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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 18:30
Syrie: l'armée resserre son étau autour des rebelles près de Homs

18.04.2013Romandie.com (ats)

L'armée syrienne a resserré jeudi son étau autour des rebelles dans la région stratégique de Homs, dans le centre de la Syrie, en s'emparant d'un village, selon une ONG. Le Koweït a décidé, lui, d'accorder une aide financière à l'ONU et au CICR en faveur des réfugiés.

Les troupes régulières concentrent depuis plusieurs jours leurs offensive sur Qousseir et les villages environnants pour tenter d'y étouffer la rébellion. Les violences en Syrie auraient fait 139 morts mercredi, dont une soixantaine de rebelles, 43 civils dont six enfants, et 36 soldats, selon un bilan établi par l'OSDH.

Mercredi soir, le président Bachar al-Assad s'est montré intransigeant, affirmant ne pas avoir "d'autres options que la victoire" face aux rebelles et que la fin de son régime signifiait la fin de la Syrie", pays ravagé par deux ans de conflit. Il a fait cette déclaration dans une interview accordée à la chaîne officielle syrienne Al-Ikhbariya.

Manne koweïtienne

De son côté, le Koweït a distribué jeudi à Genève des sommes d'un montant total de 300 millions de dollars (278 millions de francs) à neuf agences de l'ONU et au CICR pour financer l'aide aux réfugiés syriens et aux personnes déplacées à l'intérieur de la Syrie.

Le Koweit s'était engagé en janvier déjà à verser cet argent au cours d'une conférence des donateurs.

"Nous mettons nos actes en conformité avec nos paroles", a déclaré devant les journalistes l'ambassadeur koweïtien Dharar Abdul-Razzak Razzooqi. "Nous espérons que d'autres pays vont remplir les engagements souscrits à cette conférence", a-t-il poursuivi.

Environ 1,5 milliard de dollars avaient été promis par les participants à cette réunion, mais avant le don koweïtien seulement 30% de ce montant avait été versé. Les agences onusiennes multiplient les mises en garde sur leurs difficultés à financer une aide qui concerne de plus en plus de Syriens.

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 12:31
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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 22:19
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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 20:04
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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 12:26
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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 09:30

Europe Flag

 

19 février 2013 Par Perrine Mouterde - RFI

 

L'embargo européen sur les armes à destination de la Syrie est prolongé, mais assoupli. La décision a été adoptée lundi 18 février lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne à Bruxelles. Divisés sur la question de la livraison d'armes à l'opposition syrienne, les Vingt-Sept sont parvenus à s'entendre sur une option de compromis.

 

Les Européens devaient absolument s’entendre avant que le paquet de sanctions à l’encontre de la Syrie n’arrive à échéance à la fin du mois. Ils ont décidé, sans surprise et à l’unanimité des Vingt-Sept, de le reconduire pour trois mois.

 

Depuis mai 2001, l’Union européenne a adopté 19 trains de sanctions. Parmi ces mesures, l’interdiction d’importer du pétrole syrien, le gel des avoirs de certaines personnalités syriennes, ainsi que l’embargo sur les armes.

Les Etats membres ont actuellement l’interdiction d’exporter vers la Syrie non seulement des armes mais aussi tout équipement susceptible d’être utilisé à des fins de répression. Ils ont aussi l’obligation d’inspecter les navires et les avions qui pourraient transporter du matériel vers ce pays.

 

Pas de livraison d’armes aux rebelles syriens

 

Ce lundi, cet embargo a été amendé, l’Union européenne pouvant désormais fournir un soutien « non létal » plus important à l’opposition, en exportant du matériel non-offensif. Elle pourra aussi fournir une assistance technique pour la protection des civils.

 

Cet assouplissement de l’embargo ne satisfera pas pleinement l’opposition syrienne, qui réclame depuis des mois la livraison d’armes aux rebelles. Si l’embargo concerne aussi bien le régime que l’opposition, les forces de Bachar el-Assad recevraient encore de l’armement, notamment de la part de l’Iran et de la Russie. Ce week-end encore, les douanes finlandaises ont indiqué avoir mis la main sur un conteneur rempli de pièces détachées pour blindés qui semble avoir été envoyé de Moscou vers Damas.

