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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 18:20
Main dans la main, Canada et États-Unis ont espionnés ensemble

 

10 décembre 2013 Nicolas Laffont – 45eNord.ca

 

Selon de nouveaux documents d’Edward Snowden, le Canada a mis en place des postes d’espionnage et a espionné à la demande de l’Agence de sécurité nationale des États-Unis.

 

C’est par le biais d’un document de quatre pages, est étampé de la mention «ultrasecret» daté du 3 avril 2013, que Radio-Canada/CBC révèle les dessous d’une collaboration à double sens entre les deux pays nord-américains.

La bonne réputation du Canada à l’étranger fait en sorte que ses ambassades et ses consulats sont souvent bien situés et, surtout, moins surveillés que ceux des États-Unis.

Ainsi, à la demande de la NSA américaine, le Centre de la sécurité des télécommunications Canada (CSTC) a organisé des opérations d’espionnage à l’étranger, bien souvent à l’intérieur même des ambassades et consulats canadiens.

Le CSTC a réalisé aussi bien de la collecte, que le traitement et l’analyse des renseignements, incluant l’installation de postes d’écoute à la demande des Américains.

Dans la plus récente fuite, la NSA brosse un portrait flatteur de l’agence canadienne, décrite comme une agence sophistiquée, compétente et hautement respectée.

 

 

Le document que Radio-Canada/CBC s’est procuré révèle que la NSA et le CSTC coopèrent en ciblant une vingtaine de pays hautement prioritaires, dont certains sont des partenaires commerciaux du Canada.

La collaboration entre les deux agences de renseignements nord-américaines n’est pas nouvelle et remonte même à 1949!

Cependant, les dernières révélations montrent qu’elles ont poussé leur collaboration encore plus loin que par le passé, allant jusqu’à «l’échange d’agents de liaison», ce qui laisse entendre que des agents du CSTC auraient travaillé à l’intérieur de la NSA, et vice-versa.

Cette relation étroite, les deux parties souhaiteraient même l’«étendre et [la] renforcer», dit encore le document.

 

Révélations erronées

Quelques heures plus tôt, le commissaire du Centre de la sécurité des télécommunications du Canada (CSTC) a affirmé que plusieurs révélations récentes au sujet du réseau de surveillance du Groupe des cinq sont prises hors contexte par les médias.

Jean-Pierre Plouffe, qui est chargé d’examiner les activités du CSTC, estime que les révélations diffusées dans les médias sont souvent erronées.

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 17:20
La NSA géolocalise des centaines de millions de téléphones portables

 

5 décembre 2013 par 45eNord.ca (AFP)

 

La NSA, l’agence américaine chargée des interceptions de communications, intercepte les données de géolocalisation de centaines de millions de téléphones portables dans le monde, a révélé mercredi le Washington Post, s’appuyant sur des documents fournis par l’ancien consultant Edward Snowden.

Six mois après les premières révélations de Snowden notamment sur la collecte des métadonnées téléphoniques (durée des appels, numéros appelés etc.), cette nouvelle révélation semble montrer que l’agence américaine est également capable de suivre des personnes à la trace grâce à leur portable, même quand celui-ci n’est pas utilisé.

L’agence stocke des informations sur « au moins des centaines de millions d’appareils » et enregistre « près de 5 milliards » de données de localisation par jour, affirme le quotidien sur son site internet.

« Nous obtenons de vastes volumes » de données de géolocalisation partout dans le monde, a confirmé un haut responsable de cette collecte cité par le Post.

L’agence y parvient en se connectant aux câbles qui relient les différents réseaux mobiles dans le monde et collecte « incidemment » des données de géolocalisation de citoyens américains.

L’intérêt de cette collecte, permise par le dialogue constant entre un téléphone et l’antenne-relai la plus proche et de puissants algorithmes mathématiques, est de « retracer les mouvements et de mettre en lumière des relations cachées entre des personnes », explique le quotidien.

Le volume de données enregistrées et stockées par la NSA atteindrait 27 térabytes, soit deux fois le volume de l’ensemble du contenu de la bibliothèque du Congrès, la plus importante du monde.

Ce volume d’informations serait tel qu’il « surpasse notre capacité à digérer, traiter et stocker » les données, affirme le Washington Post, citant un document interne de la NSA datant de 2012.

« Les capacités de la NSA pour géolocaliser sont ahurissantes (…) et indiquent que l’agence est capable de rendre la plupart des efforts pour avoir des communications sécurisées futile », croit encore savoir le Washington Post.

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 12:55
Le réseau de stations d'écoute de la DGSE, surnommé Frenchelon - V. Lamigeon

Le réseau de stations d'écoute de la DGSE, surnommé Frenchelon - V. Lamigeon

 

30 novembre 2013 Par RFI

 

Contrairement à ce que l'indignation du président François Hollande en octobre laissait croire, la France n'est peut-être pas qu'une victime dans l'affaire d'espionnage mondial révélée par Edward Snowden. De nouveaux documents révélés par le quotidien Le Monde le 29 novembre tendent même à montrer que les services secrets français ont été des partenaires zélés et efficaces de la NSA dans l'échange des données privées de leurs concitoyens. La France a, en effet, une position géographique stratégique dans l'architecture d'internet.

 

D'après les notes d'Edward Snowden, l'ancien consultant de la NSA, Agence nationale de sécurité américaine, c'est à partir du mois d'août 2006 que les relations entre les services secrets américains et leurs homologues français se sont sérieusement réchauffées. L'enjeu, c'est comme souvent la lutte contre le terrorisme, et en particulier sur des dossiers que la France suit de très près : le Hezbollah libanais, et Aqmi, al-Qaïda au Maghreb islamique.

 

La DGSE française, Direction générale des services extérieurs, et la NSA, vont ainsi nouer une collaboration fructueuse, qui va aller crescendo jusqu'à la fin 2011, début 2012, moment, où l'on change d'échelle. De simples échanges d'informations, on passe à un protocole d'interception massif de données numériques, transitant par la France. Parce que la France occupe une position géographique stratégique dans l'architecture du réseau internet.

 

Avec l'Atlantique à l'Ouest et la Méditerranée au Sud, de nombreux câbles sous-marins de communication partent ou arrivent sur les côtes françaises. Ainsi, pour envoyer un courriel depuis l'Algérie vers les Etats-Unis, il est très probable que les données passent par la France.

 

Toute cette matière première comme l'appelle la NSA, est ainsi interceptée massivement par la DGSE. Techniquement, elle ne peut pas lire le contenu d'une conversation, mais elle peut, en revanche, obtenir toutes les données qui y sont attachées, comme sa date, son lieu, ou ses participants. Ce qui reste une mine d'or pour tous les espions.

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 21:55
Téléphone, Internet: l'État pourra bientôt tout espionner

 

25/11/2013 Par Jean-Marc Leclerc – LeFigaro.fr


Le gouvernement va faire voter une extension considérable des possibilités de capter les données numériques personnelles. Inquiets, les grands acteurs du Web s'inquiètent de l'inaction de la Cnil et réclament un moratoire.

 

La France vire-t-elle à la société orwellienne? En pleine affaire Snowden, du nom de cette taupe qui a révélé comment l'Amérique espionne le monde au nom de l'antiterrorisme, le gouvernement s'apprête à faire voter un projet de loi de programmation militaire dont certaines dispositions étendent les possibilités de capter les données numériques de dizaines de milliers de personnes par an. Il s'agit de savoir qui ces potentiels «ennemis d'État» appellent et qui les joint, ou même de les localiser en temps réel à travers leurs téléphones, leurs ordinateurs. En dehors de toute action judiciaire.

Cette mission ne mobilisera plus seulement les forces de l'ordre, mais désormais toute la «communauté du renseignement», de l'Intérieur à la Défense, en passant par Bercy. Et pour des motifs bien plus larges que le risque terroriste stricto sensu.

Le texte a déjà été examiné au Sénat en octobre, dans une quasi-indifférence. Il doit revenir ce mardi, pour deux jours à l'Assemblée. Mais cette fois, les grands acteurs d'Internet voient rouge. De Google, à Microsoft, en passant par Facebook, Skype, Dailymotion, Deezer ou AOL, ceux regroupés au sein de l'Association des services Internet communautaires (@sic), créée en 2007 pour promouvoir le «nouvel Internet» des réseaux sociaux, partent en guerre contre les articles de la loi portant sur les «accès administratifs aux données de connexion» et la lutte contre les «cybermenaces». Le président de l'@sic, Giuseppe de Martino, par ailleurs secrétaire général de Dailymotion, réclame un «moratoire» sur ces aspects du texte et s'étonne de «l'inaction de la Commission de l'informatique et des libertés (Cnil)».

Selon lui, en matière de surveillance des services d'État, à l'égard de tous les utilisateurs, sociétés ou simples particuliers, «le projet de loi de programmation militaire veut étendre les régimes d'exceptions et ainsi offrir aux agents du ministère du Budget un accès en temps réels aux données Internet. Ce n'est pas normal!», dit-il.

Ce ne sont pas les écoutes administratives (le contenu des communications) qui posent problème, même si le projet les concerne. Sur amendement du président PS de la commission des lois, par exemple, Tracfin, l'organisme de Bercy qui lutte contre la fraude fiscale, pourrait se voir attribuer le pouvoir de réclamer des écoutes.

Ce qui inquiète, c'est la surveillance du contenant. En clair: la surveillance de tout ce que conservent et traitent les opérateurs d'Internet et de téléphonie pour établir leur facture au client, «y compris les données techniques relatives à l'identification des numéros d'abonnement», mais aussi «à la localisation des équipements terminaux utilisés», sans parler bien sûr de «la liste des numéros appelés et appelant, la durée et la date des communications», les fameuses «fadettes» (factures détaillées). Bref, les traces des appels, des SMS, des mails.

Cette surveillance se pratique depuis 2006 (45.000 demandes par an) dans le cadre de la loi antiterroriste. Sous le contrôle d'une «personnalité qualifiée» placée auprès du ministre de l'Intérieur. Beauvau ordonne même à ce titre la géolocalisation en temps réel, mais dans ce cas, sans véritable base légale. En contravention totale avec une jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme de 2010 qui impose une «loi particulièrement précise».

La justice en sait quelque chose, puisque les parquets viennent de se voir interdire tout moyen de géolocalisation dans leurs enquêtes par la Cour de cassation, celle-ci considérant que seul le juge d'instruction peut les autoriser.

Les grands acteurs d'Internet aimeraient donc des éclaircissements. Ce qui les choque au fond? D'abord, que l'on autorise l'accès aux informations privées de connexion pour des motifs plus large que le seul risque terroriste. «En visant génériquement la prévention de la criminalité, ce régime d'exception s'appliquera à toutes les infractions», s'inquiète le patron de l'@sic.

Ensuite, dit-il, «que l'on étende l'accès aux données à des services autres que ceux de l'Intérieur, sans même passer par un juge.» À l'entendre, même les agents de l'Agence nationale de sécurité des systèmes d'information (ANSSI), rattachés à Matignon, pourront «s'adresser aux fournisseurs d'accès à l'Internet pour obtenir l'identification de toute adresse IP».

Les promoteurs de ce texte font valoir que des garanties seront accordées au citoyen, comme la nomination, d'une «personnalité qualifiée» auprès du premier ministre pour contrôler les demandes des services des ministères. «La commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS), autorité administrative indépendante, encadrera le recueil de données de connexion et de géolocalisation, assure Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense.» Un préfet s'étonne de cette polémique naissante: «Quand l'affaire Merah éclate, on dit que la police n'a pas su prévoir. Et maintenant, on reproche aux services de vouloir anticiper.» Reste à trouver le bon équilibre.

Interception communications en France - credits lemonde.fr

Interception communications en France - credits lemonde.fr

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 08:50
NSA: la Grande-Bretagne a accepté l'espionnage de ses citoyens

 

21/11/2013 Par Hélène Pillon - lexpress.fr (AFP)

 

Au Royaume-Uni comme dans d'autres pays, la NSA a collecté des données sur des citoyens innocents. Oui, mais cet espionnage a été possible grâce à l'autorisation des autorités britanniques en 2007.

