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9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 18:30
An-124 - photo Russia MoD

An-124 - photo Russia MoD

 

9 septembre 2015 45eNord.ca (AFP)

 

Au moins trois avions de transport militaire russes ont atterri en Syrie ces derniers jours, ont indiqué mardi des responsables américains à l’AFP alors que Washington s’inquiète d’un éventuel engagement militaire russe dans le pays.

 

Deux des avions sont des avions cargo géant Antonov 124 Condor, et le troisième est un avion de transport de passagers, selon ces sources.

Selon l’une d’elles, les avions ont atterri sur un aéroport de la région de Lattaquié (nord-ouest), un fief du régime du président Bachar Al-Assad.

Les Russes ont également installé à cet endroit des bâtiments provisoires, pouvant abriter « des centaines de personnes », et de l’équipement d’aéroport.

« Tout ceci suggère l’installation d’une base aérienne avancée », a poursuivi cette source, en précisant qu’elle n’avait « pas d’informations » sur la présence éventuelle d’armes russes sur place.

Le secrétaire d’État américain John Kerry a appelé samedi son homologue russe Sergueï Lavrov pour lui exprimer ses craintes d’un risque « d’escalade » du conflit, si Moscou s’engageait militairement aux côtés du régime de Bachar Al-Assad, selon le département d’État.

Le régime de Damas a démenti la présence de troupes ou d’activités militaires russes sur le sol syrien, après les inquiétudes américaines sur un éventuel engagement de Moscou dans le pays en guerre.

La Russie a indiqué lundi de son côté que « la partie russe n’avait jamais caché livrer des équipements militaires aux autorités syriennes pour lutter contre le terrorisme », mais n’a pas voulu donner de détails sur l’engagement de Moscou en faveur du régime de Damas.

La Bulgarie a annoncé avoir refusé à des avions militaires russes de traverser son espace aérien, soupçonnant qu’ils devaient transporter autre chose que l’aide humanitaire officiellement annoncée.

Les États-Unis ont par ailleurs demandé à la Grèce de refuser le transit d’avions militaires russes dans son espace aérien, selon Athènes.

 

Moscou réclame des explications

La diplomatie russe a réclamé dans la foulée des explications à Sofia et à Athènes.

 « Si quelqu’un, et dans ce cas il s’agit de nos partenaires grecs et bulgares, a des doutes, alors bien entendu il doit nous expliquer quel est le problème », a déclaré mardi soir le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov, cité par l’agence de presse russe Interfax.

 « S’il est avéré qu’ils prennent des mesures restrictives ou d’interdiction à la demande des Américains, alors cela soulève des questions sur leur droit souverain à prendre des décisions sur le passage par leur espace aérien d’avions d’autres pays, comme la Russie », a noté M. Bodganov.

Plus tôt, Vladimir Djabarov, vice-président de la commission des Affaires étrangères du Conseil de la Fédération de Russie (chambre haute du Parlement), s’en était pris à la Bulgarie.

 « Le fait que les Bulgares ont été les premiers à répondre (à la demande de Washington, ndlr), ils l’auront sur leur conscience », avait-il déclaré, cité par l’agence de presse officielle Tass.

Il a affirmé que la Russie n’envoyait en Syrie que des « chargements humanitaires », estimant qu’il n' »était pas rentable de transporter des armes par avion ».

 

Inquiétude de l’Otan

À Bruxelles, le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg s’est déclaré « inquiet des informations selon lesquelles la Russie pourrait avoir déployé du personnel militaire et des avions en Syrie », dans un échange de vues organisé mardi sur sa page Facebook, en réponse à une question de l’AFP.

Il a mis en garde contre tout soutien au régime de Bachar al-Assad, propre selon lui à provoquer une escalade du conflit.

La Bulgarie n’a pas précisé combien d’avions russes s’étaient vu interdire en fin de semaine dernière de passer par son espace aérien.

Côté grec, une source au ministère des Affaires étrangères avait déclaré lundi qu’Athènes avait reçu une demande des États-Unis en ce sens et étudiait actuellement cette requête.

Mardi soir, un porte-parole du gouvernement grec a précisé que la Russie avait envoyé une demande de survol il y a 25 jours.

« Le gouvernement a commencé à étudier cette demande, mais entretemps la Russie a décidé d’elle-même d’emprunter un autre itinéraire », a-t-il indiqué à l’AFP.

M. Djabarov a rappelé mardi que la majeure partie des avions russes en direction de la Syrie passaient par le Caucase et l’Iran.

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9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 17:30
photo EMA / Armée de l'Air

photo EMA / Armée de l'Air

 

09/09/2015 Sources : État-major des armées

 

Le 9 septembre 2015, une nouvelle mission de survol de la Syrie a été réalisée par un équipage d’Atlantique 2, en vue d’acquérir du renseignement sur le groupe terroriste Daech et renforcer la capacité d’appréciation autonome de la situation de la France.

 

Tous les capteurs embarqués dans l’avion de la Marine Nationale ont été utilisés pour cette mission : caméra infra-rouge jour et nuit, appareils photo à grosse focale et forte résolution et moyens de veille électronique et électromagnétique.

 

L’ATL2 peut accueillir un équipage allant jusqu'à 17 personnes qui se répartissent l'utilisation des moyens embarqués. Les différents opérateurs en guerre électronique, détecteurs acousticiens ou navigateurs aériens, contrôleurs avancés, mécaniciens de bord et interprétateurs photo travaillent ainsi pendant toute la mission sous les ordres du commandant de bord, pour récupérer, analyser et transmettre toutes les données reçues en imagerie (IMINT) ou en électromagnétique (ELINT).

 

 

Suite de l'article

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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 17:30
Vols vers la Syrie : Moscou demande à Athènes et Sofia de s'expliquer

 

08 septembre 2015 Romandie.com (AFP)

 

Moscou - La diplomatie russe a réclamé mardi des explications à la Bulgarie, qui a interdit le survol de son territoire à des avions russes en route pour la Syrie, et à la Grèce, qui a annoncé que les Etats-Unis lui avaient demandé de prendre la même décision.

 

Si quelqu'un, et dans ce cas précis il s'agit de nos partenaires grecs et bulgares, a des doutes, alors bien entendu il doit nous expliquer quel est le problème, a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov, cité par l'agence de presse russe Interfax.

 

La Bulgarie, pays membre de l'Otan, a déclaré mardi avoir refusé à un nombre non précisé d'avions russes de traverser son espace aérien à la fin de la semaine dernière.

 

Cette décision fait suite à des informations lundi selon lesquelles les Etats-Unis ont demandé à la Grèce, également membre de l'Otan, de ne pas autoriser les avions russes effectuant des livraisons en Syrie à survoler son territoire.

 

S'il est avéré qu'ils prennent des mesures restrictives ou d'interdiction à la demande des Américains, alors cela soulève des questions sur leur droit souverain à prendre des décisions sur le passage par leur espace aérien d'avions d'autres pays, comme la Russie, a noté M. Bodganov.

 

Si la Grèce n'a pas encore donné de réponse officielle, le ministère bulgare des Affaires étrangères a dit fonder son refus sur des informations dignes de confiance selon lesquelles le chargement déclaré n'était pas celui qu'il y avait en réalité.

 

Depuis plusieurs jours, les Américains notamment s'inquiètent d'une éventuelle augmentation de la présence russe en Syrie, sans que ces craintes ne soient étayées par des preuves définitives.

 

Samedi, le secrétaire d'Etat américain John Kerry avait appelé son homologue russe Sergueï Lavrov pour lui faire part de l'inquiétude des Etats-Unis quant à un éventuel engagement militaire de Moscou en Syrie.

 

Pour sa part, la Russie se borne à répéter qu'elle fournit depuis longtemps des armes au régime du président syrien Bachar al-Assad.

 

Mardi, Mikhaïl Bogdanov a rappelé que des experts et des instructeurs russes formaient en effet des soldats de l'armée syrienne.

 

Par ailleurs, la Russie n'a pas prévu de changer quoique ce soit en ce qui concerne sa seule base en Syrie, celle située à Tartous, ville côtière et deuxième port de ce pays, a ajouté M. Bogdanov.

 

Les conditions de fonctionnement de cette base et ses objectifs sont depuis longtemps connus et je n'y vois aucun problème, a affirmé le vice-ministre.

 

Cette base logistique se trouve à Tartous depuis déjà plusieurs décennies et il n'y pas de questions à se poser, et personne n'en posera, a-t-il martelé.

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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 15:32
photo EMA / Armée de l'Air

photo EMA / Armée de l'Air

 

08.09.2015 Par Nathalie Guibert - lemonde.fr

 

Deux avions Rafale équipés d’appareils photo et vidéo ont effectué mardi 8 septembre un premier vol de reconnaissance au-dessus de la Syrie, a annoncé le ministre des affaires étrangères français, Laurent Fabius, conformément aux annonces de François Hollande dans sa conférence de presse de rentrée, lundi. Un avion C-135 ravitailleur français a également participé à cette mission afin de fournir du carburant aux avions.

 

Alors que d’autres vols de reconnaissance sont prévus pour les prochains jours, le président français a annoncé lundi que, dans un second temps, « selon les informations recueillies, le renseignement collecté, nous serons prêts à faire des frappes » contre l’Etat islamique (EI). Le chef de l’Etat a avancé la légitime défense pour expliquer ce virage de la stratégie française, qui avait refusé jusqu’à présent de procéder à des bombardements en Syrie :

 

« C’est depuis la Syrie que sont organisées les attaques contre plusieurs pays, notamment le nôtre. »

 

Seront visés les centres de commandement, les camps d’entraînement et la logistique de l’organisation terroriste ; ce que les militaires nomment les « centres de gravité » de l’adversaire. Selon la défense, il ne s’agira pas d’une « campagne de frappes massive », mais de coups ciblés. En dévoilant ces orientations, M. Hollande a rejeté toute intervention au sol. Ecartée depuis le début de la guerre par les puissances occidentales parties prenantes du conflit, elle forme un projet « inconséquent et irréaliste », a tranché le président à l’adresse des personnalités de la droite française qui la réclament.