 

Les rebelles bénéficieraient eux aussi de livraisons d’armes de pays étrangers, le Qatar ou l’Arabie Saoudite notamment, mais dans des proportions bien moindres. Surtout, ils restent largement sous-équipés face aux forces régulières et ne parviennent donc pas à empêcher les bombardements aériens du régime.

 

Des armes entre de « mauvaises mains » ?

 

S’ils sont sensibles à ces arguments, Européens et Américains redoutent de « militariser » encore davantage le conflit. Les Nations unies estiment que près de 70 000 personnes ont été tuées depuis le début de la crise. Alors, envoyer des armes supplémentaires en Syrie ne risque-t-il pas de rendre la situation encore plus meurtrière pour les civils ?

Autre préoccupation de poids pour les Occidentaux, celle de savoir entre quelles mains ces armes peuvent tomber. Bien que les groupes islamistes – comme le Front al-Nosra - qui se battent désormais sur le terrain ne représentent qu’une minorité des rebelles, leur présence inquiète les chancelleries européennes et américaine.

 

Cette crainte est accrue par le précédent libyen : après l’intervention française contre le régime de Mouammar Kadhafi, des stocks d’armes ont été disséminés dans la région du Sahel. Certaines d’entre elles se retrouvent aujourd’hui entre les mains des islamistes contre lesquelles la France se bat au Mali.

 

Des Européens divisés sur la question des armes

 

Au sein de l’Union européenne, la Grande-Bretagne est l’un des pays les plus favorables à l’armement de l’opposition syrienne. Le chef de la diplomatie britannique William Hague a répété à l’ouverture de la réunion à Bruxelles qu’il fallait fournir « davantage d’équipement » aux rebelles. Il espère d'ailleurs que l'Union européenne ira « plus loin » lorsqu'elle réexaminera le régime de sanctions dans trois mois.

 

Si Paris semblait, il y a encore quelques mois, sur la même ligne que Londres - le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius ayant proposé une levée de l'embargo sur les armes défensives en novembre -, cette position a évolué. Début février, le président François Hollande s'est prononcé contre une levée de l’embargo tant qu'il resterait la possibilité d'un dialogue politique.

 

Les pays nordiques étaient quant à eux opposés à un assouplissement de l’embargo, tout comme l’Autriche, l’Espagne, Chypre ou encore le Luxembourg. L’option retenue lundi à Bruxelles est donc bien une option de compromis, qui ne devrait pas avoir d’impact décisif sur la situation en Syrie. 

 


Bachar el-Assad sûr de sa victoire

 

« Nous avons la certitude gagner ». Ces propos auraient été tenus par Bachar el-Assad devant des hommes politiques libanais, selon le journal As-Safir.

 

La rhétorique est toujours la même : le président parle de lutte contre des groupes extrémistes, c'est ainsi qu'il nomme l'opposition, il évoque aussi un complot ourdi de l'étranger puisqu'il estime que les rebelles sont soutenus par l'Arabie Saoudite et le Qatar, notamment.

 

Le président syrien met enfin en avant les exploits militaires du régime. Or sur le terrain, la situation est loin d'être claire.

 

Les combats continueraient à Alep, particulièrement autour des aéroports. L'OSDH, une ONG proche de l'opposition, affirme que les rebelles se sont emparés lundi d'un barrage militaire menant à l'aéroport international. A Deraa, l'opposition armée serait également parvenue à détruire un barrage qui coupait une route allant vers la Jordanie.

Chaque partie revendique régulièrement la victoire, mais les informations restent difficiles à vérifier, en l'absence de journalistes sur le terrain

 

 

 
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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 20:43

Syria

 

31/10/2012 20minutes.fr (AFP)

 

La France devait tenter une nouvelle fois mercredi d'obtenir un assouplissement de la position russe sur la question syrienne, à l'occasion d'une rencontre à Paris des chefs de la diplomatie Laurent Fabius et Sergueï Lavrov, reçus en soirée par François Hollande.

 

Cette session, qui réunit parallèlement leurs collègues de la Défense, Jean-Yves Le Drian et Anatoli Serdioukov, qui verront aussi le président français, s'inscrit dans le cadre d'un Conseil annuel de coopération franco-russe sur la sécurité, créé il y a dix ans.

