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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 10:55
Défense. Le Drian face à l'inquiétude des soldats

13 mai 2013 LeTelegramme (AFP)

 

Jean-Yves Le Drian a présenté lundi devant l'armée de Terre à Saint-Maixent-L'Ecole (Deux-Sèvres) le modèle d'armée issu du nouveau Livre blanc, qui, selon lui, est "le plus équilibré possible", mais suscite attentes et inquiétudes chez les militaires.

 

S'adressant à quelque 500 élèves de l'Ecole nationale des sous-officiers d'active (Ensoa) pour son premier déplacement auprès des forces depuis la présentation du document, fin avril, le ministre de la Défense a rappelé les grands axes du Livre blanc, qui prévoit notamment 24.000 nouvelles suppressions de postes dans les armées d'ici à 2019.

"Un modèle d'avenir" mais une mise en oeuvre "difficile"
"Il ne s'agit pas d'un modèle d'urgence ou d'attente" lié aux contraintes budgétaires, mais d'"un modèle d'avenir et de long terme", a-t-il assuré. Dans un contexte difficile, c'est "le modèle le plus équilibré possible", a-t-il dit, tout en prévenant que sa mise en oeuvre "sera difficile".
Le Livre blanc définit les priorités stratégiques - Afrique, renseignement, cyberdéfense, Forces spéciales... - que la Loi de programmation militaire traduira en termes budgétaires. La LPM fixera notamment les coupes dans les programmes et répartira les baisses d'effectifs, dont l'armée de Terre devrait absorber la plus grande partie.

"Sévère impact sur le moral" des troupes
Cette nouvelle réduction du format des armées provoque de vives interrogations parmi les militaires, dans l'attente de la LPM qui doit être présentée durant l'été. Invités à échanger avec le ministre, des officiers supérieurs ont exprimé cette inquiétude, en évoquant le "sévère impact sur le moral" des troupes que pourraient avoir les réformes à répétition qui touchent la défense.
Entre 2008 et 2019, ce sont au total près de 80.000 postes qui auront été supprimés dans les armées. Inquiétude également sur la répartition des baisses d'effectifs entre les trois armées. "Concernant le moral, ce qui importe le plus c'est la capacité opérationnelle. Que les soldats aient le bon outil au bon moment pour remplir la mission qui leur est confiée", a fait valoir Jean-Yves Le Drian, en rappelant sa volonté de préserver au maximum les capacités des forces.

Drones et nouveaux hélicoptères
Le ministre a affirmé à ce sujet l'importance des forces terrestres, "bien équipées et bien entraînées", qui fournissent 80% des effectifs déployés en opérations extérieures (Opex). Evoquant le nécessaire remplacement des équipements, notamment des blindés légers et de transport de troupes, les anciens VAB, il a indiqué que le renouvellement prévu dans le cadre du programme Scorpion devra être entrepris pour assurer la continuité des capacités.
Scorpion doit permettre de renforcer la protection des soldats en renouvelant des matériels vétustes, mais son avenir était lié aux conclusions du Livre blanc. Le ministre a également souligné la nécessité de doter l'armée de Terre de nouveaux hélicoptères de manoeuvre et l'obligation pour la France d'acquérir "dans les délais les plus rapides" les drones tactiques qui lui font défaut.

"Pas de déclassement stratégique"
Il a par ailleurs rappelé que les crédits de la Défense seront maintenus à leur niveau de 2013 dans les années qui viennent - soit 31,4 milliards d'euros -, malgré la nécessité de rétablir les finances publiques. "Donc, il n'y a pas, contrairement à ce que je lis ici ou là, de déclassement stratégique", a-t-il insisté. M. Le Drian doit se rendre de mercredi à vendredi à Bruxelles, Londres et Washington, pour présenter le Livre blanc aux partenaires de la France. Considérée comme la "maison mère" de l'armée de Terre, l'Ensoa, qui fête ses 50 ans en 2013, forme environ 1.700 sous-officiers par an.

> 34.000 postes supprimés d'ici 2019
> La "menace" sur les SNLE s'éloigne

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 12:55
Le contrôle du renseignement français : une mission impossible ?

mai 6, 2013 par MGN Abou Djaffar & Zone d’Intérêt

Les services de renseignement sont méconnus des Français, et font souvent l’objet d’une publicité négative prenant la forme de rumeurs et de scandales, signes de potentiels dysfonctionnements. Relayée par un excellent cinéma parodique (Les Barbouzes, Le Grand Blond, Opération Corned Beef), cette méconnaissance des services par le public peut être reliée aux relations complexes qui existent entre la communauté du renseignement et les institutions de la République. Nombre des représentants de la nation et de hauts fonctionnaires sont ainsi parfaitement ignorants du fonctionnement et des missions des différents services nationaux, tandis que la législation succincte en vigueur apparaît aujourd’hui comme imparfaite.

Les dix dernières années ont vu se succéder plusieurs initiatives pour réformer l’encadrement du renseignement en France, telles que la création d’une délégation parlementaire au renseignement, sans pour autant remédier à ses lacunes. Alors que travaille encore la commission d’enquête parlementaire sur le fonctionnement des services de renseignement, initiée en juillet 2012, deux blogueurs d’AGS, un ancien des services (Abou Djaffar) et un passionné de renseignement (Zone d’Intérêt), se posent quelques questions sur l’avenir du renseignement français et sur son contrôle.

Les services de renseignement, en tant qu’organisations discrètes et autonomes, ont-ils vraiment besoin d’un soutien politique et de communiquer auprès du public pour mener à bien leurs missions ?

De part la nature sensible et intrinsèquement secrète de certaines de leurs missions, telles que la lutte contre le terrorisme ou le contre-espionnage, les services de renseignement n’ont pas pour vocation première de communiquer sur leurs actions, notamment afin de protéger leurs sources et leurs méthodes. Néanmoins, les services ne peuvent pas se priver de toute communication puisqu’ils doivent être en mesure de faire comprendre aux décideurs politiques et au parlement – qui sont leurs donneurs d’ordres et leurs financeurs – la nature précise de leurs missions, au risque de recevoir des orientations ministérielles ou des budgets inadéquats. Ils ont également la responsabilité d’informer régulièrement les citoyens sur leur rôle, leurs objectifs et leurs résultats, afin de respecter le cadre démocratique qu’ils ont pour mission de préserver et qui justifie leur existence même. Établir des liens avec la population facilite également la coopération des citoyens avec les services, puisqu’ils perçoivent mieux la nature et l’utilité de leurs actions. Communiquer auprès des institutions et du public est donc un impératif d’efficacité pour les services, mais force est de constater qu’ils font trop peu d’efforts en ce domaine et laissent leur image se dégrader, au fil de révélations inexactes et de scandales.

Pendant des décennies, et singulièrement à partir des indépendances africaines, le pouvoir a pris l’habitude de pratiquer la diplomatique parallèle ou d’employer des réseaux politiques afin de régler des crises qui semblaient hors de portée des capacités des services. Au Liban, dans les Balkans, au Maghreb ou dans les anciennes possessions françaises en Afrique, ces réseaux, parfois dangereusement proches de l’illégalité, quand ils n’étaient pas franchement employés à des tâches inavouables, ont longtemps gêné l’action des services. Plus que de l’ignorance, il y eut surtout de la méfiance pour des services finalement très légalistes, et une arrogance très parisienne qui faisait penser que quelques affairistes pouvaient faire mieux que des centaines de professionnels.
Cette attitude, qui conduisit des présidents ou des ministres à imposer des missions infaisables dans les délais impartis, a même été interprétée par certains observateurs comme une volonté parfaitement assumée de tenir en coupe réglée une communauté qui aurait pu menacer le pouvoir, en France, absolu, du chef de l’Etat. Cette attitude, absurde dans un pays qui ne pratique guère le coup d’Etat et dont les services sont fidèles, explique en grande partie pourquoi la représentation nationale est tenue à l’écart des services.

Comment moderniser le contrôle démocratique du renseignement français tout en protégeant des informations sensibles ? Les services sont-ils prêts à jouer le jeu ?

La France ne peut pas se contenter d’un cadre institutionnel qui repose sur le huis clos des ministères et sur de trop rares auditions parlementaires. Il est nécessaire d’établir une législation claire permettant aux administrations du renseignement de rendre des comptes, mais également d’exprimer leurs attentes et leurs points de vue, auprès de véritables organes de contrôle issus du parlement. Traditionnellement, les directions des services de renseignement font un usage abusif du secret, afin de sélectionner les interlocuteurs à qui ils rendent compte et éviter que les informations qu’ils fournissent soient utilisées pour restreindre leur liberté d’action. Toutefois, à d’autres niveaux hiérarchiques – en particulier chez les analystes – la volonté de faire comprendre aux élus et à la population la teneur de leur travail et la complexité du monde est un souhait très répandu.

Les parlementaires sont à même d’exploiter des informations classifiées, ce qu’ils font déjà dans les commissions des Affaires étrangères et de la Défense nationales, les services ne peuvent donc pas se réfugier derrière des questions d’accréditations, en particulier du fait des lois qui obligent leurs détenteurs à une discrétion stricte. Auprès du public, l’absence d’information sous prétexte de protection de la sûreté nationale ne tient pas vraiment non plus, puisque certains rapports d’information peuvent être rédigés sans révéler d’éléments sensibles qui ne concernent que les aspects opérationnels du renseignement.

