplacé d'Orange (Vaucluse) à Carpiagne (Bouches-du-Rhône), où un autre est dissous, quatre sites de l'armée de l'air touchés en 2014 : les premières restructurations de la Loi de programmation militaire (LPM), qui prévoit la suppression de 23.500 postes entre 2014 et 2019, ont été dévoilées jeudi matin. La dissolution ou le transfert d'un régiment, soit près d'un millier de soldats et leurs familles - et au total plusieurs milliers de personnes quittant la ville - fragilise les entreprises locales.

 

Le 4e Régiment de dragons (RD) installé depuis 2009 sur le camp militaire de Carpiagne, près de Marseille, sera dissous en 2014. Le 4e RD, l'un des quatre régiments de chars Leclerc, compte 1.000 militaires et civils d'active et de réserve. Par ailleurs, le 1er Régiment étranger de cavalerie (REC), prestigieux régiment de 900 légionnaires installé à Orange depuis 1967, quittera en 2014 la ville pour s'installer à Carpiagne. "Une catastrophe", pour le député-maire d'Orange Jacques Bompard, et une "mauvaise nouvelle" pour la section PS de la ville. Le maire et le PS ont appelé à une manifestation de protestation samedi après-midi. "Je comprends la fatigue d'un certain nombre d'unités qui ont été restructurées, et encore restructurées. Comment ne pas les comprendre ?", souligne le ministre

 

Armée de l'air touchée

 

Quatre sites de l'armée de l'air sont par ailleurs touchés par ces restructurations. La base aérienne (BA) 116 de Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône) va perdre "Servance", son escadron de défense sol-air (EDSA, quelque 200 hommes). Par ailleurs la base 116 connaîtra, selon le ministère de la Défense, une "baisse de l'activité" de ses Mirage 2000-5 de défense aérienne.

 

D'autre part, "l'activité aérienne permanente" de la BA 102 de Dijon, l'une des doyennes des bases de l'armée de l'air, sera "arrêtée". Elle abrite notamment un escadron d'entraînement sur Alpha Jet qui sera transféré à Cazaux (Gironde), selon le député UDI François Sauvadet, président du Conseil général de la Côte-d'Or. "Un coup sévère porté à la base et au département avec le départ de 350 militaires et 15 civils", a-t-il dit. L'emprise du détachement air 277 de Varennes-sur-Allier (Allier) sera fermée entre l'été 2014 et l'été 2015. Un site où travaillent 236 personnes, dont 98 civils.

 

Pas d'annonce après 2014

 

Enfin, l'unité de commandement de la BA 279 de Châteaudun (Eure-et-Loir) sera transformée en un "élément air rattaché" (AER) à la BA 123 d'Orléans-Bricy, l'une des plus importantes bases du transport aérien. La BA 123 a accueilli lundi le tout premier Airbus A400M, nouvel avion de transport militaire européen, livré à l'armée de l'air française.

 

Concernant la période 2015-2019, le ministère estime "prématuré de se prononcer sur les mesures de réorganisation qui seront nécessaires". Le nombre de sites restructurés dépendra "des résultats de l'analyse fonctionnelle et capacitaire conduite par les états-majors, directions et services", explique-t-il.

 

Les ressources exceptionnelles au rendez-vous

 

Présentée début août, la LPM sera examinée le 21 octobre au Sénat, avant de passer devant l'Assemblée nationale. Sur les 23.500 postes supprimés, 9.000 doivent l'être au sein des forces opérationnelles et 14.500 dans le soutien et l'environnement des armées. Une baisse des effectifs qui s'ajoute aux 54.000 postes supprimés dans le cadre de la précédente LPM (2008-2013). "Conformément au projet de LPM, la défense réduira donc ses effectifs de 7881 emplois en 2014", a rappelé le ministre.

 

Au total, le budget de la mission « défense » s'élèvera à 31,4 milliards d'euros, dont 1,8 milliards proviendra de ressources exceptionnelles (REX). "Ce 1,8 milliard a une triple origine, a expliqué ce jeudi le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, et vous retrouvez au passage l'exigence de transparence que j'ai souhaité avoir : premièrement, des crédits du nouveau programme d'investissements d'avenir (PIA), pour 1,5 milliard ; deuxièmement, le produit de cessions d'emprises immobilières, pour 0,2 milliard ; troisièmement, d'autres ressources exceptionnelles pour 70 millions, dont des redevances versées au titre des cessions de fréquences hertziennes déjà réalisées lors de la précédente loi de programmation".  Le PIA financera des dépenses de la recherche spatiale et de dissuasion.

 

Un budget équipement stable

 

Le projet de budget 2014 prévoit également une augmentation des crédits d'équipement, qui passent de 16 milliards d'euros en Loi de finances initiale (LFI) 2013 à 16,5 milliards pour 2014. Cette enveloppe "vise à assurer la modernisation des armées et le renouvellement de nos matériels", a précisé le ministre. D'une façon générale, il estime que le budget 2014 permet "de maintenir un niveau d'ambition élevé pour la Défense. Il permet en particulier la préservation du tissu industriel et de l'emploi".

 

Pour autant, avec le maintien de tous les grands programmes, le ministère doit adapter les cadences et parfois les cibles des grands programmes, en cohérence avec les nouveaux contrats opérationnels retenus par le dernier Livre blanc. C'est la direction général de l'armement (DGA) qui s'y colle. "Mon objectif est que, d'ici la fin de l'année, l'essentiel des dossiers aient été traités. Nous avons déjà trouvé un accord sur la révision des cadences NH90 et Barracuda. Pour le reste, nous avançons", précise-t-il.

 

2014, livraison de grands programmes

 

L'année 2014 verra ainsi "des avancées majeures" en matière d'équipements. Seront commandés, parmi beaucoup d'autres, les avions ravitailleurs MRTT,  - "il était temps", estime le ministre  -, des drones MALE, - "il était temps aussi" - , les pods de désignation laser du Rafale, les véhicules du programme Scorpion, le quatrième sous-marin Barracuda…

 

Les forces armées recevront notamment le satellite franco-italien de télécommunications spatial Sicral, une frégate Fremm, quatre hélicoptères Tigre, sept hélicoptères NH90, 11 avions Rafale, quatre A 400M désormais appelés ATLAS, 60 missiles de croisière navals MDCN, 77 véhicules VBCI... "C'est la traduction de ma volonté, dans la LPM, de maintenir les grands programmes et d'en lancer près de vingt nouveaux", explique Jean-Yves Le Drian.

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 16:55
France : L'armée ferme ou restructure six sites

03/10 lesEchos.fr (Reuters)

 

La restructuration ou la fermeture d'une demi-douzaine d'unités et de bases de l'armée de terre et de l'aviation se soldera par la suppression d'au moins 7.500 postes dans la défense française en 2014, année électorale très délicate pour le gouvernement.

 

Le ministère de la défense assure que ces réductions d'effectifs seront effectuées par non renouvellement des personnels en fin de contrat ou partant à la retraite et par des départs volontaires.

 

D’ anciens officiers supérieurs protestent néanmoins contre ce qu'ils estiment être le "démantèlement de l'institution militaire", dans un "manifeste" publié par les sites internet LeMonde.fr et Médiapart.

 

Le projet de loi de finances 2014 prévoit un budget de la Défense stable par rapport à 2013 - 31,4 milliards d'euros hors pensions mais incluant investissements d'avenir et autres ressources exceptionnelles.

 

Première conséquence de cette stabilisation : la suppression prévue de 7.881 postes, essentiellement militaires, après une réduction de 7.234 emplois programmés en 2013.