 

Nouveau rebondissement dans le feuilleton de la NSA. Les autorités britanniques ont joué un rôle crucial dans l'activité de l'agence américaine au Royaume-Uni, ont révélé le Guardian et Channel 4, mercredi. La NSA a pu espionner des citoyens de sa Majesté grâce à un accord secret avec les services de renseignements anglo-saxons, selon des documents communiqués aux médias par Edward Snowden

Cette annonce fait écho aux révélations du Monde sur les informations fournies par le renseignement français à la NSA, mais reste surprenante. En effet la convention des "five eyes" signée par la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada, est censée protéger les citoyens de ces états d'éventuelles mesures de surveillance menées par les autres nations contractantes. 

 

"Travailler ensemble"

Cependant, un mémo de mai 2007 sur l'espionnage électronique révélé par le Guardian et Channel 4 indique que les autorités britanniques et américaines ont conclu un accord allant à l'encontre de cette convention. Alors que Tony Blair était toujours Premier ministre, le bureau de liaison à Washington des services britanniques d'espionnage électronique et la NSA ont décidé "de travailler ensemble pour mettre en oeuvre une nouvelle politique étendant l'utilisation des informations britanniques interceptées incidemment" décrit le document. 

"A présent, les analystes du SID (le service d'espionnage électronique de la NSA) peuvent exploiter toutes les données britanniques collectées incidemment concernant les identifiants des contacts, y compris les adresses IP et les adresses e-mail, les numéros de fax et de téléphone" de personnes non-suspectées de terrorisme, précise le mémo. 

Besoin de réponses

Les autorités américaines n'ont pas réagi à la publication de ces nouvelles informations. En revanche, outre-Manche ce nouveau scandale fait grand bruit et de nombreux responsables demandent des explications.  

Sir Malcolm Rifkind, le président de la commission parlementaire sur la sécurité et les renseignements, a d'ores et déjà affirmé au Guardian qu'il exigeait un rapport des services de renseignements électroniques du gouvernement britannique sur ces activités d'espionnage. Un besoin de réponses partagé par Nick Clegg, vice-président du Royaume-Uni, qui s'inquiète quant à lui de l'effritement du soutien de la population pour le travail des agences de renseignements après ces dernières révélations

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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 20:50
Listening Sector: Berlin Makes Easy Target for Spies

 

November 21, 2013  By Jörg Diehl - spiegel.de

 

The center of Berlin has become a playground for spies. Phone calls in the dense German government district can be monitored with basic equipment and even by allies. German counter-espionage agents are alarmed.

 

The heart of the German capital is about as big as two football pitches. Pariser Platz square, framed by the Brandenburg Gate and the Unter den Linden boulevard is the must-see destination for any visitor to Berlin. The Reichstag parliament building and the Chancellery are just a few minutes' walk from here, and the embassies of the United States, United Kingdom, France and Russia are very close. This is where the power is concentrated -- and where mutual espionage is at its most intense.

 

It's isn't just the embassies of the US and UK whose roofs are equipped with conspicuous structures which experts say could conceal equipment for the illegal monitoring of phone calls. The Russian Embassy also has a rooftop building that German security authorities have had an eye on for a long time. Security officials refer to it as the "Russian woodshed" and it too is suspected of housing surveillance equipment.

 

"If someone makes an unencrypted telephone call in the Berlin government district, it's probably not just one foreign intelligence service that will be listening," said one high-ranking official. Research by SPIEGEL recently revealed that the NSA had been spying on Chancellor Angela Merkel's mobile phone for a long time. The Americans aren't the only ones collecting information in this way -- phone surveillance in central Berlin is too easy for that.

 

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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 17:50
Espionnage US: le Conseil fédéral ne veut pas d'une commission d'experts

 

21.11.2013 Romandie.com (AWP )

 

Berne (awp/ats) - La protection des données devrait être améliorée en Suisse, à l'aune notamment des révélations d'Edward Snowden. Pas question en revanche pour le Conseil fédéral d'instituer une commission d'experts ni de couper les ponts avec les services de renseignements américains.

 

L'idée de créer une commission interdisciplinaire chargée d'évaluer l'état actuel du traitement des données, son cadre juridique et son effet sur l'économie, la société et l'Etat émane du conseiller aux Etats Paul Rechsteiner (PS/SG). Sa motion est soutenue par 20 sénateurs PS, Verts, PLR et PDC.

 

Ces inquiétudes peuvent trouver réponse dans le cadre de la stratégie nationale de protection contre les cyberrisques, fait valoir le Conseil fédéral dans sa réponse publiée jeudi. Un tour de vis est également prévu au niveau législatif.

 

Le Département fédéral de la défense a été chargé d'élaborer un projet de loi sur la sécurité de l'information, qui sera mis en consultation au début de l'année prochaine. Le Département fédéral de la justice doit quant à lui plancher sur une révision de la législation sur la protection des données, qui s'impose selon le gouvernement.

 

SOUCI PARLEMENTAIRE

 

De nombreuses interventions parlementaires en lien avec l'espionnage américain ont été traitées par le Conseil fédéral. Dans ses réponses, il justifie sa retenue par le caractère confidentiel et secret de l'affaire et rappelle qu'il a chargé il y a une semaine divers départements d'approfondir l'examen des mesures à prendre.

 

Le gouvernement répète que le Service de renseignement de la Confédération (SRC) n'échange pas directement de données avec l'agence NSA et ne collabore pas avec elle. Mais il ne peut exclure que, parmi les demandes de renseignements des services des Etats-Unis, certaines se fondent sur des informations de la NSA.

 

POURSUIVRE LA COLLABORATION

 

Pas question pour autant de suspendre toute collaboration helvétique avec cette agence et toute organisation partenaire jusqu'à ce que la lumière ait été faite sur l'espionnage américain en Suisse, comme le demande une motion de la conseillère nationale Susanne Leutenegger Oberholzer (PS/BL).

 

Ce ne serait "fondamentalement pas judicieux". Les bases légales en vigueur donnent aux autorités la marge de manoeuvre suffisante pour découvrir tout espionnage prohibé, prendre des mesures préventives ou déposer une plainte pénale. Là encore, des révisions de loi doivent permettre de combler certaines lacunes.

 

La nouvelle loi sur le renseignement, que le Conseil fédéral devrait présenter d'ici la fin de l'année devrait ainsi fournir aux agents suisses des compétences étendues en matière de surveillance. Elle pourrait aussi permettre au SRC d'intervenir pour protéger la place industrielle, économique et financière suisse, comme le souhaite le conseiller aux Etats Pirmin Bischof (PDC/SO).

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 12:20
La NSA a "continuellement" enfreint la loi pour collecter des données

 

19.11.2013 Le Monde.fr

 

Face aux révélations sur la surveillance des télécommunications égrénées depuis plusieurs mois sur la base des documents de l'ancien consultant du renseignement américain Edward Snowden, l'Agence de sécurité nationale américaine (NSA) se retranchait jusqu'alors derrière la légalité de ses programmes. Deux ordonnances non publiques de la Foreign Intelligence Surveillance Court (FISC), révélées mardi 19 novembre par The Guardian, permettent pourtant de mettre ses affirmations en doute.

La FISC, une "cour secrète" créée en 1978, est censée surveiller la légalité des activités de la NSA en lui délivrant des mandats. Or les deux documents non datés, rédigés par deux ancients présidents de la FISC, Colleen Kollar-Kotelly (2002-2006) et John Bates (2006-2013), dénoncent la violation "systématique" et "continuelle" par la NSA des limites légales fixées à ses programmes.

Les deux juges semblent faire référence au programme de collecte massive de métadonnées téléphoniques et internet, mis en place depuis au moins 2001 par la NSA sous le nom de code "Stellar Wind". Arrêté fin 2011, après que la FISC eut jugé ses méthodes anticonstitutionnelles, il semble avoir été remplacé par un programme très similaire : "EvilOlive".

 

Suite de l'article

 

Voir l'infographie interactive : Plongée dans la "pieuvre" de la cybersurveillance de la NSA

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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 12:25
Le Brésil veut des explications sur un espionnage du FMI par les États-Unis

 

14/11/2013 45eNord.ca (AFP)           ,

 

Le Brésil a convoqué mercredi une réunion informelle des États-membres du FMI pour obtenir des explications sur des soupçons d’espionnage de l’institution par les États-Unis, a indiqué à l’AFP son représentant au Fonds.
 

«Une réunion a eu lieu à ma demande [...]. Je cherche à avoir des explications» , a indiqué Paulo Nogueira Batista, représentant brésilien au conseil d’administration du Fonds monétaire international.

Selon des informations de presse parues fin octobre, l’administration Obama aurait demandé à son agence nationale de sécurité (NSA) de mettre fin à l’espionnage des quartiers généraux du FMI et de la Banque mondiale, tous deux situés à Washington.

Les deux organisations de Bretton Woods, dont les États-Unis sont les premiers actionnaires, n’ont jusque-là pas souhaité faire de commentaires sur cette affaire.

«Nous avons pris connaissance des informations de presse mais nous n’avons pas de commentaires pour le moment», a répété mercredi une porte-parole du FMI dans un courriel à l‘AFP.

De fait, la réunion mercredi à Washington du conseil d’administration du Fonds, l’instance représentant ses 188 États-membres, ne relève pas de l’institution elle-même mais de l’initiative personnelle du représentant brésilien.

La directrice générale du FMI Christine Lagarde n’y a pas assisté, selon M. Nogueira Batista.

«C’est le droit de chaque administrateur [représentant d'un pays, ndlr] de demander une réunion du conseil d’administration», a expliqué le représentant brésilien, qui fait souvent entendre une voix critique au sein de l’institution.

Prié de dire si d’autres États-membres du Fonds partageaient son inquiétude sur un éventuel espionnage américain, le responsable s’est refusé à tout commentaire, se retranchant derrière son devoir de «confidentialité» des discussions au sein du conseil.

 

 

Nourries par l’ex-analyste de la NSA Edward Snowden, les révélations sur l’espionnage américain ont provoqué une série de tempêtes diplomatiques, notamment quand ont été révélées la possible mise sur écoute de la chancelière allemande Angela Merkel et la collecte massive de données en France ou en Espagne.

D’autres organisations internationales auraient figuré parmi les cibles de la NSA. Fin août, l’ONU avait annoncé qu’elle allait demander des explications aux États-Unis sur des révélations affirmant que l’agence avait espionné son système de vidéo-conférence interne.

Les bureaux de l’Union européenne à Washington auraient également été espionnés par les États-Unis.

Le Brésil s’est également retrouvé en première ligne. Mi-septembre, la présidente du pays Dilma Rousseff a annulé une visite d’État à Washington après des révélations selon lesquelles la NSA aurait espionné ses communications ainsi que les données du géant pétrolier brésilien Petrobras.

Fin octobre, le secrétaire d’État américain John Kerry avait reconnu pour la première fois que les États-Unis étaient parfois allés «trop loin». Le président Barack Obama a lui a annoncé un réexamen des méthodes américaines d’espionnage.

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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 12:50
Les Etats-Unis finançaient la plus grosse agence de renseignement britannique

 

09 novembre 2013 Par RFI

 

De nouveaux détails jettent une lumière crue sur la « relation spéciale » américano-britannique en matière d'espionnage. Plusieurs journaux, notamment britanniques, ont enquêté sur les révélations d'Edward Snowden, l'ancien consultant américain réfugié en Russie. Ils affirment notamment que la NSA a financé largement la GCHQ, la plus importante agence de renseignement britannique.

 

Une discrétion absolue est la règle d'or de l'agence britannique Governement Communications Headquarters (GCHQ). Avec plus de 6 000 employés, elle est la plus importante agence de renseignement britannique. Elle travaille main dans la main avec la National Security Agency (NSA) américaine, qui l'aurait même financé à près de 120 millions d'euros au cours des trois dernières années.

 

→ A (RE)LIRE : Etats-Unis: la NSA et l’alliance des «Five eyes»

 

Le directeur du Centre français de recherche sur le renseignement, Eric Dénécé, a déclaré à l'Agence France-Presse que la GCHQ est en gros « dix fois plus petite » que la NSA.

