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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 12:55
Rapport d’alerte - La France peut-elle vaincre Daech sur le terrain de la guerre de l’information?

 

20 mai 2015 par EGE

 

L'Ecole de Guerre Economique publie le Rapport d'alerte "La France peut-elle vaincre Daech sur le terrain de la guerre de l’information?" sous la direction de Christian Harbulot.

 

Le 8 avril 2015, la chaîne française TV5 Monde était victime d’une cyberattaque inédite. Les pirates informatiques se revendiquant du « Cybercaliphate », associé au groupe djihadiste « Daech », ont pénétré les réseaux informatiques de ce média français prenant le contrôle de ses moyens de diffusion télévisuels et sur Internet. Depuis, cet électrochoc a engendré une prise de conscience majeure sur la guerre de l’information qui fait rage contre le groupe terroriste.

Aujourd’hui, ce rapport dresse pour la première fois un constat accablant sur les enjeux colossaux liés à la guerre de l’information contre Daech. Quels sont les moyens déployés par les pirates informatiques sur Internet ? Que revendiquent-ils ? Comment la France peut-elle vaincre Daech sur le terrain de la guerre de l’information ?

Préfacé par Alain Juillet, président du Club des Directeurs de Sécurité des Entreprises (CDSE) et ancien Haut Responsable à l'Intelligence Economique, ce rapport d’alerte constitue une réflexion stratégique essentielle pour mieux comprendre les enjeux liés à la fois à la guerre de l’information et au développement du terrorisme.

 

TÉLÉCHARGER LE RAPPORT

Le communiqué de presse

Le Kit Média

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 11:45
Archives LdDef

Archives LdDef

 

30 juin 2015 45eNord.ca (AFP)

 

Des renforts ont été envoyés dans le nord de la Côte d’Ivoire après l’attaque perpétrée par des jihadistes dimanche au Mali, à 20 km de la frontière ivoirienne, a annoncé lundi à l’AFP le porte-parole du gouvernement ivoirien.

 

Il y a des renforts, a déclaré le porte-parole Bruno Koné, par ailleurs ministre de la Communication, qui n’a pas souhaité donner de détails quant à leur nombre ni à leur corps d’appartenance (police, gendarmerie, armée) pour des raisons de sécurité.

Nous nous organisons pour éviter d’être touchés par la menace jihadiste, a-t-il ajouté, se refusant à plus de précision.

Des jihadistes ont brièvement pris le contrôle dimanche de la ville malienne de Fakola, située à 20 km de la frontière ivoirienne, brûlant de nombreux bâtiments administratifs avant d’en être chassés par l’armée malienne.

Un drapeau noir portant l’inscription Ansardine-Sud a été retrouvé à la mairie de la ville, a indiqué à l’AFP un habitant.

Ansar Dine fait partie des groupes islamistes qui ont contrôlé le nord du Mali en 2012, avant d’en être chassés en grande partie à partir de janvier 2013 par une intervention militaire internationale à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

 Les jihadistes sont à nos portes. C’est préoccupant, cela fait peur. C’est une menace réelle sur la Côte d’Ivoire, un pays laïque, a affirmé à l’AFP le député Pierre Gaho Oulatta, président de la Commission de sécurité et de défense de l’Assemblée nationale.Une telle nouvelle met les populations dans la peur, la terreur, au vu de l’énorme porosité de la frontière terrestre ivoiro-malienne, a observé cet ancien colonel.

Les autorités doivent prendre des mesures conservatoires et faire en sorte que cela ne vienne pas faire monter en épingle une tension, à quelques mois des élections présidentielle et législatives d’octobre, a lancé le député Oulatta.

Le problème des ex-combattants ivoiriens de la crise politico-militaire de 2002-2011, dont la majorité est de confession musulmane, doit être définitivement réglé car ces hommes, qui constituent une proie facile pour les recruteurs jihadistes, sont susceptibles d’être instrumentalisés, a-t-il affirmé.

La semaine dernière, le gouvernement ivoirien s’est félicité d’avoir réinséré 55.000 ex-combattants sur 64.000, soit un taux concluant de 85% à la fin de l’opération de désarmement des ex-combattants de la crise postélectorale de 2010-2011.

La population ivoirienne, qui se remet progressivement de cette décennie de violences, compte environ 40% de chrétiens, 40% de musulmans et 20% d’animistes.

Selon les autorités, le péril jihadiste est pour l’instant très faible à l’intérieur de la Côte d’Ivoire.

La ville de Misséni, près des frontières ivoirienne et burkinabè, avait également été attaquée le 10 juin par des islamistes qui avaient tué un militaire et en avaient blessé deux autres, selon le ministère malien de la Défense.

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 11:35
Resolute Support - photo NATO

Resolute Support - photo NATO

 

30 juin 2015 Romandie.com (AFP)

 

Kaboul - Deux attentats suicide, dont un perpétré par les talibans contre les forces de l'Otan au centre de Kaboul, ont tué deux personnes et fait près de soixante blessés mardi en Afghanistan, au coeur de la saison des combats des rebelles islamistes.

 

Un attentat suicide à la voiture piégée a visé, sur la route de l'aéroport international de Kaboul, un convoi de la coalition des forces étrangères de l'Otan, a déclaré à l'AFP une représentante des troupes de la mission de l'Alliance en Afghanistan.

 

Aucun soldat n'a été blessé dans cette attaque, a-t-elle ajouté.

 

En début d'après-midi, les talibans ont revendiqué cet attentat.

 

Sediq Sediqqi, porte-parole du ministère afghan de l'Intérieur, a confirmé que des véhicules militaires étrangers avaient été visés.

 

Un porte-parole du ministère de la Santé a évoqué 17 blessés, dont des femmes et des enfants.

 

La déflagration s'est produite non loin de l'ambassade américaine, d'une base où sont stationnées des troupes étrangères et d'un centre commercial.

 

Un journaliste de l'AFP qui s'est rendu sur place a vu un véhicule blindé fortement endommagé et un autre retourné sur la chaussée.

 

La route de l'aéroport, très embouteillée, est régulièrement le théâtre d'attaques des insurgés islamistes.

 

En mai, un kamikaze issu des talibans y avait précipité une voiture piégée contre un véhicule de la mission européenne de police (EUPOL), tuant un de ses membres.

 

Mais les insurgés islamistes, qui ont lancé une offensive d'envergure en avril, s'en prennent tout autant aux forces étrangères qu'aux troupes afghanes depuis la chute du régime des talibans en 2001.

 

Plus tôt dans la matinée de mardi, des sources policières et gouvernementales ont indiqué qu'au moins deux personnes avaient été tuées et 40 blessées dans un attentat suicide au camion piégé contre le quartier général de la police de la province du Helmand, dans le sud du pays.

 

Selon Nabi Jan Mullahkhil, chef de la police du Helmand, l'attaque a été menée par trois assaillants, dont deux ont été tués dans l'explosion.

 

Cette attaque n'a pas été revendiquée par les talibans mais le Helmand est leur fief, avec la province voisine de Kandahar.

 

Leur offensive estivale est de grande envergure cette année et n'est pas uniquement concentrée dans le Sud. Ils ont mené des attaques à Kaboul et dans le Nord de l'Afghanistan, où ils sont un temps arrivés aux portes de la grande ville de Kunduz.

 

Pour leur faire face, les forces de sécurité afghanes sont désormais seules en première ligne, depuis la fin de mission de combat des troupes internationales de l'Otan.

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 16:35
photo USAF

photo USAF

 

29-06-2015 Par RFI

 

Les frappes aériennes se poursuivent au mois de juin 2015 dans la région tribale du Waziristan, frontamière avec l'Afghanistan où sont basées des poches de résistance talibanes.

 

Les derniers raids de l’armée pakistanaise menés contre des positions des talibans ont causé la mort de vingt-trois rebelles, dont des étrangers. Depuis le 15 mai, l’armée pakistanaise a lancé une offensive majeure contre les rebelles dans le nord du pays et principalement dans la région du Waziristan. Une région montagneuse généralement interdite aux journalistes et où il est donc compliqué de vérifier les informations et de confirmer les bilans. Un dépôt d’armes a également été visé dans la zone de Khyber.

 

Lire l’article

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 16:30
Afghanistan: 11 soldats tués dans une embuscade près de la frontière avec l'Iran

 

29 juin 2015 Romandie.com (AFP)

 

Hérat (Afghanistan) - Onze soldats afghans ont été tués lors d'une embuscade dans l'ouest afghan, près de l'Iran, une région d'ordinaire plutôt stable, signe l'intensité et de l'étendue des combats contre les forces gouvernementales en pleine offensive estivale.

 

Les insurgés islamistes, talibans et autres factions, sont en général plus actifs dans leurs fiefs du sud et des régions limitrophes du Pakistan, le long de la frontière orientale de l'Afghanistan.

 

Mais depuis le début du printemps cette année, ils ont également lancé une série d'attaques destinées à prendre des districts du nord à l'armée et à la police afghanes, qui leur font face seules pour la première fois depuis 2001, après la fin de la mission de combat des troupes de l'Otan en décembre dernier.

 

La nouvelle attaque a eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi dans la province d'Hérat, qui borde la frontière iranienne, alors que les soldats roulaient en convoi, a indiqué à l'AFP Ehsanullah Hayat, porte-parole du gouverneur de la province.

 

Onze soldats afghans sont morts dans l'embuscade tendue par les talibans, a-t-il ajouté, un bilan confirmé par Najibullah Najibi, porte-parole de l'armée pour l'Ouest de l'Afghanistan. L'attaque n'a pas été revendiquée par les talibans, généralement prompts à s'attribuer la mort de soldats lors de combats ou d'attentats.

 

L'armée, la police, le gouvernement afghans et les forces étrangères sont les cibles de prédilection des rebelles dans l'insurrection qu'ils mènent depuis la chute de leur régime en 2001.

 

Les rebelles continuent également de mener régulièrement des attaques spectaculaires à Kaboul, pour démontrer qu'ils peuvent frapper jusqu'au coeur du pouvoir afghan.

