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10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 16:55
Vers une souveraineté numérique ?

 

4 août 2014 Francis DELON, secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale

 

À l’heure d’un monde massivement interconnecté, dans lequel les flux d’information ne connaissent pas de frontières, que peut signifier le mot« souveraineté » dans un monde numérique ? Quelle liberté d’appréciation est laissée aux citoyens qui adressent toutes leurs questions à une liste limitée de moteurs de recherche ? Quelle indépendance peut-on garantir alors que les technologies du numérique sont maîtrisées par quelques rares entreprises qui collaborent avec les services de renseignement de l’Etat dont elles dépendent ?

 

La première condition d’une souveraineté numérique est inhérente à la capacité de l’Etat de protéger la vie de sa population. Avec la numérisation des infrastructures d’importance vitale, comme par exemple la distribution d’eau ou la régulation des transports ferroviaires ou aériens, le risque d’une catastrophe écologique et humaine déclenchée par l’informatique n’est plus une divagation mais une menace réelle. Dans ce domaine, le Gouvernement a pris ses responsabilités et s’est doté, avec la loi de programmation militaire votée en décembre dernier, d’outils juridiques pour prévenir les atteintes les plus graves aux systèmes critiques qui assurent le fonctionnement de la Nation.

 

Une deuxième condition de la souveraineté est la confidentialité des informations touchant aux intérêts fondamentaux de la Nation. Seule l’utilisation généralisée de moyens de communication spécifiques et maîtrisés, mis en œuvre au sein de réseaux isolés, permet de limiter le risque de compromission. Depuis plusieurs années, l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information offre un intranet interministériel de niveau Confidentiel-Défense et un réseau téléphonique de niveau Secret-Défense. Le déploiement de ces réseaux est une condition essentielle au bon fonctionnement des institutions dans la discrétion qui s’impose à certains sujets.

 

Une troisième condition est que l’Etat aide les acteurs économiques à protéger leur compétitivité des tentatives d’espionnage. Il est essentiel que ces acteurs traitent leurs informations sensibles au sein de systèmes d’information suffisamment maîtrisés pour empêcher la concurrence de lire à livre ouvert leurs secrets de fabrication ou les montants de leurs offres. On voit trop souvent des grandes entreprises externaliser leur système d’information ou en livrer la supervision à des filiales de concurrents. Par ailleurs, les révélations d’Edward Snowden ont montré avec quel raffinement des agences de renseignement pratiquent l’espionnage technique en piégeant des matériels ou des logiciels informatiques du commerce. Afin de répondre à cette menace majeure sur l’économie et la compétitivité française, le Gouvernement a lancé un plan « cybersécurité » dans le cadre de la nouvelle « France industrielle ». Il vise à développer une offre nationale dans le domaine de la sécurité des systèmes d’information et à soutenir ses exportations. S’il est illusoire de vouloir redévelopper les composants des infrastructures qui portent le cyberespace, il est possible de se fixer pour objectif de maîtriser certaines technologies, comme les moyens de chiffrement, les sondes de détection d’attaque et certains équipements présents au cœur des réseaux de communication numérique.

 

Une quatrième condition est de protéger les citoyens contre les atteintes à leur vie privée et le pillage de leurs données personnelles. C’est le sens des actions engagées par la France avec ses partenaires européens pour limiter les transferts de données personnelles hors de l’Union européenne. Il s’agit de renégocier l’accord dit « safe harbor » entre I’UE et les Etats-Unis qui n’offre pas de garanties suffisantes en matière de protection des données lorsque celles-ci sont envoyées à des sociétés privées américaines.

 

Il s’agit également d’encadrer les transferts de données entre autorités administratives européennes et américaines pour en limiter les finalités. Il s’agit enfin de tirer toutes les conséquences des décisions récentes de la justice américaine en matière d’accès par les autorités administratives aux données des internautes : il ne suffit pas que les données soient hébergées sur le sol européen, il faut également que les sociétés qui les détiennent relèvent du droit européen. Le numérique offre de formidables opportunités. Il expose également à des risques de grande ampleur qui touchent les individus, les entreprises et les États et limitent leur autonomie. L’exercice de la souveraineté dans un monde numérisé nécessite de nouveaux schémas et de nouveaux outils qu’il nous appartient de construire avec des industriels et fournisseurs de services de confiance. La recherche d’une forme de souveraineté nationale dans le cyberespace est une mais ... partagée. Administrations, entreprises, citoyens français et européens en sont les parties prenantes.

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10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 12:55
"Le casoar et les gants blancs n'existent que par le feu".

"Le casoar et les gants blancs n'existent que par le feu".

 

1 août 2014 Par Olivier Kempf - egeablog.net

 

Bien. Ou plutôt mal. Les "gens intelligents et responsables" ont décidé d'agir, par exemple en réformant Saint-Cyr. C'est vrai, cette école fonctionne, forme des officiers qui donnent satisfaction à tous, réussit à de diversifier. Ça fonctionne, donc il faut réformer. Logique imparable. La "cause première", si je comprends bien les débats, consiste à "rentabiliser". Vous comprenez, une école qui forme 120 officiers par an (on oublie au passage de mentionner tous les autres officiers qui sont formés à Saint-Cyr), ça coûte cher. Ce n'est pas rentable (l'école nationale supérieure de police a des promos de 40, au fait). Donc il faut "faire quelque chose". C'est ce qu'on explique à l'Assemblée Nationale comme le signale le site de la Saint-Cyrienne.

 

Suite de la tribune

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 11:55
« Le terrorisme pour les Nuls » - ITW d'Alain Bauer par @SDBRNews

 

par Alain Establier - lettre SECURITY DEFENSE Business Review n°110 datée du 22/07/2014

 

Interview d’Alain Bauer, Professeur de criminologie au Conservatoire National des Arts et Métiers, New York et Beijing

 

SDBR : Pourquoi avoir publié, avec Christophe Soullez, « Le terrorisme pour les Nuls » qui vient de paraître ?

 

 

AB : Nous avions publié en 2012 « La criminologie pour les Nuls » et il s’agit là d’une demande de l’éditeur car j’avais aussi publié fin 2013, « Dernières nouvelles du crime », qui se penchait sur cinq sujets maltraités par les medias et les responsables politiques, faisant le désespoir des experts et des journalistes qui en ont une certaine perspective. J’y soulignais qu’on parle rarement de la perspective criminelle pour ne traiter que l’instant présent (le crime vient d’arriver, il n’y a pas de passé, il n’y a pas d’avenir, etc.), or le crime a une histoire relativement cohérente : la criminalité moderne est née à peu près au même moment en France (Paul Carbone et François Spirito à Marseille dans les années 1920) et aux Etats-Unis (Al Capone) ; la criminalité financière est née dans les années 80 aux Etats-Unis et au Japon avant de surfer sur la dérégulation du système financier. De même, on parle rarement de l’évolution des problématiques terroristes (hybridation, « lumpenterrorisme ») pour raconter des histoires de « loup solitaire », heureuse excuse à l’ignorance voire à l’inculture des services, qui sont très efficaces dans la collecte du renseignement mais relativement désemparés pour son analyse ! Cela est particulièrement vrai depuis la chute du mur de Berlin et l’apparition de ce qu’on nomme à tort Al Qaeda. Enfin, il existe une immense confusion sur le « Cyber », terme traitant de la complexité mais pas de l’informatique, tiré d’un ouvrage de science-fiction et utilisé à toutes les sauces : cyber-espionnage (qui veut qu’on ne se fasse pas voir), cyber-terrorisme (qui veut faire beaucoup de dégâts), cyber-criminalité (qui veut voler de l’argent ou des données), cyber-guerre, etc.

 

Ce nouvel opus est-il en fait un recueil de définitions du terrorisme ?

 

Sur la question pure du terrorisme, qui est une activité criminelle comme une autre, il fallait remettre un certain nombre de choses en perspective et expliquer qu’il n’y a pas de définition légale du terrorisme qui fasse consensus, pas même en France : le terme n’a pas de sens en lui-même et il n’y a ni classification cohérente ni listing commun des actes de terrorisme. Par exemple, on oublie un peu vite qu’il n’y a quasiment pas eu depuis deux ans d’attentat djihadiste en Europe, or les Etats et les medias se focalisent sur ce sujet en oubliant les autres. L’intérêt de cet ouvrage était donc de dire qu’il n’y a pas « un » mais « des » terrorismes, qu’il faut en comprendre la pluralité des problématiques sous-jacentes, intégrer la difficulté à la définition et donner des outils pour pouvoir discuter de ces sujets, en comprenant surtout de quoi on parle.

 

Le caractère générique du mot « terrorisme » n’arrange-t-il pas finalement les responsables de l’appareil d’Etat ?

 

C’est certes une facilité d’utilisation, mais je crois surtout que la faute en revient aux medias télévisés qui ont tendance à tout simplifier à l’extrême : tout doit être simple, tout doit s’expliquer en 15 secondes, tout doit être nouveau et tout doit se gérer dans l’instant. La question terroriste date des zélotes ou des haschischins, pourtant déjà on ne savait pas bien qualifier ces courants mercenaires violents. La terreur politique, née sous la Révolution française, tout comme la terreur anarchiste révolutionnaire contre l’Empire russe, ne sont pas identiques, pas plus certains mouvements de libération nationale utilisant le terrorisme. Prenons l’exemple d’ETA, plus récent : avec une bombe, ils font sauter le 20/12/1973 la voiture de l’amiral Carero Blanco (ministre de Franco) et font des morts et des blessés ; cet attentat est considéré comme « légitime », car il y a une dictature en Espagne, ETA est considéré comme un mouvement de libération nationale, etc. Avec une bombe comparable, ETA fait sauter une caserne de la Guardia Civil, à Saragosse fin 1987, après le retour à la Démocratie et des enfants sont tués. Cet attentat est-il du terrorisme ou non ? Du point de vue criminologique, ce qui est important c’est la cible : est-elle ou non légitime ? Les basques sont dans une démarche d’indépendance nationale, la cible représente l’occupant espagnol, nous pouvons dire que cet attentat est honteux et scandaleux, mais que la cible est encore légitime. Enfin, le 19 juin 1987 une voiture piégée par ETA explose dans un centre commercial de Barcelone (21 morts, 45 blessés) : la cible est illégitime, rien ne la justifie et on pourra là parler enfin de terrorisme au sens vrai du terme. Nous pourrions faire la même démonstration avec les actions de l’IRA, en Irlande et en Angleterre. Ce qui fait la différence, ce n’est ni l’origine ni l’outil mais la cible. Donc, attention à ne pas trop utiliser un terme galvaudé, car on arrive toujours à être le terroriste de quelqu’un…

 

Pensez-vous que l’expression « loup solitaire » soit beaucoup trop employée ces temps-ci ?

