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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 08:20

CF-18-Hornet-Credit-photo-OTAN-Forces-Canadiennes.jpg

 

Des chasseurs CF-18 Hornet du 425e Escadron tactique de chasse de Bagotville en vol au dessus de la mer Méditerranée près de Trapani en Italie, le 29 mars 2011. (Crédit photo : OTAN / Caporal Marc-Andre Gaudreault, Caméra de Combat des Forces Canadiennes © 2011).

 

Mar 21, 2012 Mieszko Dusautoy (BRUXELLES2)

 

Il y a un an, les frappes menées par une coalition ad hoc, puis par l’OTAN démarraient en Libye. Le temps du retour d’expérience (lessons learned ou ‘review of lessons’ en anglais) est aujourd’hui venu. Et le Général Marcel Druart, directeur des opérations à l’OTAN, a confié, mardi (20 mars), aux eurodéputés de la sous-commission « Défense et Sécurité » ses premières impressions, même le processus de retour d’expérience est toujours en cours aujourd’hui (l’opération ne s’est terminée officiellement que le 31 octobre dernier).

 

Un succès militaire global

 

Tout d’abord, Unified Protector a été un succès militaire « reconnu très largement » a-t-il expliqué. L’armée libyenne, en particulier ses composantes aériennes et anti-aériennes, a été rapidement éradiquée. Le mandat de zone d’exclusion aérienne a été rempli. « Pas un mort du côté de l’OTAN« . Et cela avec un « nombre très limité » de victimes collatérales, justifie le Général Druart qui s’appuie sur les deux rapports publiés en mars 2012 par la Commission d’enquête du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU (disponible ici) et par Amnesty International (ici). Les conclusions de ces deux rapports coïncident  et dénombrent entre 55 et 60 victimes civiles dues à des raids de l’OTAN. Mais Amnesty regrette tout de même que l’OTAN se déresponsabilise de cette question après le conflit: « Des enquêtes adéquates doivent être menées, et les victimes et leurs familles doivent être entièrement dédommagées ». Le nom du rapport de l’ONG est explicite: « Libye, les victimes oubliées des frappes de l’OTAN ». Ce à quoi l’OTAN répond que cela ne fait pas partie de son mandat et que c’est aux autorités libyennes de s’en charger. Le Général confirme cette approche et préfère rester dans son domaine : « un terrain politique sur lequel je n’irai pas ».

 

Le « targeting »… indispensable

 

Il y a eu « une extrême prudence dans les frappes« , affirme le général, même si « le risque zéro n’existe pas« . Les victimes civiles s’expliquent, selon lui, par le fait qu’il n’y avait pas de troupes à terre pour le renseignement. D’autant que les soldats pro-Kadhafi « utilisaient du matériel civil pour se cacher [et] se réfugiaient dans des bâtiments civils« . Toutefois, cela a pu être compensé dans une certaine mesure par une procédure stricte et par des technologies de précision, telles que les missiles à guidée laser ou les drones. L’officier de l’OTAN a insisté sur le caractère de plus en plus indispensable du volet ISR (« Intelligence, Surveillance, Reconnaissance ») et du ciblage (« targeting »). Ce n’est pas simplement un outil mais une « composante critique pour la planification et l’exécution« .

 

Un déficit de moyens coté européen

 

 La dépendance caractérisée des Européens vis-à-vis des Américains a été au coeur des questions et commentaires des parlementaires. Si les Européens n’ont pas eu / pas voulu avoir le « lead » politique, l’opération n’aurait pas été possible sans leur matériel et leur personnel. « L’OTAN doit faire en sorte que ces moyens soient disponibles plus largement. (…) Les alliés devraient concentrer leurs efforts sur l’ISR ». Il y a « clairement un déficit » du côté européen.

