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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 21:56
Jean-Yves Le Drian a annoncé le lancement du programme Scorpion

 

05/12/2014 DGA

 

La Loi de programmation militaire 2014-2019 prévoit l’autonomie stratégique de la France pour notre futur modèle d’armée. Pour satisfaire à cette exigence, le renforcement des capacités opérationnelles de nos forces est prévu à travers notamment, pour l’armée de terre, le programme d’armement Scorpion.

 

À l’occasion de sa visite à la 27e brigade d’infanterie de montagne à Varces (Isère), Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a confié aux industriels Nexter, Renault Trucks Défense (RTD) et Thales, la réalisation de près de 2 000 engins blindés dans le cadre du programme Scorpion, en présence de Laurent Collet-Billon, délégué général pour l’armement et du général d’armée Jean-Pierre Bosser, chef d’état-major de l’armée de terre. Il s’agit des deux premières opérations du programme Scorpion (qui comprend six opérations au total) pour un montant de 752 millions d’euros.

Lors de son adresse aux forces à Varces, le ministre a déclaré : « Le travail remarquable qui a déjà été mené me permet aujourd’hui de lancer le programme en toute sérénité. J’en avais pris l’engagement au salon Eurosatory 2014 : j’ai maintenant le plaisir de remettre aux cotraitants Nexter, Thales et Renault Trucks Défense, le marché couvrant la réalisation des véhicules blindés multi-rôles et de  l’engin blindé de reconnaissance et de combat. »

Pendant la phase de développement, le plan de charge de ce contrat représentera près de 1 000 emplois directs hautement qualifiés. Il sera de plus de 1 700 emplois directs en phase de production.

Le programme Scorpion permettra à l’armée de terre de moderniser, à partir de 2018, ses Groupements tactiques interarmes (GTIA). Ces derniers, qui doivent faire face à tous les types de combat, verront leur gamme médiane renouvelée, autour de deux engins de combat. L’intégration des capacités du GTIA sera faite par un unique moyen d’information et de communication. Soutenable d’emblée, Scorpion intègre également la rénovation future du char Leclerc et le système de préparation opérationnelle (notamment avec la simulation embarquée).

 

Préparé par la Direction générale de l’armement (DGA), le marché comprend :

  • le développement et l’acquisition de 1 722 Véhicules blindés multi rôles (VBMR), baptisés Griffon, destinés à remplacer les Véhicules de l’avant blindé (VAB) ;
  • le développement et l’acquisition de 248 Engins blindés de reconnaissance et de combat (EBRC), baptisés Jaguar, destinés à remplacer les chars légers AMX10RC et Sagaie, ainsi que les VAB HOT ;
  • l’acquisition des systèmes de soutien et de formation associés.

Conformément à la Loi de programmation militaire, la livraison des premiers VBMR est prévue en 2018, celle des premiers EBRC en début de période suivante.

Outre Nexter, Thales et RTD, le programme fait aussi intervenir le groupe Safran pour l’optronique, et pour l’armement de l’EBRC, CTA International pour le canon de 40 mm CTA et MBDA pour le Missile moyenne portée (MMP).

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 08:57
Cinq milliards d'euros pour moderniser l'armée de terre

 

05/12/2014 Par Véronique Guillermard - LeFigaro.fr

 

Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, notifie aujourd'hui le premier contrat à Thales, Nexter et RTD.

 

Moderniser, optimiser et numériser. L'armée de terre engage un vaste mouvement de renouvellement de ses matériels et de ses systèmes d'information et de communication. En déplacement à Varces (Isère), Jean-Yves Le Drian donne, ce vendredi 5 décembre, le coup d'envoi du programme Scorpion, dont la phase 1 représente 5 milliards d'euros d'investissements.

 

Le ministre de la Défense va notifier un premier contrat de 752 millions à un groupement composé de Nexter, Thales et Renault Trucks Defense (RTD), qui enclenchera le développement de deux nouveaux engins. Le premier, le véhicule blindé multirôle (VBMR), remplacera progressivement le VAB, le véhicule à tout faire des fantassins. Le second, l'engin blindé de reconnaissance de combat (EBRC), succédera aux chars légers AMX-10 RC et Sagaie. Ces matériels sont à bout de souffle après quarante ans de bons et loyaux services. «Nous sommes arrivés à la limite mécanique de ces matériels, dont les coûts de maintenance explosent et dont les taux de disponibilité sont souvent sous le seuil critique», souligne un colonel de l'armée de terre. Les blindés sont ultrasollicités sur les théâtres d'opération où sont déployés 8 300 militaires français.

 

Les industriels doivent livrer les premiers blindés à partir de 2018, afin que 92 VBMR soient en service d'ici à la fin de la loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019. Nexter, Thales et RTD se sont engagés sur un prix fixe, un calendrier, des coûts de maintenance, ainsi qu'une grande modularité. Le VBMR, un blindé de la classe des 20-25 tonnes, sera décliné en six versions et pourra passer de l'une à l'autre - d'un véhicule de transport de troupes en engin sanitaire - grâce à des «kits» amovibles. Un VBMR léger, un 4 × 4 de la classe des 10 tonnes, dédié aux unités de renseignement, sera aussi développé.

 

La phase 1 de Scorpion s'ouvre après dix ans d'études

 

Autre progrès pour les militaires, la simplification des opérations de maintenance. Les véhicules sont conçus pour être entretenus et réparés rapidement sur les théâtres d'opération, sans qu'il soit besoin de retourner à l'usine. Les deux blindés ont aussi des composants communs tels que l'optronique, les pneumatiques, la boîte de vitesses, etc. Ils sont adaptés aux besoins des conflits modernes. Protégés des bombes artisanales (ied), ils pourront rouler pendant 800 km sans se ravitailler et ils disposeront d'une autonomie au combat de 72 heures, contre 24 heures aujourd'hui. Les industriels ont pris des engagements sur un taux de disponibilité moyen de 80 % et même de 95 % pour les véhicules envoyés en opérations extérieures (Opex), contre 50 % pour les VAB aujourd'hui.

 

Après ce premier contrat, d'autres notifications sont prévues avant la fin de la LPM 2014-2019, notamment la rénovation de 200 chars d'assaut Leclerc, à partir de 2018. La phase 1 de Scorpion s'ouvre après dix ans d'études et 200 millions d'euros investis pour «dérisquer» certains pans du programme. Quant à la seconde phase, son déroulement et son financement sont reportés à la prochaine LPM (2020-2025). Au total, Scorpion doit permettre à l'armée de terre de disposer de 200 chars lourds rénovés, 2 700 blindés multirôle et de combat, ainsi qu'un système d'information à haut débit unifié.

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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 17:35
L’Inde lance la compétition pour des canons automoteurs


02.12.2014 par Guillaume Belan (FOB)
 

Le Defence Acquisition Council (DAC) indien vient (enfin!) de décider, le 25 novembre dernier, de lancer la procédure d’acquisition pour 814 canons d’artillerie autopropulsés de 155 mm 52 calibre, pour un montant de 2,5 milliards de dollars. Le RfP (Request for Proposal) serait imminent. Ce programme d’acquisition remonte aux années 80. Las, un scandale de corruption avait alors annulé la procédure. L’armée de terre indienne a lancé plusieurs compétitions pour remplacer ses 2000 canons de 105 mm : canons tractés, embarqués sur camions ou chenillés de différents calibres, pour un marché total estimé à plus de 5 milliards d’euros.

Pour la compétition canons autopropulsés, le français Nexter s’est allié à Larsen & Toubro et propose une version locale du Caesar (relier ici l’article de FOB). Les 100 premiers systèmes doivent être achetés sur étagère et les 714 suivant produits localement.

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 06:35
Decks Cleared For Indian Truck-Mounted 155mm Gun Competition

 

November 22, 2014 Livefist

 

The Indian MoD's Defence Acquisition Council (DAC), the first chaired by new defence minister Manohar Parrikar, today cleared the Indian Army's proposal to tender for 814 mounted gun systems (MGS), a deal that could be worth $2 billion. Known contenders are Tata SED with its 155mm Tata-truck mounted gun system and the L&T-Ashok Leyland-Nexter 155mm CEASAR gun mounted on an Indian-built Super Stallion 6x6 chassis (photo). More details soon.

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 17:55
GIRO 2014


17/10/2014  -CDEF/Comm

 

La première réunion du Groupe d’information et de réflexion opérationnelle (GIRO), qui a réuni une cinquantaine d’experts de l’industrie de défense ainsi que des représentants du Centre de doctrine d’emploi des forces, de la Section technique de l’armée de Terre et de l’État-major de l’armée de Terre, a eu lieu le 6 mai dernier en amphithéâtre de Bourcet, à l’École militaire.

 

Sous la présidence du général Jean-François Parlanti, commandant le CDEF, et du général de corps d’armée (2S) Georges Ladevèze, conseiller Défense du président d’AIRBUS HELICOPTERS, les thèmes abordés ont permis de réaliser un point de situation sur les sujets en cours concernant l’emploi des forces (CDEF) et les derniers Retours d’expérience en termes d’équipements (STAT). Deux industriels, MBDA et NEXTER, ont également fait part à l’assemblée des avancées sur deux programmes d’armements : le Missile moyenne portée (MMP), successeur du missile MILAN, et la future mise aux normes du VBCI dans la cadre de son intégration dans le programme SCORPION.

 

La séance a été clôturée par le vote et la nomination du général de corps d’armée (2S) Jean-Tristan Verna, vice-président Public Affairs France  d’AIRBUS GROUP, comme nouveau co-président du GIRO, le général (2S) Ladevèze quittant ses fonctions chez l’industriel.

GIRO 2014

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 16:55
Armement : le contrat Scorpion enfin dompté

L'armée de terre doit acquérir 92 VBMR au cours de la période de la loi de programmation militaire (LPM) sur un objectif de 2.080 blindés

 

05/11/2014 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Les trois industriels participants au programme Scorpion (Nexter, Renault Trucks Défense, Thales) et la direction générale de l'armement (DGA) ont signé le contrat. Une commande de 6,5 milliards d'euros sur 18 ans.

 

Selon des sources concordantes, les trois industriels participants au programme Scorpion (Nexter, Renault Trucks Défense, Thales) et le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, ont signé le contrat. Un programme très important dans le cadre de la modernisation des équipements de l'armée de terre d'une valeur de 6,5 milliards d'euros sur une période de 18 ans. Le contrat est actuellement à l'étude à Bercy et devrait être notifié d'ici à la fin de l'année, vraisemblablement début décembre comme le souhaiterait le ministère de la Défense.