 

Absolument. Dès qu’un problème se pose (Merah, Kelkal, etc.), le loup devient « solitaire » dans les medias et on frise l’absurde lorsqu’on en trouve qui sont « solitaires » à deux, comme les frères Tsarnaïev à l’origine de l’attentat contre le marathon de Boston, en 2013. Un loup solitaire a été expulsé de la meute et vit seul, ce n’est pas un autonome envoyé par sa centrale, tout comme un « envoyé spécial » a été envoyé en reportage par sa rédaction, avec une feuille de route, et n’a pas été licenciée par celle-ci. Par contre, Breivik était un loup solitaire en Norvège en 2011, comme Ted Kaczynski (surnommé Unabomber) dans les années 90 aux Etats-Unis ou Dekhar, le « tireur » de Libération. Mais l’auteur présumé de la tuerie au Musée juif de Bruxelles, Mehdi Nemmouche, n’est pas un loup solitaire ; il semble faire partie des unités formées à l’extérieur et projetées avec des missions clairement définies. Il y a donc confusion de l’utilisation des mots. En l’espèce ce n’est pas la faute des politiques, mais surtout celle des journalistes de l’information en continu qui sont souvent les principaux propagateurs de tout et n’importe quoi, pour meubler.

 

Quel sens donnez-vous à l’attentat du musée juif de Bruxelles ?

 

Il y a deux catégories de gens qui partent en Syrie (comme avant en Tchétchénie, en Algérie, au Kosovo ou en Bosnie) : ceux qui vont se battre, devenir des soldats, qui reviendront cassés et ne feront en général plus rien une fois revenus de l’enfer ; et il y a ceux qui ne se battent pas sur le terrain, mais qui vont en camp d’entrainement, pour être formés à l’attentat, pour un djihad au retour. Depuis les années 80, des centaines des premiers sont partis et sont revenus, aucun ou presque jusqu’à présent n’a jamais tenté de commettre un attentat. Par contre, ceux qui ont été formés au djihad à l’export sont revenus avec l’idée de faire le djihad. Merah n’avait jamais porté les armes pour faire la guerre, tout comme Kelkhal et Nemmouche. Beaucoup imaginent que les terroristes doivent ressembler à ce qu’on pense, sans prendre en compte la réalité de ce qu’ils sont. Nous avons un problème de classification et d’interprétation. On peut penser que Bruxelles était un objectif symbolique dû à sa nature, sa localisation et son manque de sécurisation.

 

Voulez-vous dire que les services de renseignement et de police ne sont pas à la hauteur de l’enjeu ?

 

Au contraire. Ils sont souvent excellents dans la collecte et le renseignement de terrain. Mais ensuite, souvent l’analyse des éléments recueillis est défaillante et parfois combattue par l’arrogance de certains responsables du siège central. Après une grande catastrophe terroriste, au bout d’un certain nombre de mois, la commission d’enquête dit toujours : premièrement « on savait tout », deuxièmement « on n’y a pas cru », troisièmement « ça ne se reproduira pas »…jusqu’à la commission d’enquête suivante. Pourtant les terroristes ne se cachent pas totalement (ils parlent, ils annoncent, ils proclament) et souvent les bureaucraties publiques font tout ce qu’il faut pour ni les entendre ni les comprendre. Enfin, lorsqu’un fonctionnaire perspicace souligne un indice de menace, il y a toujours un chef pour enterrer le dossier, sous prétexte de ne pas risquer de bousculer l’ordre établi (le savoir descend, il ne remonte pas).

 

Il y a deux ans, vous plaidiez dans nos colonnes pour la revitalisation des RG au sein d’une DGSI. Etes-vous satisfait de ce que vous observez aujourd’hui ?

 

Du point de vue de ce qui a été compris par le ministre de l’Intérieur en 2012 et mis en œuvre depuis, la réponse est plutôt oui. Pour ce qui est de la réalisation, la réponse est plutôt incertaine. Conceptuellement, le ministre de l’Intérieur, le patron de la DGSE (Bernard Bajolet) et le directeur général de la sécurité intérieure / DGSI (Patrick Calvar) sont parfaitement conscients et assez proches de l’analyse du sujet. L’idée était de revaloriser les anciens Renseignements Généraux (RG), devenus un sous-service de la Police Nationale, parce que le Renseignement ne peut s’appuyer seulement sur de la technologie, des satellites et des drones, et n’existerait pas sans le renseignement humain. Le retour à l’humain est donc essentiel. Aujourd’hui, la compréhension par les Services de cette problématique est réelle, mais la logique bureaucratique de transmission interne de l’information, de compartimentage et de gestion des priorités est encore fonctionnellement défaillante. Le meilleur exemple est qu’il n’y a toujours pas de retour d’expérience interne de l’affaire Merah et d’explications crédibles, pour comprendre où et pourquoi ce dossier a planté. Il n’y a eu, à ce jour, ni retex politique, ni retex administratif, au vrai sens du terme.

 

Donc l’ambition de départ, il y a 10 ans, a été ratée si je comprends bien…

 

Je suis un ferme soutien de la création de la DCRI[i], mais elle a été polluée par la culture de l’ancienne maison DCRG (police politique) qui ne sait pas dire non au pouvoir politique, ce qui est regrettable. A coté de cela, la DGSE a su prendre ses distances avec le pouvoir politique. Quant à la DGPN[ii], tout devrait y être revu, à commencer par son existence même, au profit d’un secrétariat général de la sécurité intérieure qui soit la maison mère, coordonnant la gendarmerie nationale et la sécurité publique. Une bonne police c’est un territoire, une ou des missions, un ou des objectifs, enfin seulement des effectifs. Nous faisons tout à l’envers, puisque nous gérons d’abord des effectifs et des tableaux de services. Il nous faudrait dire, à l’exemple de l’ancienne SOCA[iii] britannique, que le renseignement criminel, intégrant la problématique terroriste, est le sujet central d’une mission centrale, devant couvrir l’ensemble du champ opérationnel des services de police et de gendarmerie. Revaloriser et développer SIRASCO[iv].

 

En avril 2012, à propos de l’affaire Merah, vous disiez « certaines motivations du criminel font écho dans une partie des populations des quartiers... ». Diriez-vous que le phénomène a empiré ?

 

Il s’est moins enraciné qu’étalé au sein de la population. Il suffit de voir le nombre de jeunes filles séduites par le djihad aujourd’hui, alors même qu’elles vivent dans des familles pas du tout inféodées à l’islam radical.

 

En 2012, vous disiez aussi : « il faut que les gouvernants fassent des politiques publiques qui correspondent à ce que souhaitent les électeurs qui, après tout, ont le dernier mot dans notre pays». Pensez-vous que les gouvernants actuels mènent une politique de sécurité qui correspond à ce que souhaitent les électeurs ?

 

En matière électorale, 2014 vient de fournir quelques indications…Paradoxalement, à de très rares exceptions près, j’ai toujours rencontré en France des ministres de l’Intérieur plutôt lucides et plutôt compétents, et des organisations syndicales policières plus ou moins prêtes au changement, alors même que le ministère de l’Intérieur est celui qui a du subir le plus grand nombre de réformes et de changements depuis les quarante dernières années. Le vrai débat consiste à comparer le ministère de l’Intérieur / ministère de l’aménagement du territoire et le ministère de l’Intérieur / ministère de la police. On constate alors que ce même ministère vit avec deux territoires complètement différents : l’un avec les agglomérations, l’autre avec les circonscriptions de sécurité publique et les brigades de gendarmerie. Le ministère de l’Intérieur n’a pas encore réussi à vivre de façon coordonnée avec ces deux réalités : les préfets vivent une vie, les directeurs départementaux de la sécurité publique et les généraux de gendarmerie en vivent une autre. Pour une fois, ce ne sont pas chez les politiques que l’on trouve des résistances au changement, mais dans le système bureaucratique de l’administration préfectorale qui refuse souvent le changement de vision territoriale.

Il y a encore beaucoup à faire…

 

                                                                            

[i] DCRI : Direction Centrale du Renseignement Intérieur, née en 2008 de la fusion de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) et de la Direction Centrale des Renseignements Généraux (DCRG), devenue en mai 2014 la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure)

[ii] DGPN : Direction Générale de la Police Nationale

[iii] SOCA : “Serious Organised Crime Agency” (Government of the United Kingdom) a existé d’avril 2006 à octobre 2013

[iv] SIRASCO : Le Service d'Information de Renseignement et d'Analyse Stratégique sur la Criminalité Organisée dépend de la Direction Centrale de la Police Judiciaire

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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 11:40
Le BPC Vladivostok en attente de livraison aux chantiers de Saint-Nazaire photo Fabien Ramel - S&P

Le BPC Vladivostok en attente de livraison aux chantiers de Saint-Nazaire photo Fabien Ramel - S&P

 

- solidariteetprogres.org
 

Au cours d’une conférence au Dialogue Franco-Russe, le 26 juin dernier, Philippe Migault, chercheur à l’IRIS (Institut des relations internationales et stratégiques), s’exprimant à titre personnel, a expliqué pourquoi il est vital pour l’industrie de défense française de coopérer avec celle de la Russie.

 

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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 17:55
ESM : quel avenir ?

 

17 Juillet 2014 Général de corps d'armée (2s) Dominique DELORT , Président de la Saint-Cyrienne

 

Équation impossible ou/et faux problème ?

 

Bien que membre du conseil de perfectionnement de l’ESM de Saint-Cyr j’ai été très surpris par des propos concernant l’évolution de l’Ecole et ceci d’autant plus que le commandement n’a cessé, toutes ces dernières années, de se féliciter de son système de formation d’officiers. Le débat qui semble s’ouvrir concerne tous les membres de notre association. Que personne ne soit surpris de notre intérêt pour ce sujet.