 

Lire aussi : François Hollande ouvre la voie à des bombardements en Syrie contre l’Etat islamique

 

La décision présidentielle revient à étendre l’opération « Chammal », menée depuis un an en Irak, en intégrant davantage la coalition dirigée par les Etats-Unis. Les Rafale basés aux Emirats arabes unis vont mener ces premières missions, les Mirage 2000 stationnés en Jordanie étant certes plus proches, mais réservés à l’attaque. Il n’est pas annoncé pour l’heure de moyens supplémentaires, dont l’armée de l’air, déjà engagée au maximum de ses capacités en France et à l’étranger, serait bien en peine de disposer. Quelque 800 militaires sont ainsi déployés pour Chammal, dans les opérations aériennes et les missions de conseil de l’armée irakienne et des peshmergas (combattants kurdes). Une soixantaine de spécialistes sont incorporés dans les états-majors de la coalition, à Tempa (Floride), au Koweït, à Bagdad, et surtout au quartier général des opérations aériennes d’Al-Udeid, au Qatar. En Irak, la France a mené quelque 200 raids aériens, soit 5 % du total, depuis septembre 2014.

 

«  Autonomie de décision et d’action »

 

« En Syrie, nous voulons connaître ce qui se prépare contre nous. » M. Hollande a admis que la participation actuelle de la France à la coalition internationale ne lui permettait pas de disposer du renseignement nécessaire. C’est pour ­conserver la sacro-sainte « autonomie de décision et d’action » française et, demain, espérer peser dans le règlement de la crise syrienne, que Paris veut s’investir davantage en Syrie. Le premier objectif des opérations de reconnaissance sera de mettre à jour la cartographie du conflit syrien, que Paris avait réalisée entre 2012 et 2013 avec ses alliés américains et britanniques quand il s’agissait de préparer des frappes contre les armes chimiques de Bachar Al-Assad. Puis il s’agira de pouvoir discuter des cibles, dans les « boîtes » et les « corridors » aériens attribués aux avions de chasse français par l’état-major de la coalition.

 

Le président français a affirmé qu’il faisait « des choix ». Dans ce volet militaire, le choix consiste à toucher un ennemi prioritaire quand, hier, Paris en visait deux sans discrimination, le groupe djihadiste et le régime syrien : en se joignant à la campagne contre l’EI dans le ciel souverain de la Syrie, M. Hollande s’inscrit ainsi dans une coordination de fait scellée entre les forces américaines et celles de Damas. Pour que les Rafale puissent voler, il faut qu’un accord avec M. Assad – armé par la Russie – garantisse que ses très performants missiles sol-air ne tirent pas, ou, solution alternative, que les Etats-Unis ouvrent chacune des missions françaises avec des systèmes de brouillage dont ne disposent pas les Français. Les MiG syriens ne seront pas des cibles s’ils ne menacent pas les appareils de la coalition. En clair, chacun devra éviter la confrontation s’il veut marquer des points face à l’EI.

 

Lire le point de vue : « Une opération terrestre s’impose au Moyen-Orient »

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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 14:30
photo EMA / Armée de l'Air

photo EMA / Armée de l'Air

 

08/09/2015 Sources : État-major des armées

 

Les premiers vols de reconnaissance au-dessus de la Syrie ont débuté le 8 septembre 2015.

 

C’est une patrouille de Rafale qui a décollé depuis son terrain de stationnement dans le golfe arabo-persique pour effectuer la première mission « ISR » au-dessus du territoire syrien. La mission du 8 septembre a duré plus de 6h30 ce qui a été rendu possible grâce au concours d’un avion ravitailleur C 135. Avec leurs pods "RECO NG" accrochés sous l'appareil et permettant la prise de vue à grande vitesse de jour comme de nuit et la surveillance vidéo, les Rafale ont pu acquérir du renseignement sur le groupe terroriste Daech et renforcer la capacité d’appréciation autonome de la situation de la France. Ces missions aériennes sont réalisées dans le cadre de l’opération de la coalition contre DAECH qui mène la mission Inherent Resolve. Elles viennent en complément des vols de l'opération française Chammal sur l'Irak. A l’instar des vols conduits en Irak, les vols français sont intégrés dans l'Air Task Order, le plan de vol de tous les avions de la coalition, élaboré au CAOC (1) d'Al Udeid au Qatar, où sont déployés des militaires français de l'opération Chammal.

 

Suite de l’article

 

(1) CAOC : Combined Air Operation Centre, centre interalliés des opérations aériennes

photo EMA / Armée de l'Air
photo EMA / Armée de l'Airphoto EMA / Armée de l'Airphoto EMA / Armée de l'Air

photo EMA / Armée de l'Air

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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 16:30
Syrie: l'EI s'empare d'une partie d'un champ pétrolier

 

07 septembre 2015 Romandie.com (AFP)

 

Beyrouth - Le groupe jihadiste Etat islamique (EI) s'est emparé d'une vaste partie du champ pétrolier de Jazal, l'un des derniers aux mains du régime, générant un arrêt de la production, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme lundi.

 

L'EI a pris des pans du champ - situé à une vingtaine de km au nord-ouest de Palmyre - mais le régime l'empêche toujours de se saisir du reste, a dit à l'AFP Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'OSDH.

 

L'avancée des jihadistes dans ce champ - qu'ils avaient déjà pris et perdu en juin - a entraîné l'arrêt de la production, les employés s'enfuyant à mesure que les combats se rapprochaient, selon lui.

 

L'EI a affirmé dans un communiqué sur Twitter avoir libéré la ville de Jazal, une information confirmée par l'OSDH.

 

Le champ produisait avant la guerre environ 2.500 barils par jour (bpj), et était le dernier grand champ de Syrie encore aux mains du régime, selon M. Abdel Rahmane.

 

La production de pétrole en Syrie a plongé depuis le début de la guerre, en mars 2011. Fin 2014, elle avait chuté à 9.329 bpj contre 380.000 avant le conflit.

 

L'EI a saisi un grand nombre de champs pétroliers, notamment dans la province orientale de Deir Ezzor.

 

Le régime a cependant accès au brut pompé par les forces kurdes qui contrôlent le grand champ de Rmeilan au nord-est et y raffinent du brut.

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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 13:30
photo EMA / Armée de l'Air

photo EMA / Armée de l'Air

 

7 septembre 2015 Romandie.com (AFP)

 

Paris - Des vols de reconnaissance seront menés à partir de mardi au-dessus de la Syrie pour y mener des frappes contre l'organisation Etat islamique, a annoncé lundi le président français François Hollande, qui a exclu toute opération au sol dans ce pays.

 

J'ai demandé au ministre de la Défense que dès demain puissent être menés des vols de reconnaissance au-dessus de la Syrie. Ils permettront d'envisager des frappes contre Daech, en préservant notre autonomie d'action et de décision, a déclaré M. Hollande au cours d'une conférence de presse.

 

Aujourd'hui en Syrie, ce que nous voulons, c'est connaître, savoir ce qui se prépare contre nous et ce qui se fait contre la population syrienne.

 

(...) C'est la condition pour que nous puissions disposer de la capacité d'intervenir sous cette forme, et puis ensuite, selon les informations que nous recueillerons, les renseignements que nous aurons collectés, la reconnaissance que nous aurons pu faire, nous serons prêts à faire des frappes, a précisé le chef de l'Etat français.

 

Dans le cadre d'une coalition internationale menée par les Etats-Unis, les Mirage 2000 et les Rafale de l'aviation française bombardent déjà les positions de Daech en Irak. La France avait jusqu'à présent refusé de faire de même en Syrie dans les région contrôlées par l'EI.

 

Il serait inconséquent et irréaliste d'envoyer des troupes françaises en Syrie au sol, a par ailleurs souligné M. Hollande.

 

Irréaliste parce que nous serions les seuls, inconséquent parce que ce serait transformer une opération en force d'occupation. Donc nous ne ferons pas d'intervention au sol, pas plus d'ailleurs que nous n'en faisons en Irak, a-t-il déclaré.

 

En Irak, c'est aux Irakiens de mener ces opérations, et en Syrie c'est aux Syriens qui sont dans la rébellion, c'est aussi aux pays voisins, aux forces régionales, de prendre leurs responsabilités, a poursuivi le président français.

 

La France travaille pour que des solutions politiques soient trouvées car l'issue, elle est politique en Syrie, a estimé M. Hollande.

 

Et donc nous considérons que nous devons parler avec tous les pays qui peuvent favoriser cette issue et cette transition, a-t-il jugé, ajoutant: Je pense aux pays du Golfe, je pense aussi à la Russie, à l'Iran en plus de pays qui sont d'ores et déjà membres de la coalition.

 

En Syrie, rien ne doit être fait qui puisse consolider ou maintenir Bachar al-Assad. Le départ de Bachar al-Assad est à un moment ou un autre posé dans la transition, a-t-il réaffirmé.

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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 07:30
Syrie: «La France doit aider Assad à combattre Daech»

 

06/09/2015 Par Judith Duportail – LeFigaro.fr

 

Pour le général Jean-Bernard Pinatel, la France ne doit pas intervenir au sol en Syrie mais devrait aider financièrement et logistiquement l'Iran, l'Irak et l'armée d'Assad pour combattre au mieux Daech.

 

Le Figaro. - Selon Le Monde, François Hollande réfléchirait à frapper Daech en Syrie, et selon un sondage Odoxa pour Le Parisien, 61% des Français sont favorable à une intervention de nos troupes au sol. La France doit-elle intervenir militairement en Syrie?

 

Jean-Bernard Pinatel* - La France ne doit pas intervenir au sol en Syrie. Nous devons en revanche fournir un appui logistique, technique et financier à ceux qui combattent déjà Daech sur le terrain, comme le font les Russes. Il faut aider les trois pays en première ligne: l'armée syrienne loyaliste, l'Iran et l'Irak. Oui, il s'agit de dictateurs ou de milices mais ils représentent un moindre mal par rapport au mal absolu qu'incarne Daech. D'ailleurs, en laissant entendre qu'il veut combattre Daech en Syrie, c'est le revirement politique auquel Hollande s'est résolu.