 

Tempora

 

Pourtant, Edward Snowden juge qu'en matière d'espionnage de données privées, l'agence britannique a fait pire que les Américains. Elle aurait obtenu un accès à plus de 200 câbles transatlantiques de communication par fibre optique, ce qui pourrait lui permettre de traiter jusqu'à 600 millions de données chaque jour.

 

→ A (RE)LIRE : Affaire Snowden: Glenn Greenwald, le journaliste qui en savait trop

 

Selon les documents fournis par Snowden, le Royaume-Uni aurait mis en place une vaste opération de surveillance baptisée Tempora, avec un budget de plus d'un milliard d'euros et plusieurs bases secrètes à travers le monde, dont une au Moyen-Orient. Il y aurait un véritable « partage des tâches » : « l'interception des bandes passantes et d'écoutes satellitaires » pour les Américains, les « écoutes au sol et l'interception d'ordinateurs pour les Britanniques ».

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 08:50
Contre-attaque des maîtres espions anglais

 

07/11/2013 Par Florentin Collomp – LeFigaro.fr

 

Les patrons du MI5, du MI6 et du GCHQ, interrogés pour la première fois en public par une commission parlementaire, jugent « très dommageables » les révélations de l'ex-agent américain Edward Snowden et justifient leurs méthodes.

 

Depuis les révélations d'Edward Snowden sur l'espionnage à grande échelle par les services secrets américains et britanniques, al-Qaida est «enchantée» et «nos adversaires se frottent les mains de joie», affirme le patron du MI6, John Sawers.

 

Son homologue du service de renseignement électronique GCHQ (Government Communications Headquarters) dit même avoir entendu des terroristes, au Moyen-Orient et en Afghanistan, discuter de ces fuites et de nouvelles méthodes pour échapper à la surveillance occidentale. «La couverture médiatique de ces fuites a rendu notre travail beaucoup plus difficile», s'alarme son directeur, Iain Lobban.

 

L'audition jeudi après-midi des trois chefs du renseignement britannique par une commission parlementaire était historique par nature. Elle était retransmise à la télévision avec un décalage de deux minutes, au cas où une information confidentielle leur aurait échappé. Précaution inutile, tant les maîtres espions avaient rodé leurs arguments. Au lieu d'un interrogatoire en règle sur la surveillance généralisée des citoyens, la séance d'une heure et demie s'est transformée en plate-forme leur permettant de contre-attaquer pour défendre le bien-fondé de leur action. Aidés, il est vrai, par les questions complaisantes des membres de la commission du renseignement, dont la légitimité est elle-même contestée puisqu'ils ont été nommés par le premier ministre.

 

Andrew Parker, patron du MI5, l'a martelé à plusieurs reprises: «Nous travaillons dans le cadre de la loi.» Les trois directeurs ont souligné combien leur convenait le cadre légal actuel, pourtant jugé obsolète car datant, pour l'essentiel, du XXe siècle. «C'est aux politiciens d'en décider. Si le Parlement veut changer la loi, très bien», affirme Iain Lobban, tout en admettant être «inquiet» de la réflexion entamée en la matière par les États-Unis. «Si on diminue notre capacité d'utiliser les technologies, on va réduire notre avantage», plaide John Sawers, du MI6.

 

Le patron du très secret GCHQ tente de justifier la généralisation des interceptions électroniques à l'aide d'une métaphore: «Quand on cherche une aiguille dans une botte de foin, on doit ramasser énormément de foin, mais on met de côté tout le foin qui n'est pas néces­saire», promet Lobban. Autrement dit, «si vous êtes un terroriste ou un délinquant, il y a des chances que vos conversations soient écoutées, mais si vous ne l'êtes pas ou n'êtes pas en contact avec eux, vous n'êtes pas écoutés».

 

Les patrons du renseignement balayent les critiques sur leurs échecs à anticiper les attentats ou le printemps arabe. Selon le directeur du MI5, depuis les attentats de 2005, 34 complots terroristes au Royaume-Uni, «dont un ou deux majeurs chaque année» ont été déjoués. Pour le MI5 et le MI6, la menace ne cesse d'augmenter et de se diversifier. Leurs chefs soulignent notamment leur inquiétude face aux «centaines» de Britanniques qui combattent en ce moment en Syrie.

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 08:49
L'agence de surveillance GCHQ, cette petite sœur britannique choyée par la NSA

Le quartier général de la GCHQ,  près de Cheltenham, dans l'ouest  de l'Angleterre, est surnommé le «doughnut».

 

07/11/2013 Par Florentin Collomp – LeFigaro.fr

 

Le Government Communications Headquarters, la plus importante agence de renseignement britannique avec 6 130 employés, est aussi la plus méconnue.

 

Quand on appelle le standard du GCHQ, on est tout de suite mis dans l'ambiance: «Merci pour votre appel qui peut être enregistré pour des raisons légales». Au service de presse, pas la moindre opération de relations publiques. «Nous ne commentons pas les allégations récentes parues dans les journaux», répond-on sèchement. Le très discret chef du service de renseignement britannique, Iain Lobban, ne s'en cache pas sur le site Internet de l'agence: «Nous sommes une organisation secrète. Nous ne pouvons pas rendre public tout ce que nous faisons.»

 

Le MI6 a James Bond. Le MI5 a sa série télé (Spooks, MI5 en VF). Le Government Communications Headquarters (GCHQ), troisième et plus importante agence de renseignement britannique, est aussi la plus méconnue. Jusqu'à ce que les révélations d'Edward Snowden dans le Guardian montrent l'ampleur des interceptions pratiquées à grande échelle, main dans la main avec la National Security Agency (NSA) américaine. Des découvertes qui ont provoqué un choc international et auraient surpris jusqu'au plus haut niveau de l'État britannique. Selon l'ancien ministre Chris Huhne, le gouvernement et le Conseil national de sécurité n'étaient pas au courant de toutes ces pratiques.

 

Dans son siège près de Cheltenham, dans l'ouest de l'Angleterre, surnommé le «doughnut» pour sa forme circulaire, et ses deux annexes de Cornouailles et du Yorkshire, les 6 130 employés du GCHQ sont des espions des temps modernes, assis derrière des ordinateurs. Officiellement, ils assurent la sécurité numérique de l'État et des services britanniques, déchiffrent les communications ennemies et mènent des opérations contre la cybercriminalité.

 

Le GCHQ recrute des cracks des maths et parfois des pirates informatiques sélectionnés lors de concours en ligne pour décrypter des énigmes complexes. L'agence est associée à la NSA dans le programme d'interceptions des communications électroniques Echelon. Depuis les révélations de Snowden, on sait aussi qu'elle est un maillon important du dispositif Prism qui enregistre les données des utilisateurs de Google, Facebook ou Yahoo. Et que, à travers le système Tempora lancé en 2011, elle détourne tous les échanges (téléphoniques, mails, données Internet) transitant par les câbles transatlantiques sous-marins qui débouchent, commodément, au pied de son antenne de Cornouailles, pour les stocker dans ses serveurs jusqu'à 30 jours.

 

Rien n'échappe à ses grandes oreilles. «Les utilisateurs lambda se croyaient protégés par l'immensité des volumes de données échangées sur Internet. Or on a vu que ce n'était pas un problème pour la NSA et le GCHQ, qui depuis cinq ans, ont complètement rattrapé leur retard pour contrôler l'intégralité d'Internet», explique Richard Aldrich, auteur d'un livre sur le GCHQ.

 

Il y a encore vingt-cinq ans, l'organisation n'était tout simplement pas censée exister. «La règle était que si le gouvernement était interrogé sur l'agence, il ne répondait jamais», raconte Arthur Bonsall, ex-directeur du GCHQ dans les années 1970. À la retraite depuis trente ans, il n'a que récemment révélé à sa famille ses anciennes fonctions. Le GCHQ est l'hériter du service de cryptographie de Bletchley Park qui a percé le code nazi Enigma pendant la guerre - un exploit qui n'a lui-même été rendu public que trente ans plus tard.

 

Son action est mentionnée dans les médias au début des années 1980 à l'occasion du scandale d'un agent double britannique retourné par les Russes. Mais le GCHQ n'est doté d'une existence légale qu'en 1994 par l'Intelligence Services Act. C'est cette loi, votée alors qu'Internet en était à ses balbutiements, qui encadre aujourd'hui ses activités. Une législation tellement floue que certains parlementaires se demandent si elle n'a pas été conçue exprès pour laisser une totale liberté au service. Ainsi, des mandats judiciaires automatiquement renouvelés tous les six mois autorisent les interceptions de données par le GCHQ.

 

Cette flexibilité juridique est mise à profit dans la répartition des tâches avec la NSA soumise, elle, à davantage de garde-fous légaux. «C'est parfois difficile de faire la distinction entre les deux agences», note Ian Brown, du Cyber Security Centre d'Oxford. Les États-Unis ont même accordé des dizaines de millions de dollars de financement à des programmes développés par le GCHQ, dont le budget annuel (secret) est évalué par les spécialistes à un milliard de livres (1,2 milliard d'euros environ). «Nous avons des cerveaux, ils ont de l'argent. C'est une collaboration dont nous pouvons être fiers», a commenté jeudi David Omand, ancien patron du GCHQ.

 

Des notes internes du GCHQ révélées par le Guardian s'inquiétaient récemment des risques «d'un débat public préjudiciable qui pourrait conduire à une contestation judiciaire du régime actuel». Trois associations de protection des libertés publiques britanniques (Big Brother Watch, The Open Rights Group et English Pen) ont déposé plainte contre lui devant la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg. «La supervision politique du renseignement a été mise à mal et doit être revue. En jetant la pierre à Snowden et au Guardian pour violation de secrets d'État, certains politiciens tentent en réalité de masquer leur embarras face à leur ignorance du sujet», critique le député conservateur Dominic Raab, rare voix discordante dans ce débat.

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 18:50
Espionnage: l'UE pourrait se doter d'un service de renseignement

 

BRUXELLES, 5 novembre - RIA Novosti

 

L'Union européenne doit se doter de son propre service de renseignement, estime la commissaire européenne à la justice Viviane Reding.

 

"Il faut former un contrepoids à l'Agence de sécurité nationale américaine (NSA). C'est pourquoi je propose de créer un Service européen de renseignement à l'horizon 2020",  a déclaré Mme Reding dans une interview accordée au journal grec Naftemporiki.

 

Ces déclarations interviennent sur fond du vaste scandale provoqué par la publication en octobre de données fournies par l'ex-agent de la NSA et de la CIA Edward Snowden, selon lequel le renseignement américain aurait massivement intercepté les communications téléphoniques de citoyens européens, et placé sur écoute les chefs d'Etat d'au moins 35 pays, notamment la chancelière allemande Angela Merkel.

 

Plusieurs personnalités politiques européennes ont qualifié ces activités des services secrets US d'inadmissibles, inamicales et susceptibles d'entraver la conclusion de l'accord de libre-échange entre les Etats-Unis et l'Union européenne.

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 17:50
Espionnage: Europe et États-Unis s’accusent mutuellement

31/10/2013 45eNord.ca (AFP)

 

Accusations d’espionnage, démentis et ripostes, appels à la discussion: Européens et Américains se sont à nouveau livrés mercredi à une partie de ping-pong autour de la question des interceptions de communications par la NSA qui empoisonne leurs relations.

 

Sur le front de la collecte d’informations auprès des fournisseurs d’accès à internet, la NSA a fait les frais de nouvelles révélations du Washington Post. Selon le quotidien, elle intercepte les données des serveurs de Yahoo! ou Google depuis l’étranger, contournant ainsi l’obligation qui lui est faite d’obtenir des injonctions de la justice américaine. Des informations qualifiées de «fausses» par le directeur de la NSA, le général Keith Alexander.

Mercredi, lors d’une conférence à Washington, le puissant patron de l’agence chargée des interceptions de communications a une nouvelle fois démenti avoir intercepté des dizaines de millions de communications de citoyens européens.

«La perception que la NSA a intercepté 70 millions d’appels téléphoniques en France, en Espagne ou en Italie est factuellement incorrecte. Ce n’est pas nous», a-t-il asséné.

Ces interceptions, réalisées selon lui par les services européens puis fournies à la NSA, concernaient des «opérations militaires» dans des pays hors d’Europe. Ces alliés de l’Otan travaillent avec les États-Unis, a-t-il ajouté sans plus de précision

«Cela n’a rien à voir avec des interceptions visant l’Europe, point», a-t-il lancé.