 

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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 07:55
Ce qu’on ne vous dit jamais sur les "opérations extérieures" de l’armée

 

14 Juillet Marc Endeweld - marianne.net

 

"Marianne", dans son édition toujours en kiosques, se penche sur les coupes budgétaires que subissent nos forces armées. Alors que nos soldats défilent ce matin sur les Champs Elysée, Marianne.net vous proposent un complément à cette enquête en vous dévoilant quelques-uns des non-dits sur nos opérations extérieures : des blessés ignorés par la société et les médias, du matériel insuffisant ou en mauvais état, une formation déconnectée de la dure réalité des combats...

 

Ve République oblige, le président – qui est également le chef des armées selon la Constitution – peut décider, seul, d’engager nos forces armées sur tel ou tel théâtre d’opération. Avec cet héritage gaulliste, si la France gagne bien sûr en efficacité – lui permettant d’intervenir en peu de temps –, les responsables politiques finissent par ne pas reconnaître que ces opérations constituent de véritables guerres.
 
750 blessés en Afghanistan
 
Et si les morts font l’objet d’hommages nationaux, les blessés, parfois graves, finissent pas être oubliés. Entre 2001 et 2012, sur 60 000 soldats engagés en Afghanistan, il y eut 88 morts, mais également… 750 blessés, dont 247 pour la seule année 2011. « La notion de reconnaissance est essentielle pour la réparation du soldat blessé, rappelle le colonel Thierry Maloux, de la cellule d’aide aux blessés de l’armée de terre (CABAT). Les jeunes anciens combattants blessés ont pourtant encore du mal à dire qu’ils ont perdu leur jambe en Afghanistan. Car la société n’est pas forcément prête à l’entendre ».

D’autant que ces dernières années, les soldats français ont dû faire face à la multiplication des « IED » – pour « engins explosifs improvisés », les bombes artisanales laissées ici ou là, le long des routes – qui sont souvent la cause de blessures très profondes au niveau des bras ou des jambes. « Avec l’amélioration des protections, notamment les gilets par balles plus performants, il n’y a plus de blessures au thorax. Mais les IED provoquent des blessures complexes et il faut parfois amputer longtemps après, si des complications surgissent », nous explique le colonel Maloux. Et si ce dernier note une amélioration dans le suivi de ces blessés de guerre par l’institution militaire, il regrette qu’en France les médias se désintéressent généralement des blessés. « Pour autant, si la société française semble moins patriote qu’aux Etats-Unis, la protection sociale des anciens combattants y est beaucoup plus performante, et notre accompagnement se fait sur le long terme, tient-il à nuancer. Outre-Atlantique,  il n’est pas rare de voir un ancien soldat faire la manche dans le métro. Cela ne choque personne ».
 
« Les nouveaux matériels ont sauvé la vie de nos hommes »
 
Depuis le début de l’intervention au Mali, il y eut 8 morts et une quarantaine de blessés (avec 4 000 hommes engagés lors des premiers mois). Mais le bilan aurait pu être beaucoup plus lourd, si la hiérarchie militaire – et notamment le chef d’Etat major de l’armée de terre, le général Bertrand Ract Madoux – n’avait pas exigé l’envoi sur place de matériel moderne, alors que les forces pré-positionnées en Afrique disposent de vieux équipements. En ces temps de disette budgétaire, cet élément est loin d’être anodin. « Les nouveaux matériels ont fait la différence. Ils ont sauvé la vie de nos hommes face à des forces ennemies particulièrement redoutables, malgré notre supériorité sur le papier », reconnaît un haut gradé.
 
Selon nos informations, l’utilisation de quatre canons Caesar et de trente-quatre véhicules blindés nouvelle génération VBCI (Véhicule blindé de combat d’infanterie) ont permis aux hommes de 92ème régiment d’infanterie de prendre l’ascendant lors de plusieurs combats rapprochés. Et d’échapper au pire. Ainsi, lors d’une embuscade début mars, 45 combattants terroristes ont pris par surprise une centaine de soldats français, et l’utilisation d’un canon Caesar a permis de réagir immédiatement. « Avec un ancien matériel, il aurait fallu faire des tirs de réglage et il y aurait pu avoir des morts du côté français », remarque un spécialiste de la Défense. Autre épisode, dans la vallée de Mujao, une compagnie du 92ème régiment a subi quatre assauts de rebelles durant deux longues heures. « Au final, ça s’est presque terminé au corps à corps, mais on a eu zéro mort car les hommes disposaient de VBCI », nous explique un soldat.

Les semelles des rangers se décollent

Mais en dehors de ces matériels « nouvelle génération », les militaires français ont dû faire avec de (très) vieux équipements. « L’intervention au Mali tient du miracle. L’élastique était tendu à l’extrême. Et les matériels anciens ont vraiment souffert », confirme un haut gradé. Exemple avec les avions pour ravitailler les hommes en eau. Chaque jour, il était en effet nécessaire d’acheminer 10 litres d’eau par soldat. A raison de 2 000 soldats  engagés autour de Gao et  2000 autres autour de Tessalit, ce sont près de 20 tonnes d’eau qu’il était nécessaire de déplacer jusqu’aux différentes zones de combat… Et malheureusement, les vieux avions dont disposait l’armée française ne pouvaient être remplis au maximum de leur capacité. D’où un va-et-vient incessant d’une cinquantaine de camions pour palier à ce manque logistique. « Nous n’avons pour autant jamais été freiné dans notre progression », tient à nuancer un gradé. De même, il a fallu toute l’ingéniosité de la hiérarchie pour dispatcher les 27 hélicoptères disponibles – « C’est très peu. Les Américains en auraient mis plus d’une cinquantaine ! », regrette  un soldat – entre trois zones de combats séparées chacune de… 500 kilomètres.

 

C’est pourtant un autre épisode pour le moins ubuesque qui a retenu l’attention. Les hommes du 2e REP et 1er RCP qui ont durement combattu dans la caillasse des montages des Ifoghas ont vu les semelles de leurs nouvelles rangers se décoller sous l’effet de la chaleur écrasante. Alors qu’une tempête de neige en France empêche de les remplacer rapidement, une réquisition générale est décidée parmi les non-combattants positionnés à Bamako : « Le général Barrera, qui commandait l’opération, a même donné sa deuxième paire à un soldat du rang ! s’exclame un bon connaisseur du dossier. Ça pourrait être un “running gag”, car Napoléon s’est plaint toute sa vie de ne pas trouver des souliers de qualité pour ses fantassins. Mais là, le fond du problème, c’est qu’on a mis moins d’argent pour acheter ces nouvelles rangers. Et résultat, ce ne sont pas les modèles les plus performants qui ont été choisis. Bref, comme d’habitude, les soldats sur le terrain se retrouvent à bricoler ».
 
Système D à la française
 
Pour autant, malgré tous ces désagréments, le moral des soldats français en opérations extérieures reste plutôt bon. « Comme tout repose sur leur bonne volonté et un système D généralisé, cela serait très grave si le moral baissait. Mais on n’est vraiment pas loin », commente un spécialiste Défense. Technicienne satellitaire à Gao, l’adjudante Prescillia Artus, confirme l’aspect débrouille de l’armée française : « Dans le civil, mes copines m’appellent Mac Gyver. C’est vrai que les opérations extérieures, comme au Mali, sont parfois un peu rustique, mais on s’adapte toujours. C’est une question d’organisation et d’esprit d’équipe. Mais ça n’a jamais porté préjudice à nos missions ».
 
Cependant, face à ces difficultés multiples, un signe ne trompe pas : la plupart des jeunes engagés – 17 000 recrutements par an – restent à peine cinq ans sous les drapeaux. Un turn over qui coûte cher, en argent, mais également en déperdition d’expérience. « En formation, les hiérarchies nous demandent presque de dorloter les jeunes pour qu’ils ne partent pas, témoignage un instructeur. Mais moi, j’ai formé des mecs avec qui je suis parti un an après en Afghanistan et j’avais envie d’être dur. Etre trop gentil, ce n’est pas leur rendre service. En formation, j’en ai perdu la moitié, mais je pense que j’ai rendu service à l’institution ». « Je suis bien sûr contre les brimades, estime un autre de ces collègues, mais il faudrait que la formation soit davantage gérée à la façon de Full metal jacket, car sur le terrain, les gamins sont parfois surpris par la dureté des combats ».

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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 11:55
Economies sur la Défense : cet inventaire des lourdes coupes budgétaires que le gouvernement aimerait masquer

 

14.07.2014 par Michel Goya*  - atlantico.fr

 

Le gouvernement fait peser une lourde partie des restrictions budgétaires sur la Défense. Même si elle a été mis à contribution sur le plan budgétaire et qu'elle va se préparer à une baisse de ses effectifs, d'autres dispositions plus méconnues du grand public accroissent un peu plus sa contribution, et renforcent son affaiblissement.

 

Réduction des effectifs

La réduction des effectifs des armées de 54 000 militaires, auxquels se rajoutées 24 000 nouvelles suppressions me fait penser à une citation de Victor Hugo : "De bien maigres économies pour de bien grands dégâts". Cette réduction a engendré des mesures de rationalisation du soutien, comme les bases de défense, ou la gestion centralisée des parcs de véhicules, et qui ont rigidifié l'organisation et l'ont rendu vulnérable à toute surprise. Le désastre du logiciel informatique Louvois aurait pu être évité, ou tout du moins ses conséquences réduites sans cela.

De plus, la logistique de l'opération au Mali Serval a également subi des désordre à cause du manque d'effectifs.

 

Le Gel du budget

Pour le moment il ne s'agit que d'un gel, mais il faudrait probablement s'attendre à une biasse de ce budget dès 2015. Encore une fois, le budget actuel n'est pas suffisant pour maintenir les choses simplement en état, alors s'agissant de la modernisation, ou tout simplement de rester dans la course aux technologies militaires… Toute baisse entraînera une chute plus que proportionnelle des capacités, et in fine des potentiels de succès lors d'opérations militaires.

 

Gestion centralisée des matériels

La centralisation du stockage du matériel, regroupé pour rationaliser sa gestion entraîne d'ores et déjà des coûts humains invisibles comme la démotivation, la difficulté à s'entraîner aux exercices de simulation (puisque les véhicules majeurs ne sont pas en nombre suffisant dans les régiments). Il n'y a plus l'attachement entre les hommes et "leur" véhicule. La plupart des engins sont prêtés le temps de l'opération. La moindre connaissance, le moindre attachement induisent des coûts de maintenance (problème d'entretien, pannes, accidents). Cela a un effet considérable sur le moral des troupes.

