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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 13:50
Armement : quand Berlin trahit l'esprit de la coopération franco-allemande

Défense L'exécution d'un contrat portant sur la livraison de missiles Milan ER de MBDA est bloqué par l'Allemagne (Crédits : MBDA)

 

11/09/2014 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Berlin bloque l'exécution d'un contrat pourtant déjà signé par MBDA vers un pays du Moyen-Orient et la finalisation d'un contrat de Renault Trucks Défense vers un pays du Proche Orient. Le rapprochement entre Nexter et Krauss-Maffei dans l'armement terrestre pourrait être menacé.

 

Qui se souvenait de l'accord Debré-Schmidt, signé les 7 décembre 1971 et 7 février 1972 par les ministres de la Défense d'alors, Helmut Schmidt et Michel Debré ? Un petit cercle d'initiés peut-être. Ce n'est plus tout à fait le cas aujourd'hui. Car l'Allemagne semble depuis le début de l'année remettre en cause les principes de cet accord qui définit les relations entre la France et l'Allemagne s'agissant des exportations dans le domaine de l'armement.

Que dit cet accord ? L'article 2 stipule qu'"aucun des deux gouvernements n'empêchera l'autre gouvernement d'exporter ou de laisser exporter dans des pays tiers des matériels d'armement issus de développement ou de production menés en coopération". Pour chaque matériel, une partie des composants provient d'un pays, et une autre partie de l'autre. Sur ce point le deuxième alinéa de l'article 2 poursuit : "chacun des deux gouvernements s'engage à délivrer sans retard et selon les procédures prévues par les lois nationales les autorisations d'exportation nécessaires pour la fourniture de ces composants au pays exportateur".

 

Des refus possibles

Des refus sont possibles. Ils doivent cependant rester exceptionnels. C'est le sens de l'alinéa 3 de l'article 2 : "il ne pourra être fait usage qu'exceptionnellement de la possibilité de refuser l'autorisation d'exporter les composants d'un projet commun". Dans ce cas, aux termes de l'article 4, "l'industriel du pays exportateur serait autorisé à rechercher, pour une partie ou pour l'ensemble des fournitures considérées, le concours d'autres sous-traitants".

A la connaissance de La Tribune, l'Allemagne, qui a une politique de plus en plus restrictive en matière d'exportation sous l'impulsion du ministre de l'Economie allemand SPD Sigmar Gabriel, bloque aujourd'hui un contrat de MBDA en cours d'exécution et la finalisation d'une commande de Renault Trucks Defense (RTD). Selon nos informations, le missilier serait actuellement empêché par l'Allemagne de livrer depuis le début de l'année des missiles antichars Milan ER (un programme en coopération) vers un pays du Golfe. Berlin bloquerait les postes de tir fabriqués en Allemagne.

 

Renault Trucks Defense également bloqué

Le groupe français Renault Trucks Défense, détenu par le suédois Volvo AB, est également bloqué dans la finalisation d'un contrat avec un pays du Proche Orient pour une commande de VAB Mark3. Un contrat qui serait la première référence à l'export de ce matériel. Comme le stipule l'article 4 de l'accord Debré-Schmidt, il pourrait être amené à rechercher, le concours d'autres sous-traitants que des sociétés allemandes.

En 2012, Berlin avait déjà refusé, comme l'avait révélé Les Echos, à Mercedes le droit de vendre des châssis à Nexter et à Lohr. Les contrats avaient été signés avec la Garde nationale saoudienne et portaient sur la vente de près de 350 blindés : 264 Aravis fabriqués par Nexter, auxquels s'ajoutent 15 ambulances et 68 véhicules MPCV à roues de défense antiaérienne de Lohr, destinés à recevoir une tourelle Mistral de MBDA.

 

Cette politique met-elle en danger l'opération Nexter/Krauss Maffei

Le rapprochement entre Nexter et le groupe allemand Krauss-Maffei Wegman (KMW) pourrait-il être menacé ? D'autant que l'une des raisons majeures de ce rapprochement,  côté français, est les nombreux succès à l'exportation de KMW notamment des chars Leopard. Non, estime-t-on au ministère de la Défense français, interrogé par La Tribune. Les deux dossiers ne sont pas liés, estime-t-on au ministère. Et de faire remarquer que cette politique restrictive favorise même Nexter lors du processus de valorisations des deux sociétés.

Pour autant, la famille Bode-Wegmann, actionnaire privé de KMW et qui a voté à l'unanimité en faveur de cette opération, pourrait être contrainte de suspendre cette opération si Sigmar Gabriel continuait à empêcher d'exporter KMW. Ce qui dégraderait la valeur de la société. Pas sûr que la famille veuille brader ses intérêts. D'autant que Sigmar Gabriel favorable à un rapprochement entre KMW et Rheinmetall pourrait utiliser ce levier pour tordre le bras à la famille... A suivre.

 

Berlin a annulé des contrats

Déjà certaines ventes à l'exportation de Krauss-Maffei Wegmann, notamment celle au Qatar (62 Leopard + 24 PzH 2000 pour 1,9 milliard d'euros), sont en grand danger. Elles sont suspendues par le nouveau ministre de l'Economie allemand qui se montre très réticent sur ces ventes. Déjà, une vente de 200 Leopard A7 en Arabie Saoudite a été bloquée par Berlin. Dans le magazine allemand "Stern", il avait notamment déclaré en début d'année que l'Allemagne allait renforcer le contrôle des exportations d'armes.

"Je suis d'accord avec Helmut Schmidt : c'est une honte que l'Allemagne soit parmi les plus importants exportateurs d'armes du monde, avait-il alors expliqué. En particulier, les armes légères deviennent simplement les armes de la guerre civile. Alors les choses doivent changer. C'est pourquoi, je suis en faveur d'une politique restrictive en ce qui concerne les exportations d'armes".

"Si les armes sont livrées dans les mauvaises régions, cela peut s'avérer un commerce meurtrier", avait estimé Sigmar Gabriel, tout en comprenant l'argument qui dit qu'un cadre plus strict pour les exportations d'armes pourrait coûter des emplois. "Pas d'armes dans les pays où une guerre civile est financée. Par ailleurs, nul ne devrait vendre d'armes à des régimes iniques", avait-il rappelé. Si elles étaient confirmée par le ministre, ces mesures risqueraient d'amoindrir la force de frappe de KMW à l'exportation.

 

Une ligne dure

Le ministre allemand de l'Economie a confirmé en août à l'issue d'une rencontre avec une vingtaine de représentants du personnel d'entreprises de la défense, son intention d'encadrer très strictement les exportations d'armes même au détriment de l'emploi. "Les considérations sur l'emploi ne doivent pas jouer un rôle déterminant" dans les décisions prises par le gouvernement, et spécifiquement par son ministère, d'autoriser ou d'interdire au cas par cas les exportations d'armes, a affirmé le ministre social-démocrate, lors d'un point de presse.

Sigmar Gabriel ne veut "pas de nouveau débat, pas de nouvelles directives, pas de tables rondes ou de clarification" sur ce sujet, mais simplement un respect à la lettre des dispositions en vigueur. Celles-ci, très restrictives, datent de 2000, mais son parti SPD accuse le gouvernement précédent d'Angela Merkel, dont il n'était pas membre, d'en avoir fait un usage trop laxiste. Il souhaiterait notamment que l'Allemagne cesse d'exporter vers les pays de la péninsule arabique, en particulier l'Arabie Saoudite, un gros client. La loi allemande interdit les exportations d'armes vers les pays dits tiers, c'est-à-dire hors Union européenne, partenaires de l'Otan et pays assimilés, mais ouvre des possibilités d'exemption au cas par cas.

 

5,8 milliards d'exportation en 2013

En 2013, le gouvernement précédent de Mme Merkel a autorisé 5,8 milliards d'euros d'exportations d'armement, dont 62 % dans des pays hors de l'Otan, notamment vers l'Algérie, le Qatar et l'Arabie-Saoudite. "Les perspectives (de l'industrie allemande de la défense) ne dépendent pas seulement de l'export, et certainement pas de l'export vers la péninsule arabique", a déclaré le ministre en réponse aux inquiétudes.

Pour compenser un éventuel manque à gagner, il a appelé le secteur à "faire ce qu'il aurait dû faire depuis 15 ans", à savoir se consolider et renforcer son intégration européenne, et se pencher plus avant sur les potentiels de conversion, c'est-à-dire de migration de sa production vers le domaine civil. La position de Sigmar Gabriel est loin de faire l'unanimité au sein de la coalition au pouvoir entre SPD et conservateurs de Mme Merkel.

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 16:50
le FRES SV (crédits General Dynamics)

le FRES SV (crédits General Dynamics)

 

4 septembre, 2014 Guillaume Belan

 

A la veille du sommet de l’OTAN qui va se dérouler à Newport, près de Cardiff, le Ministère britannique de la Défense vient de passer commande auprès de General Dynamics pour 589 véhicules blindés Scout SV (Specialist Vehicle), un énorme contrat d’un montant de 4,4 milliards d’euros. Les livraisons à la British Army doivent intervenir entre 2017 et 2024. Cette commande est la concrétisation et marque le lancement de la production du futur blindé britannique chenillé. Il fait suite à la sélection en 2010 de GD qui s’est vu accorder le contrat de développement pour ce nouveau véhicule dans le cadre du programme de modernisation de l’armée terre britannique FRES (Future Rapid Effect System). Le Scout SV est le futur char médian de la cavalerie britannique. Il s’agit d’une plateforme blindée qui sera dérivée en plusieurs configurations: poste de commandement, reconnaissance, ambulance, dépanneur, véhicule du génie… Il s’agit en quelques sorte de l’EBRC britannique. 245 de ces véhicules Scout SV seront armés de la tourelle de 40 mm CTAI (JV entre BAe et Nexter). Ce contrat marque donc le lancement de la production du nouveau calibre téléscopé franco-britannique, qui armera également l’EBRC (Engin Blindé de Reconnaissance au Combat) français, successeur des chars ERC90 Sagaie et AMX10RC, qui doit être lancé bientôt. Les munitions seront réalisées par BAe pour le Scout et Nexter pour l’EBRC.

 

Le futur blindé de combat britannique enfin lancé


Pour mémoire le programme FRES est l’équivalent britannique du programme français Scorpion et concerne près de 4000 véhicules de différents types. Le MoD souhaite également un véhicule blindé de combat d’infanterie (FRES UV), pour lequel, le VBCI français est en lice..

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 10:55
Big bang chez les patrons de l'aéronautique et défense

 

08/09/2014 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

La plupart des groupes aéronautiques et de défense ont changé de tête en deux ans. Le mouvement pourrait continuer. À coup sûr chez Safran, peut-être aussi chez Nexter et MBDA. A l'ombre des "Big boss" en place, toute une génération de quadragénaires sont prêts à prendre le pouvoir. Certains l'ont même déjà pris.