Jusqu'alors la France avait choisi de déstabiliser Assad tout en combattant Daech via des frappes aériennes en Irak. Or on ne peut pas jouer sur ces deux tableaux. Il est temps d'abandonner le rêve du Printemps arabe, le rêve d'imposer la démocratie par les armes en faisant tomber Assad. Il doit être notre ami provisoire car il est aussi l'ennemi de notre ennemi absolu. Sur le terrain, les militaires connaissent leur travail. La France doit aider les Etats syriens et irakiens en leur fournissant les systèmes d'armes, le renseignement, la logistique et la formation dont ils ont besoin. Il faut également améliorer l'efficacité des frappes aèriennes en envoyant en première ligne des forces spéciales pour guider les tirs et éviter autant que faire se peut de tuer les civils dont Daech se sert comme bouclier. Evidemment cette action doit être coordonnée avec tous les acteurs intervenant sur ce théatre d'opérations y compris l'Iran et la Russie. De plus, il faut empêcher Daech de renouveler ses ressources.

 

Suite de l'entretien

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13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 12:30
Credits ISW

Credits ISW


Aug 13, 2015 - by ISW

 

Since the publication of ISW's last ISIS Sanctuary Map on June 19, 2015, ISIS has escalated attacks to fix opponents in order to protect its core terrain in Iraq and Syria. ISIS launched a failed offensive on Hasaka City to divert Syrian Kurdish forces after the Kurds seized terrain north of ISIS's stronghold of Raqqa. ISIS also escalated attacks against Syrian rebels north of Aleppo, likely in order to disrupt potential efforts by Turkey to establish an "ISIS-free" zone in the area. In Iraq, the Iraqi Security forces and Shi'a militias experienced limited success between Ramadi and Fallujah, as part of an operation to clear ISIS from Anbar announced on July 13. ISIS is now attempting to draw Shia forces away from Anbar by launching spectacular attacks in Baghdad and Diyala. This map features an updated representation of ISIS's control of populated areas along the northern Baghdad-Mosul highway and near Hawija, which has remained constant since June 2014. 

 

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 10:30
Des preuves que les Turcs ont pactisé avec l’EI découvertes lors d’un raid américain en Syrie

 

30 juillet 2015 par Jacques N. Godbout - 45e Nord.ca

 

Des preuves que les fonctionnaires turcs transigeaient directement avec des membres du groupe armé État islamique (EI) auraient été découvertes lors du raid américain en mai derniersur le complexe qui abritait le «directeur financier» du groupe ultra-radical, rapporte le quotidien britannique de référence The Guardian sous la plume de Martin Chulov.

 

Le responsable de l’EI en question, Abbou Sayyaf, était chargé de diriger les opérations pétrolières et gazières du groupe en Syrie. les experts estiment que le groupe djihadiste gagne jusqu’à 10 millions $ US par mois en vendant du pétrole sur les marchés noirs.

Washington avait alors déclaré qu’Abbou Sayyaf était un haut responsable du groupe djihadiste, qui a déclaré un califat à cheval sur l’Irak et la Syrie, et « a joué un rôle capital dans la supervision des opérations illicites de l’EI dans le pétrole et le gaz, une source clé de revenus qui permet à l’organisation terroriste de poursuivre ses tactiques brutales et d’oppresser des milliers de civils innocents ».

Cette opération au sol, la première revendiquée explicitement par les États-Unis contre l’EI pour capturer un de ses responsables, avait été menée à Al-Omar, l’un des plus grands champs pétroliers de la Syrie, qui se trouve actuellement sous le contrôle de l’État islamique.

Des documents et des clés USB saisis lors du raid auraient révélé des liens « très clairs » et « indéniables » entre la Turquie et l’EI « qui pourraient finir par avoir des implications politiques profondes sur la relation entre nous et Ankara », aurait déclaré un responsable américain, rapporte l’article du Guardian.

Membre de l’OTAN, la Turquie a longtemps été accusée par les experts, les Kurdes, et même le vice-président américain Joe Biden de fermer les yeux sur les vastes réseaux de contrebande d’armes et de combattants qui faisaient transiter matériel et personnel par le territoire turc.

Mais la donne a totalement changé depuis l’attentat du 20 juillet à Suruç, à proximité de la frontière syrienne, qui a fait 32 morts parmi de jeunes militants de la cause kurde.

L’attaque a été attribuée aux djihadistes de l’EI, mais elle a entraîné une réplique immédiate du PKK contre les autorités turques, accusées d’avoir longtemps fermé les yeux ou même encouragé les activités des djihadistes.

Cet attentat a conduit l’armée turque à bombarder pour la première fois des positions de l’EI en Syrie, un engagement vivement salué par les États-Unis qui mènent la coalition internationale antijihadiste.

Aux prises avec le monstre du terrorisme djihadiste après l’avoir vraisemblablement elle-même nourri ou sentant la soupe chaude après la découverte de preuves de son implication dans le trafic pétrolier du groupe djihadiste honni, toujours est-il que la Turquie, après s’être finalement rangée résolument du côté de la coalition anti-djihadiste menée par les Américains, multiplie maintenant les frappes aériennes et a enfin autorisé les avions de la coalition à utiliser ses bases.

Bénéfice non négligeable, avec la bénédiction de la communauté internationale, les Turcs tentent de faire d’une pierre deux coups, s’attaquent aussi aux positions de rebelles kurdes du PKK dans le nord de la Syrie, au risque d’indisposer et même d,écorcher au passage, les Kurdes syriens et irakiens, les alliées les plus efficaces de la coalition dans la lutte à l’EI.

Les opérations militaires menées par la Turquie en Syrie et en Irak ne visent pas les Kurdes de Syrie, a cependant assuré lundi un responsable turc, après des informations faisant état d’un bombardement de chars turcs sur un village tenus par les milices kurdes syriennes.

Cette impression désagréable que les Turcsont joué, jouent et joueront toujours un double jeu en laisse toutefois plusieurs méfiants. Pour reprendre les mots du président français François Hollande, il importe maintenant pour les Turcs de « ne pas se tromper de cible ».

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 12:30
Incirlik US Air Force Base - Turkey photo USAF

Incirlik US Air Force Base - Turkey photo USAF


29.07.2015 45e Nord.ca (AFP)
 

Alors que le Parlement turc se réunit en session d’urgence dans un climat de guerre pour débattre de la « guerre contre le terrorisme »,lLes autorités turques ont donné aux Américains le feu vert effectif à l’utilisation de la base aérienne d’Incirlik (sud) afin de mener des frappes en Syrie contre les combattants du groupe Etat islamique, a-t-on appris mercredi de source officielle turque.

 

Le décret gouvernemental « a été signé » et les Américains peuvent désormais se servir « à tout moment » de la base d’Incirlik dans le cadre de la coalition internationale antijihadiste, a déclaré à l’AFP une source du ministère des Affaires étrangères, quelques jours après l’approbation de principe d’Ankara.

Cet accord, qui a fait l’objet de longues tractations préalables, était ardemment souhaité par Washington, la base d’Incirlik occupant une position clé pour rapprocher les F-16 américains de leurs cibles jihadistes. Les avions de l’US Air force doivent actuellement décoller de bases plus éloignées, par exemple en Jordanie ou au Koweit.

Membre de l’Otan, la Turquie avait jusqu’à récemment refusé de participer aux opérations de la coalition contre l’EI, de peur de favoriser l’action des Kurdes de Syrie combattant sur le terrain les jihadistes à proximité de sa frontière.

Mais l’attentat survenu le 20 juillet à Suruç (sud), qui a fait 32 morts et attribué à l’EI, a changé la donne et contraint Ankara à effectuer un tournant stratégique.

 

Session d’urgence du Parlement dans un climat de guerre exacerbé par le pouvoir

Par ailleurs, le Parlement turc se réunissait mercredi en urgence pour débattre de la « guerre contre le terrorisme » engagée par le gouvernement de façon simultanée contre le groupe Etat islamique (EI) et les rebelles kurdes, qui suscite la suspicion de l’opposition sur les visées du président Recep Tayyip Erdogan.

Le gouvernement islamo-conservateur se présente devant les 550 députés à Ankara fort du « ferme soutien » exprimé la veille par l’OTAN à la Turquie, même si ses alliés ont estimé que le processus de paix avec la rébellion kurde ne devait pas être sacrifié sur l’autel d’une lutte tous azimuts contre le terrorisme.

Pour le parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir, cette session parlementaire serait propice à la signature d’une déclaration commune en faveur de la lutte contre le terrorisme, gage d’une sorte d' »union nationale » autour de M. Erdogan.

Mais certains élus de l’opposition accusent le président turc de mener une « stratégie de la tension » en vue d’élections législatives anticipées qui lui permettraient d’effacer les résultats décevants du scrutin du 7 juin, où l’AKP avait perdu la majorité absolue pour la première fois depuis 2002.

« Il est hors de question de reculer » face à la menace terroriste, a assuré mardi M. Erdogan avant un voyage officiel en Chine, en jugeant en outre « impossible » de poursuivre le processus de paix avec la guérilla kurde.

Des F-16 turcs ont mené de nouveaux raids dans la nuit de mardi à mercredi contre une demi-douzaine d’objectifs kurdes dans le nord de l’Irak ainsi que dans le sud-est de la Turquie.

Le Parlement se retrouve alors que se multiplient les attaques isolées contre des militaires, attribuées au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), et les raids aériens de l’armée contre des positions de la rébellion.

Des enlèvements de policiers, certains en compagnie de leur famille, et des heurts entre forces de l’ordre et manifestants ont encore été signalés dans les dernières 24 heures dans plusieurs localités du sud-est du pays à majorité kurde, a indiqué mercredi l’agence officielle Anatolie.

