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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 07:55
Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle

Heureux ceux qui sont morts

Pour la terre charnelle.

Mais pourvu que ce fut

Dans une juste guerre.

 

Heureux ceux qui sont morts

Pour quatre coins de terre.

Heureux ceux qui sont morts

D'une mort solennelle.

 

Heureux ceux qui sont morts

Dans les grandes batailles.

Couchés dessus le sol,

A la face de Dieu.

 

Heureux ceux qui sont morts

Dans un dernier haut lieu

Parmi tout l'appareil

Des grandes funérailles.

 

Heureux ceux qui sont morts

Car ils sont retournés

Dans la première argile

Et la première terre.

 

Heureux ceux qui sont morts

Dans une juste guerre

Heureux les épis mûrs

Et les blés moissonnés.

 

Charles Péguy, mort pour la France le 4 septembre 1914

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 06:55
Une flamme pour se souvenir

 

07/11/2013 Ministère de la Défense

 

Depuis 90 ans, le Comité de la flamme ravive tous les soirs la flamme sacrée sous l’Arc de Triomphe en hommage au Soldat inconnu et à tous les soldats morts pour la défense de la France

 

Une foule compacte de civils et de militaires s’est rassemblée ce 11 novembre 1923 sous l’arc de Triomphe. Il est 18h, le ministre de la Guerre, André Maginot, se penche sur la tombe du Soldat inconnu et allume pour la première fois la flamme du souvenir. Depuis le rituel est  immuable et elle ne s’est jamais éteinte, même sous l’Occupation. Chaque soir à 18h30 elle est ravivée et entretenue par le Comité de la flamme. Un peu plus de 500 associations, en majorité d’anciens combattants, sont unies au sein de ce comité. Au-delà du ravivage de la flamme, il entretient la mémoire du Soldat inconnu et de tous les combattants français et alliés tombés au champ d’honneur. La flamme est également devenue, depuis la Seconde Guerre mondiale, le symbole de l’espérance dans l’avenir et de foi dans le destin de notre pays.

 

Récemment, sous l’impulsion de ses différents présidents, cette flamme du souvenir est devenue, la flamme de la Nation. « Elle n’est pas uniquement l’affaire d’anciens combattants », explique le général d’armée Bruno Dary, ancien gouverneur militaire de Paris et président du Comité de la flamme. « Elle réunit le temps d’un ravivage hommes, femmes et enfants de tous horizons. Pour les jeunes générations, participer à la cérémonie de ravivage de la flamme est avant tout un devoir de mémoire et un geste citoyen. Ils viennent de toute la France, et parfois de l’étranger, pour se recueillir et réfléchir sur le prix de la paix et de la liberté. C’est pour cela que cette flamme de la Nation est appelée à devenir aussi la flamme de l’espérance. »

 

Flamme sous l'Arc de Triomphe

 

A l’occasion de son 90e anniversaire, le Comité de la flamme présente dans les douves des Invalides, une exposition photos qui retrace les 90 ans du ravivage par de nombreuses autorités politiques, des chefs d’Etats étrangers, mais aussi des personnalités du monde culturel. Le moment fort de cet anniversaire se déroulera ce 11 novembre 2013. Après une cérémonie aux flambeaux, qui remontera l’avenue des champs Élysée, une veillée symbolique en présence du ministre délégué auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens combattants, Kader Arif, sera organisée avec un film sur l’histoire de la flamme et une lecture de textes emblématiques par de jeunes comédiens.

 

C’est un journaliste, Gabriel Boissy, qui suggère en 1923 l’idée de placer une flamme sous l’Arc de triomphe afin d’éviter que le tombeau du Soldat inconnu ne sombre dans l’oubli. Ce projet soulève aussitôt l’enthousiasme de l’opinion publique, profondément marquée par le sacrifice des soldats de la Grande Guerre.

 

Une cérémonie est prévue sur sa tombe, à Souvignargues (Gard), pour l’honorer. « Ce journaliste a eu cette idée magnifique, qui a perduré », explique le général Bruno Dary. « La flamme brûle toujours. Il était important qu’on lui rende cet hommage. »

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 08:55
Participez aux commémorations du 11 novembre

 

07.11.2013 Général de corps d'armée (2s) Dominique DELORT, Président de la Saint-Cyrienne

 

 

Chers camarades,

 

Le prochain 11 novembre sera le deuxième anniversaire de l’évolution de la commémoration de la Victoire et de la Paix qui associe maintenant tous les Morts pour la France dans le même hommage national. Je me permets de vous rappeler que cette loi de février 2012 a été votée à une très large majorité par tous les partis excepté le parti communiste.