 

Projets mis en liste d'attente

Le gouvernement a choisi d'étaler les programmes d'achats de nos armées voire de les retarder fortement. Si la réduction des dépenses est visible à court terme, elle ne l'est pas pour plus tard. Effectivement, le coût unitaire augmente souvent et à long terme les gains sont toujours inférieurs à ce qui était prévu. Certains programmes (VBCI, FREMM) coûteront finalement plus cher que prévu initialement pour cette raison.

De plus, les retards imposent d'utiliser plus longtemps que prévu des matériels anciens et leur coût de maintenance explose (ainsi que celui des nouveaux équipements d'ailleurs car de haute technologie). Il s'agit pour le coup d'une très mauvaise opération financière.

Egalement, on voit la fin des investissements de recherche sur des matériels de pointe, notamment les drones et les hélicoptères lourds, et cela contribue à la vulnérabilité générale en opérations extérieures. Le pire, c'est que nous sommes ensuite obligés d'acheter en urgence des matériels américains ou de faire appel aux Alliés.

 

Ralentissement des promotions

La centralisation de la gestion des personnels et de l'avancement qui a pour but de réduire les coûts est principalement l'œuvre de la pression exercée par Bercy. Tout cela est vécu comme une attitude humiliante supplémentaire pour les militaires qui ont le sentiment d'être pris pour des "cons".

 

* Michel Goya est colonel dans l'Armée de Terre. Il enseigne l'histoire militaire de la guerre à Sciences Po Paris. Il est depuis 2009 membre du Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique (CSFRS).

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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 07:20
USS Bush - photo Marine Nationale

USS Bush - photo Marine Nationale

 

July 10, 2014 informationdissemination.net

 

Bryan McGrath and Robert Farely recently conducted an online debate on what constitutes an "aircraft carrier" in the early 21st century. McGrath rightly described the current big deck flattop as "a single combat system" equipped to conduct a multiplicity of activities beyond mere strike operations. These include airborne early warning (AEW), antisubmarine warfare (ASW), and means of countering enemy aircraft and surface to air missiles (SAM's). McGrath also identifies these requirements and a host of others that enable the independent operations expected of U.S. carriers as the principal drivers of large carrier size and cost. Robert Farley believes large amphibious assault ships of the LHD (Essex) and LHA (America) classes ought to also be included on the carrier rolls with perhaps the designation of "light carrier". He asserts that these ships can perform some of the roles of larger carriers when equipped with strike aircraft such as the current AV-8B Harrier and the incoming F-35 Lighting aircraft. As McGrath stated, the amphibious assault ship carrier cannot perform the the sort of independent operations expected of true flattops, but there may yet be a role for Farley's "light carrier" concept. Significant changes in strategic geography now allow both variants to operate in the regions best suited to their capabilities. The history of carrier development in the period between the world wars and combat in the Second World War also point to geographic assignment of different carrier types. The U.S. can maintain its nearly all of its present carrier fleet, conduct a significant rebalance to the Pacific of capital ships, and still retain the ability to operate naval aviation in the western Eurasian littorals.

 

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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 20:50
Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

Leclerc-VBCI (Nexter- photo G. Belan) - LEOPARD 2 A5 (KMW)

 

6 juillet 2014 par Yves FROMION

 

Le Ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian vient d’annoncer l’ouverture d’une négociation entre Nexter et l’allemand Krauss Maffei pour « rapprocher » les activités des deux entreprises. Cette affaire concerne directement les sites Nexter de Bourges et de La Chapelle-Saint-Ursin.

 

Restructurer l’industrie de Défense européenne, qui est en surcapacité, est en soi une initiative utile à condition que la formule soit gagnante-gagnante pour les partenaires. Qu’en est-il donc de ce projet ?

  • Nexter et Krauss Maffei fabriquent les mêmes  produits : blindés, artillerie, etc… et sont concurrentes sur de très nombreux marchés.
  • Krauss Maffei  est une entreprise familiale, efficace à l’exportation, à la recherche d’une nouvelle dynamique.
  • Nexter bénéficie d’un plan de charge consolidé par le lancement du programme SCORPION d’équipement de l’armée de terre française (248 Engins blindés de reconnaissance – 92 VBMR avec une cible de 2080) et par les perspectives d’exportation du canon CAESAR. On ne peut pas en dire autant de Krauss Maffei….
  • Nexter est financièrement saine parce que l’Etat l’a déchargée de l’endettement considérable de GIAT Industries (à la charge du contribuable). Krauss Maffei a une gestion financière « familiale » et réaliste.

 

On ne connaît pas la nature de l’arrangement envisagé entre les deux entreprises mais l’affaire doit susciter une grande vigilance à Bourges et dans le Cher car :

  • il y aura inévitablement une restructuration de l’outil de production, mais aussi des bureaux d’études…
  • l’organisation du management et celle des organes de décision sera déterminante. On connaît la volonté des allemands de prendre la main sur les industries européennes de Défense. Ce n’est pas pour rien qu’ils ont fait capoter le projet d’alliance entre EADS et British Aerospace …
  • l’impact sur la sous-traitance ne peut être sous-estimé.

On sait le Gouvernement français dans une quête désespérée des ressources  indispensables pour financer la Loi de Programmation militaire. Il serait dangereux de vendre imprudemment les bijoux de famille.

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 20:50
crédits ONERA

crédits ONERA

 

02.07.2014 defnat.fr

 

Tribune par Patrice Mariotte, Président du directoire de la société TELERAD, PME technologique française (systèmes radio utilisés dans le contrôle de la navigation aérienne), et Bruno Grossières, en charge du développement commercial du secteur Défense de TELERAD.

 

L’apparition du premier aéronef sans pilote remonte probablement aux années 1930 avec le DH82 Queen Bee Tiger Moth, avion-cible utilisé par la Royal Navy pour ses exercices de tir anti-aérien. Depuis, les évolutions technologiques ont transformé les drones en outils incontournables pour les coeurs de systèmes stratégiques militaires et civils.

 

Si l’appellation « drone » (bourdon) semble trouver son origine par l’analogie avec le Queen Bee (reine des abeilles) les aéronefs sans pilote sont également connus sous l’acronyme UAV (Unmanned Aircraft Vehicle ou véhicule aérien inhabité). Les termes UAS (Unmanned Aircraft Systems) aux États-Unis ou RPAS (Remotely-Piloted Aircraft Systems) en Europe sont plus particulièrement utilisés pour désigner des systèmes complets (l’aéronef lui-même, associé aux moyens périphériques destinés à le mettre en oeuvre).

 

La population de drones ne répond pas à des normes spécifiques comme le fait l’aviation traditionnelle. Extrêmement hétérogènes (taille, masse, propulsion, technologie), ces systèmes UAS ou RPAS proposent un impressionnant catalogue de possibilités (surveillance, transport, détection, protection d’infrastructures, recherche, etc.). Cependant, leur utilisation est fortement limitée par l’obligation d’évoluer exclusivement en espace aérien approprié, c’est-à-dire « ségrégué » (en zones réservées, restreintes et temporaires).

 

Le succès économique de ce nouveau type d’aéronef dépend donc tout particulièrement de sa future intégration sans restriction dans la circulation aérienne générale, dans un espace non « ségrégué ». Ce qui, à l’heure du « Ciel unique européen », représente un véritable défi. Cette intégration ne pourra être réalisée qu’au moyen de la mise en place de règles de sécurité adaptées, ainsi que grâce au développement de technologies adéquates.

 

En Europe, la SESAR JU (Single European Sky Air Traffic Management Research Joint Undertaking) dont l’objectif est de développer un système européen de gestion du trafic aérien et des standards techniques, a publié en juin 2013 une feuille de route visant l’intégration des RPAS civils dans l’espace aérien libre. Dans le domaine militaire, une feuille de route des systèmes RPAS a également été approuvée en novembre 2013. Par ailleurs, l’Agence européenne de Défense (AED) a établi un cadre programmatique pour développer les technologies nécessaires aux drones militaires, le « Joint Investment Programme on RPAS ».

 

La problématique n’est pas seulement européenne : l’intégration des UAS dans le « National Airspace System » (NAS) est également au coeur de l’actualité aéronautique des États-Unis. Ainsi, une feuille de route a été publiée par la FAA (Federal Aviation Administration) en novembre 2013. Via la PBFA (Policy Board on Federal Aviation) et l’Excom (UAS executive comitee), le Département de la Défense (DOD) travaille en étroite collaboration avec la FAA sur l’accès des drones militaires aux espaces aériens non-ségrégués.

 

Les RPAS civils et le ciel unique européen

 

Le « Ciel unique européen » constitue l’un des projets les plus ambitieux de recherche-développement jamais lancé par la Commission européenne. Le programme SESAR en est le pilier technologique et opérationnel.

 

L’intégration des drones n’était pas explicitement prévue dans les phases initiales de ce programme mais face à une demande croissante de ces nouveaux usagers de l’espace aérien, le Groupe de pilotage européen des drones aériens (The European Remotely Piloted Air Systems Steering Group ERSG) a été mis en place par la Commission européenne en 2012. Ce groupe de pilotage est à l’origine d’une feuille de route, publiée à l’occasion du Salon aéronautique du Bourget en 2013, et ayant pour objectif une intégration initiale dans le système aérien à partir de 2016.

 

Cette feuille de route considère les systèmes drones RPAS civils, quelle que soit leur taille, comme des aéronefs. Cependant, le spectre des applications pour lesquelles les systèmes drones peuvent être utilisés étant plus large que celui de l’aviation commerciale traditionnelle, il est donc nécessaire, pour une intégration en toute sécurité dans les espaces aériens non-ségrégués de mener parallèlement plusieurs niveaux de réflexion. Ainsi, trois volets de travaux ont été identifiés : le volet développement de la réglementation sous la responsabilité de l’EASA (European Aviation Safety Agency), le volet R&D pour l’intégration à l’espace aérien confié à SESAR Joint Undertaking (SJU) et le volet traitant des aspects légaux sociétaux géré par la Commission européenne.

 

L’intégration dans l’espace aérien non-ségrégué sera progressive et établie en fonction des profils de vols typiques à chaque catégorie d’exploitation.

