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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 12:30
L'Iran intensifie sa production d'uranium enrichi (AIEA)

VIENNE, 3 juin - RIA Novosti

 

L'Iran viole les résolutions de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et du Conseil de sécurité de l'Onu en augmentant le nombre de centrifugeuses en fonction et les volumes d'uranium enrichi, a déclaré lundi à Vienne le directeur général de l'AIEA Yukiya Amano.

"Le nombre de centrifugeuses installées par l'Iran ne cesse de croître, tout comme sa production d'uranium enrichi. Ces activités vont à l'encontre des résolutions adoptées par le Conseil des gouverneurs de l'AIEA et le Conseil de sécurité des Nations unies", a indiqué M.Amano.

Les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux reprochent à l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert du programme nucléaire qu'il prétend réaliser à des fins pacifiques. Téhéran affirme que ses activités nucléaires ont pour seul objectif de satisfaire les besoins du pays en électricité. L'Iran fait actuellement l'objet de sanctions décrétées par quatre résolutions du Conseil de sécurité de l'Onu.

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 05:35
Chine, Inde et Pakistan seuls à accroître leur arsenal nucléaire

03 juin 2013 Romandie.com (AFP)

 

STOCKHOLM - Trois pays disposant de l'arme atomique, la Chine, l'Inde et le Pakistan, accroissent leur arsenal nucléaire, alors que les cinq autres le réduisent ou le maintiennent, a indiqué l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri) dans un rapport lundi.

 

La Chine a aujourd'hui 250 têtes nucléaires contre 240 en 2012, le Pakistan 100 à 120 contre 90 à 110, et l'Inde entre 90 et 110 contre 80 à 100, écrit-il.

 

Cette course aux armements est d'autant plus inquiétante que le Sipri juge fragile la paix en Asie, vu les tensions croissantes depuis 2008, comme entre Inde et Pakistan, entre les deux Corées, ou encore entre Chine et Japon.

 

Les pays qui réduisent leur arsenal sont les signataires du traité de désarmement nucléaire START, la Russie (8.500 têtes aujourd'hui) et les Etats-Unis (7.700).

 

La France (300 têtes), le Royaume-Uni (225) et Israël (80) le gardent au même niveau.

 

Ces chiffres sont des estimations dont le Sipri reconnaît qu'elles sont plus ou moins fiables selon les pays, la Chine maintenant par exemple une opacité totale, tandis que la Russie est de moins en moins transparente. Le Sipri suppose que la Corée du Nord et l'Iran n'ont pas encore réussi à se doter de l'arme nucléaire.

 

Pour le centre de recherche, la baisse quantitative de l'armement n'est pas synonyme de réduction de la menace nucléaire.

 

Il y avait peu de choses pour nous insuffler l'espoir que les pays possédant l'arme nucléaire aient sincèrement la volonté d'abandonner leur arsenal. Les programmes de modernisation à long terme en cours dans ces Etats montrent que les armes nucléaires sont toujours une marque du statut international et de la puissance, a affirmé le coordinateur de la recherche sur le nucléaire au Sipri, Shannon Kile, cité dans un communiqué.

 

Dans le domaine des armes chimiques et biologiques, la réduction des stocks pour laquelle milite le Sipri n'a progressé que lentement. Les Etats-Unis et la Russie n'ont pas détruit toutes leurs armes chimiques en 2012 contrairement à ce qu'ils avaient promis, et la Syrie s'est dite prête à les employer en cas d'attaque étrangère.

 

Les chiffres du Sipri montrent par ailleurs que le nombre des soldats de la paix déployés dans le monde a baissé de plus de 10% en 2012, le retrait des forces internationales ayant commencé en Afghanistan.

 

Toutefois, le nombre des combattants déployés en dehors de l'Afghanistan a en fait des chances de croître, notamment au Mali, plus largement au Sahel, et potentiellement en Syrie.

 

Ces dernières années, il y a eu une hausse du nombre des conflits intra-étatiques qui se sont internationalisés, à savoir qu'un autre Etat soutient un camp ou l'autre. Une telle implication a souvent eu pour effet d'accroître la mortalité et de prolonger les conflits, a constaté le Sipri.

 

Son rapport annuel reprend des données déjà publiées.

 

Les dépenses mondiales en armement ont reculé en 2012 pour la première fois depuis 1998, de 0,5% en tenant compte de l'inflation. Et la Chine a détrôné la Grande-Bretagne en tant que cinquième exportateur mondial d'armes, derrière les Etats-Unis, la Russie, l'Allemagne et la France.

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 11:55
"L'échec du 6ème tir d'essai du missile balistique stratégique français M51 ne remet pas en cause la dissuasion" (Ministère français de la Défense).

17 Mai 2013 Par Marine & Océans

 

Le 16 mai dernier, lors de son point presse hebdomadaire, le ministère français de la Défense est revenu sur le contexte et les conséquences de l'échec, le 5 mai, du sixième tir d'essai du nouveau missile balistique stratégique M51 depuis le sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) Le Vigilant.

 

« La Direction générale de l'armement (DGA) et la Marine nationale, a rappelé le ministère, ont entrepris, le dimanche 5 mai 2013, le sixième tir d'essai d'un missile balistique stratégique M51 (dépourvu de charge nucléaire), à partir du sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) Le Vigilant depuis la Baie d'Audierne (Finistère). Après quelques dizaines de secondes de vol, pendant une des phases propulsées, le missile a détecté une anomalie et s'est « autodétruit » conformément aux procédures. Cette destruction n'a eu de conséquences ni pour la population, ni pour le sous-marin, ni pour son équipage ».

 

Les résultats de l'enquête resteront confidentiels

 

« Le ministère de la Défense a communiqué dès la survenue de l'incident. La préfecture maritime de Brest a déployé immédiatement un dispositif pour rechercher et récupérer les débris du missile et pour assurer la sécurité nautique de la zone (plusieurs navires de la marine, un bâtiment affrété par la DGA dédié à la récupération, des robots sous-marins, des plongeurs et des aéronefs). A la demande du ministre, une commission d'enquête a été mise en place dès le 7 mai par le Délégué général pour l'armement. Elle communiquera ses conclusions aux autorités au plus tôt après un travail minutieux d'analyse. En raison du secret de la Défense nationale qui couvre les activités opérationnelles et les essais des systèmes d'armes de la dissuasion, les résultats de cette enquête resteront vraisemblablement confidentiels ».

 

Cinq tirs d'essai réussis

 

« Le tir du 5 mai, poursuit le ministère, faisait partie de l'ensemble du processus permettant de remettre Le Vigilant dans le cycle opérationnel après son adaptation au M51, débutée en 2011. Cette opération complexe, programmée à l'occasion des grands carénages, comprend l'adaptation au M51 et l'installation d'un nouveau système de combat et d'un nouveau système de navigation. L'échec du 5 mai ne remet pas pour autant en cause la dissuasion : 5 tirs de M51 réussis et l'expérience d'une vingtaine d'années de tirs et de validations depuis les SNLE-NG permettent d'avoir confiance dans le système en service et de relativiser les conséquences de cet incident. Pour mémoire, le Livre blanc a réaffirmé que la dissuasion nucléaire était l'ultime garantie de la souveraineté de la France. Le président de la République a souhaité maintenir au niveau de stricte suffisance ses deux composantes, la composante océanique et la composante aérienne ».

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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 07:55
Pourquoi le missile qui s'est abîmé au large du Finistère coûte plus cher que ce qui a été annoncé

06/05/2013 Nabil Bourassi et Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Difficile de chiffrer le coût unitaire du missile balistique M51, un programme top secret lié à la dissuasion nucléaire. Aussi le montant de 120 millions d'euros évoqués par certains médias ne semble pas être le bon. Il est probable que le coût soit en réalité un peu plus élevé...

 

Combien coûte un missile balistique mer-sol M51, tel que celui qui s'est auto-détruit dimanche au large du Finistère après son décollage dans une zone interdite pour la circonstance à la navigation maritime et à la circulation aérienne dans le cadre d'un tir d'essai lancé ? Un essai nécessaire pour la qualification du missile sur "Le Vigilant", le sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) qui l'a mis à feu dans la baie d'Audierne (Finistère). Plusieurs médias avancent un montant de 120 millions d'euros mais, selon une source proche du dossier, ce chiffre, qui fait couler beaucoup d'encre depuis l'annonce par la Marine nationale de l'explosion du missile dépourvu de sa charge nucléaire, n'est pas le bon.

 

Difficile à chiffrer

 

Il est vraisemblable que le coût unitaire d'un M51 soit plus élevé que celui annoncé par la presse. Le coût du M51 dans sa version opérationnelle pourrait se situer autour du coût d'un lanceur Ariane 5 (environ 150 millions d'euros), assure-t-on à La Tribune. En réalité, le coût d'un essai d'un missile M51, qui peut surprendre au moment où la France est contrainte à faire des économies, est difficile à établir en raison des trop nombreuses incertitudes qui pèsent sur ce programme top secret touchant intimement à la souveraineté nationale de la France. Un programme qui s'élève dans sa globalité à plus de 11 milliards d'euros, développement compris, selon le ministère de la Défense. Soit trois lots de 16 missiles M51, qui équipent les quatre SNLE tricolores auxquels il faut rajouter quelques missiles supplémentaires. Impossible d'en connaître avec certitude le nombre d'exemplaires qui seront produits au total.

 

En outre, il faut ajouter le développement de la composante embarquée du système d'armes de dissuasion M51 (CESAD M51) avec notamment le moyen d'essai Cétacé (caisson d'essai de tir), la construction puis l'exploitation des moyens d'essais, l'approvisionnement et la mise en place de cette CESAD M51 à bord des trois premiers SNLE NG (Le Triomphant, Le Téméraire, Le Vigilant), la fourniture de la logistique initiale à terre et, enfin, l'adaptation au M51 du centre d'entraînement des forces sous-marines. Le SNLE "Le Vigilant", qui a lancé le M51 dimanche, a ainsi été immobilisé plusieurs mois pour pouvoir accueillir ce nouveau missile. Les sous-marins, à l'exception du SNLE « Le Terrible », qui a été construit directement en version M51, doivent être adaptés à ce missile, qui est d'une plus grande taille et plus lourd que le missile M45.

 

Un programme stratégique

 

L'enjeu stratégique du M51, lancé en 1992 et piloté par la filiale spatiale d'EADS, Astrium, a été confirmé par le nouveau Livre blanc de la Défense et de la sécurité nationale, un document publié lundi dernier qui renouvelle la doctrine de la France en matière de défense. Le président François Hollande avait demandé aux auteurs du Livre blanc de sanctuariser la dissuasion nucléaire (aéroportée et maritime). D'où la nécessité pour la France de disposer d'équipements modernes. Résultat de cette ambition, le M51, dont le permier vol est intervenu en nobembre 2006, est un bijou de technologies militaires et présente des "différences significatives par rapport à son prédécesseur", écrit Astrium sur son site internet.

 

Il mesure 12 mètres de haut et pèse 50 tonnes sur la balance, soit 15 tonnes de plus que son prédécesseur, le M45. Il est également capable de se projeter sur un rayon de 8.000 km contre 6.000 km auparavant, et ce, à la vitesse de Mach 15, soit plus de 18.000 km/h. Enfin, le M51 peut transporter jusqu'à 10 têtes nucléaires contre 6 pour la génération précédente. Le M51 dispose d'une capacité d'emport supérieure et adaptable, d'une meilleure portée, et bénéficiera d'une plus grande aptitude à pénétrer les défenses adverses grâce à la furtivité des têtes et aux nouvelles aides à la pénétration associées. Le M51.2, une version modernisée du M51 opérationnelle à partir de 2015, emportera la tête nucléaire TNO (tête nucléaire océanique au lieu des têtes nucléaires TN75 actuelles). Son niveau de sûreté nucléaire est accru.

 

Une enquête top secrète

 

Pour toutes ces raisons, la Marine nationale a engagé des prospections dans la baie d'Audierne afin de récupérer les débris du missile, qui gisent par une centaine de mètres de fond. Des robots sous-marins ont même été envoyés pour sonder le fond de la baie et récupérer la moindre trace de ce missile. Le capitaine de Corvette, Lionel Delort, a admis que l'essai balistique était un "échec" et qu'une enquête allait être conduite afin d'en déterminer les raisons. La Marine nationale ou l'industriel ne communiqueront pas les conclusions de cette enquête qui sera classée secret défense.

 

L'enquête va suivre un processus bien huilé. La direction générale de l'armement (DGA), les industriels, notamment Astrium, et la Marine vont dans un premier temps récupérer toutes les données de l'essai raté, puis les analyser. "Cela peut prendre quelques jours, voire quelques mois, on part sans a priori mais c'est sans doute un phénomène complexe à analyser", explique-t-on à La Tribune. Et cette équipe d'ingénieurs va soit éliminer, soit confirmer une à une les causes de cet échec.

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 07:35
China Has Not Changed Nuclear Strategy, Yet

April 22, 2013 china-defense-mashup.com

 

2013-04-22 — (by M. Taylor Fravel and from thediplomat.com) — In a recent op-ed in the New York Times, nuclear expert James Acton suggests that China may be changing its nuclear doctrine. The principal basis for his argument is the absence of a specific repetition of China’s “no first-use” policy in the latest edition of Beijing’s bi-annual white paper on defense. Acton, however, misreads the recent white paper and draws the wrong conclusion about China’s approach to nuclear weapons.

 

First, no first use has been a core feature of Chinese defense policy for decades, having been decided by Mao himself in 1964. If China abandoned or altered this policy position, it would reflect a major change in China’s approach to nuclear weapons – and a major change in China’s international image. This would not be a casual decision by China’s top leaders but rather a radical change precipitated by a major shift in China’s security environment. Although China’s concerns about U.S. missile defense policies that Acton notes are real, these concerns have existed since the mid-1990s and shape China’s current efforts to reduce the vulnerability of its nuclear forces.

