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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 11:55
Le MQ-9 Reaper en vol – photo US Air Force

Le MQ-9 Reaper en vol – photo US Air Force

22 mai 2013 Aerobuzz.fr

 

A défaut de disposer d’un vrai-savoir faire industriel en la matière, la France va acheter sur étagère entre 2 et 7 drones américains MQ9 Reaper… pour commencer.

 

Il était temps ! Après des années d’errements politico industriels, Paris se résout à acheter des drones vraiment opérationnels.

 

Le ministre de la Défense Jean-Yves le Drian, confronté aux lacunes françaises en la matière a décidé, tout comme le Royaume-Uni et l’Italie d’acheter outre Atlantique entre 2 et 7 drones américains MQ9 Reaper.

 

Ces appareils signés General Atomics sont le bras armé des Etats-Unis, CIA et US Air force en Afghanistan et dans d’autres régions du monde. Perchés entre 5.000 et 15.000 mètres d’altitude, pilotés par satellite depuis les USA, ils scrutent pendant de longues journées, jusque 27 heures, leur secteur de patrouille à l’affut de cibles d’intérêt. Ce drone représente la manière américaine de « terroriser les terroristes ».

 

Ils disposent pour cela de capteurs optroniques très performants et de missiles Hellfire ou de bombes guidées Paveway sous leur voilure. Il n’est pas confirmé que les engins destinés à Paris seront armés, il n’empêche les performances de ces engins en termes de capacités de surveillance, de détection, de transmission de données feront des merveilles par rapport au vide existant.

 

Le drone Reaper est piloté à distance par satellite tout comme un avion depuis un cockpit virtuel. Un opérateur assure le pilotage du véhicule et un autre, la gestion de la charge utile et des armements. D’une envergure de 20 mètres pour une masse à vide de 2,2 tonnes, cet engin à voilure droite, peut croiser à plus de 300 km/h pendant plus de 24 heures en toute impunité. Dans ses flancs, des moyens de communication et de navigation dernier cri et des capteurs de haute technologie. Il est propulsé par une turbine Honeywell TPE 331 de 900 cv environ.

 

On estime qu’un système de drones avec ses servitudes et ses stations sol coute aux alentours de 60 M$, autant dire une peccadille par rapport aux 120 M$ d’un JSF.

 

Bien sûr cet engin n’est pas parfait, il ne peut pas à ce jour s’intégrer dans l’espace aérien européen pour cause de lacune en termes de réglementation. Une lacune qui vient de causer l’arrêt pur et simple du programme Eurohawk en Allemagne.

Le MQ-9 est plus grand et plus lourdement armé que le MQ-1 Predator – photo US Air Force

Le MQ-9 est plus grand et plus lourdement armé que le MQ-1 Predator – photo US Air Force

Cette décision lucide du ministre de la défense français met en lumière l’incapacité européenne à mettre sur pied une politique intelligente en matière de drones. Ce ne sont pourtant pas les champions qui manquent.

 

Force est de reconnaître que l’Europe est dans une situation paradoxale avec d’un côté des savoir faire uniques en matière de défense, des ingénieurs aéronautiques de renom qui ont mis au point de véritables étendards nommés Rafale ou encore Typhoon mais qui sont incapables de réaliser un équivalent du « Predator » sans assistance extérieure.

 

En matière de drones, le vieux continent est plus que jamais divisé avec d’un côté un EADS (Allemagne ou France ? ) qui veut tout faire mais n’a rien prouvé de sérieux et de l’autre, des rivaux tels que Finmeccanica, BAE, Thalès et autre Dassault qui veulent prendre pied sur un marché crucial en devenir. Tout reste à faire, créer, des drones de tous types, des micro drones de la taille d’une libellule aux géants de la taille d’un Airbus, tout est possible et utile, les USA l’ont prouvé depuis des années ! Il faut aussi une législation pour leur circulation dans l’espace aérien, développer des capteurs, des liaisons de données, les munitions légères qui vont avec des vecteurs endurants et fiables aussi, et des charges utiles.

 

Il faut promouvoir l’essor des drones car ces engins, véritables aides de camp des engins pilotés sont source d’économie et de sécurité. Ainsi imaginez un Canadair qui ne décollerait que pour opérer sur un feu de forêt bien localisé, un hélicoptère dronisé qui pourrait traiter un accident nucléaire, une zone de pêche surveillée en permanence pour assurer la protection des pêcheurs… Le domaine des engins sans pilote est… sans limites ! Enfin il ne faut pas oublier de développer une législation adaptée pour encadrer l’usage de ces appareils qui peuvent être intrusifs et mortels.

