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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 08:45
Barkhane : Un laboratoire de génie

 

07/01/2016 Sources : Ministère de la Défense/EMA

 

La lutte contre les engins explosifs improvisés (EEI ou IED en anglais) est partie intégrante de la protection des forces. Spécialité de l’armée de Terre, c’est à Angers que nos militaires sont formés à la lutte contre EEI. Afin d’affuter leurs connaissances techniques dans la lutte contre EEI, un laboratoire d’expertise français a été créé il y a un an. Déployé pour la première fois en opération extérieure en novembre et décembre 2015, il permet aux terriens du génie d’apporter leur expertise à la force Barkhane.

 

Le laboratoire CIEL, Counter-IED Exploitation Laboratory ou laboratoire d’exploitation contre les engins explosifs improvisés, est né de l’expérience européenne en Afghanistan. Composé de quatre spécialistes, équipé d’un matériel d’analyse de haute technologie, léger et transportable, il est conçu pour être déployé très rapidement en cas de besoin sur un théâtre d’opération extérieure.
 Partie intégrante de la protection de la force, la lutte contre les EEI est destinée à garantir et préserver la liberté de mouvement et de manœuvre des troupes sur le terrain.

 

Cette lutte regroupe l’ensemble des activités de nature offensive et défensive menées par les forces pour prévenir cette menace, la traiter et réduire ses effets. 
Déployé au Mali pendant deux mois, ce laboratoire a pu exploiter les éléments collectés par les équipes du génie de l’armée de Terre récemment engagées dans la vallée des Ifoghas, zone particulièrement concernée par la présence de mines et d’engins explosifs improvisés. Chaque militaire spécialiste réalise une recherche dans son domaine d’expertise : chimie, électronique, technique d’investigation criminelle et déminage. Les éléments explosifs en particulier sont ainsi analysés afin de récolter de précieux indices sur leur origine et leur nature.
Selon l’ONU, pour la seule année 2015, pas moins d’une centaine d’incidents mines et engins explosifs improvisés ont été enregistrés au Mali. Après huit semaines de recherches sur une trentaine de cas, qui ont donné lieu à plus de cent cinquante analyses, le laboratoire CIEL a accumulé des renseignements précieux, partagés avec les forces de sécurité maliennes et la MINUSMA, afin de progresser ensemble dans la lutte contre le terrorisme.


 

L’opération Barkhane compte 3 500 militaires dont la mission, en partenariat avec les pays du G5 Sahel, consiste à lutter contre les groupes armés terroristes pouvant agir dans la bande sahélo-saharienne.

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 07:55
Général Philippe Boutinaud, commandant la brigade de sapeurs-pompiers de Paris - photo BSPP

Général Philippe Boutinaud, commandant la brigade de sapeurs-pompiers de Paris - photo BSPP

 

16.12.2015 Commission de la défense nationale et des forces armées - Compte rendu n° 29

 

Mme la présidente Patricia Adam. Nous accueillons le général Philippe Boutinaud, qui commande la brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP). À la suite des attentats du 13 novembre dernier, nous avons procédé à plusieurs auditions, dont celle du directeur du service de santé des armées, et il nous a semblé naturel, général, de vous entendre. La BSPP a en effet joué ce soir-là un rôle éminent pour apporter les premiers secours aux victimes. Bien que le budget de votre service ne dépende pas du ministère de la Défense, les pompiers de Paris relèvent du statut général des militaires, et nous sommes désireux de connaître la réaction de l’ensemble des services de l’État à cet événement tragique.

 

Général Philippe Boutinaud, commandant la brigade des sapeurs-pompiers de Paris. Madame la présidente, je vous remercie de votre invitation et suis d’autant plus honoré de m’exprimer devant votre commission que je suis le premier général des pompiers de Paris à avoir ce privilège.

 

Permettez-moi de vous présenter en quelques mots la BSPP. C’est Napoléon Ier qui créa le bataillon de pompiers de Paris en 1811 et le plaça sous l’autorité du préfet de police. La BSPP est aujourd’hui forte de 8 600 hommes et femmes, dont 8 000 à Paris. Elle est chargée de la sécurité des personnes et des biens dans la capitale et les trois départements de la petite couronne. Elle constitue la plus grosse unité de sapeurs-pompiers en Europe et la troisième dans le monde après celles de Tokyo et de New York. Elle effectue près de 460 000 interventions annuelles, soit environ 1 250 par jour.

 

L’opération du 13 novembre constitue assurément la plus grosse opération de secours par le nombre de victimes depuis les années quatre-vingt et peut être la plus importante jamais effectuée par les pompiers de Paris si l’on exclut les bombardements de la seconde guerre mondiale. Ce qui est certain, c’est que jamais nous n’avions dû traiter autant de victimes en aussi peu de temps. Pour prendre en charge les blessés des sept attentats simultanés perpétrés à Saint-Denis d’un côté, et dans les Xe et XIe arrondissements de Paris de l’autre, la BSPP a dépassé les exigences posées par son contrat opérationnel. Ces attaques ont été concentrées en 40 minutes. Dans les Xe et XIe arrondissements, six sites d’interventions sont répartis sur à peine quatre kilomètres carrés. L’identification des sites en a été d’autant plus ardue que les adresses se trouvaient très proches les unes des autres, et l’on nous en donnait parfois deux pour des établissements situés à l’angle de deux rues.

 

À partir de 22 heures, l’action s’est fixée au Bataclan, ce qui nous a aidé à concentrer nos moyens. L’ensemble de l’opération a duré huit heures, puisqu’elle a débuté à 21 heures 19, heure de la première explosion au Stade de France, et s’est achevée à 5 heures 30 le 14 novembre, moment où nous avons clos les opérations de secours au Bataclan.

 

L’action d’ensemble des secours de la BSPP s’articule en quatre phases successives :

 

• De 21 heures 19 à 22 heures, nous étions dans la phase de réaction, qui s’est avérée tumultueuse car nous devions faire face à de très nombreuses demandes de secours. Ces moments sont chaotiques pour tous les services et le resteront toujours dans de pareilles circonstances. J’ai été affecté chez les pompiers de Paris pour la première fois il y a 26 ans où j’ai fait de très nombreuses interventions, j’ai participé à plusieurs opérations extérieures (OPEX) dans les forces armées et j’ai toujours été confronté au chaos du premier quart d’heure. La différence entre une unité d’élite et une autre réside dans le temps nécessaire au rétablissement. Nous avons mis environ vingt minutes pour y parvenir, ce qui, de mon point de vue, constitue une performance.

 

De 22 heures à 0 heure 20, c’est la phase de reprise d’initiative, puisque nous commencions à savoir précisément ce qui se passait et à quels endroits. Dans cette phase, à en juger par le nombre d’appels de services extérieurs, il semble que seuls les pompiers de Paris avaient une vue à peu près claire des événements.

 

De 0 heure 20, heure de l’assaut au Bataclan, à 4 heures 21, c’est la phase de concentration des efforts sur deux sites majeurs avec d’un côté l’évacuation des spectateurs du Stade de France et de l’autre la prise en compte des très nombreuses victimes du Bataclan.

 

Enfin de 4 heures 30 à 8 heures, c’est la phase de retour à la normale. À 8 heures du matin, tous les véhicules de la BSPP avaient retrouvé l’intégralité de leur potentiel, c’est-à-dire que le stock de produits pharmaceutiques et des consommables des ambulances de réanimation et des véhicules de secours aux victimes avait été reconstitué.

 

À 4 heures 21, j’ai transmis au préfet de police un bilan de 381 victimes comptabilisées par les pompiers, dont 124 décès, 100 urgences absolues et 157 urgences relatives. À ce bilan il faut ajouter les nombreuses personnes qui se sont présentées spontanément dans des hôpitaux pour faire soigner diverses blessures sans avoir été prises en compte par les sapeurs-pompiers. Au total, 430 pompiers de Paris et 125 engins ont été dépêchés sur les lieux des attentats ; 250 personnes travaillaient derrière eux dans la chaîne de commandement et de soutien. Plusieurs véhicules ont essuyé des tirs dont deux sont sévèrement impactés par balles.

 

Alors quelles sont les difficultés initiales que nous avons rencontrées ?

 

Tout d’abord il s’agit de comprendre ce qui se passe en pareilles circonstances. Entre 21 heures 30 et 22 heures, nous avons reçu 700 appels, dont certains faisaient état de fusillades, d’autres d’explosions, d’autres de scènes de panique ou de prises d’otages. On nous indiquait de très nombreuses adresses différentes, car, outre les angles de rue, de nombreuses personnes, blessées et échappées du Bataclan par exemple, se réfugiaient sous des portes cochères dans les rues voisines ou montaient dans la première voiture qui passait.

 

En second lieu, il y avait 72 000 personnes au Stade de France, dont les plus hautes autorités de l’État. Nous avons demandé et obtenu que le stade ne soit pas évacué. En effet, pendant que les spectateurs regardaient le match, dès lors qu’aucune explosion n’avait eu lieu à l’intérieur, les gens risquaient moins dans le stade que dehors où des kamikazes auraient pu se mêler à la foule pour alourdir le bilan. Par ailleurs ça laissait aux secours et aux policiers un répit pour travailler plus sereinement après les deux premières explosions commises par des kamikazes.

 

Globalement, cette opération de secours fut réussie grâce à notre anticipation, notre organisation, notre préparation opérationnelle et nos décisions, planifiées et prises durant l’intervention. J’identifie des facteurs de succès de quatre ordres.

 

Tout d’abord l’anticipation. La BSPP a tiré des enseignements des attentats survenus à Madrid en 2004, à Londres en 2005 et à Bombay en 2011. En 1978, les pompiers de Paris ont mis au point un « plan rouge », adopté ensuite au niveau national, qui vise à traiter un grand nombre de victimes concentrées en un site unique. Après Madrid et Londres, nous nous sommes aperçus que ce plan n’était pas calibré pour faire face à plusieurs attaques et nous avons élaboré un « plan rouge alpha » en 2005 nous permettant d’agir sur plusieurs sites simultanément. Le contrat opérationnel de la BSPP a été adapté en conséquence mais la situation du 13 novembre dernier excédait les exigences de ce contrat.

 

Par ailleurs nous nous sommes adaptés à l’évolution de la nature de la menace depuis janvier dernier ; nous étudiions notamment depuis cet été le cas d’une course mortifère dans Paris. Nous avons bâti un plan à partir de ce scénario, afin de pouvoir déployer des modules permettant de réagir à un plus grand nombre de sites.

 

Le second facteur de succès tient à l’organisation de la BSPP. Outre son statut militaire qui lui garantit une forte discipline, l’articulation du commandement mise en place a permis de faire face efficacement aux événements de cette soirée. Depuis 2011, le centre opérationnel de la BSPP réunit en un même lieu trois piliers fondamentaux pour la gestion de crises majeures : le centre de traitement de l’alerte où sont reçus tous les appels 18 et 112, l’état-major opérationnel pour la conduite de crise et la coordination médicale pour la gestion des moyens médicalisés et la remontée des bilans médicaux des intervenants. Cette dernière gère le millier de bilans médicaux réalisés tous les jours par les chefs d’agrès, qui se trouvent auprès des victimes, et oriente les blessés vers les hôpitaux de Paris. La coordination médicale a joué un rôle fondamental dans la réussite de notre action du 13 novembre 2015.

 

Second point particulier de l’organisation du commandement à la BSPP c’est l’équilibre entre la gestion centralisée des moyens et des ordres et la décentralisation maximale dans l’exécution jusqu’aux plus bas échelons hiérarchiques. Au troisième attentat, j’ai donné l’ordre de réduire l’envoi des moyens demandés pour plan rouge alpha, afin de ne pas nous trouver démunis. Je craignais en effet que le scénario de Bombay se répète, et que les terroristes aillent dans une gare après avoir visé des gens attablés à des terrasses de café. Nous devions donc garder des moyens pour réagir si la liste des sites frappés continuait de s’allonger.

 

L’état-major opérationnel de la BSPP s’articule en deux niveaux. Une posture immédiate activable par une garde assurée 24 sur 24 et une posture renforcée armée par du personnel d’astreinte à 1h30. Le fait que la plupart des officiers et sous-officiers soient logés sur place facilite grandement la réactivité du dispositif ; ainsi, la posture immédiate a été activée à 21 heures 25 et la posture renforcée à 21 heures 30 avec tout le personnel d’astreinte sur place moins de trente minutes plus tard.

 

Le troisième facteur de succès réside dans la préparation opérationnelle. Nous nous exerçons tous les samedis au centre opérationnel ; le scénario change à chaque fois et nous testons notre capacité à gérer des crises complexes. Les pompiers de Paris sont donc préparés à intervenir dans ces contextes. Mais ils ne peuvent pas agir seuls. J’avais abordé le scénario d’un raid mortifère dans Paris avec le préfet de police et avais rencontré le chef du service d’aide médicale urgente (SAMU) de Paris, pour en discuter et organiser des exercices d’entraînement. C’est dans ce cadre qu’un exercice envisageant un scénario multi-sites avait eu lieu le vendredi 13 novembre 2015 au matin avec les SAMU de la région parisienne. Par ailleurs, dans les centres de secours, des manœuvres de secourisme et d’intervention ont lieu tous les jours, afin de compléter notre entraînement. Cela s’avère d’ailleurs indispensable pour être opérationnel en situation de crise quelle qu’en soit l’intensité.

 

En outre, les cadres, notamment les médecins, bénéficient de leur expérience opérationnelle militaire. Parmi les 61 médecins évoluant sous mes ordres, 40 ont exercé en opérations et savent donc traiter les blessures par balles. La plupart des officiers ont également participé à des OPEX ainsi que quelques sous-officiers et militaires-du-rang.

 

Le quatrième facteur de succès réside dans les décisions prises, qu’elles soient planifiées à l’avance ou prises en conduite.

 

En ce qui concerne les décisions planifiées, en premier lieu il s’agit d’adapter la réponse opérationnelle en la dégradant sensiblement. Par exemple, si un incendie s’était produit pendant les attentats, on n’aurait dépêché qu’un engin-pompe au lieu de deux au départ des secours. En second lieu, les demandes de renforts extérieurs à la BSPP, adressées au centre opérationnel de la zone (COZ) de défense et de sécurité à la préfecture de police, sont pré rédigées. Cela permet de gagner du temps. Nous avons demandé dès le départ deux colonnes de renforts aux SDIS de la grande couronne qui sont, en cas de besoin, destinées à nous appuyer dans la couverture courante du risque. Une seule a partiellement été utilisée.

 

Troisièmement, dès qu’une alerte comme celle du 13 novembre est lancée, nous dépêchons des détachements de liaison : des personnes de garde reçoivent un message sur leur téléphone pour se rendre à la préfecture de police, au centre opérationnel de zone ou ailleurs si c’est nécessaire ce qui facilite la coordination avec les autres administrations et nous permet de relayer l’information concernant les actions pompiers en cours.

 

Quatrièmement, nous disposons également d’un concours planifié des associations agréées de sécurité civile – la Croix-Rouge, l’Ordre de Malte, la Croix Blanche et la Protection civile de Paris. À la suite des attentats de janvier 2015, j’avais demandé que ces associations nous envoient un représentant au centre opérationnel. Ils sont arrivés dans la demi-heure, ce qui nous a permis de coordonner l’envoi de vecteurs pour les blessés les moins graves.

 

Cinquièmement nous anticipons les besoins en hélicoptères ; en effet, les urgences absolues doivent être prises en charge par une équipe médicale dans l’heure, alors que les urgences relatives peuvent être traitées dans un délai de six heures, sachant que plus le temps passe, plus les urgences relatives risquent de devenir des urgences absolues. Si les hôpitaux sont saturés, on peut évacuer les blessés les moins fragiles vers des établissements plus éloignés comme ceux de Lille, de Nancy et de Metz. Nous n’avons pas eu besoin de les solliciter, mais des hélicoptères avaient été demandés pour être prêts à transférer des patients. De même, nous avions envisagé de nous appuyer sur les hôpitaux militaires Percy et Bégin lors de simulations : ainsi, ces établissements ont pu accueillir une cinquantaine de blessés graves. Enfin, nous avons également sollicité la RATP, via le COZ, pour transporter des gens vers des centres d’accueil des impliqués (CAI), gérés par les associatifs.

 

Au chapitre des décisions prises en conduite, à partir de la troisième demande de plan rouge, j’ai donné l’ordre d’adapter la réponse en envoyant des modules plus resserrés. En effet, c’est le nombre de blessés qui dicte les moyens nécessaires, et non celui des morts pour lesquels nous ne pouvons malheureusement plus rien faire. Seuls les premiers intervenants sont capables d’évaluer les vrais besoins. Nous leur avons donc envoyé les moyens qui correspondaient à la situation spécifique sur chaque site en fonction des demandes qu’ils exprimaient plutôt que des modules pré formatés comme ceux du plan rouge.