 

La masse salariale de la Défense diminuera ainsi de près de 170 millions d'euros, auxquels s'ajoutera une réduction des dépenses de fonctionnement de 100 millions d'euros, précise le gouvernement dans un document de présentation du budget 2014.

 

Cet effort permettra d'augmenter la part des crédits consacrés à l'équipement des forces et à l'entretien des matériels, ajoute-t-il.

 

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, devait présenter jeudi, lors d'une conférence de presse, la traduction concrète de ces dispositions budgétaires.

 

Selon le ministère de la Défense, le 4e régiment de Dragons de Carpiagne (Bouches-du-Rhône) sera ainsi dissous et remplacé par le 1er régiment étranger de cavalerie (REC) d'Orange, qui quittera cette ville du Vaucluse gérée par un transfuge du Front national.

 

L'escadron de défense sol-air de la base aérienne 116 de Luxeuil-les-Bains, en Haute-Saône, sera également dissous et l'activité des Mirage 2000 sur ce site sera réduite.

 

IMPACT LIMITÉ

 

Il n'y aura plus d'activité aérienne permanente sur la base 102 de Dijon (Côte d'Or), ce qui semble préluder à une fermeture pure et simple du site dans les années à venir.

 

Le site du détachement air de Varennes-sur-Allier sera fermé au cours des années 2014-2015 et la base aérienne de Châteaudun (Eure-et-Loir) sera restructurée pour devenir un simple détachement rattaché à la base aérienne d'Orléans.

 

Le gouvernement, confronté au risque d'un vote sanction lors des municipales de 2014, semble soucieux de limiter l'impact de la rigueur budgétaire sur des implantations auxquelles population et élus locaux sont toujours très attachés.

 

Le ministère de la Défense promet des mesures d'accompagnement pour atténuer les conséquences économiques et sociales des restructurations sur les communes concernées, mais sans en préciser la nature.

 

Le Front national, fortement implanté dans le sud-Est de la France, directement concerné par certaines des restructurations prévues pour 2014, est d'ores et déjà monté au créneau.

 

Marion Maréchal-Le Pen, députée du parti d'extrême droite dans le Vaucluse, accuse le gouvernement de "brader" le "savoir-faire militaire" et l'"indépendance diplomatique" de la France faute "d'avoir le courage de mener des réformes structurelles".

 

Elle s'inquiète dans un communiqué des répercussions économiques du départ du 1er REC d'Orange, dans un département déjà fortement touché par le chômage.

 

La loi de programmation militaire 2014-2019, présentée début août en conseil des ministres, prévoit la suppression de près de 34.000 postes sur six ans dans la défense, ce qui ramènera les effectifs des armées françaises à 242.000 militaires.

 

Le "Cercle des sentinelles de l'Agora", club de réflexion réunissant d'ex-officiers des trois armes, de sensibilités diverses, estime pour sa part dans un manifeste que l'armée française est désormais réduite à "l'état d'échantillon".

 

"Le démantèlement de l'institution militaire arrive à son terme", écrivent-ils. Plus que la disette budgétaire, ils mettent en cause "les impératifs de l'Etat-providence" et une volonté "post-moderne" d'en "finir avec le fracas des armes".

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 15:00
Projet de loi de finances 2014

03/10/2013 Economie et technologie

 

Le budget 2014 traduit les orientations du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2013 ainsi que celles du projet de loi de programmation militaire dont il constitue la première annuité. Il prévoit des ressources totales de 31,4 Md€, identiques à celles du budget 2013.

 

Dans un contexte de redressement des finances publiques, le projet de loi de finances 2014 reflète l’engagement du Gouvernement à maintenir un effort de défense significatif. Cet effort permettra le financement du nouveau modèle d’armées, avec notamment une augmentation de la dépense en faveur de l’équipement [des forces] pour la modernisation des armées et le renouvellement de leurs matériels, mais également en faveur de l’activité opérationnelle, du renseignement ou [encore] du cyber défense.

 

Par ailleurs, près de 3 Md€ seront consacrés en 2014 aux programmes de la mission « Anciens combattants, mémoire et liens avec la Nation » afin de marquer l’attachement du Gouvernement au monde combattant, l’importance des devoirs de réparation et de mémoire et sa volonté d’un renforcement du lien armée-Nation ; un renforcement que le ministre de la Défense et le ministre délégué aux Anciens combattants souhaitent placer au cœur de l’action du ministère et qui se manifeste, notamment, par la présentation conjointe cette année des deux parties du budget du ministère dans un document unique.

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 12:57
Les restructurations de 2014 : des fermetures limitées... avant les municipales

03 octobre à 10h40 Jean-Dominique Merchet

 

L'opération "Le moins possible avant les municipales" a réussi : le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian ne devrait annoncer cet après-midi qu'une série très limitée de restructurations pour 2014. En voici les principales.

 

Dans l'armée de terre : le 4ème régiment de dragons (Carpiagne), l'un des quatre régiments équipés du char Leclerc, sera dissous et le 1er REC quittera Orange pour venir s'installer dans l'emprise libérée par le 4ème RD. Un autre régiment devrait être dissous l'an prochain. Selon nos informations, il s'agit du 110ème RI, de Donaueschingen (Allemagne). L'annonce ne sera pas faite aujourd'hui, car il faut encore en informer les autorités allemandes, d'autant que le 110 appartient à la Brigade franco-allemande.

 

Dans l'armée de l'air, quatre sites sont touchés, avec une seule fermeture, celle du détachement air de Varennes-sur-Allier, une unité de soutien de moins de 300 personnes. La base aérienne de Chateaudun sera réorganisée et rattachée à la base aérienne d'Orléans. A Luxeuil, l'escadron de défense sol-air est dissous et l'activité aérienne des Mirage 2000 sera réduite. Enfin, la plate-forme aéronautique de Dijon-Longvic ne sera plus utilisée de manière permanente. C'est la mesure la plus symbolique : longtemps véritable Académie de la chasse, celle de Guynemer et des Chevaliers du ciel, la BA 102 n'accueillait plus qu'une demi-douzaine d'Alpha-Jets... L'évolution de l'agglomération dijonnaise fait que la base se trouve aujourd'hui en zone urbaine, ce qui n'est pas sans poser des problèmes de nuisance ou de sécurité.

 

Les restructurations de 2014 : des fermetures limitées... avant les municipales

Un dispositif de compensation est mis en place, qui sera coordonné par le préfet Henri Masse. Le projet de loi de programmation militaire prévoit des crédits à hauteur de 150 millions pour les "territoires", comme on dit désormais, touchés par les fermetures. L'idée générale du ministère est de concentrer plus d'argent sur moins de projets, contrairement à ce qui avait été fait sous le précédent gouvernement.

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 11:55
L'escadron de défense SOL/AIR de la BA 116 de Luxeuil-les-Bains va disparaître

01/10/2013 Sophie Courageot avec Aude Sillans

 

L'information a été donnée à l'occasion de la venue aujourd'hui du chef d'état-major de l'armée de l'air, le général Mercier, à la base aérienne.

 

L'été prochain, les 228  militaires actuellement affectés à l’Escadron de défense sol-air 04.950 « Servance » feront leurs valises et quitteront définitivement la base de Haute-Saône. Ils seront affectés ailleurs et regroupés avec des escadrons de même type. La base emploie à ce jour 1330 militaires.

