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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 16:30
L’intervention en Libye : les raisons d’en finir

 

 

18 Juin 2011 Philippe Oswald – Décryptage libertepolitique.com

 

« Les jours de Kadhafi sont comptés », affirme le Premier ministre britannique David Cameron. « L’Alliance ira jusqu’au bout de sa mission », martèle le commandant de l’opération « Protecteur unifié » de l’Otan en Libye, le général canadien Charles Bouchard. C’est ce qu’on nous répète depuis des semaines. Espérons que ce n’est pas une nouvelle manifestation de la méthode Coué. Car le temps presse pour au moins trois raisons.

 

La première, à ne jamais perdre de vue, ce sont les victimes : selon l'ONU, le conflit en Libye a fait depuis le 15 février entre 10.000 et 15.000 morts, et contraint près d'un million de personnes à prendre la fuite. Il est plus que temps de mettre un terme à cette hécatombe et à cette hémorragie que l’intervention militaire alliée avait pour seule mission d’éviter (à ce propos, la spécialiste des situations de crise d'Amnesty International, Donatella Rovera, qui revient de trois mois passés en Libye, estime que le nombre de victimes de Kadhafi durant la première phase des événements est bien moindre qu'annoncé, et accuse les rebelles d’avoir commis eux aussi des atrocités en particulier contre les travailleurs immigrés africains qui n’avaient rien de « mercenaires » de Kadhafi -lire ci-dessous).

 

La seconde raison d’en finir avec la guerre, c’est l’épuisement des deux principaux contributeurs à la mission de l’Otan, le Royaume-Uni et la France : le chef de la marine britannique, l'amiral Mark Stanhope, a estimé que celle-ci ne pourrait maintenir le rythme de ses opérations jusqu'à la fin de l'année. Pour sa part, le chef d'état-major de la marine française, l'amiral Pierre-François Forissier, a évoqué « un problème de ressources humaines » et de maintenance. « Quand on est en opération, on ne fait plus d'école, plus de formation », a-t-il souligné. Si, le Charles de Gaulle restait engagé en Libye jusqu'à la fin 2011, « il ne travaillerait plus du tout en opération en 2012. » Or c’est notre unique porte-avion !

 

Les partenaires de l’Otan doivent composer avec un budget militaire « stagnant, voire déclinant » a reconnu quant à lui le général français Stéphane Abrial, commandant suprême allié pour la transformation, chargé notamment à l’Otan de réfléchir sur l’évolution des problèmes stratégiques. S’exprimant la semaine dernière à Belgrade, en marge d'une conférence de l'Otan, il n’a pas caché à la presse que « si les opérations durent plus longtemps, bien sûr que la question des ressources deviendra critique ».

 

De son côté, le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, ne s’est pas privé, à la veille de prendre sa retraite, de pointer la faiblesse des alliés de l’Alliance atlantique, en prenant l’exemple des opérations en cours en Afghanistan et en Libye.  Lui aussi s’exprimait la semaine dernière, mais à Bruxelles, au terme de deux jours de réunion des ministres de la Défense de l'Otan, pour dénoncer les « lacunes » tant militaires que politiques des Européens. Rappelant que les États-Unis contribuent à hauteur de 75 % aux dépenses de défense de l'Otan, Robert Gates a prévenu sans ambages que le débat sur le déficit budgétaire qui se déroule à Washington n’inciterait pas son pays à « dépenser de plus en plus en faveur de nations qui ne veulent visiblement pas allouer les ressources nécessaires ou entreprendre les changements nécessaires pour devenir des partenaires sérieux et capables pour ce qui relève de leur propre défense ». Et de prédire un avenir de l’Otan « sombre, voire lugubre ». Ambiance…Pour être sûr d’être entendu, Robert Gates en a remis une couche dans une interview à l’agence Associated Press (15 juin) en avertissant que l’Alliance atlantique « pourrait se briser », le fiasco libyen servant de révélateur.

 

La troisième raison pour laquelle le temps presse, c’est que les interventions militaires sont soumises à des échéances légales dans les pays démocratiques. En France, l'article 35 de la Constitution encadre une intervention de l'armée hors des frontières. Dans une première étape, le gouvernement se contente d’informer le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l'étranger, « au plus tard trois jours après le début de l'intervention en précisant les objectifs poursuivis ». Mais « lorsque la durée de l'intervention excède quatre mois, le gouvernement soumet sa prolongation à l'autorisation du Parlement ». L'intervention française en Libye ayant commencé le 19 mars dernier, une session devra donc être programmée avant le 19 juillet. On peut s’attendre à des débats houleux,  alors que le coût des opérations supporté par la France est évalué à 1,2 million d'euros par jour. Qui plus est, nombre d’experts militaires estiment que l’intervention d’hélicoptères nous a fait entrer subrepticement dans une nouvelle phase, celle d’opérations terrestres. Selon eux, en effet, le combat terrestre de contact se compose  de trois pions : le combat "débarqué" de l'infanterie, le combat "embarqué" des chars, et l'aéro-combat des hélicoptères, bien différent des missions de l’aviation.

 

Aux Etats-Unis, l'intervention militaire en Libye est l'occasion d'un nouveau bras de fer entre Républicains et Démocrates. Le président de la Chambre des représentants, le républicain John Boehner, vient de mettre en garde le président Barack Obama quant à une éventuelle poursuite des opérations militaires américaines sans autorisation préalable du Congrès. En Grande-Bretagne, la prolongation est acquise jusqu’en septembre, mais le chef de la Royal Navy, l'Amiral Mark Stanhope, a averti que les priorités devront être repensées si l'opération lancée par l'Otan durait plus de six mois. D’autres pays engagés en Libye ont annoncé qu’ils mettraient les pouces d’ici peu, telle la Norvège qui rapatriera ses six chasseurs F16 le 1er août.

 

Au-delà des moyens et des échéances, reste posée la question principale, celle de la finalité : pourquoi sommes-nous intervenus en Libye, pour quoi, pour qui nous battons-nous ? Nous avons déjà écrit ici la défiance que cette intervention nous inspirait.  Ce sentiment vient d’être conforté par le rapport réalisé à l’initiative du Centre international de recherche et d’étude sur le terrorisme et d’aide aux victimes du terrorisme (CIRET-AVT) et du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), avec le soutien du Forum pour la paix en Méditerranée. Ce rapport a été réalisé par des experts en matière de défense et de sécurité, tels Yves Bonnet, ancien patron de la Direction de la surveillance du territoire (DST), et Eric Dénécé, ancien officier-analyste à l’Evaluation et la Documentation stratégique du Secrétariat Général de la Défense Nationale, au terme d’un voyage d’étude dans les deux camps qui s’affrontent en Libye, à Tripoli du 31 mars au 6 avril, puis à Benghazi, du 19 au 25 avril. Sans nier la gravité des violations perpétrées par le régime du colonel Kadhafi,  les experts sont parvenus à la conclusion suivante : « L’étude des faits nous conduit à affirmer que la révolution n’est ni démocratique, ni spontanée. Nous sommes en présence d’un soulèvement armé organisé de la partie orientale du pays, dans un esprit de revanche et de dissidence ».