Les arrestations de militants kurdes, d’extrême-gauche ou de sympathisants présumés de l’Etat islamique, se poursuivent également par dizaines chaque jour, selon la presse.

 

Problème pour les Occidentaux

La donne a totalement changé depuis l’attentat du 20 juillet à Suruç, à proximité de la fontière syrienne, qui a fait 32 morts parmi de jeunes militants de la cause kurde.

L’attaque a été attribuée aux jihadistes de l’EI, mais elle a entraîné une réplique immédiate du PKK contre les autorités turques, accusées d’avoir longtemps fermé les yeux ou même encouragé les activités des jihadistes.

Cet attentat a conduit l’armée turque à bombarder pour la première fois des positions de l’EI en Syrie, un engagement vivement salué par les Etats-Unis qui mènent la coalition internationale antijihadiste.

Mais, en Turquie, ce tournant stratégique a été largement occulté par la reprise simultanée des raids contre les bases arrières du PKK en Irak. La Turquie a aussi bombardé des positions de milices kurdes en Syrie, ce qui pose un problème de fond aux Occidentaux puisque ces combattants sont leur principal allié sur le terrain face à l’EI.

Depuis vendredi, l’aviation turque a bombardé quotidiennement des cibles du PKK. Aucun raid turc contre l’EI n’a toutefois été signalé ces derniers jours.

Considéré comme un des grands vainqueurs des dernières élections, le parti turc prokurde HDP est désormais clairement sur la défensive, estimant être la cible prioritaire de M. Erdogan. Avec 13% des voix et 80 députés, il est largement à l’origine de l’échec relatif de l’AKP.

« L’un des principaux objectifs des opérations en cours dans les airs, sur terre et dans les médias est de faire mal au HDP dans la perspective d’élections anticipées », a affirmé le chef de file du parti Selahattin Demirtas, sommé en vain par le pouvoir de condamner les dernières actions du PKK.

Cette crise se déroule alors que l’AKP mène des discussions avec le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) pour tenter de former une coalition de gouvernement. Mais certains éditorialistes turcs parient d’ores et déjà sur un échec des négociations et sur des législatives anticipées en novembre.

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 12:30
Mi-8 helicopter  Photo Itar-Tass

Mi-8 helicopter Photo Itar-Tass

 

July 27, 2015: Strategy Page

 

Prisoner statements, aerial reconnaissance and electronic communications intercepts indicate that the Syrian Air Force has gotten the most out of its largely Russian built helicopter force, but has lost most of their several hundred choppers in the process. In late 2010, before the civil war began, the Syrian air force had 130 Mi-8/17 transport helicopters and 80 helicopter gunships (32 Mi-24 plus 30 SA-342 and 20 Mi-2a light attack models). Eventually the Syrian Navy had to send its twenty helicopters to support ground operations. Ten of these were Mi-14s, which are naval versions of the Mi-8.  The Mi-24 is also an Mi-8 variant. In all the Syrians had 230 military helicopters available. While Russia supplied a lot of spare parts and some technical personnel since then, Russia sent no additional helicopters. Thus by early 2015 about 80 percent of the 2010 helicopter force was out of actions because of combat damage or simply because they were worn out and could no longer fly, or fly safely.

 

Unlike the “fast movers” (jet bombers and fighters) that came in fast and usually got away before ground fire could hit them, the helicopters came in low and slow. Although the helicopters learned to stay above most small arms (assault rifle and machine-gun) range that was only about 1,600 meters/5,000 feet altitude. This was still close enough for larger caliber machine-guns and portable anti-aircraft missiles. About half the missions flow by these helicopters since 2011 have been for bombing, dropping “barrel bombs” on urban areas.

 

Most of the Syrian helicopters are Mi-8s or variations of the Mi-8. This is a 1960s era design that is often exported as Mi-17. This 12 ton helicopters is about twice the size and weight of the American UH-1, but only hauls about 50 percent more cargo. However, the Mi-8 has a larger interior, and can carry 24 troops, versus a dozen in the UH-1. The UH-1 was replaced by the UH-60 in the 1980s, while the Mi-8 just kept adding better engines and electronics to the basic Mi-8 airframe. The Mi-8 costs about half as much as a UH-60, and the larger interior is popular with many users. For that reason over 3,000 Mi-17s have been exported along with many more Mi-8s and Mi-14s. While the Russian aid for the Syrian helicopters was free, the Russians did take notes on the extensive combat experience of their Mi-8s since 2011. The Syrian use of Russian helicopters in combat was the most intense use of the Mi-8 since the 1980s (Afghanistan and Iraq). Thus the Russians got to see how all the Mi-8 upgrades since the 1980s have worked out.

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28 juillet 2015 2 28 /07 /juillet /2015 07:30
Une «zone protégée» entre la Turquie et la Syrie

 

27-07-2015 Jérôme Bastion correspondant à Istanbul - RFI

 

Trois jours après le début des frappes aériennes turques contre le groupe Etat islamique en Syrie du nord, la Turquie et Washington ont annoncé s’être mis d’accord sur la mise en place, le long de la frontière turque, d’une zone «protégée», d’où le groupe EI serait totalement absent, et qui pourrait abriter des éventuels réfugiés. Ce projet est la contrepartie de l’ouverture des bases aériennes turques à l’aviation américaine pour aller bombarder les positions des jihadistes.

 

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28 juillet 2015 2 28 /07 /juillet /2015 07:30
Les Kurdes de Syrie coupent une route stratégique pour les jihadistes

 

27-07-2015 Par RFI

 

Selon l'observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les milices des Unités de protection du peuple se sont emparées de la ville de Sarrine. Cette localité permet de contrôler une route située entre les villes de Raqqa et d'Alep. C'est une nouvelle victoire des forces kurdes syriennes, face aux combattants de l'organisation Etat islamique.

 

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 12:55
Le Général Henri Gouraud inspecte ses troupes françaises à Maysaloun (1920)

Le Général Henri Gouraud inspecte ses troupes françaises à Maysaloun (1920)


24.07.2015 source SHD
 

24 juillet 1534 : Jacques Cartier prend possession du Canada au nom du roi de France (Gaspé – actuel Québec). Financé par François Ier, le voyage de Cartier dure 20 jours à l’aller (mai) et 21 jours au retour (septembre).

 

24 juillet 1920 : bataille de Khan Mayssaloun (actuelle Syrie). Le général Gouraud bat le général Al Azmeh qui par ses velléités d’indépendance et de panarabisme remet en cause l’accord passé entre Clemenceau et Faycal (6 janvier  1920) sur le mandat français au Liban et en Syrie.  A l’issue de la bataille, les troupes françaises entrent dans Damas.

 

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 12:30
photo USAF

photo USAF

 

24/07/2015 Par Eugénie Bastié – LeFigaro.fr



Des chasseurs turcs ont frappé des positions de Daech en Syrie. Au même moment, une intervention spectaculaire mobilisant 5000 policiers et plusieurs hélicoptères visait à la fois les cellules dormantes de Daech et les militants du PKK à Istanbul. 251 personnes ont été arrêtées.

 

Ankara a décidé de bombarder, tôt vendredi matin, plusieurs objectifs tenus par le mouvement radical État islamique en Syrie, au lendemain d'un accrochage entre l'armée turque et les djihadistes à la frontière. Les trois F-16 ont décollé de Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, aux premières heures de la matinée, visant deux positions de l'État islamique et un «point de rassemblement» de combattants, avant de regagner leur base. Un tournant dans l'attitude jusque là ambigüe de la Turquie vis-à-vis de l'Etat islamique: le pays pourtant membre de l'OTAN, refusait toujours d'intervenir militairement dans la coalition. Cependant, «les chasseurs turcs n'ont pas franchi la frontière durant l'opération», a dit un responsable turc. Le gouvernement veut pour le moment éviter une «intervention» directe sur le sol syrien, se gardant de traverser la frontière. Des rumeurs diffusées par la presse ces dernières semaines laissaient entendre qu'une intervention d'envergure des forces militaires turques dans le Nord de la Syrie pourrait avoir lieu, afin d'établir une zone tampon pour les réfugiés syriens et empêcher les Kurdes de contrôler la zone. Le président Recep Tayyip Erdogan a autorisé hier les Américains à frapper la Syrie depuis le sol turc.

 

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 07:30
Terrorisme : la stratégie de la pieuvre

 

06/07/2015 Par Jean Guisnel - Le Point

 

Daesh a acquis une dimension que ceux qui l'ont précédé n'ont jamais approchée. Armes lourdes, recrutement, propagande. Le djihadisme 2.0 gagne du terrain.

 

Les conquêtes territoriales de l'Etat islamique feront date dans l'histoire du djihadisme. Sur le plan militaire, ce groupe a acquis une dimension que ceux qui l'ont précédé n'ont jamais approchée. La fameuse mouvance Al-Qaeda a beau avoir mené bien des actions spectaculaires, elle n'est jamais parvenue à se tailler un territoire d'une telle superficie ni à menacer des Etats dans leur existence même - ce que le groupe d'Abou Bakr al-Baghdadi est en passe de réussir en Syrie, en Irak et dans une moindre mesure en Libye.

 

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 16:30
ISIS Sanctuary June 19, 2015 - credits ISW

ISIS Sanctuary June 19, 2015 - credits ISW

 

3 juillet 2015 par Michel Goya – La Voie de l’Epée

 

Version complète d'un article paru dans Le Monde du 2 juillet 2015

 

Il n’existe fondamentalement que deux manières de terminer une guerre : la négociation, plus ou moins explicite, ou la destruction de l’un des camps. En Irak, les Américains, par l’intermédiaire ou non du gouvernement irakien, ont négocié avec l’armée du Mahdi en 2004 et 2008 ou avec les tribus sunnites à la fin de 2006. En revanche le dialogue n’y a jamais été envisagé, ni possible en fait, avec l’Etat islamique en Irak, premier avatar de Daech. La destruction était donc la seule option et en 2007 et elle a presque réussi. Elle reste, à ce jour et pour l’instant, encore la seule voie envisagée face à l’Etat islamique (EI).

