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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 11:55
Armée de terre : questions pour un Scorpion

17.09.2013 Vincent Lamigeon, grand reporter à Challenges - Supersonique



Scorpion. Le seul nom concentre toutes les attentes de l’armée de terre. Toutes les craintes, aussi, si cet énorme programme de plusieurs milliards d’euros venait à être raboté, reporté ou vidé de sa substance. De quoi s’agit-il ? Le programme Scorpion vise à la fois à renouveler et moderniser les véhicules blindés de combat français, donc beaucoup datent des années 70-80, et à optimiser la mise en réseau des systèmes d’information et de combat. Reporté à plusieurs reprises, enterré par certaines versions du Livre Blanc, le programme a finalement été préservé par la loi de programmation militaire (LPM), qui commence à être examinée par le Parlement.

Dans le détail, les véhicules blindés multirôles (VBMR) remplaceront l'actuel véhicule de transport de troupes protégé VAB (véhicule de l'avant blindé). Les engins blindés de reconnaissance et de combat (EBRC) succéderont, eux, aux actuels blindés légers AMX 10 RC et Sagaie. Le char Leclerc aura droit à une rénovation, et le développement du système  d'information et de combat de Scorpion (SICS) doit être lancé. La LPM prévoit 92 livraisons de VBMR sur la période 2044-2019. Quant à l’EBRC, il fera l’objet « des premières commandes » sur la période.

De fait, il y a urgence pour des matériels mis à rude épreuve par les OPEX type Afghanistan et Mali, et plus largement par des décennies d'interventions françaises. « Les moyens de combat « médians » (VAB, blindés légers de types AMX 10RC et ERC90 Sagaie) sont devenus un sujet de préoccupation croissante en raison de leur âge et de leur obsolescence opérationnelle, écrivaient les députés Yves Fromion et Gwendal Rouillard en juillet dans leur rapport sur la revue capacitaire des armées. Un nouveau report du programme Scorpion entraînerait une rupture temporaire de capacités.» Et de dégainer deux graphiques, reproduits ci-dessous, mettant en évidence les trous capacitaires ces prochaines années suite aux obsolescences des VAB, ERC90 et AMX10RC.

 

Rupture capacitaire 1.JPG

 

Rupture capacitaire 2.JPG



Le problème, c’est que si la LPM devrait bien confirmer le programme, l’armée de terre devra encore attendre un moment ses nouveaux matériels. Les premières livraisons de l’EBRC sont prévues à partir de 2020. Et si la période 2014-2019 devrait bien voir les premières livraisons de VBMR, certains industriels ne croient guère au calendrier prévu. « L’appel d’offres du VBMR n’est pas encore lancé, or un programme d’armement, c’est huit à dix ans minimum, assurait ainsi Christian Mons, président du Cidef (Conseil des industries de défense françaises). La date de 2018 n’est pas réaliste, on sera au moins à 2022 ou 2023. »

Ce n’est pas la seule question sur Scorpion. Quelle seront les cibles de commandes finales ? On évoque 1700 VBMR et 250 EBRC, avec des cibles intermédiaires respectives de 1000 VBMR et 125 EBRC en 2025. L’appel d’offres, prévu en 2014, intègrera-t-il les champions étrangers de l’armement terrestre, comme BAE, General Dynamics, Krauss Maffei ou Patria ? Quel partenariat potentiel entre les industriels français ? Nexter et Renault Trucks Défense ont signé un accord fin 2011 pour faire une offre commune pour le VBMR, mais cet accord expire fin 2013. Une chose est certaine : l’avenir de l’industrie d’armement terrestre française dépend largement des réponses à ces questions.

 

(Photo XP2, démonstrateur de Nexter pour le VBMR, copyright Nexter)

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 16:55
le Cenzub, au cœur de la future programmation militaire

16 sept. 2013 ministeredeladefense

Pour sa première visite dans les forces terrestres depuis la rentrée de septembre, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s'est rendu, jeudi 12 septembre 2013, au Centre d'entraînement aux actions en zone urbaine (CENZUB) à Sissonne (Aisne). Ayant pour mission d'entraîner des sous-groupements tactiques interarmes (SGTIA) à dominante infanterie ou blindé en zone urbaine, le Cenzub a pour raison d'être la préparation opérationnelle, qui est une des grandes priorités de la future programmation militaire.

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 12:55
La France investit pour parer à une attaque informatique majeure

 

 

15.09.2013 Par Véronique Guillermard – leFigaro.fr

 

Les Américains l'ont baptisé le «Pearl Harbor numérique». Cette attaque informatique majeure mettrait à terre les réseaux de communications, de transports et d'énergie à l'échelle nationale. De quoi mettre à genou un pays.

Pour se protéger de cet ennemi invisible - États voyous, groupes terroristes, mafias… - qui surfe sur les autoroutes de l'information, s'introduit dans les réseaux et les banques de données, via un simple poste de travail équipé d'un ordinateur, les infecte, espionne et sabote à distance, États, armées et entreprises investissent des sommes de plus en plus importantes. Ce marché mondial est estimé à quelque 50 milliards d'euros et il augmente de 8 à 10 % par an.

En France, la prise de conscience de la gravité des menaces se traduit par l'inscription d'un budget dédié à la cyberdéfense dans la nouvelle Loi de programmation militaire (2014-2019) avec notamment la formation de «cyber warriors» et par la sélection de quatre programmes de cybersécurité dans le cadre des 34 projets d'avenir, présentés la semaine dernière par François Hollande.

Preuve que cette nouvelle filière - elle pourrait créer des milliers d'emplois en France - est devenue une priorité, la visite ce lundi matin d'Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, et sa ministre déléguée à l'Économie numérique, Fleur Pellerin, ainsi que de Benoît Hamon, ministre de l'Économie sociale et solidaire, à Élancourt où 2000 ingénieurs de Cassidian, filiale défense d'EADS, travaillent sur des projets liés à la défense, la sécurité et la cyber­sécurité.

 

30.000 ordinateurs perdus

Point d'orgue de la visite, une démonstration d'intrusion informatique et le déclenchement des moyens pour la détecter, l'observer et la neutraliser. «Il y a un an, une grande société pétrolière a été victime d'une attaque. Elle a perdu 30.000 ordinateurs en une seconde. Ce sabotage à grande échelle s'est traduit par une perte sèche de milliers de données»,raconte Jean-Michel Orozco, directeur général de Cassidian Cybersecurity, un des deux grands acteurs français et européen avec Thales. «Lorsque les entreprises ne sont pas correctement protégées, il s'écoule en moyenne 371 jours entre le début d'une attaque et le moment où elle est détectée», ajoute-t-il. De quoi laisser le temps au cyber-attaquant de «faire son marché» dans les données sensibles de sa cible. Quasi impossible à prévenir, l'intrusion peut en revanche être repérée et neutralisée.

«Nous surveillons en temps réel les réseaux de nos clients, nous analysons les incidents dans nos centres opérationnels de sécurité et, si nécessaire, faisons appel à nos propres forces spéciales afin qu'elles interviennent au plus vite, détaille Jean-Michel Orozco. Nous menons des missions de détection d'une intrusion, d'observation et de neutralisation avant exfiltration des données et nous avons également des outils ad hoc qui patrouillent sur le réseau et font le ménage dans les coins et recoins.» Le patron de Cassidian constate que les entreprises, grandes et petites, se préoccupent de plus en plus de leur protection.

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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 19:55
général d'armée (2S) Henri Bentégeat, ancien chef d'état-major des armées

général d'armée (2S) Henri Bentégeat, ancien chef d'état-major des armées

Par le général d'armée (2S) Henri Bentégeat, ancien chef d'état-major des armées

 

(article paru dans le Figaro le 14/09/2013)

 

Afghanistan, Libye, Mali, Syrie peut-être demain, nos armées volent d’un engagement à un autre, heureuses et fières de servir, oubliant, dans l’ardeur des opérations,  les perspectives moroses de la loi de programmation militaire ; ignorant surtout la révolution silencieuse qui bouleverse l’organisation du ministère de la défense et pourrait, si l’on n’y prend garde, ébranler les fondements de l’institution militaire.

 
La place et le rôle des chefs militaires au sein de ce qui fut longtemps le ministère des armées ont été parfois contestés au cours des dernières décennies. La haute fonction publique, soutenue par les cabinets et le contrôle général des armées, a toujours lorgné vers les postes de responsabilité de ce ministère atypique. Le général Lagarde, il y a 30 ans déjà, disait aux stagiaires de l’Ecole de Guerre : «  on aurait tort de n’y voir qu’un conflit d’intérêts corporatistes. Ce sont deux visions qui s’affrontent : d’un coté, le notre, la subordination de toutes les activités à la préparation opérationnelle, de l’autre, celui des civils, le primat de la gestion budgétaire. Cette dernière approche peut séduire, car elle est plus perméable aux pressions politiques… ». Nous n’en crûmes pas un mot. Nous avions tort.                                            
 
La relève des généraux par des hauts-fonctionnaires à la tête d’institutions, comme le SGDN ou la DGSE, aurait pu nous alerter, mais le caractère interministériel de ces postes pouvait expliquer le changement de portage. Surtout, en parallèle, le développement de l’interarmisation recentrait les armées et le ministère sur leur raison d’être, la préparation et la conduite des opérations. La guerre du Golfe avait montré  l’urgente nécessité de dépasser les intérêts particuliers de chaque armée (Terre, Marine et Air ) en les subordonnant aux impératifs des opérations interarmées. Et, depuis vingt ans, nos engagements incessants dans les Balkans, en Afrique, au Moyen-Orient et en Afghanistan avaient progressivement donné une place centrale, au sein du ministère, au chef d’état-major des armées.

 

Consacrée par les décrets de 2005 et 2009, cette évolution stabilisait et consolidait la charnière politico-militaire en donnant au CEMA les moyens d’exercer son rôle de conseiller militaire du gouvernement. Certains s’en étaient inquiétés, craignant que le ministre de la défense peine à imposer son autorité à un « proconsul » trop puissant. C’était ignorer le poids incontournable, au sein du ministère, du Délégué général pour l’armement, assis sur son socle industriel et social, et du Secrétaire général pour l’administration, détenteur des leviers de la finance et de la gestion.                                                  

 

La  défiance de principe à l’égard du loyalisme des officiers est non seulement infondée mais surtout incompréhensible pour des générations de militaires élevées dans le culte de l’obéissance républicaine. A une époque tristement marquée par l’affaire Dreyfus et l’affaire des fiches, Jaurès avait fait litière de ces accusations en démontrant la constance de la soumission des chefs militaires aux responsables politiques.

 

Aussi les vraies raisons qui conduisent aujourd’hui à retirer au chef d’état-major des armées une part importante de ses responsabilités pour les confier à des fonctionnaires civils se résument-elles dans une formule lapidaire : « il faut recentrer les militaires sur leur cœur de métier ». En clair, les généraux ou amiraux seraient des techniciens du combat, peu aptes à gérer des hommes, des finances, des relations internationales, voire des services logistiques.

 

Cette vision réductrice de la fonction militaire va à l’encontre de traditions millénaires qui exaltaient les rôles de stratège, d’administrateur ou de logisticien comme autant de facettes indispensables au bon exercice du métier des armes. Elle est surtout antinomique des exigences des conflits modernes où l’intelligence de situation, à tous les échelons, requiert une vision large, bien au-delà de la maitrise technique des armes, où le dialogue international est la règle, où l’administration d’un secteur, le contact avec la population et la manœuvre logistique sont des facteurs essentiels du succès.