 

La coopération Otan-Russie en défense antimissiles, l'Iran, l'Afghanistan et le Mali figurent à l'ordre du jour mais la crise syrienne devrait dominer les discussions.

 

"Sur certains sujets, nos positions sont convergentes. C'est le cas du Mali, comme l'a montré l'adoption à l'unanimité de la résolution du Conseil de sécurité", a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay Philippe Lalliot. Cette résolution a donné jusqu'à fin novembre aux pays ouest-africains pour préciser leur plan d'intervention militaire pour reconquérir le Nord-Mali, contrôlé par des islamistes extrémistes.

 

"Sur d'autres sujets, a poursuivi M. Lalliot, nos positions divergent encore, je fais référence à la Syrie, bien sûr".

 

Les divergences portent notamment sur la participation du président Bachar al-Assad à un éventuel gouvernement de transition.

 

Un accord conclu à Genève le 30 juin entre les membres du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Chine, Russie, France et Grande-Bretagne) prévoit la création d'un organe de gouvernement transitoire dans lequel le régime syrien et l'opposition seraient représentés.

 

Mais les participants ont ensuite diversement interprété le texte, les Occidentaux excluant une participation de Bachar al-Assad, alors que la Russie et la Chine, alliées du président syrien, affirmaient qu'il revenait aux Syriens de déterminer leur avenir.

 

Syrie, sujet numéro un

 

Néanmoins, la diplomatie française considère que le document de Genève "est important parce que c'est le seul sur lequel les membres permanents du Conseil de sécurité sont tombés d'accord et parce que Lakhdar Brahimi (médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe) y attache une grande importance pour la suite".

 

Les nouvelles discussions à Paris ont lieu juste après l'échec de la trêve préconisée par M. Brahimi pendant la fête de l'Aïd al-Adha et au moment où les raids de l'aviation syrienne contre la rébellion se sont intensifiés.

 

En matière de coopération militaire franco-russe, la France, qui réduit ses dépenses militaires, pourrait profiter du choix stratégique de Moscou de moderniser ses équipements pour peser davantage sur la scène internationale.

 

Paris et Moscou ont signé début 2011 un accord portant sur la vente par la France de quatre porte-hélicoptères Mistral et selon les milieux militaires, les Russes seraient notamment intéressés par de nouveaux véhicules blindés français. Mais dans ce type de marchés où la concurrence internationale est redoutable, les discussions sont souvent longues et difficiles.

 

Sur le projet de défense antimissiles de l'Otan, que la Russie considère comme une menace pour sa sécurité, le président russe Vladimir Poutine, après une rencontre en juin avec François Hollande, a jugé que le dialogue "était possible avec la France et avec tous les autres pays de l'Alliance" atlantique.

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 07:05

Europe Flag

 

25.09.2012

 

Alep, Damas,... corps jonchant les rues, quartiers éventrés, bombardements aveugles,... Images et récits intolérables qui nous renvoient directement aux heures les plus sombres de Sarajevo et de Grozny. Urbanicides. Et rien ne semble bouger. Les Etats-Unis sont en campagne électorale. Quant aux Européens, quand bien même voudraient-ils intervenir, ils ne le pourraient tout simplement pas. Car, comme le souligne le général français Jean Fleury, "pour la Syrie, la chanson n'est pas la même (que pour la Libye). (...) Nous ne sommes pas en mesure de l'affronter."(1)

Cette impuissance européenne ne conditionne pas seulement la résolution future d'un conflit qui s'installe dans la durée. Elle a contribué à la transformation d'un conflit politique - avec, de longs mois durant, des manifestations pacifiques réprimées dans le sang - en un conflit militaire totalement asymétrique. La "démocratie Potemkine" russe a utilisé à plein cette absence américaine et cette impuissance européenne. Elle a, d'une main, bloqué toute initiative sérieuse des Nations Unies et, de l'autre, continué à fournir un soutien militaire massif à Bachar El Assad. Et Vladimir Poutine de pousser son avantage. Enjeux : un dernier allié en Méditerranée, une formidable machine à fabriquer du consensus intérieur sur le mode de la grandeur russe retrouvée et de la fermeté dans la lutte contre une opportune menace islamiste et, enfin, l'occasion de consolider un axe Moscou-Damas-Téhéran-Pékin.