 

Cette année encore notre armée a perdu des hommes en opérations notamment au Mali. C’est une raison supplémentaire de manifester notre respect à ceux qui ont accompli leur devoir jusqu’au sacrifice.

 

En cette période où nos armées font face à de trop fortes réductions, je souhaiterais que les Saint-Cyriens montrent l’exemple en assistant, nombreux, éventuellement avec leur famille, aux multiples cérémonies officielles ou non qui seront organisées en métropole et outre-mer.

 

Afin de donner de la consistance à notre présence devant des monuments aux morts des grandes villes, bourgades ou villages je propose à ceux qui le peuvent de nous adresser une photo, si possible légendée, prise à cette occasion. Elle peut représenter un groupe ou même simplement le monument aux morts de votre commune. Ces photos seront placées dans la photothèque de notre site. Elles formeront le préambule de l’année du Centenaire vu par des Saint-Cyriens ou l’expression du fidèle respect à cette génération de Français.
 
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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 19:35
Hommage des rugbymen aux morts de 14-18

 

07/11/2013 Communauté Défense

 

Les rugbymen Français et Néozélandais qui s'affrontent samedi 9 novembre lors d'un match au stade de France participent aux commémorations de la Première Guerre mondiale.

 

Le ministre délégué auprès du ministre de la Défense, chargé des anciens combattants s'est rendu mercredi 6 octobre à la résidence du XV de France à Marcoussis afin de signer une déclaration d'intentions pour commémorer le centenaire de la Première Guerre mondiale.

 

Cette déclaration prévoit que la fédération française de rugby (FFR) ornera le maillot des joueurs du XV de France d'un bleuet, symbole français des anciens combattants, pour les rencontres internationales qui se dérouleront entre les mois de novembre 2013 et novembre 2014. "Cette action marque notre volonté de rendre hommage aux victimes de cette guerre et aux nombreux rugbymen qui ont perdu la vie au champ d'honneur pendant la première guerre mondiale", explique Pierre Camou, président de la FFR. "Nous sommes très fiers et très heureux que l’État français et le ministère de la Défense aient choisi le rugby pour ces commémorations."

 

Kader Arif qui rencontrait les équipes de France de rugby a déposé, en compagnie du capitaine Thierry Dusautoir, une gerbe au pied de la plaque commémorative des internationaux français morts pour la France en 1914-1918. Dans son allocution, le ministre a précisé que la Défense et le rugby partageaient des valeurs communes. "Quand je parle avec des militaires, et notamment ceux que j'ai rencontré au Mali, je m'aperçois que les valeurs au combat sont les mêmes, s’agissant des théâtres d'opérations ou du terrain de sport. La devise de notre République Liberté, égalité, fraternité prend tout son sens.

 

"Le fait d'arborer le bleuet sur notre maillot est un vrai motif de fierté. Nous avons à cœur d’honorer la mémoire de nos anciens internationaux et de tous ceux qui sont tombés pour défendre la Nation", a dit Thierry Dusautoir.

 

Le soir, une délégation de l'équipe néozélandaise de rugby,les all-blacks, participait à la cérémonie de ravivage de la flamme, sous l'Arc de Triomphe. Accompagnés de la ministre des sports, Valérie Fourneyron, du ministre délégué aux anciens combattants, Kader Arif, et de l'ambassadrice de Nouvelle-Zélande, quatre All Blacks ont ravivé la flamme du Soldat inconnu. Une manière de rappeler qu'entre 1914 et 1918, un Néo-Zélandais sur 10 est venu se battre au côté de la France. Samedi 9 Novembre, le match amical entre le XV de France et les All-Blacks sera l'occasion de poursuivre cette série d'hommage.

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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 12:50
Le ministre De Crem en visite à Paris

 

21/10/13 Sources : Cabinet du ministre de la Défense

 

Le jeudi 17 octobre 2013, le vice-Premier et ministre de la Défense Pieter De Crem effectuait une visite de travail à Paris. Il prenait part à quelques activités relatives à la Première Guerre mondiale et aux efforts dans le cadre de la Défense européenne.