 

Au-dessous de 150 mètres d’altitude

 

Tout d’abord seront établies les conditions d’utilisation des drones à très bas niveau de vol, en dessous de 150 mètres d’altitude. On parle alors de Visual Line of Sight (VLOS) pour une utilisation de drone avec un rayon d’action inférieur à 500 mètres. Au-delà de 500 mètres, apparaissent les notions de RPAS avec l’Extended VLOS (E-VLOS) nécessitant des moyens de contact entre des observateurs et le pilote du drone, ou le Beyond VLOS (B-VLOS) pour les vols nécessitant un soutien technologique additionnel.

 

Au-dessus de 150 mètres d’altitude

 

L’exploitation des drones sera réalisée en espace non ségrégué et donc partagés avec les autres aéronefs. Dans ce cas on distinguera les RPAS « radio lineof- sight », dont la capacité clé sera le « detect and avoid », et les RPAS « Beyond radio line-of-sight » utilisant un lien de communication par satellite pour la commande et le contrôle. Dans tous les cas, le système RPAS doit être capable d’opérer dans un espace aérien mixte, à l’identique des avions pilotés, que ce soit en IFR (Instrument Flight Rules) ou en VFR (Visual Flight Rules). Il ne doit pas avoir un impact sur les autres utilisateurs de l’espace aérien et doit être en conformité vis-à-vis de la réglementation CNS (Communication Navigation Surveillance) selon la classe de l’espace aérien dans lequel il évolue.

 

Afin de prendre en compte la complexité de cette intégration qui nécessite l’émergence de nouvelles technologies et l’étude de nouvelles normes, la feuille de route propose trois sous-niveaux d’intégration pour chaque catégorie : l’exploitation initiale, l’intégration elle-même, puis l’évolution. Suite à ce processus, l’intégration finale des systèmes RPAS au-dessus de 150 mètres en espace aérien non ségrégué se dessine respectivement aux horizons 2023 et 2028 pour les vols IFR et VFR.

 

Dans le contexte de cette intégration des systèmes RPAS en espace multiavions, neufs projets mettant en oeuvre des drones de différents types et de différentes tailles ont été sélectionnés par SESAR JU. Ces projets ont pour objectifs d’explorer la faisabilité de l’intégration au sein d’une communauté d’aviation élargie en 2016 et de se focaliser sur des résultats concrets permettant de combler les écarts opérationnels et techniques. Ils doivent également permettre d’identifier les synergies ainsi que les risques et possibilités offertes vis-à-vis du programme SESAR.

 

Par ailleurs la SESAR JU a annoncé la publication d’un appel d’offre portant sur la phase de définition de l’insertion des RPAS civils dans le système d’aviation européen dans le contexte de l’initiative du ciel unique européen. L’objectif de cet appel d’offre est de détailler un programme R&D, qui sera intégré au calendrier des activités de validation nécessaires dans le cadre du programme SESAR 2020.

 

Les RPAS militaires et le Ciel unique européen

 

L’intégration des drones militaires (Male/Hale – moyenne/haute altitude, longue endurance) dans le ciel unique européen pose deux problématiques principales. La première est liée à la spécificité des missions militaires et à la construction d’un « Ciel militaire européen » permettant à des drones militaires de franchir les frontières. La seconde est l’intégration des drones militaires dans les espaces nonségrégués du Ciel unique européen.

 

Au niveau de la France, la solution actuelle repose sur la gestion de tronçons d’espaces aériens ségrégués qui sont dynamiquement ouverts puis fermés après le passage du drone, en coordination avec le contrôle aérien civil. C’est le concept de « smart segregation » créé par la Direction de la sécurité aéronautique de l’État (DSAE) pour l’utilisation des drones Male.

 

Au niveau européen, l’AED est l’un des principaux acteurs de l’insertion des drones dans le ciel européen. C’est l’interlocuteur privilégié de la SESAR JU en termes de coopération civilo-militaire et permet d’assurer l’implication de l’ensemble de la communauté militaire. Elle apporte son expertise et organise la collecte des résultats nécessaires dans des domaines spécifiques. La problématique d’insertion des drones est traitée dans le projet « EDA RPAS Pioneer Project » qui se décline en quatre piliers :

• Insertion dans le trafic aérien.

• Certification des RPAS.

• Le programme des drones Male européens futurs.

• La coopération militaire européenne.

 

Lors du Comité directeur de l’AED du 19 novembre 2013, les ministres de la Défense ont approuvé une feuille de route sur les systèmes RPAS qui vise à poser les bases d'une solution européenne à l’horizon 2020-2025.

 

En conclusion, véritable défi dans le cadre de la construction du Ciel unique européen, le succès de l'insertion des drones dans la circulation aérienne sera, à terme, un levier de croissance déterminant pour le développement des industries associées à leur production et à leur exploitation.

 

Éléments de bibliographie et liens Internet

 

« Interview du directeur exécutif de la SESAR Joint Undertaking » in La lettre TELERAD Défense, décembre 2013.

Feuille de route européenne « European RPAS Roadmap »

Feuille de route de l’AED

Rôle d’Eurocontrol dans l’intégration des RPAS.

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 15:55
La défense est le pilier de l'industrie française

 

08/07/2014 Général d'Armée aérienne Denis Mercier, Chef d'Etat-major de l'Armée de l'air – Opinions, LaTribune.fr

 

Pour maintenir l'excellence des industries aéronautiques et spatiales françaises, il faut identifier les technologies clés de l'avenir et maintenir un effort soutenu d'études, explique le général Denis Mercier, Chef d'Etat-major de l'Armée de l'air.

 

En matière de tissu industriel, l'activité « défense » représente notamment 4000 PME, 300.000 emplois dont 165.000 directs et 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Le secteur de l'aéronautique civile et militaire représente la plus grande part de la base industrielle et technologique de défense (BITD) en France et en Europe, en développant 20 technologies parmi les 27 classées critiques. Il capte 40% des dépenses d'investissement de la défense. De même, le domaine aéronautique est prépondérant parmi les capacités industrielles militaires critiques (CIMC) indispensables à la souveraineté nationale.

Par ailleurs, l'apport des technologies aéronautiques développées pour le domaine militaire dans le domaine civil est fréquent : le lanceur Ariane est issu des travaux menés dans le cadre des missiles de la dissuasion, Airbus est « fille » de l'aéronautique militaire, le logiciel de conception Catia de Dassault initialement développé pour les avions de combat est désormais utilisé pour l'aviation civile, l'automobile et de nombreux autres secteurs industriels. Les défis que doivent quotidiennement relever les industriels dans les domaines de l'aérodynamique, des structures, de la motorisation, des systèmes de navigation, des liaisons de données, ou encore des systèmes de protection contre les missiles stimulent la recherche et le développement technologique. Les industries aéronautiques et spatiales françaises sont unanimement reconnues dans les domaines civils et militaires. Porteuses de croissance et d'innovation, elles sont des fleurons de l'industrie nationale. Une capacité industrielle et technologique perdue ne pourrait être récupérée qu'au prix d'investissements, humains et techniques, considérables sur plusieurs années (de quinze à vingt ans sont nécessaires pour (re) constituer une capacité de conception et de développement de systèmes aéronautiques).

Un programme majeur comme l'Airbus A400M est un cas concret à partir duquel une véritable stratégie industrielle européenne peut être pensée pour éviter le délitement de ce tissu précieux. Il met aux prises nombre d'acteurs privés ou étatiques, nationaux et communautaires dont la coordination au niveau européen est indispensable.

Par ailleurs, le maintien en service pour encore plusieurs décennies de nombre de nos équipements (le Rafale et son système d'armes resteront en service au-delà de 2050) nécessite que les compétences industrielles indispensables au soutien et aux nécessaires évolutions de ces matériels soient conservées. Même à figer leur définition et accepter de fait leur déclassement progressif au regard de l'évolution des menaces et des critères d'interopérabilité, il est impératif de maintenir ces compétences, ne serait-ce que pour assurer la pérennité des capacités militaires actuelles.

Ce « temps long » des programmes d'armement doit s'appuyer sur une profondeur d'analyse de long terme, indispensable pour assurer la continuité des capacités opérationnelles. Les premiers Rafale livrés devront être retirés du service à compter de 2026, date à laquelle ils atteindront leur limite de vie après plus de vingt années de service. Les conditions du renouvellement de la composante aérienne de combat se définissent aujourd'hui compte tenu des délais d'étude et de développement nécessaires pour définir, développer et mettre en place un nouveau système d'armes.

 

Pour des mutualisations d'abord bilatérales

Pour éclairer les choix des capacités stratégiques à conserver et donner aux forces les moyens de remplir leurs missions, il faut identifier les technologies clés et maintenir un effort soutenu d'études amont. Les capacités de la France à exercer sa souveraineté, à « entrer en premier » sur un théâtre, à participer à la « stabilisation » d'une crise ou à évaluer de façon autonome les situations devront faire appel à des capacités industrielles nouvelles porteuses de mutations technologiques de l'outil de défense. Certains domaines, tels que la surveillance de l'espace extra-atmosphérique et de l'espace aérien, la cybernétique, l'hypervélocité, la furtivité, la détonique, l'accès aux ressources satellitaires, l'observation à partir de véhicules stratosphériques, l'ingénierie des réseaux, sont déjà identifiés.

Les enjeux pour la puissance aérienne portent sur le renouvellement des capteurs de défense aérienne, l'évaluation de la situation dans l'espace, le renouvellement du missile de dissuasion, la maîtrise des effets militaires par l'optimisation des charges, la création d'une filière européenne de drones et la mise en place d'un système de combat combinant des moyens pilotés et non pilotés. Le besoin de réaliser et d'atteindre des capacités opérationnelles doit rester à la base de tout choix futur en matière industrielle. Ceci est en particulier le cas dans le domaine des études amont, dont le besoin au titre du maintien des compétences primordiales ne fait pas débat, mais pour lesquelles les choix ne devront pas reposer uniquement sur des impératifs industriels. Au regard de l'étendue des besoins capacitaires et des capacités financières prévisibles, toutes les opportunités d'optimisation, de partage ou de mutualisation des coûts de développement, voire de production, doivent être recherchées.