L'Europe du "soft power" est nue. Elle attend novembre comme on attendrait Godot. En espérant qu'alors les Etats-Unis bougeront ou que les insurgés auront pris le dessus. On ne sait trop. Il reste qu'au-delà de la Syrie, l'Europe doit sortir de cette insoutenable impossibilité stratégique.

Petite lueur. Le Ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a décidé de lancer une réflexion approfondie sur la politique de défense et de sécurité de la France. Première étape : "établir un Livre blanc qui définira notre stratégie de défense, les nouvelles menaces, les missions des forces armées et les priorités que la France doit élaborer, seule ou avec d'autres." Et point qui mérite d'être souligné, non seulement "le Parlement et l'état-major seront associés" mais aussi "des experts et des partenaires européens." (2) Voilà qui laisser présager d'une conviction sans doute, d'une prise de conscience très certainement, des limites d'une réflexion qui resterait purement nationale et, par conséquent, de la nécessité d'ouvrir le débat à la dimension européenne de la sécurité et de la défense.

Nul besoin en effet de remonter à l'échec de la Communauté Européenne de Défense (CED) de 1954 ni aux réalisations en demi-teintes qui ont égrené l'agenda européen de sécurité et de défense au cours des dernières décennies pour considérer qu'il soit nécessaire de remettre l'ouvrage sur le métier. Si l'Eurocorps (3) n'est pas un échec en termes militaires, il l'est très certainement d'un point de vue politique. La force "européenne" d'intervention rapide de 60.000 hommes qu'il était censé incarner n'a jamais été réellement utilisée. En matière de coopération dans la conception et la fabrication d'armements, la cacophonie a plutôt été la règle (4). Léopard, Leclerc, Ariete et Challenger : rien moins que quatre chars d'assaut européens. Dans le secteur aéronautique, on peut blâmer (5) le F-35 américain (6) ou tirer toutes les leçons politiques et industrielles des programmes concurrents du Rafale et de l'Eurofighter. Ils ont largement contribué à empêcher la conception d'un avion européen de 5° génération (7). Quant à celui de 6° génération (Unmaned Aerial Vehicle), on ne sait trop si le contrat d'études signé par les ministres Le Drian et Hammond dans le cadre du traité de Lancaster House suffira à dissiper les doutes de ceux qui, "à Paris, (...) craignent que Londres renonce au drone armé du futur lancé en commun". (8) Sans oublier qu'en l'absence d'acteurs industriels tels que EADS, Finmeccanica (9), Saab, ... il est, à ce stade, difficile de qualifier ce programme d'"européen". A moins, bien sûr, que le récent projet de fusion entre Bae Systems et EADS ne se concrétise...

Les indépassables limites des armées nationales européennes

"Depuis la guerre du Golfe en 1991, nous savons qu'aucun pays européen n'est en mesure d'accomplir seul à longue distance une intervention d'envergure. Depuis la Libye, nous savons que le Royaume-Uni et la France, même ensemble, sont incapables d'accomplir, sans d'autres concours, une opération de moyenne intensité à proximité de leurs territoires. La démonstration faite en Libye montre que la coopération franco-britannique, aussi utile soit-elle, ne sauvera pas la cause d'une défense européenne sinistrée". (10) Le constat de Louis Gautier est sans appel. Il n'est pas le seul. Pour Jean-Pierre Maulny "plus que de l'OTAN, ce sont des moyens militaires américains dont nous avons eu besoin en Libye". (11) Pour Frédéric Lemaitre et Natalie Nougayrède "la guerre en Libye, vantée par Mme Clinton à Munich comme un exemple de bon travail d'équipe, avait en fait provoqué un choc psychologique violent : le Pentagone constatait avec effarement l'incapacité des Européens - y compris de la France et du Royaume-Uni - à "tenir la distance", en munitions, renseignement, et ravitaillement. Toutes ces lacunes avaient dû être compensées, dans l'urgence, par l'allié d'outre-Atlantique." (12)