 

Photos Malek Azoug  >>

 

La réunion préparatoire aux commémorations du début de la Première Guerre mondiale, était présidée par Kader Arif, ministre délégué aux Anciens Combattants du ministère français de la Défense.

 

Le ministre De Crem a ensuite rencontré son homologue français Jean-Yves Le Drian. L'entretien portait sur les préparatifs de l'EU-top de décembre où la Défense européenne est consignée à l'agenda.

 

De Crem a ensuite assisté à une cérémonie du souvenir organisée sous l'Arc de Triomphe en hommage à la Première Guerre mondiale. Au nom de la Belgique et du gouvernement fédéral, il a déposé une couronne de fleurs au pied du monument.

 

Il a également remis des distinctions honorifiques aux anciens ministres de la Défense Hervé Morin et Gérard Longuet. Ces décorations sont le témoignage de notre pays à une excellente coopération en matière de Défense, tant bilatérale qu'au sein de l'OTAN et de l'Union européenne.

 

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29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 18:55
Un séminaire international pour le centenaire de la première guerre mondiale

22/10/2013 Ministère de la Défense

 

Un séminaire rassemblant les ministres, secrétaires d’État et hauts fonctionnaires de trente pays venus des cinq continents s'est tenu à Paris les 17 et 18 octobre 2013 afin de préparer et coordonner les commémorations à venir pour le centenaire de la Première Guerre mondiale.

 

À l’invitation de M. Kader Arif, ministre délégué auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens combattants et président de la mission interministérielle des anniversaires des deux guerres mondiales, le séminaire rassemblant les ministres, secrétaires d’État et hauts fonctionnaires de trente pays venus des cinq continents a permis de préparer et de coordonner les commémorations à venir pour le centenaire de la Première Guerre mondiale.

 

Avec la disparition des derniers témoins de cette guerre, qui constitue un événement inédit dans l’histoire de l’humanité, tant par le nombre effroyable de victimes ( 65 millions d’hommes mobilisés, environ 10 millions de morts et 21 millions de blessés) que par les bouleversements politiques, économiques, sociaux, culturels qu’elle a entraînés pour le monde entier, les participants se sont entendus sur des messages communs à destination des opinions publiques, en particulier des jeunes générations, des pays partenaires.

 

Ce séminaire ministériel international a été également l'occasion pour chaque pays d'exposer le programme des cérémonies et manifestations qu'il organisera sur son sol et à l'étranger, en particulier en France et en Belgique où se sont déroulés les combats du front occidental.

 

L'objectif de ces échanges de vues est de donner à tous les participants une image claire et cohérente des cérémonies qui se tiendront dans le monde entre 2014 et 2018 et de connaître dès à présent les grands rendez-vous qui nécessiteront la présence des plus hautes autorités de tous les pays impliqués dans le Centenaire.

 

La séance ministérielle s'est prolongée par une réunion des hauts fonctionnaires en charge du Centenaire qui ont examiné plus concrètement les actions possibles de coopération, notamment culturelles et pédagogiques, à mettre en oeuvre pour le Centenaire.

 

La veille de la réunion ministérielle, lors d'une cérémonie à l'Arc de Triomphe, l'ensemble des participants a assisté au ravivage de la Flamme du Soldat inconnu.

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 12:50
Groupe de fusiliers marins. Drie-Grachtne. (Belgique 3 septembre 1917)photo couleur frères Lumière

Groupe de fusiliers marins. Drie-Grachtne. (Belgique 3 septembre 1917)photo couleur frères Lumière

16 octobre 2013, Portail des Sous-Marins

 

En octobre 1914, les Allemands en surnombre menacent d’anéantir les défenses belges. La brigade reçoit la mission de quitter Paris pour aller en renfort de l’armée belge, cette mission étant également donnée à la 87e division d’infanterie territoriale. Il s’agit d’aider l’armée belge à se replier vers la France et de protéger le port stratégique de Dunkerque.

