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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 11:55
Le classement des entreprises qui ont profité des milliards de la défense en 2014

Selon le chiffre encore provisoire de la DGA, le montant des exportations a atteint 8,06 milliards d'euros en 2014. (Crédits : DCNS)

 

10/02/2015 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

En 2014, DCNS a été l'industriel de la défense qui a le plus profité des paiements du ministère de la Défense (2,14 milliards d'euros). Le groupe naval est suivi de près par Airbus Group (1,9 milliard) et le CEA (1,94 milliard).

 

C'est DCNS, qui a décroché en 2014 le pompon dans le cadre de la répartition des paiements de la direction générale de l'armement (DGA) aux industriels de la défense. Soit 11,32 milliards au total à se partager en hausse par rapport à 2013 (10,9 milliards). L'année dernière, le groupe naval a touché 2,14 milliards d'euros de versements de la part de la DGA (contre 1,94 milliard pour Airbus Group en 2013). DCNS, qui avait déjà engrangé 1,82 milliard de paiements en 2013, continue de profiter de l'exécution de ces grands programmes : les frégates FREMM, les sous-marins nucléaire d'attaque (SNA) Barracuda ainsi que de la modernisation des SNLE (sous-marins nucléaires lanceurs d'engins) pour les adapter au dernier standard du missile nucléaire M51.3.

Airbus Group doit se contenter l'an dernier de la deuxième place, le montant des paiements de la DGA restant toutefois stable (1,97 milliard) tandis que le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) complète le podium en 2014 (1,94 milliard). Derrière ce trio de tête, suivent Thales (1,43 milliard, contre 1,47 milliard en 2013), Safran (967 millions, contre 1 milliard en 2013), l'avionneur Dassault Aviation (700 millions, contre 656 millions en 2013), le Centre national d'études spatiales (385 millions, contre 105 millions en 2013), Nexter (330 millions, contre 529 millions en 2013), MBDA (304 millions, contre 498 millions en 2013) et enfin Renault Trucks Defense (94 millions, contre 128 en 2013). Enfin, les autres entreprises se partagent 1,05 milliard d'euros. "Nous sommes au rendez-vous de la base industrielle et technologique de défense", a affirmé le délégué général pour l'armement, Laurent Collet-Billon.

 

Thales à nouveau champion de la R&T

Dans le domaine de la préparation de l'avenir dans le cadre des études amont, c'est une nouvelle fois Thales qui a terminé au premier rang des fournisseurs de la DGA (188 millions, contre 198 millions en 2013) sur un total de 774 millions d'euros investis par le ministère de la Défense (contre 776 millions en 2013). "Un montant juste suffisant", a rappelé Laurent Collet-Billon.

Safran (89 millions, contre 86 millions en 2013) et DCNS (71 millions, contre 52 millions) complètent le podium. Airbus Group (67 millions), Dassault (44 millions), MBDA (42 millions) et Nexter (10 millions) ont également engrangé des paiements de la DGA en 2014.

 

Un report de charges contenu

"Ce résultat est conforme à la loi de programmation militaire, dès sa première année. Il préserve tous les secteurs industriels de défense et permet de développer les technologies et les compétences dont nous aurons besoin demain", a estimé Laurent Collet-Billon, qui a assuré que "le démarrage de la LPM était capital". Tous les grands programmes ont été notifiés, a-t-il rappelé. Enfin, la DGA a passé des commandes majeures pour l'équipement des armées : avions ravitailleurs MRTT (Airbus Group), Scorpion (Nexter, Renault Trucks Defense et Thales), missile nucléaire M51.3 (Airbus Group) et sous-marins d'attaque (SNA) Barracuda (DCNS).

En outre, le report de charges a été stabilisé à 2,3/2,4 milliards d'euros, selon le patron de la DGA. Comment ? La DGA a mis un "léger coup de frein aux engagements", a profité de "bonnes négociations" avec les industriels et surtout a réglé aux fournisseurs une somme de 1,8 milliard d'euros avant le 10 janvier dernier. Pour 2015, Laurent Collet-Billon compte sur les sociétés de projets pour garantir la bonne exécution de la deuxième année de la LPM. "Il faut changer de logiciel sinon on va se prendre le mur budgétaire en pleine poire", a-t-il estimé. D'où le recours aux sociétés de projet, très certainement "une par matériel" : entre 4 et 6 A400M et deux ou trois frégates FREMM.

 

Des exportations à plus de 8 milliards d'euros

Selon le chiffre encore provisoire de la DGA, le montant des exportations a atteint 8,06 milliards d'euros en 2014. Soit une hausse de 17 % par rapport à 2013, qui était déjà une bonne année. Ce montant de plus de 8 milliards est seulement la seconde fois qu'il a été atteint depuis 2000 (en 2009 : 8,16 milliards grâce à l'exportation des Scorpène au Brésil). Une très belle année qui comprend notamment le contrat tripartite Donas entre l'Arabie Saoudite, le financier, le Liban, l'acheteur et la France, le vendeur pour un montant de 3 milliards de dollars... même si les contrats pour les industriels ne sont pas encore entrés en vigueur.

En outre, en moins de six mois, DCNS a vendu au Caire quatre corvettes Gowind de 2.400 tonnes, équipées de son système de combat Setis, pour un montant de 1 milliard d'euros. Airbus Space Systems et Thales Alenia Space ont réussi également à finaliser le contrat de deux satellites d'observation aux Émirats Arabes Unis (EAU) pour un montant de 700 millions d'euros. Airbus Space Systems a également vendu un satellite d'observation au Pérou pour 200 millions d'euros environ. En octobre, Thales a signé un contrat près de 200 millions d'euros portant sur la fourniture d'un système de communications militaires pour le Qatar.

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 06:55
Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

 

09.02.2015 LCP.fr
 

21h42 : "Il est indispensable d’avoir une politique industrielle d’armement"

Pierre Lellouche, le député UMP de Paris, affirme qu’il est favorable aux dispositions de l’article 47, à propos de l’armement terrestre en Europe. Il prévoit le "transfert au secteur privé de la majorité du capital de la société Groupement industriel des armements terrestres (GIAT)".

"L’indépendance nationale passe par la capacité de notre pays de maintenir une politique d’armement, une production nationale d’armement", déclare l’élu. "Les dépenses militaires irradient l’ensemble de la recherche civile", continue Pierre Lellouche, qui pense donc qu’il est "indispensable d’avoir une politique industrielle d’armement".

"Il est indispensable, si on veut une Europe politique, de développer un pôle européen de défense", explique par ailleurs le député, qui justifie sa position par l’évocation de "la crise ukrainienne".

 

22h09 : Les "bêtises" de l’UMP et le Général De Gaulle

Alain Tourret moque les députés UMP qui s’opposent à l’adoption de l’article 47. Ceux-ci critiquent le rapprochement entre les deux groupes d’armements terrestres français et allemand, Nexter et Krauss-Maffei Wegmann. L’élu RRDP du Calvados estime que le "Général De Gaulle doit remuer dans sa tombe quand il voit de pareilles bêtises de (la part) ses héritiers".

 

22h22 : "Pas un transfert au secteur privé"

"Ce n’est pas un transfert au secteur privé." La rapporteur PS du texte Clotilde Valter répond à André Chassaigne, l’élu Front de gauche du Puy-de-Dôme. L’article 47, qui permet le rapprochement entre deux groupes d’armements terrestres (un allemand et un français), a pour conséquence selon elle de constituer une "société nouvelle à laquelle l’État apporte 50% des parts et ces 50% restent publics, intégralement".

 

22h43 : "Je commence à devenir un vrai macronien"

Pierre Lellouche fait un aveu : "Je commence à devenir un vrai macronien", déclare le député UMP de Paris. "Il y a une vraie fraîcheur dans votre vérité (…) Vous dites quelque chose de très très juste, vous dites ’si on avait de l’argent, on n’aurait pas besoin de faire tout ça’."

Le député critique le manque de financement du budget de la Défense et souhaite davantage de "commandes publiques" pour permettre la survie de l’"industrie d’armement" française. Pierre Lellouche dénonce également le fait que le budget allemand de la Défense sera prochainement supérieur à celui de la France.

Pour appuyer son argumentaire, l’élu critique l’âge avancé des VAB français (véhicule de l’avant blindé, véhicule de transport de troupes, ndlr), qui ont "deux fois l’âge de leurs soldats".

 

23h06 : "Prix du sang" et "forfaiture"

"L’Europe de la Défense n’existe pas, mes chers collègues." Nicolas Dhuicq, l’élu UMP de l’Aube, prend énergiquement la parole et accuse le gouvernement de "vendre un bijou de la nation" à un "concurrent" (l’Allemagne, ndlr) qui ne paie pas le "prix du sang" sur certains théâtres d’opération, comme "l’Irak".

"Il y a des soldats en ce moment qui se font trouer la peau pour que vous soyez assis tranquillement, en paix, à vendre aux Allemands notre industrie de Défense, c’est une forfaiture, une trahison par rapport à la nation !", s’emporte l’élu, ce qui provoque la colère des autres députés.

 

23h26 : Les députés adoptent l’article 47

Les députés adoptent l’article 47 à propos du transfert au secteur privé du capital de la société Groupement industriel des armements terrestres (GIAT). Il permet le rapprochement entre les deux groupes d’armements terrestres français et allemand, Nexter et Krauss-Maffei Wegmann.

 

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 13:56
Nexter Roanne : « le programme Scorpion assure un socle d'activité »

 

09 février 2015 - Aline VINCENT – L’Essor

 

Le 5 décembre dernier, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian annonçait la signature du contrat Scorpion. Il est confié au GME (Groupement momentané d'entreprise) comprenant Nexter Systems, Renault Truck Défense et Thales. Incidences pour le site de Nexter de Roanne. Entretien avec André Marcon, directeur du site.

 

Récemment, des interrogations sur la charge de travail à moyen terme pour le site roannais avaient surgi. Quelles incidences aura pour Roanne le programme Scorpion annoncé le 5 décembre par le ministre de la Défense ?

 

Scorpion assure un socle d'activité à long terme à l'établissement de Roanne. Il porte sur 1 668 véhicules Griffon ou VBMR pour véhicules blindés multirôles, et 248 Jaguar ou EBRC pour Engins blindés de reconnaissance. La cadence moyenne sera de 90 véhicules par an pour le premier et 24 pour le second. La ligne SMS (Structures mécano soudées Ndlr) se développe sur plus de 5 000 m2. La ligne d'intégration occupe 3 000 m2. Le programme s'étalera sur 16 ans. Un impact significatif. Une partie des salariés de notre bureau d'études (160 salariés au total Ndlr) a déjà commencé à travailler dessus, notamment la structure mécano-soudée, l'architecture générale étant bien entendu réalisée en amont. Les premières livraisons interviendront en 2018 pour s'étaler jusqu'en 2033. Le site roannais est chargé de l'ingénierie, la définition des outillages, l'usinage, la protection des surfaces, le montage, l'intégration, en particulier la motorisation et l'électronique … jusqu'aux essais.

 

En attendant que Scorpion soit arrivé en pleine puissance, où en sont les programmes en cours, le VBCI et l'Aravis ?

 

Nous venons juste de livrer le dernier des 630 VBCI. Toutefois, cette activité n'est totalement pas terminée puisqu'une mission démarre sur des évolutions spécifiques portant sur certaines fonctionnalités. On cherche notamment à accroître sa capacité « d'emport » de charges importantes. Nous travaillons également actuellement sur la production de contrats à l'export avec l'Aravis et le Caesar qui vont se dérouler sur 2015 et une partie de 2016.

 

Vous êtes donc assuré d'avoir de la charge de travail pour les 800 salariés que compte le site de Roanne jusqu'en 2033 ?

 

En additionnant ces différents programmes, notre charge est sécurisée pour l'ensemble de l'usine, en 2015. Pour 2016 et 2017, nous espérons répondre à d'autres contrats exports non encore en vigueur à ce jour. On a une grande quantité de prospects sur nos produits pointus, modernes et attractifs. C'est le cas par exemple de l'Aravis 4X4, du Titus en 6X6 et du VBCI en 8X8 ou encore de l'artillerie Caesar 155 mm... Des prospects viennent régulièrement visiter notre site. Le programme Scorpion va représenter un tiers de l'activité de l'usine. L'impact sera de l'ordre de 250 emplois. D'autres contrats de moindre ampleur viendront compléter l'activité, la révision générale approfondie du char Leclerc en fait partie. Nous assurons aussi une importante activité d'assistance et de soutien pour nos clients. Ce SAV comprend la gestion et la livraison de pièces de rechange et des missions d'assistance et d'entretien de parcs de véhicules chez le client. Le tout concerne environ 200 personnes. En cas de sous-charge également sur l'établissement, nous ne serions pas sans solution. Nous pourrions faire appel à l'adaptabilité du personnel entre ces différentes missions. L'important et constant effort de formation de Nexter, qui va bien au-delà des obligations légales, nous offre cet atout. Chez Nexter, la gestion prévisionnelle des compétences est un axe fort, un véritable outil de pilotage et d'échange avec nos partenaires sociaux.

 

Scorpion ?

 

Nexter Roanne : « le programme Scorpion assure un socle d'activité »

Le GME (Groupement momentané d'entreprises) Scorpion comprend Nexter Systems, Renault Truck Défense et Thales Le GME est basé à Satory, siège de Nexter Systems. Les deux véhicules commandés sont le VBMR et L'EBRC. Le véhicule blindé multirôles baptisé Griffon, remplacera le VAB. Véhicule 6X6 de transport de troupes (24,5 t avec moteur 400 CV).Il sera décliné en plusieurs variantes en fonction des missions (génie, poste de commandement, artillerie...) et doté d'un tourelleau. L'EBRC, engin blindé de reconnaissance et de combat, appelé Jaguar, remplacera l'AMX 10 RC, l'ERC 90 Sagaie et l'AMX 10 HOT. Véhicule 6X6 de 25 t avec moteur de 490 CV, il sera le char léger de l'armée de terre (puissance de feu, protection et mobilité). La tourelle intégrera deux hommes. Il mettra en œuvre le tout nouveau calibre de 40 mm CTA très innovant et compact.

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 18:20
Armement : la coopération franco-canadienne au point mort

DCNS espère toujours que le Canada choisisse sa frégate multi-missions Fremm dans le cadre d’une programme d’achat d’une quinzaine de navires de combats de surface. photo DCNS
 

04/02 Alain Ruello / Chef de service adjoint – LesEchos.fr

 

Paris et Ottawa ont signé ce mercredi un accord de coopération militaire bilatéral très large. Mais les espoirs des industriels français de l’armement de prendre pied au Canada sont minces.