Alors que les révoltes populaires en Tunisie et en Egypte étaient dues surtout à l’aggravation de la crise économique, c’est plutôt la répartition du pactole pétrolier qui est en jeu en Libye, sur fond de vieilles défiances tribales, estiment ces experts. Ils n’hésitent pas à dénoncer le caractère mafieux de certains des acteurs de la rébellion, notamment à Benghazi, « épicentre de la migration africaine vers l’Europe » : « Le trafic humain s’est transformé en une véritable industrie, brassant des milliards de dollars. Une monde parallèle mafieux s’est développé dans la ville où le trafic est profondément implanté et emploie des milliers de personnes dans tous les domaines. » C’est précisément parce que le pouvoir libyen avait enfin entrepris de combattre ce cancer en collaborant avec les autorités italiennes que la « mafia locale » a « été en pointe dans le financement et le soutien à la rébellion libyenne » et que des gangs se sont livrés à des expéditions punitives contre « plusieurs centaines de travailleurs immigrés » de divers pays d’Afrique. Cette information a été confirmée le 16 juin à son retour à Paris par l’envoyée d’Amnesty International, Donatella Rovera, qui évoque une « chasse aux sorcières » meurtrière : « Des attaques inadmissibles contre les travailleurs migrants ont eu lieu, en particulier contre les subsahariens, a-t-elle rapporté. Et il y a une responsabilité des autorités politiques qui ont créé cette psychose sur les mercenaires. Certains ont été lynchés, d'autres pendus dans les places publiques. J'ai vu leur corps dans les morgues. Là, c'était la foule. Mais après j'ai retrouvé des corps par-ci par-là, pieds et mains liés une balle dans la tête... »

 

Le rapport précédent pointe aussi l’hétérogénéité du Conseil national de transition (CNT), l’organe politique de la rébellion, « coalition d’éléments disparates aux intérêts divergents, dont l’unique point commun est leur opposition déterminée au régime. Les véritables démocrates n’y sont qu’une minorité. »

 

On peut en effet nourrir légitimement des doutes sur l’attachement à la démocratie du clan des Sénoussis, qui pratiquent une « forme conservatrice et austère de l’Islam » et ne pardonnent pas à Kadhafi d’avoir  renversé en 1969 le roi Idriss, membre du clan. On éprouve les mêmes doutes vis-à-vis du président du CNT en personne, Mustapha Abdujabil al-Bayda, opposant de la dernière heure, qui n’est autre que l’ancien ministre de la Justice libyenne et le président de la cour d’appel de Tripoli ayant confirmé, par deux fois, la peine de mort prononcée contre les infirmières bulgares et le médecin palestinien, emprisonnés de 1999 à 2007 à Benghazi ! Plus grave encore, la présence en Cyrénaïque de jihadistes,  anciens du Groupe islamique de combat libyen (GICL), fondé en Afghanistan dans les années 1990 par des ressortissants libyens : « La région qui va de Benghazi à Tobrouk en passant par Derna représente l’une des plus grandes concentrations de terroristes au monde, avec un combattant envoyé en Irak pour 1.000 à 1.500 habitants » indique le rapport, citant une étude de l’Académie militaire de West Point. La conclusion s’impose : « La coalition militaire sous l’égide de l’Otan soutient une rébellion comprenant des terroristes islamiques.» N’est-ce pas déjà ce que les Américains avaient fait en Afghanistan il y a trente ans…avec des conséquences que nous continuons de payer aujourd’hui avec eux au prix fort ?

 

Pour lire ce rapport sur la situation en Libye :  http://www.cf2r.org/images/stories/news/201106/rapport-libye.pdf

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 07:55

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d3/NATO_flag.svg/800px-NATO_flag.svg.png

 

June 16, 2011 Andrew White, SHEPARD GROUP

 

Brussels –  NATO is threatened with a substantial shortfall in airborne surveillance should the UK retire its Sentinel Airborne Stand-Off Reconnaissance (ASTOR) fleet in 2013, a senior officer in the organisation has warned.

 

Referring to the forthcoming Alliance Ground Surveillance (AGS) programme which is due to come into service in 2015, Col Matt Anderer USAF, Force Command Requirements at Supreme HQ Allied Powers Europe said NATO's airborne surveillance capabilities were currently 'stretched' and 'heavily tasked'.

 

Speaking at the UV Europe conference in Brussels, Anderer warned that such a shortfall would be exacerbated should the UK scrap the Sentinel as outlined in October's Strategic Defence and Security Review. The Royal Air Force (RAF) has already lost its Nimrod MRA4 maritime patrol aircraft programme as part of the same review.

 

The Ministry of Defence said Raytheon’s ASTOR system could be ‘withdrawn once it is no longer required to support operations in Afghanistan’. Two Sentinel R Mk I aircraft are regularly contributing to coalition operations in Afghanistan on a daily basis.

 

'AGS is one of the alliance's most pressing capability needs. Now, we only have this capability from two [UK and US] alliance members. Assets are heavily tasked and very scarce resources and this will be even more if the UK retires the Sentinel fleet in 2013. AGS is critical to NATO and at this point in time, we cannot fail,' Anderer urged.

 

Supported by 14 member nations, NATO's AGS programme comprises the procurement of six Block 40 RQ-4 Global Hawk UAVs from Northrop Grumman as well as two transportable general ground stations (GGS), six mobile GGS, mission operations support installation and remote workstations. Anderer said he expected a contract to be signed by September this year with activation of the AGS main operating base at Sigonella air force base in Italy launched within the following 18 months.

 

It is envisaged that the Global Hawks will work alongside NATO Airborne Early Warning and Control aircraft or AWACS. 'The AGS core will be able to look at what is happening on the Earth’s surface, providing situational awareness before, during and, if necessary, after NATO operations,' according to officials.

 

Referring to current operations in Libya, Anderer said an AGS capability would 'provide a constant watch to help thwart Gaddafi's [military] attacks on civilians as well as supporting human relief efforts on land and at sea'.