 

Référence : Association de Réservistes de la Marine - Alsace

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 16:55
Mission du centenaire de la Grande Guerre 1914-2014

26 août 2013 Général d'armée (2s) Elrick IRASTORZA -Président du conseil d'administration du GIP -"Mission du centenaire de la Grande Guerre 1914-2014"

 

Courant avril, j'ai adressé à la plupart d'entre vous une note d'information expliquant pourquoi il convenait de commémorer le centenaire de la Grande Guerre. Vos réactions ont souligné la pertinence de cette démarche d'information, mis en évidence l'intérêt que vous portiez à cet évènement et votre implication personnelle ou collective dans la grande dynamique qui monte progressivement en puissance. Soyez-en remerciés.
 
Compte tenu du travail effectué depuis des mois et des questions que beaucoup se posent et me posent régulièrement, il m'a semblé utile de revenir vers vous en vous adressant un point de situation sur les travaux de la Mission du Centenaire et le premier éditorial mis en ligne sur notre site internet « centenaire.org » que je ne saurais trop vous conseiller d'aller consulter régulièrement.
 

 

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 12:30
source Le Pélerin

source Le Pélerin

En 1909 et en 1915, la marine française a sauvé des milliers d'Arméniens persécutés en Turquie. Georges Kevorkian a consacré un livre à ces interventions.

 

27/12/2011  par Jean Guisnel - Le Point.fr

 

On le sait peu, mais à deux reprises au début du XXe siècle, des milliers d'Arméniens ne durent leur salut qu'à des interventions musclées de la marine nationale française. Passionné par ces épisodes, Georges Kevorkian a enquêté dans les archives historiques du ministère de la Défense et auprès des descendants des marins ayant participé à ces opérations pour en faire un livre*. Entretien.

 

Le Point : En avril 1909, Stéphen Pichon et Marie-Georges Picquart, respectivement ministre des Affaires étrangères et ministre de la Guerre du gouvernement Clemenceau, décident d'envoyer plusieurs navires au secours des Arméniens de Cilicie sauvagement réprimés par les Turcs. Pouvez-vous nous rappeler le contexte historique de cette intervention ?

Georges Kevorkian : Les Jeunes-Turcs au pouvoir depuis 1908 ont promulgué une Constitution qui introduit des réformes de progrès et une orientation plus tolérante des rapports entre les différentes communautés de l'Empire ottoman, notamment entre les Arméniens chrétiens et les Turcs musulmans. Les Arméniens adhèrent à ce programme. Mais parmi ces Jeunes-Turcs, les nationalistes les plus radicaux rejettent les "infidèles". Les Arméniens sont accusés de menées autonomistes en Cilicie. À la mi-avril 1909, des heurts entre les communautés déclenchent des représailles de la part des Turcs. Tous les chrétiens sont visés. Les puissances occidentales sont averties de massacres dont sont principalement victimes les Arméniens ; elles craignent pour leurs ressortissants et leurs représentants consulaires. Du côté français, on craint aussi pour la vie des jésuites et des soeurs de Saint-Joseph-de-Lyon. Une force navale de plusieurs pays est alors dépêchée.

 

À quelles opérations ces navires français seront-ils affectés et en quoi aideront-elles les Arméniens ?

Le contre-amiral Louis Pivet, commandant l'escadre légère de Méditerranée à bord du croiseur cuirassé Jules Ferry, reçoit l'ordre d'appareiller pour cette région. Outre le Jules Ferry, son escadre, comprenant le cuirassé d'escadre Vérité ainsi que les croiseurs cuirassés Victor Hugo et Jules Michelet, se met en route pour arriver en bordure du golfe d'Alexandrette le 23 avril 1909. Les marins français constatent que tout le quartier arménien d'Adana est en feu ; il en est de même des habitations chrétiennes des localités proches. Les réfugiés chrétiens sont protégés avec le concours d'unités navales européennes (croiseur anglais Diana, croiseur italien Piemonte, croiseur allemand Hambourg...). Le 27 avril, le paquebot français Niger, réquisitionné, embarque 2 200 chrétiens (en majorité des Arméniens) de la baie de Bazit. Le Jules Ferry embarque, le même jour, 1 450 réfugiés, dont deux tiers de femmes et d'enfants. Quant au Jules Michelet, il protège par sa présence des chrétiens réfugiés en bordure de mer, en baie de Kessab. Le calme revenu, après concertation avec les autorités ottomanes, les réfugiés rescapés reviennent dans leurs quartiers dévastés ; cependant, certains quitteront pour toujours le pays.