 

« Il y a eu beaucoup de coopération en matière d’armement dans le passé et j’espère que cela va continuer ». S’exprimant ce mercredi en présence de Jean-Yves Le Drian à l’occasion de la signature d’un accord instituant un conseil franco-canadien de coopération militaire, Robert Douglas Nicholson, ministre de la Défense du Canada, a - comme il se doit - salué la qualité de la relation entre Paris et Ottawa. Sur le terrain, il est indéniable que les deux armées s’épaulent souvent, comme on l’a vu au Mali. En matière industrielle en revanche, c’est le calme absolu.

Les chiffres, tels qu’ils ressortent du dernier rapport au Parlement sur les exportations, parlent d’eux-mêmes. De 2009 à 2013, les prises de commandes de matériels français ont à peine atteint 45 millions d’euros. Sur la même période, les livraisons ressortent à 105 millions. Autrement dit, le marché canadien de l’armement est quasiment fermé aux industriels tricolores.

Nexter en sait quelque chose. Le champion de l’armement terrestre a dépensé plusieurs millions d’euros dans une campagne commerciale pour placer son blindé d’infanterie VBCI. En pure perte : bien que la rumeur le donnait gagnant à l’issue de l’appel d’offres, Ottawa a brutalement annulé la procédure , provoquant la colère de l’industriel français.

 

Renault Trucks dans l’attente

 

DCNS, de son côté, espère toujours rafler la mise avec ses frégates multi-missions Fremm. Et quelle mise ! Le Canada caresse le projet d’acheter une quinzaine de navires de combats de surface, même si l’histoire montre qu’entre les ambitions initiales et la réalité, il y a souvent un océan.

Ottawa vient de prendre une décision qui pourrait signifier la fin de la partie : de manière discrète, le chantier naval Irving de Halifax a été désigné comme maître d’oeuvre industriel pour l’ensemble de ce projet . A priori rien d’anormal, sauf qu’Irving cultive des liens très étroits avec Lockheed Martin... Chez DCNS, on continue d’y croire, mettant en avant le fait que la Fremm est un navire en cours de construction et qui correspond parfaitement aux besoins de la marine canadienne. Sous-entendu, Irving ne prendrait aucun risque à choisir la Fremm. On verra.

Chez Dassault en revanche on a sans doute abandonné tout espoir - si tant est qu’ils aient été très forts - de vendre le Rafale . Malgré le coût exorbitant de l’appareil, il est fort probable que le Canada en restera à son choix initial, à savoir le F-35 de Lockheed Martin.

Dans ce contexte de très forte dépendance du Canada vis-à-vis de l’Oncle Sam, tout n’est peut-être pas perdu puisque Renault Trucks Defense seraient bien placé sur un très gros appel d’offre portant sur 1.500 camions, selon nos informations.

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 17:45
photo Armée de Terre

photo Armée de Terre

 

28 January 2015 by defenceWeb

 

The French army has deployed 16 VBCI wheeled armoured vehicles to support its forces in the Central African Republic (CAR), where it says the vehicle is proving highly effective for asymmetric operations.

 

The VBCI brings together in one vehicle all the characteristics required in Central Africa: mobility, speed, protection, observation and fire support, the French Army said.

 

Alongside the short-range DRAC unmanned aerial vehicle used for reconnaissance and the Tiger combat helicopter, whose HAD version is gradually entering the theatre of operations, the VBCI armoured infantry fighting vehicle strengthens the Sangaris force and in turn the multinational Minusca force.

 

Since its introduction into the Central African theatre of operations in early August 2014, the VBCI has continued to improve and to demonstrate its capabilities, both for deterrent effect and for command and support roles, according to the French Army.

 

"The deployment of VBCI in the area was accompanied by the return of calm…and the lowering of inter-communal tensions," said Captain Christophe, commander of the GTIA sub group Korrigan, which operates the VBCI in the city of Dekoa, 190 km north of Bangui.

 

Thanks to its armour protection, this latest-generation vehicle is able to cope with different kinds of threats, ranging from simple stones to grenades. Its imposing size and firepower has earned it the nickname of "fire bull" by the Central African population.

 

Approximately 2 000 French soldiers are currently deployed in Operation Sangaris alongside 8 500 Minusca personnel. Launched on December 5, 2013, Operation Sangaris aims to restore a minimum level of security in the Central African Republic and to accompany the establishment of the UN mission.

 

The Nexter Systems VBCI (Vehicule Blinde de Combat d’Infanterie – Armoured Infantry Combat Vehicle) entered service with the French Army in 2008 and has been deployed to Afghanistan, Lebanon and Mali. Several hundred have been delivered to the French military where they are replacing the tracked AMX-10P.

 

The VBCI features modular steel and titanium armour fitted to an aluminium hull. Its 8x8 configuration is designed for high mobility, giving a top speed of 100 km/h via a 410 kW diesel engine. Weapons options include a 25 mm cannon or 7.62 mm machinegun. Two crew are carried in addition to nine troops.

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 18:50
Nexter et KMW croient à NewCo et " une véritable Europe de la Défense "


26.01.2015 Par Olivier Berger, grand reporter à La Voix du Nord.  - Défense Globale

Le rapprochement entre le Français d'Etat, Nexter, et l'Allemand familial, Krauss-Maffei Wegmann, doit aboutir cette année à un leader européen de l'industrie de défense européenne. La nouvelle société, NewCo (nom pas encore définitif) sera détenue à 50 % exactement entre les deux partenaires qui s'imaginent capables d'aller concurrencer les deux géants mondiaux du terrestre, General Dynamics et BAE Systems. Les deux PdG, le Français Philippe Burtin, et l'Allemand Frank Haun, étaient en audition devant la commission de la Défense et des Forces armées de l'Assemblée nationale le 14 janvier.

" L’élan qui anime nos deux actionnaires et nos deux groupes est celui de la construction de l’Europe de la Défense ", n'hésite pas à lancer Philippe Burtin.

 

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 17:50
Nexter/Krauss-Maffei : un rapprochement à n'importe quel prix ?

"Dans cinq ans, nous aurons avancé dans le processus de développement d'un nouveau char lourd - qu'il s'appelle Léopard 3, Leléo ou Léoclerc, peu importe" (Frank Haun, PDG de Krauss-Maffei Wegmann (Crédits : Krauss-Maffei Wegmann)

 

25/01/2015 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Krauss-Maffei Wegmann devra payer une soulte à l'Etat français pour détenir le co-contrôle de la future société commune franco-allemande. Pour favoriser ce rapprochement, Paris cherche à en diminuer le montant.

 

Lors de leur audition le 14 janvier dernier à l'Assemblée nationale, les PDG de Nexter et de Krauss-Maffei Wegmann (KMW) en cours de rapprochement, Philippe Burtin et Frank Haun, ont qualifié le versement par KMW d'une soulte de 500 millions d'euros pour obtenir le co-contrôle de la future société commune (50-50) d'une "rumeur qui ne se fonde sur rien de concret". Pour autant, "La Tribune" confirme que l'Agence des participations de l'Etat (APE) a été tentée en fin d'année dernière de demander aux 27 actionnaires familiaux de KMW de verser une telle soulte en raison d'une nette différence de valorisation entre les deux entreprises : 1,5 milliard pour KMW et 2 milliards pour Nexter.

 

Une volonté politique de diminuer le montant de la soulte

Aujourd'hui tout est mis en oeuvre en France pour diminuer, selon des sources concordantes, le montant de la soulte qui devra être versée par KMW à l'Etat français. Très créatives, les banques d'affaires y travaillent sous l'oeil bienveillant de Paris, qui ne veut toutefois pas altérer la valeur de Nexter. D'autant que le groupe public a réalisé en 2014 une bonne année avec un chiffre d'affaire en nette hausse à 1,04 milliard d'euros (contre 787 millions en 2013), dont 53 % à l'exportation, et 1,2 milliard de prises de commandes, selon les chiffres évoqués par Philippe Burtin. De son côté, KMW a réalisé un chiffre d'affaires de 750 millions d'euros et a engrangé plus de 1 milliard de prises de commandes.

En outre, le groupe d'armement public a profité dans le passé sur des programmes nationaux de marges allant jusqu'à 20 % et surtout a été recapitalisé à hauteur de 4,6 milliards d'euros au début des années 2000. Mais depuis 2006, Nexter a versé un milliard d'euros de dividendes à l'Etat, comme l'a rappelé Philippe Burtin lors de l'audition.

Une source proche du dossier confirme que KMW devra verser une soulte pouvant se monter à "plusieurs dizaines de millions" et que les Allemands en seraient d'accord. "Le dossier avance", a-t-elle même expliqué à La Tribune.

Ce qu'a confirmé Philippe Burtin : "Si les méthodes retenues par chaque société pour ce travail de prospective ont pu différer un temps, nous travaillons à leur rapprochement, et un échange de lettres datant du début du mois de décembre 2014 a marqué une convergence en ce sens".

 

La question des exportations préoccupe

Au-delà de la soulte, Frank Haun s'est attaché à rassurer les députés sur la question de l'exportation en Allemagne. "Les choses commencent à bouger en Allemagne, a-t-il affirmé. Ainsi, lorsque KMW a entamé des discussions avec le nouveau gouvernement allemand, il apparaissait qu'il y avait des réserves sur le projet KANT et sur les exportations. (...) En ce qui concerne la réglementation applicable aux exportations d'armements, je suis confiant dans nos chances d'aboutir à un accord, même si le compromis qui sera trouvé ne sera pas nécessairement à la hauteur de nos espérances de départ". Un compromis qui devrait intervenir avant la fin des négociations sur KANT prévues en avril.

Il a toutefois précisé que "si, dans le futur, l'on arrive à une solution aux termes de laquelle le contrôle de l'exportation d'un matériel conçu en commun relèvera du gouvernement français dès lors que la part allemande dans leur développement n'excédera pas 20%, cela signifie que la probabilité est forte que nous développions nos produits à 80% en France, alors que je souhaite rester à parité". Une solution qui devrait faire bondir outre-Rhin, politique et syndicats.

D'autant que Frank Haun a rappelé que le Qatar et Singapour sont actuellement les principaux clients export de KMW. Toutefois, il s'agit de contrats signés avant la mise en place de la coalition en Allemagne en novembre 2013 et non après...C'est ce qui fait toute la différence entre le contrat qatari qui est exécuté et le prospect saoudien (800 chars Leopard 2A7), qui est lui bloqué. Selon le PDG de KMW, la part d'exportation se situe depuis 15 ans entre 40% et 80% de son activité.

 

Un futur char lourd franco-allemand en commun

Pour l'heure, et en dépit des négociations pour se rapprocher, Nexter et KMW se livrent à une féroce concurrence sur les marchés export. Frank Haun en convient : "vous vous demandez peut-être pourquoi KMW n'achète pas d'ores et déjà des armes et des munitions à Nexter. La réponse est simple : parce que pour l'heure, nous sommes concurrents. Or, on ne se fournit pas auprès d'un concurrent. Mais dès lors que nous ne serons plus concurrents mais partenaires, KMW se fournira auprès de Nexter".

Les deux entreprises préparent plusieurs projets en commun de nouveaux matériels. "Le plus important, c'est la prochaine génération de chars lourds, a expliqué Frank Haun. Dans cinq ans, nous aurons avancé dans le processus de développement d'un nouveau char lourd - qu'il s'appelle Léopard 3, Leléo ou Léoclerc, peu importe : il sera développé en commun, et pourra commencer à équiper nos forces à l'horizon 2025-2030 pour remplacer les chars Leclerc et Léopard 2 dont la base technologique commence à dater. Renouveler ces matériels est indispensable : d'ailleurs, les Russes ne s'y trompent pas, et leurs travaux de développement en la matière avancent à plein régime. Pour ce faire, Nexter possède des technologies très intéressantes pour KMW, et vice-versa".

Pour l'heure, Nexter a laissé le champ libre à KMW sur le marché des chars lourds. Aujourd'hui le constructeur allemand est le seul producteur dans le monde occidental de chars lourds de combat modernes. Ainsi, 18 États ont acheté le Léopard 2. En outre, KMW développe et fabrique actuellement avec son partenaire allemand Rheinmetall "son petit frère, le Puma, que nous sommes en train de livrer à l'armée allemande, a expliqué Frank Haun. Cet engin est à la pointe de la technologie, en matière de protection, de mobilité et de résistance au feu".

 

De nouveaux produits en commun

Au-delà d'un char lourd, Frank Haun est "convaincu" que si le projet KANT se réalise, "nous aurons des véhicules communs, ce qui renforcera l'efficacité de nos forces armées, lorsqu'elles interviendront ensembles sur des théâtres d'opérations, et cela permettra d'économiser l'argent du contribuable".  Au-delà du char lourd, Frank Haun souhaite se développer dans trois secteurs qui lui "semblent particulièrement prometteurs" : l'artillerie entièrement automatisée, les munitions intelligentes et les armements lasers. "Autant de domaines dans lesquels les Américains ont du souci à se faire !".

Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui où les deux entreprises ont une gamme de véhicules en concurrence. Le véhicule à roues, le Dingo, qui est produit à plus de 1.000 exemplaires et est désormais utilisé par six pays, concurrence l'Aravis. Enfin, le véhicule Boxer à huit roues, le rival du VBCI est, selon le PDG de KMW, "aujourd'hui un véhicule très performant". Enfin, KMW est fabrique aussi des systèmes d'artillerie, comme l'obusier, le PZH 2000, "dont la performance dépasse largement celle de la concurrence, y compris américaine". Selon Philippe Burtin, "le VCBI a peut-être un avantage sur le Boxer, comme, à l'inverse, le Dingo en a peut-être un sur l'Aravis". En revanche, Frank Haun s'est bien gardé de juger les produits en question.

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 11:55
Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)


14 janvier 2015 Commission de la défense nationale et des forces armées  - Compte rendu n° 30

 

Mme la présidente Patricia Adam. Notre assemblée examinera bientôt en séance publique le projet de loi pour la croissance et l’activité, dit projet de loi « Macron », qui comporte un article tendant à autoriser la privatisation de GIAT Industries et de ses filiales, dont Nexter. Je remercie M. Philippe Burtin, président-directeur-général de Nexter et tout particulièrement M. Frank Haun, président-directeur-général de Krauss-Maffei Wegmann qui nous fait l’honneur d’être auditionné pour la première fois par la commission de la Défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale. Rappelons que plusieurs de nos collègues, MM. Jean-Jacques Bridey, Yves Fromion, Christophe Guilloteau et Gwendal Rouillard se sont rendus récemment au siège de Krauss-Maffei Wegmann à Munich.

 

M. Philippe Burtin, président-directeur-général de Nexter. Nous sommes très honorés de cette opportunité de pouvoir vous exposer le projet de rapprochement entre nos deux groupes, que nous avons dénommé « KANT » (KMW And Nexter Together). Je commencerai par exposer les fondements stratégiques, les objectifs et les présupposés qui font figurer l’inscription de l’entreprise GIAT sur la liste des entreprises privatisables dans le projet de loi pour la croissance et l’activité, sachant que nos deux entreprises sont leaders dans les métiers de l’armement terrestre.