Le programme Scorpion, qui a pour objectif de renouveler et moderniser les moyens des Groupements tactiques interarmes (GTIA) de l'armée de terre, est crucial pour Nexter ainsi que la filière de l'armement terrestre : 6,5 milliards sur 18 ans, dont 1 milliard dans l'actuelle loi de programmation militaire (LPM). Avec ce programme, Nexter devrait empocher environ la moitié des 6,5 milliards d'euros pour le développement et la fabrication de 2.080 véhicules blindés multirôles (VBMR), un véhicule 6x6 de 18-19 tonnes, et de 248 Engins blindés de reconnaissance et de combat (EBRC) ainsi que des tranches de soutien. La part de Renault Trucks Défense (RTD) devrait s'élever quant à elle entre 2,4 et 2,8 millliards d'euros.

 

Scorpion, un programme dédié à l'armée de terre

Le cœur du programme Scorpion permettra l'intégration de tous les systèmes d'information existant actuellement en un seul. Il deviendra à terme le système des systèmes d'information permettant à tous les éléments du GTIA de dialoguer selon un même langage et une même procédure. Mais c'est aussi une nouvelle génération de systèmes d'armements comme le successeur des antiques VAB (Véhicule de l'avant blindé), "le chameau" de l'armée de Terre vieux de 40 ans en 2016.

Ainsi, le Véhicule blindé multirôles (VBMR), un véhicule 6x6 de 18-19 tonnes, vaudra grand maximum 1 million d'euros TTC l'unité, hors tourelleau. L'armée de terre doit acquérir 92 VBMR au cours de la période de la loi de programmation militaire (LPM) sur un objectif de 2.080 blindés au total. Ils seront livrés à compter de 2018. En novembre 2011, Nexter Systems et Renault Trucks Defense avaient conclu un accord de coopération en vue d'apporter une solution unique lors de la consultation pour le programme VBMR, destiné à assurer le rééquipement des forces françaises en véhicules blindés multi-rôles de classe moyenne.

 

Modernisation des chars Leclerc

Elle doit également disposer des EBRC, qui sera équipé, avait précisé en juin dernier le ministre de la Défense, "du nouveau missile moyenne portée (...), le MMP et du canon de 40 mm télescopé", pour renouveler l'actuel parc de véhicules blindés AMX 10RC, ERC 90 et VAB Hot. L'objectif à terme est fixé à 248 pièces.

Scorpion prévoit également la modernisation de 200 chars Leclerc avant 2025. Car, selon Jean-Yves Le Drian, Scorpion "permettra de maintenir la capacité du char Leclerc jusqu'en 2040, en l'intégrant à la manœuvre des GTIA". Un marché qui devrait être passé en 2015. Enfin, les premiers missiles MMP, fabriqués par MBDA, devraient être livrés en 2017 de façon à éviter une rupture capacitaire dans le domaine des missiles tactiques du combat débarqué.

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 12:45
Aravis - photo Yves Debay, Nexter

Aravis - photo Yves Debay, Nexter


 

Versailles, le 29 octobre 2014 – Nexter Systems

 

Philippe Burtin, Président Directeur Général du Groupe, a signé ce jour le contrat pour la fourniture de 12 véhicules 4x4 hautement protégés ARAVIS® en présence des Ministres de la Défense français et gabonais, Jean-Yves Le Drian et Ernest Mpouho Epigat.

 

Equipés de tourelles 20mm téléopérées ARX20, du système de protection anti-RPG PG-Guard, et des mini-robots de reconnaissance NERVA®LG, ces 12 ARAVIS® équiperont un bataillon qui sera prochainement déployé en République centrafricaine sous l’égide des Nations -Unies au sein de la MINUSCA.

 

A propos de Nexter Systems

Nexter, grâce à sa maîtrise des systèmes blindés de combat terrestre, a pour vocation de répondre aux besoins des armées de Terre française et étrangères. Son domaine d'activité s'étend à la fourniture de systèmes et de munitions pour les armées de l'Air et de Terre, et la Marine. Le chiffre d'affaires de Nexter s'est établi pour 2013 à 787 M€ et l'entreprise alloue 18% de son chiffre d'affaires aux activités de Recherche & Développement. La gamme de produits proposés par Nexter est notamment composée de véhicules multi -missions ARAVIS®, véhicules de combat VBCI, systèmes d'artillerie CAESAR®, TRAJAN® et 105 LG, munitions intelligentes BONUS, services clients, soutien et revalorisation.

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 12:30
L’armée libanaise notamment récupérer d’une trentaine canons d’artillerie Caesar Nexter.

L’armée libanaise notamment récupérer d’une trentaine canons d’artillerie Caesar Nexter.

 

05/11 Alain Ruello -  lesechos.fr

 

Le contrat, de trois milliards de dollars, assure dix ans d’activité à la France.

 

Les détails commencent à filtrer sur le méga contrat français d’armement financé par l’Arabie Saoudite au profit de l’armée libanaise qui vient de faire l’objet d'un engagement formel de la part de Ryiad . D’un montant de 3 milliards de dollars, ce contrat nécessite encore quelques calages, mais cela ne traînera pas : Odas, l’entité publique-privée chargée d’exportations de défense qui agit au nom de la France, et l’armée libanaise se sont donnés 30 jours ouvrables à compter de mardi pour y parvenir.

Il y a donc de bonnes chances pour que le paiement de l’acompte, qui marquera la mise en œuvre du contrat, intervienne d’ici à la fin de l’année, gonflant de 2,4 milliards d’euros les statistiques 2014 des exportations militaires de la France. Bel exploit en vérité, à mettre au crédit des équipes du ministère de la défense, d’Odas, et des industriels concernés, car il ne se sera pas écoulé un an depuis l’annonce de l’accord, fin 2013, lors de la visite de François Hollande en Arabie Saoudite.

« Un contrat tri-partite ce n’est pas courant. Un contrat de 3 milliards de dollars non plus. Et un contrat qui fait intervenir autant d’armements, encore moins. Alors un contrat qui combine le tout, c’est franchement rare », confirme une source proche. Jean-Yves Le Drian, le ministre de la défense, va d’ailleurs se rendre à Riyad ce mois-ci pour marquer le coup politiquement.

 

Un contrat éléphant blanc

Sous-entraînée et sous-équipée, l’armée libanaise va donc pouvoir se refaire une beauté face aux jihadistes qui menacent la stabilité du pays du cèdre. Dans le domaine terrestre, ils vont récupérer des véhicules blindés d’infanterie VAB Mark III de Renault Trucks Defense (une centaine au maximum), des missiles anti-aériens Mistral montés sur des véhicules blindés légers (de Renault Trucks Defense également), des canons d’artillerie Caesar de Nexter (moins d’une trentaine), ou encore des mortiers.

Côté aéromobilité, l’accord inclut des hélicoptères d’attaque Gazelle d’occasion armés de missiles Hot et de transport Cougar (probablement neufs). Sur mer, les Constructions mécanique de Normandie (CMN) vont livrer trois, voire quatre, patrouilleurs. Le dernier volet porte sur le renseignement et les communications, avec des drones tactiques notamment.

Les livraisons démarreront en début d’année prochaine et s’étaleront jusqu’au milieu de 2018 (Cougar en dernier). Il est prévu 5 ans de maintenance et une formation opérationnelle à la charge de l’armée française. Véritable éléphant blanc, ce contrat assure une dizaine d’années de présence et d’activité pour la France au Liban

VAB Mk3 en essais (photo RTD)

VAB Mk3 en essais (photo RTD)

VBL Mistral (photo RTD)

VBL Mistral (photo RTD)

Cougar as 532

Cougar as 532

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 17:30
VBL Mistral - photo RTD

VBL Mistral - photo RTD

 

5 novembre, 2014 Guillaume Belan

 

Selon l’agence de presse Lebanese National News, le contrat entre la France, via son agence ODAS, et l’Arabie Saoudite, vient d’être signé à Riyad après près d’un an de négociations. Ce contrat vise à doter l’armée libanaise de moyens militaires pour sa lutte contres les djihadistes, pour plus de 3 milliards de dollars.

 

C’est le volet financier qui a été signé hier par le ministre des finances saoudien. Jean-Yves Le Drian se rendra courant novembre en Arabie Saoudite pour signer le plan d’équipement tripartite.

 

Au total 20 sociétés françaises sont concernées par ce contrat. 5% de ce montant concerne le volet formation, impliquant DCI (Défense Conseil International) et l’armée française pour la partie opérationnelle. Pour l’équipement, le gros concerne la partie terrestre pour 45% de la valeur du contrat

 

Ce contrat acte la première vente du dernier développement du VAB français de Renault Trucks Defense, le VAB Mark3. Mais il y aura également des véhicules de transport de troupes (TRM2000…)  d’occasion du stock armée de terre. Mais aussi des radars de Thales, des missiles Milan antichar ainsi que des armes légères pour l’infanterie. Le contrat prévoirait également l’acquisition de canons d’artillerie Caesar de Nexter.

 

La partie aéromobilité compte pour 30% de la valeur des 3 milliards de dollars. Les équipements  incluent des Gazelle d’occasion retrofitées avec des missile HOT filo-guidés; des hélicoptères de transport Cougar ou encore des systèmes de drones SDTI Sperwer.

 

Notons enfin pour le volet marine, l’achat d’OPV de CMN équipés de missiles Mistral et de canons.

 

Les livraisons doivent débuter d’ici un mois et s’achever à l’horizon 2018.

 

A noter également que ce plan saoudien de réarmement libanais comporte un second volet: l’État Libanais va disposer d’un milliard supplémentaire pour acheter, mais cette fois-ci à son choix, des équipements militaires, là où il le voudra…

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 19:56
VBL - photo EMA

VBL - photo EMA

 

04/11/2014, Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

L'Arabie saoudite et la France ont signé ce mardi à Ryad un contrat de livraison d'armes françaises pour le Liban, menacé par la poussée jihadiste, grâce à un don saoudien de trois milliards de dollars.