 

L’évolution sémantique est révélatrice des changements de mentalité. Venues d’Europe du nord où le refus de la guerre et la foi absolue dans le « soft-power » ont marginalisé les armées, certaines expressions, ignorées dans le monde anglo-saxon, se sont imposées progressivement en France. « L’outil militaire » ou « l’expert militaire » renvoient à une vision technicienne du métier des armes. La tentation d’y recourir est d’autant plus grande que la haute technologie est présente partout sur les théâtres d’opérations. On en vient à oublier que ce sont des hommes et des femmes qui conçoivent et conduisent ces opérations, qui endurent et qui souffrent et qui risquent leur vie ou leur intégrité physique pour protéger leurs concitoyens.

 

La prudence et la réversibilité s’imposent donc dans la mise en œuvre de réformes qui peuvent affecter profondément l’exercice futur du métier des armes. Dans un système où les chefs militaires n’auraient plus la capacité d’influer sur les choix majeurs des responsables politiques, on prendrait le risque d’une triple évolution, souvent constatée dans les pays européens où les militaires sont tenus en suspicion : syndicalisation, politisation des élites et découragement des meilleurs.

 
Dans l’univers aseptisé des officiers « recentrés sur leur cœur de métier », on ne rencontre, bien sûr, ni Napoléon, ni De Gaulle, mais c’est aussi Foch, Lyautey, Leclerc ou De Lattre à qui on ferme la porte.
 
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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 07:55
Défense : pourquoi les industriels la jouent profil bas

12/09/2013 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Les industriels de la défense ont accueilli la loi de programmation militaire avec une certaine mesure. Même si certains avancent 20.000 suppressions d'emplois en raison de la baisse programmé des crédits budgétaires. Explications.

 

Les industriels de la défense sont partagés. Tout au long de l'université d'été de la défense, qui s'est tenue lundi et mardi à Pau, ils ont été très mesurés dans leur propos pour commenter la loi de programmation militaire (LPM), qui prévoit 190 milliards d'euros sur la période 2014-2019 pour les forces armées, dont 6,1 milliards de ressources exceptionnelles (REX). Pourquoi une telle prudence? Parce qu'ils ne peuvent pas occulter le contexte général budgétaire très contraint en France et en Europe et concomitamment l'effort réalisé et arbitré par le président François Hollande pour les armées... alors que les scénarii les plus cauchemardesques avaient circulé au printemps.« On s'en sort bien », estime même un militaire haut gradé. Et c'est peu de le dire. Aussi, tous s'accordent ou presque à reconnaitre sur les bouts des lèvres que cette LPM est la moins mauvaise.

 

Pas question de passer pour des enfants gâtés

C'est bien ce qui gêne les industriels de critiquer beaucoup plus ouvertement la baisse des crédits budgétaires - on les a connus plus combattifs par le passé - en faveur de la défense. Car c'est indéniable que la trajectoire financière s'est bien réorientée par rapport à celle de l'actuelle LPM construite par l'ancien gouvernement de François Fillon. Mais comme l'a rappelé mardi à Pau le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, à l'université d'été de la défense, « le renouvellement de nos équipements sera assuré, même si cela ne peut se faire au rythme, irréaliste, préconisé avant la crise par la précédente loi ».

Pas question de passer pour des enfants gâtés qui quémandent un peu plus d'argent en dépit de la crise qui frappe tous les Français. Et surtout, ils savent combien le ministre, bien aidé par les présidents PS des commissions de la défense de l'Assemblée nationale et du Sénat, Patricia Adam et Jean-Louis Carrère, s'est battu comme un beau diable pour obtenir le niveau de crédits arbitré par François Hollande. Soit 31,4 milliards d'euros les trois premières années.

 

Le point clé : l'exécution de la loi,

Une prudence certes. Mais une exigence. Les industriels - tout comme le ministre d'ailleurs pour qui « l'enjeu, c'est la sincérité de cette programmation » - veulent une LPM exécutée dans sa totalité en dépit de certains paris plus ou moins difficiles. C'est le cas des fameuses REX (6,1 milliards sur six ans), de l'exportation du Rafale notamment, et des économies sur la masse salariale (4,4 milliards d'euros). « L'exécution est le point clé de cette LPM », souligne le numéro deux de Thales, Patrice Caine.

C'est aussi tout le sens de la tribune publiée dans le journal « Le Monde » par les PDG de sept plus grands groupes d'armement français (1). « Le défi est immense pour la prochaine programmation, expliquent-ils, puisqu'elle devra ni plus ni moins être la première à être intégralement exécutée. Elle devra recréer une relation de confiance avec l'industrie qui passera par le respect des engagements pris et par une sincérité budgétaire, corollaire d'une visibilité à moyen et long terme indispensable à la survie de nos outils de production, et des emplois qui y sont associés ». Pas un mot en revanche sur la baisse des crédits et leurs conséquences.

 

20.000 suppressions d'emplois

Pour autant, cette retenue, certains s'en démarquent. Non par provocation mais pour rappeler que les crédits budgétaires destinés à la défense font vivre tout un tissu industriel et donc des salariés (165.000 emplois dans la filière). Le président du Conseil des industries de défense françaises (Cidef), Christian Mons, estime que dans cette LPM par rapport à la précédente, « il y a un déficit de l'ordre d'un milliard d'euros par an sur les premières années et la perte de l'inflation ». Soit une conséquence sur l'emploi qu'il chiffre à 20.000 suppressions de postes, dont 15.000 dans les 4.000 PME, qui vivent sur le marché de l'armement.

Dans la filière navale, chère à Jean-Yves Le Drian, certains évaluent à 1.600 les pertes d'emplois (hors DCNS) en raison de l'étalement de deux programmes emblématiques, les sous-marins Barracuda (600 emplois menacés) et les frégates FREMM (entre 800 et 1.000). Des suppressions d'emplois qui toucheront la sous-traitance à Cherbourg, à Lorient et au niveau national ...et qui ne se verront pas forcément visibles pour l'opinion publique. Car il n'y aura pas forcément de grands plans sociaux. Christian Mons estime enfin que les grandes entreprises vont mieux s'en tirer car elle vont rapatrier la sous-traitance une fois les contrats achevés.

(1) Eric Trappier (PDG de Dassault Aviation), Patrick Boissier (PDG de DCNS), Marwan Lahoud (président d'EADS France), Antoine Bouvier (PDG de MBDA), Philippe Burtin (Directeur général de Nexter Systems), Jean-Paul Herteman (PDG de Safran) et Jean-Bernard Lévy (PDG de Thales)

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 11:55
Le ministre clôture l’université de la Défense

 11/09/2013 Paul Hessenbrush

 

L’université d’été de la Défense s’est conclue aujourd’hui à Pau, après une dernière journée consacrée à des tables rondes. Présent ce mardi 10 septembre, Jean-Yves Le Drian s’est exprimé sur les sujets de la Syrie et de la loi de programmation militaire.

 

La deuxième journée de la 11euniversité d’été de la Défense s’est conclue mardi 10 septembre en présence du ministre de la Défense. Il s’est exprimé devant les universitaires, notamment sur la Syrie. « Le 21 août dernier, une attaque avec agents chimiques a certainement fait plus d’un millier de morts dans la banlieue de Damas. Avec cette action, Bachar El-Assad a franchi un nouveau seuil dans la pratique de la terreur et de la négation du droit. Cette utilisation d’armes nous projette au-delà même de la guerre […] Le régime de Damas défie la communauté internationale et fait peser une menace sur la sécurité du Moyen-Orient », a expliqué Jean-Yves Le Drian. Pour lui, le principal sujet de cette crise, c’est la prolifération. « Nous ne pouvons accepter, sans réagir, quelques brèches que ce soit dans la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive. C’est une menace pour notre propre sécurité nationale. L’attaque du 21 août interpelle la France dans ses responsabilités qui sont les siennes et nous nous tenons prêt à agir. »

Le ministre a aussi abordé la proposition faite dernièrement par la Russie de placer sous contrôle international le stock d'armes chimiques syrien. « Elle suscite un grand intérêt et semble pouvoir avancer dès lors que certaines conditions seraient remplies. » A ces conditions de contrôle, Jean-Yves Le Drian a ajouté qu’il fallait détruire cet armement, voter une résolution contraignante au conseil de sécurité de l’ONU et traduire les responsables de l’attaque du 21 août devant la cour pénale internationale.

 

Au-delà de la situation en Syrie, Jean-Yves Le Drian  a tenu à évoquer la loi de programmation militaire qui doit encore faire l’objet de débats au parlement.  Il a notamment voulu préciser les concepts de différenciation et de mutualisation introduits dans cette loi de programmation. « Nous allons entrainer et équiper les forces en fonction de leurs mission et c’est l’analyse des risques et des menaces qui nous permettront d’adapter les moyens. »

Enfin, le ministre de la Défense a tenu à rendre hommage aux hommes et aux femmes des armées, dont certains sont présents à Pau, qui ont mené des missions importantes au Mali, lors de l’opération Serval.

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 11:55
Défense : Industriels et élus alertent le gouvernement

10/09/2013 Par Véronique Guillermard – LeFigaro.fr

 

Inquiétude et doute. Le climat n'est pas serein autour de la future loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019, dont le texte doit être voté au cours de la session d'automne par les députés. Au-delà de tout clivage politique, les parlementaires montent au créneau afin que le gouvernement respecte ses engagements budgétaires en faveur de la défense. La nouvelle LPM prévoit une enveloppe de 179,2 milliards d'euros sur six ans.

 

«La pression qu'on avait mise pour les arbitrages du président de la République, on va la maintenir», a déclaré mardi Patricia Adam, présidente PS de la commission défense de l'Assemblée nationale. Les parlementaires veulent des garanties car ils sont échaudés: aucune LPM n'a jamais été exécutée à 100 %. «À chaque LPM, on perd une année budgétaire», résume Patricia Adam. Or, aux yeux des parlementaires, plusieurs volets de la LPM 2014-2019 sont aléatoires et, au premier chef, le montant des recettes exceptionnelles chiffrées à 6,1 milliards d'euros. Pour Jean-Louis Carrère, président de la commission défense du Sénat, il faut «obtenir une sécurisation de ces recettes exceptionnelles», car, sans elles, le gouvernement ne peut réussir la LPM 2014-2019. Or la vente des fréquences (bandes des 700 mégahertz) serait déjà décalée à 2016, en raison notamment de la durée des appels d'offres, selon la Lettre A.

 

Avertissement à Bercy

 

Également inquiets, les sept grands patrons de la défense français ont décidé de parler d'une seule voix en publiant une tribune commune dans Le Monde le week-end dernier. Ils alertent le gouvernement sur les conséquences d'un non-respect des engagements de la LPM, en particulier un «décrochage irréversible» de la France, de son armée et de son industrie. Cela, assorti de lourdes conséquences sur l'emploi. L'équipement des armées, qui représente 16 milliards d'euros par an, est vital pour les 165.000 salariés de la filière armement et plus de 4000 PME. «C'est un avertissement lancé à Bercy plus qu'au ministre de la Défense», souligne-t-on.

 

Jean-Yves Le Drian était très attendu à l'université d'été de la Défense qui s'est achevée mardi à Pau. «Je veux sortir du déni de réalité (…) par le choix de ressources adaptées et raisonnables (…) et les différents mécanismes de sauvegarde qui viennent garantir la sincérité de cette programmation», a-t-il déclaré. Le ministre a en effet inscrit une clause de révision de la LPM fin 2015. Il s'agit de faire un point d'étape sur son exécution, notamment en termes de contrats export et de recettes exceptionnelles.

 

Malgré cette mise au point, les industriels restent circonspects. Ils redoutent aussi les conséquences des réductions de cibles et des décalages de livraisons qui affecteront tous les programmes. «Nous devrons ralentir le rythme de production en tâchant de préserver notre outil industriel et nos emplois. Les premiers à en faire les frais seront nos sous-traitants. Idem pour les bureaux d'études», lâche un industriel. «Ce sera difficile dans certains bassins d'emplois», ajoute-t-on. Certaines négociations avec la Direction générale de l'armement (DGA) arrivent à leur terme. Chez DCNS par exemple, on s'attend à ce que le décalage de quelques mois de la livraison du premier des six sous-marins Barracuda (programme signé en 2007), prévue en 2017 à l'origine, entraîne un glissement de la construction de chaque bâtiment à Cherbourg et donc un écart de livraison plus important en bout de programme.