 

La dernière a eu lieu il y une semaine au parlement, lancée par l'explosion d'une voiture piégée qui a tué deux civils devant le bâtiment. Les forces de sécurité ont ensuite repris le contrôle du complexe deux heures plus tard, sans qu'aucun député ne soit blessé.

 

Cette attaque était d'autant plus symbolique que les députés s'apprêtaient à entendre Mohammed Massoum Stanekzai, le candidat désigné par le président Ashraf Ghani au poste de ministre de la Défense, vacant depuis l'élection présidentielle de 2014.

 

Lors de son élection, M. Ghani s'était engagé auprès de ses concitoyens, premières victimes des violences, à ramener la paix dans le pays.

 

Depuis décembre, l'Otan n'y dispose plus que d'une force résiduelle de quelque 12.500 hommes, en majorité américains. Ils se concentrent sur la formation de l'armée locale, mais leur présence fait toujours débat.

 

Lundi, des dizaines de personnes ont ainsi manifesté à Charikar, capitale de la province de Parwan située à 70 km au nord de Kaboul, pour protester contre un raid des forces américaines mené la nuit précédente.

 

Les soldats y ont fait exploser un dépôt d'armes chez un ancien moudjahidine, résistant à l'invasion soviétique des années 1980.

 

Le stock contenait des munitions qui auraient pu être utilisées contre les forces afghanes et celles de la coalition, a affirmé à l'AFP une porte-parole de la mission de l'Otan, qui a confirmé que le raid a été mené par des soldats américains.

 

Mais Mohammed Zaman Mamouzaï, chef de la police provinciale, s'est plaint que ses forces n'avaient pas été informées de l'opération qui n'a toutefois fait aucun blessé.

 

Face à l'ire populaire à Charikar, le chef de l'exécutif afghan Abdullah Abdullah a convoqué en toute hâte une conférence de presse durant laquelle il a demandé aux habitants de garder leur calme, ajoutant avoir évoqué le sujet avec le général américain John Campbell, patron des forces de l'alliance en Afghanistan.

 

Parwan abrite notamment la base aérienne de Bagram, où sont stationnés une grande partie des soldats de l'Otan.

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 16:30
Le "califat" du groupe Etat islamique entre dans sa seconde année

 

29.06.2015 Romandie.com (ATS)

 

Le "califat" du groupe État islamique (EI), à cheval sur la Syrie et l'Irak, entre dans sa deuxième année. La communauté internationale s'avère incapable d'arrêter les atrocités des djihadistes qui ont récemment frappé en Tunisie ou au Koweït.

 

Le groupe dirigé par Abou Bakr al-Baghdadi avait annoncé le 29 juin 2014 qu'il redonnait naissance à une forme de gouvernement islamique dénommé le "califat" et assuré qu'il allait "durer et s'étendre". En un an, il a élargi son territoire en Syrie et en Irak en dépit de la création d'une coalition conduite par les États-Unis, qui veut l'éradiquer.

L'EI a également réussi à constituer un réseau de groupes qui lui sont affiliés à travers le monde. Le groupe cherche à distiller la peur bien au-delà des pays où il est présent.

Cette semaine, il a revendiqué une attaque meurtrière en Tunisie qui a coûté la vie à 38 personnes, majoritairement des touristes étrangers. Il est également soupçonné d'être derrière l'attentat-suicide contre une mosquée chiite au Koweït, qui a fait 26 morts.

L'EI pourrait aussi avoir servi d'inspiration à l'auteur d'une attaque en France qui a égorgé son patron et tenté de faire exploser son véhicule dans une usine de gaz.

"Ce n'est pas clair si ces actions sont centralisées ou coordonnées par l'EI. Mais nous risquons de voir des membres ou des sympathisants de l'EI, rentrés chez eux après avoir reçu une formation militaire, mener à leur initiative des attaques dont l'ampleur dépend de leur capacité, de leurs moyens et des opportunités", note Yezid Sayegh, chercheur au Centre Carnegie pour le Moyen-Orient.

 

Tueries et exécutions brutales

La manière dont l'EI gouverne son territoire en Syrie et en Irak suscite la peur et l'horreur. Des tueries massives et des exécutions brutales sont devenues sa marque de fabrique. Le groupe contrôle environ la moitié du territoire syrien, dont une large partie est inhabitée, et près d'un tiers de l'Irak.

En Syrie seulement, il a exécuté en un an plus de 3000 personnes, dont 1800 civils, a indiqué dimanche l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Parmi eux, 74 enfants. Ce bilan inclut 200 personnes tuées dans la ville kurde de Kobané (nord) lors d'une attaque la semaine dernière et 900 membres de la tribu sunnite des Chaïtat qui ont péri en 2014 pour s'être opposés aux djihadistes.

Aucun chiffre précis sur les crimes commis en Irak n'est disponible. Mais le groupe est soupçonné d'avoir exécuté des milliers de personnes, dont 1700 recrues, en majorité chiites, assassinées au nord de Bagdad.

A cela, il faut ajouter les milliers de morts dans les combats en Syrie et en Irak: rebelles syriens, combattants kurdes, militaires dans les deux pays, ainsi que des miliciens chiites en Irak.

 

Manque d'armes et de motivation

Ses adversaires ne peuvent se targuer de réels succès. En tout cas pas les militaires irakiens, particulièrement critiqués pour avoir abandonné leurs positions à la mi-2014.

"Bagdad possède en principe des forces suffisantes pour contrôler le territoire, mais le problème, c'est que toutes les forces combattant l'EI ne reçoivent pas leurs instructions de Bagdad. Certaines agissent à leur guise et d'autres reçoivent leurs instructions d'ailleurs", remarque Zaid al-Ali, auteur du livre "Le combat pour l'avenir de l'Irak".

En Syrie, seules les forces kurdes, soutenues par la coalition internationale, ont infligé de réels revers à l'EI. Selon des analystes, les rebelles manquent d'armes de qualité et les forces du régime manquent de motivation pour faire plier les djihadistes.

 

Corruption et autoritarisme

Même la coalition ne peut se prévaloir que de succès limités. Elle a épaulé les troupes au sol qui ont réussi à chasser l'EI de Kobané et de Tall Abyad en Syrie, ainsi que de Tikrit et de la province de Diyala en Irak. Mais les djihadistes continuent d'engranger des victoires, comme la capture récente de la cité antique de Palmyre en Syrie ou la capitale provinciale de Ramadi en Irak.

Pour les analystes, le succès de l'EI résulte plus de problèmes politiques que de questions militaires. Il est dû à des "divisions confessionnelles, de la corruption et des décennies d'autoritarisme", affirme ce chercheur.

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 16:30
Comment fabrique-t-on un djihadiste 2.0 ?


02.06.2015 par Soukaïna Brahma (85ème session Querqueville, 2014) et Steven Bassez (80ème session Limoges, 2013) - Membre du comité Moyen-Orient de l’ANAJ-IHEDN
 

À l’heure où le Moyen-Orient fait face à l’ascension fulgurante de Daech en Syrie et en Irak, les pays occidentaux, loin d’être épargnés par la menace du terrorisme islamiste, constatent que nombre de leurs ressortissants combattent à l’étranger mais sont également prêts à passer à l’action sur leur territoire, comme le démontre les récentes attaques en Australie, au Canada, aux Etats-Unis mais aussi en France.

Comment des Européens qui ont grandi dans des démocraties peuvent-t-ils renier les principes démocratiques et du vivre-ensemble, au profit d’une idéologie théocratique, expansionniste et ouvertement meurtrière ? Quels sont les vecteurs d’influence de cette idéologie ?

Jadis, le romantisme révolutionnaire des années de guerre froide qui planait sur l’Europe a débouché sur la création de groupes armés[1]. Répondant à l’inspiration d’une partie de la jeunesse, ces groupes n’hésitaient pas à utiliser l’action armée, que ce soit contre des policiers ou contre des civils. Le djihad[2] est en quelque sorte le successeur de cette mouvance, même s’il n’y a pas de lien direct. Présenté comme une mission messianique (cette dimension n’était pas présente concernant l’euroterrorisme), les protagonistes sont les élus[3]. Cette idéologie répond ainsi à un besoin spirituel et politique[4].

Force est de constater que l’appartenance à des cultures étrangères n’est aucunement un critère de recrutement pour les terroristes – au contraire. Le djihad séduit aussi bien des individus issus d’une culture musulmane que des candidats issus du monde judéo-chrétien, voire de familles totalement athées[5]. Il ressort également que les personnes prises pour cibles par les recruteurs ne le sont pas par hasard et qu’une emprise psychologique est développée de façon assez similaire aux techniques constatées lors de dérives sectaires déjà bien connues des autorités publiques.

Contrairement aux idées reçues, les prisons ne constituent pas une voie privilégiée de conversion à l’idéologie islamiste en France. Seulement 16% des conversions au salafisme[6] sont liées à un séjour en prison. Pour ces prisonniers convertis, la religion offre un cadre balisé et la possibilité de se créer des repères. L’UCLAT[7] travaille actuellement sur le renforcement du statut d’aumônier musulman pour endiguer les méthodes d’endoctrinement de cellules salafistes clandestines. L’Etat envisage également une séparation des détenus au sein même des maisons d’arrêts[8].

Ces mesures destinées aux prisons ne peuvent se transposer au cyberespace. Ainsi, Internet apparaît dorénavant comme un outil privilégié par les recruteurs djihadistes. Formidable espace de communication, l’Internet permet une diffusion anonyme et rapide, à la fois générale et ciblée, de l’idéologie djihadiste.

 

La prison n’est pas le principal terreau de l’islam radical

80% des conversions se font via des canaux autres que le passage en prison[9]. Internet est devenu l’arme de prédilection de la nébuleuse islamiste pour toucher et sensibiliser de nouvelles recrues. Internet permet non seulement de multiplier les cibles des recruteurs, essentiellement des adolescents et des jeunes adultes, mais également de conserver un certain niveau d’anonymat. Cet outil offre également l’avantage de supprimer la contrainte liée à la distance. Dorénavant, toute personne disposant d’un appareil connecté peut consulter et diffuser des contenus prosélytes.