 

L'affaire est enfin dans le sac pour Paris. Mais la signature du contrat d'aide à l'armée libanaise (Donas) entre l'Arabie Saoudite et la France n'a pas été un long fleuve tranquille. Loin de là. Interrogées il y a encore peu de temps plusieurs sources proches du dossier avaient fait part de leur scepticisme à La Tribune, expliquant l'enlisement du dossier par les hésitations de Ryad à armer le Liban sans avoir un président à la tête du pays notamment. Mais la situation s'est finalement débloquée, l'information commençant même à circuler en début de semaine dernière.

Pourquoi un tel dénouement ? Selon des sources concordantes, le détonateur aura été l'Iran. Car Téhéran, qui soutient le Hezbollah libanais, a proposé à Beyrouth un don de 1 milliard de dollars pour s'équiper militairement. L'Iran avait même donné carte blanche aux Libanais dans le choix des armements. Des livraisons qui auraient pu s'accompagner de la venue de conseillers militaires iraniens. Une opération qui était "un vrai souci" pour l'Arabie Saoudite dirigé par une dynastie sunnite, explique-t-on à La Tribune. D'où le nouvel empressement de la famille royale à finaliser le contrat Donas.

 

31 contrats

Le contrat a été signé par le ministre saoudien des Finances, Ibrahim al-Assaf, et le patron de la société publique française d'exportation de matériel de défense Odas, Edouard Guillaud. Le chef de l'armée libanaise, le général Jean Kahwaji, était présent à la cérémonie de signature. L'Arabie Saoudite a signé 31 contrats avec les entreprises françaises, par l'intermédiaire d'ODAS, qui intervient essentiellement en Arabie saoudite dans le cadre de contrats d'État à État ou de contrats commerciaux pour le compte d'une dizaine de grands groupes français.

Cet accord "illustre la qualité exceptionnelle de la relation franco-saoudienne", a estimé ce mardi le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. C'est le roi Abdallah en personne qui a demandé d'accélérer la finalisation du contrat. Donas contribuera "à renforcer l'armée libanaise" et "l'aidera à assurer sa mission de défense du territoire et de lutte contre le terrorisme alors que le Liban est menacé", a précisé Laurent Fabius. L'armée libanaise est engagée contre des djihadistes qui retiennent en otages des dizaines de soldats et de policiers depuis début août après des combats dans l'est du Liban, à la frontière de la Syrie.

 

Un don de 3 milliards de dollars

Fin 2013, le roi Abdallah d'Arabie Saoudite avait demandé à la France de fournir aux forces armées libanaises des matériels militaires pour un montant de 3 milliards de dollars. Sur ces 3 milliards promis par Ryad, 2,1 milliards doivent être consacrés à l'achat de matériels et 900 millions à leur entretien. Selon le quotidien panarabe à capitaux saoudiens, Al-Hayat, les premières livraisons d'équipements devraient "intervenir dans un mois".

"La France a développé un plan d'équipement qui devrait permettre aux forces armées libanaises de disposer de moyens nouveaux, à la fois terrestres, aéroterrestres et navals, avait expliqué début octobre à l'Assemblée nationale le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. C'est une nécessité. (...) Les forces armées libanaises constituent le dernier rempart de sécurité face à la menace qui pèse sur ce pays : en sus des divisions confessionnelles qui traversent ce pays en raison de l'afflux de réfugiés, le danger est celui de Daesh, comme on l'a vu cet été avec l'attaque de la ville d'Ersal".

 

Quels équipements ?

A qui profite cette manne ? Notamment à Thales, qui pourrait, selon nos informations profiter de près du tiers de la somme de 2,1 milliards de dollars d'achats d'équipements neufs (radars, optronique, systèmes de communications...) Renault Trucks Défense (RTD) est également bien servi par la vente de VAB (Véhicule de l'avant blindé) équipés d'une tourelle de Nexter et de VBL (Véhicule blindé léger). En revanche, pas de VBCI (Véhicule blindé de combat d'infanterie) de Nexter jugés trop gros par le Liban. Dans le domaine de l'aéroterrestre, la France a inclus dans la liste des hélicoptères Gazelle ainsi que des hélicoptères de transport. Enfin, MBDA devrait vendre son missile surface-air Mistral, qui équiperont les VBL.

Dans le domaine naval, c'est le chantier basé à Cherbourg CMN (Constructions mécaniques de Normandie), propriété du Libanais Iskandar Safa, qui a remporté la mise face à DCNS, qui proposait des Gowind de la classe Adroit, et Raidco. Le chantier naval des CMN fournira à la marine libanaise trois patrouilleurs, équipés du système Simbad-RC de MBDA.

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 17:56
Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

 

04.11.2014 par Guillaume Belan (FOB)

 

Second épisode de notre immersion dans le projet franco-allemand pour constituer ce qui devrait être l’un des grands industriels du terrestre dans le futur. A y regarder de plus près les deux industriels, Nexter et KMW sont à la fois proches et différents.

 

Profils similaires

Proches dans leur poids : 3200 salariés pour l’allemand, 3300 pour le français. Un chiffre d’affaires de 900 millions d’euros pour Nexter et 800 pour l’allemand… soit deux entreprises en bonne santé qui investissent pour s’armer pour l’avenir. Pour les deux sociétés, le capital est détenu par un actionnaire unique et stable, familiale pour KMW et étatique pour le français. Mais plus que cela, « Nexter et KMW ont une vision stratégique commune et des cultures d’entreprises proches » insiste Philippe Burtin, PDG de Nexter.

 

Gammes complémentaires

Les différences concernent le portefeuille produits. Si a priori, l’allemand et le français semblent compétiteurs, à y regarder de plus près, pas tant que ça. Les deux font des chars lourds, l’allemand dispose d’un best-seller, le Léopard, qui continue de se vendre (Qatar..), alors que le Leclerc n’est plus en production et a rencontré un succès beaucoup plus mitigé à l’export. Sur la gamme des blindés d’infanterie chenillés: KMW dispose du Puma, le français n’a pas de produit sur ce créneau. L’artillerie est révélatrice : alors que l’allemand dispose d’une gamme chenillée (PZH2000…), le français affiche lui des produits à roues (Caesar, Trajan…). Bref, un mariage idéal. Même constat pour les véhicules de franchissement et du génie.

Le secteur des blindés à roues est plus délicat : le VBCI et le Boxer semble s’affronter dans le créneau des 8X8 de 30 tonnes. Reste « qu’ils sont en compétition apparente » note le PDG français, « et se retrouvent très peu souvent en compétition ». L’explication: alors que le VBCI est plus tourné vers le combat, le Boxer est plus un blindé de transport. Reste que le rapprochement devra aboutir à une réflexion sur certaines gammes, comme sur le segment des 4X4 hautement protégés de la classe des 12 tonnes : entre l’Aravis français et le Dingo allemand. Autre complémentarité des gamme : alors que Nexter a investi le segment des robots (Mule, Nerva…), KMW a lui fait le choix de la simulation. Bref, les deux gammes « dépoussiérées », KANT disposera de l’un des portefeuilles produits les plus complet du marché.

 

Le char du futur sera franco-allemand !

On reprochait a ce rapprochement franco-allemand de ne pas reposer sur un projet industriel commun, et bien c’est faux !

« Un groupe de travail bi-étatique travaille déjà sur le char lourd futur » a révélé Philippe Burtin. Remplaçant des Léopard et Leclerc, le futur char, sera donc franco-allemand. Ainsi les deux côté du Rhin se sont rapprochés, dialoguent, et doivent aboutir à « un char de combat à l’horizon 2020-2025 ».

 

A suivre…

 

Note RP Defense : voir KANT : vers la constitution d’un champion européen (1ère partie)

 

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 17:50
D'ici à 2030, un char franco-allemand défilera sur les Champs-Elysées. - Leclerc (Nexter) - LEOPARD 2 A4 (KMW)

D'ici à 2030, un char franco-allemand défilera sur les Champs-Elysées. - Leclerc (Nexter) - LEOPARD 2 A4 (KMW)

 

24/10/2014 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

L'opération de rapprochement entre Nexter et l'allemand Krauss-Maffei Wegmann a, jusqu'à présent, surmonté toutes les péripéties et turbulences générées par les déclarations et décisions du ministre de l'Economie allemand Sigmar Gabriel.

 

En dépit des turbulences provoquées par le débat sur les exportations d'armes en Allemagne, le projet de rapprochement (Kant) entre les deux spécialistes de l'armement terrestre européens - Nexter et l'allemand Krauss-Maffei Wegmann (KMW) - avance sans trop d'anicroches. Liés par une clause d'exclusivité de neuf mois pouvant être prorogée en vue de conclure cette opération, les deux groupes ont entamé vendredi dernier le processus d'ouverture des comptes ("due diligence") pour déterminer la valeur des deux entreprises.

Une opération à l'issue de laquellle le paiement d'une soulte pourrait être demandé afin de respecter le principe intangible de co-contrôle entre l'Etat français et de la famille Bode de la future holding, qui doit être créée et baptisée provisoirement Newco. Un principe de co-contrôle (50-50) approuvé au début des discussions par les 27 actionnaires familiaux de KMW (100 %). Y compris l'action spécifique de l'Etat français sur des actifs stratégiques de Nexter (armes et munitions fabriquées en France).

"La présence de l'Etat français [via Giat-Industries, holding de Nexter, Ndlr] au capital de Newco est acceptée par l'actionnariat allemand, explique le Pdg de Nexter, Philippe Burtin. Il est un gage de la pérennité d'une vision industrielle à long terme". Dans ce cadre, les deux actionnaires se sont engagés à rester au minimum cinq ans dans le capital de la future société. La présence de l'Etat français est bien comprise comme cela par la famille Bode, elle aussi engagée sur le long terme.

 

Un char de combat franco-allemand?

"La vision [de ce que doit être le groupe, Ndlr] entre KMW et Nexter est très proche", assure le Pdg de Nexter. Il le faudra bien, un certain nombre de décisions étant prises à l'unanimité. Contrairement à Rheinmetall, munitionnaire et armurier, les deux entreprises veulent rester un systémier-intégrateur sur toute la gamme. "Nous allons constituer une gamme unique sur le marché et complémentaire en termes de marchés et de produits", se réjouit Philippe Burtin. En outre, les deux actionnaires seront liés par un pacte régissant la gouvernance.