En ces temps de restriction budgétaire, le « pooling and sharing » est « très utile » selon Druart. C’est avant tout « un contrat de confiance » pour « un accès garanti aux capacités« . Pour Unified Protector, « ce contrat a été réalisé« , selon lui. Par exemple, les Etats Unis ont, d’emblée, accepté de fournir l’équipement et le personnel. Le « pooling and sharing« , à l’européenne, est similaire, complémentaire, du concept de « smart defence » cher au secrétaire général de l’OTAN Rasmussen: il s’agit, comme le rappelle le Général, de « spécialisation, de priorisation (afin de) combler les faiblesses budgétaires nationales par la force multilatérale« .

 

Une bonne inter-opérabilité

 

Certains députés se sont inquiétés d’une coalition trop ouverte (avec des pays non membres de l’OTAN) qui pourrait poser des problèmes d’inter-opérabilité. La coopération avec des pays comme le Qatar était évidemment au coeur des pensées. Mais pour le Général Druart, il n’y a pas de problème particulier à ce sujet. Au contraire, il y a eu une « bonne inter-opérabilité« . Il rappelle que les pays du Golfe sont de toute façon entraînés et équipés très souvent par les Américains ou les Européens. « L’intégration se fait très correctement. (Mais)  il y a encore des progrès à faire. »

 

Un échec de l’UE … à nuancer

 

La Libye n’a pas été un échec pour l’Union européenne, même si elle n’a pas réussi à lancer une mission PSDC. Les Européens – France et Grande Bretagne en tête -, ont pris la tête de la coalition OTAN. Et les pays de l’UE ont « clairement fait avancer les choses« , souligne le Gén. Druart, imprimant ainsi leur marque dans l’OTAN. Par exemple, ce sont eux qui ont fait pression pour l’engagement d’hélicoptères, qui a été très utile dans l’opération selon l’officier. Et l’OTAN reste une organisation essentiellement militaire, elle doit reposer sur « d’autres » pour avoir une approche globale. D’autres… c’est-à-dire notamment l’UE. Ce sera le cas pour le contrôle des frontières par exemple, pour lequel l’UE a effectivement déjà lancé une mission d’évaluation. Et le Général Druart d’insister une fois de plus sur la nécessité d’investir dans l’ISR…

 

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 08:55

http://www.meretmarine.com/objets/500/26979.jpg

Frégates de la Marine nationale

crédits : MARINE NATIONALE

 

10/11/2011 MER et MARINE

 

Pour répondre aux questions de certains de nos lecteurs, nous avons fait le point, avec la Marine nationale, sur l'identité des 27 bâtiments français engagés au large de la Libye durant l'opération Harmattan/Unified Protector. Il s'agit du porte-avions Charles de Gaulle, des bâtiments de projection et de commandement Mistral et Tonnerre, des frégates de défense aérienne Forbin, Chevalier Paul, Cassard et Jean Bart, des frégates anti-sous-marines Tourville, Georges Leygues, Dupleix, Montcalm et Jean de Vienne, des frégates furtives La Fayette, Surcouf, Courbet, Guépratte et Aconit, des avisos Lieutenant de Vaisseau Le Hénaff, Lieutenant de Vaisseau Lavallée et Commandant Birot, des bâtiments de commandement et de ravitaillement Var, Marne et Somme, du pétrolier-ravitailleur Meuse, ainsi que trois sous-marins nucléaires d'attaque, dont on ne révèlera pas les identités.


BCR, FDA, BPC et aviso (© : MARINE NATIONALE)

Un niveau d'engagement considérable

Cette liste est très intéressante dans la mesure où elle montre à quel point la Marine nationale a été sollicitée ces derniers mois. Durant Harmattan, c'est en effet la quasi-totalité de la flotte disponible, et même en fait de la flotte tout court pour ce qui concerne Toulon, qui a été engagée en Libye. Sur la période d'opérations, du 17 mars au 31 octobre, toutes les grandes unités toulonnaise de la Force d'Action Navale se sont relayées de l'autre côté de la Méditerranée, soit le porte-avions, 100% des effectifs de BPC, de FDA, de FASM, de FLF et de BCR/PR, ainsi que 25 % des avisos, les autres assurant des missions de surveillance maritime ou de police des pêches. Seuls les transports de chalands de débarquement Foudre et Siroco n'ont pas vu les côtes libyennes, puisque déployés au large de l'Afrique ou en arrêt technique durant Harmattan (leurs capacités n'étaient de toute façon par requises).


