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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 17:50
L’influence américaine dans le dispositif européen du TTIP
 
05-11-2014 Infoguerre.fr


Depuis juillet 2013, l’Union Européenne (UE) a entamé des négociations avec les Etats-Unis (USA) afin de conclure un accord commercial de libre-échange entre l’UE et les USA en 2015. Cet accord, baptisé « Transatlantic Trade and Investment Partnership »  (TTIP soit « Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement ») a donc pour objectifs de réduire, voire supprimer les droits de douane, d’uniformiser les réglementations de part et d’autres de l’Océan atlantique, d’ouvrir les marchés pour les services, l’investissement et les marchés publics et de mettre en place un mécanisme de règlements des différents entre entreprises et Etats.

Les différents éléments du mandat de négociations n’ont été diffusés que tardivement (9 octobre 2014) et partiellement. De façon générale, ces négociations restent opaques pour la plupart des élus des États membres et du grand public, contrairement à ce qui a été affirmé récemment par la Commission européenne, alors même que ce Traité engagera la vie économique et sociale de millions d’européens à long terme.

Les enjeux de ce traité pour les Etats membres de l’UE nécessite débat démocratique et transparence à tous les niveaux. Or le constat est que ni l’un ni l’autre n’existent.
Une réelle démarche de transparence serait en premier lieu de permettre au grand public de savoir qui sont les négociateurs mandatés par l’UE pour mener les négociations.

 

1-Une équipe de négociateurs européens sous influence?

a. Qui est M. Ignacio Garcia Bercero négociateur en chef européen pour le TTIP ? Son curriculum vitae est introuvable. Qui peut croire que cet homme est sans passé ? D’où vient-il, qu’elles ont été ses précédents postes  et missions ?
b. Quant aux autres membres de la délégation, certains d’entre eux ont travaillé dans des instances internationales fortement orientées pour la défense d’une certaine forme de modèle de libre-échange, le libéralisme économique, et l’ouverture des marchés (OMC, FMI, banque mondiale) tandis que d’autres ont réalisé leurs études aux États-Unis (Université de Berkeley, Harvad Business School…)

 

2-Une étude aux arguments orientés ?
L’Union européenne justifie l’importance et l’intérêt du TTIP par les résultats d’une étude qu’elle présente comme « indépendante » et qui lui sert de référence dans le cadre des négociations. Cette étude intitulée « Reducing transatlantic barriers to trade and investment : an economic assessment » (mars 2013) a été réalisée par le Centre for Economic Policy Research (CEPR).
Au-delà des résultats issus de cette étude, on peut réellement contester l’indépendance et la neutralité des dirigeants du CEPR et des auteurs de ce rapport puisque, en effet ils ont, dans le passé, occupé des fonctions en lien direct avec les intérêts économiques américains. Ainsi :

a. Richard Baldwin qui occupe depuis janvier 2014 le poste de Directeur du CEPR. était directeur des études sur les politiques publiques (Policy Director) au moment où l’étude a été réalisée. Professeur d’économie réputé, il a occupé différents postes en Europe et aux Etats-Unis. Jusqu’en 1991, année où il est arrivé en Europe, il était conseiller auprès du Président américain Bush sur les questions économiques (Senior Staff Economist for the President’s Council of Economic Advisors in the Bush Administration). A ce titre il a participé aux négociations de plusieurs accords de coopération économique : Uruguay Round, NAFTA, US-Japan Structural Impediments Initiative, et US-Japan Semiconductor Agreement. Richard Baldwin a donc défendu les intérêts économiques américains par le passé.

Lors de la négociation relative au traité NAFTA, des arguments basés sur des modèles économiques promettaient de la croissance et des créations d’emplois aux États-Unis ainsi qu’au Mexique. Ces prévisions ne se sont pas concrétisées. Selon l’étude « Heading South U.S.-Mexico trade andjob displacement after NAFTA » datant de 2011 et réalisée par l’Economic Policy Institute, au cours de la période 1993-1999, les Etats-Unis et le Mexique ont perdu plusieurs centaines de milliers d’emplois. En outre, les inégalités de revenus ont augmenté et l’impact sur les salaires a été négatif. La fiabilité des prévisions issues des modèles macro-économiques qui ne rendent pas compte de la complexité du monde actuel, parait donc douteuse.

b. Guillermo de la Dehesa, également président du CEPR et économiste réputé, a occupé au cours de sa carrière divers postes dans le gouvernement espagnol, à la Banque d’Espagne mais aussi à la Banque Mondiale. Il a par ailleurs travaillé dans le secteur privé, notamment bancaire. Il a été également conseiller international de la banque américaine Goldman Sachs. Enfin Guillermo de la Dehesa est membre du « Group of Thirty », ou G30, think tank basé à Washington. Ce G30 a été fondé en 1978 à l’initiative de la fondation Rockefeller qui a également fourni les premiers fonds. Son premier président a été Johannes Witteveen, un ancien directeur du Fonds Monétaire International. Son président actuel est Paul Volcker. Le G30 regroupe des financiers importants et des universitaires qui cherchent à approfondir la compréhension des problèmes économiques et financiers ainsi qu’à examiner les conséquences des décisions des secteurs publics et privés relatives à ces sujets.

c. Joseph François directeur de l’étude dite « indépedante » du CPER,  a été pendant longtemps en poste aux Etats-Unis en tant qu’économiste au Bureau des statistiques du travail (Bureau of Labor Statistics )(1983-1987) et directeur du bureau « économie » de la commission du commerce international (1991-1993). Cette commission est une agence fédérale qui défend les intérêts des entreprises américaines dans le cadre de plaintes pour contrefaçon, d’instruction de concurrence déloyale, de viol des barrières douanières de la part d’entreprises étrangères. Elle fournit également des études sur le commerce et la compétitivité au congrès et au Président américains.

 

En conclusion et en l’état actuel des informations disponibles, tout citoyen européen peut légitimement se poser la question de la capacité de l’équipe de négociateurs européens à défendre les intérêts de l’UE dans les négociations menées pour conclure le TTIP. Manifestement, ce dispositif ne permet pas de négocier à armes égales avec les États-Unis. La communication affichée n’atténue pas l’opacité caractéristique des négociations de ce traité, on ne lève pas l’opacité par des effets de communication.

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 12:20
Canadian air force CF-18 Hornet - Exercise Vigilant Eagle 13

Canadian air force CF-18 Hornet - Exercise Vigilant Eagle 13

 

10 novembre 2014 - Marc-André Houle* - ledevoir.com

 

Au Québec, comme au Canada, les débats concernant la Défense nationale se concentrent généralement sur le déploiement des troupes à l’étranger et sur l’opportunité de faire certaines acquisitions de matériel militaire. L’apport de la défense au développement économique des régions canadiennes est ainsi occulté.

 

L’acquisition de matériel militaire représente pourtant des investissements se comptant souvent en centaines de millions, voire en milliards de dollars. En examinant la répartition des contrats émanant du ministère de la Défense nationale, force est de constater que le Québec a de plus en plus de difficulté à bénéficier des investissements canadiens en défense. Alors qu’il récoltait autour de 30 % de l’ensemble des contrats militaires en 2001, on remarque que cette part n’a cessé de fondre pour chuter sous la barre des 20 % en 2012.

 

En somme, les entreprises québécoises ont été incapables de profiter de la période de réinvestissement militaire de la décennie 2000. Cette situation n’est pas sans rappeler un contexte similaire, au début des années 1980, alors que plusieurs programmes d’acquisition multimilliardaires, comme les frégates destinées à la Marine canadienne ainsi que les chasseurs CF-18, ceux-là mêmes qu’on souhaite aujourd’hui remplacer, avaient été lancés par Ottawa et où le Québec n’avait pas été en mesure de bénéficier pleinement des investissements associés à ces projets.

 

Pourquoi le Québec ne réussit-il pas à profiter des investissements en achat de matériel de défense ? Une partie de la réponse tient au fait qu’il s’est spécialisé au fil du temps dans les activités d’entretien d’équipement. Ainsi, quand le gouvernement fédéral investit dans les acquisitions, les entreprises québécoises n’arrivent pas à capter davantage de contrats de fabrication et sa part des retombées tend à diminuer par rapport à l’Ontario, les Maritimes et les provinces de l’Ouest. En contrepartie, quand les budgets d’acquisition diminuent ou stagnent, comme ce fut le cas pendant les années 1990, la valeur des contrats acheminés au Québec demeure sensiblement la même, mais sa proportion des retombées tend à augmenter.

 

D’autres facteurs permettent d’expliquer cet état de fait. D’une part, il y a belle lurette déjà que les milieux politiques et économiques ne se sont pas mobilisés pour réclamer de manière concertée des retombées de la défense au gouvernement fédéral. D’autre part, et pour toutes sortes de raisons, les Québécois en général ne s’associent pas naturellement aux affaires militaires, ce que la vive opposition manifestée face au déclenchement de la guerre en Irak, le faible taux d’approbation envers la mission en Afghanistan, voire les réactions négatives vis-à-vis le remplacement des chasseurs tend à confirmer.

 

Quoi qu’on en pense, le gouvernement demeure sensible à cette donnée quand vient le temps d’attribuer ses juteux contrats. Surtout, Ottawa a mis en branle il y a quelques années une réforme de la Politique des retombées industrielles et régionales (RIR) qui est le principal levier de l’activité économique de défense au Canada.

 

Les changements qui définissent cette réforme mettent l’accent sur le développement et la consolidation de la base industrielle de défense au pays et ce, au détriment de la régionalisation des retombées économiques, objectif premier de la politique lors de son adoption en 1986. Cette refonte a ainsi pour effet d’avantager l’Ontario, premier pôle industriel de défense au pays, mais également les régions de l’Est et de l’Ouest comme l’a notamment démontré l’attribution récente des contrats des navires fédéraux aux chantiers de Vancouver et de Halifax et l’exclusion du chantier maritime Davie de Lévis.

 

De sérieux doutes peuvent être émis quant à la capacité du Québec d’améliorer substantiellement sa performance sur le plan des retombées de la défense dans un avenir rapproché. Quoi qu’il advienne, il ne faut pas perdre de vue que les programmes d’acquisition d’armements du gouvernement fédéral sont financés par l’ensemble des contribuables canadiens et il est dans l’ordre des choses que les Québécois puissent bénéficier, tout comme les citoyens des autres régions canadiennes, des investissements en défense.

 

Dans ces conditions et dans un contexte où les ressources financières et économiques se font de plus en plus rares, le gouvernement québécois aurait tout avantage à tabler sur une nouvelle stratégie afin d’obtenir d’autres formes d’investissements, civiles plutôt que militaires, qui seraient plus structurantes pour son économie. Par exemple, Québec pourrait s’assurer d’obtenir sa juste part des retombées de la défense en demandant certaines compensations financières visant à relancer l’industrie manufacturière des régions québécoises en difficulté, à développer son secteur énergétique ou encore à mettre en oeuvre une stratégie d’électrification des transports.

 

Des négociations en ce sens devraient être entreprises rapidement avec Ottawa. Il s’agirait dès lors d’un tout nouveau chapitre dans l’histoire des retombées de la défense au Québec ainsi qu’une occasion pour le gouvernement libéral de démontrer une forme de leadership à la fois en matière économique et de relations avec le gouvernement fédéral.

 

* Candidat au doctorat, Chaire de recherche du Canada en études québécoises et canadiennes (CREQC), Département de science politique, UQAM

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 08:54
Les paroisses de France prieront pour la paix le 11 novembre

 

03.11.2014 Clémence Houdaille - LaCroix.com

 

À l’approche de la commémoration de l’armistice du 11 novembre 1918, le diocèse aux armées françaises et le mouvement Pax Christi invitent les fidèles à prier pour la paix.

 

En cette année du centenaire du début de la Première Guerre mondiale, deux initiatives à l’occasion du 11 novembre, l’une du diocèse aux armées françaises, l’autre du mouvement Pax Christi se rejoignent.

La première proposition, relayée par la Conférence des évêques de France, émane de Mgr Luc Ravel, évêque aux armées. Il suggère que dans les églises de toutes les communes du pays soit organisé, mardi 11 novembre, un temps de prière pour la paix et pour ceux, originaires du village ou de la ville, qui sont morts pour la France durant la Première Guerre mondiale.

 Une trame de ce temps de prière est proposée sur le site du diocèse aux armées. Cantiques, lecture de l’Évangile, psaume, prière universelle, mais aussi lectures de lettres de soldats de la Première Guerre mondiale, ainsi que des noms des soldats de la commune morts pendant la guerre sont ainsi suggérés.

 

Suite de l'article

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 16:55
"Il faut arrêter le petit jeu entre Bercy et la Défense" (Cornut-Gentille)

Défense "Plus on creuse sur le projet des SPV (Special Purpose Vehicle), plus il soulève de nombreuses questions sur sa faisabilité, puis sur son mode de fonctionnement", selon François Cornut-Gentille (UMP, Haute-Marne)

 

05/11/2014 Propos recueillis par Michel Cabirol – Latribune.fr

 

Membre de la commission des finances de l'assemblée nationale, François Cornut-Gentille, député de la Haute-Marne, pose la question de la sincérité de la loi de programmation militaire. Mais il "ne doute pas de la sincérité de Jean-Yves Le Drian".