 

To date, China has focused on building a small but potent nuclear force with the ability to launch a secure second strike if attacked with nuclear weapons – what I call “assured retaliation.” The relatively small size of China’s nuclear arsenal and the doctrinal emphasis on survivability and reliability are consistent with a pledge to not use nuclear weapons first. Moreover, if China were to abandon or alter the no first-use policy, it would surely want to reap a clear deterrent effect from such an action and likely do so clearly and publicly, not indirectly and quietly through an omission in a report.

 

Second, the absence of the no first-use policy in the 2012 white paper does not support Acton’s contention that China is changing its nuclear doctrine. Here, Acton overlooks that this edition of China’s bi-annual defense white papers is different from past volumes in one important respect.

 

According to Major General Chen Zhou, one of the white paper’s drafters and a researcher at the PLA’s Academy of Military Science, the 2012 white paper uses a thematic model (zhuanti xing) and not a comprehensive one. In the past, the comprehensively-oriented white papers all had the same title, such China’s National Defense in 2010. The title of the 2012 edition, however, reflects the new thematic focus: Diversified Employment of China Armed Forces. By discussing in more detail the structure and missions of China’s armed forces, the 2012 white paper dropped a chapter found in all previous ones entitled “National Defense Policy.” In the past editions, this chapter contained the references to China’s no first-use policy (as well as many other defense policies). Applying Occam’s razor, the lack of a chapter on China’s national defense policies can account for the absence of a reference to the no first-use policy.

 

In addition, the white paper’s discussion of the use of nuclear weapons is consistent with the no first-use policy. The white paper refers to “the principle of building a lean and effective force,” repeating language from the 2006 white paper that officially detailed China’s nuclear strategy for the first time. Second, it states that China’s nuclear weapons will only be used under one condition: “If China comes under a nuclear attack, the nuclear missile force of the [Second Artillery] will use nuclear missiles to launch a resolute counterattack (jianjue fanji).” Here, the 2012 white paper uses the exact same sentence as the 2008 white paper, which did contain a reference to the no first-use policy. More generally, a nuclear counterattack is the only campaign for China’s nuclear forces that has been described in authoritative Chinese doctrinal texts, starting with the 1987 edition of the Science of Strategy (Zhanlue Xue).

 

Acton also cites a speech that Xi Jinping gave to party delegates from the Second Artillery in December 2012. In public reporting of his speech, Xi stated that the Second Artillery provides “strategic support for our great power status.” Xi also did not mention the no first-use policy. But Xi did not mention any other elements of China’s nuclear policy, either, or anything related to when and how China’s nuclear forces would be used. Instead, the absence of the no-first use policy in this speech was likely another “false negative” regarding a change in China’s nuclear doctrine.

 

Furthermore, Xi in his remarks praised the Second Artillery for “resolutely carrying out the policies and instructions of the party center and Central Military Commission.” Given that Hu Jintao re-affirmed no first use at the April 2012 nuclear summit in Seoul, these “policies and instructions” would have included the no first-use policy.

 

To be clear, Chinese strategists have debated the merits of dropping or altering its no first-use policy. The debate was especially intense during the mid to late 2000s. Some participants in the debate suggested that no first use might not apply in certain situations that would be seen as equivalent of a “first use,” including conventional strikes on China’s nuclear forces or facilities as well as strikes on strategic targets like the Three Gorges Dam or the top Chinese leadership. In the end, however, a high-level decision was made to maintain the no first-use policy and the internal debate concluded without any change to China’s position.

 

Nevertheless, although no first use remains a central part of China’s approach to nuclear weapons, a certain and perhaps growing ambiguity surrounds the policy. As the Chinese debate indicates, under some set of extreme but nevertheless not implausible conditions, the policy might not serve as a constraint on first use even if China overall postures its forces primarily to deter a nuclear attack. Likewise, in the heat of a crisis, actions taken to deter a nuclear strike against China, such has placing forces on high alert levels, might be seen as indicating a preparations to launch first and invite a pre-emptive strike.

 

Thus, I agree with Acton’s policy recommendation about the need for a U.S.-China dialogue on nuclear weapons even though I disagree with his argument about China’s nuclear doctrine. More dialogue on strategic issues is needed at the highest levels between the United States and China, an area is prone to misperception and miscalculation. The ambiguity and uncertainty about the no first-use policy should be discussed. Indeed, General Martin E. Dempsey, Chairman of the Joint Chiefs of Staff, should the issue of nuclear dialogue when he visits China this week.

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 12:59
Détection des premières traces radioactives après le test nord-coréen de Février 2013

23 avril 2013 Romandie.com (AFP)

 

VIENNE - Des traces de radioactivité ont été détectées pour la première fois depuis l'essai atomique réalisé par la Corée du Nord en février, a annoncé mardi l'agence de contrôle des essais nucléaires (CTBTO).

 

La proportion d'isotopes du xenon (xenon-131m et xenon-133) détectée est conforme à un cas de fission nucléaire ayant eu lieu il y a plus de 50 jours avant la découverte de ces gaz, a expliqué l'agence basée à Vienne en Autriche.

 

Cela coïncide très bien avec le test nucléaire annoncé par la Corée du Nord, qui s'est produit le 12 février 2013, 55 jours avant la mesure, ajoute l'Organisation du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires.

 

La découverte de ces gaz par une station de contrôle au Japon ne peut toutefois pas aider à répondre à la question clef concernant le matériau fissile utilisé, uranium enrichi ou plutonium.

 

Le pays avait employé du plutonium lors des deux précédents essais atomiques en 2006 et 2009. S'il avait recouru à l'uranium enrichi pour son troisième test, cela signifierait qu'il a franchi une étape technologique significative, de quoi inquiéter encore davantage la communauté internationale.

 

Toutefois, il est également possible que ces radionucléides découverts à Takasaki (Japon), à un millier de kilomètre du site d'essais de la Corée du Nord, proviennent d'un réacteur nucléaire ou d'une autre activité atomique, admet le CTBTO, ajoutant que des analyses plus poussées étaient actuellement en cours.

 

L'agence a exclu que les émanations détectées puissent provenir de la centrale nucléaire de Fukushima, sérieusement endommagée lors du tremblement de terre suivi d'un tsunami géant en mars 2011.

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 19:56

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 22:07

North Korea rocket

 

05/04/2013 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

La Corée du Nord s'est déclarée vendredi incapable de garantir la sécurité des ambassades à partir du 10 avril en cas de conflit et a proposé à la Russie, à la Grande-Bretagne et à d'autres pays présents dans le pays d'"envisager" l'évacuation de leurs ambassades. Mais Pyongyang a-t-elle les moyens militaires des menaces qu'elle profère?

 

Que valent les menaces venues d'un pays aussi secret et provocateur que la Corée du Nord ? Elles sont à prendre au sérieux, très au sérieux, à l'instar des Etats-Unis qui déploient actuellement toute une panoplie de missiles antimissiles pour protéger ses "boys" stationnés en Corée du sud, au Japon, à Guam ainsi que Hawaï. Car l'arsenal balistique nord-coréen, même rustique, est loin d'être inoffensif. Et ce d'autant que le régime nord-coréen, qui consacrerait plus de 30 % de ses ressources à sa défense, a bénéficié d'importants transferts technologiques ces dernières années.

 

 

"Le transfert technologique de systèmes à propulsion liquide plus avancés que les Scud semble avoir permis à la Corée du Nord de faire évoluer certains de ses programmes", estimait ainsi en 2010 Stéphane Delory, chargé de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). Ainsi, l'acquisition (supposée) de SS-N-64 et de ses propulseurs auprès d'industriels russes permettrait à Pyongyang de disposer de systèmes moyenne portée plus évolués (No Dong-B ou Musadan) et pourrait l'aider à accroître la portée et la puissance de ses vecteurs moyenne/longue portée de manière significative".

 

Des technologies russes, chinoises et pakistanaises

 

Grâce à des technologies chinoises et russes essentiellement, mais aussi pakistanaises, Pyongyang est donc parvenu au fil du temps à développer toute une série de vecteurs opérationnels de type No Dong 1 et 2 à propulsion liquide - un Scud agrandi, selon les experts -, qui ont respectivement une portée de 1.300 kilomètres et de 1.500 kilomètres, ainsi qu'une nouvelle génération, le Musadan (propulsion liquide), qui aurait une portée de 3.200 kilomètres. Auparavant, les Nord-Coréens avaient également développé trois versions du missile Scud (B/C/D) ou Hwasong, ayant une portée de 300, 500 et 700 kilomètres.

 

Enfin, Pyongyang a complété son arsenal en développant une gamme de missiles de moyenne portée Taepo Dong 1 (2.000 à 2.500 kilomètres) sur des pas de tirs fixes et probablement un système de nouvelle génération, le Taepo Dong 2 (3.200 à 3.850 kilomètres de portée). Cette version disposerait d'une propulsion solide. D'ailleurs, la Corée du Nord a transporté un deuxième missile Musadan de moyenne portée sur sa côte orientale et l'a hissé sur un lance-missiles mobile, selon l'agence sud-coréenne Yonhap, alimentant les craintes d'un tir imminent qui aggraverait une situation déjà explosive. "Il a été confirmé que la Corée du Nord a transporté par train, en début de semaine, deux missiles Musudan de moyenne portée, vers la côte est et les a installés sur des véhicules équipés d'un dispositif de lancement", a déclaré un haut responsable du gouvernement à Séoul cité vendredi par l'agence.

 

"Selon les données disponibles, l'Armée Populaire de Corée possède une trentaine de lanceurs et plusieurs centaines de missiles balistiques de type SCUD-B, SCUD-C et No Dong, organisés au sein de 1 à 2 régiments déployés à proximité de la frontière", estimaient en 2011 Valérie Niquet et Bruno Gruselle, maîtres de recherche à la FRS dans une étude "Défense antimissile au Japon, en Corée du Sud et en Inde". Mais, Pyongyang ne devrait détenir que quelques exemplaires des engins de plus longue portée déployés au nord-est du pays dans des configurations fixes.

 

Deux lancements en une journée

 

A l'horizon 2015, la Corée du Nord pourrait disposer de deux régiments de missiles de type No Dong, c'est-à-dire d'une dizaine de lanceurs mobiles et de quelques centaines de missiles. Pour autant, "vu les temps de rechargement et de préparation imposés par le système No Dong, et en présumant que ses lanceurs mobiles subissent un taux d'attrition nul, on peut supposer que la Corée du Nord serait tout au plus capable de procéder à deux lancements pendant une journée et à une vingtaine de lancements avant d'épuiser son stock de missiles", nuançaient-ils.

 

Plus d'un millier de missiles balistiques

 

En dépit de systèmes peu performants, un tel arsenal - plus d'un millier de missiles balistiques - suscite des inquiétudes légitimes dans la région, notamment en Corée du Sud et au Japon, soucieux de dimensionner leur capacité antimissile avec l'aide des Etats-Unis, selon la nature et la taille de l'arsenal nord-coréen. Par exemple, avec deux destroyers en permanence à la mer, et la possibilité d'en déployer un troisième le cas échéant, "Tokyo doit être capable d'engager simultanément une salve de No Dong (10-15 missiles selon le nombre de lanceurs) à condition de disposer en temps quasi-réel des données d'alerte" estimaient Valérie Niquet et Bruno Gruselle. Et de souligner que "dans un tel scénario, les capacités navales (au moins 400 intercepteurs SM-3) et terrestres (le même nombre d'intercepteurs PAC-3) japonaises sont a priori suffisantes pour permettre d'utiliser des stratégies d'engagement multiples.

 

La présence de moyens américains supplémentaires - notamment des croiseurs de type AEGIS - renforcerait la couverture antimissile du pays et sa capacité à répondre dans la durée à des tirs nord-coréens visant le territoire ou les forces américaines. Il convient toutefois de souligner que les engins balistiques ciblant des zones non protégées par les moyens terrestres ne seraient engagés que par les capacités navales japonaises".

 

Le ministère de la Défense sud-coréen considère pour sa part que les capacités balistiques nord-coréennes s'insèrent de façon générale dans l'arsenal de moyens asymétriques que les forces de Pyongyang utiliseraient dans une stratégie de blitzkrieg pour conquérir rapidement Séoul et ses environs dans le cadre d'une attaque surprise. Dans le cas d'un tel conflit au sein de la péninsule, "Pyongyang pourrait choisir de tirer simultanément quelques dizaines de missiles sur Séoul ainsi que sur la zone aéroportuaire d'Incheon et les bases américaines du nord du pays. De telles frappes pourraient être accompagnées d'un barrage d'artillerie et par un bombardement aérien destiné à créer un effet de panique à Séoul et dans ses environs, qui regroupent plus de 25 % de la population du pays", soulignaient Valérie Niquet et Bruno Gruselle.

 

Une bombe atomique ?

