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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 06:55
Thales et Airbus Group vulnérables à de nouvelles coupes budgétaires

 

14.05.2014 journal-aviation.com (Reuters)

 

Thales et Airbus Group ont prévenu mercredi que de nouvelles coupes budgétaires dans la défense en France auraient des conséquences dévastatrices sur l'emploi et l'innovation, au lendemain des propos du ministre des Finances qui a annoncé qu'un effort serait demandé aux militaires.

 

Adoptée en décembre, la loi de programmation militaire (LPM) octroie 190 milliards d'euros de crédits sur la période 2014-2019 et acte 7.881 suppressions de postes en 2014.

 

Michel Sapin, le ministre des Finances, a dit mardi à l'Assemblée nationale que l'armée devrait contribuer à la maîtrise des dépenses publiques.

 

Il n'a toutefois pas confirmé le montant allant jusqu'à 2,3 milliards d'euros de réduction des crédits militaires d'ici 2017 cité par Les Echos et a démenti la fourchette de "1,5 à 2 milliards d'euros par an pendant 3 à 4 ans", évoquée par le député UMP Xavier Bertrand.

 

Jean-Bernard Lévy, le PDG de Thales, s'est dit mercredi inquiet, jugeant indispensable le respect "intégral" de la LPM.

 

Thales, dont l'Etat est le premier actionnaire avec 27% du capital, tire la moitié de son chiffre d'affaires de sa division défense et sécurité.

 

"Toute remise en cause de la LPM entraînerait des conséquences potentiellement très dommageables (..) sur l'emploi, mais aussi quant à la poursuite de la capacité que nous avons, nous industriels, à maintenir et à développer des technologies de très haut niveau au service de nos forces armées", a-t-il déclaré aux actionnaires du groupe lors de l'assemblée générale annuelle.

 

Le budget annuel est maintenu à 31,4 milliards d'euros jusqu'en 2016 (1,5% du PIB) et progressera légèrement par la suite. François Hollande s'est engagé à plusieurs reprises à sanctuariser les budgets prévus par la LPM.

 

DÉJÀ DES COUPES DANS LES EFFECTIFS

 

Le Premier ministre, Manuel Valls, a démenti ce week-end l'existence d'un plan d'austérité spécifique qui viserait la défense tout en confirmant que tous les ministères participeraient à la réduction des déficits.

 

"Nous sommes vulnérables à l'évolution du budget de la défense", a observé de son côté lors d'une conférence de presse François Auque, responsable de l'activité spatiale dans le pôle Airbus Defence & Space constitué le 1er janvier.

 

Airbus Group est d'autant plus attentif à l'évolution qu'il négocie en ce moment avec la Direction générale de l'armement (DGA) la vente à la France de 12 avions-ravitailleurs dont il espère la conclusion cette année. Mais aucun décalage de cette commande n'est pour l'instant à l'ordre du jour, a précisé Jean-Marc Nasr, patron de la région Europe, Moyen-Orient, Afrique chez Airbus Defense et Espace d'Airbus Group.

 

Au sein de l'ex-EADS, les coupes dans les budgets de la défense en Europe ont déjà entraîné un plan de réduction d'effectifs portant sur un total de 5.800 postes, dont 5.300 dans la seule division défense et espace.

 

En France, le groupe envisage de supprimer 1.700 postes, sur un total de 52.000. Là encore, le pôle défense et espace, qui emploie 11.000 personnes, supportera l'essentiel des réductions d'effectifs, avec 1.400 suppressions de postes envisagées.

 

Ce chiffre pourrait toutefois être ramené à 1.100, selon les syndicats, mais les emplois ainsi sauvés le seront uniquement dans la division spatiale, a précisé Jean-Marc Nasr, sans confirmer cette estimation.

 

Pour contrer les vagues d'austérité en France, les industriels comptent cependant sur les contrats à l'export, comme chez Thales où Jean-Bernard Lévy en a fait une priorité depuis son arrivée fin 2012, ou chez Airbus Group, qui espère vendre son avion-ravitailleur notamment à la Corée du Sud. (Edité par Matthieu Protard)

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 13:55
Défense : Valls et Sapin poussent Hollande à trahir ses engagements

 

14/05/2014 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Le président de la République avait sanctuarisé le budget de la défense. Michel Sapin et Manuel Valls reviennent sur cet engagement. Alors que Bercy demandaient de 2 à 2,5 milliards d'économies par an de 2015 à 2017 à la défense, Matignon a tranché entre 1 et 1,2 milliard.

 

Et Bercy a ressorti de ses cartons le fameux scénario Z... Ce que le ministère de l'Economie n'avait pas pu réussir lors de la préparation du Livre blanc au cœur de l'hiver 2013, va-t-il le réussir aujourd'hui alors que l'encre de la loi de programmation militaire (LPM) est à peine sèche ? Que voulait Bercy avec le scénario Z ? Mettre les armées à une diète féroce avec un budget à 29 milliards d'euros par an pendant six ans (2014-2019). Ce qui aurait entraîné des ruptures capacitaires et un changement de modèle. La manœuvre de Bercy, qui pourtant avait été bien appuyé par Matignon, avait échoué. François Hollande avait tranché et avait accordé à la défense 190 milliards d'euros, dont 6 milliards de recettes extrabudgétaires, pour l'actuelle LPM. Soit une moyenne de 31,6 milliards d'euros par an.

Aujourd'hui c'est le nouveau ministre des Finances Michel Sapin, réputé proche de François Hollande, à la manœuvre. Il a démenti les propos de Xavier Bertrand (UMP), qui avait accusé le gouvernement de préparer de nouvelles coupes budgétaires d'environ 2 milliards d'euros par an dans la défense pendant trois à quatre ans. Mais Michel Sapin a simplement démenti le montant. Ni plus ni moins. "Si je fais un bon calcul, cela veut dire aux alentours de six milliards en moins pour les crédits de la défense, par rapport à trente milliards le budget d'aujourd'hui soit une diminution de 20 %, il n'en est pas question Monsieur Bertrand. Vous employez des chiffres qui n'ont rien à voir avec la réalité", a-t-il répondu à Xavier Bertrand. Et de rajouter : "la France doit faire un effort en terme de maîtrise de ses dépenses publiques. Tous les ministères feront un effort mais le ministère de la Défense doit être à la hauteur des enjeux de la sécurité de la France".