Mais les limites des armées nationales mises en évidence par les expériences de la guerre du Golf (1991) et de l'opération libyenne ne sont pas les seules. En termes de projection de forces, une présence simultanée sur trois théâtres différents (Côte d'Ivoire, Afghanistan et Libye) a mis le dispositif français au point de rupture. Quant aux groupes aéronavals, important instrument de projection de forces, la France est aujourd'hui le seul pays de l'Union européenne à en être détenteur. A mi-temps cependant (13). Et l'on voit mal, vu l'état des finances publiques et les priorités du nouveau gouvernement français, comment le second porte-avions pourrait être inscrit dans la prochaine loi de programmation. Au Royaume-Uni, un porte-avions est en construction. L'avenir du second est plus incertain. Selon le professeur John Groom, il y a "de fortes raisons de penser que le second porte-avions, qui sera construit puisque les contrats sont signés, sera soit mis au rebut immédiatement, soit vendu à l'Inde". (14) Qui plus est, l'objectif - inscrit en filigrane dans le traité franco-britannique de Lancaster House, d'assurer l'interopérabilité des porte-avions britannique et français vient de faire long feu suite au choix opéré par le gouvernement Cameron en faveur de l'avion de chasse américain F35-B (15) incompatible avec le système à catapulte du porte-avions français.

Changement de paradigme géostratégique

Mais la question de la faiblesse stratégique des pays européens ne peut être lue à la seule lumière de la capacité (ou non) de mener des opérations de maintien ou de rétablissement de la paix. Elle s'insère au cœur des mouvements tectoniques qui travaillent le monde stratégique. Les Etats-Unis l'ont non seulement compris. Ils y répondent en déplaçant le centre de gravité de leur politique de sécurité de l'Atlantique vers le Pacifique et en demandant aux Européens d'assumer de plus grandes responsabilités. Ce à quoi ces derniers n'ont répondu jusqu'ici que par une nouvelle formulation du "dépenser moins et dépenser mieux" : la "défense intelligente". Simple "magie du verbe" pour le général belge Francis Briquemont qui rappelle que la production en commun d'équipements et d'armements par les pays de l'Otan "était déjà un objectif dans les années 70 et 80." (16)

Pour Louis Gautier "aucun grand projet de coopération militaire ou industrielle, aucune véritable avancée dans la mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune n'ont été enregistrés après 2008". (17) Difficile en effet de considérer comme tels les projets communs - aussi utiles soient-ils - de création d'hôpitaux de campagne, de coopération pour la formation des pilotes d'hélicoptères, d'avions de transport et d'appareils de combat ou de surveillance maritime récemment adoptés par l'UE.

Comme le résume Yves Boyer "aujourd'hui, la défense européenne est dans les limbes. (...) Comment alors à la fois travailler à ce qu'elle finisse par se faire jour et, par ailleurs, garder la possibilité d'agir avec les Américains dans le cadre de coalitions ? Tel est le double défi que les Européens ont à relever." (18)

(À suivre : Un autre chemin vers une politique européenne de sécurité)
 