 

En deux ans, les organigrammes des groupes de l'industrie aéronautique et de défense française ont profondément évolué. Des patrons historiques et charismatiques comme l'inoxydable Charles Edelstenne (Dassault Aviation) et Louis Gallois (Airbus Group), l'icône politico-médiatique du Tout-Paris, ont été rattrapés par leur âge. Ils ont donc été contraints de quitter leur fonction pour laisser leur fauteuil à Éric Trappier (janvier 2013), qui sera à n'en point douter le PDG du premier contrat export du Rafale, et à Tom Enders (mai 2012), l'homme qui a transformé Airbus Group. Cet ancien protégé du premier coprésident d'EADS, Manfred Bischoff (expatron de DASA), a quant à lui laissé le manche d'Airbus à Fabrice Brégier mais en limitant au minimum les marges de manœuvre de ce dernier, considéré aujourd'hui comme l'un des grands industriels français du moment.

D'autres groupes comme Thales, Airbus Helicopters, Renault Trucks Défense (RTD), Defence Conseil International (DCI) et plus récemment le constructeur de turbopropulseurs ATR (filiale à parité entre Airbus Group et Finmeccanica) et le groupe naval DCNS ont également fait évoluer leur gouvernance avec l'arrivée de nouveaux PDG : respectivement Jean-Ber-nard Lévy (décembre 2012), Guillaume Faury (avril 2013), Stefano Chmielewski (novembre 2013), Jean-Michel Palagos (décembre 2013), Patrick de Castelbajac (juin 2014) et Hervé Guillou (juillet 2014). Des nominations qui ont privilégié plutôt l'expérience qu'une nouvelle génération de patrons quadragénaires, à l'exception notable de Patrick de Castelbajac (43 ans), l'homme qui monte dans le groupe Airbus, et de Guillaume Faury (46 ans), qui doit faire digérer à Airbus Helicopters son incroyable croissance.

 

La présidence de Safran aiguise les appétits

Ce profond changement n'est pas encore achevé, avec le prochain départ de Jean-Paul Herteman, dont le mandat à la tête de Safran se termine lors de l'assemblée générale de 2015 (mai/juin). Après avoir songé à rempiler - pour cela il devait faire évoluer les statuts -, le PDG de Safran semble s'être résigné, faute d'avoir eu un feu vert du gouvernement, à partir à la retraite après avoir mené son groupe vers des sommets en termes de chiffres d'affaires et de profitabilité. Il pourrait quitter le groupe après l'annonce des très bons résultats 2014 (sauf accident). Une sortie par le haut.

En coulisse, en interne comme à l'externe, de nombreux candidats sont déjà dans les starting-blocks. Chez Safran, quatre candidats rêvent de lui succéder, selon plusieurs sources concordantes : Olivier Andriès (PDG de Turbomeca), Ross McInness (finances), Philippe Petitcolin (président de Sagem) et Christian Streiff, vice-pré-sident du conseil d'administration de Safran et ancien PDG de PSA. À l'extérieur, deux noms se détachent déjà, ceux de Pascale Sourisse (Thales) et de Marwan Lahoud (Airbus Group), selon les observateurs de ce milieu. Résultat des courses avant la fin de 2014. Mais tout dépendra aussi de la nouvelle gouvernance mise en place avec le départ de Jean-Paul Herteman : PDG, ou directeur général cornaqué par un président du conseil.

 

Bouvier (MBDA) et Burtin (Nexter) fidèles à leur groupe

Dans ce maelström, deux PDG ont été pour l'heure épargnés par ce profond changement parmi leurs pairs : Antoine Bouvier (MBDA) et Philippe Burtin (Nexter). Arrivé en 2007 à la tête du missilier européen, Antoine Bouvier commence toutefois à avoir des envies d'ailleurs. Sollicité par l'État pour DCNS, il s'était tenu, bon élève qu'il est, en réserve de la République. Ce qui n'était pas toutefois réellement une promotion pour lui... En revanche, un éventuel départ de Marwan Lahoud, par ailleurs président du Groupement des industriels français de l'aéronautique et du spatial (GIFAS), vers des cieux plus en rapport avec ses ambitions, pourrait l'inciter à sortir du bois. Tout comme Jean-Pierre Talamoni, le directeur du développement international d'Airbus Group et fidèle bras droit de Marwan Lahoud. De tous les bons coups commerciaux d'Airbus Group, cet intuitif devra convaincre Tom Enders de ce qu'il peut apporter au géant de l'aéronautique.

De son côté, Antoine Bouvier, considéré comme un bon industriel, a enfin appris à se frotter et à se familiariser avec les arcanes du pouvoir. Ce qui était jusqu'ici sa faiblesse. De l'Élysée à Brienne en passant par le Quai d'Orsay, il est aujourd'hui reconnu comme le champion de la coopération franco-britannique notamment. « Il a su donner une dimension politique forte à la tête de MBDA, leader européen des missiles, en plaçant l'entreprise au cœur des enjeux stratégiques, diplomatiques et militaires français : dissuasion, défense antimissile, relations avec l'Inde et les pays du Golfe, pilier de la coopération européenne », explique-t-on au sein du groupe. Seul bémol, sa vision de la politique industrielle dans la défense (coopération européenne et autofinancement de programmes) diffère de celle de Tom Enders, qui ne croit pas aux programmes européens et ne veut prendre aucun risque financier sur les programmes de défense.

Pour sa part, Philippe Burtin, qui a marché dans les pas de Luc Vigneron, a poursuivi avec succès le redressement de Nexter, devenu rentable sous sa présidence. Seul souci, les difficultés récurrentes que rencontre le groupe d'armement terrestre sur les marchés export. D'où le rapprochement avec le groupe familial Krauss-Maffei Wegmann, champion des ventes à l'international (80 % de son chiffre d'affaires réalisés à l'export en 2011). Mais l'Élysée, qui regarde ce rapprochement avec beaucoup d'appétit, a mis Philippe Burtin sous étroite surveillance, selon nos informations. Est-il l'homme idoine pour mener et réussir cette opération... À lui de le démontrer, alors que son mandat s'achève en octobre 2015.

 

Les patrons pour demain... sont déjà là

À l'ombre de ces grands patrons en place, la relève est déjà là. C'est vrai pour Olivier Andriès (52 ans) qui a des chances de succéder à Jean-Paul Herteman. Il a pour lui des succès chez Turbomeca et son parcours chez Airbus puis Safran. Il pourrait toutefois être handicapé par une vieille affaire de délit d'initiés d'anciens hauts responsables d'EADS (2006), qui avaient été blanchis en 2009 par l'Autorité des marchés financiers (AMF). Un procès se tiendra du 3 au 24 octobre devant le tribunal correctionnel de Paris. Pour sa part, Éric Béranger (51 ans), dont le parcours était jusqu'ici rectiligne, filait vers les sommets au sein d'Airbus Group. Nommé PDG d'Astrium Satellites fin 2012 après avoir mis sur orbite la start-up Astrium Services, il a été l'une des grandes victimes de la réorganisation d'Airbus Defence & Space, qui a beaucoup contrarié ses ambitions. Mais cela ne pourrait être qu'un léger contretemps, in fine...

En revanche, le numéro deux de Thales, Patrice Caine (44 ans), sous les projecteurs depuis l'arrivée de Jean-Bernard Lévy à la tête du groupe d'électronique, est en pleine ascension. Beaucoup en interne estiment qu'il devrait un jour succéder à Jean-Bernard Lévy. La question est de savoir quand. Car ce pur produit de Thales, qui fait actuellement tourner la boutique - il est en charge des opérations et de la performance - , a pour lui de connaître le groupe par cœur et de fédérer autour de lui les équipes de l'électronicien. À lui maintenant de tenir la distance et d'éviter les chausse-trappes.

Ce qui est sûr, c'est qu'il a désormais pris une longueur d'avance sur Pierre-Éric Pommellet (51 ans), qui rêvait de succéder à Patrick Boissier à la tête de DCNS. Mais Thales a décidé de ne pas présenter de candidat maison. Une déception, bien que Pierre-Eric Pommellet, très fin politique, ait encore du temps devant lui. Chez Airbus Group, le secrétaire général d'Airbus Marc Fontaine, qui a été retenu par la manche par Fabrice Brégier alors qu'il lorgnait ATR, devra penser un jour à sa propre carrière s'il ne veut pas nourrir des regrets... Enfin, François Provost (46 ans), actuellement PDG de Renault Samsung Motors (RSM), une filiale du constructeur français en difficulté qu'il est en train de redresser, mène une très belle carrière chez Renault. Il pourrait un jour revenir dans le secteur de la défense. Lui qui avait été le conseiller industrie du ministre de la Défense, Alain Richard.

 

Le bel avenir annoncé des "jeunes pousses"

D'autres, plus jeunes, sont tout autant promis à un bel avenir, et qui sait s'ils ne s'assiéront pas un jour dans le fauteuil du « big boss ». Ces « jeunes pousses » sont souvent mises en compétition à l'intérieur des groupes. Une émulation naturelle... C'est le cas chez Safran où Jean-Paul Herteman a nommé en mai 2013 dans certaines filiales du groupe toute une série de jeunes prometteurs : Bruno Even (46 ans), diplômé de Polytechnique (1987) et de SupAéro (1992), nommé directeur général de Sagem ; Martin Sion (45 ans), diplômé de l'école Centrale de Paris (1990), à la tête d'Aircelle ; mais aussi une femme, Hélène Moreau-Leroy (49 ans) PDG d'Hispano-Suiza. Nommé directeur de la stratégie, Éric Dalbiès (46 ans), diplômé de l'École polytechnique (1987) et de SupAéro (1992) en fait également partie.

Dominique Giannoni (45 ans), actuellement patron des activités IFE (multimédia de cabine) en Californie, est quant à lui un des futurs grands dirigeants de Thales. Il conduit l'intégration des activités IFE avec Live TV, une société américaine achetée au premier semestre. Sans doute le successeur naturel de Michel Matthieu à la tête des activités aéronautiques de Thales. C'est aussi le cas de Christophe Farnaud (46 ans), ancien du cabinet de Villepin à Matignon. Directeur des relations institutionnelles de Thales ces deux dernières années, il a été promu en mai patron de la zone Afrique. C'est l'un des futurs successeurs de Pascale Sourisse.

Enfin chez MBDA, Florent Duleux (46 ans), l'un des vendeurs clés de systèmes de missiles au Moyen-Orient (Émirats arabes unis et Qatar), une zone stratégique pour les exportations de défense, est également promis à un bel avenir.

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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 11:50
Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

Le ministre allemand de l'économie préfère que KMW fusionne avec le leader allemand du secteur, Rheinmetall, avec qui il fabrique les chars Leopard et Puma, qu'avec le français Nexter. Mais les actionnaires KMW préfèrent s'associer à un Français qu'à leur concurrent allemand.

 

05.09.2014 Par Frédéric Lemaître (Berlin, correspondant) Le Monde.fr

 

Si Sigmar Gabriel, le ministre de l'économie et président du parti social-démocrate (SPD) tient ses promesses, l'Allemagne devrait, dans les années à venir, exporter nettement moins d'armes. Elle pourrait aussi compter moins d'acteurs dans ce secteur.

Vendredi 5 septembre, à l'issue d'une première rencontre avec des responsables patronaux et syndicaux du secteur, le ministre de l'économie, à qui il revient d'accorder ou non les autorisations d'exportation de matériel militaire, a confirmé sa politique.