 

Le champ des possibles est encore ouvert. Il faut s’y mettre maintenant car il n’y aura pas de session de rattrapage ; passé 2030, nous serons totalement dépendants de l’extérieur, nous aurons alors raté le coche des avions sans pilote.

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 08:39

Hargfang pic12 source FB Armee de l Air

photo Armée de l'Air

 

16.06.2012 Le Fauteuil de Colbert

 

L'actuel système de drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) de l'Armée de l'air -et de toute la France à vrai dire- est constitué par le système Harfang (quatre vecteurs et deux stations au sol). Il s'agit d'une version francisée, par EADS, du drone israélien Héron. Les drones sont de la classe des 1 tonnes, et auraient une autonomie de 24 heures. Le rayon d'action d'un drone MALE dépend de sa liaison avec sa station de contrôle :

  • s'il s'agit d'une liaison radio, alors il est, manifestement, dit que la portée du système ne dépasse pas celle de la liaison, soit 200 km, environ ;
  • s'il s'agit d'une liaison satellitaire (bien plus onéreuse) alors la portée du système dépend de l'autonomie intrinsèque du vecteur. 

Les drones MALE de l'Armée de l'Air ont été engagés en Afghanistan et en Libye pendant le conflit de 2011. Le rythme des opérations aurait été assez difficile à tenir avec seulement un système à quatre vecteurs.

 

Le système Harfang devait être remplacé en 2014. Pourquoi ? La raison n'a jamais été très clairement avancée. Mais, il semblerait que la première raison qui amène à s'intéresser à un "remplacement" de ce système c'est que... son contrat de maintien en condition opérationnelle (MCO) arrive à échéance en 2014. Forcément, dans ces conditions là, et tant que les état-majors jugeront utiles une telle capacité pour les opérations passées, présentes et à venir, il faut intervenir.

 

La suite des opérations était assez clair pendant un temps :

  • première phase, il s'agissait de donner une suite (toute neuve) au système Harfang par le développement d'un nouveau système intérimaire. Ce nouveau programme doit permettre de consolider les capacités industrielles françaises en matière de drones (MALE).
  • Seconde phase, il est question de développer un drone MALE "durable" à l'horizon 2020 et d'une ampleur bien plus importante.

Il y avait plusieurs solutions pour prendre la relève des Harfang. A priori, il n'y a pas eu un grand zèle pour renouveler de contrat de MCO. Il semblerait que l'Armée de l'Air tienne absolument à changer d'échelle en obtenant un nouveau système intérimaire, et surtout, un système où les vecteurs tendraient à être de la classe des 3 à 4 tonnes.

Cet renouvellement et cet accroissement des capacités nationales en terme de drones MALE au plan opérationnel doit s'accompagner d'une progression industrielle au second plan. C'est-à-dire que les savoir-faires acquis pendant l'opération Harfang doivent fructifier, et au moins perdurer.

Sur ce dernier point, il est assez difficile de savoir ce qui a été appris par l'industriel européen (EADS) pendant l'opération Harfang. La francisation du système a été l'occasion d'un très beau ratage financier, et de retards exceptionnels puisque le système devait entrer en service en 2003, et il ne vola dans l'escadron d'essais qu'en 2008. L'Armée de l'Air est-elle étrangère à cet état de faits ? La forcée aérienne française ne serait pas tout à fait étrangère à ces péripéties malheureuses car il semblerait que cela soit elle qui ait presque totalement transformée l'achat d'un produit sur étagère en développement d'un nouveau produit.
Est-ce que ce programme a été l'occasion d'enregistrer de nouvelles compétences dans l'hexagone ou dans l'Europe ? A priori, les compétences engrangées sont suffisamment faibles pour que le nouveau programme de drones MALE intérimaires se réalise une nouvelle fois avec un partenaire étranger.

En effet, le MALE durable qui doit apparaître en service à l'horizon 2020 doit être le fruit d'un programme à "plusieurs" entre européens. Le marché des drones MALE s'annonceraient juteux pour les prochaines années, et donc, forcémment, celui qui maîtrise le mieux son sujet a le plus de chances de profiter des retombées économiques d'un programme de drones MALE, même réalisé en coopération.

Ce tonnage accru pourrait s'expliquer par le besoin d'emporter plus d'équipements, tout en ayant une capacité à persister sur zone plus élevée. En outre, cela permet d'emporter des armes à bord du drone.