  1. « Syrie : pas d'intervention ! Les forces françaises ne peuvent affronter Damas », Général Jean Fleury, Le Monde, 24 août 2012
  2.  
  3. M. Le Drian est hostile à une vision « uniquement comptable » de la défense, propos recueillis par Nathalie Guibert, Le Monde, 7 juin 2012
  4.  
  5. L'Eurocorps rassemble des forces de cinq pays de l'UE : Allemagne, Belgique, Espagne, France et Luxembourg.
  6.  
  7. A la notable exception du groupe MBDA, leader européen dans le secteur des missiles, filiale d'EADS, BAE Systems et Finmeccanica
  8.  
  9. « «''Avec le Joint Strike Fighter (F-35), les Américains peuvent tuer l'aviation de chasse européenne'' assure un gradé français », Nathalie Guibert, Le Monde, 12 mai 2012
  10.  
  11. Huit pays participent aux côtés des Etats-Unis au programme : l'Australie, le Canada, la Turquie, la Norvège et quatre pays membres de l'UE : le Royaume-Uni, l'Italie, les Pays-Bas et le Danemark
  12.  
  13. « L'avion américain F-35 sème la zizanie en Europe », Nathalie Guibert, le Monde, 12 mai 2012
  14.  
  15. Les Européens, tous pays confondus, semblent avoir déjà perdu la bataille pour l'avion de combat de la 5° génération, bataille remportée, sans combat, par le F-35 de l'américain Lockheed-Martin
  16.  
  17. 8° groupe mondial d'armements selon le classement SIPRI 2010
  18.  
  19. « Politique de défense : non au déclassement. Il faut relancer la coopération européenne », Louis Gautier, Le Monde, 17 mars 2012
  20.  
  21. « Les Européens doivent saisir les opportunités de cette nouvelle doctrine américaine », Jean-Pierre Maulny (IRIS), LeMonde.fr, 19 janvier 2012
  22.  
  23. « L'administration Obama tend la main à l'Europe, tout en regardant vers l'Asie », Frédéric Lemaître et Natalie Nougayrède, Le Monde, 8 février 2012
  24.  
  25. L'unique porte-avions français, le Charles de Gaulle, nécessite une immobilisation d'un an et demi tous les sept ans ainsi que des immobilisations de six mois pour entretien intermédiaire. Il est opérationnel à 57-60 % du temps alors que les porte-avions à propulsion classique le sont à 78%
  26.  
  27. « Le Royaume-Uni et l'Europe », Ajr Groom, in Commentaires, numéro 137, printemps 2012
  28.  
  29. Le F35-B est la version à décollage court et atterrissage vertical ; le F35-C est la version à décollage avec catapulte
  30.  
  31. « L'ère de la stratégie du verbe », Lieutenant-Général Francis Briquemont, La Libre Belgique, 20 juin 2012
  32.  
  33. « Politique de défense : non au déclassement. Il faut relancer la coopération européenne », Louis Gautier, Le Monde, 17 mars 2012
  34.  
  35. « L'Europe reste le principal partenaire des Etats-Unis mais doit affronter deux défis », Yves Boyer (FRS), LeMonde.fr, 19 janvier 2012
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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 07:50
Le chemin de Saint Petersbourg. L’Europe prie la Russie de jouer un rôle en Syrie

(crédit : Commission européenne)

 

Juin 5, 2012 Nicolas Gros-Verheyde (BRUXELLES2)

 

Près de St Petersbourg, lors du Sommet UE-Russie, Herman Van Rompuy en a profité pour dénoncer une situation en Syrie « épouvantable » et appeler le régime syrien à « cesser immédiatement toutes formes de violence et de donner son plein appui à la Mission des Nations Unies de surveillance (MisNus) ».

 

Evaluations divergentes

 

Cependant, lors des discussions avec les Russes, le président du Conseil européen n’a pu que reconnaître que l’Union européenne et la Russie avaient sur la situation en Syrie « des évaluations divergentes ». En fait, ils ne sont d’accord que sur un seul point : « le plan Annan dans son ensemble fournit la meilleure occasion de briser le cycle de la violence en Syrie, en évitant une guerre civile, et pour trouver une solution pacifique durable. ». Un point relativement faible au moment où le consensus semble se faire que la plan Annan a, pour l’instant, connu un certain échec, pour ne pas dire un échec certain. Tout l’effort des Européens reste d’essayer convaincre les Russes de faire pression sur leur allié syrien dans ce but. « Nous devons conjuguer nos efforts en vue de cela, et trouver des messages communs sur lesquels nous sommes d’accord. Nous avons besoin de travailler à un arrêt immédiat de toutes les formes de violence en Syrie, et vers un processus de transition politique » a précisé ainsi H. Van Rompuy.

 

Comment convaincre la Russie ?

 

Commentaire : Le problème est aujourd’hui de convaincre la Russie qui campe pour l’instant sur une position inflexible au Conseil de sécurité, soutient sans état d’âme son allié syrien, d’évoluer. Mais la notion de respect des droits de l’homme, d’arrêt des violences n’est sans doute pas vraiment pour percuter l’esprit du président russe qui n’a pas lésiné en Tchétchénie. Poutine souhaite redonner à son pays tout l’éclat et le poids sur la scène internationale qu’il estime perdu par des années d’affaiblissement (notamment sous la présidence d’Elstine). Et il semble plutôt concevoir les pays du monde selon une analyse classique, réaliste du découpage en zones d’influence : russe, américaine, chinoise, mixte… Le coup de force de l’OTAN au Kosovo, puis en Libye, ne sera pas répété en Syrie qui est un de ses alliés, qu’il inscrit dans sa zone d’influence, sur fond de contexte de guerre larvée entre chiites et sunnites, où la Russie a plutôt choisi le camp des premiers (Iran, Syrie, Hezbollah) contre les seconds. On pourrait se croire ainsi revenu aux meilleurs moments de la guerre froide. L’Europe n’est cependant pas dépourvue d’arguments : le président russe veut la libéralisation des visas, prépare son entrée dans l’Organisation mondiale du Commerce. Il doit conserver une certaine aura dans le camp arabe. Il aspire à une certaine légitimité. Encore faut-il être prêt au coup de force. Je ne suis pas sûr qu’une gentille aubade à St Petersbourg suffira à le faire changer d’avis…