 

The AGS programme will carry standard and high resolution SAR, GMTI and maritime moving target indicators for missions ranging from border control and humanitarian operations through to counter-IED and anti-piracy missions.

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 11:40
Libye: les hélicoptères franco-britanniques ont ouvert le feu

04.06.2011 par P. CHAPLEAU Lignes de Défense

 

Pour paraphraser une formule otanienne déjà traditionnelle, la question de l'engagement des hélicoptères de combat franco-britannique ne commençait pas par "si?" mais bien par "quand?". Le "quand" a désormais sa réponse puisque l'Otan a utilisé pour la première fois, vers 3h dans la nuit de vendredi à samedi, des hélicoptères de combat pour mener des opérations militaires en Libye.

 

"Des véhicules militaires, des équipements militaires et des forces libyennes ont notamment été pris pour cibles", a précisé l'Otan sans indiquer où ces frappes s'étaient produites.

 

L'EMA français n'a pas voulu non plus préciser la localisation des sites frappés, pas plus que le nombre et le type d'engins utilisés. Le porte-parole de l'EMA a simplement précisé que "20 cibles avaient été neutralisées sur le site frappé, dont une quinzaine de véhicules" et que les appareils avaient été pris à partie par des tirs d'armes légères, sans qu'aucun ne soit touché.

 

Les Britanniques ont été plus prolixes. "Des hélicoptères d'attaque Apache ont effectué leur première sortie opérationnelle au-dessus de la Libye à partir du navire HMS Ocean", un porte-hélicoptères positionné au large de la côte nord-africaine, a indiqué le ministère dans un communiqué. Les Apache "étaient chargés d'attaques de précision contre une installation radar appartenant au régime (du colonel Kadhafi) et un poste de contrôle militaire, tous deux situés près de Brega", une ville côtière à l'est du pays.

 

Une fois, l'enthousiasme médiatique retombé, que va-t-il rester?

 

L'action héliportée est "complémentaire" et vient s'ajouter à celles des moyens aériens et navals. Il s'agit d'intensifier la pression sur les troupes loyalistes et de desserrer la pression sur les populations civiles. Mais un hélicoptère, même Apache ou Tigre, "ne fait pas le printemps". D'ici à la fin septembre, les puissances engagées contre le régime Kadhafi vont devoir prendre d'autres décisions bien plus cruciales que l'envoi des quelques dizaines d'hélicoptères: négocier ou intervenir au sol? Traiter avec celui que l'on veut renverser ou déployer des hommes (militaires ou employs de sociétés privées) pour des missions de formation, d'encadrement et de conseil?

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 08:00
BAE Systems, Dassault Await UAS Requirement

 

 

May 31, 2011 By Robert Wall aviation week and space technology

 

Warton, England - One of the flagship programs underpinning the ambitious Franco-British effort to establish a 50-year strategic partnership in national security is several steps closer to being clarified.

 

France and the U.K. have committed to jointly address their medium-, long-endurance unmanned aircraft (MALE) requirement under the new defense agreement that was formulated in November 2010. But much of the program’s success will hinge on devising combined requirements and a cohesive acquisition strategy. Progress on both fronts is being made, and a definitive shape is likely in the next few months.

 

The French defense procurement agency, DGA, has already dispatched a cadre to Abbey Wood, home of the U.K. defense ministry’s defense equipment and support organization, to help run the project. The detailed acquisition strategy is now being defined.

 

Many industry officials in Europe are eagerly anticipating the outcome, but probably none more so than BAE Systems and Dassault—they have agreed to jointly pursue the program. Others, such as Thales, are still pondering a commitment and EADS Cassidian is mulling over building a proposal featuring its Talarion unmanned aircraft concept.

 

While BAE Systems and Dassault have agreed on the broad outline, details are closely coupled to the requirements document. Although the two national prime contractors appear strange bedfellows, Ian Fairclough, project director for strategic unmanned aerial systems (UAS) programs at BAE Systems, argues that the two firms offer “complementary capabilities.”

 

Fairclough suggests that open competition and a sole-source approach to the Franco-British industrial partnership are under consideration; European competition rules could influence the outcome.

 

Regardless of what course is taken, Fairclough argues, there are benefits to moving quickly beyond just preserving the notional 2015-20 fielding agenda. A prolonged competitive process jeopardizes design engineering skills, which would otherwise be idle during that time.

 

Detailed program definition between the partners is still being worked out. What is less clear is how specific that document will be and whether it will be sufficient to begin detailed design activity.

 

One matter still under discussion is whether the system would have to be certified to civil requirements, which would ease operations in civil airspace but add complexity and cost.

 

Industry also is waiting for word from both governments over their preference for final assembly.

 

The current plan calls for BAE Systems to be responsible for defining the aircraft and engine selection—turbofans and turboprops are still in the mix—while Dassault would focus on systems integration and testing, Eric Trappier, executive vice president/international at Dassault Aviation, said recently.

 

The concept would be an evolution of the Mantis flying demonstrator developed by BAE Systems. Many details, though, remain undetermined, including how many air vehicles will be featured in each system.

 

Another decision revolves around devising an exportable system. The two countries “would like to minimize ITAR content,” Fairclough says of equipment governed by the complex U.S. International Transfer of Arms Regulations.

 

The air vehicle would be designed to be able to both target and deliver ordnance.

 

Cost estimates vary for the program. Some put the development/production bill at €1 billion ($1.4 billion), which would be shared equally, although a U.K. defense ministry document cites a £2 billion ($3.2 billion) life-cycle cost for the U.K. alone. That assumes around 20 aircraft, although no number has been set.

 

For the U.K., the program would take on much of the requirement of the so-called Scavenger UAS requirement, although it remains uncertain whether all aspects would be covered by the Franco-British effort. The U.K.’s UAS document, developed by the defense ministry’s doctrine center, suggests “the U.K. will consider if other complementary components are needed to fully satisfy the U.K. capability requirement.”

 

Although the program is bilateral, so far, Dassault’s Yves Robins, a counselor to Trappier, says that if the two governments change course, industry would adapt.

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 12:00

http://www.meretmarine.com/objets/500/33536.jpg

 

30/05/2011 MER et MARINE

 

Le navire amiral de la flotte britannique navigue désormais au large des côtes libyennes, a annoncé la Royal Navy. Le HMS Ocean, qui embarque des hélicoptères de combat Apache, est prêt à intervenir en soutien des opérations contre les forces du colonel Kadhafi. Il s'agit, selon Londres, d' « accroître la pression sur le régime pour en finir avec ses persécutions sur le peuple libyen ». Les quatre Apache embarqués sur le HMS Ocean pourront intervenir de concert avec la douzaine d'hélicoptères Tigre et Gazelle déployée sur le bâtiment de projection et de commandement français Tonnerre, qui a lui aussi rejoint la zone. Ces moyens doivent permettre de traiter certaines cibles terrestres échappant aux frappes de l'aviation.