Hors Darknet[10], les cyber-terroristes réussissent tout de même à communiquer via des applications d’appels gratuits comme Skype. La surveillance des services de police spécialisés étant en partie axée sur l’échange de courriers électroniques, les correspondants se laissent des messages dans le dossier « brouillons » d’une messagerie classique.

Il est difficile de fournir des statistiques précises en termes de recrutement, faute d’études accessibles au public. Certains individus se radicalisent seuls à travers la consultation de forums et de sites web affiliés à la nébuleuse islamiste, d’autres au contraire sont approchés prudemment par des recruteurs. Quel que soit le cas de figure, les réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter ou d’autres plates-formes d’échanges jouent un rôle important.

Calqué sur les modèles du e-marketing classique, l’intérêt du prosélytisme sur Facebook, Youtube, Instagram et Twitter se justifie par l’accès ouvert à quantité de profils sur ces plates-formes de partage. Facebook présente de nombreux avantages pour repérer et amorcer le contact entre recruteur et cible, avec un risque maîtrisé. En effet, l’algorithme du réseau social suggère des publications et des profils selon le type de pages « likées ». Il suffit simplement d’avoir des amis d’obédience salafiste et d’avoir « aimé » des pages pro-Etat Islamique pour recevoir de nombreuses suggestions en lien avec ce courant. L’immersion dans la peau d’un aspirant djihadiste 2.0 par un journaliste de Rue89[11] met en évidence une faille plus importante : l’incapacité des développeurs à isoler et éliminer les contributeurs de pages islamistes.

 

L’implantation de la dawa[12] virtuelle

Partant de ce constat, il faut distinguer deux types de profils de cyber-endoctrinés : « l’auto-entrepreneur » et la victime « non consentante » au départ.

« L’auto-entrepreneur » cherche le contact avec un groupe radical de sa propre initiative. Dans ce cas de figure, les vidéos estampillées « théorie du complot », distillées avec des extraits du Coran sortis de leur contexte, comptent parmi les facteurs de sa radicalisation. Majoritairement non arabophones, de culture musulmane ou non, les cibles ne disposent pas de compétences pour vérifier la véracité des cyber-prêches. Pourtant certains hadiths[13] que l’on retrouve dans le discours salafiste sont contestés par des écoles de l’islam sunnite. Manquant d’outils de comparaison théologique, les candidats francophones se spécialisent dans la diffusion de l’idéologie extrémiste sans réelle connaissance de l’islam, comme le montre l’exemple du cyber-djihadiste français Romain Letellier[14] : après avoir été rebaptisé Abou Siyad Al Normandy, le jeune converti passe progressivement du statut d’amateur à celui de cyber-prédicateur sous franchise Al Qaïda, allant jusqu’à devenir l’un des traducteurs d’Inspire, la revue anglophone d’Al Qaïda.

La première étape de l’endoctrinement des cibles « non consentantes » est similaire aux méthodes des sectes dites classiques. Le témoignage de Léa[15], une jeune Française de 15 ans lève le voile sur les méthodes agressives des recruteurs. L’adolescente s’est vue harcelée en permanence via sa messagerie Facebook par des inconnus suite à un post public où elle confiait un certain mal-être. La facilité de transmission de l’information et les paramètres de confidentialité mal maîtrisés permettent aux recruteurs de cibler les personnes les plus fragiles et de diffuser instantanément toutes informations susceptibles de relayer le message djihadiste.

Une fois les cibles repérées, les membres des cellules opérant sur les réseaux sociaux les sollicitent de façon régulière à travers des messages de soutien, avant de les éloigner de leurs repères habituels à travers des prêches hostiles au système occidental, induisant l’idée que l’état dépressif de ces personnes en est le résultat. Les supports vidéos utilisés par les recruteurs présentent le mode de vie occidental comme déviant : alcool, drogues, inégalités, rapports sexuels hors mariage, libertinage, consumérisme. A contrario, le salafisme est présenté comme vecteur d’une existence saine avec la promesse d’une place au paradis[16] pour les « fidèles ».

Ces méthodes de recrutement reviennent dans la majorité des témoignages de repentis et de personnes interpellées au moment de rejoindre les zones de combats. Les cibles sont souvent des personnes en rupture sociale, familiale et parfois scolaire. Les images de guerre mettant en scène le régime de Bashar al-Assad vis-à-vis de la communauté sunnite syrienne, associées aux images de détresse de la communauté palestinienne, sont autant d’éléments permettant de légitimer le recours à la violence.

Il s’agit de préparer la cible à accepter sa propre déconstruction psychologique en vue de se créer une autre identité avec de nouveaux repères. On assiste à une mutation décrite par les endoctrinés comme une renaissance. Ce processus d’endoctrinement s’ancre dans la durée, avec l’insertion du sujet dans une communauté se présentant comme une nouvelle famille[17].

 

Finalité de l’embrigadement et plan de lutte contre le Djihadisme 2.0

Les finalités poursuivies par les groupes extrémistes lorsqu’ils recrutent sont soit la hijrah[18] pour les zones de combat, soit la perpétration d’actes violents sur le sol du recruté.

Ces finalités diffèrent cependant légèrement selon les groupes. Le Jahbat al-Nusra[19], qui s’ancre dans une logique locale, privilégie par exemple la hijrah. Il est donc beaucoup plus difficile pour les ressortissants français d’y entrer car ils sont considérés comme peu éduqués sur le plan religieux, à la différence des Anglo-Saxons ou des combattants étrangers arabes[20]. Ce groupe maîtrise en revanche moins bien l’outil Internet que Daech d’où une visibilité moindre sur la toile – ce qui ne veut pas dire qu’ils ne communiquent pas du tout par Internet : bon nombre de comptes Twitter diffusent ainsi les victoires du Jahbat al-Nusra. Mais la communication est laissée, pour la plus grande part, à la maison mère Al-Qaïda qui, elle, encourage vivement les actions violentes sur les territoires occidentaux, par l’intermédiaire de sa revue Inspire. Daech est sans doute le groupe qui maîtrise le mieux sa communication et l’outil Internet, ce qui explique certainement sa forte attractivité auprès des combattants occidentaux, contrairement au Jahbat al-Nusra[21]. Daech encourage, selon ses besoins, la hijrah ou l’action violente, notamment au travers de sa revue Dabiq et de son dérivé français Dar al-Islam.

Concernant la hijrah, l’émigration vers la Syrie principalement, les autorités françaises ont pris plusieurs mesures. L’article 1er[22] du dispositif de lutte contre le terrorisme voté par l’Assemblée nationale en 2014 porte sur l’interdiction de sortie du territoire d’individus soupçonnés de vouloir rejoindre le Djihad en Syrie. Un numéro vert est également à la disposition de toutes personnes soupçonnant la radicalisation et l’intention d’un proche, notamment mineur, de se rendre en Syrie.

La deuxième finalité de l’embrigadement est celle qui préoccupe le plus les services de renseignement : c’est celle du « loup solitaire » qui se radicalise seul à l’aide d’Internet et qui choisit d’opérer sur son propre territoire. Les revues telles qu’Inspire ou Dabiq appellent au meurtre des « infidèles », le plus souvent représentés en « costume cravate ». La création d’un délit d’entreprise terroriste individuelle était donc une nécessité afin de pallier les problèmes juridiques que posait le délit d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

Face à la source de l’endoctrinement, la propagande, il est difficile pour les autorités de réagir, notamment sur Internet. Facebook, Twitter et les autres médias ayant un contrôle exclusif de leurs plates-formes, la modération des messages à caractères haineux et la surveillance des communications privées, approche privilégiée des recruteurs, ne peut se faire sans la coopération des opérateurs du numérique. Bien que l’apologie du terrorisme et l’appel à la perpétration d’actes terroristes soient désormais prévus par le code pénal, il est difficile d’imaginer poursuivre Facebook directement en justice. En revanche, la nouvelle loi sur le renseignement pourrait faciliter la détection d’éventuels « loups solitaires » et l’identification des individus promouvant ces groupes extrémistes sur Internet, afin de les poursuivre – pour peu qu’ils soient sur le sol français…

Une cellule de contre-propagande a bien été mise en place par le ministère français de la Défense mais il est trop tôt pour mesurer son efficacité. Elle fait l’objet de fortes critiques et ses détracteurs jugent son contenu éloigné des réalités du terrain. Certains critères censés détecter un comportement suspect seraient plus proches de la caricature que révélateurs d’une rupture pouvant faire basculer vers le fondamentalisme violent. Les individus radicalisés sont avant tout nourris par des vidéos complotistes qui réduisent à néant la parole des appareils étatiques. C’est ce qui nous amène à penser que la déconstruction du discours extrémiste devrait également impliquer des acteurs de la société civile.

Même si la bataille semble difficile, des outils visant à réduire l’embrigadement et l’auto-radicalisation se sont progressivement mis en place[23]. En la matière, il faut cependant avoir une guerre d’avance, et non une guerre de retard : alors que le Parlement semble prendre les mesures qui s’imposent, les djihadistes ne basculent-ils pas déjà dans une nouvelle version?

 

 

Comment fabrique-t-on un djihadiste 2.0 ?