 

Les SPV (Special Purpose Vehicle), un projet qui tient à cœur Jean-Yves le Drian, sont-ils vraiment une solution pour le budget de la défense 2015 ?
Plus on creuse sur ce projet, plus il soulève de nombreuses questions sur sa faisabilité, puis sur son mode de fonctionnement. Il y a encore de nombreux problèmes juridiques à surmonter. Cette idée n'est pourtant pas nouvelle : l'ancienne ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, avait déjà envisagé un tel projet. Or, pour sa mise en œuvre, le ministère de la Défense est complètement dépendant de la bonne volonté de Bercy, qui je le rappelle, voulait réduire en 2012 le budget de la défense à 29 milliards dans le cadre de la préparation de la loi de programmation militaire (en 2015, il doit s'élever à 31,4 milliards, comme en 2014, ndlr). Le grand risque est d'arriver en juillet 2015 et de s'entendre dire : « on a essayé mais cela n'est pas possible ».

Jean-Yves Le Drian pourra-t-il tenir les délais ?
Il a deux à trois mois pour réussir à mettre en place les sociétés de projet. Et donc obtenir les crédits de la LPM tels qu'ils ont été votés par la représentation nationale. Il faut courir cette chance. Mais je suis quand même perplexe : on arrive à fin 2014 et le ministère de la Défense fait mine de découvrir un problème déjà connu depuis plus d'un an et demi. Le décalage de la vente des fréquences mégahertz était pourtant connu de tous depuis longtemps. Comment se fait-il que le ministère n'en soit qu'à étudier encore cette solution qui n'est pas encore verrouillée. Pourquoi n'a-t-il qu'une seule solution à nous proposer ? Dans le cadre d'une mission de contrôle à Bercy en juillet dernier, nous étions un certain nombre de parlementaires à demander aux équipes du ministère de l'Économie l'état d'avancement du projet de société de projet. Le dossier était au point mort. Aujourd'hui, il en est au même point qu'en juillet dernier. Cette situation aboutit à une forte inquiétude sur la sincérité de la LPM.

Quelle pourrait être les autres solutions ?
D'autres solutions existent comme le programme d'investissement d'avenir (PIA). Une solution éprouvée, moins compliquée et beaucoup moins aventureuse que les sociétés de projet. J'ai le sentiment que le ministère se trouve aujourd'hui dans une impasse. Et Jean-Yves Le Drian a coutume dire que toute entorse à la LPM équivaudrait à retirer une brique d'un mur. Mais - avec 2 milliards d'euros manquant - c'est tout un pan de mur qui risque de s'effondrer. Il faut que l'on sache rapidement s'il existe une chance de mettre les sociétés de projet en place.

Êtes-vous pessimiste ?
Oui, si l'on laisse perdurer le petit jeu entre Bercy et la Défense ; car l'on connait déjà le perdant. Seul le Parlement peut aider à sortir de cette impasse. Comment ? En engageant un contrôle sur les ressources exceptionnelles. Comme pour le travail que j'ai effectué sur l'école Polytechnique, cette démarche est inhabituelle, parfois incomprise, mais absolument indispensable pour faire bouger les lignes.

 

Vous vous posiez la question de la sincérité de la LPM...
Effectivement, la question se pose même si je ne doute pas de la sincérité de Jean-Yves Le Drian qui se bat. Mais avouez que la situation est pour le moins paradoxale. On vote une LPM pour sécuriser le budget des armées avec des recettes exceptionnelles qui, par définition, sont source d'incertitudes. Au-delà du ministère de la Défense, cet exemple, qui touche le cœur régalien de l'Etat, illustre toute la dérive collective de la gestion publique.

Un départ de Jean-Yves le Drian n'est pas à exclure. Après lui, le déluge ?
Le budget des armées ne peut reposer sur l'engagement - fût-il total - d'un seul homme. La volonté présidentielle demeure ambiguë et reste contestée par Bercy. Aussi, la Défense doit pouvoir également compter sur la mobilisation des députés pour garantir la sécurité des Français. Il en va de la crédibilité des politiques auprès des militaires et de celle de la France sur la scène internationale.

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 12:55
Croire que le drone permet de mener une ‘‘guerre zéro mort” est dangereux

 

03/11/2014 DICoD

 

Avouons-le. Nous n’avons pas toujours le temps de parfaire notre culture générale ou d’approfondir nos connaissances géopolitiques … Pas de panique ! La rédaction vous propose de retrouver chaque dernier vendredi du mois la rubrique « Enjeux et réflexions ». Ce mois-ci, les questions éthiques soulevées par l’usage des drones sont abordées avec l’interview de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, docteur en science politique et en philosophie, et juriste. L’article est extrait du dossier du numéro d’octobre novembre 2014 d’Armées d’aujourd’hui, intitulé « l’ère des drones » et dirigé par notre journaliste Paul Hessenbruch.

 

Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, docteur en science politique et en philosophie, et juriste.

Pour Jean-Baptiste Jeangène Vilmer*, l’usage des drones s’inscrit dans la nature asymétrique des conflits contemporains. Les questions éthiques soulevées lorsque certaines nations ont éliminé des cibles humaines par ce moyen ne doivent pas accréditer l’idée que la « guerre zéro mort » est possible.

 

Pourquoi le drone, en comparaison d’autres systèmes d’arme, pose-t-il tant de questions sur le plan éthique?

 

Ce n’est pas l’armement des drones en tant que tel qui a suscité un débat moral, mais l’intensification des frappes américaines au Pakistan, au Yémen et en Somalie. La première raison est donc une confusion entre la chose et son usage : entre le drone et la politique (américaine et israélienne) d’élimination ciblée qui l’utilise. Celle-ci est discutable, autant moralement que légalement, mais il ne faut pas confondre la fin et les moyens. Cette confusion est extrêmement répandue. La deuxième raison, cette fois propre au système d’arme lui-même, est qu’il permet à celui qui l’utilise de tuer sans risquer de l’être. C’est l’asymétrie du risque qui pose problème à tous ceux qui parlent de « lâcheté ». Pour autant, les drones ne sont pas la cause de l’ère post-héroïque, mais l’un de ses effets. Ils sont l’un des symptômes d’une évolution antérieure. Il existe aujourd’hui un décalage entre ce que doit être la guerre pour la société et ce qu’elle est devenue. La perception de ce qu’elle doit être en reste à la guerre conventionnelle et au modèle antique du choc frontal et du corps-à-corps, dont on a conservé une conception chevaleresque qui confond le champ de bataille et une scène de western (héroïsme). Ce qu’elle est devenue est une guerre irrégulière et asymétrique, c’est-à-dire basée précisément sur l’évitement du choc frontal, parce que l’ennemi n’est plus une armée, mais un acteur non-étatique, souvent déterritorialisé (post-héroïsme).

 

La France est-elle la seule nation à se poser des questions sur l’éthique des drones?

 

Absolument pas, et elle est même loin d’être la première à le faire. Le débat est logiquement antérieur et plus développé dans les pays qui possèdent et utilisent des drones armés : les États-Unis, Israël et le Royaume-Uni. Il existe aussi chez ceux qui ont des drones armables et se posent donc des questions légitimes (France, Allemagne, Italie). C’est désormais un débat global, qu’on retrouve dans les revues et les colloques internationaux en relations internationales, philosophie, droit, stratégie, etc.

 

Quels enseignements peut-on tirer des autres pays ayant recours à ce système?

 

La stratégie américaine au Pakistan a connu une évolution regrettable : un changement majeur a eu lieu lorsque la CIA a élargi ses cibles, ne visant plus exclusivement celles dites de « grande valeur », mais n’importe quel groupe de militants présumés, sur la base d’un comportement a priori douteux. La multiplication de ces signature strikes – des frappes basées non pas sur l’identité (personality strikes) mais sur le comportement – a conduit à de nombreux abus. Ces dérives et l’industrialisation de l’élimination ciblée dont elles sont le symptôme sont évidemment condamnables, et le gouvernement américain en est d’ailleurs revenu (il y a eu 122 frappes au Pakistan en 2010, 73 en 2011, 48 en 2012, 21 en 2013 et pour l’instant 7 en 2014). à condition de ne pas confondre la chose et son usage, il est tout à fait possible de condamner les abus d’une politique laxiste telles que les signature strikes sans remettre en cause le principe même de l’élimination ciblée et l’usage des drones. L’interprétation restrictive d’Harold Koh (conseiller juridique du département d’état jusqu’en janvier 2013), qui estime qu’il est légal de viser des individus, mais uniquement des « high-value -targets », uniquement lorsqu’ils complotent effectivement contre les États-Unis, et uniquement quand la menace est suffisamment spécifique pour invoquer la légitime défense, me semble généralisable et elle pourrait inspirer la France, par exemple si elle décide d’armer ses Reaper.

 

De quelle manière le fait d’avoir recours à des drones alimente l’idée d’une « guerre zéro mort » ? En quoi cette association peut-elle être dangereuse?

 

Les drones alimentent l’idée de « guerre zéro mort », et celle corrélative de « guerre propre », de deux manières : ces appareils donnent l’impression qu’il est possible de combattre sans pertes de notre côté (non-réciprocité du risque) et avec peu de pertes civiles du côté adverse (précision de l’arme). Si les gens sont généralement convaincus que « les drones font beaucoup plus de victimes civiles » alors qu’en réalité ils en font beaucoup moins que leurs alternatives (missiles Tomahawk, campagne aérienne classique ou opération terrestre), c’est parce qu’ils exigent davantage d’une arme qui donne l’impression d’être chirurgicale. Les victimes sont d’autant plus inacceptables qu’elles auraient pu ne pas être faites. Croire que le drone permet de mener une « guerre zéro mort » est doublement dangereux : d’une part parce que cette illusion peut inciter à intervenir, et donc augmenter le nombre de conflits (effet pervers déstabilisateur); d’autre part parce que les drones seuls ne peuvent pas faire grand-chose, ils doivent être accompagnés au sol et protégés dans les airs. L’opérateur du drone peut être lui-même relativement protégé (l’Américain l’est puisqu’il reste à la maison, le Français moins puisqu’il opère in situ), mais il fait partie d’un dispositif impliquant d’autres combattants qui, eux, risquent leur vie.

 

Les propos de cet entretien n’engagent que leur auteur

 

* Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, docteur en science politique et en philosophie, juriste, enseigne le droit de la guerre à Sciences Po Paris et à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr. Il est chargé de mission au Centre d’analyse, de prévision et de stratégie.

 

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 13:45
La guerre française au Mali est "exemplaire", selon des experts américains

 

24/10/2014 Par Guerric Poncet - Le Point.fr

 

L'un des think tanks les plus influents au Pentagone salue la capacité d'adaptation de notre armée, efficace avec des moyens limités. Explications.

 

Au Pentagone, on évoque plus souvent l'armée française pour en rire que pour en chanter les louanges. La dernière blague à la mode ? "Pourquoi avons-nous besoin des Français dans la guerre contre les terroristes ? Pour leur apprendre à se rendre." Facile. Mais le dernier rapport de la Rand Corporation (PDF) pourrait bien renverser les esprits les plus moqueurs. Le vénérable think tank américain, l'un des plus influents à Washington, a salué l'opération française Serval au Mali, estimant qu'elle est "un modèle de guerre expéditionnaire" pour "les armées technologiquement sophistiquées".

L'armée française a, selon le rapport relayé par Lignes de défense, été exemplaire pour "mettre sur pied le type d'opération expéditionnaire que (le chef d'État-major américain) Odierno a envisagée pour se conformer aux budgets prévisionnels de l'armée américaine". En résumé, le Pentagone pourrait bien s'inspirer des stratégies déployées par les militaires français pour optimiser leurs budgets, afin de monter ses futures opérations.

 

Des forces "hautement efficaces"

"Les Français ont prouvé avec Serval qu'ils savent projeter rapidement des forces limitées mais hautement efficaces, taillées pour des besoins et des objectifs spécifiques", poursuivent les analystes américains. Comment nos généraux ont-ils réussi un pareil tour de force ? "Ils ont poussé la modularité sous le niveau du bataillon, leur permettant d'adapter chaque élément des brigades", explique le rapport.

Cette organisation en groupements tactiques interarmes (GTIA) et en subdivisions (SGTIA) avait déjà été utilisée, en Afghanistan notamment, avec le GTIA Kapisa. Au coeur de ce dispositif intelligent, les officiers de terrain "disposent d'une autonomie considérable" et "sont entraînés pour", relève la Rand Corporation.

 

Une prise de risque assumée

"Les Français ont aussi investi dans des technologies et des véhicules qui élargissent les capacités de chaque unité", comme par exemple le programme Scorpion, qui vise à moderniser massivement les matériels et équipements.

De façon générale, dans les opérations françaises, "les blindés légers sont préférés aux blindés lourds, plus difficiles à maintenir opérationnels". Cela implique "une prise de risque plus importante" et "acceptée" par les généraux. Mais dans le cas de Serval par exemple, cela a permis à Paris d'opérer "à l'extrême limite de ses capacités de projection", en envoyant ses soldats sur un terrain d'opération relativement lointain, en un temps record.

 

Sus aux cow-boys !