De même, des développements au travers de capacités duales, lorsque cela est possible, devraient également permettre l'accès à des financements européens dans le cadre du programme H2020 de la Commission européenne. Le renouvellement des radars de défense aérienne représente dans ce cadre une opportunité, compte tenu de leur contribution à l'évaluation et à la sécurité aérienne de l'Europe. Le développement de programmes en coopération reste une voie possible, mais elle ne peut s'avérer efficace que s'il y a une convergence suffisante des besoins, ce qui incite à favoriser dans un premier temps des approches bilatérales avant de les étendre ensuite à davantage de nations. Une réflexion partagée entre l'État et l'industrie devra également porter sur le poids respectif des coûts de MCO, avec pour fil directeur là aussi la satisfaction du besoin opérationnel. Par ailleurs, les constructeurs aéronautiques et les utilisateurs gagneraient à converger sur une nouvelle politique de gestion de risque dans la maintenance des aéronefs, pour en diminuer les coûts. La profondeur de diagnostic de panne désormais possible avec les systèmes modernes peut être exploitée différemment afin d'optimiser le niveau de maintenance.

L'importance de l'export, enfin, notamment au titre des contributions apportées aux capacités de développement, demeure incontournable. Le soutien étatique dans ce domaine est un élément primordial. Les forces armées en général, et l'armée de l'air en particulier, apportent dans ce cadre, la caution de l'utilisateur national ainsi qu'un accompagnement indispensable à l'exportation des matériels de défense de notre industrie nationale.

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 19:55
Dissuasion nucléaire. Le débat est lancé

Pour le chef d'état-major de la marine, la dissuasion nucléaire doit être crédible et pour l'être, la permanence à la mer est indispensable. (photo Marine Nationale - Armée de l'Air)

 

7 juillet 2014 Catherine Magueur - LeTelegramme

 

Quel avenir pour la bombe ? Il n'y a jamais eu de débat contradictoire sur la dissuasion nucléaire, alors que l'arme nucléaire existe en France depuis plus de 50 ans ! La Commission de la défense a auditionné des « pro » et des « anti ». De l'inédit. Le Télégramme a pu se procurer la copie.

 

Les écologistes avaient déposé un amendement exigeant la suppression de la dissuasion nucléaire lors de débats sur la loi de programmation militaire. Il a - sans surprise - été rejeté mais a révélé une demande de débat contradictoire. La présidente de la commission de la Défense, Patricia Adam, a décidé de lancer une série d'auditions qui touchent à tous les aspects de la dissuasion nucléaire. Le résultat ? Un recueil que chacun pourra consulter dès aujourd'hui. Passionnant. Ce que l'on peut entendre : la guerre froide est loin, les citoyens ne voient pas de menaces qui nécessiteraient l'utilisation de la bombe. De plus, la dissuasion - un gros budget - fait des envieux, dans le contexte de rigueur.

 

« Un outil cohérent »

 

Qu'en est-il ? « Nous disposons d'un outil adapté cohérent et optimisé », a déclaré Pierre de Villiers, le chef d'état-major des armées. « La dissuasion nucléaire est aussi pertinente au XXIe siècle, qu'elle l'a été au XXe », assure-t-il. Les deux composantes (aérienne et océanique) sont, selon lui, complémentaires. Abandon de la dissuasion, suppression d'une composante pour faire des économies : le général de Villiers est persuadé que cela ne profiterait pas à l'armement conventionnel.

 

Cinq euros par mois et par Français

 

L'amiral Rogel, chef d'état-major de la marine est clair : la dissuasion est une stratégie politique avant d'être un outil militaire. Une chose est sûre selon lui : la dissuasion doit être crédible. « Si elle ne l'est pas, elle ne dissuade pas », dit l'amiral. Pour bien dissuader, il faut la permanence à la mer, ce qui signifie au moins quatre SNLE. L'amiral Rogel donne un calcul « simpliste mais nécessaire » : « Si l'on ramène le coût annuel de l'agrégat nucléaire, qui est de 3,5 milliards d'euros, au nombre de notre population, le coût de la dissuasion est de cinq euros par mois et par Français. Est ce trop cher pour notre sécurité ? ». De l'inédit encore : la commission a auditionné les aumôniers en chef des armées, un rabbin, un imam, un pasteur, un évêque. Selon eux, cette arme « qui tue sans distinction » doit rester « hors normes ». Un ancien militaire, ancien pilote de chasse et pro-nucléaire pendant la guerre froide, a changé de fusil d'épaule : le général Bernard Norlain se fait le chantre d'un désarmement nucléaire « général - multilatéral, progressif et contrôlé ».

 

Un « obstacle à la paix »

 

Jean-Marie Collin, auteur de « Arrêtez la bombe » s'interroge : « Pourquoi le débat est-il bloqué ? Quelles sont les économies possibles et l'utilité des armes nucléaires ? Qu'en est-il de l'obligation du désarmement et de l'élimination de ces armes ? ». La France qui a signé le TNP, le Traité de non-prolifération, « ne respecte pas, dit-il, ses engagements ». En fait, selon lui, « l'arme nucléaire est un obstacle à la construction d'un véritable monde de paix ». Le recueil des auditions ne présente ni synthèse, ni conclusions. Un seul constat : celui de la présidente, qui dans l'avant-propos souligne que « le monde d'aujourd'hui n'est pas moins dangereux ni moins incertain que celui d'hier » et que « la vocation de notre outil de dissuasion demeure ». Le débat est lancé.

Dissuasion nucléaire. Le débat est lancé

Note RP Defense : débat lancé quand les écologistes étaient encore au gouvernement. L'audition des représentants religieux à l'Assemblée Nationale doit [beaucoup] s'expliquer par l'influence du mouvement anti-nucléaire [protestant- anglo-saxon ?]. Curieusement, la menace est restée la même, loin de l'Est, mais plus proche de l'Europe. Quant au renégat macaronné ....il a sans doute le syndrome qui permet d'oublier les Pershing et les SS-20. Nul doute qu'il en restera quelques un(e)s (dont RP Defense) pour pour démontrer que l'indépendance du M-51 et de l'ASMP vaut mieux que l'asservissement du Trident.

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 07:45
Défilé des drapeaux Africains 14 Juillet 2010 - C.Fiard DICOD

Défilé des drapeaux Africains 14 Juillet 2010 - C.Fiard DICOD

 


07.07.2014 Leïla Beratto, correspondante RFI à Alger

En Algérie, le ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra a confirmé ce dimanche 6 juillet que des soldats algériens défileraient bien sur les Champs Elysées pour le 14 juillet prochain. Annoncée par Paris il y a quelques jours, cette participation ne fait pas plaisir à tout le monde. Et la polémique pourrait bien prendre de l’ampleur.

 

C’est désormais officiel, mais pas sûr que la polémique se calme. Lorsque Paris annonce que 80 pays dont l’Algérie participeront au défilé du 14 juillet, les dents grincent. Aujourd’hui, les anciens combattants sont opposés à cette participation, la presse n'y est pas favorable non plus.

Premier problème : Paris veut remercier les nations qui l’ont aidé pendant la Première Guerre mondiale. Sauf qu’a l’époque, l’Algérie n’était pas un pays, mais un département français. Entre 1914 et 1918, près de 200 000 Algériens sont envoyés en France, certains le sont par la force.

 

Une lecture séquentielle de l’histoire

Deuxième problème : pour certains, si des Algériens se sont engagés, c’est parce qu’ils espéraient avoir plus de droits. Or ces droits, ils ne les ont pas obtenus à la fin de la guerre. Historiens, militaires et journalistes ne comprennent pas comment l’Algérie peut aller sur les Champs Elysées sans qu’un travail de mémoire plus profond ne soit fait.

Et le journal El Watan résume la polémique ainsi : « l’invitation française à Alger pour faire défiler des soldats de l’ANP le 14 juillet démontre que la France officielle n’a qu’une lecture séquentielle de l’histoire, de sa propre histoire d’ancienne puissance coloniale. »

 

→ À CONSULTER : Notre dossier consacré au centenaire de la Grande Guerre

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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 11:55
Les armes ne sont jamais neutres


04.07.2014 par Philippe Leymarie - Défense en Ligne
 

Les armes, on le sait, ne sont pas des marchandises comme les autres. A quelques exceptions près – comme le fameux et quasi-universel fusil d’assaut de feu M. Kalachnikov – elles sont produites et diffusées sur une base nationale, sur décision politique, et sur financement d’un Etat, quitte ensuite à essayer d’en amortir les coûts de développement grâce à des ventes à l’export. Un commerce donc, mais soumis à de lourdes contingences politiques et réglementaires, qui sont parfois détournées. Exemples…

 

En Allemagne, Rheinmetall est sur le point de finaliser un juteux contrat avec lʼAlgérie : un millier de transports de troupes blindés de type « Fuchs II », ainsi que lʼusine qui en construira la majeure partie en Algérie même. Le projet est lancé depuis 2011, où il avait reçu un premier feu vert du Conseil fédéral de sécurité. Selon la lettre TTU (n°939, 28 juin 2014), « Berlin aurait cependant assorti ce contrat d’une clause, limitant la production des engins assemblés en Algérie à une utilisation exclusive par les forces algériennes et à une interdiction d’exportation vers des pays tiers ». En outre, ThyssenKrupp construit deux frégates pour la marine algérienne, et Daimler a placé quelques centaines de camions militaires. Le tout représente au moins 4 à 5 milliards dʼeuros de rentrées pour lʼindustrie allemande [1].

Comme l’établit le rapport gouvernemental sur les exportations d’armes, récemment paru à Berlin, l’Indonésie et surtout l’Arabie saoudite – outre l’Algérie – sont parmi les premiers clients d’une industrie allemande de l’armement qui se sent pousser des ailes : en 2013, les ventes à l’export d’armes et produits assimilés ont approché les 6 milliards d’euros. Mais Sigmar Gabriel, alors président du parti social-démocrate, sʼétait engagé lors de la campagne électorale à nettement restreindre les exportations dʼarmes. Devenu ministre de l’économie dans l’actuelle coalition, il est justement responsable du contrôle de ces exportations et membre du Conseil fédéral de sécurité, lequel octroie ou refuse à huis clos le droit à exporter.

 

Suite de l'article

 

Lire le premier volet : « La foire aux armes »

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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 16:50
The three effects of dual-use: firms, capabilities, and governance

 

 04 July 2014 Daniel Fiott Brief - No21

 

It is easy to overlook the fact that many of the products and technologies we use on a daily basis – and now take for granted – have their origins in the defence sector. GPS navigation units, the internet, touch screens, digital cameras, and even microwaves, were all, in one way or another, invented and developed in the defence field and paid for out of defence budgets. The reverse is also true, however, with a number of commercially designed products and technologies now being employed in the realm of security and defence.