 

M. Frank Haun, président-directeur-général de Krauss-Maffei Wegmann. Je souhaiterais tout d’abord vous exprimer toute ma sympathie et ma compassion à la suite des événements tragiques qui ont touché la France la semaine dernière. Je me suis recueilli mercredi dernier devant l’ambassade de France à Berlin avec de nombreux Allemands et je voudrais vous dire aujourd’hui : « je suis Charlie ». (Applaudissements).

Nous sommes réunis pour aborder un aspect structurant du renforcement de la relation franco-allemande. Je m’abstiendrai de parler en français ; il en va en effet de votre langue comme de mon épouse : je l’aime, mais je ne la comprends pas !

L’origine de l’entreprise Krauss-Maffei Wegmann remonte à plus de 175 ans ; elle fabriquait à l’époque des locomotives. Elle existe depuis 1999 sous sa forme actuelle et est devenue un acteur incontournable du secteur de l’armement. Plusieurs raisons expliquent sa réussite. En premier lieu, il s’agit d’une entreprise familiale. Nos actionnaires et propriétaires ont un grand respect de la tradition, planifient leurs actions de façon cohérente et ne tiennent pas compte de l’humeur des marchés. Ils auraient pu déjà vendre KMW à plusieurs reprises, mais ce sont des entrepreneurs et ils ont un sentiment de responsabilité envers leurs héritiers et leurs collaborateurs.

Pour nous, l’important est le temps long, qui se compte en décennies et non en trimestres. En 2014, avec nos 3 200 collaborateurs, nous avons enregistré plus d’un milliard d’euros de prises de commandes et réalisé un chiffre d’affaires d’environ sept cent cinquante millions d’euros. Notre carnet de commandes est florissant, comme il ne l’avait jamais été. Nous nous concentrons sur ce que nous savons faire et sur ce que nous entendons de nos clients. En particulier, je me rends personnellement sur les théâtres d’opérations – je suis allé par exemple en Afghanistan -, où j’ai parlé avec nos soldats et d’où je suis revenu avec des propositions d’amélioration. Nous aidons nos forces dans leurs missions, à définir leurs besoins et nous veillons à apporter des réponses rapides avec des circuits décisionnels courts. Nous parlons peu et agissons rapidement, nous sommes adaptables et faisons des produits sur mesure.

Dans le monde occidental, nous sommes ainsi les seuls producteurs de chars lourds de combat modernes : 18 États ont ainsi acheté notre char Léopard 2. Nous développons et fabriquons actuellement avec un partenaire allemand son petit frère, le Puma, que nous sommes en train de livrer à l’armée allemande. Cet engin est à la pointe de la technologie, en matière de protection, de mobilité et de résistance au feu. Notre véhicule à roues, le Dingo, produit à plus de 1 000 exemplaires, est désormais utilisé par six pays dont aucun n’a eu à déplorer jusqu’ici de mort en opération parmi ses utilisateurs. Enfin, le véhicule Boxer à huit roues, qui était à l’origine une initiative franco-germano-anglaise et qui n’a pas pu être menée à son terme, est aujourd’hui un véhicule très performant. Je suis convaincu, si nous réalisons le projet KANT, qu’à l’avenir nous aurons des véhicules communs, ce qui renforcera l’efficacité de nos forces armées, lorsqu’elles interviendront ensembles sur des théâtres d’opérations, et cela permettra d’économiser l’argent du contribuable. Nous sommes aussi présents sur d’autres segments terrestres, puisque nous fabriquons également des systèmes d’artillerie, comme notre obusier, le PZH 2000, dont la performance dépasse largement celle de la concurrence, y compris américaine, ainsi que des ponts tactiques et logistiques. Par ailleurs, nous sommes leaders sur le secteur de la formation et de la simulation, et nous assurons le service et l’entretien sur le terrain en Afghanistan, au Soudan du Sud et en ex-Yougoslavie. Nous sommes par ailleurs le partenaire exclusif de Daimler pour les véhicules lourds dans le cadre de l’OTAN, avec une présence dans plus de 40 pays, des filiales au Brésil, au Mexique, en Grèce, aux Pays-Bas, à Singapour et aux États-Unis. Notre part d’exportation se situe depuis 15 ans entre 40 et 80 % de notre activité.

 

M. Philippe Burtin. Nexter vous est certainement connu. Je rappelle que nous l’avons créé en 2006 en tant que filiale à 100 % de GIAT Industries. Cette dernière société, depuis cette année-là, est notre société holding, elle-même détenue à 100 % par l’État ; elle agit aussi en tant que défaisance puisque nous y avons laissé les sites que notre redimensionnement des années 2000 nous avait conduit à désactiver.

Leader sur le marché français du matériel d’armement terrestre, Nexter a réalisé 1,04 milliard d’euros de chiffre d’affaires dont 53 % à l’exportation et 1,237 milliard d’euros de prises de commandes avec 56 % à l’exportation. Nexter est organisé en trois pôles : le pôle Systèmes qui produit l’artillerie, les armements embarqués, les chars de combat lourds et légers, les engins blindés, les robots, mais aussi la numérisation des matériels. Le pôle Munitions n’inclut depuis 1998 que les munitions de moyen calibre pour les tourelles et tourelleaux, pods ou canons terrestres, navals ou aériens et de gros calibre pour les armes des chars et l’artillerie. Enfin le pôle Équipements rassemble cinq PME qui sont, chacune, centrées sur un couple produit / marché spécifique : l’optique, la protection et la détection NBC, l’électronique, la mécanique et les shelters.

Au 31 décembre 2014, Nexter comptait 3 300 employés répartis sur 10 sites en France, deux sites en Europe issus du rachat l’an dernier de deux sociétés munitionnaires (l’une en Belgique et l’autre en Italie), des succursales à Ryad et Abou Dhabi, ainsi que trois filiales de commercialisation, en Inde, en Espagne et au Canada. Depuis 2006, Nexter est continûment profitable et a versé un milliard de dividendes à l’État tout en continuant à investir environ 25 millions d’euros par an et à consentir un effort très significatif en recherche et développement (R & D), à hauteur de 18 % environ du chiffre d’affaires. Il est à noter que le sous-groupe SNPE/EURENCO, racheté à l’État par GIAT Industries en décembre 2013, n’est pas concerné par le projet KANT. Dans l’immédiat, les équipes y développent le projet de refondation, essentiel pour assurer dès que possible un équilibre pérenne aux plans commercial, économique et social.

Après cette présentation rapide des deux entreprises, il convient de préciser les raisons de ce projet stratégique qu’est KANT. Je voudrais décrire rapidement le marché de la défense terrestre pour vous permettre de partager ce qui en est le trait essentiel, c’est-à-dire celui d’une compétition intense. Les marchés du terrestre ont beaucoup changé depuis une vingtaine d’années. Les marchés occidentaux sont stables ou en baisse marquée, sous la contrainte budgétaire et, petit à petit, le mouvement d’ouverture de ces marchés s’installe, par exemple avec les deux directives du « Paquet Défense », transposées en 2011 en France.

Les marchés à l’exportation sont actifs, dans un contexte où les menaces n’ont pas faibli. Ces marchés sont très compétitifs et exigent des compensations, dans des proportions allant jusqu’à 100 % de la valeur du contrat et, comme pour tous les marchés de défense, les décisions y restent aléatoires et les processus de choix sont longs. Dans ce cadre, l’industrie de défense terrestre européenne reste fragmentée avec plus d’une dizaine d’acteurs pour les systèmes, tout comme une autre dizaine pour les munitions. Dans ce marché, deux leaders transatlantiques sont dominants : General Dynamics et BAE Systems qui développent une activité de quatre à six milliards d’euros, tandis qu’aucun leader européen n’a émergé. Seuls les Français et les Allemands dépassent le milliard d’euros.

Sur les marchés export, mais maintenant aussi en Europe, les industriels émergents sont agressifs. Ils sont portés par la croissance de leurs propres marchés, comme en Turquie, en Israël, en Afrique du Sud, en Corée, et maintenant en Inde. Ces industriels progressent au plan technologique et, en ce sens, les offsets les y ont aidés, sans nul doute.

Dans un tel contexte de compétition, vous pouvez facilement comprendre que les prix sont tirés vers le bas, puisque l’offre est abondante. Les industriels doivent donc être présents sur tous les marchés, avec un investissement commercial très important pour chaque affaire, et développer en parallèle des produits innovants et différenciants, tout en restant compétitifs. C’est donc une problématique d’assise financière élargie, de taille, qui se pose d’ores et déjà aux acteurs du terrestre européens, pour faire face à cette compétition très agressive.

La taille est indispensable pour dégager les ressources financières nécessaires à la R&D et à l’action commerciale. Elle permet aussi de mutualiser les compétences et les capacités industrielles et d’achat, tout en disposant d’une palette d’activité qui compense les cycles ou les aléas commerciaux d’un segment à l’autre.

La croissance externe est donc un impératif. Les acquisitions de sociétés tierces sont affaires d’opportunités : ainsi en a-t-il été en 2014 pour Nexter avec Mecar et Simmel, et en 2012 pour KMW avec WFEL. Quand il s’agit de mouvements stratégiques, la logique est autre : elle ne peut être que fondée sur le partenariat. En effet, il ne peut être question de domination transfrontière dans nos industries de souveraineté. Les États y veillent puisque chaque législation européenne dispose de mécanismes de contrôle et de limitation des investissements étrangers dans les industries de défense.

Une question a été posée sur le timing de notre rapprochement : pourquoi maintenant, nous a-t-on demandé ? La réponse est simple : les deux groupes, Nexter et KMW sont en bonne santé et prêts industriellement pour un tel rapprochement, qui peut donc être construit sans pression. De plus, et ceci est important, au plan stratégique, alors que la consolidation du marché est à peine commencée, il est certain que les premiers qui font mouvement, vont construire le paysage concurrentiel autour d’eux : les premiers ont une prime stratégique.

Dans ce contexte, les deux groupes KMW et Nexter ont recherché, chacun de leur côté, une alliance dans leur métier. Nos deux groupes se définissent en tant que « systémier de défense terrestre ». Ce métier est fondé sur la bonne connaissance des besoins des utilisateurs et sur la capacité d’architecte système. Il est aussi celui de concepteur, tout autant que de sélecteur, de briques technologiques essentielles, afin de concevoir un matériel qui sera en parfaite adéquation avec le besoin des forces.

Ceci permet de comprendre que, pour un systémier, une alliance verticale avec un fournisseur de composants ou de sous-systèmes n’est pas l’objectif principal ! Si, par exemple, l’offre de mobilité est abondante – et c’est le cas – une alliance avec un fournisseur conduirait en effet à restreindre le choix du systémier dans ce domaine, celui-ci devenant de facto distributeur de la « solution maison », dans certains cas au détriment de la performance demandée par l’utilisateur final qui souhaite l’adéquation à son besoin.

L’appartenance à un groupe de défense multimétiers a été présentée aussi comme une solution pour nos sociétés. Certes, une telle appartenance est porteuse de bénéfices pour les membres d’un tel groupe : moyens financiers, réseau commercial parfois planétaire… mais en même temps, la seule appartenance à un tel groupe n’élargit pas en soi le portefeuille de compétences métiers dans le terrestre ou le portefeuille produits. En clair, en tant que telle, elle n’apporte pas ou peu d’économie d’échelle dans le métier du terrestre.

Dans ce cadre, et chacun dans sa propre démarche, Nexter, tout comme KMW, a donc recherché une alliance avec un partenaire exerçant le même métier de systémier de défense terrestre.

Ces démarches se sont inscrites dans le cadre des politiques générales des deux pays puisque, en France, le Livre Blanc de 2013 énonce : « L’État veillera à préserver les pôles d’excellence qui existent en France tout en facilitant des consolidations européennes, dès lors que la logique économique et la logique stratégique se conjuguent. Dans ce contexte, l’État utilisera tous les moyens dont il dispose, comme actionnaire, comme client et comme prescripteur pour faciliter les évolutions nécessaires ». (Page 129)

Pour ce qui est de l’Allemagne, l’accord sur la grande coalition du 27 novembre 2013 écrit : « Nous misons sur une coopération européenne et euroatlantique renforcée en matière d’armement, coopération mettant en œuvre des projets d’équipement et d’approvisionnement communs concrets répondant aux mêmes standards pour toutes les nations ». (Page 124)

 

M. Frank Haun. Vous venez de citer l’accord de coalition, qui montre bien que le Gouvernement allemand nous appuie.

J’en reviens au projet KANT, pourquoi maintenant ? J’ai envie d’ajouter si pas maintenant, quand ? En Europe, notre situation en matière de politique étrangère et de sécurité intérieure s’est, en très peu de temps, radicalement modifiée, et nous ne pouvons pas continuer comme cela. L’Europe et l’OTAN n’ont pas seulement un nombre important de menaces militaires à leurs frontières ; défense de nos territoires et de ceux de nos alliés, protection des routes maritimes mondiales, opérations extérieures –toutes ces tâches mettent déjà fortement à contribution les capacités de nos forces armées. Cela nous oblige notamment à continuer à travailler sur des scénarios de combats dans des conflits asymétriques, mais aussi de lutte symétrique, dans un cadre multinational – la crise ukrainienne nous a récemment montré qu’une situation peut dégénérer rapidement. Quelle est notre capacité de dissuader des agresseurs potentiels ? Disposons-nous d’assez de véhicules blindés, ne serait-ce par exemple que pour défendre Berlin ?

Il est attendu de l’Europe plus que d’être simplement une communauté de valeurs, mais les moyens avec lesquels nous pouvons faire face aux menaces sont des moyens nationaux et le résultat de processus nationaux.

J’en veux pour preuve l’exemple de l’Afghanistan, où la logistique était multipliée par le nombre de contingents nationaux participant à l’opération. On pouvait ainsi retrouver sur ce théâtre quatre ou cinq véhicules logistiques identiques – par exemple belges, allemands ou canadiens. Les moyens dont nous disposons la multiplicité des systèmes d’armes en Europe, nuisent à nos intérêts communs, menacent nos soldats sur les théâtres d’opération et coûtent très cher aux contribuables européens. Si nous sommes là ce matin, c’est parce que nous devons nous décider maintenant pour plus d’Europe aussi dans le secteur de la défense. Il y a des décisions importantes à prendre en matière d’armement car il s’agit de l’avenir de nos enfants. Ne repoussons donc pas les responsabilités qui sont les nôtres.