Cette ligne de défense n’a pas semblé convaincre les Européens. À Paris, la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkcacem, a jugé «peu vraisemblables» les propos du général américain et appelé à «davantage de clarté sur les pratiques des services secrets américains».

De son côté, Berlin a démenti les affirmations américaines selon lesquelles l’Allemagne espionnerait les États-Unis chez eux.

 

 

Le Vatican visé par les écoutes ?

 

Le responsable du renseignement extérieur (BND), Gerhard Schindler, a assuré dans l’hebdomadaire Die Zeit qu’il n’y avait «pas d’opérations de surveillance de télécommunications menées depuis l’ambassade allemande à Washington».

Dans ce contexte électrique, le patron de la NSA a appelé à «s’asseoir» avec les Européens afin de mieux coopérer en matière de cybersécurité et d’antiterrorisme. «Ce partenariat avec l’Europe est absolument important. Mais cela doit s’effectuer avec tout le monde autour de la table en mettant de côté tout sensationnalisme», a-t-il plaidé.

À la suite de la révélation de l’écoute présumée d’un téléphone portable d’Angela Merkel, deux hauts fonctionnaires allemands de la chancellerie se sont déjà rendus mercredi à la Maison Blanche pour rencontrer la conseillère à la sécurité nationale Susan Rice et le directeur national du renseignement James Clapper, a confirmé Josh Earnest, un porte-parole de la présidence américaine.

Dans les prochains jours, ce sera au tour des présidents des services secrets (BND) et des renseignement intérieurs allemands d’être reçus dans la capitale américaine.

Washington a également garanti aux Nations unies qu’il n’interceptait pas les communications de l’organisation, a annoncé le porte-parole de l’ONU, Martin Nesirky.

«Les autorités américaines ont assuré que les communications des Nations unies n’étaient pas écoutées et ne le seraient pas à l’avenir», a-t-il déclaré, refusant de dire si les États-Unis avaient espionné les communications de l’ONU dans le passé.

Mais en dépit des efforts pour gérer les dégâts et de l’annonce par la Maison Blanche qu’elle révisait ses pratiques en matière d’espionnage de dirigeants étrangers, les révélations sur l’ampleur de l’espionnage américain ont continué à déferler: les écoutes téléphoniques américaines auraient même visé le Vatican et le pape, affirme l’hebdomadaire italien Panorama à paraître jeudi.

L’hebdomadaire allemand Stern à paraître jeudi affirme quant à lui qu’une trentaine d’entreprises américaines font de d’espionnage en Allemagne, aidant notamment à l’analyse d’écoutes ou à la coordination de missions d’agents secrets.

Et selon le magazine, elles participent probablement à la coordination de missions de drones de combat en Afrique, à partir de la ville de Stuttgart (sud-ouest), où se trouve le siège du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM).

Sur le plan intérieur, la révélation du Washington Post selon laquelle la NSA a intercepté des données de centaines de millions d’utilisateurs de Google et Yahoo!, pourrait s’avérer embarrassante pour l’administration Obama puisqu’elle concernerait également des citoyens américains.

Ce programme baptisé «MUSCULAR», et opéré avec l’homologue britannique de la NSA, permet depuis l’étranger aux deux agences de renseignement de récupérer des données depuis les fibres optiques utilisées par les géants d’internet, selon des documents obtenus auprès de l’ex-consultant de la NSA Edward Snowden.

Agir en dehors des États-Unis permettrait à la NSA d’avoir plus de latitude que dans le pays, où des décisions de justice seraient nécessaires pour ces actions, précisément pour s’assurer que les citoyens américains ne sont pas visés, selon le quotidien.

Des interceptions, réalisées selon lui par les services européens puis fournies à la NSA, concernaient des «opérations militaires» dans des pays hors d’Europe (Vidéo: Euronews)

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 11:20
Vie privée : Votre carnet d'adresses n'a pas de secret pour la NSA !

15/10/2013 Le Point.fr

 

L'agence collecte des centaines de millions de listes de contacts numériques d'Américains via leurs courriels ou leurs messageries instantanées.

 

L'agence américaine de renseignement NSA collecte des centaines de millions de listes de contacts numériques d'Américains via leurs courriels ou leurs messageries instantanées, indique lundi le Washington Post, citant des documents de l'ancien consultant de la NSA Edward Snowden.

 

En une seule journée en 2012, la NSA a intercepté 444 743 listes de contacts courriels de comptes Yahoo!, 82 857 de comptes Facebook, 33 697 de comptes Gmail, et 22 881 d'autres fournisseurs internet, précise la NSA dans une présentation publiée par le journal américain. Extrapolés sur une année, ces chiffres correspondraient à la collecte de 250 millions de listes de contacts courriels par an. Ce qui voudrait dire que des millions, voire des dizaines de millions d'Américains sont concernés par cette collecte, ont indiqué au journal deux hauts responsables du renseignement américain.

 

"Partout dans le monde"

 

Ces listes contiennent davantage d'informations que les métadonnées téléphoniques, car, dans ces contacts courriels (d'e-mails), il y a aussi des numéros de téléphone, des adresses physiques, des informations économiques ou familiales, et parfois les premières lignes d'un message.

 

La NSA intercepte ces listes "au vol", quand elles se retrouvent dans des échanges internet, plutôt qu'"au repos", dans les serveurs des ordinateurs. Et de ce fait, la NSA n'a pas besoin de le notifier aux groupes internet qui abritent ces informations, comme Yahoo!, Google ou Facebook.

 

L'agence les intercepte à partir de points d'accès situés "partout dans le monde" mais pas aux États-Unis, ont précisé les responsables du renseignement. Ce qui permet à la NSA de contourner l'interdiction qui lui est faite d'intercepter des informations sur des Américains à partir du territoire américain, expliquent-ils.

 

Mi-août, le président américain Barack Obama avait promis de revoir les programmes américains de surveillance, après les débats provoqués par les révélations d'Edward Snowden, qui avait fait état de vastes et secrets programmes de collecte de données téléphoniques mais aussi numériques.

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 10:55
Espionnage américain: Greenwald va divulguer des documents sur la France

10/10/2013 45eNord.ca (AFP)

 

Le journaliste Glenn Greenwald qui a dénoncé l’espionnage cybernétique américain au Brésil, a déclaré mercredi qu’il travaillait maintenant sur des documents traitant de la France et de l’Espagne, parmi tous ceux que lui a remis l’ex-informaticien américain Edward Snowden.

 

«Nous faisons du journalisme à haut risque [..] Je vais continuer à faire ce type de journalisme jusqu’à la publication du dernier document», a déclaré devant une commission du Parlement à Brasilia le journaliste américain du Guardian, qui vit à Rio de Janeiro.

 

«Tout ce que j’ai eu sur l’espionnage au Brésil et maintenant sur la France, je travaille avec des journaux de France et d’Espagne, je le publie», a dit M. Greenwald sans donner plus de détails devant cette commission brésilienne qui enquête sur les accusations d’espionnage de l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA) au Brésil.

 

Alors qu’on lui demandait s’il avait encore des documents en main et pourquoi les informations sortaient au compte-gouttes, étant donné que M.Snowden lui avait remis les documents depuis des mois, M.Greenwald a répondu : «Cela prend du temps de comprendre tous les documents. Dès que je trouve un document que je juge intéressant à publier, je commence immédiatement à travailler dessus pour informer le public le plus vite possible».

 

Il a souligné qu’il maintenait un contact permanent et presque quotidien avec M. Snowden, actuellement réfugié en Russie et fugitif de la justice américaine qui l’accuse d’espionnage.

 

Au cours des dernières semaines, la presse brésilienne a publié, grâce à M. Greenwald, des documents des services secrets américains révélant l’espionnage exercé sur les communications de la présidente brésilienne Dilma Rousseff, de ses collaborateurs proches et de millions d’autres Brésiliens, mais aussi d’entreprises telles que le géant public pétrolier Petrobras.

 

Le ministère français des Affaires étrangères a également été espionné avait dit M.Greenwald à l’époque.

 

En septembre, devant l’Assemblée générale des Nations Unies, Mme Rousseff a proposé un contrôle multilatéral de l’utilisation d’Internet, face à la forte dépendance d’entreprises situées aux États-Unis.

 

Mercredi elle a annoncé une réunion internationale sur la gouvernance de l’Internet en avril 2014 à Rio de Janeiro, à l’issue d’une rencontre à Brasilia avec M. Fadi Chehadé, chef de l’autorité de régulation de l’Internet, connue sous le sigle ICANN.

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 11:55
photo Armée de l'Air

photo Armée de l'Air

L'affaire Snowden pourrait relancer les chances du Rafale au Brésil.

 

07-10-2013 Jean-Michel Guhl à Brasilia, pour Challenges.fr

 

ENQUETE Les relations entre Brasilia et Washington sont devenues glaciales. Ce qui relance (un peu) l’espoir d’une commande de Rafale.

 

Quand une annulation crée "l'effet dominos"...  La présidente du Brésil, Dilma Roussef, devait faire au mois d'octobre une visite d’Etat aux États-Unis. Mais, suite aux révélations d'espionnage des conversations téléphoniques du gouvernement brésilien par les organismes de sécurité nationale US, cette visite a été annulée. Ce qui vient de faire capoter à la chaîne tout une série d'accords (tant commerciaux que technologiques) et de contrats importants que le président Barack Obama espérait signer avec le nouveau géant économique latino-américain.

 

A la veille d'une année électorale clé, l'annulation de cette visite arrange plutôt le Palácio do Planalto (siège du gouvernement brésilien) qui s'accommode en fait assez mal des pressions de Washington pour que le Brésil, toujours très protectionniste, ouvre largement ses portes aux productions américaines.

 

C’est aussi le cas sur le plan militaire, afin que la Força Aérea Brasileira (Forces armées brésiliennes) mette un point final à son interminable programme F-X2 en faisant enfin l'acquisition de chasseurs F-18 Super Hornet chez Boeing — une affaire en cours — afin de remplacer les Mirage 2000 français, qui seront retirés du service à la fin de cette année.

 

Brasilia en froid avec Washington

 

Ces pressions permanentes du gouvernement américain et de ses lobbies (présents au Brésil à travers de nombreuses sociétés et institutions très actives) irritent beaucoup le gouvernement brésilien qui sait, malgré tout, qu'il doit absolument relancer ses relations commerciales avec Washington sous peine de se trouver sans bailleurs de fonds pour accompagner son développement, notamment celui de ses infrastructures, absolument inadéquates pour "la cinquième économie du monde". Ceci alors même que la croissance brésilienne ralentit.

 

Autre enjeu de taille, Dilma Rousseff va devoir s'impliquer à fond dans la campagne pour sa réélection en décembre 2014, tout ceci sur les décombres d'innombrables affaires de corruption et de népotisme frappant son parti politique (le Partido dos Trabalhadores - PT - de l'ex-président Lula).

 

Les écoutes de la NSA ont outré Brasilia

 

Ceci juste après l'épreuve-test de relations publiques internationales que sera l'organisation de la Coupe du Monde de Football de la FIFA 2014. La réalité du Brésil actuel, largement ignorée par l'étranger, se trouve bien loin des plages de Copacabana ou d'Ipanema. Plus grand que l'Europe et avec la moitié de sa population, le Brésil en présente aussi toutes les diversités. Pays développé d'un côté, au sud, et tiers-monde de l'autre, au nord. Mais heureusement sans les niveaux d'endettement public que connaissent des pays comme le Portugal, la Grèce, l'Espagne, l'Italie ou encore la France.

 

Révélées par la chaîne nationale brésilienne TV Globo le 1er septembre dernier, à partir de documents secrets rendus publics par l'informaticien rebelle Edward Snowden, les écoutes téléphoniques illégales des échanges de la présidence brésilienne avec ses ministres et conseillers, réalisées par l'US National Security Agency, a véritablement outré Brasilia.

 

Mais le clou a été enfoncé plus encore le 8 septembre quand TV  Globo a rapporté que la NSA avait écouté les conversations téléphoniques de la compagnie pétrolière nationale Petrobras.