En refusant de commenter des opérations de guerre ou des crises majeures, la communauté du renseignement, à laquelle personne ne demande de dévoiler des secrets en public, laisse la parole libre à un écosystème parasite de faux experts, anciens aigris ou notoirement incompétents, qui polluent le débat, alimentent la presse en analyses bâclées et contribuent à brouiller, sinon le message, du moins la vision de la situation. Le rôle des services n’est évidemment pas de relayer la parole de l’Etat, et encore moins de participer à des actions de propagande interne, mais leur compréhension du monde, qui inspire en partie la diplomatie nationale, devrait ponctuellement être présentée au public.

Par crainte de la lumière comme par incapacité (qui pour parler en public sans provoquer la honte boulevard Mortier ou à Levallois ?), et par refus dogmatique de ce qu’un directeur de la DGSE appelait avec mépris l’influence (« L’influence, je n’y crois pas »), les services se contentent de passer une tête dans quelques écoles ou universités choisies et de donner des conseils techniques à des étudiants parfois meilleurs qu’eux.

Ce refus d’un autre âge de la part de certains responsables (pas tous, évidemment) contribue à entretenir le public et une bonne partie des élus dans une ignorance de plus en plus gênante alors que les évolutions du monde placent les services plus que jamais en première ligne.

Un vrai dialogue devrait donc s’instaurer entre les services, le public et les institutions, fondé sur un présupposé d’intégrité des fonctionnaires du renseignement et sur l’acceptation d’un parlement capable de rendre compte aux citoyens, sans pour autant entraver l’action des services.

De quelle façon le parlement peut-il s’assurer d’avoir accès aux informations pertinentes pour contrôler les services de renseignements ? Quels sont les outils à mettre en place ?

Le renseignement, en tant que discipline, possède ses propres codes et des méthodes et procédures que les parlementaires doivent s’approprier par une initiation au sein des différents services, et par le conseil d’experts issus de la communauté du renseignement, mais également de la société civile et du milieu universitaire, dans une recherche de pluralité.

Les liens entre les organes de contrôle et les services doivent être constants, ce qui passe par la présence d’agents de liaison auprès du parlement, afin de pouvoir informer régulièrement les élus sur l’évolution des problématiques et des menaces. Le parlement doit également avoir à sa disposition une équipe de qualité dédiée à l’information parlementaire sur les questions de renseignement, capable de produire des rapports et des notes, y compris sur les aspects les plus techniques. La capacité du parlement à contrôler le renseignement passe par des auditions élargies, au-delà des seuls directeurs de services, en diversifiant les profils et le niveau hiérarchique des spécialistes auditionnés. Les contrôleurs du renseignement doivent également disposer d’un pouvoir d’enquête, leur permettant de se rendre dans les services et de consulter les documents nécessaires à leurs travaux, en particulier lorsque des dysfonctionnements sont rapportés.

Quelle place donner aux citoyens dans le contrôle du renseignement et comment les intéresser à ces questions ?

Le grand public se montre souvent intéressé par le milieu du renseignement, comme l’illustrent certains succès de librairie et l’audience des reportages qui y sont consacrés, mais subit l’idée reçue selon laquelle le renseignement ne devrait pas leur être ouvert. Dans les écoles et les universités, étudiantes et étudiants font parfois preuve d’une curiosité et d’une pertinence dans leurs questionnements qui font cruellement défaut à leurs parents. Sans doute sont-ils conscients du monde qui s’annonce.

L’absence d’information des services de renseignement auprès des citoyens les pousse, au final, vers une littérature où l’offre majoritaire est généralement médiocre et inexacte, ce qui renforce des clichés sulfureux et une certaine méfiance envers les professionnels du renseignement. Il est nécessaire d’établir de réels canaux de communication et la communauté du renseignement doit notamment se rendre plus accessible aux demandes de la presse. Une première tentative d’ouverture au monde universitaire a été lancée en 2010 avec la création de l’Académie du renseignement, mais elle n’offre toujours pas l’accès nécessaire aux chercheurs pour étudier le fonctionnement des services, alors même que d’autres institutions sensibles, telles que les armées, s’ouvrent. Il est essentiel pour l’information des citoyens de publier un rapport annuel d’information digne de ce nom sur les activités des services de renseignement, qui inclue un compte-rendu détaillé des travaux de la commission de contrôle et des extraits substantiels des auditions réalisées au cours de l’année. Un tel rapport doit également être en mesure d’établir des indicateurs de résultats et d’expliquer les grandes orientations administratives, techniques et budgétaires des services de renseignement. Au-delà d’un simple exercice comptable, ce rapport serait un outil de sensibilisation du public aux enjeux du renseignement, et offrirait l’opportunité aux professionnels d’informer les citoyens sur les problématiques et les risques qui sont au cœur de leur travail.

Est-il vraiment possible de contrôler les interceptions de communications ? Renseignement et respect de la vie privée peuvent-ils être compatibles ?

Les interceptions de communications, comme la surveillance des communications internet ou les écoutes téléphoniques, sont des actes techniques qui reposent avant tout sur l’accès à des dispositifs spécifiques dont l’acquisition et l’usage sont encadrés par la loi. En ce qui concerne les services de renseignement, les interceptions de communications font l’objet d’un contrôle de la Commission Nationale de Contrôle des Interceptions de Sécurité (CNCIS), qui n’a toutefois pas le pouvoir d’empêcher une interception qu’elle juge irrégulière et qui ne rend pas de rapport public de ses activités. Les services de renseignement doivent être en mesure d’accéder à des communications privées afin de mener leur mission de protection de la sécurité nationale, toutefois les interceptions ne doivent pas sortir du cadre de la stricte nécessité opérationnelle et ne doivent pas devenir une solution de facilité pouvant mener à la constitution de larges bases de données issues des communications des citoyens.

Le cadre réglementaire des interceptions doit être précisé, en concertation avec des associations et des représentants de la société civile, en particulier dans le contexte de multiplication et de diversification des modes de communication liées à internet. La CNCIS doit être en mesure d’analyser plus finement les demandes d’interceptions – près de 300 par jour – et doit rendre un rapport public pour informer les citoyens sur l’évolution du nombre d’interceptions et éviter les dérives inflationnistes. La commission de contrôle devrait également être en mesure d’émettre des réprimandes en cas d’abus manifeste et d’entamer des procédures judiciaires si nécessaire.

Il est nécessaire de renforcer la confiance des citoyens dans les services de renseignement, en sanctionnant systématiquement les abus dans les interceptions de communications, y compris lorsqu’ils ont lieu à de hauts niveaux hiérarchiques et en mettant un terme aux interceptions ordonnées dans un contexte informel, hors des procédures réglementaires.

Sans jamais essayer de justifier des intrusions insupportables dans la sphère privée, les services doivent pouvoir, sereinement, expliquer la raison des dispositifs qu’ils utilisent. Qu’il s’agisse de renseignement technique ou humain, rien ne devrait pouvoir être fait hors du mandat de la défense de l’Etat et du peuple. Services administratifs soumis à des lois et des règlements, les différentes organisations chargées de recueillir et d’analyser du renseignement en France sont, comme les autres administrations du pays, soumises au facteur humain, à des pressions financières et à des dysfonctionnements. Si ceux-ci sont rares, ils sont potentiellement plus graves et peuvent parfois donner le sentiment d’une politisation excessive (mais hélas inévitable), voire de dérives inquiétantes. La création de relations de confiance entre ces services et la sphère politique serait la marque d’une évolution démocratique positive, et la garantie d’un fonctionnement amélioré dans les années qui viennent. De même, et sans livrer de secrets, une communication plus ambitieuse à l’égard des citoyens pourrait, enfin, donner le sentiment que la population n’est plus infantilisée. On peut toujours rêver.

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 07:55
Conférence « Vers un nouveau cadre juridique pour le activités de renseignement »

23.04.2013 anaj-ihedn.org

 

15 mai 2013 – L’ANAJ-IHEDN a le plaisir de vous inviter à une conférence exceptionnelle :

 

« Vers un nouveau cadre juridique pour le activités de renseignement »

 

Jean-Jacques URVOAS, Président de la commission des lois de l’Assemblée Nationale et Rapporteur de la commission d’enquête sur le fonctionnement des services de renseignement français dans le suivi et la surveillance des mouvements radicaux armés

 

Mercredi 15 mai 2013
19h30 à 21h00

Ecole militaire
Amphitéâtre Desvallières

 

Les services de renseignement français ont connu ces dernières années de profondes des évolutions tant opérationnelles qu’institutionnelles : création de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), du poste de Coordonnateur national au renseignement (CNR) et de la Délégation parlementaire au renseignement (DRP).

 

Le 6 décembre 2012, l’Assemblée nationale a créé une commission d’enquête sur le fonctionnement des services de renseignement français dans le suivi et la surveillance des mouvements radicaux armés, suite à l’Affaires Merah, mais également dans la continuité des réformes enclenchées ces dernières années.


Cette conférence sera l’occasion de pouvoir échanger avec Jean-Jacques URVOAS sur les conclusions et les recommandations proposées dans son rapport.

 

Informations : conference-renseignement@anaj-ihedn.org

 

Inscription : ICI

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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 22:19
"Le cadre juridique du renseignement doit évoluer"

 

20 Avril 2013 Jean-Dominique Merchet

 

Un entretien avec Bertrand Warusfel, spécialiste du droit de la défense et de la sécurité.