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[1] Période de l’euroterrorisme qui vit les violences de la fraction armée rouge et action directe entre autre.
[2] Il faut ici comprendre le mot djihad au sens où l’entendent les « djihadistes » de Daesh, c’est-à-dire une vision réductrice du djihad mineur (extérieur), lui-même distinct du djihad majeur (intérieur).
[3] Entretien avec Asma Guenifi, psychologue clinicienne et auteur du livre “Je ne pardonne pas aux assassins de mon frère”.
[4] Désamorcer l’islam radical : Ces dérives sectaires qui défigurent l’islam, Editions de l’Atelier, 2014 et Comment sortir de l’emprise « djihadiste » ?, Editions de l’Atelier, 2015.
[5] http://www.france24.com/fr/20141118-profil-jihadistes-francais-jeunes-depressifs-athees-classe-moyenne-etude-islam-derives-sectaires-syrie-internet-ei/
[6] Le salafisme ne mène pas forcément au djihadisme. Il existe un courant quiétiste.
[7] Unité de Coordination de la lutte antiterroriste.
[8] Séparation visant les détenus prosélytes.
[9] Pierre Conesa, ancien haut fonctionnaire du ministère de la Défense.
[10] Réseau privé virtuel qui permet un haut niveau d’anonymat sur le web.
[11] http://rue89.nouvelobs.com/2014/10/21/comment-facebook-mis-voie-djihad-255616
[12] L’appel aux non musulmans à rejoindre la communauté islamique.
[13] Principes de gouvernances islamiques transmis par le prophète Mohamed à ses compagnons.
[14] http://www.afvt.org/le-premier-proces-dun-cyber-djihadiste/
[15] http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20141001.OBS0739/exclusif-lea-15-ans-ils-nous-demandent-de-faire-des-attentats-en-france.html
[16] Les prédicateurs jouent sur le terrain de l’apocalypse et font constamment le lien avec d’autres civilisations aujourd’hui éteintes : la Rome et la Grèce antiques. Cependant, il y est fait plus souvent références à Sumer et Babylone. Ces civilisations sont présentées comme synonyme de décadence. Leur extinction serait due à un châtiment divin, car on y pratiquait l’usure, l’inceste, la sodomie et la vénération des idoles, principalement Baal, nom générique utilisé pour qualifier Satan dans la liturgie monothéiste.
[17] La oumma telle que défini par les mouvements extrémistes.
[18] Emigration en terre musulmane.
[19] Groupe djihadiste implanté en Syrie rattaché à Al-Qaïda.
[20] Jordaniens, saoudiens etc…
[21] Rappelons que ces deux groupes ne sont pas alliés et se livrent une guerre impitoyable sur le territoire syrien en raison des différences historiques et religieuses qui les opposent.
[22] http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000029754374&categorieLien=id
[23] Création du centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam.

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 16:20
« Obama n’a toujours pas pris en compte Daech pour ce qu’il est »


28.06.2015 par Laurent Marchand - Tout un monde

Entretien avec Jean-Pierre Filiu, spécialiste du djihadisme. Chercheur au Ceri-Sciences Po

 

France, Tunisie, Koweït. C’est une attaque tous azimuts de Daech ?

Daech est en train de reproduire, sur les rives de la Méditerranée, sa capacité à mener des offensives sur plusieurs fronts, qui a déjà fait son succès militaire fulgurant, en Syrie comme en Irak. On voit une organisation avec, à l’évidence, une cellule structurée, aguerrie, capable de lancer des opérations coordonnées.

 

Ces attaques étaient coordonnées selon vous ?

Je n’ai pas d’information de renseignement pour le dire, je fais du raisonnement. Mais il y a un principe qui vient d’Al-Qaïda et que Daech a porté à un degré de sophistication inégalée, c’est la centralisation de la décision, et la décentralisation de l’exécution. On peut parfaitement imaginer que des consignes aient été données très longtemps en amont, visant cette date. C’est le premier anniversaire du Califat. L’objectif n’est pas le même en Europe, où le but est d’instiller le doute pour provoquer des représailles contre des musulmans locaux,  et dans le monde arabe, où il faut afficher pour terroriser les populations et les régimes.

 

Suite de l'entretien

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 15:45
Tchad : 11 morts dans une explosion

 

29.06.2015 BBC Afrique

 

Une explosion a fait 11 morts dont 5 policiers à Gigel, un quartier de N’Djamena, la capitale tchadienne.

 

Selon le correspondant de la BBC sur place, c’est une opération de contrôle de routine qui a mal tourné.

Les policiers étaient en train de perquisitionner une maison où résident des personnes suspectées de terrorisme. Ces dernières ont alors actionné des explosifs qu’ils stockaient sur place.

Deux attaques simultanées contre le commissariat central et l'école de police de N'Djamena avaient fait au moins 33 morts et une centaine de blessés le 15 juin.

Ces attaques n'ont pas été revendiquées mais le Tchad les a attribuées au groupe nigérian Boko Haram.

L'armée tchadienne est en première ligne de la lutte contre Boko Haram.

Une opération militaire régionale a été lancée conjointement par le Nigeria, le Tchad, le Niger et le Cameroun depuis le début de l'année contre l'insurrection de Boko Haram.

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 15:45
photo EMA

photo EMA

 

29.06.2015 BBC Afrique

 

Le ministre de la sécurité publique du Tchad a déclaré que le cerveau présumé de Boko Haram dans le nord du Cameroun et au Tchad a été arrêté dimanche.

 

Ces déclarations d’Abderahim Birémé Hamid font suite à la mort lundi dans une explosion de 5 policiers et de 6 membres de la secte nigériane.

Ils ont été tués au cours d'une opération menée par les forces de sécurité dans une concession où une fabrique d'explosifs artisanaux a été retrouvée.

De nombreux explosifs ont été découverts sur les lieux et certains ont été actionnes par les djihadistes présumés.

De sources officielles, l'armée avait appris qu'une autre attaque de Boko Haram à N'Djamena était en cours de préparation.

Le parquet de N'Djamena a annoncé dimanche le démantèlement d’une cellule active d’un réseau terroriste et l'arrestation d'une soixantaine de personnes" dans le cadre de l'enquête.

Le 15 juin, deux attaques simultanées contre le commissariat central et l'école de police de N'Djamena avaient fait au moins 38 morts et une centaine de blessés.

L'armée tchadienne est en première ligne dans la lutte contre Boko Haram.

Une opération militaire régionale a été lancée conjointement par le Nigeria, le Tchad, le Niger et le Cameroun depuis le début de l'année contre le groupe radical islamiste.

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 15:45
Les terroristes ne l'emporteront pas

 

29 juin 2015 Romandie.com (AFP)

 

Tunis - La ministre britannique de l'Intérieur Theresa May a assuré lundi en Tunisie que les terroristes ne l'emporteraient pas après l'attentat de vendredi, alors que la Grande-Bretagne s'attend à ce que le nombre de ses ressortissants tués monte à une trentaine.

 

Les terroristes ne l'emporteront pas. Nous serons unis (...) pour défendre nos valeurs, a déclaré la ministre lors d'une conférence de presse dans l'hôtel de Port El Kantaoui où a eu lieu le carnage, aux côtés de ses homologues tunisien, français et allemand.

 

La détermination est la clé des succès que nous remporterons à l'égard de ceux qui s'organisent pour nous atteindre. Cette guerre, nous la gagnerons, a renchéri le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

 

Leur homologue allemand Thomas de Maiziere a lui déclaré que cette visite visait à montrer à cette jeune démocratie (...) que la liberté est plus forte que le terrorisme. Et nous allons travailler ensemble pour que les terroristes n'aient pas le dernier mot.

 

Les quatre ministres s'étaient auparavant rendus sur les lieux du massacre pour rendre hommage aux 38 victimes de vendredi, tuées lorsqu'un étudiant tunisien armé d'une Kalachnikov a ouvert le feu sur la plage et au bord des piscines de l'hôtel. L'attaque a été revendiquée par le groupe Etat islamique (EI).

 

La Tunisie n'a pas terminé l'identification des 38 victimes, selon le ministère de la Santé.

 

Pour le moment, 18 Britanniques ont été identifiés et la Grande-Bretagne s'attend à ce que le bilan pour ses ressortissants s'alourdisse à une trentaine de morts.

 

Il n'y a pas de preuve qu'il s'agissait d'une tentative délibérée d'attaquer des touristes britanniques, a jugé la ministre britannique de l'Intérieur. Il est évident (...) que cet hôtel était particulièrement apprécié par les touristes britanniques mais clairement, il y avait d'autres touristes occidentaux ici aussi.

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 15:45
Al-Shabab kills Somali soldiers in attack on army base

 

29.06.2015 BBC Africa

 

Al-Shabab militants have killed at least five soldiers in an overnight attack on an army base in the southern Somali port of Kismayo.

 

Islamist fighters beheaded some of the captured Somali soldiers after briefly taking over the camp, witnesses told AFP news agency.

At least 50 Burundian soldiers died last week in an al-Shabab attack on an African Union military base.

Al-Shabab is battling Somalia's government for control of the country.

The African Union Mission in Somalia (Amisom) has more than 20,000 troops in the country.

Amisom is now withdrawing from some of its smaller outposts in southern Somalia, residents have told the BBC Somali service.

Amisom has not commented on the reports.

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 14:40
Poutine promet de soutenir Damas y compris militairement

 

29 juin 2015 Romandie.com (AFP)

 

Moscou - Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem a affirmé lundi à Moscou avoir reçu des assurances du président russe Vladimir Poutine que son pays continuerait à aider la Syrie, y compris militairement.

 

J'ai reçu une promesse du président Poutine qu'il allait soutenir la Syrie, politiquement, économiquement et militairement, a-t-il dit lors d'une conférence de presse commune avec son homologue russe Sergueï Lavrov et après une rencontre avec le dirigeant russe.

 

La Russie est un allié de premier plan du régime de Bachar al-Assad qu'il a soutenu depuis le début du conflit en mars 2011. Son appui s'est traduit par des vétos au Conseil de sécurité de l'ONU chaque fois que les Occidentaux ont voulu condamner Damas ainsi que par une assistance militaire et financière.

 

Moscou a également accueilli deux séances de négociations entre le régime et une opposition tolérée mais peu représentative, qui n'ont pas abouti à des conclusions concrètes d'autant que l'opposition en exil, soutenue par l'Occident, n'y participait pas.

 

M. Poutine, après sa rencontre avec M. Mouallem, a assuré que son pays continuerait à se ranger du côté du régime syrien, faisant ainsi taire les rumeurs et les affirmations d'analystes sur un prétendu changement de position de Moscou.