Le projet KANT a déclenché en Allemagne un débat public sur les technologies de souveraineté en matière de défense. Certains échanges entre députés allemands ont d’ailleurs été très vifs sur ce sujet. En Allemagne, nous avons une volonté de consolidation industrielle dans le secteur de l’armement terrestre. Mais pour autant, nous ne voulons pas d’une consolidation entre sociétés qui n’ont pas le même métier : c’est un peu comme si KMW envisageait une consolidation avec Valeo, équipementier automobile : ce serait une erreur. Compte tenu de la structure du marché, elle serait coûteuse en termes d’emplois et n’apporterait pas à KMW de nouvelles technologies ou de nouveaux marchés. En tout état de cause, ce ne serait pas une réponse du défi de l’interopérabilité auquel l’Europe est confrontée aujourd’hui ; KMW ne s’engagera donc pas dans cette voie-là. Nous ne voulons nous engager que dans une voie qui nous conduise à une véritable Europe de la défense.

KANT est une union d’égaux. La France et l’Allemagne pourront alors adresser à leur systémier national commun des demandes coordonnées pour des produits et solutions. C’est ainsi que nous parviendrons à des systèmes communs moins chers et à plus d’interopérabilité entre nos forces armées. Nous deviendrons en même temps plus attrayants pour les autres clients dans le marché européen et formerons ainsi le noyau pour une consolidation européenne élargie, à plus long terme. C’est une décision qu’il faut prendre aujourd’hui, pas dans cinq ou dix ans.

 

M. Philippe Burtin. Le mot qui convient en effet pour notre projet, est celui de rapprochement et non de fusion. Le vecteur de ce rapprochement sera une nouvelle société que nous appelons NewCo pour le moment ; elle sera la société de tête, la holding du nouveau groupe. Le jour du « closing », 100 % des actions de la société Nexter Systems, société de tête du groupe Nexter, et 100 % des actions de KMW, société de tête du groupe allemand, seront apportés par leurs actionnaires respectifs à cette NewCo. Les actionnaires recevront en contrepartie 50 % exactement du capital de NewCo. L’État français détiendra donc via GIAT Industries, tout comme la famille Wegmann, 50 % du nouveau groupe, en stricte parité, cette société NewCo elle-même détenant tout le groupe Nexter et tout le groupe KMW.

Le schéma de rapprochement permet à chacun de Nexter et de KMW, de conserver son autonomie juridique et son propre siège social. Les organisations, les équipes de management ne seront donc pas changées le jour du rapprochement. De même, les deux marques sont conservées. Ceci démontre aisément que le schéma permet à la fois de construire le futur d’un groupe intégré, tout en maintenant dans chaque pays un potentiel industriel ayant une certaine autonomie, apte en tout cas à assurer la nécessaire indépendance d’approvisionnement des forces des deux pays. Au plan industriel, les accords noués par chaque groupe avec une ou des entreprises pour un programme national, par exemple Scorpion avec RTD et Thales en France ou le Puma avec Rheinmetall en Allemagne, resteront inchangés. De même, les bases de fournisseurs seront préservées. Ce schéma de rapprochement est aussi ouvert à l’entrée, soit d’une nouvelle entité opérationnelle, soit d’un nouvel actionnaire.

Concernant la gouvernance du nouveau groupe, les actionnaires, c’est-à-dire la famille Wegmann et l’État français/GIAT Industries, seront liés par un pacte d’actionnaires. Celui-ci organisera le groupe en deux niveaux de pilotage :

– un conseil de surveillance, qui aura un rôle d’orientation et de contrôle, sans pouvoir exécutif ; il sera composé de sept membres, dont trois indépendants. Certaines décisions, dont la liste est déjà établie, devront être prises à l’unanimité par le conseil de surveillance ;

– un directoire, qui sera l’organe de direction opérationnelle du nouveau groupe, composé en première étape des présidents de Nexter et de KMW.

Les gouvernances du groupe Nexter et du groupe KMW ne seront pas modifiées ; cependant, des administrateurs du groupe KMW entreront au conseil de Nexter Systems et vice versa.

La société commune sera donc en charge de conduire le groupe et sa transformation vers un groupe intégré. Plus précisément, NewCo sera en charge :

– des missions habituelles d’une société de tête : stratégie, fixation des objectifs, reporting, financement, communication ;

– mais aussi du marketing et des ventes à l’international ;

– et de coordonner la R&D, la production, les achats à des fins d’optimisation.

Au sujet de l’État actionnaire, je veux commencer en soulignant que la présence de l’État français au capital de NewCo n’a jamais été contestée par notre partenaire allemand. Au contraire, et Frank Haun le confirmera, la présence de l’État est conçue comme le gage d’une vision industrielle de long terme. L’État français détient aujourd’hui 100 % du Groupe Nexter au travers de GIAT Industries. Le rapprochement conduira l’État français à détenir 50 % exactement du nouveau groupe, et donc au niveau inférieur à NewCo, à détenir 50 % de Nexter Systems, tout autant que 50 % de KMW. Ce passage à 50 % de détention indirecte est analysé, en droit, comme une « perte de contrôle » de Nexter, même si, dans les faits, l’État reste en situation de co-contrôle.

Il est donc clair que le rapprochement de Nexter et de KMW, fondé sur la règle du 50/50, conduit de facto à initier un processus de privatisation du groupe, sans lequel le schéma n’est en effet lui-même pas possible. C’est en ce sens que la représentation nationale est aujourd’hui consultée, au titre de l’article 47 du projet de loi pour la croissance et l’activité. Cette inscription concerne GIAT Industries, maison mère de Nexter Systems, selon la pratique usuelle dans de telles situations. J’insiste sur le fait que ceci ne signifie pas que NewCo ou ses deux entités opérationnelles seraient mises en bourse ! Tel n’est pas le cas et, d’ailleurs, les actionnaires se sont engagés à garder leurs actions, toutes leurs actions, pendant une période de cinq années après le « closing ». L’État français reste donc actionnaire du nouveau groupe, dont il est en situation de co-contrôle ; comme cela a été dit, les décisions majeures seront prises, par exemple, à l’unanimité.

D’autre part, le futur actionnaire et partenaire allemand a accepté le principe d’une action spécifique (Golden Share) qui donne à l’État français certaines prérogatives au niveau de Nexter Systems. En ce sens, l’article 44 du projet de loi pour la croissance et l’activité est important aussi pour le projet KANT. À ce titre, une action de Nexter Systems sera cédée par GIAT Industries à l’État et transformée en « action spécifique ». Le périmètre de celle-ci recouvrira les activités armes et munitions, en France. Cette action spécifique permet à l’État d’avoir un droit de veto, tel que défini par la loi, en cas de projet de cession ou en cas de changement de contrôle desdites activités. De plus, une revue des actifs stratégiques sera menée une fois par an et un processus spécifique particulier s’appliquera en cas de difficulté majeure rencontrée par ces dites activités.

Enfin, je voudrais vous confirmer que ce schéma d’organisation choisi pour notre rapprochement, qui s’opère « par le haut » et qui ne change pas, dans cette phase, l’organisation des deux groupes, n’entraîne en parallèle aucune modification au plan social. Les contrats de travail, les accords collectifs, les « avantages sociaux » sont inchangés. En France, le droit social applicable reste bien sûr le droit français qui continue de régir les contrats de travail et les relations sociales. Et ceci s’applique à l’identique en Allemagne, avec le droit social allemand. Concernant les conditions d’emploi des anciens ouvriers de l’État qui ont opté pour rejoindre GIAT Industries en 1990, celles-ci seront maintenues à l’identique de l’existant actuel, et les fonctionnaires en détachement dans le groupe Nexter continueront de l’être ; c’est ce que prévoit aussi l’article 47 du projet de loi qui est soumis à votre approbation.

 

M. Frank Haun. Pour ce qui est du siège social de notre société commune franco-allemande, ce ne serait pas très raisonnable de le localiser dans l’un de nos deux États.

La question de savoir où implanter le siège de la société servant de holding à notre alliance – société que, pour l’heure, nous appelons NewCo – a été longuement débattue. Nous nous sommes accordés pour dire que son siège devait être situé dans un pays membre de l’Union européenne, de la zone euro, de l’OTAN, de l’Agence européenne de défense, de l’Organisation conjointe de coopération en matière d’armement (OCCAr), etc. La question du régime de contrôle des exportations s’est également posée. Après avoir pesé tous les critères, notre choix s’est porté sur les Pays-Bas. Il s’agit d’un choix « neutre » qui place les deux partenaires sur un pied d’égalité.

L’Allemagne et la France disposent de régimes distincts en matière d’exportations d’armement, le droit allemand s’appliquant aujourd’hui aux produits de KMW et le droit français s’appliquant aux produits de Nexter. Que se passera-t-il demain avec le développement de produits communs ? Nos deux gouvernements réfléchissent actuellement à cette question. Ils souhaitent aboutir à un accord conjoint avant la date de finalisation du projet KANT. Une telle situation s’est déjà produite par le passé avec la société MBDA et les accords Schmidt-Debré. Ces derniers temps, j’ai eu le sentiment que nous étions, à cette époque, plus européens qu’à l’heure actuelle... Mais l’Allemagne reste en quelque sorte en apprentissage pour ce qui concerne sa politique industrielle en matière d’armement ; de la sorte, elle se familiarise peu à peu avec le projet KANT. Cela demande du temps, mais l’Allemagne comprend que KANT est la bonne solution et la voie de l’avenir.

Nous sommes confrontés à un défi commun auquel nous devons répondre par des projets industriels communs. Nous devons mener une harmonisation européenne. KANT est un point de départ et peut-être le noyau d’une « Europe de la défense » en matière industrielle. Les marchés sur lesquels KMW et Nexter sont présents ne se recoupent absolument pas. De même, leurs gammes de produits et leurs technologies respectives se complètent et sont à la pointe au niveau international, comme le sont les salariés qui développent et fabriquent ces produits. Une chance s’offre à nous : entamer l’histoire d’un succès. Voilà près de neuf ans que j’évoque ce projet et je pense que c’est dans cette voie qu’il faut s’engager, également pour maintenir l’emploi en France et en Allemagne.

 

M. Philippe Burtin. En conclusion, nous voudrions souligner que l’élan qui anime nos deux actionnaires et nos deux groupes est celui de la construction de l’Europe de la Défense. Aujourd’hui dans le secteur de la défense terrestre, c’est l’industrie qui propose un projet, structurant pour tout le secteur en Europe. Créer ce champion européen dans la défense terrestre, c’est donner la chance à notre industrie de se développer d’une façon durable, de pérenniser toutes les grandes compétences qu’elle rassemble, aujourd’hui en France et en Allemagne, demain peut-être avec d’autres en Europe et donc de garder un outil autonome, un groupe européen sous contrôle des Européens, au service des forces du continent.

 

M. Yves Fromion. À titre personnel, je ne suis absolument pas opposé à la privatisation de GIAT, je défends même cette idée depuis longtemps. Le fait que l’on mette sur le marché une majorité du capital de cette société ne me gêne pas. Ce qui me gêne, c’est que j’aurais préféré que l’on commence par opérer une consolidation au niveau français incluant Thales et Renault Trucks Defense (RTD), par exemple. Je considère en effet que les contribuables français, qui ont dépensé plus de 4,5 milliards d’euros dans le cadre de la restructuration de GIAT qui a conduit à la création de Nexter, une société compétitive aux plans national et international, en prenant en charge toutes les augmentations de capital, pouvaient espérer une meilleure utilisation de cet argent. J’estime donc que, en l’espèce, les autorités politiques françaises commettent une erreur d’appréciation et je ne suis par conséquent pas totalement satisfait par la solution proposée. Vous l’avez d’ailleurs rappelé vous-même, M. Burtin : pour concevoir le VBCI, un accord avait été passé avec Thales et RTD, ce qui constitue la meilleure preuve du besoin de consolidation au niveau français.

En outre, vous avez évoqué les logiques de souveraineté des pays émergents qui souhaitent se doter de leurs propres industries d’armement. On ne peut dès lors nous reprocher de vouloir maintenir une telle souveraineté chez nous ! Ceci étant, je suis tout à fait d’accord pour que des opérations s’effectuent au niveau européen, puisque l’échelon national est trop modeste. Mais j’aurais préféré une opération qui à la fois prenne en compte, dans un premier temps, nos intérêts nationaux et qui ne les inscrive que par la suite dans une dynamique européenne.

J’en viens à mes questions. Pourquoi autoriser la privatisation de GIAT et de l’ensemble ses filiales, et pas uniquement de Nexter ? Quel est en fait le périmètre exact de l’opération envisagée ?

Quelles sont les caractéristiques et le périmètre de l’action spécifique – la Golden Share – qui sera attribuée à l’État français et quelles seront ses modalités de mise en œuvre ? L’article 44 du projet de loi pour la croissance et l’activité est à cet égard très abscons.

Quelques questions de plus long terme. Nous avons compris que, à ce stade, vous prévoyez la création d’une co-entreprise, NewCo, mais que vous tendiez vers une intégration dans une seule entreprise à l’issue des cinq années suivant la conclusion de l’opération. Quel est l’objectif précis que vous recherchez ? Que sera cette entreprise intégrée, étant entendu que, si je ne m’abuse, il n’y aura plus qu’un seul président du conseil d’administration d’ici cinq ans ?

Un dernier point : quid des exportations ? Vous avez rapidement évoqué ce sujet et je demeure pour ma part extrêmement inquiet quant aux blocages qui pourraient se faire jour en la matière.

 

M. Gwendal Rouillard. Avec mes collègues Yves Fromion, Christophe Guilloteau et Jean-Jacques Bridey, nous nous sommes récemment rendus en Allemagne afin de discuter du rapprochement entre Nexter et KMW. Nous avons particulièrement apprécié l’accueil chaleureux qui nous a été réservé, la qualité des échanges et nous avons trouvé ainsi que celle des réponses à toutes nos interrogations. Je souhaiterais toutefois poser deux questions et formuler une appréciation.

Vous avez parlé de votre projet stratégique, de la société NewCo, de vos perspectives à l’horizon 2020, ainsi que des nouveaux produits à développer ensemble, ce dernier point étant d’un intérêt tout particulier pour les membres de notre commission. À cet égard, lorsque nous nous sommes rencontrés, nous avons évoqué, je vous cite, « les nouvelles générations de chars », « les munitions intelligentes » et « les nouvelles armes au laser ». Nous sommes censés réfléchir en termes de contenu, non seulement maintenant mais également dans la perspective de « l’étape d’après », qui donne du sens au projet de rapprochement. Aussi me semble-t-il important que vous puissiez nous fournir quelques éléments d’information à ce sujet.

Messieurs les présidents, vous discutez depuis plusieurs mois d’un point que nous savons délicat, celui de la valorisation de vos sociétés respectives. Il s’agit en quelque sorte de la dernière étape cruciale avant de sceller l’accord, le compromis, l’équilibre. Pouvez-vous évoquer, si ce n’est des chiffres précis, du moins la méthode qui commande les discussions en la matière, ainsi que les critères de valorisation ?