 

Six ambulances de réanimation sont armées a minima chaque jour avec un médecin, un infirmier et un conducteur. Il y en avait sept en ligne le 13 novembre. En une heure, nous avons armé 21 ambulances de réanimation supplémentaires en sollicitant les personnes qui n’étaient pas de garde. Une fois que nous sommes parvenus à localiser précisément les lieux des attentats, nous avons baptisé le terrain en donnant un nom, « Bataclan », « Charonne », « Voltaire », « République » pour identifier chaque site d’intervention. J’ai appelé la zone de défense pour que la consigne d’utiliser uniquement ces termes soit donnée. Malgré cette recommandation, certains services ont continué d’employer des adresses pour désigner les sites ce qui a parfois entretenu une certaine confusion. Cet élément, qui peut paraître insignifiant, se révèle déterminant. C’est un réflexe chez les militaires que de baptiser le terrain pour éviter les confusions.

 

Ensuite, nous avons désigné un commandant des opérations de secours (COS) et un directeur des secours médicaux (DSM) pour chaque site. Les COS dans ces circonstances sont en général des officiers ou des sous-officiers supérieurs mais ce n’est pas une obligation. Sur le site de Beaumarchais, c’est un caporal-chef qui a pris en charge les secours. On lui a envoyé trois véhicules qu’il a conditionnés pour faire partir trois urgences absolues et quatre urgences relatives vers des hôpitaux.

 

Enfin pour réduire la saturation du centre d’appel, le message d’accueil du 18 et du 112 a été changé pour inviter les requérants à différer les demandes ne présentant pas d’urgence absolue : en une demi-heure, le nombre d’appels est passé de 700 à 200. Nous avons publié le même message sur les réseaux sociaux, et il a été relayé 29 000 fois en une heure sur Twitter et 39 000 sur Facebook. Cela nous a permis de reprendre l’initiative et de ne plus être submergés d’appels.

 

Mais au-delà de ces facteurs de succès il faut aussi souligner qu’un certain nombre de frottements ont entraîné quelques dysfonctionnements.

 

Tout d’abord, il fallait déterminer si les terroristes se trouvaient toujours dans la zone, car on ne peut pas être pompier et tenir une arme. Un élu local m’a récemment demandé s’il fallait armer les pompiers. Je lui ai répondu qu’un médecin tenait une perfusion et non un fusil lorsqu’il s’occupait d’un soldat blessé. Il n’est donc pas question d’armer les pompiers, car si l’on devait assurer notre sécurité, on ne soignerait plus les gens. Il convient en revanche de travailler avec les forces de sécurité pour mieux assurer la protection des secours ainsi que celle des victimes

 

En second lieu la BSPP pour commander ses interventions s’appuie sur un triptyque réuni en un lieu unique. On y retrouve co localisés le centre de traitement de l’alerte, l’état-major opérationnel et la coordination médicale. Chaque jour, 36 opérateurs sont de garde pour 24 heures, 18 opérateurs répondent au téléphone pendant que les 18 autres sont sur place mais en repos physiologique. Dix traitent les demandes de secours et huit gèrent les bilans médicaux remontant des interventions. En quelques minutes, cet effectif peut doubler pour atteindre 36 militaires en rappelant ceux qui se reposent. Le SAMU n’a pas la même réactivité pour faire monter en puissance son centre d’appels, si bien qu’il lui fut plus difficile de se coordonner rapidement avec nous dans la soirée du 13 novembre. Il ne s’agit pas de critiquer le SAMU avec lequel nous entretenons de bonnes relations, mais nous devons prendre en compte cette situation et sécuriser les communications entre nous en toutes circonstances.

 

Par ailleurs, le COS et le DSM doivent pouvoir travailler avec un commandant des opérations de police (COP), mais il n’est pas toujours facile d’identifier le COP sur chaque site. La préfecture de police est au courant de ce problème et nous avons demandé que le COP porte une chasuble d’identification comme c’est le cas pour le COS et le DSM. Cet élément s’avère très important, car les COP sont responsables des plans rouges alpha circulation (PRAC) qui ouvrent les itinéraires et donc les axes d’arrivée et d’évacuation pour les secours.

 

Par ailleurs, étant donné que les pompiers sont presque les seuls à disposer d’une vision globale des événements au début de la crise, l’état-major opérationnel est constamment sollicité pour connaître le bilan des victimes. Les médias comme les autorités doivent accepter d’attendre un peu pour disposer de bilans fiables et vérifiés. J’ai parfois répondu un peu sèchement, mais poliment, à certains d’entre eux.

 

Autre point de frottement : la rumeur. Elle a toujours existé, mais auparavant elle provenait du bas alors que maintenant ce sont les chaînes d’information émettant en continu qui la créent. Un bruit faisait état d’une personne tirant dans la gare du Nord avec un grand nombre de victimes. Nous sommes parvenus à le dissiper en demandant aux appelants s’ils avaient vu eux-mêmes des blessés ou le tireur. Beaucoup avaient entendu dire mais aucun n’avait vu. Il s’agit d’un problème récurrent car, en janvier dernier, je commandais le centre opérationnel et l’on m’avait demandé à cinq reprises des secours pour une prise d’otages à Paris l’après-midi de l’Hyper Cacher. Nous veillons donc à ne pas consommer des moyens pour rien en recoupant l’information à partir de ce que voient ou non les requérants.

 

Enfin, des blessés furent transportés sur des barrières de foule, car nous n’avions plus de brancards disponibles devant l’afflux de blessés. Cela peut choquer mais ça ne présente pas de danger particulier, même pour une urgence absolue, l’important étant que la personne reste à l’horizontal. On a depuis perçu davantage de brancards souples pour les répartir dans tous les véhicules de secours à victimes. Ces derniers sont dimensionnés pour accueillir une victime. Éventuellement on peut en mettre une couchée et une autre assise, voire trois au maximum en conditions dégradées ; l’afflux de 35 à 40 personnes blessées par balle en quelques minutes a donc posé quelques difficultés. Mais il faut accepter que le dispositif mette quelques minutes à monter en puissance, même si cela va tout de même relativement vite.

 

Au bilan il n’y a pas eu de dysfonctionnement important au regard de l’ampleur des missions à remplir.

 

En termes de coordination interservices, la coopération avec les autres acteurs peut être qualifiée d’excellente. Toutefois quelques points méritent une attention particulière.

 

Le système d’information numérique standardisé (SINUS) est un bracelet comportant un code-barres qui permet à l’ensemble des personnels de secours et de santé d’alimenter une base de données ; hélas, seuls les pompiers utilisent SINUS. Il conviendrait que les autres services médicaux l’emploient également afin de faciliter l’identification et la localisation des victimes en particulier celles qui se présentent spontanément dans un hôpital. Beaucoup des difficultés rencontrées pour renseigner les familles auraient été résolues si toutes les victimes avaient été répertoriées grâce au système SINUS et pas uniquement celles prises en charge par les pompiers.

 

La coopération s’est accrue après les attentats de janvier avec les associations de sécurité civile, notamment par l’envoi d’éléments de liaison. Les mairies et les centres opérationnels de zone les réclament également, si bien qu’il s’avère souvent délicat de maîtriser le dispositif associatif. Les membres de ces associations sont tous volontaires et veulent donc tous participer. C’est louable mais il faut prendre garde qu’une trop grande concentration de volontaires associatifs ne constitue par autant de victimes supplémentaires en cas de situation non figée. Ils en sont conscients, et nous réfléchissons avec eux sur ce sujet. Au moment de l’Hyper Cacher, j’avais demandé 10 moyens associatifs, on m’en a envoyé 32 ! C’est trop et l’on peut se trouver démuni pour une autre opération.

 

Avec les autres directions de la police, nous dépêchons des éléments de liaison dans les autres services afin d’améliorer la coordination entre les chaînes de commandement police et pompiers. Une note, signée par le préfet de police, fixe le rôle de chaque acteur en cas d’événement grave. Mais il est important que des exercices aient lieu pour que les différents acteurs s’approprient de façon réflexe les plans.

 

Les forces de l’opération Sentinelle ont effectué un très bon travail en nous protégeant à Charonne et dans le centre de secours de Chaligny où nous avions ouvert des postes médicaux avancés de circonstance. Les militaires de Sentinelle ont également protégé les premiers pompiers qui sont arrivés devant le Bataclan sans savoir que les terroristes s’y trouvaient. Leur véhicule fut criblé de balles et n’a pas pu repartir. Il serait intéressant d’améliorer notre coopération avec les forces de Sentinelle, qui savent boucler un quartier et fouiller les personnes suspectes si nécessaire en complément des forces de police.

 

Au-delà des interventions elles-mêmes, qu’avons-nous fait depuis ?

 

Dès leur retour d’interventions, j’ai demandé à tous les garçons et les filles qui avaient participé au secours la nuit du 13 au 14 novembre d’écrire librement ce qu’ils avaient fait. Cet exercice présente deux vertus : savoir ce qui a été accompli sans réécriture postérieure de l’histoire et favoriser le désamorçage psychologique. En effet, les pompiers au Bataclan ont découvert 78 morts dans la salle de spectacle et ont entendu sonner les téléphones portables des personnes décédées que leurs proches tentaient de joindre. Ce sont des moments difficiles. J’ai donc décidé que tous les pompiers de Paris intervenus cette nuit-là seraient vus en consultation par un psychologue et un psychiatre – j’ai demandé un renfort du service de santé des armées qui m’a été immédiatement accordé –, et seuls quelques-uns auront besoin d’un suivi plus poussé.

 

On a remédié au manque de brancards légers dès le lendemain des attentats en équipant trois véhicules spécifiquement dédiés pour emporter ce matériel. On a également placé des trousses de « damage control » contenant des pansements hémostatiques et des garrots tourniquets dans tous les véhicules.

 

Sans les téléphones mobiles, beaucoup de gens n’auraient pas pu commander le 13 novembre. Nous ne devons pas nous habituer à nous reposer uniquement sur ces appareils. Ceux-ci sont très utiles, mais nous avons besoin de systèmes redondants et j’ai demandé une rallonge budgétaire, qui m’a été accordée hier par le conseil de Paris, pour disposer d’un véhicule satellite. Il nous permettra d’assurer la permanence de nos transmissions.

 

Nous expérimenterons, dès la fin du mois de janvier, la plateforme d’appel unique. À partir de mars prochain, les appels au 17 émis de Paris et de Seine-Saint-Denis, et ceux au 18 et au 112 passés depuis l’ensemble de la zone couverte par la BSPP, arriveront tous dans notre centre opérationnel, afin de couvrir les stades de France et du Parc des princes dans la perspective de l’Euro 2016. Le ministre de l’Intérieur a déjà annoncé qu’une expérience similaire sera menée dans la zone Centre, ce système ayant vocation à être étendu à l’ensemble du pays.

 

Enfin, pour améliorer la connaissance des gestes qui sauvent, j’ai proposé à madame la Maire de Paris et au Préfet de Police une action qui débutera à partir de la mi-janvier 2016 : le samedi après-midi, d’abord dans six centres de secours, les Parisiens pourront apprendre comment alerter les secours, que faire en attendant qu’ils arrivent – comment réaliser un garrot et un pansement hémostatique avec ce que l’on a sous la main – et comment pratiquer un massage cardiaque. Si chaque Français savait effectuer un massage cardiaque, même imparfaitement, on sauverait plusieurs centaines de vies chaque année. Cette formation, gratuite et non qualifiante, durera deux heures. Si un public nombreux se déplace à Paris, on étendra ce dispositif à la banlieue. Les Parisiens qui souhaitent y participer devront s’inscrire au préalable sur le site Internet de la préfecture de police.

 

Nous avons été efficaces le 13 novembre dernier, et il aurait été difficile de faire mieux. Il ne s’agit pas d’une autocélébration et nous devons nous pencher non pas sur la guerre que nous venons de vivre, mais sur la prochaine. Il faut se préparer à toutes les hypothèses, même les pires, afin de garantir la capacité à mener des opérations de secours dans des contextes très complexes. Il faut continuer à réfléchir, à s’entraîner et à s’adapter, car ce n’est pas à un risque que nous devons faire face, mais à une menace, ce qui change tout.

 

Je vous remercie de votre attention et suis prêt à répondre à vos questions.

 

Mme la présidente Patricia Adam. Merci, général, pour votre exposé qui montre à quel point votre audition était nécessaire. Nous devons envisager les pires scénarios pour affronter cette menace. Vous avez fait allusion à Dar al-Islam : j’invite tous mes collègues à lire cette publication car les horreurs qui se produisent y ont été annoncées.

 

M. Joaquim Pueyo. Général, combien de sapeurs-pompiers pouvez-vous mobiliser ? Vous avez indiqué le chiffre de 430 : correspond-il à un plafond indépassable ou les astreintes vous permettent-elles de disposer de davantage de militaires ?

Tout le monde reconnaît la valeur professionnelle et l’éthique des sapeurs-pompiers. Je nourris la plus grande estime pour leur engagement et leur état d’esprit, mais leur reconversion me préoccupe. Au bout de dix à quinze ans d’expérience, nombreux sont ceux qui rencontrent des difficultés pour retrouver un emploi, y compris parmi les pompiers professionnels. Comment pouvons-nous les aider ?

Nous sommes en tout cas remplis d’admiration pour votre action durant les attentats.

 

M. Jean-Jacques Candelier. Mon général, vous étiez le 13 novembre au Stade de France ; après la première explosion, que d’aucuns ont pris pour des pétards, vous avez eu le réflexe de sortir pour examiner la situation : étiez-vous préparé à ce genre d’attaques ou avez-vous de bons réflexes ?

Vous avez indiqué que la coopération entre les services avait été bonne, et je tiens à rendre hommage aux 430 pompiers mobilisés cette nuit-là. On m’a précisé que davantage de vies auraient pu être sauvées si vos véhicules avaient été dotés de mallettes de réanimation. Est-ce vrai ?

Une partie des véhicules de la flotte de la BSPP sont de marque Mercedes. Pourrions-nous les remplacer par des français à l’avenir ?

 

Général Philippe Boutinaud. À ma connaissance, la BSPP n’utilise aucun véhicule Mercedes.

 

M. Alain Moyne-Bressand. Je vous remercie, madame la présidente, d’avoir organisé cette passionnante réunion. Bravo à vous, Mon général, et aux hommes et aux femmes que vous commandez pour leur travail exceptionnel.

Avez-vous mis en place un programme pour former les pompiers à ces situations nouvelles de guerre, afin de les rendre encore plus opérationnels ?

Vos personnels ont été profondément marqués par ce qu’ils ont vu cette nuit-là : comment pensez-vous les aider à exprimer leurs éventuels traumatismes ?

 

M. Yves Fromion. Au lendemain des attentats, un médecin urgentiste, interrogé à la radio, regrettait que les véhicules de la BSPP ne possèdent pas de kits complémentaires que les médecins pourraient utiliser. De tels moyens existent sur le terrain des opérations extérieures : serait-ce possible d’équiper vos véhicules de ces kits dont ce médecin, voisin du Bataclan, aurait pu se servir lorsqu’il est descendu dans la rue pour vous aider ?

 

Général Philippe Boutinaud. Je respecte ce médecin qui a affirmé avoir attendu les pompiers pendant vingt minutes et n’avoir trouvé ensuite aucun matériel médical dans leur véhicule ; néanmoins, à chaque fois que l’on appelle les secours, on pense toujours qu’ils ont mis plus de temps à arriver que la réalité, et j’ai moi-même fait cette expérience à plusieurs reprises. Ce défaut de perception ne disparaîtra jamais, car le temps paraît toujours interminable dans ces circonstances. L’une des phrases de l’éthique du pompier de Paris dit d’ailleurs, s’adressant à la victime : « dans ta détresse, pardonne mon apparente lenteur ». Dans les faits, tous les chefs d’agrès, lorsqu’ils quittent le centre de secours pour se rendre sur intervention, appuient sur un bouton de leur radio pour indiquer leur départ et font de même lorsqu’ils arrivent à l’adresse de l’intervention. Le système enregistre automatiquement tous les horaires de la prise d’appel à l’arrivée sur interventions ce qui permet de connaître précisément les délais de déplacement. Les personnes formant un contentieux devant la justice au titre d’une prétendue lenteur d’intervention sont pratiquement systématiquement déboutées car nous connaissons à la seconde près le temps mis entre l’appel et l’arrivée sur le site. Notre système fonctionne ainsi depuis l’incendie de Publicis en 1973 et se trouve donc bien rodé.

 

Concernant les moyens à disposition dans un véhicule de secours à victimes. Il faut savoir qu’il a été difficile aux secouristes de faire progresser les matériels mis à leur disposition. Un certain nombre de membres du corps médical ont lutté longtemps pour que les secouristes disposent du moins de matériel possible. La mise en place des défibrillateurs semi-automatiques dans les engins dans les années 90 a été obtenue au terme de très longs débats au prétexte qu’il ne fallait pas mettre ces appareils entre des mains non expertes. Aujourd’hui, ces appareils sont mis largement à la disposition du grand public. Plus concrètement, on ne peut pas installer des kits destinés à soigner 20 à 30 personnes dans des véhicules prenant en charge une ou deux victimes en utilisation standard. Ce matériel ne servirait la plupart du temps à rien et se périmerait, ce qui représenterait un coût important et inutile. À Beyrouth ou à Bagdad, on pourrait réfléchir à un tel équipement, mais j’ose espérer que de tels attentats ne se produiront pas toutes les semaines à Paris. Il faut rester raisonnable en la matière, et je vous assure que les véhicules de secours et d’assistances à victimes sont très bien pourvus ; en outre, les connaissances en matière de secours d’urgence d’un caporal-chef ou d’un sergent aujourd’hui sont d’un niveau très élevé. En revanche, il est nécessaire de renforcer l’aptitude du citoyen aux gestes de première urgence. Comment faire un pansement hémostatique de fortune avec les moyens disponibles, un t-shirt par exemple.