 

Las, ce qui aurait pu être la première visite officielle d'un chef d'Etat brésilien aux Etats-Unis depuis deux décennies — la dernière visite du président libéral Fernando-Henrique Cardoso à Washington remonte à avril 1995 — n'aura donc pas lieu et cela contribue largement à arroser de vinaigre des relations bilatérales déjà distendues, la perte de confiance en plus.

 

Les dommages politiques causés par cette affaire vont être importants et auront un coût certain pour les États-Unis — l'un des principaux partenaires économiques du Brésil (le second après la Chine) — dont la balance commerciale bilatérale s'orne d'un déficit passé à plus de 160% pour le premier semestre de 2013 (soit 6 milliards de dollars en moins par rapport à 2012) alors que le Brésil a réalisé dans le même temps, 5,4 milliards d'excédents commerciaux avec la Chine, son premier partenaire économique.

 

"On ne badine pas avec le Brésil"

 

"On ne badine pas avec le Brésil quand il s'agit de respecter les règles du jeu internationales" aime-t-on à répéter à Brasilia. Curieusement, le Brésil aura été l’un des rares pays cités par Edward Snowden à traiter immédiatement les conséquences des opérations d'espionnage des États-Unis à son encontre. Sans augmenter d'ailleurs l'embarras de Washington pris la main dans le sac, ce qui attise encore plus de courroux de Brasilia.

 

Le contrat des chasseurs toujours d’actualité

 

Tout récemment, surfant sur le dernier Livre blanc de la défense brésilien qui prévoit un "trou" dans la défense aérienne du pays, le sénateur Ricardo de Rezende Ferraço, ne s'est pas privé de souligner que le gouvernement fédéral brésilien a depuis longtemps été trop négligent en laissant à ses successeurs le soin de faire l'acquisition de 36 avions de chasse pour la Força Aérea Brasileira, laquelle devait choisir entre les fournitures de trois pays: les États-Unis, la France et la Suède.

 

"Le gouvernement a été indolent et a traîné des pieds sur ce dossier" a-t-il déclaré devant la presse étrangère "alors que celui-ci a depuis longtemps tous les éléments en main pour conclure un accord avant la fin de cette année". Homme politique, originaire d'un petit État du littoral brésilien, pourvu d’un sens remarqué de la mesure et toujours à la recherche d'économies structurelles — il a notamment critiqué Dilma Rousseff sur le quasi doublement du nombre de portefeuilles ministériels créé par le PT — Ricardo Ferraço ne se prive pas de rappeler que ce projet d'achat d'avions de chasse a été lancé il y a maintenant près de 20 ans, exactement en 1995 sous le nom de projet F-X (la France proposant alors le Mirage 2000-5 alias Mirage 2000 BR). Il a été repoussé, d'abord par le président Luiz Inácio Lula da Silva, à 1998, puis à 2003 et 2010 puis ensuite en 2011 à nouveau, toujours pour des motifs budgétaires en devenant dans un second temps projet F-X2 et en réduisant sa fourchette à trois avions : le Boeing F-18 Super Hornet, le Dassault Rafale F3 et le Saab JAS 39 Gripen NG. Et le successeur de Lula, Dilma Rousseff, s'est bien gardée de prendre position sur ce dossier, fort aidée en cela par le très silencieux général Juniti Saito, chef d'état-major de la FAB depuis 2007, qui fêtera bientôt ses 72 ans et dont le remplacement n'est toujours pas à l'ordre du jour provoquant ainsi un tel embouteillage de carrières que plusieurs généraux en place en ont appelé à la plus haute juridiction du pays, le Supremo Tribunal Federal, pour demander sa mise à la retraite d'office! Du jamais vu.

 

La modernisation des forces aériennes brésiliennes a 18 ans de retard

 

Sénateur à peine quinquagénaire, Ricardo Ferraço, rappelle avec lucidité "que cela fait 18 ans maintenant que les gouvernements brésiliens ont évité de se prononcer sur ce projet de modernisation de la FAB, alors même que des pays moins riches comme le Venezuela et le Chili  ont eux modernisé et renforcé leurs forces aériennes".

 

Il ajoute, enfonçant le clou, "que si aucune décision n'est prise sur ce sujet critique, les problèmes du pays iront en augmentant, notamment en ce qui concerne le trafic de drogue, dont tout le monde sait ici que 50% de la drogue consommée dans le pays passe par la frontière bolivienne" [soit quelque 3 000 km de frontières passoires dans des zones impossibles à surveiller en totalité et utilisées quasi quotidiennement par des avions légers chargés de cocaïne ou autre poudre festive revendues pour une fortune au Brésil].

 

Ricardo Ferraço insiste et affirme : "Que cette acquisition de nouveaux avions de chasse est un projet d'État ("projeto de Estado") qui en est arrivé "à la limite des limites" puisque les douze Mirage 2000 de la Força Aérea ne pourront plus être utilisés après le mois de décembre prochain et qu'ils seront remplacés par des chasseurs F-5, encore plus anciens et en fin de vie utile", une véritable plaisanterie selon lui. Ce qui n'est pas loin d'être une triste vérité, sachant que les derniers chasseurs de type Northrop F-5E/F acquis de seconde-main par la FAB, l'ont été auprès de la Royal Jordanian Air Force qui les avait elle-même reçu des Etats-Unis au titre de l’aide militaire au petit royaume hachémite… Dans l'état des plans actuels, dès le mois de janvier 2014, c'est un détachement de deux F-5M mis en œuvre par quatre pilotes du 1°/14° Grupo de Aviaçao venu de Canoas, près de Porto Alegre (Rio Grande do Sul), qui devrait normalement assurer la protection aérienne et la police du ciel H24 autour de Brasilia depuis la base aérienne d'Anápolis.

 

Une peau de banane sur le chemin de la Présidente

 

Il est vrai qu'en décidant de retirer du service, le 31 décembre 2013, les douze Mirage 2000 du 1° Grupo de Defesa Aérea, basé à Anápolis, non loin de la capitale — plus pour des raisons de coût d'utilisation opérationnelle que de vétusté se dit-il, mais surtout par manque de potentiel moteur restant — le très discret général Saito — et même si la FAB se refuse à l'admettre ouvertement — a placé une belle peau de banane sur le chemin de Dilma Rousseff, en l'obligeant à devoir trancher rapidement et à vif sur un sujet dont elle s'est toujours désintéressée politiquement.

 

Au contraire des questions sociales et d'équipements publics — plus fédératrices de voix pour son parti politique, le PT, à un an d'une élection présidentielle cruciale pour sa survie sachant qu'il est aussi un parti de gauche non majoritaire. C'est donc à Celso Amorim, actuel ministre de la défense et diplomate de haut niveau toujours très écouté de Dilma Rousseff, que va échoir le mistigri et la responsabilité de trouver une solution rapide susceptible de servir à la fois les intérêts politiques à court terme de la présidence, les intérêts immédiats de la FAB et aussi ceux à moyen terme de l'industrie aéronautique brésilienne, partie prenante obligée du programme F-X2 évalué actuellement à 15 milliards de réaux (soit environ 6,5 milliards de dollars), pour commencer.

 

Pour l'heure, il est encore question du programme F-X2 mais déjà à Brasilia a été soulevée parmi les parlementaires avisés la question éventuelle d'un programme F-X3, plus ouvert et intégrant les progrès réalisés depuis le lancement de F-X2 ! Les pilotes de chasse brésiliens, pour leur part, rêvent encore du Sukhoi 35 qui avait leur très nette préférence… Ce chasseur, rappelons-le, était encore présenté en vol au dernier salon du Bourget, en juin, où il assurait quasi quotidiennement le spectacle aérien le plus impressionnant du moment.

 

Quelles sont les chances du Rafale ?

 

La probable non signature avec Boeing, ne fait toutefois pas pour autant pencher la balance du côté du Rafale : un retour en grâce du Super Hornet est toujours possible, à une date ultérieure. Surtout sachant que l'avionneur national brésilien Embraer — qui participera à la construction des chasseurs choisis au final par Brasilia — s'est ouvertement déclaré en faveur de Boeing, société US avec laquelle il a signé en juin dernier un accord pour la commercialisation (et aussi sans doute la finalisation) de son futur biréacteur de transport tactique et de ravitaillement KC-390.

 

De surcroît, l'actuel ministre de la défense brésilien, Celso Amorim, quoique parlant tout aussi bien le français, n'a pas la francophilie assumée de son prédécesseur Nelson Jobim qui s'était déclaré ouvertement en faveur du Rafale au point de faire croire au président Sarkozy en 2009, par la voix de Lula, que l'affaire était dans le sac pour la France et pour Dassault Aviation.

 

Hélas, Dilma Rousseff ne partageait pas et ne partage toujours pas cet enthousiasme. Question prix d'abord, l'avion français étant pour ses conseillers le plus cher des trois chasseurs retenus. Nonobstant cela, le ministre de la défense brésilien suit avec la plus grande attention le déroulé des négociations autour du Rafale entre Dassault et l'Inde. Et ceci également importe car l'achat d'un nouveau chasseur par le Brésil doit impérativement se plier à deux volets : celui du prix d'abord mais aussi à celui des contreparties industrielles; avec la certitude que l'industrie brésilienne sera bien capable d'absorber la totalité du transfert de technologie demandé par Brasilia.

 

Des doutes subsistent en Inde avec HAL. Entre prétentions et ambitions industrielles, un fossé existe. Ainsi absolument rien ne dit aujourd'hui que le Rafale ait épuisé ses chances au Brésil. De plus, les girouettes politiques y abondent aussi et cela même si la France, avec sa politique étrangère actuelle totalement alignée sur celles des USA, n'y a vraiment plus la cote d'antan. Le partenariat stratégique voulu avec Paris du temps de Lula ne répondrait ainsi plus aussi bien aux ambitions et préoccupations du Brésil, toujours soucieux aussi de pouvoir garantir sa souveraineté nationale,  au besoin par les armes, non seulement sur son vaste territoire, et en particulier sur l'Amazonie, mais aussi sur les gigantesques gisements pétroliers de Tupi découverts il y a peu au large des côtes de l'Etat de Rio.

 

Il est intéressant de noter que parmi les neuf utilisateurs actuels du Mirage 2000 (France, EAU, Egypte, Grèce, Inde, Pérou, Qatar, Taïwan) les Brésiliens seront les premiers à se défaire de ce type de chasseur. En service au sein du 1° Grupo de Defesa Aérea, implanté non loin de Brasilia, depuis l'automne de 2006, le Mirage 2000 — baptisé localement F-2000 — a toujours été considéré comme un chasseur intérimaire dans la FAB et il n'a jamais été envisagé de le moderniser comme d'autres pays l'ont déjà fait (EAU, Grèce et Inde).

 

Achetés d'occasion à la France pour 80 millions d'euros, aux termes d'un contrat signé de gré à gré entre les présidents Lula et Chirac, et pris sur les stocks de l'Armée de l'Air, les douze avions (dix monoplaces et deux biplaces, ainsi qu'un bon stock de moteurs M53-5 usagés) ont toutefois permis aux aviateurs brésiliens de se familiariser avec un intercepteur doté de commandes de vol électriques et d'un véritable système d'arme bâti autour du radar Doppler Thales RDI et du missile Super 530D de MBDA. Pour le major Eric Brevigleri, commandant actuel du 1° GDA, l'expérience du F-2000 aura été certes bénéfique, mais elle eut été bien plus profitable pour la FAB si elle avait débouché sur l'acquisition d'un avion polyvalent comme le Mirage 2000-5.

 

Mais comme ce chasseur n'est plus construit par Dassault, l'affaire est désormais entendue. Il reste que le taux de sécurité des vols du F-2000 s'est révélé excellent puisque, à ce jour, aucun avion n'a connu d'accident au cours de plus de 10 000 heures de vol accumulées depuis septembre 2006. Ce ne fut pas le cas, loin de là, avec le Mirage III EBR, resté en service 33 ans après avoir été modernisé à mi-vie, dont la moitié de la flotte a fini au tapis (14 avions sur un total de 32).