Une remarque, enfin. Je suis très favorable à ce projet de rapprochement. Au-delà de la complémentarité d’aujourd’hui, c’est la complémentarité de demain qui importe, dans un contexte de concurrence à l’international que vous avez bien rappelé. Je souhaiterais porter témoignage personnel qui, me semble-t-il, pourra convaincre mon collègue Yves Fromion : au cours de nos déplacements en Afrique en 2014, nous avons pu apprécier l’intensité de cette concurrence, en particulier sur les marchés africains. Je rappelle que les dépenses miliaires sur ce continent ont « bondi » de 55 % en dix ans et atteignent environ 50 milliards de dollars aujourd’hui.

Un dernier mot. Au sein de cette commission, nous parlons souvent d’Europe de la défense et de la relation entre la France et l’Allemagne. Nous avons l’opportunité de dépasser les mots pour poser collectivement un acte. Étant donné le contexte politique, sécuritaire, économique et social dans nos deux pays et dans l’ensemble de l’Europe, si nous pouvons donner ce signe fort à nos populations au-delà du droit et de l’aspect technique, j’estime que nous aurons fait notre travail. Je suis très confiant et je souhaite que ce rapprochement s’effectue.

 

M. Philippe Burtin. Je répondrai d’abord à M. Fromion, qui a exprimé sa préférence pour une consolidation nationale préalable à une consolidation européenne dans l’industrie d’armement terrestre. Comme je l’ai déjà dit, Nexter s’était fixé pour objectif de trouver un partenaire exerçant le même métier qu’elle, c’est-à-dire celui de systémier – plus que celui d’équipementier.

D’ailleurs, nous avons recherché les voies et moyens d’une consolidation industrielle franco-française avant d’engager des discussions avec KMW. Nous avons ainsi approché Renault Trucks Défense – RTD. Il faut toutefois rappeler que RTD n’est plus tout à fait une entreprise française : si ses emplois sont majoritairement situés en France et si les forces françaises utilisent ses matériels, il n’en demeure pas moins que son capital appartient à 100 % au Suédois Volvo. Mais même au-delà de cette réserve, nos discussions n’ont pas abouti du fait des conditions posées par RTD à tout rapprochement. En effet, les Suédois ne voulaient coopérer avec Nexter ni dans le secteur des matériels à chenilles ni dans celui des armements ou des munitions : dès lors, tout rapprochement avec RTD aurait conduit à une partition de Nexter, ce qui n’était pas le but recherché. Surtout, RTD exigeait en réalité que toutes les grandes fonctions opérationnelles de Nexter passent sous le contrôle direct des Suédois. Ces conditions n’étaient acceptables ni pour notre actionnaire, à savoir l’État, ni pour l’entreprise.

Nous avons également envisagé un rapprochement avec Thales – piste souvent évoquée. Certes, des synergies pourraient être trouvées entre Nexter et TDA Armements, filiale de Thales, et une entrée de Thales au capital de Nexter pourrait faciliter l’accès de cette dernière à quelques marchés ou à de nouveaux capitaux – encore que ce dernier point n’est pas notre principale préoccupation. Mais en tout état de cause, Thales est un groupe multi-métiers, et non un partenaire du même profil de systémier terrestre que Nexter. Un rapprochement de Nexter avec TDA Armements sera toujours possible, mais il n’est pas pour l’heure prioritaire pour Nexter.

En revanche, KMW et Nexter, tout en présentant le même profil d’entreprise, sont complémentaires. Les seuls segments de recoupement dans nos gammes de produits concernent les véhicules « 8 x 8 » – le VBCI pour Nexter et le Boxer pour KMW – et « 4 x 4 » – l’Aravis pour Nexter et le Dingo pour KMW. Encore que le VCBI ait peut-être un avantage sur le Boxer, comme, à l’inverse, le Dingo en a peut-être un sur l’Aravis. KMW et Nexter, ensemble, veilleront en tout état de cause à différencier ces produits.

Vous avez évoqué, monsieur Fromion, les 4,6 milliards d’euros apportés par l’État à Nexter. C’est exact, et Nexter est fière d’honorer la dette qu’elle a envers l’État. En effet, tout en menant une restructuration profonde – passant de 14 000 à 2 600 salariés en 2007 –, Nexter est profitable : elle a déjà versé un milliard d’euros de dividendes à l’État depuis sa création fin 2006.

Vous avez également évoqué la possibilité d’une vente d’actions de Nexter ou d’autres filiales de GIAT Industries par l’État sur les marchés boursiers : je peux vous assurer que cela n’est nullement envisagé dans le cadre du projet KANT.

S’agissant de la logique de souveraineté, dont vous relevez que les pays émergents la feraient valoir davantage que nous, force est de constater que des États, comme la Corée, Israël, la Turquie… se sont engagés dans une véritable guerre industrielle, mais aussi qu’ils s’en donnent les moyens financiers ! Ces États n’hésitent pas à passer des commandes importantes, parfois par milliers de véhicules, et à soutenir le développement de nouveaux modèles : c’est là un effort financier plus conséquent que celui que nos pays européens peuvent réaliser, où les marchés d’armement terrestres sont au mieux stables, et souvent en décroissance. Certes, un projet comme Scorpion constitue un formidable marché pour Nexter… Il faut noter qu’il représentera 200 millions d’euros d’activité par an en moyenne, alors que nous visons pour le groupe un chiffre d’affaires dépassant le milliard d’euros.

Quant à la formulation de l’article 47 du projet de loi pour la croissance et l’activité, il propose, comme vous l’avez souligné, d’autoriser la privatisation de GIAT et de toutes ses filiales sans mentionner Nexter. Ceci appelle deux observations. D’une part, certaines des filiales de GIAT, comme la SNPE et EURENCO, ont d’ores et déjà vu leur privatisation autorisée par la loi de programmation militaire pour les années 2009 à 2014 : il s’agissait alors de permettre la vente de la propulsion de SME, filiale de la SNPE, à Safran. D’autre part, c’est une pratique législative habituelle que de citer, dans le dispositif législatif de privatisation, la société de tête du groupe et non l’une ou l’autre de ses filiales en particulier.

Vous nous avez également interrogés sur l’action spécifique (Golden Share) que l’État détiendra dans l’alliance Nexter–KMW. Celle-ci portera sur les armes et les munitions. Les produits, les personnels, les actifs et les passifs, ainsi que les sites de production concernés sont d’ores et déjà définis avec précision. Cette Golden Share permettra à l’État de siéger au conseil d’administration de Nexter Systems et de contrôler tout projet de cession ou tout changement de contrôle des activités concernées, le cas échéant. En outre, deux processus de surveillance sont prévus : une revue annuelle de la stratégie et de la situation des activités, et une analyse approfondie des risques et des perspectives qui sera entreprise tous les dix-huit mois.

 

M. Frank Haun. Vous vous demandez peut-être pourquoi KMW n’achète pas d’ores et déjà des armes et des munitions à Nexter. La réponse est simple : parce que pour l’heure, nous sommes concurrents ; or on ne se fournit pas auprès d’un concurrent. Mais dès lors que nous ne serons plus concurrents mais partenaires, KMW se fournira auprès de Nexter.

On nous interroge souvent sur nos projets de développement en commun de nouveaux matériels. Le plus important, c’est la prochaine génération de chars lourds. Dans cinq ans, nous aurons avancé dans le processus de développement d’un nouveau char lourd – qu’il s’appelle Léopard 3, Leléo ou Léoclerc, peu importe : il sera développé en commun, et pourra commencer à équiper nos forces à l’horizon 2025-2030 pour remplacer les chars Leclerc et Léopard 2 dont la base technologique commence à dater. Renouveler ces matériels est indispensable : d’ailleurs, les Russes ne s’y trompent pas, et leurs travaux de développement en la matière avancent à plein régime. Pour ce faire, Nexter possède des technologies très intéressantes pour KMW, et vice-versa.

Vous évoquez, monsieur Fromion, la perspective de voir nos deux entreprises n’en former plus qu’une à l’issue du délai de cinq ans pendant lequel nous nous engageons à ne pas modifier la structure capitalistique de nos groupes. C’est exactement ce que nous voulons. Cela permettra de réduire les coûts unitaires de nos produits, tout en améliorant leur qualité, du fait de la mise en commun de nos technologies. Mais notez que cela n’implique pas de fermer des sites de production. Il y a d’ailleurs une forte chance que les implantations françaises de notre futur groupe commun se développent. Les décisions seront prises au cas par cas.

Pour ce qui est des contraintes que le contexte politique allemand pourrait faire peser sur l’activité de nos entreprises, je tiens à souligner que les choses commencent à bouger en Allemagne. Ainsi, lorsque KMW a entamé des discussions avec le nouveau Gouvernement allemand, il apparaissait qu’il y avait des réserves sur le projet KANT et sur les exportations. Mais aujourd’hui, le carnet de commandes de KMW est plus rempli que jamais et il semble qu’il y a eu une évolution sur la question des exportations… En ce qui concerne la réglementation applicable aux exportations d’armements, je suis confiant dans nos chances d’aboutir à un accord, même si le compromis qui sera trouvé ne sera pas nécessairement à la hauteur de nos espérances de départ. Mais si, dans le futur, l’on arrive à une solution aux termes de laquelle le contrôle de l’exportation d’un matériel conçu en commun relèvera du Gouvernement français dès lors que la part allemande dans leur développement n’excédera pas 20 %, cela signifie que la probabilité est forte que nous développions nos produits à 80 % en France, alors que je souhaite rester à parité. Si je suis confiant, c’est parce qu’en Allemagne, le débat sur les exportations d’armement fait beaucoup de bruit, mais qu’in fine et concrètement, il n’en demeure pas moins que par exemple le Qatar et Singapour sont aujourd’hui mes principaux clients export.

Parmi les nouveaux armements que nous développerons, trois secteurs me semblent particulièrement prometteurs : l’artillerie entièrement automatisée, les munitions intelligentes et les armements lasers – autant de domaines dans lesquels les Américains ont du souci à se faire !

 

M. Philippe Burtin. Monsieur Rouillard nous a interrogés sur la valorisation de nos deux entreprises : elle fait pour l’heure l’objet de discussions entre actionnaires, discussions qui sont par nature confidentielles. La méthode retenue est classique : on valorise une entreprise en fonction de son potentiel de profits à venir, c’est-à-dire de son rendement anticipé – concept plus connu sous le nom de discounted cash flow. Cette estimation est faite sur la base de la vision que nous avons du développement de l’activité et des résultats de nos entreprises dans les quatre ans à venir. Si les méthodes retenues par chaque société pour ce travail de prospective ont pu différer un temps, nous travaillons à leur rapprochement, et un échange de lettres datant du début du mois de décembre 2014 a marqué une convergence en ce sens. La presse relaie des rumeurs selon lesquelles les actionnaires de KMW devraient verser à l’actionnaire de Nexter une soulte de 500 millions d’euros : je tiens à souligner que cette rumeur ne se fonde sur rien de concret.

 

M. Frank Haun. Dans les semaines et les mois qui viennent, il y aura probablement de nouvelles rumeurs du même type. En effet, le projet KANT est critiqué par certains acteurs du secteur, qui s’attachent à créer des inquiétudes au sein de la partie française en vue de bloquer notre projet.

 

M. Daniel Boisserie. Vous avez évoqué rapidement certains problèmes, comme ceux qui résultent de la politique allemande de contrôle des exportations d’armements, aujourd’hui très restrictive. Il faut rappeler que le ministre français de l’Économie, M. Emmanuel Macron, a expressément menacé de ne pas donner de suite au projet KANT si cette difficulté n’est pas levée. Par ailleurs, les actionnaires de KMW sont-ils unanimes dans leur soutien au projet de rapprochement avec Nexter ?

 

Mme la présidente Patricia Adam. Je rappelle que nous rencontrons régulièrement des parlementaires allemands et que nous comptons bien poursuivre à l’avenir.

 

M. Christophe Guilloteau. Je remercie M. Frank Haun pour la visite qu’il a bien voulu organiser en Allemagne et pour ses mots de compassion. Certains en France ont des inquiétudes, car l’histoire de GIAT et Nexter est prégnante dans leur région ; c’est d’ailleurs le cas dans la mienne, dans le département de la Loire. On ne peut certes pas toujours garder un œil dans le rétroviseur, et il convient de construire l’avenir de la défense. Il faut donner un signal fort face aux pays émergents. Je me rappelle encore des discussions à l’époque de la création d’EADS qui avait été jugée audacieuse... Quelle serait pourtant la situation de ces entreprises si celle-ci n’avait pas eu lieu ? Merci aux visionnaires ! Tout ne se réglera bien évidemment pas en quelques jours, notamment sur la question de l’export, mais je forme des vœux pour que ce rapprochement puisse se faire.

Concrètement, quels bénéfices industriels attendez-vous de ce rapprochement pour chacune de vos entreprises ?

 

M. Philippe Folliot. Cette audition est très importante car elle nous permet d’obtenir des informations au-delà de ce qu’on a pu lire dans la presse. Je regrette au passage que le groupe UDI n’ait pas été convié au déplacement organisé par notre commission en Allemagne. Sur le principe, nous sommes favorables à la construction d’un champion de la défense dans l’armement terrestre, comme l’ont toujours été les centristes. Comme élu de la région toulousaine, je sais combien l’amitié franco-allemande est bénéfique pour la construction d’un champion mondial – elle l’a été en matière d’aéronautique. Toutefois, la réussite de tels rapprochements doit s’appuyer sur un double principe de parité et de pérennité. Il est probable qu’au gré des évolutions capitalistiques, l’État français va céder certaines parts de ses participations dans le secteur de la défense. Il reste essentiel, comme cela a été le cas pour EADS, que le principe de parité demeure pérenne. Quelles sont donc les garanties, au-delà des cinq premières années, pour maintenir cette pérennité à moyen terme ?

 

M. Frank Haun. Je témoigne de l’unité qui existe au sein de la famille Bode-Wegmann. J’ai été en effet mandaté par les 27 actionnaires. Il y avait effectivement une voix qui s’était élevée à un moment contre ce projet de rapprochement, mais cette personne ne fait plus partie des actionnaires et tous soutiennent désormais le projet KANT à 100 %. La question des exportations me préoccupe. Cela fait au moins dix ans que le problème se pose de façon récurrente mais les autorités ont commencé à modifier leur position sur le sujet. Nous ne serons certes jamais unanimes sur ce sujet en France et en Allemagne, sauf si des décisions d’exportation étaient transférées à Bruxelles, ce qui ne me semble d’ailleurs pas être une bonne solution ! Je sais que ce débat est très sensible en France et que la position de l’Allemagne est parfois jugée curieuse, mais les esprits évoluent en Allemagne et le Gouvernement allemand a compris que les exportations étaient un levier d’influence. Évidemment, les lobbyistes de tous bords font leur travail, mais je pense que la majorité du Gouvernement et du Parlement allemands partage mon avis et m’a apporté son appui. Comme je l’ai déjà indiqué, nos actionnaires raisonnent en termes de décennies. J’ai noté les 4,6 milliards investis dans Nexter par l’État français : les résultats en sont visibles sur chacun des sites de production et, croyez-moi, mon intérêt pour un rapprochement ne s’en est trouvé que confirmé !