 

Chaque jour, environ 1 850 pompiers de la BSPP sont de garde dans les centres de secours parisiens et dans les quatre centres opérationnels – le central et ceux des trois groupements d’incendie. Sans donner aucun ordre, 500 ou 600 pompiers viennent naturellement dans les centres de secours en cas d’événements comme ceux du 13 novembre. On n’a pas déployé plus de 430 pompiers, parce que nous souhaitions économiser nos forces en cas d’autre frappe plus importante et que les associations de sécurité civile ont immédiatement fourni des moyens d’évacuation suffisants. Nous n’avons pas manqué de moyens.

 

Les pompiers de Paris ne rencontrent pas de réelle difficulté de reconversion, mais ils échouent parfois à aller là où ils le veulent. Après 15 ou 18 années à la BSPP, ils souhaiteraient continuer avec le même grade dans les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS). Ce sont les différences de statut entre les différentes fonctions publiques qui constituent aujourd’hui des barrières entre les pompiers militaires et civils. Un pompier militaire qui souhaite se reconvertir dans un SDIS doit réussir le concours de recrutement dans la fonction publique territoriale et attendre qu’une place soit disponible. Ce système peut se révéler perdant pour tout le monde ; après 17 ans à la BSPP, un caporal-chef placé sous mes ordres a demandé à intégrer un SDIS de la grande couronne parisienne. Il a été réengagé comme première classe et a dû repartir au centre d’instruction : on a donc dépensé de l’argent pour lui apprendre un métier qu’il connaît déjà parfaitement ! Je m’entends très bien avec le colonel Éric Faure, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, mais ni lui ni moi n’avons le pouvoir de changer cette situation sans une révision des textes réglementaires.

 

M. Joaquim Pueyo. Membre d’un SDIS, j’interviens souvent pour recruter des pompiers de Paris parce qu’ils le méritent ; il faudrait modifier la réglementation afin de favoriser leur intégration.

 

Général Philippe Boutinaud. Cette question, de nature politique, mériterait en effet d’être posée. Dans les années 2000, nous avons passé des accords d’échange avec certains départements, qui nous permettaient d’engager un volontaire de leur SDIS à la BSPP pendant huit ans – période de rentabilisation de sa formation –, celui-ci repartant ensuite dans son département d’origine avec le grade maximum de caporal-chef. Nous avons signé 26 conventions, mais, dix ans après, la moitié des départements les ont dénoncées. Aujourd’hui nous avons encore 13 conventions actives qui permettent à un très petit nombre de pompiers de Paris de poursuivre leur carrière dans un SDIS sans passer le concours.

 

Mme la présidente Patricia Adam. Nous évoquerons ce sujet avec nos collègues de la commission des Lois.

 

Général Philippe Boutinaud. J’ignore s’il existe des mallettes de réanimation, mais nous avons procédé à l’acquisition d’un moniteur multiparamétrique qui, installé dès la fin de cette année dans nos ambulances de réanimation puis nos véhicules de secours et d’assistance à victimes, regroupera les fonctionnalités de plusieurs machines et permettra de faire des bilans encore plus précis qu’aujourd’hui. Il n’est pas nécessaire que chaque ambulance des pompiers de Paris embarque un médecin et ce ne serait tout simplement pas possible. Dans 90 % des interventions, un secouriste suffit à remplir la mission dans des conditions de sécurité parfaites pour la victime, les actes médicaux étant réalisés dans un centre hospitalier. Dans l’avenir le sauveteur aura à sa disposition du matériel capable d’enregistrer des éléments scientifiques et de les transmettre à la coordination médicale qui confirmera le bilan fait sur place.

 

Tous les personnels intervenus le 13 novembre, y compris moi, sont passés devant un psychologue. La première réaction des garçons et des filles est de rechigner à subir cette consultation au motif qu’ils n’en sentent pas le besoin, mais ils sont jeunes et j’ai vu dans ma carrière des militaires s’effondrer à la cinquantaine. Avec ce passage devant un psychiatre, il sera au moins écrit dans le dossier de ces pompiers ce qu’ils ont vécu cette nuit-là, ce qui leur permettra de faire valoir leurs droits.

 

En revanche, il y a peu de formation pour les préparer à une telle expérience. Les pompiers qui ont pris des balles dans le pare-brise ne sont pas habitués à une telle situation, même si la BSPP traite 80 personnes blessées par arme blanche ou arme à feu tous les mois.

 

Mme la présidente Patricia Adam. Général, des attentats peuvent se produire en province, dans de grandes métropoles comme dans des villes moyennes. Partagez-vous votre retour d’expérience du 13 novembre dernier avec les autres services de secours en France ?

 

M. Michel Voisin. Le 13 novembre à midi, je me trouvais à l’hôpital français de Damas devant des enfants qui avaient subi de graves blessures causées par l’explosion d’une bombe quinze jours auparavant dans une cour de récréation. Si un attentat avait lieu en France dans la cour d’une école située en zone rurale, il y aurait de quoi être inquiet car les secours bénéficient de moyens importants à Paris, mais la situation est moins favorable en province. Votre retour d’expérience permettra-t-il de mettre en place des plans visant à répondre à ce que vous appelez, général, la guerre de demain ?

 

M. Daniel Boisserie. Comment évaluez-vous l’organisation actuelle des SDIS ? Le commandement, pluriel, se trouve partagé entre le préfet, le directeur du SDIS voire le maire. Ne devrions-nous pas restructurer les SDIS pour les adapter à la situation actuelle ?

Avez-vous envisagé des attaques utilisant les réserves des châteaux d’eau ou des gaz chimiques ?

 

Mme Geneviève Gosselin-Fleury. Évaluez-vous le profil psychologique de vos recrues afin de détecter les éventuelles fragilités ?

Pour quelles raisons êtes-vous les seuls à avoir compris ce qui s’était passé le 13 novembre ? Pourquoi les autres intervenants n’ont-ils pas fait preuve de la même lucidité ?

 

M. Philippe Folliot. On a trop souvent tendance à s’autoflageller dans notre pays, pour ne pas saluer l’efficacité d’un service public comme le vôtre, qui agit dans des conditions particulièrement difficiles. Mon général, veuillez transmettre à l’ensemble de vos équipes le témoignage de notre admiration. Tous les services de sécurité et hospitaliers ont formé une chaîne d’action exceptionnelle dans un contexte qui ne l’était pas moins.

L’organisation de la protection civile dans notre pays repose sur une dualité conférant un statut civil à l’ensemble des pompiers, sauf à ceux de Paris et de Marseille qui sont militaires. Doit-on préserver votre spécificité ? Doit-on la remettre en cause ou, au contraire, l’étendre, comme on l’envisage de le faire pour l’ensemble du Grand Paris ?

Comment faciliter les passerelles entre les pompiers de Paris et les SDIS, tout en conservant le caractère propre de chacun ?

 

M. Jean-Michel Villaumé. Le Premier ministre avait évoqué à l’Assemblée nationale l’existence d’une menace chimique et biologique, ce qui avait inquiété la population. Vous êtes-vous préparés pour faire face à ces menaces ?

 

M. Claude de Ganay. Les médias perturbent votre action et celle de l’ensemble des forces de secours dans une intervention comme celle du 13 novembre dernier. J’ai été choqué de voir des policiers poursuivre des pseudo-terroristes devant une foule de badauds qui filmaient la scène pour vendre les images aux chaînes d’information en continu. En Belgique, tous les médias ont accepté de ne pas communiquer sur une opération de police en cours ; il y a lieu de réfléchir à cette expérience et à l’action des médias lors de tels événements.

 

M. Philippe Nauche. Comment s’est articulée votre action avec celle du SAMU de Paris ? Comment les ambulances de réanimation ont-elles été réparties ? Qui a procédé au recensement des places dans les hôpitaux pour y transférer les victimes ? La coopération avec le SAMU a-t-elle bien fonctionné ? Avez-vous réussi à être complémentaires ou y a-t-il des mesures d’amélioration à mettre en œuvre ?

 

Mme la présidente Patricia Adam. À quelle heure les forces de l’opération Sentinelle ont-elles pu arriver le 13 novembre ?

 

Général Philippe Boutinaud. Le 25 novembre dernier, le préfet Laurent Prévost, directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), m’a invité à m’exprimer devant les directeurs des SDIS. Je leur ai décrit nos actions dans la soirée et la nuit du 13 novembre, leur ai expliqué les difficultés que nous avions rencontrées et leur ai fait part de la façon dont ils devaient, à mon avis, se préparer. En effet, ces actions commencent à Paris car la capitale est une caisse de résonance médiatique internationale – nos ennemis souhaitant faire le plus de victimes possible pour que les médias en parlent partout dans le monde –, mais d’autres attaques peuvent ensuite avoir lieu en province.

 

Dans les grandes villes comme Lyon, les pompiers sont presque autant mobilisés qu’à Paris pour faire face à ce type d’attaques, et leur capacité de réponse s’avérerait comparable, ne serait-ce que parce que la profession observe toujours la BSPP.

 

M. Michel Voisin. Vous avez mis en exergue la capacité des hôpitaux militaires de la région parisienne à recevoir des blessés de guerre ; il n’est pas certain que de tels établissements existent à Lyon.

 

Général Philippe Boutinaud. Il y a tout de même l’hôpital Desgenettes à Lyon, même si les blessés en OPEX sont plutôt transférés dans les hôpitaux militaires d’Île-de-France. Les médecins exerçant dans les hôpitaux civils peuvent de toute façon traiter les blessés par balle. L’utilisation d’armes n’est en effet pas propre à la région parisienne.

 

Prendre en charge des enfants blessés exige beaucoup de moyens ; or les blocs pédiatriques sont moins nombreux. En outre, il faut traiter en parallèle le choc émotionnel des enfants et des parents, ce qui complexifie les opérations. Il faudrait donc anticiper le transfert d’un certain nombre de jeunes patients vers des structures pédiatriques de province.

 

Dans les départements ruraux ou de villes moyennes, les SDIS sont moins confrontés à ce genre d’événements ; composés de nombreux pompiers volontaires, pour qui j’éprouve le plus grand respect, ils ne bénéficient pas du même entraînement qu’à Paris ou dans les grandes métropoles. Dans un centre de secours parisien, un chef d’agrès ou un pompier servant dans un véhicule de secours et d’assistance à victimes effectue entre 12 et 15 interventions par jour, alors qu’un centre de secours d’une petite ville peut n’être sollicité que deux fois par jour.

 

Le risque d’une attaque chimique reste faible, l’emploi d’un produit chimique au contact d’un explosif en neutralisant l’effet, mais si c’était le cas nous serions confrontés à une opération très exigeante. En 1992, la secte Aum a perpétré un attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo, qui a fait près de 6000 victimes, mais peu de morts : intervenir pour prendre en charge autant de victimes nécessiterait un déploiement de moyens très importants. La BSPP possède une compagnie NRBC, composée de pompiers spécialisés. Le 13 novembre, nous n’avons pas eu besoin des véhicules de reconnaissance chimique pour lever le doute. Mais cela fait partie des enseignements que l’on a tirés de cette expérience, il faut les engager a priori. On ne peut pas savoir, au début de l’intervention, si l’attaque possède une dimension NRBC, et le déterminer peut prendre du temps car les premiers intervenants peuvent être neutralisés ou dans l’incapacité de communiquer avec le centre opérationnel. La BSPP possède plusieurs véhicules de reconnaissance chimique ou radiologique ; en outre, nous disposons des moyens du plan jaune et de chaînes de décontamination. Par ailleurs, les formations militaires de la sécurité civile (FORMISC) sont placées en alerte au déclenchement du plan jaune et doivent pouvoir rejoindre la capitale rapidement.

 

Nous procédons évidemment à une évaluation psychologique des recrues, mais tant qu’elles n’ont pas été confrontées à une intervention difficile, on ne peut pas être certain de leurs réactions. Un très fort esprit de corps règne à la BSPP, et avant les psychologues, on avait inventé des moyens de désamorçage, des rituels, comme se faire offrir à boire par le plus jeune qui a fortement pâli devant un corps déchiqueté par un métro ou faire une omelette après un incendie avec des victimes. Outre cet aspect anecdotique, cela permettait d’en parler ensemble autour d’un moment de convivialité déliant les langues et les esprits. Les jeunes d’aujourd’hui se trouvent peut-être moins préparés à être confrontés à des morts violentes, car très souvent, ils n’ont jamais vu de cadavres avec d’intégrer les rangs de la BSPP. Cependant, par rapport aux horreurs que nous voyons, les problèmes psychologiques restent très peu répandus. Chacun développe en outre une stratégie d’évitement, consciemment ou non. Il faut dire que les pompiers ne connaissent pas personnellement les victimes, contrairement aux opérations extérieures où ce sont des compagnons d’armes qui sont touchés.

 

Napoléon Ier a décidé il y a 204 ans que les pompiers de Paris seraient militaires. Après l’Empire, vinrent des régimes monarchiques et républicains qui ne remirent jamais en cause cette appartenance à l’armée. Aujourd’hui, il s’agit du service de secours le plus efficient de France, puisque nous sommes les moins nombreux par rapport au nombre de personnes secourues. La remise en cause du statut militaire des pompiers de Paris entraînerait à coup sûr une augmentation du coût sans gain de performance.

 

La militarisation des autres pompiers ne constituerait pas davantage une bonne réponse aux défis que nous devons relever. Les pompiers volontaires sont indispensables au système français de sécurité civile, les remplacer par des pompiers militaires ne serait pas soutenable financièrement. En revanche, on pourrait réfléchir à l’évolution de la départementalisation des corps de sapeurs-pompiers, mais il s’agit là d’une question de nature politique.

 

M. Philippe Folliot. Je ne souhaite pas remettre en cause le statut militaire de la BSPP, qui a montré toute son efficacité. Mon interrogation portait sur le Grand Paris : puisque le système des pompiers de Paris s’avère le plus efficace et le moins cher, ne pourrait-on pas l’étendre à l’ensemble du Grand Paris ?

 

Général Philippe Boutinaud. Les pompiers de Paris effectuent 460 000 interventions par an et n’ont donc pas besoin d’en réaliser davantage. Les sept communes qui souhaitent être rattachées au Grand Paris devront-elles entrer dans le périmètre de la BSPP ? Je n’ai aucune revendication en la matière, mais on doit conserver la cohérence du binôme formé par le préfet de police, qui remplit le rôle de directeur des opérations de secours (DOS), et le chef de la BSPP, qui commande les opérations de secours (COS). Si l’autorité du préfet de police s’étendait à ces sept communes, le périmètre d’intervention de la BSPP devrait évoluer en cohérence. Cela maintiendrait l’unité budgétaire et ne complexifierait pas trop le système, mais une telle évolution requerrait une période de transition et d’adaptation. Si l’échelon départemental subsistait, ces sept communes continueraient d’appartenir à un département, ce qui poserait une question de répartition entre le SDIS et la BSPP. Cependant, il n’est pas prévu pour l’instant de confier des compétences en matière de sécurité et de secours au Grand Paris.

 

On ne pourra pas demander aux médias de cesser de diffuser dans les heures suivant un attentat, et c’est à nous de nous adapter à cette situation et à leur dire de ne pas nous solliciter pendant notre intervention.

 

M. Claude de Ganay. En Belgique, les médias ont accepté, pendant quelques heures, de ne pas couvrir une opération de police menée contre des terroristes.

 

Général Philippe Boutinaud. Les autorités peuvent choisir de ne transmettre aucune information, mais elles s’y sont refusées jusqu’à présent. Il convient sans doute de gérer les médias de manière différente. Dans la soirée du 13 novembre, des journalistes m’ont appelé, mais je leur ai répondu que je n’avais pas le temps de m’entretenir avec eux. Il y a lieu de réfléchir collectivement à une évolution de nos rapports avec les médias.

 

Il y a toujours eu une rivalité entre les SAMU et les pompiers. Mais à Paris nous avons enterré la hache de guerre entre nos deux services, ces rivalités s’avérant ridicules. Ce sont les victimes qui comptent et non les egos. Le SAMU n’a pas pu développer le même système de rappel du personnel que celui de la BSPP, si bien que la première heure a été un peu compliquée. Concernant la régulation des places dans les hôpitaux, c’est le SAMU qui oriente les blessés vers les établissements hospitaliers. Mais nous avons la chance de pouvoir bénéficier de la présence des hôpitaux militaires de la région parisienne ce qui nous a permis d’orienter des victimes vers Bégin et Percy. En outre, il est nécessaire d’installer une ligne sécurisée entre le SAMU et la BSPP, ce qui va être prochainement le cas, car nous devons nous assurer de pouvoir travailler en commun avec le SAMU.