The term ‘dual-use’ has since emerged as a label which reflects these increasingly blurred lines. At a policymaking level, dual-use is seen as a means to address general decreases in defence expenditure across the European continent, market fragmentation, rising technology costs and fierce international competition. The hard truth is that Europeans are finding it increasingly difficult to sustain investment in the defence sector. Eurostat, for example, calculates that the EU28 allocated only 5.11% of their total research and development (R&D) budgets to defence in 2012. Additionally, ASD Europe estimates that out of the total €128 billion worth of sales in the aeronautics sector, only €46 billion was generated by military-related projects. For those firms with both defence and commercial arms, commercial R&D and sales are therefore increasingly essential to their competitiveness.

 

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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 07:55
Les géants du Web et la cybercriminalité

 

 

Les géants du Web se positionnent aujourd’hui comme les fervents défenseurs d’un monde numérique plus sûr, et mettent au coeur de leur priorité une lutte acharnée contre la cybercriminalité. Cependant, le tsunami causé par Edward Snowden et les révélations du programme PRISM ont mis à mal la réputation des mastodontes du Net. Google, Facebook, Apple, Microsoft, autant de sociétés qui ont été montrées du doigt par les internautes, qui se sont sentis trahis, perdant toute confiance envers ceux qui s’autoproclamaient gardiens d’un Internet respectueux des données et de la vie privée des utilisateurs.

 

De plus, si la lutte contre la cybercriminalité est une cause noble, elle n’en reste pas moins un segment très rentable pour l’économie dont les géants du Web ne se privent pas, puisqu’ils restent avant tout des compétiteurs dont le profit est le leitmotiv.
Ce leitmotiv pousse ces firmes américaines à conquérir de nouveaux marchés, afin de fuir la saturation des réseaux en Occident. Mais les pays émergents accusent un retard conséquent dans l’intégration des nouvelles technologies à leur société. Les géants du Web n’ont alors qu’un pas à faire pour s’engouffrer dans la brèche de la fracture numérique, et se posent alors comme les sauveurs de ses sociétés où beaucoup reste à faire en matière de numérique. Tout cela au risque de déployer un peu plus le cyberespace et ainsi d’offrir un terrain de jeu encore plus attrayant pour les cybercriminels.

 

Télécharger l'étude : Les géants du Web et la cybercriminalité

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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 07:25
La sécurité des Territoires Frontaliers  à l'ère du global


02/07/2014 IRSEM


La sécurité des Territoires Frontaliers  à l'ère du global 
La Triple frontière (Brésil, Argentine, Paraguay)
Cynthia Sallou

 

Fiche de l'IRSEM n°33 - 2014

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 16:50
photo Marine nationale  Fréféric DUPLOUICH

photo Marine nationale Fréféric DUPLOUICH

 

20 Juin 2014 Par CV Ebanga, Marine Nationale

 

La coopération internationale, les coalitions et les alliances ont toujours été essentielles au succès stratégique de l’action militaire. Soyons cependant conscients de quelques points.

 

D’abord, la manifestation des ambitions communes résulte très souvent de la vision et surtout de la volonté d’individus. Il est donc impératif que ces objectifs stratégiques leur survivent.

 

Ensuite, la capacité d’agir ensemble ne se décrète pas au moment où survient la crise. Il est alors trop tard. La confiance, le respect mutuel, la connaissance réciproque, la capacité à communiquer, à échanger, « à faire ensemble », ne s’improvise pas. Cela se construit dans la durée et sans que rien ne soit jamais définitivement acquis.

 

Suite de la tribune

 

[1] « Ne jamais s’arrêter, ne jamais s’installer »

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 11:55
Lettre d'information du G2S

 

Paris, juin 2014 La Saint-Cyrienne

 

"Finalement, à cette heure, nul ne sait si le budget des armées sera concerné par cette nouvelle vague d'économies imposée à l'Etat, alors que Bercy pèse de tout son poids pour qu'il le soit..."
(extrait du préambule du Général d'armée (2s) Jean-Marie FAUGERE, Président du G2S)
 

Vous trouverez la suite et le dossier relatif au budget de la Défense en lisant la "Lettre d'information du G2S, n°83"

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 10:55
Visite à Gao d'une délégation du ministère des affaires étrangères guidé par un officier du CIAE, chef APEO. Photo J.Bardenet AdeTerre  EMA

Visite à Gao d'une délégation du ministère des affaires étrangères guidé par un officier du CIAE, chef APEO. Photo J.Bardenet AdeTerre EMA

 

27/06/14 par Grégory Charvieux - portail-ie.fr

 

Parler d’influence dans les forces armées, c’est avoir à l’esprit « la guerre au sein des populations ». Certains alliés utilisent aussi l’influence pour faciliter la signature de contrats économiques. De fait, l’actuel déficit commercial de la France et les opportunités offertes aux militaires en opérations pourraient entraîner le développement d’une nouvelle stratégie d’influence au sein des armées et ce, dans un cadre interministériel.

 

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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 12:45
Re-mapping the Sahel: transnational security challenges and international responses

 

24 June 2014 by Cristina BarriosTobias Koepf - Report - No19 -

 

States – whether classified as strong or fragile – and nations still matter in the Sahel, but local and country dynamics are better understood in the broader regional context.

The report underscores the necessity for a concerted and comprehensive regional approach, whose importance is increasingly confirmed by security threats that do not stop where state borders are drawn. The pertinence of such an approach has been confirmed by the appearance of ‘Sahel Strategy’ documents drawn up by different institutions, including the EU, reflecting a flexibility and a pragmatism in adapting international responses that is much needed.

 

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 16:55
Du bon usage de la Défense comme accélérateur de croissance

--- et non pas comme simple variable d’ajustement

 

26/06/2014 Philippe Folliot, Député du Tarn,Secrétaire de la commission de la défense et des forces armées, Contre gouvernement UDI - .lenouveleconomiste.fr

 

L’enjeu d’une politique industrielle ‘agressive’ de défense va en effet bien au-delà d’une simple défense de protection du territoire et de quelques opérations externes

Alors que la majorité des Français revendiquent leur attachement aux forces armées, comme est venu le rappeler un récent sondage réalisé par IFOP pour Atlantico, la communauté de la défense se retrouve, une fois de plus, en position d’accusée.

 

Malgré la tenue d’un Conseil de défense, appelé de ses vœux par le président de la République, qui avait pourtant dit et redit sa volonté de sanctuariser la Loi de Programmation Militaire (LPM) votée il y a six mois à peine, tous les indices de réduction du budget de la défense mis en évidence dans le débat public ces derniers jours ne sont pas totalement levés.

 

Pourtant, la LPM, qui décline pour les cinq prochaines années les orientations budgétaires, les ambitions stratégiques et les choix capacitaires de la France, méritent une plus large concertation avec la Nation.

 

Alors même que l’exécution de la LPM est déjà sujette à caution, notamment compte tenu des perspectives quelque peu divinatoires en matière des ressources exceptionnelles qu’elle induit (notamment quant aux ventes de Rafales ou sessions de fréquences) – à hauteur elle aussi exceptionnelles de 6 milliards d’euros – il conviendrait de saisir la nouvelle opportunité que nous offre la mobilisation de la communauté de la défense, préoccupée par les coupes budgétaires prédites, pour en mettre en exergue le formidable moteur de croissance qu’elle constitue pour l’économie française.

 

Etrange paradoxe !

 

Inacceptable situation même, alors que les militaires et personnels civils de la défense continuent à lutter activement et avec abnégation contre les déficits publics.

 

Les Français sont d’ailleurs reconnaissants des efforts fournis par nos forces armées pour la modernisation et la rationalisation de l’Etat : 68% de nos concitoyens considèrent que les efforts demandés aux armées pour réduire les déficits publics (suppression d’effectifs, diminution des budgets, fermetures de bases…) au cours de ces dernières années ont été significatifs.

 

En 2017, ce seront, en effet, 84 000 emplois directs que le Ministère de la Défense aura perdu en dix ans, sachant que cet effort représente déjà à lui seul 58 % des baisses d’effectifs de la fonction publique d’État.

 

Dans une France métropolitaine vivant heureusement en paix depuis plusieurs décennies, on n’a eu de cesse de réduire les sujets liés à la défense à la question – hypothétique – de la protection du territoire contre une éventuelle menace extérieure ou, par défaut, à quelques opérations militaires éloignées du territoire européen, avec la difficulté, parfois, d’en justifier la légitimité ou la faisabilité devant les Français. C’est le cas aujourd’hui avec la RCA, c’était le cas hier au Mali et en Afghanistan.

 

C’est une dimension importante de la défense nationale, certes ; mais toutefois elle ne saurait réduire le débat à ses seules dimensions protectrice et coercitive, sous le double faisceau de la légalité onusienne du « devoir de protéger » et la légitimité de l’engagement de nos forces pré-positionnées sur le continent africain.

 

En effet, la défense recouvre en France des enjeux industriels impactant de nombreuses dimensions de notre société, notamment dans le cadre du développement de l’attractivité économique de notre pays.

 

Parallèlement, on constate, d’une part, une demande tendant à davantage de mutualisation en matière de défense et de projets industriels d’armement au niveau européen (88%), d’autre part, la nécessité de maintenir le niveau actuel des commandes de matériel militaire car l’avenir de nombreuses entreprises et de leurs salariés en dépend (78%).

 

Faut-il rappeler au moment de l’incontournable Salon international de l’armement terrestre Eurosatory qui se tiendra du 16 au 20 juin à Villepinte, que le secteur de l’armement est, en France, l’un des principaux fleurons industriels, notamment en termes de performance et d’excellence technologique. Depuis plusieurs années, la France est ainsi le cinquième exportateur mondial après les Etats-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne et désormais la Chine.

 

C’est en partie du fait que le chiffre d’affaires annuel de l’industrie française de l’armement présente près de 15 milliards d’euros dont 5 milliards à l’export, que sept présidents parmi les plus importantes sociétés industrielles de défense et d’armement (EADS-Airbus Group, MBDA, DCNS, Dassault Aviation, Nexter, Thales et Safran) ont tenu à rappeler au Président de la République ses engagements.