Rapprochement ne signifie pas pour autant fusion. Car Nexter et KMW conserveront leurs autonomies juridiques et leurs sièges sociaux. En outre, les deux partenaires maintiendront en place au sein de KMW et de Nexter des organisations et des équipes de management. Enfin, les deux marques seront conservées. Au moins jusqu'au renouvellement du portefeuille produits. On parle déjà à l'horizon 2020-2025 d'un char de combat franco-allemand. "Il existe déjà des groupes de réflexions en commun aux deux pays", souligne Philippe Burtin. Et le PDG souhaite que Nexter entretienne des compétences dans ce domaine crucial, notamment la vétronique qui est un enjeu pour les véhicules militaires. Elle permet d'avoir à bord des véhicules une architecture centralisée des systèmes d'information et de contrôle nécessitant des calculateurs embarqués puissants et compacts.

 

Pourquoi pas un troisème acteur ?

Basée aux Pays-Bas, cette nouvelle société, qui détiendra 100 % de Nexter et de KMW, sera organisée avec un conseil de surveillance de sept personnes (deux représentants de l'Etat français, deux de la famille Bode-Wegmann et trois indépendants), dont le président sera choisi parmi les indépendants, et un directoire, composé au minimum par les deux PDG de Nexter et de KMW (Philippe Burtin et Frank Haun). Cette structure telle qu'elle a été souhaitée permet d'accueillir d'éventuels futurs partenaires. Et pourquoi pas les Italiens d'Oto Melara (groupe Finmeccanica), qui avaient été pourtant approchés par Nexter en 2010 quand son PDG faisait le tour d'Europe pour trouver un partenaire. "Les Italiens s'interrogent aujourd'hui sur cette occasion ratée", décrypte Philippe Burtin.

La nouvelle société sera plus particulèrement chargée de définir et élaborer les principes d'organisation du groupe, des objectifs des sociétés opérationnelles - Nexter et KMW - et de contrôler leur réalisation, du reporting vers les actionnaires, de définir la stratégie marché et la stratégie produits, du marketing et des ventes à l'international (y compris les salons), de coordonner la Recherche et Développement, la production, la politique d'achats... à des fins d'optimisation et enfin, d'assurer et de mettre en oeuvre les moyens financiers nécessaires à l'activité du groupe et de ses filiales.

 

Et Berlin ?

Après avoir été soumise ces dernières semaines à une forte pression en Allemagne, cette opération semble peu à peu être acceptée par certains hauts responsables allemands, notamment Sigmar Gabriel qui a joué un jeu trouble. Un ministre de l'Economie allemand qui également agacé toute l'industrie de défense allemande, notamment le patron d'Airbus group Tom Enders, en pratiquant une politique restrictive en matière d'exportation d'armements. Avec des impacts sur des livraisons en cours pour les industriels français ou franco-allemands, dont certains matériels restent bloqués par Berlin. Nexter n'est actuellement pas touché par ce type de décisions, explique-t-on dans le groupe.

Pour autant, assure-t-on, le climat est plutôt à l'apaisement actuellement entre Berlin et les industriels de l'armement. L'Allemagne est actuellement en train de débloquer "au cas par cas" certaines livraisons et approuve certaines commandes, y compris le contrat signé en janvier 2013 par KMW avec le Qatar portant sur la livraison de systèmes d'armes supplémentaires. "Les exportateurs allemands continuent de recevoir des autorisations", constate-t-on.

Ce qui est une bonne nouvelle pour le rapprochement entre Nexter et KMW, une opération quelque peu parasitée par les récentes déclarations de Sigmar Gabriel. D'autant que le partenaire historique de KMW, Rheinmetall était à l'affût pour évincer Nexter. Sauf qu'il veut le contrôle total de KMW, qui lui ne veut pas en entendre parler. Le dossier reste à suivre... tant les méandres de la politique allemande peuvent être toujours et encore surprenants.

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 11:50
XP2 (Nexter) - IFV Puma (KMW)

XP2 (Nexter) - IFV Puma (KMW)

 

23 octobre 2014, Par Hassan Meddah – Usine Nouvelle

 

Malgré les restrictions en matière d’exportation d’armes imposées aux fabricants outre-Rhin, le spécialiste français des véhicules blindés Nexter réaffirme l’intérêt de son rapprochement avec l’allemand Krauss Maffei Wegmann. La constitution d’une force commerciale unique à l’international serait le premier chantier du nouvel ensemble. Un premier blindé pourrait voir le jour dans l’année qui suivra le rapprochement.

 

Le rapprochement de Nexter avec Krauss Maffei Wegmann (KMW), annoncé en juillet, peut-il souffrir de la nouvelle volonté allemande de mieux encadrer, voire limiter, les livraisons d’armes par ses champions industriels du secteur de la défense ? La question se pose depuis que le gouvernement d'outre-Rhin a empêché plusieurs contrats d’exportation d’aller à leur terme. Le missilier européen MBDA n’a pu livrer des missiles antichars vers un pays du Golf, Berlin refusant de donner l’autorisation pour la vente des postes de tirs fabriqués en Allemagne. Alors que sa filiale Helicopters pourrait voir son action entravée pour des ventes de machines en Ouzbekistan, le patron du groupe Airbus, Tom Enders, est monté au créneau pour dénoncer "les états d’âmes nationaux" de son pays dans ce domaine.

 

Le fabricant du char Leclerc espère que le gouvernement allemand trouvera une réponse politique et pragmatique. Les récentes autorisations délivrées à Krauss Maffei Wegmann pour la livraison de matériel militaire roulant au Qatar et le feu vert pour négocier un important contrat en Inde montrent que Berlin sait tenir compte des impératifs de cette industrie qui emploie des milliers de personnes dans le pays et occupe le troisième rang mondial en terme d’exportation d’armes. La direction de Nexter réaffirme le calendrier du rapprochement envisagé. "Nous nous sommes engagés à une période d’exclusivité de neuf mois pour étudier et négocier de façon à conclure l’opération début avril 2015", rappelle Philippe Burtin, le PDG.

 

Le troisième acteur en Europe

 

Le nouveau champion européen, baptisé provisoirement Newco, pèserait 1,8 milliard d’euros de chiffre d’affaires et constituerait le troisième acteur présent en Europe derrière les divisions de défense terrestre du britannique BAE (3,6 milliards d’euros) et de l’Américain General Dynamics (6,1 milliards d'euros). Côté français, l’État actionnaire devrait apporter 100% des actions de Nexter Systems détenue à 100% par l’entité publique Giat Industries. La famille Wegmann, propriétaire à 100% de KMW, en ferait autant. En échange, chaque partie disposera ainsi de 50% du capital de la nouvelle entité. "Chaque groupe garde son autonomie industrielle, sa marque, son siège, ses usines...", rappelle Philippe Burtin.

 

La société holding donnera des objectifs aux sociétés opérationnelles, reportera aux actionnaires, définira les stratégies produits et industrielle et sera en charge du marketing vers l’export. "Les marchés domestiques seront adressés par les équipes en place. A l'exportation, très rapidement après la création de la nouvelle entité, la volonté est de créer une équipe commune pour la commercialisation en amont. L’important c’est d’avoir une seule tête par rapport aux clients et d’éviter les redondances et les répétitions", souligne le dirigeant.

 

Le pacte d’actionnaires stipule que les deux sociétés s’engagent à conserver leur participation durant cinq ans et que toute décision d’évolution doit être prise d’un commun accord. "S’il y a des discussions pour des cessions d’actifs stratégiques dans le domaine des armes et des munitions en France, l’État français a son mot à dire", précise-t-on du côté Français.

 

Concernant la gamme des produits, tous les véhicules blindés seront conservés au portefeuille quitte à en faire évoluer certains, comme l’Aravis de Nexter, en véhicule ultra blindé, pour mieux le démarquer du Dingo de KMW. Dans le domaine des chars lourds de bataille, Nexter ne capitule pas malgré le succès commercial du Leopard allemand, toujours en production face à son Leclerc qui ne bénéficie plus que d’un programme de rénovation à mi-vie. Pour une raison bien simple. "Nexter entend conserver sa compétence dans le domaine des chars lourds. Dans les années 2020-2025, il faudra sûrement un nouveau char franco-allemand. Pour cela, il faudra deux clients, les deux pays mais également deux industriels en capacité de faire", pronostique le dirigeant français.

Les deux fabricants veulent matérialiser rapidement leur union et lancer un nouveau véhicule blindé dès leur première année de vie commune. "Dans l’industrie, le vecteur de rapprochement, ce sont les produits. Notre vision, c’est d’avoir des nouveaux produits développés à 50/50 avec KMW", précise Philippe Burtin.

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 12:55
Le VBMR doit venir remplacer le VAB, qui va sur ses 40 ans de service

Le VBMR doit venir remplacer le VAB, qui va sur ses 40 ans de service

 

27 octobre, 2014 Guillaume Belan (FOB)

 

C’est en ce début de semaine que le comité ministériel d’investissement (CMI) présidé par Jean-Yves Le Drian devrait aborder le sujet Scorpion. Le programme d’ensemble de l’armée de terre pourra ensuite être notifié par la DGA pour ce renouvellement des capacités de contact de l’armée de terre. On se souvient des déclarations du Ministre de la Défense lors du salon Eurosatory en juin dernier. Il aura fallu attendre un peu, mais le programme, absolument vital pour l’armée de terre, va enfin pouvoir être lancé. Rappelons que la première partie qui devrait être lancée est le projet EBMR (relire l’article de FOB ici), qui doit venir donner un successeur au VAB, AMX30, ERC 90 Sagaie. Il sera attribué à un consortium d’industriels français, à savoir Renault Trucks Defense pour la partie mobilité, Nexter pour la caisse et l’armement et Thales pour la vétronique.

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 11:50
Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

 

27 octobre, 2014 Guillaume Belan (>FOB)

 

Le lieu est symbolique. C’est à l’Académie diplomatique internationale, que Philippe Burtin, PDG de Nexter, a détaillé à la presse le projet de rapprochement avec l’industriel du terrestre KMW (Krauss-Maffei Wegmann) la semaine dernière. Exactement là, où le 1er juillet dernier, il signait avec la famille Bode-Wegmann, actionnaire du groupe allemand le protocole d’accord Kant (KMW And Nexter Together), en présence de l’État, actionnaire de Nexter. L’occasion pour FOB de détailler ce projet, décliné en plusieurs thèmes. Le premier : le choix de KMW.