 

M. Philippe Nauche. Les relations entre le SAMU et la BSPP s’avèrent meilleures, mais il reste des traces des antagonismes passés ; il est ainsi inenvisageable de mettre en œuvre une plateforme commune entre le 15 et le 18 à Paris, alors que de tels systèmes existent en province.

 

Général Philippe Boutinaud. La BSPP va être pionnière en matière de concentration de la prise d’appel en un même lieu pour les pompiers et les policiers. C’est un pas en avant considérable. Mais ce qui importe c’est d’avoir des systèmes informatiques compatibles. Nous devons simplifier les choses, non les complexifier !

 

Les forces de l’opération Sentinelle sont intervenues au Bataclan et à Charonne un peu avant 22 heures, soit dans un délai assez bref. Ces soldats venaient de leur propre initiative de la mairie du XIe arrondissement, d’où ils ont reconnu le bruit sec des tirs de kalachnikov, et ont très efficacement bouclé le site de Charonne. Peut-être faudrait-il réfléchir à mieux utiliser les patrouilles de l’opération Sentinelle en les rendant plus mobiles et en leur assignant des missions de bouclage ou de contrôle de zones dont elles ont la maîtrise pour faire les mêmes en opérations extérieures. Mais il faut que leur emploi s’inscrive dans le cadre de la loi, ce qui n’est pas de ma compétence.

 

Lorsque l’on nous réclame l’envoi de secours, un officier dans mon état-major recoupe l’information puis oriente les opérateurs quant aux questions qu’ils doivent poser aux personnes qui nous contactent. Voilà pourquoi nous possédons une vision d’ensemble de la situation, s’appuyant sur du renseignement vérifié. C’est comme cela que nous avons été capables de confirmer qu’il n’y avait pas d’attaques à la gare du Nord et aux Halles, alors que d’autres services faisaient remonter l’information contraire sur le fondement de rumeurs. Il faut recouper l’information ! Le centre de traitement de l’alerte demande toujours aux appelants s’ils ont été directement témoins des faits pour lesquels ils nous sollicitent.

 

Mme la présidente Patricia Adam. Général, je vous remercie beaucoup de votre exposé et de vos réponses très intéressants.

 

*

* *

 

Membres présents ou excusés

 

Présents. - Mme Patricia Adam, M. Daniel Boisserie, Mme Isabelle Bruneau, M. Jean-Jacques Candelier, M. Nicolas Dhuicq, Mme Geneviève Fioraso, M. Philippe Folliot, M. Yves Fromion, M. Claude de Ganay, Mme Geneviève Gosselin-Fleury, M. Laurent Kalinowski, M. Jean-Yves Le Déaut, M. Jean-Pierre Maggi, M. Alain Moyne-Bressand, M. Philippe Nauche, M. Joaquim Pueyo, M. Gwendal Rouillard, M. Jean-Michel Villaumé, M. Michel Voisin

 

Excusés. - M. Olivier Audibert Troin, Mme Danielle Auroi, M. Claude Bartolone, M. Malek Boutih, M. Philippe Briand, M. Jean-Jacques Bridey, M. Laurent Cathala, M. David Comet, M. Lucien Degauchy, M. Francis Hillmeyer, M. Éric Jalton, M. Frédéric Lefebvre, M. Christophe Léonard, M. Bruno Le Roux, Mme Marie Récalde, M. Eduardo Rihan Cypel

 

Télécharger l' Audition du général Philippe Boutinaud, commandant la brigade de sapeurs-pompiers de Paris

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 06:55
Colloque "Défense et sécurité. Quelles continuités ?" 2-3 mars 2016 à l'Ecole militaire


08/01/2016 source IRSEM

 

L’IRSEM organise un colloque sur le thème " Défense et sécurité. Quelles continuités ? ", les Mercredi 2 et Jeudi 3 mars 2016 à l'École militaire, amphithéâtre Foch

 

Programme :

 

Mercredi 2 mars 2016 09h00 - 18h15

 

Ouverture du colloque par monsieur Louis Gautier, SGDSN

Présentation du colloque par le professeur Thierry Balzacq, Directeur scientifique de l’IRSEM

 

Défense versus Sécurité 

Modérateur : Monsieur Thierry Widemann (SHD)

- Professeur Hervé Drévillon (Université de Paris I)

- Monsieur Philippe Vial (SHD)

- Monsieur Ronan Doaré (CREC)

 

Les leçons de la contre-insurrection

Modérateur : LCL Arnaud Planiol (IRSEM)

- Madame Alya Aglan (Université de Paris I)

- Professeur Douglas-Porch (Californie, USA)

- Monsieur Elie Tenenbaum (IFRI)

 

L’image de la menace

Modérateur : Madame Fatiha Dazi-Heni (IRSEM)

- Monsieur Vincent Martigny (CEVIPOF)

- Monsieur Elyamine Settoul (IRSEM)

- Monsieur Thomas Lindemann (UVSQ)

 

Résilience et esprit de défense

Modérateur : LCL Jérôme de Lespinois (IRSEM)

- Monsieur Joseph Henrotin

- Monsieur Jean-Baptiste Jeangéne-Vilmer (Caps –Min AE)

- Docteur Bernard Croisile (Centre hospitalier de Lyon)

 

Territorialisation de la défense et de la sécurité

Modérateur : Colonel Partrick Poitou, (auditeur INHESJ/CHEMI) 

- Madame Sophie Gaultier-Gaillard (Université de Paris I)

- Commissaire de Police (auditeur INHESJ/CHEMI)

- Général Pierre Grégo (EM Sentinelle)

 

Jeudi 3 mars 2016 09h00 - 18h00

 

Quels enjeux démocratiques ?

Modérateur : (auditeur INHESJ/CHEMI

- Monsieur Gabriel Périès (Institut Mines-Télécom)

- Magistrat (auditeur INHESJ/CHEMI)

- LCL Jérôme Cario (CICDE)

 

Quelques modèles concrets

Modérateur : Monsieur Christophe-Alexandre Paillard (IRSEM)

- Monsieur Ethan Corbine (Assemblée parlementaire de l'OTAN)

- Intervenant (Italie) Mr Stephano Silvestri ou Jean-Pierre Darnis

- L’action de l’Etat en Mer (Désignation en cours) 

 

Approche Prospective

Modérateur : Monsieur Thomas Reydellet (Thalès)

- LCL Baeriswyl (Armée Suisse)

- Professeur Bernard Wicht (Université de Lausanne)

- LCL Olivier Entraygues (IRSEM)

 

Synthèse du colloque :

Synthèse générale des travaux par les organisateurs :
- Professeur Hervé Drévillon

Présentation de l’étude collaborative Wiki-Lab « Défense & Sécurité » :
 - LCL Olivier Entraygues

Présentation de Futuring Lab :
- Stéphane Giron

Présentation des résultats de l’étude collaborative :
- Dr Olivier Schmitt

Table ronde « Grands témoins » :

Modérateur : Monsieur Jean-Dominique Merchet

 

Pour réserver vos places pour le colloque...

Inscription obligatoire

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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 13:45
photo EMA / Armée de l'Air

photo EMA / Armée de l'Air

 

08/01/2016 Sources : Etat-major des armées

 

La situation sécuritaire dans la BSS n’a pas connu d’évolution particulière au cours des trois dernières semaines.

 

Avec les armées partenaires du G5 Sahel, la force Barkhane reste engagée dans un tempo opérationnel important.

 

Au Mali, la situation est marquée par des avancées concernant les accords de paix.

 

2015 : 150 opérations majeures contre les GAT au Sahel avec les armées du G5 Sahel

 

L’année 2015 a été marquée par la réalisation croissante d’opérations conjointes, le plus souvent transfrontalières, qui ont été planifiées et conduites par les forces partenaires.

 

Au total, Barkhane a mené 150 opérations, le plus souvent en partenariat. Elles ont conduit à la découverte de 100 caches d’armes et ont ainsi permis la destruction de 16 tonnes de munitions ou d’explosifs. Ces opérations, de nature et de durée très variées, permettent d’exercer une pression continue sur les flux logistiques des groupes terroristes et contribuent à réduire leur liberté d’action.

 

Focus : bilan des 3 dernières opérations

 

Au cours du mois de décembre, 3 opérations permettent d’illustrer la complémentarité des actions.

 

GOUGOUA : de la logique de partenariat

Du 8 au 22 décembre 2015, cette opération tripartite  (France-Niger-Tchad) s’est déroulée au Nord du Niger dans la zone des trois frontières à l’Est de Madama. Conduite depuis un poste de commandement tripartite situé à Madama, cette mission de contrôle de zone avait pour objectif de perturber les flux logistiques des GAT. Au total : 9 pick-up, de l’armement, des munitions et 650 kg de cannabis ont été saisis, permettant ainsi de porter un nouveau coup aux flux logistiques qui alimentent les terroristes.

 

Opération Ménaka : action de force contre les GAT

Dans la nuit du 19 au 20 décembre 2015 dans la région de Ménaka, au Mali, les forces armées françaises sont  intervenues de vive force contre un élément du groupe terroriste « Al Mourabitoune ».

Au bilan, après 4 heures de combats violents, les forces françaises ont neutralisé une dizaine de terroristes. Elles ont également saisi une quantité très importante d’armement, d’explosifs et de munitions ainsi que deux pick-up et une dizaine de motos.

 

 De Ménaka à Beaumont : opérations dans la continuité

A l’issue de cette action de force, Barkhane et les forces armées maliennes (FAMa) se sont déployés du 21 décembre 2015 au 3 janvier 2016 sur cette zone d’opération—la région de Ménaka au Mali.

Après avoir neutralisé des GAT, il s’agissait de maintenir la pression en effectuant des missions de contrôle de zone.

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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 13:30
photo EMA / Armée de l'Air

photo EMA / Armée de l'Air

 

08/01/2016 Sources : Etat-major des armées

 

Mis sous pression par les opérations coordonnées de la Coalition, Daech a perdu l’initiative sur le terrain et recule – en Irak comme en Syrie.  Bien qu’il faille conserver à l’esprit que le succès de ces opérations s’inscrira dans le temps long, la situation tactique témoigne d’une amélioration. Militairement, Daech est ainsi depuis quelques semaines sur la défensive et ne peut revendiquer de gains territoriaux d’importance.

 

Situation tactique en Syrie

 

Daech est mis en difficulté par les forces locales ainsi que par les frappes de la Coalition. Ces dernières visent en priorité les capacités de commandement , de financement et la logistique de ce groupe terroriste.

 

Focus : situation tactique en Irak

 

Appuyées par les raids aériens de la Coalition, les troupes irakiennes maintiennent leurs efforts et obtiennent des gains territoriaux. L’intensification des appuis aériens fournis par la Coalition depuis le mois de novembre ont ainsi rendu possible les offensives sur Baiji, Sinjar et Ramadi.

Depuis novembre 2015 à Baiji, les forces irakiennes consolident les positions reconquises à Daech et luttent contre des poches de résistances.

La Coalition maintient un effort sur les zones clés du terrain dans le nord du pays – plus particulièrement entre Sinjar et Mossoul. Il s’agit de contrôler l’axe reliant Mossoul à Raqqah, afin d’asphyxier les flux logistiques de l’organisation terroriste.

 

Opérations en cours : reprise progressive de Ramadi

A Ramadi, les forces irakiennes sont en train de reprendre progressivement le contrôle de la ville qui était tenue par Daech depuis le 18 mai 2015 . Après avoir pénétré dans les faubourgs , elles sont aujourd’hui en train de s’emparer du centre-ville. Cette opération prendra du temps, car Daech tient la ville depuis 6 mois.

De mai à décembre 2015, la force Chammal a réalisé 49 frappes au profit des troupes au sol engagées dans la conquête de Ramadi.

En complément de ces opérations aériennes, la Coalition et les forces françaises sont engagées dans la formation des forces irakiennes – en particulier celles de l’ICTS qui prennent part au combat en cours dans Ramadi.

 

2 500 militaires irakiens formés par les soldats français en 2015

En 2015, 2 500 militaires irakiens ont été formés par les forces françaises.

Cette formation est assurée à Bagdad et Erbil. Elle porte sur des instructions spécialisées et repose sur 2 piliers complémentaires.

- A Bagdad, pour l’ICTS, l’objectif visé est de former aux savoir-faire tactiques et techniques sur des domaines indispensables aux combats menés contre Daech : combat en zone urbaine, lutte contre les engins explosifs improvisés (IED), sauvetage au combat, combat d’infanterie.

- Pour l’état-major de la 6e division d’infanterie de l’armée irakienne, les forces françaises conseillent l’état-major sur la planification et la conduite des opérations et assurent la formation de formateurs irakiens.

 

Irak-Syrie : bilan des opérations aériennes de Chammal

Du 16 décembre 2015 au mardi 05 janvier 2016,  les équipages français ont réalisé 209 sorties aériennes au-dessus des zones contrôlées par Daech en Irak et en Syrie, dont  :

- 159 de bombardement en appui des troupes irakiennes au sol ou sur objectif planifié ;

- 25 de recueil de renseignement ;

- 18 opérations de ravitaillement en vol.

 

Au total, 52 frappes ont permis de détruire 96 objectifs de Daech. En 3 semaines, 48 frappes d’appui au sol ont été réalisées au profit des troupes irakiennes et 4 raids  ont été menés sur des objectifs planifiés en Irak et en Syrie :

    le 19 décembre 2015 en Syrie, les Mirage 2000 et les Rafale de l’armée de l’air ont frappé un site de production pétrolière dans la région de Raqqah ;

    le 22 décembre 2015, les Super-Etendard du GAN ont frappé en Irak un centre logistique situé entre Ramadi et Fallujah ;

    le 1er janvier, des Mirage 2000 ont frappé deux installations pétrolières dans le Sud de Raqqah en Syrie ;

    le 02 janvier, des Rafale ont détruit un centre de production et de stockage d’armement au Nord-Est d’Alep en Syrie avec des missiles SCALP.

 

Bilan depuis le début de l’engagement au Levant

Depuis le 19 septembre 2014 : 2839 sorties, 399 frappes, 730 objectifs neutralisés par les forces armées françaises de l’opération Chammal.

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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 11:45
Gergovie: une vaste opération militaire coordonnée FAMA/MINUSMA dans le Secteur Ouest

 

8 janv. 2016 par MINUSMA

 

Du 8 au 18 décembre, la Force de la MINUSMA a mené une opération dénommée “Gergovie” dans les zones de Nampala, Diabaly, Léré et Lerneb. L’objectif visait à gêner les activités des groupes armés hostiles et protéger les populations de ces zones.

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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 08:35
photo EMA

photo EMA

 

28/12/15 LaCroix.com

 

Recrutés par l’armée française lorsqu’elle intervenait en Afghanistan, des dizaines de traducteurs afghans gagnent désormais l’Hexagone pour échapper aux représailles des talibans

 

Kachef n’oubliera jamais son premier jour en France. Ou plutôt sa première nuit. « J’ai dormi plusieurs heures d’affilée, s’exclame le sexagénaire afghan, œil vif et rides en pagaille, arrivé sur notre sol il y a quelques jours seulement. Dormir ainsi, ça ne m’était plus arrivé depuis des mois… ». Depuis le retrait des forces tricolores des plaines afghanes en 2012, cet ancien traducteur de l’armée française ne fermait plus l’œil que par intermittence, entre deux tours de ronde sur le toit de son immeuble. Aujourd’hui, accueilli par la France, il s’émerveille de tout. De si peu en tout cas. « Marcher dans la rue sans avoir peur, c’est… c’est magique », explique-t-il, en cheminant dans les rues pourtant bien sombres entourant le foyer social qui l’accueille avec ses deux fils à Saint-Denis.

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 20:30
photo Composante Marine / Belgian Navy

photo Composante Marine / Belgian Navy

 

04/01/2016 Sources : État-major des armées

 

Le 03 janvier 2016, la frégate belge Leopold 1er a quitté le Groupe aéronaval (GAN) constitué autour du porte-protection aérienne et anti-sous-marine du GAN.avions Charles de Gaulle. Le Léopold 1er contribuait depuis le départ de Toulon le 18 novembre 2015 à la protection aérienne et anti-sous-marine du GAN.

 

Le 03 janvier 2016, la frégate belge Léopold 1er a appareillé du Royaume de Bahreïn pour poursuivre une mission nationale. Elle accompagnait le porte-avions Charles de Gaulle depuis le 18 novembre 2015, date à laquelle il avait quitté son port base de Toulon.