L'armement des drones (avec pilotes en l'occurence, le drone est téléguidé, il n'est pas en fonctionnement sur intelligence artificielle) semble avoir été admis par l'état-major des armées depuis les opérations en Afghanistan. C'est ce que font les américains depuis de nombreuses années avec les drones Predator (classe des 1 tonnes) et Reaper (classe des 4 tonnes) de General Dynamcis. Les drones MALE américians permettent de surveiller des localités dans les zones tribales du Pakistan dans l'optique de réaliser des frappes d'opportunité. C'est-à-dire que le renseignement collecté sur le terrain peut être directement transformé en action. C'est dans le même ordre d'idée que des drones MALE auraient pu servir en Libye : leur persistence sur zone leur aurait offert la possibilité de frapper les troupes loyalistes au moment le plus opportun. Entre un drone MALE persistant sur zone et une patrouille de Rafale, le coût financier pourrait être à l'avantage du drone.

Il y a d'autres aéronefs qui peuvent avoir une endurance assez comparable sur zone à celle d'un drone MALE armé. Mais ce dernier bénéficie de sa très faible taille, et donc de sa très faible surface équivalente radar, ce qui permet de s'affranchir de quelques frontières aériennes sans être repéré, ou bien d'agir dans une très forte discrétion.

Enfin, la vitesse de l'Harfang, environ 200 km/h, aurait été jugé beaucoup trop faible (contre près de 500 km/h pour le Reaper).

 

Ce premier état perceptible des faits permet de constater quels concurrents ont pu être plus ou moins écartés :

  • le premier d'entre eux est le MQ-1 Predator qui est donc de la classe des 1 tonnes : si le Harfang est jugé trop léger par rapport aux nouveaux besoins, alors il y avait peu de chances qu'il soit retenu.
  • Le second, et peut être le plus important, est le Patroller de SAGEM.

Le Patroller représente tout ce que l'on peut demander à nouveau drone MALE sur le plan industriel. L'industriel, Sagem, est le même qui avait, en son temps, réalisé les systèmes Sperwer qui avaient été vendu aux Pays-Bas, au Canada (mais il s'agissait d'un drone tactique) et accessoirement à l'Armée de Terre .
Pour réaliser le Patroller, Sagem délaisse la réalisation de la cellule du vecteur à un industriel allemand qui est spécialisé dans la réalisation de planeurs (l'entreprise STEIME). La firme française s'occuperait essentiellement de l'intégration des divers équipements et logiciels à bord de la cellule pour en faire un drone MALE à part entière. Mer et Marine, et d'autres, ont pu largement commenté que ce système fonctionne, et est en essais en vol.

C'est-à-dire, et il ne faut pas se lasser d'insister très, très lourdement qu'il y a un système de drones MALE, intérimaire, franco-allemand, qui poursuit ses essais en vol depuis presque deux ans.

Qui plus est, Mer et Marine relatait il y a très récemment que le drone Patroller essayait un équipement AIS dans l'optique de proposer une version de surveillance maritime de ce drone (programme AVISMAR ?).

Aussi, si l'industriel français ne reçoit pas de commandes pour son drone MALE d'ici à l'année prochaine, il devra abandonner la partie. La France entreterait dans la situation paradoxale où le seul industriel capable de réaliser les objectifs des gouvernants et des militaires en matière de drones MALE, et qui n'aurait pas été soutenu, devrait disparaître de la partie. Alors, certes le Patroller n'est pas dans le sacro-saint créneau des 4 tonnes de l'Armée de l'Air, mais est-ce que les forces armées et les administrations n'auraient pas à gagner à disposer de plusieurs systèmes de drones MALE ? Il convient de relever que depuis que le nouveau drone tactique de l'Armée de l'Air (le Watchkeeper de Thales qui devrait être prochainement commandé) nécessite une piste de décollage, la frontière est très mince entre ce drone "tactique" et un drone MALE de la classe des 1 tonnes.

 

Par contre, il y a l'autre drone MALE américain, le Reaper, qui rentre dans le cadre des besoins français. Vincent Lamigeon (magazine Challenge) avait eu vent de l'offre que General Dynamics aurait faite à la France : quatre vecteurs, plus deux autres pour l'attrition, un banc d'essais, deux stations au sol, et dix ans de MCO (2000 heures de vol par année) pour 209 millions d'euros (contre 700 millions d'euros pour la proposition de Dassault avec le même nombre de vecteurs et des capacités inférieures). Il faut dire que le système américain est produit à la chaîne.

 

Du côté de l'Europe, il y avait plusieurs propositions pour un nouveau système de drones MALE intérimaires :

  • EADS souhaiterait soit prolonger les Harfang actuels (ce qui heurte les besoins de l'Armée de l'Air) tout en poursuivant le développement du drone MALE maison, le Talarion,
  • Dassault Aviation souhaiterait, visiblement, se positionner sur le marché en francisant un nouveau système de drones MALE israélien (le Héron TP, qui semble être la succession du premier) avec, pour l'avenir, le projet de réaliser un drone MALE franco-britannique (le dénomé Télémos).