Ce que Michel Sapin n'a pas dit, c'est qu'il avait bien demandé entre 2 et 2,5 milliards d'euros d'économies par an au ministère de la Défense de 2015 à 2017, selon nos informations. Il ne les a pas obtenu mais... Matignon a tranché pour une réduction du budget de la défense de 1 à 1,2 milliard. "On ne parle pas de n'importe quels crédits, et quand on parle de crédits de la défense on peut très rapidement faire peur, faire peur à ceux qui penseraient que parce que tel ou tel élément viendrait à diminuer, comme vous avez pu le faire par le passé, c'est la sécurité de la France qui diminuerait", a expliqué Michel Sapin. Et ce serait malheureusement bien le cas au moment où des soldats sont engagés au péril de leur vie sur des théâtres d'opérations extérieures difficiles. Jean-Yves Le Drian prononçait d'ailleurs mardi à Calvi l'éloge funèbre du sergent-chef Marcel Kalafut mort au Mali. Et le Premier ministre, Manuel Valls qui avait pourtant été soutenu par Jean-Yves Le Drian pour accéder à Matignon, a une bien curieuse façon de le remercier...

 

Paroles, paroles ?

Et le Président de la République ? Acclamé en février 2013 dans les rues de Tombouctou libéré, il avait souligné la veille du 14 juillet 2013, que "les crédits de la défense seront, à la différence de ceux de la plupart des ministères, préservés dans leur intégrité. C'est un effort que la nation fait, non pas pour les armées, mais pour sa propre sécurité". Oubliera-t-il son engagement devant les patrons d'une industrie 100 % "Made in France" ? Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian avait quant à lui affirmé au Parlement à l'automne dernier avec la LPM "nous avons atteint un équilibre tel que, si l'on enlevait une brique de l'édifice, il s'effondrerait". Et il avait affirmé en novembre dans une interview accordée à La Tribune que "l'ensemble du dispositif est solide. Blindé !" "La LPM repose sur certains paris. Ce qui veut dire que nous allons être extrêmement vigilants. Cette LPM est exigeante mais équilibrée à condition que tous les crédits affectés à cette programmation soient exécutés. Si une brique est absente, à ce moment-là, c'est l'ensemble de l'édifice qui tombe", avait-il expliqué à La Tribune.

Des propos qui avaient à l'époque rassuré. Aujourd'hui c'est plutôt l'inquiétude qui prévaut chez les militaires et les industriels, chez lesquels les hypothèses les plus folles circulent : réduction des têtes nucléaires, réduction des porteurs des têtes nucléaires, Rafale compris, réduction du nombre de sous-marins Barracuda et des frégates multi-missions FREMM, suppression de la Force aérienne stratégique... Des économies qui rendraient obsolètes la LPM et exigeraient sa réécriture. Et certains ne sont pas loin de penser que ces coupes, si elles étaient confirmées, pourraient entrainer le départ de Jean-Yves Le Drian, qui pourrait mettre le poids de sa démission dans la négociation entre Bercy et l'Hôtel de Brienne.

Des inquiétudes qui vont jusqu'au sein même de la majorité. "Je souhaite clairement que la Loi de Programmation Militaire 2014-2019 soit respectée dans son intégralité, a souligné le député de Lorient (SRC), Gwendal Rouillard. Comme chacun le sait, la corde budgétaire est déjà très tendue et la défense participe déjà fortement au redressement de nos comptes publics, notamment par la suppression d'environ 80.000 postes entre 2008 et 2020, dont 24.000 postes au titre de l'actuelle LPM". Une façon de reconnaître que la défense a déjà pris sa part dans le redressement des comptes de la France.

 

Une LPM déjà a minima

Telle qu'elle a été construite et votée, cette loi de programmation militaire (LPM) préserve a minima l'ensemble de l'outil militaire et industriel de la défense même si déjà il existe quelques trous dans la raquette capacitaire des trois armées. Car cette LPM a dû tenir compte d'un contexte budgétaire contraint marqué par le redressement des finances publiques. Un exercice difficile qui visait à conjuguer l'impossible : souveraineté stratégique et souveraineté budgétaire.

C'est pour cela que cette LPM doit être exécutée à l'euro près (190 milliards d'euros courants sur six ans) afin de sauvegarder le savoir-faire et les expertises développés depuis les années 60. Des compétences sur lesquelles la France a durablement investi pour rester un des rares pays ayant la capacité à intervenir n'importe où dans le monde pour préserver ses intérêts. Du coup, cette filière technologique emploie des ingénieurs de très haut niveau et exporte bon an, mal an plus de cinq milliards d'euros d'équipements militaires (commandes), souvent à des pays liés par des partenariats stratégiques. 

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 11:55
photo EMA

photo EMA

 

13/05/2014 Par Véronique Guillermard – LeFigaro.fr

 

VIDÉO - L'effort exigé par l'exécutif a déjà été acté et voté dans le cadre de la loi de programmation militaire (LPM). Si un nouveau tour de vis budgétaire intervenait, la France devrait alors renoncer à plusieurs missions.

 

Cinq mois après avoir été voté, le budget de la Défense sera-t-il à nouveau siphonné par un gouvernement à la recherche de 50 milliards d'économies sur trois ans? Existe-t-il, comme l'a affirmé dimanche l'ex-ministre du Travail Xavier Bertrand, «un plan caché» de réduction de 1,5 à 2 milliards par an des crédits militaires? Invité dimanche soir sur TF1, Manuel Valls a réfuté l'existence d'un tel plan mais dit ensuite une chose et son contraire. «Nos armées qui se battent courageusement sur différents terrains, je pense notamment au Mali et en Centrafrique, doivent être préservées», a rassuré le premier ministre. Avant de préciser que «chacun doit faire un effort».

La polémique a rebondi lundi. Jean-François Copé a jugé «intenables» et «irresponsables» de nouvelles coupes dans le budget de la Défense. «La loi de programmation militaire (LPM), nous avions compris que c'était pour solde de tout compte puisque nous demandions déjà beaucoup d'efforts à nos armées. Or on a un président de la République (...) qui est en train de fermer les yeux sur des restrictions (...) à un moment où les menaces terroristes et géopolitiques sont présentes (...). C'est intenable», a ainsi martelé le président de l'UMP.