 

Suite de l'article

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 16:45
Sangaris : Arrivée des premiers VBCI en RCA (6 Aout)

 

18/08/2014 Sources : EMA

 

Le 6 août 2014, 2 véhicules blindés du combat d’infanterie (VBCI) sont arrivés, par avion Antonov, sur l’aéroport de M’Poko à Bangui. Déployés dans le cadre du renouvellement du parc de véhicules blindés de la force Sangaris, ils sont affectés au groupement tactique interarmes (GTIA) Acier.

 

La force Sangaris renouvelle progressivement son parc de véhicules blindés. Les véhicules de l’avant blindés (VAB)  initialement projetés avaient été déployés afin de répondre au besoin d’une intervention rapide dans un contexte humanitaire difficile. Ils seront rapatriés en France pour y suivre des opérations de maintenance. Dans le cadre de cette relève, 16 VBCI au total seront progressivement acheminés en Centrafrique d’ici début octobre, permettant d’armer une compagnie motorisée au complet.

 

Aujourd’hui déployé en République Centrafricaine, où la topographie et les conditions météo rendent tout déplacement en véhicule difficile, la grande mobilité et les capacités de franchissement du VBCI permettront à la force Sangaris de disposer de véhicules blindés aux capacités cohérentes avec sa mission.

 

Mobilité, rapidité, protection, observation et appui feu sont les caractéristiques principales de ce véhicule.

 

Environ 2 000 militaires français sont actuellement déployés dans l’opération Sangaris, aux côtés des 6 000 hommes de la MISCA. Lancée le 5 décembre 2013 par le Président de la République, l’opération Sangaris vise à rétablir un niveau de sécurité minimal en République centrafricaine et à faciliter la montée en puissance de la MISCA ainsi que son déploiement opérationnel.

Sangaris : Arrivée des premiers VBCI en RCA (6 Aout)Sangaris : Arrivée des premiers VBCI en RCA (6 Aout)
Sangaris : Arrivée des premiers VBCI en RCA (6 Aout)

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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 12:45
Sangaris : première patrouille du VBCI dans Bangui

 

20/08/2014 Sources : EMA

 

Le 14 août 2014, deux sections du groupement tactique interarmes (GTIA) Acier ont effectué leur première patrouille en véhicule blindé de combat d'infanterie (VBCI) dans Bangui. Arrivés en République Centrafricaine depuis le 6 août, les VBCI ont très rapidement été opérationnels.

 

L'objectif principal de cette première patrouille était de vérifier la praticabilité des nombreux axes empruntés par la force Sangarisau cours de ses missions quotidiennes dans la capitale centrafricaine et ses alentours.

 

Malgré une topographie et des conditions météorologiques qui rendent tout déplacement en véhicule difficile, la grande mobilité et les capacités de franchissement du VBCI ont permis à ce véhicule de l’armée de Terre de sillonner la capitale sans encombre.

 

Le même jour, la patrouille a été appelée en renfort dans un quartier nord de Bangui, à PK12, où des affrontements entre groupes armés ont éclaté. La mobilité du VBCI a permis à la section d’arriver rapidement sur les lieux pour se positionner en posture dissuasive face aux groupes armés. Les capacités techniques du VBCI ont facilité l’opération en offrant au GTIA Acier une vision immédiate et complète du terrain d’engagement. Tous ces avantages que procure le VBCI, permettent à la force de pouvoir agir en appui de la MISCA, et très prochainement en appui de la MINUSCA, partout sur le territoire centrafricain où elle sera déployée.

 

Environ 2 000 militaires français sont actuellement déployés dans l’opération Sangaris, aux côtés des 6 000 hommes de la MISCA. Lancée le 5 décembre 2013 par le président de la République, l’opération Sangaris vise à rétablir un niveau de sécurité minimal en République Centrafricaine et à faciliter la montée en puissance de la MISCA ainsi que son déploiement opérationnel.

Sangaris : première patrouille du VBCI dans Bangui
Sangaris : première patrouille du VBCI dans Bangui

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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 12:35
L’Inde, nouvel eldorado pour les entreprises de Défense françaises

 

27/08 par Olivier Garrigos – LesEchos.fr

 

Dassault, DCNS, Nexter, Safran, Thales… toutes ces compagnies majeures de l’industrie de Défense de notre pays sont en Inde pour une raison bien simple : l’Inde est devenue le premier importateur mondial d’armes

 

Dassault, DCNS, Nexter, Safran, Thales… toutes ces compagnies majeures de l’industrie de Défense de notre pays sont en Inde pour une raison bien simple : l’Inde est devenue le premier importateur mondial d’armes, représentant 14 % des importations entre 2009 et 2013 selon le Stockholm International Peace Research Institute.

 

Le pays est devenu le premier client des États-Unis et continu à être le plus important de la Russie. Jusqu’à la fin de la Guerre froide, l’Inde importe près de 80 % de son matériel militaire, pour la plupart russe, avec néanmoins quelques touches françaises comme avec l’Ouragan et le Mirage 2000 de Dassault ou encore des missiles tels que le Milan. En revanche, la part des ventes d’armes françaises en Inde durant la Guerre froide ne dépasse pas les 5 % du total des importations d’armes du pays.

 

Avec la fin de la Guerre froide, l’Inde voit son principal fournisseur rencontrer des difficultés et va donc se tourner vers d’autres pays comme en autres Israël, la France, la Grande-Bretagne, les États-Unis, pour satisfaire ses besoins.

 

De plus, cette période est aussi marquée par la libéralisation de l’économie indienne, événement qui va voir la naissance d’une économie à forte croissance. Enfin, suite a au conflit dans les montagnes de Kargil en 1999 avec le Pakistan, de nombreuses déficiences dans le matériel militaire furent soulignées, certains hauts gradés indiens n’hésitant pas à estimer que l’Inde ne pourrait soutenir une guerre soutenue de plus de 20 jours.

 

De nombreuses réformes furent alors entreprissent, notamment la libéralisation du secteur de la Défense en 2002, jusqu’à lors détenu par des entreprises publiques et l’autorisation de l’investissement direct étranger à hauteur de 25 % (il est récemment passé à 49 %).

 

Les institutions du Ministère de la Défense Indien en charge des décisions stratégiques, comme les futures acquisitions, furent aussi remaniées. Finalement, le budget consacré à la modernisation fut considérablement augmenté, passant de 12 milliards d’euros en 2000 à 27 milliards d’euros pour l’année 2014-2015. Il est estimé que dans les années à venir, l’Inde dépensera plus de 80 milliards de dollars pour sa Défense.

 

Le gâteau indien est donc important et nombreux sont les pays souhaitant leur part, car les Indiens ont des besoins multiples : dans l’Aviation de nouveaux chasseurs de combats, hélicoptères, dans la Marine de nouveaux sous-marins, frégates, porte-avions et dans l’Armée de Terre de nouveaux tanks, véhicules légers, artillerie... la liste est longue.

 

Nos entreprises ont toutes leurs chances en Inde, tout d’abord puisque certaines d’entre elles à l’instar de Dassault ou de Safran y sont déjà depuis un certain temps. Ensuite parce que notre pays entretient de bonnes relations avec l’Inde, relations qui se sont réchauffées dans les années 1990 avec la signature d’un partenariat stratégique qui inclut la Défense comme aspect majeur.

 

De plus, notre savoir-faire est mondialement reconnu, la France étant le 5e exportateur mondial d’armes et étant capable de fournir de l’armement de haute technologie que cela soit dans le domaine maritime, terrestre ou aérien.

 

De récents contrats comme celui remporté par DCNS pour la construction de 6 sous-marins Scorpène ou les contrats répétés de Sagem pour l’installation pour l’aviation indienne de systèmes de navigations démontrent un atout technologique indéniable et surtout un lien de confiance durable. Nexter concourt aussi actuellement avec Elbit pour un contrat de 3 milliards de dollars pour la livraison de 1 480 canons de 155 mm à l'Armée indienne.

 

Le contrat historique en cours de négociations entre Dassault et Hindustan Aeronautics portant sur la construction de 126 avions de combat multi-role (Medium Multi-Role Combat Aircraft) évalué à plus de 10 milliards de dollars est aussi un signe fort, Dassault ayant remporté ce dernier face à des poids lourds du secteur tels que General Dynamics et Eurofighter. Il ne faut cependant pas oublier les PME, 4 000 en France dans le secteur de la Défense, qui bénéficient elles aussi de tels contrats.

 

Si le marché de la Défense indienne est actuellement l’un des plus importants, il est néanmoins de plus en plus difficile d’accès, car le gouvernement indien a décidé de favoriser la production locale, qui n’est actuellement que de 30 % pour 70 % d’importations.

 

Ce favoritisme se traduit par une politique d’offsets obligatoire pour les achats directs d’équipements étrangers (à hauteur de 30 % du montant de l'acquisition) ainsi que pour les équipements achetés et produits en Inde à travers un transfert de technologie. La lenteur du déroulement des contrats, la corruption et le budget de Défense insuffisant, malgré son augmentation constante, sont aussi des freins à l’investissement étranger.

 

Il n’en reste pas moins que la France est actuellement le 3e fournisseur d’armes à l’Inde d’après une récente annonce du gouvernement indien en août 2014, les États-Unis et la Russie occupant les premières places. Les entreprises françaises de Défense se sont donc trouvé une belle place sous l’eldorado indien, mais ces dernières sont très convoitées et il serait bien dommage de les céder.

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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 07:56
Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

 

11/07 Thibaut Madelin à Berlin et Denis Meynard à Saint-Etienne – LesEchos.fr

 

Les négociations de fusion avec Nexter sont exclusives pendant une période définie a déclaré Krauss-Maffei Wegman qui rejette ainsi la contre-offre de Rheinmetall.

 

Krauss-Maffei Wegmann (KMW) a renvoyé son partenaire et concurrent Rheinmetall dans les cordes. Le constructeur allemand de chars d’assaut a déclaré ce vendredi que tant qu’il discutait fusion avec le français Nexter il ne pouvait négocier avec personne d’autre. «  Dans l’accord (passé avec Nexter), les deux parties s’engagent à ne pas discuter fusion avec des tierces parties pendant une période définie », a déclaré vendredi à Reuters un porte-parole .

Selon « Handelsblatt », Rheinmetall prépare une offre sur KMW avec lequel il coopère sur plusieurs modèles dont le char Puma. « Des contacts ont eu lieu au plus haut niveau », rapporte le quotidien des affaires. Le groupe de Düsseldorf envisage deux options pour la famille actionnaire de KMW. La première prévoit que celle-ci devienne le premier actionnaire de Rheinmetall, avec 25 % à 30% du capital, en échange de l’apport de leur société. La deuxième envisage une fusion entre l’activité de défense de Rheinmetall et celle de KMW, dont les tailles sont comparables. Un rapprochement germano-allemand pourrait entraîner des synergies de 60 à 70 millions, selon le « Handelsblatt ».

Rheinmetall a refusé de commenter, mais la société n’a jamais caché son intérêt pour son rival. Des discussions ont échoué à plusieurs reprises dans le passé, se heurtant notamment aux réserves de la famille Wegmann.

 

Le précédent Atlas Electronik

Attendu, ce rebondissement rappelle l’épisode Atlas Electronik. Fin 2005, Thales avait voulu acheter à BAE Systems cet équipementier allemand. Le britannique a finalement choisi l’offre de ThyssenKrupp et d’EADS, inférieure mais soutenue par Berlin. Le gouvernement allemand peut bloquer la cession de plus de 25% d’une société de défense à des étrangers.