 

Le problème opérationnel qui se pose aujourd’hui est que si une campagne aérienne peut parfois imposer une négociation favorable, croire que cela peut entraîner la destruction de l’Etat islamique est en revanche un vœu pieux. C’est un espoir pourtant régulièrement mis en avant par certains responsables américains mais qui apparaît plus comme un argument de justification des actions en cours que comme une hypothèse sérieuse. Comme au temps du « comptage des corps » vietnamiens, le Pentagone peut se targuer de tuer 1 000 combattants ennemis chaque mois. Daech n’en augmente pas moins ses forces, et son expansion est surtout limitée par son incapacité à occuper le terrain au-delà de l’espace arabe sunnite qui lui assure ressources et légitimité.

 

Il est possible en fait que cette campagne aérienne, dont tous les Sunnites de la région constatent qu’elle les frappe eux et pas Assad, soit également et paradoxalement un sergent-recruteur  pour l’ennemi. D’un point de vue tactique, Daech a également adopté les méthodes de furtivité terrestre bien connues, comme la dispersion des forces, leur immersion dans la population, l’emploi de véhicules civils, la construction d’abris souterrains, etc. qui réduisent considérablement l’efficacité de la puissance aérienne. Pour autant, ces méthodes, en particulier la dispersion, ont aussi pour effet de rendre vulnérable à une offensive terrestre de grande ampleur. Or, celle-ci ne vient pas. 

 

Pour détruire un Etat ou une organisation formant un proto-Etat comme le « califat », on ne connaît pas pour l’instant d’autre moyen que de commencer par disloquer son armée et de réduire tout ce qui lui fournit les moyens et, surtout, les raisons de combattre. Cette dislocation ne peut, elle-même, être obtenue, à la manière de l’opération française Serval au nord du Mali, qu’en s’emparant du territoire contrôlé par l’ennemi tout en agissant sur les sources politiques de sa force et en préservant la population civile environnante.

 

Contre Daech, deux objectifs géographiques sont possibles : Mossoul, la grande ville du nord de l’Irak et capitale économique de l’organisation, et l’Euphrate, de Falloujah à Raqqa, la capitale politique. La deuxième option est la plus difficile mais sans doute la plus décisive. Une fois les drapeaux du califat auto-proclamé retirés de Falloujah, Ramādī, Abu Kamal, Deir ez-Zor et Raqqa, la capacité de résistance des autres territoires de l’EI sera très affaiblie, y compris à Mossoul. Les allégeances diverses hors du territoire central s’en trouveront également fragilisées.

 

Cette offensive sur l’Euphrate serait logiquement menée par un corps aéroterrestre blindé appuyé par une capacité de frappe en propre précise et puissante, et dont la mission serait de progresser le long du fleuve, de cloisonner une à une les cités pour s’en emparer puis de les nettoyer de toute présence ennemie visible. Elle pourrait partir d’Urfa en Turquie, à condition que le gouvernement d’Ankara l'accepte ou, plus probablement, de  Bagdad, base politique et logistique bien plus aisée. La mise en place de ce corps prendrait techniquement des semaines, des mois si on ajoute le processus de décision politique préalable à la formation d'une coalition.

 

Autour de ce corps aéroterrestre et en profondeur du dispositif adverse, une autre force de frappe et de raids, s’attaquerait à la structure de commandement, à la logistique, aux mouvements et aux concentrations de forces. C’est bien cette combinaison des contraires entre l’impossibilité pour l’ennemi de se concentrer sous peine d’être frappé et l’impossibilité de résister efficacement à une puissante attaque au sol en étant dispersé qui donnerait un plein effet opérationnel.

 

L’armée de Daech est constituée de plusieurs dizaines de milliers d’hommes, les estimations pouvant varier de 30 000 à 80 000, parfois plus si on intègre des unités non-permanentes de défense locale. C’est, en dépit de quelques matériels lourds, fondamentalement une force d’infanterie équipée de véhicules légers et d’armements soviétiques des années 1960. En soi, il n’y a là rien de très puissant, une très faible fraction par exemple des armées de Saddam Hussein broyées par les coalitions menées par les Américains. La différence est que les combattants de l’armée de Daech sont plutôt compétents tactiquement et surtout très motivés. Ce dernier point fait toute la différence, surtout face à des forces armées et milices qui ne le sont pas hors de leur zone ethno-confessionnelle mais aussi face à des armées professionnelles occidentales, tout à fait résolues mais dont les gouvernements sont sensibles aux pertes. En 2003, il a fallu, malgré toute l’armée irakienne, moins d’un mois aux divisions américaines pour s’emparer de Bagdad depuis le Koweït. Un an plus tard, la prise de la seule ville de Falloujah, tenue par quelques milliers de combattants légers, a nécessité neuf mois d'efforts.

 

D’un point de vue tactique, cette motivation extrême permet d’introduire sur le champ de bataille des combattants-suicide, souvent motorisés, qui servent de missiles de croisière du pauvre. Avec la mobilité des milliers de véhicules légers disponibles, elle autorise aussi des modes d’action très décentralisés, en essaim offensifs ou défensifs, enveloppant les forces adverses ou s’infiltrant entre elles à la recherche du combat rapproché.

 

Comme la reprise de Tikrit l’a montré en mars dernier ou les batailles de l’époque de l’occupation américaine, face à un tel adversaire s’emparer de chaque ville le long de l’Euphrate sera difficile et prendra à chaque fois des semaines sinon des mois, pour éliminer jusqu’au dernier combattant suicide ou le dernier piège explosif. Pour reprendre Falloujah en novembre 2004, face à 3 000 combattants, les Américains ont déployé 15 000 hommes et d’énormes moyens de feux. La saisie de la ville a demandé une semaine de combats difficiles et encore un mois supplémentaire de nettoyage de toutes les habitations, le tout au prix de 73 tués et plusieurs centaines de blessés. Le contingent américain présent en Irak (130 000 hommes) avait alors mis plus d’un an pour reprendre le contrôle des villes du Tigre et de l’Euphrate au nord de Bagdad. L’ordre de grandeur pour une offensive sur l’Euphrate menée par une force moderne représente donc au moins dix fois ce que la France a déployé avec l’opération Serval, soit plus de 40 000 hommes avec des milliers de véhicules blindés terrestres et d’aéronefs. Il faut s’attendre ensuite à ce que cette force déplore plusieurs centaines de morts et des milliers de blessés, et beaucoup plus s’il s’agit de forces moins modernes, protégées et professionnelles que les troupes occidentales.

 

Encore ne s’agit-il là que de la phase de conquête, il faut ensuite contrôler et sécuriser le terrain pris tout en poursuivant la traque d’une organisation revenue à la guerre souterraine. Cela peut durer plusieurs années et nécessiterait de nombreux moyens humains, au moins 100 000 hommes, et de quoi administrer et faire vivre ce Sunnistan, avant une normalisation de la situation. Cela implique un comportement respectueux de la force occupante mais aussi, et c’est l’élément le plus important, un contexte politique qui fasse que cette force ne soit pas perçue comme illégitime.

 

Cette phase de stabilisation peut, si elle est bien conduite et avec les moyens suffisants, permettre de dégager des marges de résolution politique tout en tarissant l’Etat islamique et les autres organisations radicales de ses ressources, le combat n’en sera pas terminé pour autant. Après avoir été chassé de Bagdad et d’Anbar en 2007, l’EII a survécu pendant des années dans les provinces de Salah al-Din et surtout de Ninive avant de reprendre de l’ampleur. La traque, affaire de police et de services, doit donc continuer pendant la stabilisation, et elle constitue aussi une œuvre de longue haleine.

 

Actuellement, aucun acteur régional ne possède les moyens pour réaliser toutes ces opérations. Les armées locales, qui ne sont plus vraiment des armées étatiques mais des forces de défense du régime et des groupes non-sunnites, n’ont pour l’instant pas la motivation pour réaliser la conquête de l’Euphrate et cela dépasse largement le seul problème de formation technique et tactique auquel s’attache, en Irak, la coalition. Rappelons que depuis la chute de Saddam Hussein, le département d’Etat américain a formé, avec l’aide de sociétés privées, une première « nouvelle » armée irakienne  qui s’est effondrée en avril 2004 ; que le département de la défense a pris le relais ensuite, encadrant (une équipe de conseillers par bataillon, état-major, camp d’entraînement), finançant (25 milliards de dollars), appuyant par ses feux et soutenant par sa logistique, une collection de 200 bataillons qui ne se sont vraiment avérés utiles aux côtés des Américains qu’au bout de trois ans. Avec la politique sectaire de Nouri el-Maliki et la concentration des forces efficaces autour de sa personne, cette troupe est ensuite rapidement devenue une armée Potemkine. Les Américains et leurs alliés peuvent donc s’efforcer de reformer une troisième « nouvelle » armée irakienne mais il n’y a guère de raison pour que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets. Quant à l’armée d’Assad, actuellement la plus grande organisation terroriste au monde, il ne peut être sérieusement question de l’épauler sous peine de renforcer encore la position politique de l'ennemi. Ajoutons encore une fois que la conquête ne constitue qu’une première phase et pas forcément la plus compliquée. Si ces forces sont déjà incapables de s’emparer des bastions de l’EI, elles sont encore plus incapables de les tenir si elles se comportent comme elles se sont toujours comportées jusque-là.

 

De fait, actuellement, seules des armées professionnelles occidentales, et peut-être russe, peuvent envoyer des soldats combattre avec courage et efficacité sur l’Euphrate avec éventuellement l’appoint de forces des monarchies arabes, jordanienne surtout. Pour la phase de stabilisation, un contrôle par les forces d’Assad ou par des milices chiites irakiennes est par totalement inconcevable, comme l’ont montré, en Irak seulement, les suites de la prise de Tikrit ou les précédents des « forces spéciales de la police » utilisées par les gouvernements à dominante chiite depuis 2005. Pour assurer cette mission, il est pour l’instant difficile d’imaginer autre chose qu’une force internationale arabo-occidentale, en admettant que l’on trouve suffisamment d’Etats volontaires pour s’engager dans un nouvel « Afghanistan ».