 
 

Format 2025 caduc

Silence radio du côté du ministère de la Défense. Droit dans ses bottes, Jean-Yves Le Drian sait que les faits parlent en sa faveur: les armées ont en quelque sorte précédé la demande. L'effort exigé par l'exécutif a déjà été acté et voté dans le cadre de la LPM. Elle est donc le bon cadrage, accepté par la nation, et consacre les nouveaux efforts des armées: suppression de 34.500 postes (après 55.000 depuis 2008) et, avec un budget de 179,2 milliards sur six ans, une «perte de pouvoir d'achat» (selon l'expression d'un observateur) de 500 millions par an. Un équilibre précaire qui repose sur des paris en termes de recettes exceptionnelles par définition aléatoires, des contrats exports ainsi qu'un étalement des livraisons négocié avec les industriels afin de ne pas casser l'outil industriel ni l'emploi. L'exécuter à l'euro près, comme le veut le ministre de la Défense, apparaît comme une «mission impossible». Ce budget a été sanctuarisé par François Hollande. Le président en a pris l'engagement public par trois fois, notamment lors de ses vœux aux armées le 8 janvier.

Si la Défense devait encore remettre au pot, la LPM s'effondrerait alors tel un château de cartes avec des conséquences en cascade dans de nombreux bassins d'emplois. La Défense injecte en effet 16 milliards par an en moyenne dans l'industrie pour équiper ses armées. Un marché vital pour les 165.000 salariés de la filière et plus de 4000 PME. Si un nouveau tour de vis budgétaire intervenait, la France devrait alors renoncer à plusieurs missions.

Le format 2025 des armées serait alors caduc. «Si ce que dit Xavier Bertrand est vrai, on n'est pas dans l'épaisseur du trait: ce sont des missions supprimées avec des conséquences sur la dissuasion, le naval, dans le spatial…», avertit un spécialiste. L'explication de texte avec Bercy s'annonce virile mais le seul arbitre sera au final le chef des armées: François Hollande.

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 20:55
Coupes budgétaires : Valls veut mettre Le Drian en slip

 

13/05/2014 Jean Guisnel Défense ouverte / Le Point.fr

 

La tension monte dans les armées, dont le budget est une nouvelle fois visé par l'axe Matignon-Bercy. Pourquoi Hollande, chef des armées, reste-t-il silencieux ?


 

De démentis vagues en déclarations ambiguës, Matignon et Bercy ont donné du corps et de la véracité aux déclarations faites dimanche à la télévision par le député UMP de l'Aisne Xavier Bertrand. Ce dernier n'a pas voulu faire état de ses sources, mais ses accusations se baseraient sur une note ayant fuité du SGDSN (Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale), un service dépendant du Premier ministre. Selon les déclarations de Xavier Bertrand, la défense pourrait perdre 1,5 à 2 milliards d'euros chaque année durant trois ans. Selon certains cadres militaires, ce chiffre pourrait être le "bas de la fourchette", mais les rumeurs sont une spécialité des armées.

Toujours est-il que "radio popote" prétend que Bercy réclame effectivement ces sommes, qui seraient donc cumulatives. Le budget annuel sanctuarisé par la loi de programmation militaire votée en décembre 2013, soit 31,5 milliards d'euros, perdrait donc 1,5 milliard en 2015, 3 milliards en 2016 et 4,5 milliards en 2017. Soit neuf milliards en trois ans. Est-ce réaliste ? Non. En revanche, le quotidien économique Les Échos a publié mardi matin une évaluation qui a du sens : "Bercy est décidé à couper dans les crédits de l'armée : plusieurs scénarios sont à l'étude, qui pourraient aller jusqu'à 2,3 milliards d'euros d'ici à 2017."

 

Sanctuarisation du budget militaire

À ce stade, selon nos informations, les services de la défense n'ont reçu aucune information venant de Bercy qui concernerait une éventuelle remise en cause des promesses du chef des armées. Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, qui joue politiquement très gros sur cette affaire, n'en démord pas : non seulement la sanctuarisation du budget militaire se trouve inscrite dans la loi, mais elle a été maintes fois réitérée par François Hollande. On n'en sortira pas : sauf à se renier publiquement, le chef de l'État est le garant d'un budget préservé sur toute la durée du quinquennat, après, il est vrai, de sérieux coups de rabot.

Lors d'une intervention dimanche soir sur TF1, Manuel Valls a cependant confirmé que les promesses de François Hollande ne l'engageaient pas. Si les mots ont un sens, les siens sont parfaitement ambigus : "Tout le monde doit participer à la réduction des déficits. Et nos armées, qui se battent courageusement sur différents terrains (...), doivent être préservées. Chacun doit faire un effort." Comment veut-il "préserver" les armées en leur demandant des "efforts" ? La suite le dira...

 

Le silence de Hollande

Mardi après-midi, lors des questions au gouvernement, Michel Sapin n'a nullement démenti les inquiétudes de Xavier Bertrand en déclarant : "Une loi de programmation a été votée. C'est dans le cadre de cette loi de programmation que toute réflexion sur l'avenir des crédits de la défense nationale doit s'inscrire." Langage technocratique codé dont nous proposons à nos lecteurs une traduction qui vaut ce qu'elle vaut : Bercy entendrait effectivement rogner le budget sur les trois prochaines années, mais en s'engageant à réaffecter ces crédits avant 2019, date de la fin de la loi, dont la dotation de 190 milliards ne serait donc pas écornée... Qui crierait à ce scénario ?

Quoi qu'il en soit, depuis dimanche, les armées sont sur des charbons ardents. Un seul homme peut jeter de l'eau sur les braises : François Hollande. Or, depuis le début de la semaine, s'il a souvent parlé à des journalistes, il n'a apporté aucune réponse aux questions sur le budget militaire. Mais pourquoi donc ?

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 15:55
photo RP Defense

photo RP Defense

 

12/05/2014 Pierre Beylau -  Où va le monde / Le Point.fr

 

Commode variable d'ajustement, l'armée, qui prévoit de supprimer un quart de ses effectifs en dix ans, pourrait bien être mise encore à contribution.

 

"Nos armées doivent être préservées, mais chacun doit faire des efforts" : ces propos sibyllins de Manuel Valls, dimanche soir sur TF1, n'ont guère rassuré dans les popotes. Le Premier ministre a affirmé qu'il n'existait pas de plan caché pour amputer le budget de la Défense (31 milliards d'euros). Mais dans les casernes, comme dans le reste du pays, on sait pertinemment que les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent, selon la formule célèbre du regretté Henri Queuille. Car les chercheurs d'or de Bercy sont désespérément à la recherche du filon qui leur permettrait de réaliser les 50 milliards d'économies annoncés à cor et à cri par le président de la République.

