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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 08:55
Les pales des ventilateurs de S1MA datent de la création de l’ONERA ! Elles seront  changées en 2017 - photo ONERA

Les pales des ventilateurs de S1MA datent de la création de l’ONERA ! Elles seront changées en 2017 - photo ONERA

 

21.12.2015 - ONERA

 

La Direction générale de l’aviation civile a accordé à l’ONERA deux avances remboursables d’un montant total de 4,450 M€ à des conditions très favorables pour d’importantes mises à niveau de ses principales souffleries.

 

Ces avances remboursables (taux zéro) sont indexées sur les revenus des souffleries concernées et ont fait l’objet de deux conventions.

 

La première convention finance l’opération NOVENS1MA qui consiste à remplacer les 22 pales des deux ventilateurs contra-rotatifs de la soufflerie S1MA (la très grande soufflerie sonique de Modane-Avrieux). Les nouvelles pales hybrides – acier + composite – sont en fabrication  depuis juillet 2015 et seront installées en 2017. Plus performantes et d’un rendement supérieur aux pales d’origine, elles supporteront mieux des essais poussés jusqu’à Mach 0,95 en veine (10 T d’air brassés à la seconde).

 

La deuxième convention finance  le projet MORPHO, pour un montant de 1,449 M€. MORPHO concerne  la refonte complète des systèmes d’information des souffleries. Ce projet est déjà bien avancé, la convention MORPHO de la DGAC financera le déploiement du nouveau système d’information dans  F1 (grande soufflerie pressurisée basse-vitesse  du Fauga-Mauzac) et S2MA (soufflerie transsonique et supersonique jusqu’à Mach 3,1 de Modane). L’architecture logicielle générique issue du projet MORPHO a déjà été définie avec le groupe AKKA Technologies grâce à un investissement ONERA, et testée dans la soufflerie F1.

 

La nouvelle informatique modifiera complètement les interactions des opérateurs avec le système et facilitera acquisition, traitement, transfert et stockage des données d’essais. Les systèmes de l’ONERA, quoique parfaitement opérationnels, avaient manqué quelques « révolutions informatiques » et n’étaient plus vraiment adaptés à l’exploitation automatique de récents types d’essais comme par exemple la PIV (vélocimétrie par imagerie de particules), la PSP (peinture sensible à la pression), ou le traitement des volumes de résultats très importants de l’aéroacoustique. La durée prévue de cette opération est de 30 mois et le démarrage est prévu en janvier 2016.

 

La salle des mesures de la soufflerie F1 s’apprête à rattraper plusieurs révolutions informatiques

La salle des mesures de la soufflerie F1 s’apprête à rattraper plusieurs révolutions informatiques

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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 17:55
Essais de trajectographie d’Exocet AM39 tiré depuis un Rafale dans la grande soufflerie S2MA de l’ONERA à Modane - photo ONERA

Essais de trajectographie d’Exocet AM39 tiré depuis un Rafale dans la grande soufflerie S2MA de l’ONERA à Modane - photo ONERA

 

02/11/2015 Par Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Le centre de recherche aérospatiale français manque de souffle pour financer des travaux pour renforcer les sols sous la plus grande soufflerie au monde (S1), qui menace de s’effondrer... prochainement.

 

Cinq millimètres. Si le sol s'affaisse de cinq millimètres de plus sous la soufflerie aéronautique S1 de l'ONERA de Modane (Savoie), la France perdra un de ces bijoux technologiques, qui fait envie au monde entier, y compris les États-Unis pour une fois à la remorque de la France. Cinq millimètres d'affaissement encore et la soufflerie S1, la plus puissante du monde, pourrait être au mieux inutilisable, au pire subir des dégâts irrémédiables. La France, acteur majeur de l'aéronautique civile et militaire mondiale, pourrait alors être rétrogradée en division 2. Ce scénario est aujourd'hui loin d'être une fiction. La situation est urgente et exige qu'une décision de financement soit prise d'ici à la fin de l'année.

Dans ce contexte, la députée Isabelle Bruneau vient de lancer un véritable SOS pour sauver cette pépite, qui est pourtant un objet de souveraineté nationale reconnu. "A plusieurs reprises l'attention de la tutelle (ministère de la Défense, ndlr), et plus largement des services officiels et des industriels de la filière aéronautique, a été attirée par l'ONERA sur cette situation, sans grand écho jusqu'à présent", écrit-elle dans son rapport sur le projet de loi de finances pour 2016, consacré à l'environnement et la prospective de la politique de défense.