Il semblerait que pendant un temps il y ait eu un "deal" entre les firmes française et européenne :

  • l'une avait en charge la maîtrise d'oeuvre du démonstrateur d'UCAV européen (le nEURON dont les maitres d'ouvrage sont Dassault et la DGA) tandis que l'autre y est équipementier :
  • l'autre avait en charge la maîtrise d'oeuvre du programme de drones MALE durable européen (EADS avec le Talarion) alors que l'autre n'y était que équipementier. 

Cela aurait été le partage des tâches en Europe. En fait, il s'agirait avant toute chose (et comme souvent) de logiques industrielles : les deux entreprises veulent se positionner sur le marché des drones MALE qui semblent bien plus profitable puisque le "marché" des UCAV n'existent pas. Le programme nEURON ne prévoit que la réalisation d'une mission de démonstration avec un bombardement, il n'aboutira pas à la construction en série de drones.

 

Dassault Aviation se serait donc positionné finalement sur le marché des MALE en prétendant réaliser le nouveau système MALE intérimaire pour l'Armée de l'air. Pour ce faire, l'industriel français choisit l'israélien IAI pour franciser le Heron TP. L'arrivée en service de l'engin dépendra du degré de francisation de celui-ci : selon les exigences, il arrivera en service dans les deux à quatre ans après la décision prise.
Il va s'en dire que personne n'a vraiment fait remarquer ouvertement que si la décision était défintivement prise en 2012, alors le nouveau système arriverait en service en 2014 ou en 2016 pour durer jusqu'en 2020 où le drone MALE "européen" doit lui aussi entrer en service : entre 4 à 6 ans de service pour un investissement de 700 millions d'euros pour un système, c'est très coûteux.

 

Il y a de très nombreux obstacles au projet de Dassault :

  • à quoi bon franciser encore un drone israélien ? Est-ce que l'achat des drones Hunter et la francisation du drone Harfang ont été à la source d'enseignements ? Il faut croire que les industriels israéliens savent travailler sans vendre leurs secrets. 
  • Un programme pour pérenniser l'indépendance de l'industrie nationale ? "Un argument étrange, sachant que Dassault et Thales n'auront guère que quelques systèmes de communication (satellite, notamment) et peut-être un radar SAR à se mettre sous la dent".
  • L'investissement a-t-il été contrebalancé avec une prolongation des Harfang ?
  • Le plus beau, et c'est notamment l'argument qui aurait pu écarter le Patroller, la solution industrielle franco-allemande : le drone israélien ne peut pas emporter d'armes car il s'agit d'un drone conçu dans le cadre de missions de surveillance et de renseignement avant toute chose !
  • Enfin, et encore une très belle chose à relever : "Avec francisation, les sénateurs jugent que les chiffres de Dassault-IAI (370 millions d’euros) « appellent les plus expresses réserves, tant ils paraissent sous-estimés », rappelant qu'une même proposition de francisation du Heron TP émises par Dassault en 2010 était de 700 millions d’euros, soit presque le double".

C'est donc pourquoi les sénateurs ont fait barrage pendant un temps (puisque l'Assemblée a le dernier mot) au projet du gouvernement sortant, quand le Sénat a changé de majorité. Vincent Lamigeon relate très bien et très régulièrement les péripéties de ce programme.

 

Le journaliste relate une oppositon qui explique bien pourquoi les choix sont minces : la filiale Défense d'EADS, Cassidian, et notamment l'allemand Bernhard Gerwert, aurait bloqué autant que possible une autre solution : la construction de systèmes Reaper américains par l'industriel européen. En effet, il semberait que ce projet là ait inquiété l'industriel qui aurait craint pour le projet Talarion de drone MALE européen durable pour 2020.


Mais cela pourrait donner du grain à moudre au moulin de Dassault car l'industriel qui pointe la question de l'indépendance de l'industrie aérospatiale française a aussi pointé la question des inquiétudes à avoir vis-à-vis des industriels allemands qui auraient toutes les bonnes places à bord du programme Talarion. Dassault viserait donc, notamment, pour cette raison la coopération bilatérale sur le Télémos franco-anglais entérinait lors des accords du 2 novembre 2010. L'industriel  ne souhaiterait pas mettre un pied dans un programme qui pourrait l'amener dans une vague de rapprochement avec la multilatéralité et la recomposition de l'industrie européenne à son désaventage, et il voudrait se positionnier sur un marché porteur pour continuer à subsister seul. Ou bien en coopérartion avec un autre industriel qui ne semble pas vouloir de ce même mécanisme intégrateur européen : BAE Systems.