 

Suite de l’article

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 11:55
Les Spahis devraient échapper à la rigueur de la Loi de programmation militaire

l01/10/2013 ledauphine.com

 

On devrait savoir cette semaine quel est le régiment de cavalerie qui sera dissous par le ministre de la Défense, au nom de la rigueur imposée à la Loi de programmation militaire (LPM). A priori, ce ne sera pas le 1er Régiment de Spahis, basé à Valence. Et l’unité ne sera pas appelée non plus à rejoindre un autre quartier, dans une autre ville, comme un autre régiment de cavalerie va devoir le faire d’après les informations données à la commission de la Défense du Sénat la semaine dernière par le général Ract-Madoux, chef d’État-major de l’armée de Terre.

 

En clair, la LPM ne devrait pas affecter la base de défense de Valence. Il est vrai que la décision aurait été un crève-cœur pour le général Ract-Madoux, qui fut le 1995 à 1997 le chef de corps du 1er Régiment de Spahis, l’unité la plus décorée de l’Arme blindée Cavalerie… La LPM devrait d’ailleurs engager plus avant encore la réflexion sur le matériel qui succédera à l’AMX 10 RCR, dont les Spahis sont dotés.

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 07:55
Assemblée nationale : Audition de M. J-B Lévy, président de Thales sur le projet de loi de programmation

01.10.2013 Assemblée nationale

- Audition, ouverte à la presse, de M. Jean-Bernard Lévy, président de Thales, accompagné de M. Patrice Caine, directeur général, sur le projet de loi de programmation

Compte rendu n° 100 - jeudi 19 septembre 2013 - séance de 11 heures

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 20:55
photo 1e REC

photo 1e REC

1 octobre 2013 par Henri Weill - Ainsi va le monde !

 

Journée compliquée pour le général Bertrand Clément-Bollée, commandant des forces terrestres.Qui devrait d'abord annoncer à Carpiagne, au 4ème régiment de dragons (RD) sa dissolution. Puis aux légionnaires du 1er régiment étranger de cavalerie (REC) qu'ils quittent Orange pour...Carpiagne.

 

photo 4e RD - Armée de Terre

photo 4e RD - Armée de Terre

Recrée en 2009, le 4ème RD, régiment de chars lourds disparaît à nouveau : "cette fonction avait déjà beaucoup souffert en 2008, en voici une nouvelle démonstration" commente un haut-fonctionnaire de défense.

photo 1e REC

photo 1e REC

La Légion est également touchée par ces restructurations mais sous une forme géographique. Le REC (dont le chef de corps s'apprête à rentrer de Côte d'Ivoire) quittera le Vaucluse pour les Bouches-du-Rhône. L'adresse aux légionnaires aura certainement un ton particulier pour le général Bertrand Clément-Bollée, qui a commandé le régiment entre 1999 et 2001.

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 19:55
Budget pour 2014 et organisation du ministère de la Défense - Conférence de presse de Jean-Yves Le Drian

01/10/2013 Ministère de la Défense

 

Jean-Yves Le Drian, présentera la mission Défense du projet de loi de finances pour 2014, la réforme de l’organisation du ministère de la Défense et les décisions prises en matière de restructurations pour l’année 2014, à l’occasion d’une conférence de presse qui se tiendra le jeudi 3 octobre à 16h00

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 11:55
photo EMA

photo EMA

01.10.2013 Interview par Alain Establier - SECURITY DEFENSE Business Review (SDBR) N°90 du 24/09/2013

 

SDBR : Quand a été créé le poste d’officier général « cyberdéfense » de l’EMA ?

 

AC : Le poste d’officier général a été créé en juillet 2011, moi-même étant en poste à temps plein depuis février 2011, au moment ou l’ANSSI était elle-même créée pour devenir l’autorité nationale de défense des systèmes d’information. Mais je travaille sur la cyberdéfense depuis la sortie du Livre blanc 2008.

 

Quel bilan tirez-vous de cette période 2008/2013 ?

 

Suite à la prolifération du virus Conficker, qui a touché entre autres début 2009 le ministère de la défense, un mouvement important de refondation de la cybersécurité du ministère a été lancé. La prise de conscience  de l’ensemble des hautes autorités de l’Etat, en particulier du ministère de la défense (MINDEF) et du secrétariat général à la défense et à la sécurité nationale (SGDSN), a été déterminante pour faire de la cyberdéfense une réelle priorité. L’accélération s’est produite début 2010, ce qui a permis aux traitants dont je suis de réellement mettre en œuvre les mesures préconisées avec l’appui et la confiance des plus hauts responsables. Le Livre blanc 2013 est venu concrétiser ce mouvement commencé il y a 5 ans, avec des emplois et des crédits d’investissement conséquents. Il y avait environ 120 agents à la DCSSI (qui a précédé l’ANSSI), aujourd’hui il y a 360 personnes qui dépendent de Patrick Pailloux, son directeur général, avec un objectif de plus de 500 personnes à fin 2015. Coté MINDEF, l’expertise pointue de DGA-MI va se voir doter de 200 ingénieurs supplémentaires d’ici 5 ans pour porter l’effectif total aux environs de 400 et permettre de recruter des thésards et des doctorants. Au niveau  des armées, la LPM prévoit la création de 350 postes, entre 2013 et 2019, pour la sécurisation des forces armées et des services communs du ministère (hors DGA). Au-delà du MINDEF et de la DGA, d’autres partenaires donnent une dimension interministérielle à cette dynamique positive pour créer une communauté de la cyberdéfense nationale, notamment au ministère de l’intérieur et au SGDSN.

 

Pouvez-vous clarifier les périmètres cyberdéfense et cybersécurité ?

 

Dans l’acception du MINDEF et selon les définitions de l’ANSSI : cybersécurité = cyberdéfense + cyberprotection. On parle de cybersécurité comme étant l’état final recherché. La cyberdéfense est la partie active opérationnelle (par exemple, l’exploitation des informations données par des capteurs). La cyberprotection est la partie préventive et architecturale (cryptographie, architecture de réseaux, capteurs, etc.). Vous trouverez donc des personnels de cyberdéfense dans les centres experts (Calid/centre opérationnel du MINDEF, Cossi/centre opérationnel de l’ANSSI) et dans les fonctions de sécurité des opérateurs qui mettent en œuvre des réseaux et des SI (DIRISI*, Orange, Thales, etc.), simplement l’expertise chez un opérateur ne sera pas du même niveau que dans un centre expert, comme le nom l’indique.

 

Qu’est-ce qui différencie ce niveau d’expertise ?

 

Au MINDEF, la fonction SOC (security operating center) que vous trouvez à la DIRISI, au service de santé des armées ou dans les réseaux de la DGA, n’est pas du même niveau d’expertise qu’au Calid car les outils utilisés ne sont pas les mêmes. Les opérateurs du Calid, utilisant des outils d’investigation particuliers pour « décortiquer » les incidents, ont donc des qualifications particulières et des formations « forensic ».

 

Quels sont les risques auxquels vous êtes confrontés ?