Autre point fort, toujours selon les experts américains, la capacité de l'armée française à "travailler efficacement au sein des populations locales". Ce dernier point constitue (jusqu'à présent ?) une différence majeure de culture militaire entre les États-Unis et la France. Les premiers, adeptes des réflexes de cow-boy, sont souvent trop agressifs ou distants pour espérer recueillir le moindre renseignement ou soutien auprès des populations.

Les militaires français, en revanche, travaillent plus souvent dans une démarche de dialogue, quitte à prendre plus de risques au contact des populations locales. L'idée n'est pas de paraître plus "gentil", mais bien d'obtenir le soutien, au moins partiel des populations, qui sont de précieuses sources d'informations difficiles à remplacer... même avec tous les drones du monde.

"L'armée française apparaît comme ayant une culture adaptée aux opérations extérieures, en particulier dans les environnements difficiles et avec des ressources limitées", conclut le rapport. Et ces ressources pourraient encore diminuer dans les années à venir : les budgets prévus par la nouvelle loi de programmation militaire semblent impossibles à tenir..

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 12:40
L'Artique, un nouvel "Or Blanc" ?


27 Octobre 2014 Aspirant David Aubron, Centre d'études stratégiques de la Marine

 

Alors que l’intérêt pour l’Arctique grandit et que les projets les plus divers voient le jour, l’homme est encore bien loin de maîtriser cet univers, la banquise et ses glaces dérivantes. Tout reste à faire.

 

Durant la guerre froide, l’océan Arctique revêt un intérêt avant tout stratégique. États-Unis et Union Soviétique s’y font face, séparés par les 92 kilomètres du détroit de Béring et les 30 minutes qu’un missile balistique intercontinental - passant au plus court par le pôle nord - pourrait mettre à atteindre sa cible. Dès 1959, un sous-marin américain perce la glace au pôle, rendant plus concret la menace d’un « hiver nucléaire ». L’Arctique devient alors le témoin du ballet aérien des « ours » soviétiques[1] tandis que ses fonds abritent un réseau d’écoute sous-marine américain (Sound Surveillance System : SOSUS) s’étendant du Groenland à l’Écosse.

La fin de la guerre froide marque un désintérêt pour la zone. Il faudra attendre 2007 et une expédition plantant un drapeau russe au fond de l’océan pour que le monde se souvienne de son Grand Nord. La publication du rapport de l’US Geological Survey[2] en 2008 change la donne : un cinquième des réserves mondiales de pétrole à découvrir y serait caché ! Si ces chiffres sont aujourd’hui revus à la baisse, la course est néanmoins lancée.

Avec la fonte des glaces, sol, pergélisol (couche de sol gelé en permanence) et sous-sol laissent entrevoir de nombreuses ressources (pétrole, gaz, minerais). Le réchauffement climatique joue aussi sur des réserves halieutiques en croissance du simple fait de la migration d’un certain nombre d’espèces vers les eaux plus froides de l’Arctique. La disparition progressive de la banquise offre, quant à elle, la possibilité de naviguer dans la région l’été, par le passage du Nord‑Ouest le long du Canada, mais surtout par la Route du Nord le long de la Russie (Cf. encadré).

 

L'Artique, un nouvel "Or Blanc" ?

 

IMBROGLIOS POLAIRES ? Long d'environ 1 500 km, le passage du Nord-Ouest relie l'océan Atlantique à l'océan Pacifique en passant entre les îles arctiques du grand Nord Canadien. Quant au passage du Nord-Est (ou « route maritime du nord » pour les Russes), il relie l'Atlantique au Pacifique en longeant la côte nord de la Sibérie. Considéré  comme le plus court chemin de l'Europe à l'Asie, il n'est cependant navigable qu’une partie de l’été. Chevauchements de ZEE, extension du plateau continental, statut juridique du passage du Nord-Ouest[3] (le Canada considère ces eaux comme une mer intérieure tandis que d’autres pays, États-Unis en tête, estiment que c’est un détroit international) ou du passage du Nord-Est (la même question se pose entre la Russie et les États-Unis)… Autant de défis à relever pour les acteurs étatiques de la zone.

 

UN MONDE EN MUTATION

Ces possibles exploitations sont prometteuses mais rencontrent un certain nombre de difficultés. L’océan Arctique reste un milieu hostile : naviguer dans ses eaux nécessite des matériels et une connaissance spécifiques. Les cartes marines de la zone étant encore peu fiables, les riverains de l’Arctique ou encore la Chine se sont lancés dans la réalisation de programmes de cartographie. La Marine nationale elle-même envoie régulièrement des navires dans ces eaux, à l’instar du remorqueur de haute mer Tenace, déployé dans le cadre de la mission Grand Nord, d’aout à octobre 2014. De plus, son intérêt économique réel est à relativiser : la zone est libre de glace pendant une courte période de l’année seulement et le gain de temps est relatif, tant la navigation est contrainte par les glaces dérivantes ou la brume, pièges pouvant être mortels. D’autre part, la réduction des distances n’est pas forcément le facteur décisif dans le choix d’une route maritime : les armateurs préfèrent le plus souvent disposer de nombreux ports sur une seule route, afin de rentabiliser le transit. Le commerce maritime dans l’Arctique pourrait donc se limiter au transfert des ressources provenant de cette région. Enfin, installer des plates-formes d’exploitation pétrolière capables de résister au mouvement de la banquise requiert une expertise poussée.

 

QUEL AVENIR POUR L'ARCTIQUE

Milieu hostile mais mieux maîtrisé par l’homme, l’exploitation des ressources de l’Arctique déstabilise l’équilibre établi. L’augmentation de la présence humaine multiplie les risques qu’un incident se transforme en catastrophe dans une région où les secours ne peuvent parvenir rapidement.

Le futur de l’Arctique reste à construire entre les rivalités des acteurs, l’impact environnemental et le défi technologique. Au final, le Grand Nord apparaît comme une promesse qu’il convient de continuellement relativiser.

 

[1] Le bombardier stratégique Tu-95 a pour nom de code Bear, « ours » en anglais et dans la nomenclature de l’OTAN.

[2] L’US Geological Survey est un organisme gouvernemental américain qui se consacre aux sciences de la Terre et fournit des informations concernant la santé de notre écosystème et de notre environnement.

[3] Le Canada, la Russie et le Danemark devraient tous déposer, au plus tard fin 2015, leur dossier à la Commission on the Limits of the Continental Shelf (CLCS).

 Pour info

 

 

 

 

L'Artique, un nouvel "Or Blanc" ?

Le centre d'études stratégiques de la Marine organise le 12 novembre 2014 un colloque sur le thème "L'Arctique : un enjeu global", avec la participation de Michel Rocard et d'Hubert Védrine.

Pour tout renseignement et inscription, vous pouvez contacter le CESM à l'adresse suivante : colloques@cesm.fr.

 

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 16:55
French adaptation strategies for arms export controls since the 1990s


15/10/2014 IRSEM

 

Equivalents anglophones des Cahiers, les Paris Papers présentent des contributions originales.

 

Paris Papers n°10

French adaptation strategies for arms export controls since the 1990s

Lucie BERAUD-SUDREAU

 

Paris Papers n°9

Germany and War : Understanding Strategic Culture under the Merkel Government

Sophia Becker

Synthèse   Etude

Mots clés : Allemagne, culture stratégique, défense

 

Paris Papers n°8 

War narratives in a world of global information Age : France and the war in Afghanistan

Barbara Jankowski

Synthèse - Présentation

Mots-clés : opinion publique, guerre, Afghanistan

 

Paris Papers n°7 - 2012 

Shielding the state : UAE military efforts to Counter Iran's disruptive options in the Gulf.

Synthèse - Présentation

Victor Gervais

Mots-clés : UAE, IRAN, Golfe Persique

 

Paris Papers n°6 - 2012 

Defence and security industry: Which security industry are you speaking about?

Vincent Boulanin

Présentation

Mots clés : industrie de défense

 

Paris Papers n°5 - 2012

Strategic and tactical uses of ethnicity. Insights from the Azerbaijani question in Iran.

Gilles Riaux

Présentation

Mots-clés : ethnicité, Iran, Azeris, Aerbaïdjan, minorités ethniques

 

Paris Papers n°4 - 2012

Thinking strategically about sanctions : a research agenda

Olivier Schmitt

Présentation

Mots-clés : analyse stratégique, sanctions, système international

       

Paris Papers n°3- 2011

The European Union in Colombia: Learning how to be a peace actor

DorlyCastaneda

Présentation

Mots-clés : UE, Colombie, tiers stratégique

 

Paris Papers n°2- 2011

Now or never : the way to a credible European Defense

Maya Kandel, Jean-Paul Perruche

Mots-clés : UE, défense européenne, OTAN

 

Paris Papers n°1

Pakistan : Coercion and Capital in an "Insecurity State"

Amélie Blom

Mots -clés : Pakistan, terrorisme, contre-insurrection
 
 

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 14:30
Syrie-Irak : les drôles d'alliés de l'Occident

 

13/10/2014 Pierre Beylau / Où va le monde – LePoint.fr

 

Des Kurdes du PKK, classé terroriste par l'UE, des États du Golfe sponsorisant les djihadistes... : la coalition anti-groupe EI est un attelage bizarre.

 

D'un côté, les bons, de l'autre, les méchants. Telle est la vision binaire et simpliste que l'on tente d'accréditer à propos de la guerre contre "l'État islamique", Daesh, si l'on préfère l'acronyme arabe. Problème : dans ce sanglant chaos, il n'y a guère que des méchants, comme le fait justement observer Jean-Christophe Ruffin, ex-humanitaire, écrivain et ancien ambassadeur.

 

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 14:30
source @Kocgiri

source @Kocgiri

 

10/10/2014 Par Guillaume Lagane, maître de conférence à Sciences-Po Paris. - FIGARO VOX

 

FIGAROVOX/TRIBUNE - Alors que l'Etat Islamique vient de s'emparer [partiellement] de Kobané en Syrie, Guillaume Lagane est pessimiste sur les chances de succès de l'intervention américaine contre celui-ci.

 

L'Amérique a lancé, appuyée par une kyrielle d'Etats arabes et occidentaux, une campagne aérienne contre l'Etat islamique (EI). Celle-ci peut-elle aboutir à une «victoire» contre ce groupe radical aux méthodes terroristes et aux ambitions étatistes? On peut en douter.

 

D'abord parce qu'une campagne aérienne sans déploiement de troupes au sol est largement inefficace. On l'a vu, au Kosovo, en 1999. On l'a vérifié, en Libye en 2011, lorsqu'il a fallu déployer forces spéciales et hélicoptères occidentaux pour affaiblir le camp kadhafiste. Pour lutter contre l'EI en Irak, on compte donc sur l'armée locale, dont on a vu le peu d'efficacité, ainsi que sur les Kurdes, qu'on a préalablement armé. Mais cette stratégie semble peu cohérente en Syrie où l'opposition modérée est faible et où les Kurdes du PYD sont très proches du PKK turc, un mouvement considéré comme terroriste par la Turquie, l'Union européenne et les Etats-Unis. Fautes d'appui sol, la campagne aérienne pourrait donc ressembler à celle que mènent les drones des Etats-Unis dans les zones tribales du Pakistan, sans succès décisif, depuis maintenant treize ans…

 

La campagne contre l'EI ne règle pas les problèmes de fond qui expliquent la montée en puissance de ce groupe.

 

Ensuite parce que les frappes aériennes en Syrie ont frappé d'autres mouvements que l'EI, en particulier le Front «du soutien» (al Nosra), un mouvement affilié à Al Qaida. Nul ne conteste le radicalisme de ce groupe, auteur d'attentats suicides et d'exécutions sommaires contre les forces du régime de Bachar el Assad. Mais, dans le contexte de la guerre civile syrienne, Al Nosra (6 à 7000 combattants) est allié à l'opposition modérée, en particulier au sud du pays et dans la région d'Alep, contrairement à l'EI, qui la combat, dans une alliance objective avec le régime. Alors que cette opposition est en négociation avec Al Nosra pour les convaincre d'abandonner leur affiliation à Al Qaida et de rejoindre les autres composantes de l'armée syrienne libre (ASL), de telles frappes risquent de radicaliser le groupe et de le pousser à rejoindre l'EI

 

Enfin, la campagne contre l'EI ne règle pas les problèmes de fond qui expliquent la montée en puissance de ce groupe. Certes, Washington a pris soin de chasser du pouvoir Nouri al-Maliki, le premier ministre chiite dont la politique sectaire a radicalisé les sunnites en Irak, et de coopérer avec les monarchies du Golfe. Mais, en Syrie, les bombardements contre l'EI suscitent un certain malaise dans la communauté arabe sunnite (60% de la population), qui est à la base de l'opposition au régime depuis le début de la guerre civile en 2011. Après avoir refusé d'intervenir en 2013, au lendemain du gazage de centaines de civils, les Etats-Unis se mobilisent aujourd'hui, galvanisés par le spectacle de l'exécution d'otages occidentaux. Le risque, en l'absence d'un soutien décidé à l'ASL, est de nourrir les accusations de deux poids deux mesures dont l'Orient est si friand et, à terme, la popularité de l'EI.