C'est pourquoi donc ni EADS, ni Dassault Aviation ne veulent entendre parler du Reaper puisque celui-ci obère leurs capacités à se positionner sur le drone MALE européen de 2020. En outre, s'ils ne participent pas à un programme de drones MALE à franciser (ou à "produire" sous licence, plutôt, où ils auront à leur charge l'intégration d'équipements français et européens), alors ils partiront dans de très, très mauvaises conditions pour tenir les délais pour parvenir à livrer les premiers systèmes dès 2020.

 

La situation en était restée au choix du gouvernement précédent en faveur de Dassault pour les drones MALE intérimaires et durables (le second va difficilement sans le premier).

 

Le problème, c'est que la fronde des sénateurs de gauche de 2011 prend un relief tout autre avec le changement de Président et de gouvernement.

Le nouveau ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé qu'il remettait à plat le dossier du nouveau système de drone MALE intérimaire. "Sur les drones, ma posture est très simple : je remets à plat, sans passion et avec pragmatisme", avait assuré le ministre, promettant une décision avant le 14 juillet".Comme cela a été dit à plusieurs reprises plus haut, le choix de l'industriel pour le nouveau MALE intérimaire implique de choisir le MALE durable de 2020. Faudrait-il penser que Dassault Aviation pourrait être écarté de l'un ou l'autre des projets ? En effet, les nouveaux gouvernants issus des élections présidentielles, et bientôt législatives, ont indiqué leur volonté de recomposer le secteur de la Défense avec une stratégie industrielle plus européenne et moins "patrimoniale". Il n'est un secret pour personne que l'avionneur de Saint-Cloud est dans la ligne de mire.

Cependant, il serait trop simple de revenir à EADS (et son Talarion) puisque le but de la manoeuvre, et quelque soit la couleur politique des gouvernants, est de positionner les industriels français sur un créneau porteur et crucial. Que Dassault soit bien vu ou non, peu importe, l'important est que un ou ou des industriels français maîtrisent tout ou partie des phases critiques du programme. En ce qui concerne les drones, ce n'est pas tant la cellule du vecteur qui est importante -la France sait encore concevoir et construire des planeurs ?- que l'intégration des équipements. Dans ce dernier domaine, les industriels français sont très bien positionnés dans la conception et la construction des liaisons radio, satellitaire, des boules optroniques, des radars, etc... Cette orientation est renforcé par le fait que si Sagem devait abandonner le Patroller alors l'entreprise se consacrerait à la "chaîne images" pour drone, c'est bien la preuve que la production de drones clefs en main n'est pas l'objectif primordial. En vérité, de très nombreux pays annoncent à tour de bras des programmes de drone aérien (même l'Arménie) : construire la cellule et la faire voler, c'est une chose, la remplir, c'est une autre.

 

Qu'est-ce que le nouveau gouvernement va bien pouvoir faire et décider ?

  • A priori, il semblerait que le programme Télémos soit maintenu et signé pour juillet. C'est en tout les cas ce qui peut être annoncé dans la presse.
  • Est-ce à dire que le nouveau MALE intérimaire sera donc le Héron TP, rebaptisé Voltigeur ? Dassault veut toujours croire en ses chances, et vanterait le fait que le Héron TP bénéficie dres retours d'expériences des israéliens. C'est un drôle d'argument pour un drone qui pourrait être opposé au choix du Reaper américain qui a été employé "à plusieurs reprises"...
  • Rien n'est moins sûr puisque Vincent Lamigeon évoque la dernière carte d'EADS : la francisation du Reaper !

Cette dernière solution qui semblait avoir été écarté au préalable reviendrait sur le devant de la scène (il vaut mieux le Reaper de chez EADS que rien du tout...) avec l'argument notable que, outre le fait que le drone MALE américain réponde à toutes les demandes de l'Armée de l'air (dont le fait d'être armé), les drones arriveraient en parc bien plus rapidement que les deux à quatre années avancaient par Dassault pour son projet. En effet, les compétences acquises (!) lors du développement de l'Harfang servirait pour ce projet.

 

Est-ce logique de donner le drone MALE durable à Dassault et le système intérimaire à EADS tout en ne s'engageant plus sur le Talarion (MALE durable) ?

 

A priori, et en lisant l'ouverture de l'article de monsieur Lamigeon du 12 juin 2012, oui : "Le ministère de la défense peut-il franchir le pas en acceptant une offre de Reaper francisé ? Il faudrait composer avec une inévitable réaction antiaméricaine d’une partie des parlementaires et de l’industrie. La pilule passerait mieux avec une forte participation de l’industrie française, et le lancement définitif du futur drone MALE européen, que le Vieux Continent ne peut plus de payer le luxe d’attendre. Avec, pourquoi pas, Dassault et EADS enfin sur le même bateau".

