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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 12:20
Crédits MDN Canada

Crédits MDN Canada

 

14 janvier 2015 par Jacques N. Godbout – 45eNord.ca

 

Les délais et le manque de capacité conduisent à des niveaux jamais vus de fonds d’acquisition non dépensés et menacent les capacités militaires, affirme David Perry, analyste principal de l’Institut de la Conférence des associations de la défense.

 

«Il est irréaliste de s’attendre à ce que le processus d’acquisition de la défense du Canada puisse être ‘réparé’», va même jusqu’à dire David Perry dans le 21e numéro des Cahiers Vimy de l’Institut intitulé «Remettre le mot ‘armé’ dans les Forces armées canadiennes: améliorer l’acquisition de l’équipement de défense au Canada».

Les compressions budgétaires qui ont commencé en 1989 ont mené à une décennie d’approvisionnements de défense limités, rappelle le rapport.

En février 2014, le gouvernement du Canada a annoncé une Stratégie d’approvisionnement en matière de défense du Canada (SAMD) conçue pour réformer la façon dont le Canada s’approvisionne en équipement militaire.

Le système canadien a connu des problèmes particuliers dans le passé et la situation restera probablement la même, alors que le temps de faire l’acquisition d’équipement militaire en est rendu à des «niveaux records», souligne-t-il.

«Bien que la SAMD soit une initiative louable, elle ne va pas régler d’elle-même les problèmes actuels», conclut David Perry.

Il note que que le ministère de la Défense fait face à une difficulté sans précédent à dépenser l’argent alloué aux approvisionnements. Depuis 2007/2008, une moyenne de 23% de l’argent disponible, soit un total de 7,2 milliards $, n’a pas été dépensée, écrit l’analyse.

La stratégie de défense Le Canada d’abord promettait le programme de recapitalisation le plus important depuis la Guerre de Corée, mais cette recapitalisation est gravement retardée, ce qui cause une érosion du pouvoir d’achat du programme d’immobilisation du ministère de la Défense, note le chercheur.

Des projets sont réduits ou annulés à cause de délais ou de la perte de pouvoir d’achat et la capacité et les ressources actuelles sont impuissantes à répondre aux demandes accrues, observe-t-il.

«Notre système d’approvisionnement n’est tout simplement pas assez robuste pour réussir», déclare David Perry. «D’ici à ce que soit articulée une nouvelle politique de défense, que les achats soient organisés en un système de priorités, et que des ressources adéquates soient appliquées, les militaires vont continuer à perdre de leur capacité», prévient-il.

 

Les recommandations

Tout en affirmant qu’il ne sera pas facile de «réparer» le système d’approvisionnement système auquel il colle l’étiquette de «cassé», le chercheur y va de 10 recommandations qui devraient permettre d’atteindre le but dont parlent constamment les militaires: fournir le bon équipement aux forces de combat en temps opportun.

  1. Terminer l’examen de la Stratégie de défense Le Canada d’abord et, dans le cadre de cet examen:
    – mettre en place priorités géostratégiques qui peuvent orienter les acquisitions futures;
    – résoudre l’inadéquation entre le financement et les capacités;
    – prioriser des acquisitions de défense prévus;
  2. Augmenter la taille du personnel travaillant aux acquisitions
  3. Accroître les compétences du personnel travaillant aux acquisition en améliorant l’accès à la formation, en réduisant le cycle d’affectation des fonctionnaires et des militaires affectés aux acquisitions, en reliant les rotations de personnel aux étapes clés des projets; et en créant un «cheminement de carrière» pour les spécialistes des achats militaires.
  4. Accroître les récents efforts déployés par la Défense nationale pour familiariser les autres agences et fonctionnaires avec le programme de la défense;
  5. Continuer à impliquer l’industrie dans le processus;
  6. Améliorer la communication sur les marchés de la défense, à la fois au sein du gouvernement et entre le gouvernement et le public. Accroître l’utilisation des séances d’information technique sur les fichiers-clés;
  7. Développer une base commune pour le cycle de vie des coûts qui est basée sur les meilleures pratiques et l’instituer au sein du gouvernement. Cela devrait inclure l’attribution de contingences de projet appropriées à la nature de chaque projet et au système d’approvisionnement canadien et veiller à ce les budgets des projets comprennent une protection contre la perte de pouvoir d’achat;
  8. Renforcer la flexibilité dans le plan d’investissement du ministère de la Défense pour tenir compte de l’escalade des coûts, des délais et des nouvelles priorités;
  9. Tenir compte des changements dans les budgets des projets actuels et futurs des coûts d’approvisionnement créés par la Stratégie de défense de l’approvisionnement
  10. Et, finalement, mettre en œuvre les changements de stratégie de défense de l’approvisionnement comme un ensemble complet, plutôt que des initiatives individuelles, et produire des rapports d’étape annuels sur la mise en oeuvre de la nouvelle stratégie.