 

La frégate belge Léopold Ier a participé avec les frégates françaises La Motte-Picquet,  Chevalier Paul et Provence, la frégate allemande Augsburg et la frégate britannique HMS Defender, à l’escorte du porte-avions Charles de Gaulle. Les capacités multi-missions du Léopold Ier ont contribué à la protection aérienne et anti-sous-marine du GAN. La frégate Belge a démontré sa parfaite interopérabillité avec le GAN. L’Alouette III embarquée à bord du Léopold Ier a d’ailleurs été employée, pour la première fois puis à de nombreuses reprises, pour assurer la fonction de Pedro - hélicoptère qui est en vol lors des manœuvres aviation pour être en mesure de porter secours aux pilotes qui devraient s’éjecter.

 

Le Léopold Ier a été déployé en Méditerranée orientale entre le 23 novembre et le 06 décembre  2015 puis dans le Golfe Arabo Persique depuis le 20 décembre 2015 pour participer aux opérations de lutte contre le groupe terroriste Daech en Irak et en Syrie.

Le 30 novembre 2015, le contre-amiral René-Jean Crignola s’est rendu à bord de la frégate Léopold Ier.  Il s’est alors entretenu des aspects opérationnels de la mission en cours avec le capitaine de frégate breveté d’état-major Luc J.J. De Maesschalck, commandant la frégate belge. Il avait aussi félicité l’équipage pour la qualité remarquable de la contribution du Léopold 1er à l’action du Groupe Aéronaval au cours de ces premières frappes.

 

Un mois plus tard, le 30 décembre 2015 et plus de 13000 nautiques parcourus depuis le départ de Toulon, lors de l’escale de Bahreïn, le contre-amiral Crignola a présidé une cérémonie de remise de décorations au profit de l’équipage du Léopold 1er. Les marins belges se sont vus remettre la Médaille Outre-Mer avec agrafe Moyen-Orient pour leur participation au déploiement Arromanches 2 et l’excellence de leur performance. A cette occasion, le CTF a rappelé que le Léopold 1er avait été un élément incontournable de cette mission, contribuant à chaque instant à la protection du porte-avions Charles de Gaulle, et suscitant l’admiration de ses pairs par le professionnalisme et les compétences de très haut niveau de l’équipage.

 

La coopération militaire bilatérale avec la Belgique se traduit par un dialogue régulier entre états-majors et une convergence de vue sur les enjeux sécuritaires en Afrique et au Levant. En opération, les forces françaises et belges sont essentiellement déployées dans le cadre d’engagements multilatéraux au sein de l’Union européenne, de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, de l’Organisation des Nations Unies, ou au titre de coalitions, comme c’est le cas pour les opérations menées en Méditerranée orientale et dans le Golfe Arabo Persique. La France et la Belgique se trouvaient ici, en première ligne de la lutte contre Daech.

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 19:55
Audition de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, sur les opérations en cours (1 Dec 2015)

 

01.12.2015 Commission de la défense nationale et des forces armées - Compte rendu n° 22

 

Note RP Defense: il a fallu plus d'un mois à l'Assemblée nationale pour publier ce compte-rendu.

 

Mme la présidente Patricia Adam. Mes chers collègues, huit députés et sénateurs – MM. Francis Hillmeyer, Alain Marty, Gwendal Rouillard, Gilbert Le Bris, Jean-Marie Bockel, Jacques Gautier, Xavier Pintat, Daniel Reiner et moi-même – se rendront demain à Berlin pour rencontrer leurs homologues allemands dans le cadre de nos réunions bilatérales régulières. Cette entrevue s’annonce d’autant plus intéressante qu’elle interviendra le jour où le Bundestag aura à se prononcer sur la proposition de la chancelière, Mme Angela Merkel, de faire entrer l’Allemagne dans la coalition luttant contre Daech en Syrie.

 

M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense. L’opération intérieure (OPINT) Sentinelle mobilise aujourd’hui 10 000 hommes, dont 6 500 en Île-de-France ; nous disposons également, au sein de cet ensemble, d’une réserve de 500 hommes que l’on pourrait déployer en cas d’urgence, notre pays restant exposé à la survenue d’autres attentats. L’armée agit conjointement avec les forces de sécurité intérieures, le tout est placé sous l’autorité des préfets de zone et du préfet de police à Paris. On rénove en urgence des bâtiments et on dégage des financements supplémentaires pour l’hébergement et les installations sanitaires destinés à accueillir les 3 000 nouveaux militaires qui sont venus renforcer le contingent de 7 000 personnes déployées avant les attentats du 13 novembre dernier. Deux visites de terrain m’ont montré que le dispositif fonctionnait bien et qu’il comprenait désormais des patrouilles et non plus seulement des positionnements statiques, celles-là ne protégeant pas moins bien que ceux-ci. Les soldats garantissent également la sécurité de la 21e conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP-21) sur terre et dans les airs – 500 aviateurs assurent ainsi la sécurisation du ciel parisien pendant la conférence, et notamment lors de la présence de chefs d’État et de gouvernement en Île-de-France.

 

Au Levant, nous frappons Daech depuis septembre 2014 et nous avons obtenu des résultats significatifs en Irak, notamment à Sinjar et à Baïji. Des massacres d’habitants yézidis ont été perpétrés par Daech au mont Sinjar il y a un an et demi, mais cette ville vient d’être reprise. La reconquête de Baïji s’est opérée alors qu’elle paraissait incertaine, et des combats se déroulent actuellement à Ramadi. Après avoir été bloqué, Daech recule maintenant en Irak, même si la coalition n’est pas encore en mesure de reprendre Mossoul. La France effectue des frappes en Irak et forme des peshmergas à Erbil et les forces d’élite de l’ICTS à Bagdad.

 

Nous avons intensifié nos frappes en Syrie, à la mesure de l’agression subie le 13 novembre dernier. Plus puissantes et plus fréquentes, nos frappes ont détruit un centre de fabrication d’engins explosifs improvisé à al-Qa’im, ville située à la frontière irako-syrienne. Depuis les attentats, nous avons mené treize raids, dont huit à Raqqa, et avons anéanti des centres de commandement, des camps d’entraînement et des centres logistiques.

 

Le porte-avions, actuellement en mer Méditerranée orientale, permet de tripler la capacité d’action. Seul porte-avions présent dans cette zone, il rejoindra dans quelques jours le golfe arabo-persique où il restera en mission jusqu’au mois de mars 2016. Nos avions au sol se trouvent actuellement positionnés en Jordanie et à al-Dhafra aux Émirats arabes unis.

 

Les États-Unis intervenaient jusqu’à présent beaucoup moins en Syrie qu’en Irak, mais ils ont assoupli les règles d’engagement et frappent de plus en plus en Syrie. Nos contacts se sont intensifiés et des instructions spéciales ont été signées pour que nous bénéficiions aujourd’hui d’une forme de « Five eyes » plus, c’est-à-dire de modalités d’échange de renseignements opérationnels plus fluides. J’ai des entretiens très fréquents avec mon homologue américain, M. Ashton Carter, le dernier ayant eu lieu hier soir.

 

Demain, la chambre des Communes britannique se prononcera sur la participation militaire du Royaume-Uni à la coalition contre Daech en Syrie. Il semble qu’un vote positif se dessine, ce qui constituerait une bonne nouvelle. J’ai publié une tribune dans le journal The Guardian dans laquelle je faisais part du désir de la France de voir le Royaume-Uni nous rejoindre. Par ailleurs, j’entretiens une relation très confiante avec le ministre de la Défense britannique, M. Michael Fallon.

 

La Russie et l’Iran ont participé à la dernière réunion du processus de Vienne, qui a eu lieu le 14 novembre dernier. Le communiqué publié à l’issue de la rencontre préconisait la tenue de négociations inter-syriennes, un cessez-le-feu généralisé, un calendrier de transition, et ne mentionnait pas le sort de Bachar el-Assad. Nous espérons que cette démarche aboutira à un cessez-le-feu et à un véritable dialogue, à l’issue de la phase de transition de six mois qui s’ouvre à partir du 1er janvier prochain. Dans le cadre du processus de Vienne, les groupes armés syriens non-terroristes et des opposants politiques au régime de Damas se réuniront dans quelques jours à Riyad, afin de préparer une rencontre avec des représentants du gouvernement de Bachar el-Assad. Nous nous trouvons donc peut-être au début d’un processus politique porteur. Il reviendra aux diplomates de définir ensuite les contours de la transition.

 

Avec le président de la République et le ministre des Affaires étrangères et du développement international, nous avons rencontré nos homologues russes à Moscou le 26 novembre dernier. Les commandants du groupe aéronaval français, positionnés en mer Méditerranée orientale, et du groupe naval russe, organisé autour du croiseur Moskva, se sont rencontrés pour harmoniser leur action et éviter les incidents en mer. Cela n’est pas négligeable, car cela faisait longtemps qu’une telle coordination n’avait pas été mise en œuvre. Par ailleurs, nous avons décidé de renforcer les échanges entre nos services de renseignement, afin notamment d’identifier des russophones interceptés par les Français et des francophones par les Russes. Comme vous le savez, toute coopération en matière de renseignement repose sur l’échange et ne peut être enclenchée que par une décision politique. C’est celle, logique, que nous amorçons aujourd’hui avec les Russes.

 

Nous avons demandé à la Russie d’intensifier ses frappes sur Daech, car nos services ont relevé que celles-ci se concentraient au nord-ouest et autour d’Alep, là où les forces de Bachar el-Assad affrontent l’insurrection, et visaient jusque-là très peu Daech. Il y a deux semaines, la Russie a augmenté un temps ses frappes contre Daech, mais ce rythme s’est ralenti depuis qu’un de ses appareils a été abattu par la Turquie ; en tout état de cause, l’inflexion constatée n’a pas entraîné la fin des frappes contre l’insurrection. Le président de la République et le président Vladimir Poutine ont demandé qu’on se mette d’accord sur l’identité de ceux sur lesquels il conviendrait de ne pas frapper. De notre côté, la situation est simple, puisque nous ne visons que Daech. Mon homologue russe et moi-même dresserons un bilan de ces engagements.

 

Malgré la pesanteur du dispositif et la nécessité d’aller plus vite, l’action en Irak commence à porter ses fruits et les forces kurdes et irakiennes tiennent le terrain reconquis. En Syrie, au-delà des frappes il conviendra de s’appuyer sur les forces locales, dont les unités de protection du peuple (YPG) kurdes et des groupes arabes sunnites armés par la coalition, pour reprendre et occuper les zones du territoire syrien contrôlées aujourd’hui par Daech. Cette entreprise demandera du temps.

 

La Jordanie et le Liban sont aujourd’hui fragiles ; la France utilise une base aérienne jordanienne, ce qui contribue à sanctuariser le territoire de ce pays. Au Liban, l’absence de gouvernement, la faiblesse de l’armée et l’afflux de réfugiés placent le pays dans une situation difficile. Nous comptons 900 hommes au sein de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) et cette présence, appelée à durer, contribue, là aussi, à assurer l’intégrité de ce pays. Nous devons renforcer notre soutien à l’armée libanaise et tenter de poursuivre le partenariat avec l’Arabie saoudite visant à équiper les forces libanaises. Tous les objectifs du programme auront été atteints en 2015, et il faut s’atteler à le remettre en œuvre l’année prochaine.

 

J’ai déjà fait part à plusieurs reprises à la commission de ma préoccupation sur la situation libyenne, et mes inquiétudes ne font que croître. Je vous avais avertis que Daech allait s’implanter en Libye, et nous ne pouvons que constater son expansion dans ce pays. Les quelque 3 000 combattants de Daech progressent vers le sud à partir de Syrte en achetant des tribus et en obtenant l’allégeance de groupes qui trouvent là un projet et une organisation, dans le contexte de la division du pays entre les deux pouvoirs de Tobrouk et de Tripoli. Daech cherche à accaparer le pétrole du Sud de la Libye ; en outre, il pourrait opérer une jonction avec Boko Haram s’il pénétrait loin au Niger et au Nord du Tchad. Le président tchadien, M. Idriss Déby, partage mon inquiétude à ce sujet. La seule solution est de nature politique : les Égyptiens et les Algériens doivent trouver une solution de sortie de crise ; ces pays ne sont pas ennemis, mais les premiers privilégient excessivement l’option militaire quand les seconds se reposent trop sur la diplomatie. Le nouveau représentant du Secrétaire général des Nations unies pour la Libye, M. Martin Kobler devrait proposer un scénario permettant la mise en place d’un gouvernement d’union nationale de transition, dont il faudra assurer la sécurité, notamment via la formation d’une armée efficace. Les forces de l’opération de l’Union européenne (UE) Sophia, qui vise à contrôler les flux de migrants provenant de Libye et qui dispose de moyens importants, ont besoin de l’autorisation d’un gouvernement libyen reconnu pour pénétrer dans les eaux territoriales de la Libye et agir efficacement. La situation en Libye s’avère redoutablement complexe et risque de le devenir de plus en plus. M. León était presque parvenu à un règlement, mais son entreprise a échoué. Si l’on réunit les forces militaires de Tripoli et de Tobrouk, Daech ne pourra pas faire face.

 

Notre présence au Mali et au Niger s’inscrit dans la durée ; implantés dans des sites avancés comme Faya Largeau, Abéché, Tessalit et Madama, nous venons de renforcer notre positionnement dans cette dernière ville. Nous conduisons très régulièrement des opérations avec les forces nigériennes, maliennes voire tchadiennes. La dernière mission, Vignemale, a permis de découvrir des caches d’armes et de procéder à des neutralisations. Si l’on cessait ces actions régulières dans le cadre de l’opération Barkhane, les groupes djihadistes se reconstitueraient.

 

Au Mali, le processus vertueux se poursuit malgré l’attentat de Bamako le 20 novembre dernier. L’accord d’Alger entre la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et la plateforme pro-gouvernementale se met en œuvre et des patrouilles communes sont même déployées. Il conviendra d’intégrer ce processus dans la mission d’entraînement de l’Union européenne, EUTM-Mali, afin que cette dernière gère le mouvement de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR). J’ai fait part de ce projet de changement d’orientation de la mission EUTM-Mali à mes collègues européens, qui devraient l’accepter. Cela permettra de favoriser la formation de ceux qui veulent participer à la reconstitution de l’armée malienne.

 

Certains groupes armés terroristes – al-Mourabitoune, né de la fusion du MUJAO et des Signataires par le sang, et dirigé par Mokhtar Belmokhtar, l’auteur de la prise d’otages meurtrière d’In Amenas en Algérie, et Ansar Eddine de Iyad Ag Ghali – refusent cette logique d’apaisement et sont alliés à al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), Daech étant absente de cette région. La formation Ansar Eddine a permis la résurgence du Front de libération du Macina, groupe peul vivant de commerce et de brigandage et qui mène quelques actions terroristes. Les chefs de ces organisations souhaitent saboter le processus de paix. Al-Mourabitoune et Ansar Eddine ont tous deux revendiqué l’attentat de Bamako, mais il apparaît de plus en plus que c’est al-Mourabitoune qui l’a commis. Cet attentat fait suite à celui du 7 mars 2015, perpétré par le même groupe à Bamako ; nous devons donc continuer à nous battre pour éliminer ces groupes – peu nombreux mais difficiles à arrêter puisqu’ils utilisent des kamikazes –, mais la situation globale s’améliore tout de même.

 

La force multinationale mixte, animée par le Nigeria, le Tchad, le Niger et le Cameroun, a repris l’initiative face à Boko Haram et on peut faire preuve d’optimisme sur ce théâtre d’opérations. M. Déby m’a confirmé ce matin que cette force s’organisait sérieusement et allait bénéficier d’un véritable état-major associant les quatre pays. Il s’agit d’un progrès considérable, car seuls le Niger et le Tchad se parlaient il n’y a pas si longtemps ; le remplacement de M. Goodluck Jonathan par M. Muhammadu Buhari à la tête du Nigeria et la prise de conscience du président camerounais, M. Paul Biya, qui a compris qu’il ne pouvait pas se désintéresser de ce sujet favorisent cette évolution. Nous apportons à cette coalition un soutien logistique et technique, facilité par la localisation à N’Djamena des états-majors de cette force et de Barkhane. Boko Haram se trouve réduit à conduire des opérations terroristes contre lesquelles il faudra encore lutter. M. Déby évalue cette période à deux à trois ans, mais malgré la longueur nécessaire de l’effort, je suis assez optimiste sur la situation de ce front. Il n’existe pas encore de signes montrant un lien vraiment concret entre Boko Haram et Daech, même si le premier s’est officiellement rallié au second.

 

Nous nourrissions beaucoup d’inquiétudes pour la visite du pape en République centrafricaine (RCA), qui aurait pu être l’occasion de manifestations et d’échauffourées. Tout s’est finalement bien déroulé et cette journée marquera peut-être une étape dans la pacification du pays. Le référendum constitutionnel aura lieu le 13 décembre prochain et les premiers et seconds tours des élections présidentielle et législative se tiendront les 27 décembre et 31 janvier prochains. Les candidats se préparent et 90 % de la population sont inscrits sur les listes électorales. Je plaiderai auprès de nos partenaires européens pour transformer la mission d’assistance européenne EUMAM à l’état-major des forces armées centrafricaines (FACA) en mission de type EUTM-Mali – avec un périmètre plus modeste, le pays étant moins peuplé ; il me semble que je pourrai là aussi obtenir satisfaction. Certains pays se sont ainsi déjà manifestés pour entrer dans le dispositif et permettre au nouveau président ou à la nouvelle présidente de bénéficier d’un nouvel outil armé crédible. Les 900 hommes de la force Sangaris resteront en RCA jusqu’à la fin du processus électoral, puis nous engagerons le processus de réduction de nos effectifs, comme je l’ai déjà dit à la chef de l’État de transition, Mme Catherine Samba-Panza.