 

Le nouveau gouvernement doit donc résoudre une certaine quadrature du cercle :

  • d'une part, il semblerait que l'onéreux programme Voltigeur de Dassault soit retoqué pour de nombreuses raisons (financière, politique, industrielle et opérationnelle).
  • De l'autre côté, il n'est pas évident d'acheter des équipements américains en France à cause d'une vision gravement déformée de la politique gaullienne d'indépendance. Pourtant, le drone Reaper est la dernière solution (d'un drone MALE de 4 tonnes) pour ne pas attendre 2020 -bien que se passer d'un drone MALE intérimaire sur la période 2012-2020 présenterait l'avantage de donner le temps et l'ambition, forcée, aux bureaux d'études de parvenir à une solution satisfaisante.


Donc oui, le cheval de bataille du nouveau gouvernement pourrait être de rapprocher les équipes d'EADS et de Dassault Aviation. Ce beau projet, qui résoudrait bien des problèmes, se heurterait à deux grandes sources de difficultés interdépendantes :

  • comment créer une filière nationale au sein d'une entreprise multinationale ? Chacun des Etats de l'entreprise gardent un contrôle plus ou moins grand sur des compétences qu'ils jugent essentielles, et la tâche est ardue. La France garde la main sur les briques de sa dissuasion nucléaire, malgré MBDA et EADS : est-ce reproductible a minima dans les drones ?
  • Comment entamer un tel mouvement alors que d'autres européens veulent aussi les bénéficies du drone MALE européen durable -les allemands les premiers ?

Pour répondre à ces questions, il faut avoir une très bonne connaissance d'EADS et de la manière dont s'est déroulé le programme Harfang.

 

Malgré les retards, la situation est assez heureuse puisque la France possède des entreprises qui rayonnent dans les équipements pouvant être utilisés dans les drones : Zodiac, Thales, Sagem, etc...

 

Mais, il n'en demeure pas moins que la meilleure des solutions, vraiment la meilleure, et non pas la moins pire, réside dans le Patroller de Sagem. En tout cas, sur le plan industriel, c'est celle qui répond à l'ambition de la maîtrise nationale. L'Armée de l'Air bloquerait-t-elle cette solution car il faudrait "absolument" un drone MALE de la classe des 4 tonnes ? A tout hasard, il faut souligner que des drones MALE serviraient bien pour le programme AVISMAR de la Marine nationale et pour la Sécurité civile.

 

Il est étonnant que cette entreprise française, Sagem, soit autant ostracisé de ces manoeuvres industrielles alors qu'elle possède une très grande partie du savoir-faire recherché.

 

Si les drones MALE permettent bel et bien de faire progresser les capacités opérationnelles de toutes les Armées, voir d'autres administrations, alors il conviendrait, peut être, de choisir une solution qui ouvre des perspectives plus larges et permettent l'achat de plusieurs systèmes de drones.

 

Mais aussi, il est terriblement plus simple de rapprocher Sagem de Thales car une nouvelle répartition des compétences est déjà en cours entre les deux entreprises, bien que les discussions soient très, très difficiles. Cette nouvelle découpe des périmètres industriels de chacun pourrait englobe Dassault : la solution la plus confortable pour la France ne serait-elle pas de constituer une filière drone MALE franco-française ? Et pourquoi pas les équipes qui ont travaillé sur le drone Harfang ?
C'est bien ce qui qui a pu être fait la navale militaire (rapprochement DCN-Thales) et ce qui va être fait dans l'industrie militaire française terrestre (recomposition entre Thales, Nexter, RTD et Auverland (Panhard).

 

Ce que va faire le gouvernement entre Sagem, Dassault et EADS dépendra de ses ambitions pour la recomposition de l'industrie militaire française. Le nouveau gouvernement veut des rapprochements européens et doit composer avec Dassault Aviation (qui possède une bonne partie du capital de Thales (qui est également présent dans les drones... tactiques) qui souhaiter rester indépendant.

 

Il va s'en dire que la création d'une coentreprise drones MALE (voir aériens) en France serait une très belle manière d'aborder avec force le programme franco-anglais (Télémos de Dassault Aviation et BAE Systems) ou européen (Talarion d'EADS).

Il va s'en dire que les retards sont nombreux car si le gouvernement précédent avait fait fi des exigences de l'Armée de l'Air, alors le Patroller serait peut être en service à l'heure qu'il est.
Le dossier ne doit pas concerner la seule Armée de l'Air : les drones MALE peuvent servir dans la Marine nationale (AVISMAR, piraterie, AEM), dans la Sécurité civile (surveillance des forêts), voir dans l'Armée de Terre. Si cette dernière choisit un drone tactique opérant depuis des pistes en dur pour remplacer les Sperwer, alors aurait-elle était outrée de recevoir des Patroller, surdimensionnés par rapport à son besoin ?

