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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 16:35
Japon: les lois de défense adoptées en commission après des échauffourées entre sénateurs

 

17 septembre 2015 Romandie.com (AFP)

 

Tokyo - Des sénateurs en sont venus aux mains jeudi au Parlement japonais avant l'adoption en commission de nouvelles lois de défense autorisant l'envoi de militaires à l'étranger pour aider un allié en difficulté, une première depuis la guerre.

 

La voie est désormais ouverte pour un vote en session plénière au Sénat, procédure qui entérinerait les textes et qui doit intervenir dans les heures ou jours à venir, malgré une opposition farouche.

 

Jeudi à deux reprises, devant le Premier ministre Shinzo Abe impassible, des membres de l'opposition et de la coalition au pouvoir ont encerclé le président d'une commission spéciale et se sont bousculés et empoignés vigoureusement.

 

Le parlementaire d'opposition Tetsuro Fukuyama a ensuite prononcé un discours enflammé expliquant pourquoi son parti avait déposé une motion pour tenter d'empêcher l'adoption de cette réinterprétation de la Constitution pacifiste du Japon.

 

Le parti au pouvoir écoute-t-il les voix du public ? Vous pouvez faire tout ce que vous voulez parce que vous avez la majorité. Est-ce bien cela que vous pensez ?, a-t-il lancé au bord des larmes.

 

La tension est montée d'heure en heure et l'adoption des textes en commission a été reportée à plusieurs reprises, les parlementaires bloquant les portes et encombrant les couloirs en signe de protestation.

 

Selon les médias japonais, 13 personnes ont été arrêtées mercredi soir pour entrave à agent de police pendant une manifestation qui a rassemblé quelque 13.000 personnes devant le Parlement.

 

Ces dernières semaines, des milliers de Japonais ont défilé dans les rues presque quotidiennement, dans un pays où les manifestations sont rares.

 

Bien que la Constitution actuelle, qui empêche les soldats japonais de prendre part à des combats en dehors de l'auto-défense, ait été imposée par l'occupant américain, nombre de Japonais y sont attachés et estiment que tout changement remettrait en cause le caractère pacifiste de leur pays. Ils craignent que le Japon ne soit entraîné dans un conflit lointain aux côtés des Américains.

 

Mais selon le Premier ministre Abe, une évolution des lois est nécessaire pour faire face à des menaces grandissantes venant de Chine et de Corée du Nord.

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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 11:35
Mer de Chine méridionale: le Japon promet d’autres navires au Vietnam

 

15 septembre 2015 45eNord.cz (AFP)

 

Le Japon s’est engagé mardi à livrer des navires supplémentaires au Vietnam pour renforcer ses forces en mer de Chine méridionale où, ont averti les deux pays dans une allusion voilée à Pékin, la construction d’îles artificielles menace la stabilité.

 

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a également annoncé des prêts d’infrastructures de quelque 100 milliards de yen (740 millions d’euros) après s’être entretenu avec le secrétaire général du parti communiste au pouvoir au Vietnam, Nguyen Phu Trong, qui se rendait pour la première fois dans l’archipel.

 

Le Vietnam et le Japon renforcent leur coopération dans les eaux de l’Est asiatique où ils sont aux prises avec des disputes territoriales avec la Chine.

 

Dans un communiqué commun diffusé après leur réunion, les deux hommes politiques ont exprimé leur vive inquiétude face aux récents événements qui se poursuivent en mer de Chine méridionale.

 

Ces avancées de grande ampleur sur la mer et la construction d’avant-postes ont érodé la confiance et menacé la paix et la stabilité dans la région et dans le monde, ont-ils poursuivi.

 

Le Japon a décidé de donner au Vietnam des navires d’occasion supplémentaires, à sa demande, a déclaré le Premier ministre japonais au cours d’une conférence de presse, sans en préciser le nombre. Cette décision bénéficiera au Vietnam pour améliorer ses capacités de défense du droit maritime, a-t-il ajouté.

 

Le ministère japonais des Affaires étrangères avait indiqué l’an dernier que le Japon donnerait au Vietnam six bateaux usagés pour patrouiller la mer de Chine méridionale.

 

Les tensions et revendications concurrentes entre la Chine et ses voisins d’Asie du sud-est en mer de Chine méridionale avaient dominé les dernières réunions de l’Asean et des grandes puissances début août à Kuala Lumpur, où le secrétaire d’Etat américain John Kerry avait dénoncé la militarisation entreprise par Pékin. Les ministres des pays d’Asie du sud-est s’étaient alarmés des menaces sur la paix dans cette région.

 

D’après un rapport du Pentagone, ce sont près de 1.200 hectares de terrains artificiels qui ont été gagnés sur les eaux par la Chine grâce à de gigantesques travaux de remblaiement et de construction d’îles artificielles depuis une vingtaine de mois.

 

En juillet, le Japon avait promis à cinq pays riverains du Mékong – le Cambodge, le Laos, la Birmanie, la Thaïlande et le Vietnam – une aide de 6,1 milliards de dollars pour cette région où Tokyo cherche à étendre son influence face à la montée en puissance de la Chine.

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 12:35
La cote du gouvernement japonais baisse suite aux lois de défense

 

19.07.2015 Romandie.com (ats)

 

La cote de popularité du gouvernement japonais de Shinzo Abe est au plus bas depuis son arrivée au pouvoir fin 2012, a révélé dimanche un sondage. Il a été réalisé après le vote de lois de défense controversées.

 

Le gouvernement ne recueille que 35% d'opinions favorables, en baisse de 7 points en seulement deux semaines, contre 51% d'opinions négatives, selon cette enquête. Elle a été publiée par le journal Mainichi Shimbun, dont la ligne est très critique à l'égard de M. Abe, ouvertement nationaliste.

 

La chambre basse a adopté cette semaine des textes rendant possible, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, l'envoi à l'extérieur des Forces d'autodéfense - le nom officiel de l'armée - pour venir en aide à un allié, en premier lieu les Etats-Unis.