 

En 1915, des Arméniens de la région du mont Moïse, sur le golfe d'Alexandrette (aujourd'hui Iskenderun), sont acculés par les Turcs. Leur salut viendra de la mer et de la marine française. Pourquoi est-elle intervenue ?

Fin octobre 1914, l'Empire ottoman se joint aux forces allemandes et autrichiennes (Empires centraux) pour combattre le bloc des pays de l'Entente (Grande-Bretagne, France et Russie). C'est ce qu'on a appelé le "théâtre oriental" de la Grande Guerre. En septembre 1915, la 3e escadre de la flotte de combat française en Méditerranée, aux ordres de l'amiral Gabriel Darrieus (qui vient de prendre le relais de l'amiral Louis Dartige du Fournet devenant chef de l'armée navale en Méditerranée), patrouille le long des côtes de Syrie, proches du golfe d'Alexandrette et du mont Moïse (Musa Dagh). Le 10 septembre, le croiseur Guichen aperçoit des groupes d'hommes descendant de la montagne vers la plage : plusieurs milliers d'Arméniens acculés à la mer fuient la barbarie des Turcs qui les pourchassent pour les déporter (la mort leur étant promise), en application du crime "génocidaire" décidé par les autorités ottomanes. Ils brandissent un pavillon de la Croix-Rouge, des pavillons français, et (dit-on) un drap sur lequel a été dessinée la croix du Christ. La décision est prise par l'amiral Dartige du Fournet, avant de quitter son escadre : "Il faut sauver ces Arméniens chrétiens (combattants, femmes, enfants, vieillards) du joug des bachi-bouzouks, les Turcs, nos ennemis."

 

Dans quelles conditions cette opération de sauvetage de grande ampleur s'est-elle déroulée ? Quel en fut le bilan ?

L'accord demandé aux autorités françaises de Paris tarde à venir, mais l'organisation du secours est bien en place et sera exécutée par l'amiral Darrieus du 11 au 13 septembre. Au total, le nombre d'Arméniens sauvés par cette opération navale s'élève, très exactement, à 4 092, dont 8 blessés, répartis comme suit : le croiseur cuirassé amiral Charner : 347, le croiseur cuirassé Desaix : 303, le croiseur de 3e classe D'Estrées : 459, le croiseur auxiliaire Foudre : 1 042, le croiseur de 1re classe Guichen : 1 941. Ces réfugiés vont être placés dans des camps situés à proximité de Port-Saïd, grâce à l'accord des autorités anglaises qui les accueillent le 14 septembre. Parmi ces réfugiés se trouvent des combattants dont certains rejoindront la légion arménienne du général français Julien Dufieux, en 1920.

 

Ces épisodes de l'histoire navale de la France sont peu connus. Sont-ils commémorés avec une intensité suffisante, à vos yeux ?

Ils sont connus par la plupart des Arméniens, grâce notamment au roman Les 40 jours de Musa Dagh de Franz Werfel, paru en 1934. D'autres ouvrages évoquent ces événements et les actes héroïques des marins français. Les mémoires des amiraux des escadres du Levant en font état. Ce qu'on doit retenir des écrits de ces derniers, c'est le décalage entre leurs actions de protection des chrétiens d'Orient et le recul (pour ne pas dire l'abandon) de la diplomatie française en 1922 et 1923 (désastreux traité de Lausanne). La France n'est plus dès lors "protectrice des chrétiens d'Orient". La sortie de mon ouvrage a favorisé plusieurs commémorations. Le 5 mai 2010, un hommage a été rendu devant la tombe de l'amiral Dartige du Fournet à Saint-Chamassy (Dordogne) en présence du maire du village, du sous-préfet de la Dordogne et de descendants d'Arméniens sauvés du mont Moïse. Le 15 octobre 2010, à Toulon, une cérémonie d'hommage a été rendue à la marine française par le secrétaire d'État aux Anciens Combattants M. Hubert Falco, maire de Toulon, en présence de l'ambassadeur d'Arménie en France et d'autorités civiles et militaires, dont le préfet maritime. Une plaque est posée au musée de la Marine, près de l'Arsenal maritime.

La flotte française au secours des Arméniens (1909-1915), Marines éditions, 127 pages, 23,20 euros. ISBN : 978-2357430099

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