A l'heure actuelle, nous devrions plutôt évoquer a mise en oeuvre de drones MALE depuis les ponts plats (BPC, porte-avions) de la Marine. Le Patroller se positionne en matière de drones de surveillance maritime, tout comme avait pu le faire le Reaper pour le programme Broad Aera Maritime Surveillance (c'est le RQ-4 Global Hawk qui a été choisi pour ce programme). Le Camcopter S-100 aurait alors constitué l'excellent partenaire de "Patroller-M" dans le cadre d'un système de surveillance maritime : le MALE serveille la zone, l'hélidrone tactique sert à la discrimination des échos.
Alors, le nouveau gouvernement, pour répondre aux exigences de l'Armée de l'Air, lancerait dès cet été un "Patroller 2" ou tout autre projet en vue de fournir un drone de 4 tonnes, en attendant le MALE franco-anglais ou européen de la classe des 7 tonnes.

 

Il faut peut être espérer qu'il s'agira d'un Reaper francisé pour le nouveau système de drones MALE intérimaire : le gain financier avec la proposition de Dassault pourrait être investit dans d'autres projets pour les drones MALE. La Marine pourrait profiter des bonnes relations franco-américaines pour développer les techniques d'appontage de drones à voilures fixes, après l'avoir fait avec des drones à voilures tournantes.

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 16:50
Obama set to arm Italy's drones in milestone move

30 May 2012defenceWeb (Reuters)

 

President Barack Obama's administration appears set to notify the U.S. Congress of plans to arm a fleet of Italian MQ-9 Reaper drones, a step that may spur a wider spread of remotely piloted hunter-killer aircraft.

 

The administration could move ahead within two weeks on the proposal to let Italy join Britain in deploying U.S. drones with weapons such as laser-guided bombs and Hellfire missiles, U.S. officials said.

 

Italy has a fleet of six Reapers. The sale of the technology to arm them, including bomb racks and "weaponization" kits costing up to $17 million, would help the United States redistribute the burden of its global military operations as the Pentagon's budget is being squeezed by deficit-reduction requirements, Reuters reports.

 

Aides to Obama have been informally consulting the House of Representatives' and Senate's foreign affairs committees about the proposed sale to Italy since last year, congressional staff said.

 

The latest such period of "pre-consultations" ended May 27 without a move to block the sale, according to the Wall Street Journal, which first reported the coming formal notification to lawmakers.

 

A transfer to Italy would make it harder for the United States to deny armed-drone technology if asked for it by other members of the 28-country NATO alliance or by close U.S. partners such as South Korea, Japan and Australia, arms-sale analysts said.

 

"I think that if you sell armed drones to Italy, you will very likely make a decision that any member of NATO that wants them can also get them," said a former congressional staff member who followed the issue.

 

Some lawmakers fear that a decision to arm Italian drones may spur overseas sales of related technology by Israel, Russia and China.

 

The United States has used its MQ-9s to hunt and kill members of al Qaeda and its allies in Afghanistan, Iraq, Yemen, Somalia and Pakistani tribal areas.

 

Upgraded Italian Reapers would be able to fire weapons such as Lockheed Martin Corp's next generation AGM-114R, or Hellfire "Romeo," designed to knock out "hard, soft and enclosed targets," according to Lockheed, the Pentagon's No. 1 supplier by sales.

 

Britain, the first foreign country to get U.S. technology to arm its Reapers, is considered a special case. Many U.S. officials and members of Congress view it as Washington's staunchest and most reliable ally.

 

The State Department does not comment on proposed sales of U.S. military hardware until formal notifications have been completed. But a State Department official described Italy as a strong NATO ally which contributes significantly to coalition operations.

 

"The transfer of U.S. defense articles and service to allies like Italy enables us to work together more effectively to meet shared security challenges," said the official, who declined to be named.

 

SPREAD DRONES, OR LIMIT THEM?

 

Senator Dianne Feinstein, chairwoman of the Senate Intelligence Committee, has publicly opposed the transfer of armed drones. "There are some military technologies that I believe should not be shared with other countries, regardless of how close our partnership," Feinstein, a California Democrat, said last year.

 

She said she would put armed drones in the category of weapons the United States should try to rein in, not spread.

 

Turkey is among countries that have been seeking to buy U.S. unmanned aerial vehicles, or UAVs. The MQ-9 Reaper is larger and more capable than the earlier MQ-1 Predator, both built by General Atomics.

 

Turkish President Abdullah Gul said on the sidelines of a NATO summit in Chicago last week that Obama was leaning toward selling UAVs to Turkey, which has fought separatist Kurdish rebels for decades in a conflict that has killed 40,000 people.