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 11:55
photo Livefist

photo Livefist

09/09 LesEchos.fr (AFP)

 

Le président socialiste de la commission sénatoriale de la Défense a estimé lundi que si l'avion de combat Rafale tardait à être exporté, il faudrait revoir le projet de loi de programmation militaire qui prévoit de ralentir les commandes nationales d'ici à 2016.

 

Le projet de loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019 prévoit l'achat de 26 Rafale. L'avion étant livré jusqu'à présent à une cadence de onze par an pour maintenir la chaîne de production du constructeur Dassault Aviation, cela pourrait signifier l'arrêt des commandes en 2016.

 

Dassault poursuit des négociations pour vendre 126 exemplaires à l'Inde. L'avionneur considère qu'il faudra trois ans à partir de la signature du contrat pour produire le Rafale biplace qu'attend l'Inde. Le contrat avec New Delhi devrait donc être signé cette année pour que le premier appareil soit livré en 2016.

 

"Si le contrat avec un pays comme l'Inde ou d'autres, était signé, ce serait très bien pour que la loi n'ait pas besoin d'être révisée de ce point de vue", a déclaré Jean-Louis Carrère, président de la commission sénatoriale de la défense et des affaires étrangères. "Il est évident que si ce n'est pas le cas, on aura besoin de revoir" la loi, a-t-il ajouté lors de l'Université d'été de la défense, réunie lundi et mardi à Pau (Pyrénées atlantiques).

 

Outre l'Inde, le Qatar et les Emirats Arabes Unis figurent parmi les pays intéressés par le Rafale.

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 11:55
11e université de la Défense à Pau : la LPM sur toutes les lèvres

10/09/2013 Par Olivier Berger, grand reporter à La Voix du Nord - Défense globale

 

La Loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019, en cours d'arbitrage, est un sujet en vogue à la 11e université de la Défense qui se déroule à Pau. Patricia Adam, la présidente de la Commission de la Défense et des Forces armées de l'Assemblée nationale, et Jean-Louis Carrère, son homologue des Affaires étrangères et de la Défense au Sénat, n'ont pas caché toutes leurs inquiétudes. Même si le credo reste de bâtir " une LPM cohérente et réaliste ".

 

Avec sa faconde landaise, Jean-Louis Carrère ne va jamais par quatre chemins : " La sécurisation des ressources exceptionnelles (pour arriver à boucler le budget de la Défense) ne nous convient pas totalement. Nous avons besoin d'un fléchage. " Le sénateur souhaite même qu'un "codicille" précise que " si d'aventure une difficulté apparaissait lors des réalisations, les crédits budgétaires amènent la différence ". Le ministère de la Défense suivrait sur ce point.

 

Pour les trois prochaines années, le budget se maintient légèrement au-dessus de 1,5 % du PIB (31,4 milliards d'euros). Il augmenterait un peu les trois suivantes pour passer à 32-32,5 milliards. Pour réaliser un total d'environ 190 milliards d'euros sur la période 2014-2019. Le postulat n'interdit pas de rêver estime Jean-Louis Carrère : " Nous avons demandé à indiquer dans la LPM que si nous retournions à une meilleure fortune économique, nous pressions le pas vers les 2 points du PIB pour la Défense. " Une renégociation vers une nouvelle trajectoire serait possible en cours de période. " Nous avons une satisfaction raisonnée sur les arbitrages de cette loi de programmation militaire ", juge Jean-Louis Carrère.

 

La vente des bijoux de famille

 

L'esprit qui domine lors de ces arbitrages correspond évidemment au contexte budgétaire. " Je fais toujours très attention à la vente des bijoux de famille, illustre le sénateur. En même temps, on est dans un trou d'air. Et si on en sort, retrouvera-t-on, la croissance des années 60, je ne le crois pas. Tous ces éléments mis bout à bout, entre la cession des actifs et ne plus avoir un outil de défense digne de ce nom, il faut faire ce choix. " A quel prix ?

 

Patricia Adam semble plus inquiète : " D'abord, il va falloir réussir les recettes exceptionnelles. La deuxième variable, ce sont les Rafale. " Autrement dit, si Dassault Aviation ne conclut pas la vente de ses avions de chasse en Inde ou ailleurs, le budget national pourrait en pâtir. D'un point de vue économique et industrielle, la France ne peut laisser tomber ce fleuron de l'aviation et sa chaîne de construction. En 2019, au lieu d'acheter quatre Rafale, il faudrait en acquérir onze, à 100 millions d'euros l'unité. Faut-il vous faire un dessin ?

 

Sur le budget, la présidente de la Commission de l'Assemblée est claire : " Les autorisations d'engagement, c'est bien. mais il faut les crédits de paiement. La pression mise sur le gouvernement pour les arbitrages, on va la maintenir, notamment lors des débats en session dans l'hémicycle. "

 

Car la Défense part d'un constat accablant : " Les LPM précédentes n'ont jamais été respectées quelque soit le gouvernement. Fin 2014, il manquera 5 milliards d'euros. A chaque LPM, on perd une année et ça se répercute sur la suivante. C'est cela qu'il faut éviter. Nous voulons d'abord une LPM sincère, comme le dit Jean-Yves Le Drian. Pas un LPM qui fasse rêver les militaires et les industriels mais une LPM cohérente et réaliste. "

 

On tient aussi du côté des parlementaires au maintien en condition opérationnel et de la préparation des forces. Qui ne doivent " plus servir de variable d'ajustement " comme par le passé. Le ministère devrait prochainement annoncer la création d'une seule direction des ressources humaines, pour les militaires et les civils, pour contrôler au mieux la suppression de 24 000 postes (a priori 1/3 dans les forces et le reste dans l'administration).

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 10:55
La crise syrienne s'invite à l'Université d'été de la Défense

09.09.2013, leParisien.fr

 

La Syrie et le débat sur une action armée contre le régime de Bachar al-Assad devraient être au centre des discussions de la 11e Université d'été de la Défense, qui réunira plusieurs centaines de parlementaires et de spécialistes du secteur lundi et mardi à Pau.

 

Centrée initialement sur la Loi de programmation militaire (LPM), discutée cet automne au Parlement, la réunion s'ouvrira le jour même où le Congrès américain, qui doit débattre d'éventuelles frappes contre le régime syrien, fera sa rentrée.

 

En France, la classe politique s'est montrée divisée sur une participation à une coalition conduite par les Etats-Unis pour "punir", selon le mot du chef de l'Etat, le régime syrien après l'attaque chimique du 21 août près de Damas, qui lui est imputée. Des divisions qui vont au-delà des clivages traditionnels, une partie de l'opposition de droite et du centre, mais aussi la gauche de la gauche, s'opposant à une intervention française hors du cadre strict de l'ONU.

 

Le débat entamé mercredi au Parlement devrait se poursuivre à Pau (Pyrénées-Atlantiques), où Jean-Yves Le Drian s'exprimera mardi en clôture des travaux.

 

Le ministre de la Défense s'est entretenu ces derniers jours avec ses principaux homologues européens pour les sensibiliser "à la nécessité d'une sanction ferme" contre le régime syrien. Les Européens n'en restent pas moins réticents, voire hostiles, à une intervention armée en Syrie.

 

L'outil de défense au centre du jeu politique et diplomatique

 

Huit mois après le début de l'intervention française au Mali, les parlementaires tireront les enseignements de l'opération Serval. Succès militaire, mais qui a révélé les lacunes des armées, notamment dans le domaine logistique et le renseignement.

 

La LPM 2014-2019 reste l'un des thèmes majeurs de ces rencontres, au moment où démarre le parcours parlementaire du projet de loi, avec l'audition en commission des principaux responsables de la défense.

 

Lors de l'élaboration du Livre blanc, début 2013, puis de la LPM, députés et sénateurs, toutes tendances politiques confondues, ont été en pointe pour défendre les crédits de la défense et préserver les ambitions stratégiques de la France.

 

Après l'intervention en Libye en 2011, l'opération au Mali, puis la crise syrienne, ont en effet replacé l'outil de défense au centre du jeu politique et diplomatique. Le thème de la séance du mardi, "Ressources comptées, stratégies contraintes ?", résume l'inquiétude des parlementaires sur le maintien des capacités militaires de la France.

 

Discussions attendues également autour des industries de défense - l'un des rares secteurs français exportateurs - dont le ministre a fait l'une de ses priorités. Une réflexion sur les liens entre les secteurs public et privé en matière de cyberdéfense et de protection des systèmes informatiques complètera le volet économique.

 

Avant le Conseil européen qui doit être consacré en décembre à la défense, une quarantaine de responsables politiques et militaires des pays de l'UE, mais aussi des Etats-Unis, du Brésil ou de l'Otan sont attendus lors de ces rencontres.

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 15:55
11e édition de l'Université d'été de la Défense à Pau les 9 et 10 septembre 2013.

06/09/2013 Ministère de la Défense

 

La 11e édition de l'Université d'été de la Défense se tiendra à Pau les 9 et 10 septembre 2013.

 

Chaque année depuis 11 ans, l'Université d’été de la Défense marque le temps fort de la rentrée parlementaire. Cette édition, se tenant les 9 et 10 septembre et organisée par l'armée de Terre sur les sites militaires de Pau (Pyrénées-Atlantiques), sera l’occasion pour eux de découvrir des expositions et démonstrations présentant les différents aspects des capacités des forces.

 

Le volet  dynamique reproduira, en particulier, différentes phases des opérations récentes conduites par les armées sur des théâtres extérieurs. Ces deux journées des débats permettront également aux participants d’échanger  leurs points de vue sur l’actualité des forces armées, notamment l'opération Serval, la loi de programmation militaire et la cyberdéfense.

 

En réunissant plus de 400 hauts responsables politiques nationaux et européens, des acteurs clés de l’administration et du secteur industriel, l’Université d’été offre une réelle opportunité de participer à la réflexion sur la Défense de demain. En présence du ministre de la Défense, l’Université permet d’enrichir le débat par le dialogue et l’échange entre décideurs venant d’horizons multiples.

 

Les principaux matériels présentés à Pau

 

  • Armée de Terre : VBCI, 10RC, Bufalo, SOUVIM 2, CAESAR, Tigre HAD, Tigre HAP CAIMAN, Gazelle VIVIANE, CMD3D

 

  • Marine nationale : Atlantique 2, maquette de Frégate

 

  • Armée de l’Air : Fennec, Caracal, SAMP, stand Harfang
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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 16:55
Interview du CEMAA : regard sur la loi de programmation militaire 2014-2019

05/09/2013 Ministère de la Défense

 

Le chef d'état-major de l'armée de l'Air s'exprime sur ce projet de loi programmation militaire (LPM) 2014-2019. Cette loi constitue, pour le ministère de la Défense, la première étape de la mise en œuvre des nouvelles orientations stratégiques publiées dans le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale.

 

Interview du Général d'armée aérienne Denis Mercier.

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 07:55
Le top départ du débat parlementaire sur la LPM

04.09.2013 Par Guillaume Belan (FOB)

 

Jean-Yves Le Drian s’est fait auditionné hier par la commission des affaires étrangères et des forces armées du Sénat, marquant le premier acte du débat parlementaire qui aboutira à un vote sur la LPM (présentée début août) prévu cet automne. Une séance qui s’est ouverte très en retard suite à une audition à huit clos sur la situation en Syrie.