 

Nous sommes régulièrement confrontés à des attaques visant à dénaturer les sites web de telle ou telle administration, avec pour risque la manipulation d’images dans le cadre de campagne de  communication, comme nous l’avons vu au moment de l’opération Harmattan en Libye, de l’opération Serval au Mali et comme nous pourrions l’être en ce moment avec la Syrian Electronic Army (SEA). En général ce type d’attaques n’a pas de réelles conséquences sauf médiatiques. Les attaques ciblées de type « APT – Advanced Persistant Threat » sont plus gênantes, mais ce sont surtout celles que pourraient subir des SCADA (mis en exergue en 2010 par l’attaque du virus Stuxnet sur les centrales iraniennes) qui nous préoccupent beaucoup, car ce sujet concerne toute l’informatique potentiellement communicante qu’utilise le MINDEF, dans l’ensemble de ses systèmes : industriels, d’armes, de commandement ou de communications. Partout où de l’informatique pourrait être amenée à échanger des données, nous sommes aujourd’hui dans le périmètre de la cybersécurité du MINDEF. C’est nouveau par rapport à la sécurité des SI classique, laquelle existe depuis de nombreuses années où l’on privilégiait la confidentialité des échanges d’information (réseaux classifiés). L’arrivée de l’IP (Internet Protocol), que l’on trouve maintenant partout, a bouleversé le périmètre de la cybersécurité. De même, la sécurité du MINDEF commence au-delà de son système d’information, puisque la maintenance de nombreux systèmes est faite chez des partenaires qui parfois interviennent sur les théâtres d’opérations (Thales, Cassidian, etc.). Notre industrie de confiance doit donc aussi être capable d’avoir un haut niveau de cybersécurité.

 

Comment pourrait-on nous passer des grands logiciels ou équipements étrangers ?

 

Il y a probablement des équipements stratégiques dont nous devons retrouver la maîtrise, entre autres les équipements des cœurs de réseaux où se fait l’orientation des flux, ou encore les sondes de détection où une approche régalienne est absolument nécessaire. Comme nous ne sommes pas non plus capables de maitriser encore certains logiciels, antivirus notamment, il convient d’en croiser différents  (Kaspersky, McAfee, Symantec ou d’autres) en attendant une solution nationale pour pallier à cette carence.

 

La LPM apporte des modifications aux aspects juridiques de votre activité. Pouvez-vous nous dire en quoi ?

 

Le point de départ de ces aménagements juridiques est de pouvoir protéger juridiquement le travail des agents présents dans les centres experts de cyberdéfense. La jurisprudence et les textes actuels de la CNIL, en termes d’investigation, suffisent largement aux administrateurs de réseaux pour mener des investigations internes nécessaires ou des surveillances. Par contre en cas d’attaques, le code pénal dit aujourd’hui que « sauf motif légitime il est interdit de pénétrer dans un système externe ». Donc les articles de la LPM ont été rédigés, non pour évoquer des actions de rétorsion ou de contre-attaque, mais pour permettre aux agents des centres experts d’entrer en interaction avec un attaquant et faire cesser les effets d’une attaque contre le système visé : caractérisation et compréhension de l’attaque, neutralisation de ses effets par l’emploi de tel ou tel procédé technique. Les conditions d’application seront d’ailleurs définies par le Premier Ministre.

 

Le Livre blanc parle pourtant bien de capacités offensives en matière de cyber, non ?

 

En effet, dans les 13 pages du Livre blanc consacrées à la Cyber, vous avez plusieurs articles qui annoncent des capacités offensives pour la France dans le cadre de ses opérations militaires, ce qui est tout à fait différent du cadre précédent puisqu’entrant dans le cadre d’une intervention militaire, qui aujourd’hui n’est conduite qu’en application de résolutions internationales.

 

Parlez-nous de la chaine opérationnelle de cyberdéfense évoquée dans le Livre blanc.

 

Tout part du chef des armées et du CEMA, qui dispose d’un sous-chef opération et d’un centre de planification et de conduite des opérations (CPCO). Je suis le chef cyber de ce CPCO. La chaine de commandement est totalement intégrée dans le CPCO car le cyber est partout (dans les avions, les bateaux, etc.). En outre, en cas d’échec de la cyberdéfense, la crise concernerait toutes les composantes des armées et il faudrait en gérer les effets avec les moyens classiques. C’est donc une chaine opérationnelle unifiée, centralisée et spécialisée, intégrée au CPCO, qui est construite comme les autres chaines de commandement (air, terre, mer) avec les mêmes attributs : anticipation, doctrine, directives aux éléments décentralisés, mobilisation de moyens, etc.

 

Quelles sont vos ressources humaines ?

 

Je dispose d’une équipe resserrée qui travaille avec moi, de cellules au CPCO et d’un centre expert (Calid). Mais je dispose aussi de relais dans les armées, jusqu’au niveau des unités élémentaires. Chaque unité du MINDEF dispose aujourd’hui d’un assistant de lutte informatique défensive (ALID), capable de faire faire un certain nombre de manipulations sur les matériels de son unité. En réservoir de ressources, je dispose de toute la chaine SSI du MINDEF, à savoir 1600 personnes actuellement (plus les 350 postes à créer d’ici 2019). Sur ces 1600, environ 1200 sont dans le périmètre de l’état-major des armées : 300 gèrent des équipements de chiffrement et 900 sont dans la chaine de cybersécurité (prévention, détection, protection) avec des niveaux d’expertise variables. Dans ces 900, 150 sont des experts de haut niveau qui font des missions d’audit et d’expertise, que ce soient des officiers (bac + 7) ou des sous-officiers (bac + 2) qui sont passés par l'école des transmissions (ETRS) de Cesson-Sévigné près de Rennes, ou encore  des experts en lutte informatique défensive, soit au sein du Calid soit au sein des SOC.

 

Quel est le volume d’incidents que vous traitez ?

 

Depuis début 2013, le Calid a eu à traiter environ 500 remontées d’incidents ; ce sont les incidents qui remontent des opérateurs du ministère et qui demandent des expertises plus poussées que celles de leur SOC. Ces SOC fonctionnent à partir de signatures connues. Ce qui nous intéresse, particulièrement pour les affaires d’espionnage et autres, ce sont les signaux faibles pouvant être éventuellement détectés sur nos réseaux, de façon à pouvoir ensuite remonter une attaque. C’est l’objet des recherches menées par la DGA sur la corrélation d’événement ou du programme MTLID** de surveillance instrumentalisée des sondes (par Cassidian). En termes d’investissements, la LPM a prévu le programme « cyber » (350 M€) qui couvre tous les outils métiers spécifiques : chiffrement, téléphones sécurisés, sondes, corrélateurs, outils de présentation, etc.

 

Vos vœux pour les années à venir ?

 

Au sein de l’Etat, les administrations concernées par le cyber ont jusqu’à présent su gommer de nombreuses frontières pour coopérer en bonne intelligence. Le domaine est tellement vaste (de la cybercriminalité à l’espionnage économique en passant par le terrorisme) qu’aucun centre expert ne pourrait tout englober. Espérons que le renforcement des moyens et des effectifs n’empêchera pas la poursuite de cette coopération de confiance. Coté industriel, espérons aussi que nous pourrons conserver et faire émerger des entreprises de confiance pour préserver la pérennité de nos coopérations industrielles et garantir une indépendance et une autonomie nationale en matière de cybersécurité. Enfin en matière de réserve, nous avons lancé avec un relatif succès une réserve citoyenne de cyberdéfense, qui regroupe aujourd’hui 80 personnes réparties en 8 groupes de travail, pour le lobbying et la réflexion. Il existe aussi la réserve opérationnelle des armées, plus difficile d’emploi et de mise en œuvre dans ce domaine pointu. Enfin, nous avons le projet de mettre en place une réserve « cyberdéfense »à vocation opérationnelle pour aider à des travaux de restauration, à disposition de l’ANSSI et de l’Etat face à une crise grave. Nous en reparlerons…

 

*DIRISI : Direction Interarmées des Réseaux d'Infrastructure et des Systèmes d'Information

** MTLID : moyens techniques de lutte informatique défensive

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 11:54
Hautes-Alpes: Le 4e RCh épargné par la réorganisation de la défense

30/09/2013 par Valentin Doyen -  dici.fm

 

Hautes-Alpes: Le directeur de cabinet du ministre de la Défense, Jean Yves Le Drian, a confirmé ce lundi aux députés Joël Giraud et Karine Berger que le 4ème RC de Gap ne serait pas touché par les mesures de réorganisation de la Défense Nationale qui vont être annoncées mercredi.