L'inquiétude demeure au sein de la grande muette. D'ici 2019, 34 000 postes seront supprimés dans les armées. Soit au total 82 000 en dix ans, soit un quart des effectifs. L'état-major sera réduit de 30 %. Un effort colossal, alors que le reste de la fonction publique d'État demeure pour l'instant intouchable. Quant à la fonction publique territoriale, elle ne cesse de croître allègrement. La loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019 devrait, sur le papier, garantir une stabilité financière et permettre une relative visibilité. La LPM, c'est, en principe, la Loi et les Prophètes. En pratique, dans la triste réalité prosaïque des acrobaties budgétaires, c'est un cadre des plus fluctuants soumis aux aléas de la conjoncture et au bon vouloir des politiques.

 

Une pente dangereuse

La discipline fait la force principale des armées, et les militaires ont le bon goût de ne pas être syndiqués. Il est donc politiquement moins dangereux de tailler dans le budget de la Défense que, par exemple, dans celui de l'Éducation nationale. Problème : la France peut-elle continuer sur cette pente dangereuse sans remettre en cause sa capacité à demeurer une grande puissance ? Sur les théâtres d'opération, les unités - au Mali ou en Centrafrique - sont confrontées à une préoccupante usure des matériels et à un flagrant manque de moyens. Elles en sont souvent réduites à fonctionner "avec des bouts de ficelle".

Il ne suffit pas de tenir des propos emphatiques sur le rôle de la France dans le monde. Encore faut-il avoir une économie saine en mesure de financer un outil militaire crédible. Bientôt, il ne restera plus à nos militaires qu'à entonner le célèbre chant du régiment de Sambre-et-Meuse célébrant les soldats de l'an II. Les paroles en sont prophétiques : "Ils allaient sans pain sans souliers..."

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 10:55
Le budget de la Défense amputé de 2 milliards?

 

12/05/2014 Par LEXPRESS.fr

 

Xavier Bertrand a assuré dimanche que le gouvernement comptait pratiquer de sévères coupes sur le budget de la Défense, malgré une promesse de sanctuarisation. Manuel Valls a démenti l'existence d'un "plan caché".

 

C'est la bombinette du dimanche. Invité du Grand rendez-vous Europe1/i-Télé/Le Monde, , l'ancien ministre UMP du Travail Xavier Bertrand a assuré, sans citer ses sources, que le gouvernement préparait 1,5 à 2 milliards d'économies sur le budget de la Défense. "Ce qui est prévu, le monde de la Défense nationale le sait précisément, ce qui a été demandé, c'est de prévoir des coupes budgétaires de 1,5 à 2 milliards d'euros par an pendant trois ou quatre ans, de façon à pouvoir espérer atteindre les 50 milliards d'euros", a assuré l'ancien ministre UMP.

L'entourage du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a réagi auprès de l'AFP en soulignant que "le ministère n'a pas été informé de la suppression de crédits budgétaires depuis le vote de la loi de programmation militaire 2014-2019 en décembre dernier". 

"Pour des calculs de comptables, on est en train de sacrifier notre défense. C'est une remise en cause sans pareille de notre sécurité et de notre défense", a de son côté dénoncé l'ancien ministre du Travail. 

En juillet 2013, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian avait affirmé, sur Europe 1, que "le budget de la Défense en 2014, en 2015, en 2016 serait sanctuarisé". 

 

Manuel Valls dément l'existence d'un "plan caché"

Cette déclaration est intervenue alors que le Premier ministre Manuel Valls devait s'exprimer ce dimanche soir sur TF1, ce que n'a pas manqué de relever Corinne Lhaïk, chef du service politique de L'Express. 

 

Lors de son intervention, Manuel Valls a assuré qu'il n'existait pas de "plan caché" de réduction des crédits de la Défense. "Nos armées doivent être préservées mais chacun doit faire des efforts" dans la réduction des dépenses publiques, a-t-il déclaré, ce qui ne dissipe pas les doutes.

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 05:50
Berlin voit de nombreux signes d'un soutien de Moscou aux groupes armés en Ukraine

 

14 avril 2014 Romandie.com (AFP)

 

BERLIN - Le gouvernement allemand a estimé lundi qu'il y avait de nombreux signes d'un soutien de Moscou aux groupes armés opérant en Ukraine.

 

Il y a de nombreux signes que dans l'est de l'Ukraine des groupes armés actifs reçoivent le soutien de la Russie, a assuré la porte-parole adjointe du gouvernement, Christiane Wirtz, alors que les insurgés armés pro-russes tenaient toujours tête au gouvernement pro-européen lundi dans l'est de l'Ukraine, plus que jamais menacée d'éclatement.

 

Quand on voit le comportement, les uniformes et les armes portées par quelques-uns de ces groupes, il ne peut pas vraiment s'agir de groupes de défense de citoyens qui se sont autocréés, a ajouté la porte-parole, au cours d'une conférence de presse régulière.

 

A l'occasion d'une cérémonie commémorant la Première Guerre mondiale organisée par son Parti social-démocrate (SPD), le ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel, a mis en garde contre la résurgence des nationalismes au sein de l'Europe et parmi ses voisins.

 

En présence du Premier ministre français, Manuel Valls, qui faisait son premier déplacement à l'étranger depuis son arrivée à la tête du gouvernement, M. Gabriel a estimé que l'accalmie née de la fin des troubles entre opposition et pouvoir en Ukraine avait laissé place à la confrontation militaire en cours et montré que la Russie était apparemment prête à laisser ses chars franchir les frontières européennes.

 

Subitement, nous qui nous trouvions en position d'observateurs sommes entraînés dans un conflit rampant et potentiellement incendiaire qui exige également de l'Europe qu'elle paie un prix, sous la forme de sanctions à l'encontre de la Russie, a souligné M. Gabriel.

 

De son côté, Manuel Valls a appelé au dialogue et au respect des règles internationales dans le dossier ukrainien. Nous sommes en train de vivre en Ukraine une des situations les plus tendues, les plus difficiles depuis la chute du Mur de Berlin, a-t-il estimé.

 

Le gouvernement allemand est inquiet de la nouvelle aggravation de la situation dans l'est de l'Ukraine, avait auparavant insisté la porte-parole adjointe du gouvernement.

 

Nous estimons donc que la Russie a une responsabilité particulière pour éviter une nouvelle escalade et pour contribuer à une stabilisation de la situation en Ukraine, avait-elle ajouté.

 

Un retrait des troupes déployées à la frontière ukrainienne, une baisse des prix du gaz et un langage pondéré en font également partie, avait-elle encore souligné.