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 06:20
Much Ado about "Killer" Drones


9 Oct.,2014 by Lazarus - informationdissemination.net


The recent successful test of a swarm of U.S. small boats for escort duties has again triggered questions regarding the use of “killer” drone vehicles. Antiwar groups, legal scholars and even the United Nations have taken strong stands against the use of so-called “killer robots” by the United States. Although many of these protests stem from the use of unmanned aerial vehicles (UAV’s), there is a developing general unhappiness with drone units. This is unfortunate since unmanned vehicles represent the best means for the U.S. and other Western states to increase their military capabilities against the threat of rising or rouge states bent on aggressive activity. Much of the public mistrust of drones has been shaped by science fiction stories and films rather than science fact. Drones have in fact been a distinct part of warfare since the development of mine. Finally, while platforms with unfortunate names like the Predator and Reaper have become the demon “poster children” of drone warfare, there are many other well developed and controlled offensive and defensive applications of drone units that cannot be ignored by U.S. and Western military planners.

 

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 16:50
Global Armoured Vehicles Market Report 2015 - DefenceIQ

 

Defence IQ is delighted to announce the release of the 4th annual Global Armoured Vehicle Market Report 2015.

 

The flashpoints of the latter half of 2014 – the Ukraine crisis, a hot conflict in Gaza, the brutal rise of ISIL in Iraq and Syria, and the territorial clashes between China and its neighbours – make it one of the more eventful years in recent memory for global security. The economic pressures choking military budgets in Western countries these last few years remain, but governments and defence ministries are finding the funds to bolster military capabilities where necessary. The outlook for the armoured vehicle market is more compelling than it has been since the 2008 economic downturn triggered widespread anxiety and the post-Iraq hangover that resulted in sluggish demand and supply.

Based on a survey of 205 senior executives and professionals within the armoured vehicle domain, including both commercial and military respondents, this report explores how the future of the global armoured vehicle market is likely to evolve over the next decade.

Topics examined in the report include; regional market opportunities; government and military R&D investment priorities; the key challenges facing armoured vehicle manufacturers over the next decade and armoured vehicle design requirements.

 

Global Armoured Vehicles Market Report 2015. Download whitepaper

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 05:30
Turkey, the Kurds and Iraq: The Prize and Peril of Kirkuk

 

October 7, 2014 - By Reva Bhalla - Stratfor

 

In June 1919, aboard an Allied warship en route to Paris, sat Damat Ferid Pasha, the Grand Vizier of a crumbling Ottoman Empire. The elderly statesman, donning an iconic red fez and boasting an impeccably groomed mustache, held in his hands a memorandum that he was to present to the Allied powers at the Quai d'Orsay. The negotiations on postwar reparations started five months earlier, but the Ottoman delegation was prepared to make the most of its tardy invitation to the talks. As he journeyed across the Mediterranean that summer toward the French shore, Damat Ferid mentally rehearsed the list of demands he would make to the Allied powers during his last-ditch effort to hold the empire together.

He began with a message, not of reproach, but of inculpability: "Gentlemen, I should not be bold enough to come before this High Assembly if I thought that the Ottoman people had incurred any responsibility in the war that has ravaged Europe and Asia with fire and sword." His speech was followed by an even more defiant memorandum, denouncing any attempt to redistribute Ottoman land to the Kurds, Greeks and Armenians, asserting: "In Asia, the Turkish lands are bounded on the south by the provinces of Mosul and Diyarbakir, as well as a part of Aleppo as far as the Mediterranean." When Damat Ferid's demands were presented in Paris, the Allies were in awe of the gall displayed by the Ottoman delegation. British Prime Minister David Lloyd George regarded the presentation as a "good joke," while U.S. President Woodrow Wilson said he had never seen anything more "stupid." They flatly rejected Damat Ferid's apparently misguided appeal -- declaring that the Turks were unfit to rule over other races, regardless of their common Muslim identity -- and told him and his delegation to leave. The Western powers then proceeded, through their own bickering, to divide the post-Ottoman spoils.

Under far different circumstances today, Ankara is again boldly appealing to the West to follow its lead in shaping policy in Turkey's volatile Muslim backyard. And again, Western powers are looking at Turkey with incredulity, waiting for Ankara to assume responsibility for the region by tackling the immediate threat of the Islamic State with whatever resources necessary, rather than pursuing a seemingly reckless strategy of toppling the Syrian government. Turkey's behavior can be perplexing and frustrating to Western leaders, but the country's combination of reticence in action and audacity in rhetoric can be traced back to many of the same issues that confronted Istanbul in 1919, beginning with the struggle over the territory of Mosul.

 
The Turkish Fight for Mosul
Under the Ottoman Empire, the Mosul vilayet stretched from Zakho in southeastern Anatolia down along the Tigris River through Dohuk, Arbil, Alqosh, Kirkuk, Tuz Khormato and Sulaimaniyah before butting up against the western slopes of the Zagros Mountains, which shape the border with Iran. This stretch of land, bridging the dry Arab steppes and the fertile mountain valleys in Iraqi Kurdistan, has been a locus of violence long before the Islamic State arrived. The area has been home to an evolving mix of Kurds, Arabs, Turkmen, Yazidis, Assyro-Chaldeans and Jews, while Turkish and Persian factions and the occasional Western power, whether operating under a flag or a corporate logo, continue to work in vain to eke out a demographic makeup that suits their interests.
 

At the time of the British negotiation with the Ottomans over the fate of the Mosul region, British officers touring the area wrote extensively about the ubiquity of the Turkish language, noting that "Turkish is spoken all along the high road in all localities of any importance." This fact formed part of Turkey's argument that the land should remain under Turkish sovereignty. Even after the 1923 signing of the Treaty of Lausanne, in which Turkey renounced its rights to Ottoman lands, the Turkish government still held out a claim to the Mosul region, fearful that the Brits would use Kurdish separatism to further weaken the Turkish state. Invoking the popular Wilsonian principle of self-determination, the Turkish government asserted to the League of Nations that most of the Kurds and Arabs inhabiting the area preferred to be part of Turkey anyway. The British countered by asserting that their interviews with locals revealed a prevailing preference to become part of the new British-ruled Kingdom of Iraq.

The Turks, in no shape to bargain with London and mired in a deep internal debate over whether Turkey should forego these lands and focus instead on the benefits of a downsized republic, lost the argument and were forced to renounce their claims to the Mosul territory in 1925. As far as the Brits and the French were concerned, the largely Kurdish territory would serve as a vital buffer space to prevent the Turks from eventually extending their reach from Asia Minor to territories in Mesopotamia, Syria and Armenia. But the fear of Turkish expansion was not the only factor informing the European strategy to keep northern Iraq out of Turkish hands.

 
The Oil Factor

Since the days of Herodotus and Nebuchadnezzar, there have been stories of eternal flames arising from the earth of Baba Gurgur near the town of Kirkuk. German explorer and cartographer Carsten Niebuhr wrote in the 18th century: "A place called Baba Gurgur is above all remarkable because the earth is so hot that eggs and meat can be boiled here." The flames were in fact produced by the natural gas and naphtha seeping through cracks in the rocks, betraying the vast quantities of crude oil lying beneath the surface. London wasted little time in calling on geologists from Venezuela, Mexico, Romania and Indochina to study the land and recommend sites for drilling. On Oct. 14, 1927, the fate of Kirkuk was sealed: A gusher rising 43 meters (around 140 feet) erupted from the earth, dousing the surrounding land with some 95,000 barrels of crude oil for 10 days before the well could be capped. With oil now part of the equation, the political situation in Kirkuk became all the more flammable.

The British mostly imported Sunni Arab tribesmen to work the oil fields, gradually reducing the Kurdish majority and weakening the influence of the Turkmen minority in the area. The Arabization project was given new energy when the Arab Baath Socialist Party came to power through a military coup in 1968. Arabic names were given to businesses, neighborhoods, schools and streets, while laws were adjusted to pressure Kurds to leave Kirkuk and transfer ownership of their homes and lands to Arabs. Eviction tactics turned ghastly in 1988 under Saddam Hussein's Anfal campaign, during which chemical weapons were employed against the Kurdish population. The Iraqi government continued with heavy-handed tactics to Arabize the territory until the collapse of the Baathist regime in 2003. Naturally, revenge was a primary goal as Kurdish factions worked quickly to repopulate the region with Kurds and drive the Arabs out.

 

Even as Kirkuk, its oil-rich fields and a belt of disputed territories stretching between Diyala and Nineveh provinces have remained officially under the jurisdiction of the Iraqi central government in Baghdad, the Kurdish leadership has sought to redraw the boundaries of Iraqi Kurdistan. After the Iraqi Kurdish region gained de facto autonomy with the creation of a no-fly zone in 1991 and then formally coalesced into the Kurdistan Regional Government after the fall of Saddam Hussein, Kurdish influence gradually expanded in the disputed areas. Kurdish representation increased through multi-ethnic political councils, facilitated by the security protection these communities received from the Kurdish peshmerga and by the promise of energy revenues, while Baghdad remained mired in its own problems. Formally annexing Kirkuk and parts of Nineveh and Diyala, part of the larger Kurdish strategy, would come in due time. Indeed, the expectation that legalities of the annexation process would soon be completed convinced a handful of foreign energy firms to sign contracts with the Kurdish authorities -- as opposed to Baghdad -- enabling the disputed territories to finally begin realizing the region's energy potential.

Then the unexpected happened: In June, the collapse of the Iraqi army in the north under the duress of the Islamic State left the Kirkuk fields wide open, allowing the Kurdish peshmerga to finally and fully occupy them. Though the Kurds now sit nervously on the prize, Baghdad, Iran, local Arabs and Turkmen and the Islamic State are eyeing these fields with a predatory gaze. At the same time, a motley force of Iran-backed Shiite militias, Kurdish militants and Sunni tribesmen are trying to flush the Islamic State out of the region in order to return to settling the question of where to draw the line on Kurdish autonomy. The Sunnis will undoubtedly demand a stake in the oil fields that the Kurds now control as repayment for turning on the Islamic State, guaranteeing a Kurdish-Sunni confrontation that Baghdad will surely exploit.

 
The Turkish Dilemma

The modern Turkish government is looking at Iraq and Syria in a way similar to how Damat Ferid did almost a century ago when he sought in Paris to maintain Turkish sovereignty over the region. From Ankara's point of view, the extension of a Turkish sphere of influence into neighboring Muslim lands is the antidote to weakening Iraqi and Syrian states. Even if Turkey no longer has direct control over these lands, it hopes to at least indirectly re-establish its will through select partners, whether a group of moderate Islamist forces in Syria or, in northern Iraq, a combination of Turkmen and Sunni factions, along with a Kurdish faction such as Kurdistan Regional Government President Massoud Barzani's Kurdistan Democratic Party. The United States may currently be focused on the Islamic State, but Turkey is looking years ahead at the mess that will likely remain. This is why Turkey is placing conditions on its involvement in the battle against the Islamic State: It is trying to convince the United States and its Sunni Arab coalition partners that it will inevitably be the power administering this region. Therefore, according to Ankara, all players must conform to its priorities, beginning with replacing Syria's Iran-backed Alawite government with a Sunni administration that will look first to Ankara for guidance.

However, the Turkish vision of the region simply does not fit the current reality and is earning Ankara more rebuke than respect from its neighbors and the West. The Kurds, in particular, will continue to form the Achilles' heel of Turkish policymaking.

In Syria, where the Islamic State is closing in on the city of Kobani on Turkey's border, Ankara is faced with the unsavory possibility that it will be drawn into a ground fight with a well-equipped insurgent force. Moreover, Turkey would be fighting on the same side as a variety of Kurdish separatists, including members of Turkey's Kurdistan Workers' Party, which Ankara has every interest in neutralizing.

Turkey faces the same dilemma in Iraq, where it may unwittingly back Kurdish separatists in its fight against the Islamic State. Just as critical, Turkey cannot be comfortable with the idea that Kirkuk is in the hands of the Iraqi Kurds unless Ankara is assured exclusive rights over that energy and the ability to extinguish any oil-fueled ambitions of Kurdish independence. But Turkey has competition. Iraqi President Jalal Talabani's Patriotic Union of Kurdistan is not willing to make itself beholden to Turkey, as did Barzani's Kurdistan Democratic Party, while financial pressures continue to climb. Instead, the Patriotic Union of Kurdistan is staying close to Iran and showing a preference to work with Baghdad. Meanwhile, local Arab and Turkmen resistance to Kurdish rule is rising, a factor that Baghdad and Iran will surely exploit as they work to dilute Kurdish authority by courting local officials in Kirkuk and Nineveh with promises of energy rights and autonomy.

This is the crowded battleground that Turkey knows well. A long and elaborate game of "keep away" will be played to prevent the Kurds from consolidating control over oil-rich territory in the Kurdish-Arab borderland, while the competition between Turkey and Iran will emerge into full view. For Turkey to compete effectively in this space, it will need to come to terms with the reality that Ankara will not defy its history by resolving the Kurdish conundrum, nor will it be able to hide within its borders and avoid foreign entanglements. 

 
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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 19:45
ISS: Think Again - Too late to start worrying about the Islamic State in Africa

 

7 October 2014 by Simon Allison, ISS Consultant - defenceWeb



The spectre of the Islamic State in Iraq and Syria casts a long shadow. It’s clearly not just the Middle East that is in trouble; both Britain and the United States have been worried enough to dispatch fighter jets to try and contain the Islamist rebels who have carved out huge chunks of territory as their own.