 

En octobre 2014, du côté de la Marine royale canadienne le Chef – Service d’examen lançait lui-même un cri d’alarme.

Son rapport d’évaluation révélait que, bien qu’elle ait toujours, jusqu’ici, répondu aux attentes et aux demandes du gouvernement du Canada et du ministère de la Défense en ce qui a trait à la conduite des opérations, la Marine royale canadienne éprouvait «des difficultés à satisfaire certaines de ses exigences relatives à l’état de préparation».

Force était de constater alors qu’il devient de plus en plus difficile à la Marine royale canadienne d’être «là, toujours prête» à défendre les intérêts du Canada à l’échelle nationale et internationale.

Mais aujourd’hui, à moins de réparer rapidement le système d’approvisionnement militaire «cassé», c’est toute l’armée qui risque d’être «Forte, Fière, mais pas Prête»…

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 12:20
Le Canada sort sa nouvelle stratégie d’approvisionnement en matière de défense

 

5 février 2014 par Jacques N. Godbout – 45eNord.ca

 

Le Canada vient de dévoiler ce mercredi sa nouvelle Stratégie d’approvisionnement en matière de défense (SAMD) au Economic Club of Canada. C’est la ministre de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada Diane Finlay, et le ministre de la Défense nationale, Rob Nicholson, qui en ont fait l’annonce.

 

Dans cette stratégie, le gouvernement Harper met l’accent sur la façon de «tirer profit de l’approvisionnement en matière de défense pour créer des emplois et assurer la croissance économique».

«Le gouvernement Harper est résolu à faire en sorte que nos militaires aient l’équipement nécessaire plus rapidement, de façon économique, tout en offrant la meilleure valeur pour les contribuables.  Dorénavant, nous tirerons profit de nos investissements en vue de créer des emplois bien rémunérés et hautement spécialisés ici au Canada», a déclaré Diane Finlay.

La Stratégie, poursuit le communiqué, repose sur d’importantes activités de mobilisation menées par le gouvernement auprès de l’industrie ainsi que sur les recommandations formulées dans le rapports Jenkins de février 2013 intitulé «Le Canada d’abord –Exploiter l’approvisionnement militaire en s’appuyant sur les capacités industrielles clés» et le rapport Emerson de 2012 sur les intérêts et l’avenir du Canada dans l’aérospatiale et dans l’espace.

«Le lancement de la Stratégie d’approvisionnement en matière de défense aujourd’hui réaffirme l’engagement du gouvernement à l’égard de l’établissement et du maintien d’une armée moderne et de première classe qui est bien équipée pour relever les défis du 21e siècle. Le ministère de la Défense nationale continue de voir les conséquences positives du nouvel équipement sur les opérations de défense», a déclaré pour sa part le ministre de la Défense, Rob Nicholson.

La Stratégie d’approvisionnement en matière de défense (SAMD), marque un changement radical dans l’approche du gouvernement à l’égard des approvisionnements en matière de défense:

Fournir le bon équipement aux Forces armées canadiennes et à la Garde côtière canadienne en temps opportun:

  • Assurer la mobilisation hâtive et soutenue de l’industrie et de la clientèle dans le cadre du processus d’approvisionnement.
  • À compter de juin 2014, publier annuellement le Guide d’acquisition de la défense, qui décrira les priorités en matière d’approvisionnement du ministère de la Défense nationale.
  • Établir un processus d’analyse critique des besoins militaires, dirigé par un tiers indépendant, au sein du MDN.