 

Les projets de loi doivent à présent passer devant la chambre haute mais la chambre basse peut passer en force si nécessaire.

 

Pour ses opposants, l'initiative de Shinzo Abe va à l'encontre de l'article 9 de la Constitution, qui bannit le recours à la guerre, et ruine 70 ans de pacifisme. Actuellement, l'armée nippone ne peut agir que dans le cas d'une offensive externe sur le territoire japonais.

 

Quelque 60'000 personnes, selon les organisateurs, avaient participé à une manifestation devant le parlement mercredi soir et des échauffourées avaient éclaté. Les manifestations sont pourtant généralement de faible ampleur et très tranquilles au Japon.

 

"Le mécontentement populaire envers ces lois sur la défense se renforce. La façon dont le gouvernement et le parti majoritaire ont conduit ce dossier explique la baisse de popularité du gouvernement", selon le Mainichi dont le sondage corrobore une précédente enquête d'opinion de Kyodo News.

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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 12:35
Japan eyes MI6-style spy agency as it seeks to shed pacifist past

 

06 Mar 2015 channelnewsasia.com

 

TOKYO: Japan is looking into creating an overseas intelligence agency possibly modelled on Britain's MI6 spy service, ruling party lawmakers say, 70 years after Allied victors dismantled Japan's fearsome military intelligence apparatus following World War II.

A new foreign intelligence agency would be an integral part of a security framework Prime Minister Shinzo Abe is building as he seeks to loosen the post-war pacifist constitution's limits on the military's ability to operate overseas.

The idea that Japan's fragmented intelligence community needs a makeover has also gained momentum since the killing of two Japanese captives by Islamic State militants in Syria earlier this year showed how much Tokyo relied on friendly countries for information.

Abe has already set up a US-style National Security Council and enacted strict state secrets legislation, and is now working on laws to lift a ban on exercising the right of collective self-defence, or militarily aiding an ally under attack.

 

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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 13:35
Japan to Open Military Aid Channel

 

February 09, 2015 By Ankit Panda – The Diplomat

 

Japan’s new Development Cooperation Charter will allow for non-combat military aid and prioritize Southeast Asia.

 

The Japanese government’s new Development Cooperation Charter will let Japan send aid to foreign militaries for non-combat use under its Official Development Assistance (ODA). The move will increase the tools available for Japan to build close military partnerships with countries around the Asia-Pacific region amid cool ties with China due to a territorial dispute over the Senkaku/Diaoyu Islands in the East China Sea. The Japanese government has been interested in revising and updating the charter since at least last April as part of a broader adjustment of Japan’s defense posture under Prime Minister Shinzo Abe and the Liberal Democratic Party.

 

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 08:35
Shinzo Abe: Working with global community the ‘only way to fight terrorism’

 

02 February, 2015 scmp.com

 

Prime Minister Shinzo Abe said on Monday he wanted to debate the possibility of Japan’s military rescuing Japanese citizens abroad, a day after Islamic State militants said they had beheaded a Japanese journalist.

 

The militants said on Sunday they had beheaded Kenji Goto, a veteran war reporter, after international efforts to secure his release through a prisoner swap failed. They killed another Japanese hostage, Haruna Yukawa, a week before.

 

Abe reiterated his denunciation of the militants and said Japan was firmly committed to fulfilling its responsibility as a member of the global community in fighting terrorism and that it needed to be able to protect its citizens.

 

“Preserving the safety of Japanese nationals is the responsibility of the government, and I am the person who holds the most responsibility,” Abe told a parliamentary committee, adding that he wanted to discuss a framework for rescuing Japanese in danger.

 

In a show of defiance on Sunday, Abe vowed to boost Japan’s humanitarian aid to the Middle East.

 

The hardline Islamist group, which controls large parts of Syria and Iraq, released a video purporting to show the beheading of Goto, 47, who was captured in late October.

 

The video was released a week after footage was issued appearing to show the beheaded body of Yukawa, who the militants seized in August after he went to Syria to launch a security company.

 

The killings are fanning calls for Japan’s long-constrained military to be allowed to conduct overseas rescue missions as part of Abe’s push for a more muscular security posture.

 

Abe told a parliamentary panel that Japan, whose military has long been constrained by the post-second world war institution, could not take part in US-led air strikes on Islamic State, nor would it provide logistical support.

 

Family devastated

 

Scope for the military to mount rescue missions is limited by law but the government already plans to submit revisions to parliament to ease restrictions.

 

Even some advocates of changes to make rescues possible, however, say Japan’s military faces difficulty in acquiring the capacity to conduct such missions. Critics say sending troops overseas would just increase the risk.

 

An internal briefing paper for top government officials, seen by Reuters last week, said cases like Islamic State crisis did not meet proposed conditions for Japan to send troops to join allies in combat.

 

It dodged the question of whether planned legal changes would allow rescue missions in such cases, but a Japanese defence official said it would not.

 

Abe’s government had put high priority on saving Goto, who was captured when he went to Syria to try to seek Yukawa’s release.

 

An Islamic State video was released on January 20 appearing to show both Japanese men and threatening to kill them unless the group received US$200 million in ransom.

 

Chief Cabinet Secretary Yoshihide Suga, speaking to reporters on Monday, shrugged off speculation that Japan was ready to pay a ransom, adding that the government had no intention of negotiating with the militants.

 

Goto’s wife, Rinko, who had appealed for his release, said she and the rest of the family were devastated.

 

“I remain extremely proud of my husband, who reported the plight of people in conflict areas like Iraq, Somalia and Syria,” she said in a statement posted on the Rory Peck Trust, a London-based organisation supporting freelance journalists.

 

“It was his passion to highlight the effects on ordinary people, especially through the eyes of children, and to inform the rest of us of the tragedies of war.”