 

La porte-parole a également indiqué que la chancelière Angela Merkel, actuellement en vacances en Italie, avait eu un entretien téléphonique lundi matin avec le Premier ministre britannique David Cameron.

 

A Luxembourg, le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a souhaité lundi que l'Union européenne renforce ses sanctions contre la Russie et veut tenter de convaincre ses homologues européens réunis à Luxembourg.

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 07:55
Pourquoi Jean-Yves Le Drian a préféré la Défense à Matignon

Jean-Yves Le Drian a souhaité poursuivre le travail entamé depuis deux ans au ministère de la Défense

 

02/04/2014 Michel CabiroL – LaTribune.fr

 

L'ami de plus de trente ans de François Hollande a été reconduit à la Défense dans le gouvernement Valls. Comme il le souhaitait.
 

Courtisé par son ami de trente ans François Hollande pour Matignon et plus ou moins pressenti au ministère de l'Intérieur, Jean-Yves le Drian a résisté à toutes ces offres très alléchantes pour rester, comme il le souhaitait dès le départ, à l'Hôtel de Brienne, à la barre du ministère de la Défense. "Il a refusé Matignon", confirme-t-on à La Tribune. Car ce Breton très déterminé a dès 2007 - il avait alors soutenu la candidature de Ségolène Royal - voulu ce ministère pour lequel il s'est longuement préparé. Et pour une fois, celui qui voulait être ministre de la Défense, a été nommé contrairement à beaucoup d'autres cas de figure qui l'ont été par défaut...

"Il souhaite poursuivre le travail entamé depuis deux ans", explique un bon connaisseur du ministre. Jean-Yves Le Drian a lancé plusieurs grands chantiers (Loi de programmation militaire et contrats à l'exportation, notamment ) qu'il souhaite accompagner encore quelques mois. En tout cas au moins jusqu'aux élections régionales où il ne veut pas voir la région Bretagne lui échapper. S'il gagne - il a de bonnes chances d'y parvenir -, prendra-t-il le fauteuil de la région ou retournera-t-il à l'Hôtel de Brienne, ou plus exactement à Balard dans le futur Pentagone à la française ?

 

Plusieurs dossiers clés

Tout d'abord Jean-Yves Le Drian est le garant de la loi de programmation militaire (LPM), qui définit le budget du ministère sur six ans (2014-2019). Un budget de crise, certes, mais il a obtenu grâce aux arbitrages de François Hollande la moins mauvaise enveloppe budgétaire. Lors du 14 juillet 2013, François Hollande a annoncé avoir "sanctuarisé" le budget de la défense à 31,4 milliards d'euros par an sur toute la durée de la LPM. Bercy, bien appuyé par Matignon, voulait, lui, 28 milliards d'euros.

Pour autant, l'exécution de la LPM reste fragile avec des paris qui seront vraisemblablement tous difficiles à gagner. Notamment les fameuses REX (recettes exceptionnelles) promises en 2015 et sur les prochains gels de crédits qui pourraient être annoncés dans les semaines qui viennent. Il en a parfaitement conscience comme il l'avait expliqué fin 2013 à "La Tribune". "La LPM repose sur certains paris. Ce qui veut dire que nous allons être extrêmement vigilants. Cette LPM est exigeante mais équilibrée à condition que tous les crédits affectés à cette programmation soient exécutés. Si une brique est absente, à ce moment-là, c'est l'ensemble de l'édifice qui tombe". Pas question donc de quitter le ministère sans être assuré que ce qu'il a porté comme projets n'aille pas dans le mur.

 

Il s'est pris au jeu de l'exportation

Ce n'était pas gagné d'avance à l'exportation. D'autant que sa première visite aux Emirats Arabes Unis avait suscité des inquiétudes. De retour d'une visite à Abu Dhabi en octobre 2012, Jean-Yves Le Drian avait expliqué que de la vente du Rafale "empoisonnait nos rapports" avec les Emirats. "Les Rafale attendront. Cette discussion viendra ultérieurement", avait-il précisé. Depuis le ministre a creusé son sillon et réussi de jolis coups à l'exportation, dont un aux Émirats Arabes Unis. Ce travail de fond qu'il effectue est salué par l'ensemble des industriels de l'armement. "Il pèse dans les campagnes", assure l'un d'entre eux.

Le ministre a effectué de très nombreux voyages dans certains pays clés pour l'industrie de la défense française comme le Qatar, les Émirats Arabes Unis, l'Arabie Saoudite, la Pologne, l'Inde... Jean-Yves Le Drian espère donc profiter de tout ce travail de fond pour engranger des succès à l'export, auxquels il aura pris sa part, parfois déterminante. Et le plus beau reste à venir avec probablement un contrat Rafale (Inde, Qatar...). Ce qui sauverait la LPM bâtie sur l'obtention d'un contrat export de l'avion de combat de Dassault Aviation. Tout comme d'ailleurs un contrat pour les FREMM, ces frégates multi-missions construites par DCNS dans sa ville de Lorient. Une telle opération permettrait de sauver la charge de travail sur ce site.

 

Des opérations extérieures en cours

Jean-Yves Le Drian a commencé sa mission en tenant la promesse de François Hollande de désengager l'armée française en Afghanistan, où ne sont désormais déployés que quelques centaines de soldats français. Mais il a lancé en janvier 2013 l'opération Serval visant à chasser du nord du Mali les islamistes qui menaçaient de fondre sur la capitale, Bamako. Plus de 4.000 Français ont été engagés dans cette mission à haut risque qui a permis l'élection d'un président puis d'une assemblée nationale à même de rétablir l'Etat de droit dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, où des troubles persistent toutefois.

Jean-Yves le Drian a aussi été à la manœuvre dans la préparation de l'opération Sangaris, lancée en décembre en République centrafricaine, en proie au chaos inter-religieux. Il était aux côtés de François Hollande le 28 février à Bangui pour saluer les quelque 2.000 militaires français engagés sur ce terrain difficile. Des succès acquis grâce à la crédibilité des troupes engagées et à la fiabilité des équipements en service dans des conditions climatiques très difficiles. Ce niveau opérationnel - même si la France a encore de grosses lacunes capacitaires - doit être maintenu pour permettre à la France de jouer encore un rôle diplomatique sur la scène internationale.

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 12:55
Nouveau Vigipirate : plus simple, plus explicite, plus efficace

 

18/02/2014 Asp. Camille Martin  - DICOD

 

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a annoncé le 13 février la mise en place d’un nouveau plan Vigipirate qui entrera en vigueur le 20. Plus simple et plus explicite, ce nouveau code renforce la protection de la population face à la menace terroriste.