Le LV Le Hénaff (© : MARINE NATIONALE)

En revanche, même les unités brestoises opérationnelles, qui n'étaient pas mobilisées pour la protection de la force océanique stratégique, sont venues en renfort, comme la frégate Tourville, ainsi que les avisos LV Lavallée et LV Le Hénaff. Même chose pour les sous-marins nucléaires d'attaque, au nombre de 6 basés à Toulon et dont la moitié, c'est-à-dire l'essentiel de ce qui était disponible sur la période, a été engagé en Libye. Quant à l'aéronautique navale, elle a également consenti un effort très important, en maintenant sur le Charles de Gaulle un groupe aérien embarqué durant 270 jours sur les 300 qui ont précédé le retour à Toulon le 12 août, puisqu'Harmattan a été précédée, pour le porte-avions, par le déploiement Agapanthe en océan Indien. Il convient enfin de mentionner les hélicoptères embarqués sur les différents bâtiments et les avions de patrouille maritime Atlantique 2 qui, fonctionnant eux-aussi à flux tendu, ont assuré le service sur le théâtre libyen. En somme, on n'avait peut être pas vu, proportionnellement, un tel engagement aéronaval depuis l'affaire de Suez, en 1956.


Groupe aéronaval (© : MARINE NATIONALE)

Obligée de faire des choix

Pour remplir le contrat, la Marine nationale a, malgré tout, été contrainte de faire ce que les militaires redoutaient depuis longtemps en raison des baisses d'effectifs : Des choix, parfois difficiles. Il a, ainsi, fallu renoncer à maintenir le niveau d'engagement en océan Indien, en réduisant de moitié la présence aéromaritime dans une région où, pourtant, les intérêts stratégiques sont bien réels (protection des approvisionnements, lutte contre le terrorisme, les trafics et la piraterie...) En Méditerranée, la moitié des opérations prévues de lutte contre trafiquant de drogue ont été annulées, faute de moyen. Et, en jouant les équilibristes avec le planning des patrouilles des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins, basés à Brest, il a également fallu renoncer à déployer un SNA en Atlantique.
En somme, la marine est parvenue à réaliser un remarquable tour de force, en jouant très finement avec la disponibilité des matériels (des pièces ont notamment été échangées entre navires au fur et à mesure), au prix de quelques sacrifices et évidemment d'un engagement total de ses unités, le personnel devant être le premier à en recevoir les lauriers. Mais cette situation démontre également la limite des réductions de format, d'autant qu'après le coup de feu, le gros de la flotte est cloué à quai pour d'indispensables périodes de maintenance, parfois retardées en raison des opérations. Sans compter la nécessité de « régénérer le potentiel humain », comme on dit chez les militaires, c'est-à-dire notamment rattraper le retard pris dans la formation de personnels, par exemple chez les pilotes.


Rafale et Super Etendard sur le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

L'irréductible format

En définitive, peu de forces armées, et pas seulement en France, peuvent se targuer d'avoir proportionnellement engagé autant de moyens. Mais ce « cocorico » pour la Marine nationale n'est pas sans susciter quelques questions quant au format actuel de la flotte, dans un monde ou les enjeux maritimes ne cessent de croître. Depuis la chute du mur de Berlin, les effectifs n'ont cessé de diminuer et, à chaque coup de rabot budgétaire, la marine, pourtant considérée par les financiers de l'Etat comme « la bonne élève » des armées en matière de rationalisation, est priée de faire des efforts supplémentaires, comme ses camarades de Terre et de l'Air. Régulièrement, les marins ont pourtant fait savoir qu'il n'y avait « plus de gras ». Or, s'il est sans doute toujours possible de réaliser quelques économies ici et là, pour l'essentiel, 2011 aura démontré que la marine a bel et bien rongé ses réserves « jusqu'à l'os ».