 

An opinion poll by Kyodo news agency on January 25, just after Yukawa was killed, found 61 per cent of respondents supportive of the government’s response

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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 08:30
Le Japon débloque 200 millions de dollars pour la lutte contre l'EI

 

MOSCOU, 17 janvier - RIA Novosti

 

Le premier ministre japonais Shinzo Abe a annoncé samedi que son gouvernement allait octroyer 200 millions de dollars aux pays du Proche-Orient engagés dans la lutte contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI).

 

Le chef du gouvernement japonais, qui se trouve en visite au Caire, a pourtant souligné qu'il s'agissait d'un "soutien non militaire". Evoquant la lutte contre le terrorisme, M. Abe a indiqué que "le monde subirait des pertes irréparables si le terrorisme se propageait au Proche-Orient".

 

L'expansion de l'Etat islamique, qui a conquis de vastes territoires en Irak et en Syrie, constitue actuellement l'un des problèmes internationaux les plus graves. Ce groupe, qui compte environ 30.000 combattants selon la CIA, a proclamé un califat sur les territoires occupés et envisage d'élargir ses conquêtes territoriales.

 

Depuis août, les Etats-Unis et leurs alliés de la coalition antiterroriste effectuent des frappes contre les positions de l'EI en Irak et depuis le 23 septembre, en Syrie.

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 12:35
Etats-Unis, Australie et Japon vont parler défense commune en marge du G20

 

14/11/2014 tahiti-infos.com (AFP)

 

Brisbane, Australia - Japon, Etats-Unis et Australie vont profiter du G20 de Brisbane pour tenter d'approfondir leur coopération militaire, un sujet à même de froisser l'autre puissance régionale, la Chine, dont les relations avec Tokyo sont toujours très tendues.

 

Le président américain, Barack Obama, doit rencontrer le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, et le Premier ministre australien, Tony Abbott, a déclaré à l'AFP un haut responsable de l'administration américaine.

 

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 16:35
Vietnam Coast Guard ship CSB 8001 enters the Vung Tau Port in southern Vung Tau City in this November 17, 2013

Vietnam Coast Guard ship CSB 8001 enters the Vung Tau Port in southern Vung Tau City in this November 17, 2013

 

By

 

Vietnam’s relationship with Japan has an important security component that is growing and evolving.

 

On August 1, Japanese Foreign Minister Fumio Kishida announced during his visit to Hanoi that Japan would provide Vietnam with six vessels to boost its capacity for maritime security. A month earlier, it was reported that Japan’s Diet was also considering giving Vietnam Overseas Development Assistance in the form of new patrol boats for its maritime enforcement agencies.

 

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 11:35
Le Japon autorise son armée à participer à des opérations extérieures

 

 1 juillet 2014 Liberation.fr (AFP)

 

Le gouvernement japonais a pris mardi la décision historique d’autoriser les forces armées nippones à participer à des opérations militaires extérieures afin d’aider des alliés, une première depuis l’instauration en 1947 d’une Constitution pacifiste.

 

En fin de journée, le nationaliste et conservateur Premier ministre Shinzo Abe a annoncé cette décision en conférence de presse en déclarant que «quelles que soient les circonstances, je protégerai la vie et l’existence en paix des Japonais».

 

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 19:35
Mitsubishi F-2

Mitsubishi F-2

 

4 avril Par Edouard Pflimlin, chercheur associé à l’IRIS, et Yann ROZEC, diplomé d’IRIS Sup’

 

Le Japon a adopté mardi 1er avril de nouveaux principes concernant les exportations d’armes. La situation économique difficile du Japon et l’arrivée au pouvoir du conservateur Shinzo Abe avaient créé un contexte favorable à un éventuel assouplissement des règles encadrant sévèrement les exportations depuis cinquante ans. Désormais, le Japon pourra vendre des armes, y compris à l’ONU, afin de contribuer à la sécurité de ses intérêts et participer à des coopérations internationales (1). Les restrictions sont dorénavant réduites uniquement aux pays en guerre et ou sous embargo des Nations Unies.



Edictés en 1967, trois principes régissaient les exportations japonaises : aucune vente ne peut être destinée aux pays du bloc communiste, aux pays sous embargo du Conseil de Sécurité de l’ONU et aux pays en guerre(2). En 1976, le Collateral Policy Guideline déclare que le gouvernement du Japon « ne promouvra pas les exportations d’armes, quelle que soit la destination » (3). Dans les faits, il s’agissait d’une interdiction complète des exportations. Très contraignantes, ces règles ont été peu à peu remises en question.
 

A partir de 1983, le Japon a cependant accepté de livrer de la technologie de défense aux États-Unis seulement. La coopération industrielle et les possibilités d’exportation vers les USA ont été envisagées notamment dans le cadre de l’avion de combat FSX et aussi dans le cadre du programme d’Initiative de défense stratégique (IDS plus connu sous le nom de "Guerre des étoiles") avec la coopération pour la défense antimissiles.
 

20 ans plus tard, en 2004, la suppression de ces principes a été envisagée, notamment par le directeur de l’Agence de Défense S. Ishiba, mais finalement, seule une exception générale avait été accordée au profit des Etats-Unis (4). Le point 7 de la Politique japonaise en termes de contrôle des exportations d’armes incluait les exportations de technologies dans les restrictions, si bien que les transferts de technologies ne pouvaient être destinés qu’aux seuls Etats-Unis (5). Le développement conjoint du missile antimissile SM-3 avec les Etats-Unis a marqué un premier pas en ce sens puisqu’une dérogation est négociée pour une vente export vers des pays alliés (6). En 2011, le précédent Premier ministre japonais, M. Yoshihiko Noda, s’abritant derrière le contexte de lutte contre le terrorisme, a assoupli une première fois ces règles. « La principale caractéristique de ces nouveaux standards était d’autoriser l’exportation dans les cas impliquant les opérations de maintien de la paix et les efforts de coopérations internationales ainsi que les cas de développement et de production internationaux de systèmes d’armes » (7). Cette atténuation permet la vente de dix patrouilleurs aux Philippines dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et la piraterie.(8)

Ces nouvelles lignes directrices en matières d’exportations d’armes sont un pas de plus vers une normalisation du Japon, telle que souhaitée par le Premier ministre Shinzo Abe.
 