 

Un nouveau logo, seulement deux niveaux d’alerte et une meilleure communication envers le public : le nouveau plan Vigipirate annoncé le 13 février 2014 par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, entrera en vigueur jeudi 20 février. Ce modèle novateur a pour objectif de développer et maintenir une vigilance permanente et de permettre une réaction rapide et coordonnée en cas de menace. Concrètement, ce code est à la fois plus simple et plus explicite.

 

Plus simple. Le système de couleur est supprimé et le nouveau plan distingue deux niveaux de mobilisation. Un niveau « vigilance » qui correspond à la posture permanente de sécurité et se traduit par la mise en œuvre de moyens adaptés, visant à garantir la sécurité de tous, comme l’interdiction de stationner devant certains édifices ouverts au public ou encore le contrôle des bagages dans les aéroports. Face à une augmentation ponctuelle de la menace, la posture « vigilance » peut-être renforcée par des mesures plus contraignantes, temporaires et ciblées géographiquement (restriction de la circulation, contrôle d’accès, etc). Le second niveau, niveau « alerte attentat », s’applique lorsque des projets d’actions terroristes sont détectés par les services de renseignement ou lorsqu’un ou plusieurs actes terroristes ont été commis sur le territoire national. Des mesures exceptionnelles sont alors mises en œuvre telles les restrictions aux grands rassemblements de personnes, la mise en alerte immédiate de défense aérienne et maritime, etc.

 

Nouveau Vigipirate : plus simple, plus explicite, plus efficace

Plus explicite. Le nouveau logo, un triangle rouge à large bord noir, sera visible dans l’espace public où un appel à la vigilance s’impose et là où des contraintes sont temporairement imposées. Toutes les informations utiles sur le plan Vigipirate sont disponibles sur le site www.risques.gouv.fr et les actualités importantes liées au plan sont mises en ligne sur le portail du gouvernement www.gouvernement.fr.

Le nouveau plan Vigipirate agit dans onze domaines d’action sur le territoire national et un domaine à l’étranger. Il s’agit de secteurs qui pourraient être visés pas une menace terroriste et dont la protection est indispensable : la sécurité des systèmes d’information, la santé, l’alimentation, les réseaux d’énergie, les communications électroniques, les transports terrestres, aériens et maritimes, etc. A l’étranger, le plan Vigipirate peut-être activé si la menace à l’encontre des ressortissants français, ou d’intérêts français, est avérée. Pour prendre connaissance des conseils qui sont régulièrement actualisés, les voyageurs à l’étranger sont invités à consulter le site diplomatie.gouv.fr.

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 13:59
Economies budgétaires: quand le ministre de la Défense veut passer son tour

Selon le ministre de la Défense, les militaires ont déjà largement payé leur quote-part aux économies

 

17/02/2014 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Jean-Yves Le Drian a expliqué lors du deuxième conseil stratégique de la dépense publique, que le temps des économies au ministère de la Défense était révolu. En douze ans, l'Hôtel de Brienne va faire partir près de 80.000 militaires.


 

C'est non... Lors du deuxième conseil stratégique de la dépense publique, auquel ont participé Jean-Marc Ayrault et plusieurs ministres sous la présidence de François Hollande, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, invité à s'exprimer sur de nouvelles économies de l'Hôtel de Brienne, a expliqué que son ministère ne participerait pas aux futures économies, selon nos informations. A la grande fureur des autres ministres présents et qui ont pour objectif de réaliser "au minimum" 50 milliards d'économies d'ici à la fin du quinquennat en 2017. Aux autres de faire aussi bien que le ministère de la Défense.

Car Jean-Yves Le Drian, dont le budget a été sanctuarisé par le président de la République à plusieurs reprises, a précisé que son ministère avait déjà largement payé sa quote-part aux économies de l'Etat ces dernières années. Les deux dernières lois de programmation (LPM) 2008-2013, puis 2014-2019, ont programmé le départ de près 80.000 militaires. Du jamais vu dans aucun ministère. Sur les 23.500 postes supprimés entre 2014-2019, 9.000 doivent l'être au sein des forces opérationnelles et 14.500 dans le soutien et l'environnement des armées. Cette baisse des effectifs s'ajoute aux 54.000 postes supprimés dans le cadre de la LPM 2008-2013. 

Fin 2012, les armées françaises comptaient 225.000 hommes et femmes (donc des emplois...) et représentaient 1,5 % du PIB, soit 8 à 9 % du budget de l'État. A la fin de la guerre froide, c'était 500.000 hommes, 2,7 % du PIB, 15 % du budget de l'État. "L'effort de défense était, aux normes OTAN - c'est-à-dire hors pensions et hors gendarmerie -, de 2 % du PIB en 1997, avant de se stabiliser ces dix dernières années entre 1,6 % et 1,7 %, avait expliqué devant le Parlement le chef d'Etat-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud. "La dépense publique, en France, représente 56 % du PIB. Quand on enlève 1,5 % pour la défense, il reste 54,5 %", rappelait de son côté il y a encore peu de temps l'ancien chef d'état-major des armées (2006-2010), le général Jean-Louis Georgelin.

 

La crédibilité de François Hollande et Jean-Yves Le Drian engagée

François Hollande avait assuré en juillet dernier devant la communauté militaire réunie à l'Hôtel de Brienne que la LPM 2014-2019  "reposera sur un principe, le maintien de l'effort financier important de la Nation avec la reconduction du budget de la défense à hauteur de 31,4 milliards d'euros, c'est-à-dire au niveau où il se situe cette année". Au-delà de François Hollande, la crédibilité de Jean-Yves Le Drian est également engagée. Il a répété à plusieurs reprises que que le budget de la défense était gravé dans le marbre. "L'ensemble de la loi de programmation est blindé", avait-il expliqué dans une interview accordée à "La Tribune".

En outre, la France, qui semble vouloir jouer un rôle sur la scène internationale notamment en Afrique, a besoin d'une institution militaire forte. Paris vient d'ailleurs de décider d'envoyer 400 militaires supplémentaires en Centrafrique, ce qui portera "temporairement à 2.000" ses effectifs dans ce pays. Et puis la perspective même très réduite de voir un jour des militaires français dans la rue, à l'image de ce qui s'est passé au Portugal, pourrait faire reculer Bercy et Matignon, qui tentent de tailler dans le budget du ministère de la défense sans aucune vision stratégique.