Le groupe aéronaval (© : MARINE NATIONALE)

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 12:15
NATO examines Libya withdrawal from Friday

Oct 20, 2011 SpaceWar.com (AFP)

 

NATO will begin Friday winding up its six-month mission in Libya, after the military alliance hailed the end of a four-decade "rule of fear" with Moamer Kadhafi's death.

 

"After 42 years, Colonel Kadhafi's rule of fear has finally come to an end," Secretary General Anders Fogh Rasmussen said.

 

Inviting the Libyan people to now "truly decide their own future", he said an end to NATO's involvement in the oil-rich north African state "has now moved much closer".

 

Calling on "all Libyans to put aside their differences and work together to build a brighter future", Rasmussen said NATO "will terminate (its) mission" in coordination with the UN and the National Transitional Council (NTC).

 

He pinpointed a need for the NTC "to prevent any reprisals against civilians and to show restraint in dealing with defeated pro-Kadhafi forces".

 

But he added: "With the reported fall of Bani Walid and Sirte, that moment has now moved much closer."

 

NATO's Supreme Allied Commander, Admiral James Stavridis, is due to issue a recommendation, "probably tomorrow, for the end of the operation", a NATO official said.

 

Another senior official also said military planners would recommend "within a day or so" whether to call a complete halt to the mission or "to halt the strikes and continue monitoring for a couple of weeks".

 

A "key factor" is whether the NTC can provide adequate security on the ground, the official said.

 

"From the moment the NTC declares that Libyan territory has been liberated, then obviously the NATO operation is over," French Foreign Minister Alain Juppe told French radio during a visit to India.

 

"Today, Libya's future begins," said the NTC's ambassador to Britain Mahmud Nacua late on Thursday.

 

However, he refused to be drawn on whether the NTC now planned to hold elections.

 

"The next step (is), we look forward to building a new Libya as a state of law," he said.

 

A final decision to end the NATO mission will rest with the ambassadors of the 28-nation alliance.

 

NATO aircraft struck two pro-Kadhafi military vehicles in the vicinity of Sirte on Thursday morning.

 

Asked whether the fugitive Libyan leader had been hit in the strikes, a NATO spokesman said: "It's very possible because of the timing but we cannot confirm it."

 

Since March 31, NATO warplanes prevented Kadhafi from crushing a rebellion that erupted in February while daily bombing runs left the fugitive former leader's military in tatters, allowing the ragtag rebel army to take over the country in August.

 

Since taking over air and sea operations around Libya on March 31, NATO has launched 9,618 strike sorties.

 

It was the first NATO operation with Europeans in the driver's seat while the United States took a backup role.

 

But Operation Unified Protector revealed shortcomings within the 28-nation alliance, with some allies refusing to participate while those who did relied heavily on the United States for key intelligence and logistics support.

 

Only eight NATO states took part in bombing missions -- France, Britain, Canada, Belgium, Denmark, Norway, Italy and the United States -- while Germany and Poland irked allies by staying out of the fight.

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 11:35
Libya Operations Remain Fluid, NATO Official Says

September 28, 2011 Army Sgt. 1st Class Tyrone C. Marshall Jr. - American Forces Press Service / defpro.com

 

WASHINGTON | NATO’s decision to extend the alliance’s mission in Libya shows its work there is not yet done, a NATO spokeswoman said Sept. 27.

 

NATO’s North Atlantic Council extended Operation Unified Protector by 90 days during a meeting in New York last week that coincided with a meeting of the U.N. General Assembly.

 

“In New York, the message was clear: a new day is dawning for Libya, and the international community is rallying around the new Libya,” Oana Lungescu told reporters during a briefing at the alliance’s headquarters in Brussels.

 

Lungescu reiterated NATO’s commitment to the Libyan people.

 

“Our job under the mandate of the United Nations and in support of the Libyan people is not yet done,” she said. “The situation remains fluid. And while threats persist, NATO will continue to protect civilians together with our partners, under the mandate confirmed by the recent United Nations Security Council Resolution 2009.”