Apache sur le HMS Ocean (© : ROYAL NAVY)

On notera qu'il s'agit du premier déploiement opérationnel de l'Apache sur un bâtiment de la Royal Navy. Outre le HMS Ocean, la marine britannique compte sur zone le destroyer lance-missiles HMS Liverpool, le sous-marin nucléaire d'attaque HMS Triumph (qui en est à son second déploiement en Libye et a tiré, à ces deux occasions, des missiles de croisière Tomahawk), ainsi que le chasseur de mines HMS Brocklesby, qui a déminé les accès au port de Misrata début mai.


On notera également que le groupe amphibie britannique, déployé en Méditerranée à l'occasion de la mission Cougar 2011 et auquel appartient le HMS Ocean, n'est pas loin de la Libye. Le pétrolier-ravitailleur RFA Wave Knight, qui appartient à cette force, a d'ailleurs ravitaillé le HMS Liverpool et la frégate espagnole Mendez Nunez le 17 mai, au large de Misrata. La force de projection anglaise comprend aussi le transport de chalands de débarquement HMS Albion, deux TCD auxiliaires du type Bay (RFA Mounts Bay et FRA Cardigan Bay), ainsi que le ravitailleur de combat RFA Fort Rosalie.


L'Albion, le Fort Rosalie, l'Ocean et le Wave Knight (© : ROYAL NAVY)


Le Mounts Bay, le Wave Knight et le Cardigan Bay (© : ROYAL NAVY)


Le HMS Liverpool (© : ROYAL NAVY)


Le HMS Triumph (© : ROYAL NAVY)

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 11:30

 

Hélicoptère Tigre et, au second plan, un BPC du type Mistral

crédits : MARINE NATIONALE

 

24/05/2011 MER et MARINE

 

Tant pis pour l'effet de surprise. C'est Le Figaro, hier, qui a révélé l'information. Le bâtiment de projection et de commandement Tonnerre, dont nous vous annoncions mercredi dernier le déploiement sur le théâtre libyen, est parti avec des hélicoptères de combat. Il y a, à bord du BPC de la Marine nationale une douzaine d'appareils, dont des Tigre et apparemment des Gazelle de l'Aviation Légère de l'Armée de Terre (ALAT). Confirmant le déploiement d'hélicoptères de combat, Alain Juppé a indiqué hier qu'il s'agissait « de mieux adapter nos capacités de frappe au sol avec des moyens de frappe plus précis ». Opérationnel depuis 2009 et déployé depuis en Afghanistan, le Tigre est actuellement disponible dans sa version HAP (appui-protection). Dans cette configuration, l'hélicoptère peut délivrer jusqu'à 68 roquettes de 68 mm et peut mettre en oeuvre 4 missiles air-air Mistral. Il dispose, en outre, d'une tourelle de 30mm. L'an prochain, une version améliorée, le Tigre HAD (appui-destruction) doit être livrée, avec notamment une capacité d'emport de missiles air-sol Hellfire II.

La présence d'hélicoptères de combat en Libye va permettre de compléter les frappes réalisées par l'aviation et de débusquer les forces pro-Kadhafi, qui seront plus facilement détectables et neutralisables par les machines de l'ALAT.

 

Le HMS Ocean va rejoindre le Tonnerre

 

La France n'est pas la seule à avoir décidé de déployer des hélicoptères de combat en Libye. La Grande-Bretagne lui emboite le pas en mettant à profit la présence en Méditerranée de son groupe amphibie (Response Force Task Group - RFTG), composé du porte-hélicoptères HMS Ocean, du transport de chalands de débarquement HMS Albion, du TCD auxiliaire RFA Cardigan Bay, du pétrolier-ravitailleur RFA Wave Knight, du ravitailleur de combat RFA Fort Rosalie et de la frégate HMS Sutherland. Les Apache embarqués sur le HMS Ocean vont se joindre aux hélicoptères français, affirme la presse britannique, qui cite des sources ministérielles.

 

Depuis le 26 avril, date à laquelle le HMS Ocean a appareillé de Portsmouth, les Apache de l'Army Air Corps se sont rodés au combat depuis une plateforme navale. Récemment, ils ont notamment tiré au large de Gibraltar des missiles Hellfire et mis en oeuvre leurs canons de 30mm contre des cibles maritimes.

Pour Londres et Paris, l'emploi d'hélicoptères n'entre pas en contradiction avec la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui encadre l'intervention en Libye. « Nous sommes toujours dans la structe application des résolutions du Conseil de sécurité qui prévoit de mettre en oeuvre les moyens nécessaires pour protéger les populations », affirme le ministre français des Affaires Etrangères, qui précise que « protéger les populations, c'est aussi affaiblir les capacités militaires (du colonel Kadhafi) ».

 

La destruction de la flotte libyenne comme préalable à l'intervention ?

 

On notera que l'opération de grande ampleur menée vendredi et samedi dernier par l'OTAN contre les principales unités de la marine libyenne stationnées à Tripoli, Syrte et Al Khums peut être logiquement liée à l'arrivée sur zone des bâtiments de projection français et britanniques. Pour lancer un éventuel raid d'hélicoptères contre les forces pro-Kadhafi, les navires doivent, en effet, se rapprocher un minimum des côtes. En cela, la frégate du type Koni et les patrouilleurs du type Combattante II, avec leurs missiles antinavire SS-N-4 et Otomat, pouvaient faire peser une menace pour les porte-hélicoptères. Même si l'état général de la flotte libyenne laissait sans doute à désirer, que l'aviation (notamment le groupe aérien du porte-avions Charles de Gaulle) peut offrir une couverture aérienne efficace et que de nombreux bâtiments d'escorte sont présents dans le secteur, il est légitime de penser que les militaires n'ont voulu prendre aucun risque et on préféré « nettoyer » préalablement la zone.