 

Nous sommes convaincus qu'au final, le peuple syrien sera victorieux. Et notre politique, qui vise à soutenir la Syrie, les dirigeants syriens et le peuple syrien, reste inchangée, a affirmé le président russe.

 

Il a également discuté de la possibilité de constituer une nouvelle coalition internationale pour combattre le terrorisme, notamment le groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui contrôle des pans entiers en Syrie et en Irak.

 

Si les dirigeants syriens considèrent (l'idée d'une coalition) acceptable et possible, nous ferons tout notre possible pour vous soutenir. Et nous utiliserons nos relations, qui sont bonnes avec tous les pays de la région, pour tenter de créer à tout prix une telle coalition, a déclaré M. Poutine.

 

Selon lui, pour lutter contre le terrorisme, tous les pays de la région doivent joindre leurs efforts.

 

Tous nos contacts avec les pays de cette région montrent que lorsqu'il s'agit de combattre le soi-disant Etat islamique, chacun est prêt à combattre ce mal. Cela s'applique à la Turquie, à la Jordanie, à l'Arabie saoudite, a-t-il ajouté.

 

Mais M. Mouallem s'est montré sceptique. Je sais que Poutine est un homme qui fait des miracles, mais une alliance avec l'Arabie saoudite, la Turquie, le Qatar ou les Etats-Unis nécessite un grand miracle, a-t-il dit avec humour.

 

Comment ces pays qui ont encouragé et financé le terrorisme peuvent-ils devenir des alliés contre le terrorisme, a-t-il souligné. Le régime syrien accuse ces pays de financer les rebelles qu'il combat depuis plus de quatre ans.

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 05:56
photo GMP - Armée de Terre

photo GMP - Armée de Terre

 

26.06.2015 Propos recueillis par Guillaume Perrault  - FIGARO Vox Politique

 

FIGAROVOX / ENTRETIEN - Le député européen Arnaud Danjean* (Les Républicains) explique les difficultés concrètes des services de police dans leur lutte contre le terrorisme islamiste.

 

LE FIGARO: Diriez-vous, comme d'autres responsables politiques, que la France est en guerre?

 

Arnaud DANJEAN : La France est en guerre quand son armée intervient pour tuer des ennemis. C'est le cas au Sahel et en Irak. En revanche, je n'emploie le mot de «guerre» pour désigner la lutte contre le terrorisme dans notre pays. Le terrorisme est un acte criminel et politisé qui a pour but de créer la peur, l'effroi et de susciter une vague d'émotion. Répondre en retour par une rhétorique excessivement martiale, c'est déjà entrer dans le jeu du terrorisme et lui offrir une satisfaction symbolique. Gardons la tête froide. Nommer correctement le phénomène que nous devons affronter, ce n'est pas être moins intransigeant et moins implacable contre lui. Par ailleurs, il est paradoxal d'entendre des responsables politiques déclarer «nous sommes en guerre» et paraître étonnés à chaque nouvelle attentat. Qu'un nouvel attentat frappe la France n'est malheureusement pas une surprise.

 

Suite de l’entretien

 

* Arnaud Danjean, député européen (Les Républicains) et conseiller régional de Bourgogne, est un spécialiste reconnu des questions de sécurité et de défense. Il [est membre de] la sous-commission «Sécurité et Défense» du Parlement Européen.

 

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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 11:45
photo Royal Australian Navy

photo Royal Australian Navy

 

26/06/2015 Sources : Etat-major des armées

 

Le 20 juin 2015, la frégate australienne HMAS Newcastle, qui opère actuellement sous le commandement français de la Combined Task Force 150 (CTF150), a réalisé une importante saisie d’héroïne au large des côtes Est-africaines. Au cours d’une enquête de pavillon, 581 kg d’héroïne ont été saisis à bord d’un boutre, pour une valeur estimée sur le marché européen à plus de 150 millions d’euros. Depuis le 6 avril 2015, la France assure le commandement de la CTF-150, force navale chargée de lutter contre le terrorisme et contre les activités illicites qui participent à son financement.

 

Le 20 juin 2015, le HMAS Newcastle, qui patrouillait en Océan Indien dans le cadre de ses missions au sein de la CTF-150, a détecté un boutre suspect. Après avoir obtenu le feu vert du commandant de la force, le capitaine de vaisseau Crignola, la frégate australienne a déployé son équipe de visite à bord du bateau afin de procéder à un contrôle de sa documentation et d’interroger son équipage. Les vérifications effectuées ont conduit à déclarer le boutre sans nationalité. Une inspection de sa cargaison a alors permis à l’équipe de visite australienne de découvrir des caches dans lesquelles étaient dissimulés 581 kg d’héroïne.

 

Cette importante saisie est la septième réalisée par des unités de la CTF-150 depuis la prise de commandement de la force par la France en avril 2015. Au total, plus d’1,5 tonnes d’héroïne ont été saisies au cours de sept contrôles distincts, grâce à l’action conjointe des moyens navals mais aussi aériens de la CTF-150, permettant ainsi de porter un coup significatif au trafic de drogue en océan Indien.

 

La route maritime du Sud, qui part des côtes irano-pakistanaises vers l’Est de l’Afrique est fréquemment utilisée par les trafiquants pour acheminer l’héroïne vers le marché africain, mais aussi européen. La présence de plusieurs bâtiments de la CTF-150 en océan Indien permet de réduire la dynamique de l’acheminement des cargaisons, en interdisant l’utilisation de l’espace maritime pour les passeurs de drogue.

 

La force a bénéficié d’un déploiement de moyens importants, avec, aux côtés du HMAS Newcastle, plusieurs bâtiments engagés dans les opérations, parmi lesquels la frégate néozélandaise Te Kaha, les bâtiments français BCR (bâtiment de commandement et de ravitaillement) Var et FLF (frégate de type La Fayette) Surcouf ainsi que la frégate britannique Richmond. Les unités alliées engagées dans la CTF-150 poursuivront leurs opérations de sécurité maritime dans les prochains mois afin d’apporter leur contribution à la lutter contre le terrorisme international et les activités illégales.

 

Depuis le 6 avril 2015, la France assume le commandement de la CTF 150. Le BCR (bâtiment de commandement et de ravitaillement) Varembarque à son bord le commandant de la force, ainsi que son état-major, qui assure la conduite tactique des différentes unités alliées de la force, grâce aux moyens de commandement dont ce bâtiment a été spécifiquement doté. Mise en place à la suite des attentats du 11 septembre 2001, la CTF-150, placée sous commandement des Combined Maritime Forces, rassemble une coalition de 18 nations qui fournissent des moyens navals et aériens pour assurer la permanence de la mission.

photo Royal Australian Navy

photo Royal Australian Navy

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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 11:30
photo EMA / Armée de l'Air

photo EMA / Armée de l'Air

 

26/06/2015 Sources : Etat-major des armées  

 

Il est 6 heures ce matin sur la base, le soleil est déjà haut ; le thermomètre affiche 45°C. Trois avions attendent sur le tarmac, deux Rafale de l’armée de l’Air et un Atlantique 2 (ATL2) de la Marine nationale. Ils sont parés pour effectuer une mission  ISR (intelligence, surveillance, reconnaissance), qui permet de collecter des renseignements dans la profondeur grâce notamment à des photographies de précision.

 

L'équipage de l'ATL2 prépare l'ensemble des appareils qui seront utilisés au-dessus de l'Irak pour photographier, identifier, surveiller et reconnaître. Dans les Rafale, les équipages font les derniers contrôles du moteur et de l’électronique embarquée, notamment le PodReco NG (système numérique de reconnaissance aérienne) pour rapporter et exploiter des images.

 

Marins et aviateurs sont concentrés. Ils partent, les premiers pour 10 heures de vol, les seconds pour 6 heures ; tous en survol d’un territoire hostile. Le ciel est sûr, mais le risque existe. Les Rafale sont armés de missiles d'autodéfense MICA. L'ATL2, lui, vole à distance de sécurité mais emporte néanmoins une autoprotection par leurres infrarouges. Sans ces missions de renseignement, la coalition Inherent Resolve et son volet français, Chammal, seraient aveugles. Marins et aviateurs utilisent différents moyens ROIM (1) complémentaires, qui vont permettre au personnel en charge du renseignement d'offrir toutes les informations permettant aux forces de sécurité irakiennes et à la coalition de combattre le groupe terroriste Daesh.

 

Les pilotes ont fini leurs vérifications. Les hélices tournent, les réacteurs vrombissent, les pistards et les pilotes entament leur langage des signes. Les tests au sol sont positifs, les roulages commencent, le grondement des décollages se fait entendre, les avions disparaissent à l’horizon…

 

Comme prévu, les Rafale atterrissent 6 heures plus tard. Les mécaniciens, pistards, vecteurs, armements et avioniques sont tous présents pour la remise en condition des avions. Bien que fatigués, pilotes et navigateurs, en descendant de leurs machines, adressent un petit geste de remerciement en direction de leurs équipes de soutien.

 

De leur côté, les marins sont toujours sur zone, car leur autonomie leur permet une mission plus longue. Cependant, il ne leur est pas nécessaire d’attendre le retour à la base pour l’exploitation des images, les traitants commencent donc à bord.

 

Sur le tarmac de la base, l'avionique s'affaire sur le Pod Reco NG. Il en retire un gros boitier, un disque dur où sont stockées les images réalisées par les Rafale. Elles seront exploitées par les interprétateurs image. De leur travail découlera d'autres missions aériennes, d'autres objectifs à neutraliser.

 

Le travail du jour va consister à vérifier, sur demande des états-majors, des indices d'activités : par exemple comment sont configurés certains véhicules, notamment les engins de génie civil, les mouvements de circulation autour de bâtiments, et ce qui pourrait indiquer qu'il s'agit d'une fabrique d'IED (engins explosifs improvisés) ou de véhicules IED. "Les photos sont ensuite légendées" nous apprend le sergent Julien. L'exploitation se poursuit : recherche de ponts, d'infrastructures clés, de travaux de génie ou autres, tout indice qui indiquerait que Daesh réalise une opération à l'endroit de la photo.