 

Le marché appelle à une restructuration

 

Les budgets défense en Europe s’effondrent (excepté à l’Est). « L’EBMR (soit le programme Scorpion, ndlr) est la seule grosse opération d’acquisition en Europe pour les 3 à 4 années à venir » constate le PDG de Nexter. « Le marché évolue » et bascule vers l’export, vers l’Asie notamment.

 

Mais surtout le marché est devenu hyper concurrentiel, spécialement avec les émergents. A titre d’illustration, sur le créneau des véhicules blindés de 7 à 12 tonnes, l’Europe affiche 15 types de véhicules (Sherpa, Bushmaster, Aravis, Eagle IV…) quand les émergents en présentent pas moins de 60 (Nimr, UVZ, Paramount…) !

 

Bref, il faut dorénavant une taille importante et des moyens commerciaux conséquents, pour que l’activité gagne l’export. Ce qui est le cas pour les deux géants qui sont présents en Europe mais d’origine américaine : BAe et General Dynamics. Hormis ces deux là, « le paysage est très fragmenté et surtout orienté sur la demande nationale ». Une situation qui n’est plus tenable sur le long terme.

 

Le choix de KMW

 

C’est pourquoi, prenant son bâton de pèlerin, le PDG de Nexter a commencé dès 2008, à faire le tour des industriels européens du terrestre pour discuter rapprochement. Avec pour feuille de route, la volonté de trouver un partenaire du terrestre qui soit intéressé par un co-contrôle. Comprendre : pas de prise de contrôle d’un industriel sur l’autre, mais un partage strictement égalitaire, 50/50. C’est cette condition qui a refoulé la plupart des partenaires industriels potentiels. Patria en 2010, Renault Trucks Defense (RTD) en 2011, Rheinmetall en 2009… « j’ai eu des discussions avec tous les acteurs » assure Philippe Burtin. Las, la plupart d’entre eux souhaitait mettre la main sur le français. Inacceptable pour Nexter. D’autres, comme en Italie, ne sont pas encore prêts pour de tels mouvements restructurations.

 

C’est là que KMW a sorti son épingle du jeu. Industriel du terrestre pesant le même poids que Nexter, avec une approche « systémier » intégrateur, proche de celle du groupe français, travaillant sur le même secteur mais avec une gamme complémentaire, tout de suite, le courant est passé entre les deux groupes. « Dès 2010, nous avons partagé la même vision sur le marché et le besoin d’un resserrement européen », tandis que l’aspect de l’État actionnaire, qui aurait fait fuir nombre de partenaire potentiels, n’est pas du tout apparu comme un problème. Les deux entreprises ont des profils proches: actionnaires sur le long terme, en bonne santé, et investissent sur l’avenir…

 

A suivre…

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 10:50
Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

 

21/10 Thibaut Madelin / Correspondant à Berlin – LesEchos.fr

 

Le projet bute sur la question des technologies clefs que l’Allemagne veut maîtriser.

 

Le projet Kant de fusion de Nexter avec son concurrent allemand Krauss-Maffei Wegmann (KMW) menace d’être pollué par des discussions politiques outre-Rhin. L’enjeu tourne autour de cette nouvelle question : quels équipements militaires sont stratégiques et doivent donc être produits par l’industrie allemande sur le territoire national ? Avec, en toile de fond, des rivalités entre ministres concernés.

 

La réflexion sur les technologies clefs fait suite aux positions du ministre de l’Economie, Sigmar Gabriel, favorable à une politique plus restrictive en matière d’exportation d’armements. Ne serait-ce qu’en termes de calendrier, le processus peut court-circuiter le projet Kant, qui doit être validé par Berlin. « Nous n’avons pas encore de recommandation, car nous sommes au cœur d’un processus pour décider quelles technologies sont stratégiques pour nous, déclare aux “ Echos ”, Henning Otte, député et président du groupe de travail Défense de la fraction parlementaire chrétienne-démocrate (CDU-CSU). La discussion durera aussi longtemps qu’il faudra. » Au bas mot, plusieurs mois…

 

Sur le papier, pourtant, les premières prises de position de la ministre de la Défense semblent favorables au projet. A la surprise de ses troupes, Ursula von der Leyen a en effet exclu de la liste de technologies stratégiques les sous-marins et les blindés, justement fabriqués par KMW. Cette position personnelle doit cependant être complétée par celle d’autres ministères, dont l’Economie, qui n’a pas intérêt à exclure telle ou telle technologie, ne serait-ce que pour des raisons économiques et d’emplois.

 

D’autre part, il est possible que la discussion se transforme en combat larvé entre Sigmar Gabriel, président du Parti social-démocrate (SPD) et candidat naturel à la chancellerie en 2017, et Ursula von der Leyen, qui pourrait prendre la place d’Angela Merkel et concourir pour la CDU…

 

Politique d’exportation allemande restrictive

 

Cette guerre de positions n’arrangera pas les affaires de Nexter, dont le projet de rapprochement avec KMW suscite un accueil circonspect depuis le début à Berlin. Le ministère de l’Economie a fait savoir à Paris que l’opération, si elle aboutit, ne changera rien à sa politique restrictive. Pour preuve, le blocage de plusieurs contrats d’hélicoptères ou de missiles, alors que la réussite de Kant est liée à la liberté des deux groupes à exporter !

 

Pour établir une concurrence loyale entre européens, Sigmar Gabriel espère convaincre ses partenaires d’adopter les standards allemands d’exportations, censés être particulièrement restrictifs . « Il n’est pas possible que la France attire peu à peu toutes nos entreprises, car il est plus facile d’exporter en France », prévient Henning Otte.

 

Ce dernier craint par ailleurs que KMW, société familiale privée, ne se retrouve dominée par Nexter, contrôlé par l’Etat français. Il en veut pour preuve Airbus. « Nous constatons que le siège social est à Toulouse, avance Henning Otte. Il faut parler avec la France d’un partage des compétences équilibré. La coopération doit être bénéfique aux deux parties et ne pas signifier qu’il y a une concurrence entre les partenaires. »

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 11:25
Exportation d'armes (2/4) : la France profitera-t-elle de sa bonne image au Pérou ?

Un temps espérée, la commande du satellite d'observation n'a pu être conclue l'an dernier entre la France et le Pérou en raison de la difficulté de Paris à rédiger un contrat de gouvernement à gouvernement. (Crédits : Airbus Defence & Space)

 

15/10/2014 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

La Tribune vous propose une série sur les nouvelles terres de conquête des industriels de l'armement français. Dassault Aviation et Thales lorgnent une modernisation des 12 Mirage 2000 péruviens tandis que DCNS convoite la modernisation de quatre sous-marins U209.

 

Et si le Pérou était l'une des bonnes surprises de l'industrie de l'armement française ces prochaines années. Bien sûr, ce pays andin de 30,5 millions d'habitants n'a pas le même potentiel que l'Indonésie mais la France jouit actuellement d'une bonne image auprès de la présidence péruvienne. Le président Ollanta Humala, un ancien militaire considéré comme francophile, a déjà été reçu trois fois par François Hollande (novembre 2012, octobre 2013 et juillet 2014). Alors que des soldats français ont défilé à Lima pour la fête nationale péruvienne le 28 juillet dernier, le président français doit se rendre à son tour au Pérou début 2015.

En mars 2013, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius rappelait que le Pérou était "bien disposé à l'égard de la France". A Paris de saisir enfin sa chance dans un pays en forte croissance. Avec un PIB estimé à plus de 200 milliards de dollars en 2013 et un taux de croissance annuel moyen de 6 % entre 2002 et 2012, le Pérou est considéré, selon le FMI, comme un néo-émergent dans la région.

 

Une marge de progression pour la France

En 2012, Lima n'a représenté que 0,06 % du commerce extérieur de la France et se situe au 94e rang de ses clients et au 76e rang de ses fournisseurs. Seulement 65 entreprises françaises sont présentes au Pérou, et Paris n'est que le 16e investisseur (1,5 % du stock des investissements directs à l'étranger). "Nos relations économiques sont encore insuffisantes, eu égard aux opportunités offertes par ce pays en forte croissance", avait souligné en février dernier l'ancien président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, Jean-Louis Carrère.

Paris possède donc une belle marge de progression. Y compris dans le domaine de l'armement même si Airbus Defence and Space (ADS) a réussi en avril dernier un joli coup en signant en avril une commande de 150 millions d'euros environ portant sur la vente du premier satellite péruvien d'observation de la Terre. Sur la période 2009-2013, les industriels de l'armement tricolore ont exporté pour 182,7 millions d'euros de matériels vers le Pérou avec des pics en 2009 (97,4 millions) et 2012 (72,2 millions grâce notamment à la vente de 16 missiles Exocet MM40 et quatre systèmes de lancement pour les frégates italiennes Lupo signée en décembre 2012).

 

2013, une mauvaise année

En 2013, les groupes français ont fait chou blanc au Pérou ou presque (3,6 millions d'euros de ventes d'armements). Un temps espérée, la commande du satellite d'observation n'a pu être conclue l'an dernier entre la France et le Pérou en raison de la difficulté de Paris à rédiger un contrat de gouvernement à gouvernement, Bercy étant peu favorable à ce type de garantie de l'État français. Le contrat sera mis en vigueur cette année. "C'est imminent", explique-t-on à La Tribune. En outre, Airbus Helicopters (AH) a poussé dans ses derniers retranchements Mil, bien implanté commercialement au Pérou, mais le constructeur russe a finalement réussi fin décembre à arracher au bout de deux ans de négociations un contrat de 24 Mi-171CH face au Cougar (500 millions de dollars).

AH était, semble-t-il, plus cher de 30 % à l'achat et n'avait pas de créneau de livraison rapide, selon un proche du dossier. En revanche, le constructeur de Marignane était moins cher que Mil pour le support des appareils. Ce qui équilibrait plus ou moins la facture en prenant en compte le coût de possession (achat, support, maintenance... des appareils tout au long de leur utilisation). Mais cet argument a encore du mal à être entendu dans de nombreux pays. C'est d'ailleurs en partie pour cela qu'Airbus Helicopters a pris la décision de produire des Cougar en Roumanie.

 

Modernisation des Mirage 2000 et des sous-marins allemands

Deux gros dossiers mobilisent depuis quelques mois les équipes commerciales de Dassault Aviation, Thales et le missilier MBDA d'une part, et de DCNS, d'autre part. Deux dossiers de modernisation d'équipements majeurs des forces armées péruviennes : 12 Mirage 2000C et B, dont l'électronique a déjà été un peu modernisée en 2009 (100 millions d'euros), et quatre sous-marins allemands de type U209. Deux dossiers compliqués à boucler. D'autant que le Pérou souhaite conclure des contrats de gouvernement à gouvernement à l'image de celui signé pour l'achat d'un satellite d'observation.

