4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 15:55
Crédits Thales

Crédits Thales

04/07/2013 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Avec le nouveau contrat remporté dans le domaine des systèmes biométriques en France, le groupe d'électronique s'impose comme l'un des leaders du marché de la sécurité. Si Thales est bien armé pour s'ouvrir les marchés multiformes de la sécurité, la plupart des clients sont loin d'être matures pour s'offrir des systèmes trop complexes.

 

Sécurité des Etats, sécurité urbaine, sécurité des infrastructures critiques (aéroports, énergie...) et cybersécurité... Thales est partout sur les marchés de la sécurité à forte valeur ajoutée. Fort de tous ses savoir-faire et de ses compétences dans le domaine de la défense, le groupe d'électronique veut profiter, comme la plupart des groupes de défense mondiaux, de la croissance des marchés de sécurité dans les pays émergents et... dans les pays occidentaux. D'où un changement de stratégie radical avec la création en juillet 2011 de Thales Communications & Security, qui rapproche au sein du groupe d'électronique deux activités (deux mondes ?) jusqu'ici séparées, la défense (Thales Communications) et la sécurité (Thales Security Solutions & Services). Soit une entité qui réalise un chiffre d'affaires de l'ordre de trois milliards d'euros et qui emploie 7.000 personnes réparties sur neuf sites. Objectif, simplifier la complexité pour fournir à celui qui prend des décisions, qu'il soit civil ou militaire, une information pertinente et immédiate.

Pourquoi un tel changement de stratégie ? Parce que le rapprochement des deux sociétés s'inscrit dans une tendance naturelle, à savoir une convergence croissante des enjeux de maîtrise de l'information aussi bien dans la sécurité - ce qui est assez récent - que dans la défense, où ce concept est depuis longtemps bien assimilé car vital pour prendre les bonnes décisions sur les théâtres d'opération. Ce qui est vrai au niveau du concept - maîtrise de l'information - dans la défense et dans la sécurité l'est également pour les solutions techniques et technologiques performantes aujourd'hui exigées par les autorités civiles. En outre, le groupe dispose des compétences de maîtrise d'oeuvre pour remporter des appels d'offre portant sur de grands projets tels que la sécurisation du terminal 3 de l'aéroport de Dubaï où 300 personnes de Thales ont été envoyées surplace. Enfin, le groupe, qui a senti comme beaucoup d'autres le vent tourné dans la défense, cherche de nouveaux relais de croissance pour compenser la baisse des budgets de défense des pays occidentaux. C'est particulièrement vrai pour le marché de la sécurité estimé dans sa globalité à 100 milliards d'euros, en augmentation de 5 % par an.

 

Thales bien armé pour la sécurité

Sur le papier, Thales est donc bien armé pour affronter le marché de la sécurité. D'autant comme l'assure le directeur général adjoint de Thales, en charge de l'activité Systèmes d'information et de communication sécurisés, Marc Darmon, le groupe dispose de toutes les technologies pour forcer les portes des marchés de la sécurité. "Nous n'avons pas de manque dans les technologies", précise-t-il. Et il est particulièrement fier de TEOPAD, une solution de sécurisation des applications professionnelles pour smartphones et tablettes, qui sont très vulnérables aux cyberattaques. Thales revendique également une première dans le domaine de la PMR (Professional Mobile Radio) avec la mise en oeuvre en Jordanie d'une solution pilote Nexium Wireless, la solution réseau de Thales LTE (ou 4G). Ce projet a pour objectif de démontrer les nouvelles capacités très hautes débit (notamment transferts de vidéos en temps réel) de ce programme dans le cadre de missions critiques pour les forces de sécurité jordaniennes.

En outre, le marché de la sécurité est très fragmenté et est grignoté par des acteurs d'origine diverse (opérateurs de télécoms, IT, groupe de défense...). Thales a une belle carte à jouer en se positionnant comme intégrateur de solutions complètes. C'est bien pour cela qu'il est capable de concourrir sur tant de marchés différents. Et de gagner des contrats emblématiques comme celui obtenu en 2009 avec l'opérateur télécoms Telmex du contrat de vidéo surveillance de Mexico (plus de 8.000 caméras équipés de capteurs pour détecter d'où les coups de feu ont été tirés), considérée comme l'une des villes les plus dangereuses du monde. Thales revendique une baisse du taux de criminalité et une division par trois du temps de réponse des secours depuis la mise en place de son système.

 

Le marché de la sécurité pas toujours mature

Sauf que le marché de la sécurité n'est pas toujours aussi bien organisé que les industriels le voudraient. "On a toujours des clients qui achètent des systèmes par petits bouts, un jour des caméras puis un jour autre chose. Avoir des clients matures dans ce domaine-là, c'est assez rare", soulignait à l'agence Reuters en début d'année, Marc Darmon. Et puis, il y a des marchés prometteurs, qui ne le sont pas. C'est le cas du marché de surveillance des frontières, qui était pourtant promis à un bel avenir notamment avec le programme Miksa en Arabie saoudite, finalement remporté par Cassidian (groupe EADS). "Ce marché est un peu retombé", reconnaît Marc Darmon, qui précise qu'il est "difficile de convaincre les clients de se doter de programmes aussi compliqués". 

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