Perspectives offertes

Ce dernier est désireux d’étendre les liens de la défense japonais au-delà des États-Unis à d’autres pays asiatiques. Le Japon fournit déjà la Garde côtière des Philippines avec des navires de patrouille et négocie la vente à l’Inde d’avions amphibies de recherches et de sauvetage US-2, construits par le conglomérat industriel ShinMaywa.
 

Ce nouvel assouplissement des conditions d’exportation devrait donc offrir de nouvelles opportunités pour l’industrie de défense japonaise et les alliés de Tokyo.
 

Désormais, le Japon pourrait par exemple autoriser ses poids lourds de l’industrie de défense Mitsubishi Heavy Industries, Kawasaki Heavy Industries ou IHI à livrer des équipements militaires à des gouvernements luttant contre la piraterie maritime ou à équiper des armées de nations amies d’Asie du Sud-Est. Outre les Philippines, il pourrait ainsi être question de l’Indonésie, du Vietnam ou d’autres pays riverains de la mer de Chine méridionale qui s’inquiètent, comme le Japon, des ambitions maritimes grandissantes de la Chine. Tokyo pourrait notamment leur vendre des navires d’occasion.
 

Les nouvelles règles vont permettre le développement et la production d’armes en partenariat avec les Etats-Unis et des pays européens, ainsi que l’exportation d’équipements militaires à des fins pacifiques et humanitaires, comme dans le cas de missions de maintien de la paix de l’ONU.
Le Japon produit déjà un grand nombre de ses armes sous licence de sociétés de défense des États-Unis et il développe en commun avec ceux-ci la dernière version du missile antimissile SM-3 mais il a peu de systèmes intégrés domestiques. Aussi des sociétés de défense japonaises voient des opportunités dans des développements en commun avec des entreprises étrangères ou pour fournir des composants.
 

Le gouvernement de M. Abe a fait valoir que les restrictions doivent être assouplies pour permettre au Japon de participer à des projets de développement d’armes de nouvelle génération, qui sont complexes, coûteux et internationaux. Un exemple souvent cité est le F-35 Joint Strike Fighter, développé par les États-Unis en partenariat avec huit autres pays, que le gouvernement de M. Abe a d’ailleurs ajouté à une liste d’exceptions à l’interdiction d’exportation d’armes qui a été publiée l’an dernier. Tokyo en a acheté une quarantaine d’exemplaires.
 

Des exportations très encadrées

Les projets de coopération devraient se multiplier. Toutefois, des contraintes demeurent. Une procédure encadre les exportations et la coopération. Dans le nouveau régime, les ministères de la défense, des affaires étrangères et du commerce effectueront normalement les contrôles. Le Conseil de sécurité nationale (NSC), un organisme lancé en décembre 2013 pour accélérer la prise de décision en matière de défense et de politique étrangère, décidera d’autoriser les exportations lorsque les transactions sont considérées comme importantes et nécessitent de la prudence. Le gouvernement publiera aussi des rapports annuels sur les équipements approuvés pour l’exportation par les ministères mentionnés et dévoilera certaines informations sur les affaires traitées par le NSC.
 

Par ailleurs, Tokyo précise toutefois qu’il ne vendra pas d’armes létales comme des tanks ou des avions de chasse. Le gouvernement Abe n’aura donc pas les mains totalement libres. Selon un récent sondage réalisé en février par l’agence de presse Kyodo, près de 67 % des Japonais seraient opposés à des exportations d’armes. Il y aura un travail de conviction et de persuasion à mener s’il veut aller encore plus loin.

Hormis son opinion publique, celle de son grand voisin, la Chine, importe. Pékin s’inquiète, a déclaré mardi 1er avril 2014 Hong Lei, porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois. « Nous espérons que la partie japonaise pourra tirer des leçons de l’histoire et prêter attention aux inquiétudes de ses voisins asiatiques quant à la sécurité », a-t-il souligné. Du côté de la Corée du Sud, c’est le maximum de « transparence » qui est jugé indispensable dans la mise en œuvre des nouvelles lignes directrices.
 

Au total, si le Japon doit tenir compte de son opinion et de celles de certains de ses voisins, « les nouvelles conditions permettront au Japon de développer conjointement des armes avec ses alliés et de donne à son industrie de défense accès à de nouveaux marchés et de la technologie de pointe », souligne à juste titre la BBC. C’est d’ailleurs avec Londres et les entreprises du Royaume-Uni que sont envisagées des coopérations en matière d’industrie de défense.
 

La visite début avril 2012 du Premier ministre britannique David Cameron, qui a rencontré à Tokyo son homologue Yoshihiko Noda, a ouvert la voie à une coopération industrielle sur certains projets d’armement. Un cadre de coopération en matière d’équipement de défense signé entre les deux nations en juillet 2013 le confirme. La première collaboration attendue concerne la protection chimique, bactériologique, radiologique et nucléaire. Plus largement, certains experts estiment que cet accord pourrait ouvrir la voie à des exportations d’armement plus conséquentes.
 

La France, qui a marqué à plusieurs reprises son intérêt stratégique pour l’Asie, envisage aussi une coopération en matière de défense. Elle a d’ailleurs été discutée lors de la visite du président François Hollande au Japon en juin 2013. La visite attendue de Shinzo Abe en mai en France pourrait être l’occasion d’annoncer des coopérations dans différents domaines (hélicoptères, propulsion sous-marine et drones sous-marins notamment).
 

(1) « New arms exports principles, guidelines are adopted by Abe cabinet », Japan Times, 1er avril 2014.
(2) Site du ministère des Affaires Etrangères du Japon, Japan’s Policies on the control of Arms exports, MOFA.
(3) Japan’s Policies on the control of Arms exports, MOFA
(4)Guibourg DELAMOTTE, La politique de défense du Japon, Presses universitaires Françaises, Paris, 2010, p. 255.
(5) Site du Ministère des Affaires Etrangères du Japon, Japan’s Policies on the control of Arms exports, MOFA.
(6)John GREVATT, « Japan moves closer to standart missile 3 export accord », Jane’s Defense Weekly, 27 mai 2011.
(7) « Noda administration bids farewell to arms export ban », The Asahi Shimbun, 28 décembre 2011
(8) « Japan grants PH soft loan for 10 patrol boats », Manila Standard Today, 14 février 2013.