 

Outre les capacités balistiques, la menace des armes de destruction massive (de 2.500 à 5.000 tonnes d'armes chimiques) doit être également prise en compte ainsi que bien entendu le renforcement des capacités en matière nucléaire. La Corée du Nord tenterait de maîtriser la technologie nucléaire sur ses missiles balistiques. D'où sa volonté de procéder à tout prix en février dernier d'un troisième essai nucléaire avec un engin miniaturisé. Un essai réussi, selon Pyongyang. En outre, la Corée du Nord détiendrait de nouvelles capacités en matière de retraitement de l'uranium qui lui permettraient de produire aujourd'hui 40 kg d'uranium hautement enrichi. En 2011, elle disposait également d'une réserve de 28 à 49 kg de plutonium quatre fois supérieure à celle dont elle avait en 2003

 

Enfin, le tir en décembre dernier de la fusée Unha-3, qui a mis sur orbite un satellite civil - une mission purement scientifique, selon Pyongyang - équivaut à un essai de missile balistique doté d'une charge d'une demi-tonne et d'une portée de quelque 10.000 km, avait affirmé alors l'armée sud-coréenne. "Sur la base de nos analyses et d'un processus de simulation, le missile est capable de voler plus de 10.000 km, avec une charge comprise entre 500 et 600 kg", avait précisé un porte-parole du ministère de la Défense. Le réservoir était fixé sur le premier étage de la fusée. En l'absence de débris des 2e et 3e étages d'Unha-3, les scientifiques sud-coréens n'ont pas pu déterminer si la fusée était capable de réentrer dans l'atmosphère, un élément clé de la technologie des missiles balistiques intercontinentaux. Mais pour les Etats-Unis, le lancement de la fusée nord-coréenne est un nouvel essai de missile balistique à longue portée.

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 16:55

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26.03.2013 Par Olivier Berger, grand reporter à La Voix du Nord. - Défense globale

 

Rencontré la semaine dernière, à l'occasion d'une conférence organisée par la mission LEDS (Lille eurométropole défense et sécurité), le général (2S) de corps aérien Thierry Delahaye balaie l'évolution de l'action aérienne, les risques d'une baisse du budget de la Défense, les conséquences de mutualisations, les drones et la dissuasion nucléaire. Autant de questions chaudes en attendant le Livre blanc, les ambitions et les enveloppes qui en découleront.

Le général (2S) Delahaye est un ancien adjoint du représentant militaire français auprès des comités militaires de l'OTAN et de l'Union européenne (de 2009 à 2012). Il est actuellement chargé de mission auprès du CEMAA (chef d'état-major de l'armée de l'air)...

 

- L'action aérienne change-t-elle lors des récents conflits ?

 

" La puissance aérienne ne connaît pas tellement d'évolutions mais se décline de manière un peu différente avec une meilleure interarmisation, ce qui est également le cas pour la marine et l'armée de terre. Les opérations ont bien changé, du maintien de la paix, on est passé à des combats de haute voire de très haute intensité. En Afghanistan, en Libye et au Mali, il y a un changement de portage du mode d'opérations. La vraie différence, c'est que les erreurs ont des implications politiques immédiates. Il faut donc mieux tout maîtriser comme la chaîne ISR (Intelligence, Surveillance et Reconnaissance). "

 

- Est-ce l'expérience libyenne de l'armée de l'air qui a amené à ce constat ?

 

" En Libye, l'utilisation de véhicules civils a rendu les frappes plus difficiles avec des validations jusqu'à un assez haut niveau. Aujourd'hui, vous avez vingt minutes entre le moment où on détecte une cible et le moment où on tire. C'est nouveau. En Afghanistan, nous avions quarante minutes, au Vietnam, les Américains avaient une journée et lors de la Deuxième Guerre mondiale, il fallait quatre jours... Dans la conduites des opérations, les états-majors travaillent en temps réel. Avec l'impact des dommages collatéraux, la cible doit être légitime. Les conflits ont, de ce point de vue, légèrement changé mais les moyens permettent de répondre en temps réel. "

 

- Cette accélération de la décision peut-elle convenir à la réduction des moyens ?

 

" L'enveloppe diminue mais pour l'instant, la modernisation permet de suivre. Les moyens sont de plus en plus performants. Les avions sont plus précis, vont beaucoup plus loin qu'avant. Jusqu'où la réduction du nombre n'empiètera pas sur les capacités ? Tout dépendra du modèle d'armée choisi par le Livre blanc. On verra ce que la France est capable de faire en autonome et ce qu'elle fera par le biais de partages de capacités. Avec qui ? Pourquoi faire ? "

 

- Le partage capacitaire est-il une réponse à la crise budgétaire ?

 

" Aujourd'hui, que ce soit au sein de l'OTAN ou de l'Union européenne, plus personne ne possède l'ensemble du spectre. Seulement, quand vous partagez les capacités, le problème, c'est de pouvoir mettre la main sur ce qui vous manque quand vous en avez besoin. Au niveau politique, c'est complexe. Demain, le président de la République, chef des armées, ne pourra pas décider de faire ce qu'il a envie de faire au moment où il le souhaite. Au Mali, le chef d'état-major de l'UE, le général néerlandais Ton Van Osch, reconnaît qu'on ne pouvait attendre une décision européenne, il fallait agir maintenant. La lenteur de la décision est un frein à la capacité d'agir. "

 

- Quelle est l'évolution logique pour un pays comme la France ?

 

" On est aujourd'hui à la croisée des chemins. Il faut bien spécifier le rôle que la France veut jouer dans les crises du monde, au sein des institutions internationales, devenir un acteur parmi d'autres, pas comme au Mali. La grosse évolution, ce sera ça. Il faut attendre le Livre blanc pour voir ces ambitions. A partir de là, on définira une enveloppe pour le budget et on regardera ce qu'il faudra mutualiser. Sachant que toute mutualisation est une perte de souveraineté. Tout est plus difficile. Regardez la brigade franco-allemande qu'on ne peut engager, le porte-avions britannique qu'on imaginait pouvoir utiliser. Dans le transport, des mécanismes existent. Mais par exemple, pour la Libye, les Turcs n'avaient pas le droit de ravitailler en vol un avion avec des bombes. L'Allemagne a interdit aux Awacs de l'OTAN de participer à l'opération libyenne alors qu'elle représente la moitié des effectifs. Il a fallu procéder à un échange avec des équipages déployés en Afghanistan. "

 

- L'armée de l'air française peut-elle être réduite ?

 

" Comme la Libye et l'Afghanistan, le Mali est un théâtre atypique car ces pays ne possèdent pas de défense antiaérienne. Mais tout le monde réarme. Des pays en voie de développement, qui avaient des forces aériennes limitées, se retrouvent avec des avions aussi performants que les nôtres. Regardons la Syrie. Ce n'est pas le seul critère, mais s'il n'y a pas eu d'engagement international, c'est aussi parce que les Syriens ont une défense sol/air dense et une aviation. Les Turcs ont perdu un avion ; on ne peut pas reproduire la Libye.

C'est difficile de dire qu'elle est le minimum vital de l'armée de l'air. Aujourd'hui, quatre Rafale emportent vingt-quatre bombes et peuvent toucher vingt-quatre objectifs différents avec une précision métrique. Il coûte cher mais réalise un travail fantastique. Avant, combien fallait-il de F1 et de Mirage 3 pour arriver au même résultat ? La capacité de frappe est importante mais quand on réduit le nombre, si on perd un avion, c'est significatif. Il faut peser soigneusement quantité versus capacités avec ce qu'on peut se payer. Quand un drone est en panne actuellement, on perd 25 % de nos capacités ! Il faut donc associer le nombre avec l'ambition. Par exemple, deux cents avions britanniques plus deux cents Rafale, ça tient la route au niveau ambition... "

 

- Question un peu provocatrice, les drones, dont la France a manqué le virage lors des années 2000, sont-ils l'avenir de l'armée de l'air ?

 

" Les drones assurent une permanence. Ils font trente heures d'affilée, ce qui est très important pour la détection et l'identification. Mais pour transmettre des images, l'aspect SIC (système d'information et de communication) devient prépondérant. Il faut avoir la maîtrise aérienne et cybernétique. Ce sont des outils très importants, d'avenir. Ça fait longtemps qu'on le dit mais nous n'avions pas les crédits... "

 

- A ce propos, faut-il construire des drones français ou acheter du matériel étranger ?

 

" En tant qu'utilisateur, je dirais qu'acheter sur étagère, ça marche. Si je réfléchis avec un esprit de défense et en tant que français, je pense qu'il vaut mieux développer un projet dans le pays. Ça permet de garder un avantage économique et technologique. Mieux vaut acheter national... "

 

- Jusqu'où peut-on aller dans la baisse des budgets et des moyens ?

 

" L'outil militaire s'adapte. Le chef d'état-major des armées fera avec ce qu'on a décidé. C'est son métier. Pour l'instant, il a réussi à tirer le tapis pour couvrir à peu près l'ensemble du spectre. Il va finir par y avoir des trous dans le tapis. Si on continue à couper, on ne pourra plus avoir l'ensemble du spectre. Il faudra faire des choix. "

 

- La France doit-elle garder ses deux composantes de la dissuasion nucléaire ?

 

" Un sous-marin, vous ne l'entendez pas, vous ne le voyez pas ; on tire, c'est fini. C'est une garantie si tout se passe mal. Un avion avec ASMP (missile nucléaire Air Sol Moyenne Portée), vous voyez sa mise en œuvre ; vous pouvez le faire décoller. Ce sont des messages. La gesticulation politique existe. La trajectoire d'un missile balistique est aussi prédictible. Un avion de combat a une trajectoire imprévisible. Il est petit mais très précis. Pour moi, les deux composantes sont complémentaires. Les avions ne coûtent pas chers car ils sont polyvalents. "

 

- On dit souvent que la doctrine de la dissuasion ne tient plus en cas d'affaiblissement trop important des forces conventionnelles... Comment trouver le juste équilibre ?

 

" L'arme nucléaire est faite pour toucher un intérêt vital. La mesure intermédiaire est la force conventionnelle. S'il ne vous reste qu'une cartouche à tirer, vous forcez la décision. Demain, pour rester cohérent, une réflexion s'impose. Le poids du nucléaire dans le budget de la Défense est d'environ 20 % et le maintien de l'avance technologique coûte cher. Des questions se posent si par exemple, on ne faisait qu'entretenir le matériel existant ? Garderait-on quand même un avantage technologique ? Pendant combien de temps ? Economiserait-on ? Pourrait-on récupérer l'avantage après une mise en veille de la recherche et du développement ? "

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 08:55

drapeaux-de-l-otan-de-la-france-et-de-l-union-ue defense go

 

22 janvier 2013 Alain Joxe, directeur d'études honoraire à l'EHESS, éditeur de la lettre-blog le débat stratégique (Les invités de Mediapart)

 

« L'intervention au Mali a pour objectif de ramener la paix. Mais un tel résultat exige plus de précisions dans la définition politique, sociale et économique du conflit. » Pour Alain Joxe, il est temps de «liquider le budget nucléaire militaire» au profit de crédits de développement. A l'heure où doit paraître le nouveau livre blanc sur la défense, il faut «considérer comme principe fondamental la protection des peuples contre la guerre économique de tous contre tous».

 

Le nouveau livre blanc sur la défense et la sécurité qu'élabore un groupe de travail qui devait remettre ses conclusions avant Noël est en retard. Il pouvait marquer un tournant “ à gauche” par rapport à celui de 2008. Après avoir mis fin , à juste titre, à “ notre ” guerre d'Afghanistan même sans remettre en cause l'Otan et la bombe atomique, il aurait dû cesser de traiter de la “ sécurité globale ”, au sens où cette ambition se nourrit des pensées américaines, préconisant une stratégie militaire et policière, anti-insurrectionnelle, en défense finale du système financier global.

 

Quand surgit le double choc de l'opération DGSE de Somalie et de l'expédition de soutien d'urgence à Bamako, il est clair que ces deux actions posent militairement la question des prochains budgets de défense ; la commission du livre blanc semblait devoir traiter cette question comme “ gestion d'un poste budgétaire servant de variable d'ajustement ” dans un contexte d'austérité pacifique. Ce n'est plus le cas. On attend qu'il nous éclaire bientôt sur les objectifs et les principes nouveaux du gouvernement français, parti vivement en guerre sans explications démocratiques suffisantes.

 

La défense stratégique de la République française, certes, n'est pas qu'une question militaire. Nous n'avons plus d'Empire ni d'ennemis aux frontières. Les menaces qui pèsent sur notre démocratie mériteraient plusieurs livres blancs non militaires ; sur la défense de l'éducation, de la santé, de l'économie et de l'emploi d’un Etat qui assumerait sa fonction régulatrice de la finance et la redistribution des richesses.

 

Le contact de l'économique avec le militaire  est bien connu : la production d'armes dépend des commandes d'Etat et du bénéfice tiré de l'exportation par les firmes. Ce commerce contribue au maintien des capacités industrielles. Il est vivifié par les guerres, livrées pour l'accès autonome aux sources d'énergies et à certaines matières premières, et qui en outre exhibent comme une publicité les performances des armements utilisés. La défense de l'accès à ces ressources fit partie de la «Françafrique».

 

Mais l'absence de guerres est aussi une base rationnelle pour les réductions des budgets militaires, et l'affectation des crédits ainsi dégagés au paiement de la dette ou à la dynamique de croissance supposée nous sortir de la crise. Une Union européenne plus fédérale pourrait encadrer un effort collectif et gérer un engagement collectif. Mais les autres euro-armées se gardent bien d'aller en Afrique. Risque donc que la Françafrique, écartée, ne devienne même pas Eurafrique mais Globafrique.

 

Défense contre les chocs du système néofinancier global

 

Il faudrait alors qu'on ait admis qu'un fondement du problème de la “menace” vient du fait que le pouvoir financier est dénationalisé et délocalisé et poursuit même une offensive contre l'autonomie politique localiséedes Etats. La France devrait bien inclure dans son Livre Blanc un chapitre –ou un paragraphe– sur la défense stratégique contre les chocs et les offensives chaotiques que s'autorise le système financier contre les Etats nations. D'où l'idée d'un droit international, criminalisant certains comportements laissés “libres” par le néolibéralisme. Aux Etats-Unis, le président lui-même commence à mettre en œuvre une , législation, usant ainsi de son pouvoir fédéral continental, inexistant à l'échelle de l'Union européenne.

 

La stratégie de défense française devra décidément s’orienter vers un concept  impliquant au moins une future solidarité confédérale ou fédérale de l’Union en défense des démocraties sociales européennes et, au delà, une défense des démocraties au sud et à l'est de l'Europe.