 

Mme Geneviève Gosselin-Fleury. Monsieur le ministre, l’Allemagne a annoncé il y a quelques jours qu’elle allait aider la France dans sa lutte contre Daech en déployant 1 200 militaires, soit son plus gros déploiement en cours à l’étranger. Quel rôle joueront les militaires allemands ? Renforceront-ils la coalition contre Daech ?

 

M. Jean-François Lamour. Monsieur le ministre, l’une des réponses apportées aux attentats du 13 novembre réside dans l’augmentation des effectifs de la force opérationnelle terrestre (FOT) de 66 000 à 77 000 hommes. Les premiers recrutements auront lieu dans le cadre de l’exécution du budget pour l’année 2016 et auront besoin d’être formés. Ces soldats ne seront donc pas opérationnels avant la fin de l’année 2016 voire le premier trimestre 2017.

La radicalisation d’un certain nombre de personnels civils d’Aéroports de Paris et de la RATP suscite des inquiétudes sur le profil potentiel de nouvelles recrues de la FOT. Beaucoup de jeunes accourent dans les centres de recrutement : il s’agit d’une bonne nouvelle, mais il convient d’opérer un tri. La direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD) est chargée de ce rôle, alors qu’elle a déjà fort à faire avec la sécurisation des emprises militaires. Qu’est-ce qui nous garantit que la DPSD se trouve armée pour effectuer cette sélection ? Ses effectifs ont-ils été augmentés ? Ses personnels sont-ils capables de distinguer les bonnes recrues des mauvaises ? Si tel n’était pas le cas, des services de renseignement comme la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) peuvent-ils participer à cette tâche de criblage ?

 

M. Jean-Jacques Candelier. Je vous remercie, monsieur le ministre de votre disponibilité et des informations que vous nous avez transmises. La France est-elle prête à revoir ses liens économiques avec les pétromonarchies comme l’Arabie saoudite et le Qatar, dont le rôle, dans la lutte contre Daech, s’avère ambigu ?

Notre pays se trouve engagé dans de nombreuses opérations extérieures (OPEX). Quel est leur coût en 2015 ?

La guerre contre Daech ne se gagnera pas uniquement par des bombardements : quels sont les moyens supplémentaires mis en place pour atteindre notre objectif ? Quel soutien comptons-nous apporter aux forces kurdes ?

Où en est-on de la constitution de la large coalition voulue par M. Hollande ? Celle-ci ne me semble pas être la panacée.

 

M. Philippe Folliot. Monsieur le ministre, sans action rapide et énergique en Libye, Daech progressera comme en Irak et en Syrie. Vous avez souligné avec raison que la solution passait par l’engagement de l’Égypte et de l’Algérie. Nos relations historiques avec l’Algérie et présentes avec l’Égypte sont fortes : la France a donc un rôle particulier à jouer, et l’intérêt de l’UE à agir s’avère grand car la Libye se situe plus près de nos côtes que ne le sont la Syrie et l’Irak. L’UE, absente diplomatiquement jusqu’à présent, agit-elle, avec la France, pour éviter que la situation irakienne et syrienne ne se reproduise en Libye ?

 

M. Jean-Michel Villaumé. Le Premier ministre a indiqué ce matin que la Libye constituait le grand dossier à traiter dans les mois à venir. Monsieur le ministre, vous restez partisan d’une solution politique et diplomatique dans ce pays, mais le chef du gouvernement algérien a récemment affirmé dans Le Monde souhaiter une intervention militaire il y a une dizaine de jours. En outre, les Égyptiens ont fait part de leurs inquiétudes sur l’évolution du problème libyen.

 

M. Alain Moyne-Bressand. Monsieur le ministre, vous nous donnez des informations sur les moyens financiers de l’État islamique, mais il me semble que plusieurs pans de ses ressources et de ses soutiens nous restent inconnus. Êtes-vous d’accord pour qu’une commission d’enquête parlementaire étudie cette question ?

Disposons-nous de suffisamment de moyens financiers pour gagner la guerre dans laquelle nous sommes engagés ? À combien les évaluez-vous ?

 

M. le ministre. Madame Gosselin-Fleury, la participation allemande représente un acte politique très important, puisque mon homologue allemande, Mme Ursula von der Leyen, s’est beaucoup engagée dans ce dossier et propose d’envoyer 1 200 hommes, mobilisation que devra autoriser le Bundestag. Une frégate allemande rejoindra notre porte-avions, des missions de reconnaissance seront assurées par quatre à six Tornados allemands et des avions ravitailleurs seront mis en place au Levant. L’Allemagne contribuera également à la MINUSMA avec 650 hommes pour alléger notre tâche au Mali ; par ailleurs, elle renforcera ses actions de formation militaire à Erbil. La presse a eu raison de souligner le caractère exceptionnel de cet engagement.

 

Monsieur Lamour, la première vague de renforcement de la FOT a eu lieu dès cette année et se poursuivra l’année prochaine. Le chiffre des recrutements dans l’armée de terre en 2015 comprend les 5 000 nouveaux soldats qui n’étaient pas prévus dans la planification initiale. Il faudra former ces personnels, mais le processus est en cours. Nous avons décidé d’engager 200 personnes à la DPSD, afin notamment qu’elle ait les moyens de s’assurer de la qualité des personnes recrutées. Il y a lieu d’être vigilant, y compris pour les effectifs actuels, mais notre service de renseignement s’avère très performant.

 

Monsieur Candelier, les OPEX représentent un coût de 1,1 milliard d’euros pour l’année 2015 ; ce montant, à l’intérieur duquel les surcoûts s’élèvent à 650 millions d’euros, est totalement couvert par un financement interministériel, comme je m’y étais engagé. S’agissant des ambiguïtés des pétromonarchies, j’attends les preuves ! Si elles existent, qu’on me les fournisse ! Des doutes et des interrogations existent, mais l’Arabie saoudite et le Qatar sont engagés dans la coalition. Ils ne contrôlent peut-être pas l’action de l’ensemble de leurs ressortissants, mais, comme le président de la République, le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères et du développement international et moi-même l’avons déjà dit, nous ne disposons pas d’éléments accréditant vos assertions. Si vous en avez, mettez-les sur la table, je serais le premier intéressé. Nous soutenons les forces kurdes, et celles-ci pourraient participer à la reconquête des territoires aujourd’hui contrôlés par Daech. Les États-Unis renforcent leur action et de nombreux pays rejoignent la coalition, qui s’agrandit de fait ; à part l’Espagne, qui se trouve en période électorale, et le Portugal, dont le nouveau gouvernement s’installe en ce moment, tous les pays de l’UE contribuent à l’effort commun. Même le Luxembourg participe et fournira des munitions et du transport tactique ; certains pays combattront au Levant et d’autres allégeront le poids de notre engagement en Afrique.

 

M. Jean-Jacques Candelier. Il n’y a que quatre pays qui effectuent des frappes !

 

M. le ministre. Oui, en Syrie, il n’y en a même en ce moment que deux, même si j’espère qu’il y en aura bientôt trois. Quant à la Russie, je vous ai indiqué l’état de nos relations, si bien qu’il me semble que la coalition se trouve en phase de cristallisation.

 

Messieurs Folliot et Villaumé, nous entretenons en effet de bonnes relations avec l’Égypte, qui ne cessent de s’approfondir. J’ai ainsi rencontré cinq fois M. Abdel Fattah al-Sissi, président de ce pays. L’Égypte a une approche plus militaire que l’Algérie du conflit libyen ; l’Histoire explique cette différence, et nous devons les convaincre de prendre des initiatives communes. La mission des Nations unies recommence avec la nomination de M. Kobler, et nous devons travailler à sa réussite. Les acteurs libyens sentent que s’ils ne trouvent pas de solution, Daech la trouvera pour eux. L’organisation terroriste sera peut-être l’élément fédérateur de la réconciliation libyenne. La Turquie, le Qatar, l’Égypte, l’Algérie et le Tchad peuvent avoir une influence sur certains acteurs libyens. Il faut consentir cet effort collectif, car il n’existe pas de solution alternative. Personne n’envisage en effet que des pays européens mènent une action militaire au sol en Libye.

 

Monsieur Moyne-Bressand, nous avons les moyens financiers de gagner la guerre. La loi de programmation militaire (LPM) actualisée intègre l’opération Chammal, et le financement interministériel des surcoûts des OPEX est assuré chaque année depuis que j’exerce mes fonctions. Cette opération ne mobilise encore qu’un petit millier d’hommes, stationnés à al-Dhafra, Erbil, Bagdad et sur notre base aérienne en Jordanie. La décision de créer une commission d’enquête sur le financement de Daech relève du Parlement.

 

Mme la présidente Patricia Adam. La conférence des présidents a ce matin décidé la création d’une mission d’information à ce sujet.

 

M. le ministre. La Turquie s’est montrée, à un moment donné, trop peu agressive dans le contrôle des ressources pouvant alimenter Daech ; je n’accuse pas le gouvernement turc, mais il est certain que Daech a pu vendre en abondance du pétrole au marché noir. Les contrôles se révèlent aujourd’hui plus stricts, mais la Turquie doit mieux surveiller les 200 kilomètres de sa frontière avec la Syrie qui ne sont pas tenus par les Kurdes. De nombreux trafics se déroulent dans cette zone très poreuse, même si la Turquie a opéré une reprise en main depuis qu’elle a été frappée par des attentats.

 

M. Eduardo Rihan Cypel. Mme Nathalie Goulet, sénatrice de l’Orne, a déjà publié un excellent rapport sur les financements de Daech au nom de l’assemblée parlementaire de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN).

Monsieur le ministre, le président de la République a affirmé lors de la réunion du congrès à Versailles, le 16 novembre dernier, que le pacte de sécurité l’emportait sur celui de stabilité. Hormis l’Allemagne, quel pays européen a accru son effort contre Daech ? L’UE a-t-elle augmenté son soutien financier aux pays luttant dans la coalition en Syrie et en Irak ? Il faudrait exclure les dépenses d’investissement dans la défense sortent du calcul du déficit budgétaire transmis à la Commission européenne. L’UE accepterait-elle cette évolution ?

 

M. Serge Grouard. Éradiquer Daech nécessite le déploiement de forces au sol – pas nécessairement les nôtres – car reprendre une ville comme Raqqa sera difficile. Quelle évaluation faites-vous des forces actuellement en présence sur le terrain ?

Monsieur le ministre, votre inquiétude sur la Libye s’avère largement partagée ; vous avez affirmé que Daech comptait sur 3 000 combattants en Libye, ce nombre étant compris entre 40 000 et 50 000 en Syrie et en Irak. Lorsque les Soviétiques se sont retirés d’Afghanistan, les combattants qui allaient former al-Qaïda ont également quitté le pays pour essaimer dans d’autres régions : craignez-vous le même phénomène ?

La constitution du fichier de données des passagers (PNR pour Passenger name record) européen accuse du retard. À la suite de la loi de programmation militaire, un décret de septembre 2014 a créé un traitement de données à caractère personnel dénommé « système API-PNR France » pour compenser le piétinement européen ; ce mécanisme devait se déployer en 2015 : où en est-on ?

 

M. Christophe Guilloteau. Le président des États-Unis, M. Barack Obama, a annoncé aujourd’hui l’envoi de forces spéciales américaines au sol. La France compte-t-elle faire de même ?

Le 27 novembre dernier, le gouverneur militaire de Lyon, le préfet du Rhône et le maire de Lyon ont organisé un spectacle médiatique en pleine période de réserve due à la campagne électorale. Ils sont allés à la rencontre des citoyens pour échanger sur les problèmes de sécurité. Monsieur le ministre, je vous remercie de rappeler au gouverneur militaire que, président du conseil départemental, je fais face aux mêmes problèmes de sécurité que le maire de Lyon. Le gouverneur militaire devrait nous informer et ne pas privilégier les caméras.

 

M. Michel Voisin. De l’Afghanistan à la Mauritanie, on retrouve de nombreuses forces djihadistes, et nous sommes engagés sur de nombreux fronts dans cette région. Nous allons nous essouffler et notre armée se trouve à bout de forces malgré le mérite de ceux qui la servent. Monsieur le ministre, les propos du Premier ministre critiquant les parlementaires se rendant sur place m’ont choqué. Effectuer ce type de déplacements fait partie de notre mission, et je n’ai d’ailleurs fait aucune déclaration à la presse à propos de notre récent déplacement en Syrie. Les parlementaires montrent beaucoup de courage lorsqu’ils décident d’étudier la situation à l’étranger et leur expérience peut s’avérer fort utile.

On évalue les troupes de l’État islamique en Syrie à 20 000 combattants, qui sont accompagnés de 20 000 autres personnes dont 1 400 à 2 000 Français. Comment peut-on éradiquer ce mouvement ? Nous appréhendons la situation pays par pays, alors que le problème du djihadisme est global. Je suis favorable à l’instauration de la commission d’enquête à laquelle M. Alain Moyne-Bressand a fait allusion, car les personnes auditionnées doivent y prêter serment contrairement à la mission d’information. Monsieur le ministre, croyez-vous que nous disposons des moyens suffisants pour suivre toutes les opérations dans lesquelles nos forces sont engagées ? Notre armée défend l’Europe et il conviendrait de répartir le financement de ces opérations entre l’ensemble des pays de l’UE. Nous pourrions ainsi éviter l’épuisement de nos forces militaires.

 

M. Charles de la Verpillière. Monsieur le ministre, vous avez affirmé que les Kurdes du PYD et d’autres troupes arabes sunnites pourraient constituer les forces luttant au sol contre Daech en Syrie ; vous en excluez donc beaucoup de monde : les Américains, les Européens, les Russes, les Iraniens, les Turcs, les troupes de Bachar el-Assad et, en raisonnant in abstracto, et les Israéliens ! Il ne reste donc plus beaucoup de combattants à envoyer sur le terrain. Pouvez-vous nous préciser votre pensée ?

L’incident aérien entre les Turcs et les Russes est intervenu exactement au moment où l’on cherche à former une coalition internationale pour combattre en Syrie. Il a été provoqué car il sert à la fois les Russes et les Turcs. Qu’en pensez-vous ?

 

M. Francis Hillmeyer. L’opération Sentinelle vise à rassurer la population, mais ne peut pas empêcher la commission d’attentats comme ceux du 13 novembre. Vous avez évoqué la création d’une garde nationale constituée de réservistes. Pourrait-on augmenter le nombre de jours de disponibilité des réservistes afin de rendre le dispositif plus opérationnel ? Comment lever le frein mis par les employeurs à la mobilisation des réservistes ?

 

M. le ministre. Monsieur Rihan Cypel, tous les pays de l’UE, hormis l’Espagne, le Portugal et la Pologne qui vient de changer de gouvernement, contribuent à l’effort. Ainsi, la Belgique a mobilisé une frégate appuyant le porte-avions, la Roumanie a déployé des forces au sein de Barkhane. La République tchèque, la Slovénie, la Slovaquie, la Suède, le Danemark et les Pays-Bas s’interrogent sur de possibles frappes en Syrie. Je ne reviens pas sur l’engagement allemand et sur le vote de demain à la chambre des Communes à Londres, mais l’ensemble constitue un effort significatif et supérieur à celui auquel je m’attendais. Depuis quinze jours, je n’ai pas reposé la question du financement des OPEX par l’UE, mais je la soulèverai à nouveau dès que l’opportunité se présentera.

 

Monsieur Grouard, nous évaluons à 35 000 le nombre de combattants de Daech en Irak et en Syrie. Parmi eux, 10 000 à 12 000 sont étrangers ; ils ne se trouvent pas tous à Raqqa et constituent la force principale de Daech. L’intensification des frappes désorganisera cette organisation en Syrie et, pour la première fois, elle essuie des désertions qui ont entraîné des exécutions.

 

Monsieur de la Verpillière, l’action au sol est indispensable pour reprendre les zones contrôlées par Daech, et l’on travaille sur l’hypothèse de troupes kurdes et arabes sunnites pour accomplir cette mission, une fois que les frappes auront profondément déstabilisé Daech. Il convient de ne pas répéter des erreurs passées : Raqqa est sunnite et doit donc être reconquise par des forces sunnites, afin que la population les accepte et soutienne moins Daech. Les unités réunies sous le sigle de l’armée syrienne libre (ASL) subsistent et leur résilience a même surpris les Russes. Ceux-ci effectuent des frappes depuis huit semaines, qui visent majoritairement les insurgés combattant Bachar el-Assad. L’armée gouvernementale s’est avérée moins forte que prévu – elle n’a ainsi pas reconquis de zone importante au cours de ces deux derniers mois – et l’ASL parvient à opposer une résistance significative au nord-ouest et dans la région d’Alep. L’armée officielle de la Syrie luttera peut-être un jour contre Daech, mais ce ne sera alors plus celle de Bachar el-Assad qui n’a jamais effectué le moindre raid contre le groupe terroriste.