Depuis son annonce, l’industrie allemande est prudente sur le projet Nexter-KMW. « Si cette opération réussit, je suis prêt à offrir une bouteille de champagne car ce serait un pas juste vers la consolidation de l’industrie de défense européenne », déclare aux « Echos » Georg Wilhelm Adamowitsch, directeur général de la fédération de l’industrie de sécurité et de défense (BDSV).

En France, parmi les syndicats de Nexter, seule la CGT s’y oppose. « Nous sommes pour des coopérations européennes, mais contre une alliance capitalistique qui conduirait à une spécialisation par pays, avec l’abandon de l’activité blindé en France », explique Jean-Pierre Brat, délégué syndical central. La CGT souligne que l’Etat français a obtenu dans les négociations avec KMW de protéger l’artillerie et les munitions, mais pas les blindés.

 

CGT contre, CFDT, FO et CFE-CGC ouverts

Premier syndicat maison, la CFDT refuse tout dogmatisme « On a posé des questions, demandé des garanties industrielles et sociales, ainsi que la création d’un comité de suivi avec le ministère », explique André Golliard, représentant des salariés au conseil d’administration. Hervé Duverger (FO,), estime que les salariés pourraient être rassurés par des commandes. En France, la notification du programme Scorpion est bloquée du fait du contexte budgétaire.

Enfin, le « oui mais » de la CFE-CGC reflète « l’espoir placé dans cette alliance européenne et le désir de plus de transparence sur la stratégie de notre direction et sur le type de portage que veut opérer notre actionnaire actuel », selon Pascal Poyade, délégué à Roanne (Loire).

Thibaut Madelin (à Berlin) et Denis Meynard (à Saint-Etienne)

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 16:50
Aude Fleurant : "Nexter comme KMW doivent avant tout répondre aux besoins de la France et de l'Allemagne"

La fusion annoncée, mais loin d'être réalisée, entre Nexter et KMW pose à ce stade plus de questions qu'elle n'apporte de réponses.


12.07.2014 par Jean Guisnel - Défense Ouverte / LePont.fr

 

La Canadienne Aude Fleurant est directrice du programme Transferts et productions d'armement à l'institut de recherche Sipri (Stockholm International Peace Research Institute), qui fait autorité sur le sujet. Il nous a paru utile de revenir avec elle sur le rapprochement des industriels de l'armement terrestre Nexter (France) et Krauss-Maffei Wegmann (Allemagne). Elle estime que cette initiative a été prise dans un contexte particulièrement difficile et qu'il convient d'abord d'attendre la réalisation effective de ce projet pour en tirer les premières conclusions. En complément à cet entretien, nos lecteurs se reporteront avec intérêt à l'étude qu'elle a publiée en avril dernier à l'Ifri, titrée Quelles perspectives pour l'industrie européenne des armements terrestres ? Ce document fort copieux et pertinent a été coécrit avec Yannick Quéau, du Grip (Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité)

 

Le Point.fr : On a coutume de décrire l'industrie européenne de l'armement terrestre comme "éclatée". Le rapprochement annoncé entre le fabricant français Nexter et son homologue allemand Krauss-Maffei Wegmann est-il un événement important ?

Aude Fleurant : Il est vrai que l'industrie européenne s'est souvent trouvée dans une logique de fragmentation. Si le rapprochement ou la fusion de Nexter et de KMW devait effectivement se produire dans l'avenir, alors on verrait s'il s'agit de la naissance d'une nouvelle entreprise transnationale. Je vous fais toutefois observer que le mouvement de rapprochement entre industriels européens est engagé depuis longtemps. BAe a repris les Suédois Hägglunds et Bofors. Volvo possède désormais les Français Renault Trucks Defense et Panhard, le munitionnaire norvégien Nammo a acheté des concurrents en Espagne et en Belgique. Quant aux Américains de General Dynamics, ils sont devenus des acteurs importants en Europe après avoir acquis les fabricants de blindés Steyr Daimler Puch en Autriche, Mowag en Suisse, Santa Barbara en Espagne et l'ex-CDC Systems au Royaume-Uni. Les véhicules de combat d'infanterie et les blindés légers européens Piranha, Eagle, Duro, Pandur, Ascod, etc., sont produits par une firme américaine...

 

L'armement terrestre est-il toujours d'une importance stratégique ?

La volonté pour un pays de maintenir sa compétence en matière d'armement terrestre reste symptomatique de son désir d'autonomie. C'est particulièrement vrai en matière d'artillerie. Mais quand le gouvernement français veut s'assurer une "golden share" dans le futur ensemble Nexter-KMW, c'est bien pour s'assurer que l'entreprise agira conformément à ses souhaits. S'agissant des véhicules blindés, j'observe que l'Europe du Nord et les Peco (pays d'Europe centrale et orientale) concentrent de nombreux achats en cours. À mes yeux, c'est l'illustration d'une crainte d'affrontements terrestres et territoriaux. En se rapprochant de Nexter, KMW réduit son problème de doublon avec Rheinmetall.

 

Les Français n'apportent-ils pas dans la corbeille de mariage le plus gros contrat européen à venir, avec le programme Scorpion ?

Même si Scorpion est un programme majeur apporté dans la cagnotte du rapprochement, il ne faudrait pas non plus négliger les importants succès affichés part KMW à l'export, ce qui est moins le cas de Nexter. Cela dit, la forme finale de l'union reste très floue et ce qui sera partagé en termes de R&D et de production n'a pas encore été rendu public. Des projets de rapprochement se discutaient depuis une dizaine d'années, cela va prendre encore du temps pour bien définir la stratégie industrielle de la nouvelle entité et le partage des tâches. Les discours officiels ont été à ce jour d'une grande prudence, pour ne pas inquiéter les syndicats des deux côtés du Rhin, ni les autorités du land de Bavière.

 

Les Français exportent leur artillerie, mais pas leurs blindés. Les marchés peuvent-ils absorber les véhicules de très haute technologie produits en France et en Allemagne ?

C'est un problème, et Nexter comme KMW doivent avant tout répondre aux besoins de la France et de l'Allemagne. À l'international, cependant, le contexte économique n'est pas facile. Il y a certainement des clients prêts à payer pour des équipements plus sophistiqués, mais leurs marchés attirent la convoitise de la plupart des grands fournisseurs mondiaux. Dans d'autres cas des pays comme l'Afrique du Sud et Israël proposent des systèmes performants et moins coûteux. De plus, aujourd'hui tout particulièrement, le marché est inondé de surplus américains à coût modérés. Les concurrents possibles peuvent par ailleurs parfois se trouver bloqués, comme la Turquie qui n'a pas de moteur pour son futur char de combat national Altay, produit par Otokar, puisque les Allemands refusent de le leur vendre.

 

Le chiffre d'affaires cumulé de Nexter et KMW est de moins de deux milliards d'euros, juste en dessous de Rheinmetall, mais très inférieur à celui de BAe Systems et General Dynamics dans l'armement terrestre. Pensez-vous que le mouvement de consolidation est terminé ?

Presque 2 milliards de CA n'est pas négligeable, et il ne faut pas perdre de vue qu'en matière d'armements terrestres et particulièrement de véhicules, BAe et GD font l'essentiel de leurs ventes en Amérique du Nord. Cela dit, le CA est peut être un peu juste pour réaliser une R&D sur fonds propres et procéder à des développements de produits destinés aux marchés internationaux. Cela pourrait ouvrir la voie, plus tard, à d'autres acquisitions de ce côté aussi. On peut également se demander ce que fera Rheinmetall. Le rapprochement KMW/Nexter risque de forcer le groupe, qui partage plusieurs projets avec KMW, à se repositionner. On sait depuis un moment que le leader allemand nourrit quelques ambitions pour l'Italien Iveco, par exemple.

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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 16:55
Le Drian sur tous les fronts

 

10 juillet 2014 Par Hassan Meddah - L'Usine Nouvelle n°3385-3386

 

Le chantier de la loi de programmation militaire derrière lui, le ministre de la Défense accélère sur le plan industriel. Et Jean-Yves Le Drian attaque sur tous les fronts : terrestre, spatial et maritime. Après dix années de négociations stériles, il a lancé le rapprochement entre les fabricants de blindés Nexter et l’allemand Krauss-Maffei Wegmann.

 

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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 07:56
Contre-offre de Rheinmetall au projet de Nexter Systems avec KMW

 

10/07 Thibaut Madelin, à Berlin et Denis Meynard à Saint-Etienne – LesEchos.fr

 

Rheinmetall veut racheter Krauss-Maffei Wegman avec qui Nexter Systems veut fusionner.

 

Nexter risque d’avoir de la concurrence pour son projet de rapprochement avec le fabricant allemand de blindés Krauss-Maffei Wegmann (KMW) . Selon « Handelsblatt », Rheinmetall, un autre groupe de défense allemand, prépare une offre sur KMW avec lequel il coopère sur plusieurs modèles dont le char Puma. « Des contacts ont eu lieu au plus haut niveau », rapporte le quotidien des affaires.

 

Le groupe de Düsseldorf envisage deux options pour la famille actionnaire de KMW. La première prévoit que celle-ci devienne le premier actionnaire de Rheinmetall, avec 25 % à 30% du capital, en échange de l’apport de leur société. La deuxième envisage une fusion entre l’activité de défense de Rheinmetall et celle de KMW, dont les tailles sont comparables. Un rapprochement germano-allemand pourrait entraîner des synergies de 60 à 70 millions, selon le « Handelsblatt ».

 

Rheinmetall a refusé de commenter, mais la société n’a jamais caché son intérêt pour son rival. Des discussions ont échoué à plusieurs reprises dans le passé, se heurtant notamment aux réserves de la famille Wegmann.

 

Le précédent Atlas Electronik

 

Attendu, ce rebondissement rappelle l’épisode Atlas Electronik. Fin 2005, Thales avait voulu acheter à BAE Systems cet équipementier allemand. Le britannique a finalement choisi l’offre de ThyssenKrupp et d’EADS, inférieure mais soutenue par Berlin. Le gouvernement allemand peut bloquer la cession de plus de 25% d’une société de défense à des étrangers.

 

Depuis son annonce, l’industrie allemande est prudente sur le projet Nexter-KMW. « Si cette opération réussit, je suis prêt à offrir une bouteille de champagne car ce serait un pas juste vers la consolidation de l’industrie de défense européenne », déclare aux « Echos » Georg Wilhelm Adamowitsch, directeur général de la fédération de l’industrie de sécurité et de défense (BDSV).

 

En France, parmi les syndicats de Nexter, seule la CGT s’y oppose. « Nous sommes pour des coopérations européennes, mais contre une alliance capitalistique qui conduirait à une spécialisation par pays, avec l’abandon de l’activité blindé en France », explique Jean-Pierre Brat, délégué syndical central. La CGT souligne que l’Etat français a obtenu dans les négociations avec KMW de protéger l’artillerie et les munitions, mais pas les blindés.