 

Or et très clairement, les Etats extérieurs à la région, Etats-Unis en premier et sans qui rien d’important ne peut se faire, n’ont pas la volonté de s’engager vraiment, même lorsqu’ils sont frappés sur leur sol. Les affres des occupations afghane et irakienne sont encore trop récentes pour imaginer qu’un exécutif envisage sérieusement de le proposer à son opinion. En l’état actuel de la situation politique locale et intérieures aux différents membres de la coalition, il n’y aura donc pas de conquête de l’Euphrate, ni de stabilisation du territoire actuellement tenu par Daech.

 

La principale force de l’Etat islamique est la somme des contradictions et ambiguïtés qui paralysent ceux qui l’entourent pour qui il constitue à la fois un ennemi pour soi et un allié contre les autres. Envisager simplement de détruire militairement l’Etat islamique suppose donc d’abord une modification profonde du contexte politique environnant. Que le pouvoir se transforme à Bagdad et Damas, de gré ou par la force des événements, en quelque chose de plus légitime à la fois aux yeux de la communauté internationale et aux arabes sunnites de la région, ou au moins que le gouvernement turc considère Daech comme un ennemi et non un allié et il sera alors possible pour une coalition de mener une vraie offensive.

 

Sans cela, et c’est ce qui est le plus probable, sauf peut-être du côté de Damas, Daech continuera d’exister. Il faudra alors accepter de vivre en situation de guerre endémique, et donc d’accepter d’autres attaques terroristes, jusqu’à l’acceptation de l’existence d’un nouvel Etat radical au Moyen-Orient. La situation ressemblera alors en proportion réduite à l’attitude des Occidentaux face aux Bolcheviks, refusant leur existence mais ne voulant pas mener, outre quelques petites expéditions périphériques, une guerre directe contre eux et se contentant de soutenir des factions locales divisées. L’URSS s’est finalement formée, a occupé tout le vide politique qu’elle pouvait occuper pour se consacrer ensuite prioritairement à la mise en œuvre du communisme « dans un seul pays » et secondairement au Komintern. L’Occident a fini pas vivre avec la présence d’une URSS, contenue mais reconnue jusqu’à son effondrement. Plus récemment, l’Iran des mollahs a mis en place en 1979 une version chiite de l’Etat islamique actuel. La France et les Etats-Unis en particulier, l’ont affronté indirectement (provoquant la mort de plus de Français que Daech pour l’instant) puis se sont contentés de le contenir, avant, sans doute sous peu, de le reconnaître et de faire la paix. Nous avons également accepté de vivre, et même un temps de s’associer, avec la Libye de Kadhafi, que nous avions combattu au Tchad et qui avait, entre autres et là-aussi, tué plus de citoyens français par attentats que Daech. Nous sommes très proche d’une Arabie Saoudite, qui sur le fond n’est pas très différente idéologiquement de l'EI, mais qui a le bon gout de ne pas filmer ses exécutions et d’être riche. Un tel processus d'acceptation serait long, difficile à admettre, mais il est possible, sinon malheureusement hautement probable, faute de réelle volonté contraire. Il reste à imaginer ce que va représenter la vie avec Daech.

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 12:30
photo UK MoD

photo UK MoD

 

02/07/2015 lorientlejour.com (AFP)

 

Le ministre britannique de la Défense, Michael Fallon, a appelé jeudi à un consensus au sein des députés de la chambre des Communes pour autoriser des frappes aériennes contre l'organisation Etat islamique (EI) en Syrie.

 

Les députés britanniques avaient autorisé à l'automne dernier des frappes en Irak, se ralliant à la coalition internationale qui lutte contre le groupe extrémiste dans cette région, mais pas contre la Syrie. Jeudi, M. Fallon a souligné "le bien fondé" d'effectuer de frapper également dans ce dernier pays soulignant que l'EI ne connaît lui pas de frontière. Mais "le Premier ministre tient compte des réserves de certains membres de cette chambre et n'y présentera pas de motion en ce sens s'il n'y a pas de consensus", a-t-il dit.

 

En 2013, le Parlement avait infligé un camouflet à David Cameron en votant contre sa demande d'intervention en Syrie, à l'époque contre le régime du président Bachar el-Assad pour son utilisation d'armes chimiques. "Il appartient à tous les membres de cette chambre d'évaluer la meilleure manière de lutter contre l'EI, un califat diabolique qui ne respecte pas de frontières", a ajouté le ministre de la Défense.

 

Il a toutefois souligné que le gouvernement ne consulterait pas le Parlement avant de mener des frappes dans le cas où "l'intérêt national supérieur britannique serait menacé ou pour prévenir une catastrophe humanitaire". Il a aussi fait valoir que "toute action" qui pourra être prise par Londres "n'apportera aucune aide" au président syrien Bachar el-Assad ni à son régime.

 

Un éventuel vote ne devrait pas avoir lieu avant l'automne et la désignation du nouveau leader du parti travailliste le 12 septembre prochain.

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 07:30
Dans le cadre du programme «Rewards for Justice», le secrétaire d'Etat John Kerry avait offert 3 millions de dollars pour des informations sur Tareq al-Harzi.

Dans le cadre du programme «Rewards for Justice», le secrétaire d'Etat John Kerry avait offert 3 millions de dollars pour des informations sur Tareq al-Harzi.

 

2 juillet 2015 45eNord.ca (AFP)


 

Le Pentagone a annoncé jeudi la mort dans une frappe aérienne en Syrie mi-juin d’un haut responsable logistique du groupe djihadiste Etat islamique (EI), Tareq ben Tahar al-Awni al-Harzi.

 

Tareq al-Harzi a été tué «par une frappe de la coalition le 16 juin à Shadadi», dans la province d’Hassaké (nord-est de la Syrie), selon le porte-parole du ministère américain de la Défense, le capitaine de vaisseau Jeff Davis.

Tareq al-Harzi est le frère d’Ali al-Harzi, un recruteur de l’EI dont le Pentagone a annoncé la mort le 22 juin dans un raid de l’aviation américaine à Mossoul, dans le nord de l’Irak.

Tareq al-Harzi était chargé de «lever des fonds», de «recruter» et de «faciliter les voyages» de combattants du groupe ultra-radical Etat islamique, a déclaré Jeff Davis.

Il a participé aux «achats et au transport d’armes depuis la Libye jusqu’en Syrie». Et il a facilité en Irak les attaques suicide avec des véhicules bourrés d’explosifs, une technique dont le groupe Etat islamique a fait une arme redoutablement efficace.

«Sa mort réduira la capacité du groupe Etat islamique à intégrer des combattants étrangers dans les combats en Syrie et en Irak, et à déplacer des hommes et des armements entre la Syrie et l’Irak», a indiqué le porte-parole.

Dans le cadre du programme «Rewards for Justice», le secrétaire d’État John Kerry avait offert 3 millions de dollars pour des informations sur Tareq al-Harzi.

De son côté, Ali al-Harzi, tué selon les Américains le 15 juin, donc la veille de la mort de son frère, était recherché pour son rôle présumé dans l’attaque contre le consulat américain à Benghazi en Libye, le 11 septembre 2012.

Cette attaque avait coûté la vie à l’ambassadeur des États-Unis en Libye, Christopher Stevens, et à trois autres Américains.

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 19:30
Comment lutter contre Daesh ?


01.07.2015 LeMonde.fr
 

La communauté internationale parviendra-t-elle à vaincre l'organisation Etat islamique qui vient de célébrer le premier anniversaire du « califat » ? Analyse des stratégies militaires pour réduire son emprise au Proche-Orient.

 

- Détruire les capitales du « califat », par Michel Goya, colonel dans les troupes de marine et historien. Il est possible de vaincre militairement Daech grâce à une grande opération héliportée et aéroportée sur l’Euphrate. Un combat qui pourrait durer plusieurs années et qui nécessiterait au moins 100 000 hommes sur le terrain

 

- La logique suicidaire de Daech pourrait provoquer sa propre chute, par Hamit Bozarslan, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). La logique nihiliste de l’Etat islamique pourrait se retourner contre lui et accélérer son effondrement.

 

A lire aussi :

 

- Face à la progression de l’Etat islamique, quelle stratégie pour la coalition ? La réunion des alliés de la coalition mardi à Paris doit permettre d’échanger sur le plan à adopter après les récentes avancées des djihadistes..... Le premier ministre irakien, Haïder Al-Abadi, est arrivé, mardi 2 juin, à Paris, déterminé à relancer la dynamique contre l’expansion de l’Etat islamique.

 

- Face à l'avancée djihadiste, les Etats-Unis impuissants

 

- L'art militaire de l'antiterrorisme Au fil des années, la lutte contre le terrorisme a glissé du terrain policier vers le domaine militaire. Pour l'armée française, elle devient un élément structurant.

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 16:30
Le "califat" du groupe Etat islamique entre dans sa seconde année

 

29.06.2015 Romandie.com (ATS)

 

Le "califat" du groupe État islamique (EI), à cheval sur la Syrie et l'Irak, entre dans sa deuxième année. La communauté internationale s'avère incapable d'arrêter les atrocités des djihadistes qui ont récemment frappé en Tunisie ou au Koweït.

 

Le groupe dirigé par Abou Bakr al-Baghdadi avait annoncé le 29 juin 2014 qu'il redonnait naissance à une forme de gouvernement islamique dénommé le "califat" et assuré qu'il allait "durer et s'étendre". En un an, il a élargi son territoire en Syrie et en Irak en dépit de la création d'une coalition conduite par les États-Unis, qui veut l'éradiquer.

L'EI a également réussi à constituer un réseau de groupes qui lui sont affiliés à travers le monde. Le groupe cherche à distiller la peur bien au-delà des pays où il est présent.