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 07:35
A Kawasaki XC-2 military transport aircraft escorted by a Kawasaki T-4.

A Kawasaki XC-2 military transport aircraft escorted by a Kawasaki T-4.

 

 

02/04 Yann Rousseau, Correspondant à Tokyo - Les Echos.fr

 

Depuis les années 1960, les ventes des géants japonais du secteur devaient se limiter au marché national.

 

Début 1980, trois agents du KGB, se faisant passer pour des hommes d'affaires, approchèrent le bureau moscovite d'une maison de négoce japonaise. Ils cherchaient une machine capable d'usiner des turbines plus performantes pour une centrale électrique de Leningrad. Ils furent mis en relation avec la société Toshiba Machine. Et, un an plus tard, une commande d'un montant de plus de 4 millions de dollars était célébrée. Mais, en avril 1987, les Etats-Unis découvrirent que l'URSS utilisait l'engin pour fabriquer des hélices à propulsion « silencieuse » pour ses sous-marins nucléaires que Washington s'efforçait depuis des années de traquer.

 

Vertement réprimandé par son allié, Tokyo promit plus de vigilance pour faire respecter le strict embargo sur les exportations d'armes et de technologies sensibles que le pays, se proclamant pacifiste depuis 1945, s'était de lui-même imposé dans les années 1960. Et très peu de ventes d'équipements militaires furent ensuite tentées. Hier, le gouvernement de Shinzo Abe a annoncé qu'il allait, pour la première fois, assouplir ces principes d'interdiction et autoriser, sous contrôle, des ventes de matériel de défense à des nations ne représentant pas de menace pour la paix et la sécurité mondiale. « C'est l'un des plus grands changements de ces dernières décennies », résume Atsushi Tago, un professeur de relations internationales à l'université de Kobe.

 

Casser les coûts

 

Cet assouplissement, qui était réclamé par les grands industriels du secteur, va permettre de casser les coûts de développement des nouveaux équipements. Les groupes tels que Mitsubishi Heavy Industries, Kawasaki Heavy Industries ou IHI ne pouvaient jusqu'ici viser que le marché domestique de défense, estimé à seulement 1.500 milliards de yens (10,5 milliards d'euros) par an. « Désormais, ils pourront espérer produire de plus grandes séries avec des contrats ou des partenariats à l'étranger », explique Atsushi Tago, qui rappelle que les grands projets de défense se font désormais en association entre plusieurs nations. En accédant à ces projets internationaux et en s'autorisant à vendre des équipements aux pays amis de la région, notamment en Asie du Sud-Est, le Japon veut aussi doper son aura régionale et se présenter en puissance de résistance crédible face à la très rugueuse poussée d'influence de la Chine dans la zone. Dès hier soir, les autorités de Pékin n'ont pas manqué de se déclarer préoccupées par ce revirement japonais.

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 16:35
Japan Lifts Own Blanket Arms Export Ban

 

Apr. 1, 2014 Defense News (AFP)

 

TOKYO — Japan on Tuesday lifted a self-imposed ban on weapons exports, introducing new rules covering the arms trade in a move supporters say will boost Tokyo's global role, but which unnerved China.

The cabinet of Prime Minister Shinzo Abe approved a new plan that replaces the 1967 blanket ban, Chief Cabinet Secretary Yoshihide Suga told reporters.

Under the policy, arms sales are banned to conflict-plagued countries or nations that could undermine international peace and security, the sales must contribute to international peace and boost officially pacifist Japan's security.

"Under the new principles, we have made the procedure for transfer of defense equipment more transparent. That will contribute to peace and international cooperation from the standpoint of proactive pacifism," Suga said.

"And we will participate in joint development and production of defense equipment," he said.

Japan's post-World War II constitution, imposed by the US-led occupiers, banned the country from waging war.

That pacifism was embraced by the population at large and two decades later a weapons export ban was introduced.

Supporters hope the relaxation in the policy will boost home-grown arms manufacturers at a time of simmering regional tensions including a territorial row with China and fears over an unpredictable North Korea.

The new rules could allow Tokyo to supply weaponry to nations that sit along important sea lanes to help them fight piracy — an important strategic consideration for resource-poor Japan.

Japanese arms could potentially be shipped to Indonesia as well as nations around the South China Sea — through which fossil fuels pass — such as the Philippines, which has a territorial dispute with Beijing.

Japan already supplies equipment to the Philippines' coastguard, an organization that is increasingly on the front line in the row with Beijing.

Any move to bolster that support with more outright weapon supplies could irk China, which regularly accuses Abe of trying to re-militarize his country.

On Tuesday, Chinese foreign ministry spokesman Hong Lei said Beijing was paying close attention to the relaxation of Tokyo's arms ban.

"The policy changes of Japan in military and security areas concern the security environment and strategic stability of the whole region," he said at a regular press briefing in Beijing.

"Due to historical reasons, Japan's security policies are always closely followed by regional countries and the international community."

China and Japan are at loggerheads over the ownership of a string of islands in the East China Sea, while Beijing is also in dispute with several nations over territory in the South China Sea, which it claims almost in its entirety.

The Tokyo-Beijing diplomatic relationship has long been marred by Japan's expansionist romp across Asia in the first half of the 20th century.

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 20:35
L'armée japonaise renoue-t-elle avec l'esprit des samouraïs?

 

 

20 décembre 2013 Par Romain Mielcarek - RFI

 

Une centaine d'alertes aériennes en quelques mois. La mise à la mer du plus gros navire de guerre construit depuis la Seconde Guerre mondiale. Un Premier ministre au discours toujours plus véhément. Le Japon semble renouer depuis quelques temps avec un esprit martial qui lui est pourtant interdit par la Constitution. Une Constitution que les responsables politiques aimeraient bien réformer au plus vite.