The aerial war has also drawn in Saudi Arabia and the United Arab Emirates, while various radical Islamist groups from India to Indonesia have pledged their support for the rebels. Analysts (including myself in this Institute for Security Studies policy brief) have warned that Africa is particularly vulnerable. The continent’s plethora of existing Islamist groups, coupled with its poor governance track record, make it a relatively ­­easy target.

This, however, is now old news. The Islamic State and its subversive ideology continue to move at a pace that journalists, researchers and policymakers just can’t match. The fact is, Africa isn’t facing a potential threat from the Islamic State, because that threat has already arrived – and is destabilising several African countries.

It began in Nigeria, where Boko Haram has dramatically altered their tactics over the last few months to mirror those of the Islamic State. In addition to their more typical hit-and-run attacks, the group has started to occupy towns and villages in north-eastern Nigeria, and declared that the territory under its control is part of an Islamic Caliphate. (Boko Haram has not explicitly declared allegiance to the Islamic State’s Caliphate, but perhaps this is implied.) Like the Islamic State, Boko Haram is imposing its fundamentalist version of Islam everywhere it goes, forcing residents to observe strict Islamic sharia law or be killed.

Then in Libya, in late July, Islamist militant group Ansar al-Sharia’s battle for control of Benghazi was given a vital boost with the arrival of hundreds of new fighters. These were Libyans who had been fighting under the banner of the Islamic State in Iraq and/or Syria, until ordered home by the Islamic State’s top brass. It is no coincidence that shortly after this decision was reached, Ansar al-Sharia was able to take strategic parts of the city, and declared it to be an Islamic Emirate independent from the rest of Libya.

 

So far, however, the Libyan example – of direct intervention from the Islamic State in an African conflict – is the exception. More prevalent is the copycat model, where African groups have seen the success of the Islamic State and patterned themselves accordingly.

Take, for example, Ansar Bayt al-Maqdis – a militant group based in Egypt’s Sinai Peninsula, which has launched an aggressive campaign of attacks against Egyptian military and government targets. These have been accompanied by a series of brutal beheadings, complete with staged confessions and a slick, albeit gruesome, video. Videoed beheadings, distributed widely over social media, are something of an Islamic State trademark; the high-profile examples of Western journalists and aid workers were certainly not the first such recordings.

Or take the newly formed Jund al-Khilafah (Soldiers of the Caliphate) in Algeria, thought to be a splinter group from al-Qaeda in the Islamic Maghreb. Jund al-Khilafah is one of the few groups in Africa to openly declare its allegiance to Abu Bakr al-Baghdadi, leader of the Islamic State and self-declared emir, and it too has capitalised on the propaganda value of a recorded execution.

Its first terrorist act as a group was the kidnapping and then beheading of French tourist Hervé Gourdel, although its production values are not quite as slick. The video was noticeably poorer in quality than those typically produced by the Islamic State, and the executioners themselves looked uncomfortable and unskilled.

This might seem like a flippant point. Who cares about production quality when people are being murdered on camera? But it is actually quite revealing. Whereas the Islamic State’s videos are carefully calibrated propaganda efforts, Jund al-Khilafah’s was a sloppy imitation with no obvious purpose except to demonstrate loyalty. It is also even more gruesome, thanks to those inexperienced executioners. This raises important questions for the Islamic State as it seeks to expand. Will it accept allegiances indiscriminately, even if this could damage their brand? Or will it copy the al-Qaeda approach and vet potential allies and partners before allowing them to speak in their name?

So far, the Islamic State’s leader has not given formal recognition to any single group. ‘This might have to change,’ says Jasmine Opperman, Africa Director for the Terrorism Research and Analysis Consortium. ‘Baghdadi will have to respond with some kind of acknowledgement, or he will appear out of control… Baghdadi’s Caliphate wants to create the façade of a worldwide Caliphate. To have the international division [in the areas outside Iraq and Syria] going around beheading seemingly at random, gives the opposite impression.’

In a way, the Islamic State is in danger of becoming a victim of its own success as its influence grows too far and too fast. Africa, however, is in far more danger, and its leaders will need a clear and coherent counter-terrorism strategy in order to counter not just the Islamic State, but also the copycat groups and activities that it has inspired.

Fortunately, such a strategy exists. At an extraordinary meeting of the African Union’s (AU’s) Peace and Security Council (PSC) in September, the PSC adopted a raft of measures aimed at improving both the quality and scale of the continent’s counter-terrorism efforts. These include wholly sensible plans to improve criminal justice systems and border controls; tighten controls on financing for terrorist groups and money-laundering; improve intelligence-sharing and coordination between states; and emphasise the need to uphold the rule of law and protect human rights.

But any strategy is only as good as its implementation, argues Solomon Ayele Dersso, a senior researcher at the Institute for Security Studies. If it is going to work, it has to be given precedence over the approach that has been generally favoured by governments participating in the ongoing military campaign against the Islamic State.

‘Implementing the AU instruments and frameworks on counter-terrorism – and doing so promptly and systematically at regional and national levels – is important. However, the bigger issue is the danger and tendency to ride on the international military response against the Islamic State, and expand the application of an exclusively militarised response to situations in Africa, particularly in the context of Libya,’ said Dersso.

For the most vulnerable African countries to have any hope of containing the influence of the Islamic State (Algeria, Libya, Kenya, Mali, Nigeria and Somalia spring to mind immediately), their governments must adopt and implement the PSC’s recommendations as soon as possible, and hope that the Islamic State’s appeal wanes as its footprint on the continent grows.

The original article can be found here.

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 12:30
Paris, Espace-Bernanos, 8 octobre, 19h : "L'Etat islamique", un dessein politico-religieux

 

source  libertepolitique.com
 

Le dessein de l'organisation "Etat islamique en Irak et au Levant", auto-rebaptisé "Etat islamique", est d'établir un califat. Son projet est bien politico-religieux. Celui-ci se présente comme une structure eschatologique dans l’islamisme : les sujets du calife seront les annonciateurs du Jugement.

Prétendre ainsi comme John Kerry que l'organisation "État islamique" n’a rien de religieux n’a aucun sens. Ou, comme Manuel Valls, que "Daech est une insulte à l'islam".

Quelles sont donc les explications historiques et religieuses de ce projet, qui tente de se construire dans d'innommables atrocités ? Pourquoi les chrétiens sont-ils un obstacle à cette guerre entre musulmans ? Comment le combattre ? Les musulmans ennemis de l'EI peuvent-ils être des alliés ? Si le califat est un rêve puissamment ancré dans les mentalités, même manipulées, ce ne sont pas des bombes qui le neutraliseront...

 

AVEC LES ANALYSES DE :

 

Henri de Saint-Bon,
ancien officier de l'Armée de terre,
spécialiste de l'islam,
auteur de Catholique/musulman, je te connais, moi non plus (FX. de Guibert, 2006),
et de L'Islam à la lumière de la foi chrétienne (L'Oeuvre, 2012).

 

Thomas Flichy de La Neuville,
professeur de géopolitique à l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr,
auteur de L'Iran au-delà de l'islamisme (Ed. de l'Aube) et de L'Etat islamique, anatomie du nouveau califat (BG Editions, à paraître),

 

ET LE TEMOIGNAGE DE :

L'équipe de SOS Chrétiens d'Orient,
Charles de Meyer et Charlotte d'Ornellas,
de retour d'Irak.

 

 

***

Lieu : Espace Bernanos, 4 rue du Havre Paris IXe
Date : 08/10/2014
Adresse :
Participation aux frais suggérée : 5 €
Horaires : De 19:00 h à 21:00 h
Type d'entrée : Entrée libre
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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 19:30
Fallait-il livrer des armes à la rébellion en Syrie ?

 

30 Septembre 2014 Par Loïc Simonet* – V.A.

 

* Loïc Simonet est chargé des relations extérieures d’une organisation internationale, auteur du "Traité sur le commerce des armes" (à paraître aux Éditions A. Pedone).

 

Alors que l’opinion publique internationale était sous le choc de l’assassinat du journaliste James Foley et que les États-Unis préconisaient l’éradication de l’État islamique jusque sur le territoire syrien, le président Hollande confirmait, lors d’un entretien dans le Monde du 21 août dernier, que la France avait livré ces dernières années des armes à la rébellion syrienne. Pourquoi cette pseudo-révélation procure-t-elle un sentiment de malaise ?

 

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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 07:55
Le Laboratoire de l'IRSEM



 17/09/2014 IRSEM

 

Le Laboratoire de l'IRSEM accueille des productions ayant pour finalité une perspective d’innovation. On y trouvera également des actes de colloques ou de la matière première pour des recherches futures.

 

Nouveaux Concepts

Laboratoire de l'IRSEM n°22

Laboratoire n°22
Les principes fondamentaux de la pensée stratégique russe

Laboratoire n°22 (En)
The Key Principles of Russian Strategic Thinking

Elena Morenkova Perrier

 

Laboratoire n°21
L'Asie du XXIème siècle ressemble-t-elle à l'Europe d'avant 1914 ?

Laboratoire n°21 (En)
Is 21st Century Asia Comparable to pre-1914 Europe?

Pierre Grosser

 
 2013 - Laboratoire de l'IRSEM 

 

Laboratoire n°20
Sociologie d'une autre bataille. La couverture médiatique de l'intervention militaire en Libye. Analyse comparée  : France, Royaume-Uni, Allemagne. David Delfolie 

 

Laboratoire n°19
Penser le sentiment de confiance dans l’armée : pour un programme de recherche Olivia LEBOYER Présentation

 

Laboratoire n°18
La réforme des systèmes de sécurité : quel différentiel français ? Sophie DAGAND et Frédéric RAMEL(dir.) Présentation

 

  Laboratoire n°17
Environmental securitization within the United Nations : a Political Ecology perspective, Lucile MAERTENS

 

  Laboratoire n°16
La coopération internationale et bilatérale en matière de cybersécurité : enjeux et rivalités, Alix DESFORGES

 

Laboratoire n°15 
 De l'asymétrie capacitaire à l'asymétrie des buts de guerre. Repenser le rapport de force dans les conflits irréguliers , Sarah GUILLET

 

Laboratoire n°14 
 La paix par le commerce de l'époque moderne à nos jours - mythe et réalité, Benjamin BRICE

 
2012 - Laboratoire de l'IRSEM
 

Laboratoire n°13
Médiation régionale : le cas israélo-palestinien. Patrick Cazin (dir.)
Présentation

 

Laboratoire n°12
Le Rôle social des armées. Perspectives comparatives et actualité. Irène Eulriet (dir.) Présentation

 

Laboratoire n°11
La gestion de la crise libyenne par l’Union africaine: chronique d’une impuissance annoncée. Delphine Lecoûtre  Présentation

 

Laboratoire n°10 
L’Académie de la boue. Regards croisés sur l’apprentissage des forces armées. Colonel Michel Goya et Camille Sicourmat(dir.) avec Sophie Dagand, Simon Galli, Alicia Paya Y Pastor, Éric Sangar, Olivier Schmitt, Élie Tenenbaum, Mathias Thura.  Présentation 

 

Laboratoire n° 9
La formation des armées étrangères. Évolution des politiques et des pratiques des années 1950 à 2010. Georges-Henri Bricet des Vallons, Florent de Saint-Victor, Nicolas Mazucchi. Présentation

 

Laboratoire n° 8
Réflexion sociétale sur les interfaces cerveau-machine pour l'Homme et implications pour la Défense. Sous la direction de Agnès Colin. Présentation

 

Laboratoire n° 7
The Role of Greenland in the Arctic. Damien Degeorges
Présentation

 

Laboratoire n° 6
Atelier de réflexion portant sur des propositions d’évolution des modalités de contractualisation et de conduite des programmes d’armement. Sous la direction d'Aude Fleurant.   

 

Laboratoire n° 5
An unprecedented power shift and the revival of East Asia. Antoine Bondaz Présentation

 

Laboratoire n° 4
La « reconstruction post-conflit », implications et limites d’un concept multidimensionnel. Mehdi Belaid Présentation

 

Laboratoire n° 3
L’armée australienne dans la guerre du Viet-Nam. Antonin Tisseron
Présentation

 

Laboratoire n° 2
L’impact du partenariat entre les BRIC et les pays africains sur l’évolution du régionalisme sécuritaire. Patrick Ferras Présentation

 

Laboratoire n° 1
L’Asie du nord-est face à la montée en puissance de la Chine. Pierre Grosser Présentation

 
2011 - Laboratoire de l'IRSEM
 

Laboratoire n° 6
Egmont Paper 2011 : Europe Deploys Towards a Civil-Military Strategy for CSDP. Sven Biscop & Jo Coelmont.

 

Laboratoire n° 5
Réflexion stratégique sur le changement climatique et les implications pour la défense. Sous la direction de Agnès Colin. 