 

Bertrand Warusfel,  avocat et professeur à l'Université de Lille 2, est l'un des meilleurs spécialistes français des aspects juridiques de la défense et de la sécurité. Il a récemment organisé une journée d'études sur "la modernisation et le cadre juridique du renseignement en France". Il a bien voulu répondre aux questions de Secret-Défense.

 

Faut-il faire évoluer le cadre juridique dans lequel travaillent les différents services de renseignement ?

 

Assurément et pour plusieurs raisons. Tout d'abord, quoi que l'on fasse, ce cadre juridique évolue que ce soit par l'effet du droit européen (Cour européenne des droits de l'homme, notamment) ou international (par exemple, développement de la juridiction pénale internationale) ou du fait des dispositions juridiques intervenant dans des domaines connexes. Lorsque, par exemple, la loi Perben 2 du 9 mars 2004 autorise les officiers de police judiciaire à utiliser des moyens spéciaux d'investigation et en contrôle l'application, cela révèle a contrario que lorsque les fonctionnaires du renseignement utilisent ces mêmes moyens (sonorisation, infiltration, usage de fausses identités, ..), il leur manque un cadre juridique approprié.

 

Plus profondément, les sociétés démocratiques sont aujourd'hui soumises à des principes incontournables, au premier rang desquels il y a le primat des libertés fondamentales et du respect de la règle de droit et l'impératif que toute mesure restrictive dérogeant au droit commun (pour des raisons de sécurité nationale) fasse l'objet d'une autorisation législative et soit compensée par la mise en place de mécanisme de contrôle. En d'autres termes, un Etat moderne peut toujours doter ses services de prérogatives exorbitantes mais il doit l'assumer politiquement et l'encadrer juridiquement. C'est pourquoi le livre blanc de 2008 avait justement annoncé "un nouveau dispositif juridique" et une "définition législative des missions des services de renseignement".

 

Abuse-t-on, en France, du secret-défense ?

 

Depuis Montesquieu, l'on sait que tout pouvoir porte en lui le germe de son abus et c'est vrai pour le pouvoir de classifier qui peut permettre d'étouffer certaines révélations gênantes ou bloquer les enquêtes. Mais je pense que la prise de conscience des risques de la sur-classification et de l'usage abusif du secret est aujourd'hui très forte. Les choses ont déjà changé avec la pratique de la CCSDN qui exerce un contrôle assez efficace et qui rend le plus souvent des avis favorables à la déclassification au moins partielle des informations demandées par les juridictions.

 

On pourrait cependant progresser dans deux directions. D'une part, en donnant à la CCSDN, éventuellement remaniée, un pouvoir de décision et non plus un rôle consultatif, afin d'en faire un vrai "juge du secret". D'autre part, en permettant une "judiciarisation" plus aisée des résultats du renseignement. On a déjà commencé avec le nouvel article 656-1 du code de procédure pénale qui permet depuis 2011 à un agent des services de renseignement de pouvoir apporter anonymement son témoignage devant une juridiction. On devrait pouvoir aller plus loin en permettant, par exemple, la déclassification éventuelle d'une interception de sécurité qui serait utile à une instruction en cours, voire en organisant un accès de certains juges habilités à certaines informations classifiées.

 

Selon vous, qu'attendent les professionnels en terme de contrôle juridique et politique de leurs activités ?

 

Il est toujours difficile de répondre pour les autres, a fortiori lorsqu'il s'agit des membres d'une communauté très diverse et qui ne s'expriment que rarement en public. Pour autant, les échanges que nous avons eu par exemple avec certains d'entre eux à l'occasion de notre journée d'études du 4 avril à l'Université Lille 2 montrent que deux soucis sont désormais assez dominants. D'une part, consacrer officiellement la légitimité de leur métier en acceptant la mise en oeuvre de contrôles parlementaires ou administratifs efficaces. D'autre part, fournir aux personnels impliqués dans ces activités un cadre d'emploi clair et des garanties juridiques empêchant la mise en cause de leur responsabilité personnelle dès lors qu'ils ont agi sur instructions de leur hiérarchie et dans la limite des prérogatives que leur reconnaitront les textes.

 

Comment jugez-vous la situation française par rapport à d'autres grandes démocraties ?

 

Je crois que si nous mettons rapidement en chantier l'adoption d'un cadre juridique pour le renseignement (comme cela pourrait résulter des recommandations de révision du Livre blanc ainsi que du rapport de la mission d'information de la Commission des Lois), nous aurons rattrapé une partie importante du retard que la France avait accumulé depuis longtemps. Restera cependant à mettre en oeuvre cette nouvelle révolution juridique et culturelle et cela prendra du temps, puisque les pratiques et les mentalités changent moins vite que les textes.

Mais cela nous permettra aussi de participer pleinement à la réflexion européenne et internationale qui se développe sur ces sujets. La relation délicate entre sécurité nationale et libertés publiques est en effet une problématique mondiale qui concerne tous les Etats et l'enjeu en la matière est ni plus ni moins de faire émerger des standards de référence qui soient à la fois efficaces et équilibrés. La doctrine et la pratique française vont pouvoir y contribuer, dès lors que cette modernisation juridique aura été menée à bien.

 

Lors de votre journée d'études, vous évoquiez la "lente modernisation" du renseignement en France. Qu'est ce que cela signifie ?

 

J'ai utilisé la formule "lente modernisation" pour décrire le processus dans lequel s'est engagé progressivement la système français de renseignement depuis une vingtaine d'années. Il y a effectivement modernisation en la matière, puisque au moins depuis les efforts de réactivation du Comité interministériel du renseignement en 1989, la création de la DRM en 1992 ou la loi du 10 juillet 1991 sur les interceptions, les évolutions se sont succédées jusqu'à l'ensemble de réformes qui ont accompagné le Livre blanc de 2008 : création de la DCRI, d'un coordonnateur national du renseignement et du Conseil national du renseignement, parallèlement à la mise en place de la Délégation parlementaire au renseignement (DPR) et d'une Académie du renseignement.

 

Mais je pense que cette modernisation a été lente, dans la mesure où le système était resté presque inchangé entre 1945 et 1992 et où il aura fallu encore près de vingt ans pour faire advenir des évolutions que beaucoup estimaient déjà indispensables lors des débats préparatoires au précédent livre blanc de 1994 ! Cela est le signe à la fois de la complexité (bien connue) de toute réforme en France et des particularités propres à ce secteur très particulier des affaires de l'Etat.

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 07:55

DGSE logo

 

10/04/2013 Vincent Lamigeon, grand reporter à Challenges - Supersonique

 

La rumeur du remplacement d’Erard Corbin de Mangoux se répandait depuis plusieurs mois dans Paris. L’information est officielle depuis ce matin : Bernard Bajolet, ancien coordonnateur national du renseignement et actuel ambassadeur à Kaboul, est le nouveau patron de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), le plus important service de renseignement français. Le profil du nouveau boss est du genre solide : fin connaisseur du monde arabo-musulman, ancien ambassadeur en Jordanie, en Bosnie-Herzégovine, en Irak et en Algérie, il avait aussi été le premier titulaire du poste de coordinateur national du renseignement.

 

Le nouveau patron débarque dans une « Piscine », le surnom donné par les médias au siège de la DGSE boulevard Mortier (les agents préfèrent dire "la Boîte"), en pleine transformation. Dans la foulée d’un Livre blanc de 2008 ayant consacré le renseignement en priorité stratégique, la loi de programmation militaire 2009-2014 prévoit 690 recrutements sur la période, notamment des profils techniques et des analystes. La DGSE compte 4991 agents, dont 72% de civils et 28% de militaires, et la croissance des effectifs se poursuit, de même que celle du budget : 600 millions d’euros de crédits de paiement en 2013, contre 577 millions en 2012 (+4%), auxquels il faut rajouter 50,2 millions d’euros provenant des fonds spéciaux.

 

L’accroissement des moyens de la DGSE est cependant à nuancer : « Les crédits et les effectifs de la DGSE ne représentent qu’environ 1 % des crédits et des effectifs du ministère de la défense et que ses moyens humains et financiers restent deux à trois fois inférieurs à ceux dont disposent nos principaux partenaires européens, comme le Royaume-Uni ou l’Allemagne », indiquaient les sénateurs Jeanny Lorgeoux et André Trillard en novembre 2012 dans un avis sur le projet de loi de finances 2013.

 

Un vrai problème, alors que les missions de la DGSE sont très larges : « rechercher et d'exploiter les renseignements intéressant la sécurité de la France, ainsi que de détecter et d'entraver, hors du territoire national, les activités d'espionnage dirigées contre les intérêts français afin d'en prévenir les conséquences », précise le Code de la défense. Le dernier arrêté d'organisation de la DGSE (21 décembre 2012)  a aussi officialisé l'existence d'un « service de sécurité économique ».

 

De quels moyens dispose la DGSE ? Selon l’expression d’Erard Corbin de Mangoux lors de son audition à l’Assemblée nationale en février dernier, elle « recueille le renseignement par tous moyens, notamment en disposant d’une centaine de postes à l’étranger et en diligentant entre 1 500 à 1 800 missions par an ». Les moyens techniques sont larges : renseignement d’origine électromagnétique (ROEM), la DGSE disposant notamment d’un site d’un centre d’écoute et d’interception à Domme, dans le Périgord ; dispositifs d’interception des flux Internet ; imagerie satellite, en bénéficiant des données transmises par la direction du renseignement militaire (DRM)… Mais les moyens humains sont au moins aussi importants, d’où l’importance du recrutement actuel de profils très spécialisés.