 

Ceci implique une rupture avec les principes  stratégiques américains, par l'Otan interposée. Ces liens qui –comme l'indique avec modération le Rapport Védrine sur l’Otan– ne servent pas à grand chose pour la défense de l'Europe et entraînent une adhésion obligatoire à des normes techniques américaines, à des coûts croissants. Ces coûts sont croissants car ils assument une modernisation par intégration des drones et de la guerre électronique qui suppose un maintien de l'ordre robotisé et une doctrine d'emploi des forces qui pousse plutôt aux guerres sans fin : en effet elle n’envisage pas un retour à la paix possible en s’attaquant aux crises financières, socio-économiques et écologiques de la planète, au Mali ou ailleurs. L'islamisme violent, le salafisme du désespoir, se répand dans ce contexte, comme une criminalité sans frein, mais on ne peut intervenir efficacement contre cet effet qu'en traitant les causes.

 

Le futur livre blanc sur la défense –qui n'est pas un document budgétaire– devra contenir avant tout les principes explicites, guidant d'éventuelles politiques de projection de forces d'un gouvernement socialiste et des indications sur leur niveau de financement. Avec la décision précipitée d'intervention militaire au Mali, et l'espèce d'union nationale acquise provisoirement en soutien de la décision présidentielle, le traitement stratégique de notre environnement sud cesse d'être pacifique, sans qu'on ait annoncé d'avance la doctrine politique d'emploi des forces de la nouvelle majorité

 

Cette doctrine aurait dû définir d'avance les principes de la défense des intérêts réels de notre peuple et du peuple malien dans la phase de décomposition de l'Etat et de guerre interne-externe qui s'était ouvert dans l'Afrique sahélienne. Cette décomposition avait commencé bien avant le succès de la gauche aux élections présidentielles. Les débats sur les missions souhaitables en Afrique auraient pu susciter dans l'opposition de droite comme au sein de la gauche des divisions et des débats tout à fait normaux en démocratie.

 

Le souci principal d'un gouvernement de gauche devrait être, au moins, de ne pas agir comme mercenaire du système global, mais comme défenseur des intérêts sécuritaires et garant de l'avenir pacifique du développement au Sud. Qu'il soit clair, dès lors, qu'on n'allait pas rouvrir une tranche de militarisme américano-sarkoziste, subordonné stratégiquement au bombardement aérien et à l'écrasement total des ennemis et de leur dirigeants par l'assassinat ciblé. Ces doctrines brutales ont mené l'action en Afghanistan à l'échec militaire et à toutes les corruptions politiques.

 

Mais si la coalition, soutenant l'action française au Mali, s'élargissait à l'Euramérique, elle  pourrait pousser à durcir la méthode de combat et à renforcer la popularité du mouvement islamiste dans une population appauvrie, en raison des bavures inévitables des bombardements aériens même prudents et des combats de protection de harcèlements urbains prolongés, et pousser, en prime, à la confusion entre défense et sécurité, interne et externe, par la chasse au terrorisme en France même.

 

Nouvelles missions militaires complexes et nouveaux adversaires et alliés

 

Bref, on n'a pas suffisamment formalisé, avant l'expédition, le rejet de principe de tout entraînement vers une guerre “sans fin”, globalisée. Ce principe devrait normalement sortir consolidé par l'opération malienne, dans le nouveau livre blanc, sauf si on veut rester dans le flou, et par conséquent il faut se préparer à affronter une opposition de la droite à certaines définitions nouvelles des missions militaires et de nouvelles alliances, nécessairement indépendantes de l'appui américain et de l'Otan.

 

Malheureusement, la définition par le président Hollande d'une «guerre sans limites contre le terrorisme» a restauré un vocabulaire typique de la dernière version contre-insurrectionelle globale du Président Bush. C'est non seulement une expression surprenante mais déplacée. La guerre du Mali est à considérer comme une résistance à la destruction d'un Etat démocratique non seulement fragile et corrompu, mais actuellement détruit. Il s'agit de faire face à des bandes délinquantes surarmées par la dispersion des arsenaux de Khadafi, soutenues par les tendances islamistes extrémistes, et qui se sont emparées du Nord Mali par des actes terrifiants imposant la charia barbare depuis plusieurs mois, à une population islamisée de culture soufie. Un virage, dans l'islam, vers le salafisme est toujours possible, dans les steppes arides, les élevages et les oasis du Sahel et du Sahara, surtout cette année, en raison des difficultés de survie, après une sécheresse particulièrement catastrophique en 2012, et qui pousse à l'embauche de jeunes dans les milices du désespoir.

 

Heureusement, on a pu mettre des hommes à terre en quantité (contrairement à la guerre libyenne) et la doctrine d'emploi des forces met au  premier plan la défense des habitants; la présence de troupes sur le terrain permet d'éviter l'imprécision des seuls  bombardements aériens et de bénéficier concrètement d'un appui de terrain de la population, et dynamise la contribution des pays africains voisins. Malgré tous les désastres que peuvent entraîner les combats en “guerre urbaine”, le principe d'ordre que contient une projection de forces terrestres, à condition qu’il soit suivi et contrôlé, permet seul de définir et maintenir un objectif politique de la mission, excluant la définition d'un ennemi ethnique.

 

Chargée de maîtriser les flux d'armements, de mettre fin aux libres mouvements des milices barbares, à leurs conquêtes des agglomérations sans défense, l'intervention a pour objectif de ramener la paix. Mais un tel résultat exige d'autant plus de précisions dans la définition politique, sociale et économique du conflit. On devra aboutir à une paix entre le nord et le sud Mali, et à la contention, sur un plan transfrontalier, de la domination salafiste dans l'ensemble de l'espace saharien.

 

Certes le djihadisme violent, contrairement au djihadisme mystique (le plus important selon le Coran), reflète un rapport de force extérieur, fascisant, qui a gagné du terrain en agglomérant aux protestataires du nord Mali des guerriers errants, pirates et corsaires, issus des restes du malheur social, une Libye des arsenaux sauvages et le soutien en pétrodollars des monarchies wahabbites du Golfe.

 

Mais l'adversaire est en fait partout pluriel, par sa composition d'origine et ses objectifs, ce qui implique qu'une paix puisse être obtenue par une négociation, supposant un jour  le retour dans la légalité de certaines de ces bandes armées qui ne sont en faveur ni des exactions des extrémistes de la charia, ni ont une vocation au martyr ; elles soutiennent essentiellement des demandes d'autonomie de la zone nord. Unifié par le cours de la vallée fertile du fleuve Niger, le Mali fédère bien deux les deux parties, l'une sahélienne, l'autre saharienne, qui diffèrent par le climat et l'hydrographie.

 

Partout devrait s'imposer une défense attentive des économies traditionnelles, menacées de destruction au nord comme au sud, pour assurer le maintien des agricultures de subsistance, la lutte contre la corruption et contre l'influence des réseaux narcotrafiquants débarquant la drogue latino-américaine en Guinée, et le début de l'exploitation de certaines ressources minières, sans abandons de souveraineté.

 

L'expédition, si elle implique ces objectifs complexes, dans la durée, exige donc de prévoir des crédits pour la restauration d'un développement durable, la consolidation d'un état démocratique qui ne soit pas la relance d'une culture de la corruption –sinon tout succès militaire restera sans lendemain.

 

Cet effort militaire, en défense d'une politique sociale dans la durée, est il compatible avec les ressources et les «intérêts français» ?  Sommes-nous au clair sur ce type d'objectifs ? On instaure un nouveau type de mission militaire, et la nécessité de moyens financiers nouveaux, l'autonomie de la défense française devenant plus importante que jamais.

 

Comment dégager des ressources quand il s'agit, tout compte fait, pour le livre blanc, de restreindre le budget de la défense ?

 

Actions militaires en hausse, budgets en baisse : liquider le budget du nucléaire militaire ?

 

C'est face à cette question que le maintien, au sommet de la doctrine stratégique française, de l'arme atomique devient un détournement de ressources illogique ; la maintenance de l'arme nucléaire est celle d'une capacité de génocide, coûteuse, et sans stratégie ; elle est inutilisable pour des guerres de solidarité avec les peuples menacés par les extrémistes religieux et par les exactions du système économique global : dans le livre blanc, désormais, l'abandon de la stratégie nucléaire française deviendrait nécessaire et cohérent avec une toute autre conception de la défense et de la sécurité que celle qui accompagne le culte archaïque de la «dissuasion nucléaire, valable dan la bipolarité de la guerre froide». La croyance ingénue que la possession de la bombe consolide en soi le statut de puissance globale doit cesser (1).

 

Il devrait être est clair aujourd'hui que la langue française, l'autonomie d'un projet global de restauration des critères sociaux du développement économique, le reste d'insolence anti-impériale qui anime les débats français et la persistance, au delà du raisonnable, d'une intelligence de l'écologie et des paysanneries préindustrielles, sont bien plus importants que la possession de l'arme de la fin du monde, pour la légitimité de la politique de la France, comme membre permanent du Conseil de Sécurité.

 

Distinguer  défense et sécurité

 

Il s'agira donc, à court terme dans le nouveau calendrier, de bien poser les questions nécessaires à l'élaboration d'un livre blanc sur la défense plutôt qu’un livre blanc sur la défense et la sécurité ; la sécurité renvoie à des tâches de police, ce qui pourrait contaminer la doctrine militaire par l'intermédiaire de la construction du rhéostat unifié “ police-gendarmerie-armée ”,  qui entraîne l'unification des tâches de défense et de sécurité, interne et externe, et renvoie à la théorie américaine de la sécurité globale –smart defense, soft power, etc.– valable au dedans comme au dehors.

 

Cette école stratégique devenue celle de l'Otan, plus capacitaire que stratégique,est malheureusement animée en France par des partisans d'une confusion qui préconise, pour faire face au soulèvement des banlieues de type 2005, de constituer des gardiens de l’ordre privés de style garde nationale américaine, comme auxiliaires car on risque de manquer de gendarmes vu les réductions de crédits (2).

 

L'autre tendance existe, elle vise après analyse des “ retours d'expériences ” à fonder une approche de l'intervention extérieure sur l'analyse critique des opérations sous commandement américain ou sous commandement chaotique de l'Otan/ONU, et sur leur définition éthique –pour ne pas dire politique. Cette tendance s'oppose à tout traitement, purement répressif, policier, des soulèvements. Dans les projections de force de peace making il s'agit bien, dans son principe, du souci de maintenir la relation clausewitzienne : pas d'opération sans but politique (Zweck) et but militaire (Ziel), définissant les missions, mais façonné par les buts politiques –ce qui est une des conditions du compte-rendu démocratique de l'usage de la force. L'effacement de toutes ces distinctions est aussi un effacement de la souveraineté démocratique.

 

Les explosions dues à l'autonomie du secteur financier

 

Comme le Président l'a évoqué une seule fois dans sa campagne, une politique de défense française devrait affronter l'activisme et les menaces inhérentes à l'autonomie du secteur financier. C'est l'hégémonie du secteur financier qui elle-même engendre des activismes de désespoir parfois religieux, pas nécessairement islamistes. Les chocs sociaux produits par les marchés commencent en effet à entraîner de troubles violents dans l'Europe du sud, et une avancée de l'Europe en matière de doctrine de défense autonome est urgente et exigerait des moyens de prévention des conflits par des politiques sociales et écologiques et un savoir faire de "casques bleus" complètement distinct de la qualité des OPEX américaines de répression contre-insurrectionelles.

 

Cette divergence de doctrines est parfaitement comprise, depuis l'Afghanistan, par un bon nombre de militaires français. Si les problèmes sont bien posés, on peut songer à les résoudre. Une conception stratégique de la défense de la souveraineté sociale doit considérer comme principe fondamental la protection des peuples contre la guerre économique de tous contre tous. Souhaitons donc que les interventions françaises en Afrique soient l'occasion d'un progrès dans cette direction. Sinon il faudra ramener au plus vite les corps expéditionnaires après un succès d'urgence, car la présence à long terme sans but politique bien précis ni financement cohérent finit toujours en occupation (néo)coloniale.

 

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(1) Je veux rendre sur ce point un hommage au Général Poirier, qui fut un maître théorique de l'imagination stratégique française de ma génération, bien au delà d'une croyance nucléaire. Je regrette qu'il ne soit plus là pour participer à ce débat et redéfinir une stratégie de défense sans rien prendre à la légère.

 

(2) Intervention de Jacques Myard, député UMP des Yvelines, membre de la commission de la Défense de l'Assemblée nationale, au colloque «Démocratie: quel format pour les armées française et quelle finalité ?», 26 novembre 2012.

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 08:55

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11 janvier 2013 diploweb.com

 

Le général Lucien Poirier est décédé dans la nuit du 9 au 10 janvier 2013. Il fut un des théoriciens et des fondateurs de la stratégie française de dissuasion nucléaire. Le Diploweb.com rend hommage à ce grand stratège avec cet entretien, initialement publié sur le titre « L’Europe éclatée », accordé à Pierre Verluise au moment de la crise européenne au sujet de la stratégie des Etats-Unis de G.W. Bush en Irak.

 

La crise irakienne (2002-2003) a été le révélateur d’une réalité profonde : il n’existe pas à cette date d’Europe unie entre, d’une part une "ancienne Europe" constituée en soi et pour soi avec une volonté d’autonomie et d’émancipation des contraintes exogènes et, d’autre part, les nouveaux candidats à l’UE.

 

Ce texte, dont le manuscrit a été clos en 2003, doit être compris dans son contexte. Il témoigne de l’indépendance d’esprit et de la qualité de réflexion du général L. Poirier.

 

Pierre Verluise : Que nous apprend la crise irakienne sur la situation en Europe au 1er trimestre 2003 ?