 

Laboratoire n° 4
Les opérations d’influence britanniques, de l’Empire à l’Afghanistan. Jennifer Dybman Présentation

 

Laboratoire n° 3
Les puissances tierces dans la zone arctique : posture stratégique et diplomatique de la France. Joël Plouffe Présentation

 

Laboratoire n° 2
Les Engagements stratégiques français : nouveaux regards. Eléments de réflexion pour l’actualisation du Livre Blanc sur la défense et lasécurité nationale, Recueil de la "Journée des jeunes chercheurs de l’IRSEM" du 24 -11 - 2011.
Présentation

 

Laboratoire n° 1
Les différentiels stratégiques français en Océanie. Clémence Mallatrait Présentation

2010 - Laboratoire de l'IRSEM
 

Laboratoire n° 2
Augmentation des performances humaines avec les nouvelles technologies : quelles implications pour la défense et la sécurité ? Jean-Didier Vincent (dir.).

 

Laboratoire n° 1
Impact des exigences environnementales sur l’industrie de défense européenne, compte-rendu de conférences.

 

Bilans stratégiques

L’IRSEM publie un aide mémoire annuel offrant une analyse des enjeux auxquels la France est confrontée.Il est réalisé par des chercheurs résidentiels et ouvert aux doctorants du séminaire "Jeunes chercheurs".

 

Recompositions stratégiques - Un bilan de l'année 2011
Un monde de polarités différenciées, remettant en scène des pivots régionaux dans un jeu plus ouvert où l’initiative internationale fait l’objet d’une redistribution : l'année 2011 offre une lecture moins simple qu’un « choc des civilisations » ou qu’un nouveau « G2 américano-chinois ».

 

Recompositions stratégiques - Un bilan de l'année 2010
Les recompositions du paysage stratégique international, la rupture des équilibres traditionnels de nos proximités sont envisagés, analysées et détaillées dans cet aperçu d’une année qui préfigure de nouvelles configurations.

 

Recompositions stratégiques - Un bilan de l'année 2009
Ce premier opus présente une photographie des engagements de la France en 2009. Il recense les enjeux de ces nouvelles implications stratégiques et en offre les analyses.

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 14:50
Les chars, un héritage intempestif ?

 

par Antoine d'EVRY Focus stratégique, n° 53, septembre 2014

 

Arme révolutionnaire au début du 20ème siècle, le char souffre aujourd’hui d’un déficit de légitimité en Europe : en près de 20 ans, les Etats ont pour la plupart drastiquement réduit leurs parcs, quand certains ne l’ont pas rayé purement et simplement de leurs arsenaux. Or, cette érosion capacitaire du segment lourd des forces terrestres européennes est préoccupante, à l’heure où les adversaires non-étatiques tendent à bénéficier d’une puissance de feu accrue et quand le reste du monde réarme. Les réalités du contexte géopolitique actuel, la sensibilité politique aux pertes, les conditions tactiques prévisibles des combats terrestres de demain, ainsi que les limites inhérentes de la puissance aérienne, tendent à relativiser l’obsolescence supposée du char. La prudence incite à ne plus sacrifier nos forces blindées, mais plutôt à les adapter aux circonstances actuelles et prévisibles. Loin d’être obsolètes, les chars représentent une capacité résiliente, à même de participer à la réassurance de l’Europe.

 

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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 17:00
Le retour de la menace terroriste ?

 

11.09.2014 Jean-François Fiorina Grenoble Ecole de Management - notes d'analyse géopolitique
 

Un enjeu géopolitique autant que sécuritaire

 

Il y a tout juste 13 ans, le 11 septembre 2001, les États-Unis étaient frappés au coeur par une vague d’attentats meurtriers. Une attaque, et une riposte, qui allaient bouleverser en profondeur les rapports de force géopolitiques. Malgré la Global War On Terror décrétée et conduite par le président George W. Bush, la menace semble toujours plus actuelle. La Grande-Bretagne vient de relever son niveau d’alerte de sécurité, tandis que le gouvernement français a présenté au début de l’été un projet de loi « renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme ».

En cause ? La menace jihadiste, et plus précisément, pour les États européens, la participation de centaines de leurs ressortissants à la « guerre sainte » en Syrie et désormais en Irak, sous le noir étendard de l’État islamique (EI, ex- EIIL). L’émotion légitime suscitée par les exactions dont celui-ci se rend coupable, le risque énoncé d’un possible retour en Europe de centaines de jihadistes formés et fanatisés, appellent à une meilleure compréhension du phénomène terroriste. Car il s’avère bien plus complexe – mais aussi bien moins irrationnel – que ne le laisserait supposer une approche dictée par la seule actualité.

En relevant, le 29 août 2014, de « substantiel » à « grave » son niveau d’alerte de sécurité, Londres a justifié cette mobilisation par la menace terroriste représentée par les centaines de Britanniques aguerris au jihad en Irak et en Syrie. « Avec l’État islamique, nous sommes confrontés à la menace la plus grave que nous ayons jamais connue« , avertit le Premier ministre David Cameron.

Pour autant, comme l’a précisé la ministre de l’Intérieur Theresa May, si une attaque terroriste est jugée « hautement probable« , il n’existe pas d’informations sur une menace « imminente« . Même situation en France, où le Premier ministre Manuel Valls estime que le risque d’attentats islamiques est aujourd’hui « la menace la plus importante« , sans que l’on sache si les services de renseignement disposent d’éléments tangibles.

L’inquiétude est cependant relayée par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, porteur d’un projet de renforcement des mesures antiterroristes, qui vient de déclarer à la presse qu’ »avec 900 ressortissants français en Syrie, confrontés à la barbarie que l’on sait, nous sommes face à un phénomène sans précédent » (Le JDD, 31/08/2014). Appréhender le risque terroriste, islamiste en particulier, nécessite de mieux connaître ce phénomène.

Parmi la nombreuse documentation disponible, deux ouvrages récents nous y invitent. Les armes du terrorisme, de Gérard Desmaretz, et Le Terrorisme pour les nuls, des criminologues Alain Bauer et Christophe Soullez.

 

Le terrorisme : une philosophie de l’action

Auteur spécialiste du renseignement, Gérard Desmaretz souligne que ce que nous savons – ou croyons savoir – du terrorisme relève en général d’un jugement de valeur, alors que « le terrorisme reste avant tout une méthode de lutte mise en oeuvre par des combattants en civil« . Ces « combattants » usent donc de modes opératoires, sinon similaires, au moins comparables, dictés en premier lieu par l’environnement dans lesquel ils opèrent.

En milieu urbain, la source principale reste, selon Desmaretz, le Manuel de guérilla urbaine, écrit en 1969 par le militant communiste brésilien Carlos Marighella. Il en veut pour preuve l’absence de renouvellement fondamental des techniques terroristes – les documents retrouvés au sein de la nébuleuse Al Qaida relevant davantage des grands principes de la guerre révolutionnaire (Manuel de Manchester).

Même la réflexion en matière de doctrine d’emploi apparaît secondaire dès lors que l’objectif est immuable : « le propos de la terreur, c’est de terroriser« , rappelle Marighella. Arme de communication plus que de guerre, le terrorisme a pour cible principale les médias et, à travers eux, les sociétés qu’il peut en effet contribuer à se fracturer – notamment à cause des tendances contre-démocratiques que la lutte contre le terrorisme, ou son discours, peut faciliter.

Les cibles et les techniques sont donc en général connues : attentats à l’explosif, attaques armées et assassinats, détournements ou destructions d’avions, piraterie maritime, cyberterrorisme, voire terrorisme NRBC – comme avec l’attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo par la secte Aum, le 20 mars 1995, ou la campagne de lettres piégées à l’anthrax aux États-Unis dans les semaines suivant le 11 septembre 2001.

Il n’en demeure pas moins que, comme les (autres) criminels, les terroristes font preuve d’une très forte capacité d’adaptation – à la mondialisation en particulier.

La décision-cadre du Conseil européen du 13 juin 2002 relative à la lutte contre le terrorisme, fortement inspirée du Terrorism Act anglais en date du 20 juillet 2000, rappelle ainsi que « le terrorisme a une longue histoire mais ce qui rend le terrorisme actuel particulièrement dangereux c’est que, à la différence des actes terroristes du passé, les effets réels ou potentiels des attaques armées sont de plus en plus dévastateurs et mortels. Cela peut être dû à la sophistication croissante et aux impitoyables ambitions des terroristes eux-mêmes, comme l’ont récemment montré les terribles événements du 11 septembre aux États-Unis. Cela peut aussi résulter de l’évolution technologique [...] tant en ce qui concerne le domaine des armes et des explosifs conventionnels que dans les domaines encore plus terrifiants des armes chimiques, biologiques ou nucléaires. En outre, de nouvelles formes de terrorisme apparaissent. À plusieurs occasions récentes, des tensions dans les relations internationales ont entraîné une recrudescence d’attaques contre les systèmes d’information« .

 

Phénoménologie du « nouveau » terrorisme islamiste

Alors que des nouvelles formes de terrorisme apparaissent (« gangsterrorisme » des FARC, « terrorisme à domicile » du type de l’attentat du marathon de Boston le 15 avril 2013, « loups solitaires » à la Breivik…), l’attention se focalise aujourd’hui sur le terrorisme islamiste, sur fond de renouveau jihadiste.

La volonté de « retour aux choses mêmes » (Husserl) impose de savoir de quoi l’on parle. C’est ce que proposent Alain Bauer et Christophe Soullez dans leur dernier ouvrage. Ils rappellent ainsi que « la nouvelle vague radicale » puise ses racines dans la conjonction de nombreux facteurs : mue du terrorisme d’État proche-oriental, conséquences de la guerre civile libanaise, résurgence de l’impératif de jihad (porté notamment par les Frères musulmans), expérience transnationale et décentralisée de la mouvance Al Qaida (elle-même issue du soutien occidental aux moudjahidin afghans puis « stimulée » par l’unilatéralisme américain pos-guerre froide).

De même, l’ex-état islamique en Irak et au Levant (EEIL), aujourd’hui EI, ne relève-t-il pas de la seule initiative de quelques « fous de Dieu« . Il est le continuateur de l’État Islamique d’Irak, lui-même issu d’une alliance entre Al Qaida en Mésopotamie et des groupes islamiques et tribaux sunnites d’Anbar (Irak), qui ont su profiter des soutiens internationaux dans la guerre civile déclenchée contre le régime alaouite syrien pour absorber en avril 2013 une grande partie du Front Al Nosra. « Outre un dispositif structuré et internationalisé, l’EEIL semble avoir pris comme modèle une synthèse entre le Hezbollah, le Bass et le Parti bolchevique de l’ex-URSS. Organisation véritable et pyramidale, faisant régner la terreur en interne et en externe, rassemblant des brigades aguerries (Libyens, Tchétchènes, occidentaux, etc.), la structure est surtout connue pour sa détermination et son refus de la négociation. »

Elle prétend s’ériger en État alternatif aux pays actuels et commence à faire des émules. La création d’un tel « califat » en Libye n’est sans doute qu’une question de temps en l’absence de réponse ferme et coordonnée – les puissances occidentales ayant ici comme en Syrie une responsabilité toute particulière compte tenu de leurs erreurs passées…

 

Quelles réponses étatiques à la menace terroriste ?

La répression du terrorisme a longtemps souffert de deux handicaps : la difficulté à le qualifier pénalement et, de fait, la disparité d’approche dans les différents systèmes juridiques nationaux. Ces obstacles juridiques sont désormais levés. À l’échelle européenne, c’est la convention du Conseil de l’Europe pour la prévention du terrorisme, signée à Varsovie le 16 mai 2005 et ratifiée par Paris le 13 février 2008, qui permet une meilleure coordination de la lutte anti-terroriste.

En France, c’est la loi du 9 septembre 1986 qui fixe la doctrine pénale, permettant d’apprécier la nature terroriste d’une activité par la combinaison de deux critères : l’existence d’un crime ou d’un délit de droit commun incriminé par le Code pénal, mais « ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur« .

Cette doctrine a fait ses preuves en matière de répression, mais reste peu probante pour la prévention. C’est tout le sens de la réforme proposée aujourd’hui en France, basée notamment sur la sensibilisation de l’entourage et la détection des apprentis djihadistes, tandis que les Britanniques s’orientent vers des mesures plus radicales : confiscation des passeports et assignation à résidence des suspects, contrôle policier des passagers en partance ou en provenance de Syrie et d’Irak…

Reste que l’un des moyens d’endiguer la menace d’une propagation du jihad en Europe pourrait être plus classique : traiter avec les protecteurs, commanditaires ou au moins fins connaisseurs des mouvements incriminés. En l’espèce, s’agissant de l’EI, avec certains États du Golfe arabo-persique. En leur faisant comprendre, par la voie diplomatique et l’intermédiaire de nos services de renseignement si nécessaire, quelles sont les limites que nous entendons fixer à leur soutien aux jihadistes transnationaux.

À savoir, l’inviolabilité de notre territoire. Sachant que ces pays n’ont pas d’intérêt – sauf à titre d’avertissement – à faire perpétrer des attentats en France et en Europe… D’ailleurs, même si bien sûr la situation peut toujours évoluer et l’EI comme les « jihadistes européens » échapper à la tutelle de leurs « parrains« , seuls des actes isolés sont à ce jour à déplorer, comme celui de Mehdi Nemmouche, soupçonné de l’attaque du musée juif de Bruxelles, voire de Mohammed Merah.

In fine, le terrorisme conduit moins à nier les États qu’à les renforcer. C’est aussi en cela qu’il constitue une question géopolitique.