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 16:55

Musis va remplacer les satellites Hélios source LeFigaro.f

 

14/03/2013 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Près de cinq ans après la réorganisation des services de renseignements français, La Tribune publie une série de quatre articles faisant le point sur leur évolution, les nouveaux enjeux auxquels ils doivent faire face, leurs succès et leurs manques. Troisième épisode de cette série, les services de renseignements ont-ils tous les moyens nécessaires à leurs missions secrètes ? Pas toujours...

 

Dans le monde secret des espions, les principales armes utilisées pour lutter contre l'ennemi sont silencieuses, voire invisibles. De quoi ont principalement besoin les services de renseignements ? De satellites de télécoms sécurisés et d'écoute, de drones, de systèmes de cryptologies et enfin de systèmes d'informations sécurisés. Car, outre le renseignement d'origine humaine (dit ROHUM) indispensable à la réussite de la collecte d'information et à leur compréhension, les services travaillent sur des renseignements d'origine électronique (dit ROEM), provenant d'images (dit ROIM) et, dans une moindre mesure, d'origine informatique. Par exemple, les principales dépenses de la direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD) concernent les équipements en matériels informatiques et transmissions spécialisées. Ainsi, la DPSD vient de déployer une équipe à Gao, qui est reliée à la centrale par un réseau de communication informatique autonome, sécurisé et numérisé. Au sein de la direction du renseignement douanier (DRD), les bases de données, matériels informatiques et logiciels destinées à la surveillance du cybercommerce, représentent également un poste budgétaire important.

 

Des systèmes de hautes technologies qui ont permis jusqu'ici à la France et à ses services de renseignement d'être reconnus comme performants par des services alliés. Ce que confirme le directeur du renseignement militaire (DRM), le général Didier Bolelli : « la France se caractérise par une indépendance marquée dans le domaine du renseignement. C'est pourquoi de nombreux pays sont très heureux de coopérer avec nous. Nous les intéressons notamment par notre connaissance de l'Afrique francophone. En contrepartie, ils nous renseignent sur leurs zones d'intérêt ». Et dans le débat actuel sur la réduction du budget de la défense, le général Bolelli pose les bonnes questions : « à quoi sert-il de savoir sans pouvoir ? Mais à quoi sert-il de pouvoir sans savoir ? Plus les moyens opérationnels des armées sont limités, plus la fonction « connaissance et anticipation » est importante. Dit autrement : moins on sait avant, moins on fait après. La question principale devient donc : où met-on le curseur ? Problème politique plus que militaire ».

 

Des insuffisances capacitaires

 

Mais comme partout ailleurs dans la défense, la France, là aussi, a des trous dans la raquette alors que les services de renseignements sont une priorité nationale. Plus précisément des trous capacitaires. « Il faut simplement savoir que nous souffrons de quelques insuffisances capacitaires, notamment au titre du renseignement électromagnétique, des drones et de Musis (le successeur du satellite d'observation Helios, ndlr) », précise pudiquement le général Bolelli. En clair, les grands enjeux de la DRM dans le cadre du prochain Livre blanc, portent d'abord sur les investissements dans les satellites. C'est notamment le cas du satellite de renseignement d'origine électromagnétique Ceres, qui avait pourtant déjà été évoqué dans le livre blanc de 2008. En vain visiblement... Ce satellite permettra « de survoler des pays non permissifs et donc d'adapter les contre-mesures de nos avions et nos armes aériennes aux menaces sol-air et anti-missiles balistiques », explique le général Bolelli. La France en aurait eu grand besoin notamment en Libye (opération Harmattan).

 

La DRM attend également le remplacement des satellites de renseignement par images de la génération Helios par ceux de la constellation Musis, « dont les performances sont meilleures et réduisent les délais de revisite (le passage sur une cible, ndlr) ». Le général Bolelli souhaite par ailleurs des outils pour mieux maîtriser les flux d'informations dont l'accroissement est exponentiel. « Tous les services de renseignements sont confrontés à ce même défi », rappelle-t-il. C'est bien évidemment aussi le cas à la DGSE pour qui cet « enjeu technique est majeur », estime le Directeur général de la sécurité extérieure (DGSE), le préfet Érard Corbin de Mangoux, qui préconise « le développement des outils capables de traiter cette information ».

 

Des drones en souffrance

 

Les services ont par ailleurs besoin de drones à double capacité, électromagnétique et imagerie. De quoi s'agit-il ? « La charge électromagnétique permet de détecter des émissions suspectes sur un champ large ; la caméra associée peut ensuite surveiller les sites à partir desquels ces émissions ont été passées sur un champ étroit et confirmer ou non l'intérêt de l'objectif », explique le patron de la DRM. Et de rappeler qu'il « existe des virages à ne pas manquer ». « Nous avons manqué celui des drones dans les années 2000, ils sont aujourd'hui indispensables. Les rattrapages sont quelques fois plus coûteux que les investissements réalisés à temps », conclut-il.

 

Qui fait quoi ?

 

C'est le coordonnateur national du renseignement, le préfet Ange Mancini, qui est le garant des moyens et des capacités consacrés à la fonction de renseignement. « Certes, ce n'est pas le coordonnateur qui arrête le budget des services - lequel est préparé par les ministères de tutelle -, mais il défend les moyens des services auprès des ministres, qu'il s'agisse des besoins de fonctionnement les plus quotidiens ou des équipements majeurs comme les satellites », explique Ange Mancini.

 

Le préfet veille aussi « à ce que la mutualisation des moyens techniques se fasse dans les meilleures conditions ». À la différence de ce qui se passe dans d'autres pays, les services de renseignement français ne disposent pas d'une agence technique : c'est à la DGSE qu'est dévolue la mise en place de l'essentiel des capacités techniques mutualisées au profit de l'ensemble de la communauté du renseignement. « Nous devons en bénéficier, confirme le directeur central du renseignement intérieur (DCRI), Patrick Calvar. Les objectifs et les contraintes des deux services ne sont pas forcément les mêmes mais un dialogue constructif est engagé avec la DGSE pour parvenir au résultat que nous souhaitons. Une main nous est tendue, à nous de la saisir ». La DGSE est par ailleurs intervenue aux côtés de la DRM en Afghanistan, avec de nombreux moyens techniques, sachant qu'elle est en charge des interceptions électromagnétiques à l'étranger. Un exemple parmi tant d'autres.

 

C'est la DGSE qui dispose du plus gros budget

 

La loi de finances initiale pour 2013 a octroyé à la DGSE 655 millions d'euros d'autorisations d'engagement. « Ce budget doit nous permettre de prolonger nos efforts d'équipement, estime le Directeur général de la sécurité extérieure (DGSE), le préfet Érard Corbin de Mangoux. Il s'agit d'une course permanente : la cryptologie, qui constitue le cœur de notre métier, requiert des techniques de plus en plus sophistiquées et demande un investissement constant ». Pour autant, la DGSE a besoin de plus de moyens. « Globalement, nous avons besoin d'accroître nos capacités, souligne le préfet Érard Corbin de Mangoux. Il nous faut en effet développer notre dispositif en Asie du Sud-Est, sans pour autant abandonner nos positions traditionnellement fortes en Afrique - l'actualité suffit à s'en convaincre ».

 

Quels sont les équipements actuels ?

 

A ce jour, la France dispose d'une constellation formée par les familles de satellites d'observation Helios, qui sont purement militaires, et Pléiades, à la fois militaires et civils. « Si Helios venait à devenir inopérant, nous disposerions toujours de Pléiades, constellation civilo-militaire qui apporte déjà beaucoup d'informations », estime le général Bolelli. Les services possèdent de moyens embarqués, notamment ISR (pour intelligence surveillance and reconnaissance) par les avions Atlantic et Rafale, équipés du système de reconnaissance de nouvelle génération (dit pod reco NG). Ils ont également des capteurs spatiaux d'interception des signaux électromagnétiques, dont Elisa, à l'origine un démonstrateur qui est devenu opérationnel et qui sera bientôt hors service. Elisa doit être remplacé par Ceres. Ils peuvent travailler avec les capteurs maritimes sur le navire Dupuy de Lôme. Enfin, dans le domaine aérien, ils disposent du Transall Gabriel, très engagé ces derniers temps.

 

La DRM fournit les images d'origine satellitaire aux armées « sachant qu'un satellite transmet ses images une fois par jour », explique le patron de la DRM. Pour ce qui est des prises de vues aériennes, l'armée de l'air fournit directement les images provenant de ses drones et de ses avions, comme nous le faisons pour les images des satellites.

 

Retrouvez les deux premiers articles de la série :

Défense : recherche désespérément espions...

Cyberdéfense : les espions vont disposer de capacités informatiques offensives

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 19:00

cyber warfare

 

13/03/2013 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Près de cinq ans après la réorganisation des services de renseignements français, La Tribune publie une série de quatre articles faisant le point sur leur évolution, les nouveaux enjeux auxquels ils doivent faire face, leurs succès et leurs manques. Deuxième épisode de cette série, les services de renseignements, qui se réorganisent pour mieux lutter contre les menaces de cyber-espionnage et la multiplication des opérations de cyber-sabotage.  