 

A plusieurs reprises le député des Hautes-Alpes, rappelant son attachement à la division haut-alpine avait alerté le ministre sur l’avenir du 4ème RCh et sur les inquiétudes des personnels civils et militaires suite à la parution du Livre Blanc de la Défense et l’annonce possible de la fermeture des « petites bases ».

 

A plusieurs reprises, Karine Berger s’est entretenue directement avec le Ministre en rappelant à l’appui d’une note blanche le lourd tribu déjà payé par les Hautes Alpes dans la réorganisation de l’armée et l’incontestable intégration du régiment dans la ville :"On ne compte plus le nombre de militaire ou leur famille participant ou organisant des manifestations sportives ou culturelles. Cette intégration a pu aussi être mesurée en juin par la ferveur entourant l’anniversaire de l’installation du régiment il y a 30 ans".

 

"La présence d'un régiment à Gap ouvre la possibilité de s’entrainer directement en milieu montagnard et la proximité avec le champ de tir de Canjuers permettent un entrainement spécialisé de grande qualité qui est un atout de valeur au vu des différents théâtres d’opération de l’armée française ces dernières années" selon la Députée Karine Berger.

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 17:55
CEMA : Ouverture de la 21ème promotion de l’École de guerre

30/09/2013 Sources : EMA

 

Allocution de l’amiral Édouard Guillaud, chef d’état-major des armées, à l’occasion de l’ouverture de la 21ème promotion de l’Ecole de guerre.

 

Messieurs les officiers généraux,

 

Mesdames et messieurs les officiers, et stagiaires de la 21ème promotion de l’École de guerre,

 

Vous êtes ici parce que vous avez réussi un concours, et que vous avez choisi de vous préparer à exercer de plus hautes responsabilités. C’est un choix courageux, un chemin exigeant.

 

Je salue nos 109 camarades représentant 73 nations amies de la France. Votre présence au sein de la 21ème promotion est un atout pour chacun d’entre vous et une richesse pour notre École de guerre.

 

Quand vous quitterez cette école, vous participerez à la planification et à la conduite des opérations militaires, vous entretiendrez un outil de combat, vous contribuerez à la construction des capacités futures.

 

Vous avez déjà une première expérience de ces métiers, celle du chef de premier niveau, celle du traitant en état-major. Cette première expérience en tant que professionnel de votre armée est précieuse. Demain, elle ne sera plus suffisante.

 

On attendra de vous que vous abordiez les choses dans leur globalité et donc dans leur complexité, dans un cadre toujours interarmes, interarmées, interministériel et international.

 

C’est pour cela que l’École de guerre est une école de l’interarmées ouverte sur l’international.

 

Ce matin, je voudrais commencer par vous dire ce qu’est le chef d’état-major des armées françaises. Je voudrais ensuite partager avec vous les enseignements que je tire de nos engagements opérationnels, et ma vision des tendances qu’ils dessinent pour le futur. J’aborderai enfin les défis que les armées françaises devront relever.

 

***

 

En tant que chef d’état-major des armées et premier des militaires, le CEMA exerce ses responsabilités dans 3 domaines principaux.

 

Il est le conseiller militaire du gouvernement. Il donne les éléments d’appréciation et propose les options militaires au Président de la République, chef des armées. Évidemment, tout cela tient compte des contraintes de politique intérieure et de politique internationale, mais aussi des contraintes administratives et budgétaires, toutes contraintes qui interagissent continuellement. Ce dialogue permanent entre les plus hautes autorités politiques et militaires est ce qu’on appelle le « politico-militaire ».

 

Le CEMA assure le commandement des opérations militaires, directement sous les ordres du Président de la République. Ce commandement s’exerce sur tous nos moyens, nucléaires et conventionnels, sur le territoire national et en opération extérieure, que l’opération soit nationale ou multinationale.

 

Le ministre de la défense est responsable de l’emploi des forces ; il s’agit d’une responsabilité politique. Pour ma part, je suis responsable de l’emploi opérationnel des forces ; c’est une responsabilité militaire et professionnelle.

 

A l’heure où je vous parle, un peu plus de 8000 soldats, aviateurs et marins français sont en opération extérieure, en Afrique, au Moyen Orient, en Asie centrale et dans les Balkans. D’autres sont mobilisés 7 jours sur 7, dans les missions de dissuasion et pour la protection de nos concitoyens. D’autres sont en alerte, prêts à intervenir où et quand il le faudra. Enfin, d’autres sont prépositionnés à l’étranger, en Afrique, aux Moyen Orient, ce qui veut dire qu’ils sont en alerte ou en opération.

 

Au bilan, dans ce large registre des opérations, quelques 20 000 militaires des 3 armées, des directions et des services interarmées sont en permanence engagés directement sous mes ordres.

 

Enfin, le CEMA est responsable de la cohérence capacitaire, c’est-à-dire de l’aptitude de nos armées à opérer ensemble de manière combinée.

 

Un exemple ? Les opérations menées sur Brega, en Libye, en 2011, qui ont fait intervenir des sous-marins, des frégates, des hélicoptères de combat, des avions de patrouille maritime, des avions de chasse et leurs soutiens.

 

Cette aptitude à la combinaison interarmées, dans un environnement multinational, est ce que l’on appelle l’interopérabilité. C’est une exigence permanente, pour aujourd’hui et pour demain.

 

Elle concerne tous les niveaux de commandement et d’exécution, et tous les éléments qui constituent une capacité : l’équipement, la préparation des forces, mais aussi la doctrine et le soutien. Une capacité est donc un tout cohérent, un ensemble de « briques » permettant de remplir une mission – j’y reviendrai.

 

Ces grands domaines de responsabilité étant posés, je voudrais insister sur 3 points.

 

Premier point : l’existence, en France, d’un lien direct dans le domaine des opérations entre le CEMA et le Président de la République. Ce lien direct est véritablement une singularité.

 

Il garantit l’adéquation entre les objectifs politiques et leur traduction en effets militaires, et ce avec une réactivité que beaucoup nous envient.

 

Deux exemples récents : l’intervention de notre aviation au-dessus de Benghazi, en Libye, le 19 mars 2011 ; et celle de nos forces spéciales, de nos hélicoptères de combat et de nos chasseurs pour bloquer la progression des groupes terroristes vers le Sud malien, le 11 janvier 2013. A chaque fois, l’effet militaire a été appliqué quelques heures seulement après la décision politique. A chaque fois, cette réactivité a été décisive.

 

Deuxième point : le CEMA dispose des voies et des moyens nécessaires à la planification et à la conduite des opérations, du niveau stratégique au niveau tactique.

 

Le Centre de planification et de conduite des opérations de l’État-major des armées est au cœur du dispositif, auquel s’agrègent la Direction du renseignement militaire et le Commandement des opérations spéciales. Ils fonctionnent en symbiose avec les états-majors opérationnels de l’armée de terre, de l’armée de l’air et de la marine nationale.

 

Ainsi, le CPCO assure le commandement opérationnel de tous les moyens français engagés, mais aussi l’évaluation de la situation, la planification, et la tutelle logistique de toutes nos opérations.