 

Les succès de la lutte contre Daech au Levant aboutiront sans doute – on le constate déjà – à des transferts de combattants djihadistes vers la Libye. Une partie des combattants étrangers de Daech à Syrte viennent ainsi de Syrie.

 

Le projet pilote avance pour la mise en œuvre du PNR français, mais la société bénéficiaire du marché accuse un retard.

 

Monsieur Guilloteau, je ne parle jamais des forces spéciales. J’ai bien noté vos remarques sur la rencontre de Lyon.

 

Monsieur Voisin, nous nous engageons dans des opérations, mais nous nous retirons également de certaines d’entre elles : nous ne sommes plus au Kosovo, ni dans l’opération européenne Atalante, et nous espérons mettre fin à l’opération Sangaris prochainement. La qualité de nos armées nous permet de faire face aux défis et aux menaces que nous devons affronter.

 

L’incident entre la Turquie et la Russie résulte d’un conflit d’intérêts et de l’antagonisme sur les points de fond, chacun pousse l’autre à sa limite. Le pilote russe est tombé côté syrien.

 

M. Charles de la Verpillière. Le jour n’a-t-il pas été choisi ?

 

M. le ministre. Je n’en suis pas sûr. La position de la France, comme celle de l’OTAN, est d’inviter les deux parties à éviter toute escalade.

 

Monsieur Hillmeyer, l’actualisation de la LPM prévoit une augmentation de 28 000 à 40 000 du nombre des réservistes et de 75 millions d’euros de crédits supplémentaires. Le nombre de jours et la durée de la mise à disposition devront augmenter, et nous en discuterons avec le Mouvement des entreprises de France (MEDEF).

 

Mme la présidente Patricia Adam. Et avec les collectivités territoriales également !

 

M. le ministre. Bien entendu, avec tous les employeurs, de manière générale.

 

Le président de la République a annoncé lors de la réunion du Congrès à Versailles qu’il faudra renforcer les réserves et leur conférer une dimension territoriale afin de constituer une garde nationale. Je dois mettre en œuvre cette feuille de route et nous avancerons bientôt des propositions à votre commission pour que nous travaillions ensemble sur ce sujet. J’ai déposé un amendement au projet de loi de finances (PLF) pour 2016, adopté par le Sénat le 27 novembre, qui prévoit d’affecter une partie des 100 millions d’euros supplémentaires à ce projet favorisant à terme la garde nationale, afin qu’il commence à être mis en œuvre dès l’année prochaine. Nous avons aussi inscrit en tout 173 millions d’euros d’autorisations d’engagement supplémentaires dans le PLF.

 

M. Michel Voisin. J’ai assisté le week-end dernier à deux assemblées générales d’officiers et de sous-officiers de réserve, qui soutenaient très largement le rétablissement du service national, tout comme 80 % des Français, si l’on en croit un sondage récent. Je leur ai répondu que des questions matérielles et de patrimoine local rendaient cette perspective très improbable.

 

M. le ministre. Oui, et le choix de l’armée professionnelle était le bon. J’y étais favorable depuis longtemps et j’avais écrit un article avec M. François Fillon sur ce sujet en 1995. Les défis que l’on doit relever, y compris la protection des sites sensibles dans notre pays, nécessitent une armée professionnelle.

 

*

* *

 

Membres présents ou excusés

 

Présents. - Mme Patricia Adam, M. Olivier Audibert Troin, M. Daniel Boisserie, M. Jean-Jacques Bridey, Mme Isabelle Bruneau, M. Jean-Jacques Candelier, M. Guy Chambefort, M. David Comet, Mme Geneviève Fioraso, M. Philippe Folliot, M. Yves Foulon, Mme Geneviève Gosselin-Fleury, M. Serge Grouard, M. Christophe Guilloteau, M. Francis Hillmeyer, M. Laurent Kalinowski, M. Charles de La Verpillière, M. Gilbert Le Bris, M. Christophe Léonard, M. Damien Meslot, M. Philippe Meunier, M. Jacques Moignard, M. Alain Moyne-Bressand, M. Jean-Claude Perez, M. Joaquim Pueyo, Mme Marie Récalde, M. Eduardo Rihan Cypel, M. Gwendal Rouillard, M. Jean-Michel Villaumé, M. Michel Voisin

 

Excusés. - Mme Danielle Auroi, M. Claude Bartolone, M. Philippe Briand, M. Jean-David Ciot, Mme Catherine Coutelle, Mme Carole Delga, M. Éric Jalton, M. Jean-Yves Le Déaut, M. Frédéric Lefebvre, M. Bruno Le Roux, M. Maurice Leroy, M. Alain Rousset, M. Stéphane Saint-André

 

Assistaient également à la réunion. - M. Gérard Bapt, M. Jean-François Lamour

 

Audition de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, sur les opérations en cours (1 Dec 2015)

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 17:20
On dit que sans les technologies d'analyse de données de Palantir, Ben Laden ne serait pas tombé dans les mailles du filet. Credits Palantir

On dit que sans les technologies d'analyse de données de Palantir, Ben Laden ne serait pas tombé dans les mailles du filet. Credits Palantir

 

02/01/2016 Par Charles de Laubier – laTribune.fr

 

Cette licorne californienne, créée en 2003 dans le giron du renseignement américain après les attentats du 11 septembre 2001, a l'ambition d'être un instrument de prévention mondial contre le cyberterrorisme. Elle propose ses services à l'État français.

 

Moins de deux ans après les attaques terroristes sur les tours jumelles du World Trade Center et le Pentagone, le 11 septembre 2001 aux États-Unis, la startup Palantir Technologies est créée par le cofondateur de PayPal, Peter Thiel (via Founders Fund), l'homme d'affaires milliardaire Alexander Karp et d'autres investisseurs, avec des fonds levés auprès notamment de la société In-Q-Tel, qui investit dans des startups de haute technologie pour le compte de la CIA. On dit que sans les technologies d'analyse de données de Palantir, Ben Laden ne serait pas tombé dans les mailles du filet. Palantir a aussi des actions moins glorieuses à son actif, au point que son PDG Alexander Karp se confondit en excuses en 2011, après avoir pris pour cible Wikileaks, le site Web de Julian Assange, à la suite de ses révélations très compromettantes sur la société de surveillance orchestrée par les États-Unis... Aujourd'hui, malgré des résultats non publiés, le chiffre d'affaires de Palantir Technologies dépasserait le milliard de dollars, contre 500 millions en 2012.

 

Une licorne valorisée à 20 milliards de dollars

Ce n'est pas un hasard si cette société emprunte son nom à un artefact légendaire de l'auteur du livre Le Seigneur des anneaux, que Peter Thiel avait lu lorsqu'il était lycéen : le palantír est une sorte de pierre magique en forme de boule de cristal qui permet à son détenteur de voir à travers le temps et l'espace, et de dialoguer avec un autre utilisateur de palantír. C'est dans cet esprit que Palantir Technologies est partie en guerre technologique contre les criminels et les terroristes. Peter Thiel, qui en est devenu le président, a su réutiliser les technologies logicielles de PayPal, dont il fut l'un des cofondateurs en 1998 avant de revendre ce pionnier du paiement en ligne à eBay, quatre ans plus tard. Les techniques développées pour détecter les fraudes bancaires en alliant intelligence artificielle et intelligence humaine - combinaison appelée « intelligence augmentée » - ont servi à Palantir pour bâtir sa « boule de cristal » au service de la lutte antiterroriste.

Non cotée, Palantir est valorisée 20 milliards de dollars à fin octobre 2015, selon le Wall Street Journal, qui tient à jour la liste des « licornes » dépassant le milliard de dollars de valorisation. Ce qui la place en quatrième position mondiale de sa catégorie derrière... Uber (valorisé 51 milliards de dollars), le fabricant chinois de smartphones Xiaomi (46 milliards) et Airbnb (25,5 milliards). Qui aurait pu croire qu'une startup spécialisée en cybersécurité et en lutte antiterrorisme allait être mieux valorisée que Snapchat, Pinterest, Dropbox ou encore Spotify ? Il faut dire que la clientèle de Palantir Technologies, pour une grande partie américaine, est à l'origine de son succès : on y trouve la NSA (agence de sécurité nationale, pointée du doigt pour ses écoutes illégales), la CIA, le FBI, les US Marines, l'US Air Force, l'US Socom. Ses levées de fonds s'enchaînent à coups de plusieurs dizaines voire centaines de millions de dollars, pour cumuler plus de 2 milliards de dollars depuis sa création !

Palantir Technologies, dont le siège social est situé dans la Silicon Valley à Palo Alto, dispose d'une tête de pont à Londres afin de diffuser l'esprit sécuritaire des « Palantiriens » - c'est ainsi que son management nomme sa communauté - sur toute l'Europe, non seulement au Royaume-Uni, mais aussi en France, en Suède ou encore en Pologne. En France, où les attentats de janvier et de novembre 2015 font écho à ceux du 11 septembre 2001, la startup vise à s'implanter durablement en recherchant son « coordinateur du bureau des opérations » pour Paris, lequel reportera au QG londonien.

 

Deux appels d'offre récents de l'Etat Français

Selon La Lettre A du 19 novembre dernier, la licorne californienne vient de soumissionner à deux appels d'offres de l'État français sur le traitement massif de données publiques. Le premier a été lancé par les services du Premier ministre - via le Secrétariat général pour la modernisation de l'action publique (SGMAP) -, pour un accord-cadre sur le traitement des mégadonnées (ouvertes ou non) des administrations françaises. Le second de ces marchés publics émane de la Direction générale des finances publiques (DGFP) pour le traitement des données fiscales. Et le tout sous haute (cyber) sécurité et avec le soutien de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi).

Reste que Palantir Technologies n'a pas le monopole des technologies de surveillance internationales, loin de là : IBM et son « i2 Analyst's Notebook », la startup israélienne Fifth Dimension, la société californienne Forensic Logic, mettent leur solution d'interprétation de données au service... des services du renseignement. Toutes rêvent de prévenir les (cyber) crimes pour éviter qu'ils ne soient commis, comme dans le film Minority Report.

Les sociétés françaises Qosmos, cofinancée par Bpifrance, et Amesys, filiale de Bull (Atos), se sont, elles, fait connaître en collaborant avec les régimes dictatoriaux de Kadhafi, à la fin des années 2000, et de el-Assad au début des années 2010. Pour le meilleur et pour le pire.

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 12:30
photo Marine nationale

photo Marine nationale


31.12.2015 par
 

Il y a deux façons de s’y prendre, bombarder à tout va, avec ce que cela entraîne de morts chez les civils, ou frapper à la tête de l’EI: la coalition menée par les États-Unis, qui dit préférer « frapper le serpent à la tête », a communiqué la liste de 10 cadres dirigeants de l’EI tués en décembre.

Parlant mardi aux journalistes au Pentagone via satellite en direct de Bagdad, le colonel Warren, porte-parole de l’opération Inherent Resolve, a souligné que le Français Charaffe El Mouadan, membre du groupe État islamique lié directement à l’instigateur des attentats de Paris et qui a été a été tué cette semaine en Syrie, était loin d’être la seule cible importante touchée par les Américains en décembre.

Selon Warren, au moins dix cadres dirigeants du groupe armé État islamique, dont plusieurs avaient été impliqués dans la planification des attentats de paris, a été éliminée lors de frappes du 7 au 27 décembre.

Suite de l'article

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 11:55
Le 501e RCC au CENTAC

 

4 janv. 2016 Armée de Terre

 

Préparer les forces au combat interarmes, tel est le rôle du centre d'entraînement au combat (CENTAC) situé a Mailly-le-camps. Projeté très prochainement à Barkhane, le 501e régiment de chars de combat nous embarque dans sa préparation opérationnelle.

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 08:30
Inherent Resolve – Chammal sit rep 03 Jan. – CJTF-OIR

 

January 3, 2016 by CJTF-OIR - Release # 20160103-01

 

Military Strikes Continue Against ISIL Terrorists in Syria and Iraq

 

SOUTHWEST ASIA- On Jan. 2, coalition military forces continued to attack ISIL terrorists in Syria and Iraq. In Syria, coalition military forces conducted six strikes using fighter and attack aircraft. Separately in Iraq, coalition military forces conducted 20 strikes coordinated with and in support of the Government of Iraq using attack, bomber, fighter, and remotely piloted aircraft against ISIL targets.

 

The following is a summary of the strikes conducted against ISIL since the last press release:

 

Syria

• Near Dayr Az Zawr, three strikes struck an ISIL gas and oil separation plant and destroyed an ISIL technical vehicle, an ISIL excavator, two ISIL front end loaders, and damaged a separate ISIL front end loader.

• Near Manbij, one strike struck an ISIL tactical unit and destroyed four ISIL buildings and an ISIL vehicle.

• Near Ayn Isa, one strike struck an ISIL tactical unit and destroyed two ISIL fighting positions.

• Near Washiyah, one strike struck an ISIL weapons manufacturing and storage facility.

 

Iraq

• Near Fallujah, one strike struck an ISIL tactical unit and suppressed an ISIL mortar position.

• Near Kirkuk, one strike struck an ISIL tactical unit and destroyed an ISIL heavy machine gun and an ISIL fighting position.

• Near Kisik, one strike destroyed an ISIL assembly area.

• Near Mosul, five strikes struck two separate ISIL tactical units and destroyed 18 ISIL fighting positions, three ISIL command and control nodes, two ISIL weapons caches, two ISIL tunnels, and an ISIL vehicle.

• Near Qayyarah, one strike struck an ISIL tactical unit and destroyed two ISIL fighting positons.

• Near Ramadi, seven strikes struck an ISIL tactical unit and destroyed three ISIL tactical vehicles, two ISIL vehicles, an ISIL vehicle borne improvised explosive device (VBIED), three ISIL buildings, two ISIL heavy machine gun positions, an ISIL fighting position, an ISIL staging location, suppressed an ISIL VBIED, damaged an ISIL staging location, and denied ISIL access to terrain.

• Near Sinjar, two strikes destroyed two ISIL fighting positions and two ISIL light machine guns and denied ISIL access to terrain.

• Near Sultan Abdallah, one strike struck an ISIL tactical unit and destroyed an ISIL fighting positon.

• Near Tal Afar, one strike struck an ISIL-used bridge.

 

Additionally, in yesterday's strike release, one strike in Iraq was erroneously listed separately in support of Coalition operations. This was incorrect, all strikes in Iraq were conducted in support of and coordination with the Government of Iraq against ISIL targets.

 

Strike assessments are based on initial reports. All aircraft returned to base safely.

 

A strike, as defined in the CJTF releases, means one or more kinetic events that occur in roughly the same geographic location to produce a single, sometimes cumulative effect for that location. So having a single aircraft deliver a single weapon against a lone ISIL vehicle is one strike, but so is multiple aircraft delivering dozens of weapons against a group of buildings and vehicles and weapon systems in a compound, for example, having the cumulative effect of making that facility (or facilities) harder or impossible to use. Accordingly, CJTF-OIR does not report the number or type of aircraft employed in a strike, the number of munitions dropped in each strike, or the number of individual munition impact points against a target.

 

The strikes were conducted as part of Operation Inherent Resolve, the operation to eliminate the ISIL terrorist group and the threat they pose to Iraq, Syria, and the wider international community.

 

The destruction of ISIL targets in Syria and Iraq further limits the group's ability to project terror and conduct operations. Coalition nations which have conducted strikes in Iraq include Australia, Belgium, Canada, Denmark, France, Jordan, Netherlands, the United Kingdom, and the United States. Coalition nations which have conducted strikes in Syria include Australia, Bahrain, Canada, France, Jordan, Saudi Arabia, Turkey, United Arab Emirates, the United Kingdom, and the United States.

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 07:30
photo EMA / Armée de l'Air

photo EMA / Armée de l'Air

 

03/01/2016 Sources : Etat-major des armées

 

Dans la nuit du samedi 02 au dimanche 03 janvier 2016, les forces françaises ont conduit un raid aérien contre un site industriel contrôlé par Daech situé à plusieurs dizaines de kilomètres à l’Est de la ville d’Alep en Syrie. L’objectif visé a été détruit.

 

Engagé depuis le Golfe arabo-persique le raid était constitué de 4 avions Rafale équipés de missiles SCALP (système de croisière autonome à longue portée). Les aéronefs de l’opération Chammal ont agi conjointement avec des avions de la coalition.

 

Le site, constitué de bâtiments durcis, servait d’usine de fabrication de roquettes artisanales et de stockage d’armement à l’organisation terroriste. Ce raid contribue à affaiblir les capacités logistiques et militaires de Daech à proximité des zones de combat.