Cette semaine, il a revendiqué une attaque meurtrière en Tunisie qui a coûté la vie à 38 personnes, majoritairement des touristes étrangers. Il est également soupçonné d'être derrière l'attentat-suicide contre une mosquée chiite au Koweït, qui a fait 26 morts.

L'EI pourrait aussi avoir servi d'inspiration à l'auteur d'une attaque en France qui a égorgé son patron et tenté de faire exploser son véhicule dans une usine de gaz.

"Ce n'est pas clair si ces actions sont centralisées ou coordonnées par l'EI. Mais nous risquons de voir des membres ou des sympathisants de l'EI, rentrés chez eux après avoir reçu une formation militaire, mener à leur initiative des attaques dont l'ampleur dépend de leur capacité, de leurs moyens et des opportunités", note Yezid Sayegh, chercheur au Centre Carnegie pour le Moyen-Orient.

 

Tueries et exécutions brutales

La manière dont l'EI gouverne son territoire en Syrie et en Irak suscite la peur et l'horreur. Des tueries massives et des exécutions brutales sont devenues sa marque de fabrique. Le groupe contrôle environ la moitié du territoire syrien, dont une large partie est inhabitée, et près d'un tiers de l'Irak.

En Syrie seulement, il a exécuté en un an plus de 3000 personnes, dont 1800 civils, a indiqué dimanche l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Parmi eux, 74 enfants. Ce bilan inclut 200 personnes tuées dans la ville kurde de Kobané (nord) lors d'une attaque la semaine dernière et 900 membres de la tribu sunnite des Chaïtat qui ont péri en 2014 pour s'être opposés aux djihadistes.

Aucun chiffre précis sur les crimes commis en Irak n'est disponible. Mais le groupe est soupçonné d'avoir exécuté des milliers de personnes, dont 1700 recrues, en majorité chiites, assassinées au nord de Bagdad.

A cela, il faut ajouter les milliers de morts dans les combats en Syrie et en Irak: rebelles syriens, combattants kurdes, militaires dans les deux pays, ainsi que des miliciens chiites en Irak.

 

Manque d'armes et de motivation

Ses adversaires ne peuvent se targuer de réels succès. En tout cas pas les militaires irakiens, particulièrement critiqués pour avoir abandonné leurs positions à la mi-2014.

"Bagdad possède en principe des forces suffisantes pour contrôler le territoire, mais le problème, c'est que toutes les forces combattant l'EI ne reçoivent pas leurs instructions de Bagdad. Certaines agissent à leur guise et d'autres reçoivent leurs instructions d'ailleurs", remarque Zaid al-Ali, auteur du livre "Le combat pour l'avenir de l'Irak".

En Syrie, seules les forces kurdes, soutenues par la coalition internationale, ont infligé de réels revers à l'EI. Selon des analystes, les rebelles manquent d'armes de qualité et les forces du régime manquent de motivation pour faire plier les djihadistes.

 

Corruption et autoritarisme

Même la coalition ne peut se prévaloir que de succès limités. Elle a épaulé les troupes au sol qui ont réussi à chasser l'EI de Kobané et de Tall Abyad en Syrie, ainsi que de Tikrit et de la province de Diyala en Irak. Mais les djihadistes continuent d'engranger des victoires, comme la capture récente de la cité antique de Palmyre en Syrie ou la capitale provinciale de Ramadi en Irak.

Pour les analystes, le succès de l'EI résulte plus de problèmes politiques que de questions militaires. Il est dû à des "divisions confessionnelles, de la corruption et des décennies d'autoritarisme", affirme ce chercheur.

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 14:40
Poutine promet de soutenir Damas y compris militairement

 

29 juin 2015 Romandie.com (AFP)

 

Moscou - Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem a affirmé lundi à Moscou avoir reçu des assurances du président russe Vladimir Poutine que son pays continuerait à aider la Syrie, y compris militairement.

 

J'ai reçu une promesse du président Poutine qu'il allait soutenir la Syrie, politiquement, économiquement et militairement, a-t-il dit lors d'une conférence de presse commune avec son homologue russe Sergueï Lavrov et après une rencontre avec le dirigeant russe.

 

La Russie est un allié de premier plan du régime de Bachar al-Assad qu'il a soutenu depuis le début du conflit en mars 2011. Son appui s'est traduit par des vétos au Conseil de sécurité de l'ONU chaque fois que les Occidentaux ont voulu condamner Damas ainsi que par une assistance militaire et financière.

 

Moscou a également accueilli deux séances de négociations entre le régime et une opposition tolérée mais peu représentative, qui n'ont pas abouti à des conclusions concrètes d'autant que l'opposition en exil, soutenue par l'Occident, n'y participait pas.

 

M. Poutine, après sa rencontre avec M. Mouallem, a assuré que son pays continuerait à se ranger du côté du régime syrien, faisant ainsi taire les rumeurs et les affirmations d'analystes sur un prétendu changement de position de Moscou.

 

Nous sommes convaincus qu'au final, le peuple syrien sera victorieux. Et notre politique, qui vise à soutenir la Syrie, les dirigeants syriens et le peuple syrien, reste inchangée, a affirmé le président russe.

 

Il a également discuté de la possibilité de constituer une nouvelle coalition internationale pour combattre le terrorisme, notamment le groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui contrôle des pans entiers en Syrie et en Irak.

 

Si les dirigeants syriens considèrent (l'idée d'une coalition) acceptable et possible, nous ferons tout notre possible pour vous soutenir. Et nous utiliserons nos relations, qui sont bonnes avec tous les pays de la région, pour tenter de créer à tout prix une telle coalition, a déclaré M. Poutine.

 

Selon lui, pour lutter contre le terrorisme, tous les pays de la région doivent joindre leurs efforts.

 

Tous nos contacts avec les pays de cette région montrent que lorsqu'il s'agit de combattre le soi-disant Etat islamique, chacun est prêt à combattre ce mal. Cela s'applique à la Turquie, à la Jordanie, à l'Arabie saoudite, a-t-il ajouté.

 

Mais M. Mouallem s'est montré sceptique. Je sais que Poutine est un homme qui fait des miracles, mais une alliance avec l'Arabie saoudite, la Turquie, le Qatar ou les Etats-Unis nécessite un grand miracle, a-t-il dit avec humour.

 

Comment ces pays qui ont encouragé et financé le terrorisme peuvent-ils devenir des alliés contre le terrorisme, a-t-il souligné. Le régime syrien accuse ces pays de financer les rebelles qu'il combat depuis plus de quatre ans.

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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 16:30
The Reality Of The Islamic State

 

June 23, 2015: Strategy Page

 

ISIL (Islamic State in Iraq and the Levant) has taken control of three major cities and the results have been unpleasant and expected. In 2014 they took the eastern Syria city of Raqqa (population 500,000) and turned it into an “Islamic city.” Strict lifestyle rules were imposed and local Christians have to pay an extra tax to avoid persecution. Then, in mid-2014 they took Mosul (two million) in Iraq. In May 2015 they took Ramadi (200,000). All three cities already had problems with electricity and water supplies and shaky sewage systems. Many of the inhabitants of these cities fled, although that became more difficult once armed ISIL men were patrolling the streets and controlling the roads in and out of town. In Ramadi more than half the population was gone when ISIL arrived and that was largely because it was now well known what would happen when ISIL took over. In short, nothing good.

 

ISIL enforces the strictest lifestyle rules, based on an interpretation of Islamic scripture that is more hostile to most modern tech than al Qaeda ever was. That means no music, video or anything that can be identified as “Western.” Exceptions are made, grudgingly, when it is necessary to keep ISIL members alive. Thus while Western aid groups are banned, Western medical supplies are allowed in but ISIL members get priority. Even Moslem medical personnel must prove there are Islamic enough to meet ISIL standards. Those who cannot, and that means most of them, are threatened. Some are killed but the rest flee. The few medical personnel who remain can barely care for ISIL leadership and some combat wounds.

 

Getting electricity, water and sanitation networks operating is a priority but crippled by lack of supplies (especially fuel) and spare parts as well as people qualified to repair and operate things. Anywhere else in the Middle East foreign suppliers and experts would be called upon as necessary. That is not Islamic according to ISIL and instead locals with some skills to step forward and try to cope. The result is intermittent water supplies, unreliable sanitation systems and lots of people using portable generators for power or living in the dark.

 

Many of the civilians who stayed behind have managed to adapt and an economy of sorts has been created. In late 2014 ISIL sought to create their own currency (gold coins) but that did not get far. So any currency (local, Western) that works is used. “Taxes” are collected in a medieval fashion that could best be described (in modern terms) as opportunistic extortion. This begins with lots of looting when ISIL takes control of new territory. While much is made of Moslems (especially Western ones) trying to get to get to the Islamic State the reality is that more people already there are trying to get out. In many cases this is a matter of life and death because the collapse of the medical care system has left most people with few useful options if they get sick or injured. ISIL considers such misfortunes “the will of God” and complainers are regarded as heretics.

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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 16:30
L’Etat islamique, laboratoire du siècle?

 

11.06.2015 par JF Fiorina - notes-geopolitiques.com
 

La « guerre révolutionnaire » des nouveaux jihadistes

Comment vaincre l’Etat islamique (EI) ? La stratégie à adopter face aux avancées du groupe jihadiste en Irak et en Syrie a été au cœur d’une réunion, le 2 juin 2015 à Paris, des pays de la coalition internationale dirigée par les États-Unis. Malgré 4 000 raids aériens menés en dix mois, l’avancée des extrémistes sunnites n’a pu être contenue.

Pire : ces dernières semaines ont vu tomber entre leurs mains les importantes villes de Ramadi (Irak) et Palmyre (Syrie) – un joyau architectural inscrit au patrimoine de l’humanité. Les raisons de cet échec sont nombreuses.