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 18:21
Centrafrique: l'intervention française sera l'affaire de quelques mois (Ayrault)

 

10 décembre 2013 Romandie.com (AFP)

 

PARIS - Le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a assuré mardi à l'Assemblée nationale que l'intervention française en Centrafrique, au cours de laquelle deux soldats français ont été tués dans la nuit, serait l'affaire de quelques mois.

 

Le Président de la République l'a dit très clairement: notre intervention sera rapide, elle n'a pas vocation à durer, a ajouté le Premier ministre lors d'un débat sans vote au Parlement sur l'opération française en Centrafrique.

 

Le désengagement de nos forces commencera dès que la situation le permettra, en fonction de l'évolution sur le terrain et de la montée en puissance des capacités opérationnelles des forces africaines, a expliqué le chef du gouvernement, pour qui ce doit être l'affaire de quelques mois.

 

M. Ayrault a affirmé que la France n'agissait pas en gendarme de l'Afrique. Le temps de la Françafrique est terminé! a-t-il lancé, ajoutant que la France répond à l'appel de ses partenaires africains et fait face à l'urgence absolue de prévenir une spirale de massacres.

 

Pour la France, l'inaction n'était pas une option, a aussi expliqué M. Ayrault, ajoutant: attendre, c'était prendre le risque d'un désastre. Attendre, c'était nous exposer au risque d'une intervention ultérieure, beaucoup plus coûteuse et difficile, a-t-il fait valoir.

 

Au cinquième jour de l'opération Sangaris, le Premier ministre a rappelé les objectifs de l'intervention.

 

Premièrement, rétablir la sécurité en République centrafricaine, enrayer la spirale d'exactions et la dérive confessionnelle, et permettre le retour des organisations humanitaires ainsi que le déploiement des structures étatiques de base, a détaillé M. Ayrault.

 

L'intervention des 1.600 soldats français doit aussi favoriser la montée en puissance rapide de la Misca (la force panafricaine présente en Centrafrique, ndlr) et permettre son plein déploiement opérationnel, a poursuivi M. Ayrault.

 

La Misca doit en effet être en mesure d'assurer le contrôle de la situation sécuritaire, de désarmer les milices et de faciliter la transition politique, a-t-il dit.

 

La France n'est pas seule, a-t-il aussi assuré. Elle bénéficie du soutien politique de tous les membres du Conseil de sécurité des Nations unies. Le secrétaire général des Nations unies a encore lancé, vendredi dernier, un appel d'urgence sur la situation en République centrafricaine. La France agit (...) aux côtés des Africains, regroupés au sein de la Misca.

 

M. Ayrault a rappelé par ailleurs que l'Union européenne l'accompagne depuis le début, avec des capacités de financement, que le Royaume-Uni a mis des moyens aériens à disposition, que la Belgique se prépare à apporter son appui, ou encore que les Etats-Unis fourniront, dans les prochains jours, des capacités de transport pour les contingents africains et ont promis 40 millions de dollars pour la Misca.

 

Cette cause est juste. Elle correspond à l'idée même que la France se fait de sa place dans le monde, a-t-il conclu.

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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 11:32
La LPM prévoit un budget de 190 milliards d'euros sur six ans pour la Défense

La LPM prévoit un budget de 190 milliards d'euros sur six ans pour la Défense

 

8 novembre 2013 Par Jean-Baptiste Le Roux - economiematin.fr

 

Rien ne va plus entre Bercy, Matignon et le ministère de la Défense.

 

Les deux premiers veulent annuler 500 millions d'euros de crédits en 2013. L'hôtel de Brienne refuse catégoriquement.

 

Le gouvernement doit trouver 3 milliards d'euros de crédits nouveaux

 

Loi de Finances rectificative oblige, il va falloir trouver 3 milliards d'euros de crédits nouveaux. Et pourquoi, dans ce cas, ne pas aller en chercher un peu… chez les militaires ? Bien que ces derniers commencent à être habitués d'être tondus aux besoins de la République, cette fois-ci rien ne va plus entre Bercy, Matignon, et le ministère de la Défense qui s'oppose catégoriquement à ce nouveau prélèvement sur les fonds de l'armée.

 

La Défense doit y participer à hauteur de 500 millions d'euros

 

Car après le Livre blanc de la Défense et la Loi de Programmation Militaire (LPM) qui a déjà fortement, dans les faits, entamé les moyens de la Défense, ces 500 millions d'euros ne passent vraiment pas en travers de la gorge des militaires. Cette loi de Finances rectificative doit être présentée en Conseil des ministres mercredi prochain.

 

Dans une interview accordée aux Echos jeudi, Bernard Cazeneuve, ministre délégué au Budget, a tenté d'être rassurant. Pour lui, ces 3 milliards de crédits supplémentaires seront compensés "à l'euro près par autant d'annulations réparties sur l'ensemble des ministères, y compris d'ailleurs ceux qui bénéficient des ouvertures". Et cela en se servant dans les crédits gelés durant l'année. Ainsi, à ce sujet, les militaires ont dû mettre de côté 1,54 milliard d'euros de côté.

 

Clause de solidarité ministérielle VS facture des opérations extérieures

 

C'est ce qu'on appelle la clause de solidarité interministérielle. Chaque ministère doit donc se serrer la ceinture, au prorata de son poids dans le budget de l'Etat. Plus un ministère est important, plus il doit concéder une somme importante, dans ce cas. Ce qui explique les 500 millions d'euros réclamés à la Défense cette année.

 

Mais pour les militaires, ce n'est pas possible. On estime que Bercy récupère les fonds qu'elle avait accordé pour régler la facture des opérations extérieures, comme le Mali, par exemple, pour lequel la facture a explosé. L'autre problème, c'est que pour régler toutes ses factures, et éviter que le report de charges sombre dans le rouge, la Défense doit récupérer 100 % des crédits gelés. Un tableau à double entrée qui fait figure de casse-tête pour le gouvernement.

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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 10:55
Défense: Ayrault promet de "limiter les conséquences" des restructurations

04/10/13 – leJDC.fr

 

Jean-Marc Ayrault a promis vendredi que le gouvernement mettrait "tous les moyens sur la table" pour "limiter les conséquences" de la Loi de programmation militaire "pour les territoires".

 

Le Premier ministre s'exprimait lors de l'ouverture des sessions nationales de l'Institut des Hautes études de Défense nationale (IHEDN) et de l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ), au lendemain de la présentation des restructurations prévues dans le cadre de la LPM par le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

 

Rappelant que cette loi entraînerait, "à l'horizon 2019, une réduction de 24.000 postes par rapport au modèle défini en 2008", le Premier ministre a déclaré: "nous nous attacherons - bien sûr et j'y veillerai personnellement - à limiter les conséquences de ces évolutions pour les territoires".