 

M. Philippe Burtin. S’agissant des bénéfices attendus par les deux nations, ils sont de plusieurs ordres. Ils concernent en premier lieu la pérennité de la base industrielle et technologique de défense. Par ailleurs, le rapprochement favorisera une meilleure interopérabilité qui permettra de proposer aux forces des matériels et des produits communs. En outre, le rapprochement sera un facteur d’optimisation et d’économies pour les contribuables, avec notamment des économies d’échelle dans les achats qui permettront de mieux négocier les approvisionnements et de faire baisser le coût des achats pour des matériaux, tels que l’acier ou l’aluminium par exemple. De plus, le rapprochement évitera des redondances en matière d’études et de développement. Enfin, la mutualisation des compétences sera un facteur positif. Petit à petit, la route sera tracée en commun avec une vision partagée ; c’est ensemble que nous fixerons les étapes et les objectifs pour la construction d’un groupe unifié. S’agissant des exportations, je tiens à souligner que notre portefeuille de clients et nos implantations sont complémentaires, ce qui permettra des économies et une démultiplication de nos ventes. C’est donc une vision d’un groupe élargi qui développera ses ventes dans le monde de façon plus soutenue qui est proposée.

 

M. Frank Haun. S’agissant de la pérennité de l’équilibre franco-allemand, nous avons conclu un accord qui stipule que pendant cinq ans, la structure capitalistique des entreprises participant à notre alliance ne changera pas, notre souhait étant que le partenaire français soit l’État. Nous avons en effet besoin de cinq années de stabilité. Par la suite, les deux parties pourront certes vendre leurs actions mais l’autre partie pourra imposer son veto à la mise sur le marché des actions de l’autre partenaire. Nous avons déjà connu cette situation en 1999 lors de la fusion Krauss-Maffei avec Wegmann. Wegmann disposait de 51 %. La famille propriétaire de KMW a ensuite repris les 49 % dans un souci de durabilité. Je ne crois pas personnellement que la France revendra les 50 % de notre groupe à la famille Bode-Wegmann dans cinq ans. Pendant dix ans, celle-ci a très bien vécu avec 51 % des actions, c’est une famille raisonnable dans la gestion de son patrimoine – ce qui signifie aussi qu’elle sait aussi se défendre si elle est traitée injustement. Vous ne pouvez donc pas trouver un meilleur partenaire. Nous réfléchissons sur le long terme et je ne m’inquiète pas sur ce qui se passera au-delà des cinq ans. Ce que je peux vous assurer, c’est que la famille Bode-Wegmann veut rester à bord du navire.

 

*

* *

Membres présents ou excusés

Présents. - Mme Patricia Adam, M. Nicolas Bays, M. Sylvain Berrios, M. Daniel Boisserie, M. Malek Boutih, M. Jean-Jacques Bridey, M. Jean-Jacques Candelier, Mme Fanélie Carrey-Conte, M. Laurent Cathala, M. Guy Chambefort, M. Sergio Coronado, Mme Catherine Coutelle, M. Bernard Deflesselles, M. Lucien Degauchy, M. Guy Delcourt, Mme Marianne Dubois, M. Philippe Folliot, M. Yves Foulon, M. Yves Fromion, M. Sauveur Gandolfi-Scheit, M. Christophe Guilloteau, M. Laurent Kalinowski, M. Patrick Labaune, M. Jacques Lamblin, M. Charles de La Verpillière, M. Gilbert Le Bris, M. Jean-Yves Le Déaut, M. Alain Marleix, M. Alain Marty, M. Damien Meslot, M. Philippe Meunier, M. Alain Moyne-Bressand, Mme Nathalie Nieson, M. Joaquim Pueyo, Mme Marie Récalde, M. Eduardo Rihan Cypel, M. Gwendal Rouillard, M. Stéphane Saint-André, M. Jean-Michel Villaumé, M. Philippe Vitel

Excusés. - M. Claude Bartolone, M. Philippe Briand, M. Alain Chrétien, M. Jean-David Ciot, Mme Geneviève Gosselin-Fleury, M. Éric Jalton, M. Frédéric Lefebvre, M. Bruno Le Roux, M. Maurice Leroy, M. Philippe Nauche, M. Alain Rousset, M. François de Rugy, M. Michel Voisin

Assistaient également à la réunion. - M. Jean-François Lamour, M. Daniel Reiner, sénateur

 

Commission de la défense nationale et des forces armées  - Compte rendu n° 30 (PDF)

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 13:45
Centrafrique : le VBCI au service de la force Sangaris

 

20/01/2015 Sources : État-major des armées

 

Sangaris dispose de 16 véhicules blindés de haute capacité, particulièrement adaptés à la mission de stabilisation et d’appui de la MINUSCA. Le VBCI rassemble en un seul véhicule toutes les caractéristiques pour agir en Centrafrique : mobilité, rapidité, protection, observation et appui feu.

 

Aux cotés des drones de reconnaissance au contact (DRAC) et de l’hélicoptère Tigre, dans la version HAD arrivés progressivement sur le théâtre, le véhicule blindé de combat d’infanterie permet de densifier les appuis de la force. Cet engagement matériel va de pair avec l’évolution de la mission de Sangaris qui est devenue, peu à peu, « force de réaction rapide » de la MINUSCA.

 

Le VBCI, depuis sa mise en place début août 2014 sur le théâtre centrafricain, n’a cessé de conforter ses équipages sur sa puissance, à la fois force de dissuasion et d’appui au commandement. « Le déploiement des VBCI dans la zone a accompagné le retour au calme, et l’apaisement déjà entamé des tensions intercommunautaires», témoigne le capitaine Christophe, commandant le sous groupement du GTIA Korrigan, armé de VBCI dans la ville de Dékoa (190 km au nord de Bangui).

 

Ce véhicule de dernière génération est en mesure de faire face, grâce à son blindage, à différents types de menaces, allant du simple jet de pierres aux grenades offensives. Son gabarit imposant et sa puissance de feu lui valent l’appellation de « taureau de feu » par la population centrafricaine.

 

Environ 2 000 militaires français sont actuellement déployés dans l’opération Sangaris, aux côtés des 8 500 hommes de la MINUSCA. Lancée le 5 décembre 2013 par le président de la République, l’opération Sangaris vise à rétablir un niveau de sécurité minimal en République centrafricaine et à accompagner la montée en puissance progressive de la mission de l’ONU.

Centrafrique : le VBCI au service de la force Sangaris
Centrafrique : le VBCI au service de la force Sangaris

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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 15:55
Nexter/Krauss-Maffei : les quatre points durs qui pourraient entrainer l'échec de l'opération

Le char allemand Leopard sera-t-il la tête de gondole de la future société formée par Nexter et Krauss-Maffei Wegmann? - Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

 

14/01/2015 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Le rapprochement entre les deux groupes d'armements terrestres français et allemand, Nexter et Krauss-Maffei Wegmann, traverse des turbulences. Notamment, l'Etat français pourrait demander à KMW de payer une soulte de 500 millions d'euros pour garder le co-contrôle.

 

Ça passe ou ça casse. On va savoir dans les prochains mois si le rapprochement dans le domaine de l'armement terrestre entre Nexter et l'allemand Krauss-Maffei Wegmann va être un échec... ou si l'un des deux groupes aura finalement cédé en rase campagne à l'autre pour réussir coûte que coûte cette opération. Un rapprochement qui est actuellement dans un moment critique. Nexter, en passe d'être privatisé, et l'allemand KMW donneraient naissance au leader européen de l'armement terrestre.

La venue à Paris du PDG de KMW va peut-être permettre d'éclaircir toute ou partie des points durs recensés de cette opération, notamment sur l'éventuelle soulte que devraient verser les actionnaires de KMW à l'Etat français. Frank Haun va rencontrer les ministres de l'Economie et de la Défense, Emmanuel Macron et Jean-Yves Le Drian, et sera auditionné mercredi matin à l'Assemblé nationale devant les députés de la commission de la défense, dont certains seraient sceptiques sur la réussite de cette opération. Bref, l'opération Kant n'est pas un long fleuve tranquille pour les deux PDG, Philippe Burtin et Frank Haun.

 

1) KMW contraint de payer une soulte de 500 millions?

C'est LE point bloquant de l'opération. Si la valorisation des deux entreprises est toujours en cours et est attendue le 30 janvier, l'Agence des participations de l'Etat (APE) serait pourtant d'ores et déjà très tentée de demander aux 27 actionnaires familiaux de KMW (100 %) de verser une soulte de 500 millions afin de respecter le principe intangible de co-contrôle entre l'Etat français et de la famille Bode de la future holding, selon nos informations. Car Nexter, remis au carré par Luc Vigneron puis Philippe Burtin, vaudrait aujourd'hui 2 milliards d'euros, selon des critères d'évaluation très classiques (résultats des trois derniers exercices et prévisions pour les quatre prochains) tandis que la valorisation de Krauss-Maffei s'élèverait à 1,5 milliard d'euros.

Or, selon des sources concordantes, pour Frank Haun, il n'en est pas question. Le PDG de KMW se laisserait jusqu'au printemps pour trouver une issue à ce point bloquant, faute de quoi il changerait son fusil d'épaule. De son côté, Nexter aurait recruté à la hâte un spécialiste des fusions-acquisitions pour résoudre de tels problèmes. A suivre mais la précédente fusion franco-allemande entre Aerospatiale/Matra et DASA incite aussi à la plus grande prudence, les intérêts français ayant été largement galvaudés pour des raisons politiques. A l'APE, qui a d'autres dossiers plus importants à traiter (elle doit gérer notamment la cession de 5 à 10 milliards d'euros d'actifs en 2015), de trouver ou pas un compromis équitable.

 

2) Des produits qui restent concurrents

Juré, craché : les deux industriels choisiront le meilleur produit qui répond le mieux aux besoins du client à l'exportation, avait expliqué à plusieurs reprises Philippe Burtin. Or si ce dernier est prêt à jouer le jeu, notamment dans les chars lourds en laissant le champ libre au Leopard, Frank Haun n'est pas prêt à renoncer à proposer sur les marchés export le Boxer, concurrent du VBCI, dans les blindés à huit roues (30 tonnes), pourtant plus cher.

Le concept du Boxer qui est révolutionnaire - plusieurs types de cabine blindée interchangeable peuvent être montés très rapidement sur une plateforme unique -, n'a pourtant pas convaincu, y compris jusqu'à l'armée allemande, qui a commandé le même nombre de cabines et de plateformes.

 

3) Y a-t-il un pilote dans l'avion?

"Il existe une volonté importante au niveau politique de réussir cette opération mais la France ne met pas les moyens et/ou ne fait pas l'effort pour atteindre cet objectif", assure-t-on à La Tribune. Avec toute la volonté du monde, Philippe Burtin n'a pas toutes les marges de manœuvre pour négocier avec KMW, notamment pour résoudre les problèmes liés aux opérations de valorisation. Frank Haun s'est plaint d'avoir perdu la relation privilégiée qu'il avait avec David Azéma, le prédécesseur de Régis Turrini, explique-t-on à La Tribune. Faut-il toutefois rappeler que ce dernier reste le garant des intérêts de l'État à travers la gestion du portefeuille des participations de l'APE.

 

4) Les syndicats dans le brouillard

Des deux côtés du Rhin, il existe une volonté de cacher la copie aux syndicats. Du coup, les organisations syndicales sont aujourd'hui à cran. Philippe Burtin a pourtant accepté une expertise indépendante cofinancé par Nexter. Or pour l'heure comme le souligne la CFDT Nexter, "rien n'arrive au cabinet d'expertise Syndex et encore moins aux élus". "La direction use de multiples raisons pour retarder le lancement" de cette expertise, regrette la CFDT. Côté allemand, des syndicats ont créé un site internet, qui fait l'inventaire des craintes des salariés... Et tout y passe.

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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 14:55
AMX 13 -  source chars-francais.net

AMX 13 - source chars-francais.net

 

22.12.2014 ECPAD
 

Film d’information consacré aux engins blindés.

 

La « famille redoutable », c’est la gamme des engins blindés réalisés à partir d’un châssis unique, celui du char AMX 13 (AMX pour Ateliers de construction d’Issy-les-Moulineaux et 13 pour 13 tonnes).

Les divers véhicules, fabriqués dans des usines spécialisées, sont ainsi présentés. À la sortie de l’usine, soumis à plusieurs épreuves, ils sont testés en tout terrain avant d’être utilisés pour le transport de troupes et pour l’artillerie.

 

Voir la vidéo 

 

Note RP DefenseLes plans de blindés de l’atelier d’Issy-Les-Moulineaux

Une famille redoutable

 

source SGA

 

Le centre des archives de l'armement conserve, en sous-série 3H1, la collection de plans d'études de différents chars et chenillettes étudiés à l'atelier d'Issy-les-Moulineaux. Cette collection couvre la période 1936-1972 et comporte environ 19 000 plans (avant-projets, projets, prototypes et même plans de matériels étrangers), dont un échantillon est consultable en ligne.

Découvrez les plans du char Renault R 35, qui équipait l'armée en 1940, ou celui de l'AMX 1938 qui n'exista qu'à l'état de prototype et ne fut jamais construit en série.

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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 12:35
Programme australien Land 400: un appel d'offres en janvier pour des blindés légers


16.12.2014 par Philippe Chapleau - Lignes de Défense
 

Le ministère australien de la Défense va lancer un appel d'offres dans les premiers jours de janvier prochain pour son programme "Land Combat Vehicle System (LCVS)" qui vise le remplacement des M113 et des Australian Light Armoured Vehicle (LAV 8x8), dans le cadre du Land 400 Phase 2 Project. Voir le communiqué de presse ici.

 

On pourra lire ici le "Program LAND 400 Land Combat Vehicle System Draft Preliminary Operational Concept Document".

 

Le choix du futur/des futurs blindé(s) ne devrait pas intervenir avant 2017, avec une mise en service en 2020. Ce qui fait qu'alors les M113 (il en resterait 500) auront été en service depuis 55 ans et les LAV (un peu plus de 220 en parc) depuis 33 ans!

Aucun chiffre sur les besoins ne figure dans les documents disponibles mais le chiffre de 700 véhicules circule (celui de 1100 aussi).

BAE Systems et Patria sont sur les rangs (lire ici), ainsi que le groupement formé par Boeing Defence Australia et Iveco-Oto Melara. Nexter devrait aussi être des candidats.

