La future loi entend assurer la sécurité intérieure et extérieure de la Suisse, préserver sa neutralité et garantir le respect du droit international. Elle s'appliquera aux entreprises qui fourniront depuis la Suisse des prestations de sécurité privées à l'étranger ou qui exerceront en Suisse. Les holdings ayant leur siège en Suisse et contrôlant des sociétés à l'étranger y seront aussi soumises.
Le texte prévoit d'interdire la participation directe à des hostilités dans le cadre d'un conflit armé (mercenariat). Il sera également impossible de recruter, de former et de mettre à disposition du personnel de sécurité pour une participation directe aux hostilités.
Le Conseil fédéral veut aussi prohiber les prestations de sécurité qui violeraient les droits de l'homme. La future loi obligera par ailleurs les entreprises de sécurité privées à respecter le Code de conduite international de novembre 2010, qui n'autorise le recours à la violence létale que pour l'autodéfense et la sauvegarde de la vie de tiers.
Les entreprises pourront cependant continuer à fournir à l'étranger des prestations qui ne sont pas problématiques, comme des services de traduction ou de logistique. Mais elles devront les annoncer aux autorités suisses. Si les engagements contreviennent à la loi, ils pourront être interdits. Les activités illicites seront passibles d'une peine privative de liberté de trois ans au plus.
Le Conseil fédéral a préféré cette réglementation à l'instauration d'un système d'autorisation. Un tel système imposerait aux autorités d'effectuer des enquêtes sur l'entreprise et son personnel et de s'assurer qu'elle respecte aussi à l'étranger les conditions d'autorisation. Or ces vérifications entraîneraient des coûts considérables.
L'octroi d'une autorisation pourrait en outre être perçu, à tort, comme un label de qualité des autorités suisses, ce qui risquerait d'inciter d'autres entreprises de sécurité étrangères à venir s'établir en Suisse. Ce système pourrait aussi se révéler problématique lorsque des sociétés violeraient les règles de droit, laissant penser que la Suisse légitime leurs agissements.
Le projet règle enfin le cas où la Suisse recourt aux services d'entreprises de sécurité privées. Ce cas de figure ne sera possible que pour des tâches de protection de personnes, de surveillance d'immeubles ou d'autres tâches de protection.
L'employé ne pourra recourir à la contrainte et à des mesures policières que si ces tâches l'exigent et que le droit en vigueur sur place l'y autorise. Le recours à des armes ne sera autorisé que pour des tâches de protection et en cas de légitime défense.