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 08:30
Inherent Resolve – Chammal sit rep 02 Jan. – CJTF-OIR

 

January 2, 2016 by CJTF-OIR - Release # 20160102-01

 

Military Strikes Continue Against ISIL Terrorists in Syria and Iraq

 

SOUTHWEST ASIA- On Jan. 1, coalition military forces continued to attack ISIL terrorists in Syria and Iraq. In Syria, coalition military forces conducted six strikes using fighter, fighter-attack, and remotely piloted aircraft. Separately in Iraq, coalition military forces conducted 25 strikes coordinated with and in support of the Government of Iraq using rocket artillery and attack, bomber, fighter, and remotely piloted aircraft against ISIL targets. Coalition military forces conducted one strike in Iraq in support of Coalition operations using fighter aircraft.

 

The following is a summary of the strikes conducted against ISIL since the last press release:

 

Syria

• Near Abu Kamal, one strike struck an ISIL-used bridge.

• Near Ar Raqqah, three strikes struck three ISIL gas and oil separation plants.

• Near Ayn Isa, two strikes destroyed five ISIL buildings.

 

Iraq

• Near Al Baghdadi, one strike destroyed three ISIL weapons caches.

• Near Albu Hayat, one strike struck an ISIL tactical unit and destroyed an ISIL vehicle borne improvised explosive device (VBIED) and an ISIL vehicle.

• Near Kisik, nine strikes suppressed an ISIL fighting position and denied ISIL access to terrain.

• Near Mosul, three strikes destroyed 17 ISIL fighting positions and an ISIL VBIED facility.

• Near Ramadi, five strikes struck two separate ISIL tactical units and destroyed seven ISIL fighting positions, six ISIL heavy machine gun positions, three ISIL buildings, an ISIL vehicle, cratered two ISIL-used roads, and denied ISIL access to terrain.

• Near Sinjar, two strikes destroyed seven ISIL assembly areas, three ISIL weapons caches, and an ISIL command and control node.

• Near Tal Afar, four strikes struck destroyed six ISIL bunkers and denied ISIL access to terrain.

 

Strike assessments are based on initial reports. All aircraft returned to base safely.

 

A strike, as defined in the CJTF releases, means one or more kinetic events that occur in roughly the same geographic location to produce a single, sometimes cumulative effect for that location. So having a single aircraft deliver a single weapon against a lone ISIL vehicle is one strike, but so is multiple aircraft delivering dozens of weapons against a group of buildings and vehicles and weapon systems in a compound, for example, having the cumulative effect of making that facility (or facilities) harder or impossible to use. Accordingly, CJTF-OIR does not report the number or type of aircraft employed in a strike, the number of munitions dropped in each strike, or the number of individual munition impact points against a target.

 

The strikes were conducted as part of Operation Inherent Resolve, the operation to eliminate the ISIL terrorist group and the threat they pose to Iraq, Syria, and the wider international community.

 

The destruction of ISIL targets in Syria and Iraq further limits the group's ability to project terror and conduct operations. Coalition nations which have conducted strikes in Iraq include Australia, Belgium, Canada, Denmark, France, Jordan, Netherlands, the United Kingdom, and the United States. Coalition nations which have conducted strikes in Syria include Australia, Bahrain, Canada, France, Jordan, Saudi Arabia, Turkey, United Arab Emirates, the United Kingdom, and the United States

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1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 17:30
photo EMA / Marine nationale

photo EMA / Marine nationale

 

01/01/2016 CNE Limousin  - DICOD

 

Le ministre de la Défense a passé son réveillon du Nouvel An à bord du porte-avions Charles de Gaulle, engagé dans les opérations contre Daech. L'occasion pour lui de revenir sur les actions de la France contre le groupe terroriste.

 

A l'aube de 2016, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s'est rendu sur le porte-avions Charles de Gaulle, en escale à Manama, la capitale du Bahreïn. C'est la 3e fois que le ministre visite le porte-avions, actuellement engagé dans le golfe Persique contre Daech.

 

A cette occasion, le ministre a souligné que le groupe aéronaval constituait "le fer de lance de la plus importante de nos opérations dans le cadre de la lutte de la France contre Daech". Et d'ajouter que "c'est bien une guerre que nous menons contre Daech. C'est donc ici, et partout où la France lutte contre ce groupe terroriste qui la menace, qu'il convient que je sois à vos côtés".

 

Devant un parterre de militaires armant le groupe aéronaval, le ministre de la Défense a rappelé que "notre objectif, c'est la destruction pure et simple de cette organisation terroriste qui tente de s'approprier des territoires au Levant, qui soumet les populations, qui efface le patrimoine de l'humanité, qui menace notre liberté". Le ministre a précisé que la France, mais également l'ensemble de la coalition, a intensifié ses frappes depuis le 13 novembre 2015. Les forces engagées ciblent des centres de commandement, des camps d'entraînement, des bases logistiques, des dépôts de munitions, des sites pétroliers et d'innombrables positions de combat en Syrie et en Irak.

 

"Mais cet engagement a aussi un prix" a souligné Jean-Yves Le Drian. "Ce prix, c'est la sollicitation très forte dont les armées sont l'objet. Je connais votre rythme d'activité particulièrement intense". En effet, plus de 20 000 militaires ont passé les fêtes loin de chez eux, en mer, à l'étranger ou en métropole.

 

Le ministre de la Défense a par ailleurs révélé que la président de la République avait décidé, dès le printemps, de revoir à la hausse les budgets de défense prévus par la loi de programmation militaire. Pour mener la guerre contre Daech, les armées bénéficieront au total de plus de 3,8 milliards d'euros supplémentaires d'ici à 2019. Et dès cette année, le budget de la défense sera ainsi augmenté de plus de 700 millions d'euros.

 

Le 1er janvier, Jean-Yves Le Drian rendra visite aux militaires français stationnés en Jordanie et le lendemain à ceux déployés aux Emirats Arabes Unis.

photo EMA / Marine nationale

photo EMA / Marine nationale

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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 15:30
Inherent Resolve – Chammal SITREP 31 Dec – CJTF-OIR

 

December 31, 2015 by CJTF-OIR - Release # 20151231-01

 

Military Strikes Continue Against ISIL Terrorists in Syria and Iraq

 

SOUTHWEST ASIA- On Dec. 30, coalition military forces continued to attack ISIL terrorists in Syria and Iraq. In Syria, coalition military forces conducted seven strikes using attack and remotely piloted aircraft. In Iraq, coalition military forces conducted 17 strikes coordinated with and in support of the Government of Iraq using fighter, attack, and bomber aircraft against ISIL targets.

 

The following is a summary of the strikes conducted against ISIL since the last press release:

 

Syria

• Near Ayn Isa, two strikes destroyed an ISIL fighting position and an ISIL building.

• Near Mar’a, four strikes struck four separate ISIL tactical units and destroyed an ISIL vehicle, an ISIL fighting position, and wounded four ISIL fighters.

• Near Manbij, one strike struck an ISIL tactical unit.

 

Iraq

• Near Kisik, one strike destroyed an ISIL bunker.

• Near Mosul, nine strikes struck an ISIL tactical unit, two ISIL staging locations, three ISIL headquarters, and destroyed 21 ISIL fighting positions.

• Near Ramadi, five strikes struck two separate ISIL tactical units and destroyed an ISIL staging area, 10 ISIL fighting positions, seven ISIL heavy machine guns, an ISIL sniper position, an ISIL rocket propelled grenade position, and denied ISIL access to terrain.

• Near Sinjar, two strikes struck an ISIL tactical unit and destroyed an ISIL vehicle and an ISIL fighting position and suppressed an ISIL mortar position and a light machine gun position.

 

Strike assessments are based on initial reports. All aircraft returned to base safely.

 

A strike, as defined in the CJTF releases, means one or more kinetic events that occur in roughly the same geographic location to produce a single, sometimes cumulative effect for that location. So having a single aircraft deliver a single weapon against a lone ISIL vehicle is one strike, but so is multiple aircraft delivering dozens of weapons against a group of buildings and vehicles and weapon systems in a compound, for example, having the cumulative effect of making that facility (or facilities) harder or impossible to use. Accordingly, CJTF-OIR does not report the number or type of aircraft employed in a strike, the number of munitions dropped in each strike, or the number of individual munition impact points against a target.

 

The strikes were conducted as part of Operation Inherent Resolve, the operation to eliminate the ISIL terrorist group and the threat they pose to Iraq, Syria, and the wider international community.

 

The destruction of ISIL targets in Syria and Iraq further limits the group's ability to project terror and conduct operations. Coalition nations which have conducted strikes in Iraq include Australia, Belgium, Canada, Denmark, France, Jordan, Netherlands, the United Kingdom, and the United States. Coalition nations which have conducted strikes in Syria include Australia, Bahrain, Canada, France, Jordan, Saudi Arabia, Turkey, United Arab Emirates, the United Kingdom, and the United States.

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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 12:30
photo EMA / Marine nationale

photo EMA / Marine nationale

 

30 Décembre 2015 par Jean-Dominique Merchet

 

Selon l’état-major des armées, l’aviation française (Air et Marine) a procédé à un total de 49 frappes en appui des forces irakiennes qui participaient à la reprise de la ville de Ramadi, tenue par l’Etat Islamique. Par ailleurs, les conseillers militaires français ont participé à la formation d’une partie des forces engagées dans la bataille, les 1700 hommes de l’Iraqi Counter Terrorism Service (ICTS).

Pour une analyse sur les enjeux stratégiques autour de Ramadi, voir mon article de l’Opion (abonnés) dont voici les premières lignes :  La prise de la ville de Ramadi est une « victoire symbolique, mais pas forcément stratégique » assure Myriam Benraad, spécialiste de l’Irak . « La vraie réussite, ce serait Mossoul », ajoute-t-elle, faisant référence à la grande cité du Nord, tombée entre les mains de l’État islamique en juin 2014.

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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 12:30
photo US Navy

photo US Navy


30 déc. 2015 US Navy

 

ARABIAN GULF (Dec. 29, 2015) Aircraft return to the flight deck aboard the aircraft carrier USS Harry S. Truman (CVN 75) upon completion of the ship’s first mission in support of Operation Inherent Resolve. The Harry S. Truman carrier strike group is deployed in support of Operation Inherent Resolve, maritime security operations and theater security cooperation efforts in the U.S. 5th Fleet area of Operations. (U.S. Navy video by Mass Communication Specialist 3rd Class J. Richardson/Released)

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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 12:30
USS Harry S. Truman ordnancemen load bombs onto F/A-18 strike fighters for missions against ISIL


30 déc. 2015 US Navy

 

ARABIAN GULF (Dec. 29, 2015) Aviation ordnancemen upload ordnance on the flight deck aboard the aircraft carrier USS Harry S. Truman (CVN 75) in support of Operation Inherent Resolve. The Harry S. Truman carrier strike group is deployed in support of Operation Inherent Resolve, maritime security operations and theater security cooperation efforts in the U.S. 5th Fleet area of Operations. (U.S. Navy video by Mass Communication Specialist 3rd Class J. Richardson/Released)

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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 11:55
photo Ministère de la Défense

photo Ministère de la Défense

 

30/12/2015 GMP

 

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a rendu visite mercredi 30 décembre 2015 aux militaires déployés dans le cadre de l’opération Sentinelle, sur Paris et en Île-de-France.

 

Après un point de situation sur le dispositif global présenté par le chef de l’Etat-major tactique de Paris, le LCL « Maxime » du 1er régiment de Spahis, le ministre a accompagné diverses patrouilles d’abord sur les Champs-Elysées, puis à Notre-Dame de Paris, à la place de la Bourse et enfin au sein de la station RER Auber.

 

Le ministre a conclu cette visite en saluant l’engagement des soldats et leur a témoigné de son soutien en les félicitant plus particulièrement pendant cette période de fêtes de fin d’année.

photo Ministère de la Défense

photo Ministère de la Défense

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 12:40
La ville de Noïabrsk, d'où est orgininaire Anatoly Zemlianka, alias «Djihad Tolik» , le nouveau bourreau du groupe État islamique. Crédits photo : Vyatkin Vladimir/RIA Novosti

La ville de Noïabrsk, d'où est orgininaire Anatoly Zemlianka, alias «Djihad Tolik» , le nouveau bourreau du groupe État islamique. Crédits photo : Vyatkin Vladimir/RIA Novosti

 

29/12/2015 Par Pierre Avril – LeFigaro.fr

 

REPORTAGE- S'immisçant au cœur d'une communauté musulmane qui manque de fondements théologiques, les hommes du groupe État islamique enrôlent des jeunes jusque dans les fins fonds de la toundra sibérienne… Et mettent en avant leur nouvelle recrue, «Djihad Tolik», devenu bourreau de Daech.

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 12:30
Crédits : EMA

Crédits : EMA

 

30/12/2015 Sources : Etat-major des armées

 

Depuis le 23 décembre 2015, les équipages français ont réalisé 83 sorties aériennes au-dessus des zones contrôlées par Daech en Irak et en Syrie, dont 60 de bombardement en appui des troupes irakiennes au sol ou sur un objectif planifié, et 13 de recueil de renseignement. 23 frappes ont détruit 34 objectifs de Daech.

 

21 frappes d’appui au sol ont été réalisées au cours de la semaine.

    En Irak, la force Chammal a concentré ses efforts sur les missions d’appui au sol dans la région de Mossoul, où les combattants de Daech occupent des positions et harcèlent les forces au sol.

    Elle a également appuyée les forces irakiennes dans leur action de reprise de la ville de Ramadi.

    Des frappes ont par ailleurs été réalisées dans les régions de Tall Afar, Sinjar et Falloujah.

 

2 raids ont été menés sur des objectifs planifiés au cours de la semaine.

    Le 24 décembre 2015, aux côtés des avions de la coalition, les Mirage 2000 ont frappé à 2 reprises des sites servant de base arrière aux éléments de Daech dans la région d’Al Assad.

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 11:50
photo EMA / Ministère de la Défense

photo EMA / Ministère de la Défense

 

30.12.2015 Par Soren Seelow, Emeline Cazi et Simon Piel Le Monde.fr

 

Dans le quartier Oberkampf, comme souvent le week-end, c’est soirée rock ce vendredi 13 novembre. Le concert des Eagles of Death Metal, qui affiche complet, réunit plus de 1 500 personnes au Bataclan. A 21 h 40, une Polo noire se gare devant la salle avec trois hommes à son bord. Deux minutes plus tard, un SMS est envoyé depuis un téléphone Samsung, aussitôt jeté dans une poubelle : « On est parti, on commence. »

Ce message, retrouvé dans la mémoire du téléphone, donne le coup d’envoi de la prise d’otages du Bataclan, le dernier acte des attentats les plus sanglants qu’ait connu la France.

Il est l’une des premières preuves que les attaques du 13 novembre – les trois kamikazes de Saint-Denis, les fusillades des terrasses et la prise d’otages du Bataclan – étaient coordonnées depuis l’étranger. Le destinataire de ce message a été localisé en Belgique au moment des faits.

On savait que les équipes du Stade de France et des terrasses de café avaient été régulièrement en contact au cours de la soirée du 13 novembre. Les quelque 6 000 procès-verbaux de l’enquête – dont Le Monde a pris connaissance et qui permettent de retracer avec une grande précision les préparatifs des terroristes et le déroulement des attentats – révèlent que les trois commandos étaient pilotés en temps réel depuis la Belgique. Une « triple coordination », selon les mots des enquêteurs, chapeautant l’ensemble des opérations à distance.

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 08:45
photo EMA / Armée de Terre

photo EMA / Armée de Terre

 

29/12/2015 Sources : Etat-major des armées

 

Les forces partenaires et internationales demeurent particulièrement vigilantes face aux menaces que les groupes armés terroristes (GAT) font peser sur la BSS—territoire situé à 3 500 km de nos frontières. Afin de contrer leurs actions, les forces mènent en permanence des opérations dans des zones susceptibles d’être exploitées par les terroristes ou leur servant de points de passage.

 

Mali : une dizaine de terroristes neutralisés

Dans la nuit du 19 au 20 décembre, les forces françaises ont conduit une opération dans la région de Ménaka, au Mali, contre des éléments affiliés au groupe terroriste « Al Mourabitoun », responsable de nombreux attentats à l’encontre des populations malienne et nigérienne, des forces armées locales et des forces internationales

Au terme de combats violents qui ont duré près de quatre heures, deux pick-ups et une dizaine de motos ont été saisis. Une dizaine de terroristes ont été neutralisés. Une quantité importante d’armements et d’explosifs a été récupérée.

 

Frontière nigéro-tchadienne : opération Gougoua

Du 8 au 22 décembre 2015, au Nord de la frontière nigéro-tchadienne, la Force Barkhane a appuyé une opération conjointe planifiée par les forces armées nigériennes et tchadiennes. L’opération Gougoua a réuni plus de 200 militaires nigériens, tchadiens et français, dans la région « des trois frontières », avec pour objectif de perturber les flux logistiques des GAT.

Au bilan, 9 pick-up, de l’armement, des munitions et de la drogue ont été saisis, permettant de porter un nouveau coup aux flux logistiques qui alimentent les terroristes.

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