 

En 2008, le livre blanc sur la défense avait fait une priorité de la cyberdéfense comme un nouvel instrument des armées. « La stratégie nationale de la France a véritablement commencé à évoluer à partir de 2008 et du dernier Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, qui a identifié le risque d'attaque majeure contre les systèmes d'information comme une menace stratégique, et estimé que le degré de probabilité d'occurrence dans les quinze années à venir était extrêmement fort », confirme le directeur général de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), Patrick Pailloux. Cinq ans plus tard, la France s'est effectivement organisée en définissant une stratégie et en se dotant de capacités de cyberdéfense. Elle a notamment créé en 2009 la secrète Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), chargée de missions de prévention mais aussi de missions de réaction. Pour mettre en œuvre cette stratégie, la France a établi une capacité centralisée.

 

Une lutte perdue d'avance ?

 

Mais face à l'ampleur et la multiplication des attaques informatiques et de nouvelles menaces, l'ANSSI est incapable de répondre à toutes les menaces faute de disposer des ressources suffisantes. Ce qui n'est pas réellement une surprise. Mais l'aveu vient de Patrick Pailloux lui-même, ce qui donne encore plus de poids au besoin de renforcer cette structure au moment où le gouvernement est tenté de couper dans les dépenses de défense. « Notre capacité de réaction et de défense est hélas 'enfoncée' par le volume des attaques informatiques, si bien que nous devons en permanence arbitrer entre les différentes attaques pour décider de celles sur lesquelles nous devons nous mobiliser, explique le patron de l'ANSSI. Notre action est ici facile à comprendre. Elle peut être comparée à celle des pompiers : des groupes d'intervention sont chargés d'intervenir auprès des administrations ou des grandes entreprises victimes d'attaques, pour les aider à gérer la situation ». Un constat également partagé par le directeur du renseignement militaire (DRM), le général Didier Bolelli : « à ce jour, au niveau étatique comme industriel, nos parades me paraissent très insuffisantes ».

 

Des capacités informatiques offensives prêtes

 

Pour le conseiller spécial du ministre de la Défense, Jean-Claude Mallet, en charge de la rédaction du nouveau Livre blanc après le départ de Jean-Marie Guéhenno, la menace est bien prise en compte. Elle « progresse à un rythme beaucoup plus rapide que celui des réponses qui lui sont apportées par nos entreprises et par les grands acteurs de la défense », précise-t-il. C'est dans ce cadre, révèle-t-il que le ministère de la Défense « réfléchit à des capacités informatiques offensives, dont les autorités publiques, au plus haut niveau de l'État, pourraient décider de l'emploi - en l'occurrence, un emploi proportionné, discret et le plus efficace possible, en appui des actions militaires ». Et d'assurer que « le développement des capacités de cyberdéfense comme de capacités offensives est une ambition qui ouvre un champ formidable pour nos jeunes ingénieurs et nos militaires : c'est le meilleur des technologies et des intelligences, dont notre pays ne manque pas - les acteurs de la défense le montrent tous les jours -, qu'il faudra mobiliser ». Pour autant, Jean-Claude Mallet a confirmé que la France disposait déjà de ces moyens offensifs. C'est « déjà le cas », affirme-t-il.

 

Au-delà de cette capacité offensive, que le sénateur du Haut-Rhin, Jean-Marie Bockel, avait révélé en juillet 2012 - la France dispose d'une doctrine lui permettant de mener des opérations offensives dans le domaine de la cyberdéfense -, Jean-Claude Mallet assure que « les moyens de l'ANSSI doivent impérativement être renforcés afin de compléter le spectre de nos capacités de défense en ces domaines ». D'autant comme le rappelle-t-il « la numérisation fera l'objet d'investissements massifs, comme l'ont confirmé le président de la République et le gouvernement ». En outre, Jean-Claude Mallet a l'intention de durcir les normes de sécurité pour tous les fournisseurs du ministère. « Je pressens le moment où le ministère de la défense devra imposer à ses partenaires privés des normes de sécurité, dont le non-respect leur interdira tout simplement de lui fournir des moyens », explique-t-il. Enfin, rappelle-t-il, une réserve citoyenne a été créée pour sensibiliser l'opinion et faire la promotion d'un esprit de cyberdéfense. Nous réfléchissons aussi à la mise en place d'une réserve opérationnelle qui permettrait à la société française de résister à un incident ou une agression de grande ampleur, au-delà des moyens » évoqués précédemment.

 

Et les services de renseignements ?

 

Tout comme l'Etat, les priorités des agences de renseignements en la matière ont également évolué même si elles se placent sous l'autorité de l'ANSSI, une entité très récente. Ainsi, le coordonnateur national du renseignement, le préfet Ange Mancini, qui juge l'ANSSI « très performante, estime que « les cyberattaques doivent quant à elles être considérées comme des actes de guerre, ce qui fait que ce domaine doit rester tout à fait confidentiel ». Pour le patron de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), le préfet Érard Corbin de Mangoux, « l'espace cyber est une caisse de résonnance des menaces existantes, dont il représente une troisième dimension. Au-delà des menaces classiques qui s'expriment par ce canal, existent de nouveaux risques : pénétration dans les réseaux, mise en danger des systèmes de sécurité, pillage industriel... Face à ces risques, la France s'est dotée d'une organisation cyber cohérente, dans laquelle les moyens humains sont primordiaux, avec, notamment, la création de l'Agence nationale de sécurité des systèmes d'information. Une coordination est assurée avec les armées et la Direction générale de l'armement ».

 

Pour autant, tout comme l'ANSSI, les services de renseignements tâtonnent dans la lutte contre le cyber-espionnage. « Nous débutons dans le domaine de la 'cyber-guerre', souligne le directeur du renseignement militaire (DRM), le général Didier Bolelli. Pour le moment, nous nous limitons à rechercher des informations, à travers un certain nombre de sites ou de réseaux ». Et de rappeler que « la DRM n'est pas en pointe dans la 'cyber guerre', contrairement à l'ANSSI ou à la DGSE. Il n'en demeure pas moins que la menace est importante. Nous nous en protégeons principalement en usant de réseaux fermés et indépendants les uns des autres ».

 

Des agences de plus en plus concernées

 

La DRM a décidé de se préoccuper des ces menaces, selon le général Bolelli, « notamment pour identifier ce que nous appelons les organigrammes cyber, c'est-à-dire l'état des forces adversaires en cyber espace ». Car « certains pays ou entreprises internationales ont déjà été victimes d'attaques de ce type, avec des destructions d'ordinateurs à distance. La menace est sérieuse et nous incite à la plus extrême vigilance ». Du coup, la DRM va y travailler « pour la partie militaire mais les autres services de renseignement sont également interpellés ». D'autant que « les attaques sont souvent lancées depuis des pays dépourvus de législation en la matière ou de repères individuels offshore ».

C'est le cas également à la direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD). Le directeur de la DPSD, le général Jean-Pierre Bosser, souhaite recruter « plus d'officiers supérieurs ou de catégorie A pour participer à l'analyse ou traiter de la cyberdéfense. C'est un vrai sujet pour les deux ans qui viennent », estime-t-il. Et de rappeler des dangers d'internet et des réseaux sociaux qui deviennent « de plus en plus un sujet de préoccupation » puisqu'en « face de nous, il y a des gens puissants et organisés ». « C'est ainsi que des sites de régiments engagés en Afghanistan, comme le 1er RCP à Pamiers, ont fait l'objet d'attaques en 2010. Ces sites, destinés à informer les familles, ont été infiltrés à des fins subversives et pour faire des repérages sur certaines familles », raconte-t-il. Pour lutter contre ces attaques, le général Bosser estime qu' « informer nos cadres, et surtout nos jeunes, de la dangerosité de ces réseaux est vraiment un de nos soucis majeurs ».

 

La DCRI en pointe sur les questions de cyber-sécurité

 

Aux côtés de l'ANSSI, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) est « le seul service de renseignement de sécurité engagé dans ce domaine », estime son patron, Patrick Calvar, qui assure que « les attaques informatiques constituent à mon sens le danger le plus grave, et il ne fera que croître ». Car selon, lui « la cybercriminalité représente un danger majeur, dans tous les secteurs - criminalité de droit commun, terrorisme, espionnage et intelligence économique. Il n'est pas certain que le vrai bilan ait été fait des dégâts déjà commis, car de nombreuses entreprises ne souhaitent pas une contre-publicité de cet ordre. Nous devons définir une stratégie dans laquelle chacun joue un rôle complémentaire. Cela prendra du temps ».

 

A la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), le problème est également aigu. « Les bases de données, matériels informatiques et logiciels destinées à la surveillance du cybercommerce, représentent un poste budgétaire important », souligne le patron de la DNRED, Jean-Paul Garcia. « Nous devons encore améliorer nos performances en matière de lutte contre la cyberdélinquance, qui se développe beaucoup. La cellule Cyberdouane recevra avant la fin du mois de juin les moyens nécessaires pour développer la pratique des coups d'achat - nous en avons la capacité depuis 2012 - qui nous permet, sous une identité fictive, de pénétrer les réseaux ». Mais déjà la DNRED a déjà remporté quelques succès, en matière non seulement de médicaments et de cigarettes mais aussi de contrefaçons, « internet étant un lieu privilégié d'échanges », rappelle Jean-Paul Garcia.