 

Pour aller plus loin :

  •  Le Terrorisme pour les nuls, par Alain Bauer et Christophe Soullez, First Editions, 184 p., 7,95 € ;
  • Les armes du terrorisme. La vérité dévoilée, par Gérard Desmaretz, Editions Chiron, 211 p., 23 € ;
  • Les terroristes disent toujours ce qu’ils vont faire, par Alain Bauer et François-Bernard Huyghe, Puf, 355 p., 29 €.

 

Note RP Defense : lire « Le terrorisme pour les Nuls » - ITW d'Alain Bauer par @SDBRNewse

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 11:50
photo UK MoD

photo UK MoD

 

5th September 2014  – by europeangeostrategy.org


NATO rediscovers the threat of military invasion. During four decades, Europe lived in a situation wherein it could be overrun at all times by successive waves of Soviet armoured divisions. This situation ended in 1989 with the fall of the Berlin Wall. The big tank battle in the Fulda Gap was never fought and European countries quickly took their territorial integrity for granted. Now, twenty five years later, heavy armour once more concentrates on the eastern edges of the Central European Plain. The Ukrainian crisis and the Russian annexation of the Crimea rekindle the debate on collective defence. But what does collective defence mean in the 21st century? The answer to that question depends on the nature of the attack the collective defence is supposed to ward off. It is therefore important to understand recent Russian military operations and not mistake them for something they are not.

 

Opinions on the matter differ widely. On 24th March, General Breedlove – the commander of NATO troops in Europe – warned that ‘Russia had assembled a large force on Ukraine’s eastern border that could be planning to head for Moldova’s separatist Transnistria region, more than 300 miles away.’ In his opinion, there was sufficient force postured for such a sudden, deep armoured attack.

On 21st May, General Dempsey – the Chairman of the U.S. Joint Chiefs of Staff – presented a completely different reading of the situation. He described Russian operations as ‘proximate coercion and subversion’. In this approach, the Kremlin combines the threat of conventional military force with a subversive campaign by surrogates, proxies and biased media to stir up ethnic Russians who live in a contested area.

The differences between the two readings are important. In the scenario described by General Breedlove, the battlefield consists of the rolling hills of Southern Ukraine. In General Dempsey’s scenario, the battle space is the mind of the civilians who live in that area. The type of collective defence to counter the first scenario is completely opposite to the one to counter the second one. To defeat a sudden, deep armoured offensive, NATO needs capabilities similar to those in the Cold War: technologically advanced fighter aircraft, attack helicopters, tanks, armoured vehicles and artillery. Collective defence would look like a back-to-basics kind of AirLand Battle. To defeat proximate coercion and subversion, NATO needs a completely different array of capabilities. Collective defence would take the shape of a comprehensive approach on the ground that includes a military piece, but also requires law enforcement, socio-economic development, and strategic communication.

So which of the two scenarios is correct? Recent military history offers some clues to answer that question.

The end of the Cold War has yielded a couple of important lessons about the use of military force. The first one is that committing armoured forces to battle without securing air superiority first is a recipe for disaster. This reality became obvious to everyone after a 100 hour offensive called Desert Storm routed the Iraqi Armed Forces in 1991.

The second lesson is that an armed force that enjoys the support of the people cannot be dislodged from the area where these people live. Its validity manifested itself most clearly on May 24, 2000. On that day, Israel withdrew its forces from southern Lebanon, thus ending a long campaign that failed to defeat Al-Muqawama al-Islamiyya (The Islamic Resistance). Al-Muqawama al-Islamiyya is the armed wing of Hezbollah, an organization that enjoys overwhelming popular support among the local Shi’a population. Despite vastly superior military forces, Israel repeatedly proved unable to dislodge Hezbollah fighting units from their Shi’a popular support base.

The Russian campaign in Ukraine seems to take both lessons into account. During military operations leading up to the annexation of the Crimea, not a single tank crossed the border. By keeping its tanks on Russian territory, the Kremlin shielded them from aerial attack. But massing them near the Ukrainian border pressured Kiev to disperse its forces in a defensive posture. Meanwhile, Moscow assured itself of local popular support. Pro-Russian propaganda was supplemented with promises of economic development and social benefits. The Kremlin even allowed the people in the Crimea to apply for Russian citizenship. By offering passports to Crimean citizens, the Russian government not only gave them the opportunity to express their support in the clearest of ways, they also created a Russian minority on Ukrainian soil; a minority they claimed to have the responsibility to protect. Finally, an armed force believed, but not proven to be consisting of Russian military units established its presence on the peninsula.The Russian approach can be summarized in three verbs: bait, bark, bite. The approach combines offers of an appealing future within the Russian Federation (bait), a massive conventional threat at the borders (bark) and deniable armed aggression in the contested area (bite).

Russia used similar courses of action in the recent past. From 1989 until the present day, the Kremlin repeatedly facilitated the use of military power with the advantage of local popular support in Russian speaking enclaves. Shortly after the implosion of the Soviet Union, the Russian Federation established an armed presence in Transnistria, Abkhazia and South-Ossetia – regions that remain under their control until this present day. Moscow tightened its grip on the two latter regions after a short war against Georgia in 2008. On none of these occasions, Russia ventured further than the edges of its popular support base.

Recent history thus indicates that the scenario described by General Breedlove is highly unlikely. A sudden, deep armoured attack is fraught with risks and uncertainties while the alternative – proximate coercion and subversion – is less risky and combat proven. The good news is, this means that the threat of military invasion NATO faces is geographically confined. Russia can only apply this strategy in regions where the population is susceptible to Russian nationalist or Pan-Slavic rhetoric. The bad news is, the strategy may not activate the cornerstone of collective defence – Article V of the Washington Treaty. The article stipulates that the ‘Parties agree that an armed attack against one or more of them in Europe or North America shall be considered an attack against them all’ [Italics added]?

However, in the case of proximate coercion and subversion, the armed attack only occurs at the end of a long campaign of subversion during which proxies only revert to the deniable use of armed force. This means that the military assistance provided by Allies risks arriving too late because an armed force that enjoys the support of the people – once established – can no longer be dislodged. There is no defence-in-depth against this type of aggression. In proximate coercion and subversion, the establishment of an armed force in the contested area is not a prerequisite to victory. It is victory all by itself.

Collective defence in the 21st century therefore has to put a premium on prevention. Countering attempts to annex areas inhabited – for example – by large Russian speaking minorities requires measures to persuade these minorities not to support these attempts. These measures have to be integrated in a comprehensive approach executed by boots on the ground and whole-of-government capabilities. Most people associate the comprehensive approach with expeditionary peace support operations. However, the origins of the concept can be traced back to British policies and operations in Northern Ireland, so its relevance is by no means confined to far away places.

A comprehensive approach – that places the police, not the armed forces, in the van of the struggle and that seeks a solution based on minority rights, economic development and the rule of law – is applicable to any type of conflict that takes place in an area where the intervening troops do not enjoy the support of the local population. During the Cold War, it was safe to assume that the citizens of NATO-member states did not want to live under Soviet rule. Therefore, Article V operations did not need to contain a socio-economical and governmental component. That is no longer the case. As events in the Crimea illustrate, many people in a contested area may actually welcome annexation by a neighbouring country. In this situation, collective defence operations should convince the people in the contested area that annexation by the aggressor is not only impossible, but also undesirable.

In the comprehensive approach for collective defence, the military effort – by establishing favorable force ratios – provides the security and freedom of action the civilian effort needs to offer better political and economical prospects to the local population than those promised by the aggressor. This requires sufficient military presence in the area to dissuade, contain and eradicate spikes of violence. In this approach, armed forces protect rather than destroy and economic and governmental actors engage in rather than withdraw from the contested region. To bolster collective defence, NATO should prioritise capability development in these areas.

 

* Mr. Erik A. Claessen is a Belgian military officer working in the Strategy Department of the Belgian Joint Staff. He writes here in a personal capacity.

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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 21:40
Suspension de la vente des deux BPC à la Russie : « une très mauvaise nouvelle pour la crédibilité de la diplomatie française ».

 

4 septembre 2014 par Philippe FOLLIOT, Député UDI du Tarn, Secrétaire de la commission de la Défense de l’Assemblée nationale

 

Alors que le Président de la République, François HOLLANDE, a estimé que les conditions de vente de deux des quatre Bateaux de Projection et Commandement (BPC) de Classe Mistral à la Russie n’étaient « plus réunies », eu égard aux positions de Moscou vis-à-vis de la situation en Ukraine, Philippe FOLLIOT, Secrétaire de la commission de la défense, estime que la crédibilité diplomatique de la France, et son image à l’international, sont totalement discréditées par cette décision. Alors que le Président de la République et le ministre des Affaires étrangères, Laurent FABIUS, ne cessent de réaffirmer leur attachement au développement international de la France, notamment par la diplomatie économique, cette décision -  certes motivée par une posture russe qu’il faut chercher à infléchir – laisse désormais planer une lourde épée de Damoclès sur la crédibilité de l’État français comme partenaire commercial fiable. Outre que cette décision soit annoncée en plein Sommet de l’Otan, qui se tient aux Pays de Galles les 4 et 5 septembre, laissant à penser qu’elle soit conditionnée à une forte et « amicale » pression de la part de certains de ses membres, elle fragilise l’ensemble des contrats d’armement en cours de discussion. Il en est ainsi, notamment du récent contrat d’armement conclu avec l’Arabie Saoudite, au profit des Forces armées libanaises ou encore de l’éventuel contrat des 126 Rafales indiens, toujours en suspens. D’un point de vue financier, on ne peut que s’alarmer des conséquences de ce choix politique. Le litige financier qui en résulte s’annonce lourd à digérer pour le budget national. Le premier BPC russe, le Vladivostok, ayant déjà été livré en mars dernier, l’interruption de la construction du second, le Sebastopol, se soldera inévitablement par un remboursement partiel du paiement des 1,2 milliards d’euros que la Russie a largement déjà honoré en échange de la construction des quatre navires (dont deux en Russie).  Sans oublier la pérennité même de la Loi de Programmation Militaire (LPM), gagée sur les recettes exceptionnelles liées à notre capacité d’exportation de notre industrie de défense.   Je saisirai prochainement le gouvernement et le ministre de la défense sur les conséquences diplomatiques, financières et humaines de ce report, qui mettent aussi en péril l’emploi des plusieurs milliers de salariés des chantiers navals STX de Saint-Nazaire.

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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 19:30
L’émergence de l’État islamique déclenche un retournement géopolitique sans précédent

 

28 août 2014 par Thomas Flichy de La Neuville, professeur à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr

 

La brusque émergence de l’État islamique en Irak et au Levant, loin de se réduire, comme le voudraient certains commentateurs, à un simple épiphénomène, se présente comme un événement fondamental qui a d’ores et déjà entraîné un renversement géopolitique majeur.

 

LA LIQUIDATION du régime de Saddam Hussein par les États-Unis a entraîné un chaos interne à l’Irak qui a prioritairement bénéficié aux compagnies pétrolières chinoises. Ce sont elles qui ont raflé la mise du démantèlement de l’État irakien.

Devant cette déroute géopolitique, les États-Unis cherchent aujourd’hui à préserver les contrats signés au sud dans la partie chiite et au nord, dans le Kurdistan.

L’exploitation du gaz de schiste américain ne rend pas indispensable l’importation de gaz irakien. En revanche, il est important d’empêcher une mainmise totale de la Chine, devenue l’adversaire principale des États-Unis.

 

Un renversement complet

 

Pour ce faire, les États-Unis ont décidé de mettre fin à la progression de l’État islamique. Armer les Kurdes ou d’autres minorités irakiennes au détriment des islamistes sunnites se présente, à l’évidence, comme un renversement complet de politique.

En effet, le Kurdistan armé menace la Turquie, alliée traditionnelle de l’Amérique. D’autre part, il s’avère totalement illusoire de limiter l’avance djihadiste sans s’appuyer sur la Syrie de Bachar-el-Assad. Enfin, comment contenir l’essor islamiste sunnite sans le soutien de l’Iran ? Au cours des derniers mois, les États-Unis se sont ostensiblement rapprochés de l’Iran tout en prenant leurs distances par rapport à Israël.

Ce mouvement s’est aujourd’hui accéléré. Les États-Unis ménagent toutefois leur allié saoudien, terrorisé par la menace d’un État islamique pouvant le faire voler en éclats. Ils n’ont d’ailleurs pas émis de protestation à l'encontre des bombardements saoudiens en Libye, Etat destiné à devenir la métastase nord-africaine de l’EI.

 

Le choix du réalisme

 

Le choix par les États-Unis d’une politique réaliste au Moyen-Orient, qui est en train de prendre de court l’ensemble des chancelleries européennes, se traduit par un nouvel équilibre dont les éléments majeurs sont les suivants :

    ♦ La Turquie, menacée à l’Est par le Kurdistan armé est fragilisée en raison de son soutien aux islamistes syriens et libyens.

    ♦ Israël, qui a le plus grand mal à stabiliser la bande de Gaza, peut tenter de jouer l’alliance avec l’Égypte afin de se présenter comme un glacis empêchant la connexion entre le Califat Irakien et son émirat Libyen.

    ♦ L’antagonisme entre le Qatar et l’Arabie Saoudite est exacerbé.