 

Lungescu also reiterated NATO’s intention to continue its work while maintaining oversight of when to end its mission. “The mission will continue as long as it is necessary, but end as soon as possible,” she said. “We also decided to keep the situation under regular review, and that means that the North Atlantic Council can terminate the operation at any time and as soon as possible, in coordination with the United Nations and the will and aspirations of the Libyan people.”

 

Col. Roland Lavoie of the Canadian air force, military spokesman for Operation Unified Protector, discussed operations against remaining forces in the country loyal to Moammar Gadhafi.

 

“Recent developments in Surt and Bani Walid have been our main area of attention over the last few days,” he said. “Indeed, it’s clear that remaining Gadhafi forces refuse to recognize their defeat and that the former regime has lost both legitimacy and public support.

 

“As a last resort,” he continued, “they are hiding in urban areas, from where they attempt to control the surrounding population and use civilians as shields against attempts [by forces of Libya’s transitional government] to dislodge them.”

 

Lavoie cited signs of the “worsening situation” in Surt and Bani Walid. “Availability of drinking water, food resupply, electricity, medicine and fuel is severely impeded, which puts an enormous pressure on the civilian population,” he said.

 

“Numerous checkpoints and surrounding sniper positions are being used to prevent families from moving to safer locations,” Lavoie added, “and Gadhafi forces, mercenaries and Gadhafi supporters roam the streets taking hostages and conducting executions.”

 

Lavoie also said Gadhafi forces are turning away neutral humanitarian aid, “which is appalling and senseless, as this gives Gadhafi forces no military advantage at all.”

 

The military spokesman said National Transitional Council forces have seen some success in recent days.

 

“On a more positive note, the NTC forces have opened a line of communication in the northwest coastal area last weekend, which has allowed thousands to escape from that route,” he said. “This life-saving operation resulted in NTC casualties, but allowed many to escape a very tough, if not to say dire, situation.”

 

Lavoie also said transitional government forces have gained control of Libya’s remaining stockpile of chemical and nuclear-related agents.

 

“We are confident that allies in international organizations that are in contact with the NTC are working to ensure that Libya’s governing authorities can take full control of any proliferation sensitive material that is left and that they start planning for their safe disposal,” he said.

 

Lavoie stressed that NATO will continue to monitor ground conditions and safeguard civilians as mandated by the Security Council resolution.

 

“Operation Unified Protector is not over yet,” he said. “We are committed to pursuing it to protect the population of Libya for as long as necessary, but not any longer.”

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 07:20

http://www.meretmarine.com/objets/500/36364.jpg

Le BPC Mistral au large de la Libye début septembre

crédits : MARINE NATIONALE

 

19/09/2011 MER et MARINE

 

Il n'y en avait jamais eu autant sur le pont ! Une très belle image, diffusée par l'Etat-major des Armées, montre le bâtiment de projection et de commandement Mistral avec pas moins de 15 hélicoptères sur le pont d'envol. La photo a été prise au large de la Libye, où le Mistral a été engagé cet été dans le cadre de l'opération Harmattan/Unified Protector. A ce titre, il embarquait un groupe aéromobile fort d'une vingtaine d'hélicoptères, engagés depuis le mois de juin contre les forces fidèles au colonel Kadhafi. L'image de l'EMA permet de bien apprécier la vaste surface offerte par le pont d'envol, qui s'étale sur 5200 m². Y sont présents deux Caracal, trois Puma/Cougar, deux Tigre et huit Gazelle de l'Aviation Légère de l'Armée de Terre (ALAT) et de l'armée de l'Air. A l'instar d'un porte-avions, on peut remarquer que le pont peut, sans difficulté, servir à parquer de nombreuses machines, sans pour autant interrompre les opérations aériennes, grâce à la présence de six spots d'appontage. On notera que les BPC ont été conçus pour mettre en oeuvre, sur le papier, 16 hélicoptères lourds comme les Tigre et NH90, qui peuvent tous être logés dans un vaste hangar 1800 m² relié au pont d'envol par deux ascenseurs, dont un (à l'arrière), peut accueillir simultanément plusieurs machines. Mais, en réalité, la capacité d'emport en hélicoptères est supérieure à 16 machines, comme le démontre Harmattan, surtout avec de petits appareils comme les Gazelle.