Sur les Mirage 2000 achetés à la France en 1982 et livrés en 1985, "le plus dur est de faire converger les besoins du client dans l'enveloppe financière", explique-t-on à La Tribune. Dassault Aviation et Thales ont proposé une modernisation de type indien à Lima pour en limiter les coûts, c'est-à-dire sans la dimension air-sol. Car cela demanderait des études supplémentaires, augmenterait le prix de l'opération et enfin écarterait de fait la proposition de Sagem de vendre des bombes AASM.

Or Lima souhaiterait transformer ses Mirage 2000 en Mirage 2000-5 pour un coût de 25 millions de dollars par appareil (soit un total de 300 millions de dollars), selon la presse locale, tandis que l'offre française se situait à 30 millions par appareil. Enfin, Israël a quant à lui proposé une modernisation à 15 millions de dollars. Mais le Pérou perdrait alors la garantie de l'État français. A suivre.

 

Sous-marins, un contrat à 500 millions d'euros ?

A l'image du contrat sur le satellite signé entre la France et le Pérou, Lima a demandé à Berlin la possibilité de signer un contrat de gouvernement à gouvernement. Selon nos informations, l'Allemagne aurait refusé ce type de contrat. Du coup, DCNS travaillerait sur un appel d'offre portant sur la un projet de modernisation légère des quatre sous-marins de type U209. Une commande qui était à l'origine estimée à 500 millions d'euros mais qui pourrait être revue à la baisse pour s'adpater au budget des Péruviens. D'autant que le président Ollanta Humala souhaite avant son départ en 2016 lancer un appel d'offre pour l'acquisition de nouveaux sous-marins.

DCNS, qui a déjà modernisé des sous-marins allemands en Amérique Latine (Brésil), est prêt à travailler avec le groupe péruvien FIMA pour obtenir le contrat. Les Péruviens sont également intéressés par une coopération avec le Brésil. "Cette opération pourrait permettre au Pérou de moderniser son industrie navale, décrypte-t-on à Paris. Le challenge des  industriels français est de s'adapter au budget péruvien".

 

MBDA, Airbus Helicopters, Nexter... sur les rangs au Pérou

D'autres campagnes sont actuellement en cours pour les industriels français. Le missilier MBDA travaille sur une projet en vue d'armer les frégates Lupo de la marine péruvienne avec des missiles Mistral et VL-Mica (Air Defence). Le Pérou souhaiterait aussi  un second lot d'Exocet. De son côté, Nexter propose son systèmes d'artillerie autotractés Caesar ainsi que son canon de 105mm. Thales fait quant à lui la promotion de son système de radio PR4G.

Par ailleurs, Lima a lancé un appel d'offres pour l'acquisition d'un navire océanographique (environ 100 millions de dollars). Une campagne qui pourrait intéresser le petit chantier naval des Sables d'Olonne, OCEA. Enfin, Airbus Helicopters estime que le Pérou, qui a commandé 5 EC145 en 2012 pour la police nationale, a des besoins pour des hélicoptères lourds type Super Puma, capables d'opérer à grandes altitudes.

 

Un contrat d'État à État

Le contrat de gouvernement à gouvernement sur le satellite d'observation signé avec le Pérou est une nouveauté pour la France et, surtout, une avancée pour gagner des contrats à l'exportation. Il "liera bien nos deux États mais il sera accompagné de trois accords intergouvernementaux, avait expliqué en octobre 2013 le Délégué général pour l'armement (DGA), Laurent Collet-Billon. Notre objectif est de construire un cadre qui s'approche du Foreign Military Sales de l'armée américaine, car la majorité des clients exige dorénavant une intervention - c'est-à-dire une garantie - étatique forte."

En juillet dernier, le sénateur UMP de la Gironde, Xavier Pintat, avait souligné que l'État français avait "accepté de mettre en place un montage juridique innovant, qui a permis de donner satisfaction au gouvernement péruvien en accordant à l'opération la garantie de la puissance publique". En tout cas, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, y tient "particulièrement", selon des sources proches du dossier. "C'est un outil à creuser et qui est pertinent sur le long terme", explique-t-on à Paris.

A lire ou relire le premier volet :

Exportation d'armes (1/4) : l'Indonésie sera-t-elle le nouveau filon de la France ?

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 16:55
VBCI Crédits DGA  Ministère de la Défense

VBCI Crédits DGA Ministère de la Défense

 

7 octobre, 2014 Guillaume Belan

 

Le 24 septembre, la DGA (Direction Générale de l’Armement) a qualifié une version plus lourde du Véhicule Blindé de Combat d’Infanterie (VBCI) de l’armée de terre. Bien que peu, voire pas visible de l’extérieur, le VBCI passe de 29 à 32 tonnes. La partie mobilité du véhicule a donc été revue, à savoir train de roulement et transmission ainsi que les roues et la pneumatique. La partie GMP (Groupe Motopropulseur) est identique et avec 10% de masse supplémentaire, les performances sont à peine dégradées. Cette évolution fait suite à la demande de l’armée de terre. La DGA, pour qualifier ce VBCI de 32 tonnes, a réalisé ses essais sur divers pistes d’essais (Biscarosse, Coëtquidan, Canjuers et Fontevraud), malmenant le blindé sur pas moins de 25 000 km dont 15 000 d’endurance pour 13 000 heures de travail et d’essais.

 

L’enjeu pour l’armée de terre

 

Il est opérationnel : disposer d’un VBCI mieux protégé, sur-blindé, avec des kits de protection additionnels contre des menaces balistiques, anti-RPG (lance roquettes antichar), mines et IED (pièges explosifs improvisés). Le besoin est donc d’avoir un véhicule qui affiche une réserve de charge utile pour pouvoir être « chargé » et adapté aux besoins du théâtre avec des kits de mission. Cette nécessité est apparue suite aux différents engagements du blindé français: Liban, Mali, Afghanistan et aujourd’hui RCA (relire l’article de FOB ici). Il s’agit également pour l’armée de terre de pouvoir se garder une marge d’évolution pour intégrer de futurs systèmes (senseurs, capteurs, armements…).

95 VBCI sont concernés et seront portés à 32 tonnes, le premier sera livré aux forces dans quelques mois, début 2015. Ces 95 véhicules en version 32 tonnes ne sont pas une commande supplémentaire mais un retrofit d’une partie de la flotte existante. Pour mémoire, l’armée de terre disposera à terme de 630 VBCI, dont le dernier sera livré début de l’année prochaine. Ce parc de  32 tonnes sera le parc opex, celui mobilisable et projetable pour les opérations extérieures. Et même à 32 tonnes, le VBCI demeure aéro-transportable par A400M, son encombrement n’étant pas modifié.

 

L’enjeu export

 

Pour l’industriel, l’enjeu de cette version lourde n’est pas anodin, le VBCI sera mieux adapté aux potentiels clients export. Grâce à cette réserve de charge, le VBCI pourra aisément recevoir un armement différent et plus lourd. Avec 10% de masse supplémentaire, le VBCI pourra beaucoup plus facilement recevoir une tourelle de 100mm, comme celle du BMP, un besoin exprimé par les Émirats Arabes Unis, ou même une surprotection ainsi qu’une tourelle de 40 mm ce que pourraient souhaiter les britanniques…

 

Un enjeu industriel

 

Pour l’industriel Nexter, le contrat, même s’il apparaît mineur, permettra à la chaine VBCI de tourner a minima, ce, pendant 2 années. Car le dernier VBCI français sortira de la chaine de Roannes début 2015. Et, tandis qu’une commande export tarde à venir, Nexter, grâce à ce contrat de retrofit, gagne un temps précieux. Les pièces concernées par ce programme de retrofit sont fabriquées à Limoges chez Renault Trucks Defense (RTD), en charge de la partie mobilité du véhicule, mais sont assemblées chez Nexter, à Roannes. Les compétences pourront donc être sauvegardées a minima, dans l’attente d’une commande export.

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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 19:55
La DGA qualifie la version 32 tonnes du VBCI

 

02/10/2014 DGA Actualité

 

La direction générale de l’armement (DGA) a prononcé la qualification de la nouvelle version du VBCI le 24 septembre 2014. Cette nouvelle version affiche un poids total autorisé en charge (PTAC) de 32 tonnes, contre 29 tonnes pour la version initiale.

 

L’augmentation du PTAC permet de répondre aux menaces les plus dures des théâtres d’opération de l’armée de terre avec l’amélioration de la protection du véhicule (augmentation de la protection contre les mines, les IEDs, les roquettes, etc.), mais aussi de préserver l’évolutivité du véhicule et de permettre son adaptation aux besoins futurs.

 

La DGA qualifie la version 32 tonnes du VBCI

 

La qualification est le résultat d’essais indispensables pour garantir la sécurité et les performances du véhicule. Ainsi, pendant 18 mois, les  prototypes 32 tonnes ont franchi de nombreux obstacles et parcouru les pistes spéciales de la DGA, sablonneuses de Biscarosse, boueuses de Coëtquidan et Fontevraud, rocailleuses de Canjuers, enneigées de Valloire.

 

Le VBCI a été projeté en Afghanistan et au Liban en 2010, au Mali en début d’année 2013 et en République centrafricaine en 2014 où il a à chaque fois parfaitement rempli les missions qui lui étaient assignées à la grande satisfaction des troupes engagées.

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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 17:50
Armement : Krauss-Maffei Wegmann se met au français

Défense Un ancien de la direction générale de l'armement rejoint le constructeur du char Leopard (Krauss-Maffei Wegmann)

 

30/09/2014 Michel Cabirol - LaTribune.fr

 

Un ancien haut responsable de la DGA, Christophe Burg, rejoint le groupe Krauss-Maffei Wegmann (KMW) en tant que conseiller du PDG Frank Haun. Il devra œuvrer à la réussite du rapprochement entre KMW et le groupe public Nexter.