 

"The administration's position (toward a sale) is favorable," Turkey's state-run Anadolu news agency quoted Gul as saying after he met Obama. "They are trying to convince Congress."

 

Under U.S. law a proposed U.S. arms sale may proceed unless lawmakers enact joint resolution barring it, an event that has never occurred.

 

The Obama administration says that all exports of sensitive military technology are considered on a case-by-case basis under a general policy of "restraint," taking into account national security and foreign-policy considerations as well as U.S. multilateral commitments.

 

Purchasers of U.S.-made military systems must agree to a strict set of "end-use" conditions designed to limit the system to approved uses such as self-defense and United Nations missions. They also must agree to let the United States monitor their adherence to these conditions.

 

Italy has sought to arm its drones for use in Afghanistan, where it maintains about 3,950 troops. But it initially wanted the drones themselves for such things as border patrols, the former congressional staff member said.

 

TEAL Group, a U.S. aerospace consultancy, estimated in April that worldwide UAV spending will almost double over the next decade, totaling more than $89 billion in the next 10 years.

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 13:25

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24.11.2011 par Laurent Lagneau - Opex360.com

 

L’on pouvait s’en douter lors des auditions des responsables du ministère de la Défense par la Commission des Affaires étrangères et de la Défense nationale du Sénat. En effet, au cours de ces dernières, le choix de l’Hôtel de Brienne en faveur du drone MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) Heron TP francisé avait été vertement contesté par des sénateurs de droite comme de gauche, lesquels considéraient le MQ-9 Reaper du constructeur américain General Atomics plus compétitif.

 

Et cette opposition à l’offre soumise par Dassault Aviation, en collaboration avec l’israélien IAI, qui produit le Heron TP, s’est confirmée avec l’annulation par la Commission du Sénat d’une partie des 318 millions d’euros de crédits qu’il est prévu d’allouer pour financer cet achat. Les sénateurs ont joué fin : selon le magazine Challenges, ils ont voté un budget dédié à l’acquisition de drones d’un montant de 209 millions, lequel correspond à la somme qu’il aurait fallu débourser pour des MQ-9 Reaper.

 

Cette coupe de 109 millions d’euros dans le projet de loi de finance 2012 correspond en effet à l’écart de prix entre le Heron TP francisé et le drone MALE américain. Quant au choix en faveur de l’offre proposée par Dassault Aviation, le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a déjà indiqué qu’il avait fait « jouer la préférence nationale ».

« Dassault ayant su renouer une coopération avec son partenaire israélien autour de ce projet, il était important pour moi que notre industrie demeure présente dans cette filière quand bien même cette solution devrait être plus coûteuse que si nous avions eu recours au Reaper proposé par General Atomics, son concurrent américain  » a-t-il déclaré en octobre dernier, lors de son audition par les sénateurs.

 

Seulement, en ces temps de rigueur budgétaire, les gains attendus de la solution du Heron TP, nettement plus chère que celle du MQ-9 Reaper, seront-ils à la hauteur des espérances? Rien n’est moins sûr.

 

Il avait été dit que le choix du Reaper allait porter un coup aux capacités industrielles françaises en matière de drone. Sauf que l’on voit mal ce que l’appareil israélien francisé apportera de plus, si ce n’est qu’il permettra d’attendre que le drone Telemos, développé par BAE Systems et Dassault Aviation, soit prêt. Car le constructeur IAI est un partenaire difficile. Et EADS est bien placé pour le savoir, le groupe européen ayant produit en collaboration avec ce dernier le drone Harfang, actuellement en service dans l’armée de l’Air. D’autre part, le choix fait dans les années 1960 d’acquérir des avions ravitailleurs américains KC-135 n’a pas empêché Airbus de développer l’A-330 MRTT et d’entrer en concurrence sur ce segment avec Boeing.

 

Par ailleurs, alors que l’on parle de mutualisation de capacités de défense entre pays européens, il est à souligner que, par exemple, le Royaume-Uni et l’Italie sont déjà des utilisateurs du drone MQ-9 Reaper, dont la technologie est éprouvée.

 

Autre élément : le chef d’état-major de l’armée de l’Air, le général Palomeros, a indiqué vouloir un drone armé. Si l’appareil américain a cette capacité, le flou persiste au sujet du Heron TP…

 

Cela étant, et comme le dernier mot revient à l’Assemblée nationale, qui n’a pas manifesté la même opposition que les sénateurs sur ce dossier, le choix du Heron TP devrait être finalisé. Sauf si Premier ministre réunit une commission mixte paritaire pour concilier les positions des deux assemblées sur cette affaire. A ce moment-là, un revirement sera toujours possible.

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