« Le Japon s'élève : pourquoi l'ancienne puissance asiatique est-elle de nouveau en train de bander ses muscles militaires ? » Cette formule alarmiste faisait récemment la Une du célèbre magazine américain Time. Pour la première fois depuis bien longtemps, les soldats japonais étaient en bonne place des kiosques internationaux, affichant sans remords leurs avions de chasse et leurs hélicoptères de combat.

Si le Time s'intéresse aux Forces d'autodéfense japonaises (FAD), c'est parce qu'elles traversent une période d'intensité militaire rare. Entre avril et juin 2013, Tokyo a déployé 69 avions de combat qui ont décollé en alerte, après des intrusions d'aéronefs chinois. Au mois de septembre, pour la première fois, un drone, puis un bombardier chinois, approchaient dangereusement l'espace aérien japonais. En 2012, sur la même période, seules 15 alertes de ce type étaient déclenchées.

Plus que jamais, les pilotes japonais sont confrontés à leur dangereuse mission. En plus des Chinois, ils ont du prendre leur envol pour dissuader des avions russes à 31 reprises et nord-coréens à neuf reprises, toujours entre avril et juin. « Décoller me donne l'impression de vraiment prendre part à la défense de mon pays », témoigne un pilote de F-15 baptisé « Vader », dans les colonnes de Time Magazine.

 

Le paradoxe militaire japonais

Une situation de menace qui a amené Tokyo à consentir en 2013, malgré un contexte budgétaire particulièrement précaire, une hausse du portefeuille militaire... pour la première fois depuis onze ans. Une hausse qui devrait se poursuivre en 2014, le ministère de la Défense ayant demandé une nouvelle augmentation de 3,5%.

 
Destroyer porte-hélicoptères (DDH) Izumo 183.
 

« Il y a une volonté manifeste chez Shinzo Abe de renforcer les forces », analyse Edouard Pflimlin, journaliste et chercheur associé à l'Iris et à l'IPSE, spécialiste du Japon. Il remarque l'achat régulier de nouveau matériels d'envergure : des porte-hélicoptères, des systèmes anti-missile. Le Japon avait fait parlé de lui en août dernier en mettant à la mer le plus gros navire de guerre depuis la Seconde Guerre mondiale, l'Izumo. « Les FAD sont les forces armées les plus modernes d'Asie en termes d'équipement », précise la Balance militaire, publiée chaque année par l'Institut international pour les études stratégiques (IISS).

« On ne peut pas parler d'un sentiment d'encerclement, analyse Edouard Pflimlin. Mais il y a un vrai sentiment de menace. En 2010, la publication des Lignes directrices du programme de défense nationale montraient un changement de stratégie : les forces sont réorientées depuis le Nord (menace russe) vers le Sud-Ouest (menace chinoise)»

Les FAD restent pourtant confrontées à un véritable paradoxe constitutionnel. Le texte fondamental, pensé dans l'immédiat après-guerre, interdit au Japon de développer une armée. Seule est autorisée l'autodéfense individuelle. Une logique qui a mené, au fil des décennies, au développement de pirouettes dans l'interprétation du document : ainsi, il est possible pour Tokyo d'intercepter un missile balistique tiré en direction des Etats-Unis au prétexte de défendre les citoyens japonais contre les déchets de l'engin. Et ainsi de suite pour l'achat ou l'entraînement de n'importe quel matériel ou unité militaire.

Tokyo justifie ainsi sa participation à des opérations militaires en interprétant avantageusement le texte : le Japon étant obligé de travailler avec la société internationale pour la préservation de la paix, les FAD ont pu déployer des troupes en Irak, au Népal, au large de la Somalie ou encore dans le Golan, entre Israël et la Syrie. Chaque fois, les militaires japonais sont affectés à des tâches de maintien de la paix et de reconstruction.

 

Shinzo Abe s'attaque à la Constitution

Le Premier ministre Shinzo Abe a décidé de s'attaquer à cette hypocrisie constitutionnelle. Le chef du gouvernement, conservateur, multiplie les discours allant en ce sens. « Le Japon est de retour », déclarait-il à Washington en février, évoquant des problématiques aussi bien économiques que sécuritaires. En 2012, il promettait de « protéger les terres et les mers du Japon, ainsi que les vies des Japonais, quel qu'en soit le coût ». Surtout, Shinzo Abe s'est fixé comme « mission » de parvenir à réformer la Constitution, malgré l'impopularité d'une telle réforme.

« Cela ne devrait pas se faire tout de suite », estime Guibourg Delamotte, maître de conférence à l'Inalco, spécialiste de la politique de défense du Japon. « C'est un mouvement qui s'inscrit dans la continuité, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : il y a une progression sur la durée des armements, des budgets. C'est la récession des années 1990 qui a marqué un ralentissement dans ce domaine ». Pour elle, plus que la réforme constitutionnelle, ce sont l'instauration d'un Conseil de défense et le renforcement du secret-défense en faveur d'une plus grande coopération avec les services américains qui représentent de vraies nouveautés dans la politique militaire de Shinzo Abe.

Reste que si la population est très largement pacifiste, Shinzo Abe illustre un héritage traditionnel historique qu'il porte lui-même dans ses origines. Fils de ministre des Affaires étrangères, petit-fils d'un Premier ministre qui a participé à la réorganisation de la Mandchourie chinoise occupée par le Japon, il semble vouloir renouer avec ce passé impérial et conquérant. Sa visite au Yasukuni, en avril dernier, avait alerté les médias : le monument consacré aux héros de guerre accueille plusieurs officiers accusés de crimes. Il n'avait pas hésité non plus à se rendre à Iwo Jima avant une rencontre avec le Secrétaire d'Etat américain, rendant hommage aux « héros » tués par les marines lors du débarquement de 1945.