 

L'arrivée de Christophe Burg, un ancien haut responsable de la Délégation générale de l'armement (DGA), en tant que conseiller du PDG de Krauss-Maffei Wegmann (KMW), Frank Haun, est une très bonne nouvelle pour le rapprochement entre les deux spécialistes d'armements terrestres, Nexter et le groupe allemand KMW. La mission de cet ancien chef du service des affaires industrielles et de l'intelligence économique de la DGA jusqu'en 2012, qui a obtenu le feu vert de la commission de déontologie, est de faire en sorte que cette opération réussisse en dépit d'un climat peu propice actuellement en Allemagne.

Révélée par la "Lettre A", cette arrivée permettra également à KMW de mieux appréhender toutes les spécificités françaises et donc éviter ou aplanir d'éventuels malentendus que peut générer une telle opération. Basé au siège social à Munich, cet "ambassadeur" de KMW pour la France, qui était depuis septembre 2012 chargé de mission stratégie à la DGA, s'occupera des relations entre le groupe allemand et la sphère publique, dont notamment la DGA, l'Agence des participations de l'Etat (APE) et les cabinets ministériels. Christophe Burg a également une bonne expérience de l'entreprise après avoir été administrateur chez Safran, le groupe naval DCNS, Giat Industries (Nexter), SNPE et Sogépa, holding actionnaire du groupe Airbus.

 

Une expérience de la coopération européenne

Christophe Burg a enfin une bonne expérience de la coopération à l'international. Entre 2004-2006, il a été sous-directeur de la coopération et du développement européen de la DGA, en charge plus précisément de l'orientation des relations de coopération d'armement avec les principaux pays européens et nord-américains, et de la coopération institutionnelle OTAN et UE. Au début de sa carrière, il avait été nommé attaché d'armement à l'ambassade de France à Londres (1996-1999).

Plus récemment, il faisait partie du groupe de haut niveau franco-britannique, qui a été créé pour superviser et soutenir la coopération en matière de défense et de sécurité que la France et le Royaume Uni développent dans le cadre des traités de Lancaster House. Enfin, il pilotait le groupe de travail franco-italien sur l'industrie de défense mis en place suite au sommet de Lyon le 3 décembre 2012.

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 08:55
Armement : le contrat Scorpion bientôt signé

 

18/09/2014 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Les industriels et le ministère de la Défense ont bouclé les négociations. Le contrat sera notifié en décembre.

 

Dernière ligne droite pour Scorpion. Selon des sources concordantes, les industriels de la filière terrestre (Nexter, Renault Trucks Défense, Thales...) et la direction générale de l'armement (DGA) ont bouclé à 99 % les négociations de ce programme très important pour l'armée de terre, qui doit absolument renouveler ses équipements. Le contrat pourrait être signé en octobre, puis notifié en décembre par le ministère de la Défense.

En juin dernier, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian avait prononcé à l'occasion de l'ouverture du salon de l'armement terrestre Eurosatory ces mots magiques, qui avait rassuré les industriels de l'armement terrestre, très inquiets : "Fort des engagements du président de la République en faveur du budget de la Défense, je m'apprête à lancer le programme Scorpion", qui avait été menacé au printemps par les nouvelles restrictions budgétaires exigées par Bercy.

 

Un programme crucial pour la filière industrielle

Le programme Scorpion, qui a pour objectif de renouveler et moderniser les moyens des Groupements tactiques interarmes (GTIA) de l'armée de terre, est crucial pour Nexter ainsi que la filière de l'armement terrestre (5 milliards sur une dizaine d'année, dont 1 milliard dans l'actuelle loi de programmation militaire). Avec ce programme, Nexter devrait empocher environ la moitié des 5 milliards d'euros, selon le ministère, pour le développement et la fabrication de 2.080 véhicules blindés multirôles (VBMR), un véhicule 6x6 de 18-19 tonnes, et de 248 Engins blindés de reconnaissance et de combat (EBRC).

Cette commande permettra de rééquilibrer le carnet de commandes de Nexter (aujourd'hui de 2 milliards d'euros) par rapport à celui de Krauss-Maffei Wegmann (4 milliards) dans le cadre de leur rapprochement.

 

Scorpion, un programme dédié à l'armée de terre

Le cœur du programme Scorpion permettra l'intégration de tous les systèmes d'information existant actuellement en un seul. Il deviendra à terme le système des systèmes d'information permettant à tous les éléments du GTIA de dialoguer selon un même langage et une même procédure. Mais c'est aussi une nouvelle génération de systèmes d'armements comme le successeur des antiques VAB (Véhicule de l'avant blindé), "le chameau" de l'armée de Terre vieux de 40 ans en 2016.

Ainsi, le Véhicule blindé multirôles (VBMR), un véhicule 6x6 de 18-19 tonnes, vaudra grand maximum 1 million d'euros l'unité. L'armée de terre doit acquérir 92 VBMR au cours de la période de la loi de programmation militaire (LPM) pour un objectif de 2.080. Ils seront livrés à compter de 2018. En novembre 2011, Nexter Systems et Renault Trucks Defense avaient conclu un accord de coopération en vue d'apporter une solution unique lors de la consultation pour le programme VBMR, destiné à assurer le rééquipement des forces françaises en véhicules blindés multi-rôles de classe moyenne.

Elle doit également disposer des EBRC, qui sera équipé, avait précisé en juin dernier le ministre de la Défense, "du nouveau missile moyenne portée (...), le MMP et du canon de 40 mm télescopé", pour renouveler l'actuel parc de véhicules blindés AMX 10RC, ERC 90 et VAB Hot. L'objectif à terme est fixé à 248 pièces. Scorpion prévoit également la modernisation de 200 chars Leclerc avant 2025. Car, selon Jean-Yves Le Drian, Scorpion "permettra de maintenir la capacité du char Leclerc jusqu'en 2040, en l'intégrant à la manœuvre des GTIA". Enfin, les premiers missiles MMP, fabriqués par MBDA, devraient être livrés en 2017 de façon à éviter une rupture capacitaire dans le domaine des missiles tactiques du combat débarqué.

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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 16:50
L’Aravis « polonisé » durant le salon MSPO sous les couleurs de Rosomak (groupe PGZ) crédits: G Belan

L’Aravis « polonisé » durant le salon MSPO sous les couleurs de Rosomak (groupe PGZ) crédits: G Belan

 

16 septembre, 2014 Guillaume Belan (FOB)

 

Le programme s’appelle Pegaz, le RFI (Request for Information) a été émis il y a à peine quelques semaines et il concerne pas moins de 600 véhicules. La français Nexter se place dans ce grand appel d’offre polonais, qui doit venir fournir un véhicule fortement protégé avec une bonne mobilité pour divers usages : forces spéciales, police militaire, troupes de montagnes… Un très fort contenu national (ou « polonisation ») doit être proposé pour les industriels étrangers souhaitant participer. C’est pourquoi on pouvait voir l’Aravis de Nexter sur le stand de l’industriel du terrestre polonais Rosomak (groupe PGZ) durant le salon MSPO qui s’est tenu début du mois à Kielce. Le partenaire polonais sera en charge de l’adaptation aux spécificités locales et produira localement l’Aravis, rebaptisé pour l’occasion le Chacal.

 

De nombreux compétiteurs sont attendus pour cet appel d’offre, et un autre français, Thales participe face à Nexter, et présente son Hawkei, dessiné pour le besoin Australien mais proposé à l’export et dont la dernière version a été dévoilée durant le dernier Eurosatory (relire ici).

 

Thales est déjà bien implanté en Pologne et bénéficie d’une présence importante, avec 200 employés polonais et de nombreux partenariats avec des sociétés locales.

 

La tourelle T40 CTA proposée à Varsovie

 

Quant à Nexter, l’industriel du terrestre français propose également sa dernière tourelle T40, basée sur le nouveau calibre novateur : le 40 mm télescopé. Reste qu’il va falloir convaincre les polonais qui, pour leur flotte de blindés 8X8, ont émis un besoin pour 150 tourelles téléopérées de 30 mm. Le grand avantage de la 40 mm CTA, est que dans un encombrement réduit, les effets terminaux sont sans comparaison et avoisinent ceux d’un 90 voir 105 mm. Redoutable contre des BMP3 surblindés que Varsovie a sans doute à l’esprit, alors que le 30mm ne ferait que les égratigner. Nexter propose aux polonais toute la partie automatisation de sa tourelle et pourrait bien faire bouger les lignes avec son produit.

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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 14:50
Armement : entre consolidation franco-allemande et nationalismes

Armement -  Le rapprochement en cours entre Nexter et Krauss-Maffei Wegmann (KMW) dans l'armement terrestre va-t-il aboutir ?

 

16/09/2014 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

La France et l'Allemagne ont une chance historique de rapprocher de façon équitable leur industrie de la défense. Pour gagner ce pari, il faudra surmonter les nationalismes.

 

Entre la France et l'Allemagne, il existe actuellement et indéniablement une fenêtre de tir pour une consolidation industrielle dans le secteur de la défense. Le rapprochement en cours entre Nexter et Krauss-Maffei Wegmann (KMW) dans l'armement terrestre, puis les ventes des groupes navals allemands Atlas Elektronic, voire ThyssenKrupp Marine Systems, accréditent cette tendance. D'autant plus que ce processus est encouragé officiellement par Berlin.

Mais ce processus ira-t-il à son terme en surmontant notamment les nationalismes des deux pays dans un domaine qui touche la souveraineté nationale ? Pas sûr même si le ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel, a appelé mi-août le secteur à "faire ce qu'il aurait dû faire depuis 15 ans", à savoir se consolider et renforcer son intégration européenne.

 

Danger sur le rapprochement Nexter et KMW ?

Les signaux restent contradictoires en Allemagne. Selon la presse allemande, Sigmar Gabriel préférerait voir le groupe d'armement terrestre Krauss-Maffei Wegmann (KMW) se rapprocher de son rival et partenaire allemand Rheinmetall plutôt qu'avec le groupe français Nexter. Et le ministre exerce déjà une forte pression sur KMW en lui annulant des contrats signés vers des pays qu'il considère à risques. Il souhaiterait que l'Allemagne cesse d'exporter vers les pays de la péninsule arabique, en particulier l'Arabie Saoudite, un gros client de l'industrie allemande, et le Qatar.