 

Le CEMA s’appuie pour cela sur des capacités de renseignement complètes et autonomes, auxquelles contribue aussi la Direction générale de la sécurité extérieure. Ces capacités permettent une appréciation de situation et une prise de décision souveraines. C’est ainsi que nous avons été en mesure de connaître et de suivre le développement des groupes terroristes au Sahel depuis plusieurs années, puis de planifier l’opération Serval.

 

J’ajoute que les structures de commandement françaises sont certifiées aux normes de l’OTAN et de l’Union européenne, nous donnant ainsi un label pour le commandement d’une opération multinationale dans ces cadres, comme nous l’avons fait 2008 au Tchad lors de l’opération EUFOR-Tchad.

 

Troisième point : La conception et la construction des capacités, c’est-à-dire de toutes les briques nécessaires à la réalisation d’une mission.

 

Elles relèvent du niveau interarmées, parce que c’est à ce niveau que l’on agrège les capacités de chaque armée.

 

De plus en plus, la dimension internationale est recherchée, sous la forme de coopérations ou de mutualisations de moyens. Le programme A 400M et le commandement européen de l’aviation de transport en sont des exemples.

 

Dans tous les cas, la cohérence capacitaire s’envisage à deux niveaux, d’abord au sein de chaque armée, puis au niveau interarmées.

 

Prenons le cas de l’appui aérien. Il mobilise des chasseurs-bombardiers ou des hélicoptères de combat, mais aussi des moyens de coordination dans la troisième dimension, des avions ravitailleurs, des drones, des équipes de guidage, etc. On pense ici d’abord à l’armée de l’air et à l’aéronautique navale, mais les forces terrestres classiques ou spéciales sont également concernées. D’où la nécessité d’un arbitrage interarmées, pour fixer les normes d’interopérabilité et répartir les ressources au mieux, en fonction des besoins de chacun mais surtout des effets à obtenir sur le terrain.

 

Voilà ce que je tenais à vous dire de mes responsabilités.

 

***

 

Je voudrais maintenant vous parler des leçons que je tire de nos engagements, et des tendances que j’y discerne.

 

Nos engagements répondent à 4 caractéristiques.

 

La première d’entre elles – et la plus évidente – est leur diversité : diversité géographique, diversité des menaces, diversité du cadre d’intervention, diversité des objectifs recherchés.

 

Avec le développement de l’asymétrie, et l’émergence de nouveaux domaines de conflictualité comme l’espace et le cyberespace, les possibilités se diversifient encore.

 

Prendre en compte cette diversité nécessite des capacités réactives et polyvalentes, aptes à entrer en premier si nécessaire, à affronter tout type d’adversaire, quel que soit le milieu, et à couvrir tout type d’action.

 

Seconde caractéristique : la durée. Certaines opérations durent quelques jours, comme l’évacuation de ressortissants conduite à Beyrouth en 2006. D’autres durent quelques mois, comme la Libye, en 2011. La plupart durent plusieurs années, et parfois bien davantage : nous sommes au Liban depuis 1978, soit 35 ans, au Tchad depuis 1986, en Afghanistan depuis 2001.

 

Cette caractéristique est, pour les années qui viennent, celle qui sera le plus souvent remise en cause. En effet, tant les gouvernements que les opinions publiques font preuve d’impatience, aussi bien dans la vie de tous les jours que dans leur évaluation stratégique.

 

Le défi majeur pour nos dispositifs reste malgré tout celui de l’endurance. C’est aussi celui de la réversibilité, capacité à se désengager rapidement d’une crise.

 

Troisième caractéristique : la complexité des situations, parce que la plupart des conflits se développent au sein même des États. Souvent, on peut parler de guerre civile.

 

Il est difficile de discerner les acteurs, leurs mobiles, leurs ambitions réelles.

 

Les lignes de fracture politiques, ethniques et religieuses sont instrumentalisées depuis l’extérieur ; il s’agit de confrontations par procuration.

 

La résolution de ces crises nécessite alors de raisonner à l’échelle de la région, ce qui démultiplie les acteurs à prendre en compte et complique encore la compréhension des enjeux. En Afghanistan, au Mali, en Syrie, c’est ainsi qu’il faut appréhender les choses.

 

4ème caractéristique : Ces conflits intra-étatiques naissent de la pauvreté, du sous-développement et de la faillite des États, qui favorisent le développement du radicalisme et du terrorisme.

 

La solution militaire n’apporte qu’une partie de la réponse. Une approche globale est indispensable pour traiter les causes de ces conflits sur l’ensemble du spectre, en agissant dans 3 domaines : la sécurité, la gouvernance et le développement.

 

Cette approche, qui vise en fait la restauration des conditions d’une vie normale, est interministérielle – Interagency en anglais. C’est dans cet environnement que vous serez appelés à évoluer.

 

***

 

Quelles sont, dans ce contexte, les conditions nécessaires à l’intervention ?

 

De manière schématique, 3 conditions doivent être réunies : pour s’engager, il faut de la volonté, des capacités et de la légitimité.

 

Il faut la volonté d’intervenir et d’en assumer le prix !

 

Il est vrai qu’en période de crise, le poids des questions économiques et sociales tend à primer sur les questions de sécurité internationale.

 

Si l’intérêt d’un outil militaire en complément de la diplomatie est correctement perçu par l’autorité politique, il n’en demeure pas moins que son emploi reste conditionné par le temps médiatique et les contraintes de la politique intérieure.

 

C’est une difficulté supplémentaire pour le commandement militaire, que d’appliquer ce vieux principe de la guerre de l’économie des moyens à un champ médiatique, voire politicien !

 

Mais la volonté d’intervenir ne suffit pas : il faut en avoir les moyens !

 

Aujourd’hui, nul n’est en mesure d’assumer seul la résolution d’une crise. La coalition est devenue incontournable, avec toutes les géométries imaginables.

 

Éventuellement adossée à une alliance ou à une organisation internationale, elle est le plus souvent montée de toutes pièces et intègre de plus en plus de partenaires. En Afghanistan, l’ISAF a compté jusqu’à 42 contributeurs !

 

Inévitablement, cette « Babel opérationnelle » met côte à côte des objectifs politiques et militaires différents, des cultures opérationnelles diverses, et des capacités militaires disparates.

 

Enfin, et c’est peut-être le critère primordial, l’intervention doit être légitime, au plan international, comme vis-à-vis des opinions et des électeurs.

 

La légitimité doit être incontestée, de l’amont à l’aval de l’intervention. C’est une vraie difficulté pour nos démocraties, aussi promptes à l’émotion qu’à la lassitude. C’est toujours un point de vulnérabilité, a fortiori pour les interventions multinationales.

 

En l’absence d’ennemi visible aux frontières, les opinions publiques sont de plus en plus sceptiques vis-à-vis des expéditions lointaines, surtout lorsque les enjeux et les résultats sont indirects.

 

Elles traversent aussi une crise de confiance vis-à-vis des autorités politiques et militaires avec, parfois, le sentiment d’une information manipulée au service de desseins cachés. La communication opérationnelle est un critère majeur de succès.

 

L’obtention et l’entretien de la légitimité supposent le respect du droit, et donc la maîtrise de la force, quelles que soient les circonstances. C’est une forme de paradoxe, face à des adversaires qui ne s’embarrassent pas de principes, mais c’est l’honneur des démocraties !

 

***

 

Au-delà de ces grands principes, quelles sont les tendances ?

 

La première est que les États-Unis ne souhaitent plus s’impliquer systématiquement en première place.