 

Le dernière campagne de tir du 1° GDA a eu lieu début septembre depuis l'aérodrome de Santa Maria, base aérienne située à 1500 km en ligne droite au sud d'Anápolis dans l'état de Rio Grande do Sul. Elle a permis à quatre F-2000C déployés, dans cet état limitrophe de l'Argentine, de tirer les dernières caisses d'obus de 30 mm ainsi que les derniers missiles Super 530D et Magic 2, sachant que sur les douze avions livrés seuls six sont encore en état de vol, les autres ayant tous atteints leur fatidique butée moteur.

 

Disposant d'une allocation de 1 600 heures de vol pour l'année, ces six avions dotés de moteurs Snecma M53-5 et mis en oeuvre par dix pilotes seulement, vont terminer leur carrière par une ultime participation, courant novembre, à l'exercice Cruzex qui se tiendra sur la base aérienne de Natal, dans l'état de Rio Grande do Norte, en présence de participants venus d'Argentine, du Canada, du Chili, de Colombie, de l'Equateur, de l'Uruguay, du Venezuela et des USA. Pour la première fois, la France n'a pas confirmé sa présence à Cruzex, ce qui laisse à penser que Paris était déjà au courant du fait que les Brésiliens allaient faire une croix sur l'acquisition de chasseurs Rafale en 2013…

 

Il est vrai que, depuis le départ de Lula et la démission de Nelson Jobim (l'ancien ministre de la défense de Lula), le Rafale n'a plus autant de soutiens forts et visibles au Brésil. Ce n'est pas le chasseur favori de la FAB, pas plus que celui de l'industriel national — Embraer — qui serait amené à le produire sous licence. Pourquoi ? Allez savoir…

 

Et cela est d'autant plus injuste et contraire à l'argument de souveraineté, leitmotiv généralement avancé par le gouvernement brésilien, que le dossier technique de l'avion français, serait de loin le plus complet, de l’avis des membres de la Comisão de Relações Exteriores e Defesa Nacional (CRE) interrogés, et certainement le seul à assurer au gouvernement brésilien la quasi certitude d'un transfert sans intermédaire et sans le risque de se heurter à un éventuel refus nord-américain en matière de transfert de technologies critiques (on pense ici au radar, aux missiles et aux systèmes de contre-mesures électroniques)…

 

La presse aéronautique brésilienne, pour sa part, gavée de publicité suédoise, ne jure que par le Gripen de Saab. Mais l’avion, monoréacteur et au rayon d’action réduit, ne convient vraiment pas au théâtre d’opération national brésilien explique un général bien placé au Comgar, le commandement des opérations aériennes de la FAB. Le Brésil, pays continent, n’est pas la Suisse ou la Tchéquie.

 

Si le précédent gouvernement brésilien considérait le partenariat stratégique, signé avec la France en 2008 (entre les présidents Lula et Sarkozy) comme un tout pouvant comprendre sous-marins, hélicoptères et chasseurs, ce n'est absolument pas le cas de l'actuel qui, au contraire, préférerait diversifier ses sources de matériels militaires afin d'accroître plus encore son indépendance et sa sacro-sainte souveraineté et, surtout, équilibrer ses échanges commerciaux avec ses partenaires et fournisseurs d'armement qui sont aujourd'hui essentiellement l'Allemagne, la France, Israël, l'Italie, le Royaume-Uni, la Russie et les Etats-Unis. Il se dit aussi à Brasilia, que n'étant par ailleurs pas pleinement satisfait des conditions dans lesquelles se déroule le programme de construction au Brésil des nouveaux sous-marins Scorpène de DCNS, réalisés avec le concours d’Odebrecht pour la Marinha do Brasil, le gouvernement brésilien aurait choisi d'acheter US… juste pour changer et affirmer son autonomie.

 

Pour Brasilia, il est indéniable que le choix du F-18 Super Hornet Block III serait ainsi une décision idéale à la fois sur les plans diplomatique, pour calmer le jeu avec les Etats-Unis ; écomique, pour rééquilibrer les échanges commerciaux avec Washington; et opérationnel, le général Saito étant très en faveur du chasseur américain et des facilités d'entraînement offertes en Californie par l'US Navy, principal utilisateur du F-18.

 

Et rien ne dit aujourd'hui que cet affaire ne se fera pas plus tard et à un moment plus opportun pour le gouvernement brésilien. Le grand pays lusophone n'ayant aucun ennemi, il reste urgent d'attendre et de laisser traîner les choses. Une manière bien brésilienne de traiter les affaires, surtout les plus importantes. Au Brésil, la patience est une vertu nécessaire. Un retour en grâce du Super Hornet est toujours possible, à une date ultérieure. Il demeure le favori des aviateurs ici.

 

De façon latérale, il reste que la FAB ne se sent nullement  aujourd'hui concernée par les besoins futurs de l'aéronavale brésilienne et un éventuel remplacement des chasseurs A-4KU Skyhawk — désignés AF-1 localement  — embarqués sur le porte-avions NAé São Paulo (ex-Foch) n'est même pas envisagé pour l'heure.

 

D'autant plus que 12 des 23 exemplaires rachetés d'occasion au Koweït en 2000 (pour 70 millions dollars) sont en cours de modernisation chez Embraer afin de prolonger leur vie opérationnelle au-delà de 2025. L'opération va coûter à la Marinha do Brasil quelque 140 millions de dollars au total. Et il y a fort à parier que dans 20 ans ces avions seront les derniers Skyhawk à voler au monde, connaissant la dextérité avec laquelle les ingénieurs brésiliens savent faire durer les matériels.

 

Déjà fortement engagée dans un processus de modernisation de sa flotte sous-marine et de surface, qui absorbe la totalité de son budget d'équipement, la Marinha do Brasil n'a actuellement aucunement les moyens d'envisager le remplacement de ses Skyhawk par des Rafale M, voire d'hypothétiques Gripen navalisés.

 

Ni aujourd'hui, ni demain. D'autant plus qu'en 2030, l'ex-porte-avions Foch -- mis sur cale en 1957 et revendu au Brésil en 2000 -- aura alors presque 70 ans ! Beaucoup de ce qui a pu se dire ou s'écrire sur la question du remplacement de ces avions embarqués par une version navalisée du chasseur qui sera retenu au final par la FAB dans le cadre du programme F-X2 n'est que spéculation.

 

De surcroît, le Brésil n’aspire nullement à conduire les affaires du monde, il est déjà assez occupé chez lui. Reste cependant que s’il veut véritablement être « l’autre puissance américaine » qu’il aspire à devenir, il lui faudra bien augmenter son budget militaire, au moins au niveau de celui d’une puissance économique comparable…

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 07:20
Le patron de la NSA défend la "mission noble" de son agence

25.09.2013 Le Monde.fr (AFP)

 

Le général Keith Alexander, patron de l'Agence américaine de sécurité nationale (NSA) a estimé, mercredi 25 septembre lors d'une conférence à Washington sur la sécurité informatique, le Billington Cybersecurity Summit, que les révélations sur ses programmes de surveillance par l'ancien consultant Edward Snowden, avaient été "dramatisées et exacerbées dans la plupart des médias".

 

Lire : "Prism, Snowden, surveillance de la NSA : 7 questions pour tout comprendre"

 

"Ce qui a été mis en avant dans la plupart des médias, c'est que nous écoutons vos conversations, que nous lisons vos e-mails. Ce n'est pas vrai. Nous savons que notre travail est de défendre ce pays. C'est une mission noble.

L'avenir de ce pays dépend de notre capacité à nous défendre contre les attaques informatiques et les menaces terroristes, et nous avons besoin d'outils pour le faire".

 

Le général Alexander a assuré qu'il y avait eu très peu d'attentats aux Etats-Unis depuis ceux du 11 septembre 2001, au regard de la croissance des menaces dans le monde. "Ce n'est pas un hasard, c'est dû à un gros travail", a-t-il souligné, en rappelant que plus de 50 menaces terroristes dans le monde avaient été contrecarrées grâce aux renseignements recueillis à l'aide des programmes de surveillance, qui ont été très critiqués par l'Allemagne et le Brésil.

 

Au sujet d'Edward Snowden, qu'il n'a pas nommé, il a affirmé : "Nous lui avons fait confiance et il a trahi notre confiance. Cela n'arrivera plus. Cela n'en fait pas un héros."

 

Lire notre infographie : "Plongée dans la "pieuvre" de la cybersurveillance de la NSA"

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 12:25
Dilma Rousseff dénonce vigoureusement les écoutes américaines

25/09/2013 45eNord.ca (AFP)

 

«Affront», «ingérence», «violation des droits de l’homme et des libertés»: la présidente du Brésil Dilma Rousseff a vigoureusement dénoncé mardi à l’ONU les programmes de surveillance électronique américains.

 

Mme Rousseff était la première à prendre la parole, pour la 68e assemblée générale de l’ONU, juste avant le président américain Barack Obama. Et elle n’a pas mâché ses mots, consacrant la première partie de son discours à ce sujet «très grave», qui l’a conduite la semaine dernière à repousser un voyage d’État prévu aux États-Unis fin octobre.

 

«L’argument selon lequel ces écoutes illégales visent à protéger les pays du terrorisme est intenable», a déclaré la présidente brésilienne à la tribune. «Une telle ingérence dans les affaires d’autres pays est une violation du droit international et un affront aux principes qui doivent guider nos relations», a-t-elle ajouté.

 

«Monsieur le président, le Brésil sait se défendre», a-t-elle lancé à l’adresse de Barack Obama. «Nous sommes un pays démocratique, entouré de pays démocratiques, pacifiques et respectueux du droit international. Nous avons vécu en paix avec nos voisins depuis plus de 140 ans», a-t-elle souligné.

 

La présidente brésilienne a demandé «des explications et des excuses» des autorités américaines, ainsi que «l’assurance que de telles pratiques ne se reproduiraient pas».

 

Mme Rousseff veut des excuses

 

Elle a affirmé que les programmes de surveillance — dévoilés par l’ex-consultant du renseignement américain Edward Snowden –avaient visé au Brésil des personnes «prises au hasard», des documents internes à des entreprises «souvent d’une grande valeur économique et même stratégique« et «des missions diplomatiques brésiliennes, dont celle de l’ONU». «Les communications de la présidence brésilienne elles-mêmes ont également été interceptées», s’est-elle indignée.

 

«On ne peut pas assurer la sécurité d’un pays en violant les droits fondamentaux d’autres pays», a encore déclaré Mme Rousseff.

 

Le président américain a brièvement défendu ce programme de surveillance électronique de l’Agence nationale de sécurité (NSA) dans son discours devant l’assemblée générale.

 

Il a assuré que les États-Unis avaient «commencé à revoir la manière dont [ils recueillent ] des renseignements de façon à trouver un équilibre entre les préoccupations légitimes de sécurité de nos citoyens et alliés et les inquiétudes sur le droit à la vie privée».

 

M. Obama avait téléphoné en personne la semaine dernière à Mme Rousseff, mais elle n’a pas fléchi sur sa décision de ne pas venir à Washington le 23 octobre.

 

La présidente brésilienne avait déjà directement évoqué la question avec son homologue américain en marge du sommet du G20 à Saint-Petersbourg début septembre. M. Obama s’était alors engagé à suivre personnellement le dossier et à lui fournir des explications.

 

Mais Brasilia a jugé insuffisantes les explications des Etats-Unis.

 

«Le gouvernement brésilien est sûr qu’une fois la question résolue de façon adéquate, la visite d’Etat se fera dans les plus brefs délais», a indiqué la présidence brésilienne la semaine dernière.

 

Selon le chaîne brésilienne TV Globo, la NSA a espionné les communications de Mme Rousseff, de ses proches collaborateurs et de millions de Brésiliens ainsi que la plus grande entreprise du Brésil, le géant pétrolier Petrobras.

 

Ces accusations ont déjà conduit à la suspension des négociations avec les États-Unis pour l’achat d’avions multi-rôles, un contrat de quatre milliards d’euros où la France (avec le Rafale) et la Suède sont en lice également, a indiqué à l’AFP une source gouvernementale brésilienne.