 

CGT contre, CFDT, FO et CFE-CGC ouverts

 

Premier syndicat maison, la CFDT refuse tout dogmatisme « On a posé des questions, demandé des garanties industrielles et sociales, ainsi que la création d’un comité de suivi avec le ministère », explique André Golliard, représentant des salariés au conseil d’administration. Hervé Duverger (FO,), estime que les salariés pourraient être rassurés par des commandes. En France, la notification du programme Scorpion est bloquée du fait du contexte budgétaire.

 

Enfin, le « oui mais » de la CFE-CGC reflète « l’espoir placé dans cette alliance européenne et le désir de plus de transparence sur la stratégie de notre direction et sur le type de portage que veut opérer notre actionnaire actuel », selon Pascal Poyade, délégué à Roanne (Loire).

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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 20:50
Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

 

6 juillet 2014 par Yves FROMION

 

Le Ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian vient d’annoncer l’ouverture d’une négociation entre Nexter et l’allemand Krauss Maffei pour « rapprocher » les activités des deux entreprises. Cette affaire concerne directement les sites Nexter de Bourges et de La Chapelle-Saint-Ursin.

 

Restructurer l’industrie de Défense européenne, qui est en surcapacité, est en soi une initiative utile à condition que la formule soit gagnante-gagnante pour les partenaires. Qu’en est-il donc de ce projet ?

  • Nexter et Krauss Maffei fabriquent les mêmes  produits : blindés, artillerie, etc… et sont concurrentes sur de très nombreux marchés.
  • Krauss Maffei  est une entreprise familiale, efficace à l’exportation, à la recherche d’une nouvelle dynamique.
  • Nexter bénéficie d’un plan de charge consolidé par le lancement du programme SCORPION d’équipement de l’armée de terre française (248 Engins blindés de reconnaissance – 92 VBMR avec une cible de 2080) et par les perspectives d’exportation du canon CAESAR. On ne peut pas en dire autant de Krauss Maffei….
  • Nexter est financièrement saine parce que l’Etat l’a déchargée de l’endettement considérable de GIAT Industries (à la charge du contribuable). Krauss Maffei a une gestion financière « familiale » et réaliste.

 

On ne connaît pas la nature de l’arrangement envisagé entre les deux entreprises mais l’affaire doit susciter une grande vigilance à Bourges et dans le Cher car :

  • il y aura inévitablement une restructuration de l’outil de production, mais aussi des bureaux d’études…
  • l’organisation du management et celle des organes de décision sera déterminante. On connaît la volonté des allemands de prendre la main sur les industries européennes de Défense. Ce n’est pas pour rien qu’ils ont fait capoter le projet d’alliance entre EADS et British Aerospace …
  • l’impact sur la sous-traitance ne peut être sous-estimé.

On sait le Gouvernement français dans une quête désespérée des ressources  indispensables pour financer la Loi de Programmation militaire. Il serait dangereux de vendre imprudemment les bijoux de famille.

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 11:50
Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

 

4 Juillet 2014 enderi.fr

 

Menées en toute discrétion depuis plusieurs mois, les discussions pour le rapprochement entre Krauss Maffei Wegmann (KMW) et Nexter sont symptomatiques des reconfigurations nécessaires entre des acteurs européens de l’armement terrestre bien trop dispersés. Bien conscients de l’effet de masse nécessaire pour s’imposer sur des marchés ultra-concurrentiels, Nexter met aussi en œuvre une stratégie fondée sur l’innovation produit.

 

Un EADS de l’armement terrestre ?

 

L’appellation est encore prématurée, et de fait EADS n’existe plus, mais le rapprochement entre KMW et Nexter, réunis sous l’acronyme KANT (« KMW and Nexter Together »), est peut-être le premier pas vers l’émergence d’un acteur majeur de l’armement terrestre au niveau européen. Le but revendiqué est d’assurer d’une part la pérennité d’une industrie de défense européenne, fragilisée en raison de sa dispersion entre une dizaine d’acteurs, et de concurrencer directement les géants General Dynamics Land Systems, et BAe Systems. Sur le modèle de ce qui a été fait pour EADS (maintenant Airbus Group) dans le domaine aéronautique, et MBDA dans le secteur des missiles, Nexter et KMW entendent amorcer le processus de restructuration de l’industrie de l’armement terrestre attendu et espéré depuis une décennie.

 

La prudence reste néanmoins de mise et l’opération n’est pas encore réellement finalisée, tant les fusions dans ce secteur sont délicates, en raison des enjeux de souveraineté et de compétences industrielles. Une fusion nationale a ainsi longtemps évoqué entre Nexter et RTD (déjà propriétaire d’ACMAT depuis 2006 et Panhard depuis 2012), mais le projet n’a jamais abouti. Les rapprochements entre France et Allemagne sont également évoqués depuis longtemps mais sans résultat. De plus, il ne s’agit pas encore d’une fusion, mais d’un rapprochement d’ici début 2015 sous l’égide d’une holding commune, détenue à parts égales par GIAT Industries SA  et par Wegmann GmbH & Co, respectivement actionnaires à 100 % de Nexter Systems et KMW Gmbh & Co. Toutefois, la grande discrétion dans laquelle les négociations ont été menées avant l’annonce laisse pour une fois augurer d’une issue plus favorable, pour autant que la volonté politique reste constante. Nexter est en effet une des rares entreprises encore 100 % étatique.

 

Une gamme de produits élargie

 

Dans le domaine artillerie, le CAESAR poursuit sa brillante carrière internationale avec des opportunités au Brésil, après plusieurs succès en Asie et de grands espoirs en Inde. Si le système d’armes reste le même, le châssis s’adapte selon les pays pour s’attirer les bonnes grâces des industriels locaux et donc des décideurs politiques. Toujours dans le domaine artillerie, le programme de canon 40 CTC (40 Cased Telescoped Cannon) mené par CTA International,  joint-venture entre BAe Systems et Nexter, a franchi une étape importante avec la qualification du système d’armes et de ces munitions. Destiné à équiper les programmes Scout et WCSP  britanniques, ce système novateur, qui sera également présent sur le futur EBRC, est envisagé comme standard OTAN pour les canons de moyen calibre, élément déterminant que lui ouvrirait les portes de marchés considérables en volume.

 

Tranchant pour l’occasion avec l’image très haut de gamme, et donc très chère, des productions hexagonales, Nexter a présenté pour la première fois au public son blindé Titus. Véhicule de transport de troupes à six roues motrices, ses protections balistiques sont évolutives jusqu’au niveau 4 (plus possibilités de protections anti-RPG) et protections contre les mines jusqu’aux niveaux 4a/4b (STANAG 4569). Il est déclinable en outre en une petite dizaine de versions : EVASAN, PC, RAV, REC ou encore une originale version MOUT (que Nexter propose aussi sur l’Aravis). Mais la caractéristique que retiendront bien des observateurs est son prix contenu : environ 700 000 euros l’unité (hors « options » et armements), soit bien moins que la moyenne du marché pour un véhicule occidental. Loin d’être un véhicule low-cost, compte tenu du savoir-faire de Nexter, le Titus s’impose comme une solution intermédiaire et un bon compromis aux demandes souvent irréalistes pour un véhicule à la fois bien protégé, fiable, rustique, confortable, performant mais peu cher. Bien que n’étant pas la réponse de Nexter au futur appel d’offre pour le VBRM en remplacement des VAB, contrairement au prototype XP2 présenté à Eurosatory 2012, le Titus ne manquera certainement pas de faire valoir ses atouts auprès des états-majors français.

 

Spécialiste des blindés moyens et lourds, Nexter a également profité du salon Eurosatory pour présenter une version évoluée du VBCI, concurrent malheureux sur plusieurs appels d’offre internationaux, même si d’autres opportunités existent encore, notamment au Danemark. Il a également fait étalage des différentes possibilités offertes par l’ARAVIS, qui connait un certain succès à l’export.

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 11:25
Army of Colombia has take delivery of three new Nexter System LG1 Mk III 105mm light guns.

 

July 5, 2014 armyrecognition.com

 

In June 2014, Army Colombia has take delivery of three new light gun Nexter LG1 105mm Mk-III which is equipped with an autonomous ballistic computer for artillery system. The Nexter LG1 is especially designed to be used by rapid reaction forces.

 

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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 10:50
19 VBCI et 2 CAESAR mis à disposition de la British Army, sur le sol français, pour six mois

 

04.07.2014 par Philippe Chapleau – Lignes de Défense

 

Lors du point presse de jeudi matin au Mindef, il a été annoncé que dans le cadre du volet "équipement" des accords franco-britanniques de Lancaster House signés en 2010, l’armée de terre va mettre à disposition de l’armée de terre britannique 19 VBCI et 2 CAESAR pour une période de 6 mois. Ce projet baptisé "Brittany" démarrera à l'automne après la signature des aménagements techniques.

 

En janvier dernier sur le théâtre malien, le chef d’état-major de l’armée de terre britannique avait pu apprécier les capacités opérationnelles du VBCI. L’armée de terre britannique avait alors formulé une demande formelle de mise à disposition de matériel qui se concrétise.

 

La letter of interest, encadrant ce prêt, a été signée le 1er juillet à Londres par les deux CEMAT. Selon la Dicod, "l’opération aura un coût très limité pour la France", les Britanniques prenant en charge les coûts de fonctionnement et de formation.

 

Cette formation sera assurée par le 1er régiment de chasseurs d’Afrique (Canjuers). Un autre régiment français sera impliqué dans la formation qui aura aussi lieu à Mourmelon. Les équipements seront pris sur le parc de gestion (PEGP) et non pas dans le parc des régiments.

 

Une première phase consistera en la formation des pilotes britanniques. La seconde phase, dite de "mentoring", verra l'étude de l'adaptation de la doctrine britannique en fonction du VBCI et de ses capacités.

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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 17:55
Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

 

03/07/2014 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Le futur mariage entre les deux groupes spécialisés dans l'armement terrestre pose un certain nombre d'interrogations : rationalisation de l'outil industriel, exportations, co-management, stratégie de l'Etat français.

 

Après plusieurs années de flirt entrecoupées de période d'éloignement, les deux groupes spécialisés dans l'armement terrestre, Nexter et l'allemand Krauss-Maffei Wegmann (KMW) ont enfin décidé de se lancer dans des fiançailles. Un succès personnel pour le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui s'est très impliqué dans ce dossier. Pour autant, ce rapprochement franco-allemand qualifié d'"historique" au ministère de la Défense, ne peut absolument pas être comparé à la création en 2000 d'EADS, tant les perspectives de l'aéronautique civile étaient alors excellentes.

Ce qui n'est pas vraiment le cas des perspectives de l'armement terrestre, un secteur extrêmement concurrentiel avec l'arrivée d'acteurs de pays émergents et en déclin en Europe en raison de la baisse continue des budgets de la défense. Cela pose bien sûr quelques questions. Pourquoi les deux groupes ont-ils pris autant de temps avant de concrétiser une idylle qui paraissait pourtant logique à tous les observateurs ? Est-ce donc un mariage à risques tant les deux groupes se ressemblent ? Ce rapprochement sera-t-il créateur de nouveaux marchés, et donc d'emplois ? Très clairement, est-ce que un plus un fait deux, voire trois comme cette opération a été vendue à l'opinion publique ?

Autant de paris et d'interrogations laissés en suspens... Car les conséquences ne seront visibles pour la plupart que dans cinq à dix ans. Mais qui alors s'en souviendra ?