Caracal sur un BPC (© : EMA)


Gazelle et Tigre dans le hangar d'un BPC (© : EMA)

On notera que les opérations en Libye constituent le premier vrai baptême du feu pour les BPC, dont les deux premiers exemplaires, les Mistral et Tonnerre, ont été livrés en 2006 et 2007 par DCNS (le Dixmude entrera en service début 2012). Jusqu'ici, ces bâtiments conçus pour être très polyvalents avaient largement démontré leurs capacités pour les opérations de débarquement, à l'occasion de nombreux exercices, mais aussi dans le cadre de missions humanitaires ou d'évacuation de ressortissants (notamment au Liban en 2006). Cette fois, c'est la capacité à projeter depuis la mer et assurer le soutien d'une force aéromobile puissante qui, aux dires des militaires français, a été brillamment prouvée.


Un CTM embarqué par le Tonnerre (© : EMA)


CTM mis en oeuvre depuis le Tonnerre (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)


EDA-R (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Longs de 199 mètres pour un déplacement de 21.500 tonnes à pleine charge, les BPC du type Mistral peuvent, en plus de leurs moyens aéronautiques, mettre en oeuvre quatre chalands de transport de matériel (CTM) ou deux catamarans de débarquement du type EDA-R. Leurs garages peuvent abriter au moins 70 véhicules, dont 13 chars lourds comme les Leclerc, alors que les logements son conçus pour héberger, sur une période assez longue, 450 hommes en plus de l'équipage (180 marins). Ces « passagers » peuvent être des soldats, mais aussi des membres d'un état-major embarqué. En effet, les BPC, comme c'est le cas actuellement au large de la Libye, peuvent être gréés en navires amiraux. Dotés de puissants moyens de communications et disposant d'un vaste PC de 800 m² reconfigurable pouvant accueillir 150 opérateurs, ces navires peuvent parfaitement coordonner une opération interarmées et multinationale de grande envergure. Différentes manoeuvres, notamment dans le cadre de l'OTAN, ont permis de qualifier cette capacité très précieuse. Enfin, les BPC peuvent servir d'hôpitaux flottants grâce à un espace médical de 750 m² doté de deux blocs opératoires et 69 lits d'hospitalisation. En cas de besoin, cet hôpital peut être agrandi en récupérant de la place dans le hangar, situé à proximité. Dans le cas d'opérations humanitaires, notamment suite à une catastrophe naturelle ayant endommagé les infrastructures portuaires, cette capacité est très utile, d'autant qu'elle est renforcée, en matière d'acheminement et d'évacuation des blessés, par les moyens aéronautiques et amphibies dont disposent les navires.


Pour mémoire, la France doit se doter, à la fin de la décennie, d'un quatrième bâtiment de ce type. La Russie a également retenu le concept du BPC. Deux unités, adaptées aux besoins russes, seront livrées en 2014 et 2015, deux bâtiments supplémentaires étant prévus.


Les BPC Mistral et Tonnerre (© : MARINE NATIONALE)

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 07:15

http://www.meretmarine.com/objets/500/35123.jpg

 

Un hélicoptère Tigre sur le Mistral

crédits : EMA

 

16/09/2011 MER et MARINE

 