 

Déclinaison du Livre Blanc, dans un cadre précis et annualisé, le ministre de la Défense a rappelé l’ambition du Président Hollande de soutenir l’effort de défense afin que la France puisse maintenir son rang stratégique et garantir la capacité d’intervention française, qu’il s’agisse simultanément des missions intérieures, de la dissuasion nucléaire ou des opérations extérieures (comme le Mali). Le Ministre a rappelé que le budget sera maintenu à son niveau actuel, c’est à dire à 30,4 milliards d’euros, pour ensuite augmenter à partir de 2016. Tout en rappelant que la Défense participe à l’effort de redressement des comptes publics, avec une diminution significative des effectifs. Outre les 10174 emplois qui restent à supprimer de la précédente réforme lancée sous l’ère Sarkozy, s’ajoute 3500 emplois. Un tiers de ces emplois sera supporté par les forces combattantes, tandis que côté encadrement, ce sont les officiers qui vont trinquer avec une perte de près de 6000 postes, soit 18% des effectifs. Chez les militaires, la pilule a du mal à passer, alors que les cadres civils (catégorie A) ne perdent que 2% de leurs effectifs. Une décision que Le Drian explique par « un souhait de rééquilibrage au profit du personnel civil dans les secteurs non opérationnels ». Une politique d’accompagnement (reconversion, mobilité, incitations…) est prévue avec un budget à hauteur de 933 millions d’euros.

 

Quant aux fermetures d’unités, le ministre souhaite « prendre son temps » pour le « dialogue et la concertation » et dévoilera les restructurations fin septembre/début octobre. D’ors et déjà, 150 millions sont prévus pour l’accompagnement des fermetures de sites à venir.

 

Le format des forces terrestres sera organisé en brigades, soit : deux brigades lourdes (équipées du char Leclerc…) ; deux brigades multirôles (VAB et VBMR) ; et deux brigades d’urgences

 

Pour le reste, Le Drian a détaillé les priorités de la LPM : Les opex (opérations extérieures) sont budgétées à hauteur de 450 millions par an (soit une baisse significatives de près de 200 millions), tandis qu’au-delà, un budget ad hoc interministériel assurera un éventuel surcoût. Un effort sera fait pour la préparation opérationnelle des forces, alors que celle-ci pèse de plus en plus lourdement sur les comptes (de nombreux vieux matériels coûtent chers à entretenir). Pour les deux années à venir, le budget dédié à cette « prépa-ops » est maintenu à son niveau actuel, pour augmenter à partir de 2016, gagnant 4,3% en valeur.

 

Autre priorité, l’équipement et la recherche, (« l’industrie de défense est au cœur de la LPM ») avec un effort sur la R&D (plus de 730 millions d’euros par an) ; le renseignement (satellites Ceres, drones, dont les deux premiers Reaper qui rentreront en service cette année depuis Niamey…) ; la cyberdéfense et la judiciarisation des opérations : « Le droit pénal ne prend pas suffisamment en compte la réalité des conflits ; il est en décalage, voire franchement inadapté »

 

Nouveauté, un dispositif de suivi et d’actualisation sera mis en place, afin que le conseil de défense, présidé par le Président de la République, puisse suivre l’exécution de la LPM : un rapport annuel d’exécution sera établi. Et la grande nouveauté réside dans cette clause de sauvegarde qui sera  incluse dans la LPM afin de pouvoir mobiliser d’autres ressources (interministérielles) si nécessaire afin de financer les surcouts d’opex.

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 11:55
Budget : la Défense ne paiera pas tous les surcoûts des opérations extérieures

04/09/2013 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a arraché une clause de sauvegarde lors de la négociation de la loi de programmation militaire. Les surcoûts résultant de nouvelles opérations extérieures et/ou du renforcement des opérations existantes en 2013 seront couverts au-delà de 450 millions d'euros par "un financement interministériel ad hoc" en 2014.

 

C'est passé relativement inaperçu lors de la présentation de la loi de programmation militaire (LPM) en août. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a décidé de réduire très sensiblement « la dotation prévisionnelle annuelle » pour les surcoûts des opérations extérieures (OPEX) dans le budget de la mission défense à 450 millions d'euros, au lieu d'une provision habituelle de 630 millions affectée ces dernières années. Cette dotation prévisionnelle est « en adéquation avec les priorités stratégiques et les nouveaux contrats opérationnels définis dans le Livre blanc, a expliqué Jean-Yves Le Drian mardi au Sénat. Cette dotation est un peu inférieure à la précédente mais il s'agit de tenir compte de la nouvelle définition de nos contrats opérationnels qui n'est plus celle du Livre blanc et de la programmation précédents ».

 

En revanche, le ministre a arraché à Bercy « une clause de sauvegarde », qui était demandée par les parlementaires. Elle précise que « les surcoûts résultant soit de nouvelles opérations extérieures, soit du renforcement des opérations existantes en 2013 seront couverts par un financement interministériel ad hoc ». Clairement, le ministre a obtenu qu'au delà de la provision de 450 millions d'euros inscrite dans le projet de loi de finance initial de 2014, la défense ne prendra pas en charge les surcoûts des OPEX. Il en va de « la soutenabilité budgétaire d'éventuelles décisions d'engagements militaires de la France » de la part du Chef de l'Etat, a estimé Jean-Yves Le Drian. « Et j'en suis particulièrement satisfait », a-t-il affirmé devant les sénateurs de la commission des affaires étrangères et de la défense. Car, selon lui, cette clause de sauvegarde participe à « la sincérité de cette loi de programmation militaire ».

 

En 2013, le surcoût des OPEX devraient dépasser le milliard d'euros

 

Avec l'opération Serval au Mali, qui devrait dépasser les 400 millions d'euros à la fin de l'année, le surcoût des OPEX devrait dépasser, comme en 2011, le milliard d'euros. Cette année-là, les OPEX avaient coûté au budget 1,24 milliard d'euros, une facture gonflée notamment par les opérations en Libye (368,5 millions d'euros pour sept mois d'intervention environ) et en Afghanistan. Une telle "perspective est préoccupante", avait souligné au printemps le Chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud. En 2012, Paris a réduit la facture à 873 millions d'euros. Soit une stabilisation des dépenses par rapport aux montants engagés en 2010 (860 millions d'euros) et en 2009 (870 millions).

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 12:55
Présentation de la loi de programmation militaire 2014-2019

27/8/2013 Jacques Marouani, - ElectroniqueS

 

Le maintien de l'industrie de défense française aux premiers rangs mondiaux sera assuré par un effort financier important, s'élevant à 102,7 milliards d'euros courants sur la période 2014-2019.

 

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a présenté le 2 août, le projet de loi relatif à la programmation militaire (LPM) pour les années 2014-2019. Ce projet de loi met en œuvre les orientations de la politique de défense française pour les six prochaines années, à la suite du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale publié le 29 avril 2013.

 

Le président de la République a décidé de maintenir le budget à son niveau actuel durant trois ans, soit 31,4 milliards d'euros avant qu’il n’augmente légèrement en deuxième période. Il met en avant "une industrie parmi les premières dans le monde" qui sera l’objet d’investissements dans neuf grands secteurs (notamment sous-marins, hélicoptères, aéronautique de combat...).

 

Il prévoit un renouvellement des équipements (MRTT, A400M, missiles de croisière...) ; un effort sur la préparation opérationnelle ; une déflation des effectifs de la défense, militaires et civils, pour atteindre 242 779 personnes en 2019.

 

Le renseignement, les grands équipements de l’avenir (programme Scorpion, standard F3R du Rafale...), la cyberdéfense et l’Europe de la défense seront également privilégiés.

 

Le maintien de l'industrie de défense française aux premiers rangs mondiaux sera assuré par un effort financier important, s'élevant à 102,7 milliards d'euros courants sur la période 2014-2019, soit une dotation annuelle moyenne de plus de 17 milliards d'euros courants, dont 5,4 milliards environ pour les grands programmes.

 

Le ministère de la Défense assure que tous les principaux secteurs de compétences de notre industrie de défense seront donc préservés : aéronautique/drones de combat ; missiles ; aéronautique de transport ; hélicoptères ; sous-marins ; navires armés de surface ; armement terrestre ; renseignement/surveillance ; communications/réseaux. Il consacrera une somme pour les études amont (recherche & technologies) de 730 millions d'euros par an en moyenne entre 2014-2019.

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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 15:55
Nouvelle loi de programmation militaire 2014-2019

26.08.2013 Fondation Robert Schuman


Le ministre français de la défense Jean-Yves Le Drian a présenté le 2 août 2013 le projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 2014-2019. Ce projet de loi met en oeuvre les orientations de la politique de défense française pour les six prochaines années, à la suite du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale publié le 29 avril 2013. De nombreux objectifs ont été identifiés, dont certains font grincer les dents : déflation des effectifs de la défense, militaires et civils, pour atteindre 242 779 personnes en 2019, "sanctuarisation" du budget de la Défense ; investissements industriels (sous-marins, hélicoptères, aéronautique) ; renouvellement des équipements (MRTT, A400M, missiles). Le renseignement, les grands équipements de l'avenir, la cyberdéfense et l'Europe de la défense seront privilégiés.

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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 18:25
Jean-Yves Le Drian présente la nouvelle loi de programmation militaire 2014-2019

05/08/2013 CNE Laetitia Périer - Economie et technologie

 

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a présenté vendredi 2 août le projet de loi relatif à la programmation militaire (LPM) pour les années 2014-2019. Dans un contexte marqué par une situation financière difficile, un environnement stratégique incertain et la nécessité de la modernisation des équipements, la France fait avec ce projet de loi le choix de maintenir un niveau d’ambition et de responsabilités élevées sur la scène internationale, tout en garantissant la protection de sa population.

 

Jean-Yves Le Drian a présenté lors du conseil des ministres du 2 août le projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 2014-2019. Ce projet de loi met en œuvre les orientations de la politique de défense française pour les six prochaines années, à la suite du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale publié le 29 avril 2013.

 

La loi de programmation militaire fixe sur un horizon de six ans les priorités opérationnelles et les choix majeurs en matière d’équipements et d’effectifs. Elle traduit dans la durée l’engagement de la Nation en faveur de sa défense.

 

Dans ce cadre, de nombreux objectifs ont été identifiés parmi lesquels :

  • une sanctuarisation du budget de la Défense : le président de la République a décidé de le maintenir à son niveau actuel durant trois ans, soit 31,4 Md€, avant qu’il n’augmente légèrement en deuxième période. Avec ces ressources, la France restera l’un des rares pays dans le monde à pouvoir assumer simultanément les trois missions fondamentales que sont la protection du territoire et de la population, la dissuasion nucléaire, appuyé sur deux composantes distinctes et complémentaires, et l’intervention sur des théâtres extérieurs, tout en s’appuyant sur une industrie parmi les premières dans le monde ;
  • cette industrie de défense, qui concourt à l’autonomie stratégique de la France, sera l’objet d’investissements dans neuf grands secteurs (sous-marins, hélicoptères, aéronautique de combat…) ;
  • un renouvellement des équipements (MRTT, A400M, missiles de croisière…) ;
  • un effort sur la préparation opérationnelle ;
  • une déflation des effectifs de la défense, militaires et civils, pour atteindre 242 779 personnes en 2019, et que viendront compléter des mesures d’accompagnement, dans un esprit de concertation, d’écoute et d’analyse. Ces mêmes principes s’appliqueront aux restructurations qui seront mises en œuvre sur le territoire et annoncées fin septembre ;
  • le renseignement, les grands équipements de l’avenir (programme Scorpion, standard F3R du Rafale…), la cyberdéfense et l’Europe de la défense seront également privilégiés.

 

A l’occasion de la conférence de presse qui s’est tenue dans l’après-midi, Jean-Yves Le Drian a estimé que ce projet de loi était « résolument tourné vers la préparation de l’avenir » et qu’il le défendrait «  cet automne au Parlement, dans l’intérêt de notre défense et le respect de celles et ceux qui la servent ».