Déjà, une vente de 200 Leopard A7 en Arabie Saoudite a été bloquée par Berlin. La famille Bode-Wegmann, actionnaire privé de KMW et qui a voté à l'unanimité en faveur de cette opération, pourrait être contrainte de suspendre le rapprochement si Sigmar Gabriel, qui a entre ses mains un puissant levier pour faire capoter cette opération, s'obstinait à mettre des bâtons dans les roues de KMW à l'export. Car cela dégraderait la valeur du groupe. Pas sûr donc que la famille veuille brader in fine ses intérêts.

Cette politique restrictive en matière d'exportation touche également certains programmes franco-allemands, comme le missile Milan de MBDA, qui peine à livrer depuis le début de l'année un pays du Golfe en raison des hésitations allemandes. Le président exécutif d'Airbus Group, Thomas Enders, qui a réussi à limiter l'influence des Etats français et allemand dans le groupe, a jugé que les restrictions à l'exportation pèseraient sur l'emploi en Allemagne. Et a estimé que cette politique pourrait freiner le développement secteur en Europe. "Alors qu'on parle sans cesse de davantage de coopération et de consolidation du secteur de la défense en Europe, on s'attaque à des décennies de coopération franco-allemande", a-t-il regretté.

 

Atlas Elektronik et ThyssenKrupp Marine Systems en vente

Airbus Group envisage de vendre sa participation de 49 % dans le spécialiste allemand des systèmes électroniques de sécurité et de défense maritime Atlas Elektronik dans le cadre de la réorganisation de ses activités. Faut-il rappeler qu'Airbus Group (alors EADS) et ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS) avaient racheté Atlas Elektronik à BAE Systems en 2005, l'emportant alors sur Thales... qui n'avait à l'époque aucune chance de gagner. Toute la classe politique allemande était alors vent debout contre le projet "Sancerre" (nom de code de l'opération chez Thales)... qui est pourtant un excellent vin de la vallée de la Loire.

A priori, Thales n'ira pas batailler pour acquérir les 49 % d'Atlas Elektronik cédés par Airbus Group, explique-t-on en interne à La Tribune. Pas cette fois-ci en tout cas surtout pour ne pas avoir la majorité. Pourtant une opération globale ferait sens. Si Thales mettait la main sur Atlas Elektronik, qui produit des sonars, des capteurs, des armes marines ainsi que des systèmes de commandement et de contrôle des armes, le groupe d'électronique pourrait devenir un des leaders mondiaux de ce marché avec un chiffre d'affaires d'environ 1 milliards d'euros.

Contrairement à Thales, TKMS a bien plus de chance de s'offrir cette participation, le constructeur des sous-marins détenant un droit de préemption sur une cession d'Airbus. TKMS, qui vient de boucler la cession de sa filiale suédoise TKMS AB (ex-Kockhums) reprise par Saab sur fonds de divergence avec l'Etat suédois, pourrait ensuite revendre 100 % d'Atlas Elektronik. Rheinmetall semble également intéressé par Atlas Elektronik, selon la presse allemande.

 

DCNS lorgne TKMS

Insatiable, Rheinmetall examinerait également un possible rachat des activités de construction de sous-marins (HDW) notamment de TKMS (1,3 milliard d'euros de chiffre d'affaires). Rheinmetall et ThyssenKrupp ont déjà conduit des "discussions exploratoires", selon le quotidien Handelsblatt. Le conglomérat de Düsseldorf a pourtant cédé ses derniers actifs maritimes il y a une dizaine d'années mais on lui prête l'ambition de vouloir constituer un nouveau géant national de l'armement. Outre Rheinmetall, ThyssenKrupp a contacté plusieurs acheteurs potentiels, dont le groupe naval français DCNS, selon Reuters.

DCNS, qui livre une compétition féroce face à TKMS, regarde effectivement avec beaucoup d'attention une éventuelle cession de la filiale navale du sidérurgiste. D'autant que son PDG Hervé Guillou (ex-Cassidian, ancienne filiale d'Airbus Group) connait bien l'Allemagne ainsi que le patron de TKMS, Hans Christoph Atzpodien, qu'il a côtoyé quand il était au conseil d'administration du groupe naval. C'est même lui qui a apporté la pépite française Sofrelog aux Allemands, qui ont créé Signalis, leader mondial des solutions de sécurité et de sûreté maritimes. Fera-t-il payer cette créance ? Les pressions politiques pour que le groupe naval reste allemand ne sont toutefois pas de nature à encourager les candidats. "DCNS ne fera une offre que dans la mesure où elle passe pour acceptable", a expliqué à Reuters une source française au fait de la situation. A suivre...

Depuis son arrivée aux manettes du fabricant des célèbres canons "Grosses Bertha", le patron du groupe sidérurgique ThyssenKrupp, Heinrich Hiesinger, a soumis l'entreprise à une cure drastique à coups de cessions et de remaniements. Une stratégie qui commence à porter ses fruits. Le conglomérat industriel allemand pourrait être rentable cette année pour la première fois depuis trois ans, après un bon troisième trimestre.

 

Beaucoup de projets, peu de réussite

A l'exception d'EADS, devenu depuis Airbus Group, qui est un cas à part - en fait un cadeau en 1999 de la France à l'Allemagne, qui pouvait difficilement refusé - et qui reste aujourd'hui encore une "success story", la plupart des projets franco-allemands ont échoué dans le domaine de l'armement en raison des nationalismes des deux côtés du Rhin. C'est le cas de Thales avec Atlas, de MBDA avec le missilier BGT (groupe Diehl), des projets jusqu'ici d'un EADS naval... Sans oublier, les veto de Berlin concernant l'acquisition de Thales par EADS en 2004 puis 2006.

Récemment l'échec des négociations sur la fusion de BAE Systems et EADS a également mis en exergue les différences entre l'Allemagne et la France sur leur stratégie pour leur industrie de défense. Des relations compliquées qui ont finalement permis un rapprochement franco-britannique dans le cadre des accords de Lancaster House.

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 10:50
Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

 

14/09 Jean-Philippe Lacour / Correspondant à Francfort et Thibaut Madelin / Correspondant à Berlin  - lesEchos.fr

 

L’allemand Rheinmetall ­étudie des rapprochements alors que le français Nexter et l’allemand KMW veulent s’unir.

 

Le ministre allemand de l’Economie, Sigmar Gabriel, sème la pagaille dans la coopération entre les industries de défense française et allemande. En cherchant à restreindre les autorisations d’exportation d’armes aux pays non membres de l’UE et de l’Otan, il met à mal plusieurs projets en cours. Au grand dam de Tom Enders, patron d’Airbus et victime collatérale de cette politique. Mais le ministre souhaite aussi qu’une « discussion intensive [soit menée] sur la consolidation nationale » de l’industrie allemande de la défense alors même que le français Nexter et l’allemand Krauss-Maffei Wegmann (KMW) mènent un projet de fusion visant à créer un Airbus de l’armement terrestre.

 

Profitant de ces réticences, un troisième acteur s’est mis en embuscade, l’allemand Rheinmetall. Selon le « Handelsblatt », le groupe de Düsseldorf étudie plusieurs opérations de rapprochement. Des discussions préliminaires auraient lieu entre Rheinmetall et la division marine du sidérurgiste ThyssenKrupp. Une activité de 1,3 milliard d’euros de chiffre d’affaires. ThyssenKrupp aurait contacté plusieurs acheteurs potentiels pour sa filiale de sous-marins, dont le français DCNS, selon Reuters. Autre cible étudiée par Rheinmetall, Atlas Elektronik, une coentreprise de ThyssenKrupp et de la branche défense d’Airbus, fournisseur dans la marine, et Optronics, une filiale d’Airbus produisant des systèmes de laser. Tom Enders songe à se débarrasser de ces activités. Une annonce pourrait même intervenir d’ici à la fin du mois selon Reuters. Interrogées, les sociétés n’ont pas souhaité faire de commentaire.

 

Embarras

 

Si les pourparlers entre Nexter et KMW progressent, les oukases du ministre allemand pourraient amputer la valorisation du groupe de Munich, en bloquant des contrats à l’export. Cela gênerait la mise en œuvre d’une fusion entre égaux, indique la FAZ, qui cite l’entourage du ministère de la Défense à Paris. Frank Haun, le patron de KMW, a rencontré Sigmar Gabriel vendredi. Rien n’a filtré de l’entretien et on affirme à Berlin que les entreprises sont libres de leurs décisions.

 

D’un point de vue juridique, Berlin devrait donner son feu vert à une fusion entre KMW et Nexter. Mais, sur un plan purement politique, un rapprochement entre KMW et Rheinmetall, déjà partenaires sur le char Leopard, aurait les faveurs de la classe politique allemande.

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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 16:58
Le Bonus s’envole vers l’export

 

11 septembre, 2014 Guillaume Belan

 

Voici encore un petit bijou de technologie made in France. Armement anti-char performant, le Bonus avec ses 40 km de portée, tiré depuis un canon d’artillerie de 155mm, est bien plus qu’un simple obus, mais une munition antichar intelligente. Après sa phase de vol, Bonus effectue un balayage d’identification de cibles (guidage IR et discrimination au laser), puis déclenche deux charges à plusieurs centaines de mètres au dessus de leurs cibles qui, foncent à 2000 mètres par seconde pouvant percer jusqu’à 150 mm de blindage par le toit. Redoutable.

Développé entre le suédois Bofors et le français Nexter, le Bonus donne à l’artillerie une capacité de « fixer » des colonnes de chars ennemis dans la profondeur tout en évitant les dommages collatéraux, pour un coût réduit et quelques simples tirs de canons. Déjà plus de 7000 munitions ont été commandées entre la France et la Suède. La plupart des Bonus ont été livrés aux deux pays fabricants. « On est passé du stade de fournisseur de la France et de la Suède, à l’export, pour des ventes plus réduites » confie un responsable de Nexter, qui confirme que l’outil de production à été adapté en fonction. Déjà, un grand pays du Moyen Orient en aurait passé commande, ainsi que l’armée finlandaise en mars dernier.

La production export en cours concernerait plus d’un millier de munitions pour un plan de charge assuré de plusieurs années. De quoi voir venir se concrétiser un autre prospect, qui pourrait être la Pologne. Varsovie semble s’y intéresser pour ses canons Krab et Kyl, un moyen de dissuader toutes velléités russes… Déjà un tir de comptabilité a été réalisé en novembre 2012. Mais pour le Bonus, bien d’autres discussions sont en cours, comme en Europe, avec Italie et d’autres. En attendant Nexter planche sur les obsolescences des commandes française et suédoise et maintient ses compétences.

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