21 juin 2011 par Remy Maucourt L’USINE NOUVELLE
Le F35, un avion de chasse américain encore en développement, est certainement le programme de défense le plus ambitieux et le plus coûteux au monde. Au salon du Bourget, des responsables de Lockheed Martin et de l'armée américaine n’ont pas manqué de se montrer rassurants sur l'avancement du projet.
"Une année fantastique se profile !". Par ces mots, le Major general C.D. Moore, responsable adjoint du programme F-35 pour l'US Air Force, résume les enjeux qu'il devra affronter en 2011. En réflexion depuis le début des années 90, ce projet baptisé JSF (pour Joint Strike Fighter) entre en effet dans une phase cruciale : le début de la formation des pilotes et des mécaniciens, en parallèle de la montée en puissance de la production. Et pour l'instant, les plannings sont respectés.
Si la période de test n'est pas encore achevée, le Major Moore affirme qu'une des principales incertitudes est réglée. Les essais de décollages sur courte distance et d'atterrissage vertical avancent plus rapidement que prévu. Ces deux fonctions inquiétaient un temps les observateurs, car les essais avaient pris du retard.
Mais au cours de l'année 2010, ce retard a été comblé et ces tests ont même pris de l'avance sur le planning. Pour le Major Moore, cette avance permet d'être plus serein pour l'étape suivante du programme de test : l'avionique et l'électronique embarquée.
Toute l'avionique du F35 ne sera pas prête cet automne, quand les pilotes commenceront leurs formations. Les fonctions de bases seront opérationnelles, mais certains développements seront encore à valider.
C'est ce point qui inquiète le plus ceux qui gèrent le projet. "Nous avons encore beaucoup de travail devant nous", admet Tom Burdage, vice président de Lockheed Martin, en charge du programme F-35.
Autre domaine qui reste incertain : la signature radar de l'avion, présentée comme très faible. Les officiels présents au salon du Bourget 2011 n'ont pas pu présenter de données, les tests n'ayant pas encore été terminés. L'armée annonce des premiers résultats prometteurs, mais sans les communiquer.
Lancer la production, tout en réduisant les coûts
A ce jour, seuls deux exemplaires de série du F-35 ont été produits, sans copter les onze modèles dédiés aux tests. La montée en cadence de la production, entre 2011 et 2012, va donc être un point crucial dans le programme.
3140 exemplaires du F35 ont déjà été commandés, dont 2443 par l'armée américaine. A partir de juin 2012, le consortium dirigé par Lockheed devra produire 48 chasseurs par mois. Sur ce sujet, Lockheed Martin affirme être totalement dans les temps.
Au cours de cette étape délicate, les responsables de l'industrialisation du F35 devront garder à l'esprit le principal défaut de ce nouveau chasseur : son prix. Le programme est qualifié d'"inabordable" depuis une brusque augmentation des prévisions de coûts en 2009.
Une nouvelle évaluation a révélé que l'acquisition et la maintenance des 2 443 avions américains devrait coûter 950 milliards de dollars, soit 38 milliards de plus que prévu. Cette augmentation surprise rend délicate la vente de nouveaux avions.
Les deux responsables du programme assurent d’ailleurs que tous leurs efforts portent sur ce sujet. Ils annoncent des progrès sur la fiabilité des avions et sur les coûts de maintenance. La production des armes associées devrait également être organisée pour être moins coûteuse.
Mais surtout, ils mettent en avant une des caractéristiques principale de cet avion : son interopérabilité. L'objectif de ce programme est d'équiper la plupart des alliés des Américains avec le même avion de chasse.
Trois composantes de l'armée américaine, l'Air Force, la Navy et le corps des marines, utiliseront sensiblement le même avion. Cette utilisation commune devrait permettre des économies dans la maintenance et dans les fonctions de supports.