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 18:15
Russia counting on Syria to keep arms exports high - report



01 February 2012 defenseWeb (Reuters)

Russia is counting on President Bashar al-Assad keeping his grip on power to see through potential arms contracts worth up to $6 billion (3 billion pounds) (3 billion pounds) and help Moscow reach a record defence export year, according to the CAST defence and security think-tank.

Russia has been Assad's main defender as Western and Arab countries push for a U.N. Security Council resolution which would call for him to step down.

A veto-wielding permanent member, Russia has already criticised the resolution saying it will lead to civil war, Reuters reports.

Having lost tens of billions of dollars in arms contracts with Libya after leader Muammar Gaddafi was ousted last year, Moscow is looking to Damascus to maintain a foothold, both politically and economically, in the region.

At stake for Russia, the world's no. 2 arms exporter, is billions of dollars in potential and current arms contracts with ally Syria, including deliveries on an order of 24 MiG-29M2 fighter jets signed in 2007.

Syria, where Russia maintains a naval base, is also the only ally Russia has left in the Middle East.

"(If Assad goes) Russia will lose everything," CAST Director Ruslan Pukhov said.

"Syria is one of Russia's top five clients. Russia already concluded with Syria contracts for $4 billion and has $2 billion more potential contracts on the way," Pukhov said.

Moscow-based CAST is Russia's most respected defence and security think-tank. Although it has good relations with the government it is independent.

Tests for the jet fighters began in December of last year, CAST said in a report obtained by Reuters before publication. Damascus was also likely to receive deliveries of Buk anti-aircraft missiles this year, it said.

Russia delivered a record $12 billion in weapons in 2011, CAST said in an annual report released before official data, boosted by sales to embattled Arab leaders and Asian countries eyeing China's rising military might.

Pukhov said while the funds are crucial for Russia's defence industry, which Putin built up during his 2000-08 presidency and lacks enough domestic orders to keep it profitable, they have little bearing on Russia's $1.85 trillion economy.

CAST said Damascus received eight percent of Russia's 2011 deliveries or nearly $960 million in jet fighter upgrades and anti-ship missile systems.

NO. 2 ARMS EXPORTER

Western U.N. envoys who support the plan calling for Assad's removal have already condemned arms sales to Damascus, where the United Nations says more than 5,000 civilians have been killed in a 10-month-old crackdown on opposition to Assad's rule.

In addition to upgrades and repairs to Syria's MiG-23 and MiG-29 fighter jets last year, it also received three different missile systems, including Bastion anti-ship missile units and another anti-aircraft missile system.

Foreign Minister Sergei Lavrov has said Moscow's arms exports to Syria need no explanation. While European Union and U.S. embargoes prevent selling arms with Assad's government, no international treaty with Russia is in place.

Russia has seen several years of record-breaking arms delivery growth, despite criticism that it is failing to deliver the technological benefits of Western suppliers or the low costs of emerging weapons exporter China.

Despite having signed $3.69 billion in new arms contracts in 2011, the total portfolio of Russia's arms exporting monopoly Rosoboronexport shrank to $35 billion from a size of $38.5 billion in 2010.

"We expect that results of 2012 will show that Russian export of arms will exceed the mark of $14 billion. Looking at the current portfolio...that level of export may be supported for at least another three years," the report said.

Rosoboronexport makes up around 80 percent of all arms exports in a given year, while nearly 20 independent firms make up the difference with sales of spare parts and upgrades.

Last year the top customer for Russian arms was India, whose arms ties extend to Soviet times and which received $2.5 billion worth of tanks and fighter jets as New Delhi ramps up its defences against China's growing martial might.

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