Des moyens de gagner les « votes des anciens combattants », assure Guibourg Delamotte. « Son agenda, en matière de politique de défense, est parfaitement légitime : les Chinois ont clairement multiplié les provocations dans la région ! ». « Shinzo Abe est certainement en avance sur l'opinion publique en la matière, confirme de son côté Edouard Pflimlin. Il associe la réforme de la Constitution à un retour du Japon comme puissance régionale affirmée ».

 

 
Base aérienne de Matsushima. Lors des grandes occasions, les aviateurs japonais peignent des samuraï sur les ailes de leurs avions en fonction des unités : oiseaux de proie, étoiles...
Flickr/Sushio
 

Quand l'armée commence à avoir la côte

Car si les Japonais restent très largement pacifistes, la perception de la menace chinoise gagne en influence. Dans le même temps, les FAD gagnent en popularité. Leur participation à la réponse lors des grandes catastrophes joue en leur faveur. Face au tsunami qui a ravagé Fukushima, la moitié des forces étaient déployées pour aider la population.

« Avant, il était presque honteux de rejoindre l'armée, remarque Edouard Pflimlin. Les gens ne s'en vantaient pas. Aujourd'hui, il y a une vraie fierté à porter l'uniforme ». Face à la multiplication des alertes, les militaires offrent le même témoignage : ils ont enfin le sentiment de remplir la mission qui leur a été confiée, la défense du peuple japonais. « Il y a moins de problèmes de recrutement, poursuit le chercheur. La situation évolue depuis une dizaine d'années ».

Il reste pourtant peu probable que l'armée japonaise soit amenée à intervenir, à terme, de manière offensive dans des conflits. « La plupart des officiers que j'ai rencontrés ressemblent presque plus à des diplomates qu'à des militaires », raconte Guibourg Delamotte. Pour les Japonais, même les opérations humanitaires ont mauvaises presse lorsque les risques sont trop grands. Reste que pour les 250 000 hommes et femmes qui portent l'uniforme, la défense de la patrie, s'il le faut face aux Chinois, est une mission sacrée. Une mission qu'ils illustrent très symboliquement en peignant sur les ailerons de leurs avions de combat, des silhouettes de samouraï...

 

Pour en savoir plus :

- Le retour du Soleil levant, la nouvelle ascension militaire du Japon. Edouard Pflimlin. Editions Ellipses.
- La politique de défense du Japon. Guibourg Delamotte. Editions PUF

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 18:35
Tensions Chine-Japon: Tokyo va augmenter ses dépenses militaires

 

17 décembre 2013 par Nicolas Laffont – 45eNord.ca

 

Le gouvernement japonais a annoncé qu’il allait augmenter sensiblement ses dépenses militaires au cours des cinq prochaines années, afin d’acheter des équipements de défense de territoires insulaires en pleine tension avec la Chine.

 

Le Premier ministre conservateur Shinzo Abe a ainsi donné son feu vert à des dépenses de 24 700 milliards de yens (254 milliards $) entre 2014 et 2019, soit une hausse de 5%. Le gouvernement prévoit acheter des drones, des avions à décollage vertical, des véhicules amphibies et des sous-marins.

Tous ces équipements ont pour but de refocaliser la priorité de défense du Japon du nord et de l’est (ex-URSS) vers le sud et l’ouest de l’archipel.

«La Chine [...] prend un chemin dangereux qui peut entraîner des situations d’urgence imprévues», a précisé la nouvelle stratégie adoptée mardi.

Depuis plus d’un an maintenant, la Chine et le Japon font monter les tensions en mer de Chine, notamment à cause de la souveraineté d’un archipel inhabité, administré par Tokyo sous le nom de Senkaku mais revendiqué avec force par Pékin qui l’appelle Diaoyu.

 

 

La Chine envoie régulièrement des navires dans les eaux territoriales de ces îlots à 200 km au nord-est de Taïwan et à 400 à l’ouest d’Okinawa (sud du Japon), où croisent aussi des bateaux des garde-côtes japonais, ce qui fait craindre un éventuel incident armé entre les deux puissances asiatiques.

Le 22 novembre dernier, la Chine a franchi un nouveau palier en décrétant une «zone aérienne d’identification» (ZAI) sur une large partie de la mer de Chine orientale, qui chevauche celle du Japon et surtout englobe les îles de la discorde.

Techniquement Pékin exige de tout appareil étranger qui la traverse de s’identifier, mais le Japon, les États-Unis et la Corée du Sud y ont depuis fait voler des appareils militaires sans en informer Pékin, afin de montrer qu’ils faisaient fi de cette demande.

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 12:35
Le Japon veut adapter sa réponse militaire aux menaces chinoise et nord-coréenne

 

12 décembre 2013 Romandie.com (AFP)

 

TOKYO - Confronté à une hypothétique menace chinoise mais aussi nord-coréenne, le Japon est en train d'adapter son outil militaire pour fournir la réponse la mieux adaptée et la plus rapide dans ce genre de situation, a indiqué jeudi un responsable du parti au pouvoir.

 

Selon ce responsable du Parti Libéral-Démocrate (PLD) interrogé par l'AFP, le gouvernement conservateur de Shinzo Abe vise notamment avec ces nouvelles orientations à accroître la coordination des forces terrestres, aériennes et maritimes.

 

Pour la première fois, nous serons en mesure d'avoir de la mobilité, ainsi qu'une capacité à déployer rapidement des forces de façon intégrée, a commenté jeudi le ministre de la Défense Itsunori Onodera, citant spécifiquement le cas d'opération sur des îles lointaines.

 

Si par exemple nous sommes confrontés à la menace d'un missile nord-coréen, le Japon devrait pouvoir être capable de tenter de l'abattre d'abord depuis la mer, et ensuite depuis la terre, a poursuivi M. Onodera.

 

Ces orientations tiennent par ailleurs compte du changement de nature et d'origine des menaces potentielles envisagées par le Japon: du temps de la guerre froide, le péril venait essentiellement du nord avec l'URSS, et donc le gros des forces nippones était concentré dans le nord et l'est du pays.