 

Importantes capacités de débarquement

 

L'engagement des Tigre, Gazelle et Apache en Libye constitue une nouvelle étape pour l'opération Harmattan/Unified Protector. Certes, on ne peut pas encore parler d'intervention terrestre puisque les militaires font habilement remarquer que les hélicoptères interviendraient depuis la mer. Mais quand même, on en vient à jouer sur les mots et l'interprétation de la résolution 1973. Il est d'ailleurs intéressant de noter que cette dernière exclut le déploiement d'une « force étrangère d'occupation » au sol. Et qu'entend-t-on par « force d'occupation » ? Une intervention militaire sur l'ensemble du territoire ? Une opération dans la durée ? Un raid terrestre localisé, sur une courte période, entrerait-il dans ce cadre ? Comme on l'a vu avec les frappes aériennes, la fameuse résolution 1973 est, en réalité, assez floue et laisse d'importantes latitudes à l'OTAN. Il est donc permis de se demander si, in fine, on pourrait assister à un débarquement, opération que peut mener le Tonnerre, dont le radier, capable de contenir quatre chalands, n'est pas vide. En tout, le BPC peut embarquer 16 hélicoptères, 70 véhicules et plus de 450 hommes de troupe, ces moyens pouvant, par exemple, être facilement embarqués depuis la Crète.

 

Le RFTG britannique dispose, lui aussi, d'importantes capacités, les bâtiments de la Royal Navy embarquant déjà de nombreux hélicoptères (Apache, Lynx, Sea King), au moins huit chalands, des véhicules et plus de 600 commandos et Royal Marines. On notera aussi que les Américains, même s'ils se sont retirés de la partie offensive du dispositif en avril, pourraient, en cas de besoin, apporter une aide conséquente, non seulement via les bases aériennes italiennes, mais aussi grâce à l'arrivée très prochaine, en Méditerranée, d'un puissant groupe aéronaval. Le porte-avions USS George H.W. Bush est désormais au large de la Grande-Bretagne et va, rapidement, mettre le cap sur Gibraltar... Le dernier-né des porte-avions de l'US Navy est accompagné des croiseurs lance-missiles USS Gettysburg (CG 64) et USS Anzio (CG 68), ainsi que des destroyers lance-missiles USS Truxton (DDG 103) et USS Mitscher (DDG 57). On notera toutefois que Washington n'a donné aucune indication concernant une éventuelle implication dans la crise de ce groupe aéronaval lorsqu'il passera au large de la Libye. Mais les Etats-Unis se sont dits « engagé à protéger la population libyenne » à l'occasion hier d'une visite surprise, à Benghazi, du sous-secrétaire d'Etat chargé des affaires du Proche-Orient. Jeffrey Feltman, qui a de nouveau appelé au départ de Mouammar Kadhafi, a apporté son soutien au Conseil National de Transition (CNT), présenté comme un interlocuteur « crédible et légitime ».

 

En finir rapidement

 

Concernant le changement de tactique de la France et de la Grande-Bretagne, les états-majors, on le comprend bien, se montrent des plus discrets. Les militaires veulent garder toutes les options ouvertes et, en attendant d'éventuels développements, accentuent la pression sur le régime de Tripoli. A ce titre, l'apport d'une composante d'hélicoptères d'attaque sera peut être suffisante. Dans le cas contraire, il faudra peut être envisager d'autres options. Il est en tous cas certain que, côté politique, on commence à s'impatienter. Car cela fait maintenant plus de deux mois (les premières frappes ont été menées par les Français le 19 mars) que la coalition bombarde les forces pro-Kadhafi (l'OTAN dit avoir mené au 23 mai 7870 sorties dont 3025 d'attaque au sol depuis le début de l'opération Unified Protector, le 31 mars) mais le régime ne plie pas face aux insurgés, qui ne parviennent pas à s'imposer face aux troupes loyalistes. Malgré les pertes subies, ces dernières disposent encore de moyens et sont entrainées, ce qui n'est pas le cas de la rébellion. Quant au parapluie aérien de la coalition, il a bien permis de réduire au silence l'aviation libyenne, de diminuer significativement la capacité de nuisance des Kadhafistes, de desserrer l'étau autour des zones assiégées et d'éviter une contre-attaque décisive des partisans du colonel. Mais il n'est clairement pas suffisant pour emporter la décision, d'autant que l'aviation demeure bridée par la nécessité d'éviter les dommages collatéraux et de ne pas s'impliquer ouvertement au-delà des limites fixées par les Nations Unies, à savoir la protection des populations civiles.

 

Reste que les pays de la coalition veulent se sortir au plus vite de cette crise, d'autant que certains sont tenus par un calendrier. Ainsi, la France, qui a été avec la Grande-Bretagne à l'origine de l'intervention et est actuellement le premier contributeur de l'opération, a encore deux mois devant elle avant que la Libye ne prenne, nationalement, une tournure plus politique et éventuellement plus épineuse. En effet, comme c'est désormais l'usage, le parlement doit être consulté sur toute opération extérieure dépassant un délai de quatre mois. La date butoir est donc fixée au 19 juillet...  

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 17:30
Les étranges affirmations du Washington Post sur la guerre en Libye

 

16/04/2011 Par Jean Guisnel Le Point.fr

 

Dans un article publié vendredi, le Washington Post livre de bien curieuses "révélations" sur la conduite de la guerre en Libye. Selon le quotidien américain, les opérations aériennes du Royaume-Uni, de la France et d'autres pays européens seraient limitées par le manque de munitions de précision. De quoi laisser dubitatifs :

 

1) Des frappes limitées ? Faux

 

S'il est vrai que la Royal Air Force britannique, l'armée de l'air et la marine nationale françaises procèdent actuellement à la majorité des frappes, ces aviations n'ont pas effectué "chacune vingt tirs depuis le début de la campagne", comme l'affirme le Washington Post. Pour ne citer qu'elle, la France a procédé à une vingtaine de frappes entre le 7 et le 14 avril. Le chiffre précis des frappes depuis le 19 mars, date du début de la guerre, n'est pas encore disponible, mais il est supérieur à la centaine, uniquement avec des munitions de précision de divers types, dont des SCALP-EG (au moins une douzaine de tirs), des AASM (armement air-sol modulaire) et des GBU de divers types. À l'heure actuelle, six des vingt-huit membres de l'Otan participent aux bombardements en Libye, France, Grande-Bretagne, Danemark, Norvège, Belgique et Canada, Paris et Londres assurant à eux seuls plus de la moitié des sorties. Les États-Unis ont retiré leurs avions des plans de frappe. Les pays non engagés dans les tirs contre des cibles au sol participent à la surveillance de la zone d'interdiction aérienne, alors que les avions et hélicoptères libyens ne décollent plus depuis des semaines. Les États-Unis fournissent des moyens logistiques (ravitailleurs, transports tactiques) ou encore des moyens de surveillance et de contrôle (AWACS). Les chiffres du Post sont d'ailleurs également faux pour les Américains. Dans la seule journée du 20 mars, ils n'ont pas seulement procédé à "trois frappes contre des installations statiques de défense aérienne", mais à plusieurs dizaines. Pour ne citer que les seuls missiles Tomahawk, ils ont effectué ce jour-là 105 frappes de précision...