 

Retrouver le premier article d'une série de quatre sur les services de renseignements français

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 17:55

DGSE logo

 

03/02/2013 Le Figaro.fr

 

Selon Le Journal du dimanche, le Directeur général de la DGSE, Erard Corbin de Mangoux, serait sur la selette suite à l'échec du sauvetage en Somalie de l'otage Denis Allex. "Un échec complet", indique un ancien de la DGSE dans le JDD.

 

Le préfet Erard Corbin de Mangoux avait été nommé en octobre 2008 par Nicolas Sarkozy. Selon le JDD, "de discrètes consultations sont en cours" pour son remplacement qui serait effectif "d'ici à l'été."

 

Il y a deux semaines, un commando du service action de la DGSE a tenté, en vain, de libérer un de leurs agents présumé, Denis Allex, retenu par les chebab somaliens depuis plus de trois ans. L'opération s'est soldée par la mort d'au moins deux soldats français ainsi que celle de l'otage. Selon nos informations, six autres membres du commando auraient été blessés, et auraient été soignés ces derniers jours à Djibouti.

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 19:01

dupuy-de-lome-Def-650x442.jpg

Le navire "espion" français Dupuy de Lôme a "été plusieurs fois au large de la Syrie" (crédit : marine nationale / GUIAVARCH)

 

déc 4, 2012 Nicolas Gros-Verheyde (BRUXELLES2)

 

La Syrie est sous une observation attentive des alliés de l’OTAN.

 

Echanges de mails, téléphone fixe, lignes GSM … l’ensemble des communications peut servir à se faire une image de la situation dans le pays, des mouvements de troupes ou de l’humeur possible. La force – ou la faiblesse du pouvoir – comme les relations entre les insurgés sont ainsi scrutées à la loupe. La proximité du pays avec l’Europe facilite il est vrai l’observation.

 

De terre…

On sait déjà que les bases souveraines britanniques à Chypre permettent au Royaume-Uni de collecter des informations, renseignements qu’ils partagent avec les Etats-Unis. Il en est de même des bases militaires turques mises à la disposition des alliés de l’OTAN. Mais d’autres moyens aériens et maritimes sont également engagés.

 

En l’air…

Tout d’abord, les avions Awacs de l’OTAN – ou d’autres pays – survolent la zone. Ils ne sont pas directement déployés sur la Syrie mais le sont en permanence dans le cadre de l’opération Active Endeavour (anti-terroriste) dans l’est de la Méditerranée, comme l’a confirmé à B2 un diplomate au QG de l’Alliance.

 

… et en mer

Enfin, chacun des pays peut envoyer dans la zone plusieurs moyens de collecte d’informations qui se relaient sur place. La présence du navire allemand « Loker avait fait des vagues il y a quelques semaines outre-Rhin. La présence du « bâtiment collecteur de renseignements » Dupuy de Lome (A-759), a été plus discrète mais bien réelle. Depuis le début du conflit syrien, le navire « espion » de la Marine nationale – qui comprend environ 80 à 90 « techniciens » de la DRM (direction du renseignement militaire) et d’autres services – a été déployé « à plusieurs reprises le long des côtes syriennes » comme libanaises, ainsi que B2 en a eu confirmation auprès de militaires. Sa capacité d’écoute de ce navire mis en service à l’été 2006 est multiple (radio, téléphone et GSM, satellites…). Il a été utilisé notamment lors de la dernière opération en Libye.

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 17:12
Kenya denies hosting US surveillance aircraft

 

 

18 June 2012 by defenceWeb

 

The Kenyan military has denied that the United States is using its territory or airspace to conduct surveillance flights over Africa, but confirmed the presence of US troops at the Manda Bay naval base.

 

Last week the Washington Post ran a story on US spy flights in Africa and stated that the US military had plans to establish a surveillance base in Kenya, as well as South Sudan. The newspaper went on to say that an engineering battalion of Navy Seabees has been assigned to complete a US$10 million runway upgrade at the Manda Bay naval base.

 

An Africa Command (Africom) spokeswoman said the runway extension was necessary so US C-130 Hercules can land at night and during bad weather. The newspaper said that about 120 US military personnel and contractors are stationed at Manda Bay, which Navy SEALs and other commandos have used as a base from which to conduct raids against Somali pirates and al-Shabaab fighters.

 

The US military in a statement in response to the Washington Post article confirmed that it runs ‘broad ranging’ intelligence operations on the continent and that “the United States routinely works with its African partner nations to counter those who would threaten regional security and stability in Africa.”

 

The US military said it employs its intelligence, surveillance and reconnaissance (ISR) assets in Africa “based on security threats of mutual concern.”

 

A spokesman for the Kenyan Defence Forces, Colonel Cyrus Oguna, said he had no knowledge of a US surveillance programme in Kenya. “As far as we are concerned, the US is not using any Kenyan airspace or any bases from where they can be able to launch observation vessels,” Oguna said. “However, I know that we do have bilateral arrangements in terms of sharing information and intelligence to fight terror.”

 

The Washington Post article stated that the United States has established a dozen air bases on the continent since 2007, mainly for surveillance purposes. Most are small operations run out of secluded hangars at African military bases or civilian airports. Surveillance is overseen by US Special Operations forces but relies to a large extent on private military contractors and support from African troops. This allows these operations to fly below the radar. Using Pilatus PC-12 (U-28) surveillance aircraft rather than unmanned aerial vehicles also keeps the profile of these operations low.

 

Africa has emerged as a greater priority for the US government because terrorist groups there have become an increasing threat to US and regional security. The US is concerned about al Qaeda in the Islamic Maghreb (AQIM), insurgents in Mali, Boko Haram extremists in Nigeria and al Shabaab militia in Somalia. In central Africa, around 100 US special forces are assisting in the hunt for warlord Joseph Kony, leader of the Lord’s Resistance Army.

 

The United States has launched air strikes in Somalia and Yemen using unmanned aerial vehicles, but has also deployed F-15E Strike Eagles to Djibouti. However, elsewhere in Africa, military commanders told the Washington Post that their role is generally limited to intelligence gathering and sharing.

 

Some of the bases are in Ethiopia, the Seychelles, Burkina Faso and Uganda. Camp Lemonnier, Djibouti, is the only permanent US base in Africa. About 2 000 US personnel are deployed there as part of Combined Joint Task Force - Horn of Africa, many from the Army National Guard.

 

"It's a great strategic location," US Africa Command chief General Carter Ham told the American Forces Press Service. "It facilitates not only our operations for US Africa Command, but also US Central Command and US Transportation Command. It is a very key hub and important node for us, a good location that allows us to extend our reach in East Africa and partner with the countries of East Africa."

 

Ham asked the US Congress last year to support the command’s efforts to expand its intelligence-gathering capabilities in order to monitor terror threats across Africa. He said the main targets are al-Shabab in Somalia, the Lord’s Resistance Army across central Africa and al-Qaeda in the Islamic Maghreb in the west.

 

In February this year Ham told the House Armed Services Committee that the United States has no plans to seek permanent bases in Africa, and, in the spirit of the new defence strategic guidance, will continue to maintain a "light footprint" on the continent.

 

With no troops directly assigned to it, Africa Command relies heavily on its service components: US Army Africa based in Vicenza, Italy; US Air Forces Africa, at Ramstein Air Base, Germany; US Marine Forces Africa and Special Operations Command Africa, both based in Stuttgart, Germany. Ham said that there are no plans to relocate Africom’s headquarters to the African continent.

 

Ham said he recognizes concerns among some African countries about an increased U.S. presence on the continent, but emphasized that cost alone would preclude the United States from establishing more permanent bases there.

 

Ham told the American Forces Press Service that a safe, secure and stable Africa is in the United States' national interests, and that Africans are best suited to address African security challenges. "Countering the threats posed by al-Qaeda affiliates in East and Northwest Africa remains my number 1 priority," Ham said.

 

But for security to take hold in Africa for the long-term, Ham also recognizes the importance of strengthening African partners' defence capabilities so they can address their own security challenges. He noted ongoing efforts to increase capacity in peacekeeping, maritime security, disaster response and other key areas. The general noted the value of this investment, from "train-the-trainer" sessions conducted at the tactical level to leader development programs that will have positive long-term strategic implications.

 

"We are planting seeds, if you will, and allowing those to develop and grow," he said, noting that it's all being done with no permanently assigned forces and limited forces on the ground.

 

"I think we get a disproportionate positive effect for a relatively small investment," Ham said. "We don't use lots of troops. Generally, our exercises and engagements are pretty small-scale." They typically involve an individual ship, a small group of Marines, Seabees or veterinarians, or a maintenance detachment, he explained.

 

Earlier it was reported that the United States will have 3 000 soldiers serving in Africa next. The US Army last month announced it would deploy a brigade to Africa in 2013 as part of a pilot programme that assigns brigades on a rotational basis to regions around the globe. At least 3 000 soldiers will serve tours across the continent next year, training foreign militaries and aiding locals.