 

Aujourd'hui, Tokyo estime que le danger vient essentiellement de la Chine et de la Corée du Nord, et donc les effectifs des trois armées doivent être redéployés plus au sud, avec une capacité renforcée à se projeter sur des îles japonaises éloignées en cas d'attaque.

 

Les relations entre Pékin et Tokyo sont exécrables depuis depuis plus d'un an précisément à cause d'un conflit territorial à propos d'un petit archipel inhabité en mer de Chine orientale: les Senkaku sont administrées par Tokyo mais Pékin les revendique sous le nom de Diaoyu.

 

Les deux capitales ne sont prêtes à aucune concession sur ces îles situées à 200 km au nord-est de Taïwan et 400 km à l'ouest de l'île d'Okinawa (sud du Japon).

 

Mardi prochain, le gouvernement de Shinzo Abe devrait par ailleurs approuver un document dit de stratégie de sécurité nationale codifiant le déploiement de troupes et leur équipement.

 

L'une des premières décisions de M. Abe en arrivant au pouvoir fin décembre 2012 a été d'augmenter le budget de la défense, une première depuis onze ans, en partie pour répondre à la progression régulière des dépenses militaires chinoises.

 

Un porte-parole militaire nippon a annoncé par ailleurs que le Japon avait mené jeudi des exercices aéro-navals conjoints avec la Corée du Sud en mer de Chine orientale, dans un secteur couvert par la zone d'identification aérienne (ZAI) décrétée par Pékin en novembre.

 

La marine japonaise avait engagé deux bâtiments de guerre ainsi qu'un hélicoptère, a précisé ce porte-parole.

 

Il a ajouté que Tokyo n'avait pas au préalable informé Pékin de l'usage d'un hélicoptère dans sa ZAI, comme l'exige la Chine depuis le 21 novembre.

 

Le porte-parole a toutefois indiqué que ces exercices de sauvetage en mer étaient prévus de longue date et ne constituaient donc pas une réponse à la décision par la Chine d'imposer une ZAI.

 

Le Japon, Taïwan, la Corée du Sud, mais aussi les Etats-Unis ont indiqué qu'ils n'entendaient pas se conformer aux exigence chinoises sur ce point.

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 17:35
Force maritime d'autodéfense japonaise. (Photo RIA Novosti)

Force maritime d'autodéfense japonaise. (Photo RIA Novosti)

MOSCOU, 19 septembre - RIA Novosti

 

Le premier ministre japonais Shinzo Abe a suggéré de modifier la Constitution pour renforcer l'armée et pouvoir combattre aux côtés de l'Amérique partout dans le monde, écrit jeudi  19 septembre le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

La Chine et la Corée du Nord y voient une renaissance du militarisme mais la Russie, pour sa part, ne perçoit pas le Japon en tant qu'ennemi potentiel. Lors de son discours à Tokyo devant le conseil consultatif pour la défense le chef du gouvernement japonais Shinzo Abe a appelé à modifier la Constitution du pays, qui restreint la possibilité d'utiliser les forces armées nationales. Cette mesure permettrait à Tokyo, dès novembre, d'utiliser la force militaire pour la légitime défense collective.

En clair : Abe souhaite renforcer la puissance militaire du pays et il lui est donc nécessaire de revoir la Constitution, qui interdit l'utilisation de la force sauf pour protéger l'Etat directement.

Cependant, la révision de la Constitution suscite des débats et une telle démarche demanderait des années, souligne le Wall Street Journal. C'est pourquoi le premier ministre a concentré ses efforts sur un changement d’interprétation officielle de la Constitution, afin de lever l'interdiction d'aider les alliés du Japon victimes d'une agression.

Le chef du gouvernement affirme que ces changements sont urgents car la situation internationale en Asie se complique. Par ailleurs, les politiciens japonais pointent généralement le réarmement rapide de la Chine et le risque d'une attaque nucléaire de la Corée du Nord.

Valeri Kistanov, directeur du Centre d'études japonaises à l'Institut de l'Extrême-Orient, note que de cette manière Abe cherche en réalité à renforcer son alliance militaire avec les Etats-Unis. D'après le traité de sécurité nippo-américain, les USA ne protègent le Japon qu’en cas d'agression majeure et si elle est de faible envergure, ce dernier doit se défendre lui-même.

De son côté, le Japon ne peut pas venir en aide aux Américains s'ils étaient attaqués. Tout au plus il lui est permis d'envoyer des navires de soutien logistique pour les bâtiments américains dans l'océan Indien qui ont participé à l'opération en Afghanistan. Abe souhaiterait transformer le Japon en pays normal, avec une armée normale. Autrement dit, élargir sa sphère d'activité afin qu'il puisse venir en aide aux USA partout dans le monde.

Les USA ne sont pas emballés par cette perspective. A leurs yeux le Japon a de l'importance en tant qu'allié subordonné, mettant des bases à leur disposition qui servent d'appui pour la dissuasion de la Chine, le contrôle de la péninsule coréenne et même les opérations au Moyen-Orient. Selon Valeri Kistanov, les Américains estiment que leur présence militaire au Japon sert de bouchon pour retenir dans la lampe le génie du militarisme japonais.

Evidemment les forces de sécurité russes surveillent la croissance de la puissance militaire du Japon. Mais contrairement à Pékin et Pyongyang, Moscou n'évoque pas la remilitarisation du pays. "Au niveau officiel, la Russie n'exprime aucune inquiétude à ce sujet", conclut l'expert.

Washington mène un double-jeu suite à l'aggravation du conflit sino-japonais autour des îles Senkaku (Diaoyu). Le département d'Etat appelle son allié à faire preuve de prudence mais les généraux tiennent un autre discours. Le chef des Marines à Okinawa, John Wissler, a déclaré hier que les avions hybrides américains Osprey pourraient être projetés sur les îles litigieuses en cas de besoin.

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