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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 10:28

Europe Flag

 

19/10/2012 Par Jean-Marie Colombani - lexpress.fr

 

En refusant la fusion EADS-BAE, la chancelière allemande porte un mauvais coup à l'Union.

 

Le prix Nobel de la Paix attribué à l'Union européenne vient à point nommé nous mettre du baume au coeur. Ce prix marque une reconnaissance de ce qui a été fait - on ne dit jamais assez à quel point cette construction est une exception dans l'Histoire et constitue un acquis inouï - et sonne comme un appel à poursuivre l'oeuvre engagée pour surmonter la crise actuelle. Nous en avions bien besoin, tant la semaine a été marquée par le non d'Angela Merkel au projet de fusion entre l'européen EADS et le britannique BAE Systems. Une très mauvaise nouvelle pour l'Europe, qui a révélé, peut-être, le vrai visage de la chancelière allemande. Sur la forme, d'abord. C'est un non sans explication. Même si Angela Merkel a pris la peine de prévenir François Hollande, elle n'a pas cherché à éclairer sa décision. En substance : non, parce que c'est comme ça... Cette manière détestable peut nous conduire, sur le fond, à la plus grande inquiétude, car le refus de voir mariés le géant de l'aéronautique civile EADS et BAE Systems, spécialisé, lui, dans l'aéronautique militaire, est un mauvais coup porté à l'idée même d'une défense européenne. On peut soutenir que cette décision est le révélateur d'une ligne de conduite qui éloigne chaque jour l'Allemagne de l'horizon qu'elle prétend vouloir atteindre. 

 

L'Europe de la défense est une nécessité, parce que l'Union n'a pas vocation à la neutralité, pas plus qu'elle ne peut se reposer, ad vitam aeternam, sur la protection américaine. Le discours d'Obama à Honolulu a été très clair : le centre de gravité de la stratégie des Etats-Unis se déplace vers la zone Asie-Pacifique et cela s'accompagnera d'une réduction drastique de la présence américaine sur le Vieux Continent. L'obstacle prévisible au rapprochement EADS-BAE aurait dû être la Grande-Bretagne, dont certains cercles sont d'ores et déjà satellisés par les Etats-Unis. Or ce ne fut pas le cas, malgré le gouvernement le plus antieuropéen, sans doute, que nous ayons connu depuis longtemps à Londres. Les Britanniques avaient intérêt à participer au programme de défense européen, tandis que les Allemands ont craint que leur industrie ne soit marginalisée...

 

Le non de Berlin nous rappelle que, depuis Gerhard Schröder, l'Allemagne est de plus en plus guidée par la seule définition de son intérêt national. Apparaissent soudain comme de la poudre aux yeux les propositions institutionnelles qu'Angela Merkel, celle qui dit non sans explication, formule à seule fin d'occuper les débats. Depuis le début de la crise, chaque avancée, chaque progrès vers l'intégration ont été ralentis par Merkel. Il y a une bataille incessante entre, d'un côté, la Banque centrale, épaulée par la France, l'Italie et l'Espagne, et, de l'autre, la chancellerie allemande, qui freine des quatre fers. Le tout au nom du calendrier électoral, qui conduira soit à la victoire de l'opposition sociale-démocrate, soit à la nécessité pour la chancelière de changer de coalition.

 

Passé ce cap, disent les optimistes, et peut-être avant, la position allemande s'assouplira, car le risque de récession est un danger pour tous. Les pessimistes, eux, y voient le courant de fond d'une opinion allemande qui aspire davantage au destin d'une grosse Suisse qu'à celui d'un acteur de cette construction extraordinaire qui s'appelle l'Union européenne et que les Nobel viennent de consacrer.

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