 

Le travail terminé, les photos sont enregistrées dans la base de données puis transmises aux différents états-majors, en particulier le CAOC de Chammal-Inherent Resolve, le Combined Air OperationCentre, le centre interallié des opérations aériennes où des personnels français de Chammal planifient les futures opérations aériennes.

 

Lancée depuis le 19 septembre 2014, l’opération Chammal mobilise 700 militaires. Elle vise, à la demande du gouvernement irakien et en coordination avec les alliés de la France présents dans la région, à assurer un soutien aérien aux forces irakiennes dans la lutte contre le groupe terroriste autoproclamé Daech. Le dispositif complet est actuellement structuré autour de douze avions de chasse de l’armée de l’Air (six Rafale et six Mirage2000D) et d’un avion de patrouille maritime Atlantique 2.

 

(1 )ROIM : renseignement d'origine image

photo EMA / Armée de l'Airphoto EMA / Armée de l'Air
photo EMA / Armée de l'Air
photo EMA / Armée de l'Airphoto EMA / Armée de l'Air

photo EMA / Armée de l'Air

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 16:45
Le ministre de la Défense à Gao (22 Juin)

 

24/06/2015  DICOD

 

Le 22 juin 2015, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, s’est rendu à Gao, au Mali, pour rencontrer les soldats de la force Barkhane. Visite toute symbolique deux jours après la signature des accords d’Alger et presque un an après le lancement de l’opération Barkhane.

 

Après s’être posé à Mopti dans la matinée du lundi 22 juin, Jean-Yves Le Drian s’est rendu sur la base française de Gao, au Nord Mali, pour s’adresser aux soldats français de la force Barkhane, qui œuvre aux côtés de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), la mission des Nations unies et de l’EUTM, la mission européenne.

Pour le ministre de la Défense, cette visite est intervenue « à un moment charnière de l’engagement résolu de la France aux côtés de ses partenaires africains […], quelques jours seulement après la signature définitive des accords d’Alger », accords de paix historiques avec les principaux groupes rebelles touaregs du nord Mali. Jean-Yves Le Drian, entouré du général Wade, commandant l’état-major de secteur de la  Minusma à Gao, du colonel Haidara, commandant le PC Maliba des forces armées maliennes à Gao et du général Palasset, commandant la force Barkhane, a félicité et salué les soldats français pour les opérations de sécurisation menées depuis janvier 2013. Il a ajouté que « ce retour à la souveraineté malienne, et à la sécurité du pays, est également le fruit des efforts de nombreux partenaires internationaux du Mali  à travers la Minusma et l’Europe ».

Avant de rencontrer le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, lors d’un dîner officiel, le ministre de la défense a tiré un premier bilan positif de l’opération Barkhane, lancée il y a un an, le 1er août 2014. Cependant, il a souligné que « ces succès ne doivent pas nous faire baisser la garde. […] Alors que notre pays est confronté à des menaces directes, sur son territoire même, vous êtes ici l’un des premiers remparts contre ces menaces ».

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 16:30
photo Armée de l'Air

photo Armée de l'Air

 

26/06/2015 Sources : Etat-major des armées

 

Dès que des militaires sont engagés dans une mission, en l'air, au sol, à la mer, cette action fait l'objet d'une planification. Elle est suivie au plus près par un centre qui fait le lien entre les troupes engagées et les entités donneuses d'ordres. L'opération Chammal s’appuie sur la même organisation, avec le Joint Operation Centre.

 

« Le JOC -Joint Operation Centre- est le centre des opérations interarmées " explique le commandant Guillaume, directeur du JOC. " Le JOC constitue un point névralgique. En effet, c’est dans cette structure que des militaires des trois armées coordonnent et suivent "en conduite", les actions en cours des forces sur le terrain : une mission de reconnaissance armée d'une patrouille de Mirage 2000, ou de Rafale, ou bien une mission de renseignement dans la profondeur réalisée par des Rafale et/ou l’Atlantique 2. Mais notre responsabilité s'étend à la mer également. Lorsque le GAN (groupe aéronaval) est en mer en zone ALINDIEN pour Chammal, comme ce fut le cas de février à avril 2015, un officier de marine vient renforcer le JOC pour assurer le suivi particulier et la conduite des opérations. Nous suivons également en Irak les actions de formation des militaires de l'armée de Terre auprès des Forces de sécurité irakiennes ».

Le JOC est activé 24h/24, 7 jours sur 7. Le Battle Watch Officer (l’officier de permanence opérationnelle) et son adjoint assurent une veille permanente et répondent à toutes les demandes ou sollicitations. L’équipe de veille est renforcée par l’équipe OQO (officier de quart opérationnel) de l’ATL2à chaque vol ; les spécialistes météos 1, renseignement et experts des trois armées présents habituellement au JOC peuvent y être rappelés à tout moment en fonction de la situation.

« Soyons clair, quelques missions de renseignement ISR (intelligence, surveillance et reconnaissance) en Rafale et en ATL2 sont planifiées ici, mais l'ensemble de la planification des opérations est réalisée soit au CAOC 2 au Qatar, soit au CJTF au Koweït. Nous assurons à notre niveau le suivi des opérations planifiées, ce qui veut dire surtout qu'en cas de problème, nous assurons la coordination des moyens et des activités de la zone ALINDIEN. »

Lancée depuis le 19 septembre 2014, l’opération Chammal mobilise 700 militaires. Elle vise, à la demande du gouvernement irakien et en coordination avec les alliés de la France présents dans la région, à assurer un soutien aérien aux forces irakiennes dans la lutte contre le groupe terroriste autoproclamé Daech. Le dispositif complet est actuellement structuré autour de douze avions de chasse de l’armée de l’Air (six Rafale et six Mirage2000D) et d’un avion de patrouille maritime Atlantique 2.

 

1 Voir Dans la peau d’une météorologue océanographe et d’un observateur-prévisionniste

2 Combined Air Operation Center : centre de conduite interallié des opérations aériennes et CJTF : Combined Joint Task Force (force interarmées multinationale)

 

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 13:45
photo EMA / ECPAD

photo EMA / ECPAD

 

26/06/2015 Sources : Etat-major des armées

 

Engagé du 12 au 20 juin 2015 dans l’opération Tchera, le groupement tactique désert Est (GTD-E) Chimère a ainsi mené ses premières actions de lutte contre les groupes armés terroristes (GAT) dans le Nord-Niger depuis son arrivée à la tête du fuseau Est de l’opération Barkhane, le 3 juin dernier.

 

L’opération Tchera avait pour objectif de perturber les flux logistiques et financiers des GAT transitant dans la région de la passe de Salvador.

 

Menée en partenariat avec les forces armées nigériennes (FAN), Tchera a mobilisé près de 170 hommes dont deux sections d’infanterie du 8eRPIMa (régiment de parachutiste d’infanterie de marine), un peloton blindé du 3eRH (régiment des hussards), des sapeurs du 17eRGP (régiment du génie parachutiste). L’ensemble étant appuyé par des hélicoptères de manœuvre et des éléments de soutien logistique et sanitaire.

 

Après une phase de reconnaissance motorisée depuis la base avancée temporaire (BAT) de Madama, les hommes du GTD-E Chimère ont poursuivi leur effort par une action de contrôle de zone dans la région de la passe de Salvador. Dans ce vaste espace de transit entre la Libye et le Nord du Sahel, la force Barkhane a découvert puis détruit 3 plots logistiques de GAT. Elle a également appuyé la saisie par les forces armées nigériennes d’un véhicule contenant armement et munitions. Ce sont ainsi près de 1 500 cartouches de petit calibre, une trentaine d’obus de mortier, des roquettes et une mitrailleuse qui ont été interceptées.

 

Cette opération, par son bilan, porte un nouveau coup à l’activité des GAT agissant dans ce vaste espace entre la Libye et le Nord du Sahel.

 

L’opération Barkhane regroupe 3 000 militaires dont la mission, en partenariat avec les pays du G5 Sahel, consiste à lutter contre les groupes armés terroristes pouvant agir dans la bande sahélo-saharienne.

photo EMA / ECPAD

photo EMA / ECPAD

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 07:45
photo EMA / Armée de Terre

photo EMA / Armée de Terre

 

25/06/2015 Sources : Etat-major des armées

 

Ces deux dernières semaines, deux opérations ont été menées par la force Barkhane, au Mali et au Niger.

 

Du 6 au 25 juin 2015, une opération de contrôle de zone a été effectuée à l’Est du Mali, dans la région d’Ansongo (Sud-Est de Gao). Suite à un renseignement d’opportunité, la mission de reconnaissance a été poussée au-delà des frontières nigériennes, jusqu’au Sud-Ouest d’Akabar. Deux positions ont été fouillées, résultant notamment sur la découverte d’un pick-up et de deux motos. Cette action transfrontalière a pu être menée grâce à la coordination très rapide avec les autorités nigériennes.

 

Dans le même temps, une opération a été conduite au Nord Niger avec les forces armées nigériennes, du 12 au 20 juin. 140 militaires français et une trentaine de militaires nigériens ont mené une mission de reconnaissance aboutissant sur la saisie d’un pick-up avec de nombreuses armes, munitions et moyens de transmission. Les militaires ont également découvert trois points de ravitaillement en eau et en carburant utilisés par les groupes armés terroristes en transit dans cette région.

 

L’opération Barkhane regroupe 3000 militaires dont la mission, en partenariat avec les pays du G5 Sahel, consiste à lutter contre les groupes armés terroristes dans la bande sahélo-saharienne.

photo EMA / Armée de Terre

photo EMA / Armée de Terre

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 07:30
photo EMA / Armée de l'Air

photo EMA / Armée de l'Air

 

25/06/2015 Sources : Etat-major des armées

 

Ces deux dernières semaines, les Mirage 2000D, les Rafale et l'Atlantique 2 de l'opération Chammal ont poursuivi leurs missions de renseignement dans la profondeur ainsi que de reconnaissance armée, en coordination avec les 60 autres pays membres de la coalition.