 

Lucien Poirier : La crise irakienne nous apprend que le projet d’une Europe unie - très théorique bien qu’il ait été sanctionné par le traité d’Amsterdam et les projets d’élargissement - n’est pas autant en accord avec les réalités mondiales qu’il pouvait paraître initialement.

 

Tout ce passe comme si on avait pensé l’Europe future isolément, à l’extérieur de ce contexte. Comme s’il suffisait d’être d’accord entre Européens, issus d’une même histoire et d’une même culture. Comme si une Europe unie pouvait se construire sur ses seules bases.


On s’aperçoit maintenant que cette Europe est inscrite dans un contexte mondial, et on aurait dû s’en douter. Cette crise du 1er trimestre 2003 est un révélateur cruel : on ne peut pas construire cette entité européenne en soi, isolément, sans tenir compte de tout un environnement dont on espérait pouvoir se retrancher.

LES PECO DONNENT LA PRIORITE A L’OTAN

La plupart des candidats d’Europe centrale et orientale à l’entrée dans l’Union européenne ont vu cette intégration sous son double aspect : économique et sécurité. Emancipés de la domination soviétique, ces Etats ont perçu leur entrée dans l’Europe comme aussi - et probablement même d’abord - comme une entrée dans l’OTAN. En privilégiant, comme la crise irakienne l’a montré, leur intégration dans l’OTAN, une ambiguïté s’introduit.

 

Alors que les "vieux européens", comme dirait Monsieur D. Rumsfeld, pensent l’Europe en soi et pour soi, autonome, dotée d’une politique de sécurité et de défense propre, d’une politique étrangère unitaire et sans tutelle extérieure, les nouveaux arrivants la pensent encore par rapport à ce monde extérieur.

 

D’une certaine manière, ils sont plus sensibles à la réalité présente qu’à l’avenir et nous rappellent que l’Europe ne peut pas se construire actuellement sans tenir compte de la politique impériale et de la stratégie des Etats-Unis– donc de l’existence de l’OTAN. Ces nouveaux arrivants se situent, inconsciemment, par rapport à la Russie post-soviétique qui n’inquiète pas les « vieux européens ».

 

P. V. Il n’empêche que les pays d’Europe centrale et orientale sont tiraillés par la mémoire de leurs relations avec la Russie soviétique.

 

L. P. C’est pour cela que la « vieille Europe » devrait être très attentive à l’évolution de la Russie. Pour que, précisément, il n’y ait plus de méfiance.

 

J’ai naguère avancé, en particulier dans "La crise des fondements" (éd. Economica, 1994) que l’OTAN n’a plus de raison d’être depuis l’effondrement de l’URSS en 1991. On ne parle plus de « l’Alliance Atlantique », l’expression ne figure plus dans le discours politique. Or l’OTAN n’existe que par rapport à l’Alliance Atlantique dont elle ne fut que l’instrument. Or, l’Alliance Atlantique n’a plus de raison d’être puisqu’il n’y a plus, depuis 1991, d’ennemi désigné – l’URSS - dont on devrait se défendre. Du coup, l’OTAN devient caduque. Alors qu’elle conserve son utilité pour les Etats-Unis comme instrument de contrôle de la stratégie militaire – et de la politique étrangère – des « alliés européens ».

L’OTAN CONSERVE UN STATUT EXORBITANT

L’OTAN va-t-elle conserver encore longtemps ce statut exorbitant parce que non pertinent ? Depuis la fin de la Guerre Froide, plusieurs sessions de l’OTAN ont essayé de trouver de nouvelles justifications, de nouveaux buts stratégiques à cette organisation désormais archaïque. Finalement, les conclusions étaient tirées par les cheveux. Toutes les réunions de l’OTAN, depuis les années 1990, consistent à chercher des buts de substitution : le terrorisme… On notera que l’Alliance Atlantique n’est plus évoquée.

 

Que reste-t-il de ces buts ? Nous, "vieille Europe", nous percevons l’OTAN comme un obstacle à la constitution de l’Europe Unie dans la mesure où les nouveaux candidats la privilégient par rapport à ce qui fonde l’Europe économique, culturelle, éthique …

 

L’OTAN pourrait devenir la manifestation tangible de l’opposition, enfin révélée, des Etats-Unis à la constitution d’une Europe qu’ils ont initialement favorisée – durant la Guerre froide – mais dans laquelle ils discernent, en 2003, un rival, voire un adversaire futur.

 

La crise irakienne au 1er trimestre 2003 a donc été le révélateur d’une réalité profonde : il n’existe pas encore d’Europe unie entre, d’une part une "ancienne Europe" constituée en soi et pour soi avec une volonté d’autonomie et d’émancipation des contraintes exogènes et, d’autre part, les nouveaux candidats à l’UE qui, en privilégiant l’OTAN et leur alliance avec les Etats-Unis, ont introduit un élément perturbateur important, qui ne se connaissait pas encore, jusqu’alors, comme opposé foncièrement à l’Europe.

 

La crise irakienne a révélé les Etats-Unis comme l’Autre, désormais réticent voire opposé à la constitution d’une entité européenne.


L’élargissement, qui pourrait marquer l’accomplissement du projet européen révèle, paradoxalement, d’une part, les risques inhérents à cet élargissement pour le projet ; d’autre part, l’opposition inéluctable, dans l’avenir, entre une Europe achevée et les Etats-Unis.

VERS UN GLISSEMENT D’ALLIANCE ?

Peut-être verrons-nous, au cours du XXI e siècle, un glissement progressif d’alliance de l’Europe vers la Russie, l’Europe se révélant plus proche de celle-ci, à travers la France et l’Allemagne, tolérant de moins en moins l’impérialisme américain.

 

Ce n’est là qu’une hypothèse de travail proposée aux stratégistes, mais elle ne saurait être écartée sans examen.

Depuis la fin de l’URSS, je n’ai cessé de dénoncer la pérennisation artificielle d’une OTAN dont les fins politiques et les buts stratégiques sont désormais périmés, puisque naguère constituée dans le cadre d’un système bipolaire disparu.

Les candidats à l’Europe considèrent l’OTAN comme l’instrument d’un système politique - l’Alliance Atlantique, qui n’existe plus. Pourquoi se leurrent-ils à ce sujet ? Que craignent-ils ? Leur mémoire de la domination soviétique (1944-1989) pèse sur leurs représentations d’une éventuelle menace russe, mais la situation a changé. Il n’y a plus de réalité d’une Russie agressive. Certes, peuvent subsister des séquelles, avec la question de Koenigsberg pour la Lituanie comme pour la Pologne. Il ne s’agit cependant que de difficultés résiduelles, ne justifiant pas que la Pologne, par exemple, accorde plus d’importance à l’OTAN et à l’Alliance Atlantique qu’aux exigences de l’intégration européenne.

 

Paradoxalement, subsiste la superstructure - l’OTAN - d’une structure – l’Alliance Atlantique - qui n’existe plus. Ce qui est étrange et contre-productif pour l’avenir, c’est que les nouveaux candidats à l’Europe privilégient encore cette superstructure, aux dépens de la nouvelle structure dans laquelle ils veulent s’inscrire : l’Union européenne. Ils pensent et agissent à la fois conformément à une réalité – l’Europe en gestation – et retenus par la mémoire d’un passé douloureux – l’univers soviétique Pour le moment c’est le passé qui l’emporte : on l’a vu pendant la crise irakienne quand ils se sont réunis pour faire acte d’allégeance aux Etats-Unis. C’est bien la preuve de la dichotomie divisant les membres, actuels et prochains, de l’Europe en formation.

 

P. V. Que répondez-vous à ceux qui disent que la fracture mise en évidence en Europe par la guerre en Irak sera dépassée, parce que l’Europe a toujours avancé ainsi ?

 

L. P. Je crois que les effets de cette crise ne sont pas encore tout à fait révélés à tout le monde ; du moins, formulés clairement et évalués avec leurs implications politiques et stratégiques.


Personnellement, je suis très satisfait que se vérifient un certain nombre de positions et propositions que j’avais adoptées depuis longtemps : l’inutilité de l’OTAN, l’artificialité de cette superstructure par rapport à la nouvelle réalité politique. C’est pourquoi je prône, depuis des années, une formule que l’on commence à retrouver couramment sous d’autres plumes : les alliances et coalitions ad hoc.

 

Pourquoi être prisonniers d’alliances permanentes et rigides, comme le système OTAN ? Alors qu’on peut constituer des alliances ad hoc pour répondre à des crises aléatoires avec des instruments stratégiques également ad hoc, donc adaptés à la situation toujours contingente. Je suis le premier à l’avoir dit et écrit. C’est la formulation de bon sens et logique d’une notion que l’on voit maintenant apparaître, notamment dans la littérature américaine.

UNE CRISE D’IDENTITE

Les controverses sur la guerre en Irak vont obliger tout le monde à s’identifier, à en finir avec les postures et les discours convenus comme leurs impostures. Elles vont induire politiques et stratèges à mettre à plat leurs perceptions et évaluations des réalités. En cela, cette crise me semble très bénéfique.

 

Dans ma contribution à « La réserve et l’attente » (en collaboration avec François Géré, éd. Economica, 2001), je dis en quelque sorte : « j’espère l’arrivée d’un fait imprévu suffisamment grave pour agir en révélateur des ambiguïtés actuelles des pensées et conduites politiques et stratégiques en Europe. Ambiguïtés que l’on tolère parce que c’est plus confortable que de poser les questions fondamentales. Celles-ci obligent chacun des membres de l’entité européenne à dire ce qu’il est et à afficher sa position devant les autres et devant les Etats-Unis ». Ce qui les conduirait à s’opposer. Il devrait y avoir des reclassements. La crise irakienne provoque et révèle une crise d’identité à chacun devant chacun et devant tous.

 

Ce fut le cas de la Turquie. Les Turcs ont bien senti qu’ils ont été "retoqués" par l’Union européenne lors du sommet de Copenhague (2002). Ils se sont alors posé des questions. Et ils ont été très réticents, début 2003, dans l’exercice de leur alliance avec les Etats-Unis ; notamment pour la mise à disposition de facilités militaires pour leur intervention en Irak. A tel point que Washington a dû changer sa planification stratégique. Toutefois, les Turcs sont-ils allés jusqu’à se poser la question :"devons-nous prouver, en prenant nos distances avec les Américains, que nous sommes Européens et améliorer nos chances à l’égard de l’UE ?" Je ne sais pas, d’autant qu’il y avait des difficultés intérieures. Peut-être ont-ils senti que c’était le moment de dire ce qu’ils sont vraiment. Peut-être, ont-ils pris certaines positions en fonction du problème kurde et non par rapport à l’Europe. Mais enfin, comme souvent en stratégie, "tout se passe comme si"...

 

La guerre des anglo-saxons en Irak révèle donc une crise d’identité. Elle a été un révélateur et le sera encore, notamment dans le règlement de la sortie de guerre. L’OTAN va-t-elle demeurer ce qu’elle est ? Est-elle encore importante pour les Etats-Unis ? En quoi ? Le théâtre européen, qui était déterminant pour, eux va-t-il rester prioritaire dans leur stratégie, ou vont-ils décider un transfert de leurs forces prépositionnées vers l’est : Roumanie, Bulgarie, etc. ? Ceci aux dépens de l’Allemagne. Présenter cela comme une "punition" serait exagéré, l’Ouest de l’Europe devenant de moins en moins important dans la stratégie mondiale des Etats-Unis.

QUELS SONT LES VERITABLES OBJECTIFS DE W. BUSH ?

Nous ne savons pas quel est le grand dessein géopolitique de l’administration actuelle des Etats-Unis. A quoi sert vraiment la guerre de 2003 en Irak ? Existe-t-il, aux Etats-Unis, des experts, politiques et stratèges, qui pensent cette guerre non seulement en fonction de ses buts immédiats - pétrole, Arabie saoudite… - mais aussi dans une perspective à 25 ou 30 ans, dans un grand dessein d’accès à l’Asie centrale ? Comment cela est-il pensé par rapport à leur antagonisme possible – probable – avec la Chine à cette même échéance ? Les Etats-Unis ont déjà posé quelques jalons en Ouzbékistan et au Turkménistan, grâce aux suites, données en Afghanistan, aux attentats du 11 septembre 2001. Certains Américains inscrivent-ils le problème irakien et sa solution dans cette grande dimension géopolitique mondiale, qui excède le cadre d’un conflit régional ? Je n’en sais rien.

 

Mais il me semble peu vraisemblable qu’ils se soient engagés avec une telle détermination et aient payé un tel prix diplomatique pour résoudre la question irakienne sans de plus amples visées d’avenir.

 

Cette question mérite d’être posée sachant que la pensée politico-stratégique américaine est accoutumée à s’installer dans le long terme.

 

Or d’ici 25 à 30 ans, les Etats-Unis trouveront la Chine sur leur chemin. Ce qui justifierait le déplacement vers l’est du centre de gravité de leurs positions stratégiques, vers les arrières centre-asiatiques de la Chine. Ce qui pourrait également les conduire à envisager une alliance mieux finalisée avec les Russes. Il s’agit là d’élucubrations, dira-t-on, mais pourquoi pas ?

 

P. V. Quel peut-être l’intérêt de la Russie ?

 

L. P. Nous ignorons ce que pensent les dirigeants russes de l’évolution politico-stratégique de l’Asie centrale dans les trente prochaines années. On comprend que l’Etat-Major russe ait pu s’inquiéter de ce que, au nom de la lutte contre le terrorisme, des organismes militaires américains, fussent-ils de faible dimension, se soient installés dans l’espace ex-soviétique, en Georgie, au Turkménistan et en Ouzbékistan. Cette pénétration américaine sur les marches russes sera difficile à rattraper.