 

Ils ont tiré les leçons de leurs expériences afghane et irakienne, au premier rang desquelles les limites de l’emploi de la force, les limites d’une option uniquement militaire, ainsi que la difficulté et le coût de la reconstruction d’un État failli.

 

Face à l’émergence de la puissance chinoise, Washington regarde aujourd’hui davantage vers l’Asie et le Pacifique.

 

Concernant le lien transatlantique, les Américains appellent à un partage plus équilibré du fardeau pour la sécurité de notre continent, qui ne représente plus pour eux un enjeu primordial. Songez qu’aujourd’hui, un Américain dépense 4 fois plus pour sa défense qu’un Européen !

 

Ceci a des implications directes sur les opérations, en termes d’initiative politique, de leadership opérationnel et de capacités militaires. On l’a vu récemment en Libye et au Mali.

 

Deuxième tendance : Les Européens ne comprennent l’intervention extérieure qu’avec parcimonie et au cas par cas.

 

En Europe aussi, les engagements répétés des 20 dernières années ont laissé des traces, sans pour autant susciter de vision partagée des enjeux de sécurité.

 

De plus, face à la crise économique, qui entraîne une réduction généralisée des budgets de défense, la plupart des Européens misent toujours plus sur l’Alliance atlantique, qui a été construite pour faire face à l’Union des républiques socialistes soviétiques.

 

Ils fournissent volontiers des capacités de soutien, mais sont plus réticents à engager la force.

 

Le Sommet européen sur la défense européenne, au niveau des chefs d’État, en décembre, devrait – espérons-le – redonner un nouvel élan à la dynamique européenne !

 

Troisième tendance : l’affirmation nouvelle d’États et d’organisations régionales dans la résolution de crises relevant de leur sphère d’intérêt géographique, culturel ou religieux.

Je pense aux États du Golfe, en Libye et aujourd’hui en Syrie.

 

Je pense à l’Union africaine, à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et aux États de la région au Sahel. Le succès de la MINUSMA en témoigne.

 

***

 

Dans ce contexte géopolitique, les coalitions de demain seront d’abord des coalitions de circonstance.

 

Leur constitution sera un préalable. C’est déjà un premier défi !

 

Ce seront des coalitions à géométrie variable, qui intègreront ceux qui veulent et qui peuvent. Les alliances et organisations permanentes seront confortées dans leur rôle de boîte à outils, forum de dialogue et structure normative, plus que dans leur rôle structurel. C’est à mes yeux la première vertu de l’OTAN, au-delà évidemment de la défense collective.

 

Je suis par ailleurs convaincu que le rôle des acteurs locaux et régionaux sera accru.

 

Ce sont eux en effet qui sont les plus légitimes et donc les mieux à même de gagner une paix durable.

 

L’action internationale s’inscrira principalement en soutien des capacités dont ils disposent, pour leur fournir celles qui leur manquent. Je pense en particulier au renseignement, au commandement, à la logistique et aux appuis. C’est ainsi que la France procède au Mali, avec ses partenaires nord-américains et européens.

 

Il s’agira d’intervenir aussi rapidement que nécessaire, avec une empreinte minimale, constamment optimisée, puis de se désengager aussi vite que possible.

 

***

 

Après ce tour d’horizon géostratégique et des défis opérationnels à venir, je voudrais vous dire comment je vois l’évolution de nos armées pour les 15 prochaines années.

 

Dans le monde de la défense, on a un exercice régulier de prospective pour évaluer les risques, les menaces, les cadres d’intervention et les moyens nécessaires. C’est le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale.

 

Dans ce cadre, une Loi de programmation militaire décline cette analyse pour nos armées, en termes d’équipement, de personnel et de fonctionnement.

 

La France vient de conduire ces deux exercices, avec la publication d’un Livre blanc au printemps et la préparation d’une Loi de programmation militaire, qui devrait être votée par le Parlement avant la fin de l’année.

 

Dans le contexte de la crise économique, l’exercice est conduit sous forte contrainte budgétaire.

 

Que retenir ?

 

Les missions des armées françaises sont inchangées dans leurs grandes lignes, avec une stratégie militaire articulée autour de 3 grandes missions : la protection du territoire national et des Français, la dissuasion nucléaire et l’intervention extérieure.

 

Des priorités sont réaffirmées : le renseignement, la cyberdéfense.

 

Conséquence : à budget plus contraint, il a fallu faire des choix, réduire les formats et donc revoir les contrats opérationnels, en particulier ceux qui concernent l’intervention extérieure. Mais ces contrats d’intervention restent cohérents avec les missions et le volume de nos engagements passés et, surtout, de nos engagements probables.

 

Au bilan, nous devrions disposer en 2025 d’une armée au format plus réduit qu’aujourd’hui, mais d’une armée adaptée à nos ambitions, telles qu’elles ont été décrites par le Livre blanc.

 

Compte tenu du contexte économique difficile que nous traversons, les 190Md€ consacrés à la LPM 2014-2019 représentent un effort significatif, porté au plus haut niveau de l’État.

 

Ceci dit, le modèle décrit par la LPM présente 3 points de vigilance :

 

Le premier point de vigilance est budgétaire. L’enveloppe allouée est ambitieuse, mais elle repose en partie sur des ressources exceptionnelles. Cette fois-ci comme les précédentes, c’est le respect des budgets annuels au fur et à mesure qui conditionnera la victoire !

 

Deuxième point de vigilance : la déflation des ressources humaines. La LPM fixe l’objectif, 23 500 déflations supplémentaires, dont environ 1000 officiers par an. Ce sera compliqué, vu les efforts déjà réalisés ces dernières années. Inévitablement, il faudra restructurer, dissoudre des unités, fermer des bases.

 

Troisième point de vigilance : la relève des matériels anciens par ceux qui doivent les remplacer, sans discontinuité de service. Avec le report et la réduction de certains programmes, il faudra prolonger des matériels plus longtemps que prévu.

 

Comme pour la plupart des armées représentées ici, les années à venir seront difficiles pour les armées françaises. Il faudra de la combativité dans l’adversité, il faudra de l’imagination pour surmonter les obstacles. Il faudra de l’engagement !

 

***

 

Cet engagement, je l’attends de tous et puisque je suis ici devant vous, je l’attends de chacun d’entre vous !

 

Vous l’avez compris, cette année est d’abord pour vous celle de l’approche de la complexité.

 

Elle doit être avant tout l’occasion de dépasser le confort de ce que vous maîtrisez, de vous ouvrir sur le monde et de parfaire votre culture générale.

 

Vous êtes là pour réfléchir, pour apprendre et pour débattre !

 

Vous êtes là pour réfléchir.

 

Méfiez-vous des vérités toutes faites. Certaines seulement sont valides. Beaucoup trop sont l’alibi du dogmatisme, le paravent d’un conservatisme étriqué ! C’est un frein à l’innovation dont nous avons besoin : « Ce qui a toujours menacé la pensée militaire, c’est le dogmatisme dans la rationalité non appuyée par l’expérience », prévenait Raymond Aron, et c’était en 1975 !

 

Le « pragmatisme », dont on nous rebat les oreilles, doit être utilisé avec discernement. Pour beaucoup, il est le refuge de la paresse intellectuelle !

 

Ayez le souci de comprendre en profondeur, et donc de contextualiser. Ayez le souci de bâtir des analyses personnelles, circonstanciées, et donc de mettre en perspective.

 

Vous êtes là pour apprendre.