 

1/ Beaucoup de doublons dans les programmes

A l'exception de ses activités munitions, tous les grands programmes de blindés de Nexter ont dû un jour ou l'autre affronter la très (trop ?) forte concurrence des produits de KMW, estampillés "Made in Germany". Un logo qui impose à lui seul le respect aux clients dans le secteur des blindés quand Berlin en autorise l'exportation. En son temps, le Leclerc s'est frotté aux différentes versions du char de combat Leopard, qui in fine a survécu à la compétition contrairement au char français, aujourd'hui rangé des voitures. Le Leclerc est aujourd'hui proposé d'occasion à l'exportation.

Le blindé à roues VBCI (8x8), l'un des espoirs de Nexter à l'exportation mais jusqu'ici assez vain, se retrouve souvent face au Boxer de KMW. Le véhicule de transport de troupes tout-terrain à quatre roues motrices, l'Aravis, qui a remporté un succès à l'exportation (Arabie Saoudite), est quant à lui confronté au Dingo. Enfin dans l'artillerie, KMW, plutôt absent de ce segment de marché, oppose toutefois au Caesar, l'un des best-sellers de Nexter à l'export (Arabie Saoudite, Thaïlande et Indonésie), son PzH 2000 allemand (Grèce et Qatar), un redoutable rival.

Et demain quelles seront les centres de recherches et les usines qui développeront et fabriqueront les prochains programmes dans la future société intégrée ? Les blindés aux Allemands et les munitions et artillerie au Français ? D'ici là, une fois la société commune créée en avril, les deux industriels choisiront le meilleur produit qui répond le mieux aux besoins du client. Une première rationalisation devrait rapidement intervenir parmi les sous-traitants des deux donneurs d'ordres. Les deux groupes vont très rapidement développer des synergies, notamment en mettant en commun les achats et la Recherche & Développement (R&D). Au ministère de la Défense, on parle même de "massification" des achats pour donner plus de poids vis-à-vis de la sous-traitance.

 

2/ La France impressionnée par les succès à l'export de KMW mais...

L'une des raisons majeures de ce rapprochement, en tout cas côté français, ce sont les succès à l'exportation de KMW notamment des chars Leopard, qui inspirent le plus grand respect à la plupart des responsables français. Des succès qui impressionnent jusqu'à la direction générale de l'armement (DGA) qui n'a pourtant pas la réputation de s'enflammer facilement. En 2011, KMW avait réalisé 80 % de son chiffre d'affaires à l'exportation. Nexter bénéficiera donc du réseau commercial de son partenaire "sans commune mesure avec le sien", reconnait-on au ministère de la Défense. KMW a vendu 3.400 chars Leopard, alors que Nexter n'a placé que quelque 800 chars Leclerc, une moitié en France et l'autre, à perte, aux Emirats Arabes Unis.

Mais la presse allemande est un peu plus critique sur les succès de KMW à l'export souvent entachés d'irrégularités. Selon "Manager Magazin", l'entreprise familiale pourrait par exemple écoper d'une amende de 400 millions d'euros dans le cadre d'une vente de 170 chars Leopard à la Grèce dans les années 2000. La justice grecque enquête sur des pots-de-vin dans le cadre de ce contrat.

Surtout, certaines des ventes à l'exportation de Krauss-Maffei Wegmann, notamment celle au Qatar (62 Leopard + 24 PzH 2000 pour 1,9 milliard d'euros), sont en grand danger. Elles sont suspendues par le nouveau ministre de l'Economie, Sigmar Gabriel, qui se montre très réticent sur ces ventes. Déjà, une vente de 200 Leopard A7 en Arabie Saoudite a été bloquée par Berlin. Dans le magazine allemand "Stern", il avait notamment déclaré en début d'année que l'Allemagne allait renforcer le contrôle des exportations d'armes.

"Je suis d'accord avec Helmut Schmidt : c'est une honte que l'Allemagne soit parmi les plus importants exportateurs d'armes du monde, avait-il alors expliqué. En particulier, les armes légères deviennent simplement les armes de la guerre civile. Alors les choses doivent changer. C'est pourquoi, je suis en faveur d'une politique restrictive en ce qui concerne les exportations d'armes".

"Si les armes sont livrées dans les mauvaises régions, cela peut s'avérer un commerce meurtrier", avait estimé Sigmar Gabriel, tout en comprenant l'argument qui dit qu'un cadre plus strict pour les exportations d'armes pourrait coûter des emplois. "Pas d'armes dans les pays où une guerre civile est financée. Par ailleurs, nul ne devrait vendre d'armes à des régimes iniques", avait-il rappelé. Si elles étaient confirmée par le ministre, ces mesures risqueraient d'amoindrir la force de frappe de KMW à l'exportation.

KMW a-t-il alors accepté cette opération avec Nexter pour mieux contourner les règles trop strictes de Berlin en matière d'exportation ? Dans l'entourage de Jean-Yves Le Drian, on dément fermement. "Jamais les Allemands n'ont pris prétexte de cette opération pour contourner leur processus d'exportation", explique-t-on. Et de rappeler que la France ne faisait pas n'importe quoi en matière d'exportation et de sous-entendre que Sigmar Gabriel ne serait pas non plus éternel au poste de ministre de l'Économie.

En Allemagne, on estime qu'un tel rapprochement n'exonèrerait pas KMW de soumettre ses exportations aux autorités allemandes. D'autant que Berlin a l'intention de se montrer plus regardant en la matière après une forte hausse des ventes de matériel à des pays du Golfe et non alliés ces dernières années.

 

3/ L'Etat français va-t-il s'exonérer de son devoir vis-à-vis de Nexter ?

"Confier" les exportations des matériels de Nexter à la puissance de KMW, c'est aussi une façon de réduire la dépendance du groupe français aux coupes du budget de la défense français. Jean-Yves Le Drian "sait bien que l'entreprise Nexter telle qu'elle est aujourd'hui peut être fragilisée au moindre à-coup budgétaire", souligne-t-on dans son entourage. C'est bien mais cela ne doit pas pour autant entraîner de nouvelles baisses des commandes de l'Etat en faveur du groupe français et plus tard de la nouvelle entité dans un contexte budgétaire contraint et toujours aussi incertain. Car jusqu'ici les industriels présents dans l'armement terrestre, qui n'est "pas un secteur de souveraineté stratégique pour la France" comme l'explique le ministère, ont été sacrifiés sur l'autel des arbitrages budgétaires de l'Hôtel de Brienne.

Au sein du ministère de la Défense, on assure que le programme Scorpion, crucial pour Nexter ainsi que la filière de l'armement terrestre (5 milliards sur une dizaine d'année, dont 1 milliard dans l'actuelle loi de programmation militaire), sera notifié dans les prochaines semaines. Avec le programme Scorpion, pourtant déjà sérieusement raboté par la nouvelle LPM, Nexter devrait empocher environ la moitié des 5 milliards d'euros, selon le ministère, pour le développement et la fabrication de 2.080 véhicules blindés multirôles (VBMR), un véhicule 6x6 de 18-19 tonnes, et de 248 Engins blindés de reconnaissance et de combat (EBRC).

 

4/ Armements terrestres : est-ce une filière stratégique ou pas ?

La filière de l'armement terrestre est-elle un secteur de souveraineté nationale pour la France ? Non, si on écoute le ministère de la Défense, qui souhaite acheter sur étagère tout ce qui est camions militaires notamment. Et prochainement les fusils d'assaut pour l'armée française. Pour exemple, le groupement franco-italien Iveco et Soframe, filiale du groupe Lohr) a déjà été retenu pour l'attribution des 2 marchés PPT (porteurs polyvalents terrestre), une famille de camion militaire. "On sait acheter à l'étranger", glisse-t-on au ministère.

Mais, en même temps, le programme Scorpion a été verrouillé par le ministère de la Défense en invoquant l'article l'article 346 du traité européen. La DGA a opté pour une consultation restreinte envoyée aux trois champions français de l'armement terrestre. Elle s'est retranchée derrière l'article 346, qui permet à un pays de  privilégier son industrie sous couvert d'enjeux de souveraineté nationales.

Pourquoi l'article 346 alors que le secteur n'est pas un enjeu de souveraineté nationale ? "On met Scorpion à part", affirme-t-on au ministère. Car, explique-t-on, ce programme représente l'intégralité de l'équipement de l'armée de terre et touche certains secteurs de souveraineté nationale comme la vétronique, la cryptologie, les liaisons de données...". La vétronique est un enjeu pour les véhicules militaires permettant d'avoir à bord une architecture centralisée des systèmes d'information et de contrôle. Cette évolution importante dans la centralisation des ressources électroniques et informatique nécessite des calculateurs embarqués puissants et compacts.

Enfin, l'Etat souhaite détenir "une action spécifique" (golden share) dans la future société commune entre Nexter et KMW pour protéger les activités stratégiques (systèmes d'armes et activités munitionnaires). L'Etat pratique-t-il un double langage ou reste-t-il simplement pragmatique dans la gestion des dossiers de la filière armement terrestre au risque de brouiller sa stratégie ?

 

5/ Les risques du co-management

Nexter et KMW vont devoir passer l'étape de la coprésidence (Philippe Burtin et Frank Haun) pendant plusieurs années. Une étape qui sera compliquée dans la gestion du groupe. Ce sera donc aux deux hommes à la tête du groupe de s'entendre parfaitement et de définir avec précision les règles du jeu. Ce sera bien sûr comme souvent une question de "feeling" et d'affectio societatis, surtout à ce niveau de responsabilités. Mais l'Etat français devrait quand même mettre un cierge pour que la coprésidence du futur groupe ne dérape pas à l'image de celle des premières années d'EADS. Un très, très fâcheux précédent qui a failli se finir par un désastre...

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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 10:55
Nexter – KMW : Discours de Jean-Yves Le Drian (1 juillet 2014)

Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, Suzanne Wasum-Rainer, ambassadrice d’Allemagne à Paris, Philippe Burtin, PDG de Nexter Systems, Frank Haun, PDG de KMW. photo MinDefFR

 

1er juillet 2014 M. Jean-Yves Le Drian, Ministre de la défense

 

– Seul le prononcé fait foi –

 

 

Madame l’Ambassadrice,

Monsieur le Délégué général pour l’armement,

Monsieur le commissaire aux participations de l’Etat,

Messieurs les présidents,

Mesdames et Messieurs,

 

Je suis très heureux de vous accueillir ce soir à l’Hôtel de Brienne. Avec le rapprochement de deux grands industriels européens du domaine de la défense, nous vivons, j’en ai la certitude, un moment historique, de ceux qui ne se produisent qu’à de très rares occasions. J’ai en tête la création d’EADS en 2000 pour le secteur aéronautique, ou celle de MBDA en 2001 pour le secteur des missiles. Depuis lors, il ne s’était plus rien produit de significatif, à un tel niveau. Aujourd’hui, alors que nous assistons à la première étape de la création du leader européen de l’armement terrestre, nous renouons avec cette dynamique.

 

Il y a quelques minutes, un protocole d’accord a été signé entre Nexter Systems et KMW, en vue de leur rapprochement, et c’est pour nous tous un grand motif de satisfaction.