Elle estime qu'il est "des plus urgents d'intervenir au risque soit de devoir engager à terme des sommes très importantes, soit de perdre un instrument essentiel à la préparation de l'avenir de la filière aéronautique civile et militaire".

Dans ce contexte compliqué, un conseil d'administration de l'ONERA, prévu le 5 novembre, pourrait être décisif sur le sort de la soufflerie S1 et au-delà sur le plan de soutien pour huit grandes souffleries (plan ATP) élaboré par la direction de l'Office national, dont le montant s'élève à 218 millions d'euros sur onze ans. Selon un communiqué conjoint de la CFDT, de FO et de la CFTC, 190 emplois sont directement menacés par la fermeture du centre de Modane-Avrieux. "Nous demandons la mise en place urgente d'un financement de 20 millions d'euros pour sauver la soufflerie S1MA et nos emplois", ont écrit le 20 octobre les trois syndicats.

 

20 millions d'euros de travaux

Pour sauver S1, ce monument national, dont la construction a commencé en 1946, Isabelle Bruneau rappelle que le montant de renforcement du sous-sol est estimé... à 20 millions d'euros (sur les 218 millions) avant une éventuelle catastrophe. 20 millions pour lancer des travaux dès le printemps 2016. C'est peu, très peu à l'échelle des travaux pharaoniques si le sous-sol s'affaissait à nouveau sous la soufflerie S1. Selon la députée PS de l'Indre, "l'affaissement du bâtiment impliquerait une remise en état estimée à 300 millions d'euros ; s'il venait à s'effondrer, sa valeur à reconstruction est estimée à 700 millions d'euros. Ces chiffres parlent d'eux-mêmes". Effectivement !

Par ailleurs, Isabelle Bruneau estime que "l'arrêt de la soufflerie S1, qui possède une configuration recherchée et indispensable à la défense, mettrait en péril économique l'ensemble du site". Car sans la soufflerie S1, le modèle économique du site de Modane (huit souffleries, dont six considérées comme stratégiques) s'effondrerait lui aussi. Ce qui serait catastrophique pour la défense, dont, certains essais en soufflerie, notamment sur des équipements de dissuasion nucléaire, ne peuvent pas se faire hors de France pour des raisons de souveraineté nationale.

 

Une subvention supplémentaire ?

Qui pourrait financer ces travaux ? L'ONERA, qui a déjà autofinancé 2 millions d'euros pour des travaux exploratoires et de premier renforcement ? "La réparation entraine une charge importante, qui ne peut être assumée dans le cadre de la subvention ONERA ou des recettes de celui-ci", avait estimé le délégué général pour l'armement, Laurent Collet-Billon lors d'une audition à l'Assemblée nationale début octobre.

Car le centre de recherche aérospatial va afficher un nouveau déficit estimé à 3,7 millions d'euros en dépit d'une subvention supplémentaire de 9 millions en 2015. L'ONERA avait déjà perdu 16 millions en 2014. Des déficits en grande partie dus à la forte baisse de la subvention versée par le ministère ces dernières années. Elle est passée de 123,9 millions en 2010 à 105 millions d'euros en 2015 et 96,4 millions en 2014. Du coup, l'État lui consacre une des subventions les plus faibles par chercheur, selon Isabelle Bruneau.

Seul le ministère de tutelle peut donc octroyer à l'ONERA une telle subvention. Mais la députée de l'Indre, "n'a pas senti de mobilisation sur ce sujet dont chacun semble penser in petto qu'il ressort uniquement de l'ONERA et de sa tutelle défense". Le 21 octobre dernier, interrogé par Isabelle Bruneau à l'Assemblée nationale sur les difficultés de la soufflerie S1, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a répondu qu'il était "très sensible au sort de l'ONERA, et notamment aux questions qui touchent à la soufflerie de Modane, dont je suis directement informé". Le 27 octobre, il s'est montré un peu plus précis en expliquant que "le ministère de la défense ne laissera pas tomber l'ONERA". A suivre donc...