 

Téléchargez le dossier thématique

Téléchargez la LPM en chiffres (infographie)

LPM : discours du ministre de la Défense (vidéo)

LPM 2014-2019 - Texte de loi (format pdf, 304 kB).

LPM 2014-2019 - Rapport annexé (format pdf, 366 kB)

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 12:55
Défense : les cinq paris de la loi de programmation militaire

 

02/08/2013 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

 

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, présente ce vendredi en Conseil des ministres le projet de loi de programmation militaire, qui fixe le cadre budgétaire des armées jusqu'en 2019. Une loi qui s'efforce de concilier les ambitions de la France dans la défense et l'obligation de redresser les comptes publics.
 

Après des mois d'un combat âpre, le ministère de la Défense a finalement remporté son duel face à Bercy. Peu avant le 14 juillet, Bercy appuyé par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, favorable à un bugdet de la Défense minimaliste, était revenu à la charge en demandant 750 millions d'économies supplémentaires aux armées. C'est le président de la République lui même, dans son rôle d'arbitre, qui a sifflé la fin de la partie. Lors du 14 juillet, François Hollande a "sanctuarisé" le budget de la défense à 31,4 milliards d'euros. La veille, il avait assuré devant la communauté militaire réunie à l'Hôtel de Brienne que la loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019  "reposera sur un principe, le maintien de l'effort financier important de la Nation avec la reconduction du budget de la défense à hauteur de 31,4 milliards d'euros, c'est-à-dire au niveau où il se situe cette année". 

Avec 190 milliards d'euros courants (179,2 milliards en euros constant), dont 6,1 milliards de recettes extra-budgétaires, engagés entre 2014 et 2019, "la France se donne les moyens de mettre en oeuvre un modèle d'armées adapté aux évolutions de notre environnement stratégique (à l'image de la cyberdéfense, ndlr) des quinze prochaines années, autour des trois missions fondamentales que sont la protection de la France et des Français, la dissuasion nucléaire et l'intervention extérieure", assure le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Un somme qui correspond à 11,3 % environ du budget de l'Etat pour les trois premières années avec une légère évolution à la hausse au-delà. S'élevant à 29,6 milliards d'euros courants en 2014, la ressource budgétaire sera stabilisée en valeur entre 2014 et 2015 puis en volume dès 2016. À partir de 2018, elle suivra une progression de 1 % en volume.

 

Près de 34.000 suppressions d'emplois, le pari des économies

En dépit d'un budget relativement préservé, ce projet de loi demande encore un nouvel effort aux armées. La LPM prévoit 23.500 nouvelles suppressions de postes dans les armées, déjà secouées par de multiples réformes depuis 2008. "On ne veut pas faire de suppressions de poste aveugle, elles doivent être fondées sur une analyse fonctionnelle", explique-t-on au sein du ministère. Mais d'ores et déjà, la diminution sur le périmètre d'ensemble du ministère sera de l'ordre de 5.800 postes d'officiers.

En outre, un tiers de la nouvelle compression d'effectifs (8.000 postes) portera sur les forces de combat et les deux tiers restant porteront sur le soutien, les structures organiques, les états-majors, l'environnement et l'administration du ministère. En 2014, 7.880 soldats devront quitter les rangs des armées, puis 7.500 en 2015, 7.400 en 2016 et en 2017 et enfin 3.500 en 2018. Six régiments seront supprimés. Le ministère annoncera fin septembre quels seront les régiments sacrifiés. "C'est un effort considérable, estime-t-on dans l'entourage du ministre de la Défense. Mais nous avons réussi à limiter le mouvement" des dernières années. Car ces nouvelles suppressions de postes s'ajoutent aux 54.000 déjà décidées en 2009 par la majorité précédente (dont 10.175 restent encore à réaliser).

Les 34.000 départs programmés permettront d'économiser 4,4 milliards d'euros sur la masse salariale qui pèse actuellement entre 10,5 et 11 milliards d'euros par an. Mais les économies de masse salariale n'ont pas été au rendez-vous lors des suppressions de postes déjà réalisées sous la majorité précédente. Le ministère de la Défense attendait de la réduction de 23.000 emplois une économie de 1,1 milliard d'euros sur la période 2009-2011... mais la masse salariale a finalement augmenté de 1 milliard. Dans l'entourage de Jean-Yves Le Drian, on précise que "nous aurions dépensé 4,4 milliards d'euros de plus sur la période 2014-2019 si nous n'avions pas procédé à ces suppressions de postes". En 11 ans et deux LPM (2008-2019), les armées auront perdu 82.000 personnels civils et militaires. En 2019, le ministère vise "une cible de 240.279 personnels civils et militaires". Jamais les effectifs d'un ministère n'auront subi un tel dégraissage.

 

 

Rafale photo S. Fort - Dassault Aviation

Rafale photo S. Fort - Dassault Aviation

26 Rafale seulement livrés entre 2014-2019, le pari de l'export

Le vrai pari pour Jean-Yves Le Drian : l'exportation du Rafale. Non pas qu'un contrat soit inaccessible. Mais quand sera-t-il signé pour libérer des marges de manoeuvre pour le budget de la défense ? Bien sûr tout le monde pense à l'Inde, qui pourrait achever les négociations avec Dassault Aviation à la fin de l'année. L' Inde a choisi le Rafale en janvier 2012 après un appel d'offres portant sur 126 appareils et une option de 63 avions supplémentaires. Pourquoi pas aussi le Qatar...

Bref, le projet de la LPM fait un sacré pari en inscrivant la livraison de seulement 26 Rafale sur la période de six ans. Le ministère peut-il réduire le nombre de livraisons de l'avion de combat fixé à 11 appareils par an, soit autour de 1 milliard par an ? A priori, non sauf à s'exposer à des pénalités très lourdes. "Le contrat stipule la livraison annuelle de onze Rafale, avait rappelé l'automne dernier le Délégué général pour l'armement, Laurent Collet-Billon. C'est la cadence minimale fixée au regard de la continuité industrielle et de la capacité des fournisseurs de Dassault à produire les équipements nécessaires".

A priori, la LPM assure la livraison de 11 Rafale en 2014 et 2015. Après, c'est le pari de l'export qu'avait déjà fait la précédente majorité. Avec le succès que l'on sait. "On a besoin de ces exportations, c'est une ardente obligation, explique-t-on au sein du ministère. Une fois le contrat indien signé, les cartes seront rebattues". Mais pas tout de suite. Car le PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier, a récemment estimé que les premiers Rafale pourraient être livrés à l'Inde trois ans après la signature du contrat. Soit fin 2016, début 2017 si le contrat est signé fin 2013. Il a toutefois souligné que ces Rafale ne pourraient pas être prélevés directement sur les chaînes françaises car les appareils doivent être adaptés aux conditions indiennes dès la première unité. « Il y a quelques demandes indiennes différentes », a-t-il expliqué. Enfin, si ces prévisions n'étaient pas au rendez-vous, le ministère prévoit fin 2015 un rendez-vous pour la réactualiser si nécessaire.

À la fin de la LPM, tous les avions permettront le tir du missile nucléaire ASMPA, d'armements air-air (canon, missiles Mica EM et IR, missile air-air longue distance METEOR), d'armements air-sol (missile de croisière SCALP, bombes de précision AASM et GBU, et canon), d'armements air-mer (missile EXOCET), et l'emport de la nacelle de reconnaissance de nouvelle génération (RECO NG) et d'un pod de désignation laser de nouvelle génération (PDL NG).

 

6,1 milliards d'euros de ressources exceptionnelles, le pari des "REX"

6,1 milliards en euros courants ou 5,9 milliards en euros constants de recettes exceptionnelles, les fameuses REX. C'est ce que le ministère doit trouver sur la période 2014-2019 pour compléter son budget (31,4 milliards d'euros) : 1,77 milliard en 2013 et en 2014, 1,25 milliard en 2016, 910 millions en 2017, 280 millions en 2018 et 150 millions en 2019. Un pari largement dans les cordes de Jean-Yves Le Drian, qui s'est battu pour les avoir. Et surtout, les REX seront au rendez-vous de 2014, via le programme d'investissement pour l'avenir (PIA), qui complètera le budget à hauteur de 1,5 milliard d'euros, grâce à des cessions de participations dans des groupes détenus tout ou partie par l'Etat. C'est un peu plus compliqué en revanche pour 2015.

Pour réussir son pari, le ministère dispose donc de cinq pistes solides : les cessions immobilières du ministère qui sont entièrement reversées à la défense (estimation de 600 millions d'euros) ; le programme d'investissement pour l'avenir (PIA), qui viendra à la rescousse du budget 2014 pour un montant de 1,5 milliard d'euros via la vente de participations de l'Etat ; la vente de nouvelles fréquences de 790 Megahertz dont 100 % du produit de la vente sera reversé au ministère ; les redevances annuelles versées par les opérateurs au titre des fréquences déjà vendues (environ 200 millions) ; et enfin des cessions additionnelles de participations de l'Etat "si les quatre autres pistes ne réussissent pas à boucler les objectifs des REX", assure-t-on dans l'entourage du ministre.

Enfin, d'autres ressources exceptionnelles pourront être mobilisées si le produit ou le séquencement des ressources exceptionnelles prévues est insuffisant. "Il y a un engagement politique", assure-t-on dans l'entourage du ministre. Mais pour l'heure, on ne souhaite pas dévoiler quelles pourraient être ces nouvelles REX. Par ailleurs, Jean-Yves Le Drian pourra bénéficier jusqu'à 900 millions d'euros supplémentaires si le produit des ressources exceptionnelles est supérieur aux prévisions. "Cela nous permettrait de nous protéger contre les aléas de la LPM", précise-t-on au sein du ministère. 

 

 

Défense : les cinq paris de la loi de programmation militaire

102,7 milliards pour les programmes d'armement, le pari de la préservation de l'industrie de défense

C'était l'un de paris du Livre blanc de la défense, un pari peu évident au début de la réflexion stratégique mais il s'est révélé au fur et à mesure de la prise de conscience de l'importance de cette industrie, "une composante essentielle de l'autonomie stratégique" de la France, rappelle-t-on au sein du ministère. Il est aujourd'hui mis en musique par une première LPM. Dans ce cadre, assure-t-on au ministère, "le maintien de l'industrie de défense française aux premiers rangs mondiaux sera assuré par un effort financier important, s'élevant à 102,7 milliards deuros courants sur la période 2014-2019, soit une dotation annuelle moyenne de plus de 17 milliards d'euros courants", dont 5,4 milliards environ pour les grands programmes.

En 2014, le montant s'élevera à 16,4 milliards, pour atteindre à la fin de la LPM 18,2 milliards. Ce niveau de dépense annuelle permettra notamment d'assurer la poursuite des programmes en cours même si les livraisons des matériels seront un peu plus étalées. "Tous les contrats signés en 2009 sont rediscutés, explique-t-on au sein du ministère. Ils sont 30 % à 40 % au-dessus de nos possibilités budgétaires actuelles".  

Mais, assure-t-on au sein du ministère, "tous les principaux secteurs de compétences de notre industrie de défense seront donc préservés : aéronautique/drones de combat ; missiles ; aéronautique de transport ; hélicoptères ; sous-marins ; navires armés de surface ; armement terrestre ; renseignement/surveillance ; communications/réseaux.Outre les 26 Rafale livrés sur la période 2014-2019, Airbus a pour objectif de livrer deux avions tanker MRTT sur une cible de 12, 13 avions de transport militaire A400M (soit 15 au total avec les deux livrés en 2013), 16 hélicoptères d'attaque Tigre au standard HAD, 42 hélicoptères de transport NH90 (29 TTH à l'armée de terre et 13 NFH à la Marine.