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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 08:50
XP2 (Nexter) - IFV Puma (KMW)

XP2 (Nexter) - IFV Puma (KMW)


17.12.2014 par Pierre COCHEZ - LaCroix.com
 

Le ministre français de l’économie a jugé mardi 16 décembre que la position de fermeté de l’Allemagne en matière d’exportations d’armes pourrait poser un « problème » pour des projets franco-allemands.

 

Emmanuel Macron était auditionné sur son projet de loi pour la croissance et l’activité, dont une disposition permet de lancer le rapprochement entre les constructeurs de blindés français Nexter et allemand KMW.

Les accords Debré-Schmidt de 1971 et 1972 avaient posé le cadre des relations franco-allemandes en matière de ventes d’armes. Selon Paris, Berlin s’en éloigne. Anne-Marie Le Gloannec, politologue au Ceri Sciences-Po, explique pourquoi.

« L’Allemagne a traditionnellement des positions restrictives en matières de ventes d’armes. En même temps, le pays était, en 2010, le troisième exportateur mondial d’armement, derrière les États-Unis et la Russie et devant la France.

Depuis, la situation politique allemande a évolué. Les socialistes du SPD font partie de la coalition qui soutient la chancelière Angela Merkel. En août dernier, le ministre SPD de l’économie avait confirmé son intention de strictement encadrer les exportations d’armes, même au détriment de l’emploi. Sigmar Gabriel souhaitait que l’Allemagne cesse d’exporter vers les pays de la péninsule arabique, en particulier vers l’Arabie saoudite.

 

Les troupes allemandes se battent moins

L’opinion publique allemande est sur cette ligne. Sur le terrain de la politique intérieure, le SPD utilise ce débat pour se démarquer de son partenaire de la CDU. Il peut le faire d’autant plus facilement que le ministre de l’économie a un vrai pouvoir de décision. Récemment, l’Allemagne a ainsi bloqué la vente au Qatar d’armes françaises comprenant des composants allemands et la livraison d’hélicoptères du constructeur franco-allemand Airbus à l’Ouzbékistan.

La tension française en matière de défense a deux raisons. D’une part, la coopération militaire franco-allemande s’avère difficile du fait des règles d’engagements des soldats allemands, beaucoup plus restrictives que les règles françaises. En clair, les troupes allemandes se battent moins et sortent rarement de leurs casernes, comme par exemple en Afghanistan. Dans ces conditions, la brigade franco-allemande n’a jamais pu être utilisée.

D’autre part, les Français risquent de devoir rembourser les Russes pour la non-livraison du Sébastopol, le navire Mistral déjà réglé par Moscou. L’industrie d’armement française entend compenser cette perte par d’autres ventes. Les réticences allemandes arrivent à un mauvais moment. »

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 17:50
VBCI au Mali - photo EMA

VBCI au Mali - photo EMA

 

17 décembre, 2014 Frédéric Lert - FOB

 

La compétition pour remplacer l’actuelle flotte de M113 danois prend un tour nouveau, avec la signature d’un accord entre Nexter et la société Hydrema. Société danoise, Hydrema a été fondée en 1959 et s’est depuis spécialisée dans la conception et la fabrication de véhicules de travaux publics. Des véhicules lourds, puissants, avec de grosses roues… Autant de points communs avec le VBCI que Nexter entend faire assembler par Hydrema s’il venait à emporter le marché danois. Timide pénétration du marché militaire et sécuritaire par Hydrema, la société a collaboré avec les forces armées danoises à partir de 1996 sur le développement et la fabrication de 12 véhicules de déminage. Une cinquantaine de ces véhicules ont depuis été  exportés.

 

L’accord de partenariat rendu public hier prévoit donc que Nexter assistera Hydrema dans la mise en place et l’exploitation d’une ligne de production locale du VBCI. Nexter rappelle dans son communiqué de presse qu’Hydrema assurera également le support logistique au niveau national du canon automoteur Caesar si ce dernier devait aussi être sélectionné par le Danemark. Le choix d’Hydrema vient compléter la préselection déjà réalisée d’une quarantaine de sociétés danoises comme fournisseurs de Nexter, au titre des compensations industrielles attendues dans le marché de remplacement du M113.

 

Rappelons ici que l’appel d’offre a été lancé à l’été 2012 et que le 8×8 de Nexter a effectué  ses premiers tours de roues au Danemark en avril 2013. Une sélection du vainqueur était attendue un temps pour le début 2014… Le besoin annoncé est aussi fluctuant que le calendrier, avec une hypothèse basse de 200 véhicules et une hypothèse haute de 400, les transports de troupes pouvant être complétés par d’autres véhicules spécialisés. Six concurrents ont été sélectionnés, parmi lesquels quatre véhicules chenillés et deux à roues. Le VBCI retrouve dans cette catégorie le Piranha 5 de General Dynamics, auquel il faisait déjà face pour le marché d’équipement canadien qui fut annulé.

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 17:50
Qui succédera aux M113 danois? Nexter s'allie avec Hydrema pour la production du VBCI

Un véhicule blindé de combat et d'infanterie (VBCI), fabriqué par Nexter, sur le terrain en Afghanistan. Crédit Nexter


16.12.2014 par Philippe Chapleau - Lignes de Défense
 

Dans un post de ce mardi, je faisais part du projet australien de remplacement des M113 de l'armée de terre. Les forces armées danoises ont lancé un programme similaire pour la fourniture de blindés de combat pour l'infanterie. Les besoins sont estimés à près de 400 unités dans des versions chenillées et à roues (8x8).

Sont actuellement dans la course le CV90 Armadilllo de BAE Systems, l'ASCOD de General Dynamics European Land Systems et le G5 de FFG Flensburger pour les chenillés. Du côté des véhicules à roues, deux ont été retenus: le Piranha V de General Dynamics et le VBCI de Nexter. Tous ces engins ont été soumis à une batterie de 375 test en 2013.

L'entreprise française vient d'annoncer un accord de partenariat avec Hydrema.

Dans un communiqué de ce mardi, Nexter explique qu'il "assistera Hydrema dans la mise en place et l'exploitation d'une ligne de production ultramoderne dans son usine de Støvring, qui assurera l'assemblage final et l'intégration du VBCI (Véhicule Blindé de Combat d'Infanterie) danois, si ce dernier venait à être sélectionné par l'organisation d'acquisition et de logistique de la Défense du Danemark (DALO)".

Par ailleurs, "Hydrema assurera également le support logistique au niveau national du canon automoteur CAESAR® de Nexter dans l'éventualité où il serait sélectionné par l'organisation DALO dans le cadre de son processus de mise en concurrence des fabricants de systèmes d'artillerie."

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 13:55
Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)


17.12.2014 LeFigaro.fr

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a jugé mardi que la position de fermeté de l'Allemagne en matière d'exportations d'armes pourrait poser un "problème" pour des projets franco-allemands, qu'il s'agisse des blindés Nexter ou du groupe EADS.

"Je suis parfaitement conscient des reticences du (ministre social-démocrate de l'Economie) Sigmar Gabriel sur le sujet des exports d'armement", a dit M. Macron devant des députés. Il était auditionné sur son projet de loi "pour la croissance et l'activité" , dont une disposition permet de lancer le rapprochement entre les constructeurs de blindés français Nexter et allemand KMW.

"Nous sommes en discussion au niveau politique et technique pour trouver des réponses à ce sujet", a-t-il poursuivi. "Si aujourd'hui les Allemands ne changent pas leur repli même en deçà des textes des accords Debré-Schmidt, nous aurions un problème non seulement pour ce rapprochement (entre les constructeurs de blindés français Nexter et allemand KMW) mais aussi pour certaines activités d'EADS", a-t-il assuré.

Les accords Debré-Schmidt de 1971 et 1972 avaient posé le cadre des relations franco-allemandes en matière de ventes d'armes. Selon Paris, Berlin s'en éloigne en adoptant désormais une politique plus restrictive de ventes d'armes.

Concernant le rapprochement Nexter-KMW, M. Macron a assuré: "On n'ira pas plus loin dans cette aventure si on n'a pas purgé ce sujet" franco-allemand.

En août dernier, M. Gabriel avait appelé l'industrie de la défense à se repositionner et se consolider, confirmant son intention de très strictement encadrer les exportations d'armes, même au détriment de l'emploi. Il souhaitait notamment que l'Allemagne cesse d'exporter vers les pays de la péninsule arabique, en particulier vers l'Arabie Saoudite, un gros client.

La loi allemande interdit les exportations d'armes vers les pays dits tiers, c'est-à-dire hors Union européenne, partenaires de l'Otan et pays assimilés, mais ouvre des possibilités d'exemptions au cas par cas.

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 17:35
Athos 155mm howitzer

Athos 155mm howitzer

 

9/12/2014 Ami Rojkes Dombe – Israel Defence

 

According to idpsentinel website, Elbit Systems will compete in the tender for the Mounted Gun System of India, through its joint venture "Bharat Forge" with the Indian Company Kalyani

 

India published a RFI for the procurement of 814 155 mm/52 caliber mounted gun systems. Indian companies can also win the upgrade of M-46 Russian artillery guns, from 130 mm to 155 mm. The RFI was published in June 2013, with a deadline for September of that year. An alteration to the RFI was released in December this year with the deadline of 24.12.2014. The tender is estimated at $ 2.5 billion.

The companies competing for the tender are "Bharat Forge", a joint venture between Elbit Systems and Kalyani Group, "Tata Power SED", a joint venture between the Indian company TATA and Denel of South Africa, and "Larsen & Toubro", a joint venture between the French company Nexter and Indian company Ashok Leyland. Also to participate in the tender are the Russian company "Rosoboronexport", UK's "BAE Systems" and General Dynamics of the US.

According to the website army-technology , the first 100 guns will be bought off the shelf from the original equipment manufacturer, while the remaining 714 will be manufactured in India. According to India Today, the replacement of the mounted gun systems is a phase in the process to replace all 2000 guns of India, in a total cost of $ 6.6 billion. A comprehensive article about India's artillery can be found at eurasiareview .

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 12:50
photo Nexter Systems

photo Nexter Systems

 

11 December 2014 army-technology.com

 

The Danish Ministry of Defence (MoD) has received final offers from four European manufacturers for the national army's ageing M113 armoured personnel carriers (APC) fleet replacement contract.

 

BAE Systems Hagglunds has offered its CV90 Armadillo, while Flensburger Fahrzeugbau Gesellschaft (FFG) and General Dynamics European Land Systems have pitched its G5 protected mission module carrier (PMMC) and ASCOD vehicle respectively, in the tracked category, Defense News reported.

 

The wheeled category includes Nexter Systems' Vehicule de Combat d'Infanterie (VBCI) and General Dynamics' Mowag Piranha V vehicles.

 

The companies submitted bids in 2012 for the contract, which requires between 206 and 450 vehicles in six different configurations, and were shortlisted in February 2013.

 

Even though the numbers are yet to be confirmed, industry executives believe that the MoD appears to be leaning toward an initial purchase of 206 vehicles.

 

One French official said there was informal feedback that the wheeled vehicles outperformed the tracked units during a 17-week trial in 2013.

 

During the trials, all three tracked versions reportedly replaced conventional steel with rubber band tracks, which have been used by the Danish military for operations in Afghanistan.

 

The MoD had indicated that the acquisition would not be split between tracked and wheeled vehicles, but industry executives believe that the policy is likely to change.

 

The Danish Defence Acquisition and Logistics Organisation (DALO) was expecting to select a contractor earlier this year, but lengthy discussions with the European Union over how the offset package for the vehicle could look under tightened regulations prevented this.

 

A DALO spokesman said that the new guidelines for defence sector offsets became effective in July.

 

Provided the procurement process stays on target, the winning contractor could be named and receive the contract by the end of May 2015.

 

The Royal Danish Army currently operates 632 heavily armoured M113s in different configurations, including tactical air control party carrier and fire-fighting capacities.

CV90 - BAe Hagglunds

CV90 - BAe Hagglunds

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 07:55
Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

 

11/12/2014 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Dans le projet de loi pour la croissance et l'activité présenté mercredi par le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, un volet de ce texte facilite le rapprochement entre les deux groupes de défense terrestre Nexter et l'allemand Krauss-Maffei Wegmann.

 

C'est relativement passé inaperçu... Pourtant c'est inscrit noir sur blanc dans le projet de loi pour la croissance et l'activité présenté en conseil des ministres ce mercredi par le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, qui a jeté dans la rue des milliers d'avocats, notaires ou huissiers de justice pour manifester contre le projet de libéraliser les conditions de leurs activités et de réviser à la baisse leurs tarifs.

Parmi les mesures souhaitées par Emmanuel Macron, ce projet comprend un volet relatif à la mobilisation du portefeuille de participations de l'état. Des dispositions vont permettre d'accompagner des projets industriels d'entreprises publiques. Et ce projet de loi "autorise en particulier le gouvernement à mettre en œuvre le projet de rapprochement entre l'entreprise publique française Nexter et l'entreprise allemande KMW (Krauss-Maffei Wegmann, ndlr)", a expliqué le ministère de l'Economie.

 

La création d'un leader européen

Annoncé le 1er juillet 2014, cette opération permettra "de créer un leader européen de l'armement terrestre, bénéficiant des compétences et savoir-faire complémentaires des deux entreprises et disposant d'une envergure suffisante pour assurer son développement, notamment à l'export", a précisé Bercy. Pour réaliser cette opération entre Nexter et KMW, l'Etat français devra passer par une loi de privatisation de Nexter. Avec ce texte présenté par Emmanuel Macron, c'est la première étape.

Si les fiançailles entre Nexter et KMW sont consommées, les deux sociétés vont créer vers le mois d'avril un leader européen avec un chiffre d'affaires de l'ordre de 1,7 milliard d'euros (795 millions pour KMW et 787 millions pour Nexter en 2013). Devant Rheinmetall (1,5 milliard en 2013) mais derrière BAE Systems (3,5 milliards pour l'ensemble de ses activités y compris nord-américaines) et surtout le leader mondial, l'américain General Dynamics (6,1 milliards). "Nexter Systems et KMW, ensemble, seront plus forts, et deviendront même le premier acteur au niveau européen, le quatrième au niveau mondial", avait assuré en juillet dernier le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 20:55
Lancement du programme Scorpion de modernisation de l'armée de terre

Le véhicule blindé multi-rôles (VBMR) et l'engin blindé de reconnaissance et de combat (EBRC). Nexter Systems / Renault Trucks Defense / Thales

 

09 décembre 2014 par  Jacques Marouani - electroniques.biz

 

La première tranche du contrat, d’un montant de 752 millions d’euros, a été attribué à Nexter, Thales, et Renault Trucks Defense. Le programme fait aussi intervenir le groupe Safran pour l’optronique, et MBDA pour le Missile moyenne portée.

 

Le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian vient de donner le coup d’envoi du programme Scorpion de modernisation de l’armée de Terre en attribuant la première tranche d’un contrat d’un montant de 752 millions d’euros à Nexter, Thales, et Renault Trucks Defense. Les trois industriels devront développer, d’ici à 2018, deux véhicules, le VBMR (Véhicule blindé multirôles) et l’EBRC (Engin blindé de reconnaissance et de combat).