 

P. V. Peut-on dire que les Etats-Unis sont les grands vainqueurs de la Guerre froide ?

 

L. P. Oui, les Etats-Unis sont les grands vainqueurs de la Guerre froide. Ils sont aussi les grands vainqueurs, probablement pour une longue période, de l’après-guerre-froide. Jusqu’à la crise provoquée, en Europe, par la marche à la guerre en Irak, les Etats-Unis étaient déjà les grands vainqueurs de la Guerre froide et de l’après-guerre froide, mais ils n’avaient pas encore touché la totalité des dividendes de leur victoire. Début 2003, c’est fait ; ils "passent à la caisse". Auparavant, ils n’avaient pas une conscience aiguë de leur victoire et ne l’exploitaient guère. L’administration Clinton ne semblait pas très motivée à ce sujet et toute une partie de l’opinion ne paraissait guère concernée. Fin 2002 et début 2003, émerge sous nos yeux une autre Amérique consciente de sa puissance et qui s’installe sans complexe dans son statut d’empire disant le droit et l’imposant tout en voulant exploiter ses avantages acquis depuis 1991. Ces avantages consolidés doivent leur servir de base de départ pour un avenir à 30 ans.

 

Il y a toujours un temps de latence, un temps de passage entre l’implicite et l’explicite. Jusqu’au début de 2003, les Etats-Unis vivaient dans la victoire implicite, réelle mais pas encore perçue, expliquée, formulée, "réalisée". Au terme du 1er trimestre 2003, elle commence à l’être. Et de manière paradoxale, c’est nous qui les avons forcés à en prendre conscience ; c’est notre opposition et celle de quelques autres Etats – Allemagne, Russie, Chine – dans la controverse et le débat diplomatique sur le rôle du Conseil de Sécurité dans la décision de guerre contre l’Irak qui a poussé les Américains à passer outre et à décider en puissance dominante. Vertu du négatif, dirait Hegel. C’est parce que nous nous sommes dressés devant eux que nous avons forcé les Etats-Unis à s’accoucher eux-mêmes comme puissance impériale, en vainqueurs de la Guerre froide et de l’après-guerre froide.

 

P. V. Quand vous dites "nous", c’est Paris, Paris-Berlin, ou Paris-Berlin-Moscou ?

 

L. P. Assurément, le trio et non Paris tout seul. Encore que les Américains ne se sont pas trompés en mettant la France à l’index. C’est le Président J. Chirac qui a formulé le plus fermement le Non collectif des récalcitrants.

Les identités politico-stratégiques se sont donc révélées à l’occasion de la guerre en Irak. Celle de l’Allemagne s’est manifestée courant 2002-2003 par une nouvelle relation aux Etats-Unis ; et cela, en apparence, pour des raisons de politique intérieure. Le chancelier G. Schröder a été également l’homme du Non, comme le président J. Chirac, tous deux n’étant apparemment pas préparés à ce rôle. De la même manière, la Russie a pris position contre les Etats-Unis dans le débat diplomatique, alors que, depuis le 11 septembre 2001, V. Poutine apportait son soutien à G. W. Bush dans la lutte contre le terrorisme.

L’EUROPE POURRAIT PERDRE DE SON INFLUENCE A CAUSE DE SES DIVISIONS

La guerre contre l’Irak a donc été l’occasion d’un bouleversement du champ politico-stratégique. L’avenir est largement ouvert. Après avoir été l’instrument révélateur de cette évolution, l’Europe pourrait perdre de son influence à cause de ses divisions devant la puissance impériale américaine. A l’horizon de la moitié du XXI e siècle, celle-ci pourrait se heurter à une Chine ayant acquis les attributs de la puissance.

 

Comment sera traité le problème prochain de la Corée du Nord ? Et celui de l’Iran ? Les Etats-Unis sont-ils capables d’exploiter leur supériorité actuelle, « dans la foulée » après l’Irak ? Qui s’y opposerait et pourquoi ?

En ces occasions, le problème de l’identité des Européens devrait se poser avec une nouvelle acuité.

 

P. V. Quels vont être les critères de cette définition identitaire : pour l’OTAN ou pour l’UE ?

 

L. P. Oui. Il faudrait se définir sans ambiguïté devant l’OTAN et l’Union européenne. Quel prix les pays candidats sont-ils prêts à consentir pour entrer dans l’UE ? Avec quelles concessions de la part de la "vieille Europe" ? Nous avons déjà fait des concessions du point de vue financier. Maintenant, on y regardera à deux fois avant de nouveaux sacrifices.

Certains ont reproché au président J. Chirac d’avoir rappelé à l’ordre, de manière brutale, les pays candidats. Je suis de ceux qui pensent qu’il fallait dire cela. Il y a des moments ou il faut scandaliser, pour forcer les gens à accoucher leur être profond. Des choses doivent être dites. Et faites. Et je songe, par exemple, aux marchés d’armement. Est-il admissible que les nouveaux Etats membres de l’UE ne s’équipent pas en matériel européen ? Pas nécessairement français, mais européen. Cette condition à leur adhésion pourrait être posée. Certes, on n’a jamais posé ce type de condition par le passé, mais parce que personne n’avait encore pris conscience de la signification et de la portée de ce choix et de l’opposition - à l’état naissant mais qui va cristalliser de manière plus claire dans l’avenir - entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Il va bien falloir dire que les Etats-Unis seront, fort logiquement, opposés au développement d’une Europe émancipée des contraintes de l’Alliance. On ne l’a jamais dit, mais il faudrait bien, un jour, dénoncer le rôle de frein à la construction européenne de l’OTAN. Qui peut dire cela aujourd’hui ? Si le général de Gaulle était vivant, pourrait-il dire "La France se retire de l’OTAN" ? Peu probable, étant donné les liens étroits, avec les USA, de nos partenaires européens...

 

Songez qu’on ne parle plus de l’Alliance Atlantique. On ne parle que de son instrument, l’OTAN, qui est comme suspendu en l’air. Il existe en soi, en tant que bureaucratie, mais il n’a plus de fin.

 

Depuis le début de la sortie de la guerre froide, l’OTAN vit dans l’imposture. On n’a pas cessé de chercher de nouveaux buts justifiant la pérennisation de cette structure. Après le 11 septembre 2001, on y a rattaché la lutte contre le terrorisme, mais cela n’a rien à faire avec l’OTAN ! En fait, une énorme bureaucratie otanienne s’auto-entretient et s’auto-justifie. Outre les militaires, il faut compter tous les civils, les emplois indirects… ce sont des dizaines de milliers de personnes qui vivent de l’OTAN. Il est évident que si les Américains font glisser toutes leurs troupes vers l’est, cela va être lourd de conséquences, par exemple pour les villes de garnison allemandes. En attendant, on ne sait pas à quoi sert l’OTAN et encore moins à quoi il servira dans l’avenir.

 

P. V. L’OTAN sert aux Etats-Unis quand ils en ont envie. Quand ils n’en veulent pas, l’OTAN ne sert pas.

 

L. P. Voilà, c’est comme cela que je le vois. C’est pourquoi je propose la notion d’Alliance ad hoc avec les Américains, en fonctions des circonstances et des conflits contingents.

 

Tout cet héritage va se décanter dans la douleur. Il va y avoir des règlements de compte interétatiques à plus ou moins long terme. Certes, les Etats-Unis peuvent être tentés de faire payer l’addition à la France, mais tout dépend de la façon dont ils conçoivent leur stratégie future à l’échelle mondiale. S’ils pensent dans le contingent et l’immédiat, ils peuvent utiliser l’arme économique, mais la France et l’Europe ont des moyens de rétorsion. La France peut aussi bloquer l’adhésion des « clients » des Etats-Unis candidats à l’Union européenne, comme on a déjà fait pour la Turquie.

LE ROLE DE LA FRANCE

Paradoxalement, c’est la France qui apparaît, en 2003, comme la nation la plus « européenne ». Il semble qu’elle voit mieux les enjeux dans le long terme. Tout se passe comme si nous avions compris que nous ne pouvons « faire l’Europe » qu’en acceptant que les Etats-Unis soient contre, conformément à la nature de choses. Au temps de la Guerre froide, les Américains pouvaient être favorables à l’idée d’une Europe unifiée parce que celle-ci intégrait les forces de l’OTAN. C’était une Europe satellite des Etats-Unis, qui y trouvaient leur compte, comme leurs alliés, d’ailleurs. Mais voilà que l’Europe s’émancipant, tout se passe comme si les Etats-Unis découvraient que la logique politico-stratégique les condamnait à l’antagonisme dans bien des domaines d’activités. Ce ne peut pas être autrement. L’Europe puissance ne peut-être qu’en partie adverse. On peut supposer que c’est en connaissance de cause que les pays d’Europe centrale et orientale se sont engagés, par la Lettre du groupe de Vilnius, à manifester leur soutien à Washington. C’était un moyen de mettre en évidence les lignes de fractures qui traversent l’Europe, et pour les Américains, de les renforcer.

 

Les Etats-Unis sont ouverts à une Europe qui se contenterait de former une entité socio-économique, un marché ouvert à leurs investissements et leurs produits, mais comment accepteraient-ils une entité politique et stratégique prenant position dans le règlement des affaires mondiales, comme la partie vivante de l’Europe vient de le faire pendant la marche à la guerre en Irak ? Que feront les Britanniques devant un éventuel détachement de l’Europe de l’univers Atlantique ? Cette Europe puissance émancipée de l’Amérique ne peut se faire sans eux.

Copyright 2003-Poirier-Verluise/Diploweb.com

 

Cet entretien a été initialement publié sur le Diploweb en septembre 2003, puis il a été intégré à un ouvrage : VERLUISE, P. (sous la dir. de) ; GERE, F. (préf. par). Une Nouvelle Europe : comprendre une révolution géopolitique. Paris : Karthala, 2006. Coll. Tropiques. 307 p.


Plus

 

Quelques ouvrages de Lucien Poirier

 

. La réserve et l’attente : l’avenir des armes nucléaires françaises, avec François Géré, Paris, Economica, 2001.

. La Crise des fondements, Paris, ISC/Economica, 1994.

. Stratégies nucléaires, Bruxelles, Complexe, 1988.

. Essais de stratégie théorique, Institut de stratégie comparée, 1982.

. Des stratégies nucléaires, Paris Hachette, 1977.

. Sur le site andreversailleediteur, au format pdf, en accès libre Préface de Gérard Chaliand à son livre d’entretiens avec Lucien Poirier, Le chantier stratégique

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 18:32

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03/12/2012 DCNS

 

Plus d’une centaine de personnes (DCNS, Direction générale de l’armement, Marine nationale, et partenaires) étaient présentes, le mercredi 28 novembre, sur la base navale de Toulon pour l’inauguration de la plateforme d’intégration du système de combat du Suffren, premier sous- marin nucléaire d’attaque (SNA) de la série des Barracuda. Le système de combat est le centre nerveux du sous-marin. Il engendre toutes les actions de contrôle/commande destinées à la mise en œuvre des armes en temps réel.

 

Cette inauguration marque le passage de la phase de conception du système de combat à celle de l’intégration fonctionnelle, c’est-à-dire à l’assemblage de l’ensemble des matériels et logiciels du système de combat sur une plateforme à terre.

 

Celle-ci va permettre pendant les trois ans à venir de tester et vérifier l’ensemble des fonctionnalités du système de combat avant leur embarquement sur le sous-marin.

 

Cette mise au point sur plateforme à terre par les équipes de DCNS est un gain de temps précieux lors de l’intégration sur le sous-marin, limitant ensuite la durée des essais à bord.

 

Le système de combat des SNA Barracuda bénéficie de nombreuses innovations : une détection sous-marine issue des sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE), un mât optronique remplaçant les périscopes classiques (optiques), une capacité d’emport d’armes doublée par rapport aux SNA de type Rubis, un CMS (Combat Management System) intégrant l’ensemble des capacités de veille au dessus et au dessous de la surface de la mer.

 

Les sous-marins Barracuda sont destinés à succéder entre 2017 et 2027 aux sous-marins du type « Rubis en version Améthyste » actuellement en service. Les capacités de mission du Barracuda couvriront la collecte du renseignement, les opérations spéciales (avec déploiement de commandos et forces spéciales), la lutte contre les navires de surface et la lutte anti-sous-marine, les frappes en direction de la terre, ainsi que la participation à des opérations interarmées, chaque fois que son interopérabilité et ses capacités associées (discrétion des communications, liaisons de données tactiques, etc.) seront requises. Le Barracuda aura la capacité de mettre en œuvre plusieurs types d‘armes : futures torpilles lourdes F21, missiles antinavires SM39 et Missile de Croisière Naval (MdCN).

 

Le programme Barracuda, l’un des plus importants qui soient pour le renouvellement des forces navales françaises, occupe une place majeure dans le plan industriel du Groupe. Il devrait mobiliser les équipes et les moyens industriels de DCNS jusqu’en 2027.

 

La Direction générale de l’armement (DGA) a notifié en décembre 2006 le marché global de réalisation du programme Barracuda à DCNS, maître d’œuvre d’ensemble du navire, et à AREVA TA, maître d’œuvre de la chaufferie nucléaire embarquée. La tranche ferme du marché porte sur le développement et la réalisation du premier sous-marin de la série de six, le Suffren. Le contrat comprend également le maintien en condition opérationnelle des sous-marins dans leurs premières années de service. Les deux tranches conditionnelles affermies par la DGA en 2009 et 2011 portent sur la réalisation des deuxième et troisième de série, le Duguay-Trouin et le Tourville.

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 20:50

SNLE Le Terrible apte au lancement du M51

 

13-11-2012 Par Vincent Lamigeon - challenges.fr

 

Même désargentée, la France tient à son coûteux statut de grande puissance assuré par son armement nucléaire. Débat interdit.