Le missilier MBDA de son côté, devra livrer 450 exemplaires du nouveau programme MMP (+ 175 postes de tir), le successeur du best-seller Milan. L'industrie d'armements terrestre devra quant à elle assurer la livraison du successeur du VAB avec le nouveau programme véhicules blindés multi-rôles VBMR (92 exemplaires sur une cible de 2.080 véhicules). Enfin, DCNS livrera un sous-marin nucléaire d'attaque Barracuda et cinq frégates multmissions FREMM. Enfin, la France recevra 12 drones de surveillance MALE MQ-9 Reaper sur la LPM et 14 drones tactiques Watchkeeper livrés par Thales. 

Enfin, le ministère consacrera une somme pour les études amont (Recherche & technologies) de 730 millions d'euros par an en moyenne à la entre 2014-2019. "Le maintien d'un effort substantiel de recherche et technologie constitue un objectif majeur de la LPM", estime le ministère. Les crédits destinés aux études amonts sont en hausse par rapport à la période précédente.

 

Le pari de la crédibilité de la France à l'international

Les nouveaux efforts exigés mettent-ils en péril la cohérence de l'outil militaire de la France ? En d'autres termes, est-ce un déclassement stratégique ? Ce sujet est sensible au ministère de la Défense, qui est très susceptible sur les commentaires sur un possible déclassement. Clairement, le ministère affirme que ce n'est pas le cas. Il est en tout cas quesûr si les armées doivent faire de nouveaux efforts à l'avenir, le modèle pour lequel s'est battu Jean-Yves Le Drian explosera. "La France est allée aussi loin qu'elle le pouvait en matière de réductions de moyens tout en conservant son modèle", estime un observateur. Mais clairement cette LPM ne peut pas subir de nouvelles ponctions budgétaires, ce que Bercy ne manquera pas d'essayer.

Avec 31,4 milliards d'euros par an, la direction générale pour l'armement (DGA) sait donner de la charge à l'ensemble des industriels et préserver l'avenir. En-dessous de 30 milliards, ce n'est plus le cas. Pour l'Hotel de Brienne, la LPM préserve "un modèle équilibré". "Devant des menaces qui ne faiblissent pas, notre autonomie stratégique est ainsi confortée", assure Jean-Yves Le Drian.

"Dans un contexte marqué par une crise financière aigüe, un environnement stratégique incertain et la nécessité de la modernisation de nos équipements, la France a fait le choix de maintenir, grâce aux ressources ainsi définies, un niveau d'ambition élevé sur la scène internationale, tout en garantissant la protection de sa population, explique le projet de loi. La programmation militaire permettra à la France - qui demeurera ainsi l'un des rares pays à pouvoir le faire - d'assumer simultanément les trois missions fondamentales que sont la protection du territoire et de la population, la dissuasion nucléaire, appuyée sur deux composantes distinctes et complémentaires, et l'intervention sur des théâtres extérieurs, soit en mission de gestion de crise, soit en mission de guerre. Les armées françaises disposeront de la capacité d'entrer en premier sur ces théâtres, dans les trois milieux terrestre, naval et aérien, et de prévoir, planifier et conduire de tels engagements".

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 07:55
Les annonces de la LPM, possibles victimes des élections municipales

22.07.2013 par P. CHAPLEAU Lignes de Défense

 

C'est dans les détails que se cache le diable, on le sait. C'est dans les détails de la LPM que se cacherait un péril politique?

 

Le 2 août, lors de l'ultime conseil des ministres avant la pause estivale, le ministre de la Défense doit présenter la loi de programmation militaire, déclinaison du Livre blanc. Jean-Yves Le Drian maintient que la loi sera présentée au Parlement dès la rentrée.

 

Sous quelle forme? La question est en effet posée puisque des élus de gauche militent pour un report des annonces détaillées de suppressions, fermetures et autres coupes dans les formations militaires. Un report qui leur permettrait d'envisager plus sereinement les élections municipales des 9 et 16 mars et de ne pas devoir prêter le flanc à la critique. L'objectif étant bien d'éviter un contre-coup politique dévastateur.

 

François Hollande avait, devant l'IHEDN, exprimé sa volonté de ne pas dépouiller les territoires et Jean-Yves Le Drian précise toujours qu’aucune décision n’a été prise quant au choix des sites à fermer.

 

Découvrira-t-on, le 2 août, un texte qui détaillera la masse (24 000 postes concernées), les armées concernées, les armes concernées, mais ni les unités ni les sites?

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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 10:55
Le Livre blanc va avoir des "dommages irréparables" sur les armées

11-07-2013 Le Nouvel Observateur (AFP)

 

Des députés UMP ont signé une lettre ouverte à François Hollande pour dénoncer les coupes dans le budget de la défense

 

Les députés UMP de la Commission de la défense dénoncent "l'impact psychologique désastreux" que le nouveau Livre blanc a, selon eux, sur les forces armées et les "dommages irréparables" que sa mise en oeuvre va causer à la défense nationale.

Dans une lettre ouverte au président François Hollande, les 18 élus UMP affirment que le Livre blanc présenté fin avril n'avait pour but que d'"habiller de considérations présentables" des coupes déjà programmées dans le budget défense.

"Inopportune, l'initiative du Livre blanc l'est encore et surtout par l'impact psychologique désastreux sur nos forces armées de l'annonce des nouveaux et très lourds sacrifices que vous allez leur imposer", écrivent-ils.

Le Livre blanc 2013 prévoit notamment la suppression de 24.000 postes supplémentaires dans les armées en cinq ans, après les 54.000 suppressions déjà décidées en 2009.

"Modèle de survie" 

Les signataires estiment "extrêmement fragile" la construction budgétaire qui intègre "environ 6 milliards de ressources extra-budgétaires non identifiées" sur la période 2014-2019.

Vos décisions auront pour effet de ramener nos forces armées à un 'modèle de survie', selon l'expression du chef d'état-major des armées", l'amiral Edouard Guillaud, poursuivent-ils.

Ils évoquent également une "grave menace" pour l'industrie française de défense, qui "sans un niveau de commandes suffisant" ne pourra plus produire de nouveaux matériels à la pointe de la technologie et exporter des équipements.

La préparation de la Loi de programmation militaire (LPM, 2014-2019), qui doit être présentée prochainement en Conseil des ministres, sera selon eux "déterminante". Le Livre blanc prévoit un budget défense de 179,2 milliards d'euros pour la durée de la LPM, avec un budget annuel de 31,4 milliards jusqu'en 2016, soit le même montant que pour l'année 2013.

La LPM doit être discutée à l'automne au Parlement.

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 15:55
L’homme des casernes va devoir évoluer

10.07.2013 par P. CHAPLEAU – Lignes de Défense

 

La suppression de 54 000 postes, c’était une réforme. 24 000 de plus, ça pourrait être une révolution. Au cabinet du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, on préfère parler d’"évolutions" et de "rapide mise en œuvre de changements". Et ainsi déminer un terrain socialement délicat.

 

On connaîtra le détail de la LPM d’ici au 2 août, date du dernier conseil des ministres avant la trêve estivale. Mais Jean-Yves Le Drian a déjà pris des décisions suite à une année de travaux sur cinq chantiers : la gestion des ressources humaines, l’organisation de la chaîne financière, l’organisation des soutiens via les bases de défense (dont le nombre pourrait marginalement décroître), les relations internationales et la fonction communication.

 

Objectifs : "recentrage sur le cœur de métier", "suppression des doublons", "amélioration de la qualité des services". Et plus prosaïquement suppression de 16 000 postes (les 8 000 autres le seront dans les unités opérationnelles). Traduction pratique: 20 % des postes en moins dans les soutiens (avec suppression des états-majors de soutien défense par exemple), 10 % à 20 % des postes supprimés dans les RH, 100 postes grignotés dans les relations internationales, un tiers des postes de communicants sacrifié… Il faut tailler dans les effectifs et réduire la masse salariale, le fameux titre II qui, en 2012, a augmenté de 2,8 % alors que les effectifs du ministère baissaient de 2,3 % !

 

Deux autres chantiers sont toujours en cours : le maintien en condition opérationnelle (MCO) et le haut commandement militaire. Du côté du MCO, l’équation est simple : le budget actuel de 6,2 milliards d’euros (20 % des crédits du ministère) va exploser, que l’on donne la priorité au matériel ancien de plus en plus cher à maintenir en vie, ou que l’on favorise les matériels récents, encore plus gourmands en maintenance de très haut niveau technologique. "La reprise en main est impérative", quitte à demander aux prestataires de baisser "sensiblement" leurs marges.

 

Le sort du haut commandement n’est pas réglé. Le rééquilibrage entre le politique et l’état-major des armées a donné lieu à quelques grincements de dents ; d’autres sont à venir puisque la question du dé-pyramidage est posée. Le taux d’encadrement est passé de 14,8 % en 2008 à 17 %, suite à la réforme de 2008 et à l’allongement de deux années du temps de service. L’objectif est de redescendre à 16 %, voire moins… "Avec des mesures d’aide au départ" et, pourquoi pas une prolongation du temps dans chaque grade, une diminution du recrutement des officiers et donc du nombre des élèves officiers dans les écoles.

 

Le ministre n’a pas retenu les "évolutions les plus radicales". Mais il prévient : "Si nous ne parvenions pas à atteindre les objectifs qui s’imposent à nous, je ne pourrais que revoir ces orientations".

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 16:55
Armées : les chefs d'état-major en réflexion et au combat (et surtout, bonnes vacances !)

05/07/2013 Par Olivier Berger, grand reporter à La Voix du Nord. - Défense globale

 

Au moment de prendre de menus congés estivaux mais néanmoins réparateurs, je n'allais pas placer ce blog sous cloche durant un mois (reprise des activités le lundi 5 août) sans m'atteler à des projections capacitaires, alors que de sourdes négociations et d'intenses batailles en coulisses s'opèrent. Je n'allais pas non plus vous abandonner un mois sans provoquer un abîme de réflexions contradictoires.

Ministres, élus, conseillers, états-majors sont en pleine réflexion sur une revue capacitaire complète des armées et un nouvelle déflation de 24 000 personnels en plus des 10 000 restant à accomplir.

Nous profitons des auditions en juin de tous les chefs des états-majors, devant la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, pour tirer des constats et des enseignements en attendant le juge de paix (si elle est enfin réaliste), la Loi de programmation militaire (LPM) de l'automne...

Par ordre d'entrée en scène avant le défilé du 14-Juillet, le CEMA, l'amiral Edouard Guillaud, le CEMAT, le général Bertrand Ract-Madoux, le CEMAA, le général Denis Mercier, et pour finir, le CEMM, l'amiral Bernard Rogel.

 

CEMAGuillaud.jpgLe chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud (photo AFP), a lancé les hostilités. Ou disons plus poliment, a sonné le tocsin. " Les travaux, qui se conduisent sous forte contrainte budgétaire, suscitent dans les armées des inquiétudes majeures dans le domaine des ressources humaines, de l'équipement et de l'activité des forces. " Il martèle le maître-mot des chefs d'état-major : " Le fondement de l'efficacité opérationnelle, c'est la cohérence. "

Le CEMA convient que le Livre blanc est enfin un exercice de vérité mais reste lucide : " Notre capacité à agir en masse, dans la durée et la simultanéité, ne sera plus la même. Il faudra faire des choix et parfois se résoudre à intervenir plus modestement. "

Conséquence : " Nous devrons donc revoir nos concepts d'emploi, dans le sens d'une plus grande porosité des capacités entre les fonctions stratégiques, entre les missions, entre les théâtres. C'est ce que je traduis sous le vocable " gestion dynamique des efforts " en fonction des besoins. "

L'inquiétude majeure de l'amiral Guillaud se situe autour de la sécurisation du budget de la Défense... L'enveloppe identifiée pour la LPM 2014-2019 (179,2 milliards d'euros en valeur 2013) et 31,4 milliards pour le budget 2014 (c'est-à-dire 30,9 milliards d'euros avec l'inflation) reste " à un seuil suffisant ". Mais les 6 milliards d'euros prévus en recettes exceptionnelles doivent intégrer un mécanisme de sauvegarde pour éviter le crash. " Ce sont les fameux « 20% des investissements » qui peuvent avoir un impact sur « 80% du modèle » ! "

Voyons ça dans le détail...