 

2) Un manque de munitions ? Faux

 

L'autre assertion très curieuse du Washington Post concerne la consommation des stocks de munitions de précision, qui se seraient "rapidement réduits". Le journal affirme que les États-Unis seraient en mesure de recompléter à partir de leurs propres magasins, mais que les avions français et britanniques sont incompatibles avec les armes fabriquées aux États-Unis. Contrairement aux autres pays européens "frappeurs", dont "tous les avions ont été fabriqués aux États-Unis et sont compatibles avec l'armement américain". De fait, les avions français (Rafale, Mirage 2000, Super-Étendard et Mirage F-1) de même que les avions britanniques (Tornado et Typhoon) sont de conception et de fabrication européennes, quand d'autres armées sont équipées de F-16 et de F-18 américains. Mais alors, où est le rapport avec un prétendu "manque de munitions", et le fait que les Européens "ne prévoyaient sans doute de n'utiliser leurs armes de l'air que durant les salons aéronautiques", comme avance, ironiquement, le Washington Post ? Il n'y en a aucun ! Pour les avions français, les choses sont simples. Les munitions qu'ils ont tirées sont dans une large mesure fabriquées nationalement. Et les stocks, certes moins impressionnants que ceux des États-Unis, sont tout de même importants, sans être illimités. Il s'agit, pour l'armée de l'air et la marine françaises, de faire face à des conflits importants. Les stocks actuels permettraient donc de faire deux ou trois ans de guerres intenses, étant entendu que des commandes complémentaires seraient rapidement envoyées aux industriels. L'arme air-sol de précision tirée par le Rafale, fabriquée par l'industriel Sagem, est l'armement air-sol modulaire (AASM). Elle a été commandée à 744 exemplaires en 2000, et les dernières livraisons de ce premier marché sont prévues en 2011. Le député François Cornut-Gentille précise dans un rapport en date du 14 octobre 2010 : "En 2009, la cible de dotation en AASM est passée de 3 000 à 2 348 unités, dont 1 200 avec le kit laser." La France en achètera donc moins que prévu, mais ses stocks lui permettent de poursuivre ses opérations en Libye sans difficulté. Selon le rapport, le coût de ce programme est de 846 millions d'euros, ce qui mettrait le kit AASM à plus de 350 000 euros. Cela fait cher pour détruire un pick-up kadhafiste qui en vaut 15 fois moins... Les Français ont aussi tiré des missiles de croisière SCALP-EG, en nombre limité (une douzaine). Selon des informations de source parlementaire, ils disposent actuellement de 500 de ces engins, dont 400 doivent être rénovés. Là encore, aucun problème de stocks pour ces armes de précision. Enfin, la France a acquis aux États-Unis, pour ces Super-Étendard et ses Mirage 2000, plusieurs dizaines de kits Paveway, de différents modèles. Montés sur des bombes lisses à gravité, ils permettent de les transformer en armes de précision, et la France dispose, depuis plusieurs années, de cet équipement. Le Point.fr a précisé que les avions français avaient tiré des bombes à guidage laser GBU-12 de 250 kilos, des bombes GBU-24 de 500 kilos, et que les Mirage 2000-D de l'armée de l'air avaient tiré des GBU-49. Ce modèle le plus récent est équipé du kit de guidage Enhanced Paveway II et la France en a acheté 200 exemplaires en février 2008 pour son Mirage 2000D.

 

Qu'en conclure ?

 

L'article du Washington Post considère, sans l'écrire explicitement, que les Européens feraient bien d'acheter davantage d'armements aux États-Unis s'ils veulent faire la guerre sérieusement. Rien de neuf...

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 06:00
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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 18:43
Les opérations sur la Libye. Qui commande qui ? Qui contrôle quoi ? Synthèse

Publié le 27 mars 2011 par Nicolas Gros-Verheyde

 

(BRUXELLES2/Synthèse) Sur les interventions militaires en Libye, la confusion règne, habilement entretenue, par plusieurs des acteurs du dossier. Il n’y a pas une opération en Libye mais quatre, voire cinq (si on compte la mission Frontex). Tour du(des) propriétaire(s)…

 

La répartition des tâches paraît claire sur quatre de ces cinq missions. L’opération « No Fly Zone » devant passer sous contrôle de l’OTAN dim 27 mars.  Il ne reste, en fait que, sur la « protection des civils », le partage des tâches entre OTAN et Coalition reste encore à préciser (1). La première réunion du groupe de contact a lieu à Londres le 29 mars 2011. L’avancée de l’opposition sur le terrain pourrait faciliter et accélérer la recherche d’une solution.

 

Un partage de moyens et une confusion des rôles

 

Avant tout, il faut savoir qu’il n’y a pas d’étanchéité totale entre toutes ces opérations. Notamment au niveau des moyens employés. Ceux-ci (navires, avions et militaires/experts) restent essentiellement sous contrôle des Etats membres qui ne font que déléguer – sous des degrés divers le commandement aux structures multinationales (OTAN, UE, Coalition). Comme aucun pays n’a de moyens illimités, des moyens affectés à une opération peuvent servir à une autre, notamment en matière de renseignement aérien ou de surveillance aérienne. C’est plutôt classique dans certaines opérations internationales où coexistent plusieurs missions. Ainsi au Tchad, lors de l’opération Eufor Tchad, les avions français faisaient lors d’une même sortie des missions dénommées « Alpha » et « Bravo, » l’une pour le compte d’Eufor Tchad, l’autre pour le compte de la mission nationale Epervier.

 

Il faut savoir aussi que les commandants ont plusieurs casquettes. Ainsi l’amiral Sam Lockwear qui commande actuellement l’opération Odyssey Dawn (no Fly zone et protection des civils)) est commandant des forces navales américaines d’Africom et d’Eucom mais aussi le commandant OTAN du JFC (commandement conjoint) de Naples qui va superviser et/ou coordonner la plupart des opérations militaires sur la Libye de l’OTAN. Et il a comme adjoint le général Bouchard qui va prendre en charge le commandement de l’opération « No Fly Zone » pour le compte de l’OTAN et rapportera à son supérieur hiérarchique à l’OTAN qui est … Lockwear (2).