 

Cet accord répond à un objectif qui est l’une de mes priorités depuis deux ans, priorité que je sais partagée dans cette pièce : renforcer nos industries de défense dans le cadre européen. Alors que la concurrence internationale ne cesse de s’accroître, ces industries doivent avoir la taille critique nécessaire pour remporter des marchés à l’export, et assurer ainsi leur développement dans la durée. C’est bien l’objectif de ce rapprochement entre Nexter Systems et KMW, qui, ensemble, seront plus fortes, et deviendront même le premier acteur au niveau européen, le quatrième au niveau mondial.

 

Le magnifique précédent d’Airbus montre toute la valeur d’une telle démarche. Dans un contexte qui reste difficile pour les budgets de défense européens, et alors que nous avons presque chaque jour de nouvelles preuves de l’instabilité du monde, il est plus important que jamais que nos industries européennes soient au rendez-vous de nos défis de défense et de sécurité. Car au-delà du moteur économique qu’elles représentent, elles sont aussi une condition essentielle, première, de notre autonomie stratégique.

 

C’est dans cet esprit que le ministère dont j’ai la charge a apporté son concours actif à l’élaboration de cet accord. Il l’a fait au travers en particulier de la direction générale de l’armement, et en lien avec tous les autres acteurs : je salue en particulier l’excellence de la relation que nous entretenons avec l’Agence des Participations de l’Etat, dirigée par David Azéma, que je remercie de sa présence et de son action.

 

Le mariage, et donc la création d’un nouveau groupe, est attendu à l’horizon du premier semestre 2015. Je vous donne rendez-vous à cette date, et j’espère que nous pourrons alors célébrer ensemble la réussite d’une opération qui est, à mon sens, une véritable chance, pour la France et l’Allemagne, et pour l’Europe à travers nos deux pays.

Nexter – KMW : Discours de Jean-Yves Le Drian (1 juillet 2014)

Jean-Yves Le Drian ministre de la Défense, Cédric Lewandowski, Jean-Claude Mallet, Christophe Salomon, Geoffrey Bouquot, Franck Paris, Mme Suzanne Wasum-Rainer (Ambassadeur d’Allemagne), Maître Michael Abels, Dr Manfred Bode, Dipl.-Ing. Frank Haun, Dipl.ing. Jürgen Weber, M. Jörg Freimund, Dr Werner Zimni, Dipl. Kfm. Horst Rieder, M. David Azema (APE), IGA Laurent Collet-Billon (DGA), M. Frédéric Bouty (Nexter), M. Philippe Burtin (Nexter), IGA Bertrand Le Meur (DGA), M. Jean-Patrick Baillet (Nexter), M. Julien Mendez (APE).

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 17:55
XP2 (Nexter) - IFV Puma (KMW)

XP2 (Nexter) - IFV Puma (KMW)

 

01-07-2014 Par Vincent Lamigeon - Challenges.fr

 

Les constructeurs du Leclerc et du Leopard font une « fusion entre égaux ». L’Etat français et la famille allemande Bode se partagent le capital.

 

L’Airbus de l’armement terrestre décolle enfin. Après dix ans d’allers- retours et de négociations plus ou moins intenses, le français Nexter, fabricant du char Leclerc et du blindé VBCI, et son concurrent allemand Krauss Maffei Wegmann (KMW), concepteur du char Leopard, viennent d’annoncer leur fusion entre égaux, chacun représentant environ 800 millions d’euros de chiffre d’affaires et 3.000 salariés. Le nouveau champion européen sera détenu à 50% par l’Etat français, aujourd’hui seul actionnaire de Nexter, et à 50% par la famille allemande Bode, propriétaire de KMW. Le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian a négocié une action spécifique pour l’Etat au sein de la filiale munitions de Nexter, jugée stratégique.

Pourquoi ces grandes manœuvres? Dans un marché dominé par les groupes anglo-saxons, notamment les géants BAE Systems (4,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires) et General Dynamics (4,6 milliards), et attaqué par les pays émergents comme l’Afrique du Sud ou la Turquie, l’Europe souffre d’une industrie trop morcelée. « L’Europe a 17 lignes de production de blindés contre deux aux Etats-Unis », déplorait fin avril Tom Enders, le patron d’Airbus Group.

 

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 16:50
Un " Airbus des blindés " avec le rapprochement début 2015 entre Nexter et l'Allemand KMW

 

02.07.2014 Par Olivier Berger, grand reporter à La Voix du Nord.

 

Krauss-Maffei Wegmann (KMW) et Nexter, deux leaders européens des blindés (Leopard pour le premier, Leclerc pour le second), ont signé, avec l'Agence de participation de l'Etat (puisque Nexter est public) ce mardi 1er juillet un protocole d'accord pour la future création d'une société holding conjointe.

 

Après EADS dans l'aéronautique en 2000 et MBDA pour les missiles en 2001, ce nouveau rapprochement franco-allemand pourrait créer une sorte d'Airbus des blindés avec un chiffre d'affaires de près de 2 milliards d'euros, un carnet de commandes d'environ 6 milliards d'euros et plus de 6 000 salariés.

 

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 16:50
Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

 

Jul. 1, 2014 - By PIERRE TRAN and ALBRECHT MÜLLER – Defense News

 

PARIS AND BONN — Nexter and Krauss-Maffei Wegmann (KMW) said on Tuesday their owners have agreed to set up an alliance with the creation of a 50:50 joint venture to house the French-German defense technology group, marking a major move in European cross-border consolidation in land armaments.

 

The owners met in Paris and signed heads of agreement, showing a determination to “share their future and the road ahead,” the companies said in a joint statement.

 

A target date for completion of the deal is “early 2015,” the companies said.

 

Nexter is state-owned while KMW is controlled by the Bode family.

 

Under the agreement, there is an “intended unification” of the two companies, with the owners putting their shares into a newly incorporated joint holding company, the statement said.

 

The owners will receive 50 percent of the holding company, which will be the sole shareholder in KMW and Nexter, the statement said.

 

The deal will mark a step in consolidation of defense technology in Europe, while boosting standardization and interoperability of military equipment for European and NATO customers, the companies said. The alliance also would create a dependable industrial base, they said.

 

The alliance will create a European defense technology group with combined annual sales nearing €2 billion (US $2.7 billion), a combined order book worth €6.5 billion and more than 6,000 staff.

 

Nexter CEO Philippe Burtin, ahead of the Eurosatory trade show, told Defense News the company is pursuing consolidation talks.

 

“The Europeans are working on it; it’s reassuring. We, the Europeans, are working on the future of European defense,” he said.

 

In May 2013, a French source told Defense News, “We’re extremely keen for a very strong partnership between Krauss-Maffei Wegmann and Nexter.

 

“It’s being discussed between owners,” the source said

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 15:55
Canon Caesar - photo Armée de Terre

Canon Caesar - photo Armée de Terre

 

02/07/2014 Jean Guisnel – Défense Ouverte / Le Point.fr

 

Budgets en réduction, complémentarités de gammes et très gros marché français à venir expliquent une fusion opportune entre les deux industriels.

 

Voici une dizaine d'années que l'affaire était dans les tuyaux ! C'est dire si l'annonce faite mardi par le ministère de la Défense des premiers pas devant conduire à un rapprochement de deux industriels de l'armement terrestre, l'allemand Krauss-Maffei Wegmann et le français Nexter, est importante. Il y a encore du pain sur la planche avant que ce rapprochement ne débouche sur une fusion, mais la lettre d'intention signée mardi à Paris par les deux P-DG, Philippe Burtin (Nexter) et Frank Haun (KMW), est une avancée essentielle. Elle permettra à ces spécialistes porteurs de deux cultures différentes de l'armement terrestre de rapprocher leurs gammes et de concourir ensemble pour les juteux marchés export.

 

Roue contre chenille

 

Les temps glorieux de la guerre froide qui voyaient ces deux industriels livrer chaque année des dizaines de blindés à leurs armées respectives sont révolus depuis un quart de siècle. Mais ce que la France et l'Allemagne avaient réussi en matière de missiles, avec la création d'Euromissile aujourd'hui fondu dans MBDA, ou d'Eurocopter devenu leader mondial du secteur des hélicoptères, restait à faire en matière d'armement terrestre.

 

KMW et Nexter n'excellent pas dans les mêmes segments techniques : l'industriel allemand est au tout premier rang pour les blindés à chenilles, notamment avec la famille du char de bataille Léopard, quand son concurrent français est meilleur dans les blindés à roues, illustrés par la dernière génération de ces équipements produits en France : le VBCI, dont 77 nouveaux exemplaires auront été livrés à la fin de l'année en cours. Surtout, Nexter commercialise un canon d'artillerie de 155 mm monté sur roue, le Caesar, qui connaît un succès discret mais bien réel à l'exportation.

 

Contrat Scorpion

 

Le problème, pour les deux industriels, qui se trouvent tous deux en deçà de la taille critique (moins de 800 millions d'euros de chiffre d'affaires pour chacun en 2013), vient de la réduction des budgets, donc des marchés de leurs armées nationales respectives. Or, un contrat important se profile pour l'industriel français : celui du nouveau système de combat modulaire de l'armée de terre, Scorpion. Considérablement réduit par rapport aux prévisions initiales, il prévoit le remplacement de véhicules de combat à bout de souffle : le VBMR (véhicule blindé modulaire à roues) doit remplacer le VAB (véhicule de l'avant blindé) en service depuis... 1976 ! À peine moins vieux puisque son entrée en service date de 1980, le char AMX-10 RC doit être remplacé par l'EBRC (engin blindé de reconnaissance et de combat), qui enverra également l'ERC 90 et le VAB Hot au magasin des antiquités.

 

Armement : les vraies raisons du rapprochement entre Nexter et KMW

 

Dans un discours prononcé le 16 juin dernier lors du salon de l'armement terrestre Eurosatory, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian avait annoncé : "Fort des engagements du président de la République en faveur du budget de la Défense, je m'apprête à lancer le programme Scorpion. Les premières livraisons seront donc en 2018 pour les VBMR, et 2020 pour les EBRC." Le gouvernement attend les dernières offres des industriels pour la fin de ce mois. Les premières signatures de contrats de ce marché énorme (5 à 6 milliards d'euros au total sur quinze ans) sont attendues avant la fin de l'année. Si Bercy ne met pas un coup de frein aux ambitions.

 

Un pari sur l'avenir

 

Le gouvernement français avait le choix entre la recherche d'un partenaire étranger pour Nexter, qui a été retenu, et l'association de cet industriel avec un partenaire français. Deux hypothèses ont été envisagées : Renault Trucks Defense, filiale de Volvo, dont la taille était trop petite. Et Thales. Mais l'armée de terre était très opposée à cette éventualité, peu disposée à payer ses futurs blindés au prix très élevé que pratique l'électronicien. L'association avec KMW s'est donc imposée logiquement. Elle passera par la création d'une société commune, Nexter étant privatisée et demeurant la propriété de l'État, qui détiendra 50 % de la nouvelle société, plus une golden share.