 

Au cours de cette période, 38 sorties aériennes ont été menées par les avions de la force. Ces missions ont permis, outre d’alimenter le renseignement de la coalition sur les unités de Daech, la réalisation de 11 frappes et la neutralisation d’une trentaine d’objectifs dont un bâtiment qui servait à l’élaboration de véhicules suicide, dans un centre logistique du groupe terroriste. En parallèle, les formations dispensées sur le sol irakien se poursuivent au profit des forces irakiennes (Peshmergas, ICTS, et 6e division irakienne).

Lancée depuis le 19 septembre 2014, l’opération Chammal mobilise 700 militaires. Elle vise, à la demande du gouvernement irakien et en coordination avec les alliés de la France présents dans la région, à assurer un soutien aérien aux forces irakiennes dans la lutte contre le groupe terroriste autoproclamé Daech. Le dispositif complet est actuellement structuré autour de douze avions de chasse de l’armée de l’Air (six Rafale et six Mirage 2000D), d’un avion de contrôle aérien E3F et d’un avion de patrouille maritime Atlantique 2.

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 11:57
Le projet de loi sur le renseignement a été définitivement adopté.

 

25/06/2015 LePoint.fr (AFP)

 

Après un ultime vote de l'Assemblée nationale, le texte controversé a été adopté. Il vise à renforcer la lutte contre le terrorisme.

 

Les députés ont définitivement voté le projet de loi sur le renseignement, ce mercredi soir. Controversé, ce texte est défendu au nom de la lutte antiterroriste par le gouvernement mais légalise des pratiques contestables des services, selon ses détracteurs. En plein scandale d'espionnage des dirigeants français par les États-Unis, le texte a été voté à main levée par une large majorité gauche-droite, mais avec des voix dissidentes dans presque chaque groupe politique. Au nom d'une "unité nationale sans faille", Éric Ciotti (Les Républicains) s'est ainsi réjoui d'un "projet de loi nécessaire et positif", position partagée par la "grande majorité" de son groupe. Le Front de gauche a voté en revanche contre une "loi scélérate" tout comme la majorité du groupe écologiste.

Mise en chantier l'an dernier, son élaboration a été accélérée par l'exécutif au lendemain des attentats qui ont fait 17 morts début janvier à Paris. De la prévention d'attentats à l'espionnage économique, le texte définit un large éventail des missions des services de renseignements, ainsi que le régime d'autorisation et de contrôle de nombreuses techniques d'espionnage (écoutes, pose de caméra ou de logiciel-espion, accès aux données de connexion, etc.). Dénonçant les discours sur de "prétendues atteintes aux libertés publiques", le rapporteur Jean-Jacques Urvoas (PS) a insisté sur la "création pour la première fois d'un cadre juridique démocratique des activités des services de renseignements" en France. "Là où les services estimaient que leur légitimité l'emportait sur toute autre considération, ils devront désormais agir dans le respect du principe inverse, leurs prérogatives particulières n'étant admises qu'à la condition qu'elles soient justifiées et proportionnées", a-t-il plaidé.

 

Saisines multiples du Conseil constitutionnel

Face à la controverse suscitée par ce texte, critiqué par de nombreuses ONG, syndicats de magistrats et de journalistes notamment, François Hollande avait annoncé par avance qu'il saisirait lui-même – fait inédit – le Conseil constitutionnel, au terme de la navette parlementaire, pour apporter la "garantie" que ce texte est "bien conforme" à la Constitution. Des députés Les Républicains, écologistes, Modem et même Front national ont défendu ensemble devant la presse mercredi le recours que vont déposer de leur côté une centaine de parlementaires tout comme le président du Sénat. Ce texte risque d'aboutir "à une surveillance de masse" dangereuse pour les libertés, a déclaré Pierre Lellouche (LR), un des élus à l'origine de cette initiative avec Laure de la Raudière (LR).

Ces élus relayaient ainsi les craintes de la Cnil (Comission nationale de l'informatique et des libertés), du Défenseur des droits Jacques Toubon, de syndicats de magistrats ou d'acteurs du numérique, sur les pouvoirs "exorbitants" donnés aux services. Un point en particulier a cristallisé les débats : la mise en place, sur les réseaux des opérateurs, d'outils d'analyse automatique (un algorithme) pour détecter par une "succession suspecte de données de connexion" une "menace terroriste", un dispositif qualifié de "boîte noire" par ses détracteurs qui le comparent aux pratiques de "surveillance généralisée" de la NSA américaine.

 

Renforcement du contrôle des services

En revanche, le rapporteur met en avant le renforcement du contrôle des services avec la création d'une "Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement". Elle donnera un avis préalable à chaque mise en oeuvre de ces techniques, sauf en cas d'urgence, et pourra saisir le Conseil d'État en cas d'abus. Comme les sénateurs mardi, les députés ont adopté un amendement du gouvernement supprimant une disposition permettant de surveiller les étrangers de passage en France sans saisir l'instance de contrôle. Cette disposition, jugée inconstitutionnelle par le gouvernement, avait été introduite par M. Urvoas lors de la commission mixte paritaire (CMP) qui a abouti à un accord entre les deux chambres.

Dans ce contexte, la révélation de l'espionnage du président Hollande et ses deux prédécesseurs, Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac, pratiqué pendant des années par la NSA est apparue tout sauf fortuite au ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. "La date choisie pour ces révélations peut laisser craindre certains amalgames entre les pratiques de certains services étrangers et le contenu de ce texte (...) De telles pratiques ne sont en aucun cas celles de la France", a-t-il martelé.

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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 16:30
The Reality Of The Islamic State

 

June 23, 2015: Strategy Page

 

ISIL (Islamic State in Iraq and the Levant) has taken control of three major cities and the results have been unpleasant and expected. In 2014 they took the eastern Syria city of Raqqa (population 500,000) and turned it into an “Islamic city.” Strict lifestyle rules were imposed and local Christians have to pay an extra tax to avoid persecution. Then, in mid-2014 they took Mosul (two million) in Iraq. In May 2015 they took Ramadi (200,000). All three cities already had problems with electricity and water supplies and shaky sewage systems. Many of the inhabitants of these cities fled, although that became more difficult once armed ISIL men were patrolling the streets and controlling the roads in and out of town. In Ramadi more than half the population was gone when ISIL arrived and that was largely because it was now well known what would happen when ISIL took over. In short, nothing good.

 

ISIL enforces the strictest lifestyle rules, based on an interpretation of Islamic scripture that is more hostile to most modern tech than al Qaeda ever was. That means no music, video or anything that can be identified as “Western.” Exceptions are made, grudgingly, when it is necessary to keep ISIL members alive. Thus while Western aid groups are banned, Western medical supplies are allowed in but ISIL members get priority. Even Moslem medical personnel must prove there are Islamic enough to meet ISIL standards. Those who cannot, and that means most of them, are threatened. Some are killed but the rest flee. The few medical personnel who remain can barely care for ISIL leadership and some combat wounds.

 

Getting electricity, water and sanitation networks operating is a priority but crippled by lack of supplies (especially fuel) and spare parts as well as people qualified to repair and operate things. Anywhere else in the Middle East foreign suppliers and experts would be called upon as necessary. That is not Islamic according to ISIL and instead locals with some skills to step forward and try to cope. The result is intermittent water supplies, unreliable sanitation systems and lots of people using portable generators for power or living in the dark.

 

Many of the civilians who stayed behind have managed to adapt and an economy of sorts has been created. In late 2014 ISIL sought to create their own currency (gold coins) but that did not get far. So any currency (local, Western) that works is used. “Taxes” are collected in a medieval fashion that could best be described (in modern terms) as opportunistic extortion. This begins with lots of looting when ISIL takes control of new territory. While much is made of Moslems (especially Western ones) trying to get to get to the Islamic State the reality is that more people already there are trying to get out. In many cases this is a matter of life and death because the collapse of the medical care system has left most people with few useful options if they get sick or injured. ISIL considers such misfortunes “the will of God” and complainers are regarded as heretics.

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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 11:45
Mali: la France accentue son soutien à la Minusma

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, ici avec Christophe Sivillon, chef du bureau Minusma à Gao. photo Minusma

 

22-06-2015 Par RFI

 

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian est arrivé, ce lundi 22 juin, au Mali, 48 heures après la signature de l'accord de paix et de réconciliation par les rebelles de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA). Lors de son discours, à Gao, le ministre français de la Défense a annoncé le renforcement du soutien de la France à la Mission des Nations unies au Mali (Minusma).

 

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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 17:45
Archives - photo ECPAD

Archives - photo ECPAD

 

A Gao, le 22 juin 2015 - par Jean-Yves Le Drian, Ministre de la Défense

 

– Seul le prononcé fait foi –

Général Wade [1],

Colonel Haidara [2],

Mon général,

Officiers, sous-officier, soldats,

Je suis très heureux d’être avec vous aujourd’hui.

La visite du ministre de la Défense auprès des forces, sur un théâtre d’opérations, n’est jamais anodine. Aujourd’hui   en particulier, mon déplacement intervient à un moment charnière de l’engagement résolu de la France aux côtés de ses partenaires africains, et plus particulièrement du Mali, puisque nous sommes quelques jours seulement après la signature définitive des accords d’Alger.

L’existence même de ces accords doit beaucoup aux opérations de sécurisation que les forces françaises ont conduites depuis janvier 2013. Je veux vous en féliciter, et saluer à travers vous tous vos camarades qui vous ont précédés dans cet engagement difficile mais essentiel.