 

Vous devez viser des connaissances à la fois larges et précises. C’est cela qui vous permettra de vous forger des convictions étayées et de les défendre avec nuance. C’est ainsi et ainsi seulement que vous serez crédibles et respectés.

 

Prenez le temps de la lecture. Celle de l’actualité, bien sûr, mais en allant au-delà de l’écume des événements. Celle des grands auteurs qui vous permettront de mieux « comprendre la guerre », ses enjeux, ses mobiles, dans toutes leurs dimensions. Ne vous contentez pas de lire Clausewitz : lisez aussi bien Sun Tzu que Guibert, Mahan que Liddell Hart et Warden !

 

La stratégie et la géopolitique sont des disciplines primordiales, mais elles ne sont pas les seules. Etudiez aussi l’histoire militaire, l’économie, le droit des conflits. Toutes ces disciplines sont importantes pour le chef militaire !

 

Vous êtes ici pour débattre.

 

Pour débattre, et pas pour alimenter des polémiques fondées sur des rumeurs ou, pire, sur des préjugés ! Ayez le souci de l’exactitude de vos sources, de l’objectivité de vos raisonnements. Prenez du recul !

 

Cela doit vous permettre de vous méfier des bruits de coursive ! Il y a toujours un peu de vrai, mais souvent beaucoup de faux !

 

A ce propos, ne vous trompez pas de combat : l’avenir de votre armée, direction ou service ne se joue pas ici, en amphi Foch ! Vous êtes là pour promouvoir votre expertise, pas pour l’imposer. Les guerres de clocher, les corporatismes n’ont pas leur place, ni ici, ni ailleurs. Il n’y a qu’un combat qui vaille, celui que nous menons sur le terrain. Toutes les armées, toutes les directions, tous les services y ont leur place, parce que tous sont indispensables au succès !

 

Mesdames les messieurs les officiers stagiaires de la 21ème promotion de l’École de guerre, les solutions à nos défis sont bien largement hors de votre armée d’origine, hors de vos armées nationales. Si vous gardez cela continuellement en tête, alors vous tirerez le meilleur profit de votre année à l’Ecole de guerre !

 

Je vous remercie.

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 12:30
Assemblée nationale : Audition de M. Philippe Burtin, président de Nexter, sur le projet de loi de programmation militaire

30.09.2013 Assemblée Nationale

 

- Audition, ouverte à la presse, de M. Philippe Burtin, président de Nexter, sur le projet de loi de programmation militaire

Compte rendu n° 98 - mercredi 18 septembre 2013 - séance de 18 heures

 
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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 12:03
DGA : une industrie de défense préservée - video

30.09.2013 Par  

 

Le délégué général pour l'Armement s'exprime sur le projet de la loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019. Cette loi constitue, pour le ministère de la Défense, la première étape de la mise en œuvre des nouvelles orientations stratégiques publiées dans le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale.

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 16:55
Assemblée nationale : Agenda de la commission  de la défense nationale et des forces armées

27.09.2013 Assemblée nationale

 

I 1er OCTOBRE 2013

 

11 heures  élection du Bureau de la commission.

 

19 heures audition de M. Kader Arif, ministre délégué aux anciens combattants, sur le projet de loi de finances pour 2014 ; désignation de rapporteurs sur le projet de loi de programmation militaire.

 

2 OCTOBRE 2013

 

9 h 30  audition de M. Laurent Collet-Billon, délégué général pour l’armement, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014.

 

16 h 30 audition de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014.

 

18 h 30 audition de M. Philippe Errera, directeur chargé des affaires stratégiques, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014.

 

3 OCTOBRE 2013

 

9 h 30  audition de l’amiral Édouard Guillaud, chef d’état-major des armées, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014.

 

 

8 OCTOBRE 2013

 

17 h 15 audition du général Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’air, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014.

 

9 OCTOBRE 2013

 

9 heures audition de l’amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la marine, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014.

 

10 h 30 audition, ouverte à la presse, de MM. Philippe Berna, président, et Thierry Gaiffe, président de la commission Défense du Comité Richelieu.

 

16 h 15 audition de M. Jean-Paul Bodin, secrétaire général pour l’administration, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014.

 

10 OCTOBRE 2013

 

9 heures audition, ouverte à la presse, de représentants d’associations d’anciens combattants, sur le projet de loi de finances pour 2014.

15 OCTOBRE 2013

 

17 h 15 audition de M. Jacques Feytis, directeur des ressources humaines du ministère de la défense, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014.

 

16 OCTOBRE 2013

 

9 heures audition du général Bertrand Ract-Madoux, chef d’état-major de l’armée de terre sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014.

 

11 heures audition du général Denis Favier, directeur général de la gendarmerie nationale, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014.

 

16 h 15 audition de M. Jean-Marc Debonne, directeur central du service de santé des armées, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014.

 

17 OCTOBRE 2013

 

audition, ouverte à la presse, de représentants des syndicats des personnels civils de la défense, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014.

 

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 16:55
Assemblée nationale : Agenda de la commission  de la défense nationale et des forces armées

27.09.2013 Assemblée nationale

 

I 1er OCTOBRE 2013

 

11 heures  élection du Bureau de la commission.

 

19 heures audition de M. Kader Arif, ministre délégué aux anciens combattants, sur le projet de loi de finances pour 2014 ; désignation de rapporteurs sur le projet de loi de programmation militaire.

 

2 OCTOBRE 2013

 

9 h 30  audition de M. Laurent Collet-Billon, délégué général pour l’armement, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014.

 

16 h 30 audition de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014.

 

18 h 30 audition de M. Philippe Errera, directeur chargé des affaires stratégiques, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014.

 

3 OCTOBRE 2013

 

9 h 30  audition de l’amiral Édouard Guillaud, chef d’état-major des armées, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014.

 

 

8 OCTOBRE 2013

 

17 h 15 audition du général Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’air, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014.

 

9 OCTOBRE 2013

 

9 heures audition de l’amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la marine, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014.

 

10 h 30 audition, ouverte à la presse, de MM. Philippe Berna, président, et Thierry Gaiffe, président de la commission Défense du Comité Richelieu.

 

16 h 15 audition de M. Jean-Paul Bodin, secrétaire général pour l’administration, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014.

 

10 OCTOBRE 2013

 

9 heures audition, ouverte à la presse, de représentants d’associations d’anciens combattants, sur le projet de loi de finances pour 2014.

15 OCTOBRE 2013

 

17 h 15 audition de M. Jacques Feytis, directeur des ressources humaines du ministère de la défense, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014.

 

16 OCTOBRE 2013

 

9 heures audition du général Bertrand Ract-Madoux, chef d’état-major de l’armée de terre sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014.

 

11 heures audition du général Denis Favier, directeur général de la gendarmerie nationale, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014.

 

16 h 15 audition de M. Jean-Marc Debonne, directeur central du service de santé des armées, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014.

 

17 OCTOBRE 2013

 

audition, ouverte à la presse, de représentants des syndicats des personnels civils de la défense, sur le projet de loi de programmation militaire et le projet de loi de finances pour 2014.

 

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 11:55
La défense, troisième budget de l'Etat, assume 60 % des baisses d'effectifs prévues

25.09.2013 Par Nathalie Guibert LE MONDE

 

Le chef des armées, François Hollande, a choisi de "maintenir" l'effort de défense du pays : le budget doit être stabilisé en valeur au niveau de 2013, pour les trois exercices 2014, 2015 et 2016. Avec 31,4 milliards d'euros par an, il reste le troisième budget de l'Etat après l'éducation et la charge de la dette, et le premier budget d'investissement public (17 milliards).

 

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