 

Le débat a été ouvert le 20 juin. Puis clos début juillet. Le 20 juin dernier donc, l'ex-Premier ministre Michel Rocard lance un Scud retentissant sur le plateau de BFM TV. La dissuasion nucléaire? Il faut renoncer d'urgence à ce fardeau financier, "16 milliards d'euros par an qui ne servent absolument à rien". Branle-bas de combat à l'UMP comme au PS, qui éreintent la sortie de Rocard. En déplacement à Rio, François Hollande joue les pompiers de service: "Renoncer à la dissuasion nucléaire pour des raisons d'économie budgétaire n'est pas aujourd'hui la position de la France." Et le 4 juillet, pour clore l'incident, le président de la République embarque pendant trois heures dans le sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) Le Terrible, fleuron de la force de frappe française, une première depuis Valéry Giscard d'Estaing. Fermez le ban.

 

"L'assurance-vie de la France"

 

"C'est le débat interdit, dénonce le général Bernard Norlain, ancien conseiller militaire de Jacques Chirac à Matignon. La position officielle relève du postulat religieux: la bombe atomique, c'est l'assurance-vie de la France." Cet ancien général d'aviation cinq étoiles est bien le seul parmi les gradés à monter ouvertement au front. Et, parmi les politiques, seuls les Verts et l'ancien ministre de la Défense Paul Quilès défendent des thèses similaires. "La remise en cause de la dissuasion menacerait beaucoup d'intérêts chez les industriels, comme Astrium, MBDA ou DCNS, mais aussi dans les armées, poursuit le général Norlain. Le format de la Marine est calibré autour de la mission de dissuasion."

 

Pour les opposants à la dissuasion, l'arme nucléaire est à la fois dépassée stratégiquement face aux nouvelles menaces (terrorisme, piraterie...) et ruineuse en période de disette budgétaire. Pour les autres, elle est la garantie ultime de la sécurité nationale, mais aussi un argument diplomatique de poids pour rester au Conseil de sécurité de l'ONU. "La dissuasion nucléaire donne à la France le poids politique nécessaire pour parler comme la France doit parler", résumait fin juin le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

 

A quel prix? Un rapport de la commission de la Défense du Sénat aboutissait en juillet dernier au chiffre de 3,4 milliards d'euros sur 2012. Ce chiffre "représente 11% du budget de défense annuel et 1,2% du total des dépenses du budget de l'Etat pour 2012 », écrivent les sénateurs. L'effort financier, maintenu en 2013, n'a guère évolué en euros constants depuis dix ans - 20% des crédits d'équipement militaire -, et affiche une baisse sensible depuis vingt ans, après avoir atteint 5 milliards en 1990. La France a en effet largement désinvesti dans les années 1990, arrêtant le programme de missiles sol-sol Hadès, passant de six à quatre SNLE, démantelant même en 1996 les missiles et les installations du plateau d'Albion.

 

"Presque bon marché"

 

Pour les soutiens de la dissuasion, les 3,4 milliards annuels, contre les 61 milliards de dollars inscrits au budget de dissuasion américain, n'ont donc rien de choquant. "Les programmes nucléaires sont gérés au cordeau: les missiles M 51, ASMP-A et le dernier SNLE ont été livrés à l'heure et dans les coûts", souligne-t-on à la Direction générale de l'armement (DGA). "3,4 milliards d'euros, c'est presque bon marché! assurait début juillet l'amiral Edouard Guillaud, chef d'état-major des armées, devant les députés de la commission de la Défense. La Force océanique stratégique est mise en oeuvre par 3.200 marins, effectif équivalent à celui des agents municipaux d'une ville comme Montpellier."

 

Pas chère et porteuse d'avenir. Telle est la dissuasion pour ses thuriféraires. Les industriels évoquent les applications civiles des technologies développées pour l'arme atomique: supercalculateurs liés à la simulation de frappes nucléaires, applications médicales du laser Mégajoule, ou lanceurs spatiaux. "Le bureau d'études des Mureaux, qui conçoit Ariane 5, est le même que celui qui développe le M 51", rappelait fin septembre François Auque, président d'Astrium, maître d'oeuvre du missile balistique M 51 qui porte la charge nucléaire.

 

Le socle de l'indépendance

 

Les industriels et la DGA assurent aussi que tout relâchement sur la recherche et l'industrialisation des outils de dissuasion entraînerait la perte du savoir-faire français, comme ce fut le cas pour les Britanniques sur les sous-marins. "Il serait déraisonnable de se priver d'un outil qui, pour un budget équivalent à 0,2% du PIB, représente une assurance-vie pour la nation et le socle d'une politique de défense indépendante", juge Bruno Tertrais, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). Le problème, c'est que le maintien de l'enveloppe dissuasion dans un budget de la défense en baisse fait peser des risques sur le reste des équipements. D'autant que le nucléaire va coûter plus cher d'ici à la fin de la décennie du fait, notamment, du développement de la prochaine génération de SNLE, prévu vers 2030, et de ses missiles. "Le chiffre devrait augmenter de 10 à 15%", assure-t-on de très bonne source. De quoi faire grincer des dents: "La sanctuarisation de l'investissement dans la dissuasion va menacer les armements conventionnels, alors que nous avons déjà des trous capacitaires dans le ravitaillement en vol ou le renseignement, pointe le général Vincent Desportes, professeur à Sciences-Po. Quelle est la crédibilité de l'arme nucléaire, quand la France ne peut pas faire l'opération en Libye sans les Etats-Unis?"

 

Renoncer aux missiles ?

 

L'idée serait de couper la poire en deux. Ne pas arrêter, mais diminuer les investissements. "Pourquoi ne pas passer de quatre à trois SNLE, ce qui représenterait déjà une économie énorme?" s'interroge un gradé sous couvert d'anonymat. "Cette décision de rupture mettrait en péril la permanence d'au moins un sous-marin en mer, une des bases de la doctrine française", répond Bruno Tertrais. D'autres préconisent de renoncer aux missiles embarqués sur chasseurs Mirage 2000 et Rafale. "Ce serait se priver d'une arme utile, flexible et peu coûteuse", rétorque-t-on côté DGA. Selon le rapport du Sénat, supprimer cette composante de la dissuasion permettrait seulement d'économiser 2,6 milliards sur les quinze prochaines années. Rien à voir avec la composante océanique qui, elle, va engloutir 29 milliards d'euros sur la période. En reprenant ces chiffres, on ne trouve nulle trace des "16 milliards par an" évoqués par Michel Rocard. Quelques jours après sa sortie, il a d'ailleurs battu en retraite. Ce n'était qu'une "boutade".

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 18:31

SNLE Le Terrible apte au lancement du M51

photo Marine Nationale

 

10/09/2012 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

C'est la rentrée pour le monde de la défense avec la dixième université d'été de la défense, qui se tient lundi et mardi à Brest. Dans une période de fortes contraintes budgétaires, la dissuasion nucléaire devrait à nouveau faire débat.

 

La dissuasion nucléaire est une nouvelle fois au cœur du débat. Au début de l'été, deux grands responsables socialistes, l'ancien Premier ministre, Michel Rocard, et un ancien ministre de la Défense, Paul Quilès, ont préconisé un abandon de la dissuasion nucléaire. L'un pour faire des économies - 16 milliards d'euros avait-il expliqué -, l'autre parce qu'elle s'apparente à "une assurance-mort". Le président François Hollande ainsi que son ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, ont très clairement verrouillé le débat : la dissuasion ne sera pas remise en cause.

 

La dissuasion, assurance-vie de la France

 

Mais qu'est-ce qu'en pensent les chefs d'état-major des armées ? Pour l'amiral Edouard Guillaud, chef d'état-major des armées, la dissuasion nucléaire c'est plutôt "l'assurance-vie de la Nation", avait-il expliqué lors de son audition en juillet à l'Assemblée nationale devant la Commission de la défense. Elle "nous protège d'un conflit majeur, une grande invasion en Europe", avait-il précisé. S'agissant du coût de la dissuasion nucléaire, l'amiral Guillaud a estimé que c'était "presque bon marché". Et de rappeler que la France "dépense tous les ans pour sa dissuasion nucléaire en moyenne environ 3,4 milliards d'euros et cela couvre tout : depuis les laboratoires de recherche jusqu'à la fabrication, la mise en oeuvre et le démantèlement. Cette somme couvre tout le financement de la recherche fondamentale, de la recherche et technologie".

 

Un sous-marin lanceur d'engins en permanence à la mer

 

Presque bon marché ? Il donne un exemple pour la marine. "La Force océanique stratégique (FOST) est mise en oeuvre par 3.200 marins, effectif équivalent à celui des agents municipaux d'une ville comme Montpellier". La France dispose actuellement de quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE). Parmi les opérations permanentes fixées par le livre blanc pour la marine, figure au premier rang la dissuasion. "Notre mission est d'avoir au moins un sous-marin déployé en permanence, a assuré le chef d'état-major de la marine, l'amiral Bernard Rogel. Ce qui suppose la mobilisation de frégates et d'avions de patrouille maritime pour assurer la sûreté des approches pour le départ des sous-marins, ainsi que des moyens sur l'ensemble de nos zones d'intérêt, pour leur donner des renseignements dont ils ont besoin".

 

"Audacieux de penser réaliser des économies substantielles"

 

Aujourd'hui, la modernisation de la dissuasion nucléaire est quasi terminée pour la composante aéroportée. En contrepartie, elle a été réduite "d'un tiers dans le cadre du principe de juste suffisance", a rappelé le chef d'état-major de l'armée de l'air, le général Jean-Paul Paloméros. Seul point noir, l'âge des avions ravitailleurs qui approche maintenant la cinquantaine d'années. D'une façon générale, le général Paloméros estime qu'en dépit des contraintes budgétaires, "il serait audacieux de penser que l'on pourra réaliser des économies substantielles sur le financement de la composante aéroportée, qui repose sur deux escadrons polyvalents - concentrés sur cette mission mais non dédiés à celle-ci". Et de rappeler que "si la France est le seul pays européen à mettre en oeuvre cette composante aéroportée, notre force de dissuasion protège non seulement no intérêts nationaux mais aussi nos alliés".

 

3,4 milliards par an sur le 20 prochaines années

 

La modernisation de la composante aéroportée "va s'achever pour le M51 avec ses nouvelles têtes", a précisé l'amiral Guillaud. Aussi, a rappelé le chef d'état-major des armées, la France continue "à investir pour assurer les renouvellements nécessaires et il faudra donc sans doute ponctuellement un peu plus de 3,4 milliards d'euros annuels, mais, sur les vingt prochaines années, c'est une somme qui restera à peu près inchangée en euros courants".-

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 17:32

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SNLE le-terrible photo Ministere de la Defense

 

04.07.2012 par P. CHAPLEAU Lignes de Défense

 

Petite surprise: on attendait Jean-Yves Le Drian à l'Ile Longue. Il y était bien, cet après-midi, visitant le SNLE Le Témeraire et s'adressant au personnel de la base, en compagnie de Patricia Adam, la nouvelle présidente de la commission de la Défense.

 

Mais le ministre de la Défense n'est pas la seule autorité présente sur les côtes bretonnes. Le président François Hollande a plongé à bord du sous-marin nucléaire lanceur d'engins Le Terrible, au large de la Bretagne.

 

Le chef de l'Etat "s'est rendu aujourd'hui (mercredi), en tant que chef des Armées, au large de la Bretagne, auprès de l'équipage du sous-marin nucléaire lanceur d'engins Le Terrible, avant son retour de patrouille", affirme l'Elysée dans un communiqué. Le Président a assisté à un lancement simulé de missile et s'est longuement entretenu avec l'équipage, de retour d'une mission de 64 jours

 

François Hollande a rejoint le SNLE en hélicoptère et a plongé au large de la Bretagne. Il entendait se mettre dans la situation de chef des armées et de chef de la dissuasion nucléaire.

 

Depuis VGE en 1974, aucun président de la République n'avait plongé à bord d'un SNLE.

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 17:23
North Korea Ready for 3rd Nuclear Test: Expert

May. 2, 2012 Defense News (AFP)

 

SEOUL, South Korea — North Korea has apparently finished preparations for a third nuclear test and is awaiting a political decision to go ahead, a South Korean nuclear expert said May 2.

 

The expert also said the communist state is likely to use highly enriched uranium (HEU) for any test, and it may have produced enough of it to make between three and six bombs in addition to its plutonium stockpile.

 

There has been widespread speculation the North will stage a test following its failed launch of a long-range rocket last month. The launch drew condemnation from the United Nations Security Council.

 

Similar condemnation of launches in 2006 and 2009 was followed by atomic weapons tests. Satellite photos of the Punggye-ri test site in the northeast show work in progress.

 

“The North has apparently finished technical preparations for a third nuclear test. What is left now is a political decision,” the expert told journalists on condition of anonymity.

 

South Korean and U.S. intelligence authorities are closely monitoring activities at Punggye-ri, he said, adding some 3,000 people were involved in the North’s nuclear program.

 

The North shut down its plutonium-producing reactor at Yongbyon in 2007 as part of an international disarmament deal, which it later abandoned.

 

In 2010 it disclosed to visiting U.S. scientists a uranium enrichment plant at Yongbyon with 2,000 centrifuges.

 

The scientists have said the plant, ostensibly to feed a light water reactor for power generation, could easily be reconfigured to make weapons-grade material.

 

The North is thought to have produced enough plutonium for six to eight weapons before the shutdown.

 

The South Korean expert said 2,000 centrifuges would be capable of producing 88 pounds of HEU every year. Assuming the enrichment plant became operational in 2009, it could have produced enough HEU for three to six bombs.

 

He said analysis of xenon isotopes, which reach the atmosphere two to four days after a test, could establish whether the device was a plutonium or an HEU bomb.