SERVAL puis BARKHANE ont permis d’éradiquer progressivement les groupes armés terroristes qui avaient tenté de menacer l’existence même du Mali et la sécurité de sa population. Le Nord du Mali était dominé en janvier 2013 par des terroristes. Aujourd’hui, la perspective d’une unité retrouvée, et retrouvée de manière pacifique, s’ouvre devant nous. C’est une grande fierté pour la France que d’avoir participé au retour à l’unité d’un pays ami. Elle y a payé le prix du sang, onze de vos camarades y ont laissé leur vie. Je pense à eux à cet instant.

Ce retour à la souveraineté malienne, et à la sécurité du pays, est également le fruit des efforts de nombreux partenaires internationaux du Mali. Je veux ici saluer chaleureusement la MISMA, puis la MINUSMA, présente sur l’ensemble du territoire malien, qui a su prendre le relai de notre présence, et nous permet aujourd’hui de concentrer la force BARKHANE sur sa raison d’être première : la lutte contre les groupes armés terroristes transnationaux, qui menacent notre pays et nos alliés.

Je veux également saluer les forces armées maliennes qui se sont préparées et entrainées, dans le cadre notamment de la mission européenne EUTM, pour recouvrer leurs capacités opérationnelles et ainsi assurer à terme la plénitude de leur souveraineté nationale. Cette démarche s’est faite dans le cadre de l’accord signé par toutes les parties maliennes.

Je veux souligner que l’Europe a été présente au Mali sur le plan militaire. Je m’en réjouis, car cela a été un combat que j’ai eu à cœur de mener en tant que ministre de la défense de la France.

L’Europe est en effet présente grâce à EUTM, et il faudra d’ailleurs envisager demain le rôle qu’elle pourrait jouer pour appuyer les Nations Unies dans la mise en œuvre de certains des volets de l’accord de paix.

Mais elle est également présente dans la force des Nations Unies elle-même. Deux contingents européens significatifs se détachent  en effet, celui de la Suède et celui des Pays-Bas, tandis que le commandant militaire de cette force est un général danois. L’Europe est donc bien présente, là où ses intérêts de sécurité sont en jeu.

Dans ce contexte, l’engagement français a désormais changé d’ampleur, et vous êtes au cœur de ces évolutions. Voilà presque un an que BARKHANE existe et opère sur l’ensemble bande sahélo-saharienne. Cette année d’engagements au Sahel aura été exceptionnelle à bien des égards, grâce à ce dispositif, ambitieux dans ses objectifs et inédit dans ses modalités.

Un bref regard en arrière permet de mesurer tout le chemin parcouru depuis les débuts de l’opération SERVAL, depuis l’urgence de cette première intervention au Mali, le 11 janvier 2013. Je n’oublie pas, bien sûr, l’opération EPERVIER qui a rejoint votre dispositif.

Je voudrais tirer un premier bilan de cette opération BARKHANE, qui est unique par l’ampleur de sa zone de responsabilité, et notamment le besoin de pouvoir compter sur une bonne  coordination entre les pays partenaires.

La régionalisation des opérations a permis de créer une dynamique nouvelle, qui répond parfaitement à la nature de la menace terroriste qui pèse sur ces pays. A la porosité des frontières dont les groupes armés terroristes se jouaient, nous avons répondu par la mise en place de mécanismes de coopération à tous les échelons. Je pense au G5 Sahel pour la conception générale, aux travaux de planification en commun des états-majors, aux Détachements de Liaison et d’Appui Opérationnel pour la coordination entre unités et, bien sûr, en bout de chaîne, à de très nombreuses opérations multipartites, dont certaines transfrontalières. Ces opérations ont permis aux pays hôtes de se réapproprier leurs frontières et de contrôler les flux illégaux. Pour gêner la mobilité des groupes armés terroristes, nous avons ainsi su nous adapter en mettant en place une véritable synergie entre nos unités déployées pour couvrir ce très vaste théâtre.

Au-delà de la pertinence de notre analyse, vérifiée par les faits, je considère que l’efficacité de nos actions s’explique par plusieurs raisons.

C’est tout d’abord un maillage du terrain, qui s’appuie sur des bases avancées temporaires soutenues – je veux le souligner – par une logistique remarquable. C’est ensuite une chaine de renseignement performante, qui conjugue avec efficacité capteurs techniques et humains. Ce sont bien sûr des capacités interarmées et interarmes, bénéficiant de matériels modernes, servies par des unités motivées, aguerries et bien entraînées. Et c’est enfin une chaine de commandement efficace, énonçant des ordres clairs, et recourant à des modes d’action robustes et innovants.

C’est cet ensemble de capacités et d’expériences qui nous permet, après analyse d’informations multiples, de déterminer les zones d’intérêts, de suivre et traquer nos adversaires pour agir avec surprise et précision au cœur du désert. Très peu d’armées au monde ont acquis la maîtrise que vous montrez au quotidien.

Tous ici, vous pouvez être fiers de ce bilan. Ce n’est pas sans admiration que le ministre que je suis mesure aujourd’hui le travail que vous avez accompli.

En neutralisant plusieurs chefs djihadistes, notamment Abdelkrim le Touareg il y a un mois, vous avez profondément désorganisé ces groupes criminels.

En découvrant leurs caches et circuits d’approvisionnement, vous avez asséché leur logistique, qui est cruciale dans ces espaces désertiques et hostiles. De la sorte, nos ennemis sont cloisonnés, désorganisés et obligés désormais de se défendre pour survivre.

Sur ce théâtre immense, les armées françaises ont donc prouvé leur détermination et leur efficacité. Elles ont montré toute leur valeur.

Qu’il me soit permis ici de souligner l’extraordinaire performance des logisticiens et des transmetteurs car nous n’en parlons pas assez, mais aussi de tous les spécialistes dont les savoir-faire particuliers sont bien souvent dimensionnants pour la réussite de nos actions. Chacun des soldats présents ici doit ainsi être conscient de son rôle, et fier de son action.

Au premier d’entre eux, le général Jean-Pierre Palasset, je veux dire ma très grande satisfaction pour le travail accompli. Mon général, au moment où vous allez quitter ce théâtre si particulier, après une année à œuvrer sans relâche à la tête de BARKHANE, je sais personnellement combien nous vous devons et je tiens donc à vous exprimer la reconnaissance du Président de la République, chef des armées, et la mienne, pour le travail accompli.

Ces succès ne doivent cependant pas nous faire baisser la garde. L’effort que nous portons auprès de nos partenaires doit se poursuivre.

Je me rends à nouveau au Mali à un moment particulier dans l’histoire de ce pays, à un moment où l’espoir d’une paix possible se concrétise par la signature de ces accords, obtenus après de longues négociations. Je veux d’ailleurs saluer ici la détermination de tous ceux qui ont œuvré pour y parvenir.

Mais c’est aussi un moment particulier pour tous ceux qui vont avoir la responsabilité de garantir la mise en œuvre effective de ces accords. En ce moment même, à New York, le Conseil de sécurité travaille à définir les conditions d’un renouvellement du mandat de la MINUSMA, qui doit jouer un rôle primordial et prendre de nouvelles responsabilités dans cette nouvelle phase.

Parmi tous nos partenaires au Mali, il est donc essentiel que la France accentue son soutien à la MINUSMA, pour lui permettre de réussir cette noble mission de maintien de la paix, pour laquelle les Nations Unies ont déjà payé un lourd tribut, un tribut que chacun doit garder à l’esprit. 36 casques bleus [vérification du chiffre en cours] sont morts au Mali. La MINUSMA mérite tout notre respect. Elle doit réussir, et nous devons nous montrer résolument à ses côtés, comme nous le faisons depuis le début. Je veux le dire avec force, son échec serait aussi notre échec. Mais notre succès est lié à son succès. Notre mobilisation doit donc être totale.

En conséquence, j’ai demandé à ce que nous renforcions son état-major dès aujourd’hui depuis BARKHANE, en ajoutant des moyens de liaison entre les différents secteurs de la MINUSMA et nos forces, et que nous étudiions de façon précise comment accompagner au mieux la mise en œuvre des accords de paix.

Nous nous tiendrons donc aux côtés de la MINUSMA.

J’ai également dit à son chef, M. Hamdi, que j’ai reçu jeudi à Paris, que je continuerai à mobiliser nos partenaires européens, pour qu’ils suivent l’exemple de ceux qui sont déjà présents sur le terrain.

Au Niger et au Tchad, BARKHANE maintiendra ses opérations avec les forces locales, aux confins nord de la bande sahélo-saharienne, sur les routes même des trafics et des passes qui permettent encore l’approvisionnement des terroristes. Elle le fera d’autant plus qu’au nord et au sud, les menaces restent fortes.

Au nord, la situation en Libye continue à se dégrader. Malgré le repli d’AQMI dans cette région, nous devons maintenant faire face à Daech, dont les récentes offensives deviennent particulièrement préoccupantes, à moins de 500 kilomètres des côtes européennes.

Au sud, Boko Haram, même s’il a été lui aussi affaibli et désorganisé, continue de semer la terreur et poursuit ses attentats dévastateurs, comme le démontre les lâches attaques à N’Djamena lundi dernier. Ces attentats s’ajoutent aux infiltrations et exactions de la secte, dont sont victimes les populations de la frontière nigéro-nigériane. Notre vigilance est d’autant plus nécessaire que nos partenaires attendent le soutien de la France. Je sais pouvoir compter sur vous pour répondre à leurs attentes et poursuivre votre mission à leurs côtés.

Depuis Paris, je suis quotidiennement votre engagement. Je connais l’exigence de votre métier, pour avoir visité de nombreuses fois ce théâtre et avoir rencontré ceux qui vous ont précédés. Je mesure aussi la valeur qui est la vôtre, sur laquelle je suis fier de pouvoir compter. Alors que notre pays est confronté à des menaces directes, sur son territoire même, vous êtes ici l’un des premiers remparts contre ces menaces. Soyez à la hauteur de ce défi.

Vous avez toute ma confiance pour le remporter.

Vive la République ! Vive la France !

 

[1] officier sénégalais commandant l’Etat-major de secteur de la MINUSMA à GAO

[2] officier malien commandant le PC Maliba à GAO (FAMa)

– Seul le prononcé fait foi –

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