 

La fin du processus de rapprochement n'est pas prévue avant 2018 ou 2019. Dans une allocution prononcée mardi lors de la cérémonie de signature, le ministre de la Défense a toutefois estimé que "le mariage, et donc la création d'un nouveau groupe, est attendu à l'horizon du premier semestre 2015. Je vous donne rendez-vous à cette date, et j'espère que nous pourrons alors célébrer ensemble la réussite d'une opération qui est, à mon sens, une véritable chance, pour la France et l'Allemagne, et pour l'Europe à travers nos deux pays."

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 15:50
Jean-Yves Le Drian : « Rapprocher Nexter et KMW pour mieux affronter la concurrence internationale »

 

01/07 Alain Ruello - lesechos.fr

 

Pour Jean-Yves Le Drian, le ministre de la défense, le rapprochement permettra aux deux entreprises d’atteindre la taille critique pour être compétitif à l’exportation.

 

Cela fait des années qu’on évoque la création d’un champion franco-allemand de l’armement terrestre. Pourquoi maintenant ?

 

C’est la première fois que l’on réalise une consolidation européenne de cette ampleur dans l’armement depuis EADS en 2000 et MBDA en 2001. Nous allons constituer un Airbus du terrestre. Cela permettra de mieux affronter la concurrence internationale : ensemble, Nexter et KMW formeront le premier groupe d’armement terrestre européen. C’est une réponse aux contraintes sur les budgets de défense en Europe. C’est une nécessité pour disposer d’une gamme complète et de capacités d’innovation majeures. Cela méritait d’en parler dans le cadre franco-allemand et de dépasser les blocages historiques. C’est une étape majeure. On rentre dans une phase de fiançailles pour aboutir au mariage en avril prochain.

 

Pourquoi ce schéma plutôt qu’un rapprochement avec Renault Trucks Defense par exemple ?

 

La co-entreprise Nexter-KMW va ouvrir des synergies importantes pour l’avenir en matière de R&D et de développement international. Le rapprochement va immédiatement créer de la valeur dans ces domaines. Ce schéma préservera les deux entreprises et les programmes de chacune d’entre elles puisque les commandes engagées resteront chez Nexter et KMW.

 

Nexter était menacé sinon ?

 

La dépendance de Nexter à l’égard des commandes françaises est importante. L’entreprise doit muscler ses capacités de développement international.

 

Quel est l’intérêt pour KMW, qui exporte très bien, de se rapprocher de Nexter ?

 

La nouvelle société vaudra plus que la somme actuelle des deux entités. Les entreprises mutualiseront leurs gammes et le groupe atteindra la taille critique pour être compétitif à l’export. C’est favorable pour l’emploi car chacun garde ses carnets de commandes et s’associe à l’autre pour innover et exporter. C’est aussi un plus considérable pour l’Europe de la Défense. Avec de la volonté, on parvient à des résultats.

 

Même si l’Etat conserve 50 %, il va falloir privatiser Nexter. Craignez-vous une levée de boucliers en interne ?

 

Nos intérêts seront parfaitement protégés. L’Etat conserve 50 % de cet ensemble ainsi qu’une action spécifique pour préserver ses intérêts stratégiques, dans le domaine des munitions.

 

Ce rapprochement en appelle-t-il d’autres ?

 

Une étape importante s’ouvre aujourd’hui, dont je souhaite le plein succès. Demain, cet ensemble pourra s’ouvrir à d’autres.

 

Ce qui est possible dans l’armement terrestre, l’est-t-il aussi dans le naval ? On évoque la nécessité d’un Airbus des sous-marins depuis des années entre DCNS et TKMS...

 

J’agis de manière pragmatique et concrète pour développer nos industries de défense. Nous évaluons nos intérêts, travaillons avec des partenaires éventuels et aboutissons à un résultat qui préserve notre industrie de défense et qui nous projette à l’export. La solution Nexter-KMW répond à ces conditions. Comme j’ai pu l’encourager dans le domaine spatial (Airbus Safran), la consolidation européenne peut concerner d’autres secteurs. J’en ai fait un objectif majeur car le ministère de la Défense est aussi celui des industries de défense.

 

Le divorce entre TKMS et Kockums vous donne-t-il des idées sur une alliance franco-suédoise ?

 

La ministre suédoise de la défense et moi-même avons évoqué toutes ces questions vendredi dernier. Nexter-KMW montrent qu’il y a de l’intérêt à se consolider tout en préservant ses atouts.

 

La ministre de la défense allemande va prendre position sur les drones. Attendez-vous un top départ pour un projet franco-allemand sachant que Dassault, Airbus et Finmeccanica piaffent d’impatience ?

 

En Allemagne, l’opinion publique a été marquée par le Global Hawk. Je fais de l’équipement de nos armées en drones une priorité et ma collègue allemande partage mon intérêt pour le sujet

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 15:50
Leclerc (Nexter) - LEOPARD 2 A4 (KMW)

Leclerc (Nexter) - LEOPARD 2 A4 (KMW)

 

2 juillet 2014 par Emmanuel Cugny Tout info, tout éco

 

Un premier pas vient d'être franchi pour la construction d'un grand Airbus de l'armement terrestre. Les fabricants de blindés français Nexter et allemand KMW ont entamé hier un rapprochement pour former le leader européen dans ce secteur.

 

Les représentants des deux entreprises et l'Agence française des participations de l'Etat ont signé un accord qui ouvre une phase de discussions pour constituer une co-entreprise dans les neuf prochains mois. La nouvelle entité qu'ils détiendront à égalité dépassera en chiffre d'affaires l'allemand Rheinmetal ainsi que le britannique BAE-Systems. Cet accord marque une nouvelle étape dans la consolidation de l'industrie européenne de l'armement après la constitution du géant de l'aéronautique EADS, récemment rebaptisé Airbus Group. A terme, Nexter détenu à 100% par l'Etat français - c'est l'ancien Giat Industrie - qui fabrique le char Leclerc, et KMW (groupe familial) qui fabrique le Léopard, ont vocation à fusionner.

 

Suite de l’article et podcast

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 11:57
XP2 (Nexter) - IFV Puma (KMW)

XP2 (Nexter) - IFV Puma (KMW)

 

2 juillet, 2014 Frédéric Lert (FOB)

 

Le secret avait été bien gardé ! Hier en fin de journée, après plus de 18 mois de négociations, Nexter et Krauss-Maffei Wegmann ont annoncé leur projet d’alliance. Un peu plus tôt dans la journée, les propriétaires des deux entreprises (famille Bode-Wegmann pour KMW, l’état français pour Nexter) avaient signé un protocole d’accord. Le rapprochement des deux groupes sous l’égide d’une holding qui s’appellera KANT (KMW And Nexter Together, comme quoi chars lourds et humour ne sont pas incompatibles) jette les bases d’un groupe franco allemand de défense fort de 6000 salariés, avec un carnet de commande de plus de 6 Mds€ et d’un chiffre d’affaires annuel de 2 Mds€. La part des deux sociétés dans cet ensemble est relativement équilibrée, ce qui a sans doute facilité le rapprochement, avec simplement un léger avantage à KMW sur le chiffre d’affaires et les effectifs.

 

Depuis une bonne décennie, le mariage de Nexter faisait partie des arlésiennes du secteur de l’industrie de Défense. Pour de nombreux observateurs, l’actionnariat public du groupe français constituait un frein rédhibitoire à toute évolution de son périmètre.  Les deux industriels ont donc décidé d’un commun accord de bousculer la situation et de faire taire les augures. Reste que la signature d’hier n’est qu’une étape et le chantier à venir est bien plus conséquent que les négociations qui ont précédé. Les gammes sont complémentaires de part et d’autre du Rhin, mais avec des zones de recouvrement non négligeable : on trouvera par exemple deux 8×8, le VBCI et le Boxer, ou deux MRAP, le Dingo et l’Aravis. Sans oublier bien entendu le Léopard et le Leclerc dans les chars lourds. On fait toutefois remarquer chez Nexter que ces gammes ne se retrouvent que rarement en concurrence frontale. D’abord parce que les produits présentent tout de même des différences notables en terme de masse ou de technologie et que les terrains de chasse commerciaux des deux groupes ne se superposent pas.

 

Le mariage annoncé hier présente en revanche l’avantage de faire naitre un groupe européen puissant et cohérent non seulement dans les blindés, mais aussi dans la canonnerie, les systèmes d’armes, les munitions et les poudres grâce au savoir-faire de Nexter dans ces domaines. Il écarte du même coup le scénario d’un mariage consanguin entre KMW et Rheinmetall, ou celui du dépeçage prévisible du groupe Nexter s’il avait du se rapprocher de Renault Trucks Defense. Reste une interrogation majeure : le groupe franco-allemand Eurocopter, aujourd’hui numéro 1 de l’hélicoptère dans le monde, était né en 1992 du rapprochement de la division hélicoptère d’Aerospatiale en France et de MBB en Allemagne. Ce mariage, qui fait figure d’exemple, avait été cimenté par une coopération ancienne et surtout par le lancement du programme Tigre, qui avait su fédérer les équipes des anciens concurrents. Quel sera le ciment du futur groupe KANT ?

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 11:56
Nexter et l'allemand KMW sur la voie de la fusion


01.07.2014 leberry.fr

 

Les fabricants de blindés français Nexter et allemand Krauss-Maffei Wegmann (KMW) ont entamé mardi un rapprochement pour former "le leader européen de l'armement terrestre", a annoncé le gouvernement français, qui détient le capital de Nexter.

 

Les représentants des deux entreprises et l'Agence des participations de l'Etat (APE) ont signé un accord qui ouvre une phase de discussion entre industriels pour constituer d'ici quelque neuf mois une coentreprise, a-t-on expliqué au ministère de la Défense.

 

La nouvelle entité, qu'ils détiendront à égalité, dépassera en chiffre d'affaires l'allemand Rheinmetall et même le britannique BAE Systems, si l'on exclut ses importantes filiales aux Etats-Unis.

 

Cet accord marque une nouvelle étape dans la consolidation de l'industrie européenne de l'armement, après la constitution du géant de l'aéronautique EADS (aujourd'hui Airbus Group) en 2000 et du fabricant de missiles MBDA (co-entreprise de BAE Systems, Airbus Group et de l'italien Finmeccanica) en 2001.

 

A terme, "les deux entreprises ont vocation à fusionner", selon un conseiller du ministre de la défense, qui ne s'avance pas sur le temps que cela prendra.

 

Dans le Cher, le groupe Nexter est présent sur deux sites : Nexter Systems, route de Guerry à Bourges, et Nexter Munitions, route de Villeneuve à La Chapelle-Saint-Ursin.

 

KMW, société familiale qui emploie quelque 3.000 personnes, a dégagé en 2013 un bénéfice net de 80 millions d'euros sur un chiffre d'affaires d'un milliard. Nexter a réalisé la même année un chiffre d'affaires de 787 millions d'euros et un bénéfice de 74 millions.

 

Nexter bénéficiera du réseau commercial de son partenaire "sans commune mesure avec le sien", reconnait-on au ministère de la Défense. KMW a ainsi vendu 3.400 chars Leopard, alors que Nexter n'a vendu que quelque 800 chars Leclerc, une moitié en France et l'autre, à perte, aux Emirats Arabes Unis. Son carnet de commandes, à 4 milliards d'euros, est le double de celui de Nexter.

 

Krauss-Maffei, à son tour, bénéficiera de la gamme de blindés modernisés de Nexter, et financés par les programmes de la défense française.

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