    ♦ Enfin, de nouveaux rapports vont se nouer entre les puissances géoculturelles que sont l’Iran et la Russie, qui ont misé triomphalement sur une politique réaliste du temps long, et l'Amérique de l'après État-islamique.

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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 12:55
Prôner la sécurité guidée par le renseignement

 

22 août 2014 Benoît Gagnon - branchez-vous.com

 

Une nouvelle façon de gérer la sécurité dans les entreprises est en train de prendre son envol : la sécurité guidée par le renseignement. Qu’en est-il au juste?

 

Les menaces visant les organisations (gouvernements, entreprises, regroupements, et cetera) sont de plus en plus diversifiées et complexes à comprendre. C’est notamment dû au fait que la majorité de ces activités humaines sont désormais connectées de manière directe ou indirecte à Internet. Cela a pour conséquence de s’ajouter au spectre traditionnel des menaces. Ainsi, il y a surmultiplication des menaces; des menaces en provenance d’un peu partout dans le monde, et qui peuvent déstabiliser la conduite des activités d’une organisation.

 

Actuellement, l’approche de gestion des risques, qui cherche à amenuiser les risques les plus importants à une organisation, n’apparaît plus suffisante prise seule. En effet, pour bien gérer les risques, il faut tout d’abord les connaître.

 

Or, la réalité actuelle est qu’il devient très difficile de comprendre les menaces et les risques, car il faut non seulement avoir une idée des vulnérabilités, mais il faut aussi avoir une vue d’ensemble de l’environnement de sécurité.

 

Comment remédier à cela? Le renseignement.

 

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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 11:50
Sécurité européenne : cessons de nous cacher derrière l'Otan !

 

01/09/2014 Par Jean-Paul Perruche - FIGARO VOX Vox Monde

 

FIGAROVOX/TRIBUNE - A l'occasion du sommet de l'Otan, l'ancien directeur de l'état-major militaire de l'Union Européenne, Jean-Paul Perruche, appelle à une redistribution égalitaire des rôles entre l'Otan et l'Europe en matière de sécurité.


Le général Jean Paul Perruche a été Directeur général de l'état-major militaire de l'Union Européenne. Il est depuis président d'EuroDéfense.


La complémentarité de l'Otan et de l'UE va de soi. L'ensemble de leurs pays-membres partage les mêmes valeurs, 22 Etats appartiennent aux deux organisations qui poursuivent des objectifs communs: la sécurité et la défense de l'Europe. Pourtant, si le principe de complémentarité est approuvé par tous, et réaffirmé régulièrement dans les déclarations officielles, sa mise en œuvre se révèle problématique depuis la naissance de la PESD en 2001(devenue PSDC en 2008)

En réalité, la difficulté à rendre complémentaires l'Otan et l'UE a des causes structurelles et politiques que l'on préfère généralement taire pour ne pas avoir à les résoudre. Elles proviennent de leur différence de nature et de format mais surtout des principes inadaptés sur lesquels leur complémentarité a été définie.

 

Une coopération difficile

L'UE et l'Otan sont de nature et ont des ambitions très différentes: l'Otan est une organisation euro-atlantique dont le champ d'action se limite à la défense et par extension à la sécurité de l'Europe, tandis que l'UE est un projet politique, global, en évolution et réservé aux seuls Européens. L'objectif final de la construction européenne étant encore en débat parmi ses membres, une ambigüité existe sur ses ambitions, ce qui complique sa relation avec ses partenaires extérieurs. Elle ne saurait cependant s'exempter de la défense des intérêts de ses membres et plus largement des questions de sécurité qui les concernent. Par choix d'une majorité de pays européens, les domaines de compétences de l'Otan et de l'UE se recouvrent partiellement. L'Otan bénéficie d'une compétence exclusive en matière de défense mais la gestion des crises extérieures, est un domaine de compétence commun aux deux organisations sans qu'un partage des rôles à priori ait été fixé. L'Otan forte de la puissance américaine est naturellement plus apte que l'UE à des interventions militaires risquées, mais ses engagements sont à envisager en fonction de l'intérêt qu'y trouvent les Etats-Unis et bien sûr sous leur «leadership». La force de l'UE réside dans la variété de ses instruments qui lui permet une approche globale des questions de sécurité, mais la PSDC réduite (par les traités) à n'être qu'un accessoire sous-doté de la PESC n'est qu'un faux-semblant de défense.

En bref, au stade actuel, les Européens ont décidé d'être faibles dans l'UE, là où ils sont en position de responsabilité, pour ne pas affaiblir l'Otan, où ils délèguent leurs responsabilités aux Etats-Unis. Il en résulte une «culture de dépendance» et une déresponsabilisation de fait des Européens par rapport à leur défense. Or, le rééquilibrage de la stratégie américaine vers la région Asie-Pacifique, rend cette situation paradoxale et dangereuse et depuis plusieurs années, l'allié américain presse les Européens de se montrer plus responsables et de s'investir davantage dans leur sécurité, sous peine de dévaluer le lien transatlantique.

La différence de format (Etats membres participant) entre l'UE et l'Otan est une autre source de difficulté. Dans les organisations de type intergouvernemental, le nécessaire consensus pour agir ensemble se trouve à l'intersection des intérêts nationaux. Plus le nombre de membres est élevé, plus le socle des intérêts communs est étroit et le consensus difficile.

Quand de surcroit, il s'agit de faire coopérer 2 Organisations de 28 membres chacune, dont 22 appartiennent aux deux mais 12 n'appartiennent qu'à une seule, le projet se complique encore. Les différends nationaux, comme actuellement entre la Turquie et Chypre freinent les échanges d'informations opérationnelles entre les deux organisations et rendent la mise en œuvre des accords de coopération dits de Berlin+ quasiment inopérante pour une durée indéterminée ; les ordres du jour des réunions communes des instances décisionnelles des deux organisations(Conseils, Comités Militaires) ont un contenu insignifiant ; la coopération sur les théâtres d'opération où elles sont engagées toutes les deux ne va pas sans difficultés (Kosovo, Afghanistan). Dans ces conditions, une coopération efficace dans des situations de réaction rapide est naturellement exclue. La relève de l'Otan par l'UE en Bosnie en 2004 a nécessité 8 mois d'une planification laborieuse, alors que le théâtre était déjà pacifié et que le risque militaire était faible, conséquence du fait que le processus décisionnel doit se dérouler en parallèle et en miroir dans les deux chaines de direction (Conseils). A ces difficultés de coopération s'ajoute une conception initiale erronée de leur complémentarité

 

Une complémentarité définie sur de mauvaises bases

Les principes fondateurs de la complémentarité entre l'Otan et l'UE inscrits dans le Traité de Nice (fondateur de la PESC/PESD) et confirmés dans le traité de Lisbonne sont paradoxaux et contreproductifs. Ils sont paradoxaux car fondés sur la non-duplication entre les deux organisations qui, en l'espèce, est un argument spécieux. Les duplications onéreuses sont celles des capacités et des moyens, or ceux-ci sont détenus et fournis par les Etats. L'Otan et l'UE sont des structures multinationales d'emploi de forces nationales. Dans la mesure où ces deux organisations de nature et de format différents sont appelées à conduire des opérations autonomes, il est légitime qu'elles disposent chacune de leur propre système de commandement. Cela n'affecte en aucune manière leur capacité de coopération et leur complémentarité, au contraire, c'est en mutualisant leurs forces au niveau de l'UE que les pays européens seront le mieux à même d'exercer leurs responsabilités de défense dans leur voisinage et de devenir le partenaire «capable» que réclament les Américains.

Il est également contreproductif d'exclure «de facto» l'UE de responsabilités en matière de Défense dans la mesure où cette organisation crée des intérêts communs aux Européens qu'elle doit savoir défendre. Y aurait-il des intérêts de sécurité communs européens qui s'opposeraient aux intérêts atlantiques? C'est peu probable, mais ces intérêts peuvent avoir des priorités et des valeurs différentes pour les deux rives de l'Atlantique.

En outre, le refus de reconnaître des compétences à la Commission dans le domaine de la défense alors que la plupart de ses actions interagissent précisément avec elle (voisinage, élargissement, recherche, entreprises, actions extérieures, aide au développement, assistance humanitaire etc..) semble relever de la schizophrénie politique à un moment où chacun reconnaît le besoin d'une approche globale des problèmes de sécurité et un nécessaire continuum entre sécurité et défense.

 

Seule une UE crédible peut être complémentaire avec l'Otan

En fait, la complémentarité entre les deux organisations doit pouvoir se décliner dans le champ politique en fonction des lieux, intérêts et opportunités d'intervention, comme dans le champ des capacités selon les types d'actions privilégiés, instruments disponibles, domaines d'excellence etc…Elle doit pouvoir se traduire par un renforcement de capacités d'action sur un même théâtre ou par un partage des rôles sur des théâtres différents. C'est sur ces bases et avec ces objectifs que doit être définie une complémentarité réaliste entre l'Otan et l'UE.

Jusqu'ici, l'ambition et les attributions de la PESD étant perçues par certains Etats comme concurrentes de l'Otan, il en est résulté un climat de compétition entre les deux organisations. En fait, les restrictions de compétences de l'UE motivées par l'existence de l'Otan font apparaître cette dernière comme un obstacle au développement des capacités européennes. En réalité, l'Otan sert de prétexte aux Etats européens qui craignent qu'une plus grande autonomie et capacité d'action de l'UE affaiblisse la garantie de sécurité à bon compte que leur offrent les Etats-Unis (plus les Européens sont vulnérables plus il faut les protéger) et qui leur permet de faire l'impasse sur leurs dépenses de défense.

L'indispensable mutualisation des capacités des Etats européens, condition de leur crédibilité, ne peut atteindre une réelle efficacité qu'avec un certain niveau d'intégration ce qui impose qu'elle s'inscrive dans un cadre politique cohérent. L'Otan est un organe privilégié et précieux de la coopération euro-atlantique mais l'UE est le creuset de la coopération européenne. Il est donc naturel que l'UE soit le cadre de la mutualisation des capacités européennes.

L'Otan et l'UE ne pourront être complémentaires que si l'UE est reconnue (sans restriction) comme un véritable acteur de la défense et de la sécurité capable d'agir selon les circonstances, de façon autonome ou en coopération avec les Etats-Unis. Le soutien de chaque pays européen aux Etats-Unis ne peut être que subsidiaire dans le domaine de la Défense, la seule complémentarité qui ait du sens est la complémentarité euro-atlantique c'est à dire celle de l'Europe avec les Etats-Unis.

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11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 07:50
Drones : Un marché qui devrait doubler en dix ans

 

10 Août 2014 par Mathieu M. - generation-nt.com

 

Qu'on s'en inquiète ou qu'ils nous indiffèrent, les drones sont voués à s'installer dans notre vie active pour les années à venir. Un nouveau rapport indique ainsi que l'industrie liée aux drones devrait véritablement exploser dans les dix années à venir.

Actuellement, on estime à 6,4 milliards de dollars les sommes dépensées chaque année pour le développement des technologies liées aux drones à travers le monde. Un rapport publié par la Teal Group Corp, une société de recherche en aérospatial spécialisée dans les marchés de la défense, indique ainsi que le marché cumulé des drones commerciaux et militaires pourrait atteindre 11,5 milliards de dollars par an d'ici 2024.

 

Au cours des dix années à venir, ce sont 91 milliards de dollars qui devraient être investis dans le développement, les tests et la validation des technologies des drones.

 

C'est principalement le domaine de la défense qui devrait concentrer la majeure partie des investissements. L'armée américaine utilise déjà une large gamme de modules volants non habités pour ses différentes missions de surveillance, mais aussi pour des frappes stratégiques et de l'appui aérien.

 

Les USA ont également déjà commencé des tests sur la conversion d'anciens avions de chasse en modèles totalement contrôlables à distance ou autonomes. Le développement d'avions capables de remplacer un jour les pilotes est également bien avancé avec le programme X-45 Phantom Ray mené par Boeing et le X-47 Pegasus dirigé par Northrop Grumman.

 

Concernant le domaine civil, le marché ne représenterait actuellement que 11 % du total des technologies liées aux drones. Néanmoins, il faut s'attendre à voir les investissements augmenter dans les années à venir, le marché civil pouvant dépasser les 14 % du marché total  d'ici 2024.

 

Le rapport sépare l'usage de drones civils dans trois grandes catégories :

 

Les drones des gouvernements : Dans les dix années à venir, on devrait constater plus de drones utilisés dans le cadre de la surveillance des frontières, l'assistance aux forces de l'ordre, les programmes de recherche sur la vie sauvage.

 

Les drones commerciaux : Ils devraient être majoritairement utilisés dans l'agriculture, la cartographie aérienne, la prospection de ressources minières.

 

Les drones de loisir : Les drones volants se présentent comme un marché juteux pour les industriels visant le grand public. De quelques centaines à plusieurs milliers d'euros, les drones de loisir s'adressent de plus en plus aux simples amateurs comme aux professionnels de la prise de vue aérienne.

 

Malgré tout, le rapport stipule que l'évolution du marché du drone concernera avant tout les applications militaires et de défense. Principalement par le fait que les technologies les plus avancées devraient rester financièrement parlant hors de portée des consommateurs.

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