 

Il s’agit de la première étape d’un programme estimé à 5 milliards d’euros, qui s’étendra jusqu’en 2025. Il vise à un renouvellement de matériels à bout de souffle, en service depuis des décennies.

 

Pendant la phase de développement, le plan de charge de ce contrat représentera près de 1 000 emplois directs hautement qualifiés. Il sera de plus de 1700 emplois directs en phase de production.

 

Préparé par la Direction générale de l’armement (DGA), le marché comprend le développement et l’acquisition de 1 722 véhicules blindés multi rôles (VBMR), baptisés Griffon, destinés à remplacer les Véhicules de l’avant blindé (VAB) ; le développement et l’acquisition de 248 engins blindés de reconnaissance et de combat (EBRC), baptisés Jaguar, destinés à remplacer les chars légers AMX10RC et Sagaie, ainsi que les VAB HOT ; l’acquisition des systèmes de soutien et de formation associés.

 

Conformément à la loi de programmation militaire, la livraison des premiers VBMR est prévue en 2018, celle des premiers EBRC en début de période suivante.

 

Outre Nexter, Thales et RTD, le programme fait aussi intervenir le groupe Safran pour l’optronique, et pour l’armement de l’EBRC, CTA International pour le canon de 40 mm CTA et MBDA pour le Missile moyenne portée (MMP).

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 18:55
French Army invests in new Griffon troop carrier and Jaguar combat armoured vehicles

 

12/08/2014 Defence IQ Press

 

The French Army is moving ahead with its €5 billion Scorpion modernisation programme by announcing deals for Nexter, Renault Trucks Defense and Thales to develop two armoured vehicles worth almost €752 million.

 

Work on the Griffon, a six-wheel troop carrier VBMR, and a six-wheel EBRC combat vehicle, called Jaguar, will begin following feasibility studies ahead of the programme's launch.

The contract covers all phases of an armament program, from development to unit logistical support through the qualification and production of systems with Nexter working on the chassis, Renault on the engine, and Thales on the electronics systems.

Almost 2,000 vehicles, and all associated logistical support equipment, will be delivered to forces from 2018.

“It is almost €752 million I am committing today…to cover the development work for these two vehicles,” French Defense Minister Jean-Yves Le Drian told reporters.

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 16:55
Lancement du programme Scorpion par Jean-Yves Le Drian


08/12/2014 Ministère de la Défense

 

La loi de programmation militaire 2014-2019 prévoit l’autonomie stratégique de la France pour notre futur modèle d’armée. Pour satisfaire à cette exigence, le renforcement des capacités opérationnelles de nos forces est prévu à travers notamment, pour l’armée de terre, le programme d’armement Scorpion.

 

À l’occasion de sa visite à la 27e brigade d’infanterie de montagne à Varces (Isère), Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a confié aux industriels Nexter, Renault Trucks Défense (RTD) et Thales, la réalisation de près de 2 000 engins blindés dans le cadre du programme Scorpion, en présence de Laurent Collet-Billon, délégué général pour l’armement et du général d’armée Jean-Pierre Bosser, chef d’état-major de l’armée de terre. Il s’agit des deux premières opérations du programme Scorpion (qui comprend six opérations au total) pour un montant de 752 millions d’euros.

 

Lors de son adresse aux forces à Varces, le ministre a déclaré : « Le travail remarquable qui a déjà été mené me permet aujourd’hui de lancer le programme en toute sérénité. J’en avais pris l’engagement au salon Eurosatory 2014 : j’ai maintenant le plaisir de remettre aux cotraitants Nexter, Thales et Renault Trucks Défense, le marché couvrant la réalisation des véhicules blindés multi-rôles et de  l’engin blindé de reconnaissance et de combat. »

 

Pendant la phase de développement, le plan de charge de ce contrat représentera près de 1 000 emplois directs hautement qualifiés. Il sera de plus de 1 700 emplois directs en phase de production.

 

Le programme Scorpion permettra à l’armée de terre de moderniser, à partir de 2018, ses groupements tactiques interarmes (GTIA). Ces derniers, qui doivent faire face à tous les types de combat, verront leur gamme médiane renouvelée, autour de deux engins de combat. L’intégration des capacités du GTIA sera faite par un unique moyen d’information et de communication. Soutenable d’emblée, Scorpion intègre également la rénovation future du char Leclerc et le système de préparation opérationnelle (notamment avec la simulation embarquée).

 

Préparé par la Direction générale de l’armement (DGA), le marché comprend :

  • le développement et l’acquisition de 1 722 véhicules blindés multi rôles (VBMR), baptisés Griffon, destinés à remplacer les Véhicules de l’avant blindé (VAB) ;
  • le développement et l’acquisition de 248 engins blindés de reconnaissance et de combat (EBRC), baptisés Jaguar, destinés à remplacer les chars légers AMX10RC et Sagaie, ainsi que les VAB HOT ;
  • l’acquisition des systèmes de soutien et de formation associés.

 

Conformément à la Loi de programmation militaire, la livraison des premiers VBMR est prévue en 2018, celle des premiers EBRC en début de période suivante.

 

Outre Nexter, Thales et RTD, le programme fait aussi intervenir le groupe Safran pour l’optronique, et pour l’armement de l’EBRC, CTA International pour le canon de 40 mm CTA et MBDA pour le Missile moyenne portée (MMP).

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 12:56
Défense. La France donne un coup de jeune à ses blindés

Le ministre de la Défense a donné le coup d'envoi d'un ambitieux programme de modernisation des véhicules de combat de l'armée de Terre, baptisé Scorpion. Montant : cinq milliards d'euros. - photo Armée de Terre

 

07 décembre 2014 Ouest-France entreprises

 

Ils tiennent par la peinture et mériteront bien de prendre leur retraite ! Mais les vénérables VAB (véhicules de l'avant-blindé) et les AMX-10RC devront patienter au moins jusqu'en 2018 pour voir arriver la nouvelle génération de blindés de l'armée de terre qui équiperont deux brigades interarmes « à l'horizon 2025 », selon le ministère de la Défense.

 

Ces véhicules seront issus du programme Scorpion dont Jean-Yves Le Drian a annoncé le lancement lors de son déplacement à Varces, au 93e régiment d'artillerie de montagne.

 

Le montant de l'appel d'offres associé atteindra environ 2 milliards d'euros et la production sera franco-française, associant Nexter (46 % de la valeur du contrat), Renault Trucks Defense (37 %) et Thales (17 %).

 

Le fossé se creuse

 

Le programme Scorpion prévoit la commande de 1 722 Griffon, des véhicules blindés multirôles (VBMR) pour remplacer les VAB, et 248 engins blindés de reconnaissance et de combat (EBRC) Jaguar pour remplacer les AMX-10 RC et les Sagaie. Scorpion prévoit également la modernisation de 200 chars Leclerc avant 2025.

 

Mais entre les ambitions affichées il y a déjà plus de six ans et la réalité, le fossé se creuse. Ainsi, la loi de programmation militaire (2014-2019) ne prévoit que la livraison de 92 VBMR et des « commandes » non spécifiées de EBRC.

 

Quant au projet de loi de finances 2015, il annonce la commande du « système d'échange d'informations terrestre de Scorpion ». L'effort n'est cependant pas modeste : « Ce sont près de 752 millions d'euros que j'engage aujourd'hui, au titre de la tranche ferme de ce marché, pour couvrir les travaux de développement de ces deux véhicules », a précisé Jean-Yves Le Drian.

 

La visite du ministre aux troupes de montagne lui a aussi permis de faire le point sur le remplacement du calamiteux logiciel de soldes Louvois. « Le système Louvois est comme un cancer pour nos forces. Il faut l'empêcher de croître, le circonscrire, le soigner [...]. Mais il ne faut pas seulement soigner, il faut aussi guérir. »

 

D'où le développement d'un programme Louvois 2. Trois groupements, Sopra, Atos-Steria, Accenture-CGI, ont proposé des prototypes et l'un d'eux sera retenu au premier semestre 2015.

 

« Pendant toute l'année 2016, soit l'intégralité d'un cycle budgétaire, ce système sera éprouvé. Nous ne sauterons pas dans l'inconnu une deuxième fois », a expliqué le ministre de la Défense. Une bascule définitive pourrait intervenir au premier semestre 2017.

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 11:55
Scorpion c’est parti!

Signature du contrat Scorpion en présence des 3 PDG, du DGA et des officiers de programmes. Derrière une présentation 3D des programmes en grandeur réelle, effet garanti! (G Belan)

 

8 décembre, 2014 Guillaume Belan (FOB)

 

C’est à Varces chez les chasseurs alpins (27ème Brigade d’Infanterie Montagne) que le Ministre de la défense Jean-Yves Le Drian a officiellement lancé vendredi 5 décembre le programme Scorpion, qualifié d’ « enjeux de demain ». Scorpion, c’est le renouvellement des capacités de contact de l’armée de terre. Un programme qui va remplacer les VAB, AMX10RC et Sagaie hors d’âge. Deux véhicules ont été officiellement lancés et baptisés : le VBMR (Véhicule Blindé Multirôle), rebaptisé le Griffon et l’EBRC (Engin Blindé Reconnaissance et de Combat), appelé Jaguar. Mais pas seulement, Scorpion c’est aussi la mise en réseau et le passage de l’armée de terre au combat collaboratif, grâce notamment au système SICS (Système d’Information au Combat Scorpion).

 

Enfin !

 

Les premières études ont été lancé en 2005, avec le démonstrateur BOA (Bulle opérationnelle aéroterrestre), puis ce fut le marché d’architecture TNS-MARS (Thales Nexter Sagem), les démonstrateurs de mobilité BMX ainsi que le développement de la tourelle de 40 mm CTA (cased telescoped). 200 millions d’euros et presque 10 après, Jean-Yves le Drian a remis le marché à un groupement momentané d’entreprises pour le développement des deux nouveaux véhicules : EBMR et EBRC, pour un montant de 752 millions d’euros. S’il ne s’agit pour l’instant que d’un programme de développement, il est majeur en ce qu’il marque le lancement de la première étape de la phase 1 de Scorpion. Au total , Scorpion étape 1 court jusqu’en 2023 et représente un investissement de 5 Milliards d’euros. Avec l’étape 2, post-LPM, Scorpion représente pas moins de 8,7 Milliards d’euros !

 

GME Scorpion

 

Le groupement d’entreprise (solidarité d’entreprises sur la durée du programme) comprend Nexter, Renault Trucks Défense (RTD) et Thales. Nexter, mandataire est également le « design authority » de l’EBRC Jaguar, réalisant la caisse, protection et les aménagements. Thales est en charge de la partie vétronique et communication et de certaines fonctions (Version observation d’artillerie du VBMR). RTD est lui en charge de la partie mobilité : moteur, boite de vitesse, roues… et tourelleau (7.62 et 12.7 mm). Les véhicules seront assemblé à Roannes à partir de 2017. L’export du Jaguar sera assuré par Nexter et celui du Griffon par RTD et Nexter. Le GME sera basé à Satory, dans des bureaux dédiés de 700 m2 et organisés pour du travail en plateaux.

 

Communalités ?

 

Les deux véhicules seront dotés de briques technologiques communes : vétroniques, pneumatiques, systèmes d’armes (tourelleau…). Mais il s’agit bien de deux véhicules fondamentalement différents. L’un est un char léger et l’autre un transporteur multi-fonctions.

 

LE VBMR Griffon (crédits: Thales/Nexter/RTD)

LE VBMR Griffon (crédits: Thales/Nexter/RTD)

 

Le Griffon, 6X6 de la classe des 24,5 tonnes PTAC (réserve de masse de 1,5 tonne) sera décliné en plusieurs versions grâce à des kits additionnels (génie, PC, artillerie, Medevac….). Il sera doté d’un tourelleau de 7.62 ou 12.7 mm. Remplaçant les VAB, le besoin total est de 1722, dont les premiers seront livrés avant la fin de la période LPM (2018-2019). Un VBMR 4X4 léger (classe des 10 tonnes) sera acquis sur étagère à l’horizon 2021.

 

L’EBRC Jaguar (Thales/Nexter/RTD)

L’EBRC Jaguar (Thales/Nexter/RTD)

 

Le Jaguar, remplaçant des AMX10RC et ERC90 Sagaie, sera lui aussi un 6X6 mais basé sur un châssis différent (l’écart des essieux n’est pas le même que sur le VBMR). Avec un PTAC de 25 tonnes (700 kg de réserve) , il sera le char léger de l’armée de terre, alliant puissance de feu (missiles MMP), protection et mobilité. La tourelle habitée 2 hommes met en œuvre le tout nouveau calibre de 40 mm CTA (Cased Telescoped), très innovant et compact, il permet une élévation à 45°. Il sera propulsé par un moteur RTD 490 chevaux contre 400 pour le Griffon, soit un rapport poids/puissance de près de 20 chevaux la tonne. 248 Jaguar doivent être commandés.

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 07:55
Défense. Thales : un nouveau marché pour Cholet

 

07 décembre 2014 Ouest-France Entreprises

 

La conception et la fabrication d'engins blindés sont attribuées à un groupement comprenant Thales.

 

La nouvelle a été annoncée par Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, hier lors de son déplacement en Isère. A l'occasion de sa visite à la 27e brigade d'infanterie de montagne à Varces, il a remis le marché EBMR (Engin blindé multi-rôles) aux présidents du GME (groupement momentané d'entreprises) formé par les sociétés françaises Nexter Systems, Renault Trucks Défense et Thales, dans le cadre du programme Scorpion. La chaîne logistique sera gérée sur le site de Thales à Cholet, spécialisé dans les télécommunications de défense.

 

2 000 véhicules à partir de 2018

 

Ce marché « couvre toutes les phases d'un programme d'armement, du développement au soutien logistique en unité en passant par la qualification et la fabrication des matériels. Le GME s'engage sur les performances intrinsèques des matériels sur le long terme ainsi que sur la disponibilité opérationnelle des véhicules en service », explique Thales dans un communiqué. Les engins concernés, le véhicule blindé multi-rôles Griffon et l'engin blindé de reconnaissance et de combat Jaguar, remplaceront des véhicules « fabriqués dans les années 70 et 80 et utilisés intensivement par l'armée de Terre sur tous les théâtres d'opération depuis trente ans ».

 

Ce programme, « structurant pour Nexter, RTD et Thales ainsi que pour tout le tissu industriel français irrigué par les commandes de sous-traitance du GME permettra la création d'un millier d'emplois dans sa phase de développement et de 1 700 emplois dans sa phase de production », assure Thales. Près de 2 000 véhicules, et tous les moyens de soutien logistique associés, doivent être livrés aux forces armées à partir de 2018.

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