 

Le contrôle du ciel « No Fly zone » (OTAN)

 

Objectif : « interdire tous les vols dans l’espace aérien de la Jamahiriya arabe libyenne afin d’aider à protéger les civils »

 

Nom de code : « Odyssey Dawn ». Base juridique : §6 à 12 résolution 1973 NU. Démarrage : 19 mars 2011. La mission passe sous contrôle de l’OTAN dim. 27 mars (2). Durée : 3 mois.

 

Contrôle politique : les ambassadeurs des 28 pays membres de l’OTAN (NAC), élargi aux autres pays contributeurs. Commandant : Lieutenant General Bouchard (Canada). Chaine de commandement : OTAN (SHAPE) / JFC Naples / QG Aérien d’Izmir (Turquie). Financement : Etats participants / Etats membres de l’OTAN

 

Moyens : Belgique, Danemark, Emirats Arabes Unis *, Espagne, France, Grèce, Italie, Norvège, Pays-Bas, Qatar *, Royaume-Uni, Turquie, USA.

 

La « protection des civils » (Coalition / OTAN)

 

Objectif : prendre « tous les moyens nécessaires pour protéger les populations et les zones civiles menacées d’attaque », notamment les frappes sur les moyens militaires du régime.

 

Nom de code : « Harmattan » (france) / Ellamy (Uk). Base juridique : §4 résolution 1973 NU.

 

Contrôle politique : groupe de contact. Chaine de commandement : OTAN / USA (Africom) / Coalition. Structure de commandement : QG Africom (Stuttgart / Uss Mount Whitney) – France (Lyon) – Royaume-Uni (Northwood) -> OTAN (SHAPE) / JFC de Naples (Italie). Commandant : Admiral Sam Lockwear (USA) + Lieutenant General Bouchard (Canada).

 

Moyens essentiels : France, Royaume-Uni.

Autres moyens : Belgique, Canada, Danemark, Espagne, Qatar *, USA

 

Le contrôle de l’embargo sur les armes par voie maritime (OTAN)

 

Objectif : « garantir la stricte application de l’embargo sur les armes, inspecter sur leur territoire et en haute mer, les navires et aéronefs en provenance ou à destination de la (Libye) ».

 

Nom de code : « Unified Protector ». Base juridique : §9-10 résolution 1970, §13 résolution 1973 ONU. Démarrage : 22 mars 2011. Financement : Etats membres / OTAN

 

Contrôle politique : les ambassadeurs des 28 pays membres de l’OTAN (NAC). Chaine de commandement : OTAN / SHAPE – MCC Commandement maritime de Naples. Commandant : vice-amiral Rinaldo Veri (Italie).

 

Moyens essentiels : Italie, Turquie.

Autres moyens : Belgique, Canada, Espagne, Grèce, Pays-Bas, Royaume-Uni, USA, Bulgarie, Roumanie.

 

Le soutien humanitaire (Union européenne)

 

Objectif : fournir des moyens aux organisations internationales « à leur demande » pour : 1) rapatrier les réfugiés et personnes déplacées (pont aérien et maritime), 2) gérer ou sécuriser les camps de réfugiés en Tunisie, Egypte, ou dans « d’autres pays » (NB: Libye, Niger…).

 

Nom de code « Eufor Libya » (provisoire). Base juridique : §26 résolution 1970 NU / Décision Union européenne. Démarrage : avril 2011 (à préciser)

 

Contrôle politique : 26 ambassadeurs du COPS de l’UE. Structure de commandement : QG de Bruxelles / OHQ Rome ? (à définir). Chaine de commandement : UE.

 

Moyens : à définir (pourraient participer : Finlande, Grèce, Pologne, Suède, Arabie Saoudite * ?).

 

La surveillance des frontières (Union européenne / Frontex)

 

Objectif : surveiller les arrivées de bateaux chargés d’immigrés.

 

Nom de code : Hermès (mission civile avec les moyens de gardes-côtes et certains moyens militaires). Base juridique : art. 67 et 77 Traité de fonctionnement de l’UE.  Démarrage : 19 février 2011.

 

Contrôle politique : ministères de l’Intérieur des Etats riverains (Italie / Malte). Structure de commandement : coordination entre Etats membres / Frontex.

 

Moyens : Italie (navals + aériens) + France, Allemagne, Pays-Bas, Malte, Espagne (+ experts : Espagne, Belgique, Portugal, Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Roumanie,  Malte, Suède, Suisse *). Financement : budget CE.

 

(*) Non membre de l’OTAN, non membre de l’UE

(1) Le général américain Carter Ham qui commande l’US Africom a bien distingué les 3 opérations (le 25 mars) : « There are three components of implementing the provision of UN Security Council Resolution 1973. Maritime, which is the arms embargo that has transitioned to NATO and is under the command of an Italian admiral; no-fly zone, which will transition very soon, probably this weekend, and there’ll be a Canadian three-star operating under NATO command for that; and the protect civilians mission, which NATO, as my understanding has agreed to in principal, and I think they’ll have discussions over this weekend as precisely how to accept that mission. That should occur pretty shortly. In the interim, the protect civilians mission and currently the no-fly-zone mission are under my authority, and I work for the secretary of defense and the president of the United States. »

(2) Le général américain Carter Ham qui commande l’US Africom a confirmé cette « boucle » à nos confrères de NBC : « the next higher NATO commander is Admiral Sam Locklear, who is, in his NATO capacity, is the commander of Joint Force Command Naples – a NATO position – but he is also the U.S. commander of Joint Task Force Odyssey Dawn, so he is intimately familiar with this mission. And he is exercising presence simultaneously – some U.S. responsibilities and his NATO responsibilities. Ultimately, when the entirety of the mission goes to NATO, assuming that decision is made, there’ll be the three-star Canadian officer who I know and have great confidence in, will be the commander and he will report to Admiral Locklear in his NATO role, and of course Admiral Locklear reports to Admiral Stavridis, U.S. officer who is the Supreme Allied Commander Europe

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 01:32
Libye : l'Otan va prendre le contrôle opérations militaires

25/03/2011 LeFigaro.fr

 

L'organisation sera davantage qu'une « boîte à outils» pour la coalition, comme l'espérait Paris. Et la visibilité de l'Alliance atlantique sera plus importante que ce qui avait été prévu par les Français.