 

Balance commerciale, R&D et synergies civiles

 

L’enjeu est de taille afin que la France ne se retrouve pas dans une situation d’inexorable décrochage technologique et de déclassement qui menacerait in fine non seulement sa souveraineté mais également sa compétitivité.

 

Faut-il aussi rappeler que le secteur industriel de défense a une incidence non négligeable sur l’équilibre de la balance commerciale. Le secteur industriel de défense demeure, par son caractère dual, notamment au niveau de l’industrie aéronautique, spatiale, optronique et de l’électronique de défense, le premier secteur exportateur français, avec un excédent commercial depuis 2010 de, peu ou prou, 18 milliards d’euros apportés chaque année à la balance commerciale française.

 

C’est aussi un secteur qui irrigue l’ensemble du tissu industriel français, qu’il s’agisse des grandes entreprises, des ETI et des PME, porteuses de fructueuses synergies dans les domaines civils – dans le domaine des matériaux, composants électroniques, avioniques, aéronautiques, spatiaux et dans le domaine de la robotique.

 

Les industriels de défense ont eu raison de rappeler au Président de la République qu’en investissant constamment dans le tissu industriel français, ce sont près de 15% du chiffre d’affaires des industries de défense qui sont ainsi investis en matière de Recherche et Développement (R&D).

 

Le secteur industriel de l’armement, en plus d’être performant et économiquement profitable, est sans doute également l’un des derniers où l’état français a encore les moyens de mener une véritable politique industrielle sur le long terme. C’est ainsi une R&D de défense qui irrigue l’ensemble du tissu industriel français et européen depuis des décennies.

 

Qui plus est, en France, l’Etat est l’un des principaux actionnaires des grands groupes industriels de l’armement qui figurent également parmi les plus importantes sociétés européennes de ce secteur : 15% d’EADS qui détient notamment 46% de Dassault aviation ; 27% de Thales ; 30% de Safran ; 74% de DCNS ; 100% de Nexter…

 

Nous avons tout intérêt à mener une politique industrielle de défense ambitieuse, voire d’impulser une dynamique de politique industrielle de défense européenne, comme nous y incitent 88% des Français, ainsi que l’indique le sondage IFOP.

 

Le besoin est d’autant plus criant qu’avec la crise financière, les quelques 4 000 PME françaises qui interviennent régulièrement dans le secteur de la défense se trouvent aujourd’hui dans une situation critique, alors que la base industrielle et technologique de défense (BITD) française représente 165 000 emplois directs – dont un tiers impliqué dans le secteur des exportations (50 000 emplois directs) et presque autant d’emplois indirects.

 

En estimant donc que l’ensemble des ressources humaines du ministère de la défense représentera 260 000 hommes à l’horizon 2019, l’on peut considérer qu’environ 600 000 personnes travaillent pour la défense ou dans le secteur de l’armement. A titre de comparaison, le secteur de l’automobile représente environ 700 000 emplois en France.

 

Le poids social lié à la défense est donc loin d’être négligeable. Il conviendrait de le prendre en compte, avec lucidité, comme un formidable outil de croissance et non en le dépeignant comme un constant facteur d’ajustement, d’autant plus facilement ajustable que les militaires, en garants scrupuleux de leur mission de service public, ne manifestent pas leur mécontentement en battant le pavé, du moins pas encore…

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 13:55
Economies : la Défense à l’heure des choix.

 

26 juin 2014 Par Roland Greuzat (Kerzagreu)

 

Un ministre totalement décomplexé

 

Le ministre de la Défense, Jean Yves le Drian, s’émeut à juste titre de la réduction des dépenses qui risque de lui être imposée et des coupes franches qu’il risque de devoir faire dans les programmes si d’aventure il n’arrive pas à faire fléchir Manuel Valls d’abord et Bercy dans la foulée…. Le Président, manifestement, il s’en charge. Et il ne manque pas d’arguments : ceux des autres et les siens propres. Premier avertissement la mise en garde accompagnée d’une menace de démission éventuelle des Chefs d’Etat Major des trois armes, du jamais vu, de l’impensable, ensuite celle que fait planer le ministre lui même. Et une menace de démission de Jean Yves le Drian est un élément crédible à mettre dans les plateaux de la balance : il garde, chevillée au corps, l’envie de retourner à la présidence de sa région bretonne (si tant est qu’il l’eut jamais quittée, Pierrick Massiot fait toujours figure d’intérimaire) surtout à l’heure où le « remembrement régional » se dessine à grand traits avec un accroissement territorial actuellement à géométrie variable selon les jours et les rumeurs et surtout un accroissement plus que certain des compétences.

 

Suite de la tribune

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 07:55
Notes de Recherche Stratégique de l'IRSEM


24/06/2014 IRSEM

 

Cette rubrique rassemble les travaux de différents chercheurs de l'IRSEM comme de personnalités extérieures, sur des thématiques d'actualité stratégique contemporaine.

 

Numéro 10 - 2014
The comprehensive approach and the European Union: a case study of the Horn of Africa?
Auteur : Général (2S) Maurice de Langlois (dir.)

La Corne de l’Afrique est une région confrontée à des défis majeurs de sécurité, dont le cas de la Somalie est emblématique. Cette note étudie la mise en œuvre de l’approche globale par l’Union européenne dans cette région, qui se traduit par une combinaison d’actions diplomatiques, humanitaires, économiques et militaires. Si les résultats de l’action de l’UE sont largement positifs, l’auteur détaille les difficultés générées par les problématiques budgétaires, de coordination et de gouvernance. Il formule des recommandations visant à optimiser la mise en œuvre de cette approche globale.

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Numéro 9 - 2014
Vers une nouvelle posture nucléaire israélienne?
Auteur : Pierre RAZOUX

La publication d'un article par un think tank israélien (le BESA), proche du Premier ministre israélien, qui recommande expressément qu’Israël sorte de l’ambiguïté pour s’affirmer ouvertement en tant que puissance militaire dotée de l’arme nucléaire, devrait faire date. La publication de cet article survient dans un contexte géopolitique régional très incertain.

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Numéro 8 - 2014
Analyse de la crise ukrainienne. Regards universitaires, dossier rassemblé par Frédéric Charillon
Auteurs : Olivier Schmitt, Silvia Serrano, Marie-Elisabeth Baudoin, Françoise Daucé, Igor Delanoë, Elena Morenkova-Perrier, Inessa Baban

A la suite de la première Note de recherche Stratégique consacrée à la crise ukrainienne ( n°6-2014), l’IRSEM rassemble sept autres chercheurs spécialistes de la zone, pour analyser les répercussions possibles de l’épisode russo-ukrainien. Nous tenons cette fois encore à remercier les auteurs d’avoir accepté de contribuer à cet exercice : nous mesurons ce que représente, en cette période de l’année, l’acceptation de délais aussi courts, et l’amitié que cela témoigne à l’égard de notre institut.

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Numéro 7 - 2014
La pensée stratégique israélienne confrontée à la nouvelle donne au Moyen-Orient
Auteur : Pierre RAZOUX

La pensée stratégique israélienne est plus que jamais tiraillée entre la vision pragmatique et réaliste des stratèges militaires qui en ont longtemps été dépositaires, et une vision idéologique qui reflète le discours d’une classe politique qui s’est progressivement imposée face à l’institution militaire. Ni les médias, ni le monde académique ne sont, pour l’instant, en mesure d’imposer une pensée stratégique alternative. Aucun Livre blanc ne vient préciser ses fondements.

Lire la suite (pdf - 615 ko)

 

Numéro 6 - 2014
La crise ukrainienne vue par les chercheurs, dossier rassemblé par Frédéric Charillon

Auteurs : Dominique David, Anne de Tinguy, Jean-Christophe Romer, Alexandra Goujon, Florent Parmentier, Sophie  Lambroschini, Cyrille Bret

Pour éclairer la situation ukrainienne (au 25 mars 2014), l'IRSEM rassemble une première série de contributions synthétiques proposées par des universitaires spécialistes de la zone. Par souci de réactivité, les auteurs ont pris de leur temps pour accepter les délais particulièrement courts de cet exercice.

Lire la suite (pdf - 553 ko)

 

2014- Notes de recherche stratégiques de l'IRSEM

Numéro 5 - 2014
La pensée stratégique des deux Corées
Auteur : Antoine BONDAZ

Lire la suite (pdf - 613 ko)

 

2013 - Notes de Recherche Stratégique de l'IRSEM

 

Numéro 4 - 2013
La pensée stratégique russe aujourd’hui
Auteur : Arnaud KALIKA

Lire la suite (pdf 405ko)

 

Numéro 3
La pensée stratégique chinoise : développement d’un smart power sur les bases de concepts millénaires
Auteur : Alice GRANDSERRE
Présentation - Document (pdf 360 ko)

 

Numéro 2
Quelle stratégie internationale de la Chine à l’ère XI Jinping ?
Auteur : Dr Leïla CHOUKROUNE
Présentation - Document (pdf 357 ko)

 

Numéro 1
Vers une nouvelle équation stratégique en Méditerranée
Auteur : Pierre RAZOUX
Présentation - Document (pdf 1 Mo)

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 14:12
Insecurity in Southeast Asia and in the South China Sea area - IRSEM 25 Juin


20/06/2014 IRSEM

 

Mercredi 25 juin 2014,  Ecole militaire, amphi Lacoste,  de 14h à15h30

 

Round Table :  «Insecurity in Southeast Asia and in the South China Sea area»

 

Avec la participation de :

 

Rommel Banlaoi, professeur de relations internationales au Miriam College et directeur du Center for Intelligence and National Security Studies (CINSS), Manille

 

Marie-Sybille de Vienne, professeur à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), directrice du Centre Asie du Sud et du Sud-Est (Ceasse), vice-présidente de l’Inalco pour les affaires internationales

 

Modération: Delphine Alles, professeur de science politique à l’Université Paris Est Créteil et spécialiste de l’Asie du Sud-Est

 

Introduction: Pierre Journoud, chercheur à l’Irsem et responsable du programme Asie du Sud-Est

 

À l’occasion de la venue à Paris du professeur philippin Rommel Banlaoi, l’Irsem organise une table ronde pour éclairer l’actualité politico-stratégique en Asie du Sud-Est, tout particulièrement la recrudescence des tensions en mer de Chine méridionale.

 

Les échanges se tiendront en anglais.

 

Inscription.

 

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