TERRE

VBMRNexter.jpgLe constat est rude mais clair. De 2008 à 2019, l'armée de Terre aura subi 35 000 suppressions de postes et 22 000 transferts. Au-delà de cette colossale déflation humaine, le général Ract-Madoux regrette aussi des reports d'opérations de rénovations des infrastructures. Le plan de réhabilitation de l'hébergement, lancé il y a quinze ans, ne concerne que la moitié des régiments. La diminution des cibles et les reports de livraisons (environ 20 % de 2008 à 2013) amène le CEMAT à ne prendre aucun gant : " Contrairement, à ce qui est écrit dans le Livre blanc de 2008, l'armée de Terre n'a bénéficié d'aucune priorité. "

- Réductions. La force projetable va passer de huit à sept brigades, perdre entre 5 et 6 000 hommes et de six à huit régiments, nous disait récemment le commandant de la force terrestre, le général Clément-Bollée. Cela implique " un resserrement de la force terrestre projetable de 71 000 à 66 000 hommes ". " Je préfère des dissolutions à des saupoudrages ", affirme le CEMAT. En tout, la brigade comprise, l'armée de Terre doit supprimer près de 10 000 postes supplémentaires.

CEMATGalRact-Madoux.jpg- Limites. Le général Ract-Madoux (photo ministère de la Défense) discerne des fragilités : " Avec une brigade interarmes en moins, le modèle à 66 000 conditionne à un seuil de stricte suffisance la faisabilité de ce nouveau contrat. " L'armée de Terre a également grand besoin de nouveaux camions et de véhicules légers tactiques. " Le contrat opérationnel et la préparation pourraient être obérés dès 2018 ", s'alarme le CEMAT. Il manque en 2013 23 millions d'euros pour l'entretien du matériel terrestre et 19 millions d'euros pour l'aéronautique.

- Projections. Le nouveau contrat opérationnel passe pour une opération de coercition majeure de 30 000 à 15 000 soldats, plus 10 000 hommes pour intervenir sur le territoire national et un échelon national d'urgence en alerte de 5 000 hommes. Les perspectives de JPO (journées de préparation opérationnelle) en 2013 sont mauvaises, 83 jours au lieu de 90.  " Le niveau de 120 jours d'engagement opérationnel ne pourra être atteint qu'avec 30 jours d'OPEX. "

Sur le plan du matériel, le programme Scorpion est préservé par le Livre blanc. Mais l'arrivée du VBMR (véhicule blindé multirôle, photo Nexter) à partir de 2018 et celle de l'EBRC (engin blindé de reconnaissance et de combat) en 2020 va entraîner la prolongation des AMX-10 RC et des VAB jusqu'en 2030... La livraison du véhicule blindé d'aide à l'engagement (VBAE), repoussé de 2025 à 2030, implique également la prolongation de la durée de vie des VBL (véhicules blindés légers), non budgetée à ce jour selon le CEMAT.

" L'armée de Terre, aux côtés des autres armées, a démontré son efficience, bâtie sur un niveau de ressources devenu " juste insuffisant " et dont l'excellent ratio coût-efficacité demeure un atout incomparable pour notre pays. " Le CEMAT considère que l'armée de Terre est à " un seuil plancher pour un pays de 65 millions d'habitants ".

AIR

air_a330-mrtt.jpgComme les autres chefs d'état-major, le général Denis Mercier entend surtout préserver " le maintien de notre cohérence ". L'armée de l'Air, avec ses deux missions permanentes, la défense aérienne et la dissuasion, reste une arme de poids : "Aujourd'hui, sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, nous disposons d'au moins un millier d'aviateurs qui sont en permanence en train d'armer des postes nous permettant de basculer instantanément du temps de paix au temps de crise. " Derniers exemples éclatants des atouts et des fragilités : la Libye et le Mali.

- Réductions. Passage à 225 avions de chasse, marine comprise (320 en 2008), plus une cinquantaine d'avions de transport tactique, sept avions de détection et de surveillance aérienne, douze ravitailleurs multirôles (MRTT, photo ministère de la Défense) et douze drones MALE (moyenne altitude longue endurance). Ajoutons des avions légers de surveillance et de reconnaissance et huit systèmes sol-air de moyenne portée SAMP/T. Après la perte de 16 000 aviateurs, la fermeture de douze bases aériennes et une contraction globale de 30 %, l'armée de l'Air devrait perdre encore 2 400 hommes.

- Fragilités. 

1. La protection réclame une rénovation des radars. Le système ACCS (Air Command and Control System) doit se trouver dans la LPM. Le programme SCCOA (Système de Commandement et de Conduite des Opérations Aériennes) accuse un retard de trois ans avec le décalage d'une quatrième étape.

2. Nécessité de l'amélioration du réseau des systèmes d'information et de communication.

3. L'arrivée " maintes fois décalée " des MRTT implique que le ravitaillement est en déficit et en coûteuse surmaintenance après cinquante ans de service (les éternels C-135). " Si cette flotte reste clouée au sol, la composante aéroportée serait inutilisable et nous ne disposerions plus de capacités à intervenir à distance. C'est-à-dire qu'en fait, nous ne ferions plus grande-chose. " Voilà au moins une priorité claire.

CEMAAGalMercier.jpg- Projections. Si l'armée de l'Air ne pratiquait pas la différenciation du matériel, en pérennisant des Mirage 2000, pendant la montée en puissance du Rafale, elle n'atteindrait pas le contrat de 225 avions de chasse. Le même esprit prédomine du côté des hommes. Les aviateurs ont adopté " une nouvelle organisation de notre capacité à durer ", indique le général Mercier (photo ministère de la Défense). En clair, deux cercles sont mis en place : un s'entraînant sur tout le spectre et un second pratiquant sur les avions de complément comme les avions d'instruction. Figurez-vous que le tableau de bord du petit Pilatus PC-21 peut être configuré comme celui d'un Rafale. Ce qui permet à ce second cercle de s'entraîner 40 h sur Rafale et 140 h sur d'autres moyens pour atteindre les 180 h annuelles... Pire, il s'agit désormais de maintenir un entraînement diminué de 20 %.

L'armée de l'Air se débrouille. Les Mirage 2000-5 vont passer de 7 000 h à 9 000 heures de vol, " une première " glisse le général Mercier. Les Mirage 2000 D seront rénovés (obsolescence des radars et des calculateurs de missiles). " Nous avons besoin d'une nouvelle tranche Rafale... dans un volume à définir ", s'inquiète le CEMAA. Les douze MRTT prévus au lieu de quatorze impliqueront le maintien de C-135.

MER

fremm-aquitaine.jpgAvec 11 millions de km² de zone économique exclusive et sa mission majeure d'instrument de la dissuasion nucléaire, la France ne peut décemment pas trop tirer sur sa Marine et ses coûteux équipements... Le chef d'état-major de la marine, l'amiral Bernard Rogel,  assure : " Il est essentiel que la notion de déploiement naval permanent soit reprise (dans le Livre blanc) car elle constitue le fondement de notre action et une des clefs de notre réactivité. " Du coup, " je considère que le résultat pour la Marine est acceptable au vu des données d'entrée. "

- Réductions. Abandon d'un deuxième porte-avions au moins jusqu'en 2025 ; suppression d'un BPC (bâtiment de projection et de commandement) sur quatre ; suppression de trois frégates sur dix-huit (en plus des sept de la LPM précédente). Les décisions vont entraîner la suppression de la permanence de la Marine nationale dans une zone d'opération extérieure

- Tensions. Quatre fragilités apparaissent aux yeux de l'amiral Rogel.

1. Tension sur les effectifs (limite organisationnelle et une limite de gestion, la Marine comptant plus de mille qualifications différentes) ;

2. Tension sur le volume d'activités des forces (l'emploi opérationnel permanent réduit les crédits OPEX pour la Marine) ;

3. Fragilité liée au renouvellement des équipements à l'horizon 2025. Le Livre blanc reste flou sur les patrouilleurs, les avions de chasse marine et n'évoque pas le cas des bâtiments logistiques, la patrouille maritime et les hélicoptères. Un impératif pour le CEMM : " La réduction du format doit s'accompagner du respect strict du calendrier de livraison des équipements. "

4. Tension sur le soutien et le maintien en condition opérationnel.

CEMMAmiralRogel.jpeg- Projections.  Le déploiement permanent d'une frégate ne pourra plus se faire en Atalanta (l'opération européenne anti-piraterie dans l'océan indien) et en Méditerranée orientale " mais en Atalanta ou en Méditerranée orientale ". Même conséquence pour la force d'avions de patrouille maritime " non plus en Atlantique et en Afrique mais en Atlantique ou en Afrique ". L'Atlantique reste " une zone naturelle " et la sécurité dans le golfe de Guinée (mission Corymbe) est appelée à prendre de l'importance.

Les frégates sont réduites de 18 à 15, dont quatre de défense aérienne. Le reste sera un panachage entre les FREMM (photo Marine nationale de la FREMM Aquitaine) et les frégates type Lafayette. En outre-mer, la Marine maintient six bâtiments (deux à la Réunion, deux aux Antilles, un en Nouvelle-Calédonie et un dans le Pacifique). Elle travaille toujours sur la construction des B2M (bâtiments multimissions) faiblement armés pour remplacer les bateaux de transports légers (BATRA). Les patrouilleurs P400 devront être prolongés puisque le programme BATSIMAR (patrouilleur littoraux) a déjà été repoussé une fois.

"Il ne faudra pas être surpris dans dix ans que le chef d'état-major de la Marine réponde qu'il ne peut que remplir imparfaitement l'une ou l'autre de ses missions ", évalue le CEMM (photo ministère de la Défense).

Fermez le ban.

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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 15:55
Jean-Yves Le Drian photo Elysee

Jean-Yves Le Drian photo Elysee

02/07/2013 Michel Cabirol et Delphine Cuny - La Tribune

 

Selon des sources concordantes, le ministère de la Défense travaille en étroite relation avec Matignon et Bercy, sur des recettes exceptionnelles provenant du programme d'investissement d'avenir (PIA) pour compléter le budget 2014. Mais "les discussions se poursuivent" pour caler également la prochaine loi de programmation militaire (LPM), qui court sur la période 2014-2019.

 

Le ministre de la Défense avait été clair, très clair même. "Les recettes exceptionnelles seront au rendez-vous", avait assuré en dépit d'une contrainte budgétaire de plus en plus forte Jean-Yves Le Drian, un peu avant le salon aéronautique du Bourget (17-23 juin). "J'ai besoin de 1,3 milliard en 2013, je les ai, et j'ai besoin de 1,8 milliard en 2014, je les aurai". Car l'élaboration du projet de budget de la défense à hauteur de 31,4 milliards d'euros reste très liée à l'obtention de recettes exceptionnelles, les fameuses REX. En revanche, il n'avait pas été très disert sur la provenance de ces REX. Tout au plus, avait-il bien voulu préciser, elles proviendraient pour partie de la vente de biens immobiliers appartenant à l'Etat et du produit restant de la vente de fréquences télécoms. Car les recettes générées par de nouvelles cessions de fréquences n'arrivera au mieux que fin 2014, voire en 2015.