Le double jeu mené par les autres acteurs sunnites et leurs alliés occidentaux en Syrie, où l’objectif prioritaire reste de renverser le gouvernement de Bachar al-Assad, n’y est pas étranger. Mais c’est sans doute dans le diagnostic de ce qu’est la réalité de l’EI, de ses objectifs et de ses actions qu’il faut chercher les racines de ce cuisant échec.

Car comment combattre une puissance que l’on se refuse à essayer de comprendre ?

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) cité par Le Monde du 02/06/2015, « l’EI, qui contrôle la moitié du territoire syrien, a encore étendu son emprise près de la frontière turque et au sud de la cité antique de Palmyre, conquise le 21 mai ».

Depuis son offensive fulgurante lancée le 9 juin 2014, l’EI s’est emparé de larges pans de territoires érigés officiellement en Califat le 29 juin suivant.

S’il a profité de la guerre déclenchée en Syrie pour y prendre progressivement, depuis 2013, le contrôle de vastes régions, l’EI a pour origine le champ de braises laissé par les Américains en Irak.

C’est ce que rappelle Xavier Raufer, directeur des études du Département de Recherche sur les Menaces Criminelles Contemporaines (DRMCC) de l’Université Paris 2, dans une récente étude publiée sous forme de supplément au n°5 de la revue Conflits (avril-mai-juin 2015).

 

Irak, « le laboratoire du siècle »

Professeur au CNAM, le criminologue Alain Bauer le souligne dans son introduction à l’étude du DRMCC : « Sans compréhension pleine et entière du terrible engrenage irakien, qui va de ‘Mission Accomplished’ à une évacuation sans gloire, la terreur ne saurait se résorber, elle ne pourra que perdurer ».

Un engrenage très directement lié à l’intervention de Washington, justement dénoncée en 2003 par la France (ainsi que par l’Allemagne et la Russie). Pour Xavier Raufer, « l’occupation américaine a transformé ce pays en couveuse à jihadis ; en un laboratoire où ils inventent et perfectionnent leurs techniques de guérilla : véhicules piégés, enlèvements, bombes artisanales et autres terrifiants engins, issus d’une efficace et abordable boîte à outils, employée à grand succès de l’Afghanistan au Mali, en passant par le Yémen ».

L’appellation de « terrorisme » est potentiellement trompeuse : c’est en fait une « guerre révolutionnaire » que les États-Unis ont perdue entre 2006 et 2012, et qui se poursuit aujourd’hui en débordant son cadre initial.

Une guerre révolutionnaire au sens précis où l’entendait son concepteur, Mao Tse Toung, notamment dans son texte De la guerre prolongée (1938), c’est-à-dire un conflit idéologique et total. Idéologique, l’islam remplaçant le communisme qui était au centre de la doctrine maoïste à la fois comme « horizon indépassable » et moyen d’encadrement – y compris par la terreur – de la population.

Conflit total aussi, où la guérilla ne constitue qu’un aspect, voire une phase transitoire de la guerre, l’objectif restant, par un grignotage progressif du territoire ciblé, la « bataille décisive » : celle qui, grâce à un rapport de force favorable, permet de faire basculer la situation en sa faveur.

La puissance, notamment en matériel moderne servi par des soldats aguerris, de l’Etat islamique, de même que sa stratégie de conquête et de renforcement d’un espace géographique viable, confirment cette analogie.

Car l’Etat islamique est d’abord une puissance militaire, de l’ordre de 10 000 à 25000 combattants, dont l’ossature est fournie par d’anciens officiers de Saddam et des milices armées.

C’est pourquoi Daesh ne peut être vaincu par une simple campagne de frappes aériennes, même appuyée par des opérations spéciales. Seule une armée de puissance au moins comparable serait à même d’en venir à bout.

C’est d’ailleurs le calcul des puissances occidentales et de leurs alliés, qu’atteste le choix de renforcer les moyens et la formation des peshmergas puis surtout, désormais, de l’armée irakienne, en charge des combats au sol.

 

Anatomie du nouveau Califat

« L’Etat islamique est la résurgence d’un rêve médiéval qui va bouleverser durablement le Moyen Orient », estiment Olivier Hanne et Thomas Flichy de la Neuville dans l’édition revue et augmentée de leur ouvrage L’Etat islamique, primé par le Festival de géopolitique de Grenoble 2015.

Des causes immédiates sont certes à l’origine de son apparition, puis de son développement. L’invasion américaine, bien sûr, qui a directement provoqué l’insurrection tout en aggravant les failles ethno-religieuses de la société irakienne.

Mais aussi la compétition énergétique, les erreurs politiques du Premier ministre chiite Nûri al-Maliki (2006-2014), l’embrasement de la Syrie à partir de 2011, ou encore l’opportunisme des clans et tribus sunnites.

Créé artificiellement sur les décombres de l’Empire ottoman, l’Irak est naturellement travaillé par des forces centrifuges. C’est pourquoi l’avènement du Califat islamique répond aussi à des causes plus profondes, souterraines, identitaires.

Une grande partie du succès de l’EI tient en effet à sa référence à un passé glorieux, lorsque Damas (avec la suprématie de la dynastie des Omeyyades,VIIe-VIIIe siècles) puis Bagdad (califat abbasside, VIIIe-XIIIe siècles) étaient capitales de l’Oumma.

L’EI ne propose pas seulement « un sunnisme débarrassé du laïcisme et du baassisme » : il impose un islam « pur », rigoriste, capable de « concurrencer les chiites irakiens pour le scrupule religieux ».

Et ce, dans une région où « la présence des mosquées, de l’histoire et des symboles musulmans imprègne la population et suscite le rappel du culte, même auprès des croyants tièdes voire éloignés ».

A l’instar d’Al Qaïda dont il est pour partie issu, et conformément aux préceptes de l’islam, l’EI entend assurer l’avènement d’un califat mondial. Mais en s’assurant au préalable le contrôle d’une base territoriale sûre.

Ce qui fait dire à Alain Bauer, par comparaison avec le communisme, que l’EI suit « la voie stalinienne » de la révolution mondiale.

« Outre un dispositif structuré et internationalisé, l’EI semble avoir pris comme modèle une synthèse entre le Hezbollah, le Baas et le Parti Bolchevik. Organisation véritable et pyramidale, faisant régner la terreur en interne et en externe, rassemblant des brigades aguerries (Libyens, tchétchènes, occidentaux,…), la structure est surtout connue pour sa brutalité, notamment contre ses ennemis les plus proches, les militants restés fidèles au dernier carré de dirigeants de ce qui reste d’Al Qaida » (« Les enfants de Zarqaoui », www.huffingtonpost.fr, 13/06/2014).

 

Quels scénarios pour l’avenir?

Pour les auteurs de L’Etat islamique, toutes les options sont aujourd’hui ouvertes. La première est la victoire de Daesh, parvenant à la tête d’un nouvel « Etat de fait » de quelque 10 millions d’habitants, « financé essentiellement par le pétrole, exploité par des compagnies chinoises ».

Ce qui entraînerait l’éclatement de l’Irak et de la Syrie, avant de menacer directement Israël, mais aussi la Jordanie et l’Arabie saoudite…

Le 2e scénario est celui d’une défaite de Daesh. « Mais la partition ethnico-religieuse de l’Irak a été consacrée » et « plus d’une dizaine de milliers de combattants jihadistes se sont dispersés après la fin de l’EI dans les pays sunnites de la région entraînant une contagion terroriste »

La 3e option voit la défaite de Daesh, mais avec « la pacification »: « Après la mort du calife et l’arrestation des jihadistes, les pressions internationales, associées à la coopération de Bagdad, ont permis une pacification entre sunnites et chiites en Irak, la préservation du cadre national et une meilleure redistribution des richesses pétrolières ».

Le Kurdistan en sort renforcé, mais la Syrie est sauvée, via des accords politiques qui permettent le lancement d’un processus de réconciliation nationale, tandis que le spectre d’une dislocation générale de la région s’éloigne…

En attendant, comme le rappelle le Wall Street Journal dans son éditorial du 22 mars 2015, « le chaos est toujours le meilleur allié du jihadisme ».

L’Etat islamique sera peut-être vaincu, ou au moins circonscrit, à l’avenir. Restent son effet déstabilisateur et les racines de son indéniable dynamisme.

Effet déstabilisateur qui est encore une fois le prolongement de l’aventurisme américain, le colonel René Cagnat, chercheur associé à l’IRIS, observant le retour en force de combattants étrangers en Afghanistan.

Or « le nord afghan où les jihadistes sont en train de s’installer et de recruter nombre de jeunes séduits par leur discours appartient déjà à l’Asie centrale: l’ouverture d’hostilités au-delà de la frontière, en direction d’ex-républiques soviétiques, n’est sans doute plus qu’une question de temps » (www.iris-france.org, 01/06/2015).

Quant aux racines de ce phénomène, Michael Axworthy estime, avec beaucoup d’autres, que « l’extrémisme islamique et le terrorisme de ces deux dernières décennies viennent essentiellement, via des financements et une influence religieuse, de l’Arabie saoudite » (The Guardian, 28/01/2015).

Certains analystes y ajoutent le Qatar. Soit des États qui disposent de très importants moyens financiers et estiment jouer leur survie face aux puissances chiites.

Rien ne laisse présager qu’ils modifient rapidement leurs options géopolitiques. Confirmant ainsi l’analyse d’Alain Bauer : « Désormais, le foyer d’infection, le marigot exsudant l’épidémie est l’Irak en guerre civile. Aujourd’hui au Moyen Orient. Demain ailleurs. »

 

Télécharger L’Etat islamique, laboratoire du siècle?

 

Pour aller plus loin:

  • L’Etat islamique.Anatomie du nouveau Califat, par Olivier Hanne et Thomas Flichy de la Neuville, Bernard Giovanangeli Editeur, 191 p., 15 € ;
  • « Terrorisme: l’Irak, l’origine de tout. Le laboratoire du siècle », supplément au n°5 de la revue Conflits dirigé par Xavier Raufer, 27 p., avril-mai-juin 2015.
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