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 17:55
Constellation de satellite Elisa. crédits CNES PHOTON REGY Michel, 2012

Constellation de satellite Elisa. crédits CNES PHOTON REGY Michel, 2012

 

23/03/2012 Domitille Bertrand - DGA

 

À la pointe du renseignement d’origine électromagnétique (ROEM), le projet Ceres (capacité de renseignement électromagnétique spatiale) a pour objectif de détecter, localiser et caractériser depuis l’espace les signaux envoyés par les systèmes adverses, notamment les émetteurs de télécommunications et les radars. Alors que les satellites du projet Elisa, l’un des démonstrateurs qui visent à préparer Ceres, viennent d’être lancés, une équipe de la direction générale de l’armement (DGA) travaille sur le programme opérationnel qui doit être mis sur orbite à la fin de la décennie.

 

« Imaginons que vous soyez dans un lieu même isolé ou désertique, et que vous mettiez en fonctionnement un radar, celui-ci va émettre un signal. Les trois satellites du programme Ceres, volant en formation dans l’espace, vont passer au-dessus de votre zone et détecter les signaux émis. Ceci est valable pour tout type d’émetteur électromagnétique, qu’il s’agisse d’émetteurs de télécommunications ou de radars », explique Laurent Boniort, directeur du programme Segment Sol d’Observation et manager de l’opération d’armement Ceres à la DGA.

 

Détecter, localiser puis caractériser…

 

C’est l’utilisation simultanée des trois satellites positionnés « en triangle » qui permet de localiser l’émission. « Quand un radar émet un signal, chacun des satellites reçoit ce signal à un instant légèrement différent. C’est en croisant les informations recueillies par chacun et comparant l’heure de réception d’un même signal que l’on peut ainsi situer l’emplacement de l’émetteur : en comparant l’heure de réception du signal par deux satellites, la localisation de l’émetteur est imprécise car elle est matérialisée par une ellipse sur la Terre. En faisant l’exercice pour chaque « paire » de satellites (satellite 1/satellite 2 - satellite 1/satellite 3 - satellite 2/satellite 3), on aboutit à une localisation très précise. D’où la nécessité de disposer de trois satellites travaillant conjointement. »

 

Une fois l’émission détectée, puis localisée, il faut ensuite en définir les caractéristiques : quelle est la fréquence utilisée, est-elle fixe ou saute-t-elle périodiquement pour être plus discrète, le type de modulation choisie, etc. « Attention, nous n’écoutons pas le contenu des communications, nous détectons seulement les signaux ! » indique Laurent Boniort, qui précise : « si l’on veut intercepter le contenu de l’émission, il faut disposer d’un capteur qui reste longtemps sur la zone d’intérêt, et ce n’est pas le cas avec  Ceres : ce n’est pas comme dans les films hollywoodiens ! »

 

… Pour mieux surveiller et protéger

 

L’intérêt de ce programme est multiple. Avant tout, la capacité de surveillance est étendue : toutes les zones du monde sont observables par satellite sans contraintes d’accès, ce qui n’est pas le cas avec un bateau ou un aéronef. « En termes de protection, le fait de connaître les caractéristiques et les performances d’un radar adverse permet à un aéronef de le brouiller, par exemple. À l’inverse, on pourra également empêcher les radars ennemis de repérer l’un de nos aéronefs ou missiles, en les faisant évoluer hors des couvertures radar adverses. » Au delà des applications purement militaires, le programme Ceres étant conçu pour pouvoir analyser les différents types d’émissions, il permettra, en plus de déterminer l’architecture de systèmes en réseaux, tel des réseaux de communication, de suivre, en fonction des caractéristiques des signaux, l’évolution du niveau des performances des matériels des forces adverses. « En d’autres termes, il pourra détecter la prolifération de matériels sophistiqués dans une zone d’intérêt, si besoin est. »

 

La France est le seul pays européen présent sur ce domaine, rejoignant ainsi le club, très fermé, des pays les plus avancés dans le renseignement d’origine électromagnétique, avec principalement les États-Unis et la Russie.

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 18:57
Algérie - Le sous-secrétaire américain à la Défense pour le Renseignement à Alger

 

10 Mars 2012 maghrebemergent.info

 

Le sous-secrétaire américain à la Défense pour le Renseignement, Michael G. Vickers, s'est entretenu samedi à Alger de la situation sécuritaire avec le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales Daho Ould Kablia, a-t-on annoncé de source officielle algérienne.

 

L'audience, qui s'est déroulée au siège du ministère de l'Intérieur, a porté sur la situation sécuritaire et les réformes engagées en Algérie ainsi que sur la coopération algéro-américaine en matière de lutte contre le terrorisme et le crime organisé, précise un communiqué du ministère algérien cité par l'agence APS.

 

Aucune autre information n'a été fournie sur la visite en Algérie de cet ancien officier des forces spéciales américaines et d'opérations paramilitaires de la CIA. (AFP)

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 08:55
Espionnage. Qui a volé les plans de l'Airbus «militaire»?

Selon Airbus, «il est très rare que l'ensemble d'un plan soit stocké dans un ordinateur portable»

 

06/11/2011 Gérald Camier - ladepeche.fr/

 

Manifestement, l'Airbus A-400 M, le nouvel avion militaire franco-allemand intéresse du monde. On ne sait pour l'heure si les «données militaires sensibles», qui se trouvaient dans un ordinateur volé mardi 1er novembre dans une chambre de l'hôtel Pullman de Versailles, sont tombées entre de mauvaises mains, mais l'affaire, révélée hier, embarrasse la direction d'Airbus. Affichant la sérénité, le groupe aéronautique a tenté de minimiser ce vol : «Il est très rare que l'ensemble d'un plan soit stocké dans un ordinateur portable, a déclaré un chargé de communication. Il s'agit plus souvent d'échantillons qui servent comme documents de travail».

 

La victime, un Anglais de 64 ans

 

Mardi 1er novembre à l'hôtel Pullman, deux inconnus se sont introduits dans la chambre 136, probablement entre 17h30 et 21h30, alors occupée par un Anglais âgé de 64 ans, précise une source proche de l'enquête. l'ordinateur dérobé contenait ls plans du système d'approvisionnement en fioul, sur terre et dans les airs de l'A 400M. C'est un client de l'hôtel qui aurait vu deux hommes âgés de 30 à 35 ans qui sont d'abord entrés dans sa chambre, avant d'en ressortir en s'excusant de s'être trompés. Pour entrer dans la chambre où se trouvait l'ordinateur, les deux individus ont utilisé un passe, car aucune trace d'effraction n'a été relevé par les policiers. Ils ont d'abord fouillé une valise puis ont volé l'ordinateur, un téléphone Nokia et une souris sans fil. Pour le commissariat de Versaillles, chargé de l'enquête avec la sous-direction de l'information générale (SDIG), «compte tenu des circonstances, on imagine bien une affaire d'espionnage industriel».

 

Le mode opératoire rappelle d'ailleurs étrangement l'affaire de ce PDG d'une compagnie aérienne chinoise, dont la chambre d'hôtel avait été visitée par des représentants des «services secrets français».

 

Selon Bernard Carayon, député-maire de Lavaur et qui a remis plusieurs rapports sur la question de l'espionnage industriel, la Direction centrale du renseignement intérieur (contre-espionnage) n'a pas encore été saisie de l'affaire de l'hôtel Pullman. «Ce genre de choses est, hélas, très fréquent, indique l'élu. Notamment concernant les secteurs stratégiques de la défense, la santé, l'aéronautique, le spatial, les technologies de l'information, la pharmacie. Il y a beaucoup de pillages. Très peu de chiffres sont disponibles. Souvent, quand le piège réussi, l'entreprise n'en parle pas car elle a honte vis-à-vis de sa clientèle. L'affaire est réglée en interne».

 

Des Chinois espionnés à Toulouse

 

C'était en novembre 2010, dans un grand hôtel de la place du Capitole, à Toulouse. Trois personnes sont surprises la main dans le sac par des membres d'une compagnie aérienne chinoise en visite à Airbus, en train de fouiller dans les valises du responsable, Shaoyong Liu (photo). C'est le PDG de China Eastern Airlines. Il s'agissait ni plus ni moins que des membres des services secrets français.

 

En plus d'un ordinateur portable, d'un lecteur DVD et des clés, un sac censé contenir du matériel d'enregistrement et de récupération de données avaient été abandonnés sur place. Les représentants chinois avaient ensuite plié bagage se contentant d'exiger « une enquête » auprès des services de police. On avait frôlé de peu l'incident diplomatique. D'autant que la visite éclair de ces présumés espions français n'avait pas échappé aux caméras de surveillance.

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 07:55

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/e2/FS_Surcouf.jpg

photo Franck Dubey - netmarine.net

 

25/10/2011 Par Jean Guisnel - Le Point.fr

 

Les armées françaises soutiennent l'offensive kényane contre les militants shebabs somaliens, qui détiennent notamment un officier français de la DGSE depuis le 14 juillet 2009. Les Français ne sont pas engagés dans les combats, affirme-t-on à l'état-major des armées à Paris, où l'on confirme par ailleurs qu'un Transall C-160 a été mis à disposition de Nairobi. Un peu juste en moyens logistiques. Mais de participation aux combats, nenni ! On dément avec vigueur, de même source, que des navires de combat de la marine nationale soient présents au large de la zone des combats, et qu'ils aient a fortiori tiré contre des objectifs à terre.

 

On précise de même source que l'aviso Premier maître l'Her, qui a quitté Brest le 1er octobre, se trouve actuellement en passe de rejoindre la Task Force 150 déployée dans le golfe d'Aden, sous commandement américain. La frégate Surcouf, qui participe pour sa part à la mission européenne Atalante contre la piraterie, se trouve depuis plusieurs jours au large de la ville somalienne d'Harardhere, très loin de la zone des combats entre l'armée kényane et les milices shebabs.

