11 Octobre 2011 par Jean-Dominique Merchet
Coût total : 3,5 milliards en 27 ans.
Le calendrier est "nominal" se réjouit Bruno Vieillefosse, à la tête du projet de transfert du ministère de la Défense à Balard (1). "Le permis de construire devrait être délivré en février 2012 et les travaux commenceront dans la foulée pour s'achever en juillet 2014. Le déménagement débutera en septembre 2014 et s'étendra sans doute jusqu'en janvier 2015" confirme-t-il au blog Secret-Défense.
Au cours des derniers mois, des obstacles juridiques ont pu laisser croire que le chantier prendrait du retard, notamment du fait de discussions complexes avec la Ville de Paris. Deux problèmes se posent : la hauteur du bâtiment et la présence d'un garage pour les bus.
Le plan local d'urbanisme (PLU) interdit dans ce secteur des constructions dépassant 31 mètres. Or, le projet architectural comprend des cheminées de 43 mètres - partie intégrante d'un système de ventilation naturelle qui évite de climatiser les bâtiments. L'obstacle juridique devrait être levé, car des dérogations existent lorsqu'il s'agit d'un projet environnemental.
Plus complexe, l'affaire du garage pour les autobus : il s'agit d'une partie à trois entre la RATP, la Mairie et la Défense. La Mairie souhaite que le futur ministère intègre une "servitude de bus" permettant d'installer un dépôt-atelier pour les autobus. Il s'agit, pour Anne Hidalgo, première adjointe de Delanoë et élue de l'arrondissement (XVème) de pouvoir récupérer un autre site, le dépôt RATP de la Croix Nivert, pour y construire des logements. Entre les parties, un certain dialogue de sourds s'est installé, d'autant que la RATP n'est guère interessée. L'affaire devrait très rapidement être tranchée par une "déclaration de projet" du préfet de Paris - qui s'imposera aux parties.
En attendant, une équipe de 170 personnes, dont de nombreux ingénieurs, travaillent sur le futur ministère. Ils sont installés dans un immeuble d'Issy-les-Moulineaux, dans les locaux de la nouvelle société Opale-Défense, créée par les grands partenaires du projet : Bouygues, Thalès, Sodexo, etc. Avec les sous-traitants et les architectes, au moins 300 personnes se consacrent aujourd'hui au projet.
Le schéma financier retenu est celui d'un partenariat public-privé. La Défense achetera une prestation - c'est-à-dire un ministère complet en état de marche : bâtiment, entretien, gardiennage, restauration, informatique, etc - à son partenaire privé. le loyer sera de 130 millions (HT) par an pendant 27 ans. Soit une somme totale de 3,51 milliards d'euros (ou 4,16 M. TTC). "Cette redevance annuelle sera entièrement financée par des redéploiements de crédits découlant d'économies obtenues par le regroupemet à Balard", assure Bruno Vieillefosse. Au terme du contrat de 30 ans - dont les trois premiers pour la construction - le ministère de Balard reviendra à l'Etat.
Comment s'assurer qu'il sera alors en bon état ? "Nous avons des exigences de sécurité et de robustesse" explique Bruno Vieillefosse. "Nous allons nous assurer de la qualité du béton ou que les murs de 30 mm n'en font pas 20mm. Il faut aussi veiller à la sécurité du site : pas question de placer des micros dans les murs !" Les contrats avec les entreprises qui fournissent les services (restauration, nettoyage, etc...) pourront être revus tous les cinq ans en général.
Pour la restauration, le choix du privé permettra de réduire les couts, espèrent les promoteurs du projet, sur la base de comparatif actuel. Ainsi, entre la cantine (privée) de l'ilot saint Germain et celle (publique) de l'actuel Balard, le rapport est de 1 à 3 en fonction du nombre de personnel et de repas servis.
Le gardiennage sera partiellement confié au privé, mais sous la responsabilité de la gendarmerie. Des secteurs sensibles resteront toutefois sous la protection d'unités militaires, comme c'est le cas aujourd'hui à l'ilot Saint-Germain.
L'informatique, qui représente près d'un quart du coût du projet, est confiée à Thalès. Elle va jusqu'à la livraison de poste de travail - et pas simplement de réseaux.
Enfin, des réflexions sont en cours sur la décoration intérieure de l'ensemble. Une spécialiste y travaille déjà : il s'agit de voir comment chacune des armées pourra conserver ses traditions dans ce nouveau cadre. "Mettre du mobilier ancien ou des oeuvres d'art dans un batiment contemporain n'est pas facile" reconnait Bruno Vieillefosse. Que les marins se rassurent : ils auront des coursives (et non des couloirs) à Balard !
Plus d'infos sur le site Balard 2015
(1) Administrateur de l'Assemblée nationale, il dirige la DRESD, délégation pour le regroupement des états-majors, directions et services centraux du ministère de la Défense - soit une dizaine de personnes installées à... Balard.
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