20 janvier 2013 Aerobuzz.fr
La capacité de renseignement de l’armée française est dramatiquement limitée par des moyens technologiques obsolètes et insuffisants qui révèlent cruellement un manque d’anticipation politique. La France doit compter sur ses alliés et en particulier sur les satellites, des drones et les avions espions américains.
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- Drone français Harfang
- © Armée de l’Air
Pendant que le dispositif français s’étoffe, la traque des djihadistes bat son plein, une étape clé pour préparer la reconquête. Dans ce conflit qui s’envenime au delà des prévisions les plus pessimistes, les soldats de l’ombre de tous les pays sont à l’œuvre pour dissiper le brouillard de la guerre. Ils utilisent des drones des satellites et des avions spécialisés pour préparer les indispensables dossiers d’objectif.
Ils sont rapides, rusés déterminés et bien coordonnés. Et la zone à surveiller est immense… Pire, les Djihadistes bien équipés et bien entrainés, savent se fondre dans la population pour frapper quand et là ou on ne les attend pas. Dans ces conditions comment discerner le bon grain de l’ivraie ? Un tâche ardue dévolue à ceux dont, par définition, on n’entend jamais parler : les guerriers de l’ombre.
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- Mirage F1CR
- © Armee de l’Air
Une semaine après le début des hostilités Paris utilise au maximum ses moyens de renseignement. Il y a d’abord les Mirage F1CR dont les caméras prennent des clichés des villes tenues par les terroristes, une vue à un moment donné qui permet de bien cerner les lieux et éventuellement d’identifier des véhicules. Les F1CR seront bientôt complétés par des Rafale munis de la nacelle Recco NG. Ce capteur est capable d’assurer des prises de vues de très bonne qualités et de retransmettre en temps réel ses données à une station sol via une liaison hertzienne ; une capacité que n’ont pas les vénérables F1CR.
Depuis Niamey, deux drones SIDM Harfang se tiennent prêts à opérer. Ils sont munis de capteurs optroniques capables de voir de jour comme de nuit et au besoin de se verrouiller sur une cible en mouvement afin de mieux déterminer ses caractéristiques et sa destination. Mieux : ils peuvent géolocaliser les objectifs détectés, c’est à dire donner les coordonnées précises de l’objectif.
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- Transall C160 Gabriel
- © Armée de l’Air
Mais ces drones en nombre limité, étaient destinés initialement à assurer l’intérim, le temps que la France ce dote de matériels plus performants. Ils ne sont que quatre et souffrent d’une lenteur d’évolution affligeante (on parle de 80Kts), de capacités dépassées et d’une autonomie qui les rend impropres à opérer à grande distance de leur base de départ. Il n’empêche, à la guerre comme à la guerre ! Leurs données s’avèreront précieuses pour compléter les autres moyens sur zone.
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- Satellite Helios
- © CNES
Beaucoup plus haut, les satellites optiques Pleiades et Hélios observent, à chaque passage, le théâtre des opérations. A condition qu’il n’y ait pas de nuages ou de tempête de sable pour les aveugler. Pour compléter le tout, ces données optiques sont recoupées avec les moyens d’écoute électroniques installés sur des avions de patrouille maritime Breguet Atlantic ATL2. Ces appareils de la Marine nationale, capables d’effectuer des missions de très longue durée sont particulièrement adaptés aux missions de renseignement. Leurs équipements « Comint » (écoute des communications) ainsi que leur chaine de goniométrie aspirent littéralement tous les signaux électromagnétiques à des centaines de kilomètres de distance. Ainsi les conversations radio sont systématiquement interceptées localisées et analysées par des spécialistes qui en extraient tous les paramètres techniques et opérationnels. On parle alors de la détermination de l’ordre de bataille électronique.
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- Breguet Atlantique ATL2
- © Armée de l’air
Toutes ces données sont probablement analysées au niveau tactique avant d’être transmises à la DRM à Paris qui compare et recoupe minutieusement les informations de tous les capteurs présents sur zone afin de déterminer la position des djihadistes. Et le travail ne s’arrête pas là, les informations nationales sont ensuite comparées avec celles données par les moyens au sol, on pense bien sûr aux forces spéciales et aux alliés.
Les américains ont assuré qu’ils coopéraient avec la France au niveau du renseignement. Il y a la CIA avec ses drones Predator, ces engins sans pilote à voilure fixe opèrent en général entre 2.000 et 6.000 m d’altitude. Ils sont pilotés à distance depuis les USA via une liaison satellite. Ils sont munis d’une boule optronique très performante fonctionnant de jour comme de nuit. Ils sont capables en cas de besoin d’assurer une désignation de cible au profit d’un autre drone armé ou d’un avion d’attaque. Ils peuvent également être équipés d’un radar SAR qui voit à travers les nuages et les tempêtes de sable et de moyens d’écoute électronique très performants. De plus, la CIA opèrerait au moins un avion de type Pilatus muni de moyens d’espionnage discret dans les environs également.
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- Drone américain MQ9 Reaper
- © US Air Force
A l’heure actuelle, nous n’avons pas de confirmation d’emploi de drones armés MQ9 Reaper sur zone. Il est en revanche probable qu’à 18.000 m d’altitude, une permanence du renseignement est assurée par des drones Haute Altitude longue Endurance (HALE) Global Hawk. Ces engins monomoteurs dont le pilotage est entièrement automatique, sont munis de capteurs d’écoute électronique, de capteurs optiques et de radar SAR. C’est à dire qu’ils assurent l’acquisition du renseignement radio et image en permanence. Mais avant d’être transmises aux « Frenchies » leurs données sont au préalable filtrées par la toute puissante agence de renseignement NSA. Enfin plus haut, les USA disposent de satellites optiques et électroniques traquant eux aussi les données optiques et radio de toutes les forces en présence sans aucune distinction.
Toutes ces données, collectées, triées, analysées donnent une image précise de la position de chacun sur zone, cette image est ensuite déclinée en dossiers d’objectifs assignés aux forces aériennes et terrestres sur zone.
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- Drone américain Glabal Hawk
- © US Air Force
On le voit bien les hommes de l’ombre, opérant parfois depuis un bureau parisien, sont les yeux et les oreilles des hommes déployés sur le terrain. Il faut noter que si le renseignement fait régulièrement l’objet de priorités dans les livres blancs de la défense, sur le terrain, force est de constater, que, Pod Recco NG, satellite Hélios et Pléiades mis à part, les moyens français sont pour le moins âgés…
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- Drone Harfang
- © Armée de l’Air
La France souffre d’un manque chronique de drones modernes, d’une absence totale de capacité d’écoute stratégique depuis le retrait du DC8 Sarigue, et d’une flotte d’avions de renseignement ATL2 et Transall Gabriel, qui, bien que servis par des spécialistes motivés seront bientôt murs pour les soins intensifs…
Au delà des enjeux politiques, économiques et sécuritaires, il reste à espérer que les leçons de cette guerre qui risque de s’avérer plus longue que prévu ne tomberont pas dans l’oubli une fois la paix rétablie.