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 11:50
Affaire Prism : l’indiscrétion de la NSA ne devrait pas étonner les Européens

13 septembre 2013 par Roland Hureaux - libertepolitique.com

 

Comment certains Européens ont-ils pu s’étonner de la révélation du programme démentiel d’écoute généralisée des organisations et des personnes d’Europe occidentale, commission européenne comprise, révélée par le jeune Edward Snowden ? Ce programme n’a d’égal que l’écoute de citoyens américains eux-mêmes.

 

DECHANTERONT sans doute ceux qui gardent le souvenir sympathique des « boys » venus libérer l’Europe en 1944, des largesses du plan Marshall et de la grande démocratie sur laquelle s’appuyèrent durant quarante-cinq ans tous ceux qui, en Europe, craignaient à juste titre de tomber sous l’emprise du communisme totalitaire.

 

Mais depuis vingt-trois ans que le Rideau de fer est tombé, beaucoup se demandent ce qu’est devenue la démocratie américaine, où, au nom du Patriot Act de 2001, il est possible de détenir indéfiniment sans mandat de justice un citoyen américain, de fouiller son domicile et où le président peut même ordonner une exécution sans jugement pour des raisons de sécurité nationale.

 

Surtout, comment ne pas ressentir la mutation qui a eu lieu dans le rapport des États-Unis et leurs alliés depuis les années soixante-dix ? La rivalité mimétique avec la défunte Union soviétique, qui entraîna l’imitation de ses méthodes d’espionnage et de manipulation, l’esprit de système des think tanks imposant une rationalité aussi implacable que folle à la politique étrangère américaine, ont provoqué une défiance des États-Unis, vis-à-vis du reste du monde et singulièrement de leurs alliés, qui a progressivement donné une tournure nouvelle aux relations avec eux.

 

Ajoutons à cela la méfiance et l’irascibilité que donne aux vieux satrapes le sentiment de la toute-puissance.

 

La folle théorie de Brzezinski

 

Il suffit de lire l’ouvrage capital de Zbigniew Brzezinski, Le Grand Échiquier (1997) véritable bible de la pensée géostratégique américaine, pour voir les racines de la méfiance des États-Unis vis à vis de l’Europe ; la puissance américaine est, dit-il, menacée de se trouver isolée face à un bloc eurasiatique cohérent comprenant, non seulement la Russie et la Chine (c’est aujourd’hui fait avec le groupe de Shanghai) mais aussi l’Inde et l’Europe occidentale.

 

Tout l’avenir de la puissance américaine repose, selon cette théorie, sur le choix que fera l’Europe de l’Ouest : ou elle reste arrimée à l'Amérique et celle-ci continue d’être la superpuissance, ou elle bascule vers l’Eurasie et alors l’Amérique perd son hégémonie. Comme la menace communiste n’est plus là pour contraindre les Européens à suivre l’Amérique, la diplomatie américaine doit s’efforcer d’isoler l’Europe de l’Ouest du reste de l'Eurasie, à commencer par la Russie. Elle doit le faire avec d'autant plus de vigilance que la tendance naturelle de l’Europe de l'Ouest est désormais de se rapprocher de celle-ci, dont aucun intérêt majeur ne la sépare plus.

 

Le sentiment antirusse

 

Pour cela, les États-Unis ont sans doute utilisé tous les moyens d’exciter le sentiment antirusse en Europe occidentale par des agents d’influence nombreux et puissants, notamment dans les médias ; ils ont obtenu le resserrement des liens au sein de l’OTAN et surveillent étroitement le personnel politique ouest-européen pour favoriser les carrières des pro-américains et barrer les autres. L’Initiative de défense stratégique doit constituer un bloc compact Amérique du Nord–Europe de l’Ouest, isolant celle-ci de la Russie.

 

Dans le même état d’esprit, la rhétorique des think tanks nord-américains tend à laisser penser que la Russie n’a pas fondamentalement changé depuis la chute du communisme, qu’elle est toujours aussi menaçante et à entretenir la méfiance à son égard : sa volonté de contrôler la Géorgie est assimilée à un plan de conquête du monde !

 

Les géopoliticiens nord-américains ne cachent guère que le but de l’OTAN n’est plus la protection de ses membres mais leur surveillance afin de les maintenir dans le giron nord-américain.

 

Il se peut que l’exacerbation d’un confît comme celui de la Syrie, où les pays européens alignés sur Washington, à commencer par la France, creusent le fossé qui les sépare de Moscou, ait, entre autres, ce but.

 

Est-il utile de dire combien est folle cette théorie selon laquelle l’Eurasie aurait vocation à former un bloc concurrent de l’Amérique ou qu’un tropisme irrépressible attirerait l’Europe dans le giron asiatique si l’Amérique ne la soumettait à une surveillance étroite ? Comment imaginer, au vu de leur histoire millénaire, que l’Europe, la Russie, la Chine et l’Inde aient vocation à s‘unir en l’absence de danger commun ? N’est-ce pas, au contraire, l’attitude obsidionale et agressive des Etats-Unis qui rapproche Moscou et Pékin que tout devrait séparer ?

 

Mais pour folle qu’elle soit, la théorie de Breszinsky n’en inspire pas moins la politique américaine actuelle, que soient au pouvoir les républicains ou les démocrates.

 

C’est cette perspective qui explique que les Européens qui se croient les partenaires et les amis des Américains soient livrés à une surveillance étroite de la part de ceux-ci. Une surveillance dont Edward Snowden n’a sans doute révélé que la partie émergée.

 

L'inféodation européenne

 

La Commission européenne qui avait été conçue par Jean Monnet comme un auxiliaire du contrôle américain est soumise à un contrôle particulièrement étroit, sans doute au cas où elle voudrait s’émanciper, jouant vraiment le jeu de l’Europe-puissance à laquelle croyaient les pères fondateurs. Elle est également surveillée dans la mesure où ses décisions économiques sont susceptibles d’interférer avec les intérêts américains (par exemple dans les négociations agricoles).

 

Outre la dimension proprement économique, le projet d’accord transatlantique de libre-échange a sans doute, lui aussi, le but de renforcer l’inféodation ouest-européenne.

 

Autre motif de cette surveillance, plus ancien : la conviction développée outre-Atlantique – et largement relayée par les cercles européens sous influence, que, livrée à elle-même, l’Europe reviendra à ses démons nationalistes. Casser la colonne vertébrale des nations européennes, les transformer en larves doit ainsi servir en même temps la cause de l'Amérique et celle de la paix. Un raisonnement un peu court qui perd de vue que parmi les pays européens, un seul depuis 1870 a pris à plusieurs reprises l’initiative d’envahir ses voisins !

 

Enfermés dans ce carcan, rendu d’autant plus étroit depuis la réduction de la semi-dissidence française qui s’était exprimée, au nom de la souveraineté nationale, au temps du général de Gaulle, les Européens n’ont plus guère de marge de manœuvre.

 

Pas de riposte

 

Personne ne saurait être dupe par conséquent des mouvements d'indignation des gouvernements et de la Commission européenne. Le Européens ont, disent-ils, demandé des « explications » à Washington. L’expression, très bénigne, a été employée par François Hollande ; les Américains n’ont même pas pris la peine d’en donner. Et de toutes les façons, ce que les Européens, s’ils avaient encore un peu de dignité, auraient dû demander, c’était une vraie réforme de ces pratiques destructrices pour la démocratie. Rien ne la laisse espérer.

 

Les négociations en faveur du traité de libre-échange n’ont même pas été remises en cause, sous la pression de l’Allemagne qui, même si elle semble être la cible principale de la surveillance américaine, tient fort à ce traité dont elle seule sans doute en Europe tirera avantage.

 

Si les Européens étaient sérieux dans leur indignation, ils ne manqueraient pourtant pas de moyens d’agir.

 

Le premier serait de donner l’asile politique à l’auteur de ces révélations, Snowden dont les révélations nous sont profitables. Loin de cela, la France, l’Espagne, le Portugal et l’Italie ont scandaleusement bloqué l’avion du président de la Bolivie, de retour d’un voyage officiel à Moscou, de peur qu’il ne serve à exfiltrer le jeune homme.

 

Les Européens pourraient se réserver le droit d’arrêter et de juger selon les lois qui chez eux protègent la vie privée, tout responsable du programme Prism (et aussi du réseau Echelon) en transit sur le sol européen. Il est clair qu’ils n’oseront pas.

 

Riposte plus efficace, les ressources de l’Europe pourraient être mobilisés pour mettre peu à peu en place des concurrents européens aux plateformes Internet nord-américaines si prodigues de leurs données à l’égard des services d’espionnage de Washington. Un tel projet poserait sans doute des problèmes techniques, mais en prenant cette direction, notre pays adresserait au moins un avertissement aux Américains. Une telle entreprise serait-elle compatible avec les règles européennes de la concurrence ? On peut craindre que la réponse soit non : le commissaire qui s’aviserait de dire oui serait vite dénoncé par les « grandes oreilles » !

 

Est-ce à dire que les révélations de Snowden n’auront été qu’un coup d’épée dans l’eau ? Dans l’immédiat, on peut le craindre. À terme cependant, les opinions occidentales auront été sorties de leur naïveté. C’est particulièrement vrai de l’opinion allemande. Il est vain de compter sur la réaction de gouvernements tous plus ou moins sous influence, celui de François Hollande sans doute plus que d’autres, mais à terme, les opinions publiques pourraient remettre en cause un partenariat transatlantique devenu par trop unilatéral et qui, de toutes les façons, a largement perdu sa raison d’être depuis la fin du bloc communiste.

 

Curieusement, l’opinion anglaise que l’on croyait définitivement acquise au « partenariat transatlantique » n’est pas la dernière à se réveiller. Le vote historique du Parlement britannique du 29 août 2013 refusant que l’Angleterre s’associe à une attaque de la Syrie est un signe que quelque chose est en train de bouger de l’autre côté de la Manche.

 

Pour exonérer le grand frère américain, certains ont découvert que nos propres services étaient aussi indiscrets que les siens. Mais ont-ils les moyens pour exploiter des informations aussi volumineuses que celles qui transitent par l’Internet ? Sûrement pas. Et espionnent-ils les Américains, eux ? On en doute. La situation n’est donc pas comparable. De toutes, d’un côté comme de l’autre de l’Atlantique, les menaces sur les libertés demeurent.

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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 07:25
Espionnage du Brésil par les Etats-Unis : la crise est profonde entre Brasilia et Washington

18/09/2013 latribune.fr

 

La présidente brésilienne, Dilma Rousseff, a reporté sa visite d'Etat à Washington prévue le 23 octobre, Brasilia jugeant insuffisantes les explications des Etats-Unis au sujet de récentes révélations fournies par l'informaticien américain Edward Snowden sur des cas d'espionnage américain au Brésil.

 

La présidente brésilienne, Dilma Rousseff, a reporté sa visite d'Etat à Washington prévue le 23 octobre, Brasilia jugeant insuffisantes les explications des Etats-Unis au sujet de récentes révélations sur des cas d'espionnage américain au Brésil. "Tenant compte de la proximité de la visite d'Etat prévue à Washington - et en l'absence d'un éclaircissement satisfaisant des faits avec des explications à la hauteur et l'engagement de cesser les activités d'interception -, les conditions pour la tenue de cette visite à la date fixée au préalable ne sont pas réunies", a annoncé ce mardi dans un communiqué le service de presse de la présidence brésilienne.

 

Rappelant que le président américain, Barack Obama, avait téléphoné à Dilma Rousseff lundi soir pendant 20 minutes, le communiqué ne masque pas l'exaspération du gouvernement brésilien sur cette affaire d'espionnage des communications privées de la présidente et de ses proches collaborateurs par les services secrets américains. "Les pratiques illégales d'interception des communications et de données de citoyens, entreprises et membres du gouvernement brésilien constituent un fait grave, qui porte atteinte à la souveraineté nationale", souligne Brasilia, qui ne se satisfait pas des explications avancées par Washington depuis ces révélations.

 

Embarras des Etats-Unis

 

Le porte-parole de la présidence américaine, Jay Carney, qui a annoncé le premier ce report, a préféré expliquer qu'un tel déplacement "ne devrait pas être éclipsé par un seul dossier, quelles que soient son importance ou les difficultés qu'il présente". La tenue de la visite dépendait selon le Brésil des explications fournies par Washington sur ces révélations de médias brésiliens s'appuyant sur des documents de l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA) fournis par l'ex-informaticien américain Edward Snowden au journaliste américain du Guardian Glenn Greenwald, qui vit à Rio de Janeiro. "Le gouvernement brésilien est sûr qu'une fois la question résolue de façon adéquate, la visite d'Etat se fera dans les plus brefs délais", a indiqué Brasilia.