 

"Je veille à ce que la plus grande attention soit portée au dialogue avec les élus et à une mobilisation de tous les services de l'Etat pour assurer l'accompagnement économique des collectivités territoriales concernées", a-t-il ajouté.

 

Le "processus" de restructuration "doit se faire dans la durée et ménager les territoires qui peuvent se retrouver en difficulté. Donc on mettra tous les moyens sur la table, la concertation avec les élus, les forces vives pour que lorsqu'une unité doit fermer on trouve les réponses en termes d'emploi et en termes financiers pour les territoires", a ajouté le Premier ministre devant la presse.

 

"La méthode, c'est chaque fois, étape par étape, dialogue, concertation, mobilisation, solution", a-t-il précisé.

 

Lors de son discours, il a défendu "un effort de défense volontariste" et "une démarche de modernisation raisonnée", menée "sans pour autant sacrifier les effectifs nécessaires à l'action, et tout en garantissant les conditions d'activité des armées".

 

Ce projet "préserve aussi l'excellence de notre industrie de défense", a-t-il dit.

 

M. Ayrault a par ailleurs assuré que "tout était mis en oeuvre pour remédier" aux "désordres inacceptables" produits par le système de paie des soldes des militaires de l'armée de terre, baptisé Louvois, et dont la mise en place en octobre 2011 a provoqué des dizaines des milliers d'erreurs.

 

La LPM prévoit la suppression de 23.500 postes entre 2014 et 2019: 9.000 dans les forces opérationnelles et 14.500 dans le soutien et l'environnement des armées. Une baisse qui s'ajoute au 54.000 postes supprimés dans le cadre de la précédente LPM (2008-2013).

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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 15:55
Jean-Yves Le Drian photo Elysee

Jean-Yves Le Drian photo Elysee

02/07/2013 Michel Cabirol et Delphine Cuny - La Tribune

 

Selon des sources concordantes, le ministère de la Défense travaille en étroite relation avec Matignon et Bercy, sur des recettes exceptionnelles provenant du programme d'investissement d'avenir (PIA) pour compléter le budget 2014. Mais "les discussions se poursuivent" pour caler également la prochaine loi de programmation militaire (LPM), qui court sur la période 2014-2019.

 

Le ministre de la Défense avait été clair, très clair même. "Les recettes exceptionnelles seront au rendez-vous", avait assuré en dépit d'une contrainte budgétaire de plus en plus forte Jean-Yves Le Drian, un peu avant le salon aéronautique du Bourget (17-23 juin). "J'ai besoin de 1,3 milliard en 2013, je les ai, et j'ai besoin de 1,8 milliard en 2014, je les aurai". Car l'élaboration du projet de budget de la défense à hauteur de 31,4 milliards d'euros reste très liée à l'obtention de recettes exceptionnelles, les fameuses REX. En revanche, il n'avait pas été très disert sur la provenance de ces REX. Tout au plus, avait-il bien voulu préciser, elles proviendraient pour partie de la vente de biens immobiliers appartenant à l'Etat et du produit restant de la vente de fréquences télécoms. Car les recettes générées par de nouvelles cessions de fréquences n'arrivera au mieux que fin 2014, voire en 2015.

Or, selon des sources concordantes, le ministère de la Défense travaille en étroite relation avec Matignon et Bercy, sur des recettes exceptionnelles provenant du programme d'investissement d'avenir (PIA). Mais "les discussions se poursuivent" pour caler la prochaine loi de programmation militaire (LPM), qui court sur la période 2014-2019. Au 1er janvier 2013, sur les 35 milliards d'euros de dotation initiale du PIA, 28 milliards d'euros sont déjà affectés à des projets et 4,4 milliards d'euros étaient en cours d'attribution ou destinés à financer des priorités majeures du gouvernement comme la rénovation thermique des logements et le déploiement du très haut débit (THD).

 

Cessions de participations de l'Etat ?

Enfin, Jean-Yves Le Drian travaille sur une autre piste, des cessions de participations dans des entreprises détenues tout ou partie par l'Etat. "Qu'il y ait des cessions d'actifs potentielles dans les recettes exceptionnelles, cela me semble une hypothèse possible mais c'est complètement indépendant", avait souligné le ministre, faisant référence à d'éventuelles ventes de participations de l'Etat dans des groupes publics. L'Etat, qui détient 27 % des groupes Thales et Safran, 12 % d'EADS, la maison-mère d'Airbus, 74 % du groupe naval DCNS et, enfin, 100 % de Nexter, le constructeur du char Leclerc, vient de céder une partie de sa participation dans Aéroports de Paris (ADP), à Vinci et à Predica, filiale du groupe Crédit Agricole. Sans oublier les cessions de blocs de participations dans certaines entreprises comme EDF, GDF Suez...

Pour autant, la LOLF (Loi organique relative aux lois de finances) interdit le transfert direct du produit des ventes de participations de l'Etat vers le budget général. Ces recettes passent par le compte d'affectation spécial (CAS), qui a des règles de redistribution très précises et très restreintes. Donc à oublier. Il existe une technique pour passer au-delà de la LOLF, à savoir mettre les participations de l'Etat sous une holding, de type SOGEPA, qui détient la participation de la France dans EADS. "Ce n'est plus l'Etat qui vend", observe un bon connaisseur de ces dossiers. La holding peut alors redistribuer à l'Etat le produit de la vente sous forme de réduction de capital ou de versements de dividendes. 

 

5,4 milliards de recettes exceptionnelles sur les trois prochaines années

Tout en rappelant que le président de la République s'était engagé sur le montant de ces REX, le ministre de la Défense avait souligné qu'il n'y avait pas de plan B si ces recettes n'étaient pas au rendez-vous. Car pour le ministre, c'est inenvisageable. Et pour maintenir le niveau du budget de la défense à 31,4 milliards, Jean-Yves Le Drian demande 1,8 milliard d'euros de recettes extra-budgétaires en 2014, puis 2015 et 2016. Soit 5,4 milliards pour les trois prochaines années.

L'objectif pour le gouvernement est de présenter le projet de la LPM lors du dernier conseil des ministres, le 2 août. Un conseil de défense devrait se réunir dans la foulée du 14 juillet pour décider des derniers arbitrages avant un examen du projet de la LPM par le conseil d'Etat.

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