Tirer parti de nos achats de matériel de défense pour créer des emplois et assurer la croissance économique au Canada:

  • Utiliser une proposition de valeur cotée et pondérée pour l’évaluation des soumissions relatives aux approvisionnements en matière de défense et aux approvisionnements importants de la Garde côtière canadienne.
  • Mettre en œuvre une stratégie d’exportation à l’appui des occasions de vente à l’étranger et de la participation aux chaînes de valeur mondiales.
  • Déterminer et appliquer les capacités industrielles clés pour connaître les retombées économiques possibles de chacun des achats de manière à répondre aux besoins des Forces canadiennes et à accroître la compétitivité des entreprises canadiennes sur le marché mondial.
  • Établir de façon indépendante un institut d’analyse de la défense dont les experts fourniront des analyses éclairées à l’appui des objectifs de la Stratégie d’approvisionnement en matière de défense (SMAD) et des évaluations qui en découlent.

Simplifier les processus d’approvisionnement en matière de défense:

  • Adopter un nouveau régime pour veiller à ce que le processus décisionnel concernant les approvisionnements en matière de défense et les approvisionnements importants de la Garde côtière canadienne soit simplifié et coordonné.
  • Mettre sur pied un secrétariat d’approvisionnement en matière de défense au sein de TPSGC afin de s’assurer d’une étroite coordination entre les ministères clés.
  • Passer en revue les pouvoirs délégués actuels du MDN pour l’achat de biens, tout en envisageant la possibilité de hausser le plafond existant de 25 000 $, ce qui permettrait d’accroître l’efficacité des pratiques d’approvisionnement.

La mise en œuvre de la Stratégie d’approvisionnement en matière de défense commencera immédiatement; une mise en œuvre progressive aura lieu après les consultations en cours avec l’industrie et, annonce aussi Ottawa aujourd’hui, le ministère de la Défense publiera son premier Guide d’acquisition en matière de défense annuel en juin 2014.

Le Guide indiquera la liste de projets d’acquisition que le gouvernement compte développer sur les cinq, 10, 15 ou 20 ans années à venir, et comprend les projets de plus de 100 millions $, ainsi que ceux d’une plus petite valeur qui offrent des possibilités de retombées pour l’industrie canadienne.

Le Canada compte plus de 650 entreprises qui fournissent des biens et des services en matière de défense et qui génèrent 9,4 milliards $ en recettes, ainsi que des retombées économiques estimatives de 6 milliards $ et 64.000 emplois à temps plein. La moitié des recettes de l’industrie proviennent des exportations.

La nouvelle stratégie a été bien accueillie par les représentants de l’industrie, le Président de l’Association des industries canadiennes de défense et de sécurité, Tim Page, louant le gouvernement et déclarant lui donner «tout le crédit [...] pour la réponse exhaustive d’aujourd’hui à son engagement pris dans le cadre du budget de 2013 à améliorer les résultats de ses approvisionnements en matière de défense».

« L’annonce d’aujourd’hui est une excellente nouvelle pour l’industrie aérospatiale, nos forces armées et les contribuables canadiens. L’engagement du gouvernement à évaluer la valeur que représentent les approvisionnements pour les emplois, l’innovation et la recherche et le développement au Canada contribuera à faire en sorte que l’acquisition de matériel militaire profitera au maximum à l’économie canadienne», a pour sa part déclaré Jim Quick, le Président et chef de la direction de l’Association des industries aérospatiales du Canada.

Il faut toutefois se rappeler que, pour l’industrie de la défense du pays, les navires, les véhicules ou les aéronefs peuvent être plus chers, moins performants ou moins nombreux, ce qui compte, c’est que les achats militaires se fassent le plus possible ici au Canada. Le contribuable, lui, peut parfois être d’un avis différent.

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