 

La chaîne de TV Globo a révélé au cours des dernières semaines que la NSA avait espionné les communications de Dilma Rousseff et de ses proches collaborateurs et de millions de Brésiliens ainsi que les données de la plus grande entreprise du Brésil, le géant pétrolier Petrobras. Après la révélation de cette affaire, Brasilia avait annoncé le report du voyage de l'équipe qui devait préparer la visite d'Etat de Dilma Rousseff aux Etats-Unis dans l'attente d'explications.

 

Une gifle à Obama

 

Barack Obama "comprend et déplore les préoccupations qu'ont causées au Brésil les révélations d'activités présumées d'espionnage des services secrets des Etats-Unis", a déclaré la Maison Blanche, visiblement soucieuse d'apaiser le différend diplomatique. Le président américain "s'est engagé à travailler avec la présidente Rousseff et son gouvernement à travers les voies diplomatiques pour surmonter cette source de tension dans la relation bilatérale", a-t-elle précisé, tout en prévenant que la révision promise des activités des services secrets américains "demanderait plusieurs mois".

 

Pour un analyste en politique internationale de Brasilia, David Fleischer, le report de la visite constitue une véritable "gifle" diplomatique pour Barack Obama, dont les arguments, avancés lors de ses entretiens avec Dilma Rousseff au G20 de Saint-Petersbourg puis au téléphone lundi, n'ont apparemment pas suffi. Mais selon David Fleischer, cette décision est davantage à mettre en rapport avec la baisse de la popularité de Dilma Rousseff au Brésil depuis la fronde sociale de juin et la perspective de la présidentielle d'octobre 2014. "Elle se montre comme une présidente ferme, elle a donné une gifle à Obama, le leader le plus puissant de la planète", explique David Fleischer. "Une attitude ferme (qui) suscite la sympathie de la population brésilienne", renchérit Tullo Vigevani, de l'Université de Sao Paulo.

 

Et maintenant ?

 

Le vice-président américain, Joe Biden, avait souligné lors d'une récente visite au Brésil que la visite de Dilma Rousseff marquerait "une nouvelle ère dans les relations" entre le Brésil et les Etats-Unis. Elle devait être la première visite d'Etat d'un président étranger cette année, un égard réservé aux partenaires les plus stratégiques de Washington. "Nous sommes au pire moment des relations bilatérales entre le Brésil et les Etats-Unis depuis 30 ans", a résumé Alberto Pfeiffer, spécialiste du Groupe d'analyse et de conjoncture internationale (Gacint) de l'Université de Sao Paulo.

 

"Ce voyage était appelé à sceller un rapprochement commercial entre le Brésil et les Etats-Unis qui étaient très éloignés au cours des neuf dernières années", a regretté de son côté le directeur de l'Association des exportateurs du Brésil (AEB), José Augusto de Castro.

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 19:55
La NSA a aussi espionné les Affaires étrangères françaises, Google et Swift

10/09/2013 par Gaëtan Barralon – 45eNord.ca

 

Le gouvernement américain a espionné les réseaux privés de communications du ministère français des Affaires étrangères, du système bancaire international Swift et de Google, outre la compagnie pétrolière brésilienne Petrobras, selon de nouveaux documents révélés par la télévision Globo du Brésil dimanche 8 septembre.

 

Ces nouveaux documents de l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA), fournis par l’informaticien américain Edward Snowden au journaliste américain Glenn Greenwald qui vit à Rio de Janeiro, montrent un powerpoint du programme Royal Net daté de mai 2012 destiné à l’entrainement point par point de nouveaux agents pour espionner les réseaux d’entreprises privées, des gouvernements et des institutions financières.

 

Lire l’article complet sur Le Nouvel Observateur >>

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 19:20
Affaire Snowden : comment la NSA déjoue le chiffrement des communications

06.09.2013 Le Monde.fr

 

Les désormais célèbres documents d'Edward Snowden, l'ancien consultant de l'Agence de sécurité nationale (NSA), viennent d'éclaircir une facette encore obscure du gigantesque système de surveillance des télécommunications mis en place par les renseignements américains et britanniques.

Des articles publiés jeudi 5 septembre par le Guardian britannique, le New York Times américain et le site d'information sans but lucratif Propublica révèlent que la NSA et son alliée britannique, le GHCQ (Government Communications Headquarters), ont développé toutes sortes de méthodes pour contourner ou déjouer les méthodes de chiffrement censées protéger la confidentialité des données circulant sur Internet.

Des techniques qui "compromettent largement les garanties avancées par les entreprises d'Internet sur la protection des informations de leurs utilisateurs", qu'il s'agisse de transactions bancaires, de communications personnelles ou d'informations médicales, écrit le Guardian.

 

UNE PERCÉE TECHNOLOGIQUE EXCEPTIONNELLE EN 2010

Les documents d'Edward Snowden révèlent que la NSA a mis en place depuis une dizaine d'années un programme baptisé "Bullrun", consacré à la lutte contre les techniques de chiffrement des communications, largement généralisées depuis 2010, qu'elle considère comme le plus grand obstacle à son "accès sans restriction au cyberespace". En témoigne la prière de ne pas publier ces informations adressée par le renseignement américain aux trois organes de presse, au risque que des "cibles étrangères" ne migrent vers de nouvelles formes de chiffrement qui seraient plus difficiles à contourner.

Le programme Bullrun aurait conduit en 2010 à une percée technologique exceptionnelle, qui aurait permis à la NSA de rendre "exploitables" de "vastes quantités" de données interceptées grâce à des écoutes de câbles Internet, ce que leurs propriétaires ont toujours démenti. Le GCHQ, avec un programme parallèle baptisé "Edgehill", aurait ainsi pu déchiffrer le trafic des "quatre grands" d'Internet : Hotmail, Google, Yahoo! et Facebook.

Des documents mentionnent également l'accès prochain, dès 2013, aux données d'un "opérateur majeur de télécommunications", ainsi que d'un "service de communications de pair à pair de premier plan", qui pourrait être Skype.

 

Lire nos explications : "Les câbles sous-marins, clé de voûte de la cybersurveillance"

 

LE CONTENU MÊME DES COMMUNICATIONS SERAIT COLLECTÉ

Selon le Guardian, l'agence américaine consacre 250 millions de dollars (190 millions d'euros) par an à travailler avec les entreprises technologiques pour "influencer secrètement" la conception de leurs produits. L'objectif : insérer dans les systèmes de chiffrement des vulnérabilités, ou "back doors", que la NSA pourra ensuite exploiter pour espionner les données.

L'agence influerait également sur la définition des standards mondiaux de chiffrement pour les détourner à son avantage, et utiliserait à l'occasion la "force brute" pour casser le chiffrement avec des superordinateurs, capables de tester toutes les clés de déchiffrage possibles grâce à des capacités de calcul gigantesques.

Si la cryptographie constitue "la base de la confiance en ligne", et de la structure même d'Internet, comme l'explique au Guardian Bruce Schneier, un spécialiste du domaine, la NSA considère les techniques de déchiffrement comme vitales pour mener à bien ses missions d'antiterrorisme et de renseignement extérieur. Des technologies réputées fiables, comme le HTTPS ou le SSL, qui protègent notamment les transactions en ligne, auraient ainsi cédé à l'effort américano-britannique. Mais comme le rappelait Edward Snowden en juin, certains systèmes de chiffrement plus solides résistent encore.

Avec ces révélations, il n'est donc plus question pour le complexe de renseignement américano-britannique de collecter les seules métadonnées (informations secondaires des communications, comme le nom du destinataire d'un courriel ou l'heure d'envoi), mais bien le contenu des communications, qu'on croyait jusqu'alors protégé par les systèmes de chiffrement.

Pour se défendre, la direction américaine du renseignement a rappelé que le décryptage des systèmes de chiffrement était la mission première de la NSA, et même le motif de sa création, en 1952. "Que la mission de la NSA soit de déchiffrer les communications cryptées n'est pas un secret [...]. Notre communauté du renseignement ne ferait pas son travail si nous ne tentions pas de contrer cela." L'agence avait pourtant jusqu'à présent assurer que ses programmes de cybersurveillance se limitaient pour l'essentiel à l'extraction des métadonnées, le contenu des messages lui demeurant inaccessible.

 

Voir l'infographie interactive : "Plongée dans la 'pieuvre' de la cybersurveillance de la NSA"

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 23:27
Des documents fournis par Snowden éclairent la traque de Ben Laden

29 août 2013 à 23h23 RTBF.be

 

    Des documents budgétaires des agences américaines de renseignement, fournis par Edward Snowden au Washington Post, ont jeté jeudi indirectement la lumière sur le rôle des satellites et des interceptions électroniques pour retrouver Oussama ben Laden en 2011.

 

    Pour la première fois, le détail du budget des 16 agences de renseignement américaines, surnommé le "budget noir" des Etats-Unis, a été rendu public par le quotidien, permettant de comprendre comment les ressources sont réparties au sein de l'immense communauté américaine du renseignement.

 

    Ces documents, dont certains sont publiés in extenso par le quotidien, "ne font que de brèves références à l'opération ben Laden", affirme le Post, mais ils illustrent le rôle des diverses agences de renseignement dans la traque de l'ancien chef d'al-Qaïda, tué lors d'une opération commando américaine contre sa résidence d'Abbottabad, au Pakistan, le 1er mai 2011.

 

    L'un des documents montre ainsi que les satellites espions du National Reconnaissance Office (NRO) ont effectué 387 "collectes" d'images haute-résolution et infrarouge du complexe dans lequel se terrait ben Laden dans le mois qui a précédé le raid. La résidence d'Abbottabad avait été identifiée à la suite de filatures d'un homme dont Washington pensait qu'il était un messager du chef d'al-Qaïda.

 

    Cette surveillance satellitaire a été "cruciale pour préparer la mission et a contribué à la décision de l'exécuter", affirme l'un des documents, cité par le quotidien.

 

    La NSA, l'agence chargée des interceptions téléphoniques et électroniques, avait de son côté mis en place un groupe spécialisé dans la mise au point et l'installation de logiciels espions sur les ordinateurs et téléphones portables de membres d'al-Qaïda soupçonnés de pouvoir renseigner les Etats-Unis sur le repaire de ben Laden.

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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 09:23
Ce que l'affaire Snowden révèle de la guerre économique : le décryptage de Bernard Carayon

24.07.2013 Bruno Racouchot - COMES COMMUNICATION
 

La montée en puissance de l'affaire Snowden début juillet n'aura surpris que ceux qui s'évertuent à nier la réalité des jeux de pouvoir à l'échelle planétaire. Oui, les Etats-Unis ont mis la planète sur écoute. Oui, ils surveillent leurs alliés, l'Europe au premier chef. Oui, leurs pôles d'intérêt dépassent de loin la guerre contre la drogue ou le terrorisme. Oui, ils se servent de leur puissance pour vaincre dans une guerre économique où tous les coups sont permis, pour faire gagner leurs entreprises. Mais cela n'est pas nouveau. Par angélisme ou par faiblesse, nous préférons ignorer ces réalités, résultat d'une combinaison subtile entre hard et soft power.

 

Dans l'entretien qu'il m'a accordé, Bernard Carayon dénonce notre aveuglement. Aujourd'hui avocat, maître de conférences à Sciences Po Paris et président de la Fondation Prometheus qui entend défendre les intérêts stratégiques des entreprises françaises, Bernard Carayon est connu pour avoir été un parlementaire extrêmement actif dans le domaine de l'intelligence économique. Depuis des années, il ne cesse de tirer le signal d'alarme. Finissons-en avec l'angélisme. Ouvrons les yeux. Soyons réalistes et déterminés. La France et l'Europe ont des atouts, nous pouvons gagner la bataille de la mondialisation. A condition toutefois de ne pas nous faire imposer les règles par d'autres et de bien maîtriser les techniques de l'influence.

 

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