 

Au commencement étaient les Français, qui ont assuré la direction des premières frappes contre les forces de Kadhafi. Puis vinrent les Britanniques, et les Américains qui depuis le deuxième jour assurent le commandement de l'intervention, sur le navire USS Mount Whitney et depuis leur quartier général de Ramstein, en Allemagne. Aujourd'hui, arrive l'Otan. Jeudi soir, l'Alliance atlantique, qui avait déjà la mainmise sur le respect de l'embargo maritime, a obtenu le commandement de la no fly zone, dont elle doit désormais assurer l'application. Elle devrait également hériter dimanche ou lundi, si la Turquie n'y fait pas opposition, de la partie la plus importante de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU: celle qui autorise les bombardements des installations et des équipements militaires, afin de protéger les populations civiles.

Concrètement, les quartiers généraux de Ramstein et du Mount Whitneydevraient céder la place aux commandements de l'Otan basés à Naples en Italie et à Izmir en Turquie. C'est à l'Alliance atlantique que reviendra quotidiennement la tâche de choisir et de détruire les cibles. Cette formule, si elle n'est pas mise en échec par Ankara, est issue d'un compromis entre les visions française et britannique qui s'opposaient depuis le début des frappes, Londres voulant faire entrer l'Otan dans la danse et Paris voulant écarter l'Alliance atlantique et conserver le leadership politique de l'opération.

Officiellement, le pouvoir français persiste à dire qu'il ne s'agit que d'utiliser la «machinerie de l'Otan». L'Alliance n'est censée jouer qu'un rôle de «soutien» à la coalition dirigée par la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis. Mais si l'Otan reprend les choses en mains, elle sera davantage qu'une « boîte à outils» pour la coalition, comme l'espérait Paris. Et la visibilité de l'Alliance atlantique sera plus importante que ce qui avait été prévu par les Français. Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a été le premier à se féliciter, vendredi, que la France ait été mise «hors circuit» par la prise de commandement de l'Otan.

 

Orientations politiques

Mais dans l'esprit des coalisés, et sur ce point les Français ont obtenu gain de cause, c'est le Groupe de contact politique, dont la première réunion est prévue mardi à Londres, qui devra donner à l'Otan son cadre et ses orientations et fournir à l'opération son «équilibre». Et pour Paris, comme pour Londres et Washington, il n'est pas question de permettre à l'Otan d'adopter des règles d'engagement inférieures à celles que ces trois pays appliquent au niveau national. Le groupe de contact y veillera. «C'est la première fois que l'on dit clairement, dans une opération de l'Otan, que les orientations politiques sont fixées par une entité placée au-dessus» commente un spécialiste. Reste à savoir comment cet arrangement laborieux résistera au temps. Car dans l'esprit des responsables de l'Alliance, il est clair que c'est le Conseil de l'Atlantique Nord qui aura le contrôle politique de l'opération, même s'il prendra «en considération» l'opinion du Groupe de contact.

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 18:00
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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 12:30
Drones : Dassault signe avec le britannique BAE

 

 

14/03/11 par Véronique Guillermard, LeFigaro.fr

 

 

Une fois obtenu le feu vert de Paris et de Londres, les deux constructeurs vont développer un drone d’observation (MALE) dans le cadre d’une coopération exclusive.

 

Quatre mois après la signature à Londres d’accords de défense et de sécurité entre Nicolas Sarkozy et le premier ministre David Cameron, les industriels entrent dans le vif du sujet. Dassault Aviation*, le constructeur de l’avion de combat Rafale, et BAE Systems qui est un des pays participant au programme rival Eurofighter, ont signé un mémorandum (MOU) qui trace les lignes d’une coopération exclusive dans le domaine d’appareils sans pilotes humains - drones - d’observation de moyenne altitude et longue endurance (MALE) de nouvelle génération.

 

A côté des porte-avions et de la défense antimissiles, les drones étaient au cœur des accords de défense signés le 3 novembre 2010 entre Paris et Londres. Les deux gouvernements étaient tombés d’accord pour identifier des grands domaines de coopération permettant, contraintes budgétaires obligent, de partager des ressources afin de développer des matériels pour les deux armées.

 

Dassault Aviation et BAE ont déjà bien avancé. Ils ont remis une étude de faisabilité de drone MALE à leur gouvernement. «Ce dont nous avons besoin à présent, c’est d’une décision rapide de lancement de programme par les deux gouvernements», souligne Éric Trappier, directeur général international du groupe français. Ce feu vert doit être donné dans le cadre des relations bilatérales au niveau politique le plus haut ainsi qu’aux niveaux des deux instances principales : le «Senior level group» et le «high level working group». Ce dernier étant composé des représentants des deux directions générales de l’armement des deux pays.

 

Dans le détail, la coopération s’inscrit dans le cadre d’un partenariat à 50-50 entre les deux industriels. BAE Systems est le maître d’œuvre du projet qui s’appuie sur la plateforme MANTIS, un démonstrateur de drone MALE bimoteurs équipé de turbopropulseurs PT6 du canadien Pratt & Whitney, construit par le groupe britannique. «Mantis offre une base de travail pour développer une plateforme nouvelle qui soit financièrement abordable et réponde aux besoins opérationnels des deux pays», précise un porte-parole du constructeur français. L’appareil sera construit en Grande-Bretagne. De son côté, Dassault Aviation développera le système de mission (l’électronique, l’avionique, les capteurs) ainsi que les stations de programmation terrestres. Ce drone sera proposé aux armées françaises et britanniques. Le budget du projet n’est pas encore calé mais il faudra investir plusieurs centaines de millions d’euros pour le développement.

 

 

Mise en service à la fin de la décennie

 

Les deux industriels visent une mise en service à la fin de cette décennie. Les deux partenaires espèrent également le vendre à l’export notamment dans les pays qui utilisent l’actuel système américain Predator de General Atomics.

 

Les deux industriels sont optimistes sur leur capacité à travailler ensemble. Les rôles de chacun sont bien définis et il n’y a pas d’ambiguïté en matière de leadership. De plus ils ont déjà joint leurs efforts dans le passé. En 1967, Bréguet Aviation (repris et fusionné ensuite avec Dassault) et British Aircraft Corporation (devenu BAE) avaient signé un protocole d’accord pour développer ensemble un avion de combat : le Jaguar. Fabriqué à plus de 600 exemplaires pour six pays, ce programme a été un succès. Les derniers exemplaires du Jaguar, mis en service en 1973, sont encore fabriqués sous licence en Inde à Bengalore mais l’appareil a été retiré du service actif en 2005 par la France et en 2007 par la Grande-Bretagne qui en avait utilisé une dizaine pendant la guerre du Golfe.

 

 

* Dassault Aviation est une filiale de dassault, propriétaire du Figaro

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 07:00
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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 07:00
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