 

Un affaissement de 45 millimètres

Avec l'aide d'une société experte dans le domaine des fondations spéciales et des travaux d'infrastructure, l'ONERA a établi que le sous-sol était dégradé sur une profondeur d'environ 50 mètres, a expliqué Isabelle Bruneau. L'écoulement des eaux en profondeur entraînant une érosion des sols, semble être la principale raison de cet affaissement, selon la préfecture de la Savoie. "Le gypse est particulièrement sensible aux circulations d'eaux qui peuvent y créer des cavités de dissolution, responsables d'affaissements ou d'effondrements jusqu'en surface", explique-t-elle dans la présentation de son plan de la prévention des risques naturels.

Ces mouvements consistent en un abaissement lent et continu du niveau du sol, sans rupture apparente de ce dernier. "Selon la nature exacte du phénomène - affaissement ou effondrement - , les dimensions et la position du bâtiment, ce dernier pourra subir un basculement ou un enfoncement pouvant entraîner sa ruine partielle ou totale", précise la préfecture de Savoie. Depuis juin 1995, les sols se sont effectivement affaissés de 45 millimètres, notamment avec deux accidents brutaux survenus en 2010 (affaissement d'une quinzaine de millimètres), puis à l'été 2015 (une quinzaine de millimètres également). Des fissures sont apparues dans la structure des souffleries.

 

A quoi servent les souffleries?

Capable d'atteindre la vitesse du son (Mach 1, soit 1.200 km/h), longue de 400 mètres, d'un diamètre de 24 mètres, d'un débit d'air maximum de 10 tonnes d'air par seconde et d'une puissance de près de 90 MW fournie par l'énergie hydraulique (soit un millième de la puissance totale d'EDF installée en France), la soufflerie S1 est sans équivalent dans le monde. Ses caractéristiques hors normes en font un moyen d'essai indispensable pour toutes les améliorations et/ou ruptures technologiques des futurs aéronefs (avions civils et militaires, drones de combat, lanceurs...). Elle a vu passer tous les grands programmes civils et militaires de l'aéronautique française comme l'A380, l'A350, ou encore le Mirage, le Rafale... et mondiale.

L'ONERA, qui est une référence mondiale dans les souffleries, a pour mission de développer, d'orienter, de coordonner et de promouvoir les recherches dans le domaine aérospatial.

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 07:55
Essais de trajectographie d’Exocet AM39 tiré depuis un Rafale dans la grande soufflerie S2MA de l’ONERA à Modane - photo ONERA

Essais de trajectographie d’Exocet AM39 tiré depuis un Rafale dans la grande soufflerie S2MA de l’ONERA à Modane - photo ONERA

 

05.10.2015 par ONERA

 

Les grandes souffleries, berceau de l’aéronautique française

L’ONERA possède le plus grand parc européen de souffleries de grandes dimensions.

S1MA, installée dans les Alpes, est la plus grande soufflerie sonique du monde : elle peut souffler un vent à presque Mach 1, soit la vitesse du son, ou encore près de 1200 km/h dans un conduit de 8 m de diamètre !

Tous les avions des gammes Airbus et Dassault Aviation sont passés par S1MA, notamment pour évaluer leurs performances en vol de croisière.
F1, sur la commune du Fauga près de Toulouse, a été conçue pour simuler le vol au décollage et à l’atterrissage. S2MA et S4MA sont notamment utilisées pour la simulation d’appareils militaires et des lanceurs, avec des écoulements d’air pouvant aller respectivement jusqu’à Mach 3 et Mach 12. Ces moyens hors normes sont bien sûr équipés d’instruments de mesure et de visualisation.

 

La mesure des efforts, une affaire de balances

La mesure « reine » de la soufflerie est la mesure des efforts : 6 composantes qui sont la portance, la traînée (ou résistance à l’avancement) capitale pour évaluer la performance en vol de croisière, la force latérale et trois moments (roulis, tangage, lacet) qui tendent à faire pivoter l’avion.
Ces mesures sont effectuées simultanément par les balances, instruments qui mesurent les efforts par déformation de jauges (extensométrie). L’ONERA en maîtrise conception, fabrication, étalonnage et elles sont parmi les plus performantes du monde. Ces balances participent pour une large part à l’excellence de la précision de mesure des essais réalisés dans les souffleries de l’ONERA.

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