Il y a actuellement deux bâtiments de projection et de commandement au large de la Libye, où la France continue d'intervenir, sous commandement de l'OTAN et dans le cadre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations Unies, dans le cadre de l'opération Harmattan/Unified Protector. La semaine dernière, le BPC Tonnerre a appareillé de Toulon pour relever son sistership, le Mistral, présent sur zone depuis la mi-juillet. Le temps de transit étant d'à peine deux jours et le transfert de l'état-major et des hélicoptères d'un bâtiment à l'autre prenant une grosse journée, on pouvait s'étonner, hier, que le Mistral n'ait pas encore regagné Toulon. En fait, le transfert s'est opéré les 9 et 10 septembre en Sicile, dans le port d'Augusta. « Tandis que les Puma, Tigre et Gazelle du Groupe aéromobile (GAM) quittaient le pont d'envol (du Mistral), l'état-major de la Task force 473 (TF 473) et la majorité de l'équipage du navire, soit près de 200 personnes, mais aussi le fret, une centaine de tonnes de matériel, étaient acheminés à l'aide des chalands de transport de matériel transportés par les BPC. L'ensemble du transfert a nécessité 25 rotations d'hélicoptères et 14 norias de CTM. En ce qui concerne la mise en place sur le Tonnerre de l'ensemble du réseau informatique, téléphonique, télégraphique et radio, les informaticiens ont oeuvré afin que les nombreux canaux de renseignement, notamment les réseaux sécurisés et Otan, fonctionnent dans les meilleurs délais », explique l'Etat-major des Armées.


Transfert entre le Mistral et le Tonnerre (© : EMA)


Transfert entre le Mistral et le Tonnerre (© : EMA)


Transfert entre le Mistral et le Tonnerre (© : EMA)


Transfert entre le Mistral et le Tonnerre (© : EMA)


Le Tonnerre et le Mistral en mer (© : EMA)

Le Mistral doit rentrer dans les prochains jours

Après ce transfert, le Mistral semble, néanmoins, avoir joué quelque peu les prolongations au large de la Libye. « Avec deux BPC, le dispositif est plus souple et nous sommes en mesure de faire face à une éventuelle évolution de la situation », affirme une source militaire. A l'Etat-major des Armées, on explique que le Mistral est toujours « en cours de relève par le Tonnerre ». En revanche, on dément un renforcement durable des moyens aéromobiles déployés au sein d'Harmattan. Le Mistral devrait bien rentrer à Toulon « dans les prochains jours » sauf, dit-on, « si la situation évolue », ce que l'on considère comme « peu probable ». Le Tonnerre conservera à son bord une vingtaine d'hélicoptères Tigre, Gazelle, Puma et Caracal, certaines machines étant arrivées avec le BPC pour assurer la relève d'autres appareils, qui vont rentrer avec le Mistral. Il y a donc, momentanément, un nombre plus important d'hélicoptères.

En dehors de ces navires, la Task Force 473 compte toujours les frégates Cassard et La Fayette, ainsi qu'un sous-marin nucléaire d'attaque. L'aviso Lieutenant de Vaisseau Lavallée est, quant à lui, rattaché à la force navale de l'OTAN déployée dans le cadre de l'opération Unified Protector afin de faire respecter l'embargo maritime et protéger les populations civiles. Depuis Toulon, les bâtiments de ravitaillement continuent, de leur côté, d'assurer le soutien logistique de la TF 473.


Le Mistral et le HMS Ocean au large de la Libye (© : EMA)

Nicolas Sarkozy et David Cameron en Libye

Alors que la France et la Grande-Bretagne maintiennent une puissante armada au large de la Libye, Nicolas Sarkozy et le premier ministre britannique David Cameron effectuaient, hier, leur première visite dans le pays. Le chef de l'Etat français a visité un hôpital de Tripoli avant une rencontre avec les responsables du Conseil National de Transition (CNT). Puis il s'est envolé pour Benghazi, la ville symbole de la révolution contre le colonel Kadhafi, où il s'est exprimé devant une foule en liesse. Dans le même temps, on apprenait que les forces de l'opposition étaient, semble-t-il, parvenue à entrer dans les faubourgs de Syrte, fief kadhafiste où, précisément, les forces de la coalition ont concentré dernièrement leurs frappes.