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 06:55

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/3c/Big_Emblem_of_Navy_of_the_Russian_Federation.JPG

 

September 29, 2011: STRATEGY PAGE

 

The Russian nuclear submarine fleet will be reduced to about 30 boats in a few years. Russian rulers, and any citizens who care to dig around the Internet, have been aware of this trend for over a decade. The admirals have had a hard time getting anyone excited about this, even when it was pointed out that, twenty years ago, Russia (then the Soviet Union) had a nuclear sub fleet larger (at 180 boats) than that of the United States (150 subs). Since 1991, the U.S. sub force has also shrunk, but only by about half.  The U.S. sub fleet is now nearly twice as large, and the Americans are building more each year than Russia, although not enough to prevent the American fleet from gradually shrinking. The Russians are currently mostly concerned with replacing SSBNs (ballistic missile carrying nuclear subs) and boats that carry anti-ship missiles (for handling aircraft carriers.) The admirals admit, at least among themselves, that this is all they are likely to get.

 

In the last few years, the Russian public has becoming aware of the fact that they won't have much of a navy in 5-10 years. There has been no public outcry over this. Russia has never been a great naval power, and whenever it tried to be, the effort was expensive and ultimately disastrous. Most Russians have more pressing concerns than the size of the fleet.

 

The basic problem is that, in the last two decades, very few ships were built, and most of the Cold War era warships that now comprise the fleet, will have to be retired. These ships are falling apart, as there was not any money, since the Soviet Union dissolved in 1991, for repairs and upgrades. Some Russian politicians are calling for more money, to build enough surface ships to maintain a respectable fleet. That is proving difficult, particularly because of the lack of popular support for such an effort. Then there's the problem that most of Russians warship building capability has disappeared since 1991.

 

For the last two decades, most of the Russian naval construction effort went into finishing a few subs, and building some surface ships for export. In the last decade, some effort was put into building new surface ships. Thus there is a new class of 4,500 ton frigates (the Gorshkov class), but only a few are being built or planned. The Gorshkov's have a 130mm gun, plus anti-ship and anti-aircraft missiles. The navy wants at least a dozen of these 4,500 ton ships, but the money has not been provided yet.

 

There are two Stereguschyy class corvettes in service, with five more building. These are small ships (2,100 tons displacement), costing about $125 million each. These "Project 20380" ships have impressive armament (two 30mm anti-missile cannon, one 100mm cannon, eight anti-ship missiles, six anti-submarine missiles, two eight cell anti-missile missile launchers). There is a helicopter platform, but the ship is not designed to carry one regularly. Crew size, of one hundred officers and sailors, is achieved by a large degree of automation. The ship also carries air search and navigation radars. It can cruise 6,500 kilometers on one load of fuel. Normally, the ship would stay out 7-10 days at a time, unless it received replenishment at sea. Like the American LCS, the Russian ship is meant for coastal operations. The navy wants at least fifty of them (but there is only money for 30). There is also an amphibious ship under construction, and lots of talk about aircraft carriers. But until money is allocated, and construction starts, it's all just talk.

 

Russia has proposed putting some retired (because they were too expensive to operate) ships back into service. This includes two Typhoon class SSBNs (the largest subs, at 24,000 tons, ever built) and three Kirov class battle cruisers. These 28,000 ton ships carry over 400 missiles each (for anti-ship and anti-aircraft use). But this is a partial, expensive and one time solution to the problem that the Russian fleet is fading away, because of too little concern, and too little cash.

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 08:55
Le démantèlement des bâtiments à propulsion nucléaire


11/07/2010 DGA

 

Le démantèlement est une étape incontournable de la vie d'un bâtiment à propulsion nucléaire. La maîtrise d'ouvrage de cette opération, conduite dans des conditions de sécurité nucléaire optimisées, a été confiée à la direction générale de l'armement (DGA). Elle a pour objectif de garantir la conservation des six tranches réacteurs des SNLE type Le Redoutable avant d'achever leur démantèlement. Ce vaste programme s'inscrit dans la durée puisque le premier sous-marin nucléaire d'attaque (SNA) devrait être retiré du service actif au milieu de la prochaine décennie.

 

Depuis mai 2002, le SNLE Le Redoutable, premier sous-marin nucléaire français, est ouvert au public de la Cité de la mer à Cherbourg. Cet événement est l'aboutissement d'une série d'opérations conduites dans des conditions de sécurité nucléaire optimales. La coque de l'ex-SNLE Le Redoutable a fait l'objet d'un traitement particulier pour entrer dans le patrimoine public. Les autres SNLE suivront le cycle normal qui conduira à leur élimination totale dont la logique est présentée ci-après.

 

Il convient de distinguer deux démarches parfaitement indépendantes : le démantèlement, qui s'attache aux opérations touchant à la sécurité nucléaire, et la déconstruction, qui traite de la coque après séparation de la tranche réacteur. La DGA assure la maîtrise d'ouvrage du démantèlement et DCNS la maîtrise d'oeuvre. La déconstruction de la coque sera conduite par une maîtrise d'ouvrage restant à définir.

Le démantèlement est une opération sensible au point de vue de la sécurité nucléaire, techniquement délicate à réaliser, mais maîtrisée, notamment sur les plans de la radioprotection et du traitement des déchets. En revanche, la gestion de la coque libérée de son installation nucléaire après contrôle n'entraîne plus de contraintes particulières sur le plan de la sécurité nucléaire. Le sous-marin amputé de sa tranche réacteur est remis à l'eau et remorqué vers un quai en attente de déconstruction. Toutes ces opérations de démantèlement ont lieu dans les sites DGA du port militaire de Cherbourg.

 

La mise à l'arrêt définitif 

Cette opération d'une durée de quelques mois consiste principalement à décharger le coeur du réacteur nucléaire et à débarquer les différentes énergies. Les éléments combustibles irradiés constituant le coeur sont entreposés dans la piscine de l'atelier réacteur du Homet en attendant leur reprise par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) pour stockage et/ou retraitement. Le sous-marin est alors mis en sécurité pour éviter tout risque de naufrage du navire et de pollution.

 

Le démantèlement de niveau I 

Des matériels de la tranche réacteur sont débarqués, des installations de surveillance supplémentaires sont mises en place.

 

Le démantèlement de niveau II  

La partie confinée est réduite au minimum, l'étanchéité et la protection biologique sont renforcées. Une décontamination poussée est opérée, tous les fluides sont vidangés et le circuit primaire réduit aux grandes capacités est asséché. Les traversées de cloison sont soudées par des tapes métalliques et l'étanchéité du compartiment est vérifiée. Cette opération dure de dix à douze mois suivant l'état radiologique du sous-marin. Cette phase se termine sur le dispositif de mise en eau par la découpe de la tranche réacteur alors parfaitement confinée.

N'ayant plus de liaison avec le reste du sous-marin, la tranche réacteur peut être découpée sur le dispositif de mise en eau. Le navire est remonté au niveau du sol. L'opération d'une durée de trois mois consiste à séparer cette tranche de 700 tonnes du reste du navire. La tranche sera transportée sur plate-forme vers son lieu d'entreposage.

L'avant et l'arrière du sous-marin sont alors repositionnés grâce au système de marcheurs puis joints par soudage, l'ensemble est remis à l'eau et la coque entreposée le long d'un quai.

 

L'entreposage de longue durée 

La tranche réacteur est entreposée sous surveillance au Homet sur une dalle sismorésistante. Elle est protégée des intempéries par une structure adaptée. Un système de ventilation permet d'effectuer une pénétration annuelle pour opérer des vérifications de l'évolution des matériels dans le temps et garantir des conditions d'ambiance adéquates.

Cet entreposage est aujourd'hui envisagé pour une durée de l'ordre de quelques dizaines d'années. La décroissance radioactive des matériaux métalliques activés et contaminés au cours du fonctionnement du réacteur permet de réaliser les opérations de niveau III dans les meilleures conditions de radioprotection et de coût. La première tranche réacteur - celle du SNLE Le Redoutable - est entreposée depuis quinze ans.

 

Le démantèlement de niveau III 

Tous les matériaux et équipements nucléaires sont enlevés, l'installation est entièrement découpée et conditionnée en fûts de déchets pour l'ANDRA. Ces travaux devront être effectués sur site dans une infrastructure spécifique permettant de démanteler complètement la tranche réacteur.

Le CEA est chargé des études de faisabilité de cette phase. Un premier examen a déjà permis de décrire les hypothèses sur les états de déclassement et les critères de choix des scénarios envisagés pour les opérations à réaliser sur les chaufferies pour passer du niveau II au niveau III de démantèlement.

La poursuite de ces études permettra de valider la durée d'entreposage de la tranche réacteur ainsi que la compatibilité avec les contraintes de transport et les critères d'acceptabilité de l'ANDRA dans le cadre d'un stockage définitif des colis.

 

La déconstruction 

Après autorisation par les autorités de sûreté, la coque peut être recyclée hors du domaine nucléaire. La déconstruction fait actuellement l'objet d'études qui prennent en compte le traitement des matières dangereuses et le respect de l'environnement. Cette opération techniquement lourde nécessite des outillages spécifiques et des surfaces de travail importantes. Chaque coque d'une longueur de plus de 100 mètres et de 10 mètres de diamètre représente en effet un colis très encombrant de 7 000 tonnes !

 

Vision à long terme 

Le traitement au niveau II de démantèlement des ex-SNLE type Le Redoutable sera achevé dans les dix prochaines années. Les premiers SNA type "Rubis" regagneront Cherbourg au milieu de la prochaine décennie pour subir les mêmes opérations. Une vision très large incluant les SNA type Barracuda montre que ce programme est loin d'être terminé.

Les deux premiers niveaux de démantèlement des SNLE se sont déroulés dans des conditions de sécurité permettant de garantir l'absence de risque pour le public. Cette réussite repose sur les principes adoptés lors de la conception et au cours de la réalisation des sous-marins à propulsion nucléaire sur la reprise et le traitement des éléments combustibles et des déchets, sans oublier le savoir-faire des équipes chargées de ces opérations.

La poursuite de cette démarche confirme la volonté de la France de mener à son terme, dans le respect des règles de protection de l'environnement, l'élimination totale des installations nucléaires de la Défense retirées du service. Ce programme n'en est qu'à ses débuts. L'enchaînement des opérations assurera la pérennité du savoir-faire des intervenants ; la rigueur de l'application des règles en matière de sûreté nucléaire et la prise en compte du retour d'expérience seront le gage de notre sécurité.

 In English : Dismantling of the nuclear-powered ships  

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23 septembre 2007 7 23 /09 /septembre /2007 16:55
Triomphant. Discrète montée en puissance

A gauche, l'amiral cinq étoiles François Dupont a été le premier commandant du Triomphant. Il était accueilli, hier, par l'un des deux commandants actuels, le capitaine de vaisseau Frédéric Renaudeau, le sous-marin terminant actuellement une période d'entretien programmée entre deux patrouilles. (Photo S. J.

 

23 septembre 2007 Le Télégramme

 

Les débuts de ce sous-marin nucléaire de dernière génération n'avaient pas été si triomphants que cela. Premier de la série, il avait connu des difficultés de mise au point, jusqu'à une retentissante fuite radioactive sur ses têtes nucléaires ! Dix ans après, la pression a eu le temps de retomber.

 

On célébrait hier, à l'île Longue, les dix ans de service actif du Triomphant, en compagnie des marins et des officiers l'ayant porté au niveau opérationnel qu'on lui connaît aujourd'hui. Son premier commandant, François Dupont, aujourd'hui amiral cinq étoiles et inspecteur général des armées, n'a pourtant pas le sentiment d'avoir essuyé les plâtres. « C'était un projet lourd mais bien pensé, avec son lot de soucis techniques propres à tous les prototypes », commente-t-il aujourd'hui pudiquement. Aussi silencieux qu'une voiture Le défi technologique de ce premier d'une série de quatre (*) était un gros morceau, sans doute aussi imposant que l'immense masse d'acier à très haute limite élastique spécialement développé à l'occasion (138 m de long). Le Triomphant a été conçu pour plonger plus profond (au delà de 400 m), gagner en vitesse et en discrétion, en embarquant des moyens de détection encore plus lourds. À l'époque de son lancement, les journalistes avaient usé d'un saisissant raccourci : « Le bruit de ce sous-marin en déplacement sous l'eau (14.000 tonnes) a été ramené à une voiture en marche, contre celui d'un hélicoptère pour la génération précédente ». Côté confort de navigation, de part sa taille et son poids augmenté, le sous-marin avait même gagné en stabilité de surface. Plus gros mais pas plus spacieux À l'intérieur, les marins (à 110 au lieu de 130 dans un sous-marin plus gros) qui s'attendaient à disposer de davantage de place allaient vite déchanter. Les efforts pour gagner en discrétion acoustique étaient aussi consommateurs d'espace, chaque élément du bord étant suspendu à l'aide de complexes et volumineux systèmes hydrauliques. Mais surtout, le navire retrouvait ses vieux démons au cours de son premier gros entretien, prolongé de six longs et dispendieux mois (autour de 200 M€ la révision !). Dans les rangs des sous-mariniers, pourtant connus pour leur discrétion sans faille, critiques et sarcasmes avaient fini par remonter à la surface. Sans tambour ni trompette Le Triomphant a finalement réussi à décoller la poisse qui accompagne la montée en puissance des prototypes les plus complexes. Tranquillement, 19 patrouilles et plus de 1.500 jours de mer plus tard (journées d'entraînement comprises), le Triomphant s'est imposé parmi les sous-marins les plus fiables de sa génération. Privé de toute communication, dans l'ombre de missions toujours aussi confidentielles, au sommet d'une dissuasion française jamais remise en question depuis la fin des années soixante. * Le quatrième, le Terrible, actuellement construit à Cherbourg et livré en 2010, disposera des toutes dernières innovations en matière de détection et sera équipé du nouveau missile M51.

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