Or, selon des sources concordantes, le ministère de la Défense travaille en étroite relation avec Matignon et Bercy, sur des recettes exceptionnelles provenant du programme d'investissement d'avenir (PIA). Mais "les discussions se poursuivent" pour caler la prochaine loi de programmation militaire (LPM), qui court sur la période 2014-2019. Au 1er janvier 2013, sur les 35 milliards d'euros de dotation initiale du PIA, 28 milliards d'euros sont déjà affectés à des projets et 4,4 milliards d'euros étaient en cours d'attribution ou destinés à financer des priorités majeures du gouvernement comme la rénovation thermique des logements et le déploiement du très haut débit (THD).

 

Cessions de participations de l'Etat ?

Enfin, Jean-Yves Le Drian travaille sur une autre piste, des cessions de participations dans des entreprises détenues tout ou partie par l'Etat. "Qu'il y ait des cessions d'actifs potentielles dans les recettes exceptionnelles, cela me semble une hypothèse possible mais c'est complètement indépendant", avait souligné le ministre, faisant référence à d'éventuelles ventes de participations de l'Etat dans des groupes publics. L'Etat, qui détient 27 % des groupes Thales et Safran, 12 % d'EADS, la maison-mère d'Airbus, 74 % du groupe naval DCNS et, enfin, 100 % de Nexter, le constructeur du char Leclerc, vient de céder une partie de sa participation dans Aéroports de Paris (ADP), à Vinci et à Predica, filiale du groupe Crédit Agricole. Sans oublier les cessions de blocs de participations dans certaines entreprises comme EDF, GDF Suez...

Pour autant, la LOLF (Loi organique relative aux lois de finances) interdit le transfert direct du produit des ventes de participations de l'Etat vers le budget général. Ces recettes passent par le compte d'affectation spécial (CAS), qui a des règles de redistribution très précises et très restreintes. Donc à oublier. Il existe une technique pour passer au-delà de la LOLF, à savoir mettre les participations de l'Etat sous une holding, de type SOGEPA, qui détient la participation de la France dans EADS. "Ce n'est plus l'Etat qui vend", observe un bon connaisseur de ces dossiers. La holding peut alors redistribuer à l'Etat le produit de la vente sous forme de réduction de capital ou de versements de dividendes. 

 

5,4 milliards de recettes exceptionnelles sur les trois prochaines années

Tout en rappelant que le président de la République s'était engagé sur le montant de ces REX, le ministre de la Défense avait souligné qu'il n'y avait pas de plan B si ces recettes n'étaient pas au rendez-vous. Car pour le ministre, c'est inenvisageable. Et pour maintenir le niveau du budget de la défense à 31,4 milliards, Jean-Yves Le Drian demande 1,8 milliard d'euros de recettes extra-budgétaires en 2014, puis 2015 et 2016. Soit 5,4 milliards pour les trois prochaines années.

L'objectif pour le gouvernement est de présenter le projet de la LPM lors du dernier conseil des ministres, le 2 août. Un conseil de défense devrait se réunir dans la foulée du 14 juillet pour décider des derniers arbitrages avant un examen du projet de la LPM par le conseil d'Etat.

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 12:56
La loi de programmation militaire reportée après le 14 juillet

24/06/2013 Jean Guisnel / Défense ouverte - Le Point.fr

 

Les ultimes arbitrages de François Hollande prennent du temps, et le conseil des ministres n'examinera le projet de loi qu'au mois d'août.

 

Le projet de loi de programmation militaire prend du retard. Alors qu'on entendait voici quelque temps dans les couloirs du ministère de la Défense qu'il serait déposé vers la fin du mois de juin, c'est-à-dire cette semaine, il est aujourd'hui acquis qu'il prendra au moins quinze jours de retard, qu'il ne sera donc pas présenté avant le 14 juillet. Cette journée de fête nationale, qui est aussi celle de la célébration de la relation entre la France et ses armées, se tiendra donc sans que ces dernières sachent précisément à quelle sauce elles seront mangées. On sait que le ministre de la Défense tient comme une victoire d'avoir arraché au président de la République - contre l'avis de Bercy et de Matignon - un budget annuel de 31,4 milliards d'euros sur chacune des prochaines années. Mais cette somme doit être relativisée : elle intègre les produits de la vente de "bijoux de famille", notamment des fréquences radioélectriques que Jean-Yves Le Drian aurait voulu voir venir en sus des 31,4 milliards. Autre problème : ce budget ne sera pas abondé de l'inflation, son pouvoir d'achat se trouvant mathématiquement réduit d'une année sur l'autre.

 

À ce stade et selon nos informations, le projet de loi de programmation militaire 2014-2019 qui fait actuellement l'objet d'intenses arbitrages et négociations sera présenté au président de la République lors d'un conseil de défense qui se tiendra dans les jours qui suivront la fête nationale. Une fois avalisé par François Hollande, il faudra encore quelques jours pour qu'il soit totalement finalisé. Dans ces conditions, il semble difficile qu'il puisse être présenté lors de l'un des derniers conseils des ministres tenus avant le départ du gouvernement en vacances. L'ultime réunion des ministres est actuellement prévue le vendredi 2 août.

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 12:55
Pourquoi il est absurde d’attendre de l’armée qu’elle devienne une entreprise rentable

13.06.2013 Atlantico

 

Le budget de la Défense sera maintenu au niveau actuel de 31,4 milliards d'euros pour les trois prochaines années. Jean-Yves Le Drian a annoncé des ventes de biens immobiliers ainsi que des cessions de participations de l'Etat dans des entreprises pour compenser ce gel du budget.

 

Atlantico : L’armée française peut-elle devenir rentable comme le sont les entreprises ? Sa finalité est-elle d’avoir un budget à l’équilibre ?

 

Jean-Vincent Brisset : Cette question peut paraître surprenante. Elle l'est effectivement dans un grand pays démocratique. Mais il faut savoir qu'il existe de nombreux pays où les forces armées ont un lien direct avec le secteur marchand. Ce fut longtemps le cas en Chine, par exemple, où le secteur de l’industrie militaire et celui de l'armée étaient complètement imbriqués. Les choses allaient même beaucoup plus loin puisque dans tous les régiments, les militaires et leurs familles, outre les activités purement liées à l'entraînement, faisaient fonctionner des petites entreprises, des fermes (quelquefois de très grandes tailles), des commerces et des établissements de loisir et de restauration.

 

Ce mélange des genres, qui entraîne autant de corruption que de distorsion de concurrence, a théoriquement disparu. Dans beaucoup de pays, dont la France, les armées ne "gagnent" pas d'argent, mais elles peuvent effectuer des prestations payantes en utilisant leur matériel, qu'il s'agisse de locations d'emplacements ou de matériels, pour des tournages de films par exemple, de transports au profit d'autres ministères (qui se font parfois tirer l'oreille pour payer leur dû) ou autres. Sans qu'il y ait de transferts financiers, elles peuvent aussi faire économiser à l'état, à des collectivités locales des sommes relativement importantes en prêtant des hommes et des véhicules (Vigipirate, nettoyage de plages, opérations de voirie...) qui agissent à la place d'autres agents de l'Etat qui ne sont pas disponibles ou trop chers. Cela peut même intéresser des particuliers ou des associations, par le biais de prêts de terrain ou de matériels, par exemple pour une rave party. Il arrive aussi que la Défense mette à la disposition d'entreprises ou d'autres ministères ses moyens de recherche et d'expérimentation. Il ne faut surtout pas exagérer l'importance de ce phénomène. Les sommes mises en jeu lors des prêts et location facturés sont faibles et souvent, ces prestations sont fournies à titre gracieux, sans qu'aucune contrepartie ne soit accordée au budget de la Défense

 

Peut-on considérer le budget de la Défense comme n’importe quel autre budget ministériel ou bien fait-elle figure d’exception de par sa fonction primordiale de protection du territoire nationale?

 

Le budget de la défense est à la fois très semblable aux budgets des autres ministères et très différent. Il est semblable parce que son élaboration relève de la loi commune, et que les décisions sont entièrement prises par le pouvoir politique. Son exécution est un peu différente, pour des raisons de modalités de fonctionnement dont il n'est pas difficile de comprendre qu'elles obéissent à des impératifs bien particuliers. Parmi les spécificités, on note aussi l'importance de postes qui sont beaucoup moins importants dans les autres ministères : on pense tout de suite aux carburants, mais il y a aussi le prix des munitions et autres "consommables" et, surtout, celui des achats de matériels qui représentent, dans les grandes nations, un bon tiers du budget. Autre différence, le surcoût des opérations, extérieures dans le cas de la France, qui ne peuvent souvent pas être prévues et qui doivent faire l'objet de lois de finances rectificatives pour être prises en compte.

Autre particularité, la Défense, et le budget qui y est consacré, n'est pas une fin en soi. Elle est bien davantage une police d'assurance, et, comme le disait le slogan publicitaire "l'assurance n'est chère qu'avant l'accident". La chute de l'U.R.S.S. avait fait croire aux plus angélistes qu'il allait être possible de supprimer les armées et aux nations de bénéficier des "dividendes de la paix". Il a rapidement fallu se rendre à la réalité. Le monde demeure dangereux et conflictuel. Même en refusant toute intervention militaire qui ne serait pas totalement légitimée par la communauté internationale, les forces armées demeurent nécessaires.

 

Les pays qui ont choisi de ne pas se doter de moyens crédibles doivent aussi accepter de perdre une part de leur souveraineté et/ou de laisser commettre des exactions en se refusant d'être capables de "devoir d'ingérence". La notion de "défense du territoire national" avait aussi disparu de beaucoup d'esprits en même temps que se terminait la Guerre Froide. Les attentats du 11 septembre 2001 ont remis au goût du jour cette menace, mais sous une forme complètement différente. Les leçons de ces événements n'ont d'ailleurs pas encore été tirées complètement. Là où la défense se faisait le long de la frontière séparant les nations attaquées des nations attaquantes, elle doit désormais se faire très loin du sanctuaire national, là où se préparent les attaques et se réfugient les adversaires. A la capacité de défendre pied à pied un territoire se substitue - ou plutôt, devrait se substituer- celle de se projeter rapidement et frapper avec précision. De nouvelles notions sont apparues à cette occasion. Le refus des dommages collatéraux, longtemps admis comme un mal nécessaire, influe profondément sur les modes d'action.

On parle aussi de capacité à "entrer en premier". Cela voudrait théoriquement dire qu'un pays est capable de lancer seul une opération loin de son territoire national, que ce soit pour répondre à une attaque ou pour aider un ami menacé. Actuellement, dans le monde occidental, seuls les Etats-Unis ont gardé la capacité d'entrer en premier et de soutenir un effort sans aide extérieure.

 

La politique qui consiste à céder une partie du patrimoine immobilier et des participations étatiques dans des entreprises stratégiques pour équilibrer le budget de la Défense est-elle pérenne ?

 

Les armées ne produisant pas, par elle même, de richesses, la solution qui consiste à vendre une partie de son patrimoine pour maintenir son train de vie n'est qu'un palliatif. On peut tout au plus espérer que des jours meilleurs viendront et que cette solution aura permis de passer un cap. C'est ce qu'espèrent, sans y croire le plus souvent, ceux qui viennent apporter leurs bijoux de famille au Mont de Piété. Dans le cas présent, ces ventes doivent s'accompagner de réductions d'effectifs et d'ambitions. Quand il n'y aura plus rien à vendre, il faudra continuer de tailler dans les effectifs et les matériels, en adaptant nos ambitions stratégiques à ce qu'il restera de l'outil militaire.

Pourquoi il est absurde d’attendre de l’armée qu’elle devienne une entreprise rentable

Le Général de brigade aérienne Jean-Vincent Brisset est directeur de recherche à l’IRIS. Diplômé de l'Ecole supérieure de Guerre aérienne, il a écrit plusieurs ouvrages sur la Chine, et participe à la rubrique défense dans L’Année stratégique.

Il est l'auteur de Manuel de l'outil militaire, aux éditions Armand Colin (avril 2012)

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