Un Mirage 2000 (© : EMA)

140 sorties réalisées en une semaine par les appareils français

Concernant les opérations militaires, l'EMA a fait hier son point hebdomadaire sur les missions réalisées par les forces françaises. Entre le 8 septembre 2011, 6H00, et le 15 septembre 2011, 6H00, la France a assuré près de 140 sorties, dont 70% sont des missions de frappes au sol. La France assure environ un tiers des sorties d'attaques au sol de la coalition. Dans le détail, les appareils de l'armée de l'Air et de la Marine nationale ont mené à bien 96 sorties d'attaques au sol (Rafale Air, Mirage 2000-D, Mirage 2000-N et Mirage F1), 30 sorties de reconnaissance et surveillance (Mirage F1 CR, Atlantique 2, drone Harfang), sorties de contrôle aérien (E-3F) et 9 sorties de ravitaillement (C135). Sur la période, une quarantaine d'objectifs ont été neutralisés par les avions de combat et les bâtiments de la marine, soit 7 véhicules militaires et armement (véhicules légers armés, lance-roquettes multiple) dans la région de Syrte et de Bani Walid ; ainsi que des bâtiments de commandement dans les régions de Syrte et Sebha. Des tirs contre terre ont été réalisés par l'aviso LV Lavallée.


Un drone Harfang (© : EMA)


L'aviso LV Lavallée (© : EMA)

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 05:30

http://www.meretmarine.com/objets/500/35568.jpg 

Le BPC Mistral avec les hélicoptères du groupe aéromobile

crédits : EMA

 

12/09/2011 MER et MARINE

 

Le bâtiment de projection et de commandement Tonnerre a appareillé de Toulon la semaine dernière pour relever son sistership, le Mistral, au large de la Libye. Dans le cadre de l'opération Harmattan, le BPC embarque un groupe aéromobile composé d'hélicoptères Gazelle, Tigre, Puma et Caracal. Ces appareils interviennent en complément des avions contre les forces fidèles au colonel Kadhafi. Alors que les troupes de l'opposition sont entrée en août dans Tripoli, les combats se concentrent désormais entre Syrte et Sebha, l'un des derniers noyaux durs des kadhafistes. Alors que les hélicoptères du groupe aéromobile ont mené 17 sorties du 1er au 8 septembre, la force navale française déployée au large maintient sa présence et, régulièrement, les frégates tirent au canon contre des objectifs terrestres. En dehors du BPC, la TF 473 compte actuellement les frégates Cassard et La Fayette, l'aviso Lieutenant de Vaisseau Lavallée et un sous-marin nucléaire d'attaque. De plus, un bâtiment de ravitaillement assure toujours le soutien logistique de la force. On notera que le Tonnerre effectue là sa seconde rotation au profit de l'opération Harmattan. Le bâtiment avait d'abord quitté Toulon le 17 mai, ses hélicoptères intervenant à partir du 3 juin, avant d'être relevé mi-juillet par le Mistral. Ce nouveau changement de BPC permet d'économiser le potentiel humain et matériel.

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 12:45
NATO Starts Taking Control of Libya Operations

30 Mar 2011 DefenseNews AFP

 

BRUSSELS - NATO on March 30 began to take command of Libyan air bombing operations from a U.S.-led coalition, as warplanes and other assets from several allies came under the military organization's control. "NATO aircraft are flying under NATO command in the Libyan sky," NATO spokeswoman Oana Lungescu said. "This is a phased process, which will be completed as soon as all allies and partners have transferred authority for their assets." The 28-member alliance is gradually replacing the United States at the helm of aerial missions that have been conducted by U.S., French, British and other coalition planes since March 19 to protect civilians from Moammar Gadhafi's ground forces. Britain, Canada, Belgium, Denmark, Spain and the Netherlands placed all or part of their military assets under NATO's authority on March 30, an alliance official said on condition of anonymity. NATO's combined air operations centre in Poggio Renatico, northern Italy, transmitted flight plans to units involved in the aerial campaign, the official said. A NATO diplomat has said that the alliance would effectively be in full command of the operations on March 31. NATO has enforced an arms embargo off Libya's coast since last week and also is policing Libya's skies to prevent hostile jets from flying. NATO agreed to take on the broader mission - strikes against forces threatening civilians - on March 27 after overcoming Turkish concerns about the air strikes and French reluctance to hand the lead to the alliance.

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