 

Bateau espion

 

L'état-major des armées n'avait en revanche "rien à dire, vraiment" sur la présence dans le port kényan de Mombasa, rapportée au Point par des sources fiables, du très gros navire français Dupuy de Lôme. Ce navire de 3 600 tonnes arbore la coque blanche des bâtiments scientifiques, et appartient officiellement à la catégorie des "bâtiments d'expérimentation et de mesures".

 

Mais un énorme mât chargé d'antennes et deux gros radômes abritant de "grandes oreilles" ne laissent pas le moindre doute sur sa nature exacte : c'est un bateau espion, certes armé par la marine nationale, mais qui travaille 350 jours par an au profit de la Direction du renseignement militaire, nous apprend l'indispensable annuaire Flottes de combat. Lequel précise qu'il embarque un équipage de 30 hommes, auxquels s'ajoutent 80 "techniciens". Qu'en termes pudiques ces choses-là sont dites ! Les Français qui font circuler ce navire dans le monde entier disposent avec lui d'un exceptionnel outil de renseignement, dont ils ne parlent jamais, bien qu'il soit très officiellement recensé dans la flotte des AGI (Auxiliary General Intelligence), dont dispose l'Otan. Conclusion : bien que les Français demeurent discrets sur le sujet, ils assistent les Kényans dans leur offensive en leur apportant des moyens logistiques aériens. Il paraît plausible qu'ils fournissent aussi du renseignement. Mais sans tirer un coup de feu...

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 16:25

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/terre/terre-images/breves/forum-du-renseignement-de-l-armee-de-terre/1390441-1-fre-FR/forum-du-renseignement-de-l-armee-de-terre.jpg

 

03/10/2011 Armée de Terre

 

Organisé aux écoles militaires de Saumur, le 7e  forum du renseignement de l’armée de Terre se tiendra du 4 au 6 octobre 2011.

 

Rendez-vous annuel de la communauté renseignement, cette manifestation s’ouvre cette année encore aux autres armées et à la gendarmerie. Plus de 150 participants sont attendus pour ce forum, placé sous l’autorité du général de corps d’armée Bertrand Clément-Bollée. Plusieurs industriels y présenteront du matériel et des programmes en cours : Elexo, St Frères, MBDA, Gore, Inéo, Thalès, EADS, Euriware.

 

Les tables rondes aborderont la planification de la recherche multi capteurs, la complémentarité technique des différents types de capteurs ou la robotisation des capteurs.

 

Au programme également, exposés et présentations de matériel de certaines unités renseignement de l’armée de Terre.

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 16:55
DGSE: quand les espions cherchent des ingénieurs

 

12 juillet 2010 Par RÉMY MAUCOURT - Usinenouvelle.com


Jusqu’en 2014, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) va recruter entre 100 et 150 ingénieurs par an. Les services secrets français renforcent leurs capacités techniques, et cherchent donc à attirer de nouvelles candidatures.

Quel métier ?

"Il faut le reconnaître, on intercepte." Celui qui s’exprime aussi directement, c’est Thomas, un jeune ingénieur qui travaille précisément sur l’interception des télécommunications. Récolter des renseignements par des moyens technologiques, c’est la principale mission de la direction technique (DT) de la DGSE. 2000 personnes travaillent pour la DT, sur les 4500 de la maison. Un autre de ses collègues, Olivier, a des occupations plus… romanesques. Il conçoit des systèmes télécoms miniaturisés et sécurisés, pour équiper les agents sur le terrain. Le Q de James Bond, c’est lui.

Ces deux jeunes ingénieurs (trois ans et un an d’expérience) ne regrettent pas d’avoir tourné le dos au secteur privé. Dans leurs laboratoires, ils disposent d’un matériel de pointe, de moyens impressionnants. Olivier parle de "conditions idéales", mais également d’un état d’esprit qui permet de les utiliser au mieux : "Ici, on se donne les moyens de faire ce qu’on veut." Une culture du résultat confirmée par Thomas : "Tant que les résultats suivent, on ne regarde pas trop la méthode".

La plupart des membres de la direction technique effectuent les mêmes tâches que dans le privé. On pourrait presque croire qu'ils travaillent pour une société comme une autre, mais les enjeux restent fondamentalement différents. La pression est importante, venant de la hiérarchie mais surtout de la nature des missions. Les contraintes de confidentialité sont extrêmes: un agent ne parle pas de ses activités, ni à ses proches ni à sa famille. Au public, il ne donne que son prénom. Il ne consulte pas ses mails personnels au bureau: pour des raisons de sécurité, son réseau est fermé.

Thomas et Olivier se sont habitués à ces contraintes. Selon eux, il existe deux catégories d’ingénieurs à la DGSE: les techniciens purs, et ceux qui s’intéressent au monde du renseignement. Ils se placent clairement dans la deuxième catégorie. "On est régulièrement au contact des analystes, c’est très intéressant et gratifiant". Olivier lâche le mot "ego", "c’est valorisant de travailler pour la nation." Les deux apprécient de voir le résultat de leurs travaux rapidement, de suivre les projets. Certains épisodes particulièrement tendus leur ont fait prendre conscience de leur importance : "Des pirates somaliens ont pris des otages, il faut savoir où ils sont et ce qu’ils se disent…" La nature gratifiante de son emploi, Olivier la résume en une phrase : "C’est rare de pouvoir sauver des vies quand on est ingénieur".

 


Comment ?

Le processus de recrutement est assez long : cinq mois en moyenne entre la candidature et l’arrivée du nouvel agent. Après une série d’entretiens (futurs supérieurs hiérarchiques, DRH…), le postulant est soumis à une enquête de sécurité. Un officier de sécurité cherche à connaître les faiblesses du candidat, à détecter ce qui pourrait poser problème ultérieurement. Relations, amis, familles sont étudiés, pour évaluer les possibilités que le futur agent soit recruté par des services étrangers. Il reste encore au postulant à passer des tests psychotechniques, et au service à justifier son embauche auprès d’un contrôleur budgétaire. Deux à trois mois de délai sont nécessaires avant l’accord final, avant que le futur agent ne puisse démissionner de son ancien emploi.

Les ingénieurs sont généralement recrutés en CDD, pour des durées allant de un à trois ans. Ces contrats sont renouvelables une fois, après six ans se pose la question d’un éventuel CDI. Il est également possible d’intégrer la DGSE en tant que fonctionnaire, via un concours de catégorie A. Les conditions salariales sont avantageuses pour les jeunes (2650 euros nets par mois pour Thomas, 2600 pour Olivier par exemple), mais sont beaucoup moins alléchantes pour les profils expérimentés. "La difficulté, c’est de trouver de bons profils entre six et dix ans d’expérience" explique Patrice, le chef du service recrutement de la DGSE.

Le type de personnalité recherchée est assez clair : la DGSE cherche avant tout des caractères stables, équilibré. Et qui soient près à s’adapter à la culture de la maison. "Si vous étouffez dans un milieu secret, vous n’êtes pas fait pour la DGSE" prévient Patrice. Il affirme que le patriotisme n’entre pas en ligne de compte dans le recrutement, mais que la nature des missions ne convient pas à tous. "Certains candidats réalisent que la finalité ne leur convient pas. C’est assez rare."

Dans la DT, l'ambiance sociale semble être au beau fixe. Pour Patrice, "l’indicateur social, c’est le turnover. Dans la direction technique, il n’y en a pas." Cette situation va jusqu'à poser problème : "si on ne veut pas que l’organisation se sclérose, nous allons devoir organiser ce turnover." Des conditions avantageuses (23 jours de RTT), viennent compenser l'interdiction de se syndiquer ou de faire grève.

Quel besoin ?

Le Directeur Technique, Bernard Barbier, voit son service s’agrandir. Une nécessité pour suivre l’évolution des communications. Ceux qui cherchent à obtenir des renseignements sur internet font face à un problème: "absorber cette quantité d’information". Bernard Barbier rappelle un élément essentiel, de son point de vue : "Internet n’a pas été conçu pour être sécurisé". Les possibilités techniques sont établies : "La technologie nous permet de trouver une aiguille dans un champs de foin", mais les moyens mis en œuvre sont insuffisants.

La France a pris du retard dans ce domaine. "Dans le renseignement technique, il existe une première division des pays occidentaux, dont les Etats-Unis sont le chef de file. Ces pays ont investi suffisamment pour obtenir des renseignements utiles par ces méthodes. Notre objectif : entrer en première division."  Pour y parvenir, le Directeur Technique compte sur la structure même de la DGSE: une agence intégrée, plus petite et donc plus réactive que ses homologues américaines. Outre le renseignement, les nouvelles recrues vont venir renforcer les moyens défensifs et offensifs de la DGSE.

Aujourd'hui, la défense des intérêts de la nation n'est plus le principal argument pour attirer les candidats vers les services secrets. Bernard Barbier présente les choses différement: "c'est un bon début de carrière". Les vocations ne suffisent plus à assurer les besoins.

Si travailler dans le secret ne vous dérange pas, que vous adhérez aux actions et à la culture de la DGSE, les services secrets seront peut-être intéressés par votre CV. Vous trouverez au bas de cette page, une adresse (postale) où vous pourrez envoyer votre candidature.

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